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  • Pas plus de 40 à Paris

    Pas plus de 40 à Paris

    Non, il ne s’agit pas de la canicule qui a frappé l’Europe, mais de la vitesse maximale autorisée en 1911, notamment à Paris. Si les panneaux de signalisation font partie du décor, les chiffres qu’ils affichent sont le fruit de décennies de décisions politiques, de débats publics et d’évolutions techniques. Depuis les premières limitations imposées à la fin du XIXᵉ siècle jusqu’à l’instauration du 80 km/h sur certaines routes secondaires en 2018, les seuils de vitesse traduisent bien plus que de simples préoccupations de sécurité routière.

    Entre impératif de protection des usagers, contraintes écologiques et crispations sociales, la limitation de vitesse devient un marqueur révélateur des tensions entre liberté individuelle et intérêt collectif. La toute première réglementation applicable aux automobiles naît avec l’ordonnance du préfet de police Louis Lépine, le 14 août 1893. Depuis, de nombreuses villes limitent la vitesse maximale autorisée dans leurs agglomérations à 30 km/h. Tandis qu’en Europe certains pays font marche arrière sur les limitations.

    Limiter pour mieux protéger ?

    Le 30 mai 1851, la loi relative « à la police du roulage et des messageries publiques » est le texte fondateur de la sécurité routière. Le 16 août 1889, Léon Serpolet décroche le premier agrément de circuler sur un tricycle… à 16 km/h. Louis Lépine est à l’origine du « certificat de capacité ». La duchesse d’Uzès est la première femme à l’obtenir en 1897. Deux années se passent quand le décret en date du 10 mars 1899 rend obligatoire sa détention pour conduire un véhicule terrestre à moteur. Le 31 décembre 1922, il devient alors le « permis de conduire » ; quant à la suspension, elle n’existe qu’à partir du 12 avril 1927.

    Asphalte, trente, panneau

    En 1893, la vitesse maximale autorisée (VMA) est de 20 km/h en rase campagne et 12 km/h en agglomération pour les voitures à pétrole. À l’époque, il s’agit moins de sécurité que… de préserver les chevaux et d’éviter les poussières. Ces seuils, ridicules au regard des performances actuelles, visaient à encadrer les premiers « fous du volant » qui, déjà, inquiétaient les autres usagers. Les vitesses maximales augmentent le 10 mars 1899 à respectivement 30 et 20 km/h. L’obligation de se ranger à droite apparaît le même jour.

    L’évolution technologique des véhicules s’accompagne d’une régulation progressive. En 1954, une VMA de 60 km/h est instaurée en ville, suivie en novembre 1973 d’une mesure phare, conséquence du choc pétrolier. L’abaissement à 90 km/h sur les routes et à 130 km/h sur autoroute, en réaction à la flambée des accidents mortels (16 861) et au choc pétrolier.

    Le choc pétrolier de 1973

    Mais, en mars 1974, sous la présidence de Georges Pompidou, la VMA est augmentée à 140 km/h, ce jusqu’au 6 novembre 1974. Le décret officiel fixe les vitesses maximales à 130 km/h sur autoroutes, à 110 km/h sur voies express et 90 km/h sur les autres routes. En 1990, la vitesse s’uniformise à 50 km/h, en agglomération, puis des communes l’abaissent à 30 km/h.

    Plus récemment, en juillet 2018, la décision du gouvernement d’Édouard Philippe d’abaisser la vitesse à 80 km/h sur certaines routes. Mais la loi dite « LOM » de 2019 permet aux départements de relever cette limite à 90 km/h… ce qu’ont fait plus de 30 départements à ce jour, notamment dans l’ouest, le nord et le centre de la France. Les limitations sont, comme les politiques et la politique, changeantes. Des raccourcis autoritaires sont effectués, car plus personne ne prend le temps. (Crédits : Markus Spiske/Pixabay)

    Même dans l’apprentissage, nous brûlons les limites de vitesse autorisée. Pourtant, il est souvent nécessaire d’expliquer avec simplicité le pourquoi du comment. Ainsi, quand on parle de freinage d’urgence, tous évoquent la distance totale pour s’arrêter. Elle est — la distance d’arrêt (Da) — le temps de réaction (Tr) additionné à la distance de freinage (Df). Tr = v (en m.s⁻¹) x t (en s), soit pour 90 km/h, la vitesse est de 25 m/s. Soit 25 mètres parcourus en une seule seconde. Pour la Df = v²/2 a. La vitesse en mètre par seconde « a » la décélération 7 m.s⁻² sur route sèche, et en moyenne 4 sur route mouillée. Soit, pour 90 km/h, sur la route des vacances, une distance d’arrêt totale de Dt = (v x t) + (v x t) + (v²/2a). Ici Dt = (25 + 44,64), d’environ 70 mètres.

    Les enjeux de limitation de vitesse

    Plus les années défilent, plus les routes semblent de plus en plus limitées. Réduire la vitesse est un levier multiple qui touche à la sécurité routière, à la santé publique, à l’environnement et même à la cohésion sociale. Selon la Sécurité routière, un accident sur trois est directement lié à une vitesse excessive ou inadaptée. La probabilité d’être tué dans un choc augmente exponentiellement avec la vitesse.

    À 50 km/h, un piéton a une chance sur deux de survivre. À 70 km/h, c’est quasiment nul. La réduction à 80 km/h sur les routes secondaires aurait, selon les chiffres officiels, permis de sauver 349 vies en deux ans (2018–2019), malgré la fronde de nombreux automobilistes et élus locaux.

    Moins de vitesse, c’est aussi moins d’émissions de CO₂. À 110 km/h sur autoroute, une voiture moyenne consomme 10 à 15 % de carburant en moins qu’à 130 km/h. C’est pourquoi certaines ONG, et politiques plaident pour une limitation généralisée à 110 km/h, voire à 100 km/h, dans un contexte de lutte contre le changement climatique. La volonté est l’arrêt, pour les mêmes visées, des voitures thermiques. Pour les remplacer par des véhicules électriques moins polluants à l’utilisation, mais pas à la construction. Un changement de paradigme. (Crédits : Ralph Drasba/Pixabay)

    Voiture, vitesse, circulation

    Concernant la question de la vitesse, elle est autant culturelle que technique. Elle touche au rapport à l’espace, au temps, et à la liberté de mouvement. Reste une question sensible : celle de l’acceptabilité. Sur les routes françaises, le paysage réglementaire est morcelé. La vitesse autorisée dépend non seulement du type de voie, mais aussi du contexte local, urbain ou rural, de la météo et parfois… du bon vouloir du maire ou du préfet.

    Zone 30, zone de rencontre… et 30 km/h

    En ville, le passage de 50 à 30 km/h affiche une volonté, une transition en cours. La vitesse maximale en agglomération est officiellement de 50 km/h, sauf indication contraire. Mais dans les faits, les zones 30 se multiplient, notamment autour des écoles, des centres-villes et dans les « villes apaisées ». Paris, Grenoble, Nantes, Rennes, Lille, Strasbourg et Poitiers ont déjà généralisé cette limitation sur la quasi-totalité de leurs voiries. Il n’est pas rare de pester contre les usagers de bicyclettes, de trottinettes quand nous sommes au volant de notre voiture.

    Bouchon, ruelle, code de la route

    D’autant que nous sommes toujours pressées — les enfants à déposer à la crèche, dans les écoles, les bouchons, les horaires de travail… — ; qui plus est dans une zone à 30 km/h…

    Abaisser la vitesse à 30 km/h en ville est louable. Elle se veut protectrice des plus vulnérables : piétons, enfants, cyclistes. À cette vitesse, le risque de décès en cas de collision chute drastiquement. C’est aussi moins de bruit, moins de stress, une meilleure cohabitation des usagers… C’est une évolution nécessaire, face à des centres urbains saturés. Loin d’être une contrainte arbitraire, cette limitation est un outil de prévention efficace, validé par les faits. La route se partage, et la sécurité ne devrait jamais être négociable.

    Le respect dans le partage de la route

    Mais, car il y a un mais. Cet abaissement engendre d’autres modifications, notamment en ce qui concerne les deux roues. Saviez-vous — qu’après avoir été testé en France dès les années 1990 — que la généralisation des doubles sens cyclables est rendue obligatoire dans les rues à sens unique, en zone 30 et en zone de rencontre ?

    Rendu obligatoire par un décret n° 2008-754 du 30 juillet 2008 (art. 13) faisant référence à l’article R110-2 du Code de la route. Pour autant, c’est le maire de la commune qui, par arrêté municipal, instaure une ou plusieurs zones 30. Concernant les zones de rencontre, nos amis cyclistes et autres propriétaires des véhicules autorisés devraient lire l’article susnommé : « Dans cette zone, les piétons sont autorisés à circuler sur la chaussée sans y stationner et bénéficient de la priorité sur les véhicules. La vitesse des véhicules y est limitée à 20 km/h. » (Crédits : DR)

    Les cyclistes sont autorisés à prendre à contre-sens des voies de circulation, comme à Cenon. Les zones 30 sont définies par une « section ou ensemble de sections de voies constituant une zone affectée à la circulation de tous les usagers. Dans cette zone, la vitesse des véhicules est limitée à 30 km/h. Toutes les chaussées sont à double sens pour les cyclistes, les conducteurs de cyclomobiles légers et les conducteurs d’engins de déplacement personnel motorisés, sauf dispositions différentes prises par l’autorité investie du pouvoir de police. […] » Ce qui a soulevé une question au Sénat, c’est qu’il y a un hic. Quand cela se déroule dans une ville construite au Moyen Âge. Le coût engendré comme la disposition des rues rend les choses parfois compliquées. Parfois, les deux roues circulent volontairement sur les trottoirs et demandent aux piétons, par leur sonnette, de les laisser passer, car un bus arrive en contre-sens.

  • Un nouveau départ… vers l’aventure (1/55)

    Un nouveau départ… vers l’aventure (1/55)

    Comme lors d’une gestation humaine, Flavien semble avoir accouché d’un nouveau « bébé ». Une réflexion qui mène à une action. « Neuf mois plus tard, il est temps de repartir à l’aventure », souffle-t-il. Nous sommes le 9 décembre 2024, quand il s’apprête à embarquer. Direction la Nouvelle-Zélande avec pour principal objectif les îles subantarctiques australasiennes. C’est parmi les dernières qu’il lui reste à visiter autour de l’Antarctique. Le tout avec un projet qui lui trotte dans un coin de sa tête depuis quelque temps.

    Flavien s’envole vers la Nouvelle-Zélande, terre de mystères, de contes et merveilles. Entre forêts ancestrales et espèces uniques, il part explorer une nature sauvage et fascinante. Une aventure où chaque pas promet une découverte inoubliable. Entre nature et paysages, culture et traditions, la gastronomie aussi. Quant au Kiwi, symbole emblématique du pays, tellement difficile à observer, sera-t-il à la rencontre lors de son voyage ?

    L’épisode du malaise vagal

    Six heures viennent juste de s’afficher sur le réveil. Dans un coin de la chambre, le sac est prêt, posé et appuyé au mur. Il semble être impatient, comme une envie de se positionner sur le dos de Flavien. C’est chose faite à 6 h 40, quand le tandem, entre avenue et boulevard, prend la direction la gare de Poitiers. À 7 h 24, le train file vers Paris, « ça y est l’aventure commence ! » Difficile de faire marche arrière désormais. Flavien n’est pas rassuré, car le convoi ferroviaire doit arriver 2 h 20 plus tard, et que l’enregistrement pour le vol, que Flavien n’a pu réaliser en ligne, se clôture à 11 h 25.

    « Contrairement aux fois où j’ai pris le train cet automne, le TGV parvient à destination sans encombre. Me voilà à Roissy Charles de Gaulle, où j’avais passé une journée en début de mois de mars dernier. » Flavien se dirige vers le terminal 2E pour réaliser l’enregistrement. La file d’attente est conséquente, mais elle est en mouvement. Jusqu’ici tout va bien… c’est sans compter sur sa légendaire maladresse.

    « En voulant clipser mon sac, je me coupe l’extrémité de l’index. » Une coupure anodine pour tout un chacun, sauf que certaines personnes supportent peu ou prou la vue de leur sang. « J’ai toutes les couches sur moi pour gagner de la place dans mon sac. » Il fait chaud. Il y a du monde. Tous les ingrédients du cocktail parfait sont réunis.

    « Me voilà à genoux à tenter de mettre un pansement avant de faire un nouveau malaise vagal. » Flavien ne les compte plus depuis son enfance, mais cela bien fait longtemps qu’une telle chose ne lui était pas arrivée. (Crédits : Gare de Poitiers/Flavien Saboureau)

    Plusieurs personnes entourent Flavien, quand il reprend ses esprits, quelques secondes plus tard. Une employée de la compagnie aérienne m’indique qu’elle a appelé les pompiers. « Je suis un habitué de ces malaises. Il ne faut pas en faire de cas », lui explique-t-il devant des yeux médusés. Il se désaltère, englouti deux barres chocolatées, et le voilà prompt à continuer. Une jeune femme européenne lui parle, afin de le distraire et changer les idées. Une autre aux traits asiatiques lui offre son chariot pour qu’il puisse y poser son sac. « Je suis agréablement étonné devant tant de bienveillance ! »

    En voiture ! Attention au départ !

    De simple voyageur, il devient presque VIP. « Finalement, ils me font passer en priorité alors que tout va mieux. » L’inquiétude du petit matin est résolue. « Je suis rassuré, mes places sont bien réservées, c’est leur site internet qui n’est pas à jour. » Son sac est peu ordinaire, la compagnie n’a rien à disposition pour l’empaqueter. « Je me rends dans un couloir pour les bagages hors format. »

    Si tout va pour le mieux, une part d’inquiétude demeure. « J’espère que le bagage est bien dans les soutes… et qu’ils ont compris que je ne le récupère pas avant le prochain avion. » Le passage via la sécurité est un parcours d’enfant. Il ne reste que quelques dizaines de minutes à patienter. « J’attends l’ouverture de la porte M43 », raconte-t-il.

    Moment idéal pour s’essayer à la prose. J’envoie des messages à la famille, quelques amis et Clarisse. « Car si ce voyage est différent, c’est dans son appréhension, car Clarisse occupe mon esprit depuis quelques mois maintenant. »

    Rester concentré sur ce périple n’est pas aussi simple. « Chaque voyage est différent, d’une façon ou d’une autre ! »

    (Crédits : Connor Danylenko/Pexels)

    Le journal de 13 h est sur le point de se terminer lorsque l’aéronef décolle. Il est 13 h 20, quand après quasiment une heure de retard, il s’envole. « Quelle agréable surprise ! Mes genoux ne touchent pas au siège de devant, et il y a même des écrans… », se réjouit Flavien. À bord d’un avion affrété par China Eastern Airlines, l’une des trois plus grandes compagnies de République Populaire de Chine (RPC), onze heures de vol l’attendent. « C’est parti, direction Shanghai. » En direction de l’Est, le soleil se couche très vite. À 16 h (heure française), il fait déjà nuit noire à travers les hublots. Le sommeil tant espéré ne vient pas. « J’ai encore 11 h de vol demain pour véritablement me reposer. » À suivre…

  • La naissance de l’Académie française

    La naissance de l’Académie française

    Il y a près de quatre siècles que le cardinal de Richelieu signe les fondements de l’Académie française. Du haut Moyen Âge au début du XVIIe siècle le langage français prend ses lettres de noblesse. Il passe d’un état vulgaire à l’égalité en termes de dignité face au latin. L’évolution de la société admet les femmes à siéger au sein de l’institution. La première d’entre elles est Marguerite Yourcenar, en 1980. La première tentative est issue de Jean le Rond d’Alembert qui en 1760 propose la candidature de Julie de Lespinasse.

    En 1629, neuf personnalités décident de se rencontrer, une fois par semaine, chez l’une d’elles, Valentin Conrart. Le groupe littéraire, dit « cercle conrart » se rassemble au 135 de la rue Saint-Martin. Son domicile parisien s’impose, car il est le plus facile d’accès. La rue fait désormais face au Centre Pompidou. La première assemblée ayant fait l’objet d’un compte rendu signé par Conrart date du 13 mars 1634. Le nom usuel « Académie française » est adopté huit jours plus tard. Les membres se dénomment « académistes », puis « académiciens » dès le 12 février 1635.

    L’Académie française : un projet de Richelieu

    Quinze jours auparavant, le 29 janvier 1635, le cardinal Richelieu, ministre de Louis XIII, décide de donner un cadre officiel à ce cercle d’érudits : l’Académie française est née. Cette naissance est jalonnée d’étapes. La première se trouve être les serments de Strasbourg en 842. La seconde rédigée par François 1er en 1539, est l’ordonnance de Villers-Cotterêts. Né François d’Angoulême, il fait du français la langue administrative et judiciaire commune à l’ensemble du royaume. Le français remplace le latin.

    Académie, costume, France

    Richelieu est conscient de l’importance de la langue dans le rayonnement du royaume. Il officialise ces rencontres par un arrêt du Conseil et leur attribue un statut unique. L’Académie française, composée de 40 membres appelés les « Immortels » est née. Elle en compte depuis sa création 742. Sur les 36 sièges occupés, six sont occupés par des femmes (onze au total). Le fauteuil 3 est déclaré vacant depuis le 23 janvier 2025. La vacance n’est pas encore déclarée pour les 11, 14 et 22.

    Les missions de l’Académie : garantir l’unité et l’élégance du français. Au XVIIe siècle, la langue française est en pleine expansion en Europe. Richelieu saisit l’importance diplomatique et littéraire du français. Il peut devenir une langue diplomatique, à condition qu’elle soit rigoureusement codifiée. L’Académie devient un instrument stratégique de pouvoir « doux ». Cela renforce l’influence culturelle et politique de la France sur le continent européen. (Crédits : Glotz/Wikipedia)

    Dès ses origines, l’Académie française s’est vu confier plusieurs tâches essentielles. L’une d’entre elles, la rédaction d’un dictionnaire destiné à fixer et enrichir la langue vivante. Le premier « Dictionnaire de l’Académie française » paraît en 1694, marquant un tournant dans la normalisation du français. Aujourd’hui encore, l’Académie ne cesse de publier des éditions actualisées, reflétant l’évolution naturelle de la langue tout en préservant ses bases.

    Une évolution qui traverse les âges

    Depuis sa fondation, l’Académie française traverse monarchies, révolutions et républiques, en adaptant ses pratiques aux besoins de chaque époque. De nouvelles questions se posent aujourd’hui, notamment sur l’intégration de mots issus d’autres cultures ou de l’univers numérique. Mais, sa vocation reste inchangée : veiller sur la langue française tout en respectant son dynamisme et sa diversité. Le premier dictionnaire débute son écriture en 1638, il est achevé en 1694. La neuvième édition est achevée. Elle se compose de quatre tomes. Le premier de A à Enzyme (1992), de Éocène à Mappemonde (12/2000), de Maquereau à Quotité (11/2011), enfin de R à Z + addenda des tomes 1 à 3 (11/2024).

    Lors de sa dernière parution, elle heurte la sensibilité de certains. Un collectif de linguistes s’insurge à travers dix points.

    Dans une tribune publiée dans Libération, le collectif des Linguistes atterré relève qu’il manque des mots devenus courants tels que « coronavirus », « daron » ou « féminicide ». De plus il détermine « plus que contestables », la définition « d’hétérosexuel », qui est, selon l’Académie française, « relatif à la sexualité naturelle entre personnes de sexe différent ».

    Or la sexualité a pour vocation naturelle la perpétuité de l’espèce humaine, comme de toute autre espèce animale. L’être humain est un mammifère doté d’une certaine intelligence.

    (Crédits : sauvageauch0/Pixabay)

    Dictionnaire, mot, papier

    L’Académie française, à travers ses traditions et son engagement, illustre le lien profond entre langue, culture et identité nationale. Plus qu’un simple organisme, elle est un symbole vivant de la richesse de la langue française. La prochaine fois que vous utilisez un mot ou une expression française, vous penserez à cet héritage qui continue de façonner notre manière de penser et de communiquer.

  • De retour à la maison (Épis. final)

    De retour à la maison (Épis. final)

    La journée la moins agréable de son séjour est arrivée. Ce lundi quatre mars deux mille vingt-quatre, il se réveille aux aurores. Levé à 7 h 30 ce matin, il me reste à réussir à tout caser dans mon sac, songe-t-il. Bien que cette fois je n’ai plus les lyophilisés, j’ai quelques souvenirs plus volumineux à faire rentrer. Sa tocante affiche 8 h 45 quand il dit au revoir à Clémentine et Gonzalo, qu’il remercie une nouvelle fois chaleureusement. Puis, il s’en va chargé comme une mule.

    Après avoir déniché une boulangerie, où je mange les moins bonnes viennoiseries de mon voyage, je passe une dernière fois à Scotia Bank pour retirer 5000 pesos. En effet le billet de 2000 est très bien dessiné. Le seul moyen de repartir avec est de faire de la monnaie sur 5000… Désormais habitué, il prend le métro, comme si de rien n’était, mais dans le sens inverse de la veille. À l’endroit même où le bus m’a déposé hier je suis censé y trouver une navette qui va à l’aéroport pour la modique somme de 2000 pesos. Et à peine suis-je sorti du sous-terrain que je grimpe dans l’autobus qui part aussitôt.

    Perturbé il se trompe d’arrêt et doit faire une nouvelle fois marcher. 1,5 km pour rejoindre le terminal international de l’aéroport de Santiago. Là-bas tout s’enchaîne très bien et après seulement une demi-heure d’attente en salle d’embarquement je monte dans l’avion de la compagnie LATAM direction São Paulo vers 12 h 15.

    Durant les quatre heures de vol, je passe la majeure partie du temps à tenter de rattraper les journées non écrites de ce récit. Arrivé à São Paulo il fait plus de 32 °C, mais je n’ai pas le temps d’y penser. Sauf peut-être à l’arrivée à Paris et ses cinq petits degrés. Je n’ai qu’une heure pour ma correspondance avec le vol de Paris. Le temps, une nouvelle fois, de passer la sécurité aéroportuaire et d’aller aux toilettes, je monte dans un aéronef pour cette fois onze heures de vol. (Crédits : Dendroseris littoralis — Asteraceae, endémique de l’île Santa Clara/Flavien Saboureau)

    Alors qu’il est 19 h quand j’écris ces lignes, il fait déjà nuit noire sur le Brésil, étonnant comme fuseau horaire… Pendant ce temps-là, Flavien espère que son sac à dos a bien été chargé dans la soute de l’avion, lors de l’escale. Ce mardi 5 mars 2024, j’arrive à l’aéroport Charles de Gaulle. Le soleil se cache derrière des nuages parisien. Comme prévu, la température avoisine les 5 °C, mais un vent rafraîchit et abaisse la température ressentie. En attendant le train pour Poitiers, c’est la reprise de lecture des nombreux e-mails. « Ça y est, 106 jours plus tard l’aventure se termine. Après 38 000 km, dont près de 1 500 à pied, il est tant de rentrer dans le Poitou, à Lavausseau et de retrouver famille et amis. Il va falloir renflouer les caisses aussi… »

  • Phishing : deux jeunes de 19 ans interpellés par la police

    Phishing : deux jeunes de 19 ans interpellés par la police

    Une campagne de phishing basée sur de faux procès-verbaux d’infraction routière avait eu lieu en 2023. Après cette attaqué à l’assurance maladie, au compte personnel de formation (CPF), aux vignettes Crit’air les malfaiteurs s’en prenaient aux amendes. Les deux personnes sont soupçonnées d’avoir envoyé des SMS, en se faisant passer pour l’ANTAI, l’agence nationale des traitements automatisés des infractions. Les systèmes anti-phishing sur les smartphones ne vous empêchent pas d’être vigilant.

    La confiance n’exclut pas le contrôle. Cette formule est portée au crédit de Vladimir Ilitch Lénine. Elle valable surtout lorsque vous surfez sur l’internet, quelque soit l’outil que vous utilisez. Entre 2022 et 2023, une campagne massive de SMS vous demandait de payer en toute urgence votre infraction au Code de la route. Ledit message affichait la signature de l’Antai, en apparence.

    Le lien fourni vous renvoie vers un site vitrine qui copie le vrai site. S’il semble être comme le vrai, c’est juste du maquillage, de la poudre aux yeux pour tromper son monde.

    Quitte à ajouter un lien hypertexte, ou plusieurs en direction d’un véritable site du gouvernement français dont la terminaison de l’url est gouv.fr.

    Le but d’une telle opération est de collecter les données de vos cartes bancaires, en vue de pouvoir effectuer des achats sur l’Internet.

    (Crédits : Raphaelle Baut/Numerama)

    Les enquêteurs, de la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la police judiciaire de Paris, se sont saisis de l’affaire en septembre 2023. Les traces numériques ont été fatales aux deux jeunes hommes. Ces derniers ont été arrêtés et placés en garde à vue. Ils ont avoué les faits qui leur sont reprochés, et remis en liberté.

    Convoqués au palais de justice en avril

    Les deux jeunes demeurent innocents des faits qui leur sont reprochés, jusqu’à une condamnation par un tribunal compétent. Selon l’enquête, ils auraient sévi entre octobre 2022 et juillet 2023.

    Selon Le Parisien ils auraient ainsi récupéré plus de 1 700 numéros de cartes bancaires, sans oublier les informations comme la date d’expiration et le CVV. Il est à trois chiffres au dos pour les cartes Visa et Master, ou devant et à quatre chiffres sur les Amex.

    Le préjudice s’élève à 19 000 €. Les données volées ont été utilisées 78 fois pour effectuer des règlements en ligne. Ils auraient revendu les données restantes à d’autres individus. L’Antai martèle sur son site WEB « pour information, l’ANTAI n’envoie jamais de SMS ».

    L’un des deux hommes réside pour l’un à Roubaix, et pour le second dans le onzième arrondissement à Paris.

    (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    Ils sont convoqués au palais de justice de Paris le 3 avril 2024, pour y répondre de leurs actes. Cela s’effectuera lors d’une audience avec reconnaissance préalable de culpabilité.

  • De Lavausseau à la pizza de chez Zizzi (1/46)

    De Lavausseau à la pizza de chez Zizzi (1/46)

    Un problème technique survenu sur avion à destination des Malouines décalait le départ de Flavien de plusieurs jours. Prévue pour commencer le 14 novembre 2023, son aventure australe débute officiellement le 21. Bizarrerie et détail important, aucune liaison commerciale ne relie les Falklands au départ de l’Europe. Au vu du nombre de touristes chaque année, moins de 3 000, aucune compagnie ne souhaite s’y hasarder. Seul un aéronef militaire effectue ce voyage : direction la base de la Royal Air Force de Brize Norton !

    La citée des tanneurs s’éveillent doucement, les oiseaux enchantent le ciel lorsque Flavien quitte la maison familiale à 9 h 15, le 21 novembre 2023. Comme Gérard d’Aboville traversait le pacifique nord à la rame, Flavien commence un périple digne des romans d’aventures. L’avion décolle le 22 novembre à 23 h 35, soit dans 38 heures et 20 minutes. « Autant vous dire que je croise les doigts pour qu’il soit au rendez-vous ! »

    30 min de voiture, 5 h de train, 8 gares, 40 min de métro…

    Premier objectif, rallier la gare de Poitiers. Près d’une demi-heure de voiture, avec la nouvelle limitation à 30 km/h dans l’agglomération, pour s’installer dans le TGV. Le stress monte. Pour se détendre, au moins en apparence il écoute des podcasts ; ceux des humoristes Alexis le Rossignol et Aymeric Lompret sur France Inter.

    En moins de temps qu’il ne faut, il pose un pied sur le quai en garde de Montparnasse. Il suit le courant formé par les voyageurs. Direction la ligne n° 4 du Métro parisien en direction de la « Porte de Clignancourt » pour s’arrêter à la station « Gare du Nord ».

    À peine plus de quinze minutes se sont écoulées, puis l’air frais lui fouette le visage à la sortie du métro. Puis quelques mètres pour passer sous la façade gigantesque flanquée de ses six colonnes qui gardent l’entrée de la gare. Un coup d’œil à l’horloge pour une synchronisation des montres avant de déjeuner. Une fois repue, un nouveau train pour se rendre dans la « Capitale des Flandres ».

    « Il aura été plus confortable, en partie en raison de la place pour mes jambes, qui je l’espère ne fera pas défaut pour les 18 h d’avion qui m’attendent. » (Crédits : 12019/Pixabay)

    Pour rallier la gare de l’Europe, celle des Eurostar, il chemine quelques minutes, avale les 550 mètres et contemple la belle Lille. « Ces quelques minutes de marche m’auront permis de m’imprégner de l’ambiance de cette ville, une des rares métropoles que je n’avais pas encore visitée en France. »

    En route pour le Royaume-Uni

    Se dirigeant vers le hall numéro 4, dédié à l’enregistrement, un bureau de change se découvre. « C’est l’occasion d’échanger 1 004 € contre 720 £, qui me seront très utiles pour la suite. Aujourd’hui le taux est de 0,87, mais Western Union prend une marge de 6 %… ce qui est loin d’être négligeable sur de telle somme », remarque-t-il. L’opportunité de souffler lui est, à nouveau donnée quelques instants plus tard, au passage des douanes.

    Depuis la sortie de l’Europe du Royaume de Sa Majesté Charles III, les contrôles aux frontières sont désormais drastiques dans le Commonwealth. Si la douane française semble être une formalité, ce n’est pas le cas côté britannique. « Depuis sa sortie de l’Europe, ce qui n’était pas encore le cas lors de ma dernière venue outre-Manche, les contrôles ne se limitent plus à la vérification de la carte d’identité. »

    C’est un véritable interrogatoire, il ne manque que la lampe comme au cinéma.

    « Je dois montrer mon passeport, mes titres de transport, y compris ceux me permettant de descendre aux Malouines et d’en partir ». Il faut comprendre que les îles Malouines sont sous juridiction britannique. (Crédits : kirill_makes_pics/Pixabay)

    Ce qu’ils veulent vérifier ? « Que je ne reste pas plus de 3 mois, auquel cas il me faudrait un VISA. C’est donc là que je me suis dit que j’avais bien fait de réserver mon départ des Malouines pour l’Argentine. » Il reconnaît avoir longtemps hésité à prendre cet avion-retour, car il aurait tant aimé pouvoir rallier le continent sud-américain par voie maritime. « On en reparlera », sourit-il. Les douanes passées, il faut emprunter les portiques de sécurité comme dans les aéroports pour rejoindre l’Eurostar direction Londres.

    Retour en adolescence, le temps d’un tunnel

    Plus d’une décennie s’est écoulée depuis son dernier déplacement dans le tube creusé sous la mer. « Je n’étais pas passé dans le tunnel de la Manche depuis un voyage d’école au collège, on se rendait à Cardiff à l’époque. La sensation d’être sous plusieurs dizaines de mètres d’eau est toujours aussi étonnante, et maintenant on arrive même à capter le WiFi en plein milieu du tunnel. Incroyable la technologie ! »

    Le botaniste est attentif à chaque détail. De nombreux voyageurs de confessions juives sont à bord note-t-il. « Existe-t-il une grande communauté juive à Londres ou est-ce le fruit du hasard ? » De questionnement en étonnement, il continue son épopée. Le terminus est annoncé, enfin Londres.

    L’émerveillement prend place à la découverte de la gare Saint Pancras, comme de l’énorme et magnifique horloge. Le flegme britannique le quitte lorsqu’il voit le tarif d’un titre de transport : 6,4 £ (€). « Au vu du prix du ticket de métro, j’aurais peut-être dû faire l’heure qui m’en séparait à pied, mais les 30 kg que je trimbale depuis ce matin m’en ont dissuadé. » (Crédits : NicoCallens/Pixabay)

    Les Français sont reconnus pour râler, si si, je vous assure ! Surtout avec les grèves a répétition de la part des employés de la SNCF (sûrement à juste titre), sauf que… « Pas de SNCF ici, c’est la GWR qui gère cette partie du réseau anglais. En tant que français on s’attend à croire qu’il n’y a pas pire que la SNCF. Eh bien ! Détrompez-vous. » Il faut noter que nous râlons pour chaque retard, mais nous ne remarquons jamais lorsque la majorité arrive à l’heure annoncée. La course contre le temps ne se gagne pas, même à l’heure de pointe. Plus qu’un dernier train pour rallier Oxford.

    Une pizza de chez Zizzi… et au dodo

    Les gens viennent de s’agglutiner dès l’annonce, sur le quai de départ. « À peine affiché, la foule s’amasse en sa direction. Je ne comprends pas, les Anglais sont si pressés que ça ? » Arrivé dans un wagon, où il restait des places, j’en ressors aussitôt. Je ne trouve pas celui qui est noté sur mon billet. Je bafouille mes premiers mots d’anglais à une contrôleuse. Quand elle me dit que c’est un train avec peu de wagons et qu’il faut repérer la première place venue pour s’y asseoir.

    Je comprends l’empressement des Anglais et pense presque à haute voix : « si j’avais su… » Mais c’est un peu tard, chaque siège a trouvé son locataire, il me faut maintenant rester debout jusqu’à Oxford. Je n’ai jamais vu un train aussi bondé, en fait « la SNCF, c’est le luxe ! »

    Après une heure et 90 km dans le bocage anglais, la huitième et dernière gare de la journée se dévoile. Habitué à se servir des smartphones pour tout ou presque, il doit faire sans, car pas de réseau internet.

    « Je dois dénicher l’auberge de jeunesse que j’avais repérée la veille. Celle-ci n’est qu’à quelques hectomètres de la gare, ça n’aura pas été très compliqué », se réjouit-il. Une bagatelle après un tel périple. (Crédits : yaele/Pixabay)

    « Pour 35 £ la nuit je partagerais une chambre de six avec deux autres personnes. » Le premier est un citoyen anglais, le second est de Riad, en Arabie Saoudite, c’est la première fois qu’il vient en Europe ! « Ce soir, je mangerai dans une pizzeria de l’enseigne Zizzi. Il y a quelques années de ça, cette enseigne au nom provocateur pour un français nous avait marqués. Elle était revenue dans des conversations à plusieurs reprises. » C’est un clin d’œil à des amis avec qui j’étais venu en Angleterre, murmure Flavien. Dernière aventure, rejoindre les bras de Morphée. « Après cette journée chargée, je croise les doigts pour que je sois dans l’avion demain. C’est un avion militaire, les civils ne sont pas prioritaires. Espérons qu’ils fassent une exception pour un Poitevin ! » À suivre…

  • Se retrouver dans de beaux draps

    Se retrouver dans de beaux draps

    Dans le Paris des années 20, un homme déambulait après avoir dormi plusieurs années à l’ombre du soleil. Tentant de subvenir à ses besoins, il réalisait de menus larcins. Alors qu’il tentait de vider l’ensemble des troncs comme Bourvil dans le film « Un drôle de paroissien », il fut surpris. Il décida de prendre la poudre d’escampette et dévala quatre à quatre les marches de la Basilique du Sacré-Cœur. Pendant ce temps, sa complice détroussait les spectateurs de l’Opéra Garnier.

    C’est un samedi ordinaire à Berd’huis. La pluie s’est enfin arrêtée, ce qui permettait à la préfecture d’Eure-et-Loir de lever la vigilance jaune pour risque de crue. L’Huisne pouvait enfin dégonfler. Pendant que le marché battait son plein à Nogent, M Sépa Phot retrouvait ses complices et compères au café. Il décidait de raconter sa dernière lubie. Il attendait surtout des encouragements. Après avoir exposé son projet d’écriture, ses complices répondirent collégialement : « après tout si tu en as envie, fais-le ». Ravi, il plongea ses amis dans le Paris des années 1920, tout en mélangeant anecdotes et expressions.

    Les poches pleines, Léon décidait de se faire un dernier tronc, mais sa délicatesse légendaire attirait le curé. Ni une, ni deux, il s’enfuît et ne demanda pas son reste. Prenant le bois, il dévala les marches. La Basilique du Sacré-Cœur s’éloignait peu à peu à mesure qu’il arrivait à Montmartre. Léon Marceau dit « le Mécano » pressait le pas pour rejoindre sa complice. Il continuait de battre le pavé parisien jusqu’à l’Opéra Garnier, un périple de près de 5 kilomètres. Guidé par la lueur des lampes à incandescence, il aperçut une quadrilette Type 172. Pressé par le temps et flambeur dans l’âme, il montait dans l’un des 13 000 taxis parisiens. Une folie, car peu de personnes pouvaient s’offrir ce luxe.

    Arrivant après quelques minutes, la séance de cinéma venait à peine de pendre fin, une nuée de personnes sortait, les uns plus chics que les autres. (Crédits : Michelle_Raponi/Pixabay)

    Le tout Paris s’était pressé pour cette première à l’Opéra : la projection du film d’aventure historique « Le Miracle des loups » de Raymond Bernard. Léon lorgnait sur la foule, tenant d’apercevoir sa chère complice Carmen. Endimanchée, elle avait pu assister à cette représentation et ainsi détrousser de nombreux bourgeois et bourgeoises.

    Se faire un bœuf

    Fort de leurs poches pleines de francs et de sous, les deux tourtereaux commencèrent à marcher parmi les badauds. De la rue Auber, ils se dirigeaient vers le théâtre des Mathurins et renoncèrent à détrousser plus, le bruit des pièces attirait déjà les regards inquisiteurs. Ils se détournaient par la rue de l’Arcade pour se rendre à l’église de la Madeleine. Attirés par une musique entraînante, ils se détournent vers le 28 de la rue Boissy d’Anglas, dans le 8e arrondissement : à La Gaya.

    Ce bar fut fondé le 10 janvier 1922 par l’Américain Louis Moyses, le cabaret était connu pour ses envolées et musiques. Il fut aussi le repère de Jean Cocteau et l’intelligentsia parisienne. De nombreux déménagements et la popularité du cercle de Jean Cocteau rendirent célèbre ce lieu. Il partit du 17 rue Duphot au 28 rue Boissy-d’Anglas.

    Les curieux viennent découvrir le jazz, comme Léon et Carmen s’enchantaient. Les musiciens se regroupaient pour des jam-sessions nocturnes. Ces concerts improvisés, la fréquentation d’artistes, l’effervescence parisienne

    Et c’est ainsi que naquit l’expression « faire un bœuf », un héritage de ces nuits étoilées et de l’âge d’or du jazz amené par un Américain à Paris. (Crédits : SeppH/Pixabay)

    Désormais lorsque vous ferez un bœuf entre amis, entre inconnus, dans un piano-bar, sur une place au détour d’une rue, ou sur une plage l’été… vous pourrez aisément vous imaginer au « Bœuf sur le toit » entouré de tous ses artistes et talents des années 20.

    Se retrouver dans de beaux draps

    Pour jouer aux gendarmes et aux voleurs, il faut des voleurs et des… gendarmes. De passage dans la capitale, le gendarme Zacharie Stéphen se trouvait dépourvu face au jeune couple qui dépensait sans compter. Le Dijonnais sentait la moutarde lui monter au nez. Il faut dire qu’il avait assisté au film à l’Opéra Garnier quelques minutes auparavant. L’accoutrement que chacun portait ressemblait plus à un déguisement, ou comment détourner l’attention tel un magicien.

    Prétextant commander un verre il se plaça entre les deux compères. L’odeur de l’argent facile titillait les narines de Carmen. Elle glissa délicatement sa main dans le veston d’Arsène… et tomba non pas sur sa bourse, mais sur une carte identité accompagnée d’une photo en tenue d’officier de gendarmerie.

    Prise la main dans le sac, le Bourguignon répliqua fièrement « vous êtes dans de beaux draps ! ». Carmen tentait de se sortir de ce mauvais pas avant que n’intervienne Léon.

    Une tentative de détournement du Mécano laissa sans voix le gendarme. Habitué à entendre des excuses les plus farfelues les unes que les autres, il tomba sous le charme.

    (Crédits : 12019/Pixabay)

    N’ayant que des soupçons, n’étant pas de service, et la finesse du langage le laissa circonspect ou presque. « Je vous remercie, c’est très intéressant. Mais cette photo de moi se trouve en possession de votre amie, me semble-t-il ». Prit la main dans la photo, il ne put qu’assumer, ce qui plut immédiatement à l’officier. Les draps au moyen-âge devenait plus tard des tailleur d’habits, alors les vêtements étaient des draps.

    L’opprobre était jeté sur lesdites personnes. Mettre donc une personne dans de beaux draps blancs signifiait le critiquer. Au début du XVIIIe siècle, le qualificatif blanc disparaît, mais le sens est resté le même. « Revenons à nos moutons, si vous le voulez bien », martèle Zacharie.

    L’expression « revenir à nos moutons » vous amène au mouton de Panurge au sein de l’œuvre de Rabelais, Pantagruel ? La moquerie du marchand à Panurge, si bien que ce dernier achète le plus beau, le plus fort et le plus cher. Puis il le jette dans la mer. Tous suivent, le marchand qui s’accrochant à une toison est lui aussi emporté, et se noie. L’expression « les moutons de Panurge » désigne les gens qui suivent les autres sans réfléchir.

    (Crédits : congerdesign/Pixabay)

    Vous y êtes presque ! Un peu plus tôt dans le temps. Une comédie du milieu du XVe siècle, entre 1456-1460. L’intitulé de la pièce de théâtre est « La farce de maître Pathelin ». Bien sûr, Pathelin n’a rien à voir avec le patelin, comme lieu perdue dans la pampa. L’histoire de cette pièce évoque les frasques d’un avocat douteux Me pierre Pathelin. Celui-ci a acheté du drap à crédit au marchand Guillaume Joceaulme.

    Revenons à nos moutons

    Le marchand tente en vain de récupérer son drap, dû aux comédies successives de l’avocat qui feint tour à tour la maladie, la folie et la mort prochaine. Une seule intrigue ne suffirait. Alors le berger Thibault l’Agnelet demande à Maître Pathelin de le défendre, car il a tué des brebis, prétextant la maladie. Or, le propriétaire des brebis n’est autre que… le marchand Joceaulme. L’origine de l’expression est issue de la scène du jugement.

    Le marchand mêle les deux affaires, embrouillant tout. Il passe tour à tour du drap aux moutons, et des moutons au drap. Le magistrat, qui ne comprend plus rien, répète sans cesse : « mais revenons à nos moutons ».

    « De par le diable, vous bavez !
    Eh ! Ne savez-vous revenir
    Au sujet, sans entretenir
    La cour de telle baveries ?
    Sus, revenons à ces moutons !
    Qu’en fut-il ?
    »

    « D’ailleurs, nos tourtereaux ont profité de ces explications pour s’évaporer », ajoute Zacharie. (Crédits : Kai Reschke/Pixabay)

  • Cyberattaques de l’Assemblée nationale et du syndicat pour l’assainissement parisien, SIAAP

    Cyberattaques de l’Assemblée nationale et du syndicat pour l’assainissement parisien, SIAAP

    Durant la période du vendredi 17 au dimanche 19 novembre 2023 deux attaques cybernétiques ont eu lieu en France. La première visait le SIAAP (Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne), l’autre est celle revendiquée par le groupe Kromsec contre l’Assemblée nationale. Le même groupe avait sévi en juillet de cette année : sa cible le ministère de la Justice. Il avait fait fuiter des données d’un millier de magistrats et d’avocats.

    Le syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne par un communiqué de presse indique être la victime d’une « cyberattaque d’ampleur ». Depuis vendredi 17 novembre, les « développements ce week-end de la cyberattaque […] en ont confirmé l’étendue et la virulence. » Selon le communiqué de presse les équipes sont à pied d’œuvre pour « empêcher au maximum la propagation depuis et vers l’extérieur de l’attaque repérée en fin de semaine. »

    L’entreprise est pour la seconde fois, en moins d’un mois la cible d’une cyberattaque. Le 24 octobre 2023, un message contenu dans un courriel frauduleux invitait le destinataire à cliquer. Il prétendait une migration de messagerie. « […] cette attaque a rapidement été maîtrisée et l’infrastructure informatique reste opérationnelle. »

    Une réaction en cascade s’enchaîna. Des messages furent émis vers d’autres administrations à partir du serveur d’envoi du SIAAP. Il serait dans la possibilité que durant l’attaque par courriel du mois d’octobre, une charge dormante soit déposée pour un déclenchement ultérieur, simple hypothèse et interrogation.

    (Crédits : jhenning/Pixabay)

    L’Assemblée nationale touchée une fois de plus

    Durant le même week-end, l’Assemblée nationale fait l’objet d’une attaque DDoS. Elle est revendiquée, preuve à l’appui par le groupe Kromsec. Le groupe n’en est pas à son coup d’essai. Œuvrant depuis 2022, ils divulguaient des informations personnelles de 1122 magistrats et avocats. Sur un canal Telegram, des coordonnées bancaires, courriels professionnels, civilités, numéros de téléphone… étaient exposés relate Nathalie Chiotis sur Cyberjustice. Samedi 18 novembre 2023, le collectif de hackers se targue sur sa chaîne Telegram d’avoir « accès à toutes les informations hébergées dans le système ».

    Le 27 mars 203, l’Assemblée nationale subissait une attaque DDoS du groupe russophone NoName057 (16). Cette fois c’est Kromsec qui revendique l’attaque contre la chambre basse ce 17 novembre 2023. Il y aurait également une exfiltration de données.

    Dans un message accompagnant les six captures avec des données comme preuve, le groupe indique aimer la France : « Chère France, nous avons un petit message pour toi. L’ancien pays où les droits de l’homme ont été mentionnés pour la première fois en Europe… Quelle est la raison de votre situation actuelle ? […] Nous pensons que cela changera dès que possible. Nous vous aimons. Mais que le gouvernement aille au diable ! »

    « Ils revendiquent l’attaque du site de l’Assemblée même si, pour l’instant, rien ne permet d’affirmer que l’opération a réussi. Ils m’ont également dit qu’ils avaient accès au système interne, mais je n’ai reçu aucune preuve », stipule Clément Domingo, alias SaxX (ingénieur en cybersécurité) au Parisien.

    (Crédits : capture d’écran/Kromsec)

    Kromsec, pirates en herbe ?

    Leur première annonce faisait grand bruit lorsqu’ils diffusaient, via trois liens des photos et informations d’environ 400 de Talibans présumés, relate Zataz. « Nous sommes là pour lutter pour la justice, l’égalité et les droits de l’homme. » Ils sont six a composer le groupe de pirates Kromsec selon les informations de Zataz. « c’est ainsi que les six adolescents [Spid3r – X3nocrates – Loki – Zeitbor – Novidades – Cr4x0n] cachés derrière le groupe de pirates Kromsec annonce vouloir aider le monde. »

    Ils apparaissaient sur des sites connus tels Raid Forum, Breached ou encore Hydra, proche des Anonymous sans y être affilié. Peu de temps après avoir commencé à vendre ou tenter de le vendre les données volées, l’un de leurs membres était arrêté par les forces de l’ordre, Cr4x0n.

    « L’un de nos chers membres, Cr4x0n, a été arrêté à la suite d’un rapport de police. La police n’était pas la seule impliquée […] et nous avons trouvé le fameux “espion”. Nous ne tolérons aucun type d’infiltration dans KromSec, que ce soit pour rapporter ou publier des informations en ligne », martèle le groupe.

    (Crédits : capture d’écran/Kromsec)

  • Se baigner dans la Seine pour les JO 2024

    Se baigner dans la Seine pour les JO 2024

    Si tout va bien, les nageurs en eau libre pourront s’affronter dans le fleuve dénommé La Seine. Mais ce fleuve mythique à bien des égards sera l’objet de toutes les attentions. La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de 2024 se veut fastueuse. Imaginez une célébration qui prend lieu et place sur le cours d’eau qui ponctue la vie de Paris. C’est en tout cas leurs volontés. Mais une fois terminée, de quelle manière pourra se diriger le public. Comment savoir quel numéro se trouve ? Comment se repérer ? Dans quel arrondissement ? Ah, la vie parisienne…

    Le soleil de la rentrée enchante les parents, tandis que les élèves regagnent le chemin de l’école. Partout en France, même à Berd’huis. Mais une question lunaire se pose au petit déjeuner.

    « As-tu envie d’assister à la cérémonie d’ouverture », marmonne Sépa.

    « Quoi ? Quelle cérémonie d’ouverture ? » retoque Séki.

    « Pour les JO de 2024 à Paris »

    « Alors pourquoi pas, mais Paris c’est grand, je vais me perdre, entre les arrondissements, les rues, la foule»

    « Je vais t’expliquer comment fonctionnent les numéros et les arrondissements, pour la foule je reste à tes côtés »

    La méthode est la même pour les cours d’eau en France. Pour qu’un ruisseau, rivière, cours d’eau soit l’affluent d’un autre, il faut que son débit soit inférieur. (Crédits : silkabel/Pixabay)

    « Briser les codes, révolutionner les Jeux, et être accessible au plus grand nombre », explique l’organisation de l’olympiade de 2024. L’attente des spectateurs et téléspectateurs peut être énorme au vu d’un tel message. Mais saviez-vous qu’en fait le fleuve qui coule à Paris, n’est pas vraiment La Seine, mais hydrauliquement l’Yonne. C’est Lorànt Deutsch qui lors de la chronique matinale de RTL jette un pavé dans la mare, dans l’Yonne, pardon dans La Seine. Ce féru d’Histoire explique à qui veut l’entendre le pourquoi du comment.

    Prenons un exemple, la rivière La Vienne. Elle est l’un des affluents principaux du fleuve La Loire. La Loire qui possède un débit moyen de 931 m3/s tandis que La Vienne affiche 210 m3/s. Elle se jette en aval à Candes-Saint-Martin. La Loire est un fleuve dont l’affluent La Vienne est une rivière.

    Pour La Seine et l’Yonne, leur débit est respectivement de 80 et 93 m3/s. Donc le fleuve traversant Paris devrait se nommer l’Yonne. Mais, l’une des raisons, explique-t-il, est que « dans l’Antiquité, la Seine était considérée comme une déesse gauloise, “Sequana”, alors que l’Yonne voulait simplement dire le “cours d’eau”. »

    De quel côté se trouve le numéro 10 ?

    Une fois le convoi olympique arrivé à destination au pont d’Iéna, vous souhaitez retrouver votre bande d’amis au 7 de l’avenue de Suffren dans le 7e aujourd’hui. C’est plus évident qu’il n’y parait. Un décret de 1805 met en place la la numérotation alternée et croissante est adopté, la numérotation séquentielle. Impair à gauche, pair à droite, vous n’êtes pas plus aidé. Pas de panique !

    Paris avec ses douze arrondissements avant le grand changement du Baron Haussman en 1860. (Crédits : BnF/Gallica)

    Il suffit de tourner le dos à La Seine, ainsi les chiffres et nombres impairs sont sur votre gauche, et les pairs à droite. Sauf que si vous vous trouvez dans une rue parallèle au fleuve, ça se complique. Il faut pouvoir se projeter dans vos cours de géographie, et avoir en tête un plan de la France. Prenons comme cas la rue de Rivoli. Comment savoir où sont les numéros pairs ? C’est l’extrémité la plus proche de la source du fleuve qui le détermine. Donc lorsque vous déambulez rue de Rivoli en longeant le jardin des tuileries, vous êtes du côté impair.

    Un escargot à Paris

    Les arrondissements de Paris sont disposés en « escargot ». Il faut savoir qu’entre 1795 et 1860, il existe seulement douze arrondissements. Neuf se situaient sur la rive droite, et « les trois derniers forcément sur la gauche », réfléchit Sépa. C’est l’arrivée d’un nouveau préfet de la Seine, s’inquiétant en 1853 des bouchons formés par les voitures et les cavaliers décidait de tout changer : le Baron Haussman. « C’est pour ça que certains parlent du style haussmannien, je comprends mieux » s’esclaffa Séki.

    Une plaque commémorative sur le passage de douze à vingt arrondissements avec l’attribution et création du 16e avec Passy et Auteuil. (Crédits : Remi Jouan/Wikipedia)

    Être marié au treizième arrondissement : se disait, lorsque Paris ne comptait que douze arrondissements, pour vivre maritalement, sans être marié. « Le marquis ne fut blâmé par personne de se marier au treizième arrondissement, avec une Béatrix d’occasion », écrivait Honoré de Balzac dans son roman Béatrix. Selon les écrits, le découpage de Paris en « escargot » serait en partie pour l’attribution des numéros dû à l’histoire de l’expression « se marier à la mairie du 13e arrondissement ». L’expression populaire mentionnait les ménages hors mariages, en concubinage. Cela concernait le 16e actuel qui aurait du se revêtir du numéro 13, un véritable camouflet pour ses habitants. C’est à partir de cela que le découpage des 12 arrondissements de la rive droite et les derniers sur la rive gauche se dessinait dans le sens des aiguilles d’une montre, pour obtenir les 20 arrondissements de Paris.

  • Usitée et mal connue, l’expression faire grève est de rigueur

    Usitée et mal connue, l’expression faire grève est de rigueur

    Vendredi 14 avril 2023, le conseil des sages se portera sur la constitutionnalité de la loi sur lé réforme des retraites. Ce projet endossé par le gouvernement de la Première ministre Élisabeth Borne et du président Emmanuel Macron sera-t-il adoubé ? Quoi qu’il en soit, savez-vous d’où est issue l’expression « faire grève » ? Sans être de mèche pour ne pas me faire alpaguer, il est de bon aloi de vous expliquer. Quatre expressions françaises en une seule fois, de quoi faire parler ce cher M Sépa Phot, une fois de plus.

    L’actualité française ne vit qu’à travers les réformes et surtout celle de la « Retraite ». Jeune pensionné le Berd’huisien vit paisiblement dans cette commune de l’Orne. Sauf qu’il ne se passe pas un jour sans que le sujet des grèves ne fasse la Une de la presse. Tandis que les nouvelles fraîches arrivent avec la baguette moulée toute chaude, Mme Kharéson s’épanche sur la presse.

    « Tu as vu les derniers sondages sur la réforme », questionne-t-elle

    « Oui, c’est de plus en plus difficile pour le gouvernement »

    Mais les heurts en France sont légion. Depuis le 13 mai 1958 jusqu’à aujourd’hui, chaque époque son combat.

    « D’ailleurs sais-tu d’où vient l’express… »

    « Non, mais je t’écoute », coupa-t-elle

    « Alors, je vais t’expliquer », sourit-il

    Beaucoup de choses viennent de la capitale française, Paris. L’expression « les poulets » dont sont surnommés les policiers naît du fait que sur l’île de la Cité se trouvait le marché aux volailles. Suite à l’incendie de la préfecture de police lors de la Commune de Paris, en 1871 la police judiciaire déménage. Elle s’installera en 1913 dans ses nouveaux locaux au 36 quai des Orfèvres sur les lieux mêmes du marché aux volailles. C’est d’ailleurs là-bas que Jules Bonnot de la bande du même nom se fait alpaguer.

    La bande à Bonnot dont le cerveau Jules Bonnot dit le Bourgeois mourut en 1912. Sa bande multipliait vols, braquages et meurtres sur tout Paris. Les survivants à l’assaut de la police furent condamnés pour la plupart à mort, d’autre aux travaux forcés à perpétuité les derniers à la prison. (Crédits : DR)

    Se faire alpaguer est associé aux manteaux en alpaga. Particulièrement coûteux, ils attiraient les convoitises de tous les voleurs. Parfois, ils se faisaient alpaguer en flagrant délit de vol. Mais souvent, ce n’est pas un, mais deux malfaiteurs qui tombaient dans les filets de policiers. Ces personnes étaient de mèches. Étymologiquement de l’italien mezzo, qui veut dire moitié, les bandits liés par des intentions généralement mauvaises, écopaient de la même sanction.

    Manifestation contre la réforme des retraites à Paris le 9 janvier. (Crédits : Le Monde)

    Remontons au XIIIe siècle. Être de bon aloi est souvent confondue avec de bon augure. La qualité est liée à l’aloi, mais rien à voir avec nos forces de l’ordre. L’aloi était la quantité d’or et d’argent présent dans les pièces de monnaie. Si la qualité de l’alliage n’était pas au rendez-vous, la monnaie était de bas aloi. Mais revenons à nos moutons. Au tout départ faire grève fait référence à la place de Grève à Paris.

    L’île de la Cité à Paris. (Crédits : Dezalb/Pixabay)

    La Place de l’hôtel de ville se nommait place de Grève pour une bonne raison. La grève est le terrain uni et sablonneux le long de la mer ou d’une grande rivière, ici la Seine. La Grève à côté de l’hôtel de ville fut le lieu où se faisaient les exécutions durant cinq siècles. Les ouvriers sans travail se réunissaient sur cette même place pour en trouver un. Au XIXe siècle, les mêmes ouvriers, en colère, commençaient à se réunir pour réclamer de meilleurs salaires et des conditions de travail plus humaines. Les patrons ne cédant pas, les ouvriers décidaient de stopper tout travail. Voici l’origine de l’expression « faire grève ».