Le 9 mai 1922, Le Matin reparlait de l’affaire dudit collier de l’actrice Jane Marnac, aux prises à nouveau avec M Pierre Moch, courtier en bijoux. La première reprochait au second de ne pas avoir donné quoique ce soit en échange de la vente de son collier, pour a modique somme de 95 000 francs, hormis une hypothèque somme toute illusoire. L’enquête du commissaire aux délégations, M. Darru et l’instruction du juge M. Warain établissaient les faits. Les deux protagonistes se retrouvent devant la justice pour démêler le vrai du faux.
Il est établi que M Moch avait bien vendu ledit collier pour la somme susdite au sieur Tom, diamantaire, qui avait cédé l’objet à un de ses confrères M Bloch, pour le même prix. L’épilogue de cette affaire qui tenait en halène les Parisiens devait se clore ce mardi après-midi. « J’ai désintéressé M Tom, lequel a désintéressé M Bloch, affirmait le courtier en bijoux. Nous sommes convoqués ensemble dans le cabinet de M Warain. Celui-ci après examen de notre arrangement signera la levée du séquestre, Mlle Marnac rentrera en possession de son collier et retirera sa plaine ».
Alors qu’Alexandre Millerand revenait à Paris après une longue tournée présidentielle, l’affaire du collier de Jane Marnac trouvait son épilogue. (Crédits : Le Matin/BnF/Gallica)
Ce que confirma l’actrice belge en ajoutant « que j’ai bon espoir et que si la chose a lieu, je suis toute disposée à oublier mes griefs. Mais attendons les événements, avant de pardonner et de nous réjouir », souriait la gracieuse divette. Pierre Moch se confiait au journaliste que « j’ai toujours été fort optimiste sur l’issue de ce conflit. Et tenez, une cartomancienne me l’avait prédit, assurant que tout sera terminé avant le 14 de ce mois, avait-elle précisé… »
Dans un dossier de produit stupéfiant, nous retrouvons Mlle Gaby de Naval, jeune vedette de cinéma, mais également JaneMarnac, connue précédemment pour l’affaire du collier de perles, et M. Moch qui encore une fois est au centre et fait partie intégrante de l’intrigue. Les deux femmes portaient plainte conjointement contre le sieur Moch. L’actrice qui jouait dans « la brèche d’enfer » en 1923, se trouvait à nouveau devant la justice, cette fois la cour d’appel la jugeait pour détentions de stupéfiants.
Le 8 mai 1922, la comédienne se retrouvait devant les tribunaux pour un évènement qui remontait à l’année 1916. Alors qu’elle séjournait dans une station thermale au sein de Basses-Pyrénées, nom des Pyrénées-Atlantiques jusqu’en 1969, une de ses lettres fut ouverte. C’était sur commission rogatoire qu’un courrier adressé à l’artiste fut saisi au bureau de poste. Ouverte, 50 centigrammes de cocaïne, soit un demi-gramme était contenu dans l’enveloppe. L’expéditeur identifié, une information judiciaire fut ouverte contre l’officier aviateur et Mlle de Naval.
Depuis le 1er septembre 2020, l’usage de stupéfiant peut être sanctionné par le paiement d’une amende forfaitaire de 200 €. Le paiement de cette amende met fin aux poursuites judiciaires (article L. 3421-1 du Code de la santé publique modifié par la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019). (Crédits : Steve Buissinne/Pixabay)
Le pilote bénéficia de la loi d’amnistie, mais en 1920, l’actrice fut condamnée à un mois d’emprisonnement par défaut. Puis six ans après l’affaire, la police judiciaire la menaçait d’incarcération. Sans son opposition au jugement, elle aurait effectué sa peine. En 1922, la 11e chambre correctionnelle la condamnait à huit jours de prison avec sursis. Ayant interjeté appel, elle comparaissait ce lundi 8 mai 1922, avec son conseil Me Claretie. L’avocat insista sur le fait que « sa cliente n’avait pas reçu ladite lettre qui lui était destinée et que des poursuites ne pouvaient être engagées ». La cour ne put qu’acquitter Gaby de Naval, en justifiant sa décision qu’« il n’était pas établi que l’accusée avait demandé de la cocaïne et que par conséquent aucune intention délictueuse ne pouvait être retenue à sa charge ».
Une affaire peu ordinaire comme recèle et pourrait conter la grande salle des Pas-Perdus des différents palais de justice, qu’il soit de France ou de Navarre. Imaginez-vous devant un miroir, votre sœur cadette, votre fille, votre cousine… qui du haut de ses quinze ans se regarde et s’amuse de cette mèche rebelle, et de son doigt malicieux fit tournoyer cet épi afin de l’accommoder avec son envie. Sauf que le 7 mai 1922, une mèche fut l’origine d’un drame familial sur fond d’ivresse.
Renée Bétounie, quinze printemps, assise devant son boudoir frisait une mèche indisciplinée. Quand tout à coup, le paternel, en état d’ivresse manifeste, se saisit d’une paire de ciseaux et coupa nette ladite guiche. Pourquoi ? Tout bonnement parce que René Jules Octave Bétounie père de la jeune Renée n’aime pas cela. Il ne s’arrêta pas au simple fait d’avoir commis le crime d’avoir sectionné des cheveux sans être coiffeur, non, il le signifia en termes crus, injurieux et orduriers à sa fille. Tétanisée, elle se retenait même de respirer, seule une larme coulait tant la tension était palpable.
La violence prend de nombreuses formes, mais celle qui laisse des traces profondes n’est pas forcement celle que l’on imagine. (Crédits : Ryan McGuire/Pixabay)
Le journaliste tentait d’apaiser la cruauté de la scène en imaginant qu’elle aurait pu être couchée sur la toile par Jean-Baptiste Greuze. L’artiste français (1725-1805) ajoutait aux couleurs claires et lumineuses, un réalisme d’influence néerlandaise dans la peinture de genre et le portrait français. Il capturait ainsi les détails des décors et des costumes, à travers ses œuvres, tel le portrait de Madame de Courcelles, le portrait de la Comtesse du Berry, ou de la jeune fille à la rose…
L’incident et sa violence ne plut aucunement à Mme Bétounie son épouse, lui reprochant son attitude et le paya de sa vie. Son mari saoul, jeta sa femme sur le lit, empoigna la paire de ciseaux, et lui enfonça « le long, pointu et aiguisé instrument de couturière dans le flanc », la tuant sur le lit conjugal, devant sa princesse de quinze ans. Le meurtrier présumé fut reconnu coupable, mais au vu de ses six enfants à charge, il fut condamné à quatre années de prison avec sursis.
Une rencontre qui ne sied pas à tous peut engendrer quelques désagréments dans une vie de couple. Comme l’œuvre célèbre de William Shakespeare Roméo et Juliette, avec cette fois-ci une fin moins tragique, quoique. Nous sommes le 6 mai 1922 quand L’Écho de Paris se fait justement l’écho de cette histoire peu banale. Nous sommes avant en l’année 1913, deux jeunes personnes font connaissance à Londres, et se plurent. Suite logique, les fiançailles précédèrent le mariage qui fut célébré pendant l’été de 1914.
Un jeune homme étranger, duc et cousin d’un souverain régnant rencontra une jeune femme anglaise d’une beauté sans égale et cultivée. Cette douce personne habitait dans le West End de la capitale britannique avec ses parents. La religion aurait pu être un frein, mais l’amour produit des miracles. Le duc catholique, c’est la jeune fille protestante qui se convertit. La mère du mari ne l’appréhenda pas de cette oreille, mais pas du tout, elle devait avoir une union pour le bien de la famille, j’entends le bien financier de la famille. En effet, ayant appris l’union officialisée par le mariage, elle se rendit en Angleterre, effectua des démarches auprès de l’ambassadeur, du clergé jusqu’à un coup de fil au Vatican, pour annuler l’alliance, en vain.
Les contes ne se finissent pas toujours bien, parfois c’est le prince qui est enlevé, laissant la princesse seule et désemparée. (Crédits : Olessya/Pixabay)
La jeune duchesse déclarait qu’après avoir passé une partie de la lune de miel à Folkestone, son époux fut enlevé et détenu captif à Paris. Quelques jours plus tard, elle reçut une lettre de sa douce moitié l’invitant à se rendre à Calais, pas pour acheter de la dentelle, mais pour se retrouver. Sauf que la belle-mère ne l’entendit toujours pas de cette oreille. Elle commanda un train spécial pour ravir son fils une demi-heure avant ledit rendez-vous. Tant et si bien, que la jeune duchesse ne revit jamais plu son époux, n’obtint aucune compensation financière, mais aurait, selon ses dires eu témoignage de la sympathie du roi son cousin.
Le pétrole russe est toujours d’actualité, même cent ans après. En effet le 5 mai 1922, lors de la conférence de Gènes, Le Petit Parisien relatait qu’elle était une belle monnaie d’échange. Car, il y a un siècle la Russie avait du pétrole en abondance et fort bien placé pour une exploitation facile. Les gisements de la précieuse huile minérale se trouvent en quantité aux abords de la mer Caspienne. Selon les statistiques de 2020, la Russie occupe le 6e rang mondial des réserves d’or noir.
En 1922, les bolcheviks commençaient par confisquer, ou socialiser avec l’URSS, toutes les exploitations de Bakou. « Il semble que n’ayant plus d’or, et personne ne voulant de leur papier-monnaie, ils aient songé à les offrir pour avoir un peu d’argent frais, à une grande firme britannique pétrolière. » Ce serait si simple, sans une ou deux petites choses insignifiantes. « Quelques-unes de ces concessions qu’on offrirait à des financiers britanniques appartiennent à des sociétés belges ou françaises », écrivait le journaliste.
Pays
Venezuela
Arabie Saoudite
Canada
Iran
Irak
Russie
Koweït
Réserves prouvées en 2019 (milliards de barils)
303,8
297,6
169,7
155,6
145
107,2
101,5
Part mondiale (en pourcentage)
17,52
17,16
9,79
8,97
8,36
6,18
5,85
Les réserves mondiales de pétrole selon les chiffres publiés en 2020, sur les stocks de 2019.
Mais la préoccupation venait d’outre-Atlantique, car les États-Unis sont aussi un des grands producteurs. Les démentis s’enchaînaient lors de la conférence. Le directeur de Shell, à l’époque Sir Robert Waley Cohen, contredisait la rumeur selon laquelle il aurait conclu un accord avec le gouvernement russe. « Il est parfaitement exact que depuis la révolution russe, nous avons essayé de recouvrer les terrains pétrolifères qui nous appartiennent en Russie, mais nous avons refusé de participer à un règlement qui n’offrirait pas les mêmes avantages aux autres intéressés. » En 2022, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a présenté ce mercredi 4 mai un sixième paquet de sanctions contre la Russie, afin de « tarir » le financement du conflit mené par Vladimir Poutine, soumis à la validation des États membres.
Le complot qui vient d’être révélé le 4 mai 1922 fait froid dans le dos. Si le public le découvre, les forces de l’ordre l’ont mis au jour, il y a quelques semaines déjà. Il s’agit tout simplement d’une vaste organisation d’espionnage, dont la première indication parvenait au ministère de la Marine. Le commissaire de surveillance avertissait le service de renseignement de la disparition de documents secrets, intéressant nos constructions navales.
Après la construction navale, c’était au tour d’une poudrière du centre de la France de voir ses ouvrages s’évanouir. Les services de renseignements d’époque, sans systèmes d’information, trouvaient une correspondance adressée au secrétaire d’un groupement libertaire, dans laquelle un plan détallait l’état de la marine française, la construction des sous-maris, les stocks de matières premières… le tout était livré à intervalles réguliers aux agents des soviets en France, qui transmettaient à Moscou.
Jacques Oumstymchouck, dit François Bettemps paraissait vouloir confondre ce qu’il appelait « politique » avec espionnage. François Bettemps avait déjà connu le service de l’anthropométrie en 1920 pour entraves à la liberté du travail. (Crédits : David Mark/Pixabay)
L’Action Française expliquait que des embryons de centres d’espionnage existaient à Brest, Lorient, Toulon, dans les poudrières du centre de l’hexagone. Chose cocasse, ces courriers passaient par la capitale allemande. Les suspects, Henri Coudon, dit Méric et FrançoisBettemps subissaient le 4 mai 1922 leur premier interrogatoire. Le premier des deux voyaient des documents saisis chez lui, sur les chantiers de Saint-Nazaire, des détails précis sur l’expérimentation d’un phare pour suivre les avions, une note sur les moteurs diesels des sous-marins : « Il est très utile d’étudier de près les modes de propulsion de ces bâtiments. Mais nous croyons que la marine rouge aurait intérêt à traiter avec l’Allemagne et certaines maisons suédoises : intérêt technique, en ce qui concerne es moteurs légers, intérêt pécuniaire eu égard au change ».
Le suspect se défendait suggérant aux enquêteurs que tout ceci n’est qu’une simple réflexion de militant internationaliste admet Coudon. « Nous autres communistes, nous considérons la Russie comme notre patrie. C’est ainsi que j’ai été amené à dire que si la marine rouge adoptait tel ou tel procédé, cela pouvait être de son intérêt. »
Les accusés étaient Henri Coudon, Jacques Oumstymchouck, dit François Bettemps, le Russe Wladimir Kroprine et Mlle Marthe Morissonnaud. C’est au cours de son emprisonnement que Coudon se maria avec Marthe Morissonnaud, dactylographe à la Fédération unitaire des cheminots. (Crédits : L’Action Française/BnF/Gallica)
Mais la surprise venait de François Bettemps. Sous ce pseudo un sujet russe de confession juive en possession de 6 000 francs le jour de son arrestation, répondant au nom de Jacques Oustymtchouk. Comme source de ses revenus, il donna à entendre qu’il est « traducteur et guide-interprète pour les étrangers à Paris. Mes occupations ne me permettent pas de m’occuper de politique… je suis cependant inscrit à la 18e section du parti communiste » Adoptant le même système de défense, le journaliste laisse avancer sa plume en supposant qu’ils finiront par dire au juge « nous n’en faisons pas plus que Cachin : pourquoi n’inculpez-vous pas monsieur le député ? ». Condamné le 3 juin 1922, à une année d’emprisonnement et 500 francs d’amende, pour complot contre la sûreté de l’État, HenriCoudon fut incarcéré à Fresnes où il fit la grève de la faim pour obtenir le régime politique. Les trois autres accusés recevaient respectivement trois ans de prison et 1 000 francs d’amende pour JacquesOumstymchouck, dit François Bettemps, WladimirKroprine six mois et 200 francs d’amende et MartheMorissonnaud quatre mois et 50 francs d’amende.
Le 3 mai 1922, avec une simplicité voulue ont été célébrées les obsèques de l’ancien président, M Paul Deschanel. Il connut la célébrité malgré lui. Au printemps 1920, il chutait accidentellement du train présidentiel en pleine nuit. Il est retrouvé par un garde-barrière, en pyjama. La cause de cette déconvenue, un état dépressif et le syndrome d’Elpénor. Il eut l’un des mandats les plus courts à la tête de la France sous la troisième République.
Si vous parlez de l’homme derrière le président, les anciens vous diront qu’il celui tombant du train présidentiel, en route pour Montbrison pour inaugurer un monument. La cérémonie se tenait en la chapelle paroissiale de Saint-Honoré d’Eylau. L’ancien président, Raymond Poincaré et le gouvernement se rendaient à la maison mortuaire. Alexandre Millerand en déplacement, fut représenté par le général Lasson et le secrétaire général de la présidence, M Petit. Malgré les satyres de la presse, une foule nombreuse était massée aux alentours.
Toute la ville de Paris s’arrêtait le long du cortège en ce 3 mai 1922, pour accompagne le défunt président M Paul Deschanel. (Crédits : DR)
Une délégation de mutilés et d’infirmières de l’institution nationale des invalides assistait aux obsèques après avoir déposé sur le cercueil une palme de bronze. La marche funèbre de Chopin conduisait la dépouille lors de la procession. Les couronnes offertes par le gouvernement, la ville de Paris… le conseil général et le préfet d’Eure-et-Loir, la maison des journalistes et la Belgique reconnaissante fleurissaient le convoi. Une foule silencieuse se trouvait tout le long du parcours, avenues Malakoff, du président-Wilson, boulevards des invalides, Montparnasse et de la rue Huygens. Inhumé au cimetière Montparnasse, dans le caveau familial, seul le discours de la pluie ponctua les derniers instants du président qui était opposé à la peine de mort, favorable au vote des femmes, à la proportionnelle, au développement du mutualisme…
Le traditionnel mouvement effectué lors du 1er mai faisait déjà les gros titres le 2 mai 1922. L’Humanité titrait « Les incidents du premier mai et les mensonges de la presse bourgeoise ». À cette époque mouvementée de l’histoire de France, n’existaient pas les réseaux sociaux ni les outillages informatiques, pourtant le contrôle de l’information semblait être la clé de voûte d’un système qui entonnait le chant du cygne de la IIIe république sous Alexandre Millerand.
Qui croire quand le politique s’oppose au 4e pouvoir qu’est la presse ? Retour sur la journée du 1er mai 1922. L’Ouest-Éclair indiquait qu’« à 17 h 30 les manifestants, biens qu’encadrés par des gardiens de la paix, se sont emparés des grilles d’arbres et après les avoir brisées, se sont servis des morceaux de fonte comme projectile qu’ils ont lancé sur les agents. Ces derniers ont alors chargé les manifestants. Rue des Écluses-Saint-Martin, Marcel Cachin, député communiste a été vivement pris à parti par un rédacteur du journal du matin et frappé au visage. » En Angleterre et en Espagne aucun incident. L’Action Française relate que « vers 5 heures 30, au même endroit, un groupe de manifestants a voulu arracher les grilles des arbres pour les briser et en jeter les morceaux sur les agents. Ceux-ci se sont précipités pour disperser les anarchistes. Marcel Cachin et André Berthon, les deux députés communistes se sont alors interposés pour accuser les agents de provocation. » Le parlementaire Cachin prenait un vigoureux coup de poing dans l’œil de la part d’un civil.
Les manifestations du 1er mai ne datent pas d’hier. Les heurts entre force de l’ordre et participants sont déjà relatés en 1922. (Crédits : Jean-Philippe Fourier/Pixabay)
Dans le quotidien Le Journal, un autre son de cloche. « Une de ces bagarres éclata rue des Écluses-Saint-Martin. Des agents furent blessés à coup de pierre et de morceaux de grilles d’arbres. Dans un groupe MM. Marcel Cachin et André Berthon, députés communistes, Daniel Renoult et quelques révolutionnaires accusaient les agents d’avoir commencé. Un de nos confrères, M. de Bœver, mutilé de la guerre, médaille militaire et croix de guerre, déclara que c’étaient les manifestants qui avaient attaqué les gardiens de la paix »
Toute déclaration de manifestation, selon les lois en vigueur, doit être déposée en préfecture. En cas de non-dépôt ou de refus d’autorisation, la loi indique que ce rassemblement est interdit, et qu’une réponse appropriée à la discrétion des autorités est mise en place. (Crédits : fsHH/Pixabay)
Le député s’exclamait que « ce sont des agents provocateurs en désignant un groupe de journalistes »
« Voici mon coupe-file, répliqua M De Boever, et je ne vous permets pas de parle de provocateurs. Voulez-vous rétracter vos paroles ? »
Le silence fut la seule réponse.
« Eh bien ! Je vous méprise, reprit le confrère, et tout député que vous êtes … »
L’élu esquissa un geste selon le rédacteur du quotidien Le Journal, mais de Bœver le gifla à deux reprises, en ajoutant : « Maintenant, voici ma carte, je suis à votre disposition… »
Le mobilier urbain peut être employé à diverses choses, au même degré que le couteau peut vous aider à découper votre repas, comme d’agresser ou de tuer. Vous ne pouvez pas empêcher, ni tout prévoir, ni tout protéger. (Crédits : 30bis Studio/E.Belondrade)
Pourtant, un autre quotidien proposait une version différente. L’Écho de Paris racontait que le député Cachin traita M de Boever « d’agent provocateur ». L’homme élu de la IIIe République leva le poing sur son adversaire, mais le coup porta sur un gardien de la paix. L’agent le lui rendit largement. Ce fut le signal pour débuter la bagarre. « Vous êtes un être méprisable », jeta de Bœver. La phrase juste close deux gifles retentissantes volèrent sur les joues du député. « Si demain, je n’ai pas de nouvelles, ajouta de Bœver, j’irai vous gifler à la chambre. » C’est durant cette altercation que la foule excitée commença par arracher les grilles des arbres et à lancer des morceaux de fontes à la tête des agents et des gardes municipaux.
Attention à vos gestes. Si la gifle légère peut être poursuivie comme une voie de fait, la gifle appuyée relève des coups et blessures volontaires (Article R 624-1 du Code pénal). Vous pouvez être relaxé comme condamné à amende et dommages et intérêts, mais aussi peine de prison avec sursis ou ferme. (Crédits : Nika Suchá/Pixabay)
L’Humanité n’était pas de cet avis. « Les agents excités, ivres de colère, ont frappé à coups de matraque les manifestants et les passants inoffensifs aux alentours de la Grande-aux-Belles. C’est une constatation que nul homme honnête ne peut nier. Mais comme le préfet Leullier a le front de déclarer que ses agents n’ont jamais employé de matraque, tous les journaux, grands et petits, répètent le mensonge. » Quant à l’incident de la rue des Écluses-Saint-Martin, « les élus ont constaté les brutalités des agents, ont protesté comme c’était leur devoir devant les chefs des assommeurs ». Le journal L’Humanité n’était pas tendre avec la presse. « On n’en finirait pas si on voulait relever toutes les canailleries et les ordures dont la presse prostituée est remplie à l’occasion de la manifestation. Si, du moins, les travailleurs savaient tirer la leçon de ces faits qui se répètent lors de chaque mouvement ouvrier ».
À travers ces passages d’articles issus de la Bibliothèque nationale de France, il est compréhensible que l’information soit issue du point de vue, de l’endroit où vous situez, et surtout qu’il faut croiser vos sources au minimum trois fois. Existe-t-il un changement, une continuité, une amélioration entre l’année 1922 et 2022, c’est à vous de seul de juger.
Imaginez-vous en terrasse d’un bar, que ce soit en bord de mer, à la cime d’un mont, ou dans une ville quelconque, mais qui vous est chère, sirotant un café. Qu’il soit crème, « cafe solo » en Espagne, un « petit noir » ici comme ailleurs, vous appréciez, surtout lorsqu’il est accompagné d’une friandise, d’un gâteau. Il semble que depuis quelque temps, le prix des grains est augmenté. En 1922, le précieux connaissait déjà un coût conséquent, au point de ne pas gâcher une marchandise même tombée à l’eau.
En 2022, le tarif du « jus » croît, certains diront que c’est normal, d’autres que c’est dû au conflit russo-ukrainien, quoi qu’il en soit se retrouver en terrasse d’une cité de province est régler deux euros, rend cher ce modeste plaisir. Le 1er mai 1922, MM Miguet et Lhéritier furent inculpés de spéculation illicite, tromperie sur la qualité de la cargaison vendue et infraction à la législation des douanes, toit un programme. Pour comprendre, il faut utiliser la Doloréane de « Retour vers le Futur » au mois de février 1922, dans la ville du maire et ancien premier ministre Édouard Philippe, présidée à l’époque par Léon Meyer. Un chaland remontait la Seine depuis la ville portuaire chargée de 70 000 kg de café vert et de cacao, en direction des docks de La Villette. À la hauteur de Vernon, le pont du transporteur éclatait projetant la précieuse cargaison dans le fleuve. Les personnes mirent un certain temps à récupérer tous les sacs. À l’ouverture, il était devenu invendable, un prix de 2 000 francs fut convenu pour l’enfouir dans les carrières de sable de Draveil-Vigneux.
Interrogés, ils se défendirent indiquant vendre la cargaison non en café mais comme engrais. (Crédits : Engin Akyurt/Pixabay)
C’est à ce moment que Élie Miguet intervenait. Le négociant en matières premières, se rendit acquéreur des 70 tonnes de café pour la modique somme de 5000 francs, deux fois et demie le précédent montant, une aubaine. Il vendit dix tonnes à Lhéritier, au prix de 50 francs le quintal, soit la même somme qu’il venait de dépenser pour la totalité de la cargaison. Ce dernier, torréfia le café impropre, le conditionna en sachet de 500 grammes. Pour faire sa marge, il triplait le prix atteignant 150 francs les 100 kilogrammes pour les commerçants. Les détaillants débitaient la livre de café à 2, 5 francs, soit un franc de bénéfices. Le service des fraudes eu vent de ce trafic juteux et leur présenta la noté, salé aux sieurs Miguet et Lhéritier.
Le premier match international de football entre la France et l’Espagne se déroulait ce 30 avril 1922, sur le terrain du Stade Bordelais, au Bouscat. La foule considérable composée en majeure partie d’Espagnols, comme jouant à domicile, ce qui fut un atout conséquent. C’est donc sans grand suspens que La Roja étrille le Coq. Le premier quart d’heure fut observation avant que les attaquants ibériques placent quelques banderilles ici et là, au grand dam des spectateurs tricolores.
La délégation française constituée par Jules Rimet, président de la fédération française de football, et les autorités bordelaises accueillirent leur voisin et adversaire d’un jour. Le Roi d’Espagne fut représenté par le gouverneur de Guipuzkoa, Pays basque espagnol. Il est 15 h 15, lorsque le coup d’envoi est sifflé. Les Ibériques prenaient l’avantage d’entrée, il ne fallait pas attendre plus de 17 minutes pour voir le cuir dans les buts de Friess, après l’avoir paré dans les pieds d’Alcantara. À, la remise en jeu, Domergue se laisse tromper, par Alcantara, qui se défit des arrières, fixe le portier et double le score.
Les confrontations entre la France et l’Espagne connaissent une saveur particulière. (Crédits : Phillip Kofler/Pixabay)
La France à travers Dubly tente, mais frappe sur la barre, sans cadrer plus que ça. Les Espagnols reprenaient alors les rênes du match, Alcantara s’échappe, centre sur Travieso qui reprend et transperce la défense et le portier, puis quelques minutes plus tard, le même footballeur double sa marque et porte à quatre le nombre de buts encaissés par les Bleus. La messe est dite. Les joueurs rentraient aux vestiaires sur le score de 4 à 0. Malgré la défaite, Dubly d’une virtuosité étourdissante, Hugues actif en défense comme en attaque et Vanco défenseur sortaient du lot, ne permettant pas aux locaux de rivaliser.