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  • Le combat sportif et sociétal d’Alice Milliat

    Le combat sportif et sociétal d’Alice Milliat

    Impressionnant, lorsque l’on voit l’évolution des us et coutumes, tant au niveau sociétal que sportif, prenons l’exemple de l’éducation physique et de sa pratique. Les premiers Jeux olympiques de l’ère moderne datent de 1896. Aucune athlète féminine n’est conviée, car pour Pierre de Coubertin « le véritable héros olympique est l’adulte mâle individuel, le rôle des femmes étant […] de couronner les vainqueurs ». En 1900, des tournois de tennis et de golf féminins sont organisés en marge de la seconde olympiade.

    « Citius, Altius, Fortius », signifie : plus vite, plus haut, plus fort. C’est le prêtre dominicain Henri Didon qui est le premier à exprimer ces mots lors de la cérémonie d’ouverture d’une épreuve sportive scolaire en 1881. Pierre de Coubertin y est présent. Il les adopte pour en faire la devise olympique. « L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple, la responsabilité sociale et le respect des principes éthiques fondamentaux universels », harangue l’article premier de la charte olympique.

    Le club Fémina Sport proposait de la gymnastique rythmique et dansée. Avec Alice, il s’ouvre à l’aviron, à l’athlétisme, au basket-ball, au football et à la barrette (ci-dessous). (Crédits : DR)

    Sauf qu’à l’époque, on pensait qu’avec leur faible constitution, un effort violent pourrait rendre les femmes stériles ou les tuer. Alors qu’elles donnent naissance à l’humanité depuis la nuit des temps, et lorsqu’on connaît la douleur provoquée par les contractions pendant un accouchement, cela prête à rire, vraiment.

    Pour Alice Milliat, modeste fille d’épiciers née aux XIXe siècles, les JO doivent être ouverts aux athlètes féminines. Elle n’est âgée que de 19 ans, lorsqu’elle quitte sa ville, Nantes pour devenir préceptrice dans une famille aisée de Notting Hill, quartier huppé de la capitale britannique. De par cette expérience, elle parle couramment anglais, mais apprend d’autres langues, qui selon les sources varient de trois à sept. Peu après son arrivée à Londres, elle rencontre son futur mari, Joseph Milliat, employé de commerce, et Nantais comme elle.

    Juste après son arrivée à la présidence, elle organise le premier Championnat de France d’athlétisme et match de football féminins officiels. (Crédits : DR)

    Le couple se marie en juillet 1904 au consulat de France. À l’occasion du décès de la mère d’Alice, ils rentrent en France en 1907. Quelques mois plus tard, elle se retrouve veuve à seulement 24 ans, et sans enfant. Elle décide donc de partir à Paris, où elle trouve un poste de sténographe-interprète. Ce n’est qu’après la Première Guerre mondiale, que les choses bougent. Elle se rapproche alors de l’un des premiers clubs féminins de l’Hexagone, le Fémina Sport. Il est créé en 1911 par Pierre Payssé, ancien champion du monde de gymnastique, afin de poursuivre sa pratique de l’aviron. En 1915, Alice Milliat en devient la présidente.

    Il y aura des femmes aux JO de 1928 à Amsterdam (277 sur 2 883), qui, pour la première fois, comptent quatorze épreuves féminines en escrime, gymnastique, athlétisme et natation. L’IAAF propose, ce qu’elle accepte, à Alice Milliat de faire partie du jury des commissaires. Elle sera la seule avant longtemps. (Crédits : DR)

    Elle demande au comité international olympique d’organiser des épreuves féminines aux Jeux, en vain. Elle provoque en nommant les premiers Jeux olympiques féminins… condamnés suivant l’annonce par le CIO. « Malgré nos sollicitations pressantes et réitérées, le Comité olympique a toujours refusé d’adjoindre l’athlétisme féminin aux Jeux olympiques, riposte-t-elle. Nous allons prouver que nous sommes capables de conduire nous-mêmes nos destinées. »

    La cinquième édition des Jeux mondiaux féminins prévus en 1938 en Autriche n’aura finalement jamais lieu. Les fédérations nationale et internationale ne survivront pas au départ de la Française. Ci-dessus le défilé des compétitrices dans le Stade Phersing de Paris, plein à ras bord. (Crédits : BnF/Gallica)

    Le 20 août 1922, défiant les responsables du CIO, Alice Milliat organise une compétition qu’elle osera appeler « les premiers Jeux olympiques féminins » au stade Pershing à Paris. Pas moins de 77 sportives de France, des États-Unis, de Tchécoslovaquie, de Grande-Bretagne et de Suisse s’affrontent devant plus de 20 000 spectateurs. « Les gradins de la vaste arène étaient combles, et la grande tribune où on avait dû refuser du monde se drapait de toutes les claires couleurs des robes que le beau temps enfin revenu avait fait arborer aux spectatrices », rapporte, en première page, Rodolphe Darzens pour Le Journal du 21 août 1922. En athlétisme, lors de compétition plusieurs femmes s’effondraient à la fin de l’épreuve de 800 m en 1928, déclarée trop dangereuse, elle sera interdite jusqu’en 1960.

    Les idées progressistes du Prince Albert Ier, soutenu par Camille Blanc, président de la Société des Bains de Mer et de l’International Sporting Club de Monaco, apporte un soutien important au sport féminin. Les olympiades féminines ont lieu pour la première fois en 1921, avec tir aux pigeons (ci-dessus), tournois de lawn-tennis… (Crédits : MC)

    Dans un dernier baroud d’honneur, la Française écrit en 1935 au comité international olympique : « La FSFI […] demande au CIO d’exclure toutes manifestations sportives féminines des JO. Le CIO doit reconnaître la FSFI comme organisme international souverain pour la continuation de ses Jeux quadriennaux dont le cadre devrait être élargi pour admettre les sports féminins ayant figuré aux JO et ceux susceptibles d’être adjoints. […] La FSFI constate que le CIO a tendance à restreindre de plus en plus la participation féminine aux JO dans tous les domaines. Dans ces conditions, elle estime qu’il lui appartient de reprendre l’idée d’organiser des Jeux féminins mondiaux comportant tous les genres d’activité sportive féminine… » Las des attaques, elle jette l’éponge, et à la veille de la guerre, elle retrouve son métier d’interprète. Elle poursuit son existence dans l’anonymat le plus complet, jusqu’à sa mort, le 19 mai 1957, à l’âge de 73 ans, sans avoir réussi à concrétiser le combat de sa vie, de son vivant.

  • Il y a cent ans… le double crime d’Auch

    Il y a cent ans… le double crime d’Auch

    Le 26 avril 1922, l’instruction de l’affaire du crime de l’impasse du moulin de Saint-Martin entre dans une phase décisive, relatait le journal quotidien Le Matin. Les services d’ordre, dont les investigations conduites par les commissaires Hennet et Claverie ont donné les résultats escomptés. Elles ont mené à l’arrestation des présumés coupables de l’assassinat du boulanger Dihlan et de la fille Jourdana. Le supposé complice est également en état d’arrestation.

    Le premier des deux, le soldat Roger Vigneau de la 17e section CÔA, âgé de 22 ans, marié et père d’un enfant, avait préalablement donné sa version dudit crime. Mercredi soir, aux alentours de 19 h 30, son caporal qui avait vainement poursuivi de ses assiduités Marie Jourdana l’entraîna chez le boulanger Dihlan. Une altercation commença se poursuivant en une dispute. Ledit boulanger affirmait que cette fille ne se trouvait pas dans la maison, et ne l’avait pas vue depuis plusieurs jours. Le soldat aperçut le chapeau et la fourrure restée au rez-de-chaussée, trahissant donc la présence de la jeune femme.

    Un coup de sang prit le caporal, lorsque le boulanger septuagénaire voulut le mettre à la porte. L’amoureux éconduit ne l’entendait pas de cette oreille. Comme dans les bonnes séries, il prit une bouteille qui brisa sur le crâne de l’artisan. Ce denier s’empara d’un fusil pour se défendre, face à un homme rompu à son utilisation. Il arracha l’arme des mains du mitron, pour lui assener plusieurs coups au visage, avant de lui porter un coup de couteau au cou.

    La femme malheureusement entendit le bruit causé par l’agression du boulanger, c’est ce qui précipita sa perte. (Crédits : Chinh Le /Pixabay)

    Marie Jourdana, attirée par le bruit descendit l’étage. Un déchaînement de violences s’empara du militaire qui déversa sa colère sur la jeune femme sans défense. Coups de pied et de poing la frappèrent, avant que l’homme ne la pendît au loquet de la porte.

    Les deux militaires regagnèrent leurs casernes raconte le journal Le Matin. Georges Patte, 21 ans, du 88e d’infanterie arrivé à Agen à 18 h 14 a été immédiatement transféré à la maison d’arrêt. Vigneau déclarait qu’il l’avait aidée à pendre Marie Jourdana. Le soldat interrogé passait aux aveux. Il aurait achevé d’un coup de rasoir le boulanger, et aidé à pendre la femme. De plus, il parait selon les enquêteurs qu’en se rendant au lieu du crime, le but était le vol, car les deux assassins ont dérobé une somme considérable. Patte complétait par le fait que Vigneau lui indiquait qu’il y avait un coup à faire, dans la région de Saint-Clair, une maison habitée par deux vieillards et une servante. Le refus d’une permission par leur capitaine empêcha de mettre le projet à exécution.

  • Il y a cent ans… l’affaire du collier de Jane Marnac

    Il y a cent ans… l’affaire du collier de Jane Marnac

    Cette histoire rappelle l’affaire du collier de la Reine, où, selon l’œuvre d’Alexandre Dumas, les quatre mousquetaires sauvaient la réputation de la Reine, évitant une guerre toute souhaitée. Le véritable fait est lorsque le cardinal de Rohan tombe en disgrâce auprès de Marie-Antoinette d’Autriche, pour des mœurs licencieuses. Soucieux de regagner sa confiance, l’homme d’Église est prêt à tout. Il acquiert, en qualité de prête-nom un somptueux collier de 650 diamants, pesant 2 800 carats, sur les conseils avisés de Mme de La Motte.

    « Tu imagines chérie, l’histoire du collier de la Reine me fait penser à celui de Jane Marnac », s’écriait Sépa.

    « De qui parles-tu ? », rétorqua Séki

    « L’affaire du collier de la Reine, est une histoire de bijoux qui a failli coûter la tête du cardinal de Rohan »

    « Ah, bon. Je croyais que c’était la Reine qui… »

    « Oui, mais ça n’a pas arrangé son impopularité, surtout quand on sait que nous sommes à trois ans de la Révolution française. Je parcourais le site du Château de Versailles et j’ai lu l’histoire du fameux collier »

    « Raconte, ça m’intéresse », souffla Séki

    « Alors, je la fais courte. Le cardinal de Rohan est tombé en disgrâce auprès de Marie-Antoinette d’Autriche, pour des mœurs licencieuses. Il se fait avoir par Mme de La motte, descendante d’un fils naturel d’Henri II de Valois, qui se prétend amie de la souveraine. Pour recouvrer ses bonnes grâces, elle lui fait acheter un collier de 650 diamants, pesant 2 800 carats. Et sers de prête-nom pour la reine, sur les conseils de Mme de La Motte. »

    Les colliers font briller les yeux de celles qui les portent, et ce ceux qui les convoitent. (Crédits : Château de Versailles)

    « Son prix est astronomique malgré une baisse à 1,6 million de livres. Moyennant un échelonnement du paiement en quatre fois sans frais sur deux ans, les bijoutiers, Böhmer et Bassenge remettent le collier au cardinal le 1er février 1785, lequel le donne à Mme de La Motte, qui disparaît avec ses complices. »

    « Non ? Il s’est fait piquer le collier », questionna Séki.

    « Oui »

    Le cardinal sera jugé devant le Parlement de Paris en mai 1786. Contre toute attente, il est blanchi. Jeanne de Valois-Saint-Rémy connue sous le nom de Mme de La Motte, et ses complices sont arrêtés et jugés. Elle sera marquée au fer rouge du « V » de voleuse. Bien qu’innocente, la reine fait finalement figure de coupable. Le scandale, c’est elle ! Elle a voulu la perte du cardinal qu’elle déteste.

    « Tu ne me dis pas tout, vas-y raconte la suite… comment elle s’appelle, Jarnac ? Marnoc ? »

    « Jane Marnac, je ne peux rien te cacher, s’amusa Sépa. Alors écoute, je vais te lire l’article d’une chronique sur une autre affaire de collier qui s’est déroulé, il y a cent ans »

    Il prit une gorgée de son café au lait sucré d’une cuillère de miel, se racla le gosier et adoptant sa plus belle voix conta l’histoire du collier de perles de Jane Marnac. Le 25 avril 1922, artiste de théâtre et de cinéma, elle est à l’affiche de la pièce la « Belle Angevine », à Paris. Elle décidait, raconte L’Écho de Paris de se séparer d’un de ses colliers, car il « avait cessé de me plaire ». Elle confia ledit collier à un certain M. Moch, tout en glissant qu’elle avait un « crush » pour un collier que « j’avais admiré au cou d’une personne se sa connaissance ». Comble du bonheur, cette dernière souhaitait s’en défaire.

    L’actrice belge interprétait en 1922 La Belle Angevine de Maurice Donnay et André Rivoire, au théâtre des Variétés. (Crédits : DR)

    Elle lui confia le bijou composé de 137 perles, évalué à 150 000 francs. Peu de jours passent lorsque Moch déclarait qu’il était obligé d’engager le collier pour 50 000 francs, et qu’il avait besoin de cette somme pour recouvrer une dette contractée par le jeune personne. En échange, Jane Marnac devait recevoir une hypothèque sur l’hôtel particulier qu’elle possédait. « L’hypothèque, le collier, je les ai vainement attendus », soufflait l’actrice. Manque de chance, la jeune souffrait et partit un mois plus tard. Jane Marnac voulut récupérer son bien, sauf que… Moch avait engagé les perles « comme je l’avais autorisé »

    C’est alors que dans une vente aux enchères, elle le vit. La propriétaire l’avait acquis pour 95 000 francs. « J’avais remis à M Moch une perle montée en bague. Inutile de dire dans cette affaire que je n’ai pas touchée un sou, que dis-je, un sou, même pas un centime ». L’épilogue est à la hauteur de l’affaire. « Le plus drôle, c’est que jadis ce collier me déplaisait ; maintenant, je vous l’avoue, je serais heureuse, bien heureuse d’en rentrer en possession. »

    « C’est dingue. Comme quoi, c’est lorsque l’on perd quelque chose que l’on se rend compte de sa valeur »

    « Oui, c’est pour ça je mesure chaque jour la chance de t’avoir à mes côtés », coupa Sépa

    « Rhooo, tu es bête », rougit-elle malgré les cinquante années de mariages consommés, tout en l’embrassant tendrement sur la joue.

  • Il y a cent ans… une brève histoire de sports

    Il y a cent ans… une brève histoire de sports

    Le sport évolue sans cesse, tant pour sa pratique elle-même que pour l’ouverture de l’équité. Les pistes en tartan voient leurs athlètes au sol pour récupérer des efforts effectués. Or, plusieurs femmes s’effondraient à la fin de l’épreuve de 800 m en 1928, déclarée trop dangereuse pour le sexe faible, elle est interdite jusqu’en 1960. C’est en 1922 au stade Pershing de Paris que se produisent les jeux mondiaux féminins, et à Monte-Carlo les Olympiades féminines… du chemin a été parcouru depuis.

    Le 24 avril 1922 se déroulait une rencontre internationale de hockey. L’équipe de France dominait la Suisse par 3 buts à rien. Le noble art produit deux matchs, l’un en Angleterre mettant aux prises Charles Ledoux et Tommy Harrison, puis pour le titre de champion de France des poids moyens entre Maurice Prunier et Balzac. La Coupe de Paris verra s’affronter sur terrain vert les équipes du Club athlétique des sports généraux face à l’Union sportive suisse qui ont battus respectivement, le Red Star 2 à 0 et le Club Français 3 à 1.

    Dépasser les 30 kilomètres par heure au volant d’une quadrilette était une prouesse, en 1922. Ici, une Peugeot Quadrilette type 161 de 1922. Pour 9900 francs vous pouviez acquérir une Cyclecar avec capote phare et roue de rechange, une usure des pneus presque nulle, quatre cylindres, trois vitesses, deux places et une marche arrière. (Crédits : Thomas Bersy)

    Le sport automobile pensait déjà faible consommation. Le troisième concours du bidon de cinq litres organisé par Auto-Médica et Vélo-Sport fertois remportait un véritable succès. Imaginez que votre véhicule terrestre à moteur doit parcourir à une moyenne supérieure de 30 km/h la plus grande distance avec en tout et pour tout 5 litres de carburant. La vitesse n’a pas de comparaison avec celle atteinte par la Bugatti Chiron ni sa consommation moyenne de 22, 5 litres aux 100 kilomètres, le résultat de l’épreuve est pour les 750 cm3 :

    • 1. Marcel Grémillon sur Peugeot 198, 360 km
    • 2. Henri Petit sur Peugeot 185, 578 km
    • 3. Mme Lavie sur Peugeot 153, 260 km

    En 1100 cm3, le podium est composé de :

    • 1. M Neuilly sur Mathis 93, 520 km
    • 2. M Godard sur Mathis 86, 140 km

    Pour les voitures légères à quatre places, M Remoncol sur Peugeot parcourt 45, 200 lm et sur les cinq places et plus, M Lavie sur Renault affiche 76, 250 km. Il met en exergue les quadrilettes pour un triple succès. L’évolution de l’économie de carburants est impressionnante en une seule année, car l’année 1921 M Petit parcourait 117, 1 km. Cette année la distance arpentée augmente de 81, 260 km.

  • Il y a cent ans… le stade toulousain était champion de France

    Il y a cent ans… le stade toulousain était champion de France

    La rencontre de la finale du Championnat de France de rugby opposait le Stade Toulousain face à l’Aviron Bayonnais, le 23 avril 1922. Surnommé en l’année 1912 la « Vierge Rouge », le club de la ville rose pour avoir remporté tous ses matchs, il faudra attendre une décennie pour voir le deuxième titre national. L’aviron bayonnais obtenait la couronne en 1913 devant au SCUF, 31 à 8. Les deux équipes du sud-ouest rêvaient toutes deux d’accrocher le bouclier de Brennus une seconde fois, après tant de temps.

    Toulouse, favori de la rencontre, jouait à domicile devant plus de 20 000 aficionados. Il est 14 heures, la foule remplissait les gradins et tribunes, faute de place dans l’enceinte, des spectateurs montaient sur les toits avoisinants, sur les arbres, sur les panneaux publicitaires, nommés panneau-réclame, en ce temps-là. La météo de ce 23 avril était maussade. À l’entrée des compétiteurs, une pluie abondante tombait sans discontinuer jusqu’à la mi-temps. Durant la première période, les équipes s’échangent les possessions, mais à ce jeu Toulouse marque un essai dans le premier quart d’heure. À la suite de plusieurs remises en touches, Henri Galau s’empare du ballon et s’écroulait dans l’en-but adverse. Il ne sera pas transformé, Toulouse mène à la pause 3 à 0.

    La marque de Struxiano fouette les Bayonnais qui donnaient quelques signes de lassitude. Ils attaquent avec fougue et par deux fois le cuir pénètre dans les buts de Toulouse qui dégage en touche. La recette du match dépassait les 160 000 francs d’époque. (Crédits : Pete Curcio/Pixabay)

    De retour sur le terrain, Bayonne profite de l’avantage du vent. Les avants de l’Aviron acculent l’adversaire, si bien que le ballon entre dans les buts toulousains, mais Chilo le touchait à temps évitant la marque. Les Basques semblaient accuser le coup, et commettent des fautes. Un coup franc accordé aux Toulousains est face aux poteaux. Malgré le vent contraire, Struxiano dit L’Intraitable réussit le coup de pied et assomme les adversaires. Grâce aux actions défensives de Philippe Struxiano et François Borde entre autres, la marque affiche 6 à 0, plus rien ne sera marqué, en dépit des tentatives acharnées de l’Aviron. « La victoire revient à l’équipe la plus riche en avants de classe, en joueurs rompus à la tactique savante d’un capitaine tel que Struxiano », concluait le journaliste.

  • Il y a cent ans… le salut des bolcheviks au roi Victor-Emmanuel

    Il y a cent ans… le salut des bolcheviks au roi Victor-Emmanuel

    La conférence de Gênes focalise en ce mois d’avril 1922, toutes les attentions. Il faut souligner qu’elle avait pour but de rétablir l’ordre monétaire international, qui était complètement désorganisé par la Première Guerre mondiale. Lesdits accords de Gênes de mai 1922 sont issus du sommet du même nom, qui s’est tenu en Italie du 10 avril au 19 mai 1922. Elle regroupait des représentants de 34 pays. Alors la visite d’un roi, n’est pas grand-chose, quelques soldats dans la rue, un peu de musique, à peine plus imposante que la venue d’un ministre dans une préfecture française.

    Sauf, que le 22 avril 1922, en plus du cérémonial classique et usuel, un événement historique allait se dérouler, le salut de la délégation bolcheviste au Roi d’Italie, Victor-Emmanuel III. Les bolcheviks sont les membres d’une des deux factions du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, créé en 1903 sous la direction de Lénine. En 1918, le parti bolchevique prendra le nom de Parti communiste. La nervosité gagnait Leonid Krassine, Gueorgui Vassilievitch Tchitchérine et Maxime Maximovitch Litvinov, car peu habitués au protocole. Ces derniers étaient invités à bord du cuirassé Dante Alighieri par Sa Majesté.

    Victor-Emmanuel III passe en revue la garnison du château Saint-Ange, à Rome, en 1940. Il est accompagné du général Diaz (1861-1928) et de Pietro Badoglio (1871-1956), chef d’état-major général. (Crédits : General Photographic Agency/Hulton Royals Collection/Getty Images)

    Tchitchérine télégraphia au protocole à Rome, afin de ne pas commettre d’impair. À savoir s’il devait se présenter en jaquette ou redingote, en gants gris ou jaunes. L’honneur sauf, il fit part au Roi d’Italie de sa profonde admiration. Après avoir signé et dédicacé leur menu, ils les échangèrent, pendant que Krassine s’écriait qu’un Roi comme Victor-Emmanuel mériterait d’être président d’une république russe.

    Le banquet d’État donné par le roi Édouard VII au roi Victor-Emmanuel III et à la reine Hélène au château de Windsor le 18 novembre 1903.
    Photogravure d’après une peinture du banquet d’État. (Crédits Samuel Begg/Royal Collection Trust)

    À la suite de la victoire de la Première Guerre mondiale, il est appelé le « Roi soldat ». Victor-Emmanuel III fait partie de cette génération de monarques balayée par l’histoire entre la fin du XIXe siècle et la Seconde Guerre mondiale, tant par leurs propres manques que par l’émergence de nouvelles formes de vie politique dont le fascisme italien. Le Roi italien qui donna caution à Mussolini, puis à l’alignement de Rome sur l’Allemagne nazie, perdait peu à peu sa légitimité. Les têtes couronnées ne font pas rêver et la famille royale de Savoie n’a été autorisée à revenir en Italie qu’en 2002. « Il fut un honnête homme qui n’aurait jamais dû être Roi », écrit Frédéric Le Moal dans Victor-Emmanuel III, un roi face à Mussolini.

  • Il y a cent ans… les conseils beauté donnés aux Femmes

    Il y a cent ans… les conseils beauté donnés aux Femmes

    Il est cocasse de trouver des documents donnant conseil aux femmes de l’époque. Ainsi L’Écho d’Alger prodiguait, à travers la personne derrière l’écrit des dires semblent-ils avisés. On y apprend à s’enduire de crème pour les grands soirs, mais aussi comment avoir le teint frais, après de nombreuses veillées avec de tasse de consommé arrosé d’un verre de vin, mais pas n’importe lequel. Ou également de quelle manière peut-on posséder des cils bien plus épais, ou encore des ongles bien plus durs, un 21 avril 1922.

    Accrochez-vous, il y a cent ans, la mode était quelque peu… différente. À l’époque du croc top, la tenue des femmes voilà un siècle peut surprendre. Ainsi, lorsque pour une soirée ou un bal « vous devez revêtir une toilette qui découvre vos bras et vos épaules » une recette miracle de simple fard permettait de « se blanchir admirablement l’épiderme ». Avantage, il ne laissait aucune trace sur les smokings des danseurs.

    La composition était à base de 3 grammes d’oxyde de zinc dans 30 grammes de glycérol d’amidon, préconisait le journal. (Crédits : Mumu’s Pictures)

    Pour avoir le teint frais, la Baronne St… conseillait de faire une sieste dans l’après-midi du fameux bal, mais pas seulement. « Si vous aviez le bonheur d’avoir une bonne assez fidèle pour veiller », vous pouviez avant de vous coucher de prendre un satisfaisant bain chaud de quelques minutes, puis en sortant et préalablement au glissement sous la couette, de déguster une tasse de consommé et un verre de vin Malaga.

    Le remède pour avoir des cils bien plus durs, il était indiqué… de les couper, « on assure qu’ils repoussent assez rapidement ». (Crédits : Mumu’s Pictures)

    La personne recommandait plus de ne jamais se frotter les yeux, de n’user d’aucun crayon ou fard, mais de les badigeonner avec de l’huile de Ricin, muni d’un minuscule pinceau. Mais un conseil pour durcir les ongles interpelle. « Rien de plus désagréable que des ongles mous, qui se déchirent », appuie la journaliste. Elle proposait, en 1922, de faire fondre, sur un feu très doux, 15 grammes d’huile de noix, une plaque de cire vierge de deux grammes environ, de 5 grammes de colophane et un gramme d’alun. Il suffisait de laisser refroidir, pour l’étendre à priori le soir pour avoir des ongles durcissant de façon merveilleuse. Dorénavant, les influenceuses proposent des conseils et autres tutos, comme EnjoyPhoenix, Sananas, Horia, Sandrea, The DollBeauty, Noemie Makeuptouch, Romy, Caroline, Elsamakeup, ou encore Naturellement Lyla, sont toutes sur YouTube. Si la « Gen Z » a recours à des médias qui diffusent leurs contenus en streaming via smartphone, les générations Y sont parents des Alpha, qui bientôt prendront la place des Z, avec des conseils à la pelle, mais comme l’adage dit « l’expérience des autres est aussi utile qu’une peigne pour un chauve ».

  • Il y a cent ans… un vol de 220 000 francs

    Il y a cent ans… un vol de 220 000 francs

    Les gangsters feraient des scénaristes hors pair. Le 20 avril 1922, un audacieux vol était commis à bord du train omnibus 221. Il reliait la capitale phocéenne à Nice dès 8 h 10. Il faut dire que les malfaiteurs avaient tout prévu, le lieu, le montant du butin, même comment s’échapper sans encombre. L’attaque se produisait alors que le convoi venait à peine de s’engager sous le tunnel de Saint-Barthélemy que le mot action fut prononcé. Il est l’un des vols les plus spectaculaires.

    Le lendemain de Pâques, vous vous dirigez vers votre cadre de villégiature pour profiter de la promenade des Anglais, quand peu après 8 h, un braquage se déroulait dans votre train. Dans le fourgon de tête avait été placée une caisse avec à son bord la somme de 220 000 francs d’époque (soit 25 501 453,82 € selon l’INSEE). À hauteur du tunnel Saint-Barthélemy, comme le quartier du 14e arrondissement de Marseille et la gare (fermée en 2007), les deux complices armés de revolvers et le visage noirci font irruption dans le fourgon. À l’intérieur le conducteur-chef Sandigliano et le wagonnier Claudier-Peneron. Surpris les deux hommes, ne purent que céder à l’invective des deux bandits, sous le joug d’une arme à feu.

    « Leur taille moyenne, habillés proprement même avec une certaine élégance paraissaient parfaitement au courant de la marche du train 221 », insistait le journaliste. (Crédits : DR)

    En possession du magot, les voleurs sautèrent à contre-voie qui ralentit en approchant de la Blancarde (quartier du 4e arrondissement de Marseille). Les deux individus disparurent presque instantanément. Un lampiste de la PLM qui avait aperçu la scène se jeta à leur poursuite en vain. La police et la sûreté de Marseille sont à leur recherche, dans un quartier connu en 1922 comme « assez désert comprenant un remblai, qui permettait aux audacieux filous de dissimuler avec aisance », concluait l’article de L’Action Française.

  • Il y a cent ans… la crise irlandaise jetaient des habitants à la rue

    Il y a cent ans… la crise irlandaise jetaient des habitants à la rue

    Les fêtes de Pâques se terminaient hier soir 19 avril 1922, et se déroulaient dans une atmosphère relativement calme et détendue, malgré une série de désordre qui eut lieu dans les quartiers de Belfast. Toujours sous fonds de mésentente entre catholique et protestant, des heurs, des drames, des embrasements sont légion. D’un côté des personnes, de l’autre des mitrailleuses tirant à balles réelles. De nombreux blessés, des maisons incendiées, des familles à la rue…

    Plusieurs feux ont été allumés dans le quartier de Narrowdone à Belfast, le bilan affichait une quinzaine de demeures plus ou moins détruites et surtout plongées plusieurs clans à la rue. Les autorités irlandaises ordonnaient qu’elles soient hébergées dans des locaux municipaux. La pagaille engendrée a été mise au diapason à l’arrivée bruyante et dommageable des mitrailleuses. Le lendemain, les mêmes mitrailleuses crachaient encore leurs projectiles sur les habitants, manifestants… provoquant une centaine de blessés.

    Deux officiers généraux en charge de l’organisation de l’armée de l’État libre étaient arrêtés à Kenmare, dans le comté de Kerry, par des éléments de l’armée républicaine. En protestation, ils entamaient une grève de la faim. (Crédits : Ben Kerckx/Pixabay)
  • Il y a cent ans… jalousie, tentative d’assassinat et suicide

    Il y a cent ans… jalousie, tentative d’assassinat et suicide

    Les faits-divers s’enchaînent à Paris comme ailleurs. Mais c’est le drame d’un jeune homme éconduit qui transforme la passion en haine. Charles, compagnon déchu et déçu s’ôte la vie d’un coup de revolver, croyant avoir atteint mortellement, celle qui hantait ses rêves, avant le retour de l’amoureux prodigue, Robert. Une tragédie où trois personnages prennent place : Juliette Eblé, Robert Charbonneau et Charles Saint-Saëns. La scène se déroulait au 19 rue Gide à LevalloisLouis Rouqier était maire le 18 avril 1922.

    Juliette Eblé, née Delmont 28 ans, demeurait dans un hôtel meublé au 19 de la rue Gide, depuis deux ans. À un autre étage vivait un ouvrier cordonnier de 24 ans, Charles Saint-Saëns. Les deux voisins finirent forcément par se croiser, se saluer, se prendre d’amitié avant de devenir amants. Mais un grain de sable venait enrayer le rouage du couple en devenir. Le retour de son précédent amour, le mois précédent, du Mexique où il fut cuisinier durant cinq années. Robert Charbonneau aussitôt rentré, revint trouver sa chère Juliette pour lui conter fleurette. Ce qui devrait arriver se produisit, les deux hommes se rencontrèrent et devinrent jaloux l’un de l’autre. Juliette retomba sous le charme du cuisinier, ce qui poussa la jeune femme à rompre de Charles Saint-Saëns.

    Le célèbre livre de John Gray, « Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus » aurait pu, peut-être, de lui éviter de tels actes. (Crédits : Manu Carrillo/Pixabay)

    L’éconduit passa une dernière journée, un dimanche avec son ancienne amie, croyant certainement pouvoir recouvrer son amour. Sauf que lorsqu’une femme prend une décision, elle est très souvent ferme et définitive, faisant suite aux différents avertissements préalables. Vers 10 h 30, Charbonneau se présenta dans le même débit de boissons. Une discussion violente éclate. Puis l’ouvrier cordonnier laissa le jeune couple. Après avoir passé la soirée en compagnie de nouvel amant, et sortants du cinéma, elle rentra seule dans sa chambre.

    La jeune femme semble déchaîner les gestes désespérés des anciens amoureux, souligne le journaliste. Déjà en 1920, elle vivait une semblable expérience, lorsque son ami corse, Henri Perretti, 28 ans s’ôtait la vie, car elle voulait le quitter. (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    Elle enleva son chapeau, son manteau, avant de pousser un cri d’épouvante, l’éconduit se tenait caché au pied du lit, un revolver pointé vers elle. « Ah ! enfin, je te tiens ! vociférait le cordonnier. Tu vas me payer de la vie le chagrin que tu m’as fait par ton abandon, à moins que tu ne veuilles reprendre la vie commune », racontait le journaliste. Tétanisée, elle ne put répondre si bien qu’il tira par trois fois, la touchant à deux reprises à la cuisse gauche. Elle se traîna sur la plier, où fort heureusement, Robert Charbonneau discutait encore avec l’hôtelier. L’ego le fit grimper jusqu’à la chambre de sa dulcinée, semble-t-il, pour se venger, il tomba sur porte close, avant de redescendre s’occuper de sa douce. Deux agents de police furent prévenus tandis que le cuisinier amenait la blessée à l’hôpital Lariboisière. Croyant son crime commis, l’éconduit s’ôta la vie d’une balle de revolver dans la tête. Les inspecteurs le retrouvèrent, avec une respirante, mais dans une mare de sang, il mourut lors de son transport vers Beaujon. L’état des blessures de Juliette Eblé fut déclaré non grave par les services d’urgence.