Blog

  • Tomber dans les pommes

    Tomber dans les pommes

    Les mots sont bien plus que de simples éléments linguistiques. Ils portent en eux des histoires, des évolutions, et même un peu de l’âme d’une culture. Si certaines expressions appartiennent à un autre âge, dont les utilisateurs pourraient être nommés boomers par la génération Z, elles font partie de la culture. Comme le fait d’avoir des informations sur les pharaons, sens pour autant être vieux de plusieurs dizaines de siècles. Découvrons ensemble les origines étonnantes de trois expressions françaises populaires : « il y a belle lurette », « tomber dans les pommes », et « crever la dalle ».

    L’actualité française montrait que les « restos du cœur » souffraient de 35 millions d’euros de déficit pour nourrir tous les bénéficiaires, jusqu’à la fin d’année. Afin de ne pas laisser des personnes « crever la dalle ». Cette expression est très imagée. Elle est couramment utilisée pour exprimer une faim intense. Son origine remonterait au métier de couvreur au XIVe siècle. Il désignait une sorte de gouttière. En argot, « dalle » s’est transformée en « gosier », faisant référence à la gorge. Le gosier serait même appelé « la dalle du cou » explique « Ça m’intéresse ».

    Avoir la chance de se nourrir, d’avoir chaud l’hiver, de vivre sous un toit, de pouvoir se soigner est un droit, comme celui de vivre libre sur Terre. Ce sans prendre en compte la nationalité, les croyances, la couleur du sourire… (Crédits : PremierCompanies/Pixabay)

    Lorsque vous avez extrêmement faim, les bruits de votre estomac réveillent l’amphi, la gène vous fait rougir, vous avez l’impression que tous vous regarde, c’est le cas, mais rien de grave. Vous ressentez une sensation de vide dans l’estomac et le gosier, d’où l’expression « crever la dalle ». Elle évoque l’idée que lorsque vous êtes affamé, votre estomac et votre gosier sont vides.

    Tomber dans les Pommes, ou l’évanouissement poétique

    Deux origines s’affrontent sur la genèse de cette expression. La première est selon laquelle elle serait tirée de « Lettres à M. Dupin » de George Sand. L’auteure use de cette expression pour désigner une grosse fatigue en utilisant « être dans les pommes cuites ». La seconde, plus romanesque. Elle serait une déformation, donc un usage de la langue française à travers les siècles de son histoire. Elle serait issue du verbe « se pâmer ». Avec comme définition de perdre connaissance (défaillir, s’évanouir), mais également être sous le coup d’une sensation, d’une émotion très agréable, comme ce fut le cas de Peggy Zlotkowski lors de l’élection de miss France 1989, alors âgée de 17 ans.

    Le mot « pâmoison » était utilisé pour décrire un état d’extase ou de ravissement intense. Ainsi, quand quelqu’un était tellement bouleversé qu’il en perdait connaissance, on disait qu’il était tombé en pâmoison. Puis de pâmes au tas de pommes est la métaphore imaginative d’un état de faiblesse. (Crédits : Ralf Kunze/Pixabay)

    Vous pouvez vous replonger dans les vieux films, où d’émotion la belle tombait, ou feignait l’évanouissement. Tomber dans les pommes est une expression qui évoque un évanouissement soudain. L’expression a évolué à partir de « tomber en pâmoison » pour finalement devenir « tomber dans les pommes ».

    C’est arrivé, il y a belle lurette

    L’expression « il y a belle lurette » est entendue de moins en moins. Pourtant, les anciens s’en souviennent. Utilisée pour indiquer une action qui se passait il y a un temps lointain, elle est un peu faussée. À l’origine, « heurette » était une petite heure. Au fil du temps, la langue a évolué, et « heurette » s’est transformée en « lurette » pour des raisons phonétiques. Cette transition a donné naissance à l’expression « il y a belle lurette ».

    Chaque être bénéficie de 86 400 secondes par jour. Tout au long de sa vie, il ne peut les épargner, ou les donner. Elles doivent être consommées. Tout un chacun apprécie les secondes au moment où la vie semble accélérer la vitesse de la trotteuse, alors que rien ne bouge. (Crédits : Annette/Pixabay)

    L’expression capture le passage des années et l’oubli progressif de l’histoire, car plus le temps passe, moins nous nous souvenons précisément de certains événements, qui se sont passés, il y a belle lurette.

  • L’Iran est-il le siège de tous les maux au Moyen-Orient ?

    L’Iran est-il le siège de tous les maux au Moyen-Orient ?

    Tous les regards sont braqués sur le conflit armé et sanglant entre Israël et le Hamas depuis samedi 7 octobre 2023. Rien ne peux justifier les crimes et violences envers les civils ni d’un côté ni de l’autre. Le conflit entre la Palestine et Israël date de 1948 au moment de la création de cet État. Souvent l’Iran est accusé de bien des maux, entre l’affaire Stuxnet pour lutter contre l’enrichissement d’uranium et le coup d’État de 1953 fomenter par les services secrets britanniques et américains.

    Il y a un peu plus d’un an, Jina Mahsa Amini, jeune femme de 22 ans mourrait pour ne pas avoir porté « correctement » le voile en Iran. Armita Garavand est le nom de la jeune fille de 16 ans qui aurait été passée à tabac par la « police des mœurs », parce qu’elle ne portait pas non. Cette dernière est dans le coma depuis le 1er octobre 2023 dans un hôpital à Téhéran, sous haute surveillance. De l’autre côté la journaliste et militante iranienne Narges Mohammadi, 51 ans a remporté le vendredi 6 octobre 2023 le prix Nobel de la paix « pour sa lutte contre l’oppression des femmes en Iran et pour son combat pour la promotion des droits humains et de la liberté pour tous ».

    L’histoire est celle du pot de terre contre le pot de fer. Le pouvoir à travers la presse officielle réfute toute violence. Dans le journal Hamshahri, en citant le directeur du métro le quotidien dément les « affirmations des médias étrangers » selon lesquelles « une altercation » entre la jeune femme et le « personnel du métro avait causé l’incident ».

    La répression des femmes est montée d’un cran avec une loi adoptée par les autorités. Les contrevenantes au port du couvre-chef pourraient être fouettées, se voir infliger une amende allant à 360 millions de rials iraniens (8061 euros), des restrictions de voyage, privation de l’accès à l’Internet et des peines de prison jusqu’à 10 ans maximum.

    La vidéo montre un groupe de jeunes femmes montant dans le premier wagon du métro, puis ressortir pour allonger celle qui est Armita Garavand. Dans les images diffusées aucune n’est issue de l’intérieur du métro, malgré que caméras de surveillance sont partout. Peu de temps après la télévision d’État diffuse une interview des parents évoquant l’évènement comme un « accident ». De son côté, l’État retransmet une vidéo de six minutes où la personne mise en lumière serait présentée comme Armita Garavand. Sauf qu’en septembre 2022, les autorités avaient déjà diffusé des images de caméras de surveillance et démenti toute implication dans le décès de Masha Amini. Des hommes et des femmes sont morts pour avoir manifesté contre l’obligation du hijab.

    Tandis qu’on voit en France des jeunes femmes et femmes se targuant de vouloir porter le hijab, il est normal de se poser des questions pour comprendre, quand d’autres risquent leurs vies pour être libres. Comme pour le port de l’abaya. Cette dernière est une longue robe, portée par quelques femmes du Moyen-Orient et des pays du Maghreb. Le 2 novembre 2022, le vice-président du Conseil français du culte musulman confirme qu’elle n’est pas une tenue religieuse, mais plutôt une forme de mode vestimentaire. Pour autant, elle semble avoir une consonance religieuse. Comme l’affaire retentissante de 1989 quand trois élèves du collège Gabriel-Havez de Creil refusaient d’enlever leurs voiles en cours.

    Une corruption enracinée

    La corruption est de longue date en Iran. Tant est si bien, qu’elle pourrait hypothétiquement se déverser, bon gré mal gré, sur les pays voisins comme l’Irak. Dès le XIXe siècle, les velléités russes et britanniques s’affrontaient pour obtenir les faveurs de la cour royale dans la période Qajar en Iran. Ensuite jusqu’à la révolution islamique de 1979 les coupables désignés sont les États-Unis et le capitalisme.

    L’ensemble du dossier a été déclassifié en 2000, sur le coup d’État contre le pouvoir en Iran en 1953 mis en place par différents servies secrets.. (Crédits : NSArchives)

    La cour royale a été décrite comme un « centre de licence et de dépravation, de corruption et de trafic d’influence » dans un rapport de la CIA datant du milieu des années 1970. Sauf qu’un article du monde diplomatique d’octobre 2000 révélait que la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright reconnaissait l’implication des États-Unis dans le coup d’État qui renversait le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh, en 1953. Le rapport de la CIA divulgué en avril 2000 par le New York Times montrait le rôle des services secrets britanniques et américains dans un évènement qui renversa le rapport de forces au Moyen-Orient, l’opération Ajax.

    Malgré que l’Iran est signé et ratifié, la convention des Nations Unies contre la corruption, elle est présente dans des affaires retentissantes : le complexe sidérurgique Mobarakeh, la banque Sarmayeh, la banque Melli ou le cas de l’homme Akbar Tabari, libéré en juin 2023 des prisons iraniennes malgré une peine de 31 ans de prison. (Crédits : Transparency)

    La corruption est visée par un indice de 0 à 100. Avec un score de 25, la République islamique d’Iran se classe à la 147e place sur 180. La corruption est enracinée, mais à qui la faute. Que ce soit en Iran comme en Irak, le bakchich est monnaie courante. Pour refaire ses papiers en Irak, la moindre excuse est valable pour que les autorités vous envoient dans un autre bureau : mauvaise orthographe, une virgule manquante… De ce fait chaque intermédiaire touche une certaine somme d’argent. Mais les yeux se tournent vers l’Iran depuis plusieurs années. Accusé de corruption, le géant iranien de l’acier Mobarakeh Steel Company est dans la tourmente. Le mastodonte est accusé de corruption pour un montant faramineux de 3 milliards de dollars après la publication d’un rapport parlementaire.

    Opération du Hamas

    Le journal Javan proche des « Gardiens de la révolution » se réjouit de l’ampleur de l’offensive lancée le samedi 7 octobre 2023 rapporte Courrier international. Le Wall Street Journal n’y va pas par quatre chemins en titrant : « Iran Helped Plot Attack on Israel Over Several Weeks ». Le quotidien américain annonce que l’Iran a participé à la préparation d’un attentat contre Israël pendant plusieurs semaines. « L’Iran a joué un rôle dans cette attaque. L’Iran finance le Hamas et le Jihad islamique, fait entrer clandestinement des armes à Gaza et fournit une aide technique pour la construction de roquettes et de drones », martèle Gregg Carlstrom.

    Le journaliste indique que le saccage du Hamas « portait des marques de soutien iranien » (armes, formation, aide financière), mais « aucune preuve ferme à ce jour que l’Iran a autorisé ou directement coordonné l’attaque. » Il faut garder raison face aux conclusions hâtives, et surtout sans preuves. La communication est une arme massive qui intéresse n’importe quel camp du moment que la parole va dans le sens de leurs idées ou actions. Elle devient alors propagande. L’histoire de l’invasion de l’Irak en rapport aux armes de destructions massives est un mensonge d’État, surtout venant de la part d’un ancien président des États-Unis, Georges W. Bush.

    Cela dit, il faut comprendre que l’opération du Hamas change la réalité au Moyen-Orient. Ce qui pourrait obliger l’Iran à se découvrir. La question du nucléaire tient sa place également. « Le Hamas a-t-il utilisé l’aide iranienne ? Certainement oui. L’Iran avait-il un intérêt dans cette action ? Oui. Le Hamas a-t-il besoin de l’autorisation de l’Iran pour opérer ? Non. Y a-t-il eu une coordination précoce entre le Hamas, l’Iran et le Hezbollah ? C’est possible », relate sur X (ex-Twitter) Raz Zimmt, spécialiste de l’Iran à l’Institut pour les études sur la sécurité nationale (INSS) de l’université de Tel-Aviv.

    Le président Bush mettra en place une commission pour enquêter sur les erreurs commises concernant les armes de destruction massive. L’administration américaine finira par reconnaître l’année suivante qu’elles n’existaient pas. (Crédits : Marc Pascual/Pixabay)

    Plus de dix ans après la guerre, une enquête du New York Times révélait que des armes chimiques avaient pourtant été découvertes. Mais elles n’avaient pas été fabriquées par Saddam Hussein. « Les munitions avaient été conçues aux États-Unis, fabriquées en Europe et remplies de produits chimiques sur les lignes de productions irakiennes, par des sociétés occidentales », précise le New York Times. Le but était tout simplement économique : la quête de l’Or noir irakien. À savoir si l’Iran est l’origine des maux du Moyen-Orient, il faut des preuves pour affirmer de telles choses, les présomptions ne suffisent pas. Ce qui est sûr est que son pouvoir est grand, son influence au Moyen-Orient et sa corruption également.

  • Cyberattaques des hôpitaux de Vittel et Neufchâteau

    Cyberattaques des hôpitaux de Vittel et Neufchâteau

    Une nouvelle cyberattaque a ciblé deux sites hospitaliers français. Le premier se situe à Vittel, le second à Neufchâteau. Samedi 7 octobre 2023, le Centre hospitalier de l’Ouest Vosgien communiquait sur sa page Facebook avoir été victime d’une cyberattaque. Les premières actions ont été le confinement des systèmes. Les soins ont pu se poursuivre par l’adaptation des personnels hospitaliers avec un retour des transcriptions papier. Les activités programmées, consultations, interventions chirurgicales sont suspendues jusqu’au mardi 10 octobre.

    Une fois de plus la sécurité des systèmes d’information des hôpitaux français est mise à rude épreuve. Vosges Matin explique que la cyberattaque se serait produite à 1 h 30 ce samedi 7 octobre 2023. Plus d’affichage sur les écrans, seul le noir subsiste. « C’est un service de soins qui nous a appelés, car son accès au dossier patient informatisé était perturbé », explique le directeur Dominique Cheveau à France Bleu. « C’est le black-out. On s’est cyberconfinés, c’est-à-dire que l’ensemble des systèmes d’information a été coupé. »

    L’attaque cybernétique contre le CHU de Rennes du 21 juin 2023 fut l’œuvre du ransomware Bianlian. Sur son site de fuite, il est indiqué que le volume d’information est de 300 Gb dans lequel se trouvent des documents techniques, des données personnelles, financières… (Crédits : capture d’écran/Bianlian)

    Aucune demande de rançon n’est encore apparue. Le directeur indiquait qu’une plainte allait être déposée. Le retour à la normale peut prendre des jours, des semaines et plusieurs mois en fonction de l’attaque. Le but des malfaiteurs est de générer de l’argent en vendant les informations volées. Les derniers cyberattaques en date en France, hormis l’une des plus connues comme Corbeil-Essonnes, sont le CHU de la Réunion, celui de Bourg-en-Bresse, de Rennes et celui de l’Ouest Vosgien.

  • La guerre du Kippour débutait il y a tout juste 50 ans

    La guerre du Kippour débutait il y a tout juste 50 ans

    La guerre du Kippour se déroulait du 6 au 24 octobre 1973. Les États arabes lancent contre Israël une offensive militaire. L’armée égyptienne franchit le canal de Suez durant la fête juive du Yom Kippour. Cette armée compte pas moins de 300 000 hommes. Les alliés syriens de l’Égypte lancent, au même instant 1000 chars et 100 000 hommes. L’une et l’autre prennent à revers les troupes. C’est la quatrième fois que les armées arabes et israéliennes s’affrontent depuis 1948.

    S’il est bien un conflit qui occupe sans cesse les médias, c’est celui entre Israël et la Palestine. Il existe depuis le milieu du XIXe siècle. Pour tenter de saisir les tenants et aboutissants, remontons un peu avant la fin du XIXe. le 15 février 1896, un ouvrage apparaît dans une librairie de Vienne. Intitulé L’État des Juifs, recherche d’une réponse moderne à la question juive de Theodor Herzl, journaliste hongrois. Le roman sera traduit, explique Hérodote sous le titre Tel-Aviv (lieu de renouveau) qui deviendra le premier nom de la capitale de l’État d’Israël.

    La Première Guerre mondiale éclate après l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche. Durant cette période, la déclaration Balfour en 1917, qui se veut, être juste une lettre pose ici les bases de l’État en devenir. La guerre est finie, la Palestine attire de nombreuses personnes. La population passe le million d’individus entre les deux guerres mondiales. La province en question est placée par la Société des Nations (SDN) sous mandat britannique. Les heurts s’enchaînent, l’animosité des extrémistes croît. Après l’épisode « Exodus 47 », le vendredi 14 mai 1948 David Ben Gourion proclame la naissance de l’État, il sera créé officiellement le lendemain.

    La réponse à la guerre des Six Jours

    Au sein de l’ONU, il était prévu de scinder l’ancienne province ottomane en deux. Mais les tensions entre chaque belligérant ne cessent de croître. Une guerre éclair de six jours, du 5 au 10 juin 1967. Le premier jour les troupes de l’État pénètrent en Égypte par le désert du Sinaï, en plein jour à 14 h. « Le commandement israélien, complètement pris au dépourvu et dont les premières réactions offensives locales sont toutes vouées à l’échec, au prix de pertes sensibles ». Plus de la moitié de la flotte égyptienne est détruite. Le 9 juin, elle envahit le plateau syrien du Golan.

    « Voulue planifiée et conduite par Sadate, la guerre du Kippour, déclenchée le 6 octobre 1973, jour du Grand Pardon des israélites et en plein Ramadan, trouve son origine dans le sentiment de revanche provoqué par l’humiliante défaite des États arabes, subie lors de la guerre des Six Jours, en 1967. » 1 (Crédits : The detroit jewish digital archives).

    Cinq mois plus tard, le 22 novembre, l’ONU par la résolution 242 enjoint le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit ». Sauf que la première colonie juive, Kfar Etzion, était déjà érigée en Cisjordanie. Golda Meir dirige le gouvernement. Partisane d’une ligne dure elle refuse le retrait des territoires occupés et soutient la colonisation de la Cisjordanie. En juin 1969, elle déclare « qu’il n’y a pas de peuple palestinien » au journal anglais The Times. Le Sinaï est récupéré par Israël jusqu’aux accords de Camp David en 1978.

    Négociations de paix à Camp David

    Une rencontre se déroule à Camp David dans le Maryland aux États-Unis. Le président égyptien Anouar el Sadate rencontre le Premier ministre israélien Benahem Begin, résidence d’été du président américain Jimmy Carter.

    Les deux belligérants signent le 17 septembre 1978 un accord qui débouchera le 26 mars 1979 sur un traité de paix en bonne et due forme. La reconnaissance par l’Égypte de l’État d’Israël

    Le prix Nobel de la Paix leur sera décerné. Ce succès coûtera la vie au président égyptien Anouar el-Sadate, assassiné par un islamiste le 6 octobre 1981.

    En 1973, Alfred (Freddie) Eini était l’assistant du chef du Mossad, Zvi Zamir. C’est lui qui, dans la nuit du 4 au 5 octobre, a reçu de Londres un télégramme de l’agent égyptien Ashraf Marwan, connu sous le nom de « l’Ange », l’avertissant clairement de l’imminence d’une guerre. (Crédits : YNET/DR)

    Dernière guerre « conventionnelle »

    Lors de cette guerre, le chantage au pétrole est une première, en effet le 17 octobre 1973, onze pays arabes exportateurs d’or noir imposent un embargo sur les livraisons. Tout comme les armes utilisés, elle sera la dernière guerre dite conventionnelle. Dorénavant, elle passe par le cyberespace avant les offensives terrestres.

    C’est aussi l’avènement d’armes nouvelles, tels les missiles. Il ne faut pas oublier l’électronique et l’électromagnétique (brouillage des missiles, identifications des engins ennemis. Les drones font leur apparition dans les années 70, mais les Israéliens usaient déjà du type Teledyne Ryan-124 Firebee. Les avions de reconnaissance puis les satellites participent aux victoires. Ci-contre, Israël et la Palestine aujourd’hui. (Crédits : Le Monde de la Bible)

    En 2012, un document déclassifié démontrait l’incapacité des services secrets israéliens à anticiper l’attaque imminente. Cela avait suscité un séisme politique majeur, et notamment la démission de la Première ministre Golda Meir. Le document montre qu’un agent, Ashraf Marwan, avait prévenu le directeur du Mossad, Zvi Zamir, le 5 octobre 1973, de l’imminence « d’un avertissement au sujet de la déclaration de guerre », mais que l’information n’était pas immédiatement remontée au vice-premier ministre Yigal Allon. Le nom de code était « Chimie ». Heureusement, les Femmes israéliennes et palestiniennes œuvrent en faveur de la paix.

    1. Histoire militaire – Une surprise stratégique : la guerre du Kippour de Claude Franc dans Revue Défense Nationale 2015/10 (N° 785), pages 122 à 124 ↩︎
  • Escroquerie 2.0 : l’IA face-swapping sévit en Chine

    Escroquerie 2.0 : l’IA face-swapping sévit en Chine

    En Chine, l’escroquerie atteint des sommets encore insoupçonnés. Dans un pays où tout est enregistré, où le crédit social fait loi, des caméras de surveillance à la reconnaissance faciale, cette montée en puissance de l’escroquerie est impressionnante. À l’heure de la communication comme arme de guerre, de propagande, où tout passe sur les réseaux, que le tribunal populaire dépasse le judiciaire, que penser de cette vague qui sévit en Chine ? Est-il possible qu’elle arrive en Europe, voire en France ?

    Une affaire anodine de prime abord, pourtant, elle prodigue écho aux vols de données à travers le monde. Imaginez vous recevez un appel ! C’est votre mère au téléphone. La liaison est mauvaise, votre téléphone portable est sur un réseau saturé, vous n’êtes plus en 5G. Elle passe sur un chat pour discuter. Elle à besoin que vous transfériez de toute urgence une forte somme d’argent sur sa carte bancaire. Bizarre, mais c’est votre mère. En plus vous avez reconnu sa voix, son numéro de téléphone, alors sereinement vous effectuez le transfert… vous venez de vous faire escroquer.

    C’est à peu de chose près, la mésaventure subit par Dang Yangyu, habitant de Jinan, capitale du Shandong. Fin juin 2023, Zhang Zhenhua, chef d’escadron de la brigade de police criminelle du Bureau de la sécurité publique du comté de Shanghe, présentait l’affaire au journaliste du New Beijing News : « Il s’agit de la récente popularité de la “fraude à l’IA”, un moyen frauduleux consistant à utiliser la technologie intelligente de l’IA pour commettre des escroqueries. »

    Des données volées exploitées, du deepfake et la fraude au dumping peut commencer. Ou bien pour vous amuser tout simplement de nombreux outils sont disponibles en ligne.

    Selon Fang Yangyu, la police criminelle de Shanghe s’est rendue dans le Guangdong, où l’on soupçonne Xie Mou et trois autres personnes d’avoir aidé à commettre des crimes par lettre. L’affaire fait actuellement l’objet d’une enquête. (Crédits : Sécurité publique de Jinan)

    Un appel de 7 secondes

    Un appel vidéo de 7 secondes suffit à Fang Yangyu pour transférer 300 000 yuans, près de 39 000 euros. Le 29 mai 2023, Fang Yangyu, regardait des vidéos chez lui à Jinan quand il reçoit un message d’un inconnu. Celui-ci se présente comme un membre de sa famille. Il lui envoie des identifiants QQ. (une application de messagerie gratuite et populaire en Chine). Dans cet appel en visio, la voix et le visage de son « grand frère » sont reconnus. Évoquant la mauvaise qualité de l’appel, le tiers raccroche. La discussion se poursuit par chat.

    La personne indiquait qu’elle avait besoin de transférer une somme d’argent de toute urgence ne pouvant directement payer. Ainsi il voulait d’abord transférer de l’argent à Fang Yangyu, puis qu’il transfère l’argent à son tour sur la carte bancaire désignée. Le soi-disant « grand frère » insiste lourdement auprès de Fang Yangyu pour qu’il avance l’argent. Le harcèlement finit par payer.

    Il cède en transférant 300 000 yuans sur ledit compte. Une demande supplémentaire de 350 000 yuans était faite. C’est à ce moment-là qu’il se remémore la propagande antifraude. Il appelle en toute hâte ses proches, pour découvrir que tout était faux.

    En attendant de se présenter à la police, il s’est aperçu que la vidéo exposant le visage familier était « fausse ». Les criminels utilisaient la technologie de l’intelligence artificielle pour synthétiser l’image de la vidéo.

    Un homme de Jinan, Fang Yangyu, a été confronté à une fraude à l’IA, 7 secondes après la vidéo, il a transféré 300 000 yuans sur un compte désigné par le criminel, comme le montre la capture ci-contre. (Crédits : Sécurité publique de Jinan/Weixin)

    Reconnaissance faciale en France

    Le lundi 12 juin 2023, par 226 voix contre 117, le Sénat adoptait la proposition de loi destinée à « expérimenter » pour une durée de trois ans le recours à la reconnaissance faciale dans l’espace public. Marc-Philippe Daubresse se voulait rassurant sur le fait de ne pas tomber dans une société de surveillance. Des lignes à ne pas franchir sont délimitées, avant qu’il ne cite : « Interdiction de la notation sociale, interdiction de la catégorisation d’individus en fonction de l’origine ethnique, du sexe ou de l’orientation sexuelle sauf s’il s’agit de recherches scientifiques ».

    Quant à savoir si cette possibilité pourrait arriver en Europe comme en France, tout dépend de l’utilisation de l’outil. Le Parlement européen interdit la reconnaissance faciale, sans protéger les personnes migrantes, réfugiées et demandeuses d’asile. (Crédits : Sénat/YouTube)

    Le sénateur poursuivait en projetant de nouvelles interdictions sur « l’analyse d’émotions sauf à des fins de santé ou de recherche, la surveillance biométrique à distance en temps réel sauf exception très limitées avec des garanties considérables ». Sauf qu’une fois que la porte est ouverte, les personnes malveillantes peuvent s’immiscer et utiliser les données à mauvais escient. D’autant que le vol des données peut engendrer des usurpations d’identité, chantages aux vidéos.

    L’hypertrucage comme levier d’extorsion

    L’hypertrucage, ou deepfake est l’utilisation de l’IA pour diffuser de l’information mensongère, canulars malveillants ou destructeurs de réputations et e-réputations. Si l’outil qu’est le deepfake n’est pas dangereux en soi, c’est son utilisation qui peut engendre de graves problèmes. L’hypertrucage est le fait de remplacer le visage d’une personne sur le corps d’une autre. Cette méthode est de plus en plus utilisée pour créer des contenus pornographiques. Selon Sensity, 96 % des vidéos concernent les femmes. Le but est, pour des sommes souvent dérisoires, la marchandisation de visages d’actrices, ou encore une « extorsion » envers les publics les plus sensibles.

    Certains vont même plus loin. Ils utilisent les données en libre accès d’enfants, adolescentes et adolescents sur les différents réseaux sociaux pour créer de la pornographie juvénile. Au Canada, la Justice rendait en avril 2023 un verdict de 8 ans d’emprisonnement pour détentions de fichiers pédopornographique. Steven Larouche possédait sur son ordinateur 545 000 fichiers, dont 86 000 créées, par hypertrucage.

    Le juge Gagnon est revenu sur les 86 000 fichiers produits grâce à la technologie de l’hypertrucage. Car elle permet « d’intégrer le visage d’une personne sur le corps d’un autre individu dans une séquence vidéo ». En utilisant un logiciel, Larouche réussissait à créer des fichiers dont il est « impossible de distinguer le vrai, du faux », écrivait le magistrat. (Crédits : Pexels/Pixabay)

  • Quand faire le plein de carburant devient un luxe

    Quand faire le plein de carburant devient un luxe

    Le gouvernement français planche sur une baisse de la marge des distributeurs, stations-service indépendantes et supermarchés, pour un prix de vente coûtant. Quand l’Euro n’existait pas, le franc était courant, les consommateurs descendaient dans la rue dès que le prix augmentait de quelques centimes. Le mouvement des « Gilets Jaunes » eut sa genèse sur le prix des carburants. Depuis le conflit armé entre la Russie et l’Ukraine semble être le mal et origine de l’inflation selon les bruits de « radio moquette ».

    Remontons à l’après-Seconde Guerre mondiale, dans les années 1947-1948. La France est un pays ruiné par les années de guerre et d’occupation. Entre le plan Marshall et le plan Monnet, la France tente de se sortir d’une situation de ruine physique et morale. « Ce Plan représente un espoir… Il est en effet la garantie d’indépendance économique de la France », exprimait Jean Monnet en 1947.

    Des aides en dollars américains pour la reconstruction de la France. Mais qu’en est-il de cette manne financière que la France a dû régler ? D’autant que depuis ce temps la monnaie d’échange boursière est le dollar grace à l’Arabie Saoudite. Le cours de la bourse fluctue, notre monnaie varie, noter pouvoir d’achat également. (Crédits : INA/YouTube)

    « Les bas salaires et la misère, la crise du logement, la pénurie alimentaire […] faisaient le lot quotidien de la majeure partie du peuple français, et les slogans inscrits sur les pancartes des ouvriers en grèves en 1947 et 1948 réclamaient à juste titre du pain », écrit Gérard Bossuat1. De facto, cette image renvoie à l’époque où les Parisiens demandaient du pain au roi. En effet, l’année 1788, les conditions climatiques créent une crise alimentaire importante en France. Les mauvaises récoltes de 1789 accroissent le mal-être. C’est pourquoi le prix du pain augmente de manière drastique, tandis qu’à la cour de Louis XVI, les garnitures, les plats riches et raffinés étaient de mises.

    Le dollar, l’or et Nixon

    Depuis 1945, le dollar était la monnaie spéculative par excellence. Les États-Unis possédant le stock d’or le plus important au monde, à Fort Knox. Il représente trois quarts des réserves du monde entier (24,5 milliards de dollars). Fort de sa position, le pays de l’Oncle Sam s’était engagé à échanger des dollars contre de l’or jusqu’au 15 août 1971. Dans les années 1960, le stock en or ne suffit plus face aux dettes, la valeur boursière du dollar chute. Richard Nixon n’a d’autre choix que la dévaluation du dollar arrive, fin 1971 et taxe à 10 % les produits étrangers.

    Les premiers accords sont signés en 1973. L’Arabie Saoudite vend son pétrole en dollars américains. Depuis la bourse mondiale fixe à chaque instant le prix des échanges des monnaies et produits. La valeur de l’euro face au dollar joue sur le prix du litre de carburant à la pompe. (Crédits : climato-realistes)

    Le 17 octobre 1973, l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP) annonçait la réduction de 5 % par mois son débit de pétrole, tant que les États-Unis ne souhaitaient pas changer leur politique au Moyen-Orient (Guerre du Kippour). La veille, l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) annonçait une hausse de 17 % du prix du brut et un surplus de 70 % des taxes à l’ensemble des compagnies pétrolières.

    Dollar, Brent et conflit russo-géorgien

    Mardi 26 septembre 2023, la valeur du dollar a atteint de nouveaux sommets. La monnaie est soutenue par la Réserve fédérale américaine face à l’inflation. Face au Yen, à la Livre sterling ou à l’Euro, il s’échange à 149,19 yens pour une unité, 1,2168 pour une livre et 1,0570 pour un euro.

    2022Août100,60,99
    2022Septembre89,71,01
    2022Octobre93,31,02
    2022Novembre91,40,98
    2022Décembre81,00,94
    2023Janvier82,50,93
    2023Février82,80,93
    2023Mars78,40,93
    2023Avril84,70,91
    2023Mai75,60,92
    2023Juin74,80,92
    2023Juillet80,10,90
    2023Août86,10,92
    AnnéeMoisValeurDollar en Euro
    Cours des matières premières importées – Pétrole brut Brent (Londres) – Prix en dollars US par baril. Le prix des carburants ne sont pas égaux en Europe. (Crédits : INSEE, INSEE)

    Le record absolu du prix de baril de Brent s’effectuait en 2008, lors d’un conflit armé russo-géorgien. « La Crimée n’est pas un territoire contesté. Il n’y avait pas de conflit ethnique là-bas, contrairement à l’Ossétie du Sud et à la Géorgie. Et la Russie a depuis longtemps reconnu les frontières de l’Ukraine d’aujourd’hui. Nous avons essentiellement mis fin à nos discussions sur les frontières. Il s’agit de questions de démarcation, mais ce sont des choses techniques. Pour moi, la question d’objectifs similaires de la Russie envers l’Ukraine ressemble à une provocation », répondait Poutine au journaliste Thomas Roth.

    Monnaie, cours et taxes

    Le 11 juillet 2008, le prix du baril de Brent (159 litres de brut) atteignait le record historique de 147,50 dollars. À cet instant un euro s’échangeait contre 1,57 dollar. La correspondance en euro est de 93,95 pour un baril. Le litre de sans plomb 95 s’échangeait à 1,51 euro en juillet 2008, et 1,45 euro pour le litre de gazole, il y a 15 ans. Mercredi 27 septembre le baril clôturait à la bourse à 94,07 dollars, soit 88,80 euros.

    Tout produit manufacturé est assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Selon les calculs, prenons l’exemple du SP95 à 1,97 euro le litre, soit 12,92 francs pour les plus anciens. La TVA sur la TICPE est de 0,138 €, soit 7 %, 0,691 € pour la TICPE (35,07 %), la TVA sur le produit est de 19 cents d’euros, soit 9,65 %. Le coût de la distribution est de 11,73 %, soit 0,231 €, sans oublier le coût des certificats d’économie d’énergie pour 7,56 cents par litre, mais TTC. La cotation Rotterdam est de 72 cents.

    Selon le site WEB du gouvernement, « la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 20 % : elle s’applique sur la somme globale, TICPE comprise ». En France, les taxes comptent approximativement pour 60 % des prix de l’essence et du gazole à la pompe continue le site. (Crédits : UFIP)

    L’indication du coût des CEE, 7,56 cents d’Euros par litre TTC souligne une taxe, comme logiquement le prix de la distribution effectué par les chauffeurs. L’augmentation de la TICPE avait déclenché le mouvement des gilets jaunes, depuis elle n’a pas été augmentée. L’État explique que le prix des carburants est soumis à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 20 % : elle s’applique sur la somme globale, TICPE comprise. Mais également que le coût du pétrole brut (soumis à la loi de l’offre et la demande, le prix est donc variable), les coûts de production, d’acheminement, le coût de fonctionnement et marges réalisées par le distributeur, les taxes spécifiques auxquelles sont soumis les carburants… Bref le prix réel est donc de 72 et 78 cts.

    1. L’aide américaine à la France après la seconde guerre mondiale. Gérard Bossuat
      Vingtième Siècle. Revue d’histoire Année 1986 9 pp. 17-36
      ↩︎
  • La Cour pénale internationale, késako ?

    La Cour pénale internationale, késako ?

    Souvent citée, régulièrement attaquée, la Cour pénale internationale (CPI) n’est entrée en vigueur que depuis le 1er juillet 2002, grâce au Statut de Rome. Celui-ci est ratifié lors d’une conférence plénipotentiaire des Nations unies du 15 juin au 17 juillet 1998. Il définit les crimes internationaux sur lesquels elle a un pouvoir juridictionnel. Ils sont les crimes de génocide, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les crimes d’agression. Cependant la elle ne peut avoir compétence sur des crimes que si le Conseil de sécurité des Nations unies le lui permet.

    Cette Cour prend naissance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Les premières pierres sont posées le 21 décembre 1947 par la résolution 180 (II) de l’Assemblée générale. C’est le 9 décembre 1948 que les Nations Unies reconnaissaient que « le crime de génocide est un crime international qui comporte des responsabilités d’ordre national et international pour les individus et pour les États ». La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948 se rédige en 19 articles. Elle est complémentaire des juridictions pénales nationales. Elle peut exercer sa compétence pour les crimes le plus graves ayant une portée internationale. Elle ne peut, à l’heure actuelle, attenter enquêtes ou procès pour des faits antérieurs à sa création.

    Les crimes relevant de la compétence de la Cour

    Dans l’article 5 du Statut de Rome, il est définit que la Cour dans sa compétence est limitée aux « crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale ». Elle a donc compétence à l’égard des crimes suivants :

    • Le crime de génocide ;
    • Les crimes contre l’humanité ;
    • Les crimes de guerre ;
    • Le crime d’agression.
    La CPI ne juge pas les personnes tant qu’elles ne sont pas présentes dans la salle d’audience. (Crédits : CPI)

    Ainsi dans les crimes de génocides, est considéré tout acte commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Sont considérés crimes de génocides :

    • Meurtre de membres du groupe ;
    • Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
    • Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
    • Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
    • Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.

    Concernant les Crimes contre l’humanité, il est cité le meurtre, l’extermination, la réduction en esclavage, le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée […] grossesse forcée. Mais aussi la persécution […] pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste. Et encore les disparitions forcées de personnes, crime d’apartheid…

    Ruines de l’hôtel Al-Uruba, à Mogadiscio, en Somalie. Elles sont les traces de deux décennies de guerre civile, (Crédits : Tobin Jones/ONU).

    Les limites de la Cour

    Le 17 mars 2023, la Chambre préliminaire II de la CPI délivrait deux mandats d’arrêt à l’encontre de Vladimir Vladimirovitch Poutine, Président de la Fédération de Russie et Maria Alekseïevna Lvova-Belova, Commissaire aux droits des enfants. Selon la Cour, ils seraient responsables du crime de guerre de déportation illégale de population (enfants) et du crime de guerre de transfert illégal de population (enfants). Mais ils ne peuvent être jugés que s’ils sont présents devant la Cour. Pas de possibilité d’être jugé par contumace.

    Néanmoins, la question devient juridique. Si les mandats s’appliquent aux pays ayant ratifié le traité de Rome, que se passerait-il pour les ressortissants des pays n’étant pas sur la liste ?

    Quels sont les pays qui reconnaissent la Cour pénale internationale ? Certains États n’ont ni signé ni ratifié le Statut de Rome. Ils sont par exemple la Chine, l’Arabie Saoudite, l’Inde, l’Indonésie, la Turquie, l’Iran, quand d’autres se retirent tels le Burundi et les Philippines. Ce dernier fait l’objet d’une enquête en cours. (Crédits : Statista)

    C’est le cas de la Russie et de l’Ukraine, tout comme le Cameroun, la Chine ou encore les États-Unis. La Cour pénale internationale ne peut enquêter donc qu’auprès des pays ayant ratifié le Traité. Les guerres de l’ex-Yougoslavie, le génocide du Rwanda ont conduit logiquement à l’établissement sous égide onusienne, en 1993, du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), puis en 1994 de celui pour le Rwanda (TPIR), a été suivi, en 1998, par l’adoption du statut de la Cour pénale internationale (CPI). « La Cour pénale internationale, en tant que juridiction permanente et potentiellement universelle, pourrait à terme assurer des poursuites systématiques pour les pires crimes. Toutefois, son statut entérine le rôle discrétionnaire que le Conseil de sécurité peut jouer en bloquant toute procédure pour une durée de six mois renouvelable indéfiniment », écrit Cécile Aptel, selon l’article16 du Statut de Rome..1

    1. « Justice pénale internationale : entre raison d’État et État de droit » de Cécile Aptel. Dans Revue internationale et stratégique 2007/3 (N°67), pages 71 à 80 ↩︎
  • La Cour pénale internationale victime d’une cyberattaque

    La Cour pénale internationale victime d’une cyberattaque

    Mardi 19 septembre 2023, la Cour pénale internationale (CPI) dénonçait une activité anormale au sein de ses systèmes « informatiques ». La juridiction en charge de juger les personnes physiques suspectées de crime de guerre indique que des individus ont pu accéder aux systèmes d’information la semaine passée. À l’heure actuelle, ni les tenants ni les aboutissants ne sont révélés, la CPI reste vague sur les circonstances de cette attaque cybernétique.

    C’est par un tweet que l’entité avertissait de ce cyberincident. « À la fin de la semaine dernière, les services de la Cour pénale internationale ont détecté une activité anormale affectant leurs systèmes d’information. Des mesures immédiates ont été adoptées pour répondre à cet incident de cybersécurité et en atténuer l’impact. »

    « D’autres mesures d’intervention et de sécurité sont en cours, avec l’aide des autorités du pays hôte », ajoute-t-elle

    Le tribunal déclare qu’il « ne fournira pas d’autres informations en rapport avec cet incident pour le moment ». Il faut dire que de nombreuses enquêtes sont en cours. Elles concernent des actions qui se seraient tenus dans les pays que sont l’Ukraine, le Venezuela, le Soudan, les Philippines, le Myanmar, le Mali, la Côte d’Ivoire, la Libye, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, l’Ouganda, le Kenya, la Géorgie, l’Afghanistan, le Burundi et l’État de Palestine.

    Infiltrations dans la Cour pénale internationale

    En 2018, six membres du GRU étaient inculpés en pleine opération de cyberespionnage. L’affaire portait sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien, qui était soutenu par la Russie, ainsi que sur l’empoisonnement de l’ancien agent russe Serguei Skripal à Londres. Le jeudi 4 octobre 2018, The Guardian révélait qu’« une cyberattaque russe contre le siège de l’organisme international de surveillance des armes chimiques a été déjoué par les services de renseignement militaire néerlandais quelques semaines seulement après l’attaque au novichok de Salisbury, sur fond de nouvelles révélations d’espionnage qui ont aggravé la guerre diplomatique entre l’Occident et Vladimir Poutine. »

    « L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques enquêtait sur la tentative d’assassinat de Sergei Skripal et de sa fille Yulia au Royaume-Uni, ainsi que sur une attaque à l’arme chimique à Douma, en Syrie ». Quatre cyberexperts selon les autorités : Evgenii Serebriakov, Aleksei Morenets, Oleg Sotnikov et Alexey Minin (Crédits : Police néerlandaise)

    « Cette tentative d’accès aux systèmes sécurisés d’une organisation internationale qui s’efforce de débarrasser le monde des armes chimiques démontre le mépris du GRU pour les valeurs et les règles mondiales qui assurent notre sécurité à tous », déclaraient conjointement la Première ministre britannique, Theresa May, et son homologue néerlandais, Mark Rutte. « Cette tentative d’accès aux systèmes sécurisés de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail est un crime contre l’humanité ». Digne d’un roman d’espionnage.

    Digne d’un roman d’espionnage

    En juin 2022, un agent militaire russe a été repéré et arrêté par les forces de l’ordre néerlandaises. Ce dernier se faisait passer pour un stagiaire brésilien auprès de la Cour pénale internationale. Viktor Muller Ferreira de son véritable nom Sergey Vladimirovich Cherkasov était proche du coup parfait, digne des meilleurs romans d’espionnage. La teneur et sophistication de l’opération étaient telles que les renseignements néerlandais l’ont jugé comme une « menace potentiellement très haute ». En accédant à la CPI, « Cherkasov aurait pu réunir du renseignement, recruter des sources et s’arranger pour avoir accès au système électronique de la CPI », constate l’AIVD.

    Le coffre d’un véhicule trouvé à l’extérieur de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques à La Haye. (Crédits : Ministère de la Défense des Pays-Bas)

    Pris à cause de ses fautes d’orthographe. En effet, c’est la note d’intention formulée par Cherkasov, transférée par la CPI à l’AIVD, qui a mis la puce à l’oreille. Plusieurs maladresses sur ce document écrit en portugais. Or, selon la couverture, Viktor Muller Ferreira était censé être né en avril 1989 au Brésil. Si bien que le rapport annuel de 2022 du service général du renseignement néerlandais (AIVD) observe que la Cour présentait « un intérêt pour la Russie, car elle enquête sur d’éventuels crimes de guerre russes en Géorgie et en Ukraine ». Il ne croyait pas si bien dire.

  • L’avènement de la République française, un certain 22 septembre 1792

    L’avènement de la République française, un certain 22 septembre 1792

    Tandis que le roi Charles III et la reine consort sont en France pour une visite officielle, la monarchie en France prenait fin, ou presque, il y a tout juste 231 ans. Une bagatelle à l’échelle du système solaire, mais moindre à notre échelle, c’est l’instauration de la République qui chamboula le paysage. C’est à partir de ce jour, aujourd’hui donc, le 22 septembre que l’an I de la République française vit le jour. Une monarchie constitutionnelle avait été instituée, mais elle ne tenait pas comme au Royaume-Uni.

    Un long chemin fut nécessaire à l’établissement de cette, critiquable à souhait, République. La récolte de 1788 fut en partie détruite par les intempéries, grêles et orages. Le prix du pain ne cesse d’augmenter, la corruption est déjà en place. Les impôts qui assomment les Français sont détournés par ceux qui les collectent. Les ministres de Louis XVI tentent d’étendre l’imposition aux trois ordres. Une crise politique majeure se déroule en 1789. La montagne cette fois-ci n’accouche pas d’une souris. Le tiers état se proclame en « Assemblée nationale » par le serment du jeu de paume.

    De l’huile sur le feu. Louis XVI envoie Necker et réunit 30 000 soldats autour de Paris, augmentant l’inquiétude légitime de la population. Le prix du pain a déclenché l’impensable pour le roi. Un mouvement de papillon peut engendrer un ouragan. (Crédits : Jacques Louis David/Musée national du château de Versailles)

    Le 12 juillet 1789, sous l’égide de la bourgeoisie, une partie du peuple parisien se fournit en arme et se dote d’une milice : la garde nationale. Le prix du blé atteint des sommets et déclenche la prise de la Bastille le fameux 14 juillet 1789. L’épisode de la Grande Peur amène la noblesse, le clergé à renoncer au soir du 4 août 1789 à leurs privilèges. Les fondements de la République sont en construction. Mais les sans-culottes réclament le plafonnement du prix du pain, tandis que la noblesse fuit la France et tente d’inverser le processus.

    La monarchie constitutionnelle en échec

    Les soubresauts font que les députés de l’Assemblée nationale, qui appartiennent à la bourgeoisie, mettent en place un régime politique les favorisant, « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Si bien qu’en septembre 1791, la France effectue une transition en douceur, elle devient une monarchie constitutionnelle avec la séparation des pouvoirs. Le roi conserve l’exécutif, il commande la garde nationale. L’Assemblée nationale élue au suffrage indirect détient le pouvoir législatif.

    Les sénateurs sont élus au suffrage indirect. Les maires sont élus par les citoyens. Ils font partie du collège électoral qui à son tour élisent des personnes pour exercer un mandat, comme celui des sénateurs. (Crédits : Leonhard Niederwimmer/Pixabay)

    La possibilité de vote pour élire les grands électeurs se monnaye, il est nommé suffrage censitaire. Ce mode de suffrage dans lequel seuls les citoyens dont le total des impôts directs dépasse un seuil, appelé cens, sont électeurs. Il existe également les citoyens dits actifs. Ce sont des hommes de plus de 25 ans qui par une contribution supérieure à trois journées de travail peuvent voter.

    La fuite de Louis XVI

    Durant la nuit du 20 au 21 juin 1791, le roi Louis XVI, la reine Marie-Antoinette, leurs enfants fuient Paris. C’est à Varennes-sur-Argonne que le stratagème est mis au jour. La lourde berline est arrêtée, ses occupants sont invités à descendre. La famille sera formellement reconnue par le juge Destez, qui avait vécu à Versailles. Le retour à Paris s’opère. C’est le 25 juin, dans un silence assourdissant que le cortège fait son entrée.

    https://www.dailymotion.com/video/xf9u5l

    La chute est inéluctable. Le roi conserve son trône, mais pas ses pouvoirs, omis son droit de veto. Droit qu’il utilise contre la politique de l’Assemblée Nationale élue en septembre 1791. Dans les rangs deux camps s’opposent, les « Feuillants » acquis au roi, et les « Jacobins » plus proches du peuple.

    La victoire de Valmy

    Assigné en résidence au palais des Tuileries, le roi est soupçonné de connivence avec le neveu de sa femme, la reine Marie-Antoinette. Il faut dire que la France et sa révolution effraient les monarchies en Europe. Le 20 avril 1792, l’Assemblée déclare la guerre à l’Autriche. La Prusse prend alors l’initiative de l’attaque. La défaite de l’armée française est cuisante du fait de la mauvaise préparation des soldats et la fuite en avant des officiers appartenant à la noblesse.

    La bataille et victoire de Valmy est déterminante. Première victoire décisive de l’armée française pendant les guerres de la Révolution ayant suivi le renversement de la monarchie des Bourbons. (Crédits : Horace Vernet/National Gallery à Londres)

    Le 11 juillet 1792, à l’Assemblée, Danton déclare « la Patrie en danger », chacun se prépare à l’invasion de la France. Des volontaires s’engagent. Ils convergent vers la capitale pour la défendre contre l’envahisseur. Ils entonnent, venant de Marseille, le chant de guerre pour l’armée du Rhin, qui deviendra depuis 1795, l’hymne national connu sous le nom de Marseillaise, par Claude-Joseph Rouget de Lisle. Mais le roi est tenu pour coupable de la défaite. Le 10 août, le palais des tuileries est pris d’assaut, la famille royale est enfermée à la prison du temple. La victoire de Valmy sonne l’arrêt de l’avancée ennemie, le 20 septembre. Deux jours plus tard, le premier jour de l’an I de la République est déclaré, le 22 septembre 1792.

  • Ransomware. MGM Vs Caesars : payer ou ne pas payer ?

    Ransomware. MGM Vs Caesars : payer ou ne pas payer ?

    Lorsque nos rêves nous emmènent à Las Vegas, la première pensée est pour les casinos et le film Ocean’s 11. Mais dernièrement le rêve se transforme en cauchemar pour les poids lourds que sont Caesars Entertainment et MGM Resorts. Du cinéma à la réalité, les deux entreprises américaines ont subi une cyberattaque. Deux réalités s’opposent. La première est le paiement d’une rançon pour récupérer les données volées, sans jamais être sûr qu’une copie n’est pas gardée. L’autre est le non-paiement.

    Le 7 septembre 2023, Caesars Entertainment révélait qu’une « a récemment identifié une activité suspecte dans son réseau de technologie de l’information résultant d’une attaque d’ingénierie sociale sur un fournisseur de support informatique externalisé utilisé par la société. » C’est dans le rapport de la U.S. Securities and Exchange Comission (SEC) que l’entreprise, après enquête, reconnaissait que l’acteur à la base du cyberincident possédait de nombreuses données.

    Scattered Spider (UNC3944) sévit

    Deux grands casinos de Las Vegas ont été victimes d’attaques par ransomware « attribuées » au groupe cybercriminel Scattered Spider. Pour autant, Alphv/BlackCat revendique la paternité de la cyberattaque de MGM sur son site de fuite. Depuis l’attaque cybernétique les systèmes informatiques du MGM ont été mis hors service, gelant les machines à sous, les distributeurs automatiques de billets, les ascenseurs et la technologie de l’hôtel. Cette entreprise refuse de payer.

    ransomware, MGM, cyber

    « À la suite de notre enquête, le 7 septembre 2023, nous avons déterminé que l’acteur non autorisé avait acquis une copie, entre autres données, de la base de données de notre programme de fidélisation, qui comprend les numéros de permis de conduire et/ou les numéros de sécurité sociale d’un nombre important de membres de la base de données. Nous sommes toujours en train d’enquêter sur l’étendue des informations personnelles ou sensibles supplémentaires contenues dans les fichiers acquis par l’acteur non autorisé. »

    Scattered Spider est considéré comme un groupe criminel usant d’une large gamme d’attaques d’ingénierie sociale pour pénétrer dans les réseaux d’entreprise. Les attaques comprennent l’usurpation de l’identité du personnel du service d’assistance. Le but est d’inciter les utilisateurs à fournir des informations d’identification. Il y a des attaques par échange de cartes SIM (pour prendre le contrôle du numéro de téléphone d’un appareil mobile), par fatigue (MFA Fatigue) et hameçonnage. « Contrairement à la plupart des affiliés de ransomware qui sont originaires des pays de la CEI, les chercheurs pensent que le groupe de pirates est composé d’adolescents et de jeunes adultes anglophones âgés de 16 à 22 ans », écrit Bleeping Computer. (Crédits : capture d’écran)

    Plus problématique que les données personnelles, les informations bancaires : « À ce jour, nous n’avons aucune preuve que des mots de passe de membres, des informations sur des comptes bancaires ou des informations sur des cartes de paiement ont été acquis par l’acteur non autorisé ». Scattered Spider, également appelé UNC3944, Scatter Swine ou Muddled Libra, est un groupe de pirates informatiques composé principalement d’individus âgés de 16 à 22 ans. De langage anglophone, ils seraient issus des États-Unis et du Royaume-Uni.

    Quels conséquences et conseils ?

    Caesars aurait donc payé la somme 15 millions de dollars, ce qui représenterait la moitié de la somme demandée. Fox Business relate que « MGM Resorts International devrait perdre jusqu’à 8,4 millions de dollars de revenus par jour jusqu’à ce qu’elle résolve les problèmes de cybersécurité qui ont affecté son système de réservation et les étages de ses casinos dans plusieurs États. » Les dirigeants doivent avoir une bonne raison de payer le cas échéant tout ou partie de la rançon. Malgré le fait que l’entité qu’est le FBI recommande de ne pas payer de rançon. L’organisme évoque plusieurs raisons à cela :

    • Payer la rançon encourage les pirates à continuer leurs attaques et à demander des sommes plus élevées.
    • Payer la rançon ne garantit pas que les pirates restitueront les données ou qu’ils n’ont pas installé une porte dérobée pour revenir plus tard.
    • Payer la rançon finance d’autres activités criminelles, comme le trafic d’armes, de drogues ou d’êtres humains.
    • Payer la rançon peut exposer les victimes à des poursuites judiciaires si elles violent des sanctions ou des lois contre le financement du terrorisme.
    • Payer la rançon ne résout pas le problème de fond, qui est le manque de sécurité et de prévention des systèmes informatiques.