Entre réalité et roman policier, entrez dans le monde captivant des expressions françaises. Imaginez-vous des faits-divers racontés par un journaliste amoureux des expressions et tournures de phrases alambiquées. Entrez là où les mots relatent des histoires fascinantes de notre passé. Aujourd’hui, explorons trois formules pittoresques, chacune avec une origine intrigante. Une équipe de malfrats réalisaient de faux chèques le 21 novembre 1923, et se faisaient pincer.
L’affaire remonte au 20 novembre 1923, lorsque la sûreté de Dijon arrêtait un homme soupçonné de faux. Comme le personnage d’Arsène Lupin, il possédait un sobriquet : Francesco Bagneto. De son vrai nom Victor Cerro, il avouait avoir touché 23 000 francs à Tours, 68 000 au Mans, pendant que ses complices présumés récupéraient 200 000 à Troyes, Sens et Nogent. La brigade mobile de Montpellier recherchait un dénommé Bottechi, dit Bocchi.
« Oh, c’est intéressant comme fait divers », souffla d’admiration Sépa Phot
Des faux chèques du montant de 68 723 francs chacun
Elle comprit que les frasques de son très cher mari et les brides de cours de théâtre de sa jeunesse lointaine allaient ressurgir. Se plaçant au milieu du salon, il posait le journal sur la table, tout près d’une vase emplie de rose du jardin. Il s’affubla d’un ton sérieux, fronça les sourcils, prit un œil espiègle pour conter son histoire devant une assemblée conquise et désabusée.
Dans une charmante ville au cœur de la France vivait un homme au charme singulier et particulier. Pour arriver à ses fins — voler des chèques et en falsifier — il faisait belle jambe. Se grimant à la manière d’Arsène Lupin ce personnage énigmatique se trouvait aujourd’hui au centre d’une affaire des plus intrigantes.
Une affaire de faux chèques en bande organisée pour un montant régulier de 68 723 francs.
(Crédits : Bruno/Pixabay)
« Savais-tu que l’expression, ça me fait une belle jambe vient de la Renaissance ? À l’époque la mode masculine mettait en valeur les jambes moulées dans des chausses. Ainsi un homme qui voulait être regardé se faisait belle jambe »
Menteur comme un arracheur de dents
L’étau se resserrait sur la petite bande. Bagneto engaillardit de sa réussite au Mans, se déplaça le samedi matin à la succursale de la Banque Nationale de crédit (BNC) de Blois. Il présenta un faux chèque de 68 723 francs. Le caissier déclarait qu’il ne pouvait pas lui payer en intégralité. Il lui remit 10 000 francs, et demanda que le reste lui soit envoyé à Dijon.
Peu après son départ, les employés se rendaient compte que le chèque était faux. Ils prévenaient la succursale de Dijon. Bagneto se dirigeait sans se méfier à la BNC et tombait dans une souricière. Ses explications ne tenaient pas longtemps face à l’enquête du juge Gorse.
Bien qu’il mentait comme un arracheur de dents, il fut rapidement écroué. Mais le mystère restait entier. Comment un chèque portant les signatures nécessaires, pouvait-il être payé sans qu’une lettre soit émise au guichet payeur par la succursale ou le siège émetteur ?
Le directeur, M. Pajot indiquait au quotidien Le Journal d’une possible complicité. N’y aurait il pas pu avoir de fâcheuses négligences, ou d’imprudences somme toute regrettables ?
(Crédits : Peter H/Pixabay)
L’expression « mentir comme un arracheur de dents » remonte au XVIIe siècle. Elle évoque les barbiers de l’époque qui, en plus de leur métier, faisaient office de dentistes et de chirurgiens. Puis les dentistes qui officiant sur les places publiques, proposer d’arracher les dents des badauds. L’astuce consistait à persuader les clients que l’arrachage de dents à l’aide d’une tenaille était… indolore.
Être mis sur la sellette
Le vendredi 16 novembre 1923, Dursapt, dit Luigi Mazulla se faisait payer un chèque de 68 723 francs. L’homme présentait un passeport puis touchait la somme requise. Il prenait le temps de recompter avec assurance les billets avant de sortir sereinement. Le caissier reconnut l’indésirable dans la photo parue dans les journaux.
Deux chèques de 68 723 francs présentés à Roubaix et Tourcoing étaient payés sans aucune difficulté, les avis de paiement étaient envoyés par l’agence de Carcassonne. Les lieux choisis l’étaient, car les mouvements de fonds sont considérables.
À Sens, même modus operandi. Le chèque fut cette fois présenté au directeur de la succursale de la BNC. M Regnard examinait la signature, la confrontant avec l’avis de paiement. Les signatures étaient conformes.
Le paiement s’effectuait, l’escroc Nigronni Giovanni prenait le soin de préciser les billets qu’il souhaitait pour le règlement. Mais rapidement les hommes furent mis sur la sellette face au juge. La bande comprenait Sacha Lonpam, Victor Cerro, Victor Dusarpt, Jeanne Kohler, et Julot le Bordelais. Ils furent écroués avant la condamnation.
(Crédits : Le Journal/BnF/Gallica)
La scène du tribunal est digne d’un récit médiéval, avec notre homme placé « sur la sellette ». Saviez-vous qu’autrefois, ce siège de bois était utilisé dans les tribunaux ? Il était un siège inconfortable, bas et sans dossier. Son but placer l’accusé en position d’infériorité lors des interrogatoires. Nos malfaiteurs se retrouvaient assis sur cette sellette, confrontés à ses accusateurs. « Il ne te reste qu’à prendre le chéquier pour aller faire les courses » conclut Séki en souriant.
Quel titre ronflant, qui n’a jamais eu autant d’échos qu’aujourd’hui ! Sauf que ce titre est celui du quotidien Le Matin, du 16 novembre 1923, il y a cent ans. Il suffit de faire l’expérience d’un passage en caisse de supermarché pour se rendre compte de la similitude. Les causes selon les avis et personnes diffèrent. Il suffit de voir durant la crise due au SARS-CoV-2, la pénurie de produits, malgré le travail sans relâche des chauffeurs routiers. La récession de la motte de beurre défrayait les chroniques, il est devenu de l’or.
L’inflation est la seule courbe qui semble monter inéluctablement. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les coûts de la vie ont augmenté entre janvier 2022 et janvier 2023 de 6 %. Dans son rapport du 15 novembre 2023, l’indice des prix à la consommation (IPC) augmente durant le mois de 0,1 %, mais de 4 % sur l’ensemble de l’année. Pour voir un bilan mensuel de l’Insee positif à la lecture, il faut remonter en octobre 2020 : « Les prix à la consommation sont stables sur un mois et sur un an. » Dans l’Histoire de France, le pain possède une place privilégié, de la Révolution française à aujourd’hui, un baromètre à lui tout seul.
L’inflation, désormais connue de tous, est selon le dictionnaire de l’Académie française le « phénomène économique caractérisé par une hausse des prix générale et durable |…] ». L’Insee ajoute que c’est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par la fameuse augmentation. Mais il faut la différencier de l’augmentation du coût de la vie.
Le montant de cette inflation est de 6 %, sauf que c’est une moyenne. Selon France inflation, l’indice des prix à la consommation ont crû depuis 2015 de 18 %.
L’énergie a bondi de 60 %, l’alimentation de 31 %, les services de 13 %, les produits manufacturés de 5 % et la palme va au tabac avec 71 %.
(Crédits : France-Inflation)
L’IPC ou le « coût de la vie »
Ce fameux coût de la vie fait vraiment parler. Lorsque les anciens, qui ont connu le franc, les cabines téléphoniques, les baladeurs, le gazole à moins d’un euro… parlent, ils disent c’était mieux avant. Ont-ils raison ? La période de crise due au SARS-CoV-2 a bouleversé les marchés laitiers et pas que. Le prix des produits de première nécessité ne cesse de croître.
L’indice est calculé chaque mois par l’Insee. Il existe pour mesurer l’évolution générale des prix des biens et des services consommés par les Français. La prochaine publication au Journal Officiel est le 15 décembre 2023. « Il permet d’adapter sa consommation pour une meilleure maîtrise de ses dépenses et de son pouvoir d’achat. » Merci, sans cette définition je serais perdue pour gérer mes dépenses !
Ce fameux indice, hors tabac sert à l’indexation de nombreux contrats privés, les retraites, à revaloriser le SMIC selon trois catégories souligne le site WEB du service public : ensemble des ménages — hors tabac, ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé — hors tabac, ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie — hors tabac.
(Crédits : Alexa_Fotos/Pixabay)
L’évolution des prix
Ce qui semble anormal ou illogique est de passer faire ses courses aux supermarchés en comparant son chariot. La quantité de produits achetés semble dérisoire au vu du prix final, surtout quand vous n’avez pas changé vos habitudes de consommations. Pour comparer les prix, il faut avoir une base : le salaire minimum de croissance (SMIC). En 1980, au commencement le montant brut est de 2317,42 francs. Le SMIC en 1992 est de 5629,39 francs (858,20 €), en 2023 1747,20 euros, soit 11 460,88 francs. Il était de 1521.22 euros brut en 2019.
Lorsque l’on compare les prix en fonction du SMIC entre 1992 et 2023, ils sont stables. Sauf si vous prenez en compte la valeur du pouvoir d’achat déterminée par l’Insee. L’évolution montre l’écart entre le pourcentage du SMIC en 2019 et 2023, et la valeur du pouvoir d’achat. (Les montants indiqués des prix sont des moyennes)
La part des intermédiaires dans le coût de la vie
Le coût des carburants possède une part dans les prix, la chute de la valeur de l’euro début 2021 où il s’échangeait à 1, 22689 dollars pour atteindre 0, 9749 en septembre 2022. Depuis il est remonté timidement au-dessus de un euro. Mais comment expliquer qu’il est préférable, économiquement de faire venir un produit par bateau ? Le coût de revient de sa production est moins cher qu’en France. Que dire de la qualité ?
Les lecteurs du quotidien Le Matin s’interrogeaient, « Si la vie renchérit, la faute n’en est-elle pas à l’augmentation des tarifs des transports ? » Dans le tableau dressé le 16 novembre 1923 le prix de transport est celui fixé par les chemins de fer par kilogramme, puis le prix moyen est aussi en kilogramme.
Les causes, en 2023 seraient multiples. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine, forcément celui également au proche orient entre le Hamas et Israël, l’après confinement dû au SARS-CoV-2, la relance budgétaire massive, mais également la dépréciation de l’euro face aux monnaies telles que le dollar et le franc suisse.
Sans oublier les tensions géopolitiques avec l’énergie dite fossile, l’effet de l’offre et de la demande et sans aucun doute la politique monétaire des baques centrales. L’inflation touche toute l’Europe. Pour encore combien de temps ?
Une nouvelle cyberattaque contre une collectivité française. Durant dans la nuit du 5 au 6 novembre 2023, l’incident informatique se serait déroulé. C’est le département du Loiret qui a été ciblé par des pirates informatiques. Depuis la communauté de communes, Bresse Louhannaise a fait son apparition sur le site de fuites du ransomware LockBit. Les dernières attaques L’EHPAD de Marigny-le-Lozon, le 13 octobre 2023, les hôpitaux de Vittel et Neufchâteau, et l’entreprise Le Tillet en novembre.
Les opérateurs à l’origine de l’attaque des serveurs du Département du Loiret ont ciblé leurs victimes le week-end dernier. Par mesure de précaution, la réception et l’envoi de mails, l’accès aux serveurs ou à certains logiciels métiers ont été interrompus, explique la communication du Département. Une plainte a été déposée. L’enquête est en cours avec Orange Cyberdéfense. Leur but est de déterminer précisément l’origine et les conséquences de cette attaque.
Le Département du #Loiret a été victime d'une #cyberattaque ❌🖥️ ce weekend. Une enquête est en cours, aucune fuite de données n'a été détectée. Certains services sont momentanément inaccessibles. Nous travaillons pour résoudre cet incident au plus vite. pic.twitter.com/jgRIFX7MKk
Depuis le 7 novembre, les équipes du Département sont à pied d’œuvre pour « résoudre » cet incident. L’accueil téléphonique est depuis accessible au 02 38 25 45 45 assure le service de communication.
La mutualisation des ressources informatiques du CD et du SDIS a suite à l’attaque imposé la décision d’isoler immédiatement les serveurs du SDIS 45 afin de les protéger.
La direction du SDIS 45 rassure les Loirétains et les Loirétaines dans son communiqué de presse : « Aucune conséquence n’est à déplorer sur le fonctionnement des numéros d’urgence 18/112 et la prise en charge des citoyens. Le SDIS du Loiret continue à répondre aux appels et à porter secours aux victimes. »
Revendications du ransomware LockBit
Les revendications des attaques par ransomware de l’entreprise Le Tillet et de la communauté de communes Bresse Louhannaise sont apparues le 5 novembre 2023.
Sur les 376 attaques mondiales (en octobre 2023) affichées et revendiquées se trouve en tête du classement l’Amérique du Nord. En Europe, le Royaume-Uni et l’Irlande arrivent en tête avec 32 cas, dans l’est, l’Allemagne-Autriche-Suisse se contente de 20, l’un des niveaux les plus bas depuis le début de l’année.
Valéry Rieß-Marchive, rédacteur en chef de LeMagIT note dans l’un des derniers articles qu’« après plusieurs mois marqués par des revendications de cyberattaques en grand nombre, détonant avec les observations en France et les tendances passées, octobre pourrait bien signaler le retour d’une forme de normalité. »
Malheureusement, les fuites de données sont toujours fréquentes. Celle concernant le site LinkedIn affole les compteurs. Comme l’explique Zataz, ce sont 35 millions d’individus qui se retrouvent dans la nature. Plus particulièrement leurs adresses électroniques, fonctions, identités, entreprises… Le pirate à l’origine de ceci signe « du nom du groupe de hacker étatique américain Equation Group », écrit Damien Bancal.
Les conflits ne se déroulent pas seulement par des forces armées. Ils se produisent également sur le WEB. Ainsi la politique, la géopolitique ont un lien étroit avec l’actualité sur la toile. Si le ou les auteurs de l’attaque par ransomware des municipalités allemandes ne sont pas encore connus, l’identité de l’attaquant des entreprises aux Pays-Bas l’est : NoName057(16). Les attaques cybernétiques sont aussi des offensives contre un pays en fonction de la conjoncture, des conflits ou des divergences d’opinions.
Les Pays-Bas vont débloquer une enveloppe d’un demi-milliard d’euros pour acheter et livrer des munitions à l’Ukraine, a annoncé Kajsa Ollongren, la ministre de la Défense des Pays-Bas, lors de sa visite en Ukraine. Elle indique que les Pays-Bas souhaitent continuer à fournir « un flux constant de munitions » à Kiev, car les combats ne peuvent continuer que dans le cas où leurs besoins en munition perdurent assure la ministre. La réponse des organisations pro-russes ne s’est pas fait attendre. Suite au conflit armé entre l’Ukraine et la Russie, des attaques des systèmes d’information sont perpétrées. L’annonce effectuée par la ministre néerlandaise de la Défense, jeudi 2 novembre 2023, ne déroge pas à la règle.
Le groupe revendique les attaques des sites néerlandais, mais pas seulement. Des entreprises allemandes, italiennes suédoises ou tchèques. Si les Pays-Bas ont contribué à hauteur de 2 milliards d’euros, un article de Le Monde stipule que la France aurait participé pour 3,2 milliards d’euros. (Crédits : Capture d’écran/NoName057(16))
Par des attaques de déni de services (DDoS), les opérateurs derrière NoName057(16) revendiquent et affichent leurs méfaits. Ainsi les attaques étaient dirigées vers le port de Den Helder, Allgobus et Arrival. Si le site WEB du port est de nouveau opérationnel, ce n’est pas le cas pour les deux autres victimes.
Impossible d’accéder aux différents sites. Le groupe NoName057(16) avait attaqué l’administration suisse ainsi que l’Assemblée nationale en 2023.(Crédits : capture d’écran/Arriva)
En plus la compagnie ferroviaire Arriva Netherlands, filiale de la Deutsche Bahn, a eu quelques sueurs froides dernièrement. Un hacker éthique a contacté l’entreprise pour leur dévoiler une faille. Celle-ci se trouve dans le formulaire de contact explique Wilbert Elting sur le site de Leeuwarder Courant. Les personnes malveillantes pouvaient accéder aux prénoms, noms, aux adresses électroniques, aux numéros de téléphone et dates de naissance des voyageurs ayant utilisé le formulaire dernièrement. Le formulaire a été mis hors ligne. « Une fois que nous aurons rétabli la sécurité, elle sera de retour en ligne », assure Tineke Witteveen pour la compagnie.
72 municipalités allemandes attaquées par ransomware
Une attaque massive durant la nuit du 29 au 30 octobre 2023, a paralysé les administrations dans plusieurs villes et districts de l’ouest de l’Allemagne. Pas moins de 72 municipalités sont ainsi limitées dans leurs mouvements des systèmes d’information. Un groupe de hackers inconnu a chiffré les serveurs du fournisseur de services municipaux local, Sodwestfalen. Les communes sont principalement dans l’État de Rhénanie du Nord-Westphalie, dans l’ouest de l’Allemagne. Le communiqué s’efforce d’être transparent sur l’actualité de Southwestphalia.
#EIL: Aufgrund eines Cyberangriffs auf den kommunalen IT-Dienstleister Südwestfalen-IT sind u.a. die Kreisverwaltung Siegen-Wittgenstein und die Stadtverwaltung Siegen sowie die weiteren Städte und Gemeinden im Kreisgebiet aktuell bis auf Weiteres nicht erreichbar. (1/2) pic.twitter.com/6pm5AD06ir
Heureusement, les réseaux sociaux permettent de prévenir les usagers de l’indisponibilité des services en ligne. Les remises en marche des différents ordinateurs révèlent leurs lots de problèmes. Les autorités assurent les citoyens de mettre tout en œuvre pour le rétablissement, mais qu’il peut prendre un certain temps.
L’Office fédéral allemand pour la sécurité de l’information (Bundesamt für Sicherheit in der Informationstechnik ou BSI) est au fait de l’incident, et une enquête est en cours. The Record explique que les procureurs allemands ont déclaré aux médias locaux qu’ils s’employaient actuellement à déterminer l’ampleur des dommages, quels services étaient touchés et qui étaient responsables de l’attaque. Ils s’attendent à une « enquête complexe et longue ».
Deux attaques d’aéroports sur le sol britannique par le groupe russophone UserSec, deux cyberattaques par ransomware une sur le sol mexicain et une sur le tarmac américain. Ces dernières seraient l’œuvre du ransomwareLockBit, bien que pour Boeing Jeppesen, la revendication soit supprimée du site de fuite (au bouclage de l’article). Ce qui remémore une attaque dont la même filiale du géant américain avait subi les dommages en novembre 2022. Elle avait perturbé de nombreux vols.
Le site de l’aéroport de Manchester en Angleterre est depuis revenu en ligne. Le 30 octobre 2023, les opérateurs du groupe UserSec revendiquaient l’attaque cybernétique de l’aéroport de Manchester. Sur le canal Telegram, ils affichent la couleur en ciblant des compagnies au Royaume-Uni. « Première cible, le plus grand aéroport du pays, l’aéroport de Manchester. Pour le moment, les serveurs sont hors service et le site est hors service. […] Ce site sera indisponible jusqu’à 20 h 30, heure de Moscou, puis nous passerons à la cible suivante », expliquent-ils. Si la durée d’indisponibilité du site WEB fut plus courte qu’indiqué, ils tendent à démontrer leurs capacités.
⚠ We are aware of some fake X accounts
Make sure you're talking to @Gatwick_Airport only. 📲 We will never ask for your phone number, but may ask for an email address or booking reference via private DM #Gatwick#GatwickAirport
Les logiciels malveillants ont eu, et continuent d’avoir un impact sur les utilisateurs comme Nitrokod. UserSec avait déjà ciblé le territoire britannique en août 2023 avec les attaques sur les aéroports de Birmingham et de Belfast. (Crédits : London Gatwick Airport/X)
Mais une autre menace est révélé à demi-mots par London Gatwick Airport : « Assurez-vous de vous adresser à nous ». Des copies de sites, de pages WEB, etc. peuvent être mises en place pour tromper les usagers. Puis, comme annoncé par UserSec, c’est au tour de l’aéroport de Gatwick de subir les foudres d’UserSec. Le lieu n’est pas choisi au hasard, Gatwick est deuxième plus important aéroport du Royaume-Uni, en effet plus de 45 millions de passagers y transitent chaque année.
Attaque de l’aéroport de Querétaro
De l’autre côté de l’océan atlantique, c’est au Mexique qu’une cyberattaque d’ampleur, au sein de l’aéroport international de Querétaro (AIQ). Elle est revendiquée par le ransomware plus que connu LockBit. Le groupe cybercriminel laisse jusqu’au 27 novembre 2023 à l’aéroport pour satisfaire leurs exigences, faute de quoi ils publieront les données récupérées.
Trois documents sont d’ores et déjà affichés par les opérateurs derrière le ransomware. Preuves des données en leur possession. (Crédits : capture d’écran/LockBit)
Selon les autorités, « à aucun moment la sécurité opérationnelle de l’aéroport n’a été compromise et que l’organisation et son infrastructure fonctionnent normalement ». Une déclaration de l’AIQ a indiqué qu’une « cyberattaque a été subie, dérivée d’un acte involontaire du personnel de l’organisation interagissant avec un fichier contenant un logiciel malveillant. » L’entité aéroportuaire continue en indiquant que « des enquêtes ont été lancées en collaboration avec les autorités compétentes afin de déterminer la nature, l’étendue et les parties responsables. »
Importante⚠️ Informamos que tuvimos un incidente de ciberataque y estamos trabajando con expertos para abordar esta situación. Los sistemas del AIQ están operando con normalidad. La seguridad de nuestros pasajeros y operaciones sigue siendo nuestra principal prioridad. pic.twitter.com/dDFDa4kVHV
En Amérique du Nord, c’est le principal concurrent d’Airbus qui est sur le devant de la scène. En effet, le géant de l’aérospatiale Boeing confirmait qu’un « cyberincident » avait eu lieu. Elle se serait déroulée vers le 28 octobre 2023. L’entreprise a confirmé l’incident de cybersécurité. « Il porte atteinte à l’activité de pièces détachées et de distribution », relate 20minutes. Aucune perturbation au niveau de la sécurité. L’entreprise enquête activement en collaboration étroite avec les forces de l’ordre et les autorités compétentes.
Certaines revendications disparaissent des sites de fuite. C’est le cas pour l’entreprise américaine Boeing. Un accord a t-il été trouvé ? (Crédits : capture d’écran/LockBit)
Étrangement, le post a été supprimé. TechCrunch rappelle que lorsqu’une le dossier est supprimé, c’est souvent « un signe qu’une organisation a accepté de négocier avec les pirates, ou payée tout ou partie de la demande de rançon. À la demande de TechCrunch, Boeing a refusé de dire s’il avait reçu une demande de rançon ou si la société avait payé. » La compagnie avait subi un cyberincident il y a tout juste un an, suivi par une enquête. Cet incident avait provoqué des perturbations dans la planification des vols le 4 novembre 2022, et le besoin d’accroître la sécurité pour ces lieux sensibles.
Il est le terme entendu dans n’importe quelle émission télévisuelle ou radiophonique. Utilisé à tort et à travers par des personnes publiques et galvaudé, une mise à jour s’impose. Du fait du conflit armé qui oppose les belligérants que sont Israël et la Palestine, les envolées lyriques sont nombreuses. Ce qui est dramatique est la mort d’un être humain, quelle qu’en soit la cause. Il est nécessaire de poser les bases sur les principales religions à travers le monde. Pour ensuite différencier, les personnes qui se revendiquent de cette confession, les habitants d’un pays et les divers courants de religions.
Aujourd’hui, il existe huit religions les plus répandues : le bouddhisme, le christianisme, l’hindouisme, l’islam, le jaïnisme, le judaïsme, le shintoïsme, puis le taoïsme et confucianisme. Puis en fonction des États et contrées, la spiritualité autochtone. Remontons d’un millénaire, le 27 novembre 1095. Odon de Lagery, plus connu en tant que Urbain II lance aux chevaliers de faire le voyage jusqu’à Jérusalem pour repousser les infidèles. Car les Turcs et les Arabes étendraient leurs conquêtes sur les « Terres des chrétiens ». Urbain II, d’après Foulcher de Chartres demandait aux riches et moins riches de faire la « guerre sainte ».
En 1078, les Turcs Seldjoukides, venant des steppes asiatiques s’emparent de la ville de Jérusalem aux mains des Arabes abbassides. Ils interdisent l’accès aux chrétiens, provoquant l’ire du pape. « C’est pourquoi, je vous avertis et vous conjure, non en mon nom, mais au nom du Seigneur, vous les hérauts du Christ [les évêques et abbés du concile], d’engager par de fréquentes proclamations les Francs de tout rang, gens de pieds et chevaliers, pauvres et riches, à s’empresser de secourir les adorateurs du Christ, pendant qu’il en est encore temps, et de chasser loin des régions soumises à notre foi la race impie des dévastateurs. Cela, je le dis à ceux de vous qui sont présens (sic) ici, je vais le mander aux absents ; mais c’est le Christ qui l’ordonne. » 1
« Quelle honte ne serait-ce pas pour nous si cette race infidèle si justement méprisée, dégénérée de la dignité de l’homme, et vile esclave du démon, l’emportait sur le peuple élu du Dieu tout-puissant » exhortait Urbain II dans son appel à Clermont en 1095. (Crédits : Annette Jones/Pixabay)
L’origine et fondement des croisades
Les pèlerinages existent depuis bien longtemps. Les premiers d’envergure vers la Palestine se déroulent du IIIe au IVe siècle. Car l’édit de Constantin de 313 promulgue le christianisme comme religion de l’Empire romain. Des pèlerinages ont lieu jusqu’en 1078, date où les Turcs Seldjoukides interdisent l’accès aux chrétiens. Les croisades seront au nombre de huit de 1095 à 1921. En parlant de « race infidèle » Urbain II met en place une hiérarchisation des peuples. Comme l’explique le dictionnaire de l’Académie française, c’est l’ensemble de doctrines selon lesquelles « les variétés de l’espèce humaine appelées races, principalement distinguées les unes des autres par leur apparence physique, seraient dotées de facultés intellectuelles et morales inégales, directement liées à leur patrimoine génétique. » Mais le racisme entendu au XXe et XXIe siècle n’est pas celui des croisades. De chaque côté, le but fut de sauver la terre sainte.
Le bilan est l’agrandissement du fossé entre musulmans et chrétiens, sans oublier un ressentiment en Orient à l’égard des Occidentaux. Ce qui aurait selon Jacques Le Goff « […] l’échec des croisades fut une condition très favorable à l’unité de l’Europe ».
Elles divisent les trois religions monothéistes dont leur origine est la même et unique Jérusalem. En deux siècles, les croisades modifient durablement les rapports géopolitiques et économiques.
Il existe cependant la création des États latins d’Orient, avec un enrichissement des places commerciales européennes. « Mais elles échouent finalement à conserver la Terre sainte, accentuent la rupture entre chrétiens et musulmans et creusent un fossé entre catholiques et orthodoxes. On leur doit aussi l’apparition de la violence antisémite de masse en Europe, qui ne cessera guère au cours des siècles suivants » relate Geo.
L’évolution du Royaume d’Israël au VIIIe siècle avant notre ère. Cartes du Moyen-Orient, vers 733 avant notre ère : Israël et Juda. (Crédits : Frank E. Smitha/Jewishvirtuallibrary)
La naissance de la différence dans la religion
Dès l’instant où les religions expliquent qu’une personne, parce qu’elle n’a pas votre religion est une « race infidèle si justement méprisée, dégénérée de la dignité de l’homme, et vile esclave du démon […] » alors c’est un dénigrement nommé racisme. Les personnes de confession juive subissaient dès le premier siècle de notre ère une mise en exergue. Elle semble ne pas avoir de fin en soi. Sous l’Empire romain, le christianisme est assimilé à une « secte juive » précise André Larané sur Hérodote. Pour se détacher, les chrétiens vont alors montrer leurs différences.
Ce que de nombreuses personnes nomment antisémitisme se base sur deux périodes distinctes : de 610 jusqu’à 1492, puis de 1492 à nos jours. Mais il fait référence au judaïsme. Ce dernier remonte au deuxième millénaire avant notre ère. Le sentiment d’antijudaïsme s’exprime par le terme « déicide ». Pour faire abattre son chien, ne dit-on pas qu’il a la rage ?
L’Académie française explique qu’il était « appliqué naguère au peuple juif, tenu pour responsable de la mort de Jésus-Christ. Au deuxième concile du Vatican, l’Église catholique a rejeté l’appellation “Peuple déicide” ». Ce IIe concile œcuménique du Vatican se déroulait du 11 octobre 1962 au 8 décembre 1965.
L’évolution des groupes religieux au XXIe siècle et sa projection en 2060 (*) en pourcentage. Le christianisme et l’Islam devraient représenter près des deux tiers d’individus en 2060, avec la baisse des autres courants. (Crédits : Pew Research Centre/Statista)
Ce qui est d’autant impressionnant est que les pratiquants de la religion juive représentent 0,2 % des personnes sur Terre en 2015 selon Pew Search Centre, alors pourquoi autant d’actes d’antisémitisme contre les personnes de confession juive ?
Confession, peuple et courant
Le constat est sans appel. Les personnes de confession juive ont été malmenées à travers l’histoire, mais de nombreuses autres également. Pour ne prendre que le XXe siècle, les crimes de guerre et génocides sont légion. Le génocide est selon l’Académie française une « entreprise d’extermination systématique d’un groupe humain. » Ainsi le massacre des Hereros (1904), les Arméniens (1915), les Ukrainiens (1932), les Juifs d’Europe (1941-1945), les Tutsis (1994) ou encore le massacre de Srebenica (1995). Mais seul sera reconnu par l’ONU le terme de génocide pour les Arméniens, les Tutsis et les Juifs d’Europe.
Sauf qu’il est nécessaire d’effectuer la différence entre la religion, les habitants et les courants. Ainsi vous pouvez être Français, résider en Espagne et être de confession catholique, mais de courant orthodoxe, anglican, évangélique… Vous pouvez être Irlandais, être de confession musulmane, mais être sunnite ou chiite. Donc, vous pouvez être de confession juive, résider aux USA et être ashkénazes ou séfarades, donc soit orthodoxes et traditionalistes ou libéraux et conservateurs.
Régulièrement, et par facilité, nombreux usent de raccourci en disant « je suis juif », « je suis musulman », « je suis chrétien ». Il ne faut pas confondre sa confession et sa nationalité. Il ne faut pas confondre être israélien et être de confession juive. (Crédits : NoName_13/Pixabay)
Deux conceptions s’affrontent : être pour ou contre le sionisme. « Le sionisme constitue une rupture dans la continuité historique du judaïsme. Les intellectuels sionistes et les rabbins orthodoxes qui s’y opposent s’entendent sur le fait que le sionisme représente une négation de la tradition juive », martèle Yako M. Rabkin2. L’appel à se rassembler, à la fin du XIXe siècle en Palestine pour y former « une nation nouvelle » a rebuté la grande majorité, tant laïcs que pratiquants écrit l’auteur de « L’opposition juive au sionisme ». Pour le rabbin Isaac Breuer (1883-1946), l’un des penseurs éminents de l’orthodoxie moderne, rappelle Yakov Rabkin ce nouveau mouvement politique « est l’ennemi le plus terrible qui ait jamais existé pour le peuple juif. […] Le sionisme tue le peuple et élève ensuite son corps au trône ».
Êtes-vous antisémite ?
Réponse aisée : « Bien sûr que non ! ». Mais savez-vous ce que cela veut dire ? En décomposant le nom, celui-ci est composé de anti et de sémite. Le préfixe anti est emprunté grec anti‑, « qui est en face », et, par extension, « qui est opposé, contraire ». Donc une défense antiaérienne est celle qui s’oppose aux attaques aériennes. Selon l’Académie française, l’adjectif sémite est « dérivé de Sem, nom du fils aîné de Noé dans la Genèse, lui-même emprunté, par l’intermédiaire du latin Sem et du grec Sêm, de l’hébreu Shem. » Il représente les populations originaires du Proche et du Moyen-Orient, dont le principal caractère commun est l’usage d’une langue appartenant à la famille des langues sémitiques.
Les peuples sémites, qui regroupaient notamment dans l’Antiquité les Assyriens, les Araméens, les Cananéens, les Hébreux, les Moabites, les Phéniciens, désignent aujourd’hui les « Juifs et les Arabes ». Mais il est abusivement utilisé pour dire qu’une personne est contre un Juif, un israélite. Le terme antisémite vient renforcer les crimes et morts comme celle d’Ilan Halimi (2006), crimes de Mohamed Merah (mars 2012), morts de l’hypercasher de Vincennes (janvier 2015), meurtre de Sarah Halimi (2017), meurtre de Mireille Knoll (2018). Mais jamais utilisé lors de la mort d’une personne qui est dite « Arabe ». Alors si vous êtes antisémite, vous êtes contre les « Juifs et les Arabes », donc contre la barbarie des hommes.
Dans son rapport annuel, le « Service de sécurité de la communauté juive » (SPCJ) relève ce qu’il qualifie de phénomène « nouveau et inquiétant » : un quart des incidents se sont produits à l’intérieur ou à proximité du domicile des victimes, un tiers des actes auraient été motivés par le conflit israélo-palestinien. Tout comme durant l’opération « Les gardiens de la Muraille » du 13 avril au 21 mai 2021. (Crédits : 696 188/Pixabay)
Que penser des émeutes qui ont eu lieu en Algérie, à la libération de la France en 1945. Des slogans se mélangeaient, d’un côté « Vive la Victoire alliée », de l’autre « Vive l’Algérie indépendante ». Un ordre du sous-préfet ordonne de retirer pancartes et banderoles, mais un homme, scout de confession musulmane âgé de 22 ans, Bouzid Saâl, refuse de baisser le drapeau algérien. Des heurts éclatent, un policier tire et le jeune homme est mortellement touché. La foule est saisie de panique. C’est le début des émeutes, qui selon l’histoire officielle algérienne feront 45 000 morts. Les Occidentaux avancent un bilan de 15 à 20 000 morts, dont une centaine d’Européens. Ou bien le massacre du 17 octobre 1961 à Paris de 100 à 200 algériens. Leurs crimes avoir manifesté suite à l’appel du Front national de Libération, contre le couvre-feu discriminatoire qui leur était imposé. Tous ces morts avant les accords d’Évian le 19 mars 1962. Était-ce des crimes antisémites, au sens littéral du terme ?
Conflits et crimes de guerre
Le mal qui ronge cette partie de la Terre est aussi vieux que l’écriture. Mais les crimes perpétrés par le Hamas ne sont pas ceux des Palestiniens, les crimes de guerre sont régis par la loi et les conventions de Genève. Cela concerne les belligérants de tous conflits. Sont considérés comme crimes de Guerre : L’homicide intentionnel, la torture ou les traitements inhumains, y compris les expériences biologiques […] la déportation ou le transfert illégal ou la détention illégale, la prise d’otages. Mais également le fait de diriger intentionnellement des attaques contre le personnel, les installations, le matériel, les unités ou les véhicules employés dans le cadre d’une mission d’aide humanitaire ou de maintien de la paix conformément à la Charte des Nations Unies.
Il n’y a aucune excuse à la barbarie de l’action du Hamas, qui est une organisation terroriste. De l’autre le peuple palestinien est coincé entre quatre murs depuis 1958 par la volonté des dirigeants d’Israël. « Le problème c’est l’après » exhorte Alain Bauer. (Crédits : Europe1/CNews/YouTube)
Mais également le fait de diriger intentionnellement une attaque en sachant qu’elle causera incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile, des blessures aux personnes civiles, des dommages aux biens de caractère civil ou des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel qui seraient manifestement excessifs par rapport à l’ensemble de l’avantage militaire concret et direct attendu. La guerre comme les conflits armés sont décidés par les dirigeants, et à la fin ce sont les civils qui trinquent. Ce qui est certain est que la mort d’autant plus le meurtre ou l’assassinat d’une personne, quelle qu’elle soit, peu importe sa religion, ses croyances, ses origines, ses pensées est une tragédie.
Foulcher de Chartres, Histoire des Croisades, édité par François Guizot, Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France, Paris, J-L-J Brière, 1825, p. 7-9. ↩︎
Les attaques cybernétiques sont quotidiennes, mais certains ont pour objets des lieux plus sensibles que d’autres. L’hôpital de Vérone comme l’Éhpad « Les Hortensias » à Marigny-le-Lozon en France. En Italie c’est aussi la province de Pérouse qui se faisait attaquer. De nombreuses données sont ainsi en proie à une divulgation, ou une utilisation frauduleuse. L’attaque des hôpitaux a eu lieu durant la même nuit du 22 au 23 octobre 2023. La revendication côté italien n’est pas encore connue, en France c’est le ransomware Medusa.
Lundi 23 octobre 2023, l’Éhpad de Marigny-le-Lozon a fait l’objet d’une attaque de type ransomware. Les opérateurs derrière Medusa revendiquent et affichent les preuves sur leur site de fuite. Une série de capture affiche des pièces d’identité, des listes de menus portées aux domiciles de personnes potentiellement fragiles (avec leurs adresses), des courriers personnels… jusqu’à son organigramme. Fort heureusement, les soins sont toujours prodigués relatent Numerama, l’Éhpad n’est pas non plus paralysé. Les cybercriminels laissent un peu de plus de six jours pour accéder à leur demande, une rançon de 100 000 dollars.
Médusa affiche Native Counselling Services of Alberta, Beaver lake cree nation au Canada et demande respectivement 200 000 et 150 000 dollars. Ils se sont attaqués à EDB et à Symposia organizzazione congressi SRL (Ita), Global product sales (USA), Safpro (UK) du même montant de rançon que l’Éhpad. (Crédits : capture d’écran/Medusa)
Comme préconisé par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) l’établissement à porté plainte et ne paiera pas la rançon atteste France Inter. Ce ransomware est bien connu en France, il s’était attaqué au mois d’août à la commune de Sartrouville dérobant de nombreux documents personnels (CV, rib, CNI…), donnés financière… comme de l’école vétérinaire de Nantes, Oniris. Au Canada, cinq hôpitaux du sud-ouest de l’Ontario sont touchés.
Hôpital de Vérone cyberattaqué
Comme pour l’établissement français, l’hôpital italien subit une attaque, le lundi 23 octobre 2023 à l’aube a mis à mal le système de santé de la Vénétie, en particulier le site de l’Azienda Ospedaliera Universitaria Integrata (AOUI) de Vérone. Le président Luca Zaia a demandé à la population de se présenter aux urgences uniquement en cas de nécessité absolue. « N’y allez pas si vous n’avez pas d’urgences » : systèmes en panne !
Le président indique que selon les premières analyses les données sensibles n’ont pas été dérobées et les procédures de sauvegarde périodiques ont eu lieu régulièrement avant l’attaque. Mais que les lignes téléphoniques et une partie du réseau sont encore inutilisables. (Crédits : capture d’écran/Luca Zaia/Facebook)
Aucune conséquence fâcheuse n’est relevée actuellement. « Les structures informatiques régionales et les hauts responsables de la santé de la région ont été rapidement informés par le directeur général Callisto Bravi et suivent directement la situation en collaborant avec les structures de l’entreprise véronaise », a indiqué la région.
La province de Pérouse bloque l’attaque
Une tentative de chiffrage des données à, semble-t-il, échoué dans la province de Pérouse en Italie. Les professionnels ont réagi rapidement pour remédier à la situation. Mais c’est en amont que tout avait lieu. La province s’est fermement engagée en faveur de la cybersécurité et a mis en place un système de sécurité périphérique avec des pare-feu de la prochaine génération en juillet 2023. En septembre, l’Ente a également rejoint l’accord-cadre Consip « Cybersecurity 2 » avec un investissement important visant à créer un obstacle protecteur à la sécurité des données. Cet investissement a permis de bloquer l’attaque relate Umbraijournal.
Huit jours avant, le 15 octobre 2023 c’est la province de Pérouse qui était attaquée. Des données internes auraient pu être exfiltrées, mais sans confirmation évoque le communiqué. « Étant donné qu’il n’est pas possible d’identifier toutes les parties intéressées afin de procéder à des communications individuelles et que l’on considère que les efforts déployés pour atteindre ces parties sont disproportionnés, la province de Pérouse communique les informations et les canaux de contact suivants aux parties intéressées qui n’ont pas encore été contactées par des communications personnelles. »
Les matchs truqués sont une plaie pour le monde sportif amateur et professionnel. C’est un réseau international de falsification de compétitions que l’Espagne en lien avec Interpol vient de démanteler. C’est ce qu’a révélé Interpol le 12 octobre 2023. D’ores et déjà 23 suspects sont arrêtés, d’autres devaient l’être annonçait Interpol. L’un d’entre eux a été appréhendé sur le fondement d’une notice rouge. Côté sportif, le club ibérique La Real Sociedad a subi une cyberattaque mercredi 18 octobre 2023. Les données des abonnés auraient fuitées.
La Police nationale espagnole, en coopération avec l’administration fiscale, Europol et Interpol, a démantelé une organisation criminelle soupçonnée de truquer des manifestations sportives, mais pas seulement. Ils sont suspectés d’utiliser une technologie permettant de parier en devançant les opérateurs. « Les groupes criminels exploitent la moindre faille dès qu’ils en ont l’occasion. Dans le cas présent, on parle d’un avantage de 20 ou 30 secondes qui a permis de réaliser des profits considérables », a déclaré Jürgen Stock, Secrétaire général d’Interpol.
Les investigations débutent en 2020 via une série de paris louches pour des rencontres internationales de tennis de table. Après analyse, les enquêteurs découvrent un réseau criminel d’origine roumaine et bulgare. Les membres truquaient des matchs organisés hors d’Espagne en soudoyant des athlètes. Une fois les résultats fixés, les suspects basés en Espagne pariaient en ligne à très grande échelle.
Ce modus operandi a servi pour des matchs des ligues de football d’Asie et d’Amérique du Sud, de la Ligue de Nations, de la Bundesliga, de la Coupe du monde 2022, et des tournois de tennis de l’ATP et de l’ITF. 47 comptes bancaires ont été bloqués dans plusieurs pays. Les enquêteurs ont saisi différents téléphones portables, antennes paraboliques, récepteurs de signaux satellites, espèces, billets de banque contrefaits, cartes bancaires, documents d’identité et cartes SIM prépayées. (Crédits : Interpol)
Corruption, amende et case prison
La corruption touche tous les continents. Mais une affaire secoue la péninsule ibérique depuis 2020. Le cas du club Osasuna lors de la saison 2013-2014. Le club luttait pour sa survie dans l’élite. Les dirigeants ont arrosé plusieurs joueurs, mais en vain, car malgré la tactique respectée, il manquait un point au club pour éviter la relégation. La première condamnation pour matches truqués en Espagne envoie en prison cinq anciens dirigeants d’Osasuna et deux anciens joueurs du Betis.
L’ancien manager Ángel M. Vizcay est condamné à huit ans et huit mois de prison. L’ancien président Miguel Archanco et l’ancien directeur Jesús Peralta sont condamnés à sept ans et cinq mois pour le délit continu de détournement de fonds, le délit de falsification d’un document commercial, délit de fausse comptabilité et un délit de corruption sportive. Le vice-président du conseil d’administration, Juan Antonio Pascual, a écopé de six ans et six mois pour les mêmes faits. Sancho Bandrés, trésorier du conseil d’administration, une peine de cinq ans et six mois.
Les agents immobiliers Cristina Valencia et Albert Nolla ont été condamnés à neuf mois de prison chacun. Les deux anciens joueurs du Real Betis, Antonio Amaya et Xavi Torres, ont été condamnés à dix mois de prison, 22 mois d’interdiction d’exercer comme footballeur professionnel et une amende de 400 000 euros. Diego Maquirriain et Jordi Figueras ont été acquittés. (Crédits : Interpol)
Cyberattaque du club de La Real Sociedad
Le mercredi 18 octobre 2023, l’actuel 5e de la Liga déclarait avoir été victime d’une cyberattaque. La Royal Society assure qu’elle a déjà mis en place toutes les ressources nécessaires pour résoudre l’incident, « en adoptant toutes les mesures techniques et organisationnelles nécessaires ».
« Nous avons sécurisé nos systèmes, garantissant ainsi leur bon fonctionnement. De même, nous avons communiqué l’incident aux autorités compétentes, y compris l’Agence de protection des données », précise-t-elle. « L’attaque affecte les prénoms, noms, cartes d’identité (DNI), courriels, adresses postales, numéros de téléphone et, dans le cas des détenteurs d’abonnements, les numéros de compte bancaire sur lesquels sont prélevés les frais d’abonnement correspondants », a indiqué le club dans une lettre envoyée à ses abonnés.
Le club de Saint-Sébastien recommande à l’ensemble de ses abonnés d’être « prudents face à d’éventuelles communications suspectes » et tente de rassurer les personnes concernées, car « les données bancaires exposées ne comprennent que le numéro de compte sur lequel le club effectue les prélèvements, de sorte qu’il n’y aura pas d’effets qui pourraient entraîner des pertes financières ». (Crédits : Jorono/Pixabay)
Bien que l’on associe le nom de Thomas Alva Edison à l’invention de l’ampoule électrique, elle existait depuis le début du XIXe siècle. Quoi qu’il en soit il a bien déposé une demande de brevet de la lampe électrique le 22 octobre 1879. Le filament sera amélioré par un autre inventeur de génie, Lewis Howard Latimer. Mais la commercialisation des fameuses lampes à bulbe de Thomas Edison affole les compteurs. En 1881, elles ont une durée de vie d’environ 1500 heures.
Il était une fois un Américain pas comme les autres. Un certain Thomas Alva Edison à dans son existence déposé 1093 brevets, rien que ça. Il vend son premier et touche 40 000 dollars en 1869. La valeur de cette somme équivaut à 905 261,76 $ aujourd’hui. Pour ses 30 ans, il invente le phonographe, mais la véritable célébrité vient comme un éclair dans la nuit, l’ampoule électrique. Il brevète à 44 ans le kinétoscope, mais l’invention française des frères lumière, le cinématographe, passe sa dernière invention à la trappe.
Un croquis établi le 13 février 1880 de l’ampoule électrique dessiné par Thomas Edison. (Crédits : Fotosearch/Getty Images)
Adieu éclairages au gaz ou au pétrole, malodorants et dangereux. Ces derniers avaient déjà remplacé les chandelles de suif et les cierges de cire. Qui eux-mêmes étaient successeurs des lampes à huile de l’Antiquité, entre progrès et évolution. Edison venait de créer la source de lumière la plus fiable de l’histoire, substituant la lumière au feu.
Lewis H. Latimer a dessiné les plans du brevet de Graham Bell pour le téléphone en 1876, il améliore les filaments des lampes électriques, brevet n° 252 386. Il dépose les brevets pour les cabinets d’aisances de chemin de fer (1874) et l’antichambre du climatiseur en 1886. Il décède le 11 décembre 1928 et intronisé au National Inventors Hall of Fame en 2006.
Le rachat de brevet est monnaie courante. Ainsi Thomas A. Edison s’enquiert d’un brevet canadien, déposé en août 1874. Mais il s’est également inspiré des travaux de Sir Humphry Davy (1778-1829) sur les arcs électriques. Si bien qu’en octobre 1879 son ampoule est capable d’éclaire plus de treize heures, comparé aux minutes des concurrents, ampoule dont il dépose la demande de brevet le brevet ce fameux 22 octobre.
Une ampoule française brille en Californie
Mais ce 22 octobre 1879, Thomas Edison dépose ce fameux brevet, mais un auteur inventeur de génie, Lewis Howard Latimer améliorera le procédé une année plus tard. Edison utilise un filament de bambou carbonisé qui brûle assez rapidement, Latimer trouve un moyen de rendre le filament plus durable. Il enveloppe le filament de carbone dans du carton, puis fait breveter le processus de fabrication efficace du filament de carbone en 1882.
L’ampoule a dépassé le million d’heures de fonctionnement en 2015. Elle n’éclaire désormais qu’à la puissance d’une veilleuse de 4 watts. (Crédits : Doug Jorgensen/The IndependentNews)
Malgré tout, au pays de l’Oncle Sam, c’est un encore la touche française qui brille de mille feux. Adolphe Alexandre Chaillet voit son ampoule illuminer la caserne des pompiers de LiverMore depuis 1901. La susnommée « ampoule de Livermore » est fabriquée à la fin des années 1890, son enveloppe est du verre soufflé. Elle brille toujours sans interruption ou presque. En 1976, elle est éteinte volontairement durant 22 minutes pour procéder au déménagement dans la nouvelle caserne de pompiers. Mais aussi en 2001 pour son centenaire, une semaine en 1937… Elle pose néanmoins la question tabou de l’obsolescence programmée.
Le 19 octobre 2023, une coopération d’une dizaine de pays et de leurs services de police a fait tomber le site de Ragnar Locker. Le groupe de cybercriminels affichait plus d’une centaine de victimes, dont une concentration dans les domaines de l’énergie, mais pas seulement. Désormais sur le site de fuite et de divulgation des données volées est affiché que les sites Web avaient été saisis dans le cadre d’une « action coordonnée de maintien de l’ordre au niveau international ».
Une opération conjointe est menée du 16 au 20 octobre 2023. Elle est le point final d’une enquête commencée en octobre 2021. Des recherches ont été effectuées en République tchèque, en Espagne et en Lettonie. La « cible principale » a été arrêtée à Paris le 16 octobre, et son domicile en République tchèque a été perquisitionné révèle Europol. Il a été déféré devant les juges d’instruction du tribunal judiciaire de Paris.. « L’infrastructure du ransomware a également été saisie aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suède, et le site web associé à la fuite de données sur Tor a été supprimé en Suède. »
L’infrastructure du ransomware a été saisie aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suède. Le site web de fuite de données a été supprimé en Suède. En octobre 2021, des enquêteurs avaient été déployés en Ukraine. Ce qui avait conduit à l’arrestation de deux opérateurs importants de Ragnar Locker.
En place du site de suite de l’organisation criminelle Ragnar Locker se trouve une image mentionnant une quinzaine de services de Police. Pas moins de dix pays ont collaboré pour ainsi démanteler le site. Les suspicions d’origine d’action des membres pointeraient vers la Russie. Des victimes furent exposées tout au long de la vie du site : Soltek Pacific, Dassault, Adata, Astro Industries, LDLC, Tap Air Portugal, Malayan Flour Mills Bhd, Cantalk… et le dernier en date du 12 octobre 2023 Scotbeff dont la quantité de renseignements était de 82,3 GB.
Comme preuve de la saisie des systèmes d’information, désormais sur le site de fuite sur le darknet est affichée l’image ci-dessus. (Crédits : capture d’écran)
Les opérateurs derrière Ragnar Locker avaient même poussé le vice en achetant des encarts publicitaires sur Facebook en 2020. Le chercheur Brian Krebs révélait l’information le 10 novembre 2020. C’était dans la soirée du lundi 9 novembre 2020 qu’une campagne publicitaire commençait à apparaître sur Facebook. Ladite annonce mettait en porte à faux la victime italienne : Campari Group. La rançon demandée était de 15 millions de dollars., qui a reconnu le 3 novembre que ses systèmes informatiques avaient été mis à l’écart par une attaque de logiciels malveillants.
Le groupe italien célèbre pour ses marques de liqueur comme Frangelico, Epsolon, Grand Marnier… se voyait dérober 2 TB d’informations. (Crédits : DR)
« La cybercriminalité implique des réseaux criminels très organisés, interconnectés et générant des chiffres d’affaires dont beaucoup d’entreprises légitimes ne pourraient que rêver. Ils sont partout, très puissants et motivés par l’appât du gain, la malveillance et le profit financier », explique Stephen Kavanagh, Directeur exécutif des Services de police d’INTERPOL. L’opération menée conjointement par différents services tels Europol, le FBI et en France la Gendarmerie nationale à permis de fermer le site, comme en début d’année pour le ransomware Hive mais les codes demeurent.