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  • Épidémie de cinétose à bord (10/55)

    Épidémie de cinétose à bord (10/55)

    La transition de milieu solide à liquide est parfois difficile. C’est ainsi que le compagnon indésirable des périples sur l’eau, le « mal de mer », s’invite. Sur un bateau, le décor semble stable. Sauf que la cinétose naît du conflit entre ce que voient nos yeux, et ce que comprend notre oreille interne. Le résultat ne se fait pas attendre : nausées, vertiges, fatigue. Flavien n’éprouve pas cet étrange mal, habitué au roulis avec le Marion Dufresne lors de son voyage vers l’île d’Amsterdam.

    Durant la nuit, « la mer commence à se former. » Dans la cabine 303, c’est Gabriel qui, le premier, fait les frais de cette agitation. « Je l’ai entendu se lever cette nuit pour aller vomir. » Pour le moment, Flavien ne ressent rien. Habitué ou accommodé, ce n’est pas pour cela qu’il est forcément épargné du mal de mer. Pour autant, il ne faut pas crier victoire trop tôt.

    La cinétose de Flavien

    Flavien et Fergus rejoignent le pont n° 5 pour observer l’arrivée du convoi maritime sur les îles Snares. « Ce minuscule archipel est l’un des très rares territoires de l’hémisphère sud à être épargné des mammifères introduits par l’être humain. Toute descente y est interdite. » Ça tombe bien, souffle l’apprenti marin, la mer de Tasman est déchaînée en ce matin du 20 décembre 2024.

    Passerelle, bateau, bouée

    Le chef d’expédition notifie l’impossibilité d’utiliser les Zodiacs pour longer les côtes. L’équipage et les croisiéristes ne sont pas surpris d’une pareille annonce. « Adieu la contemplation des quelques espèces endémiques comme l’emblématique Gorfou des Snares, endémique de ce minuscule archipel », se lamente tout de même l’aventurier.

    Alors, comme de nombreux autres, il occupe l’avant-midi à se déplacer, tel un acrobate, de passerelle en passerelle. Il tente de photographier le maximum de variétés. La liste non exhaustive affiche : Albatros de Buller, Manchot, Albatros timide… « En tout début de matinée, des dizaines de milliers de puffins fuligineux partent à la mer pour se nourrir », raconte avec surprise et bonheur Flavien. Avec deux millions d’individus, ce petit archipel héberge la plus grande population mondiale.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Le voyage suit sa route en direction de l’archipel d’Auckland. Mais auparavant, ils longent la White Chain et sa colonie d’Albatros de Salvin. L’Heritage Adventurer quitte la protection de l’île et reprend sa route. « La mer est très formée. Des creux de 4 à 5 mètres s’offrent devant nous, je commence à me sentir pataud », blanchit Flavien. Il se repose avant le repas annoncé à 12 h 30. « Je ne dors que trente minutes. Je regrette — sans le regretter — d’avoir traîné hier soir. » Les premiers jours en mer sont toujours éprouvants. Il faut laisser le temps au temps, que l’oreille interne s’habitue à cet incessant roulis.

    À l’abordage d’Auckland Island

    Le lendemain matin, le réveil est à nouveau bien matinal. « Il est 5 h 45, quand le réveil sonne. J’ouvre le rideau. Nous sommes dans la baie », constate Flavien. La pluie fine, qui a fait son apparition hier, est toujours présente. À 7 h, les passagers grimpent sur les Zodiacs. « Nous allons enfin faire nos premiers pas sur les îles subantarctiques néo-zélandaises. » Le petit déjeuner englouti, ils s’équipent en conséquence, puis une longue attente s’effectue dans le couloir avant l’embarquement. « Nous sommes dix par bateau. Nous prenons quelques vagues de plein fouet. » Flavien est satisfait d’avoir acheté une housse de protection pour son appareil photo. Car, c’est passablement humides, qu’ils accostent sur une petite plage de galets.

    Le tracé est aménagé de caillebotis. Puis l’histoire du lieu est contée. « J’avoue ne pas avoir trop écouté, accaparé à photographier les quelques plantes se trouvant sur le chemin. » Telle la gentiane endémique d’Auckland, Gentianella cerina qui est en bouton. « J’espère qu’elle sera fleurie quand nous repasserons dans l’archipel, en particulier sur Enderby Island, à la fin de l’expédition. »

    L’excursion emprunte un semblant de sentier pour rejoindre une autre plage où les zodiacs les récupèrent. De retour à bord, étape obligatoire via la « mudroom » pour laver bottes et cirés. Le manque de sommeil affecte le baroudeur. Une présentation sur l’histoire d’Auckland se propose. « Je suis un peu fatigué. La mer s’est reformée, alors j’en profite pour faire un petit roupillon. » Cet après-midi, ils embarquent à nouveau pour la plus dure des randos de l’expédition, paraît-il.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Île, pluie, zodiac

    Le bateau se rapproche au maximum des possibilités de navigation. « Il faut quand même faire quinze minutes de Zodiac, autrement dit de tape-cul dans le royaume de Neptune, pour parvenir au pied de l’ascension de l’après-midi », note Flavien. L’accostage est tout aussi sportif. Ils arrivent sur les basaltes recouverts d’algues, mais le front de mer offre ses premières mégaherbes (Anisotome latifolia, Bulbinella rossii), sourit-il. « L’endroit est incroyable, complètement reculé, au fond d’une baie. »

    Le paparazzi en action

    Le groupe entame deux heures de procession en direction d’une colonie d’albatros timides. « Je ferme la marche, car je n’arrête pas de déclencher mon appareil photo. Les espèces nouvelles et endémiques sont partout (Gentianella cerina, Plantago triantha…). » Les végétations sont principalement représentées par Ozothamnus, Myrsine divaricata, Polystichum vestitum, Hebe elliptica et la plus rare Hebe benthamii.

    Fleur, unique, découverte

    Arrivé aux alentours de 200 m d’altitude, Flavien affiche son plus beau et large sourire. « Je suis heureux de tomber sur la minuscule Abrotanella, une Asteraceae qui ne paye pas de mine… Puis une autre, Danamenia vernicosa. »

    Quelques instants passent quand, au pied de la colonie d’albatros, s’expose l’unique pied fleuri de Pleurophyllum speciosum. « Incroyable ! C’est la troisième espèce à ne pas rater du voyage. »

    Puis, durant une demi-heure, Flavien n’est pas seul à contempler la colonie d’albatros timides. À cet instant, de nombreux souvenirs amstellodamois lui reviennent en mémoire.

    (Crédits : Pleurophyllum speciosum/Flavien Saboureau)

    « Les albatros nichent sur des corniches végétalisées, comme dans les falaises d’Entrecasteaux, mais ici sur des mégaherbes : Anisotome, Bulbinella et Stilbocarpa polaris », explique Flavien à mots couverts. Les cris sont semblables à ceux des albatros à becs jaunes : « Quel plaisir ! » Au loin, se devine également le bruit des albatros fuligineux à dos clair, qui remémore les instants passés à Del Cano. Alors que tout un chacun pourrait être blasé après tant de pérégrinations, ce n’est pas le cas de Flavien. L’aventurier du bout du monde profite à fond du moment, avec un paysage incroyable, bien différent d’Amsterdam.

    Toujours en fin de peloton, « je peaufine et améliore mes photos avant de reprendre les Zodiacs », tout en descendant. Une fine pluie s’est invitée pour le retour. Elle leur fouette le visage, tandis que les vagues formées leur « cassent » le dos étant assis sur les boudins des Zodiacs. « Je suis arrivé sur les îles subantarctiques en hélicoptère, en petit avion et désormais en Zodiac. Je me rends compte des incroyables opportunités qui ont pu s’offrir à moi ces quatre dernières années. Tant d’efforts récompensés, même si ceux-là m’auront coûté cher… »

    À bord du Heritage Adventurer, le déjeuner se déguste alors qu’il sort des baies calmes proposées par l’archipel. Ils regagnent l’océan Austral et ses vagues parfois monstrueuses. « Pendant le repas, certaines d’entre elles dépassent la hauteur de la salle de restauration. Le Canadien souffre des conditions… et régurgite son repas sur la table. Il en disperse sur également Sophia et le Néo-Zélandais, les pauvres… » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Flavien, selfie, Nouvelle-Zélande

    Faire contre mauvaise fortune bon cœur. « Nous changeons de table et en rigolons pendant les deux heures du déjeuner. » Avant de revenir dans la cabine et de savourer une douche amplement méritée, « je réalise la biosécurité des affaires utilisées ». Un bref instant, la contemplation est de mise. « Il est temps de se poser, de se rendre compte de l’incroyable journée passée », acquiesce Flavien. Désormais, direction l’île de Macquarie, à plus de 600 km de là, où ils arriveront dans quarante-huit heures. Demain sera une journée entière en pleine mer. À suivre…

  • Hana et Naoya, ou la bougie dans le vent

    Hana et Naoya, ou la bougie dans le vent

    La bougie est souvent liée à l’imaginaire collectif. En Orient, comme en Occident, elle se réfère à de nombreuses croyances. Elle est symbole de spiritualité dans de nombreuses cultures. Elle représente souvent la vie ou l’âme humaine une fois allumée. Plongée dans un livre, Capucine est absorbée par les lignes qui défilent sous ses yeux amoureux. La jeune femme, en week-end à Berd’huis, est installée dans la bibliothèque de ses grands-parents, lové dans son crapaud. Elle rêve depuis longtemps à travers la plume des auteurs et autrices.

    Capucine est assise, enfin installée dans le crapaud rouge carmin. Les jambes pointent vers le haut, la tête est légèrement dans le vide. Elle porte son pilou-pilou gris souris, celui avec les oreilles de chat. Délicatement posée sur le vieux tabouret de bois, une tisane fumante, et sa bougie, fleur de cerisier. Elle embaume le salon. Dans ses mains, un livre. Celui de la légende japonaise : Hana et Naoya. « Elle adopte des positions pour lire qui me surprennent toujours. Je ne sais pas comment elle fait », souffle Sépa. « Oui. Cette fois, c’est véritablement original », répond Séki.

    À travers la flamme d’une bougie

    Il était une fois, au sein du hameau paisible Shirakawa-go, bordé par les montagnes et baigné par les brumes légendaires du matin, un conte que l’on murmurait au coin du feu, au cours de l’hiver. Il faut dire que, durant cette saison, le paysage se couvre d’un blanc manteau épais et cotonneux. Désormais réputé pour ses maisons traditionnelles, au toit de chaume, appelées gasshō-zukuri, et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Comme partout au Japon, contes et légendes y naissent.

    C’est l’histoire de deux âmes sœurs, liées par un amour profond et vulnérable, comme la lumière vacillante d’une bougie dans la brise printanière. Au sein des alpes japonaises, le temps qui dure est rude. Une vie de labeur, où les différences de rangs sociaux sont marqués. Mais revenons quelques temps en arrière.

    Elle porte le prénom d’Hana, une jeune femme à la beauté douce et à l’esprit libre. Ses cheveux soyeux et son teint impeccable attirent tous les regards. Lui, Naoya, était un artiste dont les toiles captent d’ores et déjà l’essence même de la nature : la fragilité des fleurs, la danse des feuilles sous le vent, la perfection des fleurs de cerisier. Leurs regards se croisent un soir d’automne, alors qu’une fête est donnée pour célébrer la récolte du riz.

    (Crédits : Petra/Pixabay)

    Ce soir-là, le vent souffle fort, et les bougies, dispersées çà et là, luttent pour leur survie. Hana et Naoya, au détour d’un regard, se virent dans la lueur tremblotante. Leurs mains se frôlent, un instant, une étincelle illumine le ciel étoilé. Mais leur amour est comme la bougie, aussi fragile que le vent lui-même. « La vie est une bougie dans le vent », chuchotait le vieux sage ayant capté cet instant bref et subtil. Hana et Naoya le comprirent.

    Le fragile destin

    Leur amour naît dans la douce lumière d’une bougie, mais tout autour d’eux, le vent souffle, menaçant d’éteindre ce fragile éclat. Ils ne sont pas du même rang social. Comme la flamme danse, leur relation est fragile. Ils se retrouvent la nuit, sous le ciel auréolé d’étoiles, et leur innocence est à l’image de leurs conversations, pleines de promesses que l’aube efface. Leurs échanges, tel le crépitement de la cire fondue, sont vivants et audacieux. Hana rêvait de voyager au-delà des montagnes, et Naoya voulait peindre l’immensité de la mer, telle La Grande Vague de Kanagawa.

    Mais un souffle plus prégnant amène avec brutalité le retour à la réalité de leurs rangs. Aucun des deux ne peut fuir cette réalité. Le vent incessant produit par leurs familles ignore l’amour naissant, qui hante et brouille leurs rêves.

    Ce vent, ce souffle inconstant, semble incarner la fatalité de leurs simples existences. Comme un amour d’adolescents, un soir d’été. Les jours passent. Les nuits s’éternisent. Chaque rencontre entre Hana et Naoya semble être la dernière. La bougie, leur bougie, toujours allumée, brûle la cire de leur amour, l’use, laissant place à l’ombre de leurs familles. Malgré tout, chaque instant, chaque battement d’ailes, chaque bruissement de feuille, chaque seconde de ce temps passé ensemble semblait précieux. Brûlant et plus vivant que tout ce qu’ils avaient vécu auparavant. (Crédits : Đức Thắng Hồ/Pexels)

    Un jour, une tempête violente s’abat sur le village. Le vent souffle si fort que toutes les bougies s’éteignent. Les flammes vacillèrent un dernier instant, et puis… Hana et Naoya se retrouvent dans le noir, séparés par la distance, par la vie, par le destin cruel de la lourdeur des protocoles. Si vous voyez des ombres perdues, tels des souvenirs effacés par la bourrasque de vent sur le sable, faisant bruisser les feuilles des arbres, chanter les oiseaux, asseoir le silence assourdissant d’un coucher de soleil, alors vous aurez eu la chance d’apercevoir Hana et Naoya. La flamme qu’ils avaient allumée possède l’éclat fragile qu’aucun vent, ni tempête ne pourrait vraiment éteindre. Quelle histoire souhaitez-vous vivre en allumant cette bougie posée sur votre table ?

  • Au cœur de la cabine n° 303 (9/55)

    Au cœur de la cabine n° 303 (9/55)

    Flavien est en route vers le confort ; bien que de passage, il reste somme toute agréable. Pendant une grosse semaine, les petits plats vont être mis dans les grands. Depuis la prise en charge à l’hôtel, Flavien profite. Profitant d’une bourse, il embarque à bord de la « Grande Dame de l’exploration polaire », l’Heritage Adventurer. Plus important qu’un terrain de football, il culmine à la hauteur d’un immeuble de six étages. Partir en croisière expédition, c’est partir à l’aventure et ne retrouver le « monde civilisé » que quelques jours plus tard ! En bref, vous disparaissez loin de tout…

    « Ce matin, le réveil sonne vers 7 h 30. Les collègues ont déserté la chambre, mais comme nous avons jusqu’à 9 h pour déjeuner, il n’y a pas le feu au lac. » Le petit déjeuner avalé, Flavien récupère toutes ses affaires dans deux sacs. Le plus léger pour la journée, comme le voyage en bus ; l’autre, le sac à dos, part devant moi. Il sera dans la chambre 303 à son arrivée dans le bateau. À 10 h, le check-out de l’hôtel est réalisé. « Nous avons 1 h 30 de temps libre jusqu’au lunch. J’envoie quelques derniers messages avant ces dix jours coupés du monde. »

    Une impression de déjà-vu

    À 11 h, Sophia et Ela lui proposent de retourner, à la hâte, dans le centre-ville de Queenstown. Du lèche-vitrine réalisé à plusieurs milliers de kilomètres de la France. De retour à temps pour le déjeuner. « Le buffet est d’une incroyable diversité, ça me change de la dizaine de jours passés », se réjouit-il. Après une attente de près de deux heures, ils grimpent dans le bus vers 13 h 15. Direction Bluff, le port le plus au sud du pays. Un voyage de plus de trois heures avec une courte pause à Lumsden, village de 405 habitants.

    Au port, le bateau attend patiemment. « Comme une impression de déjà-vu ! Il y a trois ans, quand le bus nous dépose au pied du Marion Dufresne, sur l’île de la Réunion », se remémore Flavien. Le bateau long de 124 mètres n’est pas très haut (18 m), ajoute-t-il. Pour les puristes, Heritage Adventurer possède un tirant d’eau de 4,97 m et peut atteindre la vitesse maximale de 15 nœuds (27 km/h), là où le porte-avions vogue jusqu’à 27 nœuds (50 km/h).

    Avant d’emprunter la passerelle à bâbord, il faut montrer pattes blanches, ou plus simplement les passeports. Après les avoir laissés aux autorités néo-zélandaises, « nous prenons la direction de la chambre n° 303 qui nous a été attribuée, au pont numéro 3 ».

    Je partage ma chambre avec Fergus et Gabriel, ceux avec qui j’étais déjà à l’hôtel. Par la suite, l’ensemble des personnes ayant embarqué a rendez-vous au pont n° 5 pour une présentation du chef d’expédition. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « Nous sommes dix jeunes ayant obtenu la bourse, se réjouit Flavien. Car les 110 autres passagers affichent une moyenne d’âge sûrement supérieure à 70 ans, d’ailleurs certains arrivent à peine à tenir debout avec le peu de houle actuelle. » Flavien se questionne sur la suite. « Comment ces personnes vont-elles descendre sur les îles qui sont physiquement très demandeuses ? »

    À bord de la « Grande Dame de l’exploration polaire »

    « Puis vient le premier repas à bord, très luxueux », remarque-t-il un peu gêné. Car Flavien ne se sent pas à sa place. Ce sentiment nécessite une explication. Ce bateau, construit en 1991, répond à la demande croissante de croisière de luxe « cinq étoiles ». Ce navire est pensé et réalisé en ce sens. La capacité initiale était de 184 passagers avec un équipage de 125 personnes. La voilure est désormais à 140 convives. Les espaces publics comprennent un restaurant, plusieurs salons, mais également un théâtre.

    Le navire transporte d’ailleurs 14 bateaux gonflables de marque Zodiac pour transporter les passagers à terre. Les cabines se situent du pont 3 au 6, du moins onéreux au plus, impair à tribord, pair à bâbord. Toutes affichent une superficie de 22 m² ; seules les suites Heritage possèdent 44 m². La cabine de Flavien est donc située à tribord. Elle se compose de trois lits simples, dont un superposé qui se rabat contre le mur. Comme dans le film « Titanic », il peut regarder à travers deux hublots ce qui se passe en mer, près de la surface.

    Le confort offre à ce prix un salon, un bureau, des rangements, une télévision, une salle de bains privée avec douche. « Je prends le petit lit, bien que mes pieds dépassent, je suis un peu excentré dans la chambre, parfait pour pouvoir étaler mes affaires », détaille Flavien. (Crédits : Hautes latitudes)

    Les ponts 7 et 8 sont particulièrement propices à l’observation. Le dernier est totalement à l’air libre : rien de tel pour sentir sur sa peau les embruns et l’air iodé. Le système de coque et de propulsion du navire est renforcé pour la navigation dans les eaux recouvertes de glace.

    Flavien, passager VIP

    « Nous devons porter une carte accrochée à un tour de cou. Notre prénom est inscrit, mais aussi la mention VIP, ça me gêne, se désole Flavien. D’où est-ce que nous sommes plus importants que d’autres personnes, je n’aime pas ça… » L’explication tient en quelques mots. Flavien a obtenu la bourse pour accéder à ce voyage. Sinon, le prix par personne au sein du pont n° 3 en Main Deck Triple est de 10 050 €, jusqu’à 23 000 € en Heritage Suite.

    Vite compris et assimilé. Flavien profite du moment tant attendu de liberté. « Nous montons sur le pont pour faire nos premières photographies d’oiseaux, puis admirer l’île Stewart où je dois aller au retour de cette croisière. » Le pétrel de Cook et le puffin fuligineux sont identifiés.

    Quant à l’île, elle est énorme ! L’ambiance mystique qui y règne est incroyable. La majeure partie des observateurs se réfugie dans le bateau, quand brusquement le vent forcit. Sophia, la Néerlandaise installée en Nouvelle-Zélande, reste. « Nous discutons quelques instants, avant qu’elle n’abdique. »

    « Me voilà seul à l’avant du bateau, quel pied ! Le coucher de soleil s’annonce incroyable. Je reste là, à contempler l’océan austral que je retrouve, j’ai tellement l’impression qu’il m’est familier », se confie-t-il. (Crédits : Kyle Roxas/Pexels)

    Le soleil se couche sur des teintes rosées, je n’arrive pas à retourner en cabine malgré un vent à décorner un bœuf, raconte-t-il. Vingt-deux heures sonnent, les lueurs s’estompent, la nuit s’installe. « Il est temps de retrouver ma cabine. » Ses deux compagnons de cabine dorment déjà. « Demain, nous arrivons vers 5 h 30 aux îles Snares. Je ne pouvais pas rater l’incroyable moment que je viens de passer, tant pis pour mon sommeil. » À suivre…

  • Black-out : Quand le monde s’éteint

    Black-out : Quand le monde s’éteint

    Un black-out électrique survient lorsque l’équilibre entre la production et la consommation s’effondre. Contrairement à une panne locale, ce genre d’incident affecte de quelques milliers à plusieurs centaines de millions de personnes. Ce qui met en lumière la complexité des systèmes de production contrôlés et non. Retraçons les plus grands black-outs de l’histoire contemporaine, leurs causes profondes, leurs conséquences sociales et économiques, et les solutions envisagées pour éviter qu’un simple incident ne déclenche une réaction en chaîne.

    Le 28 avril 2025, l’Espagne et du Portugal se retrouvent sans électricité. Cette panne temporaire s’ajoute à une liste déjà longue de blackouts au niveau mondial. De l’Inde aux États-Unis, en passant par le Pakistan et le Bangladesh, ces incidents nous rappellent à quel point nous sommes dépendants de la fée électricité.

    L’Espagne et le Portugal plongés dans le noir

    Le black-out est une panne de mise à disposition de l’énergie électrique. Elle peut être complète, ou partielle en temps de guerre. La panne historique est sans précédent en Espagne. Elle est parmi les plus importantes d’Europe. Durant douze heures, 55 millions de personnes se retrouvent reconnectées à l’être humain et la nature. La panne est racontée par la presse mondiale, mais détaillée par El País. En Europe, cet incident n’est dépassé que par la panne touchant l’Italie en 2003. Elle prive aux environs de 56 millions de personnes, d’électricité selon les estimations.

    Les différents réseaux électriques sont interconnectés. En 2003, en Italie c’est une défaillance du réseau suisse qui a surchargé les interconnexions à l’origine de la panne. La panne qui touche l’Espagne le 28 avril 2025, connaît des rebondissements sur l’Île de La Palma, aux Canaries, ou presque.

    Ce jeudi 8 mai 2025, près de 30 000 personnes sont touchées par l’interruption de fourniture d’énergie entre 10 h et midi. Les viles touchées sont les villes de Los Llanos de Aridane, Breña Alta, Santa Cruz de La Palma et Fuencaliente. L’origine serait une panne localisée dans la sous-station de Los Guinchos. Les sociétés, Endesa et Red Eléctrica sont à pied d’œuvre pour déterminer l’origine de la panne. Si bien qu’en moins de deux heures, la fourniture est rétablie sur l’Île de La Palma. (Crédits : ahafid/Pixabay)

    « Nous devons entreprendre les améliorations nécessaires pour garantir l’approvisionnement et la compétitivité future de notre système », tweete le Premier ministre Pédro Sánchez. La Commission européenne disposera d’un rapport sur l’incident : date estimée à septembre 2026. Plusieurs hypothèses sont avancées sur la panne du 28 avril en Espagne et au Portugal : baisse de production d’électricité renouvelable, trop forte production d’électricité renouvelable injectée dans le réseau, cyberattaque…

    Les plus grands black-out au niveau mondial

    AnnéeLieuCauseAffectés en millionsDurée
    2012IndeDéfaillance technique6209 h 30
    2023PakistanDéfaillance technique230De 19 h à 21 h
    2001IndeDéfaillance technique230
    2021PakistanDéfaillance technique20022 h
    2014BangladeshDéfaillance technique15012 h
    2022BangladeshDéfaillance technique1407 h
    2015PakistanDéfaillance technique140
    2019JavaDéfaillance technique120
    2005Java-BaliDéfaillance technique100
    1999BrésilOrigine climatique97
    2015TurquieDéfaillance technique70De 1 h 30 à 6 h 30
    2009Brésil et ParaguayOrigine climatique607 h
    2003ItalieDéfaillance technique56De 5 h à 18 h
    2025Espagne et PortugalÀ déterminer55
    2003USA et CanadaDéfaillance technique55De 7 h à 96 h
    La grande majorité des incidents impliquent une perturbation du réseau provoquant une série de pannes, voire des pannes en séries. Les origines sont diverses et variées : une défaillance technique, une origine humaine ou un phénomène météorologique.

    Le cas de l’Italie, un certain 28 septembre 2003

    Si pour l’Espagne, l’enquête est en cours, la panne italienne de septembre 2003 est documentée. Le rapport de l’Union pour la coordination du transport de l’électricité (UCTE) contient 128 pages. Le condensé de l’examen de la séquence permettant d’identifier les causes se lit, en page 55. L’événement s’est produit au moment de la semaine où la charge était proche de son minimum, expliquent les experts.

    Les échanges transfrontaliers trouvent leur origine dans les différences de prix. « Ce ne sont pas les consommations nationales qui définissent le niveau des échanges, mais la capacité de transport du système lui-même. »

    Le point d’origine se situe sur une ligne à haute tension de 400 kV, entre Lavera et Mettlen, en Suisse. La ligne est désactivée à 3 h 01. Des branches touchent des câbles, ce qui provoque un court-circuit. La charge est détournée vers d’autres lignes, les surchargeant. Il s’en suit une cascade de déséquilibres dans le réseau électrique interconnecté.

    À 3 h 25, l’Italie est isolée du reste du réseau européen. Une chute de la fréquence est causée par une production insuffisante et une demande nationale élevée. (Crédits : Ciro Palomba/Pexels)

    Le territoire italien, sauf la Sardaigne et une partie de la Sicile, est privé d’électricité. 56 millions de personnes sont affectées. Des pannes dans les transports, des blocages dans les ascenseurs et des perturbations majeures se produient. Ce blackout est un exemple d’effondrement systémique dans un réseau interconnecté, où une défaillance locale, ici en Suisse, combinée à un manque de coordination en temps réel, provoque une panne nationale.

  • De la carte SD à la carte postale (8/55)

    De la carte SD à la carte postale (8/55)

    Cette journée n’est pas la plus excitante, souffle-t-il, mais elle compose l’entièreté d’un voyage. Deux journées de transition pour se déplacer d’un bout du pays à l’autre, avant d’être coupé du monde : dix nycthémères en plein océan austral. Mais au préalable, il doit se rapprocher du point méridional de la Nouvelle-Zélande. Mais la distance entre les villes de Christchurch et Queenstown équivaut à celle entre Paris et Bordeaux, à vol d’oiseau. Il est contraint de trouver la solution à son problème de carte SD…

    Le réveil est doux ce matin. Aux alentours de 9 h 15, Flavien commence à se préparer. « Je dois faire le check-out à 10 h », explique-t-il. Après avoir récupéré ses affaires disséminées ici et là, il se transforme en véritable « tancarville ». « Les vêtements sont presque secs, mais je les accroche à l’arrière de mon sac à dos. » Il dépose l’ensemble à la bagagerie et se rend au centre-ville.

    Journée ordinaire, dans un lieu extraordinaire

    Après un retrait de 200 NZD au distributeur automatique de billets, il se trouve face à la porte fermée du musée Canterbury (Ekea mai te waka ki tua). Il se rabat vers le Jardin botanique (Te Māra Huaota o Waipapa), juste à côté. « Je suis étonné de voir autant d’espèces des quatre coins du monde dans un pays qui réglemente autant l’introduction d’espèces », remarque-t-il. Il poursuit par l’annexe du musée délocalisé dans une rue adjacente, ou presque. « C’est gratuit et heureusement, souffle-t-il. C’est vraiment tout petit et en dix minutes, j’en ai fait le tour. » Le repas de midi se compose d’un Pie de bacon et poulet. Pour clore la journée, quelques achats. « Je passe au magasin pour acheter de quoi accompagner les pâtes de ce soir, et la première tablette de chocolat du voyage. »

    De retour à l’auberge, il laisse ses affaires sécher sur la terrasse et prend la direction de la gare routière. « Je réserve le bus de 14 h 25 pour Dunedin. Je dois être à Queenstown demain soir. » Une fois de plus, il s’accommode des aléas. Le trajet direct depuis Christchurch est trop cher pour sa bourse (+ 200 NZD, 105 €). Il fera étape pour la nuit à Dunedin. Six heures durant, défilent les paysages. « Des kilomètres et des kilomètres de cultures, d’élevages de vaches laitières rendent les beaux paysages néo-zélandais on ne peut plus quelconques. »

    Arrivé à Dunedin, il prend la direction de l’auberge. « En préparant mes pâtes dans la cuisine, qui voilà ? Les deux Françaises qui étaient dans le même bus que Maxime et moi, il y a trois jours. »

    Le trio, ainsi constitué, dîne. Ce qui est l’occasion d’échanger plus longuement. « L’une s’appelle Clémence, vient de Rouen, et l’autre Mathilde, vient de Marseille », révèle l’aventurier. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Elles commencent le voyage à trois, mais ne sont plus que deux. En prenant congé de Clémence et Mathilde, « je me rends compte que je n’aurais, jusqu’à maintenant, pas passé une seule journée en Nouvelle-Zélande sans prendre un bus, qu’il soit de ligne ou de ville. »

    Les emblématiques de Dudenin

    À tout juste une semaine de Noël, la journée ressemble trait pour trait à la précédente. « À 9 h, je déguste quelques carrés de chocolat et termine la sorte de yaourt liquide acheté la veille. Après avoir déposé mon sac à la bagagerie, direction le centre-ville. » Il acquiert quelques cartes postales, sans véritablement trouver son bonheur. Il ressort de la boutique avec dix d’entre elles, et des timbres pour l’étranger. Le prix est de trois dollars, environ 1,60 euro. Le prix est de 2,1 € pour envoyer une carte de la France vers l’étranger.

    « La cathédrale, au style très européen, photographiée je me dirige vers la gare, l’édifice emblématique de Dunedin. l’un des monuments les plus couchés sur pellicule du pays », s’interroge Flavien.

    Un genre unique en Nouvelle-Zélande, avec en son sein une galerie d’art. Le musée d’Otago en ligne de mire « je n’ai pas envie de payer pour visiter… ça tombe bien, une bonne partie du musée se parcourt gratuitement. » Près de deux heures à explorer des collections naturalistes et des expositions sur les peuples du Pacifique. À 12 h 45, retour au centre-ville pour acheter quelques en-cas, et surtout dénicher un vendeur de cartes mémoire. Avec difficulté « j’en trouve une de 64 GB, pour 50 $ chez un commerçant d’appareils photographiques. » Après avoir essayé la carte défectueuse, le couperet tombe. L’unique possibilité de recouvrer tout ou partie des clichés se fera avec un logiciel spécifique.

    À 14 h, il se positionne pour prendre le bus qui doit l’emmener à Queenstown, dont l’heure de départ est 14 h 25. « Là-bas je dois réaliser mon check-in entre 15 h et 21 h… avec 5 h de trajet », la marge de manœuvre est réduite. « Toujours à l’heure habituellement, un seul impératif pour qu’il ne soit pas à l’heure », ironise-t-il en pensant à la Loi de Murphy.

    Ce n’est qu’à quinze heures passées de cinq minutes que le bus démarre. Sur la route, les paysages sont quelconques, pose Flavien. En fin de parcours, quelques gorges remarquables agrémentent le trajet. « Arrivé à destination, je marche 500 m pour rejoindre l’hôtel, à partir duquel je suis pris en charge. » Après avoir reçu le planning des heures à venir, des prochains nycthémères, il se rend dans sa chambre, avant la salle à manger. « Il y a du monde, affirme-t-il. Comme escompté la moyenne d’âge est bien élevée… » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Il dîne à la table des autres jeunes qui ont eu la bourse comme lui. « Pas un seul Européen à l’horizon. C’est parti pour dix jours d’anglais intensif. » Il tente de suivre les conservations, avouant préférer le papoter. Après le repas, les six « boursiers » marchent au bord du lac Wakatipu, pour admirer le coucher de soleil. Une discussion sur les oiseaux et l’heure de se reposer sonne. Je partage ma chambre avec un Néo-Zélandais, et un Canadien qui parle tout de même un peu français, note Flavien. « Demain est le grand jour du départ… appareillage à 17 h », se réjouit-il. À suivre…

  • Tu tires ou tu pointes ?

    Tu tires ou tu pointes ?

    Les 40 ans d’Ozalee, fille de Sépa Phot et Séki Kharéson, se fêtent dans sa bourgade où vit le couple. C’est à Saint-Georges les Ballargeaux, dans la Vienne (86) que la fête se déroule. Les mises en bouche avec l’apéritif, le repas, l’ambiance, les gages… puis vient le moment de faire la sieste, de se balader ou bien de jouer à pétanque. C’est à ce moment que Sépa Phot sort de son coffre de voiture sa triplette avec le cochonnet. Les amis, les convives suivent, tous se retrouvent au bord du terrain pour en découvre. Mais savez-vous d’où provient la pétanque ?

    Gentiment, les équipes se forment. Vu les candidats à l’affrontement, trois équipes de triplette se forment. Les rôles partagés, la hiérarchie installée, la partie peu enfin commencer. C’est au tour de Sépa de lance sa boule pour coller au plus près du cochonnet. Bien loin de son terrain habituel de Nogent-le-Rotrou, il s’accommode.

    Une histoire particulière, du nord au sud de la France

    Les tentatives de déstabilisation s’enchaînent. Ozalee s’amuse à se positionner dans la ligne de mire de son père, pour le désorienter. « Je n’ai jamais vu ça », souffle Sépa, le sourire aux lèvres. « D’ailleurs, sais-tu, ou connais-tu l’origine ce la pétanque », s’enorgueillit Ozalee. « Alors là tu me poses une colle », répond-il.

    Au temps de l’Empire romain, le jeu de boules aurait été introduit en Gaule. Elles passent d’une fabrication en argile, en pierre, en bois puis à notre ère en acier. À la Renaissance, la noblesse s’empare du jeu à l’identique du bilboquet, comme du jeu de paume.

    Chemin faisant, elle prend racine dans le sud-est comme dans les frasques de Marcel Pagnol. Pourtant au XIXe siècle, chaque région de France y va se son grain de sel. Elles introduisent une variante d’usage. Dans la cité des gones, la Lyonnaise se développe. Les méridionaux, pour ne pas dire les Marseillais se passionnent pour la longue ou jeu provençal. La naissance officielle date de l’année 1907, à La Ciotat. Jules Hugues dit « Lenoir » propose de s’ancrer au sol, avec les « pieds tanqués ». Le nom est dérivé de l’expression provençale « pèd tanca ».

    (Crédits : joelARFIjoel/Pixabay)

    Ce choix s’explique par une légende qui raconte que Jules Hugues, passionné de provençal, souffrait de rhumatismes l’empêchant de jouer en prenant de l’élan. Le premier concours officiel, se déroule trois années plus tard à La Ciotat, sur le terrain du café « La Boule Étoilée », alors dirigé par les frères Ernest et Joseph Pitiot. Depuis la création, en 1959, les championnats du monde sacrent très régulièrement la France.

  • Bercé par l’effluve des chaussettes sales (7/55)

    Bercé par l’effluve des chaussettes sales (7/55)

    En ce 16 décembre 2024, Flavien se réveille sur le siège avant d’une petite citadine. Si le bruit de l’averse sur la toile de tente berce le campeur… ce n’est pas du tout le cas lorsqu’elle sombre sur le toit d’une voiture. C’est pourquoi Flavien au milieu de la nuit change de place, pour bouger le véhicule. La recherche de plantes s’effectue souvent à quatre pattes. Il est plus agréable quand le sol n’est pas détrempé. Si bien que la quantité d’eau tombée durant la nuit n’engage en rien une pensée optimiste pour la journée à venir.

    La pluie, bien qu’annoncée, cesse. Le soleil illumine l’habitacle de la voiture pour le plus grand plaisir de l’aventurier. « Finalement la nuit a été plutôt agréable », remarque Flavien avec surprise. Pour une fois c’est acceptable. Cela ne vaut pas un lit, mais il avait disposé au préalable plusieurs vestes sur le siège. Le but étant de le rendre aussi confortable que possible.

    Flagrant délit de vol de brownie, un suspect en fuite

    « Je me suis réveillé à une heure, pour bouger la voiture, j’étais sous des branches. Les gouttes, de la pluie battante, produisaient un boucan d’enfer », raconte-t-il en s’étirant. Il est presque huit heures à sa montre quand il prend la direction de l’accueil du DOC, sous un grand soleil dominant. Il y règle les 15 NZ $ de la nuit. C’est alors que quatre ou cinq nestors Kea, nommés régulièrement Kea, s’amusent sur les toits aux alentours, sous les yeux encore amusées de l’aventurier.

    Brownie, terrasse, chocolat

    Il est le seul perroquet alpin du monde. « Je saisis donc mon téléobjectif pour essayer de les photographier, mais les lumières ce matin ne sont pas simples », constate le photographe.

    Avant de repartir, Flavien recherche en vain Hymenolaimus malacorhynchos. Le Hyménolaime bleu est danger d’extinction. Il est affiché sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

    « C’est l’un des trois seuls canards au monde à être inféodé aux cours d’eau, un peu à la manière du cincle plongeur », explique Flavien. Il s’arrête légèrement plus loin pour déguster un chocolat chaud et un brownie, tout en espérant se connecter à l’internet. « En plus de la Wi-Fi qui ne fonctionne pas, un Kea vole mon brownie, alors que je prenais une photo, décidément… Je ne sais toujours pas où trouver Hectorella caespitosa. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Contre mauvaise fortune, bon cœur, souffle l’adage. « Je me dirige vers le col d’Arthur’s Pass où j’ai repéré la présence de tourbières. » Flavien y décroche le gros lot. « Le nombre d’espèces nouvelles est incroyable. Je passe plus de deux heures à quatre pattes à chercher des plantes plus petites les unes que les autres », sourit-il. Au programme des découvertes : les Donatia novae-zelandiae, Schizaea australis, Drosera arcturii…

    Course poursuite contre le temps

    Le temps est relatif, mais s’écoule inexorablement, surtout quand votre occupation vous plaît. « Il est 14 h 15. J’ai encore deux heures de route pour restituer la voiture à 17 h pétantes, avec le plein de carburant », constate-t-il. Le soleil se cache, au fur et à mesure de son avancée vers l’Est, derrière des nuages deviennent de plus en plus sombres. « Je m’arrête 20 minutes à Kura tawhiti, un ensemble impressionnant de formations calcaires très érodées. » Son étonnement est à la hauteur de la découverte dans cette partie du pays, quand on connaît son histoire géologique ajoute-t-il.

    Annoncée par l’omniprésence de cumulonimbus menaçants, l’averse se joint à Flavien. Avec hâte, il rebrousse chemin jusqu’à son véhicule. Sa réserve de temps est épuisée. C’est tambour battant que Flavien conduit, sous une pluie battante, pour rendre la voiture avant la fermeture du bureau de location. Au moment décisif, impossible de trouver l’ouverture de la trappe à carburant. « Un aller-retour en urgence à l’agence pour qu’ils m’expliquent que c’est sous le siège. Je n’ai jamais vu ça, ça ne s’invente pas… »

    À peine arrivé, il vide la Toyota de son attirail, rend les clés, quand il est pris en charge par leur navette direction l’aéroport, sans que la voiture ne soit contrôlée. « Ils le feront demain, ce n’est pas forcément rassurant », avoue-t-il. Arrivée à bon port, il file vers la même auberge que la veille, espérant trouver un lit de libre. « Ce soir, je me repose dans un dortoir pour huit. Cet effluve de chaussette là-dedans… », grimace Flavien. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Tourbière, nature, eau

    Puis Flavien profite d’une douche bien méritée. Il fait l’habituelle lessive à la main, dans un évier minuscule. « J’espère que ça sera un minimum sec demain, pense-t-il en étalant un peu partout dans le dortoir. Ce n’est pas pour arranger l’odeur qui règne ici », remarque-t-il justement. Après l’envoi de photos et de messages, son ventre crie famine. « Ce soir, c’est burger ! Je n’ai pas mangé ce midi, accaparé par ma tourbière, ça me fera un peu de gras. » De retour à l’auberge, il réserve son bus et son lieu de repos de demain. Il tente d’identifier quelques espèces vues ces deux derniers jours… Le temps file si vite que « je me couche tard. À 0 h 30, je suis encore le nez dans mes recherches », bâille-t-il. À suivre…

  • Le suppositoire : petite invention, grands effets

    Le suppositoire : petite invention, grands effets

    Ah, le suppositoire ! Arrivés à l’âge adulte, nous en rions, mais gamin, nous grimacions et nous l’évitions dès que possible. Ce petit corps, profilé, légèrement gras à insérer là où le soleil ne brille jamais, est pourtant un remède incontournable de l’histoire de la médecine. Objet discret, souvent redouté, il a parcouru les époques sans jamais réellement disparaître, mis à part au moment opportun… Comme Don Quichotte, il est temps de lui rendre justice, avec un brin d’humour, de la science, et quelque peu de doigté.

    Alors que Séki sort de la pharmacie, Capucine descend du bus scolaire. Elles traversent ensemble le passage piéton. La discussion s’engage sur le contenu du sachet remis par le pharmacien. « Dis, tu as quoi dedans ? »

    « Des suppositoires », lâche la grand-mère. « Des suppositoires ? Pour quoi faire ? », questionne la petite-fille.

    « Tu sais bien que ton grand-père me facilite le transit intestinal parfois… mais pas encore assez. Je suis constipée », avoue-t-elle. Un léger flottement s’installe tandis qu’elles traversent la route de Bellême, à Berd’huis. C’est à ce moment que Capucine ayant compris l’allusion, explose de rire. Le fou rire contagieux oblige les deux complices à s’arrêter juste devant la boulangerie.

    Un suppositoire ? Non merci !

    Le terme « suppositoire » connaît plusieurs sources. Certains disent qu’il vient du latin supponere, qui signifie substituer ou mettre une chose à la place d’une autre. D’autres il est une sorte de remède topique dont on se sert quand on est trop resserré. Jusqu’en 1935, le dictionnaire de l’Académie française le définit tel que : « Médicament solide en forme de cône, que l’on met dans le rectum pour faciliter les évacuations ou pour agir comme véhicule de certains médicaments. »

    Boite, suppositories, médicament

    Il tient dans la main, se trouve souvent dans un tiroir à pharmacie, et provoque l’émoi quand il s’agit de l’utiliser. Si sa forme de torpille est enfantine, on ne peut pas dire qu’il soit très populaire. Pourtant, il reste l’un des moyens les plus efficaces d’administrer un médicament. Surtout lorsque la déglutition est devenue mission impossible, ou que la personne affiche des contre-indications hépatiques. Attention à ne pas le confondre avec un comprimé d’aspirine, il est prévu pour s’insérer insérer là où le soleil ne brille jamais.

    Les Égyptiens ont eu, les premiers, l’idée de se soigner en insérant un médicament par cet orifice. Les Grecs et les Romains suivent. Du latin supponere, suppōnō, « placer dessous », tout est dit.

    La médecine évolue grandement. Si outre-Manche l’idée parait toujours saugrenue, le suppositoire reste néanmoins toujours prescrit en France.

    (Crédits : bluebudgie/Pixabay)

    Il est un substitutif plus que profitable. Nicolas Lemery est reconnu « par les historiens de la chimie comme le plus important chimiste français du XVIIe siècle et sa Pharmacopée comme son Traité des Drogues sont considérés par les historiens de la pharmacie comme des références essentielles ». En 1697, sa Pharmacopée universelle réserve à ce suppositoire d’amples explications. Il y est spécifié son utilisation, en remplacement des clystères et lavements.

    Une histoire de plusieurs millénaires

    Si cet objet du quotidien n’est plus en odeur de sainteté, comme toute chose, cette invention est plus âgée qu’il n’y parait. Remontons au temps de l’Égypte antique, période présumée de son invention. Les premières traces écrites sur le sujet apparaissent au Xe siècle de notre ère, décrit par Ibn El Baytar.

    Si Nicolas Lemery l’a introduit dans la société, si l’on peut dire, il évolue dès 1762. Encapsulé par du beurre de cacao, le suppositoire fond à la température du corps humain.

    À la fin du XVIIIe siècle, le suppositoire est un médicament externe. Depuis sa forme galénique change pour avoir des bouts carrés.

    La pénurie de beurre de cacao lors de la Seconde Guerre mondiale amène des excipients de synthèse. À la fin du XIXe jusqu’aux années 60, la voie rectale est préférable à la voie orale, car elle permet de franchir la barrière hépatique. Ce que contredit le Dr Arnault Pfersdorff dans l’émission « La maison des Maternelles » (LMDM).

    (Crédits : RF._.studio _/Pexels)

    Tubes, couleurs, chimie

    Il poursuit sur la prétendue rapidité du principe actif alors introduit, là où le soleil ne brille jamais. Elle n’est pas avérée. Il s’appuie, entre autres sur un article publié en 2009 sur le site Pédiadol. D’ailleurs la prise du suppositoire est conditionnée à l’impossibilité des autres solutions. Pour les adultes c’est autre chose poursuit-il. Chacun voit midi à sa porte martèle l’adage, pour le reste il faut consulter votre docteur en médecine générale.

  • À la découverte de la Raoulia (6/55)

    À la découverte de la Raoulia (6/55)

    La nuit malgré le ronflement cacophonique est agréable pour l’aventurier. Le soleil se lève sur Christchurch, que Flavien dort encore. Son réveil sonne à 7 h 30 tout pile. C’est presque une grasse mat glisse-t-il en ouvrant timidement un œil. Le programme du jour adopte la direction de Porter’s Pass, via Foggy peak. Si le macadam est avalé comme une viennoiserie avec sa boisson chaude, le meilleur reste à venir. Des découvertes florales et surtout des plantes mythiques attendent Flavien, mais la première épreuve est celle de la carte bancaire.

    Avec Maxime, avant de prendre le bus, Flavien trouve un café juste à côté de l’auberge. Le duo ainsi abreuvé et réveillé se dirige vers l’arrêt de bus, afin de récupérer leurs voitures respectives basées à l’aéroport. « À l’arrêt, c’est encore un français qui est là, s’amuse l’aventurier du bout du monde. L’Angevin est en PVT (Permis Vacances Travail) et va faire du tennis… il a sa raquette dans le dos. »

    L’aventure commence

    Après une demi-heure de bus, Flavien arrive à l’aéroport. Le duo se salue en se promettant de se donner des nouvelles durant le voyage. Deux petits kilomètres séparent Flavien de l’agence de location. Sans y penser, la pression monte au fur à mesure qu’il s’en rapproche. « J’ai beau avoir déjà conduit côté gauche, c’est la même appréhension à chaque fois. D’autant que c’est une automatique, une première pour moi », se rassure-t-il. Après avoir versé les 140 dollars néo-zélandais pour deux jours, soit 40 € le nycthémère, et les 2 500 de caution, le voilà tranquillisé.

    Flavien, Photo, plante

    « C’est du rapide », souffle-t-il. Il se remémore les désagréments que sa carte bancaire lui avait causés en Patagonie. Dix minutes après son arrivée, il roule déjà en direction Porter’s Pass, à une heure de là. Sans musique pour rester concentré, il file à la vitesse de 100 km/h sur les routes normales. « C’est encore plus simple avec la boîte automatique », sourit-il.

    Pourquoi Porter’s Pass ? Car, il espère découvrir des espèces mythiques pour lui. « Arrivé à Porter’s Pass, vers 950 m d’altitude, je marche vers Foggy peak. » Ses recherches se révèlent concluantes. « Je trouve Stellaria roughii, Lignocarpa cornulosa, Leptinella atrata et… Raoulia eximia, l’une des 25 espèces à voir dans ma vie. » Si la surprise est de taille, quel plaisir de découvrir ces coussins vieux de plusieurs siècles plus grands que moi, raconte-t-il, presque ému d’une telle rencontre.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Des multiples de photos plus tard, il s’enquiert d’une espèce bien particulière : Notothlaspi rosulatum. Ses recherches, réalisées en amont l’emmène proche d’une station de ski… à seulement quelques dizaines de kilomètres. « Je dois emprunter une piste, mais avec les 2 500 dollars néo-zélandais de caution… je sens comme une épée de Damoclès au-dessus de moi. »

    Photographiée, telle une star à Cannes

    Arrivé à l’endroit repéré, et sans dommage, Flavien s’aperçoit que la dernière partie est fermée. Il est 15 h 30 lorsqu’il entreprend les 4, 5 kilomètres qui le séparent du point de rendez-vous. Cerise sur le gâteau, un dénivelé positif de 400 mètres se greffe. « La marche sur la piste est monotone », raconte Flavien.

    Mais dès son apparition, cette morosité disparaît comme par enchantement. Pour être transparent, Raoulia eximia me fait de l’œil depuis de nombreuses années, souffle-t-il. « Je prends une centaine de photos avant de redescendre par un chemin plus escarpé… habituellement emprunté par les VTT de descente », ajoute-t-il.

    Une descente enthousiaste dans de magnifiques forêts à Nothofagus cliffortioides : « elles ressemblent à s’y méprendre à celles de Patagonie. Pour moi, fan de phytogéographie, c’est quelque chose de marquant. » De retour à la voiture, après avoir rempli les gourdes au pied d’un ruisseau, il se dirige vers Arthur’s Pass à 45 min de route. « Au loin, dans ma direction, le temps se gâte. Je patiente une demi-heure qu’un pont réouvre, et j’arrive enfin. Je compte passer la nuit dans une espèce de camping du DOC, mais je n’ai pas réservé. »

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Raoulia, Nouvelle Zélande, fleur

    La pluie est là, la réception est fermée. « Je laisse mon nom écrit sur un papier que je glisse dans la boîte aux lettres. Je payerai demain matin les 15 dollars. » Flavien mange à l’abri, en compagnie d’autres personnes. « J’ouvre mon plus grand lyophilisé. Je n’ai pas mangé ce midi ni eu le temps de faire des courses. » Les prévisions météorologiques annoncent plusieurs dizaines de millimètres cette nuit. « Je choisis de passer la nuit sur le siège passager, vu que le sol est déjà trempé. On verra bien ce que peut donner une nuit à dormir dans une Toyota Yaris. » À suivre…

  • Au pays du long nuage blanc (5/55)

    Au pays du long nuage blanc (5/55)

    Les réglages et habitudes ne sont pas encore effectifs chez Flavien. Il faut dire qu’il ne se trouve pas tout à fait en pleine nature, là où il se sent comme chez lui, en symbiose et apaisé. À quelques encablures de fouler la véritable nature, il poursuit son voyage en direction du sud. Ce matin, mon horloge interne n’est toujours pas opérationnelle. Malgré le réveil programmé pour 6 h 30, Flavien ouvre les yeux une heure plus tôt. Sans faire de bruit, il délaisse le lieu, car il se rend compte qu’une personne partage sa chambre.

    L’autre backpacker est arrivé cette nuit constate-t-il. « C’est une fille. Mais je n’en saurais pas plus, car je serai parti avant qu’elle ne se réveille. » Ses affaires sont prêtes depuis la veille. Il quitte, à 6 h 45, l’auberge. Trois quarts d’heure et deux kilomètres plus tard, Flavien arrive au terminal du ferry. « Enregistrement effectué, je suis dans la file d’attente », patiente l’aventurier. L’embarquement ne commence qu’à 8 h 25. Une petite heure devant lui à occuper. Il prodigue ce temps à envoyer quelques nouvelles.

    En route, Capitaine !

    L’ensemble des voyageurs si tôt embarqué, se rue au pont restauration constate le baroudeur. Sans véritablement fuir la foule, Flavien et quelques autres se placent au pont numéro 10, à l’extérieur. Ils profitent de la traversée et du paysage pendant les 3 h 30 de mer à venir. « À peine sorti de la baie, le vent forcit, les premiers puffins sont présents. » Sans connaître les régionaux, Flavien avance le nom de puffin à pieds pâles.

    Le vent qui forcit devient très puissant. Les plus courageux s’accrochent aux rambardes pour se maintenir debout. Un albatros, un juvénile qui plus est, passe furtivement devant les billes écarquillées de Flavien. « Quel plaisir de revoir cet oiseau près d’un an plus tard ! »

    Des nuées de prions, qui ressemblent à ceux de belcher, suivent le bateau. « Je les photographie sous toutes les coutures pour mettre un nom sur l’espèce. Ils sont connus pour leur difficulté d’identification », explique-t-il, tandis que les premiers reliefs de l’île du sud se dessinent. « Un œil à l’arrière donne une vue d’ensemble sur l’île de nord, où un énorme nuage lenticulaire surplombe l’île, ce serait donc de là que ce pays porte le nom du pays au long nuage blanc ? »

    « Nous entrons dans les Malborough sounds, à l’extrême nord de l’île du sud. Beaucoup de gens trouvent ça magnifique, je suis un peu plus mitigé. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Quand on a un œil naturaliste, explique-t-il, on se rend compte que les flancs des montagnes, qui tombent à pic dans l’océan, sont complètement modifiés, il n’y a plus rien de naturel… Soit dit en passant, la carte de la région de Marlborough ressemble trait pour trait à l’italienne, mais inversée. Une forme de botte à talon, une Go-go boots.

    Chassez le naturel, il revient au galop

    « Arrivé à Picton, je ne sais pas à quoi m’attendre… Je suis agréablement surpris. Il faisait beau, chaud. Les rues sont chaleureuses », raconte Flavien. Aux environs du 52 Hight Street, il stoppe. Il y achète un Tarakihi frit pour 10 NZD. « Un régal », s’exprime-t-il après avoir croqué dedans. Le hasard fait bien les choses. En se retournant, le magasin, un supermarket, en face vend des bouteilles de gaz de camping. Dorénavant, l’ensemble de sa liste de matériel est complète, il met les bouchées doubles, dirait-on, car « à 13 h 45 je prends le bus pour Christchurch. »

    Une fois dans le bus, un Français repère son accent et l’interpelle. La discussion commence. Ils peuvent faire connaissance, car le trajet dure près de six heures. « Il est lyonnais et responsable de chauffeurs de poids lourds. » N’ayant pas trouvé d’auberge, il réserve la même que Flavien durant le trajet. La route qu’emprunte le bus est variée.

    « Les paysages du début font peur à voir, martèle le naturaliste. Des collines entièrement déforestées, colonisées par des graminées introduites. Les suivants, en bord de mer, sont plus naturels. »

    Le front de mer, lorsqu’il est rocheux, est le repère de milliers d’otaries, de mouettes et de cormorans qui nichent sur les rochers. Le convoi arrive à Christchurch aux alentours de 19 h 30. Le duo de Français prend la direction de l’auberge, à 800 m de marche. « Arrivé dans la chambre que l’on partage avec deux Asiatiques, j’ai oublié mon petit sac de transport à la descente du bus », s’écrit-il.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    La chance sourit aux audacieux dit l’adage. « Je le retrouve intact et complet. » Vu l’heure, le duo, s’enquiert d’un lieu pour manger. « On décide d’aller prendre une bière et de manger une pizza. » Si la recherche s’éternise, une fois trouvée, ça vaut le coup glisse Flavien, arborant une moustache colorée de mousse. Le ventre repu, ils s’en retournent à l’auberge. « Je réserve une voiture pour demain. Coïncidence heureuse, Maxime doit aussi récupérer la sienne à l’aéroport demain matin. » Encore une journée de transport pense-t-il avant qu’un bruit sorti de nulle part l’interpelle. « Un des deux Asiatiques a un ronflement cacophonique, j’ai rarement vu ça. » À suivre…