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  • Le suppositoire : petite invention, grands effets

    Le suppositoire : petite invention, grands effets

    Ah, le suppositoire ! Arrivés à l’âge adulte, nous en rions, mais gamin, nous grimacions et nous l’évitions dès que possible. Ce petit corps, profilé, légèrement gras à insérer là où le soleil ne brille jamais, est pourtant un remède incontournable de l’histoire de la médecine. Objet discret, souvent redouté, il a parcouru les époques sans jamais réellement disparaître, mis à part au moment opportun… Comme Don Quichotte, il est temps de lui rendre justice, avec un brin d’humour, de la science, et quelque peu de doigté.

    Alors que Séki sort de la pharmacie, Capucine descend du bus scolaire. Elles traversent ensemble le passage piéton. La discussion s’engage sur le contenu du sachet remis par le pharmacien. « Dis, tu as quoi dedans ? »

    « Des suppositoires », lâche la grand-mère. « Des suppositoires ? Pour quoi faire ? », questionne la petite-fille.

    « Tu sais bien que ton grand-père me facilite le transit intestinal parfois… mais pas encore assez. Je suis constipée », avoue-t-elle. Un léger flottement s’installe tandis qu’elles traversent la route de Bellême, à Berd’huis. C’est à ce moment que Capucine ayant compris l’allusion, explose de rire. Le fou rire contagieux oblige les deux complices à s’arrêter juste devant la boulangerie.

    Un suppositoire ? Non merci !

    Le terme « suppositoire » connaît plusieurs sources. Certains disent qu’il vient du latin supponere, qui signifie substituer ou mettre une chose à la place d’une autre. D’autres il est une sorte de remède topique dont on se sert quand on est trop resserré. Jusqu’en 1935, le dictionnaire de l’Académie française le définit tel que : « Médicament solide en forme de cône, que l’on met dans le rectum pour faciliter les évacuations ou pour agir comme véhicule de certains médicaments. »

    Boite, suppositories, médicament

    Il tient dans la main, se trouve souvent dans un tiroir à pharmacie, et provoque l’émoi quand il s’agit de l’utiliser. Si sa forme de torpille est enfantine, on ne peut pas dire qu’il soit très populaire. Pourtant, il reste l’un des moyens les plus efficaces d’administrer un médicament. Surtout lorsque la déglutition est devenue mission impossible, ou que la personne affiche des contre-indications hépatiques. Attention à ne pas le confondre avec un comprimé d’aspirine, il est prévu pour s’insérer insérer là où le soleil ne brille jamais.

    Les Égyptiens ont eu, les premiers, l’idée de se soigner en insérant un médicament par cet orifice. Les Grecs et les Romains suivent. Du latin supponere, suppōnō, « placer dessous », tout est dit.

    La médecine évolue grandement. Si outre-Manche l’idée parait toujours saugrenue, le suppositoire reste néanmoins toujours prescrit en France.

    (Crédits : bluebudgie/Pixabay)

    Il est un substitutif plus que profitable. Nicolas Lemery est reconnu « par les historiens de la chimie comme le plus important chimiste français du XVIIe siècle et sa Pharmacopée comme son Traité des Drogues sont considérés par les historiens de la pharmacie comme des références essentielles ». En 1697, sa Pharmacopée universelle réserve à ce suppositoire d’amples explications. Il y est spécifié son utilisation, en remplacement des clystères et lavements.

    Une histoire de plusieurs millénaires

    Si cet objet du quotidien n’est plus en odeur de sainteté, comme toute chose, cette invention est plus âgée qu’il n’y parait. Remontons au temps de l’Égypte antique, période présumée de son invention. Les premières traces écrites sur le sujet apparaissent au Xe siècle de notre ère, décrit par Ibn El Baytar.

    Si Nicolas Lemery l’a introduit dans la société, si l’on peut dire, il évolue dès 1762. Encapsulé par du beurre de cacao, le suppositoire fond à la température du corps humain.

    À la fin du XVIIIe siècle, le suppositoire est un médicament externe. Depuis sa forme galénique change pour avoir des bouts carrés.

    La pénurie de beurre de cacao lors de la Seconde Guerre mondiale amène des excipients de synthèse. À la fin du XIXe jusqu’aux années 60, la voie rectale est préférable à la voie orale, car elle permet de franchir la barrière hépatique. Ce que contredit le Dr Arnault Pfersdorff dans l’émission « La maison des Maternelles » (LMDM).

    (Crédits : RF._.studio _/Pexels)

    Tubes, couleurs, chimie

    Il poursuit sur la prétendue rapidité du principe actif alors introduit, là où le soleil ne brille jamais. Elle n’est pas avérée. Il s’appuie, entre autres sur un article publié en 2009 sur le site Pédiadol. D’ailleurs la prise du suppositoire est conditionnée à l’impossibilité des autres solutions. Pour les adultes c’est autre chose poursuit-il. Chacun voit midi à sa porte martèle l’adage, pour le reste il faut consulter votre docteur en médecine générale.

  • Damoclès, Murphy et Ménière entrent dans un bar…

    Damoclès, Murphy et Ménière entrent dans un bar…

    Alors que les vacances de Pâques profitent aux écoliers en France, le futur des lycéens se rapproche. Les épreuves du baccalauréat, cru 2025, accroissent la pression et santé mentale des prochains étudiants, une épée de Damoclès flotte au-dessus d’eux. L’expression est connue des plus anciens, comme Sépa Phot. Mais la célébration du percent le 21 mars dernier, annonce que les examens du bac sont ligne de mire. Pour autant avant d’être pris de vertiges à la proclamation des résultats, l’attente est tel le temps, relatif.

    Les vacances de Pâques, dont le fameux lundi est l’occasion de parcourir jardin, ou tous lieux sur lesquels les cloches sont passées déposer les friandises. Si à Berd’huis les enfants sont grands, les œufs en chocolat se trouvent désormais sur la table. Puis machinalement, le téléviseur s’allume. « Un sentiment de vertige atteint la communauté catholique », pose Sépa Phot. Le cœur du Pape François s’est arrêté, l’annonce de son décès est sur toutes les chaînes, tandis que la place Saint-Pierre, au Vatican, se remplit.

    Trois patronymes, un destin ou presque

    Si vous vous êtes déjà senti comme un funambule en tongs, poursuivi par une enclume au-dessus d’un précipice, un plantage de PC au moment de sauvegarder votre mémoire à rendre demain matin, ou subir un vertige sorti de nulle part… alors vous connaissez Damoclès, Murphy et Ménière. Peut-être pas personnellement, mais leurs œuvres, sûrement.

    Damoclès est dans la mythologie grecque, un courtisan trop zélé. Il vit sous le règne du tyran de Syracuse, Denys l’Ancien (430-367 av. J.-C.). Il vante, tel un chargé de communication, les bienfaits de la richesse du tyran. Avec un soupçon de jalousie, il martèle que ces richesses peuvent offrir à Denys, tout le bonheur du monde.

    Denys, affichant un rictus à faire frémir Machiavel, propose à Damoclès de siéger à sa place, un instant. Or, tapis orné d’or, parfums, mets fins, douce musique, personnel… sont à la disposition de Damoclès.

    Il se réjouit, lorsqu’un glaive est suspendu au-dessus de sa tête, maintenu par un simple crin de cheval. La puissance parait séduisante, mais elle s’accompagne régulièrement d’une menace permanente. (Crédits : Gratisography/Pexels)

    Souvent le stress est associé à une échéance, un danger qui impacte votre emploi, votre futur, votre situation financière… vous avez une épée de Damoclès. Comme explique Vincent Cassel dans l’émission Hot Ones présentée par Kyan Khojandi : « […] J’ai dépensé beaucoup trop d’énergie à stresser. […] Tant que les problèmes ne sont pas là, je ne m’en inquiète pas. On stresse beaucoup trop pour des choses qui n’en valent pas la peine. »

    Quand le pessimiste avait raison

    Votre ordinateur plante pile au moment où vous devez envoyer le rapport crucial. Votre tartine beurrée tombe… côté beurre, bien sûr. Votre train part deux minutes avant votre arrivée. La file à la caisse de supermarché n’avance que lorsque vous décidez d’en changer. Est-ce de la malchance ? Ou bien le fameux Murphy, planqué quelque part, qui rigole dans sa moustache ? Tout ce qui peut foirer… foirera. Et forcément c’est le vendredi à dix-sept heures, tout juste passées d’une minute, avant de partir en vacances que cela vous arrive.

    Née dans les années 40, la loi dite de Murphy se définit par ce qui suit : « S’il y a plus d’une façon de faire quelque chose, et que l’une d’elles conduit à un désastre, alors il y aura quelqu’un pour le faire de cette façon. »

    L’inventeur de cette loi est Edward A. Murphy, Jr., un ingénieur de l’U.S. Air Force. En 1947, il participe à une expérience dont le but est de tester la tolérance de l’être humain à la décélération (Projet MX981). Un jour, son assistant installe 16 capteurs à l’envers, ce qui rend nul le test.

    Sur un malentendu…

    Il s’en suit deux interprétations :

    • « Si ça peut mal tourner, ça tournera mal. »
    • « S’il y a plus d’une façon de faire, et que l’une d’elles mène au désastre, il y aura toujours quelqu’un pour la concrétiser. »

    Ainsi la « loi de Finagle des effets négatifs de la dynamique » est popularisée par l’auteur de science-fiction Larry Niven. Elle est connue parfois telle que : « tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera mal, et au pire moment ».

    Ce qui donne des exemples croustillants. Il pleut le jour tu oublies le parapluie que tu as trimballé tous les autres nycthémères de la semaine. Loi de la compatibilité matérielle indique que la probabilité qu’un périphérique donné soit compatible avec un PC est inversement proportionnelle au besoin urgent de se servir de ce périphérique. Cocasse, tu croises ton ex, à chaque fois que tu es en jogging du dimanche, pas lavé, fatigué, et cette personne rayonne sur tous les domaines. (Crédits : Alex P/Pexels)

    La cerise sur le gâteau est quand tu es en retard. Tout s’aligne… L’ensemble des feux sont rouges, un tracteur vous devance, des travaux commencent, et un troupeau de moutons vient de s’échapper de son champ… La tendance d’un objet à tomber est directement proportionnelle à sa valeur (Deuxième loi de la gravité sélective). Un bug ne se manifeste jamais quand le développeur est présent, disponible. Mais dans les cas contraires, c’est un festival. Car le logiciel qui réputé sans bogue… ne l’est pas vraiment (Loi du Titanic). Si tout ce qui peut foirer… foirera, alors tout ce qui peut réussir… réussira.

    Le syndrome de Ménière

    Quand votre oreille interne n’en fait qu’à sa tête. Vous venez de terminer le repas de Pâques e famille. Cous êtes tranquille, tout va bien… puis le sol tangue, votre estomac se retourne et se retourne, vous ne supportez pas la lumière, tout se met à tourner… mais pas de manière poétique ni romantique. Bienvenue dans le monde, un peu fou, de Ménière.

    Cette maladie se caractérise par des crises de vertiges soudains, des acouphènes, une sensation de pression dans l’oreille, et parfois une perte auditive. Rien de très glamour, car elle est accompagnée par des nausées et vomissements. La cause, qui pour des raisons, reste inconnue, est un déséquilibre des liquides contenus dans l’oreille interne.

    Les « vertiges de Ménière » deviennent alors une image contemporaine et métaphorique de la société : fatigue mentale, saturation sensorielle et émotionnelle, journée de 48 heures…

    Voici la version 2.0 du « mal de vivre » : un déséquilibre diffus entre ce que l’on perçoit et ce que l’on ressent. Tout semble normal autour, mais dedans, c’est un manège infernal. (Crédits : Loe Moshkovska/Pexels)

    La perte de repères n’est pas qu’une affaire médicale : c’est aussi une question existentielle. Si l’oisiveté est la mère de tous les vices, le lâcher-prise peut être salutaire. Et si nous reprenions le contrôle du scénario ? L’épée, vous pouvez la raccrocher. Murphy ? Invitez-le au café, mais surtout pas à la réunion ni au lancement. Ménière ? Offrez-lui une pause. Mais surtout… continuez à lire, rire, chanter, courir, respirer… donc vivre.

  • Un nouveau départ… vers l’aventure (1/55)

    Un nouveau départ… vers l’aventure (1/55)

    Comme lors d’une gestation humaine, Flavien semble avoir accouché d’un nouveau « bébé ». Une réflexion qui mène à une action. « Neuf mois plus tard, il est temps de repartir à l’aventure », souffle-t-il. Nous sommes le 9 décembre 2024, quand il s’apprête à embarquer. Direction la Nouvelle-Zélande avec pour principal objectif les îles subantarctiques australasiennes. C’est parmi les dernières qu’il lui reste à visiter autour de l’Antarctique. Le tout avec un projet qui lui trotte dans un coin de sa tête depuis quelque temps.

    Flavien s’envole vers la Nouvelle-Zélande, terre de mystères, de contes et merveilles. Entre forêts ancestrales et espèces uniques, il part explorer une nature sauvage et fascinante. Une aventure où chaque pas promet une découverte inoubliable. Entre nature et paysages, culture et traditions, la gastronomie aussi. Quant au Kiwi, symbole emblématique du pays, tellement difficile à observer, sera-t-il à la rencontre lors de son voyage ?

    L’épisode du malaise vagal

    Six heures viennent juste de s’afficher sur le réveil. Dans un coin de la chambre, le sac est prêt, posé et appuyé au mur. Il semble être impatient, comme une envie de se positionner sur le dos de Flavien. C’est chose faite à 6 h 40, quand le tandem, entre avenue et boulevard, prend la direction la gare de Poitiers. À 7 h 24, le train file vers Paris, « ça y est l’aventure commence ! » Difficile de faire marche arrière désormais. Flavien n’est pas rassuré, car le convoi ferroviaire doit arriver 2 h 20 plus tard, et que l’enregistrement pour le vol, que Flavien n’a pu réaliser en ligne, se clôture à 11 h 25.

    « Contrairement aux fois où j’ai pris le train cet automne, le TGV parvient à destination sans encombre. Me voilà à Roissy Charles de Gaulle, où j’avais passé une journée en début de mois de mars dernier. » Flavien se dirige vers le terminal 2E pour réaliser l’enregistrement. La file d’attente est conséquente, mais elle est en mouvement. Jusqu’ici tout va bien… c’est sans compter sur sa légendaire maladresse.

    « En voulant clipser mon sac, je me coupe l’extrémité de l’index. » Une coupure anodine pour tout un chacun, sauf que certaines personnes supportent peu ou prou la vue de leur sang. « J’ai toutes les couches sur moi pour gagner de la place dans mon sac. » Il fait chaud. Il y a du monde. Tous les ingrédients du cocktail parfait sont réunis.

    « Me voilà à genoux à tenter de mettre un pansement avant de faire un nouveau malaise vagal. » Flavien ne les compte plus depuis son enfance, mais cela bien fait longtemps qu’une telle chose ne lui était pas arrivée. (Crédits : Gare de Poitiers/Flavien Saboureau)

    Plusieurs personnes entourent Flavien, quand il reprend ses esprits, quelques secondes plus tard. Une employée de la compagnie aérienne m’indique qu’elle a appelé les pompiers. « Je suis un habitué de ces malaises. Il ne faut pas en faire de cas », lui explique-t-il devant des yeux médusés. Il se désaltère, englouti deux barres chocolatées, et le voilà prompt à continuer. Une jeune femme européenne lui parle, afin de le distraire et changer les idées. Une autre aux traits asiatiques lui offre son chariot pour qu’il puisse y poser son sac. « Je suis agréablement étonné devant tant de bienveillance ! »

    En voiture ! Attention au départ !

    De simple voyageur, il devient presque VIP. « Finalement, ils me font passer en priorité alors que tout va mieux. » L’inquiétude du petit matin est résolue. « Je suis rassuré, mes places sont bien réservées, c’est leur site internet qui n’est pas à jour. » Son sac est peu ordinaire, la compagnie n’a rien à disposition pour l’empaqueter. « Je me rends dans un couloir pour les bagages hors format. »

    Si tout va pour le mieux, une part d’inquiétude demeure. « J’espère que le bagage est bien dans les soutes… et qu’ils ont compris que je ne le récupère pas avant le prochain avion. » Le passage via la sécurité est un parcours d’enfant. Il ne reste que quelques dizaines de minutes à patienter. « J’attends l’ouverture de la porte M43 », raconte-t-il.

    Moment idéal pour s’essayer à la prose. J’envoie des messages à la famille, quelques amis et Clarisse. « Car si ce voyage est différent, c’est dans son appréhension, car Clarisse occupe mon esprit depuis quelques mois maintenant. »

    Rester concentré sur ce périple n’est pas aussi simple. « Chaque voyage est différent, d’une façon ou d’une autre ! »

    (Crédits : Connor Danylenko/Pexels)

    Le journal de 13 h est sur le point de se terminer lorsque l’aéronef décolle. Il est 13 h 20, quand après quasiment une heure de retard, il s’envole. « Quelle agréable surprise ! Mes genoux ne touchent pas au siège de devant, et il y a même des écrans… », se réjouit Flavien. À bord d’un avion affrété par China Eastern Airlines, l’une des trois plus grandes compagnies de République Populaire de Chine (RPC), onze heures de vol l’attendent. « C’est parti, direction Shanghai. » En direction de l’Est, le soleil se couche très vite. À 16 h (heure française), il fait déjà nuit noire à travers les hublots. Le sommeil tant espéré ne vient pas. « J’ai encore 11 h de vol demain pour véritablement me reposer. » À suivre…

  • Mon délicieux malaise vagal

    Mon délicieux malaise vagal

    La perte de connaissance est définie par la rupture des relations conscientes d’une personne avec les membres de son entourage. Comme toute chose la durée indique le degré et la prise en charge suite au malaise survenu. Le plus connu, et de loin, est le malaise vagal. Si ce dernier admet une perte de connaissance, d’autres durent plus longtemps et peuvent être bien plus graves. Quand de l’autre côté la lipothymie est un malaise sans perte de connaissance. Quels sont-ils ?

    Dans la cuisine berd’huisienne, il règne un effluve de plaisirs gustatifs à venir, un grand bonhomme est allongé au sol. Sépa Phot est aux affaires. Son gendre, Jean Éthaissure vient de se couper superficiellement le doigt.

    « Que lui arrive-t-il ? », demande la gent féminine.

    « Bah, juste un malaise vagal pour ce grand gaillard », claque M Sépa Phot. D’ailleurs vous savez que… »

    « Oui papa, coupe Ozalee. Il faut désormais parler de syncope vagale. »

    Je suis tombé dans les pommes

    La discussion se poursuit comme à l’accoutumée. Ozalee ne peut s’empêcher de se moquer tendrement de son conjoint. Elle raconte une histoire qu’elle tient de sa belle-mère. Un jour, Jean a rendez-vous chez le dentiste. Il faut préciser qu’il est sujet à une phobie quelque peu étrange, l’hématophobie. Il affiche une quinzaine de printemps, il est courageux, mais pas téméraire.

    Alors que les soins se finissent, la docteure montre à Jean comment utiliser du fil dentaire. Le pauvre prend couleur locale, quand une goutte de sang vient perler. En quelques secondes, il se retrouve au sol, inconscient victime d’une syncope vasovagale.

    Le terme public est malaise vagal. Cette perte temporaire de conscience est causée par la réaction excessive du système nerveux. Elle peut être déclenchée par une émotion forte, la vue du sang, la douleur, ou simplement l’anxiété.

    Cela survient souvent lorsque le corps réagit en abaissant la pression artérielle et en ralentissant le rythme cardiaque, ce qui réduit l’irrigation sanguine du cerveau, entraînant ainsi un évanouissement temporaire. (Crédits : Vince/Pixabay)

    Les diverses situations pouvant mener à une syncope vasovagale sont : douleur, émotion, déshydratation, station debout prolongée, postprandiale, repas copieux, post-effort, traitement vasodilatateur ou/et diurétique, chaleur extrême. Elle s’annonce avec des signaux reconnaissables. Ils sont : la nausée, vomissement, bâillement, sensation vertigineuse, sudation, sensation de chaleur, bouche sèche, vision floue.

    De la lipothymie à la syncope cardiaque

    Il existe plusieurs types. La syncope est « une perte brutale de la conscience, avec perte du tonus postural et retour spontané et rapide à une conscience normale suite à une hypoperfusion cérébrale ».

    Désormais le malaise vagal est connu sous la syncope vasovagale (SVV). Elle peut être typique : syncope réflexe avec prodromes (symptômes avant-coureurs) avec des caractéristiques et facteurs déclenchants déjà nommés. L’atypique est une syncope réflexe survenant sans prodrome, sans facteur déclenchant évident.

    Il existe d’autres syncopes. Elles possèdent des éléments déclencheurs divers et variés. La neuro-médiée, la vasoplégique ou vasodépressive, la neurogène et enfin la lipothymie. La dernière est une sensation de malaise avec étourdissement, faiblesse, sueurs, vision trouble, mais sans perte totale de conscience. (Crédits : Alexey Fedenkov/Pixabay)

    La SVV est souvent minime, il faut tout de même consulter un professionnel de santé en cas de doute. Surtout si la syncope intervient après un sport intense, en cas de maladies cardiaques. Mais la syncope peut intervenir lors d’une mise debout trop rapide, des neuropathies, une déshydratation… elle peut aussi être la syncope cardiaque. Comme disait Lénine, la confiance n’évite pas le contrôle.

  • Qui est Flavien Saboureau, l’aventurier naturaliste ?

    Qui est Flavien Saboureau, l’aventurier naturaliste ?

    Il passe d’une île à une autre comme d’un continent à un autre… Flavien a parcouru plus de distance et vu de paysage que sa maman, Jocelyne. Le tout avant ses 27 printemps, qu’il a célébrés le 25 février 2025. Autant dire que des images extraordinaires composent ses rêves, quand Morphée l’enveloppe de ses bras. Le dernier voyage, dont l’histoire suivra prochainement est sans aucun doute celui qui a le plus marqué. Car partir en Nouvelle-Zélande, c’est comme un déchirement, l’abandon involontaire de certaines personnes, mais c’est une expérience qui apprend la valeur et la rareté de ceux qui nous entourent.

    Parcours initiatique d’un long fleuve pas tout à fait tranquille. De son enfance à son adolescence, sa passion le mène à emprunter les chemins et sentiers de la vie extraordinaire de la faune et flore des lieux visités. Mais à force de prendre en photo toutes les plus belles plantes, les plus beaux animaux terrestres et marins, il oublie pudiquement de croquer son portrait. Car se découvrir est une mise à nue, dans le plus simple appareil, sans avoir pour se cacher, son reflex.

    Le naturaliste Lavaucéen

    À la question, la plus basique « Peux-tu te présenter ? », Flavien, rétorque avec humilité que « depuis quelques années, suite à un hivernage d’un an et demi sur l’île Amsterdam, je me passionne pour les voyages qui mêlent aventures et sciences naturelles ». Il faut dire que comme Obélix, il est tombé dedans. Dans sa maison familiale, la nature y est omniprésente. Un cerisier, des pommiers, des ronciers pour croquer des mûres l’été… mais il y a aussi sa mare. Elle occupe des moments, qu’il ne passe pas avec ses potes durant son adolescence. Elle est située non loin de sa cabane, et est vêtue de ses plus beaux atours.

    Flavien, Londres, jardin

    Passionné par les plantes depuis tout petit, il apprécie désormais observer toutes les formes de vies. Mais avant tout, « le partage, post voyage, de ces aventures en solo avec mon sac à dos me sont apparues tout naturellement ». Lorsque vous discutez avec un amoureux de la nature, il y a forcément un sujet primordial : le réchauffement climatique. « Je ne me vois pas émettre autant de CO2 sans une contrepartie scientifique et humaine », explique Flavien.

    « Qu’est-ce qui t’amène à devenir botaniste naturaliste ? »

    S’il est intarissable pour vous compter monts et merveilles sur la très rare Moehringie d’Argentera, pour parler de lui… c’est autre chose. « Ça, c’est une question à laquelle il m’est difficile de répondre, martèle-t-il. C’est un devenir qui semblait tout tracé depuis mon enfance, je ne fais que suivre vers quoi la passion m’accompagne naturellement. »

    Mais un autre plaisir est né tardivement, l’écriture. « Le plaisir d’écrire est apparu plus récemment lui, il y a quelques années. Moi qui détestais la rédaction à l’école, le français ayant toujours été la matière qui me rebutait. » Comme quoi, toute chose évolue…

    (Crédits : Londres 2016/Flavien Saboureau)

    Mais aussi, ce que pourrait confirmer sa maman, un sens de l’orientation totalement absent, et un besoin d’être rassurer quant aux divers chemins empruntés, lorsqu’il est enfant. « J’avais tout le temps peur de me perdre quand j’étais petit, désormais c’est ce que je recherche. Il en est de même avec le français, je passe d’un extrême à l’autre. Désormais je déteste trouver des fautes dans mes récits », appuie l’amoureux de la langue de Molière.

    Une passion dévorante

    Au même degré que toute personne animée d’une passion, il n’est facile de savoir quand tout a commencé. « Difficile de connaître l’origine précise de cette passion, comme de nombreuses passions d’ailleurs. Elle est sûrement apparue dans l’enfance », se questionne Flavien. L’appel de l’extérieur, le contact de la nature, l’école buissonnière en quelque sorte.

    Car, si l’école est un passage obligé pour tout un chacun, la réussite y est fluctuante. Pour Flavien, les bancs de l’école ne sont pas sa tasse de thé. Puis, lorsqu’enfin, comme chaque enfant, la société lui en laisse le temps, il trouve enfin sa voie. « Quand je me suis rendu compte que je réussissais et que ça me plaisait… j’ai foncé tête baissée, mais sans m’en rendre compte. »

    « Après l’Amérique du Sud et ton retour en mars 2024, as-tu exploré d’autres lieux, à la recherche de la fleur parfaite ? »

    « Difficile de tenir en place après de si longs voyages. Je n’ai pas pu m’empêcher de barouder dans plusieurs massifs français : le Jura, la Chartreuse, les Écrins, le Queyras, le Mercantour, les Pyrénées, mais aussi en Espagne, dans la Sierra Nevada à la recherche d’espèces qui me font de l’œil depuis de nombreuses années. »

    Il a pu observer, pour ne citer qu’elle, la très rare Moehringie d’Argentera (Moehringia argenteria) dans le Mercantour. Sans oublier la magnifique Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus) dans le Jura.

    Mais de tels voyages possèdent néanmoins des inconvénients, et surtout un soupire l’aventurier. « La différence de ces voyages lointains, c’est qu’ici je partage ces excursions avec des amis. La solitude, ça va un moment ! » Un message qui ne tombera sûrement pas dans l’oreille d’une sourde.

    « Quelles sont tes motivations à parcourir le monde pour observer l’ensemble de la flore ? »

    « L’excitation de la découverte », répond-il. Personne ne peut partir à l’aventure sans rigueur. « Mes voyages étant un minimum préparé je sais à quoi m’attendre ; mais aucun voyage n’y déroge, je me fais surprendre à chaque fois par des espèces que je n’imaginais pas voir. » (Crédits : Moehringia argenteria/Flavien Saboureau)

    Flore, rareté, Moehringie d’Argentera

    « Aussi, j’ai l’impression de faire ce qui, petit et adolescent, me faisait rêver dans les documentaires que je regardais, quand je n’étais pas dehors. Sans oublier le plaisir de l’aventure… je ne sais pas lequel est un prétexte pour l’autre », sourit Flavien qui a choisi, jusqu’à présent, de « vivre ses rêves et non rêver sa vie ».

    Vers l’infini et… la Nouvelle-Zélande

    Quand les « fourmis » gagnent vos jambes, c’est que vous êtes resté trop longtemps assis dirait un sage. Flavien, habité par sa passion, rêve d’un autre lieu, celui que tous nomment « le paradis des naturalistes » : La Nouvelle-Zélande. Enfin, plus précisément les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande, à savoir les îles des Antipodes, îles Auckland, îles Bounty, îles Campbell et les îles Snares…

    Flavien, Amsterdam, hivernage

    « As-tu un projet semblable à celui effectué en Amérique du Sud ? Si oui, quand et pourquoi ? »

    « Oui, j’aimerais rallier les îles subantarctiques, au sud de la Nouvelle-Zélande, le dernier grand groupe d’îles subantarctiques où je n’ai pas encore posé le pied et mon appareil photo », explique-t-il.

    Les paysages, comme les lieux et ses habitants sont uniques. « Bio et géographiquement, elles n’ont pas grand-chose à voir avec celles que j’ai déjà visitées, et la surprise s’annonce alors encore plus grande. » C’est aussi l’occasion de passer du temps en Nouvelle-Zélande, le paradis du naturaliste.

    Sauf « qu’il n’a pas été simple de trouver le moyen d’y aller et cela va me coûter cher, mais je pars début décembre (2024) ! »

    Les objectifs sont quelque peu similaires au précédent voyage : relever le maximum d’espèces et les photographier sous toutes les coutures… pour participer au recensement du vivant et nourrir des projets encore en genèse. « Sans oublier de me créer des souvenirs inoubliables avec des aventures qui sortent des sentiers battus, plus ça va plus cela m’oppresse de trouver foule en pleine nature. »

    « As-tu pour projet de publier un livre ? »

    « Je suis déjà engagé dans la production et la publication de deux livres. L’un sur la flore des Terres Australes Françaises et l’autre sur l’île Amsterdam. Je veux déjà terminer ces deux beaux projets en 2025 avant de m’aventurer vers un nouveau travail. »

    « Mais oui, pour répondre à ta question. J’ai l’idée d’un livre. Un ouvrage dédié à la biodiversité des îles subantarctiques. Ça me traverse l’esprit depuis mes premiers pas sur ces îles méconnues. » (Crédits : Île Amsterdam-2022/M. Reveillas)

    Cependant, pour parvenir à tel ouvrage, qui serait inédit, mais qui demanderait des années de travail, « il me faut me rendre sur une grande partie de ces îles pour pouvoir être légitime à la réalisation de ce genre de travaux ». Sauf que l’expérience de vie accumulée par Flavien, laisse des traces. Des rencontres sont parfois détonantes dans la vie d’un jeune homme, même pour quelqu’un comme Flavien habitué aux voyages : ce genre de rencontre qui bouleverse l’ordre établi. À suivre…

  • Une faille dans le réseau Find My de Apple

    Une faille dans le réseau Find My de Apple

    Des chercheurs de l’université George Mason ont découvert un moyen, pour quiconque, de localiser quasiment n’importe qui, ou plus précisément quelques ordinateur ou appareil mobile. Ils baptisent cette faille « nRootTag ». Cette attaque utilise l’adresse Bluetooth d’une machine combinée au réseau Find My d’Apple pour transformer les appareils cibles en balises de localisation involontaires. Une trouvaille de taille qui pourrait ravir les services de police à travers le monde, comme toute personne malveillante usant de phishing, de ransomware.

    Pour comprendre l’impact, il suffit de simplifier. « Cela revient à transformer n’importe quel ordinateur portable, téléphone ou même console de jeu en Air Tag Apple, sans que le propriétaire s’en rende compte », explique Junming Chen, auteur principal de l’étude. Hacker quelque chose est le détourner de son utilisation première, dans un contexte général.

    Trouve-moi… si tu veux

    L’histoire possède un relent de déjà-vu. Auparavant en 2021, des individus malintentionnés détournent l’utilisation première d’un Air tag. Quelques mois plus tard, une personne télécommande des voitures de marque Tesla, situées aux États-Unis, à partir d’un smartphone au Portugal. « Et le pirate peut faire tout cela à distance, à des milliers de kilomètres de distance, avec seulement quelques dollars ». L’équipe de Qiang Zeng et Lannan Luo, professeurs associés au département d’informatique de l’université George Mason, ainsi que Chen et Xiaoyue Ma, doctorants ont découvert que l’attaque fonctionne en faisant croire au réseau Find My d’Apple que l’appareil cible est un AirTag perdu.

    Table, œuf, fourchette

    L’Air Tag est un IoT que vous pouvez accrocher à un autre précieux à vos yeux : votre porte-monnaie, clefs… peut-être votre vie privée, voire bien, plus. Ici, l’AirTag envoie des messages Bluetooth aux appareils Apple situés à proximité, qui relaient sa position à son propriétaire pour qu’il puisse le localiser. Rien d’anormal, jusqu’ici.

    La méthode d’attaque des chercheurs peut transformer un appareil (ordinateur de bureau, smartphone, IoT) en « AirTag » sans l’autorisation d’Apple. C’est alors que ledit réseau commence à le suivre.

    Ainsi dans le protocole, ils ont été en mesure de faire des expériences « pas piquées des hannetons ». Après avoir contourné le chiffrement des adresses Bluetooth d’Apple, via d’une grande puissance de calcul, la cyberattaque est active.Ils localisent un ordinateur stationnaire à trois mètres près, suivent l’itinéraire d’un vélo électrique en mouvement, reconstituent la trajectoire exacte et identifient le numéro de vol d’une console de jeu embarquée dans un avion.

    « Si le piratage de votre serrure intelligente est effrayant, il l’est encore plus si l’attaquant connaît également son emplacement. Avec la méthode d’attaque que nous avons introduite, l’attaquant peut y parvenir ».

    Ce qui est inquiétant est hormis le taux de réussite est de 90 % et la capacité à suivre les appareils en quelques minutes, c’est que cette technique ne nécessite pas d’augmenter ses privilèges d’utilisateur à administrateur ou « root ». Procédure somme toute habituelle pour un tel accès au système.

    (Crédits : Omran Jamal/Pexels)

    Les chercheurs ont d’ores et déjà averti la firme à la pomme en juillet 2024, dont une mise à jour de sécurité à suivi. Ils ont démontré que l’attaque fonctionne également sur les ordinateurs et les appareils mobiles sous systèmes Linux, Android et Windows, ainsi que sur plusieurs téléviseurs intelligents et casques VR. Ce qui est préoccupant est les conséquences possibles sur la vie privée. Des personnes malveillantes pourraient facilement employer cette technique à des fins de traque, de harcèlement, d’espionnage d’entreprise ou de menaces pour la sécurité nationale, et commercial. Les groupes de marketing, de publicité pourraient établir le profil des utilisateurs sans dépendre du GPS de l’appareil.

  • La conférence de Berlin

    La conférence de Berlin

    Le 26 février 1885, une conférence prend fin. Elle est celle de Berlin, qui est déterminante pour comprendre le découpage actuel du continent africain. Le but premier est d’éviter de se déchirer, entre Européens, lors de la course à la colonisation. Bien entendu, aucun représentant de l’Afrique n’est présent à la conférence. L’objectif est, déjà il y a 140 ans, les ressources que ce continent offre. Ainsi il sera question d’un accord sur les règles de la colonisation, donc du partage du continent africain. Quel est le contexte de ces années ? Quelles sont les conséquences ? Est-ce la première colonisation ?

    Les conflits entre les ethnies africaines ne cessent depuis que sa souveraineté lui est ôtée. L’Afrique dépouillée de sa souveraineté et de son indépendance au profit des puissances occidentales, ici européennes. Le continent est assailli, scindé en colonies de dimensions disparates. Sa physionomie passée sous scalpel chirurgical offre un visage remodelé, sans tenir compte des entités politiques préexistantes. La colonisation débute en 1880. Avant plus de 90 % du continent est dirigé par des Africains. Vingt ans plus tard, l’Afrique entière, hormis le Liberia et l’Éthiopie, est sous domination européenne.

    Un partage de l’Afrique sans les Africains ?

    Bismarck, un couteau à la main, qui a la volonté de découper un gâteau estampillé Afrique est une image d’Épinal. Or, la rencontre diplomatique de quatorze nations, a tout de même contribué à définir les règles communes pour de futures acquisitions territoriales. Au XIXe siècle, la monarchie de Juillet en France intensifie ses efforts coloniaux avec la conquête de l’Algérie en 1830. Cette entreprise marque le début d’une présence européenne plus profonde sur le continent, dépassant les simples comptoirs côtiers pour s’étendre à l’intérieur des terres.

    Afrique, continent, superficie

    L’objet de la conférence de Berlin est de procéder au règlement pacifique des litiges aux conquêtes coloniales.

    La conférence de Berlin n’a pas pour objet le partage de l’Afrique, mais un mécanisme d’appropriation des ressources. « […] si on regarde les textes et la réalité de ce qui s’est passé à l’époque : il n’y a pas eu de partage de l’Afrique lors de la conférence de Berlin », explique l’historienne Camille Lefèbvre (Institut des mondes africains) en 2010 à DW.

    Pour autant l’Allemagne et la France forment le duo concernant l’organisation de ladite conférence. D’ailleurs, les discussions se déroulent en français, selon les règles de la diplomatie internationale de l’époque. Le motif est de déterminer les taxes et barrières douanières établies par le Portugal et le Royaume-Uni à l’embouchure du fleuve Congo.

    À mots couverts, la conférence de Berlin se voit attribuer de fixer les conditions de la prise de possession de terres nouvelles, la colonisation sans le dire.

    (Crédits : Magda Ehlers/Pexels)

    « On donne d’abord à une compagnie privée ou à des commerçants un droit spécial qui lui permet de travailler, de faire du commerce avec telle ou telle région. Et c’est seulement au fil du temps, dans les années 1880 ou 1890, que les États européens ont pris de plus en plus en main, avec leurs propres militaires, avec leur propre administration, des colonies privées », relate Jakob Vogel, professeur d’histoire à l’Université de Cologne à DW.

    Quelles sont les conséquences ?

    Les puissances européennes établissent des règles visant à éviter les conflits entre elles, lors du partage du continent africain. Cette conférence aboutit à une division arbitraire de l’Afrique, sans considération pour les réalités ethniques, culturelles ou géographiques : le colonialisme républicain. Cela pose les bases de nombreuses tensions et conflits qui perdurent encore aujourd’hui.

    C’est à travers quelques points que se dessine le futur. La déclaration sur le commerce dans le bassin du Congo, la traite des esclaves, la navigation sur les fleuves Congo et Niger et les conditions pour occuper de nouvelles terres sur le continent africain.

    Les dernières décennies du XIXe siècle, l’Afrique est l’objet de négociations. Des décisions diplomatiques engendrent des commissions envoyées sur place. Un bornage bien qu’européens, certains points sont « le reflet de dynamiques historiques anciennes et propres au continent africain ».

    Les violences des conquêtes nommées « pacification », existent dans un but simple : faire taire toute contestation. Au début du XXe siècle, le partage est complet, sauf pour l’Éthiopie et le Liberia qui conservent leurs indépendances.

    (Crédits : Erich Röthlisberger/Pixabay)

    Baobab, Afrique, éléphants

    Tandis que la Première Guerre mondiale est sur le point d’éclater, les frontières des pays en Afrique sont créées. La défaite de l’Allemagne l’oblige à céder ses colonies. La France et la Grande-Bretagne se taillent la part du lion. Le Portugal, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne occupent des territoires moins importants, mais vastes. Les années 1960 voient l’émancipation des pays africains. Les frontières coloniales devenues intangibles sont adoptées par l’Organisation de l’unité africaine (OUA), sauf pour la création du Soudan du Sud en 2011.

    Première colonisation de l’Afrique ?

    Avant la Conférence de Berlin de 1884-1885, l’Afrique avait déjà été le théâtre de plusieurs vagues de colonisation. Dès le XVIIᵉ siècle, sous l’ancien Régime, des puissances européennes comme la France avaient entrepris des conquêtes coloniales, notamment en établissant des comptoirs le long des côtes africaines pour le commerce des épices, de l’or et des esclaves. Ces premières implantations étaient principalement motivées par des intérêts économiques et stratégiques, visant à contrôler les routes commerciales et à exploiter les ressources locales.

    Conférence, dessin, Berlin

    Pour autant l’Histoire indique que la migration des peuples à la recherche de terres fertiles pour leurs survies ne date pas d’hier. Les Égyptiens (vers -3000 av. J.-C.) influent sur la Nubie et le Soudan actuel. Les Phéniciens fondent Carthage (vers -1100), la Tunisie actuelle. L’Empire romain détruit Carthage et annexe l’Afrique du Nord.

    Une colonisation arabe du VIIe siècle au XVIe siècle, dû à l’expansion de l’Islam. L’Afrique du Nord est conquise, l’ouest est sous influence pour des routes commerciales transsahariennes.

    Les Européens arrivent qu’à partir du XVe siècle. Les Portugais établissent des comptoirs en Afrique de l’Ouest (Cap-Vert, Angola, Mozambique), Espagnols, Hollandais et Britanniques suivent pour le commerce des esclaves ou l’or. (Crédits : L’Illustration/BnF)

    Les Français et Anglais prennent pied en Algérie et Égypte. L’Afrique du Sud voit les Hollandais s’installer en 1652, puis les Britanniques en 1806 prennent le contrôle. La France s’empare de l’Algérie de 1830 à sa libération avec les accords d’Évian en 1962. Le canal de Suez est sécurisé par l’expansion des colons britanniques en 1882. L’Afrique est le théâtre de conflits, de guerres de territorialité et de prises de pouvoir depuis la nuit des temps. Mais l’Homme ne retient que sa propre histoire, sans forcément en tirer des leçons pour le futur, et à court terme.

  • La déclaration d’indépendance de la Corse

    La déclaration d’indépendance de la Corse

    Au XVIIIe siècle, la Corse est sous domination génoise. Lassé de cette tutelle, le peuple corse, mené par Pascal Paoli, se soulève contre Gênes. Le 15 avril 1755, après plusieurs années de lutte, l’île proclame enfin son indépendance. Paoli met alors en place un gouvernement autonome avec une constitution démocratique, inspirée des Lumières. C’est l’une des premières constitutions modernes d’Europe, garantissant séparation des pouvoirs et suffrage universel masculin. Qu’est-ce qui a mené à cette proclamation et quelles en furent les conséquences ?

    Saviez-vous que la Corse a été indépendante au XVIIIe siècle ? Non bien évidemment, à moins que vous soyez historien ou Corse. Le 30 janvier 1735, réunie à Orezza, la Consulta (assemblée) proclame l’indépendance de la Corse. Elle rédige un projet de constitution et se dote d’un hymne national. Sous la conduite de Pascal Paoli, la Corse devient un État à part entière. Cette période, souvent méconnue, est un symbole12 fort de l’identité et de l’Histoire corse : « Souvent conquise, jamais soumise ».

    Quand la Corse proclame son indépendance

    Dans la Castagniccia, cœur de la révolte corse, la récolte de châtaignes fut excellente en 1729. La pauvreté des résidents est telle, que la vente de l’excédent de la récolte sert à gagner quelques pièces. Monnaie nécessaire pour payer la taille, et ses arriérés. La remarquable moisson plonge le prix de la châtaigne dans les abîmes ; les autres récoltes sont catastrophiques, il n’en faut pas plus pour créer famine et disette. Cet ensemble anéantit les derniers espoirs des habitants, et nourrit le cœur de la révolte. Des violences conduisent à la mort de centaines de personnes. Les Corses réclament une réaction pour enrayer cette vague de violence.

    Déclaration, officiel, Corse

    La République de Gènes, qui n’est plus en odeur de sainteté sur l’Île, interdit les armes. Mais le port d’armes est soumis à un impôt. Pour pallier le manque à gagner, une nouvelle taxe apparaît : le Due Seini.

    Le 27 décembre 1729, le lieutenant de Corte ramasse le nouvel impôt. Dans la piève du Bozio, il demande à un habitant de Bustanico le paiement de la « Due Seini ». Le vieillard est accusé de donner une fausse pièce. Le récoltant menace de saisir de l’ensemble de ses biens. La légende raconte qu’il serait monté sur un tonneau et aurait harangué les villageois. Tout se passe dans le Deçà des Monts, dans le Bozio. L’insurrection contre la domination génoise débute3.

    Les nouvelles se répandent comme une traînée de poudre, tandis que la collecte se poursuit. Les frères Carbuccia, Domenico et Antonio arrivent au village de Poggio. L’un pour récolter la taille et ses arriérés, l’autre avec 50 soldats. Le premier se fait chahuter, le second et les militaires seront désarmés, dispersés.

    Antonio Domenico enfermé est libéré sous les quolibets des villageois. La rébellion monte crescendo jusqu’en juillet 1731 Gênes appelé à la rescousse. L’empereur allemand Charles VI de Habsbourg envoie 8000 hommes sous le commandement du baron de Wachtendonck. Grâce à ces renforts, la République soumet les notables corses.

    La « paix » fragile se rompt dès 1734. La guerre reprend à l’initiative du général Giacinto — ou Hyacinthe — Paoli. Il n’est autre que le père de Pascal, le futur « Père de la Patrie ». Sous l’impulsion du général en chef, Pasquale Paoli, la Corse devient un État à part entière et indépendant de la République de Gênes.

    (Crédits : Assemblea di Corsica)

    En 1755, il dote l’île d’une constitution qui institue un gouvernement élu par le peuple. Il prévoit également des libertés fondamentales. La Constitution corse reconnaît le droit de vote aux personnes de plus de 25 ans. Deux siècles avant la France, les femmes (veuves ou célibataires) possèdent le droit de vote. Elles peuvent élire, au niveau des Consultes communales, les délégués de la Diète. La Corse reste convoitée, si bien qu’en 1768, Gênes cède l’île à la France via le traité de Versailles. Pascal Paoli résiste face à l’armée française. En 1769, l’armée de Louis XV emporte la bataille de Ponte-Novu. La Corse est depuis intégrée au royaume de France, après une indépendance de près de 14 ans.

    Un héritage encore vivant aujourd’hui

    Si l’indépendance n’a duré que 14 ans, son impact reste prégnant dans l’identité insulaire. Aujourd’hui encore, l’épisode paolien, père et fils inspire de nombreux mouvements autonomistes et indépendantistes corses. Le souvenir de cette expérience unique continue d’alimenter les débats sur le statut de l’île.

    Pascal Paoli, lors de sa fuite vers l’Italie en 1768, 300 fidèles le suivent. Parmi eux, Carlo-Maria de Buonaparte son aide de camp et avocat à Ajaccio, avec Letizia son épouse de 18 ans, enceinte de sept mois… Les larmes et supplications font qu’elle donne naissance, en Corse à son fils… Napoléon.

    Si l’histoire de Pascal Paoli ne se clôture pas comme il le souhaitait, il laisse un héritage conséquent. La Corse frappe sa monnaie à Murato en 1763, le Soldo. Son université à Corte est fondée par un édit de Paoli en 1764, elle ouvre une année plus tard.

    La Constitution corse, adoptée le 18 novembre 1755 est considérée par certains comme la première de l’histoire moderne. Elle aurait inspiré un Nouveau Monde, les États-Unis pour leur Constitution. (Crédits : La citadelle de Corte par Raymond Fani/Pixabay)

    Citadelle, Corte, Corse

    L’indépendance de la Corse en 1755 est un épisode fascinant, pour mieux comprendre l’île de Beauté. Si l’expérience d’indépendance est stoppée par la France, via le traité de Versailles de 1768, elle continue cependant d’influencer sur sa politique et l’identité corse.

    1. https://www.francebleu.fr/emissions/storia/rcfm/storia-la-revolution-corse-premiere-partie-1729-1737 ↩︎
    2. https://www.francebleu.fr/emissions/storia/rcfm/storia-revolution-de-corse-deuxieme-partie-1738-1755 ↩︎
    3. https://www.albiana.fr/fr/periode-moderne/85-1729-les-corses-se-rebellent-periode-moderne.html ↩︎
  • Cissé, championne d’Europe

    Cissé, championne d’Europe

    Une municipalité française est championne d’Europe : la commune de Cissé. Elle est située dans la Vienne, au cœur du Poitou-Charentes. Au sein des nouvelles régions, elle est sur le podium avec la deuxième place de la Nouvelle-Aquitaine. Hormis sa tranquillité, sa proximité avec le chef-lieu de département qu’est Poitiers, son cadre bucolique… Elle possède une particularité qui lui procure le sentiment d’être unique sur le continent européen. Sauriez-vous deviner laquelle ?

    Elle porte le même patronyme que de nombreuses personnes africaines, il est en effet courant au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Gambie, Guinée, Mali, Mauritanie et Sénégal. Ce n’est pas en cela qu’elle est unique. Quatre villes, dont trois au Burkina Faso, arborent ce nom, mais en quoi la Française est singulière ?

    Championne du jumelage


    La spécialité de la commune de Cissé est son engagement envers les communes européennes. Comme l’indique la maire, Annette Savin, Cissé est jumelée avec 27 communes de l’Europe, et d’autres si des pays viennent à rejoindre l’Europe.

    L’histoire commence officiellement le 25 juin 1989, avec M. Michel Bouchet, précédent édile de la commune. « C’est Michel Bouchet […] qui a eu cette idée de suivre l’avancée de la Communauté économique européenne (CEE) en jumelant une commune de chaque pays membre », explique l’édile Mme Annette Savin.

    Adjointe à cette époque, l’effervescence n’y est pas, mais « […] en s’y mettant, on a vite pris le pli pour mener à bien le projet. »

    Alors que la chute du mur de Berlin occupe l’ensemble de l’information européenne, et pour cause, Cissé est jumelée avec douze communes. Chemin faisant, le nombre double pour atteindre 27. La dernière en date est Tisno en Croatie en 2013.

    (Crédits : Darya Sannikova/Pexels)

    La motivation d’un tel nombre de villes jumelées est l’envie que les Cisséennes et Cisséens appartiennent à quelque chose de plus grand. « Ici on est vraiment isolés, loin de tout. On n’a pas de frontière proche. […] Avec tous ces contacts à travers les frontières, c’est comme si on n’était plus tout seuls dans notre Poitou », martèle Annette Savin.

    La genèse du jumelage

    Au dernier recensement, en 2016, il existe environ 20 000 jumelages. Mais la naissance de ce phénomène remonte aux années 50. La Seconde Guerre mondiale vient de clôturer. Les stigmates et plaies sont béants. Jean Bareth, secrétaire général du Conseil des communes d’Europe, définit le jumelage tel que « la rencontre de deux communes qui entendent s’associer pour agir dans une perspective européenne […] et pour développer entre elles des liens d’amitié de plus en plus étroits ».

    Le premier s’effectue entre Montbéliard et Ludwigsburg. Si tous veulent voir la réconciliation, c’est Coventry et Stalingrad qui se lient en 1944, puis Caen (1946), Kiel et Lidice (1947), Varsovie (1957) et Dresde (1959).

    Certains jumelages sont décrétés dans les hauteurs du pouvoir, alors que les plaies de la 2de Guerre mondiale sont encore prégnantes. Les jumelages polono-est-allemands (Rostock et Szczecin en 1957) sont un parfait exemple.

    Déjà en 1913, Brugg (Suisse) et Rottweil (Allemagne) conclus un partenariat, pour aboutir au jumelage en 1918. Dans les années 1950 et 1960, la volonté est au rapprochement des peuples, qui à se détourner du passé. Depuis les années 1990, la chute du mur de Berlin et ses conséquences… Les jumelages européens se réalisent au nom du refus de l’oubli et de la réconciliation. (Crédits : Ieva Brinkmane/Pexels)

    Pourtant, le premier jumelage remonte à l’année 836. Lorsque Louis le Pieu instauré entre les villes du Mans et de Paderborn une relation religieuse. Cette relation est considérée comme la plus ancienne forme de jumelage en Europe. Il faudra attendre plus de 1000 ans pour que le jumelage soit effectif entre ces deux communes, en 1967. Votre ville est-elle jumelée avec une autre ?

  • Le site du ransomware 8Base saisi

    Le site du ransomware 8Base saisi

    Une opération judiciaire internationale conduit à la saisie du site vitrine du ransomware 8Base. Quatre personnes sont arrêtées à Phuket, en Thaïlande dans le cadre de l’opération « Phobos Aetor » le 10 février 2025. Cette opération policière vise les cybercriminels derrière le ransomware Phobos. Le quatuor est accusé d’avoir mené des cyberattaques envers plus d’un millier d’entités. Ils auraient ainsi extorqué plus de 16 millions de dollars en bitcoin. La même intervention se saisit du site vitrine du ransomware 8base sur le darkweb.

    La première capture de l’opération est le créateur et administrateur de Phobos. Il est extradé le 4 novembre 2024 de Corée du Sud vers les États-Unis. Le 18 novembre, le ministère de la Justice américain révèle son identité : Evgenii Ptitsyn, 42 ans de nationalité russe.

    Quatre arrestations à Phuket

    Le ransomware Phobos, par l’intermédiaire de ses filiales, a fait plus de 1 000 victimes. Elles sont des institutions publiques et privées aux États-Unis, comme partout dans le monde. L’extorsion à travers les rançons payées en cryptomonnaie est de plus de 16 millions de dollars.

    Arrestation, police, Thaïlande

    Le ransomware 8base connu depuis le printemps 2022 revendique 455 victimes. Les dernières connues sont l’établissement St Nicholas au Brésil, la commune belge Héron, mais aussi le cabinet Jean Louvel Saoudi et l’entreprise FIO, ces deux derniers sur l’hexagone.

    L’opération judiciaire internationale se saisit du site vitrine du rançongiciel 8Base. La brigade de lutte contre la cybercriminalité de la préfecture de Paris est l’une des forces à y avoir participé.

    L’arrestation et l’extradition du fondateur en novembre 2024 ont sans doute permis de découvrir des liens. Ces liens sont avec toute vraisemblance, à l’origine du démantèlement du ransomware et de l’arrestation des quatre personnes présumées. Leurs identités sont logiquement encore inconnues, car l’enquête se poursuit.

    (Crédits : DR)

    La police thaïlandaise a saisi plusieurs téléphones mobiles, ordinateurs portables et portefeuilles numériques, soit un total de quarante pièces à conviction. Les suspects sont accusés de complot en vue de commettre une infraction contre les États-Unis et de complot en vue de commettre une fraude électronique. Ces arrestations font suite à une demande de la part des autorités suisses et des États-Unis, impliquant des mandats d’Interpol pour les suspects européens qui étaient entrés en Thaïlande dans le cadre d’une organisation criminelle transnationale.

    Site vitrine du ransomware 8Base saisi

    L’opération internationale visant le gang du ransomware Phobos, conduit à l’arrestation de quatre personnes à Phuket, en Thaïlande : deux femmes, deux hommes. Un coup supplémentaire est porté avec la saisie des sites de 8Base sur le dark web. Les suspects sont accusés d’avoir mené des cyberattaques contre plus de 1 000 victimes dans le monde.

    Les personnes arrêtées sont Européennes. Ils auraient extorqué à leurs victimes 16 millions de dollars en bitcoins. L’opération de police, dont le nom de code est « Phobos Aetor », a donné lieu à des descentes coordonnées sur quatre sites (Mono Soi Palai, Supalai Palm Spring, Supalai Vista Phuket, and Phyll Phuket x Phuketique Phyll), où des pièces ont été saisies pour être analysées.

    Les paiements de rançon ont été blanchis sur des plateformes de mélange de cryptomonnaies, ce qui a rendu plus difficile pour les forces de l’ordre de retrouver leur portefeuille final, relate Bleeping Computer.

    En 2023, le ministère américain de la Santé et des Services sociaux a averti que les opérateurs de 8Base ciblaient des organisations du monde entier, sans limites.

    « Selon les attaques du groupe, 8Base cible principalement les PME basées aux États-Unis, au Brésil et au Royaume-Uni. Les autres pays touchés sont l’Australie, l’Allemagne, le Canada et la Chine, entre autres. Il est à noter qu’aucun pays de l’ex-Union soviétique ou de la CEI n’a été ciblé », explique le bulletin du HHS, en page 4. (Crédits : DR)

    Police, ransomware, 8Base

    Dans un message publié sur son site de fuite du dark web avant le démantèlement de cette semaine, 8base se décrivait comme des « pentesters honnêtes et simples », indique Techrunch. Mais avant de crier victoire, il faut raison garder. Car le retour d’expérience de l’opération sur le ransomware LockBit rappelle que de couper une tête sur une hydre, n’est pas concluant.