Étiquette : Il y a cent ans

  • Il y a cent ans… se déroulait la foire aux pains d’épices

    Il y a cent ans… se déroulait la foire aux pains d’épices

    La première apparition sur le vieux continent date du XIVe siècle, avec le « pain d’espessez » en 1372 selon le « dictionnaire historique de la langue française » d’Alain Rey. Mais c’est pour les empereurs de Chine, comme le papier hygiénique, que fut inventé le pain d’épice. Il s’agissait du « mi-king » un pain de froment et au miel, mis au point au Xe siècle sous la dynastie Tang. Il aurait été apporté en Europe par les combattants mongols, appréciant sa haute valeur énergétique.

    Le 16 avril 1922, l’inauguration de la fameuse foire était solennellement effectuée par la troupe, précédée par une retraite aux flambeaux au départ de la caserne de Reuilly, passant ainsi d’airs guerriers à des divertissements pacifiques. Un des pontes affirmait la locution latine « Si vis pacem, para bellum » (Si tu veux la paix, prépare la guerre). Une fois ouverte, vous trouviez baraques de tir, loteries, manèges, boutiques où se vendent des bonbons, sans oublier le cochon de pain d’épices, qui à la guise des visiteurs s’appelait Constantin ou Agénor. « Vous avez d’ailleurs tout le temps, car la foire ne sera terminée que le 15 mai », expliquait le journaliste Gilbert Charles du Figaro.

    Parmi toutes les jeunes filles alertes, les gens s’essayaient à deviner la reine de la foire aux pains d’épices 1923, alors que celle de 1922 sera élue le 27 avril. (Crédits : jbundgaa/Pixabay)

    Le temps incertain, même il y a cent ans, « si le soleil consent à n’être pas trop timide et si la pluie se mêle d’apprendre la discrétion », les terrasses aménagées par les bistrots aux alentours de la foire, devraient se remplir comme celle de la place de la Comédie à Montpellier par un beau temps de printemps. Pour ceux que les liquides pourraient égayer voire enivrer comme l’export-cassis, quand d’autres sonorités les accompagneront près des chevaux de bois, tel le Beau Danube Bleu, la Hongroise.

  • Il y a cent ans… avait lieu un lock-out en Angleterre

    Il y a cent ans… avait lieu un lock-out en Angleterre

    Le syndicat des acconiers ouvre le registre des organisations du port de Londres, en 1866. En août 1911, le syndicalisme connut une résurgence, comparable à celle de 1889, qui se manifesta par une grève générale des ouvriers de la manutention portuaire. Alors qu’à la veille du conflit, le Syndicat des dockers décupla ses effectifs (de 2 000 à 20 000 membres), tandis que celui des arrimeurs doublait (de 4 000 à 8 000). C’est peu dire que les organismes de défense des salariés présentent une véritable opposition en Angleterre.

    Si bien que le 15 avril 1922, eut lieu un lock-out monstre outre-Manche. L’Homme Libre expliquait que les négociations commencèrent le 13 avril pour se clôturer à 5 h ce jour. Pas d’entente après un marathon entre les représentants des patrons et les délégués des 47 institutions syndicales (trade-unions). Sauf que pour une fois, la question concernait le droit des dirigeants. La demande était que ceux-ci émettent un préavis avant toute modification, et surtout après s’être tenu une discussion entre employeurs et employés.

    La marée de protestation était considérable, car pas moins de 600 000 ouvriers prévoyaient de bloquer toute activité si les négociations n’aboutissaient pas. La fédération des mécaniciens indiquait que le lock-out durerait encore à minima trois mois. (Crédits : Hessel Visser/Pixabay)
  • Il y a cent ans… François le Tatoué était exécuté

    Il y a cent ans… François le Tatoué était exécuté

    Un fait-divers à l’image des westerns, ou lors d’une partie de cartes, un des protagonistes se lève sors son revolver et accusant son partenaire de jeu de tricheur, l’abattait de plusieurs balles. Il n’est pas rare d’entendre, ici et là, évoquer par les médias des règlements de compte, sous fond de trafic de drogue. Il serait, selon le ministère de l’Intérieur, responsable de 60 morts et 250 blessés en 2020. Le nombre d’homicides étant de 1026 en 2021 soit une augmentation de 4,3 % sur une année malgré les deux périodes de confinements.

    Replongeons, dans le Paris du début du XXe siècle, le 14 avril 1922. Ce fait-divers tient place dans le XVIIIe arrondissement de la capitale française, au numéro 9 de la rue Germain Pilon. La tocante s’approchant de vingt-deux heures, deux clients d’un débit de vins étaient accaparés par une partie de cartes, quand la porte s’ouvrit. Un bras muni d’un revolver parut, et avant que quiconque ait pu prendre conscience de la dangerosité de la personne, sept détonations retentissaient. L’un des joueurs, touché mortellement, glissait de la banquette sous la table.

    Le suspect, dit l’homme au revolver était aussi bon tireur que l’individu « Dudule » remis à la police pour un meurtre identique. (Crédits : Tom und Nicki Löschner/Pixabay)

    Les témoins qu’étaient les clients présents disparurent tels des moineaux affolés par un péril. Les dirigeants de l’établissement accoururent et ne purent que constater qu’un cadavre gisait dans leur bar. Il s’agissait de François Jodice, dit le tatoué, âgé de 26 ans, et selon les fores de l’ordre un dangereux repris de justice. L’homme jouant avec le défunt, connu que par son prénom, René âgé de 30 à 35 ans avait également pris la poudre d’escampette. Transporté à la morgue, le défunt portait sur la peau des œuvres représentants des étoiles, revolvers, signes cabalistiques et même des chaussettes. Le médecin légiste affirmait dans son rapport que seules deux balles avaient joint l’épaule droite, les autres atteignaient le visage.

  • Il y a cent ans… une ristourne d’impôt de deux centimes

    Il y a cent ans… une ristourne d’impôt de deux centimes

    La somme de deux centimes fait sourire, d’autant qu’elle est en francs datant du 13 avril 1922. À l’époque où les personnes imposables reçoivent pour certains par courrier, quand d’autre affiche un courriel de notre cher Trésor public, avec leur déclaration. Qui plus est lorsqu’un ancien trader condamné à une dette de 5 milliards moque une candidate non présente au second tour de la présidentielle, faisant étalage d’un désarroi pour le montant de 5 millions d’euros.

    Déjà il y a cent ans, l’intégrité, honnêteté, droiture de l’administration fiscale n’était plus à démontrer. On peut dire tout le mal que l’on veut cela ne ne saurait attaquer sa scrupuleuse probité. « À preuve, les multiples paiements qu’elle fait, un peu partout, de sommes variant de 1 à 4 centimes », soulignait L’Ouest-Éclair. Alors que les parapluies de Cherbourg sonnaient le glas de la pluie, M. Lebureau, trésorier d’une Société de secours mutuels (ancêtre de nos mutuelles) reçut avis de la mairie qu’un mandat de de la Préfecture était à sa disposition. Une subvention départementale c’est ordinairement quelque chose relatait le journaliste. Ainsi, chemin faisant, il rêvait aux mille emplois divers que pareille aubaine allait procurer à ses sociétaires.

    Après les quelques formalités habituelles, quel désenchantement prit le trésorier ! Le montant dudit mandat s’élevait exactement à la somme de deux centimes. Évidemment ce montant lui eût paru infiniment plus important si elle eût été payée en monnaie soviétique, du fait des emprunts russes, ou en billon français. Si bien qu’il se demanda si vraiment il n’eût pas été plus utile au bien général de ne pas obliger tant de fonctionnaires à effectuer ses recherches pour de si petites sommes, à de si minimes opérations, ni de ne le déranger lui-même de ses occupations.

  • Il y a cent ans… il tue une femme et se suicide

    Il y a cent ans… il tue une femme et se suicide

    Le titre pourrait être récent, pourtant il est contemporain, et arbore une centaine d’années. C’est le quotidien Le Matin qui relatait les faits le 10 avril 1922. Si le terme de féminicide est apparu dernièrement, au XXIe siècle, certains individus souhaiteraient ardemment qu’il rentre pour distinguer l’homicide volontaire d’une personne, à celui d’une femme à l’instant où ce crime est odieusement dirigé vers une femme, qui plus est lorsqu’elle est conjointe, concubine, épouse…

    Tout le drame se déroulait au sein de la ville balnéaire de Biarritz. Le traditionnel week-end de Pâques offrait à chacun qui le pouvait un avant-goût de libertés. C’est ainsi qu’un jeune parisien de 23 ans, comptable de profession, retenait une chambre dans un hôtel. Louis Déjardin était rejoint par une femme, Mme Simonet, née Émilie Baillat âgée de 22 ans. Elle était infirmière au sanatorium d’Hendaye et mariée depuis tout juste deux mois.

    A la 143e heure, bouclée avec 3649,65 kilomètres, les sprints bonificateurs commençaient. Mais la messe était dite, le duo Georges Sérès et Émile Aerts remportaient la course des six jours au vélodrome d’hiver de Paris. Un doublé en deux années pour Sérès, qui l’emportait en 1921 avec Oscar Egg, et à nouveau en 1924 avec Aerts. (Crédits : Le Matin/BnF Gallica)

    Dans la soirée le couple s’enfermait dans la chambre retenue. Peu après des coups de revolver se firent entendre. La police dépêchée sur place ne put constater le décès des deux personnes. Louis Déjardin aurait tué la jeune infirmière avant de retourner l’arme contre lui. Ce 10 avril 1922, M. Simonet venait reconnaître le cadavre de sa jeune épouse.

  • Il y a cent ans… se déroulait un mariage contre un héritage

    Il y a cent ans… se déroulait un mariage contre un héritage

    La presse se souvient du drame survenu en 1919, lorsqu’en Amérique, Jacques Lebaudy surnommé « Empereur du Sahara » était tué d’un coup de revolver par sa femme, née Marguerite Bellière. La justice de l’Oncle Sam concluait que Mme Lebaudy avait agi en état de légitime défense. Le défunt mari était le frère de Paul Lebaudy, ancien député de Seine-et-Oise, maintenant les Yvelines, laissait une très grosse fortune. Les héritières n’étaient autres que sa veuve et sa fille Jacqueline, âgée de 17 ans.

    Le 9 avril 1922, L’Écho de Paris se fait le porte-parole d’une affaire peu banale. Mme Lebaudy, pour hériter de son mari, donna sa fille en mariage, il y a un an au fils du détective américain Harris. Après avoir célébré l’union à la Palud, près de Vaucluse, le trio revint habiter sur Paris au 2 de l’avenue de Camoëns, de Paris situé dans le quartier de la Muette. Les jeunes épousés roucoulaient jusqu’à ce que la veuve hérite. Elles décidèrent de se séparer du fils du détective. Elles se réfugièrent sous un faux nom, Howe, grâce à la complicité d’un médecin de famille.

    Il faut dire que les mariages arrangés avaient cours, d’autant que la liquidation de la succession de l’empereur du Sahara était encore pendante, et s’élevait à 600 millions de francs. À croire qu’elles ne souhaitaient pas partager ni attendre la majorité de Mlle Lebaudy. (Crédits : Daniel Reche/Pixabay)

    Les chiens ne font pas des chats, souligne la formule. M. Harris découvrit l’adresse où les deux fugitives se trouvaient, le 2 rue de Pozzo-Borgo à Saint-Cloud. Prétextant être le cousin, il put déambuler au sein de l’établissement, et vit son épouse sortir de la salle de douches. Il lui demanda avec délicatesse de le suivre. Les droits des Femmes n’étaient qu’au stade d’embryon au début du XXe siècle. L’homme qui avait prévu son refus, accompagné par deux de ses amis, voulut manu militari l’emmener de force. Elle cria tant que la mère de la jeune femme et le personnel accoururent et firent lâcher le trio.

    Fuite précipitée

    L’odeur du danger fit que mère et fille prirent la fuite dans la nuit, en compagnie d’un officier français se prétendant être cousin des femmes. L’homme fut interrogé par les journalistes de L’Écho de Paris auprès desquels il tint ce discours : « Mon fils avait épousé, en janvier dernier Mlle Lebaudy. Voici quinze jours, la jeune femme abandonna brusquement le domicile conjugal, sur les conseils de son curateur “honorable” colonel, de complicité avec une Égyptienne tireuse de cartes. » La directrice de l’établissement dans lequel elles avaient admis ignore ce quelles sont devenues, tellement leurs départs fut précipité. L’héritage, évalué par la presse américaine à plusieurs dizaines de millions de dollars, resta en déshérence pendant de longues années. Une bataille juridique commença entre son ex-épouse associée à sa fille Jacqueline, et la famille Lebaudy qui revendique l’héritage de en contestant le mariage et la paternité de Jacqueline.

  • Il y a cent ans… se déroulait une évasion en avion

    Il y a cent ans… se déroulait une évasion en avion

    Ce n’est que le 8 avril 1922 que l’information est révélée. Dans la nuit du 6 au 7 avril, à un avion allemand atterrissait en Belgique, sur la commune de Welkepraett. Une patrouille militaire arriva expressément sur les lieux, se saisissant de l’appareil et des deux passagers. Les détenus furent amenés devant le commissaire de police de Verviers. L’un des aviateurs n’était autre que Heinrich Wandt rédacteur en chef du journal berlinois Die Freie Press et auteur du livre Etappenleven Gent.

    Le célèbre ouvrage, traduit en français, raconte la vie menée par des officiers prussiens d’état-major pendant la guerre. Elle vient de jeter « un jour terrible sur l’immoralité » de la vie de ces militaires, soulevait Le Petit Parisien. Il tint un quotidien sur les délits commis au sein de l’étape pendant la guerre, dont des extraits furent publiés chaque semaine par le journal de gauche Berliner Freie Presse à partir de janvier 1920. La mention des noms des officiers impliqués a incité le ministère de la Reichswehr à ouvrir une enquête en juillet 1920. Wandt fut condamné le 21 décembre 1920 à 6 mois de prison par la chambre pénale de Berlin-Moabit dans un procès pour confusion d’appellations. Lors d’un autre procès, un mandat d’arrêt fut émis contre lui le 6 septembre 1921. D’octobre 1921 à fin janvier 1922, il fut en détention préventive à Potsdam.

    Les procès du Reichsgericht à Leipzig font partie de l’histoire menant plus de deux décennies plus tard à ceux de Nuremberg. (Crédits : BnF Gallica)

    Puis, l’auteur Wandt s’était vu appréhender par la police à cause de la publication dudit livre. Personnellement menacé, dépouillé de ses biens, et victime de nouvelles plaintes pour injures. Le bureau de liquidation du corps de la Garde à Spandau lui transmit des dossiers pour sa défense. Cette circonstance lui fut imputée comme « incitation au vol qualifié et tentative de trahison de secrets militaires », et incarcéré sous l’inculpation du crime de haute trahison. Il réussissait à échapper à la surveillance des gardiens, et rejoignait Leipzig en voiture. Aussitôt évadé, et la police prévenue, elle promettait une récompense pour sa capture. Il se résigna à quitter l’Allemagne en avion. Peu après avoir survolé Cologne, le pilote recevait l’ordre d’atterrir à Aix-la-Chapelle. Le rédacteur en chef en fuite avait l’intention de gagner la Hollande, mais du se poser en Belgique.

    C’est alors que la douane belge saisissait l’avion à Welkenraedt, arrêtaient Wandt et son pilote, ex-officier aviateur lieutenant Meebius, et les envoyèrent à Bruxelles. (Crédits : DR)

    « Le procès ultra-secret du Reichsgericht, au cours duquel, bien que mon innocence ait été clairement établie, j’ai été condamné à six ans de réclusion, que je devais passer derrière les murs de la Bastille allemande. C’est de Potsdam que j’ai été accusé de trahison, c’est à Potsdam que j’ai été placé en détention préventive, et c’est “l’esprit de Potsdam”, si tristement célèbre dans tout le monde civilisé et toujours si omnipotent dans notre “république”, qui est à l’origine du sextuple crime judiciaire que notre cour suprême a commis contre moi le 13 décembre 1923 », écrivait-il dans la préface du « Prisonnier de Postdam »

  • Il y a cent ans… naissait l’indemnité de vie chère

    Il y a cent ans… naissait l’indemnité de vie chère

    Le coût de la vie préoccupait déjà la population et les gouvernants en 1922. La cherté de la vie pour les petits retraités et les retraites des petits cheminots était à l’ordre du jour au Sénat. C’est ainsi que le 7 avril 1922, le projet d’achèvement des maisons à bon marché commencées avant la Première Guerre mondiale, était adopté par la Chambre haute. Elle suivait l’approbation de la convention monétaire ente la Belgique, la France, l’Italie et la Suisse du 9 décembre 1921.

    Après avoir expliqué que le but fut de ramener à 12,5 % l’intérêt sur les marchandises transportées, il en venait la question des retraites des agents des chemins de fer d’intérêt local et des tramways, qui ne jouissaient précise L’Ouest-Éclair de régime de retraite unifié. Le montant touché serait selon le projet la moitié du traitement d’activité après trente années de bons et loyaux services. Le départ de l’âge à la retraite serait alors de 55 ou 60 ans, suivant que les agents appartenaient à un service actif ou sédentaire. La caisse de retraite sera alimentée par des montants de 5 % de cotisation sur les salaires, auxquels s’ajoutera une contribution étatique de 1 %.

    Dans le cas ou la compagnie ne le pourrait, l’État et les collectivités y pourvoiront dans la proportion de 3/5 pour le premier et les 2/5 restant pour les autres. (Crédits : TrainConsultant)
  • Il y a cent ans… un train-poste cambriolé

    Il y a cent ans… un train-poste cambriolé

    Trente sacs du courrier de l’Angleterre à l’Italie étaient dérobés dans un train, révèle le quotidien Le Matin. Le fourgon postal n° 17904 a été cambriolé stipulait le télégramme envoyé par le chef de la brigade mobile de Dijon au commissariat spécial de la gare du Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) à Paris. Il incitait les forces de l’ordre parisiennes à surveiller les voyageurs. L’énigme du train rapide 31 allant de Paris à Marseille tenait en haleine les lecteurs. Il avait quitté le terminal de Lyon à 20 h comme prévu.

    Juste avant le départ de la gare de Lyon pour la cité phocéenne, l’allège postale avait accroché au milieu du convoi, un grand wagon du modèle Di-D2. La trame du convoi se composait d’une locomotive, deux wagons de voyageurs, puis un wagon-poste à boggies. Puis le fameux fourgon n° 17904 qui devait être détaché à Dijon, pour être dirigé vers la Suisse et l’Italie via Frasne et Vallorbe. La physionomie du wagon disparu se compose de deux compartiments, disposés de part et d’autre d’un couloir transversal, fermés par des portes, au sommet un poste-vigie. Pour permettre le chargement, des grandes portes à glissières sur les côtés du fourgon. Le contenu comprenait un ensemble de sacs plombés de correspondances diverses, des plis recommandés, des paquets, bref du courrier. Le tout réparti dans les deux compartiments, dont les portes furent closes avec le verrou habituel de sûreté, puis plombées.

    Les différents types de courrier sont placés séparément dans des sacs scellés. Le cinéma à travers « The Brain » de Gérard Oury avec Jean-Paul Belmondo et Bourvil racontait le hold-up d’un wagon de l’OTAN en 1969. Toute ressemblance est pure fiction. (Crédits : People and the Post, Postal History from the Smithsonian’s/National Postal Museum)

    Arrivé en gare de Laroche-sur-Yonne, le train rapide devait s’arrêter six minutes. Les employés des chemins de fer français remarquèrent des races extrêmement visibles d’effraction sur les portes à glissières de l’un des compartiments. Ils entrèrent dans le wagon et constatèrent qu’une trentaine de sacs manquaient à l’appel. Les souvenirs d’un cambriolage du même type effectué 11 ans plus tôt, en septembre remontèrent. Les malfaiteurs seraient montés sur le toit en gare de Lyon, puis auraient pénétré dans le poste-vigie vide. Aucune valeur déclarée dans le courrier ne permettait aux policiers de connaître le mobile. Seule indication, les lettres et colis en provenance d’Angleterre étaient plus nombreux. L’enquête débutait le 6 avril 1922.

  • Il y a cent ans… se déroulait le crime de l’avenue des Gobelins

    Il y a cent ans… se déroulait le crime de l’avenue des Gobelins

    Les faits divers, et les techniques de la Police scientifique ont évolué au fil du siècle. Le plus dur dans une investigation est sans doute de prouver l’origine du crime face à un faible faisceau d’indices. C’est ainsi que le 5 avril 1922, et malgré une très sérieuse enquête, la police n’a pu établir pour quel mobile l’Égyptien Leibowitz a été assassiné, mardi, avenue des Gobelins. Une accumulation de dette aurait la primeur des suppositions chez les forces de l’Ordre parisiennes, pour expliquer sa mort.

    C’est au 10 bis avenue des Gobelins, dans le XIIIe arrondissement de Paris que Mme Garry, maman d’un artiste peintre connu, habitait depuis un certain nombre d’années avec son fils, M. Charley Garry, et sa jeune femme. Ce dernier, chargé de mission par le ministère des Colonies, était parti pour l’Afrique du Nord laissant à Paris sa conjointe et sa mère. Or l’épouse était appelée à l’Île de Ré pour affaire de famille. La mère de famille, Mme Garry restait donc seule dans son appartement, mais recevait quotidiennement la visite d’une de ses nièces, Mme Suzanne Guichard. Le portrait dressé par le journaliste de l’époque en faisait une jeune femme élégante, aimant à rire et à bien vivre.

    Cette jeune femme avait fait la connaissance d’un Levantin, nommé Paul Leibowitz. Il était sans situation bien définie, mais portant « beau et mis avec élégance, en dépit d’une absence de pécune qu’il ne cherchait pas à dissimuler. » (Crédits : L’Homme Libre/BnF Gallica)

    Dans l’après-midi de ce mardi 4 avril 1922, Mme Suzanne Guichard recevait de son ami un pneumatique ainsi conçu : « Viens ce soir, 6 heures, avenue des Gobelins : je vous réserve, à ta tante et à toi, une bonne surprise. » L’expéditeur était présent, mais gisait dans une mare de sang. Quelle ne fut pas l’horreur de la jeune femme en arrivant chez sa tante de trouver, le corps de son amant au milieu de l’atelier. Les cris poussés attirèrent les voisins qui accoururent, tandis que la concierge envoyait chercher la police. Qui plus est lorsque dans une pièce attenante à l’atelier on découvrit, le corps de Mme Garry. L’enquête a établi que Leibowitz était un individu criblé de dettes et il est supposé qu’il a tué pour voler sa victime. La nièce a été gardée à la disposition du commissaire de police.