Il y a cent ans… le double crime d’Auch

Le 26 avril 1922, l’instruction de l’affaire du crime de l’impasse du moulin de Saint-Martin entre dans une phase décisive, relatait le journal quotidien Le Matin. Les services d’ordre, dont les investigations conduites par les commissaires Hennet et Claverie ont donné les résultats escomptés. Elles ont mené à l’arrestation des présumés coupables de l’assassinat du boulanger Dihlan et de la fille Jourdana. Le supposé complice est également en état d’arrestation.

Le premier des deux, le soldat Roger Vigneau de la 17e section CÔA, âgé de 22 ans, marié et père d’un enfant, avait préalablement donné sa version dudit crime. Mercredi soir, aux alentours de 19 h 30, son caporal qui avait vainement poursuivi de ses assiduités Marie Jourdana l’entraîna chez le boulanger Dihlan. Une altercation commença se poursuivant en une dispute. Ledit boulanger affirmait que cette fille ne se trouvait pas dans la maison, et ne l’avait pas vue depuis plusieurs jours. Le soldat aperçut le chapeau et la fourrure restée au rez-de-chaussée, trahissant donc la présence de la jeune femme.

Un coup de sang prit le caporal, lorsque le boulanger septuagénaire voulut le mettre à la porte. L’amoureux éconduit ne l’entendait pas de cette oreille. Comme dans les bonnes séries, il prit une bouteille qui brisa sur le crâne de l’artisan. Ce denier s’empara d’un fusil pour se défendre, face à un homme rompu à son utilisation. Il arracha l’arme des mains du mitron, pour lui assener plusieurs coups au visage, avant de lui porter un coup de couteau au cou.

La femme malheureusement entendit le bruit causé par l’agression du boulanger, c’est ce qui précipita sa perte. (Crédits : Chinh Le /Pixabay)

Marie Jourdana, attirée par le bruit descendit l’étage. Un déchaînement de violences s’empara du militaire qui déversa sa colère sur la jeune femme sans défense. Coups de pied et de poing la frappèrent, avant que l’homme ne la pendît au loquet de la porte.

Les deux militaires regagnèrent leurs casernes raconte le journal Le Matin. Georges Patte, 21 ans, du 88e d’infanterie arrivé à Agen à 18 h 14 a été immédiatement transféré à la maison d’arrêt. Vigneau déclarait qu’il l’avait aidée à pendre Marie Jourdana. Le soldat interrogé passait aux aveux. Il aurait achevé d’un coup de rasoir le boulanger, et aidé à pendre la femme. De plus, il parait selon les enquêteurs qu’en se rendant au lieu du crime, le but était le vol, car les deux assassins ont dérobé une somme considérable. Patte complétait par le fait que Vigneau lui indiquait qu’il y avait un coup à faire, dans la région de Saint-Clair, une maison habitée par deux vieillards et une servante. Le refus d’une permission par leur capitaine empêcha de mettre le projet à exécution.

Romuald Pena

Journaliste et curieux de nature, j’aime les mots et ce qu’ils chantent aux oreilles qui les entendent. « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité », assurait Pablo Neruda. Ainsi j’apporte des faits, des faits, encore et toujours des faits, car : « Nous ne pouvons être condamnés à pire, à juger les autres, à être des juges. » (Le Testament d’Orphée, de Jean Cocteau)

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