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  • L’exploration de l’île de Chiloé (Épis. 34/46)

    L’exploration de l’île de Chiloé (Épis. 34/46)

    La peur de se faire avoir hante Flavien durant la veille. La nuit porte conseil, surtout lorsqu’elle est autant reposante. Après avoir pris le petit déjeuner, inclus dans le prix de l’hôtel ***, Flavien et David vont faire quasiment un hold-up à la banque. Pour payer la caution du véhicule tant espéré, il se procure un demi-million de pesos chilien, et en petite coupure. À 10 h 30, ils se rendent à la station-service, lieu de l’échange tout proche de l’hôtel. Le propriétaire est présent. Un soulagement pour Flavien, même s’il n’en souffle pas un mot.

    Flavien et David se retrouvent avec un véhicule pour arpenter chaque route et chaque chemin. Du ruban noir urbain, au sentier de montagne, ils peuvent désormais se rendre partout ou presque.

    À nous la liberté !

    Le duo passe au peigne fin la voiture. Le loueur transmet les documents pour l’accès en Argentine entre le 15 et le 19 février 2024. « Nous voilà au volant d’un Nissan break quasi neuf. À nous la liberté ! » Le tandem s’empresse de récupérer leurs sacs à l’hôtel. Une fois l’automobile chargée, direction le bac. Il permet de traverser de Pargua à Chacao vers la fameuse île de Chiloé.

    Réputée pour ses églises et ses maisons sur pilotis, elle est souvent considérée comme la Bretagne Chilienne de par son climat et ses paysages littoraux. Les surprises parsèment le chemin de Flavien et David. « Pour nous y rendre il faut emprunter un semblant d’autoroute, et s’acquitter d’un droit de passage », s’étonne le conteur.

    En faisant la queue pour monter sur le ferry, « j’observe plein de nouvelles espèces : Lophosoria quadripinnata, Lomatia ferruginea, Boquila trifoliolata, Aristotelia chilensis, etc ». Embarqué, Flavien espère apercevoir le cormoran, mais… ce sera un pélican. Une fois sur Chiloé, ils filent à la plage de Piñhuil. Une balade d’une heure à voiture, pour la bonne cause. « Là-bas, on compte prendre un modeste bateau touristique pour faire le tout de petites îles où vivent les manchots de Magellan et de Humbolt. C’est ce dernier qui m’intéresse », assure Flavien.

    Les paysages pour y arriver me remémorent la corniche basque que j’ai visitée l’année précédente, lâche-t-il de sa moustache. Une fois sur place, l’étonnement est de mise. « Nous devons conduire sur une plage de sable noir sur laquelle nous devrons nous stationner. » À peine sortis de la voiture, ils achètent chacun un billet à 9000 pesos (soit environ 9 euros), et embarquent dans le bateau.

    « Amarré sur la plage, il faut monter sur une espèce de chariot bricolé pour grimper sans avoir à enfiler les cuissardes. Scène surprenante qui renforce le sentiment d’être plus que jamais des touristes… » L’épopée dure une demi-heure durant laquelle il observe quelques manchots de Humbolt. Par contre, il se réjouit, des nombreux cormorans visibles. La tocante affiche quasiment 15 h, il est temps de prendre la direction de Castro, la capitale de l’île, à une bonne centaine de kilomètres vers le sud. « Cette fois, je prends le volant. Cela fait quelques mois que je n’ai pas conduit et j’attaque par 1 h 45 de route, ça me remet direct dans le bain… » (Crédits : yohb0/Pixabay)

    La météo radieuse invite à la visite. « Comme à notre habitude, on craque pour une glace », sourit Flavien. Quelques empanadas et spécialités locales, tels les milcaos, dans le sac, ils se dirigent vers le parc national de Chiloé sur la côte Pacifique. Flavien pose sa tente sur une panne dunaire, David dormira sur le siège passager. « Le jour se couche de plus en plus tôt (21 h aujourd’hui contre 22 h 30 il y a un mois), note l’aventurier. Demain (dimanche 11 février), il faut profiter de la matinée pour se promener dans le parc, la pluie est annoncée pour l’après-midi. »

    À la vitesse d’un botaniste

    La pluie est tombée durant la nuit. Il faut attendre que sa guitoune sèche un minimum pour pouvoir la ranger, pense à voix haute Flavien. Pendant que David dort encore, le botaniste sort son appareil et mitraille les plantes qui bordent la tente. Après avoir pris un petit déjeuner rudimentaire, le duo marche vers l’entrée du parc National de Chiloé, dont le ticket coûte 7500 pesos. « Les sentiers sont très courts, moins de 3 km. Nous allons vite les expédier. »

    Sauf qu’il y a énormément d’espèces nouvelles à observer et photographier. La visite éclair se transforme en un safari de quatre heures. « David réussit l’exploit d’avancer au rythme très lent d’un botaniste », se confie Flavien amusé. Les espèces sont mythiques enchaîne-t-il : Tepualia stipularis, Lapageria rosea, Desfontainia spinosa, Tristerix corymbosus, Rhaphithamnus spinosus, Luma apiculata, Aextoxicon punctatum et j’en passe. « À 14 h nous sommes de retour à la voiture. » Ils sont dotés d’un « nez fin », car à peine cinq minutes s’écoulent lorsqu’une averse s’abat sur l’île. La météo avait raison, mais que faire de l’après-midi ? Transmutation en touristes : direction la ville de Chonchi, à l’est. Une explication en deux points : il y a quelques églises classées à explorer et parce qu’il fait souvent plus beau sur la côte sous le vent. Finalement, il y fera la même météo… Mais une surprise de taille les attend.

    Sur le chemin, une très grande fête de village se découvre. « C’est la fête annuelle de l’île, quelle chance ! » Après avoir visité l’église, ils trouvent pléthores de stands artisanaux et de nourriture. Peu ou prou de touriste, « nous sommes au cœur de la culture de l’île, le pied », s’enchante Flavien. Pendant quelques dizaines de minutes, ils profitent du spectacle des gauchos se démenant avec leurs taureaux dans l’arène. Ayant toujours un creux à l’estomac, ils dégustent quelques spécialités du coin comme le Mote con huesillos. « C’est un mélange de sirop, de pêche et de blé cuit, mélange très étonnant qui n’est pas forcément alléchant », explique-t-il. Le jeune homme semble nostalgique.

    « J’ai l’impression de revenir 20 ans en arrière en France quand les fêtes de village étaient monnaie courante. » C’est la première fois du voyage qu’il se confronte à un peuple avec une véritable culture, transmise de génération en génération. (Crédits : Lapageria rosea/Flavien Saboureau)

    Avant de partir vers Quillén, ils profitent du spectacle de fabrication des Chochoca (sorte de roulés à la patate) et de la tonte de moutons. Comme Flavien remarque quelques lignes plus en avant, le jour se couche plus tôt. Ils reprennent la voiture en direction Quillen, 45 min plus au sud, espérant y trouve un spot de bivouac. Arrivés au bord de la plage, ils trouvent un semblant de camping se résumant à une simple pelouse en bord de mer. « Il reste une heure avant le coucher de soleil alors on prend notre bière et direction le phare, pour y observer quelques otaries au soleil tombant. La tente dressée, nous parton dans le bourg, pour tomber sur un foodtruck encore ouvert. Nous n’avons pas vraiment de nourriture pour ce soir. » Alors que le soleil disparaît, le froid s’empare de sa place. « Ça caille ce soir, ça faisait quelques jours que l’on n’avait pas eu froid. » À suivre…

  • Mamie, c’est quoi l’attachement ?

    Mamie, c’est quoi l’attachement ?

    Les définitions des mots ont toujours une importance. Que vous soyez simplement un être humain, quelle que soit votre dignité, votre fardeau. Elle est d’autant plus essentielle lorsque votre charge est publique, comme les femmes et hommes politiques, les femmes et hommes journalistes, etc. En plus de la théorie de l’attachement, l’amalgame est usuel entre chérir et être attaché. La distinction tient sur le fil d’une lame de rasoir, telle la différence entre l’amour et la haine, avec les genres et les identités de genres qui viennent complexifier la chose.

    Les actualités ne sont pas réjouissantes lorsque l’on allume le téléviseur, inondations, tremblements de terre, éruptions volcaniques, incestes, viols, meurtres, assassinats, guerres, conflits… entre le capharnaüm de l’Assemblée nationale en France, les tentatives d’assassinat sur la personne de l’ancien président américain et candidat Donald Trump, les cyberattaques, l’affaire dite de Mazan, le meurtre de l’étudiante de 19 ans, Philippine. « Pour une bonne santé mentale, il est préférable de laisser la télé éteinte », me dit toujours mon grand-père. Vous le connaissez sûrement à Berd’huis et tout autour avec sa Renault Gordini, Sépa Phot.

    Préoccupations d’une ado dans un monde d’adultes

    Sauf qu’à 15 ans, j’avoue ne pas tout comprendre de ce monde qui est censé m’attendre. J’ai la chance d’avoir quatre prénoms d’origines complètement explosées, je suis au lycée, j’aime le skate, le surf, et je me pose un tas de questions. J’oubliais, mes prénoms sont Capucine, Teresa, Ouriella et Sanaa, mais toutes mes copines m’appellent « Capu ». Elles me comprennent, je les comprends, mais les adultes ne vivent pas du tout la même vie que nous.

    C’est l’anniversaire de ma grand-mère. Comme je me sens plus à l’aise pour parler avec mes grands-parents que mes parents sur certains sujets, j’en profite. C’est à la dernière bouchée du framboisier que je me lance : « Papy ! » « Oui, Capucine ? »

    « Je comprends pas pourquoi il y a la guerre entre Israël et Gaza ». À peine j’ai prononcé le denier mot, plus personne ne bouge. « Sérieux la tête de mes parents !! J’ai l’impression de leur apprendre que je suis enceinte. »

    « Vaste sujet ! Je vais t’expliquer, te donner des informations, mais il faudra te forger une opinion et vérifier ce que je vais te dire, et surtout ce que tu peux lire, voir et entendre. »

    « Ok ! » Une demi-heure plus tard, tout est fini, même les tasses de café. Je saisis que ma grand-mère commence à faire la vaisselle. Je file dans la cuisine pour essuyer, comme ça on peut discuter tranquillement, entre filles.

    « Mamie, c’est quoi être attaché ? La différence entre l’amour et l’attachement ? » « Tito ne t’a pas expliqué ? » Oui, un diminutif affectueux en espagnol pour le grand-père. (Crédits : Tasty Lens/Pixabay)

    « Mamie, c’est un garçon, il comprend rien. Et puis, quand il explique, ça dure trop longtemps. Tu as vu avec Gaza, Israël, le Liban… »

    « Ah, ah, tu as raison. Les mecs sont compliqués. Je ne connais pas autant de choses que ton grand-père, mais là, comme tu dis “je gère”. »

    Une légère brise souffle à travers la fenêtre entrouverte. Elle soulève les cheveux, de la couleur des blés, de l’adolescente.

    « Tu me diras comment il ou elle s’appelle après, enfin si tu veux », sourit-elle espièglement. Capucine se met à rougir telle une tomate un peu trop mure.

    Amitié Vs Amour

    Comme te dirait ton cher grand-père : « Regarde dans le dictionnaire ! » Capucine d’une moue significative acquiesce et rétorque. « Euh, sérieux », lâche-t-elle. « Non, je te taquine. Je vais t’expliquer avec mes mots. Mais pour une fois, tu seras d’accord avec moi, souffle Séki, c’était plus simple avant ! » Il faut alors définir l’attachement, l’amour, l’interaction dans la société et se plonger dans notre histoire et dans l’Histoire.

    Comme tu vois, je suis attaché à ma maison. J’ai d’excellents souvenirs, de moins bons. Je suis attaché à ma liberté, à pouvoir marcher, à penser ce que je veux, m’habiller comme je veux, aimer qui je veux… je ne suis pas obligé d’aimer les gens pour les côtoyer, mais juste un respect qui doit être réciproque. C’est comme les goûts et les couleurs, tu n’es pas obligé d’aimer le fromage, le chou-fleur… bref chaque individu est différent.

    Être attaché à quelqu’un vient au début d’une relation, amicale ou amoureuse. La seule variation entre l’amitié et l’amour, c’est le rôle qui est donné à la sexualité, sans compter les identités de genre. Parce que l’amitié, affirme Sigmund Freud, repose sur une inhibition de la libido, l’énergie psychique de nos pulsions de vie. Mais il faut faire une différence entre l’amour d’un couple et l’amour de parents vers des enfants et vice-versa. (Crédits : Mabel Amber/Pixabay)

    « Là où ils aiment, ils ne désirent pas, et là où ils désirent, ils ne peuvent aimer. » Celle-là je l’ai piqué dans un livre de ton grand-père me souffle ma mamie. « Mais Mamie, j’ai des copines qui sont “pan” comme Angèle. » Simple ! Pour citer ta chanteuse préférée, elle explique dans Le Point que « le sentiment amoureux, avoir des palpitations dans le ventre, fille ou garçon, pour moi, c’est la même chose. » Mais une chose est sûre : « […] Quels que soient nos échafaudages éthiques et technologiques il faudra toujours, sub specie aeternitatis, de l’homme et de la femme pour engendrer de l’humain. La nature est têtue, rempart à notre fantasme de toute-puissance qui ne peut nous mener qu’à la mort, symbolique, sociale, réelle et imaginaire. »

    Attachement, le véritable concept

    L’attachement est un concept fondamental en psychologie du développement. Cette idée façonne la manière dont nous interagissons tout au long de notre vie. La théorie, initialement développée par John Bowlby, aide à comprendre ces dynamiques relationnelles. Les individus questionnant ou affirmant leur identité de genre affrontent des défis supplémentaires et enrichissant ainsi leur complexité.

    « Accroche-toi Capucine ! » Que l’on soit concerné ou pas… Que l’on trouve ça normal ou non… Que l’on trouve ça grotesque ou pas… certaines personnes sur Terre trouvent nécessaire d’appartenir à un groupe (associations sportives, groupes politiques, amateurs d’andouillettes, religions, famille de cœur comme de sang…).

    Ton doudou Fimble est très spécial pour toi ? Tu te ressens de la protection avec, n’est-ce pas ? C’est un peu comme ça que John Bowlby explique l’attachement, mais version très simplifiée. Les enfants, quand ils sont près de leurs parents, ils se sentent bien, comme avec leur doudou.

    C’est comme ça qu’ils s’épanouissent, en sécurité et aimés. « C’est ainsi que tous les enfants devraient grandir. Sans subir les maltraitances de quelque façon que ce soit », s’émeut Sépa Phot qui passe comme la brise d’automne, avant de s’éclipser, discussion de filles oblige.

    John Bowlby, le pionnier de la théorie de l’attachement, a identifié l’importance des premières relations pour le développement psychologique. Les styles d’attachement — sécurisé, anxieux, évitant et désorganisé — influencent nos comportements dans les relations adultes.

    Ces styles évoluent en réponse aux premières interactions avec les figures parentales et continuent de colorer la manière dont les individus interagissent dans leurs relations amoureuses. Sauf que l’identité de genre peut complexifier les relations d’attachement.

    (Crédits : Fia50/Pixabay)

    Ce qui est déstabilisant est de voir que la société s’attache à différencier les personnes en fonction de leur sexualité. Or, semble-t-il, comme pour le vote lors d’élections, le fait de glisser un bulletin dans l’enveloppe s’effectue en secret. En quoi est-il nécessaire de connaître la sexualité de telle personne ou autre ? Surtout que la construction de l’adulte est un passage de l’enfance par l’adolescence. Moment critique de notre évolution, l’âge de la puberté est.

    Sauf que l’identité de genre peut complexifier les relations d’attachement. Ce qui est déstabilisant est de voir que la société s’attache à différencier les personnes en fonction de leur sexualité. Or, semble-t-il, comme pour le vote lors d’élections, le fait de glisser un bulletin dans l’enveloppe s’effectue en secret. En quoi est-il nécessaire de connaître la sexualité de telle personne ou autre ? Quoi qu’il en soit, d’être né garçon ou fille, l’âge ménarchique nous enseigne l’évolution de notre corps, à nous les femmes avec l’apparition des menstruations.

    Identité de Genre

    Sauf que « l’identité de genre » peut complexifier les relations d’attachement, surtout à l’âge de l’adolescence. Ce qui est déstabilisant est de voir que la société s’attache à différencier les personnes en fonction de leur sexualité. Or, semble-t-il, comme pour le vote lors d’élections, le fait de glisser un bulletin dans l’enveloppe s’effectue en secret. En quoi est-il nécessaire de connaître la sexualité de telle personne ou autre ?

    Marie-Estelle Dupont explique que « le père étant le premier homme de la vie d’une fille, son regard est-il assez chaleureux, sain, protecteur, encourageant et porteur pour lui renvoyer sans intrusion les contours et l’avenir de sa féminité […] »

    Dans les relations amoureuses, les styles d’attachement influencent la communication, la confiance et la proximité. Pour les personnes explorant leur identité de genre, c’est souvent exacerbé en rapport à la norme, à une norme. « Un seul mot ne pourra jamais te définir entièrement. Ton voisin de classe est un garçon hétéro ? Ça ne te dit pas qu’il adore aussi les petits chiens roux et fait une super mousse au chocolat ! », relate le site gouvernemental.

    La société nous indique que le jugement serait la norme, mais la diversité fait la richesse d’un peuple, alors pour quoi juger une personne sans même savoir si elle fait une super mousse au chocolat, ou un sublime gâteau à la patate douce ?

    La société évolue. Les médias, les politiques publiques, et les normes culturelles impactent la manière façon dont les questions d’attachement et de genre sont perçues et traitées. Comprendre l’interaction entre l’attachement et l’identité de genre est crucial. Alors que les mouvements comme #MeToo et #BalanceTonPorc ont catalysé des discussions sur le respect et le consentement, il est impératif d’aborder les nuances de l’attachement dans chaque relation.

    Au final, l’attachement se produit entre deux êtres, animal ou végétal tout simplement. « Alors pourquoi c’est compliqué », lance Capucine. « Ah, c’est une excellente question ! Tout semble nous conduire sur l’individualisme, tandis que l’altruisme devrait être la norme », souffle Séki. « Ce qui n’est pas entrepris pour le bien d’autrui ne mérite pas d’être accompli », souligne un texte bouddhiste. (Crédits : IA générative/Vilkasss/Pixabay)

    « Alors l’attachement, c’est plus simple maintenant ? » Un léger flottement entour Capucine, tandis qu’à la radio passe un des tubes de Vianney « Dumbo ». Le poste à galène fredonne le refrain : « Un éléphant roi se trompe parfois, et danse aussi mal que vous et moi. En éléphant moi, je ne me trompe pas quand je me dis qu’il faut qu’on s’aime, soi. » C’est alors que l’ado lâche un « jusqu’à la prochaine, sourit Capucine. Merci, Mamie… au fait, il s’appelle Leandro. »

  • Entre terre et mer, à Puerto Montt (Épis. 33/46)

    Entre terre et mer, à Puerto Montt (Épis. 33/46)

    Après des instants agités durant la navigation, nos aventuriers vont bientôt toucher terre. Cette traversée est entrecoupée de partie de cartes, de repas, de siestes et de l’observation de la faune sauvage. Un régal pour les papilles et les pupilles. L’un des moments magiques du périple est une chose anecdotique pour tout non-initié, le souffle des baleines. Les quarante trois espèces de cétacés passant près des côtes chiliennes représentent plus de la moitié de celles connues sur les mers et océans du globe.

    Après avoir déjeuné, un documentaire sur les mastodontes des mers et océans est diffusé. Si bien que chaque spectateur souhaite les voir en vrai. « Nous passons la fin de la matinée, en vain à les chercher depuis le pont. »

    Le retour de la mer calme

    Le navire se trouve désormais dans les chenaux, la navigation est d’ores et déjà bien plus calme. « C’est le jour et la nuit », s’exclame Flavien. La faune se laisse observer : puffins, goélands dominicains et autres lions de mer… Après le repas, les hôtesses interviennent en nous préparant au débarquement de demain. Puis, une sieste s’impose, avant de filer à la table de jeu, enfin au loto bingo organisé par l’équipage. « Malgré les quatre parties, je ne gagne pas une seule fois », soupire-t-il.

    Pour se vider la tête de pensées encombrantes, rien de tel que de profiter des embruns sur le pont. « Le vent est tombé, le soleil nous réchauffe, c’est clairement agréable. » La mer d’huile est propice aux bancs de manchots de Magellan, tandis que des otaries se prélassent.

    Le panorama change.

    Les chenaux sont constellés de nombreux volcans aux sommets enneigés « Combiné aux forêts très denses, on a l’impression de voir des paysages de “Jurassic Park”. » La recherche de cétacés vaine, le duo joue au Uno. Juste avant le diner, le capitaine informe le bateau de la présence de baleines. « L’ensemble des passagers se retrouve sur le pont et beaucoup, comme nous, arrivent en retard au repas. »

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    À l’image de la scène fleuve à la proue du Titanic, dans le film éponyme, le dîner clos, « nous nous retrouvons avec d’autres Français à l’avant du bateau ». L’alcool est interdit à bord, tous arborent une « bière sans alcool » à la main. « Nous passons la soirée à observer les souffles de baleines avec en fond un incroyable coucher de soleil. C’est un des plus beaux moments du voyage », s’exalte Flavien.

    Le débarquement… à l’hôtel

    L’heure du débarquement est annoncée à onze heures. « Avant d’aller au petit-déjeuner, je fais mon sac. J’en profite pour rendre la carte de verrouillage de ma chambre. » Le navire est un peu en avance. « Après avoir observé l’arrimage impressionnant du bateau, nous descendons à 10 h. » Un minibus les attend. La distance entre le port de Puerto Montt et la gare routière est de vingt minutes. Le duo composé de deux hommes, n’a rien anticipé pour la nuit… c’est ce que l’on nomme partir à l’aventure. Ils vivent un remake de Mission impossible.

    Le plus urgent est de repérer un hébergement. « Impossible de trouver une auberge de jeunesse, c’est là première fois », s’étonne Flavien. Finalement, le duo trouve une nuit en hôtel pour 25 000 pesos, dans un 3 étoiles en plus, sourit l’aventurier. Bien agréable après quelques jours de mer, pense-t-il.

    Bien que situé en centre-ville « ça n’a pas l’air d’être un quartier bien fréquenté, tant pis », claque-t-il. L’avantage est qu’il y a de quoi manger et faire des courses. Deuxième mission, de loin la plus ardue, trouver un véhicule de location pour les dix prochains jours. La plupart sont d’ores et déjà réservés, car c’est la ville de départ de la Carratera austral. (Crédits : Google Maps)

    David avait repéré des véhicules, à partir de 50 € la journée. Après quelques recherches, la perle se trouve au nord de la ville, pour seulement 35 €. Trente minutes de marche, pour découvrir que leurs « cartes bleues » sont de débit et non de crédit. Un détail qui vaut son pesant de cacahuètes. Il leur est impossible de réaliser un dépôt de caution auprès de l’agence. Le duo suggère 500 euros de caution en espèce, malgré la proposition « ils ne veulent rien entendre, tant pis pour eux… »

    « Bingo ! » crie Flavien

    Dégoûté d’avoir marché pour rien, il faut revenir. Après la visite du marché, ils repartent pour une demi-heure à crapahuter. David dans ses recherches a repéré un loueur. Quelques minutes de patience, le verdict tombe : 40 000 pesos la journée. Auxquels s’ajoutent 100 000 pesos de paperasse pour se rendre en Argentine en fin de semaine prochaine.

    « Bingo », cri en silence le duo. Finalement, la cinquième partie sera gagnante.

    Le propriétaire l’emmènera à la station-service, près de notre hôtel. « On a payé 250 € chacun, j’espère que l’on aura la voiture demain matin… », compte Flavien en misant sur l’honnêteté du loueur. Chemin faisant, ils explorent le vieux port où se trouve un nombre incalculable de magasins artisanaux de souvenirs.

    On y observe quelques lions de mer à seulement quelques mètres des touristes, étonnants. Dans la ville, ils recherchent une banque pour obtenir sans de l’argent sans frais, malheureusement elles sont toutes fermées, tant pis. Il faudra retirer des pesos avec des frais, le nouveau loueur accepte la caution en liquide !

    (Crédits : Puerto Montt/Marisa Garrido – marisadechile)

    La journée se clôture dans un restaurant. « Nous prenons un plat unique à partager avec de tout : frites, porc, bœuf, tomates, avocat, fromage, cornichons et j’en passe… ». Rentrés à l’hôtel, le sentiment sur la ville est plus que mitigé, la surprise est de taille par rapport aux différentes villes chiliennes visitées. Peu importe, « Demain, départ pour l’île de Chiloé. » À suivre…

  • Navigation dans les chenaux (Épis. 32/46)

    Navigation dans les chenaux (Épis. 32/46)

    Enfin à bord, en ce mardi 6 février 2024, après deux journées d’attente où l’énigme du temps qui s’écoule restera un mystère. Ils sont en partance pour les glaciers Patagoniens. À bord, sans compter l’équipage, cent personnes voguent. La route entre les chenaux permet l’observation de la faune et de la flore. La première partie de voyage est calme, jusqu’à l’arrivée du golf de Penas. Les creux des vagues, le vent font bouger le navire de 150 mètres de long comme une coquille de noix.

    Ils sont parmi les cent passagers. Le vaisseau a quitté le port depuis quarante-cinq minutes quand Flavien se dirige vers la salle de restauration. « Je ne tarde pas à aller au petit-déj, car le service ferme à 9 h. » Le bien-être des couchettes du bateau est vérifié et validé. « J’ai bien dormi, les lits sont confortables », explique Flavien ravit. Son étonnement est complet au retour du petit déjeuner. « Nos lits ont été refaits, quel luxe ! »

    Mer calme à l’horizon

    À l’heure du goûter des écoliers, l’ensemble des passagers est convié dans la salle de restauration. Pas une seule viennoiserie, mais la diffusion d’informations générales et de sécurité. Une fois les consignes distillées, tout un chacun retourne vaquer à ses occupations. Pour Flavien, les diverses pauses sont absorbées à admirer le paysage. « D’ailleurs, il est similaire à celui rencontré sur le précédent bâtiment lors du voyage vers Puerto Williams », remarque-t-il.

    Si les panoramas sont semblables, le bateau est-il différent ? « Celui-ci est beaucoup plus gros, 150 m de long. Il ne bouge donc pratiquement pas, surtout avec la mer d’huile que l’on a », commente Flavien.

    Pour autant, le commandant n’est sûrement pas un novice. « Ce matin, nous naviguons par la passe, Angostura White, la moins large du voyage. Le bateau n’a que 15 m à tribord et bâbord pour manœuvrer, impressionnant ! »

    Pour sortir de la baie de Puerto Natales, il se fraye un chemin entre le dédale d’îles, c’est l’occasion d’observer de nombreuses otaries et oiseaux qui trouvent de bonnes conditions dans ces canaux protégés de l’océan Pacifique.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Quand vient l’heure du repas, l’humeur de Flavien est mitigée. Ce sera des lasagnes pour ce midi. Le Grenoblois rencontré il y a deux jours arrive pour taper la causette au moment du dessert. Les discussions s’enchaînent, quand 14 h sonne aux tocantes. C’est l’heure où le capitaine a prévu de faire son speech sur la vie à bord.

    Le discours du capitaine

    Une heure plus tard, après avoir essayé les gilets de sauvetage, la capitaine reprend la parole. Il évoque la navigation dans les chenaux Patagoniens. Puis vient l’heure de la ronflette. « Moi qui apprécie tant les siestes en mer, je suis déçu. Le bateau est tellement stable que ça ne bouge pas d’un pouce. » Pour l’instant…

    Après un nouveau point sur la beauté des paysages, Flavien note que la météo se dégrade petit à petit. Il est temps de quitter le pont pour la cafétéria. Bien à l’abri et au chaud, ils jouent au UNO acheté hier. Les parties défilent jusqu’à 19 h. Après le repas, le trio pense profite de l’extérieur.

    « C’est alors que j’aperçois des anglais montrant des photos de Viola cotyledon à leurs amis. » Ni une, ni deux, Flavien prend ses jambes à son cou et file taper la causette.

    Il questionne les Britanniques. Cette espèce est l’un des objectifs du voyage. « Ils disent l’avoir vue, il y a trois ou quatre semaines sur le volcan Villarrica », ça tombe bien, c’est dans ce coin que j’espère aller à sa rencontre se réjouit Flavien.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    La journée se poursuit. « Je finis la soirée à la cafétéria à écrire quelques lignes. » Flavien semble avoir pris goût aux transports maritimes. Cela dit, il est stupéfait de cette stabilité qui le renvoie à l’impression de marcher sur terre.

    Voir Puerto Eden et vivre…

    Le réveille-matin sonne à 6 h 45. L’arrivée est prévue à Puerto Edén pour 7 h 30. Un quart d’heure après l’éveil, Flavien constate que « nous en sommes encore loin et je retourne donc me coucher, la météo étant pluvieuse. » Quelques minutes passent, quand il se lève. Après s’être restauré avec un bon petit déjeuner, le navire se rapproche enfin « de ce village qui me fait tant rêver ».

    Il est extrêmement isolé. Quarante habitants vivent à Puerto Eden. Petite précision, il est l’un des lieux les plus arrosés au monde avec 5000 mm d’eau par an. C’est là que les derniers Kawesquars ont été déplacés par l’état chilien, au siècle passé. « Je devais y rester deux jours, mais le bateau qui s’y arrête était plein lorsque j’ai voulu réserver, il y a quelques semaines. »

    Les nuages se dégagent, le ciel se dévoile et les rayons de soleil se dessinent à leur arrivée. « Nous ne sommes pas autorisés à descendre. Il jette l’ancre à plusieurs centaines de mètres du rivage. Quelques habitants viennent en hors-bord récupérer quelques colis avant de repartir.

    Après une petite heure d’escale, nous reprenons notre route plein nord et le temps se couvre. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Pour terminer la matinée, « nous observerons une statue de vierge ». Elle est censée porter bonheur aux marins, confie Flavien. Puis c’est au tour de l’épave d’un bateau, le “Capitán Leonidas“. Il fait naufrage le 7 avril 1968, dans le canal Messier. L’une des hôtesses nous raconte son histoire. Après le déjeuner, alors la météo se dégrade fortement, ils se greffent à une visite de la passerelle de commandement.

    « Puis avec David nous passons la majeure partie de l’après-midi à jouer aux cartes à la cafétéria. » C’est en fin de journée que le royaume de Neptune s’agite. Le navire quitte les chenaux Patagoniens pour entrer dans le golfe de Penas.

    La mer commence à se former et le bateau bouge enfin, se réjouit-il. « À 18 h nous n’avons théoriquement plus le droit de sortir, mais nous allons quand même prendre le grand air à l’avant. »

    « C’est impressionnant, je n’ai pas vu de tels creux depuis le Marion Dufresne. Additionné au vent, il est difficile de tenir debout. » Une ou deux personnes glissent. L’équipage les sermonne. « Il est tant de rentrer à l’abri après avoir observé les derniers rayons de soleil. »

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Dans la cafétéria les sièges glissent d’un bout à l’autre de la pièce. Nous commençons tous à imaginer la nuit qui nous attend, elle risque d’être longue. « Allongé dans mon lit, et glissant sur celui-ci, je ne réussis pas à me concentrer et je remets donc l’écriture de ces lignes au lendemain. Je mets du temps à m’endormir, mais le reste de la nuit aurait pu être plus désagréable. » À suivre…

  • Cortefiel et Alcampo victimes de cyberattaques en Espagne

    Cortefiel et Alcampo victimes de cyberattaques en Espagne

    Les dernières victimes de cyberattaques sur le sol ibérique sont la société Cortefiel (Tendam) et Alcampo (Auchan). L’Espagne fait l’amer constat d’avoir été la cible de 150 cyberattaques de natures importantes en 2023. L’une des plus grandes menaces est l’attaque cyber de type ransomware. L’importance est donc de militer pour l’octroi de moyens dans cette lutte. Pour que cela limite les cyberattaques, les fuites de données personnelles, tel que la compagnie de fourniture d’énergie Iberdrola et ses 850 000 clients ont subi.

    Les cyberattaques sont désormais légion. Le nombre de groupes usant d’un ransomware se multiplie. Certains sont défavorablement connus tel LockBit, Ransomhub, Rhysida, Killsec, Qilin, Circada3301, Cactus, Akira, Bianlian, Play, BlackSuit… Les entreprises luttant contre ce fléau payent très cher cette expérience, certains en mettent la clef sous la porte, poussant le personnel à pointer à France Travail.

    Medusa demande une rançon de 800 000 € à Cortefiel

    La société Tendam qui possède Cortefiel, Hoss Intropia, Womensecret… confirme ce lundi 9 septembre 2024 avoir subi une cyberattaque. Le ransomware Medusa revendique et affiche sur son site de fuite le volume des données exfiltrées, la date butoir et le montant exigé.

    « Au début de la matinée du 5 septembre, nous avons détecté un incident de sécurité sur les systèmes informatiques », communique un porte-parole.

    La quantité colossale des informations, 724,59 GB touche l’Espagne, mais pas seulement. Le groupe a 1800 points de vente, du web au local. Elle possède des bureaux en Europe, au Mexique, mais également centres commerciaux au Bangladesh, Hong Kong et en Inde. L’ultimatum est fixé au 17 septembre 2024.

    Cette société ibérique s’ajoute à la listen déjà longue des victimes de ce ransomware.

    (Crédits : capture d’écran/Medusa)


    À travers les cinq continents, les victimes se comptent. L’italien Pozzi, l’Éhpad Les Hortensias et la commune de Betton en France, mais aussi Banco Santander, Iberdrola. Ici encore, 850 000 clients voient leurs données se répandre sur le WEB.

    Les chaînes d’approvisionnement d’Alcampo malmenées

    C’est arrivé dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 août 2024 que l’incident se déroule. L’attaque se focalise sur les systèmes de commande des entrepôts. De ce fait, de nombreux produits venaient à manquer dans les magasins de la chaîne.

    L’ouverture d’un nouvel entrepôt automatisé à San Fernando de Henares en juin faisait les titres de la presse ibérique en ce début d’année. C’est en période controversée du SARS-CoV-2 et des confinements que la vente en ligne faisait sa révolution. Ainsi, Alcampo signait en 2021 un accord avec la société britannique Ocado.

    Le but est le développement du commerce en ligne. En début d’année le site FoodRetail révèle que le montant équivaut actuellement à 2,5 %. Antonio Valverde, directeur de Proximity Digital chez Alcampo déclarait : « Nous visons à ce que le commerce en ligne représente 13 % de nos ventes en 2027 ». (Crédits : Zarateman/Wikipedia)

    Fin 2023, l’entreprise compte 79 hypermarchés, 323 supermarchés et 129 établissements franchisés, sans oublier les 52 stations-service. C’est pour cela qu’ils ne peuvent négliger l’importance de cette manne financière n’est pas mince. En 2023, la société prépara plus de 500 000 commandes, soit environ 26 millions d’articles. Alcampo a déclaré qu’à ce jour, rien n’indiquait qu’une quelconque fuite de données s’était produite. L’enquête est toujours en cours.

  • Fuite de données de 27 millions de clients Boulanger

    Fuite de données de 27 millions de clients Boulanger

    La fuite des données de clients de l’entreprise Boulanger est une parmi d’autres. Ce sont donc exactement 27 561 592 lignes de la firme Boulanger qui se retrouve à être en vente sur le dark web. Mais c’est le cas pour les transports dijonnais avec DiviaMobilités, sans oublier l’entreprise Cultura. Les fuites de données s’enchaînent. La dernière est suite à une intrusion non autorisée d’un prestataire informatique externe. Comme la fuite de 43 millions d’usagers de France Travail, ex-Pôle Emploi en début d’année 2024.

    En quelques jours, plusieurs enseignes communiquent sur le fait d’être victime de cyberattaques. Cultura annonce par voie de presse qu’un prestataire informatique est victime d’une intrusion non autorisée. Les données divulguées sont conséquentes. Il s’agit des prénoms, noms, identifiants clients, numéro de téléphone mobile, adresse de courriel et postale, et les produits achetés. Mais c’est sans oublier la société de transports Divia à Dijon, qui est elle aussi victime d’une cyberattaque.

    De nombreuses données en vente

    « Les données relatives aux mots de passe et aux données bancaires ne sont pas compromises », assure le communiqué de Cultura. La faille est corrigée, les mesures correctives appliquées. Si vous avez reçu ce type de courriel de la part de Boulanger, alors il est fort à parier que vos données sont parmi les 27 millions de clients.

    Comme pour Cultura, l’enseigne Boulanger se veut rassurante. « Aucune donnée bancaire client n’est concernée. D’ores et déjà, l’incident est circonscrit. »

    Boulanger, pour autant, ne confirme pas le nombre de 27 millions de clients concernés. Next relate la précision de la firme : « Les données récupérées sont uniquement des données de livraison (adresse, mail, téléphone) et concerne uniquement quelques centaines de milliers de clients. […] »

    SaxX explique quant à lui, sur X (Ex-twitter), que de son côté que le 7 septembre 2024 une personne avait mis en vente « une base de données comportant 27 561 592 lignes de #Boulanger ».

    Dans cette base de données à vendre, on retrouve « prénom, nom, numéro de téléphone, adresse postale complète, coordonnées géographiques (latitude et longitude), e-mail… », affirme SaxX. Depuis, le même cybercriminel divulgue 2,6 millions de comptes clients de chez Cultura.

    (Crédits : capture d’écran)

    À Dijon, c’est l’entreprise DiviaMobilités qui, à travers l’un de ses prestataires a essuyé une cyberattaque, à la fin du mois d’août 2024. Le 4 septembre, « nous avons découvert cette action malveillante », stipule Nolwenn Leguillon la directrice de communication de Keolis Dijon Mobilités à Le Bien Public. Les prénoms, noms, dates de naissance, numéros de téléphone et IBAN de certains clients ont fuité. L’utilisation d’infostealer est envisagé au commencement. « La plupart du temps, à l’origine, survient un infostealer », affirme SaxX.

  • L’attente est un jeu de patience (Épis. 31/46)

    L’attente est un jeu de patience (Épis. 31/46)

    Il existe des moments dans la vie où la patience est de mise. La transition pour pouvoir prendre le bateau en est une. C’est l’occasion de recourir à l’énigme du temps, relatif soutenait Albert Einstein. Aussi, combler le temps qui est imparti de manière éducative, passive, oisive… est un choix. Le duo semble attiré par la découverte de musées et de cultures. Ils visitent, mangent, discutent, rencontrent… bref, ils vivent une totale et véritable vie de touristes à l’autre bout du monde.

    Ce matin, c’est presque Noël. Le petit déjeuner est compris dans le prix de la nuitée à l’auberge. « Il y a du choix, j’en profite allègrement ! » La pluie est encore présente à El Calafate, malgré cela les aventuriers qui ne sont pas en sucre sortent de leur refuge.

    Musées, empanadas et alfajors

    « On se motive pour aller visiter un musée à l’autre bout de la ville. » Arrivés là-bas, ils sont presque trempés. El Calafate offre une culture et une compréhension dont le duo ne compte pas se priver. Sur les trois musées que compte la charmante bourgade, ils choisissent de faire l’impasse sur celui de « 100 años jugando y Evita Perón ». Ce dernier possède des pièces datant du XIXe jusqu’aux années 70, un monument argentin du jouet.

    La visite du musée dure une bonne heure et demie pour le binôme, sur les deux heures affichées. Il traite de l’histoire de l’Argentine. Ce à partir de l’ère des dinosaures jusqu’à la colonisation européenne.

    C’est une occasion unique de voir l’impact d’un peuple sur un autre. À travers des expositions dites multimédias, ils revivent l’époque du Crétacé en partie. Au menu des squelettes de dinosaures et de mégafaune.

    Mais dès la sortie, c’est un menu différent qui suscite leur intérêt. « Deux, trois empanadas pour midi », se régale d’avance Flavien. Puis direction au point de rendez-vous des shuttles pour un autre musée : le Glaciarium. (Crédits : CIH/El Calafate)

    Plus de place dans la navette gratuite, David et Flavien patientent une heure pour la prochaine. Quinze minutes de trajet et 8500 pesos l’entrée, ils découvrent le Glaciarium. Ce musée est dédié aux glaciers Patagoniens. Au retour en ville, ils achètent des alfajors et des croissants, à priori un peu cher pour le duo, « on n’y reviendra pas ! » Les cuistots en herbe pensent déjà au repas du soir : pommes de terre sautées aux poivrons avec de l’ossobuco.

    Encore deux jours de patience

    Encore un matin, où nous profitons une dernière fois du très bon petit déjeuner de l’auberge, pense à voix haute Flavien. Le temps de prendre l’ensemble des affaires, ils se rendent à la gare routière. Leurs billets en poche, ils grimpent dans le bus à l’heure de midi.

    Le trajet compte sept heures, pour rallier Puerto Natales au Chili. « Trajet que je connais bien maintenant, appuie Flavien, mais cette fois je dors moins. Je profite des paysages de steppes une dernière fois », explique-t-il avec une pointe de nostalgie.

    Le hasard fait bien les choses. « Avec David, on nous a mis à l’avant de l’étage du bus. La vue est incroyable. L’observation des nandous et autres guanacos bien plus aisée », se réjouit-il.

    Arrivée à bon port, Flavien, vieil habitué, éclaire le chemin jusqu’à l’auberge. « Nous prenons une première nuit », avant les semblables. Le but est de s’emparer d’une place sur le navire pour la prochaine étape du voyage. « Avant d’aller à la pizzeria, où nous rencontrerons un très sympathique couple de Chiliens, on ira voir à la compagnie de bateau si l’on peut glaner quelques malheureuses infos. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    La recherche est infructueuse, se lamentent-ils. D’autant que « demain s’annonce une journée d’attente pas très motivante ». La coïncidence le ramène au sein de la chambre où il passe sa convalescence des derniers jours. Le dimanche 4 et le lundi 5 février 2024, ils s’amusent au chat et à la souris avec le temps. Le début de l’attente commence. Seules distractions notables des prochaines 48 heures : l’achat de billets, le sacré petit déjeuner et le bar à jeu fautes d’occupations. À suivre…

  • Au pied du Fitz Roy (Épis. 30/46)

    Au pied du Fitz Roy (Épis. 30/46)

    En ce dernier jour de janvier, le duo se rend en direction du Fitz Roy. Connu sous le nom de cerro Chaltén, il se pose à une encablure du cerro Torre, il culmine à 3 405 mètres. Situé en Patagonie, il est à la frontière de deux pays, l’Argentine et le Chili, la province de l’ultime espoir l’accueille (Última Esperanza). C’est aussi le plus connu, alors le plus touristique. Donc, en cas de beau temps, il est comme le premier jour des soldes, totalement pris d’assaut.

    Le petit déjeuner englouti, il est nécessaire de prévoir le repas de midi, surtout en plein trek. Vous ne vous restaurez pas comme à la maison, ou presque. « Ce matin, après avoir acheté du fromage, du pain et du saucisson, nous partons en direction du Fitz Roy », commente Flavien.

    Le Fitz Roy par beau temps

    Enfin, plus précisément au pied de ce dernier. El Cerro Chaltén est sûrement le sommet le plus connu des Andes. « C’est le seul jour où le beau temps est prévu de la semaine. » Le duo s’attend à ce que tout le monde ait eu la même idée. La tête des deux aventuriers vaut son pesant d’or, à la découverte de leur pronostic. « Le nombre de personnes est incroyable », souffle-t-il.

    La fin du sentier de 11 km est à l’image des alpinistes sur l’Himalaya, interminable. « Entre la pente très abrupte, et la véritable file d’humains, quel enfer ! » Malgré les deux heures d’attente, à 1200 mètres d’altitude, le fameux sommet reste timide : il ne se découvre pas… « La vue sur les lacs vaut quand même le coup », se réjouit Flavien. Ils auront la chance d’observer un renard. Si de prime à bord, il est envisageable de le croire apprivoisé, il semble surtout s’être accommodé de la présence d’êtres humains, et des possibles restes de nourriture laissés ici et là.

    La pluie arrive en ce début d’après-midi. Comme les moutons de Panurge, tous ont l’idée de redescendre à cet instant. Une longue et interminable queue se forme en montagne. « Qu’est-ce que je fais là ? », s’interroge le jeune homme, lui qui est à la recherche de la nature dans son plus simple appareil.

    Non loin de l’arrivée, dans les sous-bois, par hasard se dévoile la fameuse fleur-araignée, Arachnitis uniflora. Une espèce qu’il rêvait de voir. Espèce saprophyte, sans chlorophylle donc (pour les puristes), elle ne ressemble pas à grand-chose. « David semble se moquer de moi, je le comprends » sourit, Flavien. (Crédits : Flavien Saboureau)

    À peine rendus, ils se dirigent directement vers le glacier. Non pas le chef-d’œuvre de la nature, mais le marchand de glaces. « Une nouvelle fois, on craque pour 1⁄4 de kilogramme de glace », précise le gourmand. Après une douche bien méritée, ils retrouvent les Français rencontrés la veille au bar. L’idée de David et Flavien est de manger une fondue. Convaincus par la plaidoirie, ils partent tous dans le restaurant qui propose les fameux parillada. La spécialité du coin est servie avec abondance, qu’ils partagent une fois de plus, avec gourmandise.

    Retour à El Calafate

    La pluie est coutumière du fait. Elle accompagne Flavien durant le pliage de tente. « Nous rentrons sur El Calafate », raconte l’aventurier. Sauf qu’ils ne possèdent pas encore de billets. Il est 10 h 30 lors de leurs arrivés à la gare routière, le verdict tombe : pas de bus libre avant 13 h.

    Rien de mieux, quand le temps d’attente le permet, se poser dans un lieu agréable. « Nous en profitons pour aller manger un alfajore et boire un chocolat dans une sorte de boulangerie. »

    Le trajet en bus dure trois heures. Les solides habitudes reviennent au galop. Ils recherchent une auberge, car ils n’ont pas réservé. Comptant sur leur bonne étoile, ils se dirigent vers une valeur sûre. Celle où Flavien avait pris le temps de réserver, mais plus une place de disponible.

    Après une petite marche, il frappe à la bonne porte. « Nous trouvons une auberge qui nous coûte 16 € la nuit, avec le petit déjeuner inclus », se réjouit-il. Ragaillardis, ils filent en ville pour déguster… Une glace. La gourmandise n’a pas de limites. « Finalement, nous l’accompagnons d’une tarte », se délectent-ils. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Profitant de la grande cuisine de l’auberge, ils décident de se faire plaisir. « Ce soir, nous voulons manger et mijoter de vraies pâtes bolognaises. » Comble du bonheur, une boucherie leur propose une viande hachée à 5 € le kilo. La gentillesse est de mise. « Ils nous offrent des œufs en plus. Nous achetons en complément quelques boudins. » La veille au restaurant, ils faisaient un carton plein. De retour à l’auberge, les randonneurs se changent en chefs cuisiniers. « Ça fait longtemps que je n’ai pas cuisiné depuis le début du voyage. » À suivre…

  • Une rentrée sous les cyberattaques en France

    Une rentrée sous les cyberattaques en France

    Diverses cibles françaises sont la cible d’attaques par déni de service. Le but est de surcharger les serveurs pour rendre inopérant ledit site WEB. Si, certains affirment ne pas avoir subi de vol de données, elles sont souvent comme le magicien, une diversion. De Reims à Nantes, jusqu’à Marseille, de nombreuses infrastructures sont touchées. Les services compétents sont à pied d’œuvre pour rétablir les services. Des cyberattaques pour obtenir de l’argent, perturber une entité ou un pays en représailles des actions ou soutiens.

    La rentrée des classes s’effectue à peine, que les cyberattaques de tout type n’ont pas pris de vacances. En premier lieu, le groupe NoName057(16) affiche de nombreuses attaques de type DDoS sur des cibles françaises.

    La France ciblée par NoName057(16)

    Une fois de plus, les différentes entités sur l’hexagone sont victimes de cyberattaques. Les revendications vont bon train. Le site de la ville et de l’agglomération de la ville de Reims est le denier exemple en date. Elle est la réponse au soutien à l’Ukraine de la France.

    Le centre régional Centre-Val-de-Loire, les sites de l’open data de Marseille et sortir à Marseille, la ville de Nice ainsi que la métropole de Nantes sont visés le lundi 2 septembre 2024 via des attaques par déni de service (DDoS). Selon la collectivité, aucune donnée n’aurait été volée. Le site est à nouveau consultable le lundi à 21 h 30.

    C’est également le cas de la Préfecture de Police selon les revendications.

    Un seul des sites affichés admet des difficultés encore. Le site bien pratique de la circulation en temps réel sur l’île de la Réunion.

    Le lendemain, 3 septembre 2024, la ville de Reims et son agglomération sont touchés. Ils saturent le trafic pour empêcher son fonctionnement.

    Le jour de la rentrée des classes, l’université de Reims Champagne-Ardenne subissait une « attaque massive de Bots ». Mais les villes de Strasbourg, Bordeaux, Le Havre, Montpellier et Lille sont épinglées.

    (Crédits : capture d’écran/NoName057(16))

    Aujourd’hui, le 4 septembre le groupe affilié à la Russie rends momentanément les sites des villes de Nîmes et Angers hors ligne. Celles concernant l’Autorité de régulation des transports, du ministère de la Justice, de l’ONAC semblent contenues. Seuls les sites de la direction interministérielle du numérique et de l’alerte sur les réseaux sont en dysfonctionnement.

  • L’avenir des Femmes en pointillé ?

    L’avenir des Femmes en pointillé ?

    Une proposition de loi en Irak pourrait légitimer le mariage d’enfants. Tout est lié à la jurisprudence chiite et à l’âge de la puberté. Le Code en vigueur est scindé en deux parties. Il régit les dispositions relatives au statut personnel selon la « jurisprudence chiite Jaafari » (statut personnel) et l’autre la « jurisprudence sunnite ». Tant et si bien, qu’un garçon pourrait être marié dès l’âge de 15 ans, tandis qu’une fille dès l’âge de 9 ans. Mais que penser des 35 articles de loi qui restreignent encore les Afghanes et leurs droits à l’existence, à la vie ?

    La différence de compréhension des us et coutumes est fonction du Code sur lequel se base chaque pays. En France, le Code civil est le reflet de la société française. Depuis 1804, il organise l’essentiel de la vie quotidienne (nationalité, filiation, mariage, successions, responsabilité civile…). Puisqu’il s’agit des droits des femmes dont il est question que ce soit en Afghanistan, en Irak, en Iran, au Maroc, au Koweït… qu’en est-il en France ?

    L’évolution des droits des femmes en France

    Lors d’un entretien sur le discours, pour le droit à l’IVG, prononcé par Simone Veil en novembre 1974 à l’Assemblée nationale, Claudine Monteil s’écria « Simone, nous avons gagné ! » Ce à quoi Simone de Beauvoir répondit : « Certes, Claudine, nous avons gagné, mais temporairement. Il suffira d’une crise politique, économique et religieuse, pour que les droits des femmes, nos droits, soient remis en question. » L’évolution des droits des femmes en France s’écrit en plusieurs dates. La première est Olympe de Gouges qui publie en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

    S’en suivent le 29 avril 1945, avec le vote aux élections municipales ; le 27 octobre 1946, « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à deux des hommes. » ; Germaine Poinso-Chapuis est en novembre 1947 la première femme ministre, il faut attendre 1974 pour voir Simone Veil à la tête d’un ministère ; dès le 13 juillet 1965 « les femmes peuvent gérer leurs biens propres et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari. » Autorisées à disposer de l’argent sur leur compte bancaire, sans avoir à demander à leurs maris.

    Le 4 juin 1970 autorité parentale conjointe ; 22 décembre 1972, la loi pose le principe d’égalité de rémunération ; 6 mars 1980, Marguerite Yourcenar devient « immortelle » en entrant à l’Académie française.

    (Crédits : Christina Morillo/Pexels)

    Le 17 janvier 1975, la Loi n° 75-17 autorisant l’IVG, dite « loi Veil » est adoptée pour 5 ans. Elle est définitive par la loi du 31 décembre 1979. Le 23 décembre 1980, la Loi n° 80-1041 donne une définition précise du viol et le reconnaît comme un crime ; 17 juillet 1984, la Cour de Cassation reconnaît pour la toute première fois le viol entre époux en instance de divorce. Le viol entre époux est reconnu par un arrêt de la Cour de Cassation le 5 septembre 1990. Le 4 mars 2024, dernière évolution, l’IVG est inscrite dans la Constitution française. « Votre vie durant, vous devrez demeurer vigilante », concluait Simone de Beauvoir.

    Le Code civil, pierre angulaire de la société

    Le Code civil dit « Code Napoléon » est composé de trois livres. Le Livre I dit « des personnes », le Livre II « des biens et des différentes modifications de la propriété » et le Livre III « des différentes façons dont on acquiert la propriété ». Puisque la proposition de loi en Afghanistan sacralise l’âge minimal du mariage, qu’en est-il en France ?

    L’article 144 du Code civil dispose que « le mariage ne peut être contracté avant dix-huit ans révolus. » Cependant l’article 145 ajoute que « néanmoins, il est loisible au procureur de la République du lieu de célébration du mariage d’accorder des dispenses d’âge pour des motifs graves. »

    En 1905, la loi du 9 décembre sur la séparation des Églises et de l’État assure la liberté de conscience de culte. Chacun est donc libre de pratiquer la religion de son choix comme de ne pratiquer aucune religion.

    Concernant le mariage, jusqu’à la Révolution (1789) le droit canonique s’applique. Donc l’âge nubile et majorité matrimoniale est de 12 ans pour les filles et 14 pour les garçons. La loi du 21 septembre 1792 dispose du mariage dès 13 ans pour les filles de 15 pour les garçons. Sous couvert du consentement des parents jusqu’à l’âge de 21 ans.

    Cet âge nubile atteint 18 ans pour les garçons dès l’instauration du Code civil en 1804. Celui des filles est de 15 ans. Il faudra attendre la Loi n° 2006-399 du 4 avril 2006 pour que l’article 144 assure l’âge de 18 ans pour toutes et tous.

    Puis, le Parlement adopte le 23 avril 2013, la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Elle est promulguée le 17 mai 2013. (Crédits : BnF/Gallica)

    Tout cela semble être normal au regard de la « génération Z » (ne pas confondre avec la GEN-Z) et celle en devenir, « Alpha ». Parfois les désobéissances chamboulent et permettent l’évolution des droits. Le manifeste des 343 est un parfait exemple. Piqûre de rappel aux générations Z et Alpha, le simple fait de savoir que porter un pantalon est légalement autorisé pour les femmes seulement depuis le 31 janvier 2013, change la vision du monde.

    L’impact sur la vie des femmes en Irak

    Dans de nombreux pays au Moyen-Orient comme en Afrique, il existe un code de statut personnel (SP). En 1959, l’Irak se dote du Code de Statut personnel, ce après de nombreux pays tels la Syrie (1953), la Tunisie (1956), le Maroc (1958). Le Code du Statut personnel date du 30 décembre 1959 en Irak (Loi n° 188 du 30-12-1959). Il fera l’objet de neuf amendements (1963, 1978, 1980, 1981, 1985, 1986, 1987, 1994, 1999).

    Le général Abdel Karim Kassem arrive au pouvoir (1958-1963), et la question de codifier le Statut personnel est à nouveau posée. Issu d’un processus commencé en 1947, le Code (Qânûn) du Statut personnel irakien est créé douze ans plus tard.

    La volonté de modification ne date pas d’hier. Le projet de loi fondé sur les jurisprudences de l’école Jaafari, par l’imam chiite Jaafar al-Sadiq, est adopté par le conseil des ministres le 25 février 2014. Dix ans plus tard, il est à nouveau d’actualité. La proposition de réforme est celle du député Raëd al-Maliki.

    Ce qui sacralise les tensions le mariage. Si la doctrine classique de toutes les écoles s’appuie sur le verset 3 de la quatrième sourate du Coran, la vie moderne impose quasiment partout la monogamie.

    C’est plus particulièrement l’âge minimum qui pousse les mères à manifester. Selon le Code le mariage est autorisé à partir de 18 ans. À une exception près. La loi irakienne dispose qu’une fille de 15 ans peut être mariée à condition d’obtenir l’autorisation d’un juge et de la famille (Loi de 1959, Art. 7.). Comprendre ici que la famille est le Wali, soit le père ou tuteur légal.

    La volonté de modification du statut personnel impacte la vie des femmes. « Les principales critiques du projet portaient sur la légalisation des mariages d’enfants, la privation des droits fondamentaux des femmes et la confessionnalisation des affaires personnelles », écrit1 Sardar Aziz docteur en administration publique.

    Les premières modifications du SP sont intervenues après la guerre du golf en 1991. « Cet amendement permet le mariage des mineurs, autorise les mariages contractés en dehors des tribunaux, accorde des pouvoirs aux dotations chiites et sunnites ainsi qu’à d’autres entités ! Il prive les femmes de leurs droits à l’héritage et divise encore plus l’Irak en fonction des branches religieuses, mettant fin à l’État civil. » (Crédits : capture d’écran/X/Ala Talabani)

    L’UNICEF rapporte que 28 % des filles sont mariées avant 18 ans. La Mission d’assistance des Nations Unies quant à elle relate que 22 % des mariages non enregistrés impliquent des filles de moins de 14 ans. Ce dixième amendement aurait des effets incommensurables sur les droits des femmes et des filles, alors garantis par le droit international. S’il est appliqué, il autoriserait le mariage de fillettes âgées de neuf ans, les exposant à un risque accru de violence sexuelle et physique, sans oublier les conséquences sur leur santé physique et mentale, ainsi que la privation d’éducation et d’emploi.

    Les femmes victimes d’être femmes en Afghanistan

    L’Afghanistan est depuis 2021, le théâtre inexorable de privation des droits. La presse comme les politiques sont unanimes, la répression envers la population afghane, et particulièrement les femmes suscitent l’effroi. Depuis la prise du pouvoir des talibans, les femmes perdent un peu plus leur identité, leur existence… Pourtant la photo qui suit révèle une partie de l’Afghanistan des années 60 — 70.

    Femmes, Afghanistan, liberté

    « Il y avait aussi beaucoup de femmes dans les années 1960 et 1970 — même dans les zones urbaines — dont la vie était plutôt régie par le purdah, et qui ne sortait pas pour étudier ne sortaient pas pour travailler », explique Heather Barr, en 2017. Les populations tribales étaient considérablement conservatrices dans le milieu des années 60. Elles représentent environ 90 %.

    Une loi composée de 35 articles est annoncée, puis publiée au journal officiel le 31 juillet 2024 par le ministère de la justice taliban. Elle a pour but de « promouvoir la vertu et prévenir le vice ». « Les femmes doivent couvrir leur corps entièrement en présence d’hommes n’appartenant pas à leur famille ». Auquel se rajoute de cacher tout ou partie de leur visage via un masque « par peur de la tentation ». Faut-il échanger les habits pour éviter la tentation ? Faut-il éduquer les hommes à se contenir, s’ils ont peur de céder à la tentation ?

    Elles ne doivent pas faire entendre leurs voix en public. Mais l’absurdité ne s’arrête pas là. Les conducteurs de véhicules sont aussi restreints dans leurs libertés : pas de musique, pas de drogue, de transport de femmes non voilées, de femmes en présence d’hommes de leur famille (Mahram). Elles résistent en bravant les interdits pour leurs libertés. (Crédits : Laurence Brun/Gamma-Rapho/Getty-Images)

    Mais également, l’adultère, l’homosexualité, les jeux d’argent, les combats d’animaux ou d’hommes (MMA), la création ou le visionnage d’images d’êtres vivants sur un ordinateur ou un téléphone portable, l’absence de barbe ou une barbe trop courte pour les hommes, des coupes de cheveux « contraires à la charia ». L’UNICEF martèle dans le rapport 2023. que « comparées aux filles qui ont uniquement reçu une éducation primaire, les filles qui ont suivi une éducation secondaire sont moins exposées aux risques de mariage d’enfants et de grossesse adolescente. » Quel avenir quand elles n’ont pas accès à l’école, en cette semaine de rentrée scolaire ?

    1. https://www.cfri-irak.com/article/parlement-irakien-confessionnalisation-des-affaires-personnelles-2024-08-16 ↩︎