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  • Il y a cent ans… commençait le XVIe Tour de France

    Il y a cent ans… commençait le XVIe Tour de France

    Cinq mille trois cent soixante-quinze kilomètres en quinze étapes attendaient les 121 coureurs cyclistes en cette première journée du Tour de France 1922, le 25 juin. Les épreuves verront la plaine, puis la montagne, l’océan Atlantique avant la mer Méditerranée, et les Alpes avant les Vosges. En ce dimanche, les dix formations s’élançaient de la porte Maillot, pour un départ réel d’Argenteuil à 2 h. La dernière étape reliera Dunkerque à Paris sur 340 kilomètres le 23 juillet.

    Chaque spectateur a encore en mémoire la victoire du Belge Léon Scieur, dit la Locomotive en 1921. Il prit le maillot jaune de leader lors de la deuxième étape pour le conserver jusqu’à la 15e et dernière étape. Il affichait 18 min et 36 secondes d’avance du son compatriote Hector Heusghem et 2 heures 1 minute sur le français Honoré Barthélemy. Au menu de l’édition 1922, dix équipes, huit françaises, une belge et une italienne. Les amoureux de la petite reine sont scindés en deux groupes, 26 en première classe et 95 en seconde.

    La première édition du Tour de France se déroulait du 1er au 19 juillet 1903. La course cycliste était organisée par le journal L’Auto, et se déroulait en six étapes. L’édition 2022, du 1er au 24 juillet, comptera 21 étapes, pour un total de 3 328 km avec pas moins de 22 équipes. (Crédits : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

    Les quinze étapes :

    • 1re étape étape 25 juin Paris (Luna Park) — Argenteuil – Le Havre (388 km)
    • 2e étape 27 juin Le Havre — Cherbourg (364 km)
    • 3e étape 29 juin Cherbourg — Brest (405 km)
    • 4e étape 1er juillet Brest — Les Sables-d’Olonne (412 km)
    • 5e étape 3 juillet Les Sables-d’Olonne — Bayonne (482 km)
    • 6e étape 5 juillet Bayonne — Luchon (326 km)
    • 7e étape 7 juillet Luchon — Perpignan (323 km)
    • 8e étape 9 juillet Perpignan — Toulon (411 km)
    • 9e étape 11 juillet Toulon — Nice (284 km)
    • 10e étape 13 juillet Nice — Briançon (274 km)
    • 11e étape 15 juillet Briançon — Genève (SUI) (260 km)
    • 12e étape 17 juillet Genève (SUI) — Strasbourg (371 km)
    • 13e étape 19 juillet Strasbourg — Metz (300 km)
    • 14e étape 21 juillet Metz — Dunkerque (432 km)
    • 15e étape 23 juillet Dunkerque — Paris — Parc des Princes (325 km)

    Des noms sont évocateurs de palmarès, Philippe Thys vainqueur en 1913, 1914 et 1920, Firmin Lambot 1919, Léon Scieur 1921, puis des concurrents sérieux tels Hector Heusghem, Jean Alavoine, Christophe Barthélemy, Rossius, Deman, Bellanger, Mottiat, Sellier, Dejonghe, Goethals, Lenaers, Jacquinot, Tiberghien, Despontin, Dhers, Muler, Louis Heusghem, Vandaele, Masson, Degy, Grassin, Alancourt, Gremo, Gay. Concernant la seconde classe, ils ne sont pas moins méritants, se trouvent J. Pelletier, Forestier, Amene, Alpini, Nempon, Meyer, Constantin, Perel, Bordier, Beeckman, Leroy, Hudsyn, Archelais…

    Jacquinot s’imposait au Havre en 15 h 11 min 48 s après 381 kilomètres. Il devance de près de neuf minutes Eugène Christophe suite à une crevaison. « Ils sont partis cent vingt, quatre-vingt-deux d’entre eux ont abandonné, brisés les uns après les autres par l’effort surhumain de la gigantesque épreuve ». (Crédits : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

    La première étape était remportée par un tricolore Robert Jacquinot qui conservera la tunique du leader jusqu’aux Sables-d’Olonne. Le Belge Philippe Thys s’adjuge la victoire en Vendée. Eugène Christophe enfile à 37 ans le maillot jaune, et le porte trois jours. Jean Alavoine qui survolait les Pyrénées. Durant cinq jours, le « Gars Jean » est en jaune, et en tant que leader, Alavoine subit les assauts de Thys avant d’être vaincu par la malchance. Firmin Lambot (BEL) assure sa deuxième victoire finale sur le Tour à Metz. Il terminera en 222 h 8 min et 6 s, devant Jean Alavoine (FRA) à 41 min 15 s, et Félix Sellier (BEL) à 42 min 2 s. Ils ne seront que trente-huit à terminer la boucle, dont Daniel Masson avec 65 h53 min et 41 se derrière le double vainqueur 1919 et 1922. Il ne reste plus qu’une petite semaine avant le départ du contre-la-montre individuel à Copenhague, au Danemark pour la 109e édition du Tour de France.

  • La révocation du droit à l’avortement scinde l’Amérique en deux

    La révocation du droit à l’avortement scinde l’Amérique en deux

    La Cour suprême des États-Unis vient de rendre le 24 juin 2022, une décision lourde de conséquences. Dans un verdict, pris à 6 voix pour et 3 contre, elle a annulé l’arrêt historique Roe v. Wade de 1973 qui reconnaissait le droit constitutionnel des femmes à l’avortement et l’avait légalisé dans tout le pays. Vingt-deux États sont d’ores et déjà maintenant prêts à interdire la procédure en vertu de lois existantes ou d’amendements constitutionnels qui en restreignent fortement l’accès.

    Alors que tous se réfèrent à la Cour suprême, la plus haute juridiction américaine vient de botter en touche sur un sujet hautement symbolique. Elle est composée de trois femmes et six hommes. En ne prenant pas la décision d’unifier la loi, par l’arrêt du 24 juin, elle remet à chacun des 50 États, le fait de légiférer sur le droit à l’avortement à travers un document de 213 pages. Vient-elle d’ouvrir la boite de Pandore ? La veille, elle annulait la loi de l’État de New York limitant le droit des Américains, à sortir armés de leur domicile. Alors que le pays est toujours sous le choc d’une série de fusillades meurtrières, dont celle du 24 mai, dans une école primaire du Texas, qui a fait 21 morts, dont 19 enfants.

    Les membres de la Cour suprême. Première rangée, de gauche à droite : Samuel A. Alito Jr, Clarence Thomas, John G. Roberts Jr, Stephen G. Breyer, Sonia Sotomayor. Seconde rangée, de gauche à droite : Brett M. Kavanaugh, Elena Kagan, Neil M. Gorsuch, Amy Coney Barrett. (Crédits : Fred Schilling, Collection de la Cour suprême des États-Unis)

    La National Rifle Association (NRA) déclarait que le projet « laisse trop de latitude aux représentants de l’État et contient également des dispositions indéfinies et trop générales, invitant à une ingérence dans nos libertés constitutionnelles ». Le lobby des armes faisant référence au deuxième amendement de la constitution américaine protégeant le droit de posséder une arme. Il date de 1788. « Je ne crois pas que les Pères fondateurs pensaient que les chargeurs à grande capacité de nos fusils d’assauts d’aujourd’hui soient couverts par cette disposition », a confié Kathy Hoscul, gouverneure de New York.

    Des manifestants anti-avortement célèbrent la décision de la Cour suprême, vendredi 24 juin 2022 à Washington. Certaines interdictions prendront effet immédiatement, d’autres dans les heures, jours et les semaines à venir. (Crédits : Olivier Douliery/AFP)

    La révocation de cet arrêt historique Roe v. Wade, replonge la situation des femmes aux États-Unis avant l’année du premier choc pétrolier 1973. La conclusion de cet arrêt donne plein pouvoir aux différents États sur ce sujet. Si l’avortement « n’est pas interdit aux États-Unis, la pratique va être remise aux États. Il y aura donc cinquante législations différentes. Et ce qui est également remis en cause, c’est le rôle protecteur de l’État quant aux droits individuels », explique Nicolas Bacharan, spécialiste des États-Unis dans le JDD. Ainsi si un gouvernement autorise l’I.V.G., ou un autre le proscrit, la Cour Suprême n’aura pas son mot à dire.

    Une décision surprenante ?

    Pas vraiment, si la divulgation, début mai 2022, du document de 98 pages sur la position majoritaire des juges (rédigé par Samuel Alito) est prise en compte. L’article de Politico avait fait l’effet d’une bombe révélant une fuite, intentionnelle ou non, sur la future décision de la Cour Suprême : « Nous considérons que Roe et Casey doivent être annulés », écrivit le juge Alito. D’autant que Elena Kagan, Sonia Sotomayor et Stephen Breyer (bientôt remplacé par Ketanji Brown Jackson) ont signé une opinion dissidente contre le texte dans laquelle ils disent : « La loi du Mississippi interdit les avortements après la quinzième semaine, mais d’autres États pourraient le faire après 10 semaines, ou 5, ou 3, ou 1, ou, encore, à partir du moment de la fécondation (…) Certains ont promulgué des lois qui s’étendent à toute forme d’avortement, y compris la prise de médicaments à domicile ».

    Des partisans du droit à l’I.V.G. réagissent, avec émotion, à l’annulation de la décision Roe v Wade, datant de 1973 devant la Cour suprême des États-Unis à Washington, aux États-Unis, le 24 juin 2022. (Crédits : Mary F. Calvert/Reuters)

    Ils ont adopté des règles sans aucune exception pour les cas où une femme est victime de viol, ou de viol incestueux martèle El País. Le juge Roberts a annoncé l’ouverture d’une enquête visant à déterminer les responsabilités d’une fuite d’informations sans précédent, au cours des 233 années d’existence de la Cour Suprême. Ce choix devrait impacter plus de 40 millions de femmes dans au moins vingt-six États. Le Missouri fait la course en tête. « Mon bureau a effectivement mis fin à l’avortement dans le Missouri, devenant le premier État du pays à le faire suite à la décision de la Cour », a déclaré le procureur général Eric Schmitt.

    Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix, il n’existe que celui de la femme concernée. Il n’y a pas non plus à émettre un jugement envers celle qui fait ce choix, celui de volontairement mettre un terme à une grossesse, car personne à part elle ne connaît son histoire. (Crédits : DR)

    Dorénavant toute personne qui fournirait ou tenterait de proposer un processus permettant directement ou indirectement l’avortement sera désormais accusée d’un crime. Les peines encourues seraient passibles d’emprisonnement ou d’une forte amende pouvant atteindre 100 000 dollars, selon le lieu. Les lois en vigueur interdisent toute interruption de grossesse volontaire qui n’est pas requise par une « urgence médicale », à discrétion des autorités « compétentes ». Les vingt-deux États susceptibles d’appliquer des restrictions totales ou quasi à l’avortement sont l’Alabama, l’Arizona, l’Arkansas, la Géorgie, l’Idaho, l’Iowa, le Kentucky, la Louisiane, le Michigan, le Mississippi, le Missouri, le Dakota du Nord, l’Ohio, l’Oklahoma, la Caroline du Sud, le Dakota du Sud, le Tennessee, le Texas, l’Utah, la Virginie occidentale, le Wisconsin et le Wyoming.

    Le jour même où la Cour suprême a invalidé le droit constitutionnel à l’avortement, les États anti-avortement ont promulgué des lois et autres interdictions antérieures à l’arrêt Roe v. Wade. Le Missouri a été le premier à proscrire suite à l’arrêt de la Cour l’avortement, avec effet immédiat. (Crédits : Reuters)

    Le Missouri et le Texas ont été les deux premiers États à interdire rapidement l’avortement à la suite de l’arrêt. En Louisiane, au Dakota du Sud et au Kentucky, les interdictions de déclenchement sont entrées en vigueur immédiatement après le jugement. Après que des fonctionnaires de l’État ont certifié l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade, les interdictions sont entrées en vigueur en Arkansas, en Alabama, en Utah et en Oklahoma. Désormais, une autre bataille juridique commence : la pilule abortive. Elle la méthode majoritairement choisie par les femmes aux États-Unis. Bien qu’elle soit interdite dans les États qui proscrivent l’avortement, la FDA a rendu permanentes en 2021 les autorisations de l’ère dite Covid-19 permettant sa livraison par courrier. Il reste à voir si les États interdiront ces livraisons à la suite de la décision de vendredi, et si oui, comme procéderont-ils.

  • Il y a cent ans… la récolte du blé inquiétait

    Il y a cent ans… la récolte du blé inquiétait

    Le blé préoccupait tant au niveau agricole que politique le 24 juin 1922. Les évaluations parues au journal officiel indiquaient un déficit de 500 000 hectares pour l’ensemble des céréales sur l’entièreté du territoire, par rapport à l’année 1921. En cause la diminution de 271 000 hectares de blé d’hiver et malgré l’augmentation de 75 000 Ha de celui de printemps, le compte n’y était pas. La surface de culture baissait, et n’augurait rien de bon quant au rendement. Comme solution, le politicien instaurait une commission…

    Le ministre de l’Agriculture, M. Chéron, suite à la victoire remportée à l’Assemblée nationale sur la politique agricole du gouvernement, s’empressa de déposer un projet de loi. Ce dernier lui accorderait le droit de déterminer, par décret rendu aux conseils de ministres, sous la IIIe République, les taux minima d’extractions des farines, tout comme le fait de ne pas incorporer l’avoine et le froment dans l’alimentation du bétail. Voyant la porte se refermer, il décida de nommer une commission. Elle devait examiner les mesures pouvant être prises pour protéger les cultivateurs et consommateurs des spéculations sur les blés et farines.

    La presse n’était pas tendre avec les politiques lorsqu’ils déterminaient de Paris, la conduite à tenir des travailleurs de la terre, surtout sans aucune consultation de ces derniers. L’inflation concernait tous les produits de la vie courante, viande, lait, beurre, pain… (Crédits : DR)

    La fluctuation des prix de ces matières premières, celle du taux de blutage (représente le pourcentage de la farine extraite) les succédanés lors des périodes de disette, mais aussi les leviers servant à l’établissement des taxes sur le pain dans les communes de France. La question de la rémunération minimale et permettant aux agriculteurs se posait déjà en 1922 : « Il est une mesure indispensable à prendre, c’est de donner au cultivateur l’assurance que son travail sera toujours rémunérateur, et ne descendra pas au-dessous du taux nécessaire pour couvrir ses frais de production », expliquait le journaliste J. Grindorge.

  • Il y a cent ans… la communication sans fil existait

    Il y a cent ans… la communication sans fil existait

    Nous avons toutes et tous des smartphones, qui ne sont reliés à un fil que pour les recharger, et encore… Imaginiez-vous que le 23 juin 1922, le conseil des ministres par un communiqué assurait que trois fois par jour, nous aurions les prévisions météorologiques ? L’Écho de Paris se faisait le relais de cette information. La conséquence somme toute logique que si la population souhaitait entendre le bulletin météo, il fallait se munir d’un récepteur, pour capter les ondes en partance de la tour Eiffel.

    La communication ministérielle évoquait que les communes ambitionnant de se procurer le précieux appareil, le poste de réception de téléphonie sans fil, le pourrait pour un prix maximum de 200 francs. Elles allaient tomber des nues, avec les engagements des politiques. En fonction de l’endroit où vous situez, la somme demandée varie énormément, en fait de 600 à 3 000 francs. Il parait évident que si vous êtes sur la promenade des Anglais à Nice ou sur le parvis de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, vous ne paierez pas le même prix. Tout ceci est dû aux composants et à la longueur d’onde, en effet, le signal partait du sommet de la tour Eiffel.

    Qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il fasse un « cagnard » ou bien qu’il gèle à pierre fendre, les agriculteurs travaillent dans les champs, et sont régulièrement plus à même de pronostiquer la météo qu’il va faire, car ils sont en contact permanent avec la nature. (Crédits : Sandra M H/Pixabay)

    Par ailleurs, il état proposé un kit pour construire soi-même un excellent appareil de réception, sur la capitale, « il faut dans les communes des appareils non amateurs, mais bien et solidement construits » insinuait le journaliste. Le progrès était pour les agriculteurs, qui si les nouvelles dispositions que le gouvernement venait de décider, pour prédire les intempéries dont ils sont s’y souvent les victimes impuissantes, cela n’empêche pas qu’elles se produisent, l’être humain étant incapable, à priori, d’influer sur Dame nature.

  • Attaque informatique contre l’hôpital Macedonio Melloni de Milan

    Attaque informatique contre l’hôpital Macedonio Melloni de Milan

    Le ransomware ViceSociety a encore frappé. De très nombreuses informations concernant le personnel hospitalier, mais également les patients sont diffusées sur le site de fuite. Les opérateurs menacent de publier les documents de l’établissement scolaire Pilton College basé à Barnstaple, en Angleterre, et parallèlement le constructeur de motos basé à Jakarta, en Indonésie, PT Astra Honda Motor (Il s’agit d’une coentreprise entre Honda et Astra International).

    L’Italie a vu dernièrement les attaques de l’université de Pise et la commune de Palerme. C’est à nouveau un hôpital qui fait les frais du Ransomware-a-as-Service Vice Society. La cible est l’établissement Macedonio Melloni. Il est composé de 4 unités hospitalières, mentionne Red Hot Cyber. Elles sont l’hôpital pour enfants Vitture Buzzi, l’hôpital Fatebenefratelli et ophtalmique, l’hôpital Luigi Sacco — centre universitaire et l’hôpital Macedonio Melloni. En mai 2022, deux incidents informatiques touchaient des établissements en Lombardie.

    Les informations diffusées sont des diagnostics des patients, cartes d’identité, données personnelles et contrats, formulaires d’évaluation des employés… (Crédits : capture d’écran)

    Les données sont disposées avec un classement alphabétique. Des dossiers de patients mineurs, où des tranches de vie intimes sont accessibles alors qu’elles devraient rester dans les dossiers frappés du secret médical. Les informations affichées sont :

    • Données de santé et diagnostics
    • Rapports d’invalidité
    • Demandes de soutien pour les mineurs
    • Procédure pour le Covid-19
    • Procédures internes
    • Échanges de courriels
    • Manuels d’informatique
  • Il y a cent ans… le Sénat garantissait la liberté individuelle

    Il y a cent ans… le Sénat garantissait la liberté individuelle

    Les discussions au Sénat, le 22 juin 1922, se focalisaient sur l’abrogation de l’article 10 du code de l’instruction criminelle. Cet article donnait le pouvoir aux préfets d’arrestation préventive, perquisitions ce sans jugement, du seul fait que le représentant de l’État dans les départements jugeait ladite personne suspecte. Une divergence d’opinions animait les débats. Le garde de Sceaux déclarait que le gouvernement acceptait les conclusions de la commission.

    Si le gouvernement abondait à cette abrogation, Pierre Marraud, sénateur du Lot-et-Garonne, craignait que celle-ci ne désarme la police et la sûreté générale, « notamment lorsqu’il s’agit des espions, des malfaiteurs et des tenanciers de maisons de jeux ». Le rapporteur de la commission soutenait qu’« en matière criminelle, la liberté provisoire est de droit cinq jours après le premier interrogatoire. » Une dérogation de prolongement à dix jours était possible par une ordonnance motivée du juge, puis que le juge d’instruction saisisse la chambre du conseil du tribunal. « Sous le bénéfice de ces observations, nous vous demandons d’adopter le projet qui reproduit, avec de légères modifications, le texte adopté par le Sénat en 1909. » L’article en question était dans le code d’instruction criminelle qui était promulgué par les Lois des 27 novembre et 26 décembre 1808. Il indiquait que « les préfets des départements, et le préfet de police à Paris, pourront faire personnellement, ou requérir les officiers de police judiciaire, chacun en ce qui le concerne, de faire tous actes nécessaires à l’effet de constater les crimes, délits et contraventions, et d’en livrer les auteurs aux tribunaux chargés de les punir, conformément à l’article 8 ci-dessus. » (Code d’instruction criminelle de 1808)

    La police judiciaire recherche les crimes, les délits et les contraventions, en rassemble les preuves, et en livre les auteurs aux tribunaux chargés de les punir.
    Une séance au Sénat du temps où Édouard Philippe était Premier ministre. (Crédits : Mumu’s Pictures)

    Le sénateur de la Vienne, Raymond Duplantier, demandait le renvoi à la commission du projet, pour que les amendements que devaient déposer un certain nombre de sénateurs, soit examiner. La proposition de Duplantier était rejetée par 245 voix contre, et 41 pour. Aujourd’hui, le juge d’instruction ne fait plus qu’un travail de juge du siège. Le travail d’investigation étant largement confié à la police qui est beaucoup plus professionnelle qu’elle ne l’était. En 1808, il accomplissait à la fois le travail du juge d’instruction et de la police.

  • Il y a cent ans… les députés régissaient les grandes vacances

    Il y a cent ans… les députés régissaient les grandes vacances

    Les nouveaux députés élus lors de la fête des Pères ont fait leur rentrée à la chambre basse. M Tapponier déposait une proposition ce 21 juin 1922, modifier l’époque des congés. Il faut dire la période d’après-guerre, les personnes à la tête de l’État, cherchait à reconstruire le pays. C’est ainsi que ce que nous appelions « Grandes Vacances » s’allongeait de deux semaines, car elle permettait aux enfants de travailler dans les champs, plutôt que de déambuler oisivement ici et là.

    Le personnel enseignant, est unanime indiquait le directeur d’un établissement d’enseignement à cette question. Non pour lui, mais des vacances suffisantes pour le repos des écoliers. « Il y a une quarantaine d’années, on se contentait de six semaines ». On avait pris l’habitude de considérer le 14 juillet comme date de départ. « Les vacances commençaient bien plus tôt depuis la fin de la Première Guerre mondiale », expliquait un proviseur de Lycée. Les dates d’examens furent fixées à la mi-juin. « On peut dire que virtuellement les études sont terminées à cette date. Dans l’enseignement secondaire, il n’est plus possible de travail sérieux après le mois de juin ». Sous l’Ancien Régime, les jours de congés correspondent essentiellement aux fêtes chrétiennes et au calendrier liturgique :

    • Épiphanie, 6 janvier
    • Saint-Charlemagne, 28 janvier
    • Sainte Geneviève, 26 novembre
    • Pentecôte, 5 juin
    • Carnaval
    • Assomption, 15 août
    • Toussaint, 1er novembre
    • Sainte-Catherine, 25 novembre
    • Ascension, 26 mai
    • Fête-Dieu, 16 juin

    Le plus gros des congés étant condensés sur août/septembre, cela correspond à l’aide que les enfants devaient apporter lors des vendanges et de la moisson.

    Historiquement, au mois d’août et septembre

    À partir de l’an 1888, la durée des congés d’été passait de quatre à neuf semaines. En 1912, le début des « grandes vacances » est avancé au 14 juillet, mais elles ne durent que jusqu’au 1er octobre. L’arrêté du 24 juillet 1905 s’attaque aux congés extraordinaires et les réduit à une semaine pour les fêtes de Pâques, au Premier de l’an, au lundi de Pentecôte et au lendemain de la Toussaint ; s’y ajoutent la célébration du 14 juillet et les jours de fête patronale. « ARTICLE PREMIER. — Les grandes vacances ont une durée de six semaines dans les établissements publics d’enseignement primaire. Toutefois, sur l’avis du Conseil départemental, la durée des vacances peut être portée à huit semaines dans les écoles primaires supérieures, ainsi que dans les écoles primaires élémentaires où sont organisées des classes de vacances »

    Sous le ministre Jean Zay, l’arrêté du 11 juillet 1938 fixait les dates et durée desdits congés : deux jours pour la Toussaint, dix pour Noël et le jour de l’an, un pour mardi-gras, quinze jours pour Pâques, le lundi de Pentecôte et des vacances d’été du 15 juillet au 30 septembre. (Crédits : Pexels/Pixabay)

    Les conséquences de la Grande Guerre sont partout. C’est le manque de main-d’œuvre qui octroie aux écoliers deux semaines de vacances supplémentaires, afin qu’ils puissent aider au travail agricole expliquait le ministre de l’Instruction publique. Le découpage de la France en trois zones (A, B et C) date de 1959. En 1960, les vacances d’été débutent le 28 juin et se terminent le 16 septembre. Mais la France qui est encore majoritairement paysanne a besoin de bras dans les champs. L’article 5, loi du 28 mars 1882 permet « des autorisations d’absence n’excédant pas huit semaines par an peuvent être accordées par l’inspecteur d’académie, sur la demande des personnes responsables, aux enfants ayant au moins douze ans qui sont occupés à des travaux agricoles ou embarqués pour la pêche maritime. »

    En ce qui concerne les congés payés dans le monde, le Koweït est le plus généreux avec 43 jours dans l’année. Viennent ensuite le Cambodge et la Géorgie avec respectivement 42 et 39 jours. La France est seulement 14ème avec 5 semaines de congés payés. (Crédits : StarFlames/Pixabay)

    Un tournant dans le monde des vacances et du tourisme en 1972. Après les trois médailles d’or olympiques et grenobloises de Jean-Claude Killy de 1968 dans les épreuves de Slalom géant, de descente et du slalom, les vacances d’hiver naissent réellement, avec le « loisir » comme fer de lance. Puis, les « grandes vacances » deviennent les « vacances d’été », car amputée de deux semaines, pour être réparties au profit des vacances de Toussaint et d’hiver, loisir oblige.

  • Les ransomwares (re) partent en guerre

    Les ransomwares (re) partent en guerre

    La recrudescence des attaques par codes malveillants est légion sur les sites de fuites. Sur les deux derniers jours, 20 et 21 juin 2022, LockBit 2.0 affiche neuf nouvelles victimes après avoir diffusé entre autres des données de la direction générale des impôts du Mali. Clop en revendique plus de 130 avec la propagation des renseignements exfiltrés, dont le cabinet d’avocats Lafournerie Wolfrom comprenant 91 dossiers d’un total de 61 949 Mo d’informations sensibles compressées.

    De très nombreuses pièces de la direction générale des impôts du Mali, des listes de sociétés avec des comptes quant aux règlements effectués, des pénalités, des succursales de compagnies européennes avec leurs données, des fiches de déclarations, des manuels ou des procédures ont été exfiltrées et diffusé. Le continent africain est touché par la cyberattaque effectuée par les opérateurs derrière le ransoware LockBit 2.0, mais pas seulement. AvosLocker a ciblé l’entreprise CR2.

    AvasLocker produit, en preuve des courriels d’actionnaires, tous les utilisateurs de l’annuaire actif avec leurs noms, titres, numéros de téléphone et e-mails de CR2. L’Amérique du Sud semble être une cible particulière. (Crédits : capture d’écran)

    Elle est une société irlandaise de logiciels bancaires qui fournit des technologies de services financiers mobiles, Internet et ATM à plus de 100 institutions fiduciaires de détail en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Parmi ses clients figurent ANZ, Barclays, Standard Chartered, Botswana Savings Bank, Jordanian Bank al Etihad, la banque panafricaine Orabank, ainsi que Access Bank PLC et Diamond Bank au Nigeria.

    Alphv/BlackCat fait subir une cyberattaque au lycée public et américain Plainedge, à North Massapequa, État de New York. Des documents diffusés dévoilent des problèmes de santé, avec les prénoms et noms, mais aussi les civilités, téléphones privés, e-mail des différents personnels de l’établissement. (Crédits : Capture d’écran)

    LockBit 2.0 menace de diffuser les informations de la pharmacie Cirici située à Barcelone, avec peut-on imaginé des données inhérentes à la santé et les différents traitements de nombreux Espagnols. Au Pérou, à 300 kilomètres de Lima la capitale, la société Agricola Andrea est une victime au tableau de chasse. Elle emploie 3 145 personnes et exporte dans 32 pays, ce qui permet de collecter des renseignements de clients, pour effectuer des méfaits. Sigma Alimentos, entreprise mexicaine a subi une cyberattaque, dont plus d’1 TB serait diffusé. Elle propose des aliments réfrigérés dans plus de 18 États, et autant de clients. En Allemagne, la société de géothermie Build-It Construction. L’entreprise Rhenus qui offre des solutions de fret international répondant aux exigences de l’environnement de la chaîne d’approvisionnement sud-africaine, également touchée. Le complexe hôtelier situé à quelques kilomètres de Montpellier, Plage Palace à Palavas-les-Flots fait aussi partie des victimes.

  • Il y a cent ans… la chute inéluctable du Mark

    Il y a cent ans… la chute inéluctable du Mark

    La hausse des prix subie en France laisse penser qu’elle soit exister aussi dans d’autre pays du vieux continent. En Allemagne, le chancelier Wirth conférait en ce 20 juin 1922, prendre des garanties pour enrayer la chute du Mark. Il est vrai que depuis le début de l’année, l’inflation s’envolait. Déjà très importante au cours des années précédentes, elle devenait incontrôlable atteignant des niveaux inouïs et jusque-là inimaginables : alors qu’elle s’établissait à 60 % en 1921, elle s’emballe en 1922 à 5 200 %, puis explose littéralement.

    Les milieux gouvernementaux de Berlin prévoyaient, selon Le Petit Parisien, dès maintenant un nouvel et prochain effondrement du mark, qui porterait le cours du dollar à 350 ou 400 marks. La nouvelle chute de la valeur aura pour conséquence directe le renchérissement de la vie, l’augmentation des salaires, accroissement de l’inflation, et rend toute réforme fiscale illusoire. Le docteur Rudolf Havenstein, président de la Reichbank s’était entretenu à ce sujet avec le chancelier Wirth. La Première Guerre mondiale terminée, les coûts des charges liées à la démobilisation militaire et économique, de la reconversion d’une économie de guerre en une économie de paix se superposaient aux prélèvements imposés par les réparations du traité de Versailles.

    La première vague inflationniste court de l’armistice à mars 1920, s’en suit une accalmie de dix-huit mois. Au printemps de 1922, l’augmentation sans frein des crédits au marché privé vient se superposer aux problèmes connectés à la gestion des réparations de guerre. En juin 1922, la planche à billets fonctionne trop, si bien que la circulation du papier-monnaie atteint le niveau de 180,2 milliards de marks, et la dette flottante du Reich 255,3 milliards. Le montant des réparations dépasse les possibilités budgétaires. Tous ces facteurs combinés aboutirent à une inflation « galopante » de juillet 1922 à janvier 1923.

    Il fallait jusqu’à une brouette pleine de billets pour acheter une boite d’allumettes. La dette flottante de l’Allemagne atteindra 191 580 465 422,1 milliards de marks (Source : Les banques et l’effondrement du Mark : la situation du système bancaire en Allemagne de 1918 à 1923. Harald Wiforth). (Crédits : DR)

    Au début de cette période, un dollar américain valait 420 marks, mais en janvier 1923 il en valait 49 000. En janvier 1922 le mark or valait 46 marks papier, 84 000 en juillet 1923, 6 milliards en octobre 1923 et 1 000 milliards en décembre 1923. L’Humanité du 23 février 1923 énumère les prix de quelques denrées et d’autres objets dits de première nécessité :

    • un œuf coûte en ce moment 400 marks
    • une livre de jambon 6 400 marks
    • une paire de chaussures 80 000 marks
    • un quintal de charbon plus de 6 000 marks, à partir de la semaine prochaine 8 000 marks
    • une livre de viande 4 500 marks
    • une livre de beurre 6 400 marks
    • la livre de café est montée à 18 000 marks ou 4 marks-or, avant la guerre, la livre de café ne coûtait que 1 mark 60
    • Une simple chemise coûte 60 000 marks…
  • Il y a cent ans… la fièvre de l’huile

    Il y a cent ans… la fièvre de l’huile

    Certaines frénésies apparaissent lorsque l’être humain découvre une source de bénéfice, comme nous entendons parler de la fièvre de l’or. Le pétrole trouvé en Pennsylvanie le 19 juin 1922, rend selon les journaux, les populations atteintes par une fièvre étrange. L’or noir était déjà au centre des préoccupations, il y a un siècle. Une question sur ce sujet posée aux délégués durant de la conférence de Gènes, perturbaient tant ces derniers qu’ils en oublièrent l’interrogation principale : la « reconstruction de l’Europe ».

    Nous sommes dans une conjoncture ubuesque, les carburants les plus usités dépassent allégrement à la pompe le prix de deux euros le litre, sans que les Français disent mot. Ils semblent s’accommoder de pareille situation, comme s’ils ne pouvaient rien y faire. Les conversations entendues de couples aux caisses des supermarchés sont effrayantes, hésitant à se nourrir en délaissant des produits, ou calculer à dix euros près la marge pour pouvoir faire le plein « d’essence ». Heureusement qu’à compter du 1er avril 2022 « vous bénéficiez d’une remise de 15 ct d’Euro par litre » prise en charge par l’État, sauvé…

    Le 2 juin 2008, le prix du baril dépassait les 140 dollars, sauf que le taux de change métamorphosait la donne : le 11 juillet 2008, un euro s’échangeait ainsi contre 1,57 dollar. Soit le prix de l’unité à 93,63 €. Ce dimanche 19 juin 2022, un euro s’échange à 1,0495 dollars, le baril à 113,61 $, soit 108,25 € (à 9 h 14), quatorze euros de plus qu’en 2008. (Crédits : prixdubaril)

    Les comparaisons s’effectuent sur les réseaux sociaux, sur le coût de 2008 et celui de 2022. Les prix, à la pompe des stations-service, des produits pétroliers reflètent les évolutions de leurs différentes composantes (cours du pétrole brut, marge de raffinage, marge de transport-distribution, fiscalité). Le premier est issu de trois cours :

    • le Brent (brut de la mer du Nord), traité à l’ICE (InterContinental Exchange) de la bourse de Londres
    • le pétrole brut de type WTI (West Texas Intermediate), traité au Nymex de la bourse de New-York
    • le Dubaï au Moyen-Orient, traité à la bourse de Dubaï.
    Année20082010201220142016201820202022
    Pris le plus bas40,2573,6495,1662,5130,6957,3618,3886,51
    Prix le plus haut133,1991,47125,45111,8063,3181,0363,65117,25
    Moyenne annuelle96,9979,44111,6699,0243,5471,0541,75103,71
    Valeur d’échange d’un Euro0,63320,75530,77810,75390,90390,84770,87690,9130
    Pris du baril de Brent en dollar américain, et taux moyen de l’euro face au dollar américain (Crédits : Reuters/DGEC)

    La valeur fluctue d’année en année, tant par la demande que par la production. Mais également par la marge brute de raffinage, qui selon les chiffres du ministère de l’Écologie sont passés de 30 euros la tonne, en janvier 2022 à 140 au mois de mai. Tandis qu’elle ne dépassait jamais les 50 € depuis 2017 comment expliquer le prix ?

    Comment expliquer le prix ?

    Tout et son contraire sont entendus. Un commerçant, comme tout un chacun, a besoin de papier-monnaie pour vivre en ce bas monde, l’État en est un. L’écart entre le prix du produit au départ et celui que vous payez en caisse s’appelle en définitive taxe. Mais il faut différencier le produit revendu sans transformation de l’autre. Le premier connaît un prix fournisseur, qui est le prix d’achat hors taxe (HT). Le deuxième est le coût d’achat, qui est le prix d’achat plus les frais (exemple le transport). Puis le prix de vente HT, représente le coût d’achat auquel s’ajoute la marge. Enfin le prix toutes taxes comprises (TTC) qui reprend le prix de vente plus la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

    Le prix du carburant, qui est actuellement de 2,07 euros pour un litre de Gazole, ne dépend pas uniquement du prix du baril de Brent, mais de trois autres composantes : les marges de raffinage, de transport-distribution et la fiscalité. (Crédits : Ufip Énergies et mobilités)

    La différence entre celui qui est transformé, voire entièrement fabriqué est le prix de revient : somme des coûts d’achat HT des matières et produits entrant dans la composition du produit à vendre + main-d’œuvre + cotisation sociale + amortissements de l’outil industriel + frais de commercialisation. L’État français propose à tous de consulter des données sur les prix des carburants HT et TTC. Elles sont disponibles, sur le site commun du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, et du ministère de la transition énergétique.

    CarburantGazoleSuper SP85Super SP95-E10Super 98Superéthanol E85GPLc
    Prix HT1,11541,08451,07501,14110,59240,5821
    Prix TTC2,06942,13092,09602,19890,85280,8370
    Différence0,9541,04641,0211,05780,26040,2549
    Moyenne des prix pétroliers vendue à la pompe en France, pour les données du 10 juin 2022. (Crédits : Gouv)

    Deux taxes s’ajoutent au prix des carburants : la TICPE (qui inclut la « taxe carbone ») et la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée). Elles représentent entre 50 et 60 % du prix des carburants, selon l’Union française des Industries pétrolières (Ufip). La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), anciennement TIPP est la plus importante. Elle représente à elle seule environ 40 % du coût du carburant à la pompe. De manière générale, la TICPE est redevable par les professionnels gérant la production, l’importation, le stockage ou les deux. La valeur de la taxe concernant le carburant est ensuite répercutée sur le prix du carburant. Depuis 2014, elle intègre la « composante carbone », qui doit financer la transition énergétique et aurait dû augmenter progressivement chaque année jusqu’en 2022.

    Face au mouvement dit des « gilets jaunes », le gouvernement l’a momentanément stoppé en la gelant en décembre 2018, comme ci-dessus. (Crédits : Capture d’écran du guide 2021 sur la fiscalité des énergies du ministère de la Transition écologique)

    Sur un litre de Super SP95-E10 à 2.13 €, la taxe de TICPE et la TVA totale représentent 1, 046 €. Sans la ristourne de 15 c €, le prix serait de 2.145 €. Dans cet exemple, la TICPE et sa TVA sont de 38,92 %. Le 10 juin 2022, Le Parlement européen a voté en faveur de l’interdiction, à partir de 2035, de la vente de véhicules neufs à moteur thermique, soit à essence ou au diesel. Les eurodéputés ont statué par 339 voix pour, 249 contre et 24 abstentions.

    « Sur le plan écologique, on peut difficilement dire que cela est une mauvaise chose. Cela va permettre d’éliminer la pollution en ville et réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, 30 % des gaz à effet de serre proviennent de l’automobile. En revanche, cela est moins évident sur le plan économique et social. Basculer d’une technologie à une autre en si peu de temps ne sera pas évident », explique Luis Le Moyne, expert automobile et professeur à l’Institut Supérieur de L’Automobile et des Transports à Capital.

    Comment les déplacements s’effectueront-ils, au vu de la capacité des véhicules électriques ? La fabrication ? La pollution engendrée en amont ? Des sujets sur la transition dite écologique qui ne sont discutés, semble-t-il, nulle part. Seul (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    Imaginons que toute la planète passe à la voiture électrique, y aura-t-il assez d’énergie produite pour tous, alors que nous sommes incapables de la stocker ? Quel sera le prix du kilowattheure, quand nous roulerons tous à l’électrique ? Quand on voit le vote suisse du 16 juin 2022 indiquant que « le Conseil des États a balayé par 24 voix contre 8 la motion de Hansjörg Knecht (UDC/AG) qui aurait voulu modifier la loi sur l’énergie nucléaire afin de rendre à nouveau possible un jour la création de nouvelles centrales ». Qui la produira ? D’autant que les batteries au Lithium dont l’extraction pose des problèmes graves écologiquement. Des questions, auxquelles des réponses sont me semble-t-il, intéressantes et nécessaires.