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  • Bercé par l’effluve des chaussettes sales (7/55)

    Bercé par l’effluve des chaussettes sales (7/55)

    En ce 16 décembre 2024, Flavien se réveille sur le siège avant d’une petite citadine. Si le bruit de l’averse sur la toile de tente berce le campeur… ce n’est pas du tout le cas lorsqu’elle sombre sur le toit d’une voiture. C’est pourquoi Flavien au milieu de la nuit change de place, pour bouger le véhicule. La recherche de plantes s’effectue souvent à quatre pattes. Il est plus agréable quand le sol n’est pas détrempé. Si bien que la quantité d’eau tombée durant la nuit n’engage en rien une pensée optimiste pour la journée à venir.

    La pluie, bien qu’annoncée, cesse. Le soleil illumine l’habitacle de la voiture pour le plus grand plaisir de l’aventurier. « Finalement la nuit a été plutôt agréable », remarque Flavien avec surprise. Pour une fois c’est acceptable. Cela ne vaut pas un lit, mais il avait disposé au préalable plusieurs vestes sur le siège. Le but étant de le rendre aussi confortable que possible.

    Flagrant délit de vol de brownie, un suspect en fuite

    « Je me suis réveillé à une heure, pour bouger la voiture, j’étais sous des branches. Les gouttes, de la pluie battante, produisaient un boucan d’enfer », raconte-t-il en s’étirant. Il est presque huit heures à sa montre quand il prend la direction de l’accueil du DOC, sous un grand soleil dominant. Il y règle les 15 NZ $ de la nuit. C’est alors que quatre ou cinq nestors Kea, nommés régulièrement Kea, s’amusent sur les toits aux alentours, sous les yeux encore amusées de l’aventurier.

    Brownie, terrasse, chocolat

    Il est le seul perroquet alpin du monde. « Je saisis donc mon téléobjectif pour essayer de les photographier, mais les lumières ce matin ne sont pas simples », constate le photographe.

    Avant de repartir, Flavien recherche en vain Hymenolaimus malacorhynchos. Le Hyménolaime bleu est danger d’extinction. Il est affiché sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

    « C’est l’un des trois seuls canards au monde à être inféodé aux cours d’eau, un peu à la manière du cincle plongeur », explique Flavien. Il s’arrête légèrement plus loin pour déguster un chocolat chaud et un brownie, tout en espérant se connecter à l’internet. « En plus de la Wi-Fi qui ne fonctionne pas, un Kea vole mon brownie, alors que je prenais une photo, décidément… Je ne sais toujours pas où trouver Hectorella caespitosa. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Contre mauvaise fortune, bon cœur, souffle l’adage. « Je me dirige vers le col d’Arthur’s Pass où j’ai repéré la présence de tourbières. » Flavien y décroche le gros lot. « Le nombre d’espèces nouvelles est incroyable. Je passe plus de deux heures à quatre pattes à chercher des plantes plus petites les unes que les autres », sourit-il. Au programme des découvertes : les Donatia novae-zelandiae, Schizaea australis, Drosera arcturii…

    Course poursuite contre le temps

    Le temps est relatif, mais s’écoule inexorablement, surtout quand votre occupation vous plaît. « Il est 14 h 15. J’ai encore deux heures de route pour restituer la voiture à 17 h pétantes, avec le plein de carburant », constate-t-il. Le soleil se cache, au fur et à mesure de son avancée vers l’Est, derrière des nuages deviennent de plus en plus sombres. « Je m’arrête 20 minutes à Kura tawhiti, un ensemble impressionnant de formations calcaires très érodées. » Son étonnement est à la hauteur de la découverte dans cette partie du pays, quand on connaît son histoire géologique ajoute-t-il.

    Annoncée par l’omniprésence de cumulonimbus menaçants, l’averse se joint à Flavien. Avec hâte, il rebrousse chemin jusqu’à son véhicule. Sa réserve de temps est épuisée. C’est tambour battant que Flavien conduit, sous une pluie battante, pour rendre la voiture avant la fermeture du bureau de location. Au moment décisif, impossible de trouver l’ouverture de la trappe à carburant. « Un aller-retour en urgence à l’agence pour qu’ils m’expliquent que c’est sous le siège. Je n’ai jamais vu ça, ça ne s’invente pas… »

    À peine arrivé, il vide la Toyota de son attirail, rend les clés, quand il est pris en charge par leur navette direction l’aéroport, sans que la voiture ne soit contrôlée. « Ils le feront demain, ce n’est pas forcément rassurant », avoue-t-il. Arrivée à bon port, il file vers la même auberge que la veille, espérant trouver un lit de libre. « Ce soir, je me repose dans un dortoir pour huit. Cet effluve de chaussette là-dedans… », grimace Flavien. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Tourbière, nature, eau

    Puis Flavien profite d’une douche bien méritée. Il fait l’habituelle lessive à la main, dans un évier minuscule. « J’espère que ça sera un minimum sec demain, pense-t-il en étalant un peu partout dans le dortoir. Ce n’est pas pour arranger l’odeur qui règne ici », remarque-t-il justement. Après l’envoi de photos et de messages, son ventre crie famine. « Ce soir, c’est burger ! Je n’ai pas mangé ce midi, accaparé par ma tourbière, ça me fera un peu de gras. » De retour à l’auberge, il réserve son bus et son lieu de repos de demain. Il tente d’identifier quelques espèces vues ces deux derniers jours… Le temps file si vite que « je me couche tard. À 0 h 30, je suis encore le nez dans mes recherches », bâille-t-il. À suivre…

  • Le suppositoire : petite invention, grands effets

    Le suppositoire : petite invention, grands effets

    Ah, le suppositoire ! Arrivés à l’âge adulte, nous en rions, mais gamin, nous grimacions et nous l’évitions dès que possible. Ce petit corps, profilé, légèrement gras à insérer là où le soleil ne brille jamais, est pourtant un remède incontournable de l’histoire de la médecine. Objet discret, souvent redouté, il a parcouru les époques sans jamais réellement disparaître, mis à part au moment opportun… Comme Don Quichotte, il est temps de lui rendre justice, avec un brin d’humour, de la science, et quelque peu de doigté.

    Alors que Séki sort de la pharmacie, Capucine descend du bus scolaire. Elles traversent ensemble le passage piéton. La discussion s’engage sur le contenu du sachet remis par le pharmacien. « Dis, tu as quoi dedans ? »

    « Des suppositoires », lâche la grand-mère. « Des suppositoires ? Pour quoi faire ? », questionne la petite-fille.

    « Tu sais bien que ton grand-père me facilite le transit intestinal parfois… mais pas encore assez. Je suis constipée », avoue-t-elle. Un léger flottement s’installe tandis qu’elles traversent la route de Bellême, à Berd’huis. C’est à ce moment que Capucine ayant compris l’allusion, explose de rire. Le fou rire contagieux oblige les deux complices à s’arrêter juste devant la boulangerie.

    Un suppositoire ? Non merci !

    Le terme « suppositoire » connaît plusieurs sources. Certains disent qu’il vient du latin supponere, qui signifie substituer ou mettre une chose à la place d’une autre. D’autres il est une sorte de remède topique dont on se sert quand on est trop resserré. Jusqu’en 1935, le dictionnaire de l’Académie française le définit tel que : « Médicament solide en forme de cône, que l’on met dans le rectum pour faciliter les évacuations ou pour agir comme véhicule de certains médicaments. »

    Boite, suppositories, médicament

    Il tient dans la main, se trouve souvent dans un tiroir à pharmacie, et provoque l’émoi quand il s’agit de l’utiliser. Si sa forme de torpille est enfantine, on ne peut pas dire qu’il soit très populaire. Pourtant, il reste l’un des moyens les plus efficaces d’administrer un médicament. Surtout lorsque la déglutition est devenue mission impossible, ou que la personne affiche des contre-indications hépatiques. Attention à ne pas le confondre avec un comprimé d’aspirine, il est prévu pour s’insérer insérer là où le soleil ne brille jamais.

    Les Égyptiens ont eu, les premiers, l’idée de se soigner en insérant un médicament par cet orifice. Les Grecs et les Romains suivent. Du latin supponere, suppōnō, « placer dessous », tout est dit.

    La médecine évolue grandement. Si outre-Manche l’idée parait toujours saugrenue, le suppositoire reste néanmoins toujours prescrit en France.

    (Crédits : bluebudgie/Pixabay)

    Il est un substitutif plus que profitable. Nicolas Lemery est reconnu « par les historiens de la chimie comme le plus important chimiste français du XVIIe siècle et sa Pharmacopée comme son Traité des Drogues sont considérés par les historiens de la pharmacie comme des références essentielles ». En 1697, sa Pharmacopée universelle réserve à ce suppositoire d’amples explications. Il y est spécifié son utilisation, en remplacement des clystères et lavements.

    Une histoire de plusieurs millénaires

    Si cet objet du quotidien n’est plus en odeur de sainteté, comme toute chose, cette invention est plus âgée qu’il n’y parait. Remontons au temps de l’Égypte antique, période présumée de son invention. Les premières traces écrites sur le sujet apparaissent au Xe siècle de notre ère, décrit par Ibn El Baytar.

    Si Nicolas Lemery l’a introduit dans la société, si l’on peut dire, il évolue dès 1762. Encapsulé par du beurre de cacao, le suppositoire fond à la température du corps humain.

    À la fin du XVIIIe siècle, le suppositoire est un médicament externe. Depuis sa forme galénique change pour avoir des bouts carrés.

    La pénurie de beurre de cacao lors de la Seconde Guerre mondiale amène des excipients de synthèse. À la fin du XIXe jusqu’aux années 60, la voie rectale est préférable à la voie orale, car elle permet de franchir la barrière hépatique. Ce que contredit le Dr Arnault Pfersdorff dans l’émission « La maison des Maternelles » (LMDM).

    (Crédits : RF._.studio _/Pexels)

    Tubes, couleurs, chimie

    Il poursuit sur la prétendue rapidité du principe actif alors introduit, là où le soleil ne brille jamais. Elle n’est pas avérée. Il s’appuie, entre autres sur un article publié en 2009 sur le site Pédiadol. D’ailleurs la prise du suppositoire est conditionnée à l’impossibilité des autres solutions. Pour les adultes c’est autre chose poursuit-il. Chacun voit midi à sa porte martèle l’adage, pour le reste il faut consulter votre docteur en médecine générale.

  • À la découverte de la Raoulia (6/55)

    À la découverte de la Raoulia (6/55)

    La nuit malgré le ronflement cacophonique est agréable pour l’aventurier. Le soleil se lève sur Christchurch, que Flavien dort encore. Son réveil sonne à 7 h 30 tout pile. C’est presque une grasse mat glisse-t-il en ouvrant timidement un œil. Le programme du jour adopte la direction de Porter’s Pass, via Foggy peak. Si le macadam est avalé comme une viennoiserie avec sa boisson chaude, le meilleur reste à venir. Des découvertes florales et surtout des plantes mythiques attendent Flavien, mais la première épreuve est celle de la carte bancaire.

    Avec Maxime, avant de prendre le bus, Flavien trouve un café juste à côté de l’auberge. Le duo ainsi abreuvé et réveillé se dirige vers l’arrêt de bus, afin de récupérer leurs voitures respectives basées à l’aéroport. « À l’arrêt, c’est encore un français qui est là, s’amuse l’aventurier du bout du monde. L’Angevin est en PVT (Permis Vacances Travail) et va faire du tennis… il a sa raquette dans le dos. »

    L’aventure commence

    Après une demi-heure de bus, Flavien arrive à l’aéroport. Le duo se salue en se promettant de se donner des nouvelles durant le voyage. Deux petits kilomètres séparent Flavien de l’agence de location. Sans y penser, la pression monte au fur à mesure qu’il s’en rapproche. « J’ai beau avoir déjà conduit côté gauche, c’est la même appréhension à chaque fois. D’autant que c’est une automatique, une première pour moi », se rassure-t-il. Après avoir versé les 140 dollars néo-zélandais pour deux jours, soit 40 € le nycthémère, et les 2 500 de caution, le voilà tranquillisé.

    Flavien, Photo, plante

    « C’est du rapide », souffle-t-il. Il se remémore les désagréments que sa carte bancaire lui avait causés en Patagonie. Dix minutes après son arrivée, il roule déjà en direction Porter’s Pass, à une heure de là. Sans musique pour rester concentré, il file à la vitesse de 100 km/h sur les routes normales. « C’est encore plus simple avec la boîte automatique », sourit-il.

    Pourquoi Porter’s Pass ? Car, il espère découvrir des espèces mythiques pour lui. « Arrivé à Porter’s Pass, vers 950 m d’altitude, je marche vers Foggy peak. » Ses recherches se révèlent concluantes. « Je trouve Stellaria roughii, Lignocarpa cornulosa, Leptinella atrata et… Raoulia eximia, l’une des 25 espèces à voir dans ma vie. » Si la surprise est de taille, quel plaisir de découvrir ces coussins vieux de plusieurs siècles plus grands que moi, raconte-t-il, presque ému d’une telle rencontre.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Des multiples de photos plus tard, il s’enquiert d’une espèce bien particulière : Notothlaspi rosulatum. Ses recherches, réalisées en amont l’emmène proche d’une station de ski… à seulement quelques dizaines de kilomètres. « Je dois emprunter une piste, mais avec les 2 500 dollars néo-zélandais de caution… je sens comme une épée de Damoclès au-dessus de moi. »

    Photographiée, telle une star à Cannes

    Arrivé à l’endroit repéré, et sans dommage, Flavien s’aperçoit que la dernière partie est fermée. Il est 15 h 30 lorsqu’il entreprend les 4, 5 kilomètres qui le séparent du point de rendez-vous. Cerise sur le gâteau, un dénivelé positif de 400 mètres se greffe. « La marche sur la piste est monotone », raconte Flavien.

    Mais dès son apparition, cette morosité disparaît comme par enchantement. Pour être transparent, Raoulia eximia me fait de l’œil depuis de nombreuses années, souffle-t-il. « Je prends une centaine de photos avant de redescendre par un chemin plus escarpé… habituellement emprunté par les VTT de descente », ajoute-t-il.

    Une descente enthousiaste dans de magnifiques forêts à Nothofagus cliffortioides : « elles ressemblent à s’y méprendre à celles de Patagonie. Pour moi, fan de phytogéographie, c’est quelque chose de marquant. » De retour à la voiture, après avoir rempli les gourdes au pied d’un ruisseau, il se dirige vers Arthur’s Pass à 45 min de route. « Au loin, dans ma direction, le temps se gâte. Je patiente une demi-heure qu’un pont réouvre, et j’arrive enfin. Je compte passer la nuit dans une espèce de camping du DOC, mais je n’ai pas réservé. »

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Raoulia, Nouvelle Zélande, fleur

    La pluie est là, la réception est fermée. « Je laisse mon nom écrit sur un papier que je glisse dans la boîte aux lettres. Je payerai demain matin les 15 dollars. » Flavien mange à l’abri, en compagnie d’autres personnes. « J’ouvre mon plus grand lyophilisé. Je n’ai pas mangé ce midi ni eu le temps de faire des courses. » Les prévisions météorologiques annoncent plusieurs dizaines de millimètres cette nuit. « Je choisis de passer la nuit sur le siège passager, vu que le sol est déjà trempé. On verra bien ce que peut donner une nuit à dormir dans une Toyota Yaris. » À suivre…

  • Au pays du long nuage blanc (5/55)

    Au pays du long nuage blanc (5/55)

    Les réglages et habitudes ne sont pas encore effectifs chez Flavien. Il faut dire qu’il ne se trouve pas tout à fait en pleine nature, là où il se sent comme chez lui, en symbiose et apaisé. À quelques encablures de fouler la véritable nature, il poursuit son voyage en direction du sud. Ce matin, mon horloge interne n’est toujours pas opérationnelle. Malgré le réveil programmé pour 6 h 30, Flavien ouvre les yeux une heure plus tôt. Sans faire de bruit, il délaisse le lieu, car il se rend compte qu’une personne partage sa chambre.

    L’autre backpacker est arrivé cette nuit constate-t-il. « C’est une fille. Mais je n’en saurais pas plus, car je serai parti avant qu’elle ne se réveille. » Ses affaires sont prêtes depuis la veille. Il quitte, à 6 h 45, l’auberge. Trois quarts d’heure et deux kilomètres plus tard, Flavien arrive au terminal du ferry. « Enregistrement effectué, je suis dans la file d’attente », patiente l’aventurier. L’embarquement ne commence qu’à 8 h 25. Une petite heure devant lui à occuper. Il prodigue ce temps à envoyer quelques nouvelles.

    En route, Capitaine !

    L’ensemble des voyageurs si tôt embarqué, se rue au pont restauration constate le baroudeur. Sans véritablement fuir la foule, Flavien et quelques autres se placent au pont numéro 10, à l’extérieur. Ils profitent de la traversée et du paysage pendant les 3 h 30 de mer à venir. « À peine sorti de la baie, le vent forcit, les premiers puffins sont présents. » Sans connaître les régionaux, Flavien avance le nom de puffin à pieds pâles.

    Le vent qui forcit devient très puissant. Les plus courageux s’accrochent aux rambardes pour se maintenir debout. Un albatros, un juvénile qui plus est, passe furtivement devant les billes écarquillées de Flavien. « Quel plaisir de revoir cet oiseau près d’un an plus tard ! »

    Des nuées de prions, qui ressemblent à ceux de belcher, suivent le bateau. « Je les photographie sous toutes les coutures pour mettre un nom sur l’espèce. Ils sont connus pour leur difficulté d’identification », explique-t-il, tandis que les premiers reliefs de l’île du sud se dessinent. « Un œil à l’arrière donne une vue d’ensemble sur l’île de nord, où un énorme nuage lenticulaire surplombe l’île, ce serait donc de là que ce pays porte le nom du pays au long nuage blanc ? »

    « Nous entrons dans les Malborough sounds, à l’extrême nord de l’île du sud. Beaucoup de gens trouvent ça magnifique, je suis un peu plus mitigé. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Quand on a un œil naturaliste, explique-t-il, on se rend compte que les flancs des montagnes, qui tombent à pic dans l’océan, sont complètement modifiés, il n’y a plus rien de naturel… Soit dit en passant, la carte de la région de Marlborough ressemble trait pour trait à l’italienne, mais inversée. Une forme de botte à talon, une Go-go boots.

    Chassez le naturel, il revient au galop

    « Arrivé à Picton, je ne sais pas à quoi m’attendre… Je suis agréablement surpris. Il faisait beau, chaud. Les rues sont chaleureuses », raconte Flavien. Aux environs du 52 Hight Street, il stoppe. Il y achète un Tarakihi frit pour 10 NZD. « Un régal », s’exprime-t-il après avoir croqué dedans. Le hasard fait bien les choses. En se retournant, le magasin, un supermarket, en face vend des bouteilles de gaz de camping. Dorénavant, l’ensemble de sa liste de matériel est complète, il met les bouchées doubles, dirait-on, car « à 13 h 45 je prends le bus pour Christchurch. »

    Une fois dans le bus, un Français repère son accent et l’interpelle. La discussion commence. Ils peuvent faire connaissance, car le trajet dure près de six heures. « Il est lyonnais et responsable de chauffeurs de poids lourds. » N’ayant pas trouvé d’auberge, il réserve la même que Flavien durant le trajet. La route qu’emprunte le bus est variée.

    « Les paysages du début font peur à voir, martèle le naturaliste. Des collines entièrement déforestées, colonisées par des graminées introduites. Les suivants, en bord de mer, sont plus naturels. »

    Le front de mer, lorsqu’il est rocheux, est le repère de milliers d’otaries, de mouettes et de cormorans qui nichent sur les rochers. Le convoi arrive à Christchurch aux alentours de 19 h 30. Le duo de Français prend la direction de l’auberge, à 800 m de marche. « Arrivé dans la chambre que l’on partage avec deux Asiatiques, j’ai oublié mon petit sac de transport à la descente du bus », s’écrit-il.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    La chance sourit aux audacieux dit l’adage. « Je le retrouve intact et complet. » Vu l’heure, le duo, s’enquiert d’un lieu pour manger. « On décide d’aller prendre une bière et de manger une pizza. » Si la recherche s’éternise, une fois trouvée, ça vaut le coup glisse Flavien, arborant une moustache colorée de mousse. Le ventre repu, ils s’en retournent à l’auberge. « Je réserve une voiture pour demain. Coïncidence heureuse, Maxime doit aussi récupérer la sienne à l’aéroport demain matin. » Encore une journée de transport pense-t-il avant qu’un bruit sorti de nulle part l’interpelle. « Un des deux Asiatiques a un ronflement cacophonique, j’ai rarement vu ça. » À suivre…

  • Damoclès, Murphy et Ménière entrent dans un bar…

    Damoclès, Murphy et Ménière entrent dans un bar…

    Alors que les vacances de Pâques profitent aux écoliers en France, le futur des lycéens se rapproche. Les épreuves du baccalauréat, cru 2025, accroissent la pression et santé mentale des prochains étudiants, une épée de Damoclès flotte au-dessus d’eux. L’expression est connue des plus anciens, comme Sépa Phot. Mais la célébration du percent le 21 mars dernier, annonce que les examens du bac sont ligne de mire. Pour autant avant d’être pris de vertiges à la proclamation des résultats, l’attente est tel le temps, relatif.

    Les vacances de Pâques, dont le fameux lundi est l’occasion de parcourir jardin, ou tous lieux sur lesquels les cloches sont passées déposer les friandises. Si à Berd’huis les enfants sont grands, les œufs en chocolat se trouvent désormais sur la table. Puis machinalement, le téléviseur s’allume. « Un sentiment de vertige atteint la communauté catholique », pose Sépa Phot. Le cœur du Pape François s’est arrêté, l’annonce de son décès est sur toutes les chaînes, tandis que la place Saint-Pierre, au Vatican, se remplit.

    Trois patronymes, un destin ou presque

    Si vous vous êtes déjà senti comme un funambule en tongs, poursuivi par une enclume au-dessus d’un précipice, un plantage de PC au moment de sauvegarder votre mémoire à rendre demain matin, ou subir un vertige sorti de nulle part… alors vous connaissez Damoclès, Murphy et Ménière. Peut-être pas personnellement, mais leurs œuvres, sûrement.

    Damoclès est dans la mythologie grecque, un courtisan trop zélé. Il vit sous le règne du tyran de Syracuse, Denys l’Ancien (430-367 av. J.-C.). Il vante, tel un chargé de communication, les bienfaits de la richesse du tyran. Avec un soupçon de jalousie, il martèle que ces richesses peuvent offrir à Denys, tout le bonheur du monde.

    Denys, affichant un rictus à faire frémir Machiavel, propose à Damoclès de siéger à sa place, un instant. Or, tapis orné d’or, parfums, mets fins, douce musique, personnel… sont à la disposition de Damoclès.

    Il se réjouit, lorsqu’un glaive est suspendu au-dessus de sa tête, maintenu par un simple crin de cheval. La puissance parait séduisante, mais elle s’accompagne régulièrement d’une menace permanente. (Crédits : Gratisography/Pexels)

    Souvent le stress est associé à une échéance, un danger qui impacte votre emploi, votre futur, votre situation financière… vous avez une épée de Damoclès. Comme explique Vincent Cassel dans l’émission Hot Ones présentée par Kyan Khojandi : « […] J’ai dépensé beaucoup trop d’énergie à stresser. […] Tant que les problèmes ne sont pas là, je ne m’en inquiète pas. On stresse beaucoup trop pour des choses qui n’en valent pas la peine. »

    Quand le pessimiste avait raison

    Votre ordinateur plante pile au moment où vous devez envoyer le rapport crucial. Votre tartine beurrée tombe… côté beurre, bien sûr. Votre train part deux minutes avant votre arrivée. La file à la caisse de supermarché n’avance que lorsque vous décidez d’en changer. Est-ce de la malchance ? Ou bien le fameux Murphy, planqué quelque part, qui rigole dans sa moustache ? Tout ce qui peut foirer… foirera. Et forcément c’est le vendredi à dix-sept heures, tout juste passées d’une minute, avant de partir en vacances que cela vous arrive.

    Née dans les années 40, la loi dite de Murphy se définit par ce qui suit : « S’il y a plus d’une façon de faire quelque chose, et que l’une d’elles conduit à un désastre, alors il y aura quelqu’un pour le faire de cette façon. »

    L’inventeur de cette loi est Edward A. Murphy, Jr., un ingénieur de l’U.S. Air Force. En 1947, il participe à une expérience dont le but est de tester la tolérance de l’être humain à la décélération (Projet MX981). Un jour, son assistant installe 16 capteurs à l’envers, ce qui rend nul le test.

    Sur un malentendu…

    Il s’en suit deux interprétations :

    • « Si ça peut mal tourner, ça tournera mal. »
    • « S’il y a plus d’une façon de faire, et que l’une d’elles mène au désastre, il y aura toujours quelqu’un pour la concrétiser. »

    Ainsi la « loi de Finagle des effets négatifs de la dynamique » est popularisée par l’auteur de science-fiction Larry Niven. Elle est connue parfois telle que : « tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera mal, et au pire moment ».

    Ce qui donne des exemples croustillants. Il pleut le jour tu oublies le parapluie que tu as trimballé tous les autres nycthémères de la semaine. Loi de la compatibilité matérielle indique que la probabilité qu’un périphérique donné soit compatible avec un PC est inversement proportionnelle au besoin urgent de se servir de ce périphérique. Cocasse, tu croises ton ex, à chaque fois que tu es en jogging du dimanche, pas lavé, fatigué, et cette personne rayonne sur tous les domaines. (Crédits : Alex P/Pexels)

    La cerise sur le gâteau est quand tu es en retard. Tout s’aligne… L’ensemble des feux sont rouges, un tracteur vous devance, des travaux commencent, et un troupeau de moutons vient de s’échapper de son champ… La tendance d’un objet à tomber est directement proportionnelle à sa valeur (Deuxième loi de la gravité sélective). Un bug ne se manifeste jamais quand le développeur est présent, disponible. Mais dans les cas contraires, c’est un festival. Car le logiciel qui réputé sans bogue… ne l’est pas vraiment (Loi du Titanic). Si tout ce qui peut foirer… foirera, alors tout ce qui peut réussir… réussira.

    Le syndrome de Ménière

    Quand votre oreille interne n’en fait qu’à sa tête. Vous venez de terminer le repas de Pâques e famille. Cous êtes tranquille, tout va bien… puis le sol tangue, votre estomac se retourne et se retourne, vous ne supportez pas la lumière, tout se met à tourner… mais pas de manière poétique ni romantique. Bienvenue dans le monde, un peu fou, de Ménière.

    Cette maladie se caractérise par des crises de vertiges soudains, des acouphènes, une sensation de pression dans l’oreille, et parfois une perte auditive. Rien de très glamour, car elle est accompagnée par des nausées et vomissements. La cause, qui pour des raisons, reste inconnue, est un déséquilibre des liquides contenus dans l’oreille interne.

    Les « vertiges de Ménière » deviennent alors une image contemporaine et métaphorique de la société : fatigue mentale, saturation sensorielle et émotionnelle, journée de 48 heures…

    Voici la version 2.0 du « mal de vivre » : un déséquilibre diffus entre ce que l’on perçoit et ce que l’on ressent. Tout semble normal autour, mais dedans, c’est un manège infernal. (Crédits : Loe Moshkovska/Pexels)

    La perte de repères n’est pas qu’une affaire médicale : c’est aussi une question existentielle. Si l’oisiveté est la mère de tous les vices, le lâcher-prise peut être salutaire. Et si nous reprenions le contrôle du scénario ? L’épée, vous pouvez la raccrocher. Murphy ? Invitez-le au café, mais surtout pas à la réunion ni au lancement. Ménière ? Offrez-lui une pause. Mais surtout… continuez à lire, rire, chanter, courir, respirer… donc vivre.

  • Quand la technique vous lâche (4/55)

    Quand la technique vous lâche (4/55)

    Depuis le départ de sa nouvelle aventure en terre néo-zélandaise, Flavien n’a pas recouvré son quota de sommeil. Pour autant, une chose qui n’est pas la pluie va le miner. Le naturaliste est avide de photos. Il croque chaque fleur, plante, arbre, arbrisseau… sous toutes les coutures. Mais, alors que se passerait-il si votre carte mémoire ne voulait plus rien savoir ? Première expérience du voyage est-elle le lâcher prise ? Ce qui est sûr est que Flavien doit pallier le désagrément rapidement.

    « Après plusieurs nuits ratées, je profite de celle-ci pour faire la grasse mat », dit-il en s’allongeant. Quand il s’éveille, il est 8 h 45. À voir sa mine reposée, la nuit a été agréable. Dans une heure, il doit libérer le lit. Alors direction la douche, car « la prochaine nuit se passera dans le bus. Pas moyen de me laver avant au moins deux jours ». Flavien frais et dispo se rend à la réception. Puis, il laisse ses affaires la journée, pour visiter la ville. Première surprise de la journée, c’est gratuit. En Patagonie il fallait payer un supplément, se remémore-t-il. « Ce n’est étonnamment pas le cas ici, alors que tout est plus cher qu’en Amérique du Sud. »

    Voyage à la carte

    Flavien voyage léger. Petit sac sur le dos, ciré, appareil photo et une gourde d’eau, le voici parti à l’assaut d’Auckland. Premier objectif, le mont Éden : le plus haut des 48 volcans qui constelle la ville. Les volcans sont disséminés sur le champ volcanique, qui s’étend du lac Pupuke et de l’île Rangitoto au nord jusqu’à Matukutūruru au sud. Puis du mont Albert à l’ouest jusqu’au Pigeon à l’est. « N’ayant pas souhaité prendre de carte SIM, comme précédemment en Patagonie, je me déplace grâce à des cartes hors ligne (Guru maps) », explique-t-il. Il arrive au sommet, à 198 mètres pour être précis, pour se rendre compte que les touristes sont aussi au rendez-vous. « Malgré tout, ça vaut le coup de se mélanger à la foule. La vue est grandiose. La visibilité s’étend à des kilomètres, d’un côté les gratte-ciels d’où je viens et de l’autre les zones pavillonnaires à perte de vue. »

    Musée, Auckland, guerre

    Un bonheur n’arrivant jamais seul, la pluie se présente. Flavien décide de se mettre à l’abri, en prenant la direction du musée de la guerre, à quelques encablures de là. « La pluie redouble d’intensité », constate-t-il. Prévoyant, il teste pour la première fois son poncho de pluie. Deuxième surprise du jour : « Arrivé au musée je découvre que l’entrée n’est pas donnée (32 NZD). Vu la taille du bâtiment, ça doit valoir le coup », se rassure-t-il.

    « L’intérieur est très beau », constate-t-il, sans forcément trouver le lien entre les différentes collections. Au premier étage, la culture maorie. Deuxièmement, les volcans et l’histoire naturelle de l’île. Au troisième les guerres dans lesquelles certains les néo-zélandais ont péri.

    Quatre heures plus tard, Flavien file en direction du front de mer. La pluie « tropicale » refait son apparition, l’aventurier coupe court son périple pour se mettre à l’abri à l’auberge. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Pas le temps d’être oisif. « Je profite de la Wi-Fi pour réserver mon auberge du surlendemain et le ferry pour rallier l’île du sud dans deux jours. » La tocante affiche 17 h 45n quand Flavien repart en direction du front de mer, mais cette fois avec sur le dos son sac chargé à bloc. Il doit être à 18 h 45 à la gare routière pour prendre le bus de nuit pour Wellington. Arrivée à bon port « j’en profite pour manger des nuggets avant de prendre la route, puis je prends place dans le bus pour… 11 h 30 de route. »

    Un sommeil haché

    « Je réussis à m’endormir… mais chaque heure, l’annonce des arrêts au micro me réveille. » Flavien pensait que ce bus ne faisait pas d’arrêt. Difficile de dormir, déjà dans un bus, et surtout avec l’agitation survenant à chaque arrêt… « Il est 6 h du mat. Nous arrivons bientôt à Wellington, à l’extrême sud de l’île du nord. Finalement, le voyage qui ne devait durer que 11 h 30 en durera 12 h 30 », ironise Flavien. À 7 h 30, il se présente à l’auberge de jeunesse située juste à côté de la gare. La « Trek Global Backpackers » est un choix stratégique au demeurant.

    « Je choisis celle-ci, car, prenant le bateau tôt demain matin, elle est proche du port, et pas chère. » Affichant le tarif de 13 €, elle rivalise avec les auberges sud-américaines. Elle propose même des chambres privées, des « Female Single Room ». Il laisse son sac à dos pour se promener dans la ville avec mon seul sac de transport, le plus petit. À tout juste 7 h 45, il déambule dans les rues de Windy Welly. Wellington doit son surnom aux fortes rafales de vent qui la balaie.

    Perché au sommet

    Le regard aguerrit, Flavien scrute la ville. Sympathique, mais avec le port « industriel » situé en pleine ville, le front de mer manque de charme, nous révèle-t-il. « L’ambiance reste cependant meilleure qu’à Auckland à mon avis et de ce que j’ai pu voir. » Comme pour Auckland et le mont Eden, l’aventurier du bout du monde trace vers le mont Victoria. « Il faut quand même monter 200 m de dénivelé. » Mais le jeu en vaut la chandelle, il offre une vue à 360 degrés sur la ville, le port et l’océan.

    « Sur ces flancs quelques pseudos reliques de forêts recèlent les premières espèces que je trouve intéressantes. » Cela suffit à Flavien pour dégainer son appareil et photographier ses premières plantes du voyage. À cette heure matinale, peu de courageux. « Je profite seul du panorama ! » Après quelques instants de réflexion, il prend la direction de Zealandia à l’autre bout de la ville. Cinq kilomètres, Flavien découvre ce parc semi-naturel, entouré de barrières. Zealandia Te Māra a Tāne est le premier écosystème urbain entièrement clôturé au monde. Le but est de restaurer la forêt et les écosystèmes d’eau douce d’une vallée de Wellington aussi étroitement que possible à leur état pré-humain, expliquent-ils. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Nature, arbre, pont

    « C’est le cas du Sphénodon, l’un, si ce n’est le plus ancien, des représentants des reptiles », relate Flavien. Ne subsistant plus que sur quelques îles, cette réserve est la seule à l’accueillir sur le « main-land » explique-t-il. « Sur les conseils d’un guide/biologiste, je ne tarde pas trop à le trouver. » Oui, sauf que peu de temps à l’échelle d’un Flavien représente quand même 25 minutes. Un seul individu se montre, lézardant au soleil. « Le pied ! Cet animal m’a toujours fasciné, ne serait-ce que par son nom des plus préhistoriques. »

    Quand la technique vous lâche

    Il poursuit ses recherches des oiseaux les plus rares. À 13 h, Flavien prend sa pause repas pour recharger les batteries. Il revient sur ses traces matinales, car « j’espère faire de meilleures photos de ces espèces qui ne se laissent pas photographier facilement. » Il éprouve un réel plaisir quand il réussit une très belle photo du pigeon endémique de Nouvelle-Zélande : le carcophage ou kereru. « Ses couleurs sont incroyables, sa taille impressionnante, il fait facilement deux fois la taille des espèces européennes », décrit Flavien.

    Vallée, forêt, nouvelle-zélande

    Passionné, le temps passe trop vite. « Je double mon intensité de marche si je veux être hors de la réserve avant 17 h. »

    Puis, l’impensable se produit ! Sa carte SD ne veut plus rien savoir. L’appareil photo indique un problème de formatage. « Il ne manquait plus que ça, après les 500 photos d’espèces uniques photographiées aujourd’hui. »

    « Je ronge mon frein quand de magnifiques espèces se posent devant moi. À l’image de ce martin-pêcheur que je n’ai jamais vu. » Désormais Flavien espère qu’une seule chose : « Vais-je pouvoir récupérer les photos du jour à mon retour ? » Puis, il pense à vois haute. Devrais-je revenir avant la fin de mon voyage ? Mais je devrais payer une autre entrée (26 NZD) et « perdre » une journée. « Bien entendu la carte SD que j’avais de rab était restée dans mon sac à dos à l’auberge », grommelle-t-il.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Le temps du lâcher-prise est arrivé durant les quatre kilomètres pour rentrer à l’auberge. Au passage, la visite à la fameuse « cablecar » est vite oubliée. « Avec plus de 20 km dans les pattes aujourd’hui, je rentre à l’auberge », raisonne-t-il. Il réalise le check-in, prend une douche, lave son linge, réserve l’auberge pour demain, 14 décembre, et prend la direction du centre-ville pour tenter de trouver un magasin ouvert. Au menu ce soir, pâtes au pesto. Le baroudeur prépare son repas dans la cuisine de l’auberge. Il est 22 h quand Flavien se couche. « Demain matin, une fois n’est pas coutume, levée matinale pour prendre le ferry qui m’emmènera sur l’île du sud… », s’endort-il sans finir sa phrase. À suivre…

  • Fuite de données du CNSS au Maroc

    Fuite de données du CNSS au Maroc

    La recherche de deux mots — Maroc et cyberattaque — fournit 234 000 réponses en un sixième de seconde. Souvent lors d’une cyberattaque, bien moins de résultats sont produits. Pourtant ce n’est pas le premier pays à subir une attaque cybernétique, qui plus est en Afrique. La cyberattaque du site du ministère de l’Inclusion économique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences (MIEPEEC) et de la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) affole la presse, et ravive les tensions entre l’Algérie et le Maroc, par réseaux sociaux interposés.


    Les attaques cybernétiques sur le continent africain ne datent pas d’hier. « Depuis début 2025, j’ai au moins comptabilisé une 100 de cyberattaques, fuite de données et autres actes d’incidents de sécurité informatique en tout genre, qu’ils soient publics, semi-publics ou privés ! », explique SaxX sur X. Mais celle contre le Maroc, plus particulièrement concernant le CNSS affole la presse mondiale et marocaine. Cela confère un emballement médiatique, alors que l’enquête est en cours.

    Que sait-on vraiment ?

    Une personne ou un groupe de personnes, sous le pseudo jabaROOT DZ, poste sur un site bien connu, BreachForums pour ne pas le citer et sur Télégram des informations issues de la cyberattaque. Deux dossiers sont ainsi disponibles. Le premier intitulé fiches de paies, le second CNSS — Moroccan National Social Security fund. Ils résultent de la cyberattaque du MIEPEEC et de CNSS.

    Forum, données, dark

    Le fichier, le plus important, affiche un poids compressé de 549 Mo. Il comporte 53 576 fichiers. Deux au format CSV, adhérents et salariés, les autres sont des documents au format PDF. Une fois décompressé, cela représente 6,9 Go.

    L’autre à une taille de 75,5 Mo, puis décompressé de 84,4 Mo. Il contient 3101 fiches de paies. L’ensemble des composants sont datés de 2024 et 2023. Une possible fraude est envisageable. Les numéros P.P.R. (identification) et le numéro de la pièce d’identité (CIN) sont affichés. (Crédits : capture d’écran)

    La problématique est que les entités potentiellement visées sont conséquentes. Le nombre de compagnies exposées est de 499 881. Parmi celles-ci existe le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, le Crédit du Maroc, la Banque centrale populaire, des entreprises de presse, le bureau de liaison d’Israël au Maroc, jusqu’à la holding du roi Mohammed VI, Siger.

    Quels renseignements sont exhibés ?

    Des fonctionnaires sont alors exposés, mais pas que. Dans les deux fichiers au format CSV, de très nombreuses lignes. Pour « Adhérents » 1 094 294 lignes de données et près de deux millions pour « Salariés » (1 996 026). Si en France, le sujet du salaire est encore tabou, le voile est ainsi levé sur les salaires déclarés de plusieurs personnalités au Maroc.

    Pour le fichier salarié : l’identification de l’adhérent, la nouvelle immatriculation, prénom, nom, numéro d’immatriculation, pièce d’identité, numéro de passeport, numéro de résidence, date de création, mode de demande, nom de l’affilié, numéro de l’affilié, état de la demande.

    Pour le fichier adhérents : nom de l’entreprise, la date d’adhésion, prénom et nom du mandataire, informations bancaires, numéro téléphone et e-mail du mandataire, attestations, identités et informations sur des salariés, numéro de passeport et adresse complète… (Crédits : capture d’écran)

    Liste, données, fuite

    La certitude est outre l’exploitation des données pour exercer du phishing, spearphishing, elles peuvent conduire à des attaques cybernétiques plus précises, plus ciblées en fonction des attaquants. Les experts marocains s’insurgent de l’ampleur de cette attaque. Celle-ci est connue, car rendue publique par le collectif jabaROOT, contrairement à l’ensemble de celles passées sous silence.

  • De Shanghai à Auckland (3/55)

    De Shanghai à Auckland (3/55)

    L’attente dans l’aéroport, la pluie à Shanghai, le manque de sommeil depuis quasiment un nycthémère usent Flavien. Si bien que la chaleur environnante de l’avion est propice à l’endormissement. Le repas n’est pas encore servi que Flavien est déjà dans les bras de Morphée. Encore onze heures trente minutes de trajet pour atteindre le paradis des naturalistes. Après tant d’attente, il pourra au fil du voyage poser sa tente dans les paysages merveilleux de la Nouvelle-Zélande. Avec une première approche à travers la plus grande ville, Auckland.

    Le repas est juste servi, alors que Flavien est réveillé par les cris étouffés de son estomac. La place entre les sièges est la première surprise de cette compagnie rappelle-t-il. Ses genoux ne touchent pas le fauteuil devant lui, ce qui est pour les personnes de grande taille un luxe très apprécié. Le dîner en vol englouti, il retourne aussitôt dit dans un sommeil réparateur. « Je me réveille quatre heures plus tard. Quel plaisir de trouver sommeil dans l’avion », bâille-t-il.

    Terre en vue

    « J’entrouvre le volet du hublot, dessous c’est l’océan Pacifique et les îles de la Papouasie. » Il est temps de mettre les pendules à l’heure, enfin le smartphone. Flavien aligne l’heure du portable sur le fuseau horaire d’Auckland. Il est 12 h 15. Le vol paisible laisse libre cours à des préoccupations humaines. « J’espère toujours que mon sac me suit en soute… » Plus que quatre petites heures avant d’arriver au pays du long nuage blanc, l’excitation monte. Il ne reste que deux heures quand l’impatience est à son comble. « J’ouvre le volet et surprise, une terre. »

    Le sol érodé et rouge lui confère une idée précise du lieu que lui et les autres passagers du vol MU779 de China Eastern Airlines survolent : la Nouvelle-Calédonie et ses mines de nickel. « Il suffit de peu de temps pour m’en assurer, quelques minutes après se dévoile le lagon ! » Flavien rêve un jour qui sait, de fouler ce caillou, où le taux d’endémisme des plantes est le plus important au monde avec Madagascar confie-t-il. « Je prends mon pied de la voir. »

    Comme un enfant qui demande sans cesse « quand est-ce qu’on arrive ? » lors du départ en vacances, Flavien bout d’impatience. Il ne cesse de regarder au travers du hublot. « Je ne veux pas rater les premiers bouts de terre de la Nouvelle-Zélande. » L’Aoetaroa se mérite, elle ne se dévoile qu’au tout dernier instant.

    À la recherche de ses bagages

    À peine quelques dizaines de secondes passent, quand le vol atterrit sur l’asphalte. Flavien, toujours accroché à son hublot, observe la tenue des personnels sur le tarmac. Ils sont rares ceux qui ne portent pas un short ou un tee-shirt. « C’est décidé, je descends de l’avion en tee-shirt. » Le reste de l’argent retiré au duty free de Roissy Charles de Gaulle s’échange au bureau. Les 40 euros se transforment en 63 dollars néo-zélandais (NZD).

    La récupération des bagages dure plus que prévu. « Nous sommes tous à patienter pendant près d’une heure, sans informations. Ça ne me rassure pas sur la présence, ou non, de mes affaires dans la soute. » Il apparaît enfin, ce qui permet à Flavien de pousser un « ouf » de soulagement. « La crème solaire a succombé à l’habituelle maltraitance des bagages », confie-t-il. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Passage obligé : la douane et le contrôle de biosécurité. « Avant de partir, j’ai rempli le formulaire de déclaration en ligne. » Comme en Australie, l’entrée des denrées sur le territoire est soumise à un contrôle strict. « Ayant déclaré l’une de ces denrées, l’attente fut longue. » Une heure plus tard, Flavien est dirigé vers le lieu du contrôle. C’est encore plusieurs minutes de patience. La vérification minutieuse du matériel de camping, en particulier la tente, et des produits lyophilisés, car ces derniers contiennent de la viande.

    Enfin en Nouvelle-Zélande

    « J’ai bien cru que les sachets lyophilisés ne passeraient pas… tout est bien qui finit bien. » Sorti de l’aéroport, un bus pour le centre-ville et Flavien arrivent au même instant à l’arrêt de bus. « Ce n’est pas donné le voyage », pense-t-il en donnant 20 NZD au conducteur du SkyDrive Airport Express. L’avantage est qu’il le dépose à côté de son auberge, en à peine plus d’une demi-heure.

    La première impression de Nouvelle-Zélande, enfin d’Auckland, est très bonne admet l’aventurier. La ville est très propre, ils ont du goût avoue Flavien alors sous le charme. La trame de couleur autour du gris anthracite est reprise un peu partout, ce qui lui confère une unité. « Juste dix minutes après être sortie de l’aéroport, il pleut », observe-t-il avec une certaine nonchalance. C’est sous la pluie qu’il fait son arrivée à l’auberge.

    Elle est située en plein centre-ville, juste à côté de l’iconique Skytower. « L’entrée se passe au mieux. Je récupère ma chambre où les trois autres occupants sont déjà là depuis plusieurs jours. »

    Une Canadienne très sympathique, qui est en visa travail, lui prodigue moult conseils et renseignements. « Voilà mes premières conversations longues en anglais, ça revient vite, c’est cool. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Il s’assied trente minutes, envoie quelques messages et file sous la douche. Il fait bientôt nuit remarque-t-il, tandis qu’il cherche de quoi manger. « Je me rabats sur un taco pour ce premier repas… », après avoir cherché en vain une spécialité locale. De retour à l’auberge, il fait toujours aussi chaud et humide. La chambrée s’endort fenêtre ouverte. « Le lit superposé est frêle. Il bouge dès que je me tourne. Ça ne m’empêche pas — loin de là — de m’endormir, enfin en position allongée sur un truc à peu près confortable », souffle Flavien qui s’enfonce dans le sommeil du bienheureux. À suivre…

  • Quand les Espagnols crient… leurs loyers trop chers

    Quand les Espagnols crient… leurs loyers trop chers

    Tandis que la politique américaine fait chuter les bourses mondiales, un pays qui a souffert voit ses habitants pousser à nouveau un cri de désespoir. La crise du logement en Espagne est telle que dans 40 villes de la péninsule ibérique des milliers de manifestants défilent ce samedi 5 avril 2025. Leurs volontés sont toutes simples : vivre ! Si à Paris les logements vides sont nombreux, rien de comparable à l’Espagne. Des dizaines de milliers de manifestants déambulent dans les rues de Madrid, Valence, Séville, Malaga, Las Palmas de Gran Canaria…

    Qui ne rêve pas de louer un appartement cosy, bien situé. Qui ne rêve pas de fonder une faille et d’acquérir sa maison, avec un jardin pour les enfants. Qui ne rêve pas de dormir au chaud, dans un lit sous un toit. Tandis qu’en France certains dorment dehors le long de la verrière de la gare Saint-Jean, à Bordeaux. Tous ou presque. Sauf qu’en Espagne, des milliers et des milliers de personnes ont défilé ce samedi 5 avril 2025.

    Au bord de l’agonie

    Les Espagnols descendent une fois de plus dans la rue. Ils expriment leurs désarrois face à la crise du logement qui traverse la péninsule. Emplis de colères, de peurs, ils manifestent, car le loyer engloutit la majeure partie du pouvoir d’achat, s’il en reste. Car un projet de vie passe inéluctablement par l’obtention d’un toit. Sans un domicile, pas de projet, pas de sécurité, pas d’autonomie…

    Le pays est passé, en construction de logements de 600 000 à 90 000. Depuis la crise de 2008, les constructions de maisons s’effectuent au compte-gouttes. Si bien, que les nouveaux ménages ne peuvent s’envoler, car l’offre et la demande occasionnent la flambée des prix de vente et de location.

    Ici, les manifestants protestent contre les prix du logement à Málaga. Des relents de la cohabitation dans une même maison à étages, parents, grands-parents et petits enfants sous le même toit. « Il n’existe aucun pays économiquement avancé […] dans lequel le système de marché produit des logements que les pauvres peuvent se permettre », a écrit l’économiste John Kenneth Galbraith. L’avertissement de la crise de 1992 en Espagne apparaît fin de l’année 2024 comme une prophétie réalisée. (Crédits : García-Santos/El País)

    Le même économiste explique à 86 ans que « si vous baissez les salaires, vous augmenterez le chômage ». Les vases communicants entre l’accession à la propriété et la location sont liés. Si le premier se complique, la pénurie atteint le second. « Les données générales ne sont pas très encourageantes : 5,5 millions de foyers sont confrontés à l’exclusion résidentielle », déclare le porte-parole de Provivienda.

  • À la découverte de Shanghai (2/55)

    À la découverte de Shanghai (2/55)

    Le vol de Flavien, à destination de Shanghai, est en approche finale. Le tarmac est en vue. Les onze heures de trajet laissent tout le loisir de se mettre à l’aise. « Avant d’atterrir, je me rends compte, en voulant me rechausser, que mes pieds ont gonflé. » Puis, le moment est venu, sans mauvais jeu de mots, de poser le pied sur le continent asiatique pour la toute première fois. Sauf qu’il n’est pas accordé à tout un chacun de rentrer en République Populaire de Chine (RPC). La durée de l’escale donne la possibilité de visiter la cité, une partie d’un monde.

    À l’instar de Mehran Karimi Nasseri, dit Sir Alfred Mehran — qui vécut dans le terminal 1 puis 2 de l’aéroport de Roissy — une autorisation est nécessaire pour sortir. La vie de cet iranien inspira le film « Le Terminal » avec comme rôle principal Tom Hanks. « À la douane je remplis un formulaire pour pouvoir sortir sans visa dans la ville. » Il juste 7 h 30 quand Flavien aperçoit la mégapole encore endormie, enveloppée par le brouillard. « J’ai 17 h d’escale avant mon prochain vol, allons visiter Shanghai », claque-t-il.

    Autorisé à entrer en Chine

    « Avant de sortir de l’aéroport, je m’assure que ma valise n’a pas été descendue. Et qu’elle sera bien dans le prochain vol, en espérant qu’elle ne soit pas restée à Paris», se réconforte l’aventurier. Le marcheur invétéré décide, pour une fois, de prendre les transports en commun pour se rendre au cœur de la ville. La distance abonde son choix.

    « Désormais, je dois réussir à acheter un billet de métro pour rallier le centre-ville, à 30 km de là, s’encourage Flavien. C’est dire la taille de cette mégalopole. ». Sans maîtrise du langage, les échanges verbaux sont difficiles, découvre immédiatement Flavien. En effet, le nombre d’idéogrammes utilisés est compris entre 40 000 et 60 000. L’alphabet chinois phonétique est le pinyin. En toute logique, la langue chinoise ne peut être comparée au français et à notre alphabet latin.

    « Je veux prendre le Maglev, le train le plus rapide au monde… mais le prix m’en dissuade. » Mais avant toute chose, il faut retirer de l’argent. Mais en RPC, toutes les cartes bancaires ne fonctionnent pas. Les distributeurs de billets de métro ne prennent pas sa carte.

    Flavien en observation

    Flavien recherche d’un bureau de change, pour échanger une partie des 50 € retirés hier. « En échange de 10 €, on me donne 37 yuans. J’ai la nette impression de me faire avoir. Mais ne parlant pas chinois, je ne suis pas en position de force. » Bien entendu, dès la sortie des terminaux les traductions sont quasi inexistantes. « Sans le Wi-Fi, auquel j’essaye de me connecter depuis de très longues minutes, impossible de déchiffrer cette langue qui m’est complètement étrangère. »

    Flavien rusé, laisse passer les locaux et observe. Sa patience et technique semble être la bonne méthode « car quelques minutes plus tard je repars avec mon ticket de métro ». Dans cette première sortie, c’est la totale improvisation. « Je n’ai pas préparé cette escale. » (Crédits : De gauche à droite, Shanghai world financial center, Jin Mao tower et la tour Shanghai/Flavien Saboureau)

    Un petit truc en plus le laisse pantois. « Avant d’entrer dans le métro, je passe mon petit sac de voyage dans un scanner à rayon X. C’est la première fois que je vois ça pour prendre le métro. C’est rassurant », se réjouit-il. Le voici dans une des rames de la ligne 2, en direction des gratte-ciels du centre-ville. « Il faut déchiffrer le nom des arrêts. Quarante-cinq minutes plus tard me voilà au pied de certains des plus hauts gratte-ciels du monde, la démesure… », s’émerveille le baroudeur.

    L’impressionnante tranquillité de la mégapole

    Les préjugés ont la vie dure. Combien de fois nos certitudes nous jouent des tours ! Nous nous perdons dans des envolées lyriques, des pensées gargantuesques et dans des suppositions inutiles sans avoir effectué le moindre pas dans un lieu. La ville de Shanghai compte plus de deux fois et demie la population de la municipalité de Paris avec 10, 94 millions. La perle de l’Orient affiche, quant à elle 29, 87 millions d’habitants.

    « La ville est calme, la circulation est faible, les quelques voitures ne klaxonnent pas… ce serait presque agréable de se promener au milieu du béton », s’étonne Flavien. L’effervescence que ressent l’aventurier est en contradiction complète avec la quiétude vécue. Il faut rappeler qu’il redoute les grandes villes. « Je pensais pouvoir traverser le fleuve — dont j’ignore toujours le nom — qui traverse la ville, via un pont, mais ce dernier semble absent. » Ce fameux cours d’eau est « Le Huangpu ». Cela veut littéralement dire le « fleuve de la rive jaune ».

    La pluie s’invite

    Tel un habitué, Flavien achète un nouveau billet de métro pour 3 yuans afin de traverser le fleuve en souterrain. Il arrive à Nanjing road. Elle est l’une des principales rues marchandes du centre historique. Sa réputation est connue partout en Chine.

    « Tout est démesuré, la taille des immeubles, les écrans géants et j’en passe. Je prends la direction du Bund, cette promenade qui longe le fleuve et qui permet de réaliser la photo carte postale de Shanghai avec son gratte-ciel le plus emblématique, la Perle de l’Orient. »

    La météo n’est pas de cet avis. La pluie fine modifie l’ambiance, les têtes des gratte-ciels se retrouvent dans les nuages. « Des dizaines, voire des centaines, de bateaux et barges asiatiques croisent sur le fleuve. Les coups d’accélérateur et les kilos de CO2 relâchés par ces monstres finissent de parfaire l’image que je m’étais faite de cette Chine démesurée. »

    La pluie s’intensifie, la température baisse, Flavien avait par intuition anticipé. Chaudement vêtu, il marche en direction de People Square, le cœur de la ville.

    (Crédits : Edward Eyer/Pexels)

    L’ambiance y est bien différente. Il y a plus de petits magasins avec les rabatteurs qui vous accostent, mais aussi des voitures de luxe et des bâtiments aux devantures très soignées. « Je suis proche de la mairie, du théâtre et de nombreux musées. Je ne traîne pas, car la pluie devient plus forte et présente. Fatigué, et n’ayant pas dormi depuis bientôt 24 h, je décide de reprendre le métro en direction de l’aéroport, non pas content d’avoir tout de même pu voir un aperçu de cette culture. »

    Une gourmandise avant de partir

    Flavien ne serait pas Flavien sans une gourmandise à déguster. Il ne peut décemment partir de cette petite incursion en Chine, sans croquer une spécialité locale, à défaut de manger une glace. Juste avant de reprendre le métro, « j’hésite longuement avec un produit “frais”. Pour ne pas me retrouver avec la tourista, je dépense mes 10 derniers yuans dans une viennoiserie apéritive », assure-t-il.

    Voiture, luxe, Shanghai

    Il est près de 15 h, quand il réapparaît à l’aéroport Shanghai Pudong. « Quelques heures à tuer avant mon vol prévu à 0 h 10. » Il parcourt, en long, en large et en travers le terminal. « Je trouve enfin des sièges sans accoudoir pour pouvoir m’allonger, quel bonheur ! »

    À 20 h pile, sa tocante l’alerte : l’enregistrement ouvre. « Je me rends au comptoir, sans bagage et sans me couper, s’amuse-t-il en repensant à son malaise vagal… pour récupérer mon billet. Je questionne le personnel concernant mon bagage. Ils ne semblent pas en savoir plus que moi, ce qui ne me rassure pas. »

    Le passage par la sécurité est sans encombre. Flavien prend un train interne à l’aéroport pour rejoindre sa porte d’embarquement : la G122. « Je profite de ce temps mort pour accrocher la Wi-Fi que je ne réussis pas à avoir depuis ce matin. »

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Comme par magie, celle-ci fonctionne l’espace de trente minutes, mais uniquement pour WhatsApp, tout ce qui est relié de près ou de loin à Google semble être géré par l’état chinois, pense-t-il tout bas… « Je donne des nouvelles à la famille, réponds à quelques messages. Deux heures plus tard, la porte ouvre et j’embarque sans encombre dans l’avion où il fait bien meilleur que dans le terminal où je commençais à bien me cailler », grelotte-t-il. À suivre…