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  • Les clients d’Orange Espagne privés d’accès à internet durant quelques heures

    Les clients d’Orange Espagne privés d’accès à internet durant quelques heures

    Le fournisseur d’accès à l’Internet Orange Espagne a souffert d’une cyberattaque mercredi 3 janvier 2024. Si l’opérateur mentionne que l’installation était pratiquement revenue à la normale le jour même, la secousse du dysfonctionnement a bien été ressentie. La personne, dont le pseudo est « Snow » à l’origine de cette intrusion explique que le mot de passe n’était pas approprié. Des bots auraient été utilisés, mais une compromission par un infostealer semble plus que probable, comme le célèbre Raccoon stealer.

    La société Orange en Espagne a subi mercredi 3 janvier 2024 dans l’après-midi une cyberattaque. La conséquence fut la chute de l’accès à l’Internet pour l’ensemble de ses clients ibériques. Ce que confirme la société de téléphonie mobile via le réseau social X (ex-Twitter) : « Le compte d’Orange au Centre de coordination du réseau IP (RIPE) a subi un accès non autorisé qui a affecté la navigation. » Snow déplore sur le niveau de sécurité, indiquant même que le mot de passe serait « ripeadmin » et le manque d’authentification à double facteur (2FA).

    Les équipes de vx-underground ont dévoilé une capture d’écran relayée sur X (ex-Twitter) de la compromission d’Orange. Celle-ci démontre que l’enquête d’Hudson Rock indique le même mot de passe mentionné par Snow.

    Des informations indiquent que la famille d’info stealer est de type Raccoon, que la détection remonte au 4 septembre 2023 peu après 15 h 30. Le fait de prendre le contrôle d’un compte d’administration d’un opérateur tel qu’Orange, permet d’administrer vers des routes nouvelles. Donc d’attribuer des possibilités vers de nouvelles plages d’adresses IP.

    (Crédits : Hudson Rock)

    Le RIPE NCC se définit par « Réseaux IP Européens – Network Coordination Centre », elle est une organisation à but non lucratif. Son but la distribution des ressources internet, telles que les adresses IPv4, IPv6, les numéros d’Autonomous System (ASN) utilisés pour le routage entre opérateurs (avec l’utilisation du protocole BGP). Le RIPE dessert l’Europe, le Moyen-Orient et une partie de l’Asie.

    Mais qu’est-ce que c’est que ça ?

    Internet est une toile, un réseau de réseaux. Deux ordinateurs connectés forment un réseau. Mais ils ont besoin de protocole pour échanger. C’est à ce moment qu’intervient l’AS. L’Autonomous System est un très grand réseau ou groupe de réseaux ayant une politique de routage interne cohérente. « Chaque AS se voit attribuer un ASN unique, qui est un numéro permettant d’identifier l’AS ».

    Chaque AS contrôle un certain nombre d’adresses IP. « En général, chaque AS est exploité par une seule grande organisation, par exemple un fournisseur d’accès à Internet, une grande entreprise technologique, une université ou une agence gouvernementale », explique Cloudflare.

    Le BGP (Border Gateway Protocol) est un protocole d’échange de route externe, issu de l’EGP (exterior gateway protocol), utilisé sur le réseau Internet. En 1966, aux États-Unis, le premier réseau à transfert de paquets de données est conçu par la DARPA (Defense advanced research Projects Agency). Il est connu comme l’ancêtre de notre Internet, le fameux réseau ARPAnet.

    (Crédits : RÜŞTÜ BOZKUŞ/Pixabay)

    Chaque AS utilise ce protocole pour indiquer les adresses IP de direction pour la distribution des paquets. L’Internet Protocol (IP) est utilisé pour le routage. Sans lui ils rebondissent sur l’internet sans trouver la destination. Le BGP est un élément fondateur de l’Internet. Boris Rogier écrit sur Kadiska que « comme elle doit être configurée manuellement, elle est sujette aux erreurs humaines ainsi qu’aux attaques de sécurité. Dans un contexte de services numériques mondiaux, la surveillance du comportement de BGP en termes de découverte de chemins, de surveillance des performances, ainsi que de changements de chemins, devient critique ! »

    Le voleur de mots de passe : Raccoon stealer

    Le mot de passe est partout. Par manque de culture « informatique », utopisme ou fainéantise, tout un chacun use du même : un vrai bonheur pour les cybercriminels. D’autant que depuis avril 2019, le plus populaire des infostealer est né : Raccoon. Le 14 août 2023, le raton laveur annonçait son retour. L’information était partagée sur le compte X (ex-twitter) de vx-underground.

    Mark Sokolovsky à la genèse du Raccoon infostealer est en prison depuis le mois d’octobre 2022. Sauf qu’à chaque fois qu’un individu, ou un groupe est arrêté, son code demeure. Dans l’acte d’accusation du FBI, plus de 50 millions d’identifiants (courriels, comptes bancaires, numéros de cartes de crédit, sites WEB…) avaient été volés via cet outil en 2022.

    « Après la perte de notre coéquipier, nous avons pris la décision de ne pas abandonner notre projet et de continuer notre travail en son honneur. Raccoon Stealer 2.0 a été entièrement codé depuis le début. Nouveau back-end, nouveau front-end, absolument nouveau logiciel de vol », affirme le collectif.

    (Crédits : 3export)

    Ce logiciel se déploie classiquement. Une fois votre terminal compromis, le cybercriminel peut dérober les données d’environ 60 applications différentes. Le tableau de configuration du Raccoon v1 ci-dessus permet de nombreuses possibilités. « Notre équipe a travaillé sans relâche pour vous apporter nos derniers développements qui enrichiront votre expérience avec le stealer. Nous sommes fiers de vous présenter la mise à jour avec la version numéro 2.3.0. Les changements ont été implémentés sur la base du feedback et de l’analyse des besoins de nos clients et des tendances du marché. »

  • Quand la Seine déborde, Paris scrute le zouave

    Quand la Seine déborde, Paris scrute le zouave

    En ce début d’année 1924, Paris était envahi par les flots de la Seine. Comme à chaque crue, la mesure est prise sur la statue du zouave du pont de l’Alma. Les pluies incessantes remémoraient la crue dévastatrice de 1910. Qualifiée de crue centennale, elle fut le plus important débordement de la Seine. Le 28 janvier 1910, elle atteignait 8,60 m sur l’échelle du pont d’Austerlitz. Le zouave avait de l’eau jusqu’au cou. La situation de torpeur est semblable à celle que vivent les habitants du Pas-De-Calais.

    Ce début d’année était marqué par les mêmes images de planches pour se déplacer dans les rues de Paris, que celles du Pas-de-Calais. Le 3 janvier 1924, le ciel s’était éclairci, les nuages semblaient moins denses. Si les pluies avaient cessé sur Paris, ce n’était pas le cas dans la Haute-Marne.

    Chaque jour, les mesures augmentaient. La torpeur se lisait sur les visages, entre admiration et stupeur, de la force de l’eau que rien ne peut arrêter.

    Si bien qu’il aura fallu attendre trois jours supplémentaires pour que la Seine atteigne l’étiage de 7,32 m et qu’enfin la décrue s’amorce. Mais c’est l’ensemble du Paris qui était suspendu. Les eaux envahissaient les voies, faisaient cesser le trafic ferroviaire entre les gares d’Orsay et Austerlitz, et les Invalides.

    Les journalistes affichaient les records battus les uns après les autres. « Elle aura dépassé de 31 centimètres sa crue de 1876 et de près de 35 centimètres celle de 1920 », martelait le rédacteur du journal Le Matin.

    (Crédit : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

    C’est à partir de cette crue que les prévisions du service de central hydrométrique seraient dévoilées par une émission radio. La tour Eiffel durant la crue réalisera une émission radiophonique à 11 h 30. L’avis indiquait aussi les cotes enregistrées à Montereau, Chalibert, Paris-Austerlitz et Mantes.

    Un désastre en banlieue et en France

    Un bien triste spectacle, commentait le rédacteur entre Ivry et Villeneuve-St-Georges. À Vitry la rue Raspail est totalement inondée, à Port-à-l’Anglais, le fleuve triple sa largeur. En passant le pont de Choisy, la situation est catastrophique. Dans la partie la plus basse de l’avenue d’Alfortville, certaines maisons sont submergées, certains jusqu’au toit.

    Les relevés météorologiques s’affolaient en France. La Loire passait les 5,06 m à Tours. Le village de Néman près d’Avoine voyait ses habitants déménager les animaux et mobiliers pour camper au milieu des champs.

    La neige tombait à Lyon, formant une couche moyenne de 30 centimètres. La crue du Rhône, la Garonne débordait, Gap ne répondait plus à cause de la neige tombée en abondance.

    La Meuse déborde. Les pluies torrentielles conjuguées à l’abondance chute de neige ont provoqué des inondations. Le chômage atteint les ouvriers, les habitants déménagent à la hâte.

    La neige qui recouvrait Aurillac a fondu, augmentant le volume des cours d’eau.

    (Crédits : Le Matin/BnF/Gallica)

    Quant au zouave, il est la dernière des quatre statues, représentant les combattants lors de la guerre de Crimée, présente aux pieds du pont de l’Alma. Ses compagnons sont l’Artilleur, le Chasseur à pied et le Grenadier. Elle mesure 5,2 mètres de haut, pèse près de 8 tonnes et est l’œuvre de Georges Diebolt, elle représenterait le soldat André-Louis Gody.

  • Phishing : deux jeunes de 19 ans interpellés par la police

    Phishing : deux jeunes de 19 ans interpellés par la police

    Une campagne de phishing basée sur de faux procès-verbaux d’infraction routière avait eu lieu en 2023. Après cette attaqué à l’assurance maladie, au compte personnel de formation (CPF), aux vignettes Crit’air les malfaiteurs s’en prenaient aux amendes. Les deux personnes sont soupçonnées d’avoir envoyé des SMS, en se faisant passer pour l’ANTAI, l’agence nationale des traitements automatisés des infractions. Les systèmes anti-phishing sur les smartphones ne vous empêchent pas d’être vigilant.

    La confiance n’exclut pas le contrôle. Cette formule est portée au crédit de Vladimir Ilitch Lénine. Elle valable surtout lorsque vous surfez sur l’internet, quelque soit l’outil que vous utilisez. Entre 2022 et 2023, une campagne massive de SMS vous demandait de payer en toute urgence votre infraction au Code de la route. Ledit message affichait la signature de l’Antai, en apparence.

    Le lien fourni vous renvoie vers un site vitrine qui copie le vrai site. S’il semble être comme le vrai, c’est juste du maquillage, de la poudre aux yeux pour tromper son monde.

    Quitte à ajouter un lien hypertexte, ou plusieurs en direction d’un véritable site du gouvernement français dont la terminaison de l’url est gouv.fr.

    Le but d’une telle opération est de collecter les données de vos cartes bancaires, en vue de pouvoir effectuer des achats sur l’Internet.

    (Crédits : Raphaelle Baut/Numerama)

    Les enquêteurs, de la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la police judiciaire de Paris, se sont saisis de l’affaire en septembre 2023. Les traces numériques ont été fatales aux deux jeunes hommes. Ces derniers ont été arrêtés et placés en garde à vue. Ils ont avoué les faits qui leur sont reprochés, et remis en liberté.

    Convoqués au palais de justice en avril

    Les deux jeunes demeurent innocents des faits qui leur sont reprochés, jusqu’à une condamnation par un tribunal compétent. Selon l’enquête, ils auraient sévi entre octobre 2022 et juillet 2023.

    Selon Le Parisien ils auraient ainsi récupéré plus de 1 700 numéros de cartes bancaires, sans oublier les informations comme la date d’expiration et le CVV. Il est à trois chiffres au dos pour les cartes Visa et Master, ou devant et à quatre chiffres sur les Amex.

    Le préjudice s’élève à 19 000 €. Les données volées ont été utilisées 78 fois pour effectuer des règlements en ligne. Ils auraient revendu les données restantes à d’autres individus. L’Antai martèle sur son site WEB « pour information, l’ANTAI n’envoie jamais de SMS ».

    L’un des deux hommes réside pour l’un à Roubaix, et pour le second dans le onzième arrondissement à Paris.

    (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    Ils sont convoqués au palais de justice de Paris le 3 avril 2024, pour y répondre de leurs actes. Cela s’effectuera lors d’une audience avec reconnaissance préalable de culpabilité.

  • De Lavausseau à la pizza de chez Zizzi (1/46)

    De Lavausseau à la pizza de chez Zizzi (1/46)

    Un problème technique survenu sur avion à destination des Malouines décalait le départ de Flavien de plusieurs jours. Prévue pour commencer le 14 novembre 2023, son aventure australe débute officiellement le 21. Bizarrerie et détail important, aucune liaison commerciale ne relie les Falklands au départ de l’Europe. Au vu du nombre de touristes chaque année, moins de 3 000, aucune compagnie ne souhaite s’y hasarder. Seul un aéronef militaire effectue ce voyage : direction la base de la Royal Air Force de Brize Norton !

    La citée des tanneurs s’éveillent doucement, les oiseaux enchantent le ciel lorsque Flavien quitte la maison familiale à 9 h 15, le 21 novembre 2023. Comme Gérard d’Aboville traversait le pacifique nord à la rame, Flavien commence un périple digne des romans d’aventures. L’avion décolle le 22 novembre à 23 h 35, soit dans 38 heures et 20 minutes. « Autant vous dire que je croise les doigts pour qu’il soit au rendez-vous ! »

    30 min de voiture, 5 h de train, 8 gares, 40 min de métro…

    Premier objectif, rallier la gare de Poitiers. Près d’une demi-heure de voiture, avec la nouvelle limitation à 30 km/h dans l’agglomération, pour s’installer dans le TGV. Le stress monte. Pour se détendre, au moins en apparence il écoute des podcasts ; ceux des humoristes Alexis le Rossignol et Aymeric Lompret sur France Inter.

    En moins de temps qu’il ne faut, il pose un pied sur le quai en garde de Montparnasse. Il suit le courant formé par les voyageurs. Direction la ligne n° 4 du Métro parisien en direction de la « Porte de Clignancourt » pour s’arrêter à la station « Gare du Nord ».

    À peine plus de quinze minutes se sont écoulées, puis l’air frais lui fouette le visage à la sortie du métro. Puis quelques mètres pour passer sous la façade gigantesque flanquée de ses six colonnes qui gardent l’entrée de la gare. Un coup d’œil à l’horloge pour une synchronisation des montres avant de déjeuner. Une fois repue, un nouveau train pour se rendre dans la « Capitale des Flandres ».

    « Il aura été plus confortable, en partie en raison de la place pour mes jambes, qui je l’espère ne fera pas défaut pour les 18 h d’avion qui m’attendent. » (Crédits : 12019/Pixabay)

    Pour rallier la gare de l’Europe, celle des Eurostar, il chemine quelques minutes, avale les 550 mètres et contemple la belle Lille. « Ces quelques minutes de marche m’auront permis de m’imprégner de l’ambiance de cette ville, une des rares métropoles que je n’avais pas encore visitée en France. »

    En route pour le Royaume-Uni

    Se dirigeant vers le hall numéro 4, dédié à l’enregistrement, un bureau de change se découvre. « C’est l’occasion d’échanger 1 004 € contre 720 £, qui me seront très utiles pour la suite. Aujourd’hui le taux est de 0,87, mais Western Union prend une marge de 6 %… ce qui est loin d’être négligeable sur de telle somme », remarque-t-il. L’opportunité de souffler lui est, à nouveau donnée quelques instants plus tard, au passage des douanes.

    Depuis la sortie de l’Europe du Royaume de Sa Majesté Charles III, les contrôles aux frontières sont désormais drastiques dans le Commonwealth. Si la douane française semble être une formalité, ce n’est pas le cas côté britannique. « Depuis sa sortie de l’Europe, ce qui n’était pas encore le cas lors de ma dernière venue outre-Manche, les contrôles ne se limitent plus à la vérification de la carte d’identité. »

    C’est un véritable interrogatoire, il ne manque que la lampe comme au cinéma.

    « Je dois montrer mon passeport, mes titres de transport, y compris ceux me permettant de descendre aux Malouines et d’en partir ». Il faut comprendre que les îles Malouines sont sous juridiction britannique. (Crédits : kirill_makes_pics/Pixabay)

    Ce qu’ils veulent vérifier ? « Que je ne reste pas plus de 3 mois, auquel cas il me faudrait un VISA. C’est donc là que je me suis dit que j’avais bien fait de réserver mon départ des Malouines pour l’Argentine. » Il reconnaît avoir longtemps hésité à prendre cet avion-retour, car il aurait tant aimé pouvoir rallier le continent sud-américain par voie maritime. « On en reparlera », sourit-il. Les douanes passées, il faut emprunter les portiques de sécurité comme dans les aéroports pour rejoindre l’Eurostar direction Londres.

    Retour en adolescence, le temps d’un tunnel

    Plus d’une décennie s’est écoulée depuis son dernier déplacement dans le tube creusé sous la mer. « Je n’étais pas passé dans le tunnel de la Manche depuis un voyage d’école au collège, on se rendait à Cardiff à l’époque. La sensation d’être sous plusieurs dizaines de mètres d’eau est toujours aussi étonnante, et maintenant on arrive même à capter le WiFi en plein milieu du tunnel. Incroyable la technologie ! »

    Le botaniste est attentif à chaque détail. De nombreux voyageurs de confessions juives sont à bord note-t-il. « Existe-t-il une grande communauté juive à Londres ou est-ce le fruit du hasard ? » De questionnement en étonnement, il continue son épopée. Le terminus est annoncé, enfin Londres.

    L’émerveillement prend place à la découverte de la gare Saint Pancras, comme de l’énorme et magnifique horloge. Le flegme britannique le quitte lorsqu’il voit le tarif d’un titre de transport : 6,4 £ (€). « Au vu du prix du ticket de métro, j’aurais peut-être dû faire l’heure qui m’en séparait à pied, mais les 30 kg que je trimbale depuis ce matin m’en ont dissuadé. » (Crédits : NicoCallens/Pixabay)

    Les Français sont reconnus pour râler, si si, je vous assure ! Surtout avec les grèves a répétition de la part des employés de la SNCF (sûrement à juste titre), sauf que… « Pas de SNCF ici, c’est la GWR qui gère cette partie du réseau anglais. En tant que français on s’attend à croire qu’il n’y a pas pire que la SNCF. Eh bien ! Détrompez-vous. » Il faut noter que nous râlons pour chaque retard, mais nous ne remarquons jamais lorsque la majorité arrive à l’heure annoncée. La course contre le temps ne se gagne pas, même à l’heure de pointe. Plus qu’un dernier train pour rallier Oxford.

    Une pizza de chez Zizzi… et au dodo

    Les gens viennent de s’agglutiner dès l’annonce, sur le quai de départ. « À peine affiché, la foule s’amasse en sa direction. Je ne comprends pas, les Anglais sont si pressés que ça ? » Arrivé dans un wagon, où il restait des places, j’en ressors aussitôt. Je ne trouve pas celui qui est noté sur mon billet. Je bafouille mes premiers mots d’anglais à une contrôleuse. Quand elle me dit que c’est un train avec peu de wagons et qu’il faut repérer la première place venue pour s’y asseoir.

    Je comprends l’empressement des Anglais et pense presque à haute voix : « si j’avais su… » Mais c’est un peu tard, chaque siège a trouvé son locataire, il me faut maintenant rester debout jusqu’à Oxford. Je n’ai jamais vu un train aussi bondé, en fait « la SNCF, c’est le luxe ! »

    Après une heure et 90 km dans le bocage anglais, la huitième et dernière gare de la journée se dévoile. Habitué à se servir des smartphones pour tout ou presque, il doit faire sans, car pas de réseau internet.

    « Je dois dénicher l’auberge de jeunesse que j’avais repérée la veille. Celle-ci n’est qu’à quelques hectomètres de la gare, ça n’aura pas été très compliqué », se réjouit-il. Une bagatelle après un tel périple. (Crédits : yaele/Pixabay)

    « Pour 35 £ la nuit je partagerais une chambre de six avec deux autres personnes. » Le premier est un citoyen anglais, le second est de Riad, en Arabie Saoudite, c’est la première fois qu’il vient en Europe ! « Ce soir, je mangerai dans une pizzeria de l’enseigne Zizzi. Il y a quelques années de ça, cette enseigne au nom provocateur pour un français nous avait marqués. Elle était revenue dans des conversations à plusieurs reprises. » C’est un clin d’œil à des amis avec qui j’étais venu en Angleterre, murmure Flavien. Dernière aventure, rejoindre les bras de Morphée. « Après cette journée chargée, je croise les doigts pour que je sois dans l’avion demain. C’est un avion militaire, les civils ne sont pas prioritaires. Espérons qu’ils fassent une exception pour un Poitevin ! » À suivre…

  • Pas de trêve des confiseurs pour les cyberattaques

    Pas de trêve des confiseurs pour les cyberattaques

    Sur les cinq continents, les attaques pleuvent. La France ne fait pas exception. Le syndicat général des vignerons de la Champagne, Ubisoft et Colipays sont victimes en cette fin d’année 2023. Cette période accentue les tensions, tant sur les professionnels que leurs clients. Des déluges de commentaires de mécontentements s’affichent sur les réseaux. Pour l’entreprise basée à La Réunion, les colis auraient vu leurs adresses de livraison modifiées, empêchant leurs arrivées à destination.

    « Pas de Letchis pour Noël », comme de nombreux autres colis qui ne sont pas arrivés suite aux commandes effectuées chez Colipays. L’entité annonce avoir repoussé l’attaque cybernétique. L’accès au site avait été temporairement suspendu dans le but de « faire une double vérification de sécurité dans un souci de protection de données de nos clients ». Les cybercriminels auraient seulement modifié les adresses de livraisons. Les malversations auraient impacté pas moins de 200 à 500 clients dans la période du 19 au 22 décembre 2023.

    Le 27 décembre 2023 sur sa page Facebook, Colipays communique sur la cyberattaque subie. La cyberattaque dont le site a été victime est identifiée comme incident auprès de la CNIL. Le numéro FR231220900002. Une plainte a été déposée.

    L’entreprise semble avoir selon les médias et les clients mis du temps à réagir. Mais comment réagir en cas d’attaques, surtout si c’est la première fois. Une adresse de courriel est mise en place pour signaler les anomalies suspectes : signalement@colipays.com Colipays communique le 29 décembre sur des modalités pour pallier l’attente vaine des colis.

    (Crédits : Colipays)

    Ubisoft enquête sur une intrusion non autorisée

    Le 20 décembre 2023, un pirate dont l’identité est encore inconnue est parvenu à s’introduire dans le système de la société Ubisoft. VX-Underground précise que ce dernier aurait durant deux jours navigué dans les systèmes d’information de la firme française. Ladite personne cherchait à exfiltrer 900 GB de donnée. Dans la masse des renseignements ciblés se trouvaient les informations des utilisateurs de Tom Clancy’s Rainbow Six Siege le jeu sorti en 2015 compte 85 millions de joueurs.

    « Nous avons connaissance d’un incident présumé en matière de sécurité des données et nous menons actuellement une enquête », a indiqué mardi 26 décembre à l’AFP un porte-parole d’Ubisoft.

    La cyberattaque fomentée envers Ubisoft remémore celle perpétrée une semaine auparavant sur Insomniac Games. En téléchargement sur le site vitrine les cybercriminels derrière le ransomware Rhysida est disponibles 1,67 TB pour plus de 1,3 million de fichiers.

    (Crédits : capture d’écran/Rhysida)

    Le syndicat général des vignerons de la Champagne victime

    Ce n’est pas le cadeau attendu par le syndicat bien au contraire. C’est autour du 26 décembre que le syndicat aurait été victime d’une cyberattaque. Depuis le syndicat a fermé ses portes, ce jusqu’au 2 janvier espèrent-ils. « Suite à un événement exceptionnel, l’ensemble des services du SGV Champagne sera indisponible entre Noël et jour de l’an », communique l’entité sur sa page Facebook.

    Le journal L’Union relate que selon un courriel envoyé aux administrateurs « le Syndicat général des vignerons a fait l’objet d’un piratage informatique durant Noël. Une procédure de gestion de crise a été activée. Dans l’attente d’expertise complémentaire, l’ensemble des services du SGV sera indisponible entre Noël et Nouvel An. »

    Par mesure de sécurité, l’accès aux données à la messagerie est bloqué. Le SGV propose à ses adhérents plusieurs services : centrale d’achat, expédition de colis, service de paie en ligne, habillage… autant d’informations sensibles qui pourraient intéresser des personnes malveillantes.

    (Crédits : Couleur/Pixabay)

    « Je ne peux pas vous dire exactement ce qu’il s’est passé. Il y a bien un virus, mais il n’y a pas de pirate, explique le président du SGV Maxime Toubart au journal L’Union. En ce moment, on nettoie tout sur le réseau et on met à jour. Je ne sais pas s’il y a eu défaillance ou piratage en règle. »

  • Heureux qui comme Flavien Saboureau fait un beau voyage

    Heureux qui comme Flavien Saboureau fait un beau voyage

    Il existe des périples qui ne vous laissent pas indifférent. Celui qu’a effectué Flavien Saboureau sur l’île Amsterdam en est un. Il a séjourné dix-huit mois sur un rocher de 54 km2. Un an et demi aux confins de la Terre, à vivre en cercle restreint, avec une discipline et un respect de l’environnement de chaque instant. Pour autant depuis son retour à Lavausseau, il rongeait son frein. Cela fera un mois et demi, lorsque tout un chacun célébrera le passage à 2024 que Flavien est parti en direction des Malouines et de la Terre de Feu.

    Tel le marin navigue sur les mers et océans, Flavien est passionné par la flore et la faune, botaniste et photographe. Il n’est pas revenu totalement indemne de son voyage. « En effet, les terres australes aux ambiances de bout du monde difficilement descriptibles semblent jouer une attraction sur moi », affirme-t-il. Repartir est le sentiment qui l’habite depuis son retour en terre lavaucéenne. Partir oui ! Mais où ?

    Les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande ou la Terre de Feu ?

    Il tire de son expérience des TAAF, de ne pas avoir à subir un hivernage pour son voyage prochain. Selon ses différents critères, deux choix s’offrent à lui. Le premier qui se propose : les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande (NZSAI). Elles se composent de cinq archipels : les îles Snares (Tini Heke en Maori), Bounty, Antipodes, Auckland (Motu Maha) et Campbell (Motu Ihupuku). Le second : les îles Malouines, la Terre de Feu et ses légendes. Comme le marin est à la recherche du Cap Horn, sa décision le porte finalement vers les Malouines et la Terre de Feu.

    La Calceolaria fothergilii est endémique des Malouines. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « J’ai choisi ces destinations pour leur richesse faunistique et floristique, mais aussi, car c’est les plus accessibles des îles subantarctiques, bien qu’il ne soit pas si simple de se rendre aux Malouines », explique-t-il. La génération Z ne connaît pas Ushuaïa, le magazine de l’extrême, mais plus facilement celle de Ushuaïa Nature. Pourtant, la ville d’Ushuaïa fait rêver. « Quel voyageur n’a jamais rêvé de rallier la Patagonie et certaines villes emblématiques comme Ushuaïa ? »

    Des projets plein la tête

    Il lui aura fallu moins d’une année pour se décider à repartir sur ces territoires du bout du monde. « Déjà en août, mes billets pour les Malouines et la Terre de Feu étaient réservés. » Malgré ce choix les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande restent dans un coin de sa tête. « Il ne serait pas étonnant que je me décide à y aller dans les années qui viennent », si les conditions le permettent.

    Flavien à un truc qui lui trotte dans la tête. « Être le premier botaniste à avoir rallié et foulé tous ces cailloux et pouvoir en faire un ouvrage richement illustré », songe-t-il. Les pieds sur terre, il se prend à rêver. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Sur les différents cailloux à explorer, celui qui l’attire le plus est Gough Island, dans l’atlantique sud. Connue sous le nom de Gonçalo Álvares, elle est située sur les quarantièmes rugissants. Mais impossible d’y aller sans y passer un hivernage d’un an souffle-t-il à demi-mots. « Qui a dit que je ne serais pas prêt à retenter cette longue aventure loin du Poitou ? Les postes ouvrent en avril 2024… Pour le moment il me faut profiter du temps au pays des Magellan et autres Darwin, demain est un autre jour. » À suivre…

  • Connaissez-vous Noël, le père Noël et ses Rennes ?

    Connaissez-vous Noël, le père Noël et ses Rennes ?

    À quelques heures du passage pour la plupart du père Noël, Saint-Nicolas ou Santa Claus, vous risquez de voir ses rennes dans le ciel (si vous avez de la chance). La légende veut que le traîneau soit tracté par des rennes, huit au total. Sauf que sécurité oblige, même pour le père Noël, un autre renne est apparu : Rudolph. Il se raconte au coin du feu que son nez rouge permettrait de guider le troupeau à travers la neige et le brouillard. Chose étrange, les rennes seraient tous féminins, vu que les mâles perdent leurs bois l’hiver. Mais Noël est aussi évocatrice de belles histoires, comme la trêve du 24 décembre 1914.

    Avant tout la célébration de Noël est à l’origine la fête de la nativité. La nativité dans le sens de baptême dans les eaux du Jourdain. Elle se célébrait le 6 janvier, jour de l’épiphanie, mais également le 19 avril ou encore le 28 mars. Il faudra attendre les travaux mathématiques du moine Denys le Petit pour que la date soit fixée le 25 décembre. Pour remplacer la fête païenne des Saturnales romaines et du soleil vainqueur. La religion chrétienne veut faire passer le message que Jésus serait la « Lumière du Monde ».

    La célébration de Noël

    Noël est à la base une fête religieuse de la religion chrétienne. Elle célèbre le jour de naissance de Jésus, le 25 décembre. Il serait né ledit jour à Bethléem en Galilée. Les calculs de la naissance de Jésus sont l’œuvre d’un moine nommé Denys le Petit, et arrếté par le pape Libère au IVe siècle. Mais le choix de la date dans le calendrier revient au pape Libère à Rome en 354.

    Sauf que « les calculs sont pas bons Kévin !!! »

    En 2012, dans le troisième tome de sa trilogie consacrée à L’Enfance de Jésus, le pape Benoît XVI reconnaissait que le moine « s’est à l’évidence trompé de quelques années dans ses calculs ».

    La date de la naissance de Jésus est à fixer quelques années auparavant, écrit-il. Elle serait estimée entre -6 et -4, selon Andreas Dettwiler, professeur du Nouveau Testament à l’Université de Genève.

    Donc Denys le Petit, astronome et religieux chrétien érudit aurait fait une erreur de calcul… Jésus étant né sous le règne d’Hérode, qui est mort en l’an 750 de la fondation de Rome… le Christ serait donc né entre l’An 3 et l’An 6 avant l’ère chrétienne.

    (Crédits : ELG21/Pixabay)

    De plus, cette fête religieuse n’est célébrée que par les catholiques, protestants et orthodoxes, car pour eux Jésus est le fils de Dieu. Ce qui n’est pas le cas pour les autres religions monothéistes. Il n’existe pas de fête équivalente pour les personnes de confession musulmane. Quant aux personnes de confession juive, ils célèbrent la fête de Hanoël. Dans le monde, la majeure partie laisse de côté le caractère religieux. C’est occasion pour tous de se retrouver en famille, entre amis, pour partager un bon moment, un repas, s’offrir des cadeaux… ou une pause salvatrice comme le 24 décembre 1914, durant la Première Guerre mondiale.

    Le père Noël

    Fictif ou réel ? Peu importe ! Il apporte de la magie et de la féerie dans les yeux des enfants, petits comme grands. Son histoire est étroitement liée à la vie de la mère Noël. La légende raconte que les rois mages auraient frappé à une porte pour les aider à apporter des cadeaux à l’Enfant Jésus. (La pastorale des Santons de Provence raconte une version de l’histoire, écoutée dans les chaumières, dans les années 80). Elle aurait refusé avant de se raviser. Mais depuis l’équité des taches, elle aurait confié la distribution des cadeaux pour les enfants du monde à son mari, mais sous la surveillance des Rennes !!! « Faut pas abuser quand même, une telle responsabilité nécessite un contrôle qualité », sourit la mère Noël.

    L’histoire part du XIe siècle. Une relique de l’évêque Saint-Nicolas, protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles est transférée de Bali vers la Lorraine. De la Lorraine à la Hollande, le mythe perdure.

    Saint-Nicolas se mélange au mythe germanique du Dieu Odin. Il se déplace grâce à Sleipnir, un cheval à huit pattes. L’origine du traîneau tiré par huit Rennes en serait issue. Puis la transmission fait apparaître Sinterklaas aux Pays-Bas.

    En traversant l’océan atlantique, les colons néerlandais transforment Sinterklaas en Santa Claus.

    (Crédits : PublicDomainPictures/Pixabay)

    Souvent coloré de vert, il faut attendre que Coca-Cola produise une publicité en 1931 avec une bouteille en verre, pour changer de couleur. Tandis qu’il buvait un verre issue d’une bouteille en verre tout en étant habillé de vert pour que Coca-Cola voie rouge. C’est à travers les yeux et les crayons de l’illustrateur Haddon Sundblom que tout change. « L’illustrateur américain Haddon Sundblom l’a dessiné avec sa barbe caractéristique, son habit rouge et ses grosses bottes façonnant ainsi petit à petit notre perception du père Noël. » Depuis ces années, il est représenté tout en rouge avec une longue barbe.

    Les Rennes du père Noël

    Pour distribuer l’ensemble des jouets aux enfants « sages » dans le monde entier, le père Noël fait confiance à son attelage composé de huit puis de neuf Rennes. Cette tache lui est confiée par la mère Noël elle-même. Autant dire que la pression et le poids des cadeaux pèsent sur les épaules de Raphaël Noël et des Rennes. Le traîneau serait composé exclusivement de dames, les mâles perdant leurs bois l’hiver. Mais connaissez-vous leurs prénoms ?

    Si vous demandez à un enfant, il connaîtra sûrement Rudolph, le renne au nez rouge. Il permet au père Noël de se guider à travers le brouillard et la neige.

    Il y a aussi Tornade, la plus rapide, Danseur, la plus gracieuse, Fringant, la plus belle, Furie, la plus puissante, Comète, celle qui apporte du bonheur aux enfants, Cupidon, celle qui apporte de l’amour aux enfants, Tonnerre, la plus forte et Éclair, celle qui apporte la lumière.

    La composition du traîneau est étudiée. En premier Rudolph avec son nez rouge. Il guide et montre aux autres voyageurs dans le ciel que le traîneau est prioritaire, comme les Sapeurs-Pompiers sur la route. Puis derrière à gauche Tornade et à sa droite Tonnerre. Ensuite Éclair et Furie. Cupidon et Comète au troisième rang. Et pour finir Danseur et Fringant.

    (Crédits : DR/Pixabay)

    Ainsi vous célébrerez la fête de Noël le 25 décembre partout, sauf peut-être comme en Espagne. Une bataille culturelle divise entre les rois mages et le soir de Noël. Le soir du 24 décembre, est la « Nochebuena » une célébration plus familiale où le festin se trouve sur la table. Le 5 janvier est l’arrivée des Rois Mages avec les cadeaux. C’est une journée festive, mais c’est aussi celle qui indique la reprise imminente de l’école pour chaque enfant ibérique.

  • Ransomware. AlphV/BlackCat Versus FBI, le chat et la souris ?

    Ransomware. AlphV/BlackCat Versus FBI, le chat et la souris ?

    Il y a quelques jours, le FBI indiquait détenir le site du ransomware bien connu BlackCat. Depuis le Département de la Justice explique offrir un outil de déchiffrement à plus de 500 victimes dans le monde. De ce fait, cette opération aurait privé le ransomware et ses affiliés de 68 millions de dollars. « En perturbant le groupe de ransomware BlackCat, le ministère de la Justice a une fois de plus piraté les pirates », a déclaré la procureure générale adjointe Lisa O. Monaco. Sauf que…

    L’un, AlphV/BlackCat est dans l’illégalité. Il vole des infos, chiffre les systèmes d’information à travers le monde contre des rançons. L’autre, le FBI chasse les cybercriminels, pour les arrêter, les condamner et permettre aux entreprises victimes de déchiffrer les données : le jeu du chat et de la souris. « Au cours des 18 derniers mois, ALPHV/Blackcat est devenu la deuxième variante de ransomware en tant que service le plus prolifique au monde, basé sur les centaines de millions de dollars de rançons payés par les victimes dans le monde entier », relate le Département de Justice américain (DOJ).

    Ragnar Locker, REvil, AlphV/BlackCat…

    Les sites de REvil, puis Ragnar Locker démantelés, celui de BlackCat saisi… puis après plus d’une semaine, la première page change de couleur et de message.

    Le titre sur le site vitrine de la franchise est sans équivoque : « This website has been unseized ». Est-ce une provocation ?

    Les opérateurs derrière BlackCat expliquent qu’à la suite de l’intervention du FBI, les règles changent et le ton semble se durcir de part et d’autre.

    « Grâce à leurs actions, nous introduisons de nouvelles règles, ou plutôt, nous supprimons TOUTES les règles, sauf une, vous ne pouvez pas toucher à la CEI, vous pouvez désormais bloquer les hôpitaux, les centrales nucléaires, n’importe quoi, n’importe où. »

    Sur le nouveau site vitrine, le gang derrière le ransomware affiche sur son site vitrine sept victimes. Advantage group international (Canadien), Tipalti (Californie, USA), E & J Gallo Winery (Californie, USA), le cabinet d’avocats Eckell Sparks (USA), PriceSmart (Californie, USA), Viking Therapeutics (Californie, USA) et Navigation Financial Group (Texas, USA). Les entreprises affichées sont toutes issues de l’Amérique du Nord.

    (Crédits : capture d’écran/Alphv/BlackCat)

    L’opération conjointe des forces de l’ordre des États-Unis, d’Europol, du Danemark, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de l’Australie, de l’Espagne et de l’Autriche a permis la saisie du site. Le 7 décembre 2023, le site vitrine cessait tout fonctionnement rappelle BleepingComputer, jusqu’au mardi 19 décembre.

    Une action de Police conjointe, une action en justice

    Dans un document de 20 pages, l’acte juridique de la Cour américaine sont relatées les opérations suite à la saisie du site.

    Jusqu’ici tout allait bien… Mardi dans l’après-midi, le site du ransomware avait changé d’image, passant du rouge au vert.

    « Au cours de cette enquête, les forces de l’ordre ont pu se familiariser avec le réseau du Blackcat Ransomware Group. Le FBI a ainsi identifié et collecté 946 paires de clés publiques/privées pour des sites Tor que le Blackcat Ransomware Group utilisait pour héberger des sites de communication avec les victimes, des sites de fuites et des panneaux d’affiliation comme ceux décrits ci-dessus. Le FBI a enregistré ces paires de clés publiques/privées sur la clé USB. »

    (Crédits : capture d’écran/AlphV/BlackCat)

    Le ransomware s’est fait un nom en raison de l’ampleur de ses attaques, mais aussi de l’aspect dévastateur souligne Zataz. Le secteur des soins de santé n’était pas épargné, comme de très nombreuses autres entreprises. L’alerte Flash du FBI expliquait que BlackCat est « est le premier groupe de ransomware à le faire avec succès en utilisant RUST, considéré comme un langage de programmation plus sûr qui offre de meilleures performances et un traitement simultané fiable. Les acteurs de la menace affiliés à BlackCat demandent généralement des paiements de rançon de plusieurs millions de dollars en bitcoin et en monero, mais ils ont accepté des paiements inférieurs au montant initial de la demande de rançon. »

    Les sites tombent, le code demeure

    Si LockBit avait proposé aux affiliés de BlackCat de les rejoindre cela semble désormais plus d’actualité. Lorsqu’un site tombe le code est réutilisé par d’autres cybercriminels. Ils usent de codes et les améliorent sans cesse.

    « Comme vous le savez tous, le FBI a reçu les clés de notre blog, nous allons maintenant vous raconter comment tout cela s’est passé. Premièrement, comment tout cela s’est passé, après avoir étudié leurs documents, nous comprenons qu’ils ont eu accès à l’un des DC, puisque tous les autres DC n’ont pas été touchés, il s’avère qu’ils ont piraté d’une manière ou d’une autre l’un de nos hébergeurs, peut-être qu’il les a même aidés », explique AlphV.

    (Les DC sont des Contrôleurs de Domaines, NDLR)

    « Le maximum dont ils disposent est celui des clés depuis un mois et demi, soit environ 400 entreprises, mais maintenant, à cause d’elles, plus de 3 000 entreprises ne recevront jamais leurs clés. »

    (Crédits : capture d’écran/AlphV/BlackCat)

    « Nous n’accordons aucune remise aux entreprises […] Merci pour votre expérience, nous prendrons en compte nos erreurs et travaillerons encore plus dur […]. » Quoi qu’il en soit, aucun des belligérants ne s’avouera vaincu, jusqu’à preuve du contraire. De son côté le FBI n’accordera, semble-t-il, aucune pitié. « Le FBI continuera de poursuivre énergiquement ces acteurs criminels partout où ils tenteront de se cacher et de veiller à ce qu’ils soient traduits en justice et tenus responsables par la loi », a déclaré Paul Abbate, directeur adjoint du FBI, comme les États-Unis poursuivent le ransomware Play.

  • Le site du ransomware AlphV/BlackCat saisi

    Le site du ransomware AlphV/BlackCat saisi

    Dès que vous consultez l’adresse onion du ransomware BlackCat sur le darknet une image apparaît. Ainsi que des logos bien connus : « Le bureau fédéral d’investigation a saisi ce site dans le cadre d’une action coordonnée des services répressifs à l’encontre de AlphV Blackcat ». Le 28 novembre 2023, Europol annonçait par un communiqué avoir arrêté cinq individus. Depuis le site de fuite tournait au ralenti, avant de tomber. Mais tout n’est pas perdu pour tout le monde.

    L’opération avait débuté en 2019. entre la Norvège, la France, le Royaume-Uni et l’Ukraine. En 2021, 12 personnes cibles de haute importance étaient arrêtées le 26 octobre. Les actions menées en Suisse et en Ukraine permettaient la saisie de 52 000 dollars en espèces, cinq véhicules de luxes. Les suspects ciblés avaient tous des rôles différents. Un homme de 32 ans, suspecté d’être le chef du gang, et quatre complices présumés ont été arrêtés. Était-ce la fin de la franchise AhplV/BlackCat ? Oui, mais quant aux affiliés…

    La plainte est-ce un baroud d’honneur se sachant traqué, ou un moyen de détourner l’attention. Le FBI offre jusqu’à 10 millions de dollars de récompense pour des informations permettant d’identifier ou de localiser toute personne qui participe à des activités cybernétiques malveillantes contre les infrastructures critiques des États-Unis (Crédits : capture d’écran)

    Les opérateurs avaient surpris la toile en novembre 2023. Suite à l’ajout de MeridianLink à leur site de fuite, les cybercriminels avaient porté l’affaire devant la justice américaine. « Nous voulons attirer votre attention sur une question concernant le respect par MeridianLink des règles récemment adoptées en matière de divulgation des incidents en matière de cybersécurité », écrivait AlphV. Ils se basaient sur l’article 1.05 du formulaire 8-K. Il stipule qu’après une intrusion non autorisée les victimes ont quatre jours ouvrables pour déposer devant la Securities as Exchange Commission (SEC). Le fameux article dispose à l’alinéa (a) que « si le déclarant subit un incident de cybersécurité qu’il juge important […] ». Cependant l’alinéa (d) dispose « si un déclarant soumit au 47 CFR 64.2011 est tenu de retarder la divulgation d’une violation de données en vertu de cette règle » jusqu’à 7 jours.

    Perdus, pas pour tout le monde

    Le 6 décembre, la revendication de la cyberattaque contre la DENA, l’agence allemande de l’énergie était publiée sur le site de fuite d’Alphv/BlackCat. « La DENA a été attaquée par une cyberattaque ce week-end. L’infrastructure du serveur a été attaquée », communiquait l’agence le 14 novembre 2023. Comme avait remarqué LeMagIT, la revendication est apparue sur le site vitrine de LockBit le 12 décembre.

    Le mercato est, semble-t-il, lancé. Le malheur des uns fait le bonheur des autres stipule l’adage. LeMagIT explique que « sur un forum russophone fréquenté notamment par des cybercriminels, l’opérateur de la franchise LockBit 3.0 a profité de l’occasion, et du désarroi des affidés de son concurrent, pour essayer de gonfler ses rangs. » Le groupe derrière NoEscape serait dans la tourmente également selon le tweet d’AzAl Security.

    Après Ragnar Locker, c’est AlphV/BlackCat qui voit son site vitrine disparaître. Pendant qu’il y a un site qui se ferme, un autre apparaît comme Hunters international.

  • Se retrouver dans de beaux draps

    Se retrouver dans de beaux draps

    Dans le Paris des années 20, un homme déambulait après avoir dormi plusieurs années à l’ombre du soleil. Tentant de subvenir à ses besoins, il réalisait de menus larcins. Alors qu’il tentait de vider l’ensemble des troncs comme Bourvil dans le film « Un drôle de paroissien », il fut surpris. Il décida de prendre la poudre d’escampette et dévala quatre à quatre les marches de la Basilique du Sacré-Cœur. Pendant ce temps, sa complice détroussait les spectateurs de l’Opéra Garnier.

    C’est un samedi ordinaire à Berd’huis. La pluie s’est enfin arrêtée, ce qui permettait à la préfecture d’Eure-et-Loir de lever la vigilance jaune pour risque de crue. L’Huisne pouvait enfin dégonfler. Pendant que le marché battait son plein à Nogent, M Sépa Phot retrouvait ses complices et compères au café. Il décidait de raconter sa dernière lubie. Il attendait surtout des encouragements. Après avoir exposé son projet d’écriture, ses complices répondirent collégialement : « après tout si tu en as envie, fais-le ». Ravi, il plongea ses amis dans le Paris des années 1920, tout en mélangeant anecdotes et expressions.

    Les poches pleines, Léon décidait de se faire un dernier tronc, mais sa délicatesse légendaire attirait le curé. Ni une, ni deux, il s’enfuît et ne demanda pas son reste. Prenant le bois, il dévala les marches. La Basilique du Sacré-Cœur s’éloignait peu à peu à mesure qu’il arrivait à Montmartre. Léon Marceau dit « le Mécano » pressait le pas pour rejoindre sa complice. Il continuait de battre le pavé parisien jusqu’à l’Opéra Garnier, un périple de près de 5 kilomètres. Guidé par la lueur des lampes à incandescence, il aperçut une quadrilette Type 172. Pressé par le temps et flambeur dans l’âme, il montait dans l’un des 13 000 taxis parisiens. Une folie, car peu de personnes pouvaient s’offrir ce luxe.

    Arrivant après quelques minutes, la séance de cinéma venait à peine de pendre fin, une nuée de personnes sortait, les uns plus chics que les autres. (Crédits : Michelle_Raponi/Pixabay)

    Le tout Paris s’était pressé pour cette première à l’Opéra : la projection du film d’aventure historique « Le Miracle des loups » de Raymond Bernard. Léon lorgnait sur la foule, tenant d’apercevoir sa chère complice Carmen. Endimanchée, elle avait pu assister à cette représentation et ainsi détrousser de nombreux bourgeois et bourgeoises.

    Se faire un bœuf

    Fort de leurs poches pleines de francs et de sous, les deux tourtereaux commencèrent à marcher parmi les badauds. De la rue Auber, ils se dirigeaient vers le théâtre des Mathurins et renoncèrent à détrousser plus, le bruit des pièces attirait déjà les regards inquisiteurs. Ils se détournaient par la rue de l’Arcade pour se rendre à l’église de la Madeleine. Attirés par une musique entraînante, ils se détournent vers le 28 de la rue Boissy d’Anglas, dans le 8e arrondissement : à La Gaya.

    Ce bar fut fondé le 10 janvier 1922 par l’Américain Louis Moyses, le cabaret était connu pour ses envolées et musiques. Il fut aussi le repère de Jean Cocteau et l’intelligentsia parisienne. De nombreux déménagements et la popularité du cercle de Jean Cocteau rendirent célèbre ce lieu. Il partit du 17 rue Duphot au 28 rue Boissy-d’Anglas.

    Les curieux viennent découvrir le jazz, comme Léon et Carmen s’enchantaient. Les musiciens se regroupaient pour des jam-sessions nocturnes. Ces concerts improvisés, la fréquentation d’artistes, l’effervescence parisienne

    Et c’est ainsi que naquit l’expression « faire un bœuf », un héritage de ces nuits étoilées et de l’âge d’or du jazz amené par un Américain à Paris. (Crédits : SeppH/Pixabay)

    Désormais lorsque vous ferez un bœuf entre amis, entre inconnus, dans un piano-bar, sur une place au détour d’une rue, ou sur une plage l’été… vous pourrez aisément vous imaginer au « Bœuf sur le toit » entouré de tous ses artistes et talents des années 20.

    Se retrouver dans de beaux draps

    Pour jouer aux gendarmes et aux voleurs, il faut des voleurs et des… gendarmes. De passage dans la capitale, le gendarme Zacharie Stéphen se trouvait dépourvu face au jeune couple qui dépensait sans compter. Le Dijonnais sentait la moutarde lui monter au nez. Il faut dire qu’il avait assisté au film à l’Opéra Garnier quelques minutes auparavant. L’accoutrement que chacun portait ressemblait plus à un déguisement, ou comment détourner l’attention tel un magicien.

    Prétextant commander un verre il se plaça entre les deux compères. L’odeur de l’argent facile titillait les narines de Carmen. Elle glissa délicatement sa main dans le veston d’Arsène… et tomba non pas sur sa bourse, mais sur une carte identité accompagnée d’une photo en tenue d’officier de gendarmerie.

    Prise la main dans le sac, le Bourguignon répliqua fièrement « vous êtes dans de beaux draps ! ». Carmen tentait de se sortir de ce mauvais pas avant que n’intervienne Léon.

    Une tentative de détournement du Mécano laissa sans voix le gendarme. Habitué à entendre des excuses les plus farfelues les unes que les autres, il tomba sous le charme.

    (Crédits : 12019/Pixabay)

    N’ayant que des soupçons, n’étant pas de service, et la finesse du langage le laissa circonspect ou presque. « Je vous remercie, c’est très intéressant. Mais cette photo de moi se trouve en possession de votre amie, me semble-t-il ». Prit la main dans la photo, il ne put qu’assumer, ce qui plut immédiatement à l’officier. Les draps au moyen-âge devenait plus tard des tailleur d’habits, alors les vêtements étaient des draps.

    L’opprobre était jeté sur lesdites personnes. Mettre donc une personne dans de beaux draps blancs signifiait le critiquer. Au début du XVIIIe siècle, le qualificatif blanc disparaît, mais le sens est resté le même. « Revenons à nos moutons, si vous le voulez bien », martèle Zacharie.

    L’expression « revenir à nos moutons » vous amène au mouton de Panurge au sein de l’œuvre de Rabelais, Pantagruel ? La moquerie du marchand à Panurge, si bien que ce dernier achète le plus beau, le plus fort et le plus cher. Puis il le jette dans la mer. Tous suivent, le marchand qui s’accrochant à une toison est lui aussi emporté, et se noie. L’expression « les moutons de Panurge » désigne les gens qui suivent les autres sans réfléchir.

    (Crédits : congerdesign/Pixabay)

    Vous y êtes presque ! Un peu plus tôt dans le temps. Une comédie du milieu du XVe siècle, entre 1456-1460. L’intitulé de la pièce de théâtre est « La farce de maître Pathelin ». Bien sûr, Pathelin n’a rien à voir avec le patelin, comme lieu perdue dans la pampa. L’histoire de cette pièce évoque les frasques d’un avocat douteux Me pierre Pathelin. Celui-ci a acheté du drap à crédit au marchand Guillaume Joceaulme.

    Revenons à nos moutons

    Le marchand tente en vain de récupérer son drap, dû aux comédies successives de l’avocat qui feint tour à tour la maladie, la folie et la mort prochaine. Une seule intrigue ne suffirait. Alors le berger Thibault l’Agnelet demande à Maître Pathelin de le défendre, car il a tué des brebis, prétextant la maladie. Or, le propriétaire des brebis n’est autre que… le marchand Joceaulme. L’origine de l’expression est issue de la scène du jugement.

    Le marchand mêle les deux affaires, embrouillant tout. Il passe tour à tour du drap aux moutons, et des moutons au drap. Le magistrat, qui ne comprend plus rien, répète sans cesse : « mais revenons à nos moutons ».

    « De par le diable, vous bavez !
    Eh ! Ne savez-vous revenir
    Au sujet, sans entretenir
    La cour de telle baveries ?
    Sus, revenons à ces moutons !
    Qu’en fut-il ?
    »

    « D’ailleurs, nos tourtereaux ont profité de ces explications pour s’évaporer », ajoute Zacharie. (Crédits : Kai Reschke/Pixabay)