Il y a cent ans… le monde perdait la boule

Le 31 mars 1922, veille du premier avril, Étienne Grosclaude accuse l’Allemagne d’avoir inventé la machine à détraquer le monde, dit la « Maboulite ». Dont la fabrication activement poussée au sein des établissements de M. Stinnes. Elle aurait été, selon les dires de M. Grosclaude, journaliste dirigée sur la commission des réparations suite à la 1re Guerre mondiale, sur la conférence des ambassadeurs puis celle de Washington. L’homme publie à l’époque un livre dont le titre est « La machine ronde a perdu la boule ».

« On n’est pas sans inquiétude pour la Société des Nations », écrivit L’Action Française. D’ailleurs les divisions entre la France, l’Angleterre et l’Amérique qui ne s’entendaient pas, renforçaient le sentiment de folie ambiante. Tous en sortie de la Première Guerre mondiale et de l’épidémie de peste de 1918, ne pensaient qu’à une chose, reconstruire, alors qu’ils « rapetassaient ». Subtilité de la langue française où ce terme pourrait encore être utilisé aujourd’hui pour définir les actions de certains. Le Littré détermine tel que le fait de « raccommoder grossièrement de vieilles hardes, de vieux meubles, en y mettant des pièces prises de côté et d’autre ».

Frédéric, Étienne Grosclaude, né le 2 juin 1858 à Paris et mort le 7 janvier 1932 à Paris avenue Kléber, était journaliste, chroniqueur et humoriste français. Il était promoteur de la colonisation dans la deuxième partie de sa vie. (Crédits : diaan11/Pixabay)

La cocasserie de l’instant était soulevée. Car la mission de rebâtir l’Europe était dévolue à des individus qui devaient se rencontrer à Gènes si « Lénine vit jusque-là, et si Lloyd George ne change pas d’avis une fois de plus. » Les divergences entre le premier ministre du Royaume-Uni et le président du conseil des commissaires du peuple de l’URSS étaient fréquentes, une guerre de communication. Ironiquement, le journal concluait que la maboulite dérangeait alors les cerveaux d’hommes d’État. « Folie universelle, tel serait donc l’aboutissement du règne de la démocratie qui, à son aurore, mettait sur les autels la déesse Raison… »

Romuald Pena

Journaliste et curieux de nature, j’aime les mots et ce qu’ils chantent aux oreilles qui les entendent. « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité », assurait Pablo Neruda. Ainsi j’apporte des faits, des faits, encore et toujours des faits, car : « Nous ne pouvons être condamnés à pire, à juger les autres, à être des juges. » (Le Testament d’Orphée, de Jean Cocteau)

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