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  • Cyberattaque : Astral foods perd des plumes

    Cyberattaque : Astral foods perd des plumes

    La cyberattaque dont le géant sud-africain est victime le 16 mars 2025 a des effets immédiats. L’entreprise annonce, dans un communiqué officiel, le 24 mars qu’elle s’attend à voir son bénéfice semestriel chuter de 60 %. Cette attaque modifie et perturbe la production et les livraisons de ses produits. La firme se veut rassurante en indiquant « qu’aucune information confidentielle ou sensible n’a été compromise ». Cette histoire remémore la cyberattaque de la ferme états-unienne qui avait perdu 9 millions de dollars au final en 2021.

    Le 16 mars 2025, la section avicole de la compagnie sud-africaine Astral Foods est à l’arrêt complet suite à une cyberattaque. En toute bonne foi, la compagnie assure avoir réagi « rapidement en mettant en œuvre tous les protocoles de reprise après sinistre et les plans de préparation. Cependant, notre division Volaille a été affectée par des temps d’arrêt dans la transformation et les livraisons aux clients. »

    Conséquences diverses suite aux cyberattaques

    Les cyberattaques touchent de très nombreuses sociétés à travers le monde. Certaines sont des TPE, PME mais aussi des multinationales. L’impact d’un tel traumatismes est différent d’une société à une autre, le tout en fonction de la conjoncture. Quelques unes s’en sortent sans trop de dommages, quand d’autres peuvent , en France , passe en redressement judiciaire, voire en liquidation. Ces cyberattaques font subir à leurs victimes une accélération avec des conséquences désastreuses parfois.

    L’industrie avicole sud-africaine vit des moments particuliers. Les causes sont : la hausse des coûts de production, les conditions économiques compliquées et la baisse du prix du poulet. Cet incident cybernétique provoque la perte de 20 millions de rands (environ un million d’euros). Ainsi, Astral Foods estime que le bénéfice net par action ne devrait pas diminuer de plus de 60 %.

    Selon le marché international le prix de la volaille a diminué de 0,01 BRL/kg, ou 0,12 % depuis le début de 2025 (l’unité de mesure le BRL est le Réal brésilien par kilogramme, NDLR).

    En 2023, Les États-Unis représentent 17,5 % de la production mondiale devant la Chine (13,3 %) et le Brésil (12,3 %). Les producteurs de céréales utilisées dans l’alimentation de la volaille sont la Chine (20,4 %), États-Unis (18,4 %) et Brésil (6,5 %). (Crédits : Quang Nguyen/Pexels)

    Le prix record est de 8,60 BRL/kg en septembre 2021, il affiche 8,29 BRL/kg à l’écriture de cet article (31/03/2025. La production mondiale de viande de volaille devrait atteindre plus de 141,3 millions de tonnes. La croissance affichée, selon les données de l’OCDE et la FAO est de 11 %. Elle devrait atteindre près de 160 millions de tonnes, lors de la prochaine décennie. Quant au traitement des volailles lors de leurs élevages : rien n’indique l’augmentation des bons traitements, comme l’accroissement de l’espace de vie, la vue de la lumière naturelle et le fait de manger de l’herbe.

    Une perte de 9 millions de dollars suite à une cyberattaque

    Une affaire similaire touche une ferme états-unienne en janvier 2021. La raison une attaque cybernétique de type ransomware qui bloque temporairement les activités agricoles d’une ferme. Elle entraîne des pertes d’environ 9 millions de dollars. De nombreuses entreprises à travers le monde ne se relèvent pas des suites des cyberattaques. Un exemple en France avec la société Octave : une cyberattaque survenue le 16 août 2024, liquidation judiciaire le 19 mars 2025.

    Des sociétés de production de viande sont régulièrement la cible de cyberattaque. La compagnie JBS USA est la victime en mai 2021, du groupe Sodinokibi/REvil indique le FBI. Les conséquences sont multiples. L’interruption complète de ses activités, qui affecte durablement l’approvisionnement des supermarchés. « Il va sans dire que le bœuf a disparu des rayons de nombreux magasins aux États-Unis. »

    L’entreprise a fait le choix de payer une rançon aux criminels. Le montant réglé est de 11 millions de dollars. Le but est d’éviter la perte des données de l’entreprise, des clients et des employés.

    La note du département de la justice américaine indique une hausse du prix de gros jusqu’à 25 %. (Crédits : Tom Fisk/Pexels)

    Le 14 janvier 2022, le FSB annonce le démantèlement du groupe Sodinokibi/REvil. Au total, quatorze personnes sont arrêtées. 426 millions de roubles, soit environ 4,8 millions d’euros et 20 voitures de luxe sont saisis.

  • Un nouveau départ… vers l’aventure (1/55)

    Un nouveau départ… vers l’aventure (1/55)

    Comme lors d’une gestation humaine, Flavien semble avoir accouché d’un nouveau « bébé ». Une réflexion qui mène à une action. « Neuf mois plus tard, il est temps de repartir à l’aventure », souffle-t-il. Nous sommes le 9 décembre 2024, quand il s’apprête à embarquer. Direction la Nouvelle-Zélande avec pour principal objectif les îles subantarctiques australasiennes. C’est parmi les dernières qu’il lui reste à visiter autour de l’Antarctique. Le tout avec un projet qui lui trotte dans un coin de sa tête depuis quelque temps.

    Flavien s’envole vers la Nouvelle-Zélande, terre de mystères, de contes et merveilles. Entre forêts ancestrales et espèces uniques, il part explorer une nature sauvage et fascinante. Une aventure où chaque pas promet une découverte inoubliable. Entre nature et paysages, culture et traditions, la gastronomie aussi. Quant au Kiwi, symbole emblématique du pays, tellement difficile à observer, sera-t-il à la rencontre lors de son voyage ?

    L’épisode du malaise vagal

    Six heures viennent juste de s’afficher sur le réveil. Dans un coin de la chambre, le sac est prêt, posé et appuyé au mur. Il semble être impatient, comme une envie de se positionner sur le dos de Flavien. C’est chose faite à 6 h 40, quand le tandem, entre avenue et boulevard, prend la direction la gare de Poitiers. À 7 h 24, le train file vers Paris, « ça y est l’aventure commence ! » Difficile de faire marche arrière désormais. Flavien n’est pas rassuré, car le convoi ferroviaire doit arriver 2 h 20 plus tard, et que l’enregistrement pour le vol, que Flavien n’a pu réaliser en ligne, se clôture à 11 h 25.

    « Contrairement aux fois où j’ai pris le train cet automne, le TGV parvient à destination sans encombre. Me voilà à Roissy Charles de Gaulle, où j’avais passé une journée en début de mois de mars dernier. » Flavien se dirige vers le terminal 2E pour réaliser l’enregistrement. La file d’attente est conséquente, mais elle est en mouvement. Jusqu’ici tout va bien… c’est sans compter sur sa légendaire maladresse.

    « En voulant clipser mon sac, je me coupe l’extrémité de l’index. » Une coupure anodine pour tout un chacun, sauf que certaines personnes supportent peu ou prou la vue de leur sang. « J’ai toutes les couches sur moi pour gagner de la place dans mon sac. » Il fait chaud. Il y a du monde. Tous les ingrédients du cocktail parfait sont réunis.

    « Me voilà à genoux à tenter de mettre un pansement avant de faire un nouveau malaise vagal. » Flavien ne les compte plus depuis son enfance, mais cela bien fait longtemps qu’une telle chose ne lui était pas arrivée. (Crédits : Gare de Poitiers/Flavien Saboureau)

    Plusieurs personnes entourent Flavien, quand il reprend ses esprits, quelques secondes plus tard. Une employée de la compagnie aérienne m’indique qu’elle a appelé les pompiers. « Je suis un habitué de ces malaises. Il ne faut pas en faire de cas », lui explique-t-il devant des yeux médusés. Il se désaltère, englouti deux barres chocolatées, et le voilà prompt à continuer. Une jeune femme européenne lui parle, afin de le distraire et changer les idées. Une autre aux traits asiatiques lui offre son chariot pour qu’il puisse y poser son sac. « Je suis agréablement étonné devant tant de bienveillance ! »

    En voiture ! Attention au départ !

    De simple voyageur, il devient presque VIP. « Finalement, ils me font passer en priorité alors que tout va mieux. » L’inquiétude du petit matin est résolue. « Je suis rassuré, mes places sont bien réservées, c’est leur site internet qui n’est pas à jour. » Son sac est peu ordinaire, la compagnie n’a rien à disposition pour l’empaqueter. « Je me rends dans un couloir pour les bagages hors format. »

    Si tout va pour le mieux, une part d’inquiétude demeure. « J’espère que le bagage est bien dans les soutes… et qu’ils ont compris que je ne le récupère pas avant le prochain avion. » Le passage via la sécurité est un parcours d’enfant. Il ne reste que quelques dizaines de minutes à patienter. « J’attends l’ouverture de la porte M43 », raconte-t-il.

    Moment idéal pour s’essayer à la prose. J’envoie des messages à la famille, quelques amis et Clarisse. « Car si ce voyage est différent, c’est dans son appréhension, car Clarisse occupe mon esprit depuis quelques mois maintenant. »

    Rester concentré sur ce périple n’est pas aussi simple. « Chaque voyage est différent, d’une façon ou d’une autre ! »

    (Crédits : Connor Danylenko/Pexels)

    Le journal de 13 h est sur le point de se terminer lorsque l’aéronef décolle. Il est 13 h 20, quand après quasiment une heure de retard, il s’envole. « Quelle agréable surprise ! Mes genoux ne touchent pas au siège de devant, et il y a même des écrans… », se réjouit Flavien. À bord d’un avion affrété par China Eastern Airlines, l’une des trois plus grandes compagnies de République Populaire de Chine (RPC), onze heures de vol l’attendent. « C’est parti, direction Shanghai. » En direction de l’Est, le soleil se couche très vite. À 16 h (heure française), il fait déjà nuit noire à travers les hublots. Le sommeil tant espéré ne vient pas. « J’ai encore 11 h de vol demain pour véritablement me reposer. » À suivre…

  • Mon délicieux malaise vagal

    Mon délicieux malaise vagal

    La perte de connaissance est définie par la rupture des relations conscientes d’une personne avec les membres de son entourage. Comme toute chose la durée indique le degré et la prise en charge suite au malaise survenu. Le plus connu, et de loin, est le malaise vagal. Si ce dernier admet une perte de connaissance, d’autres durent plus longtemps et peuvent être bien plus graves. Quand de l’autre côté la lipothymie est un malaise sans perte de connaissance. Quels sont-ils ?

    Dans la cuisine berd’huisienne, il règne un effluve de plaisirs gustatifs à venir, un grand bonhomme est allongé au sol. Sépa Phot est aux affaires. Son gendre, Jean Éthaissure vient de se couper superficiellement le doigt.

    « Que lui arrive-t-il ? », demande la gent féminine.

    « Bah, juste un malaise vagal pour ce grand gaillard », claque M Sépa Phot. D’ailleurs vous savez que… »

    « Oui papa, coupe Ozalee. Il faut désormais parler de syncope vagale. »

    Je suis tombé dans les pommes

    La discussion se poursuit comme à l’accoutumée. Ozalee ne peut s’empêcher de se moquer tendrement de son conjoint. Elle raconte une histoire qu’elle tient de sa belle-mère. Un jour, Jean a rendez-vous chez le dentiste. Il faut préciser qu’il est sujet à une phobie quelque peu étrange, l’hématophobie. Il affiche une quinzaine de printemps, il est courageux, mais pas téméraire.

    Alors que les soins se finissent, la docteure montre à Jean comment utiliser du fil dentaire. Le pauvre prend couleur locale, quand une goutte de sang vient perler. En quelques secondes, il se retrouve au sol, inconscient victime d’une syncope vasovagale.

    Le terme public est malaise vagal. Cette perte temporaire de conscience est causée par la réaction excessive du système nerveux. Elle peut être déclenchée par une émotion forte, la vue du sang, la douleur, ou simplement l’anxiété.

    Cela survient souvent lorsque le corps réagit en abaissant la pression artérielle et en ralentissant le rythme cardiaque, ce qui réduit l’irrigation sanguine du cerveau, entraînant ainsi un évanouissement temporaire. (Crédits : Vince/Pixabay)

    Les diverses situations pouvant mener à une syncope vasovagale sont : douleur, émotion, déshydratation, station debout prolongée, postprandiale, repas copieux, post-effort, traitement vasodilatateur ou/et diurétique, chaleur extrême. Elle s’annonce avec des signaux reconnaissables. Ils sont : la nausée, vomissement, bâillement, sensation vertigineuse, sudation, sensation de chaleur, bouche sèche, vision floue.

    De la lipothymie à la syncope cardiaque

    Il existe plusieurs types. La syncope est « une perte brutale de la conscience, avec perte du tonus postural et retour spontané et rapide à une conscience normale suite à une hypoperfusion cérébrale ».

    Désormais le malaise vagal est connu sous la syncope vasovagale (SVV). Elle peut être typique : syncope réflexe avec prodromes (symptômes avant-coureurs) avec des caractéristiques et facteurs déclenchants déjà nommés. L’atypique est une syncope réflexe survenant sans prodrome, sans facteur déclenchant évident.

    Il existe d’autres syncopes. Elles possèdent des éléments déclencheurs divers et variés. La neuro-médiée, la vasoplégique ou vasodépressive, la neurogène et enfin la lipothymie. La dernière est une sensation de malaise avec étourdissement, faiblesse, sueurs, vision trouble, mais sans perte totale de conscience. (Crédits : Alexey Fedenkov/Pixabay)

    La SVV est souvent minime, il faut tout de même consulter un professionnel de santé en cas de doute. Surtout si la syncope intervient après un sport intense, en cas de maladies cardiaques. Mais la syncope peut intervenir lors d’une mise debout trop rapide, des neuropathies, une déshydratation… elle peut aussi être la syncope cardiaque. Comme disait Lénine, la confiance n’évite pas le contrôle.

  • Le ransomware Qilin fait 23 victimes en mars

    Le ransomware Qilin fait 23 victimes en mars

    Le ransomware Qilin produit plus de vingt victimes suite à ces cyberattaques au 20 mars 2025. Depuis sa première apparition en juillet 2022, il affiche 329 victimes. Le groupe derrière le ransomware Qilin fait la une des journaux en juin 2024 avec la cyberattaque contre Synnovis. Il applique la double extorsion. L’une des dernières victimes est l’établissement hospitalier Los Madroños. Avec plus de 540 GB de données dérobées, sept photos sont affichées sur le site de fuite. Le tribunal de Cleveland et le ministère des Affaires étrangères ukrainien sont aussi victimes.

    Le groupe Qilin ne cesse d’occuper le devant de la scène. Depuis une campagne en juillet 2024, les chercheurs de Sophos découvrent une méthode inhabituelle permettant aux attaquants de dérober les identifiants stockés dans les navigateurs Google Chrome, via une stratégie de groupe (GPO). Une de ses victimes l’hôpital Los Madroños est situé à moins de 30 km à l’ouest de Madrid, à Brunete. L’établissement de soins indique dans ses communiqués, avoir observé l’incident le 7 mars 2025, et en avoir informé les autorités compétentes.

    Los Madroños et le ministère des Affaires étrangères ukrainien

    Sur le site de fuite sons exposées 212 073 documents sur un total de 540 GB. L’établissement émet deux communiqués, l’un à l’attention des patients, l’autre pour le personnel. « Le ransomware Qilin a infecté le réseau interne de l’hôpital, bloquant temporairement l’accès aux données en les chiffrant. En outre, les attaquants ont extrait des données confidentielles au cours de l’incident. En résumé, il y a eu à la fois un cryptage de nos fichiers et une exfiltration (vol) d’informations », explique Los Madroños.

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    Concernant la patientèle, les données exposées sont de deux types. Les dossiers médicaux et les données d’identifications. Côté clinique, les diagnostics, les traitements, les résultats d’examens et les notes de vos médecins. Ainsi il est possible de consulter des analyses de sang, des protocoles…

    De plus, les informations personnelles telles que le prénom et le nom, la carte d’identité, la date de naissance, l’adresse, le numéro de téléphone et d’autres coordonnées conservées dans nos systèmes. Toutes les informations que vous remplissez lors de votre admission, le registre d’entrée. Mais également des notifications du registre central des délinquants sexuels et de la traite des êtres humains. (Crédits : capture d’écran/Qilin)

    Les personnels soignants, actuels et passés sont touchés par la fuite sur les documents d’identité, les données relatives aux études et formation ainsi que relative à leurs emplois. Les données sont : la pièce d’identité, les qualifications, certifications académiques, formations complémentaires et expériences professionnelles. Mais encore la catégorie et le poste occupé, la date d’embauche, l’historique des promotions ou des évaluations, les heures de travail, ainsi que les données salariales (le salaire, les déductions fiscales…) sans oublier l’IBAN.

    Le ministère des Affaires étrangères de l’Ukraine

    Le ministère des Affaires étrangères affirmait avoir des indices de l’implication russe sur une attaque cyber dans la nuit du 13 au 14 janvier 2022. « Plusieurs sites gouvernementaux ukrainiens ont été la cible vendredi d’une cyberattaque qui s’est produite dans un contexte de vives tensions entre Kiev et Moscou, accusé de préparer une invasion de son voisin ukrainien », écrivait France TV Info.

    Le ransomware Qilin a revendiqué l’attaque sur le ministère des Affaires étrangères de l’Ukraine, le 7 mars 2025. Le principal intéressé n’a pas encore communiqué sur cette cyberattaque. Plus de 100 fichiers sont disponibles. Ils sont des échanges datant de l’année 2022.

    Ils portent sur des passeports, des remerciements de soutien suite au conflit armé opposant l’Ukraine et la Russie, mais également des demandes de passeports. Selon les rapports suite à l’attaque contre Synnovis, le groupe serait d’obédience russophone.

    Dans son discours le chef de l’État français déclare que « la Russie est devenue une menace pour la France et pour l’Europe. » Depuis de part et d’autre, les commentaires fusent, comme la guerre de la propagande dans les divers camps.

    (Crédits : Capture d’écran/Qilin)

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    De son côté le tribunal de la ville de Cleveland, dans l’Ohio voit des données exposées sur le dark web. Après la cyberattaque de fin février, l’administration à fermer ses portes par mesure de précaution. Depuis le 23 février 2025, le site WEB est, quant à lui toujours hors service.

  • Violation des données de la California Cryobank

    Violation des données de la California Cryobank

    Une intrusion non autorisée se déroule entre le 20 et le 22 avril 2024 à la California CryoBank (CCB). Le signalement au procureur de Californie s’effectue le 14 mars 2025. Le cabinet d’avocats The Lyon Firm a d’ores et déjà porté l’affaire devant les tribunaux. La CCB est l’une des plus grandes banques de sperme aux États-Unis. Mais elle permet également la conservation des autres tissus reproductifs, à savoir les ovules ou œufs. De nombreuses données personnelles sont ainsi exposées.

    L’entreprise n’a à ce jour pas divulgué l’importance de cette intrusion, ce pour plusieurs raisons : l’enquête est en cours, et l’étendue de cette violation n’est pas encore totalement connue. Dans la lettre envoyée aux individus touchés, il est écrit qu’une ou plusieurs personnes ont obtenu « un accès à notre environnement informatique et peut avoir accédé et/ou acquis des fichiers conservés sur certains systèmes informatiques entre le 20 avril 2024 et le 22 avril 2024 », relate CyberNews.

    CCB a signalé la violation des données aux autorités californiennes et celle du Maine. Une déclaration est déposée auprès du Bureau du Procureur général du Maine, car 28 résidents sont concernés.

    Lors de cette intrusion, non encore revendiquée, des informations personnelles, donc sensibles sont exposées.

    Les noms, numéro de sécurité sociale, les permis de conduire, les numéros des comptes bancaires, des informations sur l’assurance santé…

    Bien d’autres informations sont potentiellement compromises, à savoir biométriques. Car l’entreprise offre ses services dans la congélation de sperme et d’ovules de donneurs, propose une gamme de services de reproduction, notamment la cryoconservation de sperme privé, le stockage d’ovules et d’embryons et la mise en banque de sang de cordon ombilical.

    D’autant que la compagnie possède des laboratoires agréés et succursales à Palo Alto (Californie), New York (New York), Boston (Massachusetts) et Rockville (Maryland). Les services de justice insistent sur les risques de fraude et de tentatives sur les crédits et autres comptes bancaires. (Crédits : Nataliya Vaitkevich/Pexels)

  • L’ASSE, en Uruguay, subit une cyberattaque

    L’ASSE, en Uruguay, subit une cyberattaque

    L’administration des services de santé de l’État d’Uruguay (ASSE) est victime d’une cyberattaque. Un groupe de cybercriminels indique avoir eu accès au réseau interne. Ils déclarent, dans le but de prouver la véracité de leurs dires, avoir changé les mots de passe du directeur et du vice-président. Un fichier compressé de près de 100 Mo est disponible sur un célèbre forum, Breach Forums pour ne pas le citer. La ou les personnes derrière cette attaque expliquent que « les citoyens uruguayens ne méritent pas d’être escroqués ni que l’État joue avec leur santé ».

    L’administration indique enquêter sur la situation afin d’avoir plus d’informations à ce sujet. De son côté, une entité cybercriminelle déclare, dimanche 9 mars 2025 avoir eu accès au réseau interne de l’ASSE. « Depuis quelque temps, notre groupe a accès au réseau interne de l’ASSE, ce qui nous permet d’accéder à de nombreuses bases de données. » La fuite de données exposent professionnels et patients.

    Le fichier mis à disposition est de 95,6 Mo compressé pour un total de 282 documents pour un poids de 150 Mo. La base SQL affiche près de 6200 lignes de données des personnels soignants. De nombreux documents sous formats de tableurs indiquent les identités de personnes ayant effectué des tests PCR en rapport au Covid-19. Ainsi les prénoms, noms et résultats des tests sont affichés, comme le détail des facturations des personnes vaccinées ou non. (Crédits : Capture d’écran)

    Concernant les tests d’autres données sont affichées : institution, professionnel, ID, lieu, numéro d’identité, date, date de réception, médecin prescripteur, type de patient, date de naissance, prénom, nom, âge, secteur, test composite, test simple, statut, résultat, unité, plage normale, libération, date de validation… L’ASSE, quant à elle, enquête sur des allégations de piratage impliquant la possibilité de retirer ou d’ajouter des prescriptions médicales au système.

  • Une montre connectée condamne un homme pour agression sexuelle

    Une montre connectée condamne un homme pour agression sexuelle

    Alors que le chiffrement est dans tous les articles, la technologie d’une montre connectée (IoT) fait pencher la balance de la justice helvétique. Une soirée arrosée après le repas de Noël en 2023, une femme ivre est installée dans un véhicule conduit par un chauffeur Uber. La course doit amener cette personne en toute sécurité jusqu’à son domicile. Endormie, elle aurait été abusée sexuellement. Dans ces affaires, les preuves sont difficiles à obtenir. Une parole contre l’autre, un délit dit « à quatre yeux ».

    C’est au cours d’une soirée d’entreprise qu’une femme alcoolisée est placée dans un véhicule avec un chauffeur Uber. Elle doit être emmenée à son domicile en toute sécurité. Le chauffeur, un père de famille de 52 ans est condamné à 18 mois avec sursis, une expulsion du territoire helvétique de cinq ans, et, en réparation du tort moral, 8000 francs suisses sur les 10 000 demandés.

    Reconnue victime grâce à sa montre connectée

    Au cours des derniers mois, trois chauffeurs Uber ont comparu devant les tribunaux de district du canton de Zurich pour agression sexuelle sur des passagères, relate la Neue Zürcher Zeitung (NZZ). En cas d’agression, qui plus est sexuelle, c’est la parole de la victime, contre celle de l’agresseur présumé, sans témoins directs.

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    En décembre 2023, un repas de Noël est fếté au club Zukunft dans le quartier de Langstrassen. Il est le quartier le plus coloré et varié de Zürich. Au cours des années 70, il était le lieu de la prostitution et de la drogue. Mais depuis le projet « Langstrasse PLUS » de 2001 à 2011, le quartier change de visage.

    En journée, il est le lieu pour savourer plats et spécialités internationales, et faire du shopping. La nuit c’est le lieu branché par excellence, un bar après l’autre, un club suivant l’autre.

    Après le repas de Noël, elle fait la fête au club Zukunft dans le quartier de Langstrassen. Puis, alcoolisée, la victime est placée par sa patronne au sein du Uber. Ivre, elle s’endort.

    La joute entre défense et accusation débute.

    Selon les données enregistrées de la course, le véhicule est arrivé à 3 h 5. Puis une autre course est prise par le chauffeur à 4 h 5. Le chauffeur témoigne que les actes sexuels auraient duré une heure, mais refusant d’avoir des rapports avec la cliente, elle serait partie furieuse de la voiture.

    La femme quant à elle offre une autre version. La « NZZ » relate qu’elle n’a aucun souvenir dudit trajet. Ce qui la réveille est la sensation d’une langue en elle. Elle réalise qu’un homme est allongé au-dessus d’elle. Son soutien-gorge et son pantalon ouverts, elle quitte la voiture avec vivacité.

    C’est à cet instant que l’IoT entre en jeu. Sa montre possède un cardiofréquencemètre. Le tribunal accorde à l’enregistrement de son pouls une preuve à charge. Le trajet débute à 2 h 41, le pouls baisse jusqu’à 87 pulsations par minute. Il reste dans cette zone, une demi-heure après l’arrivée Puis à 3 h 35, le pouls accélère à plus de 100 pulsations par minute. (Crédits : Anna Shvets/Pexels)

    Le président du tribunal justifie la condamnation par le fait qu’il est difficile d’imaginer que la femme se soit satisfaite sexuellement pendant environ une heure, sans intervention du conducteur. Le pouls aurait dû augmenter dès l’arrivée, ce qui contredit la version de l’accusé. Ainsi, le tribunal de district de Dielsdorf condamne l’homme et père de 52 ans à une peine de prison de 18 mois avec sursis, à une expulsion de cinq ans et 8 000 francs suisses de réparation.

  • Qui est Flavien Saboureau, l’aventurier naturaliste ?

    Qui est Flavien Saboureau, l’aventurier naturaliste ?

    Il passe d’une île à une autre comme d’un continent à un autre… Flavien a parcouru plus de distance et vu de paysage que sa maman, Jocelyne. Le tout avant ses 27 printemps, qu’il a célébrés le 25 février 2025. Autant dire que des images extraordinaires composent ses rêves, quand Morphée l’enveloppe de ses bras. Le dernier voyage, dont l’histoire suivra prochainement est sans aucun doute celui qui a le plus marqué. Car partir en Nouvelle-Zélande, c’est comme un déchirement, l’abandon involontaire de certaines personnes, mais c’est une expérience qui apprend la valeur et la rareté de ceux qui nous entourent.

    Parcours initiatique d’un long fleuve pas tout à fait tranquille. De son enfance à son adolescence, sa passion le mène à emprunter les chemins et sentiers de la vie extraordinaire de la faune et flore des lieux visités. Mais à force de prendre en photo toutes les plus belles plantes, les plus beaux animaux terrestres et marins, il oublie pudiquement de croquer son portrait. Car se découvrir est une mise à nue, dans le plus simple appareil, sans avoir pour se cacher, son reflex.

    Le naturaliste Lavaucéen

    À la question, la plus basique « Peux-tu te présenter ? », Flavien, rétorque avec humilité que « depuis quelques années, suite à un hivernage d’un an et demi sur l’île Amsterdam, je me passionne pour les voyages qui mêlent aventures et sciences naturelles ». Il faut dire que comme Obélix, il est tombé dedans. Dans sa maison familiale, la nature y est omniprésente. Un cerisier, des pommiers, des ronciers pour croquer des mûres l’été… mais il y a aussi sa mare. Elle occupe des moments, qu’il ne passe pas avec ses potes durant son adolescence. Elle est située non loin de sa cabane, et est vêtue de ses plus beaux atours.

    Flavien, Londres, jardin

    Passionné par les plantes depuis tout petit, il apprécie désormais observer toutes les formes de vies. Mais avant tout, « le partage, post voyage, de ces aventures en solo avec mon sac à dos me sont apparues tout naturellement ». Lorsque vous discutez avec un amoureux de la nature, il y a forcément un sujet primordial : le réchauffement climatique. « Je ne me vois pas émettre autant de CO2 sans une contrepartie scientifique et humaine », explique Flavien.

    « Qu’est-ce qui t’amène à devenir botaniste naturaliste ? »

    S’il est intarissable pour vous compter monts et merveilles sur la très rare Moehringie d’Argentera, pour parler de lui… c’est autre chose. « Ça, c’est une question à laquelle il m’est difficile de répondre, martèle-t-il. C’est un devenir qui semblait tout tracé depuis mon enfance, je ne fais que suivre vers quoi la passion m’accompagne naturellement. »

    Mais un autre plaisir est né tardivement, l’écriture. « Le plaisir d’écrire est apparu plus récemment lui, il y a quelques années. Moi qui détestais la rédaction à l’école, le français ayant toujours été la matière qui me rebutait. » Comme quoi, toute chose évolue…

    (Crédits : Londres 2016/Flavien Saboureau)

    Mais aussi, ce que pourrait confirmer sa maman, un sens de l’orientation totalement absent, et un besoin d’être rassurer quant aux divers chemins empruntés, lorsqu’il est enfant. « J’avais tout le temps peur de me perdre quand j’étais petit, désormais c’est ce que je recherche. Il en est de même avec le français, je passe d’un extrême à l’autre. Désormais je déteste trouver des fautes dans mes récits », appuie l’amoureux de la langue de Molière.

    Une passion dévorante

    Au même degré que toute personne animée d’une passion, il n’est facile de savoir quand tout a commencé. « Difficile de connaître l’origine précise de cette passion, comme de nombreuses passions d’ailleurs. Elle est sûrement apparue dans l’enfance », se questionne Flavien. L’appel de l’extérieur, le contact de la nature, l’école buissonnière en quelque sorte.

    Car, si l’école est un passage obligé pour tout un chacun, la réussite y est fluctuante. Pour Flavien, les bancs de l’école ne sont pas sa tasse de thé. Puis, lorsqu’enfin, comme chaque enfant, la société lui en laisse le temps, il trouve enfin sa voie. « Quand je me suis rendu compte que je réussissais et que ça me plaisait… j’ai foncé tête baissée, mais sans m’en rendre compte. »

    « Après l’Amérique du Sud et ton retour en mars 2024, as-tu exploré d’autres lieux, à la recherche de la fleur parfaite ? »

    « Difficile de tenir en place après de si longs voyages. Je n’ai pas pu m’empêcher de barouder dans plusieurs massifs français : le Jura, la Chartreuse, les Écrins, le Queyras, le Mercantour, les Pyrénées, mais aussi en Espagne, dans la Sierra Nevada à la recherche d’espèces qui me font de l’œil depuis de nombreuses années. »

    Il a pu observer, pour ne citer qu’elle, la très rare Moehringie d’Argentera (Moehringia argenteria) dans le Mercantour. Sans oublier la magnifique Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus) dans le Jura.

    Mais de tels voyages possèdent néanmoins des inconvénients, et surtout un soupire l’aventurier. « La différence de ces voyages lointains, c’est qu’ici je partage ces excursions avec des amis. La solitude, ça va un moment ! » Un message qui ne tombera sûrement pas dans l’oreille d’une sourde.

    « Quelles sont tes motivations à parcourir le monde pour observer l’ensemble de la flore ? »

    « L’excitation de la découverte », répond-il. Personne ne peut partir à l’aventure sans rigueur. « Mes voyages étant un minimum préparé je sais à quoi m’attendre ; mais aucun voyage n’y déroge, je me fais surprendre à chaque fois par des espèces que je n’imaginais pas voir. » (Crédits : Moehringia argenteria/Flavien Saboureau)

    Flore, rareté, Moehringie d’Argentera

    « Aussi, j’ai l’impression de faire ce qui, petit et adolescent, me faisait rêver dans les documentaires que je regardais, quand je n’étais pas dehors. Sans oublier le plaisir de l’aventure… je ne sais pas lequel est un prétexte pour l’autre », sourit Flavien qui a choisi, jusqu’à présent, de « vivre ses rêves et non rêver sa vie ».

    Vers l’infini et… la Nouvelle-Zélande

    Quand les « fourmis » gagnent vos jambes, c’est que vous êtes resté trop longtemps assis dirait un sage. Flavien, habité par sa passion, rêve d’un autre lieu, celui que tous nomment « le paradis des naturalistes » : La Nouvelle-Zélande. Enfin, plus précisément les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande, à savoir les îles des Antipodes, îles Auckland, îles Bounty, îles Campbell et les îles Snares…

    Flavien, Amsterdam, hivernage

    « As-tu un projet semblable à celui effectué en Amérique du Sud ? Si oui, quand et pourquoi ? »

    « Oui, j’aimerais rallier les îles subantarctiques, au sud de la Nouvelle-Zélande, le dernier grand groupe d’îles subantarctiques où je n’ai pas encore posé le pied et mon appareil photo », explique-t-il.

    Les paysages, comme les lieux et ses habitants sont uniques. « Bio et géographiquement, elles n’ont pas grand-chose à voir avec celles que j’ai déjà visitées, et la surprise s’annonce alors encore plus grande. » C’est aussi l’occasion de passer du temps en Nouvelle-Zélande, le paradis du naturaliste.

    Sauf « qu’il n’a pas été simple de trouver le moyen d’y aller et cela va me coûter cher, mais je pars début décembre (2024) ! »

    Les objectifs sont quelque peu similaires au précédent voyage : relever le maximum d’espèces et les photographier sous toutes les coutures… pour participer au recensement du vivant et nourrir des projets encore en genèse. « Sans oublier de me créer des souvenirs inoubliables avec des aventures qui sortent des sentiers battus, plus ça va plus cela m’oppresse de trouver foule en pleine nature. »

    « As-tu pour projet de publier un livre ? »

    « Je suis déjà engagé dans la production et la publication de deux livres. L’un sur la flore des Terres Australes Françaises et l’autre sur l’île Amsterdam. Je veux déjà terminer ces deux beaux projets en 2025 avant de m’aventurer vers un nouveau travail. »

    « Mais oui, pour répondre à ta question. J’ai l’idée d’un livre. Un ouvrage dédié à la biodiversité des îles subantarctiques. Ça me traverse l’esprit depuis mes premiers pas sur ces îles méconnues. » (Crédits : Île Amsterdam-2022/M. Reveillas)

    Cependant, pour parvenir à tel ouvrage, qui serait inédit, mais qui demanderait des années de travail, « il me faut me rendre sur une grande partie de ces îles pour pouvoir être légitime à la réalisation de ce genre de travaux ». Sauf que l’expérience de vie accumulée par Flavien, laisse des traces. Des rencontres sont parfois détonantes dans la vie d’un jeune homme, même pour quelqu’un comme Flavien habitué aux voyages : ce genre de rencontre qui bouleverse l’ordre établi. À suivre…

  • Une faille dans le réseau Find My de Apple

    Une faille dans le réseau Find My de Apple

    Des chercheurs de l’université George Mason ont découvert un moyen, pour quiconque, de localiser quasiment n’importe qui, ou plus précisément quelques ordinateur ou appareil mobile. Ils baptisent cette faille « nRootTag ». Cette attaque utilise l’adresse Bluetooth d’une machine combinée au réseau Find My d’Apple pour transformer les appareils cibles en balises de localisation involontaires. Une trouvaille de taille qui pourrait ravir les services de police à travers le monde, comme toute personne malveillante usant de phishing, de ransomware.

    Pour comprendre l’impact, il suffit de simplifier. « Cela revient à transformer n’importe quel ordinateur portable, téléphone ou même console de jeu en Air Tag Apple, sans que le propriétaire s’en rende compte », explique Junming Chen, auteur principal de l’étude. Hacker quelque chose est le détourner de son utilisation première, dans un contexte général.

    Trouve-moi… si tu veux

    L’histoire possède un relent de déjà-vu. Auparavant en 2021, des individus malintentionnés détournent l’utilisation première d’un Air tag. Quelques mois plus tard, une personne télécommande des voitures de marque Tesla, situées aux États-Unis, à partir d’un smartphone au Portugal. « Et le pirate peut faire tout cela à distance, à des milliers de kilomètres de distance, avec seulement quelques dollars ». L’équipe de Qiang Zeng et Lannan Luo, professeurs associés au département d’informatique de l’université George Mason, ainsi que Chen et Xiaoyue Ma, doctorants ont découvert que l’attaque fonctionne en faisant croire au réseau Find My d’Apple que l’appareil cible est un AirTag perdu.

    Table, œuf, fourchette

    L’Air Tag est un IoT que vous pouvez accrocher à un autre précieux à vos yeux : votre porte-monnaie, clefs… peut-être votre vie privée, voire bien, plus. Ici, l’AirTag envoie des messages Bluetooth aux appareils Apple situés à proximité, qui relaient sa position à son propriétaire pour qu’il puisse le localiser. Rien d’anormal, jusqu’ici.

    La méthode d’attaque des chercheurs peut transformer un appareil (ordinateur de bureau, smartphone, IoT) en « AirTag » sans l’autorisation d’Apple. C’est alors que ledit réseau commence à le suivre.

    Ainsi dans le protocole, ils ont été en mesure de faire des expériences « pas piquées des hannetons ». Après avoir contourné le chiffrement des adresses Bluetooth d’Apple, via d’une grande puissance de calcul, la cyberattaque est active.Ils localisent un ordinateur stationnaire à trois mètres près, suivent l’itinéraire d’un vélo électrique en mouvement, reconstituent la trajectoire exacte et identifient le numéro de vol d’une console de jeu embarquée dans un avion.

    « Si le piratage de votre serrure intelligente est effrayant, il l’est encore plus si l’attaquant connaît également son emplacement. Avec la méthode d’attaque que nous avons introduite, l’attaquant peut y parvenir ».

    Ce qui est inquiétant est hormis le taux de réussite est de 90 % et la capacité à suivre les appareils en quelques minutes, c’est que cette technique ne nécessite pas d’augmenter ses privilèges d’utilisateur à administrateur ou « root ». Procédure somme toute habituelle pour un tel accès au système.

    (Crédits : Omran Jamal/Pexels)

    Les chercheurs ont d’ores et déjà averti la firme à la pomme en juillet 2024, dont une mise à jour de sécurité à suivi. Ils ont démontré que l’attaque fonctionne également sur les ordinateurs et les appareils mobiles sous systèmes Linux, Android et Windows, ainsi que sur plusieurs téléviseurs intelligents et casques VR. Ce qui est préoccupant est les conséquences possibles sur la vie privée. Des personnes malveillantes pourraient facilement employer cette technique à des fins de traque, de harcèlement, d’espionnage d’entreprise ou de menaces pour la sécurité nationale, et commercial. Les groupes de marketing, de publicité pourraient établir le profil des utilisateurs sans dépendre du GPS de l’appareil.

  • La conférence de Berlin

    La conférence de Berlin

    Le 26 février 1885, une conférence prend fin. Elle est celle de Berlin, qui est déterminante pour comprendre le découpage actuel du continent africain. Le but premier est d’éviter de se déchirer, entre Européens, lors de la course à la colonisation. Bien entendu, aucun représentant de l’Afrique n’est présent à la conférence. L’objectif est, déjà il y a 140 ans, les ressources que ce continent offre. Ainsi il sera question d’un accord sur les règles de la colonisation, donc du partage du continent africain. Quel est le contexte de ces années ? Quelles sont les conséquences ? Est-ce la première colonisation ?

    Les conflits entre les ethnies africaines ne cessent depuis que sa souveraineté lui est ôtée. L’Afrique dépouillée de sa souveraineté et de son indépendance au profit des puissances occidentales, ici européennes. Le continent est assailli, scindé en colonies de dimensions disparates. Sa physionomie passée sous scalpel chirurgical offre un visage remodelé, sans tenir compte des entités politiques préexistantes. La colonisation débute en 1880. Avant plus de 90 % du continent est dirigé par des Africains. Vingt ans plus tard, l’Afrique entière, hormis le Liberia et l’Éthiopie, est sous domination européenne.

    Un partage de l’Afrique sans les Africains ?

    Bismarck, un couteau à la main, qui a la volonté de découper un gâteau estampillé Afrique est une image d’Épinal. Or, la rencontre diplomatique de quatorze nations, a tout de même contribué à définir les règles communes pour de futures acquisitions territoriales. Au XIXe siècle, la monarchie de Juillet en France intensifie ses efforts coloniaux avec la conquête de l’Algérie en 1830. Cette entreprise marque le début d’une présence européenne plus profonde sur le continent, dépassant les simples comptoirs côtiers pour s’étendre à l’intérieur des terres.

    Afrique, continent, superficie

    L’objet de la conférence de Berlin est de procéder au règlement pacifique des litiges aux conquêtes coloniales.

    La conférence de Berlin n’a pas pour objet le partage de l’Afrique, mais un mécanisme d’appropriation des ressources. « […] si on regarde les textes et la réalité de ce qui s’est passé à l’époque : il n’y a pas eu de partage de l’Afrique lors de la conférence de Berlin », explique l’historienne Camille Lefèbvre (Institut des mondes africains) en 2010 à DW.

    Pour autant l’Allemagne et la France forment le duo concernant l’organisation de ladite conférence. D’ailleurs, les discussions se déroulent en français, selon les règles de la diplomatie internationale de l’époque. Le motif est de déterminer les taxes et barrières douanières établies par le Portugal et le Royaume-Uni à l’embouchure du fleuve Congo.

    À mots couverts, la conférence de Berlin se voit attribuer de fixer les conditions de la prise de possession de terres nouvelles, la colonisation sans le dire.

    (Crédits : Magda Ehlers/Pexels)

    « On donne d’abord à une compagnie privée ou à des commerçants un droit spécial qui lui permet de travailler, de faire du commerce avec telle ou telle région. Et c’est seulement au fil du temps, dans les années 1880 ou 1890, que les États européens ont pris de plus en plus en main, avec leurs propres militaires, avec leur propre administration, des colonies privées », relate Jakob Vogel, professeur d’histoire à l’Université de Cologne à DW.

    Quelles sont les conséquences ?

    Les puissances européennes établissent des règles visant à éviter les conflits entre elles, lors du partage du continent africain. Cette conférence aboutit à une division arbitraire de l’Afrique, sans considération pour les réalités ethniques, culturelles ou géographiques : le colonialisme républicain. Cela pose les bases de nombreuses tensions et conflits qui perdurent encore aujourd’hui.

    C’est à travers quelques points que se dessine le futur. La déclaration sur le commerce dans le bassin du Congo, la traite des esclaves, la navigation sur les fleuves Congo et Niger et les conditions pour occuper de nouvelles terres sur le continent africain.

    Les dernières décennies du XIXe siècle, l’Afrique est l’objet de négociations. Des décisions diplomatiques engendrent des commissions envoyées sur place. Un bornage bien qu’européens, certains points sont « le reflet de dynamiques historiques anciennes et propres au continent africain ».

    Les violences des conquêtes nommées « pacification », existent dans un but simple : faire taire toute contestation. Au début du XXe siècle, le partage est complet, sauf pour l’Éthiopie et le Liberia qui conservent leurs indépendances.

    (Crédits : Erich Röthlisberger/Pixabay)

    Baobab, Afrique, éléphants

    Tandis que la Première Guerre mondiale est sur le point d’éclater, les frontières des pays en Afrique sont créées. La défaite de l’Allemagne l’oblige à céder ses colonies. La France et la Grande-Bretagne se taillent la part du lion. Le Portugal, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne occupent des territoires moins importants, mais vastes. Les années 1960 voient l’émancipation des pays africains. Les frontières coloniales devenues intangibles sont adoptées par l’Organisation de l’unité africaine (OUA), sauf pour la création du Soudan du Sud en 2011.

    Première colonisation de l’Afrique ?

    Avant la Conférence de Berlin de 1884-1885, l’Afrique avait déjà été le théâtre de plusieurs vagues de colonisation. Dès le XVIIᵉ siècle, sous l’ancien Régime, des puissances européennes comme la France avaient entrepris des conquêtes coloniales, notamment en établissant des comptoirs le long des côtes africaines pour le commerce des épices, de l’or et des esclaves. Ces premières implantations étaient principalement motivées par des intérêts économiques et stratégiques, visant à contrôler les routes commerciales et à exploiter les ressources locales.

    Conférence, dessin, Berlin

    Pour autant l’Histoire indique que la migration des peuples à la recherche de terres fertiles pour leurs survies ne date pas d’hier. Les Égyptiens (vers -3000 av. J.-C.) influent sur la Nubie et le Soudan actuel. Les Phéniciens fondent Carthage (vers -1100), la Tunisie actuelle. L’Empire romain détruit Carthage et annexe l’Afrique du Nord.

    Une colonisation arabe du VIIe siècle au XVIe siècle, dû à l’expansion de l’Islam. L’Afrique du Nord est conquise, l’ouest est sous influence pour des routes commerciales transsahariennes.

    Les Européens arrivent qu’à partir du XVe siècle. Les Portugais établissent des comptoirs en Afrique de l’Ouest (Cap-Vert, Angola, Mozambique), Espagnols, Hollandais et Britanniques suivent pour le commerce des esclaves ou l’or. (Crédits : L’Illustration/BnF)

    Les Français et Anglais prennent pied en Algérie et Égypte. L’Afrique du Sud voit les Hollandais s’installer en 1652, puis les Britanniques en 1806 prennent le contrôle. La France s’empare de l’Algérie de 1830 à sa libération avec les accords d’Évian en 1962. Le canal de Suez est sécurisé par l’expansion des colons britanniques en 1882. L’Afrique est le théâtre de conflits, de guerres de territorialité et de prises de pouvoir depuis la nuit des temps. Mais l’Homme ne retient que sa propre histoire, sans forcément en tirer des leçons pour le futur, et à court terme.