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  • La déclaration d’indépendance de la Corse

    La déclaration d’indépendance de la Corse

    Au XVIIIe siècle, la Corse est sous domination génoise. Lassé de cette tutelle, le peuple corse, mené par Pascal Paoli, se soulève contre Gênes. Le 15 avril 1755, après plusieurs années de lutte, l’île proclame enfin son indépendance. Paoli met alors en place un gouvernement autonome avec une constitution démocratique, inspirée des Lumières. C’est l’une des premières constitutions modernes d’Europe, garantissant séparation des pouvoirs et suffrage universel masculin. Qu’est-ce qui a mené à cette proclamation et quelles en furent les conséquences ?

    Saviez-vous que la Corse a été indépendante au XVIIIe siècle ? Non bien évidemment, à moins que vous soyez historien ou Corse. Le 30 janvier 1735, réunie à Orezza, la Consulta (assemblée) proclame l’indépendance de la Corse. Elle rédige un projet de constitution et se dote d’un hymne national. Sous la conduite de Pascal Paoli, la Corse devient un État à part entière. Cette période, souvent méconnue, est un symbole12 fort de l’identité et de l’Histoire corse : « Souvent conquise, jamais soumise ».

    Quand la Corse proclame son indépendance

    Dans la Castagniccia, cœur de la révolte corse, la récolte de châtaignes fut excellente en 1729. La pauvreté des résidents est telle, que la vente de l’excédent de la récolte sert à gagner quelques pièces. Monnaie nécessaire pour payer la taille, et ses arriérés. La remarquable moisson plonge le prix de la châtaigne dans les abîmes ; les autres récoltes sont catastrophiques, il n’en faut pas plus pour créer famine et disette. Cet ensemble anéantit les derniers espoirs des habitants, et nourrit le cœur de la révolte. Des violences conduisent à la mort de centaines de personnes. Les Corses réclament une réaction pour enrayer cette vague de violence.

    Déclaration, officiel, Corse

    La République de Gènes, qui n’est plus en odeur de sainteté sur l’Île, interdit les armes. Mais le port d’armes est soumis à un impôt. Pour pallier le manque à gagner, une nouvelle taxe apparaît : le Due Seini.

    Le 27 décembre 1729, le lieutenant de Corte ramasse le nouvel impôt. Dans la piève du Bozio, il demande à un habitant de Bustanico le paiement de la « Due Seini ». Le vieillard est accusé de donner une fausse pièce. Le récoltant menace de saisir de l’ensemble de ses biens. La légende raconte qu’il serait monté sur un tonneau et aurait harangué les villageois. Tout se passe dans le Deçà des Monts, dans le Bozio. L’insurrection contre la domination génoise débute3.

    Les nouvelles se répandent comme une traînée de poudre, tandis que la collecte se poursuit. Les frères Carbuccia, Domenico et Antonio arrivent au village de Poggio. L’un pour récolter la taille et ses arriérés, l’autre avec 50 soldats. Le premier se fait chahuter, le second et les militaires seront désarmés, dispersés.

    Antonio Domenico enfermé est libéré sous les quolibets des villageois. La rébellion monte crescendo jusqu’en juillet 1731 Gênes appelé à la rescousse. L’empereur allemand Charles VI de Habsbourg envoie 8000 hommes sous le commandement du baron de Wachtendonck. Grâce à ces renforts, la République soumet les notables corses.

    La « paix » fragile se rompt dès 1734. La guerre reprend à l’initiative du général Giacinto — ou Hyacinthe — Paoli. Il n’est autre que le père de Pascal, le futur « Père de la Patrie ». Sous l’impulsion du général en chef, Pasquale Paoli, la Corse devient un État à part entière et indépendant de la République de Gênes.

    (Crédits : Assemblea di Corsica)

    En 1755, il dote l’île d’une constitution qui institue un gouvernement élu par le peuple. Il prévoit également des libertés fondamentales. La Constitution corse reconnaît le droit de vote aux personnes de plus de 25 ans. Deux siècles avant la France, les femmes (veuves ou célibataires) possèdent le droit de vote. Elles peuvent élire, au niveau des Consultes communales, les délégués de la Diète. La Corse reste convoitée, si bien qu’en 1768, Gênes cède l’île à la France via le traité de Versailles. Pascal Paoli résiste face à l’armée française. En 1769, l’armée de Louis XV emporte la bataille de Ponte-Novu. La Corse est depuis intégrée au royaume de France, après une indépendance de près de 14 ans.

    Un héritage encore vivant aujourd’hui

    Si l’indépendance n’a duré que 14 ans, son impact reste prégnant dans l’identité insulaire. Aujourd’hui encore, l’épisode paolien, père et fils inspire de nombreux mouvements autonomistes et indépendantistes corses. Le souvenir de cette expérience unique continue d’alimenter les débats sur le statut de l’île.

    Pascal Paoli, lors de sa fuite vers l’Italie en 1768, 300 fidèles le suivent. Parmi eux, Carlo-Maria de Buonaparte son aide de camp et avocat à Ajaccio, avec Letizia son épouse de 18 ans, enceinte de sept mois… Les larmes et supplications font qu’elle donne naissance, en Corse à son fils… Napoléon.

    Si l’histoire de Pascal Paoli ne se clôture pas comme il le souhaitait, il laisse un héritage conséquent. La Corse frappe sa monnaie à Murato en 1763, le Soldo. Son université à Corte est fondée par un édit de Paoli en 1764, elle ouvre une année plus tard.

    La Constitution corse, adoptée le 18 novembre 1755 est considérée par certains comme la première de l’histoire moderne. Elle aurait inspiré un Nouveau Monde, les États-Unis pour leur Constitution. (Crédits : La citadelle de Corte par Raymond Fani/Pixabay)

    Citadelle, Corte, Corse

    L’indépendance de la Corse en 1755 est un épisode fascinant, pour mieux comprendre l’île de Beauté. Si l’expérience d’indépendance est stoppée par la France, via le traité de Versailles de 1768, elle continue cependant d’influencer sur sa politique et l’identité corse.

    1. https://www.francebleu.fr/emissions/storia/rcfm/storia-la-revolution-corse-premiere-partie-1729-1737 ↩︎
    2. https://www.francebleu.fr/emissions/storia/rcfm/storia-revolution-de-corse-deuxieme-partie-1738-1755 ↩︎
    3. https://www.albiana.fr/fr/periode-moderne/85-1729-les-corses-se-rebellent-periode-moderne.html ↩︎
  • Cissé, championne d’Europe

    Cissé, championne d’Europe

    Une municipalité française est championne d’Europe : la commune de Cissé. Elle est située dans la Vienne, au cœur du Poitou-Charentes. Au sein des nouvelles régions, elle est sur le podium avec la deuxième place de la Nouvelle-Aquitaine. Hormis sa tranquillité, sa proximité avec le chef-lieu de département qu’est Poitiers, son cadre bucolique… Elle possède une particularité qui lui procure le sentiment d’être unique sur le continent européen. Sauriez-vous deviner laquelle ?

    Elle porte le même patronyme que de nombreuses personnes africaines, il est en effet courant au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Gambie, Guinée, Mali, Mauritanie et Sénégal. Ce n’est pas en cela qu’elle est unique. Quatre villes, dont trois au Burkina Faso, arborent ce nom, mais en quoi la Française est singulière ?

    Championne du jumelage


    La spécialité de la commune de Cissé est son engagement envers les communes européennes. Comme l’indique la maire, Annette Savin, Cissé est jumelée avec 27 communes de l’Europe, et d’autres si des pays viennent à rejoindre l’Europe.

    L’histoire commence officiellement le 25 juin 1989, avec M. Michel Bouchet, précédent édile de la commune. « C’est Michel Bouchet […] qui a eu cette idée de suivre l’avancée de la Communauté économique européenne (CEE) en jumelant une commune de chaque pays membre », explique l’édile Mme Annette Savin.

    Adjointe à cette époque, l’effervescence n’y est pas, mais « […] en s’y mettant, on a vite pris le pli pour mener à bien le projet. »

    Alors que la chute du mur de Berlin occupe l’ensemble de l’information européenne, et pour cause, Cissé est jumelée avec douze communes. Chemin faisant, le nombre double pour atteindre 27. La dernière en date est Tisno en Croatie en 2013.

    (Crédits : Darya Sannikova/Pexels)

    La motivation d’un tel nombre de villes jumelées est l’envie que les Cisséennes et Cisséens appartiennent à quelque chose de plus grand. « Ici on est vraiment isolés, loin de tout. On n’a pas de frontière proche. […] Avec tous ces contacts à travers les frontières, c’est comme si on n’était plus tout seuls dans notre Poitou », martèle Annette Savin.

    La genèse du jumelage

    Au dernier recensement, en 2016, il existe environ 20 000 jumelages. Mais la naissance de ce phénomène remonte aux années 50. La Seconde Guerre mondiale vient de clôturer. Les stigmates et plaies sont béants. Jean Bareth, secrétaire général du Conseil des communes d’Europe, définit le jumelage tel que « la rencontre de deux communes qui entendent s’associer pour agir dans une perspective européenne […] et pour développer entre elles des liens d’amitié de plus en plus étroits ».

    Le premier s’effectue entre Montbéliard et Ludwigsburg. Si tous veulent voir la réconciliation, c’est Coventry et Stalingrad qui se lient en 1944, puis Caen (1946), Kiel et Lidice (1947), Varsovie (1957) et Dresde (1959).

    Certains jumelages sont décrétés dans les hauteurs du pouvoir, alors que les plaies de la 2de Guerre mondiale sont encore prégnantes. Les jumelages polono-est-allemands (Rostock et Szczecin en 1957) sont un parfait exemple.

    Déjà en 1913, Brugg (Suisse) et Rottweil (Allemagne) conclus un partenariat, pour aboutir au jumelage en 1918. Dans les années 1950 et 1960, la volonté est au rapprochement des peuples, qui à se détourner du passé. Depuis les années 1990, la chute du mur de Berlin et ses conséquences… Les jumelages européens se réalisent au nom du refus de l’oubli et de la réconciliation. (Crédits : Ieva Brinkmane/Pexels)

    Pourtant, le premier jumelage remonte à l’année 836. Lorsque Louis le Pieu instauré entre les villes du Mans et de Paderborn une relation religieuse. Cette relation est considérée comme la plus ancienne forme de jumelage en Europe. Il faudra attendre plus de 1000 ans pour que le jumelage soit effectif entre ces deux communes, en 1967. Votre ville est-elle jumelée avec une autre ?

  • Le site du ransomware 8Base saisi

    Le site du ransomware 8Base saisi

    Une opération judiciaire internationale conduit à la saisie du site vitrine du ransomware 8Base. Quatre personnes sont arrêtées à Phuket, en Thaïlande dans le cadre de l’opération « Phobos Aetor » le 10 février 2025. Cette opération policière vise les cybercriminels derrière le ransomware Phobos. Le quatuor est accusé d’avoir mené des cyberattaques envers plus d’un millier d’entités. Ils auraient ainsi extorqué plus de 16 millions de dollars en bitcoin. La même intervention se saisit du site vitrine du ransomware 8base sur le darkweb.

    La première capture de l’opération est le créateur et administrateur de Phobos. Il est extradé le 4 novembre 2024 de Corée du Sud vers les États-Unis. Le 18 novembre, le ministère de la Justice américain révèle son identité : Evgenii Ptitsyn, 42 ans de nationalité russe.

    Quatre arrestations à Phuket

    Le ransomware Phobos, par l’intermédiaire de ses filiales, a fait plus de 1 000 victimes. Elles sont des institutions publiques et privées aux États-Unis, comme partout dans le monde. L’extorsion à travers les rançons payées en cryptomonnaie est de plus de 16 millions de dollars.

    Arrestation, police, Thaïlande

    Le ransomware 8base connu depuis le printemps 2022 revendique 455 victimes. Les dernières connues sont l’établissement St Nicholas au Brésil, la commune belge Héron, mais aussi le cabinet Jean Louvel Saoudi et l’entreprise FIO, ces deux derniers sur l’hexagone.

    L’opération judiciaire internationale se saisit du site vitrine du rançongiciel 8Base. La brigade de lutte contre la cybercriminalité de la préfecture de Paris est l’une des forces à y avoir participé.

    L’arrestation et l’extradition du fondateur en novembre 2024 ont sans doute permis de découvrir des liens. Ces liens sont avec toute vraisemblance, à l’origine du démantèlement du ransomware et de l’arrestation des quatre personnes présumées. Leurs identités sont logiquement encore inconnues, car l’enquête se poursuit.

    (Crédits : DR)

    La police thaïlandaise a saisi plusieurs téléphones mobiles, ordinateurs portables et portefeuilles numériques, soit un total de quarante pièces à conviction. Les suspects sont accusés de complot en vue de commettre une infraction contre les États-Unis et de complot en vue de commettre une fraude électronique. Ces arrestations font suite à une demande de la part des autorités suisses et des États-Unis, impliquant des mandats d’Interpol pour les suspects européens qui étaient entrés en Thaïlande dans le cadre d’une organisation criminelle transnationale.

    Site vitrine du ransomware 8Base saisi

    L’opération internationale visant le gang du ransomware Phobos, conduit à l’arrestation de quatre personnes à Phuket, en Thaïlande : deux femmes, deux hommes. Un coup supplémentaire est porté avec la saisie des sites de 8Base sur le dark web. Les suspects sont accusés d’avoir mené des cyberattaques contre plus de 1 000 victimes dans le monde.

    Les personnes arrêtées sont Européennes. Ils auraient extorqué à leurs victimes 16 millions de dollars en bitcoins. L’opération de police, dont le nom de code est « Phobos Aetor », a donné lieu à des descentes coordonnées sur quatre sites (Mono Soi Palai, Supalai Palm Spring, Supalai Vista Phuket, and Phyll Phuket x Phuketique Phyll), où des pièces ont été saisies pour être analysées.

    Les paiements de rançon ont été blanchis sur des plateformes de mélange de cryptomonnaies, ce qui a rendu plus difficile pour les forces de l’ordre de retrouver leur portefeuille final, relate Bleeping Computer.

    En 2023, le ministère américain de la Santé et des Services sociaux a averti que les opérateurs de 8Base ciblaient des organisations du monde entier, sans limites.

    « Selon les attaques du groupe, 8Base cible principalement les PME basées aux États-Unis, au Brésil et au Royaume-Uni. Les autres pays touchés sont l’Australie, l’Allemagne, le Canada et la Chine, entre autres. Il est à noter qu’aucun pays de l’ex-Union soviétique ou de la CEI n’a été ciblé », explique le bulletin du HHS, en page 4. (Crédits : DR)

    Police, ransomware, 8Base

    Dans un message publié sur son site de fuite du dark web avant le démantèlement de cette semaine, 8base se décrivait comme des « pentesters honnêtes et simples », indique Techrunch. Mais avant de crier victoire, il faut raison garder. Car le retour d’expérience de l’opération sur le ransomware LockBit rappelle que de couper une tête sur une hydre, n’est pas concluant.

  • Natohub, hacker et étudiant de 18 ans arrêté en Espagne

    Natohub, hacker et étudiant de 18 ans arrêté en Espagne

    Une opération conjointe de la police nationale et de la Guardia Civil a permis d’appréhender un hacker présumé. Le jeune homme de 18 ans est connu sous le pseudo de Natohub. Il serait responsable de plus de 40 cyberattaques contre des organisations stratégiques ibériques et internationales. L’enquête débute en 2022 pour finaliser son arrestation mardi 28 janvier 2025. De nombreux équipements informatiques sont saisis (en cours d’analyse), ainsi que des cryptomonnaies.

    Arrêté dans sa ville de résidence, Calpe dans la province d’Alicante, le jeune homme est présumé être l’auteur de plus de 40 cyberattaques. Les faits qui lui sont reprochés sont les faits de découverte et de divulgation de secrets, d’accès illégal à des systèmes d’information, de dommages informatiques et de blanchiment d’argent. Les actions sont perpétrées contre le ministère de la Défense, la Fabrique nationale de la monnaie et du timbre (FNMT-RCM), la Generalitat Valenciana, la DGT et la Guardia Civil, entre autres. Les agents trouvent sur place une grande quantité de matériel informatique, lors de son arrestation.

    « Natohub » placé en détention

    Lors de la perquisition à son domicile, du matériel informatique en grande quantité est saisi. Il est en cours d’analyse par des spécialistes, explique le ministère de l’Intérieur espagnol. Il n’est pas exclu de trouver des preuves concernant d’autres actes.

    « Natohub » possède plus de 50 comptes de cryptomonnaies avec différents types de cryptoactifs. Dans un souci de rester le plus invisible possible, il a changé de pseudo, à au moins trois reprises (Natohub, M100 ou DSF).

    Il a volé et vendu des informations telles les bases de données de la Guardia Civil et de l’OTAN.

    « Une enquête complexe et exhaustive menée par la police nationale et ses collègues des forces armées a abouti à l’arrestation de ce cybercriminel qui était dans le collimateur des agents depuis des mois », explique La Razón. Il est libéré après le règlement de sa caution et lui avoir retiré son passeport. (Crédits : Policia Nacional/Guardia Civil)

    Au début de l’année 2024, la société — Medios de Prevención Externos Sur SL — en charge des examens médicaux des forces de l’ordre est attaquée. Les données volées sont vendues sur le Dark Web. Puis une nouvelle fois, les forces armées sont la cible d’une attaque cyber le 28 décembre 2024. Les données exfiltrées sont les courriels professionnels, leurs prénoms et noms, et leurs numéros d’identification (TIP), le RIO en France ; ce qui représente 160 000 identités.

    Qui est « Natohub » ?

    Si sa remise en liberté est effective, une enquête est en cours auprès du 54e tribunal de Madrid, mais son identité reste secrète le temps de l’instruction tout au moins. Qui est donc « Natohub » ? En mars 2020, le confinement est décrété partout en France comme en Espagne, suite à la pandémie de Covid-19. Connu sous les pseudonymes Natohub, M100 ou DSF, il commence à s’intéresser à la cybersécurité et aux systèmes d’information, il n’a que 13 ans.

    Il acquiert, en autodidacte les connaissances nécessaires pour pénétrer des organisations internationales et nationales telles que l’OTAN et la Guardia Civil. Mais aussi les capacités à voler des données et informations sensibles puis à les vendre sur des forums dédiés. Bien que ses principales cyberattaques soient dirigées contre l’armée et les forces de l’ordre. Il n’y aurait aucune motivation idéologique.

    Suite à la plainte auprès de la Policia Nacional, d’une association de guides touristiques, l’enquête débute en février 2024. Grâce à une trace oubliée sur un portail mal configuré, ils remontent le fil jusqu’à son arrestation. Il découvrent alors un étudiant de 18 ans ordinaire, dans un foyer familial ordinaire. (Crédits : La Razón)

  • La naissance de l’Académie française

    La naissance de l’Académie française

    Il y a près de quatre siècles que le cardinal de Richelieu signe les fondements de l’Académie française. Du haut Moyen Âge au début du XVIIe siècle le langage français prend ses lettres de noblesse. Il passe d’un état vulgaire à l’égalité en termes de dignité face au latin. L’évolution de la société admet les femmes à siéger au sein de l’institution. La première d’entre elles est Marguerite Yourcenar, en 1980. La première tentative est issue de Jean le Rond d’Alembert qui en 1760 propose la candidature de Julie de Lespinasse.

    En 1629, neuf personnalités décident de se rencontrer, une fois par semaine, chez l’une d’elles, Valentin Conrart. Le groupe littéraire, dit « cercle conrart » se rassemble au 135 de la rue Saint-Martin. Son domicile parisien s’impose, car il est le plus facile d’accès. La rue fait désormais face au Centre Pompidou. La première assemblée ayant fait l’objet d’un compte rendu signé par Conrart date du 13 mars 1634. Le nom usuel « Académie française » est adopté huit jours plus tard. Les membres se dénomment « académistes », puis « académiciens » dès le 12 février 1635.

    L’Académie française : un projet de Richelieu

    Quinze jours auparavant, le 29 janvier 1635, le cardinal Richelieu, ministre de Louis XIII, décide de donner un cadre officiel à ce cercle d’érudits : l’Académie française est née. Cette naissance est jalonnée d’étapes. La première se trouve être les serments de Strasbourg en 842. La seconde rédigée par François 1er en 1539, est l’ordonnance de Villers-Cotterêts. Né François d’Angoulême, il fait du français la langue administrative et judiciaire commune à l’ensemble du royaume. Le français remplace le latin.

    Académie, costume, France

    Richelieu est conscient de l’importance de la langue dans le rayonnement du royaume. Il officialise ces rencontres par un arrêt du Conseil et leur attribue un statut unique. L’Académie française, composée de 40 membres appelés les « Immortels » est née. Elle en compte depuis sa création 742. Sur les 36 sièges occupés, six sont occupés par des femmes (onze au total). Le fauteuil 3 est déclaré vacant depuis le 23 janvier 2025. La vacance n’est pas encore déclarée pour les 11, 14 et 22.

    Les missions de l’Académie : garantir l’unité et l’élégance du français. Au XVIIe siècle, la langue française est en pleine expansion en Europe. Richelieu saisit l’importance diplomatique et littéraire du français. Il peut devenir une langue diplomatique, à condition qu’elle soit rigoureusement codifiée. L’Académie devient un instrument stratégique de pouvoir « doux ». Cela renforce l’influence culturelle et politique de la France sur le continent européen. (Crédits : Glotz/Wikipedia)

    Dès ses origines, l’Académie française s’est vu confier plusieurs tâches essentielles. L’une d’entre elles, la rédaction d’un dictionnaire destiné à fixer et enrichir la langue vivante. Le premier « Dictionnaire de l’Académie française » paraît en 1694, marquant un tournant dans la normalisation du français. Aujourd’hui encore, l’Académie ne cesse de publier des éditions actualisées, reflétant l’évolution naturelle de la langue tout en préservant ses bases.

    Une évolution qui traverse les âges

    Depuis sa fondation, l’Académie française traverse monarchies, révolutions et républiques, en adaptant ses pratiques aux besoins de chaque époque. De nouvelles questions se posent aujourd’hui, notamment sur l’intégration de mots issus d’autres cultures ou de l’univers numérique. Mais, sa vocation reste inchangée : veiller sur la langue française tout en respectant son dynamisme et sa diversité. Le premier dictionnaire débute son écriture en 1638, il est achevé en 1694. La neuvième édition est achevée. Elle se compose de quatre tomes. Le premier de A à Enzyme (1992), de Éocène à Mappemonde (12/2000), de Maquereau à Quotité (11/2011), enfin de R à Z + addenda des tomes 1 à 3 (11/2024).

    Lors de sa dernière parution, elle heurte la sensibilité de certains. Un collectif de linguistes s’insurge à travers dix points.

    Dans une tribune publiée dans Libération, le collectif des Linguistes atterré relève qu’il manque des mots devenus courants tels que « coronavirus », « daron » ou « féminicide ». De plus il détermine « plus que contestables », la définition « d’hétérosexuel », qui est, selon l’Académie française, « relatif à la sexualité naturelle entre personnes de sexe différent ».

    Or la sexualité a pour vocation naturelle la perpétuité de l’espèce humaine, comme de toute autre espèce animale. L’être humain est un mammifère doté d’une certaine intelligence.

    (Crédits : sauvageauch0/Pixabay)

    Dictionnaire, mot, papier

    L’Académie française, à travers ses traditions et son engagement, illustre le lien profond entre langue, culture et identité nationale. Plus qu’un simple organisme, elle est un symbole vivant de la richesse de la langue française. La prochaine fois que vous utilisez un mot ou une expression française, vous penserez à cet héritage qui continue de façonner notre manière de penser et de communiquer.

  • Des agents (encore) identifiés à cause d’une appli

    Des agents (encore) identifiés à cause d’une appli

    Alors que TikTok est une menace pour la sécurité nationale des USA explique le sénateur John Tune, il n’est plus accessible le 19 janvier 2025, et rétablit le quelques heures après par le président Trump, pas encore investi. Sauf que ce réseau social est utilisé principalement sur smartphone. Récemment, des militaires français dévoilent, malgré eux des informations sensibles, à cause d’une application. Si l’ensemble des médias jettent l’opprobre sur les militaires français, ils ne sont pas les premiers ni les derniers. Néerlandais, Allemands, Américains, Russes, Israéliens… avant eux.

    L’affaire semble détonante, voire explosive, cela dit elle est fâcheuse. Fournir des renseignements militaires à travers l’utilisation d’IoT ne devrait pas arriver… et pourtant. Comme l’explique Le Monde, « StravaLeaks : des dates de patrouilles des sous-marins nucléaires français dévoilées par l’imprudence de membres d’équipage ». L’application précise alors que « la Heatmap ne contient que des activités publiques et respecte tous les paramètres de confidentialité ». Des titres révélant cette affaire malheureuse sont nombreux. Mais est-ce la première fois sur le globe terrestre ?

    Informations confidentielles divulguées

    Les bases militaires et autres lieux stratégiques sont soumis à des protocoles stricts de sécurité. Il sera probablement renforcé très prochainement. Mais ce n’est pas la première et dernière fois que ce genre d’affaires existent. Si les révélations de 2024 font grand bruit, en 2018 se déroulent des fuites également à travers des applications, et une enquête approfondie. En 2022, l’exploitation de l’application Strava révèle l’emplacement de sites sensibles en Israël, tels l’emplacement précis des bases de l’armée de l’air, le quartier général du Mossad et les bases de renseignements militaires.

    Tout personnel militaire se doit d’être en forme physique pour être prêt à chaque instant, car « les armées sont un acteur essentiel de la stratégie de défense et de sécurité nationale. […] prêtes en permanence à faire face à un conflit majeur, agissant dans tous les milieux et champs de confrontation pour “gagner la guerre avant la guerre” dès le stade de la compétition, état normal du monde fondé sur un ordre international régi par le droit. Dans le respect des valeurs et de l’éthique qui les animent, elles sont engagées au service des Français et performantes dans leurs opérations », pose le Chef d’état-major des armées, le général d’armée Thierry Burkhard.

    Dans chaque lieu stratégique, les employés montrent patte blanche. À travers scanners, système de reconnaissance faciale et équipes cynophiles, fouilles des voitures… Les téléphones portables et autres appareils électroniques y sont interdits.

    L’enquête publiée fin octobre 2024 par le journal Le Monde affole les services de sécurité partout sur terre. « Les déplacements hautement confidentiels du président américain Joe Biden, de ses rivaux Donald Trump et Kamala Harris et d’autres dirigeants mondiaux peuvent être facilement suivis en ligne grâce à une application de fitness utilisée par leurs gardes du corps, a révélé une enquête du journal français Le Monde », indique Irish Independent.

    Un triptyque du Monde dans lesquels Sébastien Bourdon, Antoine Schirer et Cellule Enquête vidéo dévoilent les dessous de l’affaire. Dans ce dernier volet, les traces numériques concernent des militaires de la base opérationnelle de L’île Longue, comme en 2018. Ce lieu hautement stratégique abrite la composante océanique stratégique de la dissuasion française, à savoir quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE).
    (Crédits : Jakub Zerdzicki/Pexels)

    La base opérationnelle de l’île Longue protège en son sein les quatre SNLE : le Triomphant, le Téméraire, le Vigilant et le Terrible. Ils sont « admis au service actif respectivement en 1997, 1999 et 2004 et 2010 bénéficient des matériels les plus modernes ainsi que d’une discrétion acoustique accrue ». Ils emportent l’arme nucléaire, le M51.

    Les indiscrétions malheureuses

    En septembre 2017, Strava lance sa « Global Heatmap ». Elle cartographie l’ensemble des trajets empruntés par ses utilisateurs. Cerise sur le gâteau, plus un itinéraire est emprunté, plus son tracé est épais et lumineux. En 2018, le site De Correspondent à travers les quatre auteurs révèle une enquête minutieuse dont le titre est « voici comment nous avons trouvé les noms et les adresses des soldats et des agents secrets à l’aide d’une application de fitness simple ».

    L’article met en lumière une problématique cruciale concernant la sécurité des données personnelles et les dangers liés à la géolocalisation. Les auteurs expliquent comment l’appli fitness Polar a permis de révéler les identités et les localisations de militaires, d’agents de renseignement… travaillant sur des sites hautement sécurisés.

    Tout comme d’autres applis (de fitness), elle collecte et affiche publiquement les données de ses utilisateurs (parcours GPS, noms, photos, jusqu’à parfois les coordonnées).

    En les croisant, ils identifient des personnes travaillant dans des bases militaires, des agences de renseignement, des centres de stockage d’armes nucléaires, comme 208 lieux d’intérêts. Ainsi « nous trouvons l’adresse de Frank en quelques minutes. Nous apprenons aussi qu’il a au moins deux filles. Nous savons où travaille sa femme et quels sont leurs passe-temps. Nous avons accès à des photos de chaque membre de la famille. Frank n’est pas la seule personne qui enregistre ses séances d’entraînement à la base de Volkel. »

    Ils ont également repéré des membres de la NSA aux États-Unis et d’autres agents en poste dans des zones sensibles (Gao au Mali, Guantanamo Bay à Cuba, possible GRU à Moscou, le MI5, le GCHQ). Cette révélation montre que des informations critiques, qui devraient être protégées, sont accessibles à quiconque sait où chercher.

    Les applications de fitness, comme d’autres outils IoT, capturent des volumes considérables de données sensibles, mais leur sécurité est souvent reléguée au second plan au profit de la facilité d’utilisation et de l’engagement utilisateur. Cet exemple démontre comment des données a priori anodines peuvent être exploitées pour des activités malveillantes ou de l’espionnage. (Crédits : Plann/Pexels)

    Ils expliquent que « les coordonnées GPS pour ces sites sont incroyablement faciles à trouver — souvent en utilisant Google Maps, et sinon via Wikipédia ». Leurs recherches en fonction des données publiques laissent sans voix. Ils identifient « un inspecteur général de l’armée américaine qui fait des tours autour de Guantanamo Bay ; plusieurs soldats américains à l’aéroport international d’Erbil, dans le nord de l’Irak ; plusieurs soldats français à une base militaire à Gao (Mali) ; et un analyste américain qui s’occupe de Fort Meade dans le Maryland, où se trouve également la NSA. » Puis via Endomondo « trois sergents et un administrateur de système à Guantanamo Bay ; Conseiller auprès des chefs d’état-major interarmées au fort Meade ; et deux soldats à l’aéroport international d’Erbil ».

  • Cyberattaque de Telefónica en Espagne

    Cyberattaque de Telefónica en Espagne

    Le vol de 2,3 gigaoctets de données fait la une de la presse ibérique. L’opérateur Telefónica subit une cyberattaque, à travers sa messagerie interne : les « tickets ». L’entreprise confirme l’accès non autorisé aux systèmes d’information et indique qu’une enquête est en cours. De son côté, sur un forum, l’attaque est revendiquée par un groupe de quatre entités. Les pseudonymes sont Grep, Pryx et Rey (Greppy, Saint-Prypex, Rey). Ils seraient également membres du ransomware HellCat dont Schneider Electric est la victime en novembre 2024.

    Une victime de plus sur la péninsule ibérique. Après LynxSpa par le ransomware Morpheus, The Hoff Brand SL par Everest, et Candelas y Asociados S.L par LockBit au mois de janvier, la multinationale espagnole de télécommunications reconnaît avoir subi une cyberattaque autour du 9 janvier 2025. Le géant de la télécommunication, fondé le 19 avril 1924, affiche environ 363 millions d’abonnées. Présente dans douze pays pour la téléphonie fixe, mobile, internet et télévision payante, et principalement en Europe et Amérique latine (Movistar, O2, vivo…), Telefónica emploie plus de 100 000 personnes.

    Deux gigaoctets de données volées

    Le géant de la télécommunication, Telefónica, subit une cyberattaque aux alentours du 9 janvier 2025. Le groupe d’individus extrait environ 2,3 Go de données, y compris des documents et des « tickets ». L’intrusion non autorisée dans les systèmes d’information s’effectue à l’aide d’informations d’identification d’employés compromises. Depuis Telefónica, bloque cette possibilité, après avoir réinitialisé les mots de passe desdits comptes.

    « Nous avons été informés d’un accès non autorisé à un système de billetterie interne que nous utilisons à Telefónica. Nous enquêtons toujours sur l’étendue de l’incident, mais nous pouvons confirmer que les clients résidentiels n’ont pas été affectés. Dès le début, les mesures nécessaires ont été prises pour bloquer tout accès non autorisé au système. »

    La confirmation n’intervient qu’après qu’une base de données Jira de Telefónica fait l’objet d’une fuite sur un forum de piratage. Quatre personnes sous les pseudonymes Grep, Pryx et Rey revendiquent l’intrusion.

    « Pryx affirme ne pas avoir contacté l’entreprise ni tenté de l’extorquer avant de divulguer les données en ligne », explique BleepingComputer. (Crédits : Telefónica)

    « BleepingComputer a été informé que les tickets ont été ouverts avec des adresses e-mail @telefonica.com, et qu’il peut donc s’agir de tickets ouverts au nom de clients. » Le gouvernement espagnol est entré au capital en décembre 2023 à hauteur de 2,2 milliards d’euros. Ainsi, il s’adjuge 10 % du capital de l’opérateur et deviendra de facto son actionnaire principal, devant la Fondation bancaire Caixa d’Estalvis (9,994 %) et le groupe Saudi Telecom Company basé en Arabie saoudite (4,969 %).

    Membres du ransomware HellCat

    Les trois personnes à l’origine de cette attaque, Grep, Pryx et Rey, sont également membres du ransomware HellCat. Grep est aussi associé au ransomware HellDown. Le rançongiciel HellCat est vu pour la première fois en octobre 2024. Les victimes revendiquées et affichées par le groupe sont Carcareplan (Turquie), la municipalité de Blora (Indonésie), Pinger (USA), le Collège d’enseignement des affaires de Tanzanie, le ministère jordanien de l’Éducation et Schneider Electric en France.

    Schneider Electric refuse de payer la rançon de 125 000 dollars, et Hellcat rend publique et disponible les données volées.

    Pour Schneider Electric c’est également par le système Atlassian Jira qu’il revendiquent avoir réussi à pénétrer l’infrastructure. Sur le site de fuite, ils expliquent que « Cette intrusion a compromis des données critiques, notamment des projets, des problèmes et des plugins, ainsi que plus de 400 000 lignes de données utilisateur, soit un total de plus de 40 Go de données compressées. »

    (Crédits : capture d’écran/HellCat)

    Se targuant que Schneider Electric refuse de payer la rançon demandée, plus de 40 Go de données sont publiquement disponibles au téléchargement. Depuis les données téléchargeables ne sont plus disponibles.

  • Généalogie du ransomware

    Généalogie du ransomware

    Il fête ses 35 ans d’existence, le 12 décembre 2024. Le premier ransomware ou rançongiciel date de la fin des années 80. Son but, par chiffrement de données : extorquer de l’argent. Le premier à se faire connaître est PC Cyborg Trojan, codé par Joseph Popp. Depuis les cyberattaques ne cessent de faire la une des journaux print ou web. Il n’est pas une société qui soit épargnée. Si l’année 2023 vit le paiement de un milliard en rançon, ce montant pourrait devenir astronomique dans le futur.

    La population mondiale découvre depuis quelques années, vers 2008, un phénomène : les ransomwares ou rançongiciels. Depuis l’avènement des réseaux sociaux, tout est dit est son contraire. La première affaire internationale parlant de clef de déchiffrage moyennant une somme d’argent date du 11 décembre 1989.

    Voyage dans le passé

    Le virus du SIDA découvert par le Professeur Montagnier fait des ravages à travers le monde. Les années 80 voient une recrudescence de contamination par ce virus mortel. Pour comprendre l’étendue d’une contamination, il faut trouver le patient zéro, puis effectuer de la rétro-ingénierie. En 1989 éclate le scandale des disquettes connues sous le nom « AIDs Trojan ». Ce cheval de Troie est considéré comme le premier ransomware.

    La Ketema & Associates distribue par voie postale, des disquettes (5 pouces 1/4) contiennent le code source d’un programme d’information et de prévention contre le sida.

    Mais elle contenait également un autre programme. Ce dernier s’installe silencieusement. Il se met en ordre de marche après 90 redémarrages. Il chiffrait des informations sur le système d’information, et les données personnelles.

    Puis un message exige 189 dollars pour obtenir la clef de déchiffrement. Elle est à régler sur un compte au Panama pour la société PC Cyborg. L’enquête nécessite l’intervention d’Interpol. Après plusieurs pistent, les inspecteurs s’orientent vers le Panama. Mais l’armée des États-Unis envahit le pays le 20 décembre 1989.

    Le hasard n’existe pas. Les autorités aéroportuaires douillent les bagages d’une personne en transit à Amsterdam pour du Kenya se rendre aux États-Unis. La police saisit un tampon de la société PC Cyborg. Sans élément, le citoyen américain Joseph Popp poursuit son voyage.

    (Crédits : Walter Koch/Wikipedia)

    Il est arrêté le 2 février 1990 par le FBI près de Cleveland, puis extradé vers le Royaume-Uni où il est incarcéré à la prison de Brixton. Déclaré « public disgrace », il est inapte à être traduit devant la justice britannique. Il ne sera pas inquiété par la justice américaine, mais condamné par contumace en Italie. L’étude des disquettes et du chiffrement donnent lieu à des critiques. L’utilisation du chiffrement symétrique par le Dr Joseph Popp donnera naissance à la cryptographie asymétrique.

    La naissance des programmes

    La technologie célèbre ses 35 ans le 12 décembre 2024. Les balbutiements apparaissent dès 2004. Un individu cible les citoyens russes avec un programme connu sous « GPCode ». Il est le premier programme informatique nommé désormais « phishing ». L’arnaque à la promesse de carrière, ou offre d’emploi est née.

    Puis les variants tels Archiveus, Krotten, Cryzip, MayArchive usent de clés de chiffrement de plus en plus grandes. Ensuite Reveton en 2012 et Cryptolocker en 2013. Sur les quatre derniers mois de l’année, CryptoLocker amasse plus de 4 millions de dollars. L’opération Tovar stoppe son déploiement. Evgeniy Bogachev, alias « lucky12345 » et « Slavik », est chargé par le FBI d’être le meneur de Gameover_Zeus et Cryptolocker.

    Depuis des rançongiciels fleurissent ici et là. Mais différents types existent. Le chiffrant qui affecte l’ensemble des systèmes d’information contaminés. Les utilisateurs découvrent un fichier texte avec des instructions relatives au paiement en Bitcoins. Il existe également les bloquants, ceux qui sont dits de Master Boot Record (MBR), mais les chiffrements sont le plus courants.
    Certains sont célèbres : WannaCry, Petya,

    (Crédits : Mohamed Hassan/Pixabay)

    phishing-password-scam

    Les ransomwares, dans une liste non exhaustive, sont au nombre de 231. Certains stoppent leur activité, d’autres sont arrêtés par les forces de l’ordre et certains perdurent : Omega, 8Base, BlackLock, Akira, alphalocker, BianLian, blacksuit, BrainCipher, Ciphbit, Cl0p, Daixin Team, DarkVault, Dunghill, Arcus, Basta News, DragonForce, Embargo, Play News, RA World, RansomEXX v2, RansomHouse, Space Bears, ThreeAM, RanomHub, Medusa, KillSec, Cicada3301… et bien sûr LockBit 3.0 (annonçant la version 4.0).

  • Réveillon dans le noir à Puerto Rico

    Réveillon dans le noir à Puerto Rico

    Alors que chaque pays a fêté le passage à l’année 2025, la majeure partie de Puerto Rico est victime d’un black-out. Le 31 décembre 2024 à 5 h 30, une panne d’électricité s’abat sur le territoire. Plus de 1,3 million de personnes plongées dans l’obscurité. Ce qui représente près de 90 % des clients de Luma Energy. En fin de journée, seize hôpitaux, la compagnie, des eaux et des égouts font partie des 700 000 clients à recouvrer l’électricité.

    Déjà en septembre 2024, les coupures de fourniture d’énergie sont persistantes. Des représentants du gouvernement portoricain demandent des comptes aux deux compagnies que sont Luma Energy et Genera PR. Engagées après la privatisation des activités de la compagnie Puerto Rico Electric Power Authority et sa dette de plus de 9 milliards de dollars. Les infrastructures du XXe siècle doivent être modernisées.

    « Nous comprenons la profonde frustration que cette panne a provoquée, surtout un jour comme aujourd’hui », communique Luma. Selon la compagnie, la panne rencontrée est probablement due à une défaillance d’une ligne électrique souterraine.

    Les pannes d’électricité à l’échelle de l’île sont rares à Porto Rico. Mais « le territoire américain est confronté à des coupures de courant chroniques imputées à un réseau électrique en ruine qui a été rasé par l’ouragan Maria, une tempête de catégorie 4, en septembre 2017 », explique APNews.

    La gouverneure élue, Jenniffer González Colón, qui doit prend ses fonctions aujourd’hui, averti que les clients pourraient subir des interruptions dans les prochains jours. Car les centrales électriques ne sont pas encore à leur capacité maximale. (Crédits : Beth/Pixabay)

    Le lendemain, mercredi 1er janvier 2025, 99 % des clients ont recouvré leur fourniture d’énergie. Tous s’accordent à l’amélioration du système électrique, car il accumule des années de manque d’entretien et d’investissement. Les équipes effectuent toujours des réparations sur le réseau électrique de l’île après que l’ouragan Maria l’a ravagé en septembre 2017 (tempête de catégorie 4), comme le cyclone Chido qui a ravagé l’île de Mayotte en décembre 2024.

  • Quand LockBit fait du teasing

    Quand LockBit fait du teasing

    Alors que l’opération policière « Cronos » permettait l’arrestation de plusieurs membres du Ransomware-As-A-Service (RAAS) LockBit 3.0, en octobre 2024, il semble renaître de ses cendres. Sur le site de fuite, le ransomware le plus prolifique et plus médiatique annonce une nouvelle venue le 5 février 2025. Le citoyen israélien Rostislav Panev, accusé d’avoir développer tout ou partie du rançongiciel LockBit risque l’extradition vers les États-Unis pour complot, fraude et cybercriminalité.

    Le communiqué d’Europol en octobre 2024 ne laissait aucun doute. L’opération menée entre autres par Europol, l’agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA) et le ministère de la Justice américain publiaient des développements liés à leur opération Cronos contre LockBit 3.0. Quatre interpellations s’en suivent.

    Si l’opération ne l’extermine pas, « LockBit a perdu des affiliés, dont certains se sont probablement tournés vers d’autres fournisseurs de Ransomware-as-a-Service à la suite de l’opération Cronos ».

    Le teasing effectué annonce une nouvelle version de leur ransomware, LockBit 4.0 pour le 3 février 2025. « Want a lamborghini, a ferrari and lots of titty girls? Sign up and start your pentester billionaire journey in 5 minutes with us », proposent-ils.

    À travers cinq liens différents en .onion, il faut s’inscrire et verser 0.007896 bitcoin. Dans le même timing, une arrestation révélée par YNet News fait le gros titre. Rostislav Panev arrêté à son domicile, à Haïfa le 18 août 2024, est soupçonné d’avoir participé au développement du ransomware LockBit. (Crédits : capture d’écran/LockBit)

    YNet News explique qu’entre 2019 et 2024, Rostislav Panev aurait été développeur de logiciels pour LockBit. Il aurait créé des outils dont l’un permettait d’imprimer des notes de rançon à partir de n’importe quelle imprimante connectée à un système infecté. Au cours de l’enquête, des lettres de rançon menaçantes prétendument utilisées par LockBit et des portefeuilles numériques liés aux paiements de Panev ont été trouvés à son domicile de Haïfa. De plus, une rémunération d’environ 230 000 dollars, versée en bitcoins, aurait été perçue.