En mars 1922, l’école supérieure de la pharmacie, qui deviendra la pharmacovigilance, attirail l’attention de la préfecture de police parisienne sur l’hélionisme. Darru commissaire aux délégations judiciaires chargé de l’enquête se rendait chez le praticien au 82 rue de la pompe, échoppe de M Lucien Langlet pharmacien de son état. S’il était le principal dépositaire et fabricant dudit produit, ignorait la composition, il était censé guérir toutes les maladies, mêmes celles incurables.
Si bien que les deux hommes en charge des investigations opéraient dès le 20 mai 1922, se dirigeait dans le XVIe arrondissement de Paris. Sur le flacon l’affirmation du chimiste indiquait « qu’ayant découvert un procédé de captation du fluide solaire, il avait fait subir à ce fluide quinze macérations différentes ! Ainsi le fluide no1, mis en bouteille et utilisé pour l’usage externe, faisait disparaître complètement le cancer… ». Les explications continuaient pour que le no5 sauve de la phtisie et le no15 de la fièvre typhoïde…
L’exercice de la médecine et de la pharmacie est réglementé. La question de l’effet placebo ou réelle n’a pas été abordée par l’enquête, ni par le commissaire, ni par le professeur. (Crédits : Roland Steinmann/Pixabay)
Les deux enquêteurs, Darru et le professeur Guerbet se rendirent chez l’inventeur, au 1, boulevard Flandrin. À cette adresse vivait un homme de 71 ans, ancien employé des PTT, chevalier de la Légion d’honneur. Selon lui, lors de ces voyages en Équateur, il aurait découvert la possible captation d’un fluide spécial provenant du soleil, et qui plus est, que e dernier posséderait des vertus curatives. « À l’aide d’une tige de bois recouverte d’aluminium, j’attire ce fluide sur le toit de ma maison, puis par un câble métallique, je le conduis dans mon laboratoire, où deux tonneaux fermés sont destinés à le recueillir ». Un réquisitoire du juge Laroque pour exercice illégal de la pharmacie auprès de Pierre Germain et de complicité pour Lucien Lenglet fut. Les deux hommes déclarèrent qu’ils ne parleraient qu’en présence de leur avocat, Me Maurice Garçon.
La chronique des tribunaux peut faire sourire, si l’affaire que la 13e chambre correctionnelle de Paris ne jugeait pas un homme présumé responsable d’un accident d’automobile causant des préjudices à un tiers. L’officier ne basait pas sa défense sur le fait, mais à savoir s’il était dans son véhicule en tant qu’officier allié ou bien comme marchand de sardines. La raison invoquée la convention du 15 octobre 1917, octroyant aux seules juridictions portugaises la capacité de juger ses ressortissants.
Le 18 mai 1922, Mlle de Navière réclama réparation du préjudice causé auprès de la 13e Chambre. Car cette dernière fut la victime d’un accident entre un automobiliste au volant de son véhicule et celle-ci. Sauf que les premières minutes du procès tendaient à déterminer si le capitaine Frederico de Almeida Pinheiro se déplaçait en tant qu’officier allié ou en voyage d’affaires pour le compte d’une firme importante de conserves de sardines. L’homme à travers son conseil opposa la convention franco-portugaise du 15 octobre 1917. Elle se réfère au temps de la guerre et de l’occupation, aux termes de laquelle les soldats portugais ne devaient être justiciables que de leurs tribunaux nationaux.
Du fait de ses blessures, Frederico de Almeida Pinheiro est désigné par le Portugal pour représenter les invalides portugais et mutilés de guerre. Le pilote est blessé à la jambe au cours d’un accident d’avion, le 15 janvier 1918. Les femmes n’étaient pas admises en qualité de jurées au début du XXe siècle (Crédits : Julius Silver/Pixabay)
Après la plaidoirie de Me Maurange pour la victime, le tribunal ordonnait qu’il soit sursis à l’examen de l’affaire jusqu’à ce que les gouvernements signataires de ladite convention se soient mis d’accord sur l’interprétation à lui donner. Pour l’histoire, une déclaration franco-portugaise du 15 octobre 1917 sème le doute, car elle précise que pendant la Guerre, les tribunaux de l’armée portugaise sont seuls compétents à l’égard des soldats portugais. La première Guerre Mondiale se déroula du 28 juillet 1914 au 11 novembre 1918.
La colère de retombe pas chez les boulangers de France et de Navarre. Car depuis ce matin, du lundi 15 mai 1922, le pain est taxé à Paris. Dans toutes les boulanges de la capitale, la taxation a été respectée. Le pain ordinaire revient donc à vingt sous le kilo, quand celui de fantaisie qui doit peser 300 grammes pour la livre à 50 centimes et 700 grammes pour le kilo à un franc. Le syndicat des boulangers n’abandonne pas la lutte.
Dans certains départements, comme la Corrèze, la taxe était fixée à dix-huit sous le kilo, mentionne le rédacteur. Mais à Paris, le syndicat continu le combat, et déclarait que « nous exerçons dès aujourd’hui notre droit de recours légal auprès du ministre de l’Agriculture ». L’entrevue se déroulait le lundi 15 mai 1922 dans l’après-midi. Les professionnels du secteur manifestaient contre la taxation.
Le Président du Conseil Raymond Poincaré désignait Henry Chéron ministre de l’Agriculture en janvier 1922. S’il défend les agriculteurs et l’augmentation des prix, il est vite surnommé « Chéron vie chère ». La taxation du pain cristallisait la colère des boulangers en 1922. (Crédits : La Lanterne/BnF/Gallica)
Mais à Tulle, la grève générale est décidée, plus de pain disponible. Elle est due aux choix du préfet, Auguste Martin explique le journal quotidien La Lanterne. L’homme décidait de maintenir le prix du pain à 90 centimes le kilo, en fixant au demi-franc la livre et à 0,95 franc le pain d’un kilo. Le syndicat départemental qui voulait que la taxe soit uniformément élevée à 95 centimes le kilo déclarait la grève générale. L’administration prenait des mesures pour éviter que la population manque de pain.
Ils ne sont connus pour la plupart que des citadins. Le Paris-Midi titrait le 14 mai 1922 que « Paris n’a plus, sur la seine que 7 bateaux-lavoirs ». Ils étaient des pontons, de grandes embarcations ancrées à la rive d’un cours d’eau, transformé en lavoir public. Tandis qu’en province et partout en France, les petites mains s’affairaient dans le lavoir de la commune, quelle que soit la météo, à frapper le linge, le savonner, le rincer, souvent une journée entière.
Un propriétaire constatait que le sien est le dernier dans le centre de la capitale. « Lorsque j’ai acheté le mien, il y a trente ans, le 1er arrondissement en comptait cinq. Aujourd’hui le mien seul subsiste », racontait-il. Lors de cet échange avec le journaliste, il s’entendait de la salle à manger ou se situait l’entrevue, les coups de battoir des laveuses. L’évolution de la société amenait peu à peu leur disparition. Les blanchisseries font leur apparition. Elles trustent la majeure partie du linge en le prenant directement au domicile, puis l’emportaient en banlieue pour un nettoiement.
La moyenne est de 110 places par bateau-lavoir. Sur le Rhône, ils se touchaient presque tous, et se nommaient les « plates ». (Crédits : Paris-Midi/BnF/Gallica)
Les gens déléguaient le nettoyage de leur linge sale, malgré que les habitants des quartiers préféraient le faire eux-mêmes, en choisissant les bateaux-lavoirs ayant accès à l’eau courante des rivières et fleuves. Le 14 mai 1922, le constat est amer pour les propriétaires. Il n’en reste que sept sur la Seine, et trois sur le canal Saint-Denis. Il était possible dans trouver en banlieue à Alfortville, Maisons-Alfort, Choisy-le-Roi, Saint-Denis, Saint-Ouen et Saint-Maur. Les revenus générés permettaient de les maintenir à flot, l’évolution de la société, les blanchisseries et le mode de vie des Français, laissent les bateaux-lavoirs dans les méandres des souvenirs.
Une rencontre qui ne sied pas à tous peut engendrer quelques désagréments dans une vie de couple. Comme l’œuvre célèbre de William Shakespeare Roméo et Juliette, avec cette fois-ci une fin moins tragique, quoique. Nous sommes le 6 mai 1922 quand L’Écho de Paris se fait justement l’écho de cette histoire peu banale. Nous sommes avant en l’année 1913, deux jeunes personnes font connaissance à Londres, et se plurent. Suite logique, les fiançailles précédèrent le mariage qui fut célébré pendant l’été de 1914.
Un jeune homme étranger, duc et cousin d’un souverain régnant rencontra une jeune femme anglaise d’une beauté sans égale et cultivée. Cette douce personne habitait dans le West End de la capitale britannique avec ses parents. La religion aurait pu être un frein, mais l’amour produit des miracles. Le duc catholique, c’est la jeune fille protestante qui se convertit. La mère du mari ne l’appréhenda pas de cette oreille, mais pas du tout, elle devait avoir une union pour le bien de la famille, j’entends le bien financier de la famille. En effet, ayant appris l’union officialisée par le mariage, elle se rendit en Angleterre, effectua des démarches auprès de l’ambassadeur, du clergé jusqu’à un coup de fil au Vatican, pour annuler l’alliance, en vain.
Les contes ne se finissent pas toujours bien, parfois c’est le prince qui est enlevé, laissant la princesse seule et désemparée. (Crédits : Olessya/Pixabay)
La jeune duchesse déclarait qu’après avoir passé une partie de la lune de miel à Folkestone, son époux fut enlevé et détenu captif à Paris. Quelques jours plus tard, elle reçut une lettre de sa douce moitié l’invitant à se rendre à Calais, pas pour acheter de la dentelle, mais pour se retrouver. Sauf que la belle-mère ne l’entendit toujours pas de cette oreille. Elle commanda un train spécial pour ravir son fils une demi-heure avant ledit rendez-vous. Tant et si bien, que la jeune duchesse ne revit jamais plu son époux, n’obtint aucune compensation financière, mais aurait, selon ses dires eu témoignage de la sympathie du roi son cousin.
Le 3 mai 1922, avec une simplicité voulue ont été célébrées les obsèques de l’ancien président, M Paul Deschanel. Il connut la célébrité malgré lui. Au printemps 1920, il chutait accidentellement du train présidentiel en pleine nuit. Il est retrouvé par un garde-barrière, en pyjama. La cause de cette déconvenue, un état dépressif et le syndrome d’Elpénor. Il eut l’un des mandats les plus courts à la tête de la France sous la troisième République.
Si vous parlez de l’homme derrière le président, les anciens vous diront qu’il celui tombant du train présidentiel, en route pour Montbrison pour inaugurer un monument. La cérémonie se tenait en la chapelle paroissiale de Saint-Honoré d’Eylau. L’ancien président, Raymond Poincaré et le gouvernement se rendaient à la maison mortuaire. Alexandre Millerand en déplacement, fut représenté par le général Lasson et le secrétaire général de la présidence, M Petit. Malgré les satyres de la presse, une foule nombreuse était massée aux alentours.
Toute la ville de Paris s’arrêtait le long du cortège en ce 3 mai 1922, pour accompagne le défunt président M Paul Deschanel. (Crédits : DR)
Une délégation de mutilés et d’infirmières de l’institution nationale des invalides assistait aux obsèques après avoir déposé sur le cercueil une palme de bronze. La marche funèbre de Chopin conduisait la dépouille lors de la procession. Les couronnes offertes par le gouvernement, la ville de Paris… le conseil général et le préfet d’Eure-et-Loir, la maison des journalistes et la Belgique reconnaissante fleurissaient le convoi. Une foule silencieuse se trouvait tout le long du parcours, avenues Malakoff, du président-Wilson, boulevards des invalides, Montparnasse et de la rue Huygens. Inhumé au cimetière Montparnasse, dans le caveau familial, seul le discours de la pluie ponctua les derniers instants du président qui était opposé à la peine de mort, favorable au vote des femmes, à la proportionnelle, au développement du mutualisme…
Un sabotage en bonne et due forme a eu lieu durant la nuit de mardi à mercredi 27 avril 2022. Des câbles internet « stratégiques » ont été coupés en région parisienne et dans l’est de la France. Les perturbations ont touché les connexions des particuliers ainsi que les liaisons interrégionales. Le sectionnement, et l’espacement entre chaque césure ne laissent que peu de doute, cependant l’enquête a été confiée à la DGSI, le renseignement intérieur, et à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).
Selon Le Parisien, « la fréquence des coupures nocturnes à 10 minutes d’intervalle avait de quoi interloquer ». Les connexions à l’Internet ont été fortement perturbées aujourd’hui, mercredi 27 avril 2022, dans plusieurs grandes villes de France à la suite de « coupures volontaires d’importants réseaux de fibre, notamment les infrastructures de SFR/Altice France qui irriguent l’Hexagone ».
Toujours d’après Le Parisien, lesdits câbles souterrains ont été sectionnés dans les secteurs de Fresnes-en-Woëvre (Meuse), Meaux et entre Souppes-sur-Loing (Seine-et-Marne) et le secteur de Le Coudray-Montceaux (Essonne). Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire mercredi soir pour « détérioration de bien de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation », « entrave à un système de traitement automatisé de données » et « association de malfaiteurs ».
Multiples actes de malveillances sur infra fibre durant la nuit et la matinée. Incidents circonscrits, problèmes résiduels en cours de correction sur Reims et Graveline. Equipes Free mobilisées depuis 4h du matin.
Les câbles permettent de relier les grandes villes françaises entre elles, notamment pour des infrastructures critiques comme les centres de données.
La Fédération Française des Télécoms a dénoncé « des actes de malveillance coordonnés et d’une ampleur sans précédent sur le réseau national ». « Nous coopérons avec les forces de police, de gendarmerie et de la justice pour poursuivre les auteurs de ces actes », précise l’association qui réunit les opérateurs. SFR a annoncé déposer plainte.
Impressionnant, lorsque l’on voit l’évolution des us et coutumes, tant au niveau sociétal que sportif, prenons l’exemple de l’éducation physique et de sa pratique. Les premiers Jeux olympiques de l’ère moderne datent de 1896. Aucune athlète féminine n’est conviée, car pour Pierre de Coubertin « le véritable héros olympique est l’adulte mâle individuel, le rôle des femmes étant […] de couronner les vainqueurs ». En 1900, des tournois de tennis et de golf féminins sont organisés en marge de la seconde olympiade.
« Citius, Altius, Fortius », signifie : plus vite, plus haut, plus fort. C’est le prêtre dominicain HenriDidon qui est le premier à exprimer ces mots lors de la cérémonie d’ouverture d’une épreuve sportive scolaire en 1881. Pierre de Coubertin y est présent. Il les adopte pour en faire la devise olympique. « L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple, la responsabilité sociale et le respect des principes éthiques fondamentaux universels », harangue l’article premier de la charte olympique.
Le club Fémina Sport proposait de la gymnastique rythmique et dansée. Avec Alice, il s’ouvre à l’aviron, à l’athlétisme, au basket-ball, au football et à la barrette (ci-dessous). (Crédits : DR)
Sauf qu’à l’époque, on pensait qu’avec leur faible constitution, un effort violent pourrait rendre les femmesstériles ou les tuer. Alors qu’elles donnent naissance à l’humanité depuis la nuit des temps, et lorsqu’on connaît la douleur provoquée par les contractions pendant un accouchement, cela prête à rire, vraiment.
Pour Alice Milliat, modeste fille d’épiciers née aux XIXe siècles, les JO doivent être ouverts aux athlètes féminines. Elle n’est âgée que de 19 ans, lorsqu’elle quitte sa ville, Nantes pour devenir préceptrice dans une famille aisée de Notting Hill, quartier huppé de la capitale britannique. De par cette expérience, elle parle couramment anglais, mais apprend d’autres langues, qui selon les sources varient de trois à sept. Peu après son arrivée à Londres, elle rencontre son futur mari, Joseph Milliat, employé de commerce, et Nantais comme elle.
Juste après son arrivée à la présidence, elle organise le premier Championnat de France d’athlétisme et match de football féminins officiels. (Crédits : DR)
Le couple se marie en juillet 1904 au consulat de France. À l’occasion du décès de la mère d’Alice, ils rentrent en France en 1907. Quelques mois plus tard, elle se retrouve veuve à seulement 24 ans, et sans enfant. Elle décide donc de partir à Paris, où elle trouve un poste de sténographe-interprète. Ce n’est qu’après la Première Guerre mondiale, que les choses bougent. Elle se rapproche alors de l’un des premiers clubs féminins de l’Hexagone, le Fémina Sport. Il est créé en 1911 par Pierre Payssé, ancien champion du monde de gymnastique, afin de poursuivre sa pratique de l’aviron. En 1915, Alice Milliat en devient la présidente.
Il y aura des femmes aux JO de 1928 à Amsterdam (277 sur 2 883), qui, pour la première fois, comptent quatorze épreuves féminines en escrime, gymnastique, athlétisme et natation. L’IAAF propose, ce qu’elle accepte, à Alice Milliat de faire partie du jury des commissaires. Elle sera la seule avant longtemps. (Crédits : DR)
Elle demande au comité international olympique d’organiser des épreuves féminines aux Jeux, en vain. Elle provoque en nommant les premiers Jeux olympiques féminins… condamnés suivant l’annonce par le CIO. « Malgré nos sollicitations pressantes et réitérées, le Comité olympique a toujours refusé d’adjoindre l’athlétisme féminin aux Jeux olympiques, riposte-t-elle. Nous allons prouver que nous sommes capables de conduire nous-mêmes nos destinées. »
La cinquième édition des Jeux mondiaux féminins prévus en 1938 en Autriche n’aura finalement jamais lieu. Les fédérations nationale et internationale ne survivront pas au départ de la Française. Ci-dessus le défilé des compétitrices dans le Stade Phersing de Paris, plein à ras bord. (Crédits : BnF/Gallica)
Le 20 août 1922, défiant les responsables du CIO, Alice Milliat organise une compétition qu’elle osera appeler « les premiers Jeux olympiques féminins » au stade Pershing à Paris. Pas moins de 77 sportives de France, des États-Unis, de Tchécoslovaquie, de Grande-Bretagne et de Suisse s’affrontent devant plus de 20 000 spectateurs. « Les gradins de la vaste arène étaient combles, et la grande tribune où on avait dû refuser du monde se drapait de toutes les claires couleurs des robes que le beau temps enfin revenu avait fait arborer aux spectatrices », rapporte, en première page, RodolpheDarzens pour Le Journal du 21 août 1922. En athlétisme, lors de compétition plusieurs femmes s’effondraient à la fin de l’épreuve de 800 m en 1928, déclarée trop dangereuse, elle sera interdite jusqu’en 1960.
Les idées progressistes du Prince Albert Ier, soutenu par Camille Blanc, président de la Société des Bains de Mer et de l’InternationalSporting Club de Monaco, apporte un soutien important au sport féminin. Les olympiades féminines ont lieu pour la première fois en 1921, avec tir aux pigeons (ci-dessus), tournois de lawn-tennis… (Crédits : MC)
Dans un dernier baroud d’honneur, la Française écrit en 1935 au comité international olympique : « La FSFI […] demande au CIO d’exclure toutes manifestations sportives féminines des JO. Le CIO doit reconnaître la FSFI comme organisme international souverain pour la continuation de ses Jeux quadriennaux dont le cadre devrait être élargi pour admettre les sports féminins ayant figuré aux JO et ceux susceptibles d’être adjoints. […] La FSFI constate que le CIO a tendance à restreindre de plus en plus la participation féminine aux JO dans tous les domaines. Dans ces conditions, elle estime qu’il lui appartient de reprendre l’idée d’organiser des Jeux féminins mondiaux comportant tous les genres d’activité sportive féminine… » Las des attaques, elle jette l’éponge, et à la veille de la guerre, elle retrouve son métier d’interprète. Elle poursuit son existence dans l’anonymat le plus complet, jusqu’à sa mort, le 19 mai 1957, à l’âge de 73 ans, sans avoir réussi à concrétiser le combat de sa vie, de son vivant.
Cette histoire rappelle l’affaire du collier de la Reine, où, selon l’œuvre d’Alexandre Dumas, les quatre mousquetaires sauvaient la réputation de la Reine, évitant une guerre toute souhaitée. Le véritable fait est lorsque le cardinal de Rohan tombe en disgrâce auprès de Marie-Antoinette d’Autriche, pour des mœurs licencieuses. Soucieux de regagner sa confiance, l’homme d’Église est prêt à tout. Il acquiert, en qualité de prête-nom un somptueux collier de 650 diamants, pesant 2 800 carats, sur les conseils avisés de Mme de La Motte.
« Tu imagines chérie, l’histoire du collier de la Reine me fait penser à celui de Jane Marnac », s’écriait Sépa.
« De qui parles-tu ? », rétorqua Séki
« L’affaire du collier de la Reine, est une histoire de bijoux qui a failli coûter la tête du cardinal de Rohan »
« Ah, bon. Je croyais que c’était la Reine qui… »
« Oui, mais ça n’a pas arrangé son impopularité, surtout quand on sait que nous sommes à trois ans de la Révolution française. Je parcourais le site du Château de Versailles et j’ai lu l’histoire du fameux collier »
« Alors, je la fais courte. Le cardinal de Rohan est tombé en disgrâce auprès de Marie-Antoinette d’Autriche, pour des mœurs licencieuses. Il se fait avoir par Mme de La motte, descendante d’un fils naturel d’Henri II de Valois, qui se prétend amie de la souveraine. Pour recouvrer ses bonnes grâces, elle lui fait acheter un collier de 650 diamants, pesant 2 800 carats. Et sers de prête-nom pour la reine, sur les conseils de Mme de La Motte. »
Les colliers font briller les yeux de celles qui les portent, et ce ceux qui les convoitent. (Crédits : Château de Versailles)
« Son prix est astronomique malgré une baisse à 1,6 million de livres. Moyennant un échelonnement du paiement en quatre fois sans frais sur deux ans, les bijoutiers, Böhmer et Bassenge remettent le collier au cardinal le 1er février 1785, lequel le donne à Mme de La Motte, qui disparaît avec ses complices. »
« Non ? Il s’est fait piquer le collier », questionna Séki.
« Oui »
Le cardinal sera jugé devant le Parlement de Paris en mai 1786. Contre toute attente, il est blanchi. Jeanne de Valois-Saint-Rémy connue sous le nom de Mme de La Motte, et ses complices sont arrêtés et jugés. Elle sera marquée au fer rouge du « V » de voleuse. Bien qu’innocente, la reine fait finalement figure de coupable. Le scandale, c’est elle ! Elle a voulu la perte du cardinal qu’elle déteste.
« Tu ne me dis pas tout, vas-y raconte la suite… comment elle s’appelle, Jarnac ? Marnoc ? »
« Jane Marnac, je ne peux rien te cacher, s’amusa Sépa. Alors écoute, je vais te lire l’article d’une chronique sur une autre affaire de collier qui s’est déroulé, il y a cent ans »
Il prit une gorgée de son café au lait sucré d’une cuillère de miel, se racla le gosier et adoptant sa plus belle voix conta l’histoire du collier de perles de Jane Marnac. Le 25 avril 1922, artiste de théâtre et de cinéma, elle est à l’affiche de la pièce la « Belle Angevine », à Paris. Elle décidait, raconte L’Écho de Paris de se séparer d’un de ses colliers, car il « avait cessé de me plaire ». Elle confia ledit collier à un certain M. Moch, tout en glissant qu’elle avait un « crush » pour un collier que « j’avais admiré au cou d’une personne se sa connaissance ». Comble du bonheur, cette dernière souhaitait s’en défaire.
L’actrice belge interprétait en 1922 La Belle Angevine de Maurice Donnay et André Rivoire, au théâtre des Variétés. (Crédits : DR)
Elle lui confia le bijou composé de 137 perles, évalué à 150 000 francs. Peu de jours passent lorsque Moch déclarait qu’il était obligé d’engager le collier pour 50 000 francs, et qu’il avait besoin de cette somme pour recouvrer une dette contractée par le jeune personne. En échange, Jane Marnac devait recevoir une hypothèque sur l’hôtel particulier qu’elle possédait. « L’hypothèque, le collier, je les ai vainement attendus », soufflait l’actrice. Manque de chance, la jeune souffrait et partit un mois plus tard. Jane Marnac voulut récupérer son bien, sauf que… Moch avait engagé les perles « comme je l’avais autorisé »
C’est alors que dans une vente aux enchères, elle le vit. La propriétaire l’avait acquis pour 95 000 francs. « J’avais remis à M Moch une perle montée en bague. Inutile de dire dans cette affaire que je n’ai pas touchée un sou, que dis-je, un sou, même pas un centime ». L’épilogue est à la hauteur de l’affaire. « Le plus drôle, c’est que jadis ce collier me déplaisait ; maintenant, je vous l’avoue, je serais heureuse, bien heureuse d’en rentrer en possession. »
« C’est dingue. Comme quoi, c’est lorsque l’on perd quelque chose que l’on se rend compte de sa valeur »
« Oui, c’est pour ça je mesure chaque jour la chance de t’avoir à mes côtés », coupa Sépa
« Rhooo, tu es bête », rougit-elle malgré les cinquante années de mariages consommés, tout en l’embrassant tendrement sur la joue.
Un fait-divers à l’image des westerns, ou lors d’une partie de cartes, un des protagonistes se lève sors son revolver et accusant son partenaire de jeu de tricheur, l’abattait de plusieurs balles. Il n’est pas rare d’entendre, ici et là, évoquer par les médias des règlements de compte, sous fond de trafic de drogue. Il serait, selon le ministère de l’Intérieur, responsable de 60 morts et 250 blessés en 2020. Le nombre d’homicides étant de 1026 en 2021 soit une augmentation de 4,3 % sur une année malgré les deux périodes de confinements.
Replongeons, dans le Paris du début du XXe siècle, le 14 avril 1922. Ce fait-divers tient place dans le XVIIIe arrondissement de la capitale française, au numéro 9 de la rue Germain Pilon. La tocante s’approchant de vingt-deux heures, deux clients d’un débit de vins étaient accaparés par une partie de cartes, quand la porte s’ouvrit. Un bras muni d’un revolver parut, et avant que quiconque ait pu prendre conscience de la dangerosité de la personne, sept détonations retentissaient. L’un des joueurs, touché mortellement, glissait de la banquette sous la table.
Le suspect, dit l’homme au revolver était aussi bon tireur que l’individu « Dudule » remis à la police pour un meurtre identique. (Crédits : Tom und Nicki Löschner/Pixabay)
Les témoins qu’étaient les clients présents disparurent tels des moineaux affolés par un péril. Les dirigeants de l’établissement accoururent et ne purent que constater qu’un cadavre gisait dans leur bar. Il s’agissait de François Jodice, dit le tatoué, âgé de 26 ans, et selon les fores de l’ordre un dangereux repris de justice. L’homme jouant avec le défunt, connu que par son prénom, René âgé de 30 à 35 ans avait également pris la poudre d’escampette. Transporté à la morgue, le défunt portait sur la peau des œuvres représentants des étoiles, revolvers, signes cabalistiques et même des chaussettes. Le médecin légiste affirmait dans son rapport que seules deux balles avaient joint l’épaule droite, les autres atteignaient le visage.