Étiquette : France

  • Il y a cent ans… ils vendaient le soleil en bouteille

    Il y a cent ans… ils vendaient le soleil en bouteille

    En mars 1922, l’école supérieure de la pharmacie, qui deviendra la pharmacovigilance, attirail l’attention de la préfecture de police parisienne sur l’hélionisme. Darru commissaire aux délégations judiciaires chargé de l’enquête se rendait chez le praticien au 82 rue de la pompe, échoppe de M Lucien Langlet pharmacien de son état. S’il était le principal dépositaire et fabricant dudit produit, ignorait la composition, il était censé guérir toutes les maladies, mêmes celles incurables.

    Si bien que les deux hommes en charge des investigations opéraient dès le 20 mai 1922, se dirigeait dans le XVIe arrondissement de Paris. Sur le flacon l’affirmation du chimiste indiquait « qu’ayant découvert un procédé de captation du fluide solaire, il avait fait subir à ce fluide quinze macérations différentes ! Ainsi le fluide no1, mis en bouteille et utilisé pour l’usage externe, faisait disparaître complètement le cancer… ». Les explications continuaient pour que le no5 sauve de la phtisie et le no15 de la fièvre typhoïde

    L’exercice de la médecine et de la pharmacie est réglementé. La question de l’effet placebo ou réelle n’a pas été abordée par l’enquête, ni par le commissaire, ni par le professeur. (Crédits : Roland Steinmann/Pixabay)

    Les deux enquêteurs, Darru et le professeur Guerbet se rendirent chez l’inventeur, au 1, boulevard Flandrin. À cette adresse vivait un homme de 71 ans, ancien employé des PTT, chevalier de la Légion d’honneur. Selon lui, lors de ces voyages en Équateur, il aurait découvert la possible captation d’un fluide spécial provenant du soleil, et qui plus est, que e dernier posséderait des vertus curatives. « À l’aide d’une tige de bois recouverte d’aluminium, j’attire ce fluide sur le toit de ma maison, puis par un câble métallique, je le conduis dans mon laboratoire, où deux tonneaux fermés sont destinés à le recueillir ». Un réquisitoire du juge Laroque pour exercice illégal de la pharmacie auprès de Pierre Germain et de complicité pour Lucien Lenglet fut. Les deux hommes déclarèrent qu’ils ne parleraient qu’en présence de leur avocat, Me Maurice Garçon.

  • Un franco-vénézuélien inculpé par les USA

    Un franco-vénézuélien inculpé par les USA

    Dans un acte d’accusation de vingt pages, le cardiologue Moises Luis Zagala, âgé de 55 ans vivant à Ciudad Bolivar au Venezuela, est soupçonné d’être le créateur de deux ransomwares, Jigsaw v.2 et Thanos par la justice américaine. L’homme possédait plusieurs surnoms en ligne, à savoir « Aesculapius », « Nosophoros » et « Nebuchadnezzar ». Le FBI indique que son implication au sein des « réseaux clandestins » remonterait aux alentours de l’année 1977.

    Le bureau du procureur américain accuse un cardiologue de 55 ans d’avoir créé, et vendu au moins un ransomware. De plus d’avoir profité de revenu selon des accords passés avec d’autres malfaiteurs. La plainte N° 21-M-276 déposée le 16 mai 2022 devant le tribunal de district des États-Unis, district Est de New York, allègue que Moises Luis Zagala Gonzalez a créé un générateur de rançongiciel connu sous le nom de « Thanos » et un ransomware nommé « Jigsaw v. 2 ». Le premier chef d’inculpation est la tentative d’intrusion informatique, au sein de laquelle il aurait sciemment « tenté de provoquer la transmission d’un programme, d’informations, de codes et de commandes et, en conséquence de ce comportement, a intentionnellement causer des dommages sans autorisation à un ordinateur protégé, entraînant des pertes de plus de 5 000 $ et des dommages affectant dix ou douze personnes. » Le second chef d’accusation est un complot en vue de commettre des intrusions informatiques.

    La menace était de perdre sous 48h et à jamais ses fichiers, mais l’opérateur était magnanime : je vous traiterai bien si vous me traitez bien aussi. (Crédits : Unit42)

    Il aurait fait la publicité du ransomware au sein du darknet, puis l’aurait cédé sous licence pour un loyer de 500 dollars par mois, écrit The Register. Il « proposait l’outil pour 500 dollars et le code source sous-jacent pour 3 000 dollars », explique le ministère de la Justice. Thanos avait été observé les 6 et 9 juillet 2020 par Unit 42 : « nous avons observé des fichiers associés à une attaque contre deux organisations étatiques du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord qui ont fini par installer et exécuter une variante du ransomware Thanos. » Le code malveillant créait un fichier affichant la demande de rançon de 20 000 $ dans un portefeuille Bitcoin. Pour les besoins des investigations, « le 14 septembre 2020, j’ai acheté une licence du logiciel Thanos à ZAGALA. J’ai téléchargé Thanos sur un ordinateur situé dans le District Est de New York », explique l’enquêteur.

    Jigsaw v. 2 permettait de surveiller le nombre de fois où les victimes tentaient de supprimer le ransomware. Le ministère de la Justice déclarait qu’en conséquence, le logiciel tâchait d’effacer l’ensemble du disque dur. Emsisoft a publié un décrypteur pour Jigsaw v.2 en 2019. (Crédits : DoJ)

    Les responsables du ministère de la Justice accusent Zagala d’avoir mis sur pied « une entreprise cybercriminelle élaborée, dans laquelle il avait un intérêt économique et réputationnel direct à ce que son logiciel soit utilisé dans des piratages réussit ». Le cas soulevé ici est inhabituel au vu de la moyenne d’âge du cybercriminel typique. Il ne semble pas coller au stéréotype des opérateurs usant de ransomware originaires d’Europe de l’Est et de Russie. « Nous pensons que Zagala a non seulement créé et vendu des ransomwares à des pirates informatiques, mais qu’il les a également formés à leur utilisation », a déclaré Michael Driscoll, assistant-directeur responsable du bureau local du FBI à New York. CNN pense que « les chances que Zagala soit appréhendé et extradé vers les États-Unis sont incertaines », malgré l’accord signé en 1923. Les gouvernements américain et vénézuélien sont en désaccord complet depuis de nombreuses années.

  • Nom d’une Pipe !

    Nom d’une Pipe !

    La Suisse est définitivement un pays pas comme les autres. Entre une guerre de voisinage pour avoir nourri un chat qui finissait par une condamnation via en ordonnance pénale à une amende de 700 francs, et un concours de fellation, auprès duquel chaque participant, après avoir réglé le ticket d’entrée à 90 francs, pourra tester gratuitement les talents de huit grandes spécialistes. Heureusement, cela fait dix ans que la Fête du Slip propose à Lausanne une moisson culturelle orientée sur les genres et les sexualités.

    Une affaire particulière était jugée au Tribunal de district de Bülach, en Suisse. Une femme de 59 ans était accusée d’avoir laissé Mici, le chat tigré roux de sa voisine, passer la nuit chez elle durant environ cinq mois. Mais également de l’avoir nourri contre la volonté de sa propriétaire. Condamnée à une amende de 700 francs pour appropriation illégitime, la quinquagénaire avait interjeté appel du jugement. Raison pour laquelle l’affaire a été traitée une nouvelle fois ce mercredi 18 mai 2022 par la justice zurichoise. « Je n’ai jamais enfermé le chat et je n’ai jamais voulu le posséder. […] Par compassion, je lui ai donné à manger pendant environ deux mois », se défendait-elle. L’accusatrice aurait demandé selon son avocat, raconte 20min, d’arrêter de le nourrir, en vain.

    Il y a des informations qui défriseraient les moustaches des lapins. (Crédits : Alexas Fotos/Pixabay)

    Le conseil rappelait que le chat a dû être ramené au refuge, car il ne mangeait plus la nourriture de ladite propriétaire avait acheté. L’avocate de la défense qui demandait l’acquittement affirmait que « le chat, qui était en liberté, errait dans tout le quartier et allait et venait également dans d’autres appartements. » Le tribunal disculpait la quinquagénaire, puisque selon le juge, la preuve des faits reprochés n’a pu être établie. « Je suis soulagée de l’acquittement, toute la procédure a été très éprouvante. » La propriétaire de l’animal devra assumer les frais de justice d’environ 800 francs, précise « Blick ».

    Un concours de Pipe

    L’affiche publicitaire du sauna-club « Sex-Park » à Oberentfelden, clame en grosses lettres que le 21 mai 2022 à partir de 15 heures se déroulera le « championnat de la pipe ». Vous ne rêvez pas, c’est selon l’organisateur le plus grand concours de fellation de Suisse. « Nous gérons le Sex-Park depuis douze ans et il n’y a jamais eu de réclamation de la part des riverains ou de la commune. Il n’y a jamais eu d’incident », affirme le copropriétaire. Sur le flyer, les participants potentiels sont directement interpellés : « Teste nos 8 meilleures tailleuses de pipe gratuitement ! » Il est ensuite possible de donner son évaluation pour élire « Miss Fellation 2022 ».

    Chaque année en mai est programmé le désormais légendaire concours de fellation, ce qui n’est pas au goût de Christina Bachmann. (Crédits : Alexas Fotos/Pixabay)

    « Ce championnat est une honte ! Un scandale. Une humiliation publique des femmes », déclarait à Blick Christina Bachmann-Roth, présidente du Centre Femmes. « Il est scandaleux qu’un tel événement soit organisé depuis plus de dix ans ». Le dernier date de 2019, dû aux restrictions survenues depuis l’apparition du SARS-CoV-2, où environ 50 hommes étaient venus. « Les femmes sont inscrites normalement comme travailleuses et sont également testées en ce qui concerne les maladies ». Pour participer, elles règlent l’entrée, comme les clients, et si elles vont dans la chambre d’un homme, « ce qu’elles demandent ensuite en argent, c’est leur affaire ». Elles toucheraient en plus une partie des recettes sur les entrées totales.

    La Fête du Slip

    La manifestation lausannoise ouvre aujourd’hui, jeudi 19 jusqu’au 22 mai 2022. Elle célèbre sa décennie en maintenant son cap artistique de tolérance émancipatrice. Au menu, cinéma, musique, art, performance le tout orienté sur les genres et les sexualités. « Comme notre manifeste le dit, la sexualité concerne tout le monde, les jeunes, les réacs et les LGBTQIA+ », souligne Valentina D’Avenia, directrice de la Fête du Slip. Lors de l’arrivée des subventions, la question de la liberté totale s’est posée. « Nous ne montrons pas tout et n’importe quoi, il y a un bon nombre de demandes d’autorisation. Nous avons encore de la pornographie alternative, mais il y a aujourd’hui moins de choses explicites. Et puis, surtout, les artistes n’ont pas toujours envie de reprendre l’injonction de se montrer, et les questions de soin, de santé mentale, de bien-être et d’amour montent plus volontiers à la surface », explique-t-elle à Boris Senff du journal 24heures.

    Valentina D’Avenia, directrice du Festival du Slip, à l’Arsenic, un des lieux névralgiques de la Fête du Slip. (Crédits : Odile Meylan/24 heures)

    Les plus gros changements concernent surtout l’évolution du langage et du vocabulaire. « Les textes d’il y a dix ans ne seraient plus formulés de la même façon. L’écriture inclusive n’est plus négociable. Au début, tout était écrit au masculin ! »

  • Il y a cent ans… se terminait la conférence de Gênes

    Il y a cent ans… se terminait la conférence de Gênes

    Du 9 avril au 19 mai 1922, les anciens belligérants, trente-quatre nations, se retrouvaient pour rétablir l’ordre monétaire planétaire, qui fut désorganisé par la Première Guerre mondiale. Cette réunion s’est clôturée sous une avalanche de fleurs en rhétorique, par soixante-quinze discours de neuf heures à une heure de l’après-midi. Lloyd Georges la comparait à une bouée de sauvetage lancée du rivage, ajoutant qu’aucun naufragé ne s’y était accroché.

    Cette conférence se déroulait alors que les brûlots de la Première Guerre mondiale fumaient encore. Les rancœurs, dettes, désillusions seront un terreau fertile au nationalisme exacerbé, qu’il soit Russe, Italien, Espagnol ou Allemand. D’autant que la Grande Guerre sonna le glas des empires allemand, austro-hongrois, russe et ottoman et créa une multitude de nouveaux États aux frontières « arbitraires ». Le traité de paix de Saint-Germain-en-Laye disloque la République d’Autriche Allemande, et interdit à l’Autriche tout rattachement à l’Allemagne. La disparition de l’Empire austro-hongrois entraîne une restructuration du monde danubo-balkanique. Des Autrichiens manifestèrent alors leur mécontentement en brûlant l’ambassade de France à Vienne, le 23 mai 1919.

    Les accords prévoient un découpage du Proche-Orient, ci-dessus. L’Empire russe participe aux délibérations et octroie son accord, comme l’Italie, aux termes du traité secret. (Crédits : Les accords de Sykes-Picot, 1916 de Flavien Bardet/Outre-Terre)

    Les accords Sykes-Picot furent le travail de deux hommes qui donnèrent leurs noms à ce traité, Sir Mark Sykes et François Georges-Picot. Ils furent signés secrètement en 1916 par la France et la Grande-Bretagne. Les changements géopolitiques, ainsi que le choix de la Turquie de se ranger aux côtés de l’Allemagne à la fin de l’année 1914, sont à l’origine de ceux-ci. La fin des possessions ottomanes de Syrie, Palestine et Arabie prévue au traité de Sèvres (1920) est confirmée, et les frontières de la Turquie sont revues (Armistice de Moudros, 1918, le traité de Lausanne, 1923). De nouveaux États apparaissent, tandis que la France et la Grande-Bretagne obtiennent des mandats en Syrie, au Liban et en Palestine. Les vainqueurs proposaient même la création d’États nationaux pour les Arméniens et les Kurdes.

    La conférence économique internationale de Gênes

    Les individus en haut de forme se congratulaient des six semaines écoulées où la montagne accouchait encore d’une souris. D’ailleurs, les puissances en présence acceptaient la prorogation de la conférence de Gênes, à La Haye le 15 juin 1922. Puis vint les discours où chaque convive se félicitait de l’avance historique, ne convainquant qu’eux-mêmes. Ainsi durant cinq heures, soixante-quinze allocutions s’enchaînaient « L’Europe n’est pas pour nous une simple expression géographique, une vague et mystique surpatrie, c’est une grande tradition du passé et une grande espérance d’avenir. L’Europe est traditionnellement fondée sur les traités. Attenter aux traités, c’est attenter à la vie de l’Europe », annonçait Maurice Colrat pour la France.

    L’histoire n’est qu’un éternel recommencement. Car après l’acceptation du pacte de non-agression, chaque pays à travers le chef de délégation prit la parole. La Nouvelle-Zélande déclara qu’elle n’avait pas l’intention d’attaquer la Russie, le Canada, l’Afrique du Sud, les Indes, l’Australie emboîtèrent le pas sans difficulté, tout comme l’Islande, l’Albanie, le Portugal, l’Espagne… des traités étaient signés en coulisse. Ce découpage mit en couveuse les conflits de la mer Baltique au golfe Persique. Les vainqueurs européens — la France, l’Italie et la Grande-Bretagne — étaient financièrement et politiquement épuisés, le krach boursier de 1929, américain puis international terminait de tuer dans l’œuf les espoirs de paix pérenne.

    Le continent européen avant la Première Guerre mondiale qui durera du 28 juillet 1914 au 11 novembre 1918. Le Casus Belli est l’assassinat le dimanche 28 juin 1914, de l’archiduc François-Ferdinand, et de son épouse, Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg. Son successeur renonça au trône. (Crédits : Musée Canadien de la Guerre)

    La France ne put pas empêcher le pacte qui se nouait le 16 avril 1922 à Rapallo, un faubourg de Gênes. Il était signé par l’Allemagne et la République soviétique fédérative socialiste de Russie (RSFSR), qui donnera naissance à l’URSS le 30 décembre 1922. Il entérine deux accords principaux. Le premier est l’abandon des réparations de guerre. « L’Empire allemand et la R. S. F. S. R. renoncent réciproquement aux indemnités pour leurs dépenses de guerre ainsi qu’aux indemnités pour les dommages de guerre, c’est-à-dire pour les dommages résultant pour eux ou leurs ressortissants dans les zones de guerre de mesures militaires, y compris toutes réquisitions effectuées en territoire ennemi. Les deux Parties renoncent également aux indemnités pour dommages civils ayant été causés aux ressortissants d’une des Parties par les lois dites lois exceptionnelles de guerre ou par des mesures d’autorité prises par les organismes d’État de l’autre Partie », cite l’article 1er.

    Le second stipule que « les relations économiques entre les deux nations devaient être normalisées et les citoyens de l’un ou l’autre des États résidant sur le territoire de l’autre devaient se voir accorder la reconnaissance et certains droits ». Mais celui qui n’apparaît pas, car non enregistré est sans aucun doute le plus important historiquement. Une clause secrète, qui n’a pas été publiée, a établi une coopération militaire entre les deux États, jusqu’en 1933.

    Les pertes humaines de la Première Guerre mondiale s’élèvent à environ 18,6 millions de morts. Sans oublier les 20 à 100 millions de décès par la grippe dite espagnole. Mais le découpage du continent engendrera de nombreux conflits, comme celui qui oppose actuellement la Russie et l’Ukraine. (Crédits : Musée Canadien de la Guerre)

    Dettes et démocratie ne font pas bon ménage

    Au printemps 1922, la conférence internationale de Gênes rétablit la convertibilité des devises, en prenant le dollar ou la livre sterling comme monnaie de référence. Les années d’après-guerre extrêmement difficiles, surtout pour les belligérants d’Europe qui sortent du conflit affaibli et endettés, vis-à-vis des États-Unis. Le versement des réparations allemandes est fixé en 1920 à 132 milliards de marks-or, dont 52 % pour la France. Le ministre français des Finances, Louis-Lucien Klotz, avait déclaré le 3 septembre 1918 : « Il faut que l’Allemagne paie le coût de la guerre ».

    Le démantèlement et découpage des empires allemand, austro-hongrois, russe et ottoman refondent le continent européen, pour le meilleur et le pire. L’histoire dépeint le futur, car la démocratie est rapidement menacée en Italie ou en Allemagne, dans les années 1920. Les régimes autoritaires se multipliaient. Le totalitarisme apparaît comme des contestations violentes du système démocratique.

    L’Europe est un continent regroupant 46 pays répartis sur cinq régions géographiques, dont 27 appartiennent à l’Union européenne. L’histoire du continent découle des conflits précédents et apporte un éclairage aux actuels conflits armés. (Crédits : Atlas-monde)

    Le 1er décembre 1936, l’URSS se dote d’une nouvelle constitution à première vue démocratique, mais en réalité, Staline grâce au parti unique, le parti communiste, concentre les pouvoirs. Comme en République populaire de Chine. Mussolini, après sa marche sur Rome, obtient, lui aussi les pleins pouvoirs, le 25 novembre 1922. L’Italie plonge irrémédiablement dans un système totalitaire avec l’adoption des lois fascistissimes. Fortement affaiblie, l’économie allemande est touchée de plein fouet par la crise économique des années 1930. Usant de propagande et de la violence de rue qui tétanise ses adversaires politiques tout en brouillant le jeu démocratique, Hitler connaît une irrésistible ascension à partir de 1932. Le président Hindenburg le nommera à la chancellerie, le 29 janvier 1933.

  • Des sociétés portugaises attaquées informatiquement

    Des sociétés portugaises attaquées informatiquement

    En premier lieu, c’est l’hôpital Misericórdia de Vila Verde qui au cours du premier week-end de mai était la cible d’une cyberattaque. Puis la société d’électricité AED (Eletricidade dos Açores) est visée par une attaque informatique le 16 mai 2022. La veille l’agence de presse Lusa augmentait la longue liste des compagnies infectées pas codes malveillants. Pendant qu’en Suisse plus de 200 entreprises recevaient des lettres recommandées, car certaines failles de sécurité de MS Exchange n’ont toujours pas été comblées.

    Dans un communiqué, la Misericórdia de Vila Verde a déclaré qu’« un rapport de la cyberattaque est en cours de préparation auprès des autorités, à savoir la police judiciaire et les services du ministère de la Santé », ajoutant qu’« il s’agit d’une attaque par ransomware, dans laquelle les pirates cryptent les données informatiques pour ensuite demander de l’argent pour les restituer. » La paralysie des logiciels a entraîné des contraintes dans la programmation des examens et des rendez-vous, « mais nous ne cessons jamais de nous soucier de la santé de nos patients ».

    « La demande de rançon a été faite aux responsables du système informatique de l’hôpital Misericórdia de Vila Verde qui ont maintenu le contact avec les pirates informatiques », confie l’institution sans en révéler le montant. (Crédits : Paulo Jorge Magalhães/O MINHO)

    Misericórdia expliquait que la cyberattaque avait affecté la fonctionnalité de plusieurs secteurs, mais les consultations prévues avaient lieu, et seul manquait l’accès à la facturation et les paiements était compromis. « Sans avancer les conséquences pratiques de cette attaque, nous soulignons que nous faisons tout notre possible pour minimiser l’impact de cette attaque et résoudre la situation dès que possible, et de plus nous avançons que toute activité clinique a été maintenue », affirmait l’organisme de santé.

    Francisco Pedro Balsemão, qui s’exprimait lors du 31e congrès de l’Association portugaise pour le développement des communications (APDC), a aussi déclaré qu’il s’agissait d’un « problème pour tout le monde, les groupes de médias, le commerce de détail, la santé, les banques… » (Crédits : Alexa Fotos/Pixabay)

    Il y a trois jours, l’agence de presse Lusa a été la cible d’une cyberattaque, provoquant une « instabilité continue du service », déclarait l’entreprise. L’incident « a déjà été signalé aux autorités compétentes », pouvait-on lire dans la dépêche de l’agence, déplorant « le désagrément causé » aux travailleurs, clients et utilisateurs des services de Lusa. Depuis le début de l’année, des attaques contre le groupe Cofina, le Parlement, les laboratoires Germano de Sousa, l’hôpital d’Almada et la presse portugaise ont été signalées.

    Le site de la compagnie d’électricité des Açores affiche, le mercredi 18 mai 2022 des problèmes de sécurité. (Crédits: capture d’écran)

    Le 17 mai 2022, c’est l’entreprise d’Électricité des Açores (EDA), qui affirme dans un communiqué que « malgré cet incident », toutes les conditions inhérentes à la fourniture normale d’électricité dans la région sont assurées. La compagnie a également annoncé que l’incident a été « notifié en temps utile aux autorités compétentes » et qu’elle regrette « tous les désagréments que cette situation peut causer », notamment « au niveau du service commercial ». Eletricidade dos Açores, et les autres membres du groupe ont été la cible d’une cyberattaque, dont « les causes et les impacts sont encore en cours d’analyse », a déclaré la société.

  • Il y a cent ans… officier ou marchand de sardines

    Il y a cent ans… officier ou marchand de sardines

    La chronique des tribunaux peut faire sourire, si l’affaire que la 13e chambre correctionnelle de Paris ne jugeait pas un homme présumé responsable d’un accident d’automobile causant des préjudices à un tiers. L’officier ne basait pas sa défense sur le fait, mais à savoir s’il était dans son véhicule en tant qu’officier allié ou bien comme marchand de sardines. La raison invoquée la convention du 15 octobre 1917, octroyant aux seules juridictions portugaises la capacité de juger ses ressortissants.

    Le 18 mai 1922, Mlle de Navière réclama réparation du préjudice causé auprès de la 13e Chambre. Car cette dernière fut la victime d’un accident entre un automobiliste au volant de son véhicule et celle-ci. Sauf que les premières minutes du procès tendaient à déterminer si le capitaine Frederico de Almeida Pinheiro se déplaçait en tant qu’officier allié ou en voyage d’affaires pour le compte d’une firme importante de conserves de sardines. L’homme à travers son conseil opposa la convention franco-portugaise du 15 octobre 1917. Elle se réfère au temps de la guerre et de l’occupation, aux termes de laquelle les soldats portugais ne devaient être justiciables que de leurs tribunaux nationaux.

    Du fait de ses blessures, Frederico de Almeida Pinheiro est désigné par le Portugal pour représenter les invalides portugais et mutilés de guerre. Le pilote est blessé à la jambe au cours d’un accident d’avion, le 15 janvier 1918. Les femmes n’étaient pas admises en qualité de jurées au début du XXe siècle (Crédits : Julius Silver/Pixabay)

    Après la plaidoirie de Me Maurange pour la victime, le tribunal ordonnait qu’il soit sursis à l’examen de l’affaire jusqu’à ce que les gouvernements signataires de ladite convention se soient mis d’accord sur l’interprétation à lui donner. Pour l’histoire, une déclaration franco-portugaise du 15 octobre 1917 sème le doute, car elle précise que pendant la Guerre, les tribunaux de l’armée portugaise sont seuls compétents à l’égard des soldats portugais. La première Guerre Mondiale se déroula du 28 juillet 1914 au 11 novembre 1918.

  • Un congé menstruel en Espagne

    Un congé menstruel en Espagne

    Ce congé peut paraître complètement aberrant pour ces messieurs, mais pas pour les femmes. La période des règles admet un cycle qui influe sur la femme et par ricochet sur son couple. Une même question d’un côté et de l’autre de l’océan atlantique divise, l’interruption volontaire de grossesse, ou avortement. La loi en Espagne vient d’être adoptée, quand aux États-Unis, la cour suprême, acquise aux conservateurs doit se prononcer sur le droit des femmes à disposer de leur corps, au droit d’avorter.

    Ce mardi 17 mai 2022, le Conseil des ministres espagnol a donné son feu vert à la nouvelle loi sur l’IVG, qui garantira aux femmes l’accès à ce droit dans l’hôpital public le plus proche, la fin de l’exigence du consentement parental pour les mineures de 16 et 17 ans, un congé payé à partir de la 39e semaine de grossesse et un de maladie en cas de menstruation invalidante. La pilule du lendemain sera également distribuée gratuitement dans les centres de santé.

    Toute personne qui « entrave l’exercice du droit à l’interruption volontaire de grossesse » par « des actes gênants, offensants, intimidants ou coercitifs qui portent atteinte à sa liberté » risque désormais entre trois mois et un an de prison. (Crédits : Oscar del Pozo Canas/AFP via Getty Images)

    Après des mois de négociations, le ministère de l’égalité (Ministerio de Igualdad) dirigé par Irene Montero âgée de 34 ans est satisfait de l’avant-projet de loi visant à réformer celle sur l’avortement. Le congé payé des femmes enceintes commencera à la 39e semaine de grossesse et non à la 36e, comme il était souhaité initialement. En France le congé prénatal, pour une grossesse simple est de six semaines avant et dix après.

    « Il s’agit d’une loi visant à garantir les droits sexuels et reproductifs des femmes, ce qui est une mesure de la qualité démocratique d’un pays », a déclaré la ministre aujourd’hui 17 mai 2022, Irene Montero, en conférence de presse. L’ensemble des mesures de cette loi dispose d’un budget de 104 millions d’euros. Il se décompose ne 57 millions pour le congé prénatal, 23,8 millions pour le congé menstruel et 300 000 pour la fourniture de produits contraceptifs dans les écoles et comme dans les prisons. « Nous faisons une loi pour garantir que les femmes puissent vivre mieux et qu’elles puissent développer leurs projets de vie en toute liberté », a-t-elle ajouté.

    « L’Espagne est le premier pays d’Europe à reconnaître la santé menstruelle comme un droit », appuie Irene Montero. (Crédits : Capture d’écran/TVE)

    En Espagne, sur les 88 269 interruptions volontaires de grossesse rapportées en 2020, dont 84,5 % ont été réalisées dans des centres privés. Douze provinces sur cinquante n’ont signalé aucun acte au cours des cinq dernières années. En France, le nombre d’IVG est de 222 025 en 2020, tout cela est possible suite au combat d’une femme Simone Veil en 1975. La loi espagnole établit des mesures pour la prévention et la réponse de l’État à certaines manifestations de violence à l’égard des femmes liées aux droits sexuels et reproductifs.

    La loi française permettant aux jeunes femmes mineures d’avorter sans attendre le consentement des parents, date de 2016. Nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) en France de 1990 à 2020. (Crédits : Statista)

    Mais là où l’Espagne va plus loin que la France, concerne deux trois points essentiels. Premièrement, vous ne serez plus surpris quand le téléphone de votre conjointe sonne à heure fixe tous les jours. L’égalité et surtout l’équité existent sur la péninsule ibérique. Les méthodes de contraception masculines seront parallèlement promues, afin qu’elle ne soit pas uniquement la responsabilité de la gent féminine. Mais une chose qui n’existait que dans peu de pays, comme le Japon, le congé menstruel. En ce qui concerne la santé menstruelle, pour la première fois, une loi lui consacrera une section avec des mesures telles qu’un congé spécifique pour les femmes qui ont des règles très douloureuses et invalidantes, qui sera financé à 100 % par l’État.

    « Personne dans notre pays ne doute que l’interdiction ou la limitation du droit à l’avortement n’a jamais servi à le réduire, mais seulement à générer davantage d’insécurité, de souffrance et de pauvreté pour les femmes, en particulier pour les plus vulnérables » (Crédits : Gabriela Sanda/Pixabay)

    La ministre continuait d’expliquer que cela « nous aidera à mieux connaître notre corps et à avoir des relations fondées sur le bon traitement et sans violence, à légitimer et à prendre soin de la diversité des genres, entre autres questions comme mieux connaître les méthodes contraceptives ou lutter contre les violences sexistes qui augmentent comme le retrait non consenti des préservatifs. »

    Elle ajoute que l’apprentissage de la sexualité a lieu et a estimé qu’il était souhaitable qu’il se fasse par un accès précoce à l’éducation. La conclusion de la ministre Irene Montero jette un pavé dans la mare aux yeux de tous parents par une toute petite phrase : « L’accès au porno violent se fait en moyenne à l’âge de huit ans ».

  • Il y a cent ans… mourait le député Paul Meunier

    Il y a cent ans… mourait le député Paul Meunier

    Paul Meunier est décédé le 17 mai 1922 à deux heures du matin, au 18 rue de Marignan dans le VIIIe arrondissement de Paris chez Mme Bernain de Ravisi. Mais ce n’est pas sa mort suite à une péritonite qui marqua la presse. L’ancien avocat à la cour d’appel, député de l’aube en 1902, 1904, 1910, 1914, maire de sa commune natale était accusé d’intelligence avec l’ennemi. Le 21 février 1922, un non-lieu était prononcé pour Paul Meunier et Mme Bernain de Ravisi alors que cette dernière était écrouée à la prison de Saint-Lazare.

    L’affaire remonte à 1917, lorsque l’homme fonda le journal La Vérité. Une instruction ouverte contre Ernest Judet, réfugié en Suisse en mars 1918, chercha à connaître les relations de l’accusé. Il s’avérait que le prévenu s’était lié d’amitié pour le peintre suisse Hans Bossard. Concours de circonstances, le député Meunier avait séjourné chez l’artiste, en compagnie de Mme Marie Fortunée Clara Bernain de Ravisi. Les deux avaient alors rencontré le ministre allemand Von Romberg et l’attaché militaire Von Bismarck.

    En 1926, Mme Bernain de Ravisi règlera ses comptes avec la justice en publiant un ouvrage intitulé « Sous la dictature de Clemenceau – Un Forfait Judiciaire — Le procès Paul Meunier ». Mais son compagnon était décédé, le 17 mai 1922, des suites de son traitement pendant sa captivité. (Crédits : BnF/Gallica)

    Le 13 novembre 1919, au cours d’une tournée électorale à Aix-en-Othe, le député et directeur de presse fut mis en état d’arrestation sous l’inculpation d’intelligence avec l’ennemi, par ricochet. Il fut emmené chez lui à Saint-Parres-lès-Vaudes, et lors la perquisition, il tenta de s’évader. Repris il fut conduit à Paris, où il fut écroué à la prison de la Santé. L’instruction perdura deux années et vingt-huit mois de détention, sous le ministère Clemenceau, avant de conclure à la libération des deux prévenus par un non-lieu pour faute de preuves. « La chambre des mises en accusation, devant laquelle j’ai pu m’expliquer, n’a point voulu se prêter à la hideuse machination. Mais ce que je lui ai dit ce qu’elle est seule à savoir, demain il faut que le grand public le sache. Il faudra que l’on sache quel intérêt pouvaient avoir à perdre un innocent et une femme — douloureuse victime des hommes qui pour en arriver à leurs fins, n’hésitèrent point, par deux fois à fabriquer des faux. Le non-lieu qui me libère rend plus ardente encore ma volonté de faire toute la lumière. »

    « Un des chefs de l’espionnage allemand, que M. Clemenceau, pour sauver son frère et le client allemand de son frère, a fait arrêter, emprisonner un député français », martelait Meunier. (Crédits : DR)

    Sur commission rogatoire du juge CLuzet, MM Cucrocq, directeur de la police judiciaire et Pineau secrétaire de la même institution se rendirent au domicile de Mme Bernain pour se faire remettre le corps du défunt Meunier, pour subir une autopsie. Car peu de temps après la clôture de la première affaire, la chambre des mises en accusation, à huis clos, estima que l’affaire dite « Pantin de Guerre » constituait des charges nouvelles contre Paul Meunier et sa collaboratrice, Mme Bernain. Ils étaient accusés d’avoir reçu quatre chèques pour un montant total de 125 000 francs et de les avoir touchés alors en détention. Les sommes étaient envoyés de Suisse.

  • Clonage de carte bancaire en République Dominicaine

    Clonage de carte bancaire en République Dominicaine

    Deux Bulgares ont été interpellés en flagrant délit alors qu’ils tentaient de forcer un distributeur automatique de billets dans une institution financière de Villa Los Almácigos, province de Santiago Rodriguez. Les prévenus Danail Kohctahtnhob et Nicolay Haratyunyan âgés de 58 et 54 ans ont été arrêtés mercredi 11 mai 2022. Ils sont accusés de conspiration en vue de commettre des crimes de haute technologie.

    Selon le communiqué de presse, le bureau du procureur a expliqué que les prévenus s’étaient engagés dans le vol de données bancaires contenues dans les moyens de retraits et de paiements. Ils se servaient de dispositif de clonage à partir de distributeurs automatiques de billets, puis dans l’usage de ces données pour réaliser des achats et d’autres transactions. La police nationale en charge de la prévention et des enquêtes criminelles, avec le ministère public, ont saisi vendredi 13 plusieurs appareils électroniques utilisés pour dupliquer de cartes bancaires. Les outils ont été trouvés lors d’une descente effectuée dans un studio isolé, rue Lucas de Peña, à El Millón.

    « Avant d’être appréhendé, on a détecté dans le distributeur automatique de billets des dispositifs magnétiques qui permettent de cloner des cartes bancaires et qui sont présumés être leur propriété. Nous cherchons à savoir s’il s’agit d’un réseau criminel », expliquent les enquêteurs. (Crédits : DR)

    Selon le rapport, les services d’ordre ont saisi l’attirail du parfait petit cambrioleur : un ordinateur avec deux mémoires externes, un chargeur, deux connecteurs USB, un testeur d’électricité, deux pièces métalliques avec des installations de batteries, des caméras, des puces, un casque sans fil, un petit appareil électronique QS7 SLIN, plusieurs pinces coupantes, un mètre ruban, un scalpel, un rouleau d’étain pour souder des pièces électroniques, deux téléphones portables Apple, plusieurs cartes bancaires et un passeport émis par la République de Bulgarie au nom de Danail Damov Konstantinov.

    Selon la Police, la sécurité de l’organisme fiduciaire remarquait que les deux hommes avaient installé le dispositif externe sur un DAB. Le personnel de la banque est allé l’enlever, puis a guetté le retour des prévenus. Ils ont alerté la police qui les a immédiatement pris en flagrant délit. (Crédits : DR)

    Lors de leur arrestation, les accusés étaient en possession de cartes bancaires, de 7 000 pesos dominicains et 75 levs. Tous deux se déplaçaient dans une voiture Kia, modèle K5 qui était garée juste devant le DAB où, lors d’une fouille, plusieurs éléments de preuve supplémentaires ont été saisis.

    L’équipement saisi est utilisé pour capter le signal lors de l’introduction des cartes bancaires des utilisateurs dans les guichets automatiques. (Crédits : DR)

    Les agents ont saisi une bande magnétique, une spatule, un morceau de papier de verre, 10 cartes (neuf internationales et une nationale). Danail Kohctahtnhob et Nicolay Haratyunyan ont été entendus jeudi matin, par la Direction des enquêtes criminelles (DICRIM), afin de prolonger les interrogatoires, compte tenu des versions selon lesquelles ils auraient volé de l’argent à d’autres entités bancaires. Le ministère public accuse les deux hommes de violation des articles 59, 60, 265, 266 et 379 du code pénal dominicain, ainsi que de la loi 53-07 sur les crimes et délits de haute technologie, qui punit, entre autres, le clonage de dispositifs d’accès, l’accès illicite, l’utilisation de données par accès illicite, les dispositifs frauduleux, ainsi que le vol par utilisation de la haute technologie.

  • Il y a cent ans… allait-on réduire les indemnités parlementaires ?

    Il y a cent ans… allait-on réduire les indemnités parlementaires ?

    Le titre de l’Ouest-Éclair peut faire sourire. Pourtant, la question fut réellement posée, un certain 16 mai 1922 à Paris. Chose impressionnante, c’est la commission des finances de la chambre qui fut saisie d’une proposition de réduction des indemnités parlementaires et des dotations publiques. Elle fut en 1920 portée de 15 000 francs à 27 000, mais la dotation du président passait de 1,2 à 2 millions de francs. Les différentes augmentations étaient dues à la cherté de la vie, pas sûr que tous soient augmentés.

    Les sommes prenaient 40 000 francs de plus pour les présidents des Chambres atteignant les 100 000 francs. Les ministres percevaient un surplus de 10 000 francs sur les 60 000 perçus, et les sous-secrétaires d’État de 25 000 à 40 000 francs. Le parlement en considérant que le coût de la vie avait baissée, ne maintenait l’indemnité de 720 francs que jusqu’au 1er juillet, pour les différents personnels de l’État. Le parlement à travers ses pensionnaires pensait qu’il était normal et leur appartenait de réduire leurs propres indemnités. Fort logiquement, il est normal que la somme supplémentaire de 12 000 francs leur soit retirée.

    Le sénat en pleine séance. Au 1er janvier 2020, le montant brut mensuel de l’indemnité parlementaire s’élève à 7 239,91 € et se décompose de la façon suivante : indemnité parlementaire de base, 5 623,23 €, de résidence, 168,70 €, de fonction, 1 447,98 €. (Crédits : Mumu’s Pictures)

    Conscient de la situation, la proposition de ramener l’indemnité de 27 000 à 21 000 francs semblait juste. En passant, cela faisait une augmentation de 6 000 qui restait, sûrement le coût de la vie et son inflation. Poincaré faisait savoir au président de la commission des finances que cette question devait être laissée à discrétion du parlement. Mais ladite commission estimait que seul le bureau de la chambre et de la commission avait les qualités pour prendre ces décisions.