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  • Cyberattaque: un hôpital de plus

    Cyberattaque: un hôpital de plus

    Vivalia, intercommunale de soins de santé au Luxembourg est actuellement retournée au papier crayon. Dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 mai 2022, à 3 h 29 précisément, les systèmes de surveillance envoient des alertes tous azimuts indiquant que le système informatique était agressé. Une cyberattaque confirmée à 3 h 42, et qui aurait débuté vers 1 h 30 du matin. Elle a entraîné le blocage de 200 serveurs et 1 500 ordinateurs des hôpitaux et maisons de repos de cette structure active en province de Luxembourg.

    C’est au duché du Luxembourg que cette fois-ci un hôpital est victime d’opérateurs malveillants. Aux alentours de 3 h 30 une attaque informatique de « grande ampleur » est détectée, des mesures d’urgence sont immédiatement prises pour empêcher la propagation de l’infection. « Dans ce genre de situation, la ligne de conduite est bien claire. Il faut empêcher la propagation du virus en interne, identifier la faille de sécurité pour la corriger, neutraliser le virus, et enfin restaurer les systèmes pour revenir à un fonctionnement normal », mentionne Yves-Henri Serckx, directeur informatique de Vivalia. L’entité regroupe six sites hospitaliers, une polyclinique, quatre maisons de repos et maisons de repos et de soins, une maison de soins psychiatriques et trois crèches, situés en province de Luxembourg.

    Une cellule de crise fédérale spécialisée en cybersécurité apporte son expertise et est venue renforcer les équipes IT de Vivalia, de même que la Police judiciaire, avec le soutien de l’ensemble des autorités provinciales. Dès la mise en alerte des systèmes, les serveurs, les ordinateurs et la connexion de Vivalia avec l’extérieur ont été mis à l’arrêt pour les protéger au maximum.

    Vivalia

    L’attaque informatique semble analogue à celle qu’ont subie d’autres hôpitaux en Belgique et à l’étranger que ce soit au Japon, en France ou en Italie. Vivalia n’aurait reçu jusqu’à présent aucune demande de rançon. Une cellule de crise composée des forces vives de Vivalia et d’experts fédéraux en cybersécurité s’est réunie.

    Le plan d’urgence hospitalier a été déclenché « compte tenu de l’ampleur de l’attaque sur nos services », a déclaré Yves Bernard, le directeur général samedi après-midi, lors d’une conférence de presse.

    Plusieurs hôpitaux wallons ont été victimes de cyberattaque, comme le Centre hospitalier de Wallonie picarde de Tournai (ChWapi), début 2021, ou la clinique André Renard à Herstal, en 2019, explique RTL. (Crédits : capture d’écran/TvLux)

    Depuis samedi matin, les services de Vivalia vivent au ralenti, « renouant avec des méthodes du passé », ajoute Yves Bernard. Rien n’indique actuellement que des données personnelles de patients, comme de résidents ont été dérobées, confirme l’hôpital

    Une cellule d’urgence a été convoquée dans la foulée et l’intercommunale a rapidement reçu le soutien du gouverneur de la province de Luxembourg et de la Police judiciaire fédérale ainsi que d’experts en cybersécurité de la police. « Nous sommes actuellement dans la deuxième phase. Nous essayons d’identifier l’origine de l’attaque pour boucher la faille de sécurité avant de relancer, voire de restaurer, nos systèmes informatiques », relatait Yves-Henri Serckx lors de la conférence de presse, samedi après-midi.

    Le retour du papier et du stylo-bille. Un retour 20 à 30 ans en arrière pour certains services. L’essentiel étant préservé : les soins et la sécurité du patient. L’objectif affiché est l’identification du virus et la faille informatique, avant de restaurer les serveurs. Le tout devrait prendre plusieurs jours. (Crédits : capture d’écran/TvLux)

    « Toutes nos équipes sont sur le pont depuis cette nuit : informatique, technique, médicale, infirmière… chacun fait le maximum pour rétablir la situation et il est prématuré de pouvoir fixer une échéance pour un retour à la normale. |…] Nous demandons au public de n’appeler nos hôpitaux qu’en cas de réelle nécessité et pour des cas urgents ! Merci de votre compréhension », précise Vivalia

  • Il y a cent ans… le pain à vingt sous

    Il y a cent ans… le pain à vingt sous

    La colère de retombe pas chez les boulangers de France et de Navarre. Car depuis ce matin, du lundi 15 mai 1922, le pain est taxé à Paris. Dans toutes les boulanges de la capitale, la taxation a été respectée. Le pain ordinaire revient donc à vingt sous le kilo, quand celui de fantaisie qui doit peser 300 grammes pour la livre à 50 centimes et 700 grammes pour le kilo à un franc. Le syndicat des boulangers n’abandonne pas la lutte.

    Dans certains départements, comme la Corrèze, la taxe était fixée à dix-huit sous le kilo, mentionne le rédacteur. Mais à Paris, le syndicat continu le combat, et déclarait que « nous exerçons dès aujourd’hui notre droit de recours légal auprès du ministre de l’Agriculture ». L’entrevue se déroulait le lundi 15 mai 1922 dans l’après-midi. Les professionnels du secteur manifestaient contre la taxation.

    Le Président du Conseil Raymond Poincaré désignait Henry Chéron ministre de l’Agriculture en janvier 1922. S’il défend les agriculteurs et l’augmentation des prix, il est vite surnommé « Chéron vie chère ». La taxation du pain cristallisait la colère des boulangers en 1922. (Crédits : La Lanterne/BnF/Gallica)

    Mais à Tulle, la grève générale est décidée, plus de pain disponible. Elle est due aux choix du préfet, Auguste Martin explique le journal quotidien La Lanterne. L’homme décidait de maintenir le prix du pain à 90 centimes le kilo, en fixant au demi-franc la livre et à 0,95 franc le pain d’un kilo. Le syndicat départemental qui voulait que la taxe soit uniformément élevée à 95 centimes le kilo déclarait la grève générale. L’administration prenait des mesures pour éviter que la population manque de pain.

  • Il y a cent ans… disparaissaient peu-à-peu les bateaux-lavoirs

    Il y a cent ans… disparaissaient peu-à-peu les bateaux-lavoirs

    Ils ne sont connus pour la plupart que des citadins. Le Paris-Midi titrait le 14 mai 1922 que « Paris n’a plus, sur la seine que 7 bateaux-lavoirs ». Ils étaient des pontons, de grandes embarcations ancrées à la rive d’un cours d’eau, transformé en lavoir public. Tandis qu’en province et partout en France, les petites mains s’affairaient dans le lavoir de la commune, quelle que soit la météo, à frapper le linge, le savonner, le rincer, souvent une journée entière.

    Un propriétaire constatait que le sien est le dernier dans le centre de la capitale. « Lorsque j’ai acheté le mien, il y a trente ans, le 1er arrondissement en comptait cinq. Aujourd’hui le mien seul subsiste », racontait-il. Lors de cet échange avec le journaliste, il s’entendait de la salle à manger ou se situait l’entrevue, les coups de battoir des laveuses. L’évolution de la société amenait peu à peu leur disparition. Les blanchisseries font leur apparition. Elles trustent la majeure partie du linge en le prenant directement au domicile, puis l’emportaient en banlieue pour un nettoiement.

    La moyenne est de 110 places par bateau-lavoir. Sur le Rhône, ils se touchaient presque tous, et se nommaient les « plates ». (Crédits : Paris-Midi/BnF/Gallica)

    Les gens déléguaient le nettoyage de leur linge sale, malgré que les habitants des quartiers préféraient le faire eux-mêmes, en choisissant les bateaux-lavoirs ayant accès à l’eau courante des rivières et fleuves. Le 14 mai 1922, le constat est amer pour les propriétaires. Il n’en reste que sept sur la Seine, et trois sur le canal Saint-Denis. Il était possible dans trouver en banlieue à Alfortville, Maisons-Alfort, Choisy-le-Roi, Saint-Denis, Saint-Ouen et Saint-Maur. Les revenus générés permettaient de les maintenir à flot, l’évolution de la société, les blanchisseries et le mode de vie des Français, laissent les bateaux-lavoirs dans les méandres des souvenirs.

  • Plus de 800 000 Américains touchés par une fuite de données

    Plus de 800 000 Américains touchés par une fuite de données

    Le Refuah Health Center avait découvert un accès non autorisé et affirmait avoir immédiatement lancé une enquête. Elle s’est achevée le 2 mars 2022, mais n’a pas expliqué l’écart d’un an entre l’identification et la déclaration. En effet, l’organisme de santé a commencé, le 29 avril 2022 à notifier 260 740 personnes d’un incident de cybersécurité survenu entre le 31 mai et le 1er juin 2021. En octobre 2021, c’est la société Adaptive Health Integrations, basée dans le Dakota du Nord, qui a été confrontée à un incident informatique, touchant plus de 510 000 individus.

    Les informations qui auraient pu être exfiltrées sont conséquentes. Elles comprennent potentiellement des prénoms, noms, numéros de sécurité sociale, de dossier médical, de permis de conduire, des dates de naissance, des informations sur les cartes de crédit comme de débit, sur les comptes bancaires, des numéros Medicare et Medicaid, des numéros de compte de patient, des informations sur les diagnostics et mêmes des numéros de police d’assurance maladie.

    « Veuillez accepter nos excuses pour cet incident. Nous nous engageons à préserver la confidentialité des informations personnelles et des informations de santé protégées en notre possession et nous avons pris de nombreuses précautions pour les protéger », indique le communiqué. (Crédits : capture d’écran/Refuah)

    « Nous évaluons et modifions continuellement nos pratiques et nos contrôles internes afin de renforcer la sécurité et la confidentialité des informations de santé personnelles et protégées. Depuis cet incident, nous avons installé un nouveau pare-feu et procédé à une évaluation de la vulnérabilité. » Par souci de prudence, « nous avons notifié par écrit cet incident à partir du 29 avril 2022 » à toutes les personnes potentiellement concernées, dans la mesure où nous avions une dernière adresse connue.

    Selon le rapport du Centre de coordination de la cybersécurité du secteur de la santé (HC3) aux États-Unis, les ransomwares à l’origine des attaques sont LockBit 2.0 pour 31 %, Conti au même ratio, SunCrypt pour 16 %, Alphv et Hive tous deux à 11 %. Ce pour le seul premier trimestre de l’année 2022. (Crédits : capture d’écran/OCR)

    Dans un domaine proche et en relation, Adaptive Health Integrations a été confrontée à un piratage qui a eu un impact sur 510 574 personnes, selon le portail de l’Office for Civil Rights (OCR). Omnicell, McKenzie Health et Vail Health Services dénonçaient récemment avoir subi des cyberattaques. Le premier fabrique des systèmes automatisés pour la gestion des médicaments. Sur la 30e page du document, la société stipule que « certains de ses systèmes informatiques étaient affectés par un ransomware ayant un impact sur certains systèmes internes » en date du 4 mai 2022. Les autorités policières compétentes ont été informées. Omnicell n’en est qu’aux premiers stades de son investigation et ne peut définir, à l’heure actuelle, l’ampleur de la répercussion de cet événement sur ses activités.

    L’évènement contre Adaptive Health Integrations est la troisième plus grande violation de données de santé signalée de 2022, au 14 mai. Derrière Morley Companies, Inc. avec 521 046 personnes concernées et North Broward Hospital District avec 1 351 431 d’individus. (Crédits : Darko Stojanovic/Pixabay)

    Vail Health Services révélait que 17 039 personnes étaient possiblement touchées. Établi dans le Colorado, le système de santé à but non lucratif déclarait « après avoir rencontré des problèmes avec nos systèmes de réseau, nous avons rapidement enquêté et le 5 avril 2022 nous avons déterminé qu’un tiers avait potentiellement consulté ces informations le 11 février 2022. »

    Enfin McKenzie Health System, basé dans le Michigan, identifiait le 11 mars 2022 qu’« un tiers non autorisé avait accédé à nos systèmes et a supprimé certains fichiers. Nous avons ensuite entrepris un examen et une analyse de ces fichiers afin de déterminer quelles informations ils contenaient. Le 10 mai 2022, nous avons commencé à envoyer des lettres de notification aux personnes dont les renseignements ont pu être impliqués dans un incident de sécurité qui a perturbé le fonctionnement de certains de nos systèmes informatiques. » McKenzie Health a défini qu’ils comportaient des civilités, des données démographiques, des coordonnées, des numéros de sécurité sociale, des informations sur les prescriptions, des numéros de dossiers médicaux, des noms de prestataires, des dates de service, des informations sur l’assurance maladie et des informations sur les diagnostics et les traitements de 25 318 personnes.

    Les fuites de data de santé ou autre domaine sensible se répètent de plus en plus, que cela soit aux États-Unis, en Suisse, au Canada, en Italie ou en France, ce qui soulève des problèmes de sécurité. Pour rappel, le CERT Santé publie deux fiches réflexes et un guide concernant les attaques par rançongiciel. (Crédits : Mandy Klein/Pixabay)

    « Pour les patients dont les informations peuvent avoir été impliquées dans l’incident, nous leur recommandons de revoir les relevés qu’ils reçoivent de leurs prestataires de soins de santé et de contacter immédiatement le prestataire concerné s’ils constatent des services qu’ils n’ont pas reçus », a déclaré McKenzie Health System avant d’ajouter que « pour les patients dont les numéros de sécurité sociale peuvent avoir été impliqués, nous offrons gratuitement des services de surveillance du crédit et de protection de l’identité par Experian. »

  • Le phishing atteint les côtes anglaises

    Le phishing atteint les côtes anglaises

    Une méthode pour voler mots de passe, identifiants… est évidemment l’hameçonnage ou phishing. Des opérateurs malveillants ont détourné des comptes de messagerie du National Health Service (NHS) pour dérober des identifiants Microsoft. Plus d’un millier de messages auraient ainsi été envoyés à partir de comptes de messagerie du NHS appartenant à des employés en Angleterre et en Écosse, selon les chercheurs de la société de sécurité de la messagerie INKY.

    Le flegme britannique pourrait voler en éclats, car le service national de santé britannique est infecté par une campagne massive de phishing. Au cours d’une période débutant à l’automne dernier, jusqu’en avril 2022, le service de santé du Royaume-Uni a été la proie d’une vaste opération d’hameçonnage. L’utilisation sporadique de comptes légitimes du NHS pour envoyer des courriels à des tiers peu méfiants s’est transformée en une campagne massive au mois de mars, explique INKY.

    À partir d’octobre 2021, INKY a détecté 1 157 courriels d’hameçonnage provenant de « NHSMail » : le système de messagerie du NHS pour les employés basés en Angleterre et en Écosse. Ainsi, moins de méfiances sur les courriels. « L’année dernière, ce service a été transféré d’une installation sur site à Microsoft Exchange Online. Cette migration, avec son environnement de sécurité modifié, pourrait avoir été un facteur dans l’attaque. »

    « La majorité d’entre eux étaient de fausses notifications de nouveaux documents contenant des liens malveillants vers des sites de collecte de renseignements ciblant les informations d’identification Microsoft. Tous les e-mails comportaient également le pied de page NHS. » (Crédits : INKY)

    Le volume des attaques a considérablement diminué, depuis que l’entité a pris des mesures pour les stopper. Malgré tout les utilisateurs d’INKY ont encore reçu quelques courriels infectés provenant du domaine de messagerie du NHS (nhs[.]net) après cette date.

    L’UCL (University College London) une institution de premier plan, classée 8e meilleure université mondiale par le QS World University Rankings en 2020, a été confrontée à près de 60 millions de courriels malveillants au cours des trois premiers mois de 2022, selon des chiffres officiels. Les données, qui ont été obtenues en conséquence de la FOI (Freedom of Information) puis analysées par le groupe Parliament Street, soulèvent qu’un total de 58 628 604 spams, hameçonnages, logiciels malveillants et attaques de type edge block ont été bloqués avec succès par l’université entre le 24 décembre 2021 et le 23 mars 2022. En considérant les 60 millions d’envois, 1 371 396 sont passés, soit 2, 28 %, amplement satisfaisant pour occasionner des dégâts. La conduite à tenir serait que chaque utilisateur vérifie toujours soigneusement l’adresse e-mail de l’expéditeur, et examine chaque lien contenu dans un e-mail en les survolant. Bien, mais pas suffisant.

    « Les chercheurs d’Inky ont pu identifier que ces mails d’hameçonnage ont été envoyés à partir de deux adresses IP utilisées par le NHS. […] Aucune donnée de patient ne semble avoir été compromise durant cette opération de phishing », indique le site gouvernemental français Cyberveille Santé. (Crédits : misterfarmer/Pixabay)

    Imaginons que deux amis, Alice et Bob ont un blog dédié à la nature. Alice se fait voler ses identifiants par Mallory. Elle usurpe l’identité d’Alice pour envoyer un mail à Bob. Comme elle aura eu accès à la boite aux lettres, elle adaptera le contenu du courriel, la façon de s’exprimer, la nature de la demande, la signature, le logo, ais aussi les couleurs, etc. Elle envoie le courriel, piégé ou non, à Bob à partir de compte d’Alice. Justin déterminera après l’enquête l’impression qu’un courriel était envoyé à l’insu d’Alice, à partir de son propre compte courriel. Le code malveillant est déployé sur différentes machines compromises. Il communique à un C2 (command & control) pour obtenir des instructions. Elles sont le prénom, nom, le modèle (Template) de courriel à envoyer… mais surtout les comptes piratés (identifiants). D’où le conseil logique de ne pas cliquer sur un lien que vous ne connaissez pas. Oui… mais cela ne suffit pas. Il peut être nécessaire de mettre en place des mécanismes comme par exemple, le chiffrement avec clé publique et privée, de signer… au moins pour certains échanges.

  • Menace de sécurité chez Top Aces

    Menace de sécurité chez Top Aces

    Le gang de hacker Lockbit 2.0 affirme avoir volé 44 Go d’information qui appartiendrait à Top Aces, et menace de les divulguer le 16 mai 2022 à minuit. Top Aces, fondée en 2000 par d’anciens pilotes militaires, offre des services d’entraînement au combat aériens. L’entreprise dit détenir la plus importante flotte privée d’avions de chasse. L’entreprise québecoise multiplie les contrats d’entraînement au combat avec les armées canadienne, américaine et allemande, et plusieurs centaines de millions de dollars.

    La firme serait, selon les révélations du journal canadien La Presse toujours à la recherche des traces de l’intrusion. « On fait affaire avec une firme externe qui nous aide avec ça », dit la porte-parole Erin Black. Elle précisait qu’aucune demande de rançon n’avait été encore trouvée. En 2017, Top Aces décrochait un contrat de 480 millions avec la Défense nationale canadienne pour des services d’entraînement au combat. Le contrat, renouvelable, pourrait atteindre d’ici 2031 la valeur totale de 1,4 milliard. « Nous venons d’obtenir le même type de contrat, à plus petite échelle, en Allemagne. Et on vise d’autres partenariats en Europe, avec les Britanniques », expliquait en 2021 le directeur de la base de Saguenay, François Laroche.

    En 2019, l’US Air Force a accordé à Top Aces une partie d’un contrat de 6,4 milliards US pour entraîner ses pilotes au combat dans douze bases. Pour ces exercices, qui incluent des simulations d’opérations contre l’armée russe, la société a acheté une flotte de 29 avions F-16 usagés d’Israël.

    Dans une déclaration en février dernier, des pirates de LockBit expliquaient que « la plupart » de ses membres étaient des citoyens d’anciens pays de l’URSS, « comme des Russes et des Ukrainiens ». Ajoutant que ses programmeurs proviennent de Chine, des États-Unis, du Canada et de la Suisse. (Crédits : capture d’écran)

    Les Forces canadiennes sont incapables de déterminer l’effet que pourrait avoir cette cyberattaque sur la sécurité de leurs données et de leurs opérations, comme tout un chacun. « Nous ne sommes pas sûrs s’il y a un impact et si la fuite contient des informations qui nous appartiennent, dit le porte-parole de l’armée, Daniel Le Bouthillier. » Les conséquences de toute entité ayant subie une cyberattaque, ne sont connues qu’après rétablissement des infrastructures, et le calcul des sommes dépensées, régulièrement conséquentes.

  • Il y a cent ans… Trotski devenait millionnaire

    Il y a cent ans… Trotski devenait millionnaire

    Deux poids, deux mesures en fonction du côté où vous vous trouvez en 1922. La première est celle du procès des défenseurs du modèle socialiste, qui sont traités en tant que suspects, de l’autre la révélation que Lev Davidovitch Bronstein, dit Trotski, commissaire pour la guerre s’est enrichi. Deux articles l’un dénonce le non-respect du partage des richesses de la part d’individus ayant choisi une égalité sociale, du moins la réduction des inégalités, et la richesse astronomique accumulée.

    Une audience judiciaire doit se tenir pour juger des socialistes révolutionnaires. Dans les faits, ce 13 mai 1922 « la deuxième internationale envoie aux socialistes révolutionnaires, ennemis avérés de la révolution prolétarienne, dix défenseurs, laquais de la bourgeoisie, pour lesquels elle réclame l’autorisation de se rendre en Russie ». Parmi ces dix personnes, un ancien ministre français, et trois russes, qui selon le quotidien Le Journal seraient « prêt à répondre de la trahison ou mieux de l’infamie de leurs camarades ».

    La conférence de Gènes, virtuellement terminée, pose de nombreuses questions aux différents pays concernés. (Crédits : Le Journal/BnF/Gallica)

    C’est une question qui divise les ouvriers et le patronat, dans un contexte particulier. L’après première Guerre mondiale, sous l’attente de la fin de la conférence de Gènes, oppose deux blocs rivaux, d’un côté la Triple Entente constituée du Royaume-Uni, de la France et de la Russie représentant le club des empires coloniaux. De l’autre, la Triple Alliance composée de l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie en sont quant à elles dépourvues. Les prolétaires, qui n’obtiennent de ressources que du fait de leur travail, sont inquiets. La question de la solidarité internationale des travailleurs s’est posée dès le milieu du XIXe siècle.

    La IIe Internationale

    Ainsi dès 1848, Karl Marx (1813-1883) et Friedrich Engels (1820-1895) dans le Manifeste du parti communiste appellent les prolétaires de tous pays à s’unir. Un premier pas est franchi en 1864 par la création de l’Association Internationale des Travailleurs, à l’initiative de militants ouvriers français et anglais. Elle ne survit pas à la défaite de la Commune de Paris, puis à la série de crises financières et économiques, et s’éteint en 1876. La IIe Internationale existe toujours, mais sa grande époque coïncide avec les années antérieures à la Première Guerre mondiale. Elle est née entre 1889 et 1891.

    Un billet de 25 000 Roubles avant le changement de valeur de la monnaie dans la fin de l’année 1922. (Crédits : DR)

    Dans le même temps, c’est le Commissaire du peuple pour l’Armée et les Affaires navales de la Russie, Léon Trotski, qui se retrouve sous les feux des projecteurs. Il fait partie du gouvernement provisoire après la révolution d’Octobre, du 25 octobre 1917. Le IIe congrès des Soviets est composé de bolcheviks et de socialistes-révolutionnaires de gauche, qui avant de se séparer, instaure un « gouvernement ouvrier et paysan provisoire », le Conseil des commissaires du peuple, gouverne le pays « jusqu’à la réunion de l’Assemblée constituante ». Son président n’est autre que Vladimir Ilitch Lénine. Sauf que dans ce laps de temps, grâce à l’agence estonienne, des révélations sont faites lors de la séance du comité central exécutif à Moscou. Scharikoff, après avoir analysé l’activité financière de Trotski, le commissaire du peuple s’était enrichi de plus de 30 millions de roubles or, une petite fortune, un gros scandale.

  • Il y a cent ans… les prémices de la guerre civile chinoise

    Il y a cent ans… les prémices de la guerre civile chinoise

    Impressionnant, quand L’Homme libre explique, le 12 mai 1922 que la guerre des généraux reprendrait près de la grande muraille. L’opinion prévaut à Pékin, la publication du décret de destitution de Chang-Tso-Lin fait considérablement du bruit. La guerre ensanglante la Chine du nord. Pourquoi, les jeunes Chinois se battent-ils entre eux après avoir crée la Ligue de la jeunesse communiste chinoise (CYLC) ? Surtout lorsque Xi Jinping dans un discours-fleuve parlait le 10 mai 2022 de cette même jeunesse cent ans après. Quel est le leitmotiv poussant les jeunes à prendre les armes, il y a un siècle ?

    Le rêve du peuple est selon les écrits de 1922, de rétablir un gouvernement central puissant qui serait capable de défendre les intérêts du pays, qu’ils soient à l’extérieur comme à l’intérieur, adopter le système fédératif pour la république, supprimer le système des Toukuins, les gouverneurs militaires cumulant la fonction des gouvernements civils, administrant les provinces sans contrôle du gouvernement. De plus le rêve était de licencier les armées dites non régulières, dont la solde, l’équipement et l’armement épuisaient les ressources du pays. Une élection du parlement national central et les provinciaux, une révision de la constitution, une réorganisation administrative, financière et technique, voici en quelques mots le programme du général Ou-Pei-Fou.

    « Ce n’est qu’en visant haut qu’on peut regarder loin, […] . La jeunesse vigoureuse a besoin d’idéaux et de croyances fermes. Les jeunes Chinois de la nouvelle ère sont plus confiants, plus autonomes et plus riches dans l’esprit de réflexion et d’analyse. » (Crédits : capture d’écran/CCTV)

    Est-ce que le discours a évolué depuis la fin de la guerre civile ?

    La proclamation à Pékin du régime communiste chinois, le chef de l’État porte en premier lieu le titre officiel de « président du gouvernement populaire central de la République populaire de Chine » puis celui de « président de la République populaire de Chine », simple rhétorique. Xi Jinping, en poste depuis 2013, fêtait les 100 ans de la création de la CYLC, ce mardi 10 mai 2022. Elle fut créée une année après la fondation du Parti communiste chinois. En parlant de la jeunesse de son pays, la République démocratique de Chine, le président admettait qu’« avec l’influence de diverses pensées sociales, ils ont inévitablement quelques confusions dans des aspects tels que l’idéal et la réalité, les doctrines et les problèmes, l’égoïsme et l’altruisme, l’intérêt personnel et l’intérêt public, la nation et le monde. C’est pourquoi une éducation et une orientation approfondies et méticuleuses sont particulièrement nécessaires pour les aider à observer la société avec un regard vif, à penser à la vie avec un esprit clair et à créer l’avenir avec sagesse. »

    La communication est plus aisée avec les moyens actuels. Alors à savoir si le fond comme la forme ont changés, évolué sûrement, tout dépend alors de votre façon de regarder.
    Existe-t-il des similitudes entre différents États ? Le crédit social chinois peut-il s’exporter en Europe, comme un État policier en France ? (Crédits : capture d’écran/CCTV)

    Wu Peifu est Toukuin du Hounan et du Houpeï, est l’un des « derniers généraux lettrés de la vielle chine », mais il compte des adversaires tel le maréchal Tchang-So-Lin, et pour allié le général Tcheng-Tchouin-Ming, gouverneur civile et commandant en chef de l’armée du Canton, siège de l’armée du sud. Les deux entités réunies remportaient une victoire éclatante sur celles du maréchal Tchang-So-Lin. Ce dernier se réfugiait en Mandchourie et proclamait l’indépendance de ce son pays. Le gouvernement du Kuomintang, dirigé par Sun Yat-sen à Canton, revendique la souveraineté sur la République de Chine face au gouvernement des seigneurs de la guerre qui tient le nord du pays. Ce sont les prémices de la véritable guerre civile chinoise qui durera de 1927 à 1950.

  • Il y a cent ans… l’arrestation du lieutenant Leherpeux

    Il y a cent ans… l’arrestation du lieutenant Leherpeux

    Les faits divers s’affichent en première page, en ce mois de mai 1922. Il faut dire qu’après la saga du collier de Jane Marnac, la hausse du prix du pain, les voyages de Millerand et la conférence de Gênes, les lecteurs des différents canards ne varient que peu de sujets. C’est à nouveau le drame qui endeuille les lignes de la une. L’histoire d’un officier marié et père de trois enfants, qui était éperdument amoureux et entretenait une relation adultère avec la victime Charlotte Degred.

    À défaut de garçonnière, l’officier louait une chambre au 12 de la rue Mégevand à Besançon pour recevoir son amie en toute discrétion. Tout se passait pour le mieux quand, ce qui devait arriver arriva, la jeune femme tomba enceinte. Le lieutenant affolé résolut de couper court à cette situation embarrassante. Chose incongrue, il loua à un de ses ouvriers de l’arsenal, une pièce du logement occupé par M Cètre, au numéro 24 rue de l’école. Le contrôleur militaire demanda une permission du 4 au 11 mai 1922. De son côté, la jeune et crédule amoureuse prévenait sa famille qu’elle devait s’absenter quelques jours pour un voyage en terre dijonnaise.

    Entre deux tranches d’informations, le prix du pain n’augmentera pas cette année décidait le gouvernement. (Crédits : BnF/Gallicaà

    Le soir du 8 mai 1922, Cètre rentrait en son domicile et trouvait le lieutenant en pleurs. Les seules explications furent que Charlotte Degred était morte dans l’après-midi. Ouvrier, mais loin d’être imbécile, l’homme comprit qu’un drame venait de se dérouler en sa demeure. Il priait l’officier d’enlever le corps de la défunte, faute de quoi il avertirait la police. Il commettait à nouveau un crime. Leherpeux décida, malgré lui de déplacer le cadavre dans la chambre qu’il louait au 12 rue Mégevand. Selon les sources proches de l’enquête, il le fit à 23 h, les voisins n’entendirent aucun bruit. Il tenta de cacher, semble-t-il, ses méfaits, au vu de la mise en scène.

    Restés sur les lieux, le gendarme Le Bret et l’agent Briard remarquèrent un individu accompagné d’une femme et deux enfants. Ils filait et l’interpelait l’homme, avant d’être interrogé et mis en garde à vue. (Crédits : Chunleizhao/Pixabay)

    Le corps de Charlotte Degred fut placé dans son lit, les vêtements soigneusement pliés, bottines et bas au pied de la couche, avec une bougie à moitié consumée, tout aurait pu laisser croire à une mort naturelle. Hormis un détail d’importance, il partit avec femme et enfants en direction de Rennes où habite sa famille, car l’honneur était en jeu. À la descente sur le quai, il est 14 h 54, lorsque le convoi en provenance de Besançon posait les pieds à Rennes. La police locale, gendarmerie et sûreté attendaient de pied ferme l’officier. Un homme accompagné de sa femme et de deux enfants semblait correspondre au signalement. Les services d’ordre lui demandèrent s’il était le lieutenant Leherpeux.

    « Oui, oui ! » répondit-il. L’homme interpelé, femme et enfant poussaient des cris et pleuraient à chaudes larmes racontent le journaliste. À peine arrivé, le train à destination de Saint-Malo fut celui du retour en direction de Besançon. Mais le soi-disant officier protestait avec force. Les agents finirent par contrôler son identité, et s’aperçurent de la supercherie. C’était un cheminot qui se fit passer pour le lieutenant Leherpeux. Tandis que le vrai fut interpelé quelques instants plus tard, interrogé et mis en garde à vue.

  • Ransomware: le Lincoln College ferme définitivement

    Ransomware: le Lincoln College ferme définitivement

    Ce vendredi 13 mai 2022, l’établissement d’enseignement supérieur fermera ses portes de manière définitive après 157 années de bons et loyaux services, tous les employés seront licenciés à cette date. Le Lincoln College (LC), une institution privée à but non lucratif située dans le centre de l’Illinois, s’arrête dans trois jours. Il est invoqué une récente cyberattaque en décembre 2021 et des difficultés liées à une pandémie qui ont aggravé sa situation financière.

    Le Lincoln College a survécu à de nombreuses périodes difficiles et éprouvantes, la crise économique de 1887, un incendie sur le campus en 1912, la grippe espagnole de 1918, la Grande Dépression de 1929, la Seconde Guerre mondiale, la crise financière mondiale de 2008… mais c’est l’attaque subie en décembre 2021 par le biais d’un ransomware, qui achevait, semble-t-il, l’institution, elle n’a d’ailleurs pu restaurer ses systèmes informatiques qu’en mars 2022.

    Les tensions que l’ensemble des pays sur le globe terrestre subissent depuis deux ans ont mis à rude épreuve les trésoreries de multiples lieux d’enseignement supérieur aux États-Unis. Si certains s’en sortent, d’autres attendent que le bateau sombre faute de secours. Le cas du Bloomfield College, autre établissement privé à but non lucratif du New Jersey était en train de se noyer financièrement. Fort heureusement, la Montclair State University s’est engagée à le soutenir. Chose à préciser, les deux établissements étaient en négociation une fusion. Bloomfield est plus qu’une institution d’enseignement, il se présente comme le seul lieu d’éducation à prédominance noire, hispanique et minoritaire de l’État.

    « Le Lincoln College accueille des étudiants du monde entier depuis plus de 157 ans », a déclaré David Gerlach, son président, dans un communiqué. « La perte de l’histoire, des carrières et d’une communauté d’étudiants et d’anciens élèves est immense ». (Crédits : DR)

    Pour le Lincoln College, les prévisions laissaient entrevoir un manque cruel d’inscriptions, qui ne pourrait être comblé que par « un don ou un partenariat transformateur » pour maintenir l’institution à flot… leurs attentes fussent vaines. « Les charges économiques initiées par la pandémie ont nécessité d’importants investissements dans la technologie et les mesures de sécurité du campus, ainsi qu’une baisse significative des inscriptions avec des étudiants choisissant de reporter l’université ou de prendre un congé, ce qui a impacté la position financière de l’institution », lit-on sur le site Web de Lincoln.

    Lynx un jour, Lynx toujours était la devise des étudiants du Lincoln College, basé dans l’Illinois aux États-Unis. (Crédits : DR)

    Outre-Atlantique, plusieurs petites institutions dont leurs survies dépendent des frais de scolarité ont été contraintes de fermer leurs portes ou de fusionner avec d’autres institutions. Les raisons principales sont les difficultés financières exacerbées par la pandémie. Le Mills College en Californie, le Becker College dans le Massachusetts, le Concordia College de New York et le MacMurray College dans l’Illinois en sont des exemples notoires, malheureusement, le Lincoln College va rejoindre cette liste non close… la Lincoln Christian University, établissement privé situé à moins de 3 kilomètres, prend également des dispositions d’austérité. Elle met fin à la quasi-totalité de ses programmes de premier cycle et de ses activités sportives, pourrait réduire la taille de son campus et se concentre sur les programmes d’études supérieures et son séminaire.

    Un dernier au revoir

    Samedi 7 mai 2022, ils sont plus de 200 étudiants à avoir reçu leur diplôme, lors de l’ultime cérémonie. Les anciens élèves ont été invités à revenir le 30 avril dernier pour ressusciter les moments forts de leurs années. « Vous vous êtes tous battus pour empêcher cette institution de fermer. Je crois, si nous avions eu plus de temps, que nous aurions pu trouver quelqu’un, mais tout cela est hors de notre contrôle. Pendant ces deux semaines, les étudiants ont vécu une expérience incroyable d’apprentissage sur le leadership, la persévérance et la résilience », racontait Annette Roter sur le groupe Facebook « Save Lincoln College ».

    Ariana Trotter envoie un baiser à la foule avant le début des cérémonies au Lincoln Center, samedi après la dernière remise des diplômes. (Crédits : Clay Jackson/Herald & Review)

    La fermeture du LC est une source d’inquiétude pour la ville, car une maison de retraite, un centre de développement et d’autres sociétés ont déposé le bilan au cours des dernières années, explique Stacy Jackson au journal Herald & Review. Tous affichent pudiquement le même ressenti « je peux vous assurer que cette situation me brise le cœur. Je suis reconnaissant que le Lincoln College m’ait permis de grimper une échelle d’entreprise, me permettant d’être payé pour ma passion dans la technologie. Je suis reconnaissant pour l’expérience que j’ai acquise, les collègues que j’ai rencontrés, la faculté que j’ai aidée et les étudiants que j’ai servis », témoigne Lynn Allen sur le groupe Facebook Save Lincoln College.