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  • L’arrivée sur l’Île de Robinson Crusoé (Épis. 40/46)

    L’arrivée sur l’Île de Robinson Crusoé (Épis. 40/46)

    Après avoir acheté quelques viennoiseries, Flavien reprend la direction du muséum d’histoire naturelle pour finir sa visite écourtée hier. La plupart des musées de la ville étant gratuits, ça ne pose pas de problème. La météo permet et oblige quelquefois un changement de paradigme. La biosécurité devrait être l’affaire de tous. En ce jeudi 22 février 2024, Flavien s’attelle à cette tâche plus que nécessaire. Elle reflète aussi la croissance des voyages depuis la révolution industrielle, et le plaisir de découvrir d’autres contrées.

    Pour l’instant, Flavien profite de son temps libre et de la gratuité des musées. Pour accéder au plus connu et emblématique du Chili, le Musée de la mémoire et des droits de l’homme, il suffit de se rendre sur l’avenue Matucana, juste en face de la station de métro Quinta normal. « Clémentine m’avait prévenue, il est dur. Il raconte la vie, ou survie sous la dictature de Pinochet de 1973 à 1990. Il me fait beaucoup penser à celui d’Oradour-sur-Glane. » David a les mêmes réflexes, semble-t-il. « Quand je pars, lui arrive. On se donne rendez-vous ce soir pour boire un dernier verre avant nos départs distincts : lui vers l’île de Pâques, moi sur l’île de Robinson Crusoé. »

    Une pluie salvatrice

    À la sortie du musée, il pleut, ce qui ne surprend pas plus que ça l’aventurier du bout du monde. Sauf que Clémentine lui dit, bien plus tard, que cela n’est pas arrivé depuis plus de deux mois. « Tu m’étonnes que ça glisse tant dans les rues. » Son départ pour l’île de Robinson Crusoé est prévu pour demain. Comme à chaque fois, et depuis son périple à Amsterdam il procède à la bio sécurité de son sac.

    « Comme pour aller sur Amsterdam ou encore les Malouines, il me faut nettoyer mon sac et mes vêtements de fond en comble pour éviter de ramener des espèces exotiques, si dévastatrices sur les îles. »

    L’avantage est donc de ne pas amener des espèces qui peuvent perturber l’équilibre. Est-ce possible d’effectuer une biosécurité en ce qui concerne le reste ? L’exemple du frelon asiatique, de l’écrevisse de Louisiane et du moustique tigre évoque bien des choses à tout un chacun. À la précédente question, la réponse est oui. Depuis 2014, l’Office français de la biodiversité a pour mission de faire connaître, prévenir, surveiller et évaluer les impacts négatifs de ces espèces. (Crédits : Joshua_seajw92/Pixabay)

    La fin de journée approche, quand Flavien rejoins David au bar où « nous prendrons une planche apéritive généreuse. » De retour à l’appartement de Gonzalo et Clémentine, l’estomac est déjà plein. « J’ai du mal à avaler les completos qu’ils ont cuisinés. » Il ne traîne pas pour aller se coucher, car demain est un jour tant espéré, et probablement chargé. « Un vendredi pour aller sur Robinson, le clin d’œil humoristique de l’histoire », s’amuse-t-il.

    En route pour Robinson

    « C’est le grand jour ! » Il va de ce pas, pouvoir poser un pied sur la légendaire île de Robinson Crusoé, située à 700 km des côtes chiliennes. Hier, il réserve, une fois n’est pas coutume, un Uber. Il déguste un petit déjeuner avec Clémentine et Gonzalo en les remerciant, avant de grimper en voiture. « Ce n’est peut-être pas le plus économique (22 000 pesos), mais il n’y a aucune navette rejoignant le terminal dans lequel je dois me rendre à l’autre bout de l’aéroport », explique Flavien.

    Le chauffeur, fort sympathique, dépose le baroudeur au bâtiment de la compagnie ATA à 8 h 15 précises, une demi-heure après son départ. « Étant attendu pour 9 h, je suis le premier arrivé. » Un Chilien ne tarde pas à le retrouver. Il aime la botanique et montre plein de photos de plantes du désert Chilien à Flavien.

    Peu avant 10 h, les passagers s’installent dans le bimoteur semblable à un jet privé. « Les deux pilotes nous accueillent sur le tarmac, j’ai l’impression d’être un VIP, s’émerveille-t-il. » Bien que ce ne soit pas la meilleure des huit places disponibles, Flavien choisit la plus proche du cockpit, non séparé par une porte. « Pendant les deux heures de vol, je note que le vol de croisière se fait à 22 000 pieds, une course qui oscille entre 262° et 266° avec une vitesse à plat de 170 knt », relate Flavien pour les passionnés. À 11 h 45, après des minutes à scruter la mer, le caillou se dévoile enfin entre d’épars nuages. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Situé entre deux falaises de 150 mètres de hauteur, dominant l’Océan Pacifique sud, sans tour de contrôle ni service météorologique, l’aéroport de l’archipel Juan Fernandez est l’un des plus dangereux au monde. Arrivant de l’Est, l’aéronef se situe dans le sens du vent. Il faut survoler l’île une première fois pour se mettre fasse au vent qui, comme aux Malouines, facilite grandement l’atterrissage. « Face à la piste qui semble bien petite entre ces 2 falaises, je m’apprête à vivre l’un des plus impressionnants atterrissages qui puissent exister. »

    Une poursuite en douceur

    Finalement l’atterrissage se fait tout en douceur, grâce à la maîtrise des pilotes. La température affichée est très agréable (18 °C). Le paysage quasi désertique, car il n’y a presque jamais de pluie en été. « À peine le temps de prendre quelques photos que le 4×4, dont la charrette est chargée de nos bagages, nous récupère direction la Bahia del Padre pour y prendre un petit bateau. »

    Aucune route depuis l’aérodrome ne conduit au village de San Juan de Bautista, niché dans la baie de Cumberland. Seul un chemin de 16 km permet de le relier. Descendus dans la Bahia del Padre, « nous attendons près du ponton d’embarquement. C’est l’occasion de réaliser mes premiers clichés de plantes avec Salicornia neei. »

    C’est surtout le moment de retrouver des colonies d’otaries, celles de Juan Fernandez, endémiques de l’archipel. Le bateau récupère les voyageurs. « C’est parti pour 1 h 30 de navigation, en direction du village au nord de l’île. » La mer n’est pas très formée, mais suffisamment pour les éclabousser.

    Cela ne l’empêche pas de prendre quelques photos des impressionnantes falaises. « Les sills et dikes me font fortement penser aux falaises d’Entrecasteaux et de la Pearl sur Amsterdam. » (Crédits : Flavien Saboureau)


    « Près du Morro Junango, deux puffins blancs (Ardenna creatopus), appelés ici Fardela Blanca, nous font le plaisir de survoler le bateau. Cet oiseau endémique du Chili ne niche que sur l’archipel et l’île de Mocha. » Les derniers instants de l’épopée sud-américaine de Flavien promettent d’être passionnants.

    Une plongée au cœur du roman

    En chemin, dans la baie de Puerto Inglés, l’occasion leur est donnée d’observer de loin la fameuse grotte d’Alexander Selkirk. « J’espère pouvoir m’y rendre cette semaine. » Le débarquement est rapide, chaque voyageur passe à la SAG. Le but est de vérifier que personne ne ramène ni fruits ni graines. « Me voilà, une fois de plus, livré à moi-même. Je n’ai pas de carte de la ville, mais au vu de sa taille je ne devrai pas avoir de mal à trouver la CONAF. »

    Au préalable, Flavien a échangé des courriels avec Angela Cropper, directrice de la CONAF, l’équivalent français de l’ONF. Ce qui lui procure un hébergement gratuit pour sept jours. En contrepartie, « je paye une femme de ménage et réalise une présentation pour les habitants. »

    L’organisme est identifié, car il croise dans les rues plusieurs personnes qui lui indiquent l’itinéraire.

    « Il est 14 h, c’est l’heure de reprise. J’accompagne Sylvia et Gonzalo rencontrés sur le chemin et qui y travaillent. » Ils lui expliquent de nombreuses choses, quand Ignacio fait son apparition.

    C’est le ranger qui connaît le plus les plantes sur l’île et celui qui parle le mieux anglais. Ce dernier montre le bâtiment où le baroudeur va dormir les prochains jours. Juste après, ils sont de retour au bureau. « Gonzalo me fait la visite de la pépinière dont il s’occupe. C’est impressionnant le nombre d’espèces endémiques qu’ils cultivent. »

    La soirée, Flavien déambule et visite l’ouest de la ville. Puis « je vais faire tamponner mon passeport dans la petite poste du coin ».

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    « C’est alors que je repère, dans un jardin, un Abutilon qui attire le fameux et magnifique colibri de Robinson Crusoé. C’est proche de mon hébergement, il faudra que j’y revienne avec mon téléobjectif. Pour cette première soirée sur l’île, je me fais une pizzeria face à la baie et ses superbes barques dispersées dans l’entièreté de la Bahia Cumberland. » À suivre…

  • Exploration urbaine de Santiago (Épis. 39/46)

    Exploration urbaine de Santiago (Épis. 39/46)

    Une grasse matinée n’est pas à rechigner dès que cela est possible. Comme le roman d’aventures anglais de Daniel Defoe, Robinson Crusoé, le duo composé de Flavien et de David se sépare avec ces nombreux jours ensemble. Une nouvelle fois, Flavien va partir en quête d’inédites péripéties. Qui plus est après un si long périple, en ce mardi 20 février 2024. Si l’hôtel trouvé hier soir n’est aussi accueillant que le premier sur Puerto Montt, l’établissement attend que ses chambres soient accessibles pour 11 h.

    Ce qui après avoir flemmardé, laisse encore du temps pour se renseigner sur la suite du voyage, sans omettre de refaire ses valises. À 12 h 30, rendez-vous avec le loueur pour lui restituer la voiture. Flavien et David veulent lui remettre en état de propreté, mais « pas moyen de dénicher la station de lavage en libre-service. Ici, comme pour le plein de carburant, c’est réalisé par une personne, et ça coûte un bras ».

    Le duo se sépare

    « Nous rendons le véhicule un peu sale, ce qui ne semble pas choquer le loueur. » Par contre, concernant la caution Flavien et David, la récupéreront un peu plus tard, il n’a plus la somme qu’ils ont donnée en liquide. Ils se rendent au McDonald’s espérant trouver de la WIFI. En vain, ils patientent l’après-midi sur le front de mer, jusqu’à l’arrivée du bus à 19 h. Un trajet d’une demi-journée pour se rendre à Santiago.

    Santiago, chili, capitale

    « C’est mon premier bus de nuit du voyage », se réjouit l’aventurier. Il explique que les 57 € par personne sont justifiés, en partie par l’assise. « Les sièges sont des Cama, très agréables. » Idéal pour lire quelques documents sur la flore de l’île de Robinson Crusoé.

    Le bus arrive dans l’immense gare routière à étages, avec trente minutes de plus sur l’horaire prévu. C’est l’heure du petit-déjeuner. Ils cherchent une boulangerie pour se procurer des viennoiseries, avant de se séparer, un mois après les retrouvailles. Flavien achète une carte de métro pour rejoindre l’hypercentre, où Clémentine, la sœur d’Ugolin, va l’héberger. « C’est Gonzalo, son copain, qui m’accueille dans leur appartement. » Le concierge prévenu de son arrivée, et les présentations faites, « j’aspire à dénicher un ScotiaBank pour retirer de l’argent sans frais ». En chemin, il passe devant la Moneda, l’équivalent de l’Élysée en France. « C’est le moment de la relève de la garde, ça se goupille bien », se réjouit-il. (Crédits : Simon/Pixabay)

    Trois mois aujourd’hui qu’il a quitté la commune de Lavausseau, trois mois qu’il marche, monte, descend et dort dans des endroits atypiques, trois mois qu’il n’a pas prit soin de ses cheveux. « Ma chevelure ne ressemble plus à rien », sourit-il en se voyant dans un miroir. Gonzalo lui conseille un salon à quelques encablures de là. « Pas de métro, que de la marche. C’est le moment de visiter et de s’imprégner de l’ambiance de la ville. » Arrivé à l’adresse indiquée, il passe par différentes pièces avant de rejoindre le salon de coiffure, le bâtiment est dans son jus remarque-t-il. « J’ai l’impression de me faire couper les cheveux, comme il y a 30 ans de ça, enfin, j’imagine… »

    Barbe et cheveux taillés

    Par la même occasion, le coiffeur taille la barbe, ça ne lui fait pas de mal pense Flavien. Après s’être acheté deux empanadas dans un boui-boui, il les dévore dans le parc Quinta Normal. L’avantage est que le Muséum National d’Histoire Naturelle, « que je compte visiter ce midi » se trouve juste en face.

    La collection du rez-de-chaussée explore les différentes régions du Chili du Nord au Sud. Dans la salle principale, une exposition sur les primates tient la vedette. La visite continuera demain, « J’ai rendez-vous avec Gonzalo à 14 h 30 pour me rendre chez un revendeur d’appareils photo. »

    Son grand angle ne fonctionne plus depuis trop longtemps. Arrivé à Sanhattan, quartier d’affaire où il y a un revendeur d’appareils photos. De toute façon les délais de réparation sont trop longs avant son départ prévu le 23 février pour l’île de Robinson Crusoé, dans deux jours.

    Les deux promeneurs se trouvent dans le quartier de Las Condes où travaille Clémentine. « En l’attendant, Gonzalo me fait visiter la ville et d’impressionnants immeubles. Puis on va boire une bière avant qu’elle nous rejoigne. » (Crédits : Museo Nacional de Historia Natural, Santiago)

    Musée, naturel, Santiago

    Le trio juste formé se dirige vers le Cerro San Cristóbal, via téléphérique à l’aller, et en funiculaire pour le retour. C’est le point incontournable pour admirer la vue panoramique de la ville. « De là-haut on se rend compte de la grandeur de l’aire urbaine qui s’étend à perte de vue, vraiment impressionnant ! » Pour terminer, ils se rendent dans un quartier bien connu pour ses restos. Ce lieu aimé des touristes et habitants se nomme le quartier de Bellavista. Il regorge de bars, lieux culturels, et bien sûr de restaurants. Clémentine et Gonzalo veulent me faire goûter la spécialité du coin, le Pastel de Choclo. « Ce plat est un délice. » Il goûte au cocktail Pisco Sour, dont il n’est pas fan. La nuit est tombée sur la capitale, le trio déambule en profitant de la douceur pour rentrer doucement. À suivre…

  • Les plus gros tremblements de terre enregistrés

    Les plus gros tremblements de terre enregistrés

    Le plus gros tremblement de terre jamais enregistré se déroule le 22 mai 1960 à Valdivia, au Chili. Le plus récent et plus médiatique est celui qui touche le Japon, le 11 mars 2011. Il est 14 h 26 quand un tremblement de terre de magnitude 9 sur l’échelle ouverte de Richter se produit. Il est situé au large de Sendai, au nord-est de l’île de Honshu. Des dégâts considérables sont provoqués, comme des milliers de victimes sont touchés dans la préfecture de Fukushima. Quels sont les plus grands séismes enregistrés par l’homme ?

    Le séisme ou tremblement de terre pétrifie de peur la population, quelle qu’elle soit. Si les mesures de ces séismes sont récentes, la terre subit depuis bien longtemps des secousses et séismes. La sismographie moderne remonte quant à elle à la fin du XIXe siècle. Le 25 janvier 1348, Villach, en Autriche est dévasté par un violent tremblement de terre. Elle subit de grands dégâts en 1690, avec un nouveau séisme.

    Quand la terre tremble

    Le plus gros tremblement de terre jamais enregistré est celui de Valdivia, au Chili. Il est un « monstre tellurique ». D’une magnitude de 9,5, il a lieu le 22 mai 1960 à 19 h 11, heure locale. Il est suivi d’un tsunami dévastateur. Ses effets sont ressentis dans l’ensemble du Pacifique, sur les côtes d’Hawaï et du Japon. Le bilan humain est considérable. Il ôte la vie à 5 700 personnes au Chili, jette deux millions de personnes à la rue, produit 61 morts à Hawaï et 130 au Japon.

    Le tsunami parcourt l’océan Pacifique. Il atteint en seulement 15 heures, Hilo à Hawaii situé à plus de 10 000 kilomètres de l’épicentre. Il crée de considérables dégâts avec des vagues de dix à douze mètres.

    Le 24 mai 1960, soit juste deux jours après le tremblement de terre de Valdivia, le volcan Cordón Caulle entre en éruption après 26 ans d’inactivité. En un peu plus de dix semaines, 200 millions de mètres cubes de lave sont émis sous forme de coulées de lave. Mais également 60 millions de mètres cubes de téphras sont éjectés dans l’atmosphère.

    L’île de Chiloé, dans le sud du Chili, après le passage meurtrier du tsunami provoqué par le séisme du 22 mai 1960, le plus puissant jamais enregistré, d’une magnitude de 9,5. (Crédits : NOAA/NGDC)

    Un demi-siècle plus tard, du 26 au 29 avril 2011, une activité sismique est détectée sous les volcans Puyehue et Cordón Caulle. Un second épisode sismique se produit sur 24 heures, du 2 juin à 20 h au 3 juin même heure. Au total, 1 450 secousses sont enregistrées, soit une moyenne d’une par minute.

    Les plus gros séismes enregistrés

    Si tous ne sont pas des monstres telluriques, les secousses et dommages sont considérables. Cela fait bientôt 20 ans que le séisme et tsunami dans l’océan Indien marquent les esprits au lendemain de Noël 2004. Le séisme enregistré à 9,3 produit entre 250 000 et 300 000 victimes, soit la population de la ville de Montpellier. Le 1er septembre 1923 à 11 h 58, le Grand tremblement de terre du Kantô a dévasté Tokyo et Yokohama. Ce séisme marque l’histoire du Japon, de magnitude de 8,1 il détruit tout sur son passage.

    En 1964, le 27 mars un séisme de magnitude 9,2 frappe la région d’Anchorage en Alaska, à 17 h 36. Il fait 131 victimes. Le tsunami touche la Californie et emporte 14 personnes. Le 11 mars 2011 à 14 h 46, celui connu sous le « Grand tremblement de terre au Japon » ne dure que six minutes. Le tsunami engendré cause la catastrophe nucléaire de Fukushima. Toujours au Japon, le 2 décembre 1611, le séisme de Sanriku affiche une estimation de magnitude de 8,9.

    Le 4 novembre 1952 à 4 h 58, un séisme de magnitude 9,0 dévaste la péninsule du Kamchatka, en Russie. Ce qui engendre un tsunami provoquant la mort de milliers de personnes. La ville japonaise de Suzu (en photo), le 2 janvier 2024 après avoir été frappée par un séisme de magnitude 7,6. (Crédits : STR/AFP)

    Le 2 avril 1762 à Chittagong est estimé un tremblement de terre de 8,8. À Sumatra, le 25 novembre 1833, l’estimation oscille entre 8,8 et 9,2. L’un des derniers séismes enregistrés est celui de magnitude 5.3, de profondeur de 73,2 km à Mii’kovo, dans la région de Kanchatka en Russie. En France, un tremblement de terre de magnitude 1,5, proche de La Baule-Escoublac s’est produit le 28 octobre 2024 à 2 h 18.

  • À la conquête des sommets argentins (Épis. 38/46)

    À la conquête des sommets argentins (Épis. 38/46)

    Sur les conseils d’un botaniste, le duo prend la direction de Cerro Challhuaco. Une ascension de plus de deux mille mètres. Depuis tant de temps, Flavien procède à l’un, voire le dernier pliage de tente du voyage sur le continent sud-américain. Il transporte avec lui un souvenir sur sa peau. Les coups de soleil s’affichent sur ses mollets, et lui rappellent sans cesse de se protéger de l’astre solaire. Mais le confort de posséder un véhicule de location fait vite oublier l’essentiel dans le coffre de la voiture, mais pas les anecdotes engrangées durant ce périple.

    Un botaniste a récemment vu fleurir une plante rare. « Nous nous dirigeons vers le Cerro Challhuaco à 2131 m exactement. » Sauf que pour s’y rendre, il faut emprunter une piste avec le véhicule. Parfois, il ne peut passer. Le duo s’arme alors de courage pour affronter un long dénivelé, heureusement ils sont habitués. Cette pente est particulièrement compliquée sans 4×4. « Les voitures non équipées ne sont pas censées y aller. Comment voulez-vous, il vous mette ça sur le chemin quand vous avez déjà fait la moitié de la piste », râle Flavien en bon Français.

    Une rencontre au sommet

    Arrivés à 1300 m grâce à la voiture, ils ne leur restent plus que 800 m à gravir. « L’ascension, dont la forêt laisse très vite place aux éboulis, est très intéressante botanique parlant », raconte Flavien. La température est idéale également. Mais pas de short aujourd’hui encore, le soleil tape toujours aussi fort, et ses mollets souffrent toujours des coups de soleil. Aux alentours des 1950 mètres d’altitude, la rencontre s’effectue avec Chaetanthera villosa. « La fameuse espèce que nous sommes, enfin que je suis, venu chercher, rectifie Flavien. Ravis nous montons au sommet où il reste une fleur à découvrir : Oxalis erythrosora ! »

    « Là-haut le paysage ne peut être plus minéral. Les conditions doivent être ardues l’hiver venu, quand on observe le peu d’espèces qui poussent à cette altitude », comment l’aventurier.

    À 15 h, ils entament la descente. « Nous voulons être au Chili ce soir. Il faut passer par les douanes qui se situent à trois petites heures de route. » Le plein de carburant réalisé, ils filent à bonne allure. La vue du ruban noir est longue et monotone, ponctuée heureusement par d’agréables paysages. Le poste-frontière argentin vite expédié, le convoi effectue les 40 minutes pour relier le second. « Toutes les forêts qui les séparent semblent mortes. Aujourd’hui encore, je n’ai pas trouvé d’explication », explique Flavien. Peu avant 20 h, ils arrivent à la douane chilienne. Heureusement pour eux, car après cette heure, ils dormaient sur place jusqu’au lendemain matin. (Crédits : Flavien Saboureau)

    La nuit est tombée quand la fouille de la voiture commence. Peu de personnes suivent le duo, si bien qu’à bientôt 22 h, la quête d’un spot pour passer la nuit s’avère périlleuse. « Je monte ma tente pour ce qui est sûrement la dernière fois de ce voyage, quand deux renards nous rendent visitent. » C’est grâce à leurs prunelles ardentes qu’ils sont repérés par Flavien et David. La journée se finit par la dégustation des deux ultimes paquets lyophilisés présents dans le sac du baroudeur.

    Un dernier pliage de tente

    Le réveil est agréable, la température est douce, pas de trace des renards autour de la tente. « Je déjeune rapidement et je plie ma tente pour la dernière fois du voyage, enfin normalement. » L’objectif est le volcan du Puyehue à 2250 m. Cela passe par le sentier y conduisant, avec une petite surprise à l’entrée. « Après deux minutes, nous sommes au commencement du sentier, mais le propriétaire du terrain nous demande 10 € par personne… Nous pensions que c’était dans le Parc national et donc gratuit, mais il faut traverser un terrain privé pour y accéder », grommelle Flavien.

    À peine retournés au Chili, nous craquons déjà… 1900 m de dénivelé positif et plus de 20 km de marche les attendent avant de revenir à la voiture. « C’est la dernière grosse randonnée du voyage, mais ce matin je ne suis pas très motivé. » Comme l’été sur la plage, Flavien s’enduit de crème solaire.

    Les premières centaines de mètres sont dures à avaler. Cerise sur le gâteau, pas une seule nouveauté de faune et de flore. À midi, après deux heures de marche, ils dépassent la cime des arbres en se trouvant approximativement à 1400 m d’altitude. Un Chilien venu pour le même objectif qu’eux se repose auprès d’une cabane.

    « Le soleil tape très fort, ce qui réveille mes coups de soleil des précédents jours. » Le Chilien nous suivra sur la montée, mais semble être véritablement exténué. « Les pourcentages sont impressionnants, parfois supérieurs à 40 % », explique Flavien. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Les gourdes sont désormais vides, l’attente est emplie de suspens pour les remplir. « Notre crainte est fondée. La fonte des névés passe sous le substrat volcanique, peu ou pas de ruisseaux sur ses pentes. Nous les laissons de nombreuses minutes sous les gouttes pour pouvoir les remplir. »

    Deux pas en avant, un en arrière

    « Dans les scories la marche est épuisante. Nous avançons de deux pas et reculons d’un. » Les pourcentages ne faiblissent pas jusqu’au sommet. Les plantes vasculaires se réduisent à deux espèces de Nassauvia à cette altitude. Ce parcours, des Français rencontrés à Puerto Williams, lui ont fortement recommandé. Avant d’atteindre la crête la déception, comme les coups de soleil ne quittent pas Flavien… jusqu’au sommet où il change littéralement d’avis.

    La vue panoramique sur les autres volcans est incroyable. « La caldeira enneigée de 2 km de diamètre que le sommet surplombe m’impressionne le plus. » Bien plus encore que le volcan de la Réunion ajoute Flavien.

    Les conditions à cette altitude sont très agréables, mais la sensation sur la peau des UV indique leurs puissances. Les empanadas acquises hier à la douane se dégustent sur place. Puis vingt minutes s’égrainent quand « nous redescendons le soleil dans le dos ».

    Chaussures hermétiquement fermées au maximum, afin d’éviter qu’elles se remplissent de scories. « Les genoux bloqués, nous nous laissons emporter par le glissement du substrat. Je n’ai pas pensé à prendre mes guêtres restées dans le coffre, dommage. »

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Il suffit de trois quarts d’heure, contre les deux heures d’ascension, pour rejoindre la cabane où ils profitent une grande interruption. Après une pause bien méritée, la descente s’effectue de plus belle. « Nous poursuivons la descente dans la forêt, là encore au pas de course, car les pentes sont si fortes que les appuis de marche nous font glisser et chuter. »

    La descente technique est tout aussi physique que la montée, même plus. Ils affichent un plaisir non dissimulé lorsqu’ils retrouvent la voiture à 17 h. Après s’être abreuvé et restauré « nous prenons maintenant la direction de Puerto Varas, visitée il y a un peu moins d’une semaine, à quelques kilomètres de Puerto Montt où nous devons rendre la voiture demain. »

    Sur la route, le duo procède à un arrêt nécessaire pour deux raisons. La première pour trouver du réseau pour tenter de réserver une auberge.

    « Nous nous renseignons trop tard. Comme d’habitude ai-je envie de dire, plus une seule petite place. »

    La seconde est pour déguster une glace. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Après moult discussions, et deux heures de route, pleine de travaux, « nous arrivons à Puerto Montt. » L’hôtel précédent est tout aussi complet. Un établissement les loge à quelques encablures. « Il n’est pas très accueillant, mais nous voulons simplement dormir. Avant, nous irons manger un excellent burger au coin de la rue. La seule bonne surprise de la soirée », raconte Flavien désabusé. Sur le retour, ils réservent les billets de bus du lendemain. À suivre…

  • Entre nature sauvage et plaisirs gourmands (Épis. 37/46)

    Entre nature sauvage et plaisirs gourmands (Épis. 37/46)

    Ce vendredi 16 février 2024, c’est le 88e jour du périple sud-américain de Flavien. La connaissance acquise par l’aventurier du bout du monde ne cesse de grandir. Pourtant, un sage dit que l’expérience des autres est comme un peigne pour un chauve, elle ne sert à rien. Le changement de latitude, même de quelques poussières, modifie la météo. Entre le frais de la Patagonie à Valdivia et ici en Argentine, le soleil fait une apparition brûlante. Il peut être douloureux pour un randonneur qui ressent l’astre dans son dos.

    La température chute durant la nuit, la fraîcheur est bien présente ce matin encore. Lorsque l’air est froid et sec, un phénomène naît. Un brouillard d’évaporation peut parfois être observé à la surface des lacs, on dit alors que le lac « fume ». « Ce matin il fait bien frais, le lac est fumant », constate Flavien lorsque David le rejoint. Il vient de marcher une heure vers un petit lac adjacent. Il faisait trop froid pour qu’il continue de dormir à l’intérieur de la voiture, explique-t-il. « On prend tranquillement le petit déjeuner sur la plage du lac sans se douter de ce qui nous attend », ponctue Flavien.

    Un dessert volcanique

    Tandis que le duo roule serein en direction de la douane, un bouchon se dessine peu à peu. « C’est donc pour ça que les voitures roulaient très tôt ce matin, chacun voulait éviter le bouchon », saisit-il. Ils patientent plus d’une heure avant d’atteindre le premier poste-frontière, heureusement que la vue sur le Lanin et les Araucarias est agréable, pense à voix haute l’aventurier. Après de nombreuses heures d’attente, « nous arrivons en Argentine. Nous avons la désagréable surprise de rouler sur une piste caillouteuse durant plus de 45 km… » Après avoir retrouvé le ruban noir, le duo se dirige vers Saint Martin de Los Andes.

    « Nous sommes surpris par cette ville qui, bien que touristique, semble agréable à vivre. La plupart des bâtiments sont du style d’un chalet suisse. C’est l’une des premières villes où nous avons le sentiment qu’un PLU est en place… »

    Avides de randonnées et de découvertes, la culture gastronomique fait partie de leurs plaisirs. « Une pizzeria nous étonne par son très très bon dessert », explique Flavien la bouche pleine. Il faut dire que ce volcan au chocolat coulant avec sa boule de glace se déguste sans fin. La digestion s’effectue sur la plage de bord de lac qui semble être la principale attraction de la ville. « Le vent y est fort, les frêles embarcations ne sont pas maîtres de leur destin. » C’est à Saint Martin de Los Andes que débute le circuit « Sieste Lagos ». Elle rejoint San Carlos de Bariloche, destination du jour. (Crédits : Flavien Saboureau)

    De magnifiques paysages les accompagnent, mais la route nationale 40 est indubitablement fréquentée, car mythique. « Avant Bariloche, surnommée la Suisse Argentine grâce à son chocolat, nous nous arrêtons à Villa Angostura pour observer l’énorme lac Nahuel Huapi. » Arrivé, le duo visite trois auberges avant d’enfin trouver de la place.

    Quand te reverrai-je, pays merveilleux…

    Après un excellent moment au restaurant hier soir, ils remplissent leurs sacs de vivres dans une supérette de bord de route. Partis de bon matin vers un objectif fameux : le massif du Cerro Catedral. « C’est un spot bien connu des botanistes locaux pour ses nombreuses espèces alto-andines, raconte Flavien. Par contre, il se peut que ce soit tard pour la plupart d’entre elles. »

    La renommée argentine de San Carlos de Bariloche est en partie due à sa station de ski. Comme l’est le passage du film des « Les Bronzés font du Ski » de Patrice Leconte, où le regretté Michel Blanc entonne « Quand te reverrai-je, pays merveilleux ? »

    Cette station de ski possède l’énorme avantage d’un parking situé à 1100 m d’altitude, amenant à 2000 m. Le téléphérique facilite la tâche, mais les 27 000 pesos demandés dissuadent très vite Flavien et David. « Tant pis, on va se taper 900 m de dénivelé positif en montant par les pistes. Nous serons les seuls, ce qui ne nous étonne pas trop… »

    Loin d’être agréable, l’ascension au milieu de montagnes défoncées, à l’avantage d’être très rapide. Sur les ravins qui bordent les pistes, les Alstroemeria fleuris tapissent d’impressionnantes zones orangées.

    « Dès 1700 m d’altitude, la flore devient très intéressante… Je n’avance plus… », claque Flavien. David quant à lui, prend les devants. Il possède désormais un œil aiguisé, et repère des espèces sympas.

    Le duo avance jusqu’à 2000 m d’altitude, « c’est là que je repère quelques Ranunculus semiverticillatus, en fruits malheureusement, une des alto-andines les plus emblématiques. »

    (Crédits : Flavien Saboureau/Lys des Incas)

    « Je rejoins David dans les éboulis à 2100 m. Il indique en avoir vu en fleurs. Je lui promets alors une bière s’ils les retrouvent dans les énormes éboulis, et il réussira. Incroyable cette plante ! » La chance de découvrir ces quelques individus au pied d’un névé est due à un retard en rapport à l’ensemble.

    J’ai attrapé un coup de soleil…

    L’ascension effectuée sans se préoccuper du soleil est souvent radicale. Ils continuent le chemin sur un sentier escarpé. « Nous prenons notre repas à l’abri du soleil qui tape très très fort. D’ailleurs, mes mollets qui n’étaient plus habitués à voir le soleil me le font entendre… Le mal est fait, il est trop tard pour mettre de la crème solaire. » Je me balade toute l’après-midi avec mon pull accroché sur le mollet, j’ai l’air malin, s’amuse Flavien de la situation.

    Les Viola sacculus fanés sont légion. Le but du duo, trouver un spécimen en fleur, « c’est loin d’être gagné ».

    En milieu d’après-midi, alors que les condors tournent au-dessus de nos têtes, un névé nous attire. On a eu le nez fin ! « Un seul et unique individu est en pleine fleur, le pied ! »

    Remotivés, ils reprennent leur chemin. Ils contournent un lac, descendent dans une sorte de cirque glaciaire où l’on devine un refuge typiquement Européen en fond de vallée. « Comme l’impression d’être dans les Pyrénées. » Arrivés au refuge il y a un monde fou. Ne s’arrêtant qu’un instant, ils empruntent une longue, très longue descente. Elle offre peu de découvertes, si ce n’est les, toujours aussi incroyables, sous-bois d’Alstroemeria aurea. (Crédits : Flavien Saboureau)

    L’arrivée à la voiture se coordonne à la tombée du soleil derrière les montagnes. Un en-cas avalé, ils filent vers un moment de bien-être mérité. « Poussiéreux, on prendra douche qui pour ma part est piquante », souffre Flavien. Le ventre cri famine. Alors, Flavien et David descendent en ville pour se faire cette fameuse fondue dont ils parlent depuis des semaines ! « Elle tombe à pic après une telle journée. » Entre deux coups de fourchette, ils discutent, mais n’arrive pas à se décider pour le futur proche. « On verra ça demain », claque Flavien. À suivre…

  • La nature chilienne, de Chiloé à Valdivia (Épis. 36/46)

    La nature chilienne, de Chiloé à Valdivia (Épis. 36/46)

    Un lever en synchronicité avec le soleil. Rien de tel pour commencer une journée. Ce qui rend la situation encore plus magnifique est l’éveil de la nature, sachant qu’il a fait très froid cette nuit de la Saint-Valentin. La brume s’évapore de la rivière et renvoie les rayons du soleil. La simplicité des levers de soleil est un spectacle grandiose à qui sait les apprécier. Habitué à bourlinguer depuis plusieurs mois, dans divers endroits du monde, Flavien s’émerveille toujours.

    « Bien que le cadre ne soit pas incroyable, c’est sans aucun doute le plus beau lever de soleil de mon voyage, du moins jusqu’à présent. » Après un petit déjeuner très sommaire à base de céréales, Flavien et David prennent la route en direction de Valdivia. Si la destination est validée de par chacun, le détail qui procure l’envie diffère. « David aimerait y visiter le marché et moi un parc public connu pour ses plantes sauvages habituellement rares. »

    Une destination, deux souhaits

    La ville n’est pas la plus belle de toutes, mais elle a son charme, explique Flavien. Elle a surtout était reconstruite après l’énorme séisme qu’elle a subi le 22 mai 1960, et ce n’est pas peu dire. Il le plus grand tremblement de terre enregistré avec 9,5 sur l’échelle de Richter, un « monstre tellurique ». Le duo se dirige vers le fameux parc urbain où Flavien trouve assez facilement deux belles : Viola rubella et Lapageria rosea. La dernière est la plante phare et emblématique du Chili.

    Juste avant le repas, ils dévorent de l’asphalte. L’équipage prend la route de la région des volcans, plus particulièrement jusqu’à la ville de Pucón, au pied du Volcan et du lac de Villarica. Quelques impressions obligatoires pour la traversée de la frontière, avant de monter dans la voiture. L’ascension effectuée, il se positionner à quelques encablures du Villarica, l’un des plus actifs du Chili.

    En guise d’accueil, une grande fumerolle visible à des dizaines de kilomètres. « Nous avons pensé à le gravir, mais il est en alerte rouge, interdiction de progresser au-dessus de 2300 m. » La voiture garée sur le parking de la station de ski, « on grimpe jusqu’à 2000 m dans les scories à la recherche, infructueuse, d’une Viola cotyledon en fleur, les milliers d’individus observés étant fanés », se désole le naturaliste. La descente s’effectue en courant dans ces restes volcaniques. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « Je ne réussis pas à trouver un spot où installer ma tente. » L’idée germe de dormir à la belle étoile sous l’appentis de la station de ski. « J’attends, patiemment le départ du garde et des aficionados des aurores vespérales, pour gonfler mon matelas et dérouler le sac de couchage. » La voûte étoilée offre une occasion unique de faire des poses longues, d’autant que le volcan échappe des jets de laves. « De nuit, le spectacle est incroyable, j’ai hâte de regarder mes photos. »

    Une passagère clandestine, ou presque

    L’aube offre des premiers rayons dorés, ce qui éveille Flavien. Il range son campement improvisé, avant un petit déjeuner mérité. « Départ pour le sanctuaire de Cani, à un peu moins d’une heure de route du Volcan. Dans la descente, un garde du parc national nous arrête, on se demande ce qu’il nous veut. » Est-ce à cause de son bivouac ? « Une employée doit se rendre dans la vallée, il lui fait signe de monter dans la voiture. Un genre de stop imposé, étonnant », s’amuse Flavien en le racontant.

    Cerise sur le gâteau, elle leur donnera pléthores d’informations sur les « randos » du coin.

    Arrivés au sanctuaire, ils s’acquittent de 5 000 pesos, puis grimpent 1 000 m de dénivelé avant de toucher au « Graal » paysager. « La pente est très raide et poussiéreuse. La descente risque d’être longue, elle aussi », acte Flavien. Après avoir traversé des forêts centenaires de Nothofagus, où ils observent leurs premiers pics de Magellan, ils parviennent à la première lagune.

    C’est à partir de cet endroit que les premières forêts d’Araucaria apparaissent. « J’en rêve depuis mes débuts en botanique. C’était la dernière chose que je voulais absolument observer avant mon départ du continent sud-américain », s’exclame l’aventurier. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Dans sa lancée, le duo continue de grimper, mais pour quel objectif ? Le mirador del Cañi situé à 1 550 m d’altitude. « Là-haut la vue est incroyable. Déjà pour y monter il faut traverser des forêts d’Araucaria monospécifiques dont certains d’entre eux sont sûrement millénaires », commente-t-il.

    Que dis-je ! C’est un Pic… de Magellan

    Puis au sommet le panorama sur le triptyque volcanique, avec le Lanin, le Quetrupillan et le Villarica, saupoudré de quelques Araucarias au premier plan, est à couper le souffle. Puis, Dame nature semble jouée avec l’émerveillement, presque enfantin du jeune homme. « Pour sublimer le tout, deux condors ponctuent le tableau. » Subjugués par le silencieux berceau des murmures du monde, Flavien et David restent tout un moment à contempler les crêtes dignes du jurassique.

    Flavien continue d’être enchanté. « Durant la redescente on aperçoit de nombreux pics de Magellan. Celui-là même que je veux tant observer depuis le début du voyage. » Le retour à des hauteurs plus clémentes emprunte une boucle du sentier typique. Elle serpente entre lacs et désespoirs des singes.

    L’araucaria du Chili, ou piñonero est surnommé le « désespoir des singes », la raison en est simple. Les singes, ainsi que les autres animaux, se heurtent à la grande difficulté de se nourrir de ses graines. Les piñones (pignons) de l’araucaria sont entourés d’une coque épaisse et dure, qui nécessite un outil puissant pour être cassée. Il en va de sa survie.

    La raison est que les premières fructifications se produisent, en moyenne vers l’âge de Flavien. Elles sont abondantes à partir de la quarantaine. De plus les graines possèdent un pouvoir germinatif assez faible, de trois à quatre mois. Ils préservent ainsi toutes ses chances de perdurer. D’ailleurs, le ministère de l’environnement chilien explique dans un article de 2017 que son plus vieil araucaria a 1 021 ans.

    « C’est dans ces lacs que je suis heureux de trouver un isoète, ces fameuses fougères aquatiques ancestrales. » Mieux que « Retour vers le futur », c’est un réel retour quelques millions d’années en arrière, précise Flavien. « L’une des plus belles randonnées que j’ai faites. » Deux heures entières à descendre les 1 200 m de dénivelé les séparant du parking où ils sont tout heureux de retrouver quelques victuailles.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Ils taillent le ruban noir en direction la frontière argentine, avec deux petites pauses. La première pour acheter quelques empanadas, la seconde pour photographier quelques Mutisia qui grimpent dans les arbres de bord de route. À quelques kilomètres de la frontière, à 1200 m d’altitude, ils tombent sur un lac. C’est le lieu idéal pour passer la nuit. « Après la journée que l’on vient de vivre, on saute dans le lac qui, loin d’être chaud, est quand même agréable. Il fait presque nuit, il faut encore manger et monter la tente. Je trouve un spot parfait pour dormir, sous des Araucarias, avec vu sur le Lanin ! Une très belle journée qui se termine », conclut l’aventurier du bout du monde. À suivre…

  • Une fuite de données gigantesque

    Une fuite de données gigantesque

    Les fuites de données sont désormais légion. De France Travail à Boulanger, en passant par Cultura, vos, nos, mes données se retrouvent sur la toile dans de mauvaises mains. Une fois compilé, l’ensemble des informations permet de faire tout ou presque. Connue sous le nom de « vip-v3 », elle renferme 95 millions de données compromises de citoyens français. Outre-Atlantique une enquête est en cours sur le vol de données personnelles de 77 099 clients du groupe américain Fidelity Investments.

    En plein milieu du mois d’août 2024, Fidelity Investments, société américaine spécialisée dans la gestion d’actifs pour le compte de tiers, se retrouve dans le collimateur de cybercriminels. Leurs données ont été compromises, l’ensemble des portefeuilles représente une somme supérieure à 4 fois la dette publique de la France : 14 000 milliards de dollars d’actif.

    Une fuite au pays de l’Oncle Sam

    Un attaquant créée deux faux profils pour s’introduire. Selon le bureau du Procureur du Maine (Maine Attorney General), l’incident se serait déroulé entre le 17 et le 19 août 2024. Le rapport des violations est éloquent.

    La multinationale emploie plus de 75 000 personnes dans 11 pays d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Asie et d’Australie. La firme est l’un des plus grands gestionnaires d’actifs au monde, avec 14,1 milliards d’actifs sous administration et 5,5 milliards de dollars sous gestion.

    « Nous avons détecté cette activité le 19 août et nous avons immédiatement pris des mesures pour mettre fin à l’accès. Une enquête a été rapidement lancée avec l’aide d’experts externes en matière de sécurité », déclare Fidelity dans le courrier1 adressé aux personnes concernées. (Crédits : capture d’écran/Maine.Gov)

    La société déclare que « les noms, les numéros de sécurité sociale et les informations sur les permis de conduire étaient compromis », relate TechCrunch, mais les comptes clients ou les fonds de Fidelity ne seraient pas en danger. En mars, cette société faisait, déjà la douloureuse expérience de subir une violation des données de 28 000 clients2 détenant des assurances vie. Tout juste la moitié de personnes touchées par la cyberattaque du mois de mars 2024 contre l’établissement Bank of America.

    95 millions de données de citoyens français

    Ce qui devait arriver arriva ! À force de voir ici et là des fuites de données, un opérateur inconnu stocke des informations personnelles provenant de différentes violations de données françaises et les compile dans une base de données au nom évocateur « vip-v3 ».

    « L’équipe de recherche de Cybernews, avec Bob Dyachenko, chercheur en cybersécurité et propriétaire du site WEB SecurityDiscovery [.] com, a découvert un serveur Elasticsearch ouvert contenant un trésor pour les cybercriminels », relate le site éponyme3 le 27 septembre 2024.

    Le dossier en question contenait 95 350 331 documents provenant d’au moins 17 violations de données. Sa taille totale est de 30,1 Go. Le nombre d’habitants en France, selon l’INSEE au 1er janvier 2024, de 68 373 433 personnes.

    Les noms de fichiers avec l’extension « .txt » sont plus ou moins explicites quant à la possible origine des fuites : Lyca scrappe, Pandabuy-Email, darty.com, discorde 1-2024, dvm, electro-depot.fr, db-vandb, Snapchat SQL, frsfr, go-sport.com-export, intersport-scrapped.fr, ldlc, corsegsm.com, pinterest, minecraft.fr-forum, sfr.fr, shadow.tech.

    (Crédits : Capture d’écran/Cybernews)

    « Étant donné que la base de données est accessible au public depuis une longue période, il est très probable que d’autres acteurs malveillants ont déjà copié les données et pourraient les utiliser pour des activités criminelles », explique CyberNews. Les conséquences d’une telle base de données sont des attaques de spearphishing de plus en plus personnalisés, des détournements de comptes en ingénierie sociale et bien d’autres.

    Une base de 50 000 dossiers de l’opérateur RED de SFR

    « Cher client, le 3 septembre dernier, SFR a détecté un incident de sécurité portant sur un outil de gestion de commandes de ses clients. Cet incident a entraîné un accès externe non autorisé à des données personnelles vous concernant », explique l’opérateur à ses clients.

    Les particuliers comme professionnels sont touchés. « Un groupe de hackers/cybercriminels/jeunes débutants dans la cybercriminalité française a publié l’équivalent de 900 Mo de données de l’opérateur SFR », écrit SaxX.

    Les données concernées sont : prénom, nom, coordonnées renseignées au moment de la commande (numéro de téléphone, adresse électronique et postale, adresse de livraison le cas échéant), données contractuelles (offre souscrite, contenu de la commande), IBAN, ainsi que le numéro d’identification du terminal et de la carte SIM (pour les commandes de terminal mobile). SaxX relate sur le réseau X qu’« ils ont l’air vraiment très jeunes et ne sont pas encore rompus au code la cybercriminalité. » Il se questionne sur la compromission de techniciens chez l’opérateur ou encore de stealers.

    La société évolue, le monde cybercriminel aussi.

    (Crédits : capture d’écran/SaxX/X)

    L’hygiène numérique se doit d’être une norme. « Les jeunes générations sont particulièrement vulnérables : 52 % des membres de la génération Z et 46 % des milléniaux ont déclaré avoir subi des pertes à la suite d’escroqueries en ligne », écrit ITSocial. La cyberattaque du ransomware, RansomHouse sur l’université Paris Saclay est un possible exemple. Une piqûre de rappel avec les conseils aux usagers, et en cas de doute, un tour du côté de l’ANSSI pour lire un document fort intéressant : le guide d’hygiène informatique.

    1. https://www.maine.gov/cgi-bin/agviewerad/ret?loc=1360 ↩︎
    2. https://www.securityweek.com/fidelity-investments-notifying-28000-people-of-data-breach/ ↩︎
    3. https://cybernews.com/security/french-records-exposed-by-mysterious-data-hoarder/ ↩︎
  • La RDA est née un 7 octobre

    La RDA est née un 7 octobre

    Il y a tout juste 75 ans naissait la République Démocratique Allemande (RDA). Elle est située dans la zone d’occupation soviétique, et est la réponse au bloc soviétique de la fondation de la République Fédérale Allemande (RFA) quelques mois plus tôt. La capitulation sans condition de l’Allemagne nazie scinde le Pays des Poètes et des Penseurs en quatre zones. Des tractations entre pays se déroulent. L’entente cordiale ne dure qu’un temps. Les différences perspectives conduisent l’Allemagne à se découper en deux États.

    Les tensions sont nombreuses après la Seconde Guerre mondiale. Les Soviétiques ne se laissent pas intimider. Ils provoquent le blocus de Berlin, en juin 1948. Celui-ci coupe les relations terrestres et fluviales avec la trizone. Le blocus est levé moins d’un an après. En mai 1949, le pont aérien des États-Unis pour ravitailler la ville en engendre la chute. Mais la partition de l’Allemagne est inévitable.

    L’Allemagne scindée en deux

    À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, les avis sont unanimes : tous les Allemands sont coupables. La défaite de l’Allemagne nazie en mai 1945 divise le pays en quatre zones d’occupations. Elles sont contrôlées respectivement par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, et l’Union soviétique, la capitale Berlin, subit le même sort. Sauf qu’elle se trouve dans la zone soviétique. Le communiqué final de la Conférence de Postdam, le 2 août 1945 se découvre un mois avant la reddition du Japon. À la table des décideurs : Joseph Staline, Harry Truman et Clément Attlee.

    L’article XIII est sans équivoque : « Les trois gouvernements, après avoir examiné la question sous tous ses aspects, reconnaissent qu’il y aura lieu de procéder au transfert en Allemagne des populations allemandes restant en Pologne, en Tchécoslovaquie et en Hongrie […] ils estiment que le conseil de contrôle doit d’abord étudier le problème en tenant compte particulièrement de la répartition équitable de ces Allemands entre les différentes zones d’occupation. […] »

    Entre 1945 et 1949, environ quatorze millions d’Allemands sont expulsés des pays d’Europe centrale et orientale, dont la plupart sont natifs, pour être déportés en Allemagne. Étant partis le plus souvent qu’avec ce qu’ils portent. La réalité de ces expulsions, dont le livre de Keith Lowe L’Europe barbare : 1945-1950 recense de nombreux témoignages, était d’une immense brutalité, relate Sophia Berrada. (Crédits : Tribune de Genève)

    « Plus de 600 000 Allemands ont trouvé la mort lors de cet exode : de faim, de froid, de maladie, violés ou abattus par des soldats soviétiques, des partisans ou des civils ». Ceux qui arrivent dans un pays inconnu sont dépourvus, le plus souvent, de moyen de subsistance et de logement. C’est un facteur d’accentuation de la crise socio-économique qui perdure jusque vers 1948-1949.

    Une Allemagne, deux États

    Les positions effectives des troupes d’occupations sont en accord avec le protocole de Londres, du 12 septembre 1944. À l’article premier, il est indiqué que : « L’Allemagne, à l’intérieur de ses frontières telles que celles-ci existaient au 31 décembre 1937, sera divisée pour les besoins de l’occupation en trois zones, une de ces zones étant attribuées à chacune des trois Puissances, et en une zone spéciale pour Berlin qui sera occupée conjointement par les trois Puissances. »

    À la conférence de Yalta, le triptyque conçoit à ce que la France participe à l’occupation. « À la condition cependant que la zone française soit prélevée sur les zones occidentales et non sur le territoire destiné à l’occupation soviétique », écrit Horst Möller (Les changements de la politique d’occupation en Allemagne de 1945 à 1949, de Horst Möller. Pages 85 à 99).

    Lors de la Conférence de Potsdam en 1945, il est décidé à préserver l’unité économique de l’Allemagne. Les conditions de vie en Allemagne étant misérables, les États-Unis ont proposé une administration économique centrale. L’Union soviétique et la France ont rejeté ce plan. Durant une conférence, États-Unis et Grande-Bretagne en septembre 1946 s’accordent sur la décision préliminaire de création d’une « bizone ». Très rapidement, des divergences apparaissent. C’est également dans le but d’endiguer la poussée communiste, que les zones américaines et britanniques fusionnent. Elle jette à long terme les bases de la RFA.

    (Crédits : Zones d’occupations en 1946/GlobalSecurity)

    La France se joint au duo ainsi créé pour former la « trizone » en mars 1948. Ainsi les pays de l’Ouest soutiennent une certaine idée de reconstruction sous un régime démocratique. L’URSS, quant à elle envisage un État communiste sous son contrôle. La réforme monétaire favorise la division de l’Est et de l’Ouest. La division finale s’opère en 1949. La trizone devient la République fédérale d’Allemagne (RFA), en septembre. À l’est se constitue la République démocratique d’Allemagne (RDA), le 7 octobre 1949.

    De la réparation à l’industrialisation

    Le pacte de « Varsovie » (en russe : Организация Варшавского договора) est conclu le 14 mai 1955. C’est un traité à but économique, politique et militaire, conçu par Nikita Khrouchtchev. Son but est, dans le cadre de la guerre froide de proposer un contrepoids à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Par la suite, la RDA est proclamée État indépendant par le traité du 20 septembre 1955.

    Des réformes apparaissent : nationalisation des industries, collectivisation des terres agricoles, centralisation de l’économie et un contrôle strict de l’appareil d’État par le parti socialiste unifié (SED). La doctrine de « démocratie populaire » prônée par les autorités soviétiques devient la norme. Un parti politique unique, où toute opposition est réprimée par la Stasi.

    « En 1950, 75 % de la production industrielle était passée sous le contrôle de l’état. » Concernant l’agriculture, elle est totalement collectivisée. Elle compte 19 000 coopératives d’une superficie moyenne de 280 hectares. L’avènement des années 60 et 70 rebat les cartes, une certaine « capitalisation » dans un monde communiste.

    (Crédits : l’Humanité/BnF/Gallica)

    Les mesures économiques de chaque plan proposé sont un échec. Le gouvernement s’en tient donc à une gestion centralisée. Tout comme l’industrialisation dans les années 80. Les principales industries sont regroupées en combinats. Une vision du futur pour l’évolution technologique.

    Le mur et la réunification

    Une enceinte fortification s’érige dans la nuit du 12 au 13 août 1961. Les autorités de la RDA séparent leur zone des zones sous occupation américaine, anglaise et française, à Berlin. Des policiers et des ouvriers sont à l’œuvre. Ils dépavent les accès routiers de la zone appelée Berlin-Est et Berlin-Ouest. Des barbelés sont tendus, des fossés creusés, le mur se construit peu à peu.

    Dans les jours qui suivent, les autorités est-allemandes parachèvent la construction. Tout ensemble urbain se trouvant sur la ligne de démarcation doit être isolé. Les liaisons ferrées sont coupées, les fenêtres et les portes sont murées, comme la parole.

    En effet, les autorités freinent l’exode vers l’ouest. Depuis 1949, trois millions de personnes sont passées de l’autre côté. L’histoire estime que 5000 personnes sont passées durant ces 28 ans, mais au moins 1000 ont été tuées en fuyant la RDA ou décédèrent à la suite d’accidents ou de suicides en tentant de le faire.

    Les caractéristiques sont dantesques. La longueur de la ceinture autour de Berlin-Ouest : 155 km. Sur lesquels se disposaient 302 tours de contrôle, 259 unités de chien de garde, 93 miradors, 20 bunkers. Le mur mesurait 3,6 m de haut, 1,2 de large et une profondeurs au sol de 2,1 m. (Crédits : Thierry Noir, Bethaniendamm à Berlin-Kreuzberg, 1986/Wikipedia)

    Mur, Allemagne, guerre froide


    Du 13 août 1961 au 9 novembre 1989, le mur a existé, durant 10 315 jours le peuple allemand a été séparé. À l’instar de Nelson Mandela, incarcéré du 5 août 1962 au 11 février 1990, s’inspirant de la pensée Ubuntu, il soutient la réconciliation. En Allemagne, les manifestations du lundi commencent à Leipzig, un certain 4 septembre 1989, jusqu’au jour du 9 novembre. La RFA et la RDA ne font plus qu’une seule et même Allemagne, depuis le traité du 3 octobre 1990, qui est désormais férié. Les traces de ce traumatisme et de la participation sont encore sensibles, 35 ans après la chute du Mur de Berlin.

  • Faune et flore de l’île de Chiloé (Épis. 35/46)

    Faune et flore de l’île de Chiloé (Épis. 35/46)

    D’un jour à l’autre l’aventure est changeante. À deux jours de la Saint-Valentin, Flavien profite d’étaler du Nutella sur une tranche de pain, et plie la tente. Le départ de Queilén est acté. La durée de visite de la Isla Grande de Chiloé se fait au pas de course. David a passé une mauvaise nuit, Flavien prend le volant. Pour rejoindre ce parc privé, le Tepuhueico ils empruntent une piste en gravier de 7 km. Cela semble risqué, mais il paraît que c’est monnaie courante ici. De plus, il faudra payer pour rentrer avec la voiture et s’éviter quelques kilomètres à pied supplémentaires… Cependant, le sentier à peine attaqué que les incroyables forêts valdiviennes nous font oublier ces déboires.

    Les arbres sont impressionnants de par leur taille. Les voyageurs rencontrent Saxegothea conspicua, Weinmannia trichosperma et de Nothofagus. Les plantes grimpantes et les mousses épiphytes rendent l’ensemble très tropical alors que « nous sommes habillés avec un sous-pull… » commente Flavien.

    L’une des attractions du parc hormis les pudus et diverses reinettes de Darwin que le duo n’a pas la chance d’observer, et le boisement à arrayanes (Luma apiculata) d’un âge très respectable. L’autre est une cascade où les fameux Lophosoria quadripinnata et divers Gunnera tinctoria jouent leurs représentations théâtrales.

    Le tandem prend la direction de Castro. « Nous souhaitons y revenir pour voir les maisons sur pilotis, sans être à contre-jour, et aussi pour manger un ceviche, une spécialité d’Amérique du Sud. » La suite du périple est indécise. Après trois jours sans douche, ils choisissent de dormir en auberge à Ancud ce soir.

    Le tourco rougegorge (Scelorchilus rubecula), et son chant tellement ancré au souvenir des forêts valdiviennes. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « Nous avons peu de temps pour nous y rendre », indique Flavien. C’est pourquoi ils visitent les quelques villes sur la route, Dalcahue et Quemchi, sans oublier encore et toujours ces fameuses églises. Au nord se trouvent les paysages agricoles. Ils sont faits de collines semblables à nos panoramas français, tel le limousin. Le trajet en voiture est ponctué d’un magnifique coucher de soleil jusqu’à leur arrivée à l’auberge où nous mangerons des pâtes.

    Retour à Puerto Montt

    Alors qu’il souhaite se diriger dans la région de Valdivia, le loueur de la voiture les contacte. « Nous devons le rejoindre à Puerto Montt. Il a besoin de montrer l’automobile à un inspecteur des douanes argentines pour que l’on puisse aller en Argentine cette semaine. » Pour traverser, ils empruntent à nouveau le ferry. « Le rendez-vous dure, à tout casser trente secondes. »

    Ils profitent d’être de retour à Puerto Montt pour se diriger vers la ville de Puerto Varas à seulement une vingtaine de minutes, sur la route de Valdivia. « C’est une ville bien plus touristique que Puerto Montt et bien plus agréable, en même temps difficile de faire pire que Puerto Montt », stipule Flavien.

    Ils ne lambinent pas, car ils souhaitent visiter le parc National Alerces Costanera, non loin de Valdivia. Ce dernier ferme à 14 h. Il est connu pour abriter le plus vieil arbre d’Amérique du Sud, un alerce (Fitzroya cupressoides), estimé à 3500 ans (en photo). Une pause pique-nique dans la ville de La Unión, avant d’attaquer les 14 km de piste pour rejoindre l’entrée du parc national. Petit, mais énorme détail, le seul moyen de parcourir ce parc est de se plaquer à une visite guidée qui décolle à 14 h… le duo arrive trois minutes après l’heure.

    « Par chance elle est encore présente. Sans avoir réservé, l’accompagnateur nous accepte. Nous voilà partis en direction du vénérable. » Sans comprendre un mot des explications, il indique la fameuse rainette de Darwin, ce qui « nous satisfait grandement ».

    La contemplation est le respect du à son vénérable âge fait que « nous restons tout un moment face à cet impressionnant pépère de plus de 4 m de diamètre, le plus grand arbre vu de ma vie ! »

    Sur le chemin du retour, le guide montre quelques tourbières à sphaignes derrière les bâtiments de l’accueil. « Ils nous donnent des indications pour aller voir le fameux Lepidothamnus fonkii à quelques kilomètres de là. » Il est le plus petit des conifères et le plus austral. « Je le cherche en vain depuis le début du voyage », affirme Flavien. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « Cette découverte me satisfait pleinement », indique Flavien tandis que David observe ses premiers Droseras. Sur la piste du retour, l’aventurier du bout du monde s’arrête à de multiples reprises. Il capture ainsi de nombreuses espèces. Puis, ils se mettent en quête d’un bivouac. Finalement, ils trouvent une sorte de berge au bord de la rivière du coin qui semble le lieu de détente des habitants de La Unión. Le duo en profite pour déguster des bières à défaut de margarita, préalablement refroidies dans le Rio Bueno. À suivre…

  • Coup de filet contre le ransomware Lockbit 3.0

    Coup de filet contre le ransomware Lockbit 3.0

    Une opération conjointe des différentes forces de l’ordre permet de nouvelles arrestations dans le monde du cybercrime. Quatre personnes sont donc détenues. Deux individus le sont sur le sol britannique, un en France et le dernier en Espagne. L’implication de douze pays mène à la capture d’un développeur, un administrateur d’un service d’hébergement (Bullet proof hosting), et deux pour leurs soutiens à l’activité d’un affilié à la franchise. La Guardia Civil met la main sur neuf serveurs de l’infrastructure, mais surtout un membre clé de l’organisation.

    En début d’année, la coopération plaçait hors d’état de nuire 34 serveurs du RAAS (ransomware-as-a-service) LockBit. Actif depuis 2019, il est reconnu comme le rançongiciel le plus nocif et le plus prolifique, juste avant que le ransom Play ne le détrône. Un coup d’arrêt du à l’opération Cronos. C’est le jeu perpétuel du chat et de la souris entre les personnels des forces de l’ordre et les opérateurs du ransomware LockBit 3.0.

    Quatre nouvelles arrestations contre LockBit 3.0

    Comme les poupées russes, l’empilement des affaires conduit irrémédiablement à une fin annoncée, à moins que l’hydre survienne à sa légende. L’opération Cronos continue depuis les premières révélations en début d’année, jusqu’à ce jour du 1er octobre 2024 où des déclarations tonitruantes s’affichent partout. Ce qui est sûr est que les arrestations récentes concernant les ransomware LockBit et Evil Corp marquent une nouvelle étape dans cette lutte contre la cybercriminalité.

    La capture qui revêt une importance notable est effectuée sur le sol espagnol, à Madrid. Un résident de Dubaï de retour de vacances, est accusé d’être l’administrateur du Bullet Proof Hosting, et placé en détention. Les autorités espagnoles confisquent, au passage neuf serveurs qui feraient partie de l’infrastructure critique du ransomware LockBit.

    De l’autre côté des Pyrénées, c’est un développeur présumé qui est arrêté. Outre-Manche deux individus incriminés d’avoir soutenu un affilié au ransomware LockBit sont également détenus.

    D’ailleurs, un grand nombre de sanctions sont, d’ores et déjà émises à l’encontre d’un autre acteur, identifié par la National Crime Agency du Royaume-Uni comme « un affilié prolifique de LockBit et fortement lié à Evil Corp ». Evil Corp est une autre entité cybercriminelle soupçonnée d’être soutenue par le Kremlin et bien connue des autorités internationales.

    « Ces actions font suite à la perturbation massive de l’infrastructure de LockBit en février, ainsi qu’à l’importante série de sanctions et d’actions opérationnelles qui ont eu lieu contre les administrateurs de LockBit en mai et les mois suivants », indique Europol dans son communiqué. (Crédits : mansurtlyakov1/Pixabay)

    L’affilié de LockBit lié à Evil Corp a été identifié comme étant Aleksandr Ryzhenkov AKA « Beverley ». Il est le bras droit connu du dirigeant d’Evil Corp, Maksim Yakubets. « Beverley » est selon la NCA l’auteur de 60 cyberattaques du ransomware LockBit extorquant au passage 100 millions de dollars à minima. En outre, Europol a déclaré que quinze citoyens russes ont été sanctionnés par le Royaume-Uni, six par les États-Unis et deux par l’Australie — tous pour leur implication dans les activités criminelles d’Evil Corp. Par ailleurs, mardi 2 mai 2024, le ministère américain de la Justice a également dévoilé un acte d’accusation incriminant Ryzhenkov dans le cadre des attaques contre BitPaymer.

    L’opération « Cronos » à l’épreuve du temps

    Le leader du ransomware LockBit est identifié par l’acte d’accusation du ministère de la Justice américaine et la NCA : Dmitry Yuryevich Khoroshev, ressortissant russe de 31 ans. « Il n’y a pas de cachette pour les cybercriminels comme Dmitry Khoroshev, qui font des ravages dans le monde entier. Il était sûr qu’il pouvait rester anonyme, mais il avait tort », explicite Graeme Biggar, directeur général de l’ANC.

    Tout débute par l’opération Cronos. L’action coordonnée entre police et justice débouche à une mise hors ligne de 34 serveurs, en Europe, aux États-Unis et en Australie, le 19 février 2024. Une faille PHP est exploitée à l’insu du groupe de cybercriminels.

    Le CEO du ransomware expliquait qu’en raison de sa négligence personnelle et de son irresponsabilité, il n’avait pas mis à jour sa version de PHP à temps. Si bien que les forces de l’ordre réussissaient à pénétrer dans le cœur du système d’information.

    Puis l’arrestation de deux cybercriminels en Ukraine portait un coup notable. Les deux individus en question se chargent du blanchiment des rançons obtenues. Sans oublier le hacker russe de 28 ans arrêté en Ukraine suspecté d’avoir collaboré avec les cybercriminels des gangs Lockbit et Conti.

    Si bien que la police britannique déclare avoir démasqué et réprimé le ressortissant russe Dmitry Khoroshev AKA LockBitSupp, administrateur et développeur du groupe de ransomware LockBit. L’acte d’accusation américain abonde en ce sens et révèle d’autres co-auteurs présumés, et Europol affiche des sanctions à l’encontre de la tête créatrice. La pression change de camp. (Crédits : capture d’écran/NCA)

    Lors de la probité de l’action, la NCA indique que « l’opération Cronos a réussi à perturber le groupe LockBit Ransomware-as-a-Service. […] LockBit souffre aujourd’hui d’une capacité opérationnelle réduite, d’un engagement moindre de ses affiliés et d’un nombre réduit d’attaques. (Ce n’est pas un bon semestre pour LockBit !) LockBit a perdu des affiliés, dont certains se sont probablement tournés vers d’autres fournisseurs de Ransomware-as-a-Service à la suite de l’interruption de l’opération Cronos ».

    Sanctions contre Evil Corp et LockBit

    Evil Corp est l’un des premiers groupes de cybercriminalité financière. Depuis ces débuts, l’entité met au point des programmes malveillants. Leurs méfaits engendrent des dommages considérables « à de nombreuses organisations et à de nombreux secteurs, notamment les soins de santé, les infrastructures nationales critiques et le gouvernement, des infrastructures nationales critiques et des gouvernements. » Connue sous le nom d’Indrik Spider, cette entité fut présidée dans sa grande majorité par son fondateur Maksim Yakubets AKA « Aqua ». Il la dirige avec son père Viktor, selon la NCA.

    Les États-Unis, le Royaume-Uni ainsi que l’Australie introduisent des sanctions contre seize personnes soupçonnées de faire partie du gang. Hors mis le père et le fils, les autorités s’intéressent à Aleksander Ryshenkov. En plus d’œuvrer pour Evil Corp, il aurait également des liens avec LockBit.

    Deux individus avait plaidé coupable en juillet 2024. Selon les documents judiciaires, Magomedovich Astamirov, 21 ans, ressortissant russe de la République de Tchétchénie, et Mikhail Vasiliev, 34 ans, ressortissant canadien et russe de Bradford (Ontario), étaient membres de LockBit. Leurs condamnations devraient être connues le 8 janvier 2025. (Crédits : capture d’écran/NCA)

    « La Russie continue d’offrir un refuge aux cybercriminels, où des groupes tels que LockBit sont libres de lancer des cyberattaques contre les États-Unis, leurs alliés et partenaires », avait affirmé un porte-parole du département du Trésor américain. Les forces de l’ordre analysent en continu les données afin d’identifier les individus soupçonnés d’être impliqués dans le ransomware LockBit. « Une fois de plus, nous remercions Dmitry Khoroshev, alias LockBitSupp, de nous avoir permis de compromettre sa plateforme et de découvrir toutes ces données juteuses (cela occupe nos équipes !). »

    Veni, vidi…

    La pression est donc mise sur l’ensemble de la chaîne de production. Sur l’ancien site de fuite de LockBit détenu par l’opération Cronos, le discrédit change la donne. En effet la pertinence des propos jette l’opprobre sur les criminels. La NCA partage des informations dans le post « What we’ve learnt ». Les images d’illustrations démontrent sans ambiguïté « les fautes techniques sur la gestion des effacements des enregistrements, dans la base de données ».

    Les mots comme les bits ont un poids.

    « […] nous avons obtenu 2 500 clés de décryptage, tous les noms d’utilisateur des affiliés de LockBit, les adresses BTC liées aux paiements des victimes et aux versements à LockBitSupp, toutes les négociations par chat (qui nous ont aidés à montrer quels affiliés travaillaient ensemble), tous les détails de la construction de l’attaque et quel affilié a attaqué quelle victime, le code source de la plateforme, le nouveau logiciel malveillant de LockBit en cours de développement, et bien d’autres choses encore », enfonce la NCA.

    « Nous comprenons parfaitement la plateforme et son mode de fonctionnement […] Comme vous pouvez le constater, nous en avons déjà identifié quelques-uns, mais ce n’est qu’un début. » Avant de marteler que « LockBit vous a laissé tomber. Affiliés, développeurs et blanchisseurs d’argent, nous sommes impatients de vous retrouver très bientôt… »

    (Crédits : capture d’écran/NCA)

    Comme pour dévoiler la magie des Matriochkas l’agence britannique explique que « Aleksandr Ryzhenkov, né le 26 mai 1993, a été démasqué comme étant le membre d’Evil Corp affilié à LockBit. C’est grâce aux données obtenues dans le cadre de l’opération Cronos que nous avons pu établir ce lien. Nous continuerons à exploiter ces données jusqu’à ce que nous ayons identifié beaucoup d’autres d’entre vous », conclut l’agence nationale de lutte contre la criminalité.