Il y a cent ans… c’était fort de café

Imaginez-vous en terrasse d’un bar, que ce soit en bord de mer, à la cime d’un mont, ou dans une ville quelconque, mais qui vous est chère, sirotant un café. Qu’il soit crème, « cafe solo » en Espagne, un « petit noir » ici comme ailleurs, vous appréciez, surtout lorsqu’il est accompagné d’une friandise, d’un gâteau. Il semble que depuis quelque temps, le prix des grains est augmenté. En 1922, le précieux connaissait déjà un coût conséquent, au point de ne pas gâcher une marchandise même tombée à l’eau.

En 2022, le tarif du « jus » croît, certains diront que c’est normal, d’autres que c’est dû au conflit russo-ukrainien, quoi qu’il en soit se retrouver en terrasse d’une cité de province est régler deux euros, rend cher ce modeste plaisir. Le 1er mai 1922, MM Miguet et Lhéritier furent inculpés de spéculation illicite, tromperie sur la qualité de la cargaison vendue et infraction à la législation des douanes, toit un programme. Pour comprendre, il faut utiliser la Doloréane de « Retour vers le Futur » au mois de février 1922, dans la ville du maire et ancien premier ministre Édouard Philippe, présidée à l’époque par Léon Meyer. Un chaland remontait la Seine depuis la ville portuaire chargée de 70 000 kg de café vert et de cacao, en direction des docks de La Villette. À la hauteur de Vernon, le pont du transporteur éclatait projetant la précieuse cargaison dans le fleuve. Les personnes mirent un certain temps à récupérer tous les sacs. À l’ouverture, il était devenu invendable, un prix de 2 000 francs fut convenu pour l’enfouir dans les carrières de sable de Draveil-Vigneux.

Interrogés, ils se défendirent indiquant vendre la cargaison non en café mais comme engrais. (Crédits : Engin Akyurt/Pixabay)

C’est à ce moment que Élie Miguet intervenait. Le négociant en matières premières, se rendit acquéreur des 70 tonnes de café pour la modique somme de 5000 francs, deux fois et demie le précédent montant, une aubaine. Il vendit dix tonnes à Lhéritier, au prix de 50 francs le quintal, soit la même somme qu’il venait de dépenser pour la totalité de la cargaison. Ce dernier, torréfia le café impropre, le conditionna en sachet de 500 grammes. Pour faire sa marge, il triplait le prix atteignant 150 francs les 100 kilogrammes pour les commerçants. Les détaillants débitaient la livre de café à 2, 5 francs, soit un franc de bénéfices. Le service des fraudes eu vent de ce trafic juteux et leur présenta la noté, salé aux sieurs Miguet et Lhéritier.

Fidel Plume

Équilibriste des mots, j'aime à penser qu'il existe un trésor au pied de chaque arc-en-ciel. Un sourire éclaire la journée de la personne qui le reçoit. Elizabeth Goudge disait : « La gratitude va de pair avec l'humilité comme la santé avec l'équilibre. »

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