Étiquette : Femmes

  • Lara, Brenda et Morena sauvagement assassinées en Argentine

    Lara, Brenda et Morena sauvagement assassinées en Argentine

    Le monde en Argentine s’est arrêté ce samedi 27 septembre 2025. Lara Morena Gutierrez, 15 ans, et deux cousines âgées de 20 ans, Brenda del Castillo et Morena Verri, sont décédées dans d’atroces souffrances. Elles étaient censées se rendre à une fête qui se révélera être un piège mortel… Sur fond de trafic de drogue. Aucune limite n’appartient à cette société criminelle. Leur calvaire aurait été filmé et diffusé en direct dans un groupe privé de plus de 40 personnes. Depuis, douze individus sont interpellées, un mandat d’arrêt international à l’encontre du chef présumé « Pequeño J ».

    Amérique du Sud, Buenos Aires, le 19 septembre 2025. La nuit tombe sur la capitale argentine, mais pour Brenda Del Castillo (20 ans), Morena Verdi (20 ans) et Lara Gutiérrez (15 ans), la soirée s’annonçait festive. Elles quittent leurs foyers et montent dans un pick-up blanc au rond-point du quartier de « La Tabalada », vers 21 h 30. Elles viennent tout simplement de disparaître à jamais. Leurs téléphones cessent d’émettre. L’ultime bornage permettra à la police de localiser leur dernière position.

    L’Argentine s’indigne face au triple féminicide

    Leurs corps sont retrouvés cinq jours plus tard dans une maison à Florencio Varela, à moins de trente kilomètres au sud de Buenos Aires. Lara, Brenda et Morena ont été torturées, mutilées, tuées et enterrées dans le jardin. « Il y a eu préméditation […] », a déclaré mercredi le ministre de la Sécurité de la province de Buenos Aires, Javier Alonso. C’est à 21 h 29 que les trois jeunes femmes sont montées volontairement dans un pick-up Chevrolet Tracker de couleur blanche. Elles attendaient à l’intersection des avenues Monseñor Bufano et Crovara près de la station-service, dans la localité de La Tablada, située au nord-est du district de La Matanza, dans la province de Buenos Aires.

    La Direction départementale des enquêtes (DDI) de La Matanza a suivi le trajet du véhicule volé grâce à la vidéosurveillance. Le chauffeur se stoppe devant une maison, placée dans les rues Chañar et Jachal, à Varela. Plusieurs perquisitions ont été menées peu avant 8 heures ce mercredi 24 septembre, conduisant à de nombreuses arrestations.

    Deux corps ont été retrouvés enterrés, le troisième une heure après. Après avoir été transportés à la morgue, les proches ont reconnu les victimes. Les autopsies révèlent l’horreur : coups, brûlures, mutilations, démembrements. (Crédits : Google Maps)

    À Lara, on a coupé les cinq doigts d’une main et une partie de l’oreille avant de la décapiter. Morena et Brenda ont subi des tortures similaires. Le crime aurait été commandité par Tony Janzen Valverde Victoriano, alias « Pequeño J », trafiquant péruvien de 20 ans, et son bras droit, Matías Agustín Ozorio, également péruvien. Le procureur Gastón Duplaá de l’UFI décentralisée nᵒ 2 de La Matanza est chargé de l’enquête. « Les trois jeunes femmes assassinées, selon la plainte de leurs familles, étaient exploitées sexuellement dans cette région », relate Pagina 12.

    Des peines de prison jusqu’à perpétuité

    Au stade de l’enquête, douze individus sont en détention préventive pour ce triple assassinat. Quatre personnes en lien avec le lieu du crime. Il s’agit de Miguel Villanueva Silva, Péruvien, et d’Andrés Maximiliano Parra, Celeste González Guerrero et Daniela Iara Ibarra, tous trois Argentins. Ils sont inculpés d’« homicide qualifié pour avoir été commis avec la participation préméditée de deux ou plusieurs personnes, pour avoir été commis par traîtrise et acharnement et pour avoir été commis par un homme contre une femme par violence de genre ». L’un d’eux a évoqué le vol de 5 kg de cocaïne comme origine des crimes.

    Les huit autres détenus ont été arrêtés dans un bidonville de Buenos Aires, accusés d’appartenir à l’organisation criminelle qui perpétra ces assassinats. Magalí Celeste González Guerrero (28 ans), Andrés Maximiliano Parra (18 ans), Iara Daniela Ibarra (19 ans) et Miguel Angel Villanueva Silva (27 ans) sont d’ores et déjà transférés à la prison de Melchor Romero. Magalí Celeste González Guerrero a décidé de coopérer avec la justice. Ces informations cruciales ont permis de faire la lumière sur le déroulement du crime et les identités des agresseurs.

    Lázaro Víctor Sotacuro, cinquième suspect pour le triple féminicide, a été capturé dans un foyer à Villazin (Bolivie), à 600 mètres de la frontière avec l’Argentine. La police recherche le présumé commanditaire, un narcotrafiquant péruvien Tony Janzen Valverde Victoriano, alias « Pequeño J », contre lequel pèse un mandat d’arrêt international, ainsi que deux tueurs à gages. (Crédits : Ron Lach/Pexels)

    Ce triple assassinat est officiellement qualifié de féminicide. Villanueva Silva et Ibarra, s’ils sont reconnus coupables par un tribunal, encourent la réclusion à perpétuité, soit 50 ans de prison au maximum selon le code pénal modifié en 1994. Les deux autres personnes arrêtées, Andrés Maximiliano Parra, 18 ans, et Magalí Celeste González Guerrero, 28 ans, qui nettoyaient la scène de crime, ont été accusées de recel aggravé. Tous ont été déférés à la demande du procureur Dupláa, avalisée par le juge d’instruction de l’affaire.

    Manifestations spontanées dans l’ensemble du pays

    Des manifestations spontanées ont éclaté à Plaza de Mayo et devant le Congrès. Des centaines de citoyens dénoncent ainsi l’inaction des autorités face au problème colossal du trafic de drogue en Argentine. Les slogans scandés à l’unisson « Justice », des bougies allumées sur les trottoirs et des pleurs étouffés à la hauteur de la douleur collective. « L’Argentine n’est pas habituée à des crimes perpétrés avec autant d’acharnement », affirme El País América.

    « Il n’y a pas de précédent pour la sauvagerie, et encore moins pour la brutalité avec laquelle ces trois jeunes femmes ont été assassinées », qualifie l’avocat de la famille de Brenda, Fernando Burlando. Le gouverneur Axel Kicillof a pris la parole, appelant à une réponse coordonnée face au narcotrafic et exhortant le président Milei à prendre ses responsabilités.

    « Je demande au président qu’il convoque urgemment les gouverneurs pour une table de travail nationale, parce que la question du narcotrafic est internationale, mais elle affecte tout le territoire de l’Argentine », a exigé Axel Kiciloff. Le message est clair : le pays ne peut plus ignorer l’ampleur du fléau. Cependant, la Casa Rosada est restée silencieuse, alimentant le sentiment d’impuissance face à une menace qui dépasse les capacités des autorités locales. (Crédits : Anita Pouchard Serra/El País)

    Les enquêtes préliminaires orientent les soupçons vers des réseaux de narcotrafic actifs dans plusieurs provinces. Les experts et autorités judiciaires indiquent que ce triple meurtre pourrait être lié à des luttes internes entre cartels. Mais également à une stratégie d’intimidation des populations et des témoins. Le modus operandi correspond aux méthodes observées dans d’autres affaires de criminalité organisée transnationale. « Les quartiers les plus humbles d’aujourd’hui sont gérés par le trafic de drogue avec la complicité de la police, c’est comme ça », témoigne Vanina, au quotidien El País.

    Une onde de choc

    L’Argentine se réveille groggy de ce déchaînement de violence. Ces féminicides, loin d’être de simples drames isolés, révèlent le mécanisme pervers d’une société où les réseaux de drogue exploitent la vulnérabilité des quartiers populaires. Lieux où les femmes deviennent les premières victimes collatérales, car le corps des femmes devient une monnaie d’échange. Les tueurs liés à des bandes criminelles, transforment la mort en message, la peur en stratégie de contrôle.

    Ces narcotrafiquants utilisent la violence « pour envoyer un message à la communauté de voisins où ils s’installent ou aux autres groupes avec lesquels ils peuvent avoir une rivalité ; ou pour inspirer la peur ou s’amuser un moment », explique Esteban Rodríguez Alzueta, chercheur à l’université nationale de Quilmes, « Aujourd’hui, ce sont mes deux petites-filles qu’ils ont tuées. Cette fois-ci, ils ont pris trois vies, mais demain, ils vont en prendre quatre, puis cinq. Ça ne peut pas continuer comme ça », a déclaré au quotidien Perfil le grand-père de Morena et Brenda.

    Ce féminicide n’est malheureusement pas un fait divers isolé. Cette violence s’inscrit dans une dynamique régionale où le narcotrafic mexicain, paraguayen et brésilien étend son influence. L’Argentine devient un point stratégique pour le trafic de drogue. (Crédits : Anita Pouchard Serra/El País)

    Les cartels utilisent des zones comme Florencio Varela pour écouler leur marchandise, blanchir de l’argent et exercer leur pouvoir. Ils profitent et exploitent la vulnérabilité des quartiers populaires pour asseoir leur domination. La dimension géopolitique de ce triple féminicide apparaît dès lors que l’on considère le rôle des réseaux de narcotrafic dans la région. L’Argentine, comme toute l’Amérique du Sud, telle la Colombie se retrouve exposée à une criminalité capable d’influencer les décisions politiques et économiques. Les cartels utilisent la terreur ciblée pour intimider les populations et fragiliser les administrations locales, compliquant la gouvernance et la mise en œuvre des politiques publiques.

    Arrestations de Matías Ozorio et « Pequeño J »

    Le présumé commanditaire et son bras droit sont désormais sous les verrous. Les deux criminels avaient pris la fuite au Pérou. La police de Buenos Aires a confirmé mardi 30 septembre — en collaboration avec la direction antidrogue de la police nationale péruvienne — avoir arrêté au sud de Lima « Pequeño J », le présumé commanditaire du triple féminicide narco à Florencio Varela. La fuite de Tony Janzen Valverde Victoriano s’est interrompue sur l’autoroute Panamericana à 70 kilomètres de Lima, caché dans un camion.

    Avec Matías Agustín Ozorio, il devait se rejoindre à 22 heures, sur la place Parque Lima dans le district de Los Olivos. Aucun des deux n’est arrivé au point de rencontre. Le dernier post des cousines était une image à l’intérieur du véhicule. Deux porte-clés, l’un de « Baby Yoda » et l’autre de « Luigi ». Ces porte-clés contenaient des bâtonnets avec lesquels les filles consommeraient de la drogue nommé Tusi.

    « Ils veulent stigmatiser les victimes en disant qu’elles voulaient de l’argent facile ou qu’elles étaient des prostituées, comme si c’était pour cela qu’il était juste de les tuer, sans même savoir comment est la vie dans nos quartiers, les rares options qui sont offertes aux filles pour vivre, pour survivre », ajoute Vanina. (Crédits : Infobae)

    Brenda, Morena et Lara ne sont pas seulement des victimes individuelles. Leur mort résonne comme un signal d’alarme pour tout un pays, voire un continent. Cela souligne la nécessité de renforcer les dispositifs de sécurité, d’éclairer la société sur les enjeux du narcotrafic et de coordonner les efforts internationaux. Entre émotion, indignation et réflexion stratégique, l’Argentine est confrontée à l’urgence. L’urgence de protéger ses citoyens et ses institutions contre des menaces de plus en plus complexes et globales.

  • L’étonnant printemps de 1925

    L’étonnant printemps de 1925

    Une société évolue sans cesse, sinon elle meurt. Si les femmes voient leurs droits et leurs devoirs s’aligner sur ceux des hommes, ce ne fut pas toujours le cas. La politique se targue de vouloir afficher autant de femmes que d’hommes dans les assemblées. Mais il a fallu bien du courage aux femmes, aux suffragettes peu importe le parti politique, pour se mettre dans la lumière en 1925. Si les réseaux libèrent la parole et la portent aux quatre coins du monde, seule la presse existe en 1925, il ne faut pas l’oublier. La liberté d’aujourd’hui s’est construite hier.

    Le 26 août 1925, le quotidien « Le Journal » publie un croquis satirique intitulé « L’évolution féminine ». Derrière la caricature, un constat : la société française change, lentement, mais irréversiblement. Alors que l’Europe panse encore les plaies de la Grande Guerre, déjà, une autre bataille s’esquisse : celle de l’émancipation des femmes.

    Élues sans avoir le droit de vote

    Ce printemps-là, les Français sont appelés aux urnes pour les élections municipales des 3 et 10 mai 1925. Le scrutin marque un tournant. Le Parti communiste ose présenter une dizaine de candidates, un geste plus qu’audacieux à une époque où l’idée même d’une femme en politique hérisse encore la plupart des formations. « En dehors du Bloc ouvrier et paysan, les femmes candidates sur des listes électorales sont loin de réjouir les autres partis », rappellent les archives. Mais l’histoire s’écrit dans le tumulte : pas à pas, une brèche s’ouvre dans le mur de l’exclusion.

    La polémique est telle que le ministère de l’Intérieur doit intervenir. Il ordonne à la préfecture de la Seine d’instruire chaque bureau de vote : les bulletins déposés en faveur d’une candidate doivent être comptés. Une précision qui en dit long sur les résistances de l’époque.

    Et le 10 mai, l’impensable se produit : plusieurs femmes accèdent à des conseils municipaux de banlieue parisienne. Augustine Variot à Malakoff, Marie Chaix à Saint-Denis, Marthe Tesson à Bobigny. Événement doublement paradoxal : ces élues siègent dans l’arène politique… sans avoir, elles-mêmes, le droit de voter. Cela semble ubuesque aujourd’hui, mais « plus d’une dizaine d’entre elles sont élues », écrit Retronews.

    Mais l’accession de Marthe Tesson au poste d’adjointe au maire soulève alors un brouhaha national. Comment admettre qu’une femme dirige… alors qu’elle n’est même pas reconnue électrice ?

    Un imbroglio politique

    À travers ce printemps mouvementé, un symbole s’impose : l’égalité réelle ne naît pas d’un décret unique, mais de batailles successives, de brèches ouvertes et de résistances affrontées. Comme le dessin du quotidien Le Journal, l’évolution d’une société se mesure à l’équité de ses droits et de ses devoirs.

    Il faudra attendre vingt ans encore, et l’ordonnance du 21 avril 1944, pour que les Françaises obtiennent enfin le droit de vote et d’éligibilité. Mais en ce mois de mai 1925, dans les urnes de banlieue, le futur de la République s’était déjà invité. (Crédits : Le Journal/BnF/Gallica)

    L’exemple de Marthe Tesson ou Marie Chaix est criant de vérité sur la société d’hier, elle évolue petit à petit. Marthe Tesson siégera au conseil municipal de Bobigny jusqu’en novembre 1925, en tant que deuxième adjointe. Une suspension préfectorale d’un mois prononcée le 15 juin 1925, puis une de trois mois le 11 juillet entravent leurs avenirs d’élues politiques. Marthe Tesson et Marie Chaix, portent un recours devant le Conseil d’État, mais celui-ci sera rejeté le 29 janvier 1926. Elles quittent leurs fonctions le jour même.

  • L’avenir des Femmes en pointillé ?

    L’avenir des Femmes en pointillé ?

    Une proposition de loi en Irak pourrait légitimer le mariage d’enfants. Tout est lié à la jurisprudence chiite et à l’âge de la puberté. Le Code en vigueur est scindé en deux parties. Il régit les dispositions relatives au statut personnel selon la « jurisprudence chiite Jaafari » (statut personnel) et l’autre la « jurisprudence sunnite ». Tant et si bien, qu’un garçon pourrait être marié dès l’âge de 15 ans, tandis qu’une fille dès l’âge de 9 ans. Mais que penser des 35 articles de loi qui restreignent encore les Afghanes et leurs droits à l’existence, à la vie ?

    La différence de compréhension des us et coutumes est fonction du Code sur lequel se base chaque pays. En France, le Code civil est le reflet de la société française. Depuis 1804, il organise l’essentiel de la vie quotidienne (nationalité, filiation, mariage, successions, responsabilité civile…). Puisqu’il s’agit des droits des femmes dont il est question que ce soit en Afghanistan, en Irak, en Iran, au Maroc, au Koweït… qu’en est-il en France ?

    L’évolution des droits des femmes en France

    Lors d’un entretien sur le discours, pour le droit à l’IVG, prononcé par Simone Veil en novembre 1974 à l’Assemblée nationale, Claudine Monteil s’écria « Simone, nous avons gagné ! » Ce à quoi Simone de Beauvoir répondit : « Certes, Claudine, nous avons gagné, mais temporairement. Il suffira d’une crise politique, économique et religieuse, pour que les droits des femmes, nos droits, soient remis en question. » L’évolution des droits des femmes en France s’écrit en plusieurs dates. La première est Olympe de Gouges qui publie en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

    S’en suivent le 29 avril 1945, avec le vote aux élections municipales ; le 27 octobre 1946, « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à deux des hommes. » ; Germaine Poinso-Chapuis est en novembre 1947 la première femme ministre, il faut attendre 1974 pour voir Simone Veil à la tête d’un ministère ; dès le 13 juillet 1965 « les femmes peuvent gérer leurs biens propres et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari. » Autorisées à disposer de l’argent sur leur compte bancaire, sans avoir à demander à leurs maris.

    Le 4 juin 1970 autorité parentale conjointe ; 22 décembre 1972, la loi pose le principe d’égalité de rémunération ; 6 mars 1980, Marguerite Yourcenar devient « immortelle » en entrant à l’Académie française.

    (Crédits : Christina Morillo/Pexels)

    Le 17 janvier 1975, la Loi n° 75-17 autorisant l’IVG, dite « loi Veil » est adoptée pour 5 ans. Elle est définitive par la loi du 31 décembre 1979. Le 23 décembre 1980, la Loi n° 80-1041 donne une définition précise du viol et le reconnaît comme un crime ; 17 juillet 1984, la Cour de Cassation reconnaît pour la toute première fois le viol entre époux en instance de divorce. Le viol entre époux est reconnu par un arrêt de la Cour de Cassation le 5 septembre 1990. Le 4 mars 2024, dernière évolution, l’IVG est inscrite dans la Constitution française. « Votre vie durant, vous devrez demeurer vigilante », concluait Simone de Beauvoir.

    Le Code civil, pierre angulaire de la société

    Le Code civil dit « Code Napoléon » est composé de trois livres. Le Livre I dit « des personnes », le Livre II « des biens et des différentes modifications de la propriété » et le Livre III « des différentes façons dont on acquiert la propriété ». Puisque la proposition de loi en Afghanistan sacralise l’âge minimal du mariage, qu’en est-il en France ?

    L’article 144 du Code civil dispose que « le mariage ne peut être contracté avant dix-huit ans révolus. » Cependant l’article 145 ajoute que « néanmoins, il est loisible au procureur de la République du lieu de célébration du mariage d’accorder des dispenses d’âge pour des motifs graves. »

    En 1905, la loi du 9 décembre sur la séparation des Églises et de l’État assure la liberté de conscience de culte. Chacun est donc libre de pratiquer la religion de son choix comme de ne pratiquer aucune religion.

    Concernant le mariage, jusqu’à la Révolution (1789) le droit canonique s’applique. Donc l’âge nubile et majorité matrimoniale est de 12 ans pour les filles et 14 pour les garçons. La loi du 21 septembre 1792 dispose du mariage dès 13 ans pour les filles de 15 pour les garçons. Sous couvert du consentement des parents jusqu’à l’âge de 21 ans.

    Cet âge nubile atteint 18 ans pour les garçons dès l’instauration du Code civil en 1804. Celui des filles est de 15 ans. Il faudra attendre la Loi n° 2006-399 du 4 avril 2006 pour que l’article 144 assure l’âge de 18 ans pour toutes et tous.

    Puis, le Parlement adopte le 23 avril 2013, la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Elle est promulguée le 17 mai 2013. (Crédits : BnF/Gallica)

    Tout cela semble être normal au regard de la « génération Z » (ne pas confondre avec la GEN-Z) et celle en devenir, « Alpha ». Parfois les désobéissances chamboulent et permettent l’évolution des droits. Le manifeste des 343 est un parfait exemple. Piqûre de rappel aux générations Z et Alpha, le simple fait de savoir que porter un pantalon est légalement autorisé pour les femmes seulement depuis le 31 janvier 2013, change la vision du monde.

    L’impact sur la vie des femmes en Irak

    Dans de nombreux pays au Moyen-Orient comme en Afrique, il existe un code de statut personnel (SP). En 1959, l’Irak se dote du Code de Statut personnel, ce après de nombreux pays tels la Syrie (1953), la Tunisie (1956), le Maroc (1958). Le Code du Statut personnel date du 30 décembre 1959 en Irak (Loi n° 188 du 30-12-1959). Il fera l’objet de neuf amendements (1963, 1978, 1980, 1981, 1985, 1986, 1987, 1994, 1999).

    Le général Abdel Karim Kassem arrive au pouvoir (1958-1963), et la question de codifier le Statut personnel est à nouveau posée. Issu d’un processus commencé en 1947, le Code (Qânûn) du Statut personnel irakien est créé douze ans plus tard.

    La volonté de modification ne date pas d’hier. Le projet de loi fondé sur les jurisprudences de l’école Jaafari, par l’imam chiite Jaafar al-Sadiq, est adopté par le conseil des ministres le 25 février 2014. Dix ans plus tard, il est à nouveau d’actualité. La proposition de réforme est celle du député Raëd al-Maliki.

    Ce qui sacralise les tensions le mariage. Si la doctrine classique de toutes les écoles s’appuie sur le verset 3 de la quatrième sourate du Coran, la vie moderne impose quasiment partout la monogamie.

    C’est plus particulièrement l’âge minimum qui pousse les mères à manifester. Selon le Code le mariage est autorisé à partir de 18 ans. À une exception près. La loi irakienne dispose qu’une fille de 15 ans peut être mariée à condition d’obtenir l’autorisation d’un juge et de la famille (Loi de 1959, Art. 7.). Comprendre ici que la famille est le Wali, soit le père ou tuteur légal.

    La volonté de modification du statut personnel impacte la vie des femmes. « Les principales critiques du projet portaient sur la légalisation des mariages d’enfants, la privation des droits fondamentaux des femmes et la confessionnalisation des affaires personnelles », écrit1 Sardar Aziz docteur en administration publique.

    Les premières modifications du SP sont intervenues après la guerre du golf en 1991. « Cet amendement permet le mariage des mineurs, autorise les mariages contractés en dehors des tribunaux, accorde des pouvoirs aux dotations chiites et sunnites ainsi qu’à d’autres entités ! Il prive les femmes de leurs droits à l’héritage et divise encore plus l’Irak en fonction des branches religieuses, mettant fin à l’État civil. » (Crédits : capture d’écran/X/Ala Talabani)

    L’UNICEF rapporte que 28 % des filles sont mariées avant 18 ans. La Mission d’assistance des Nations Unies quant à elle relate que 22 % des mariages non enregistrés impliquent des filles de moins de 14 ans. Ce dixième amendement aurait des effets incommensurables sur les droits des femmes et des filles, alors garantis par le droit international. S’il est appliqué, il autoriserait le mariage de fillettes âgées de neuf ans, les exposant à un risque accru de violence sexuelle et physique, sans oublier les conséquences sur leur santé physique et mentale, ainsi que la privation d’éducation et d’emploi.

    Les femmes victimes d’être femmes en Afghanistan

    L’Afghanistan est depuis 2021, le théâtre inexorable de privation des droits. La presse comme les politiques sont unanimes, la répression envers la population afghane, et particulièrement les femmes suscitent l’effroi. Depuis la prise du pouvoir des talibans, les femmes perdent un peu plus leur identité, leur existence… Pourtant la photo qui suit révèle une partie de l’Afghanistan des années 60 — 70.

    Femmes, Afghanistan, liberté

    « Il y avait aussi beaucoup de femmes dans les années 1960 et 1970 — même dans les zones urbaines — dont la vie était plutôt régie par le purdah, et qui ne sortait pas pour étudier ne sortaient pas pour travailler », explique Heather Barr, en 2017. Les populations tribales étaient considérablement conservatrices dans le milieu des années 60. Elles représentent environ 90 %.

    Une loi composée de 35 articles est annoncée, puis publiée au journal officiel le 31 juillet 2024 par le ministère de la justice taliban. Elle a pour but de « promouvoir la vertu et prévenir le vice ». « Les femmes doivent couvrir leur corps entièrement en présence d’hommes n’appartenant pas à leur famille ». Auquel se rajoute de cacher tout ou partie de leur visage via un masque « par peur de la tentation ». Faut-il échanger les habits pour éviter la tentation ? Faut-il éduquer les hommes à se contenir, s’ils ont peur de céder à la tentation ?

    Elles ne doivent pas faire entendre leurs voix en public. Mais l’absurdité ne s’arrête pas là. Les conducteurs de véhicules sont aussi restreints dans leurs libertés : pas de musique, pas de drogue, de transport de femmes non voilées, de femmes en présence d’hommes de leur famille (Mahram). Elles résistent en bravant les interdits pour leurs libertés. (Crédits : Laurence Brun/Gamma-Rapho/Getty-Images)

    Mais également, l’adultère, l’homosexualité, les jeux d’argent, les combats d’animaux ou d’hommes (MMA), la création ou le visionnage d’images d’êtres vivants sur un ordinateur ou un téléphone portable, l’absence de barbe ou une barbe trop courte pour les hommes, des coupes de cheveux « contraires à la charia ». L’UNICEF martèle dans le rapport 2023. que « comparées aux filles qui ont uniquement reçu une éducation primaire, les filles qui ont suivi une éducation secondaire sont moins exposées aux risques de mariage d’enfants et de grossesse adolescente. » Quel avenir quand elles n’ont pas accès à l’école, en cette semaine de rentrée scolaire ?

    1. https://www.cfri-irak.com/article/parlement-irakien-confessionnalisation-des-affaires-personnelles-2024-08-16 ↩︎
  • L’Espagne à la pointe de l’égalité entre Femmes et Hommes ?

    L’Espagne à la pointe de l’égalité entre Femmes et Hommes ?

    Après le congé menstruel, le continent ibérique a le vent en poupe. C’est une assiette jetée dans l’évier ou plutôt le non-vidage du lave-vaisselle qui fait polémique. La période du Covid-19 a passé au révélateur les pratiques des ménages à travers le monde. Tant et si bien que les hommes japonais découvraient les tâches domestiques durant la pandémie. Une application mobile devrait voir le jour en Espagne courant de l’été. Elle devrait permettre une meilleure répartition des corvées.

    Dorénavant tout semble se résoudre grâce aux smartphones, ces outils sont tellement intelligents qu’ils supplantent l’être humain. Comment résoudre un problème d’éducation, faites une application ! Comment résoudre un problème de discussion, faites une application ! Donc le gouvernement espagnol se penche pour une réalisation avant l’été d’une « application » pour mesurer le partage des tâches ménagères.

    Le confinement a eu du bon au Japon. Les hommes japonais en temps normal, « ne voient généralement leur famille que brièvement le matin et le soir », ont passé les jours de semaine à la maison en raison de l’état d’urgence déclaré par le gouvernement. « Ce qui leur permet de constater le nombre de tâches à accomplir ». (Crédits : Simon Kadula/Pixabay)

    L’OCDE estime, dans son rapport 2022 que les femmes effectuent deux fois plus de corvées que la gent masculine. Selon l’OCDE « Les femmes continuent de consacrer une part disproportionnée de leur temps aux tâches familiales et domestiques non rémunérées, ce qui compromet leur présence sur le marché du travail, surtout lorsqu’elles ont des enfants. » Le 16 mai 2023, la secrétaire d’État à l’Égalité et contre la Violence de genre, Ángela Rodríguez Martínez, a annoncé l’élaboration de cet outil devant le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, à Genève, en Suisse.

    Statistiques et répartition des tâches

    La secrétaire d’État a rappelé que « la coresponsabilité en matière de soins et la répartition effective au sein du foyer » ne sont pas encore égales. « Les femmes consacrent plus de temps aux tâches domestiques que les hommes », a-t-elle ajouté. De son côté Abestit explique que les femmes travaillent huit semaines de plus que les hommes. « Elles consacrent 31 heures, contre 18 pour les hommes, soit 13 heures de plus », évoque Eurofound. Ainsi selon le rapport Eurofound 2022, nous sommes 41 % à nous occuper des enfants contre 30 % de nos conjoints. Concernant les tâches ménagères, elles sont 74 % à effectuer des tâches ménagères quotidiennes, contre 42 % des hommes. Des pourcentages qui n’ont que très peu évolué depuis 2003.

    La secrétaire d’État espagnole a rappelé que « la coresponsabilité en matière de soins et la répartition effective au sein du foyer » ne sont pas égales. (Crédits : Steve Buissinne/Pixabay)

    Chaque semaine, elles y consacrent 31 heures, contre 18 pour les hommes, soit 13 heures de plus, rappelle Eurofound. Elles sont ainsi 41 % à s’occuper des enfants tous les jours, contre 30 % des hommes, et 74 % à réaliser des corvées quotidiennes, contre 42 % des hommes. Des pourcentages qui n’ont que très peu évolué depuis 2003. Certes, les hommes effectuent davantage de travail à l’extérieur que les femmes : 42 heures par semaine en moyenne en Europe, contre 37 heures pour les femmes. Ce qui explique d’ailleurs qu’ils soient plus nombreux (46 %) que les femmes (43 %) à souhaiter réduire leur temps de travail, note Eurofound.

    Inégalité dans l’exécution des tâches

    Faire les courses, la vaisselle, le petit déjeuner, le ménage, enlever le rouleau de papier toilette vide… régulièrement, pour ne pas dire tout le temps, c’est l’apanage des femmes. « Dans un avenir proche, nous présenterons une application permettant de comptabiliser les tâches ménagères effectuées par les différents membres de la famille, afin de connaître les heures de travail que nous nous devons les uns aux autres à la maison et de pouvoir ainsi réorganiser notre temps de travail à la maison », annonçait Irene Montero à Genève.

    Tous les journaux s’en donnent à cœur joie. Les dernières données de l’INE, l’INSEE espagnol, « 76,5 % des femmes effectuent la majeure partie des tâches ménagères, contre 23,5 % des hommes ». Le côté amusant est qu’Ana Iris Simón explique, pour El País, que dans les villes de plus de 50 000 habitants (El Ejido, Ceuta, Marbella et Melilla) les hommes ne cuisent même pas les œufs. « Il serait curieux de croiser ces données avec celles relatives à la consommation de jambon. »

    Il est incorrect semble-t-il de dire « j’aide ma compagne, mes colocs, ma femme… » dans les tâches ménagères, elles doivent être réalisées tout simplement. Alors peu importe la personne qui s’en occupe. Le but est de remettre en question les usages, mais pas besoin d’application pour ça, juste du bon sens, enfin j’espère.

  • La recrudescence de meurtres de femmes en Espagne inquiète l’État ibérique

    La recrudescence de meurtres de femmes en Espagne inquiète l’État ibérique

    Un drame de plus secouait la péninsule ibérique le 23 janvier 2023. La violence faite aux femmes avait franchi un cap. Le cri de la population espagnole nombreuse dans les rues, affiche banderoles à l’effigie de Paloma Pinedo Rodriguez et sa fille, India Lopez Pinedo, 8 ans. Selon les statistiques officielles, huit femmes auraient été assassinées par leur partenaire actuel ou passé depuis le début de l’année 2023 (21 en France). Pour l’ensemble de l’année dernière, ce chiffre était d’au moins 49, dont 11 en décembre.

    Paloma Pinedo Rodriguez avait 45 ans et vivait avec sa fille de 8 ans, au 66 du Paseo de Zorrilla à Valladolid. C’est à cet endroit même où elle a été poignardée à mort par son petit ami, qui a également tué la petite fille aussi par arme blanche. L’auteur présumé, David Maroto avait avoué son crime aux forces de l’ordre espagnoles qui le gardaient à l’Hôpital Clínico de Valladolid. « Je ne sais pas, je ne sais pas. Je ne sais pas ce qui m’est arrivé », relatait El Diario de Valladolid. David Maroto y était soigné après s’être infligé des blessures à la poitrine, aux bras ainsi qu’aux jambes après avoir commis le double assassinat.

    « Les femmes restent les principales victimes : 122 femmes sont décédées des suites de violences conjugales contre 21 hommes. Douze enfants ont succombé aux blessures des agresseurs. Les tranches d’âge les plus exposées aux morts violentes sont les 30-49 ans et les plus de 70 ans », indique Vie Publique. (Crédits : TréVoy Kelly/Pixabay)

    Une loi adoptée le 28 décembre 2004 œuvre à la protection des femmes victimes de violences. Sept années après un drame sans nom. En 1997, Ana Orantes avait été forcée de partager son domicile avec son ex-mari par le tribunal qui avait prononcé leur divorce. Ana Orantes, une femme de 60 ans avait été battue, jetée depuis un balcon, puis brûlée vive par son ex-mari, après avoir dénoncé plusieurs fois ses violences aux autorités et à la télévision.

    En 2021, Libération écrivait un article relatant cinq meurtres de femmes en Espagne. « Nous ne pouvons pas détourner le regard tant que ces assassinats se produiront chaque jour. Nous ne devons pas nous sentir étranger à la douleur ou à la peur ressenties par des milliers de femmes juste parce qu’elles sont femmes dans notre pays », déclarait le Premier ministre Pedro Sánchez.

    Bien que les hommes soient, à l’échelle mondiale, les principales victimes d’homicide (81 % d’hommes tués contre 19 % de femmes), ce sont les femmes qui sont le plus assassinées par leur partenaire intime ou un membre de leur famille (64 % de femmes, contre 36 % d’hommes). (Crédits : pixel2013/Pixabay)

    Le nombre de femmes tuées en décembre 2022 avait conduit le gouvernement espagnol à promettre que des mesures seraient prises. Comme la création de points de contrôle dans les centres de santé en zone rurale où les femmes peuvent signaler les violences. Depuis la 2003, année où l’Espagne s’est mise à comptabiliser de manière officielle les féminicides, elles sont 1182 à avoir perdu la vie. Parmi les 49 femmes décédées en 2022, 21 avaient déposé plainte pour abus ou harcèlement de la part de leurs partenaires, passé ou présent, avant leur décès.

    En 2017, 50 000 femmes ont été tuées dans le monde par un partenaire intime ou un membre de leur famille. (Crédits : Daniel Stuhlpfarrer/Pixabay)

    « Beaucoup de victimes de féminicide sont tuées par leurs partenaires actuels et passés, mais aussi par leurs pères, frères, mères, sœurs et autres membres de la famille en raison de leur rôle et de leur statut de femme », précise l’étude de l’UNODC en 2019. L’année 2023 sévit également à Cuba, où 11 femmes ont été tuées, dans l’indifférence la plus totale. Comme en Israël où, deux femmes l’une de 33 ans et l’autre de 40 ans ont été assassinées. En France, elles sont 21 à avoir succombé, au vendredi 24 février 2023, sous les coups de leurs maris, compagnons actuels ou anciens.

  • Avortement, chantage et arrestations

    Avortement, chantage et arrestations

    Le 1er novembre 1922, une affaire peu banale s’affichait dans les faits divers. Insignifiante aujourd’hui en France, mais qui fait écho à l’interdiction d’avorter aux États-Unis. La fille du maire d’une petite localité de Seine-et-Oise (Yvelines depuis le 1er janvier 1968) se laissa séduire par un jeune homme dont la condition sociale excluait tout mariage. La contraception n’étant pas celle du XXIe siècle, la jeune femme se trouva embarrassée et se mit à la recherche d’une praticienne.

    Un enfant hors union portait le déshonneur sur la famille, il y a cent ans. Complice sa mère conseilla de se rendre à Paris pour faire « disparaître la preuve de sa faute ». Appelons-la Marguerite. Marguerite se rendit en cette année 1920 à Paris en quête de solution. Elle entra en relation avec une marchande des quatre saisons demeurant au 55 rue de la Goutte-d’Or, dans le XVIIIe arrondissement. Aussitôt arrivée, Marguerite dévoila ses intentions. Mme Rambaut conduisit Marguerite chez Mme Georgévitch au 3 villa Ornano, qui à son tour l’emmena auprès d’une garde-malade. Mme Rose Fromont était une praticienne habile. Elle demeurait au 59 bis rue Popincourt, dans le XIe arrondissement de la capitale.

    Ils vécurent heureux

    Quelques jours passèrent quand Marguerite accouchait d’un enfant mort-né au domicile de la garde-malade. Mme Georgévitch emporta le petit cadavre pour le brûler dans la cuisinière de son logement. Délivrée, elle rentra dans sa famille. Quelques mois plus tard, elle épousa le fils d’un riche fermier, qui ne savait rien de la mésaventure. Le ménage vivait heureux jusqu’à ce que…

    Une marchande des quatre saisons est le nom donné à Paris à des marchandes ambulantes. Elles vendaient dans les rues des légumes et des fruits. Ses femmes déambulaient ici et là avec leur voiture à bras. (Crédits : Paris dans les années 1900. Photographie de M. Louis Vert/Musée Carnavalet)

    Un tragique jour du mois de décembre 1921

    En décembre 1921, la mère de Marguerite, déboulait affolée au domicile de sa fille désormais mariée. Durant cette journée tragique, un homme vêtu avec élégance se présenta à elle. Il lui dévoila à brûle-pourpoint avoir connaissance de la conduite de Marguerite, une année plus tôt. Il proposa à la femme d’acheter son silence contre la somme modique de 10 000 francs. Les deux femmes récoltaient péniblement 7 000 francs qu’elles remirent à l’individu. Deux semaines plus tard, l’élégant homme, de par ses vêtements, revint accompagné d’un complice. Ils réclamèrent à nouveau la somme de 10 000 francs.

    Froc désignait la partie de l’habit monacal qui couvrait la tête et tombe sur l’estomac et sur les épaules. Par extension, ce mot définissait le vêtement tout entier. Ainsi, prendre le froc, c’est se faire religieux, perde son froc ou être défroqué, c’est sortir du ministère de sa propre volonté ou celle de ses supérieurs. (Crédits : DR)

    Prêtre défroqué et ancien professeur de collège

    En désespoir de cause, les femmes se tournèrent vers la police judiciaire. L’inspecteur Leroy s’enquerra des deux maîtres chanteurs. Le premier suspect demeurant au 67 rue Charlot fit des aveux complets. L’ancien homme d’Église, prêtre défroqué, nommé Maurice Quintard dénonça son complice. Selon l’enquête l’ancien professeur de collège séjournait déjà en prison à Aix. Maurice Quintard confessa avoir dilapidé les 7 000 francs au jeu à Nice. Des trois femmes citées dans cette histoire, seule Mme Rose Fromont fut arrêtée, car elle n’avait pas d’enfant. Les deux autres furent laissées en liberté provisoire.

  • Mahsa Amini, 22 ans morte pour un voile

    Mahsa Amini, 22 ans morte pour un voile

    Depuis la mort le 16 septembre 2022 de Mahsa Amini dans un hôpital à Téhéran, l’Iran s’est embrasé. La jeune femme de 22 ans avait été arrêtée par la police des mœurs pour non-respect du code vestimentaire. Toutes les couches de la population sont touchées. Le pouvoir est octroyé bon gré mal gré aux hommes, qui plus est religieux. Depuis 1983, la loi n’a cessé de se durcir jusqu’au décret du 15 août 2022 exposant les femmes à des punitions encore plus sévères.

    Elle pourrait être ma sœur, votre nièce, votre fille, votre voisine, votre amie, votre copine, votre compagne, ou tout simplement l’inconnue croisée au détour d’une rue… Mahsa Amini est morte à l’âge où commence la vie, morte à 22 ans pour ne pas voir « correctement » portée un voile, un hijab selon la loi en vigueur en République islamique d’Iran décrétée par le guide suprême et le président actuel.

    La police des mœurs, qui l’a accusée d’avoir enfreint la loi obligeant les femmes à se couvrir les cheveux avec un hijab et les bras et les jambes avec des vêtements amples. Elle s’est effondrée après avoir été emmenée dans un centre de détention pour y être « éduquée ». Le voile symbole préhistorique du régime abusif des mollahs (Crédits : DR)

    Mahsa Amini, était une Iranienne d’origine kurde de 22 ans, née à Saqqaz, dans le nord-ouest de l’Iran. Selon différentes sources, elle avait récemment été acceptée à l’université d’Urmia. Ce voyage familial à Téhéran était censé être ses dernières vacances avant le début de l’année scolaire. « Mahsa voulait étudier la microbiologie pour devenir médecin », selon le site de la BBC. Un rêve selon les déclarations de la famille à la BBC, un rêve qui ne se réalisera jamais.

    L’image date d’un autre temps, en 1977 à l’université de Téhéran. « Ils ont essayé d’empêcher les femmes d’aller à l’université, mais il y a eu un tel retour de bâton qu’ils ont dû les autoriser à revenir », explique la baronne Haleh Afshar, qui a grandi en Iran dans les années 1960. (Crédits : A. Abbas/Magnum Photos)

    Elle fut arrêtée, le 13 septembre 2022 par l’unité de police en charge du code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes en Iran. Les patrouilles « Al-Irshad » de cette police, connues sous le nom de « Gashti Irshad », sont chargées de « veiller au respect de la morale islamique et de détenir les femmes considérées comme portant des vêtements inappropriés ».

    La photo d’un salon de coiffure en 1977 à Téhéran parait être de la science-fiction. Aujourd’hui les femmes qui sur les différents réseaux sociaux se coupent les cheveux, sortent la tête nue pour dénoncer l’étouffement progressif des femmes depuis 1979. Elles revendiquent leurs libertés de mouvement, de vivre tout simplement. (Crédits : A. Abbas/Magnum Photos)

    Le pays est dirigé par Ali Hossaini Khamenei, dit Ali Khamenei. Il est exercé la profession de religieux dans un pays gouverné par la religion. Il est le guide suprême et occupe des fonctions qui lui confèrent des pouvoirs au-dessus du président. La comparaison pourrait s’effectuer entre la Première ministre, Élisabeth Borne, et le président de la République française, Emmanuel Macron. L’une applique la volonté politique de l’autre.

    Mais qui est le guide suprême Ali Khamenei ?

    Il est né en avril 1939 à Mechhed. Sa loyauté envers le leader religieux, l’ayatollah Khomeiny, lui aurait valu six séjours dans les prisons du schah au cours desquels il aurait été victime de torture. En 1981, Ali Khamenei devient célèbre malgré lui. Il survit à un attentat à la bombe organisé par les Moujahidines du peuple. Une bombe était cachée dans un magnétoscope. Blessé, il en perd l’usage de sa main droite. Quelques mois plus tard, le 13 octobre 1981 il devient le troisième président de la nouvelle République islamique d’Iran jusqu’au 3 août 1989. Depuis le 4 juin 1989, il occupe la fonction de guide suprême. Il décide de tout, nomme, évince, dirige.

    Il y eut un avant et un après de la révolution islamique. Sous couvert de religion, les libertés se sont amoindries, pour les femmes. Les pouvoirs en place accuseront l’occident d’avoir fomenté l’opération Olympics Games pour contrer l’enrichissement d’uranium iranien. (Crédits : DR)

    La loi se durcit depuis l’arrivée au pouvoir des religieux et de la révolution islamique de 1979. En 1983, les personnes se sexe féminin sont contraintes, dès l’âge de 7 ans à porter le Hijab. Elles encouraient, quel que soit l’âge des peines pouvant aller de la prison aux coups de fouet. Depuis le 5 juillet 2022, elles doivent couvrir l’ensemble des épaules en plus des cheveux et du cou. Depuis le décret du 15 août, signé le lendemain par le président Ebrahim Raîssi, les sanctions plus sévères sont prononcées en cas de non-respect.

    Si les tensions sont visibles en Iran et ne cessent chaque jour d’augmenter et de gagner du terrain, elles sont tout aussi violentes chez le voisin irakien. Le retrait de la vie politique du leader chiite Moqtada al-Sadr ce lundi 29 août 2022 a provoqué des affrontements meurtriers à Bagdad. Les autorités dénombrent 30 morts 600 blessés. (Crédits : AFP)

    Selon l’enquête de la police, Mahsa Amini aurait souffert d’un arrêt cardiaque soudain. Au site internet IranWire, le frère de la victime à déclaré qu’il attendait sa sœur à l’extérieur du commissariat, a vu une ambulance en sortir et l’emmener à l’hôpital. Il dit avoir été informé qu’elle avait fait une attaque cardiaque et cérébrale et qu’elle était dans le coma. « Il ne s’est déroulé que deux heures entre son arrestation et son transfert à l’hôpital, a-t-il déclaré, annonçant son intention de porter plainte. Je n’ai rien à perdre. Je ne laisserai pas les choses ainsi sans protester. » La police a nié qu’elle ait été maltraitée, sa famille a déclaré qu’elle était en bonne santé. Selon l’Académie de médecine française les causes d’un arrêt cardiaque sont triples :

    • cardiaques (infarctus du myocarde)
    • broncho-pulmonaire (embolie pulmonaire, obstruction des voies aériennes par corps étranger, strangulation, œdème aigu ou noyade)
    • nerveuse (réflexe vasovagal), hypoxie exogène

    La Haute Commissaire de l’ONU aux droits humains par intérim, Nada al-Nashif, a exprimé « son inquiétude face à la réaction violente des forces de sécurité aux manifestations », et réclamé une enquête « impartiale » et « indépendante ». En marge de l’assemblée générale de l’ONU à New York, le président français Emmanuel Macron a déclaré, après un entretien avec le président iranien Ebrahim Raïssi, avoir « insisté sur le respect des droits des femmes » en Iran.

  • La révocation du droit à l’avortement scinde l’Amérique en deux

    La révocation du droit à l’avortement scinde l’Amérique en deux

    La Cour suprême des États-Unis vient de rendre le 24 juin 2022, une décision lourde de conséquences. Dans un verdict, pris à 6 voix pour et 3 contre, elle a annulé l’arrêt historique Roe v. Wade de 1973 qui reconnaissait le droit constitutionnel des femmes à l’avortement et l’avait légalisé dans tout le pays. Vingt-deux États sont d’ores et déjà maintenant prêts à interdire la procédure en vertu de lois existantes ou d’amendements constitutionnels qui en restreignent fortement l’accès.

    Alors que tous se réfèrent à la Cour suprême, la plus haute juridiction américaine vient de botter en touche sur un sujet hautement symbolique. Elle est composée de trois femmes et six hommes. En ne prenant pas la décision d’unifier la loi, par l’arrêt du 24 juin, elle remet à chacun des 50 États, le fait de légiférer sur le droit à l’avortement à travers un document de 213 pages. Vient-elle d’ouvrir la boite de Pandore ? La veille, elle annulait la loi de l’État de New York limitant le droit des Américains, à sortir armés de leur domicile. Alors que le pays est toujours sous le choc d’une série de fusillades meurtrières, dont celle du 24 mai, dans une école primaire du Texas, qui a fait 21 morts, dont 19 enfants.

    Les membres de la Cour suprême. Première rangée, de gauche à droite : Samuel A. Alito Jr, Clarence Thomas, John G. Roberts Jr, Stephen G. Breyer, Sonia Sotomayor. Seconde rangée, de gauche à droite : Brett M. Kavanaugh, Elena Kagan, Neil M. Gorsuch, Amy Coney Barrett. (Crédits : Fred Schilling, Collection de la Cour suprême des États-Unis)

    La National Rifle Association (NRA) déclarait que le projet « laisse trop de latitude aux représentants de l’État et contient également des dispositions indéfinies et trop générales, invitant à une ingérence dans nos libertés constitutionnelles ». Le lobby des armes faisant référence au deuxième amendement de la constitution américaine protégeant le droit de posséder une arme. Il date de 1788. « Je ne crois pas que les Pères fondateurs pensaient que les chargeurs à grande capacité de nos fusils d’assauts d’aujourd’hui soient couverts par cette disposition », a confié Kathy Hoscul, gouverneure de New York.

    Des manifestants anti-avortement célèbrent la décision de la Cour suprême, vendredi 24 juin 2022 à Washington. Certaines interdictions prendront effet immédiatement, d’autres dans les heures, jours et les semaines à venir. (Crédits : Olivier Douliery/AFP)

    La révocation de cet arrêt historique Roe v. Wade, replonge la situation des femmes aux États-Unis avant l’année du premier choc pétrolier 1973. La conclusion de cet arrêt donne plein pouvoir aux différents États sur ce sujet. Si l’avortement « n’est pas interdit aux États-Unis, la pratique va être remise aux États. Il y aura donc cinquante législations différentes. Et ce qui est également remis en cause, c’est le rôle protecteur de l’État quant aux droits individuels », explique Nicolas Bacharan, spécialiste des États-Unis dans le JDD. Ainsi si un gouvernement autorise l’I.V.G., ou un autre le proscrit, la Cour Suprême n’aura pas son mot à dire.

    Une décision surprenante ?

    Pas vraiment, si la divulgation, début mai 2022, du document de 98 pages sur la position majoritaire des juges (rédigé par Samuel Alito) est prise en compte. L’article de Politico avait fait l’effet d’une bombe révélant une fuite, intentionnelle ou non, sur la future décision de la Cour Suprême : « Nous considérons que Roe et Casey doivent être annulés », écrivit le juge Alito. D’autant que Elena Kagan, Sonia Sotomayor et Stephen Breyer (bientôt remplacé par Ketanji Brown Jackson) ont signé une opinion dissidente contre le texte dans laquelle ils disent : « La loi du Mississippi interdit les avortements après la quinzième semaine, mais d’autres États pourraient le faire après 10 semaines, ou 5, ou 3, ou 1, ou, encore, à partir du moment de la fécondation (…) Certains ont promulgué des lois qui s’étendent à toute forme d’avortement, y compris la prise de médicaments à domicile ».

    Des partisans du droit à l’I.V.G. réagissent, avec émotion, à l’annulation de la décision Roe v Wade, datant de 1973 devant la Cour suprême des États-Unis à Washington, aux États-Unis, le 24 juin 2022. (Crédits : Mary F. Calvert/Reuters)

    Ils ont adopté des règles sans aucune exception pour les cas où une femme est victime de viol, ou de viol incestueux martèle El País. Le juge Roberts a annoncé l’ouverture d’une enquête visant à déterminer les responsabilités d’une fuite d’informations sans précédent, au cours des 233 années d’existence de la Cour Suprême. Ce choix devrait impacter plus de 40 millions de femmes dans au moins vingt-six États. Le Missouri fait la course en tête. « Mon bureau a effectivement mis fin à l’avortement dans le Missouri, devenant le premier État du pays à le faire suite à la décision de la Cour », a déclaré le procureur général Eric Schmitt.

    Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix, il n’existe que celui de la femme concernée. Il n’y a pas non plus à émettre un jugement envers celle qui fait ce choix, celui de volontairement mettre un terme à une grossesse, car personne à part elle ne connaît son histoire. (Crédits : DR)

    Dorénavant toute personne qui fournirait ou tenterait de proposer un processus permettant directement ou indirectement l’avortement sera désormais accusée d’un crime. Les peines encourues seraient passibles d’emprisonnement ou d’une forte amende pouvant atteindre 100 000 dollars, selon le lieu. Les lois en vigueur interdisent toute interruption de grossesse volontaire qui n’est pas requise par une « urgence médicale », à discrétion des autorités « compétentes ». Les vingt-deux États susceptibles d’appliquer des restrictions totales ou quasi à l’avortement sont l’Alabama, l’Arizona, l’Arkansas, la Géorgie, l’Idaho, l’Iowa, le Kentucky, la Louisiane, le Michigan, le Mississippi, le Missouri, le Dakota du Nord, l’Ohio, l’Oklahoma, la Caroline du Sud, le Dakota du Sud, le Tennessee, le Texas, l’Utah, la Virginie occidentale, le Wisconsin et le Wyoming.

    Le jour même où la Cour suprême a invalidé le droit constitutionnel à l’avortement, les États anti-avortement ont promulgué des lois et autres interdictions antérieures à l’arrêt Roe v. Wade. Le Missouri a été le premier à proscrire suite à l’arrêt de la Cour l’avortement, avec effet immédiat. (Crédits : Reuters)

    Le Missouri et le Texas ont été les deux premiers États à interdire rapidement l’avortement à la suite de l’arrêt. En Louisiane, au Dakota du Sud et au Kentucky, les interdictions de déclenchement sont entrées en vigueur immédiatement après le jugement. Après que des fonctionnaires de l’État ont certifié l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade, les interdictions sont entrées en vigueur en Arkansas, en Alabama, en Utah et en Oklahoma. Désormais, une autre bataille juridique commence : la pilule abortive. Elle la méthode majoritairement choisie par les femmes aux États-Unis. Bien qu’elle soit interdite dans les États qui proscrivent l’avortement, la FDA a rendu permanentes en 2021 les autorisations de l’ère dite Covid-19 permettant sa livraison par courrier. Il reste à voir si les États interdiront ces livraisons à la suite de la décision de vendredi, et si oui, comme procéderont-ils.

  • Il y a cent ans… un drame pour une mèche de cheveux

    Il y a cent ans… un drame pour une mèche de cheveux

    Une affaire peu ordinaire comme recèle et pourrait conter la grande salle des Pas-Perdus des différents palais de justice, qu’il soit de France ou de Navarre. Imaginez-vous devant un miroir, votre sœur cadette, votre fille, votre cousine… qui du haut de ses quinze ans se regarde et s’amuse de cette mèche rebelle, et de son doigt malicieux fit tournoyer cet épi afin de l’accommoder avec son envie. Sauf que le 7 mai 1922, une mèche fut l’origine d’un drame familial sur fond d’ivresse.

    Renée Bétounie, quinze printemps, assise devant son boudoir frisait une mèche indisciplinée. Quand tout à coup, le paternel, en état d’ivresse manifeste, se saisit d’une paire de ciseaux et coupa nette ladite guiche. Pourquoi ? Tout bonnement parce que René Jules Octave Bétounie père de la jeune Renée n’aime pas cela. Il ne s’arrêta pas au simple fait d’avoir commis le crime d’avoir sectionné des cheveux sans être coiffeur, non, il le signifia en termes crus, injurieux et orduriers à sa fille. Tétanisée, elle se retenait même de respirer, seule une larme coulait tant la tension était palpable.

    La violence prend de nombreuses formes, mais celle qui laisse des traces profondes n’est pas forcement celle que l’on imagine. (Crédits : Ryan McGuire/Pixabay)

    Le journaliste tentait d’apaiser la cruauté de la scène en imaginant qu’elle aurait pu être couchée sur la toile par Jean-Baptiste Greuze. L’artiste français (1725-1805) ajoutait aux couleurs claires et lumineuses, un réalisme d’influence néerlandaise dans la peinture de genre et le portrait français. Il capturait ainsi les détails des décors et des costumes, à travers ses œuvres, tel le portrait de Madame de Courcelles, le portrait de la Comtesse du Berry, ou de la jeune fille à la rose

    L’incident et sa violence ne plut aucunement à Mme Bétounie son épouse, lui reprochant son attitude et le paya de sa vie. Son mari saoul, jeta sa femme sur le lit, empoigna la paire de ciseaux, et lui enfonça « le long, pointu et aiguisé instrument de couturière dans le flanc », la tuant sur le lit conjugal, devant sa princesse de quinze ans. Le meurtrier présumé fut reconnu coupable, mais au vu de ses six enfants à charge, il fut condamné à quatre années de prison avec sursis.

  • Il y a cent ans… les conseils beauté donnés aux Femmes

    Il y a cent ans… les conseils beauté donnés aux Femmes

    Il est cocasse de trouver des documents donnant conseil aux femmes de l’époque. Ainsi L’Écho d’Alger prodiguait, à travers la personne derrière l’écrit des dires semblent-ils avisés. On y apprend à s’enduire de crème pour les grands soirs, mais aussi comment avoir le teint frais, après de nombreuses veillées avec de tasse de consommé arrosé d’un verre de vin, mais pas n’importe lequel. Ou également de quelle manière peut-on posséder des cils bien plus épais, ou encore des ongles bien plus durs, un 21 avril 1922.

    Accrochez-vous, il y a cent ans, la mode était quelque peu… différente. À l’époque du croc top, la tenue des femmes voilà un siècle peut surprendre. Ainsi, lorsque pour une soirée ou un bal « vous devez revêtir une toilette qui découvre vos bras et vos épaules » une recette miracle de simple fard permettait de « se blanchir admirablement l’épiderme ». Avantage, il ne laissait aucune trace sur les smokings des danseurs.

    La composition était à base de 3 grammes d’oxyde de zinc dans 30 grammes de glycérol d’amidon, préconisait le journal. (Crédits : Mumu’s Pictures)

    Pour avoir le teint frais, la Baronne St… conseillait de faire une sieste dans l’après-midi du fameux bal, mais pas seulement. « Si vous aviez le bonheur d’avoir une bonne assez fidèle pour veiller », vous pouviez avant de vous coucher de prendre un satisfaisant bain chaud de quelques minutes, puis en sortant et préalablement au glissement sous la couette, de déguster une tasse de consommé et un verre de vin Malaga.

    Le remède pour avoir des cils bien plus durs, il était indiqué… de les couper, « on assure qu’ils repoussent assez rapidement ». (Crédits : Mumu’s Pictures)

    La personne recommandait plus de ne jamais se frotter les yeux, de n’user d’aucun crayon ou fard, mais de les badigeonner avec de l’huile de Ricin, muni d’un minuscule pinceau. Mais un conseil pour durcir les ongles interpelle. « Rien de plus désagréable que des ongles mous, qui se déchirent », appuie la journaliste. Elle proposait, en 1922, de faire fondre, sur un feu très doux, 15 grammes d’huile de noix, une plaque de cire vierge de deux grammes environ, de 5 grammes de colophane et un gramme d’alun. Il suffisait de laisser refroidir, pour l’étendre à priori le soir pour avoir des ongles durcissant de façon merveilleuse. Dorénavant, les influenceuses proposent des conseils et autres tutos, comme EnjoyPhoenix, Sananas, Horia, Sandrea, The DollBeauty, Noemie Makeuptouch, Romy, Caroline, Elsamakeup, ou encore Naturellement Lyla, sont toutes sur YouTube. Si la « Gen Z » a recours à des médias qui diffusent leurs contenus en streaming via smartphone, les générations Y sont parents des Alpha, qui bientôt prendront la place des Z, avec des conseils à la pelle, mais comme l’adage dit « l’expérience des autres est aussi utile qu’une peigne pour un chauve ».