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  • Le clitoris, ou le long retard de la connaissance

    Le clitoris, ou le long retard de la connaissance

    Vingt-huit ans plus tard, le clitoris a enfin sa carte, son anatomie complètement cartograĥiée. Cette nouvelle peut paraître anecdotique au vu des informations qui occupent les journaux télévisés. Pourtant, c’est une petite révolution. Alors que peu de personnes découvrent le bouton du plaisir féminin, combien de femmes connaissent leurs anatomies ? Les recherches menées à Amsterdam apportent un éclairage nouveau sur un organe féminin qui, jusqu’à preuve du contraire, est exclusivement dédié au plaisir.

    Tandis que Capucine rentre de cours, elle surprend une discussion entre lycéennes qui lui semble lunaire. « Attends… quoi ? Vingt‑huit ans après ? » Les scandales et procès étant monnaie courante ces derniers jours, elle n’y prête pas plus attention que ça… jusqu’au mot qui sonne comme un glaive : Clitoris. Intriguée, elle se glisse dans la peau d’une journaliste.

    Vingt-huit ans plus tard, le clitoris a enfin sa carte…

    Discrètement, elle suit deux copines jusqu’au café. Le duo tombe sur l’info : « le clitoris a enfin été cartographié avec précision, près de trente ans après l’organe masculin ». Elles rient un peu, s’en étonnent beaucoup, et finissent par mettre le doigt sur un marronnier médical. Le corps de la femme a longtemps été un sujet sur lequel la science a progressé avec du retard.
    — Attends… quoi… 28 ans après ? demande Caroline

    — Le pénis avait sa cartographie depuis presque trente ans, et là, on découvre à peine celle du clitoris, relate Clarisse

    — Oui. Apparemment, même pour l’anatomie, on était sur liste d’attente.

    Femmes, rire, téléphone

    Une fois assise, l’une d’elles relève les yeux de son téléphone, mi-amusée, mi-agacée. En face, son amie éclate de rire. Pas un grand rire moqueur, mais ce rire très féminin, très connu, qui sert à accueillir une absurdité sans s’énerver tout de suite.

    — C’est quand même fascinant, dit la première. On vit à l’époque des applications qui savent quand tu dors mal, des montres qui analysent ton stress, de l’IA qui rédige un courriel en huit secondes… et on découvre encore le corps des femmes… avec trente ans de retard.

    — Mais non, voyons, répond Clarisse. On fabrique une carte routière, pour ceux qui ne le trouvent pas.

    (Crédits : Guillermo Berlin/Pexels)

    Les deux sourient. Et puis il y a ce silence. Celui où l’on perçoit soudainement une nouvelle surprenante, voire insolite. Une chose intime, quelque chose de plus ancien, de plus profond, de plus familier aussi. Car enfin, la question mérite d’être posée : comment un organe dédié uniquement au plaisir a pu autant de temps être ramené à une simple excroissance. Excroissance que l’on mutile encore, qui n’est autre que le cheval de bataille du prix Nobel de la paix de 2018, le Docteur Denis Mukwege.

    Il est l’un des organes les moins étudiés du corps humain. Car de nombreux tabous culturels freinent depuis longtemps la recherche scientifique. Ce n’est qu’au XXe siècle qu’il fait son apparition dans les manuels d’anatomie. Pour peu qu’il ne soit pas considéré et décrit comme une simple version miniature du pénis.

    C’est grâce aux dons d’organes que deux bassins féminins sont étudiés. La chercheuse Ju-Young Lee et ses collègues du Centre médical universitaire d’Amsterdam ont réalisé des scans 3D en utilisant des rayons X à haute énergie, dit rayonnement synchrotron. Ces données uniques révèlent la trajectoire complexe du nerf dorsal du clitoris. Il est le principal nerf sensoriel. Elles font apparaître « les troncs nerveux dans le gland clitoridien ont été révélés, avec un diamètre maximal allant de 0,2 à 0,7 mm ». (Crédits : Ketut Subiyanto/Pexels)

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    Pendant qu’on nous parle partout de progrès, de visibilité, d’inclusion, d’équilibre, d’équité et d’attention portée aux femmes, à leur santé, à leur parole, à leur place. La nouvelle a quelque chose de délicieusement ironique.

    — Franchement, dit Caroline, on a réussi à faire du corps féminin un continent habité depuis des siècles… mais encore mal cartographié.

    — Oui. Et après, on s’étonne que tant de femmes aient grandi avec une idée brumeuse de leur propre anatomie, répond Clarisse, quant aux hommes, n’en parlons pas…

  • Du pain, un tampon, un silence…

    Du pain, un tampon, un silence…

    Une femme attend un cachet. Une autre retire son voile, au milieu des caméras. Ailleurs, des mères comptent les jours derrière des barbelés. Dans plusieurs pays, tels que l’Afghanistan, l’Iran, la Syrie ou l’Irak, le sort des femmes se négocie désormais à hauteur de corps : corps contrôlés, corps punis, corps rançonnés. Il est primordial de se pencher sur les facteurs déclenchants : l’aide humanitaire, la loi, la guerre, la « morale ». Et pose une question simple, brutale, froide : quand l’État devient l’arbitre du quotidien, que reste-t-il d’une liberté ?

    En Afghanistan, des témoignages font état d’exploitations sexuelles en échange d’accès à l’aide alimentaire, dans un contexte de pauvreté et de restrictions imposées aux femmes. En Iran, la répression d’un régime islamique à bout de souffle — et en soins palliatifs — fait plus de 30 000 morts, 100 000 blessés et plus de 41 000 prisonniers. Une question demeure : quelle est la destinée des femmes ?

    L’effacement organisé (de la présence publique) des femmes afghanes

    Ici, le récit ne débute pas par un discours, mais par une file d’attente. Pour obtenir une carte d’aide, il faut un document, puis une validation par des « autorités » locales. Dans ce goulot, la dépendance crée une zone grise. Elle devient celle où l’on monnaye une signature, un cachet, une place sur une liste. « Avant de pouvoir accéder à l’aide, Laila (prénom d’emprunt) avait besoin de remplir un formulaire et de le faire estampiller par l’imam de sa mosquée locale ou son Wakil Guzar, un leader communautaire qui agit comme médiateur entre le gouvernement et le public », relate Rukhshana Media.

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    Rukhshana Media rapporte des allégations de femmes à qui des responsables auraient proposé des faveurs en échange d’actes sexuels. Ce qui décrit une prédation enracinée dans l’asymétrie totale entre la partie qui demande et celle qui détient l’autorité.
    Laila a perdu son mari en 2020. Veuve avec trois enfants, elle a trouvé du travail de cuisine et de ménage. Mais, tout lui est retiré quand les talibans arrivent au pouvoir. Désespérée, elle visite son Wakil Guzar pour solliciter leur aide.

    « Le jour où je suis allé le voir, il était seul. Il s’est approché de moi et a essayé de me toucher. J’étais tellement terrifié que je ne me souviens même pas comment je suis sorti de son bureau. » (Crédits : Stringer/Reuters)

    Elle s’est juré de ne plus s’approcher de cet homme, quitte à mourir de faim. « Je lui ai raconté que je venais de perdre mon mari, que mes enfants mouraient de faim, et je l’ai supplié de m’aider pour l’amour de Dieu », raconte-t-elle. « Il a dit que si je l’invitais chez moi pour la nuit, il ne m’obtiendrait pas une, mais deux cartes. » Ce qui change depuis 2021 n’est pas seulement une liste d’interdictions ; c’est une architecture. Les rapports onusiens décrivent la persistance de restrictions majeures sur l’éducation, le travail, la circulation et l’accès à l’espace public pour la gent féminine, peu importe son âge.

    Dans ce système, le risque va au-delà de la violence physique : c’est l’effacement progressif. Quand une femme ne peut ni travailler, ni étudier, ni se déplacer librement, la survie devient une négociation permanente — et cette négociation, dans une économie informelle, expose aux abus, aux violences, aux crimes.

    Depuis la prise de pouvoir des talibans en août 2021, les Afghanes sont progressivement reléguées aux sphères privées. Selon les rapports des Nations unies, elles sont désormais interdites d’enseignement secondaire et universitaire, exclues de nombreux emplois, notamment dans les ONG nationales et internationales, et soumises à des restrictions strictes de déplacement sans accompagnateur masculin. Cette exclusion ne constitue pas une mesure isolée, mais un système cohérent de gouvernance visant à limiter leur autonomie sociale, économique et politique.

    Un effacement systémique

    15 août 2021 — Le monde du silence, pour les femmes, la rupture se joue dans des gestes minuscules et irréversibles. Les talibans demandent aux femmes de rester chez elles, « provisoirement ». Le provisoire devient une condition. Des enseignantes ne retournent pas dans leurs écoles. Des employées attendent des appels qui ne viendront jamais. Le travail disparaît, simplement par absence.

    En septembre 2021, les portes des écoles se referment pour les filles. À partir de 12 ans, l’éducation cesse. La rupture est clairement définie, administrative, froide. Une génération entière bascule dans l’attente. Les cartables restent posés contre les murs, comme des objets qui ne servent plus à rien. Dès décembre, les déplacements deviennent conditionnels. Une femme ne peut plus voyager seule, sans accompagnateur. Le mouvement subroge l’autorisation. La liberté évolue en exception. (Crédits : Faruk Tokluoğlu/Pexels)

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    En mai 2022, le visage disparaît, le voile intégral s’impose dans l’espace public. Le corps féminin doit se dissoudre dans le tissu. Le décret ne parle pas d’effacement, mais il le produit. L’individu devient silhouette, la silhouette une ombre, l’ombre une poussière. En décembre de la même année, les universités ferment leurs portes aux femmes. Des milliers d’étudiantes quittent les campus. Certaines pleurent devant les grilles closes. D’autres brûlent leurs notes.

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    Au mois d’avril 2023, les organisations internationales ne sont plus un refuge. Elles ne peuvent plus travailler pour les Nations unies. Le dernier espace institutionnel s’efface. L’aide continue d’exister, mais elles ne peuvent plus y participer.
    En juillet 2023, les salons de beauté ferment, sur une simple injonction orale. Ces lieux, à la fois des zones de travail et de sociabilité, disparaissent. Plus de 12 000 femmes perdent leur revenu. L’économie informelle s’effondre comme leurs futurs.

    En 2024, leurs timbres de voix deviennent même une infraction. Il est interdit aux femmes de chanter, de parler en public. Le silence se métamorphose en une norme, mais les Afghanes expriment leur détermination en chantant. Il se semble plus rester de libertés aux femmes, et pourtant. Les talibans offrent aux femmes une invisibilité comme horizon. (Crédits : Ankiyay/Pexels)

    Les restrictions forment un système. Absente des écoles, des universités, des institutions, de nombreux lieux de travail, la seule présence d’une femme dans le paysage du « cimetière des Empires » devient une anomalie. Les Afghanes n’ont pas disparu. Elles vivent, respirent, survivent, pensent, espèrent. Mais leur existence est contenue dans des espaces invisibles.

    Des articles absurdes fleurissent. L’une des dispositions les plus frappantes est l’article 34. Il dispose qu’une femme peut être incarcérée pendant trois mois simplement pour être restée chez sa famille sans l’autorisation de son conjoint ou sans ce que l’on appelle une « raison justifiée par la charia ». L’article 32 stipule que si un mari bat son épouse avec une force disproportionnée — définie comme causant des fractures, des blessures ou des ecchymoses visibles — il peut être condamné à 15 jours d’emprisonnement, à condition que la femme puisse prouver les abus devant le tribunal.

    Peine capitale pour un apostat

    L’article 37 prévoit une peine de prison d’un an à un homme pour avoir tenu par la main, enlacer ou embrasser une femme. L’article 58 prévoit qu’une femme apostate — quelqu’un qui quitte l’islam — peut être condamnée à la réclusion à perpétuité. De plus, elle doit recevoir dix coups de fouet tous les trois jours jusqu’à ce qu’elle revienne à la foi. La punition pour les apostats n’est pas explicite, mais, selon la tradition jurisprudentielle hanafite que les talibans suivent, les hommes ont jusqu’à trois jours pour se repentir et revenir à l’islam avant de faire face à la peine capitale s’ils refusent de se rétracter.

    Ainsi, l’effacement des femmes n’est pas physique. Il est administratif, juridique, social. Il est organisé méthodiquement. Cette marginalisation a des conséquences directes sur la survie matérielle. Dans un pays où, selon les Nations Unies, 22,9 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, son accès devient un levier de vulnérabilité. Rukhshana Media rapporte des témoignages de femmes affirmant avoir subi des pressions. Tout comme le sort réservé à la journaliste Nazira Rashidi. Elle a été arrêtée le mardi 6 janvier à 8 h du matin dans la province nord-est de Kunduz. Puis plus de nouvelles… (Crédits : Faruk Tokluoğlu/Pexels)

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    La disparition des femmes de l’espace public ne signifie pas qu’une perte de droit, mais une transformation structurelle de leur existence. Privées d’éducation, d’emploi et de liberté de circulation, elles sont soumises à l’autorité politique et religieuse, plus simplement aux hommes, à leurs bourreaux : les talibans. Cette dernière augmente l’exposition aux abus, tout en réduisant leur capacité à les signaler ou à s’en protéger. Leur existence se mue en résistance, une question de vie… de survie.

    Depuis Mahsa Amini, le corps des femmes est une ligne de front, en Iran

    Le 16 septembre 2022, Mahsa Jina Amini, 22 ans, meurt à Téhéran après son arrestation par la police « des mœurs » pour un port du voile jugé « inapproprié ». Sa disparition déclenche une onde de choc immédiate. En quelques jours, un tsunami déferle sur plus de 160 villes, portées par un slogan qui devient un manifeste : « Femme, Vie, Liberté». Ce mouvement ne se limite pas à la contestation d’une loi vestimentaire. Il remet en cause le principe même d’un ordre politique fondé sur le contrôle des corps féminins, du corps des filles et des femmes.

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    Plusieurs chercheurs affirment que ce moment est une rupture. La question des femmes cesse d’être un enjeu social périphérique pour devenir un point de fracture central entre le peuple et le pouvoir. Selon l’anthropologue Chowra Makaremi, cette situation relève d’une incompatibilité structurelle entre une communauté en mutation et une autorité théocratique basées sur la régulation du féminin.

    Le gouvernement iranien l’use comme un marqueur politique. Le contrôle vestimentaire, les sanctions pour non-conformité, et les condamnations de femmes. Des cas documentés incluent des peines corporelles pour des infractions en relation aux normes sociales, ainsi que des exécutions dans des contextes de violence conjugale ou de mariage dit précoce.

    Malgré ces contraintes, les Iraniennes demeurent visibles et actives dans la société, ce qui les place dans une position paradoxale : présentes sous surveillance constante.

    La réponse de l’État est immédiate et brutale. La répression s’organise à plusieurs niveaux : arrestations massives, usage de la force contre les manifestants, condamnations judiciaires accélérées… (Crédits : Capture d’écran/X (anciennement Twitter)

    Puis l’estimation tombe comme un couperet, femmes et hommes confondus, filles et fils : plus de 30 000 morts et 100 000 blessés. Des milliers de personnes sont arrêtées, parmi lesquelles de nombreuses femmes, étudiantes, journalistes, avocates ou simples citoyennes. Certaines sont détenues sans procès, d’autres condamnées à de lourdes peines de prison. Des organisations de défense des droits humains documentent également le recours à des violences physiques et psychologiques, visant à dissuader toute forme de dissidence. Mais la stratégie du pouvoir ne se limite pas à la répression directe, à la persécution. Elle s’inscrit dans une tentative plus large de réaffirmation de son autorité symbolique. Des familles sont obligées de débourser des sommes astronomiques pour récupérer le corps d’un enfant, d’un mari, d’une sœur.

    Le féminin devient un espace de contrôle politique. Le voile, au-delà de sa dimension, fonctionne comme un marqueur de loyauté envers le régime. Les Iraniennes tombent le voile. Marcher dans les rues en portant un simple t-shirt constitue une forme de protestation. C’est un symbol non seulement de leur droit fondamental à la liberté d’expression, mais aussi leur combat pour la liberté vestimentaire.

    Selon les analyses publiées dans The Conversation, le pouvoir iranien perçoit cette désobéissance comme une menace existentielle. En effet, elle remet en cause le fondement idéologique de la République islamique, construite en partie sur la régulation des comportements féminins, ainsi qu’une interprétation des vers et sourates du Coran issue de son écriture au septième siècle de notre ère. (Crédits : La Presse canadienne/Darryl Dyck)

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    Face à cette contestation, le régime développe une stratégie d’effacement. Il s’agit non seulement de punir, mais aussi de faire disparaître le mouvement, au même niveau des répressions ensanglantées — comme celle de 1988 — lors des différentes oppositions au régime. Le Guide suprême, l’ayatollah Khomeini, prend, en 1980, le contrôle total de la République islamique d’Iran servi par les gardiens de la révolution islamique. Face à l’acharnement du pouvoir en place, le peuple iranien se soulève.

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    Malgré les efforts fournis, le mouvement « Femme, Vie, Liberté » n’a pas disparu. Il s’est transformé. La protestation ouverte dans les rues fait place à une résistance plus diffuse, inscrite dans les gestes quotidiens : le refus du voile, la présence dans l’espace public, la visibilité assumée.

    Selon plusieurs analyses, cette transformation marque une évolution profonde. La contestation ne repose plus uniquement sur des manifestations, mais sur une modification progressive des comportements sociaux. C’est une confrontation entre deux visions du pouvoir, entre deux temps dont l’un est révolu. D’un côté, un régime qui considère le contrôle des femmes comme de sa légitimité. De l’autre, une partie croissante du peuple iranien refuse cette assignation. Elles ne sont plus seulement des symboles dans ce conflit : elles en sont devenues les actrices principales. (Crédits : AFP)

    Depuis la mort de Mahsa Amini, la République islamique d’Iran se trouve confrontée à une contestation qui dépasse amplement la question du voile. Elle touche à la nature même du pouvoir, à la légitimité de Ali Hossaini Khamenei et ses 86 ans. Mais aussi à l’imposition de la vision du corps, de la liberté et de l’ordre social. Le mouvement « Femme, Vie, Liberté » incarne cette fracture. Et malgré la répression sanglante, il continue d’exister — non plus seulement comme un slogan, mais comme une transformation durable du rapport entre les femmes et l’autorité, le renouveau d’un peuple.

  • Une montre connectée condamne un homme pour agression sexuelle

    Une montre connectée condamne un homme pour agression sexuelle

    Alors que le chiffrement est dans tous les articles, la technologie d’une montre connectée (IoT) fait pencher la balance de la justice helvétique. Une soirée arrosée après le repas de Noël en 2023, une femme ivre est installée dans un véhicule conduit par un chauffeur Uber. La course doit amener cette personne en toute sécurité jusqu’à son domicile. Endormie, elle aurait été abusée sexuellement. Dans ces affaires, les preuves sont difficiles à obtenir. Une parole contre l’autre, un délit dit « à quatre yeux ».

    C’est au cours d’une soirée d’entreprise qu’une femme alcoolisée est placée dans un véhicule avec un chauffeur Uber. Elle doit être emmenée à son domicile en toute sécurité. Le chauffeur, un père de famille de 52 ans est condamné à 18 mois avec sursis, une expulsion du territoire helvétique de cinq ans, et, en réparation du tort moral, 8000 francs suisses sur les 10 000 demandés.

    Reconnue victime grâce à sa montre connectée

    Au cours des derniers mois, trois chauffeurs Uber ont comparu devant les tribunaux de district du canton de Zurich pour agression sexuelle sur des passagères, relate la Neue Zürcher Zeitung (NZZ). En cas d’agression, qui plus est sexuelle, c’est la parole de la victime, contre celle de l’agresseur présumé, sans témoins directs.

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    En décembre 2023, un repas de Noël est fếté au club Zukunft dans le quartier de Langstrassen. Il est le quartier le plus coloré et varié de Zürich. Au cours des années 70, il était le lieu de la prostitution et de la drogue. Mais depuis le projet « Langstrasse PLUS » de 2001 à 2011, le quartier change de visage.

    En journée, il est le lieu pour savourer plats et spécialités internationales, et faire du shopping. La nuit c’est le lieu branché par excellence, un bar après l’autre, un club suivant l’autre.

    Après le repas de Noël, elle fait la fête au club Zukunft dans le quartier de Langstrassen. Puis, alcoolisée, la victime est placée par sa patronne au sein du Uber. Ivre, elle s’endort.

    La joute entre défense et accusation débute.

    Selon les données enregistrées de la course, le véhicule est arrivé à 3 h 5. Puis une autre course est prise par le chauffeur à 4 h 5. Le chauffeur témoigne que les actes sexuels auraient duré une heure, mais refusant d’avoir des rapports avec la cliente, elle serait partie furieuse de la voiture.

    La femme quant à elle offre une autre version. La « NZZ » relate qu’elle n’a aucun souvenir dudit trajet. Ce qui la réveille est la sensation d’une langue en elle. Elle réalise qu’un homme est allongé au-dessus d’elle. Son soutien-gorge et son pantalon ouverts, elle quitte la voiture avec vivacité.

    C’est à cet instant que l’IoT entre en jeu. Sa montre possède un cardiofréquencemètre. Le tribunal accorde à l’enregistrement de son pouls une preuve à charge. Le trajet débute à 2 h 41, le pouls baisse jusqu’à 87 pulsations par minute. Il reste dans cette zone, une demi-heure après l’arrivée Puis à 3 h 35, le pouls accélère à plus de 100 pulsations par minute. (Crédits : Anna Shvets/Pexels)

    Le président du tribunal justifie la condamnation par le fait qu’il est difficile d’imaginer que la femme se soit satisfaite sexuellement pendant environ une heure, sans intervention du conducteur. Le pouls aurait dû augmenter dès l’arrivée, ce qui contredit la version de l’accusé. Ainsi, le tribunal de district de Dielsdorf condamne l’homme et père de 52 ans à une peine de prison de 18 mois avec sursis, à une expulsion de cinq ans et 8 000 francs suisses de réparation.

  • Une proposition de loi assimile l’avortement légal à un homicide au Brésil

    Une proposition de loi assimile l’avortement légal à un homicide au Brésil

    Le Brésil s’embrase. La Chambre des députés a approuvé mercredi 12 juin l’étude en urgence du projet de loi n° 1904/2024. Elle vise à qualifier l’avortement légal après 22 semaines de grossesse, d’homicide. Ce qui met le feu aux poudres est, entre autres la peine maximale encourue. Les incarcérations encourues sont supérieures à celles prévues par le Code pénal brésilien pour les violeurs — de 6 à 10 ans : jusqu’au double. Après les États-Unis, le Brésil veut-il supprimer le droit, fragile, des femmes à disposer de leurs corps ?

    L’IVG est illégale au Brésil depuis 84 ans. Sauf pour trois cas bien définis : en cas de viol, de danger pour la vie de la mère, ou d’anomalie cérébrale du fœtus (anencéphalie fœtale). Cette loi pourrait admettre l’impensable. Prenons un exemple sordide. Une femme est victime de viol, elle pratique un avortement après la 22e semaine de gestation. Elle pourra alors être condamnée à une peine plus lourde que son violeur. Car la proposition de loi dispose en cas de qualification d’homicide, une peine pouvant aller de six à vingt ans d’emprisonnement, soit le double des peines maximales prononcées pour viol.

    Voyage en Absurdie

    Elle pourra alors être condamnée à une peine plus lourde que son violeur. Car la proposition de loi dispose en cas de qualification d’homicide, une peine pouvant aller de six à vingt ans d’emprisonnement, soit le double des peines maximales prononcées pour viol. Comme à chaque instant, semble-t-il, dès qu’une question touche à l’intimité d’une femme, une loi est enfantée par un homme. Cette proposition de loi est l’œuvre d’un député de droite de Rio de Janeiro.

    Le député Sostenes Cavalcante (PL-RJ) est soutenu par une trentaine de ses confrères. Ils sont en majorité issus du Parti libéral de l’ancien président Jair Bolsonaro. Celui qui invoquait le « guide du zizi sexuel » pour discréditer le ministère de l’Éducation, Fernando Haddad, à des fins présidentielles. L’ex-président affirmait dans une interview d’août 2018 qu’il était un « kit gay » distribué dans les écoles au Brésil.

    « Le STF (tribunal suprême fédéral) est actuellement saisi d’un recours pour non-respect d’un précepte fondamental — ADPF n° 442 — déposé par un parti politique (PSOL) qui demande d’interpréter les articles 124 à 126 du Code pénal de manière à dépénaliser les avortements pratiqués jusqu’à la douzième semaine de grossesse. »

    (Crédits : Domingos Peixoto/Agência O Globo)

    Aujourd’hui, la majorité des pays de l’hémisphère nord autorisent l’avortement. Il n’impose pas de restrictions majeures jusqu’à la 10e ou 12e semaine de grossesse. Par le seul fait du libre choix de la femme enceinte. Ce n’est plus le cas aux États-Unis où au Texas l’avortement est illégal même en cas de viol ou d’inceste, seule exception la mise en danger de la femme, jeune femme ou enfant enceinte.

    État du Droit à l’avortement aujourd’hui au Brésil

    Le Code pénal brésilien ne punit pas l’avortement en cas de viol, et ne fixe pas de délai pour cette intervention. D’ailleurs, le recours à l’avortement pour sauver la future mère ne la condamne pas non plus. Le recours à l’avortement est couché noir sur blanc dans le Code pénal, aux articles 124, 125, 126, 127 et 128 depuis le 7 décembre 1940 et appliqué depuis 1942.

    Aujourd’hui, le code prévoit d’un à trois ans de prison, la femme qui a recours à l’IVG. La peine est d’un à quatre ans pour qui provoque l’avortement, même les médecins. Sans le consentement de la personne enceinte, la peine d’emprisonnement passe de trois à dix années.

    L’avortement pratiqué après 22 semaines de grossesse sera puni d’une peine d’emprisonnement allant de six à vingt ans dans tous les cas. Notamment dans le cas d’une grossesse résultant d’un viol… La double peine.

    Les femmes manifestent avec un seul et même slogan : « Criança não é mãe ». Comme sur la photo : « Être une fille n’est pas être une mère » (Crédits : Domingos Peixoto/Agência O Globo)

    La législation pénale sur l’avortement au Brésil reste inchangée depuis plus de 80 ans. Pourtant l’évolution des mœurs, des pays et de ceux qui les habitent ne cesse de croître sur les cinq continents. La controverse tourne autour des traitements juridiques disparates dans le monde. Ainsi, sur le continent africain, en Amérique latine (sauf Cuba et l’Uruguay) est observée une plus grande discipline juridique en la matière. Bien que de nombreux pays semblent régresser envers ce droit.

    Qualifié de “projet de loi sur la grossesse infantile”

    La préoccupation des femmes est légitime. D’autant que les violences sexuelles sont courantes au Brésil. Un rapport d’une ONG révèle qu’en 2022, une moyenne de huit viols par heure est enregistrée. Pire encore, 61,4 % des viols sont perpétrés contre des enfants de moins de 14 ans. L’ignominie ne s’arrête pas. Dans plus d’un viol sur dix, les victimes étaient âgées de moins de quatre ans. La proposition de loi effraye chacune et chacun. Silvio Almeida, Ministre des droits de l’homme et de la citoyenneté, et Cida Gonçalves, Ministre des femmes, se sont prononcés contre le projet de loi. Cida Gonçalves, a même déclaré qu’il s’agissait d’une matérialisation juridique de la haine qu’une partie de la société éprouve à l’égard des femmes.

    Ce projet de loi est appelé par les militants du droit à l’avortement légal le « projet de loi sur la grossesse infantile ». L’avocate Letícia Ueda Vella du mouvement féministe « Sexualité et santé » explique qu’il n’est pas toujours facile d’identifier « la violence sexuelle et d’imaginer qu’une enfant va être enceinte de sorte que les symptômes, voire la croissance du ventre, ne sont pas toujours évalués par la famille et le manque de connaissances de la jeune fille sur son propre corps […] ».

    « La stigmatisation […] a un impact direct sur l’accès à un service de santé publique. Nous savons qu’aujourd’hui, la plupart des femmes qui sont poursuivies pour avoir avorté sont dénoncées par des professionnels de la santé qui rompent le secret médical. » (Crédits : Edilson Dantas/O Globo)

    « La procédure est souvent pratiquée dans des cas de viol dans lesquels la victime — souvent des enfants — découvre qu’il y a eu une fécondation longtemps après une violence sexuelle », martèle Brasil de Fato. L’avocate enfonce le clou. « Nous savons que les effets d’une grossesse dans l’enfance, d’une maternité dans l’enfance sont extrêmement néfastes, nous parlons vraiment de la perte de ces enfances, car il y a un impact énorme sur la santé mentale, il y a un impact énorme sur le taux d’abandon scolaire, il y a une véritable interruption des rêves et de la vie de ces jeunes filles et de ces femmes. »

  • Le voyage épique du tampon

    Le voyage épique du tampon

    Mardi soir, 27 février 2024 la chambre haute adopte le projet de loi de révision de la Constitution française. Il vise à inscrire le droit à l’IVG. Il y a trois ans, le 23 février 2021, Frédérique Vidal, ministre l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, annonçait la mise à disposition gratuite de protections hygiéniques pour les étudiantes. Le tampon, simple bout de coton sauve de situation délicate de nombreuses femmes. Il intrigue depuis toujours les hommes. Sa première commercialisation date de l’année 1929, aux États-Unis.

    Le tumulte de la vie quotidienne confronte les femmes à des défis tout aussi hilarants que redoutables. Parmi eux, il en est un qui suscite à la fois rires et perplexité : devoir marcher de votre bureau aux toilettes, avec un tampon caché dans la manche de votre pull. Comme on pouvait s’y attendre, l’épreuve, aussi inattendue que cocasse, met à l’épreuve la discrétion et la dignité féminine. D’autant que ce dernier cache bien son âge (95 ans), il est bientôt centenaire.

    Le choix du bon tampon

    Le tampon hygiénique, fidèle parmi les fidèles ! L’allié des femmes, toujours prêt à venir à la rescousse au moment le plus inattendu. Il est prêt à nous accompagner dans toutes nos péripéties quotidiennes.
    Qui aurait cru qu’un petit morceau de coton pourrait jouer un rôle si important dans nos vies ? Différent selon les époques : Les Égyptiennes, aurait usé de papyrus ramolli, les Grecques de morceaux de bois entourés de ficelle, les Romaines en avance avec du coton, un ingrédient un peu moins ravageur pour les parois vaginales…

    Imaginez la scène. Tranquillement installée à votre bureau, plongée dans vos tâches quotidiennes, quand l’inévitable incident se produit. Le tampon, discrètement caché dans la manche de votre pull, décide de se rappeler à votre bon souvenir au pire moment possible.

    Panique, embarras, et peut-être même un soupçon de désespoir… mais n’ayez crainte, vous n’êtes pas seule dans cette épreuve. Un terrien sur deux est une femme.

    Chaque femme est unique, les type de tampons aussi, il faut choisir le bon. Du junior à l’ultra en passant par le super, lequel choisir ? Les tailles de tampon correspondent à la quantité de liquide absorbable.

    (Crédits : Anna/Pixabay)

    Mais attention, si le syndrome du choc toxique (SCT) est rare, il existe. Pour palier, vous devez toujours choisir le niveau d’absorption le plus bas qui correspond à votre besoin. Il est correct si le tampon n’est pas saturé au bout de quatre à six heures.

    Un Secret bien gardé

    Ah, le tampon dans la manche ! Une astuce vieille comme le monde, ou presque, mais toujours aussi efficace. Imaginez-vous en train de marcher gracieusement dans les couloirs de votre bureau, avec un petit secret bien caché dans votre manche.
    Pourquoi ? D’ailleurs, la discrétion est la clé pour naviguer à travers les eaux troubles de la vie de femme moderne.

    Ah, les regards curieux et les sourires complices ! Nous les connaissons toutes trop bien. À ce propos, que faire lorsque vous sentez les yeux scrutateurs de vos collègues se poser sur vous alors que vous tentez discrètement de rejoindre les toilettes ?
    Gardez votre sang-froid, mesdames !

    Rien de tel qu’un petit sourire narquois pour faire comprendre à tout le monde que vous avez parfaitement le contrôle de la situation.

    Trouver l’équilibre parfait Ah, l’éternel dilemme entre la praticité et la discrétion ! Comment trouver le juste équilibre entre dissimuler habilement votre tampon et ne pas attirer l’attention sur vous ?

    (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    Astuce numéro un : choisissez des vêtements amples et confortables qui vous permettent de camoufler votre précieux sans aucun problème. Maintenant que vous avez maîtrisé l’art de dissimuler votre tampon en marchant, il est temps d’explorer quelques solutions pratiques et conseils utiles pour rendre cette tâche encore plus facile. Investissez dans des pochettes discrètes spécialement conçues pour transporter vos produits d’hygiène féminine en toute discrétion.

    Le périple vers les toilettes

    C’est alors que commence le véritable défi : le périple vers les toilettes. Armée de votre tampon correctement dissimulé, vous devez maintenant traverser le bureau sans attirer l’attention sur votre compagnon de voyage inattendu.

    Heureusement, quelques astuces discrètes peuvent vous aider à surmonter cette épreuve avec grâce et dignité. Du choix stratégique de votre trajet aux techniques de dissimulation les plus subtiles, tout est bon pour éviter le regard inquisiteur de vos collègues.

    Vous arrivez à destination : les toilettes. Sanctuaire de discrétion où vous pouvez, enfin, libérer le précieux de sa cachette.

    À condition que cet endroit ne soit pas mixte.

    Toutefois marcher du bureau aux toilettes avec un tampon caché dans la manche peut sembler être un défi insurmontable. Comme depuis les bancs de la faculté, d’une classe de lycée ou de collège.

    (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    Un moment de soulagement mêlé d’un soupçon de fierté : vous avez surmonté ce défi avec succès. Vous êtes prête à affronter le reste de la journée avec un sourire triomphant. Rappelez-vous que vous n’êtes pas seules dans cette aventure. Avec un peu d’humour et de détermination, nous pouvons surmonter n’importe quel obstacle ! Souriez, marchez avec grâce et n’oubliez jamais que nous sommes plus fortes ensemble.

  • « Bonne fête Maman ! »

    « Bonne fête Maman ! »

    Ah, le fameux collier de nouilles que nous avons toutes et tous offert à nos chères et tendres Mamans, Anya, Ema, Mam, Mamá, Maminka, Panjo… en ce jour de fête, nous avons peut-être passé l’âge des pâtes, mais pas celui d’avoir une attention particulière aujourd’hui, comme les 364 autres pour celles qui dorment un œil ouvert. Le lien qui grandit dans le ventre de la mère, reste particulier. Si les deux parents sont capables de tout, le réconfort d’une mère reste à jamais la madeleine de Proust de chaque enfant devenue grand.

    Sous le soleil de ce dimanche midi 29 mai 2022, tous se sont donné rendez-vous au sein de la maison familiale de Berd’Huis. Ils sont arrivés au même instant, mais c’est Ozalee qui courut la plus vite, ou plus simplement qui est la plus rusée.

    « Bonne fête, Maaaamaaaan », crie-t-elle en tombant dans les bras de Séki.

    « Merci ma grande », sourit-elle comblée d’avoir toute sa progéniture.

    Mais connaissez-vous l’origine ? Elle ne date pas de l’époque troublante du gouvernement de Vichy, sous le Maréchal Pétain, mais de bien des années auparavant, au temps de la Grèce antique puis l’Empire romain. Les premières traces sont présentes lors des cérémonies printanières en l’honneur de Rhéa ou Cybèle, la mère des dieux et notamment celle d’Hestia, Hadès, Déméter, Poséidon, Héra et Zeus.

    Le 9 mai 1914, le président américain Woodrow Wilson a proclamé le deuxième dimanche de mai comme étant la fête des Mères « en tant qu’expression publique d’amour et de révérence pour les mères de notre pays. » (Crédits : National Archives)

    Selon l’étude minutieuse de M. Jean Gagé, intitulée « Matronalia. Essai sur les dévotions et les organisations culturelles des femmes dans l’ancienne Rome », l’image des femmes dans la société patriarcale est quelque peu écornée, n’en déplaise à la gent masculine. L’inconscient collectif se plaît à imaginer la femme cloîtrée au foyer… pas tout à fait, elles appartenaient à des groupements rituels, habilités à accomplir au profit de la « tribu » des actes bien définis. Les exemples ne manquent pas, explique Jean Gagé :

    • médiation fameuse des Sabines
    • ambassade des femmes agmen mulierum à Coriolan
    • chœur vociférant des plébéiennes dans le procès de Virginie
    • contribution extraordinaire pour l’offrande d’un cratère à Apollon Pythien en 395, ou pour la rançon de Rome en 390

    Des fêtes religieuses romaines célèbrent les matrones le 1er mars lors des Matronalia. Toutes ces célébrations ont lieu au printemps, mois de la fertilité. Quelques siècles plus tard, en 1908, c’est Anna Jarvis qui est connue pour être l’instigatrice du « Mother’s Day ». Elle commença à vouloir commémorer sa mère disparue en 1905, comme toutes, mais il faudra patienter près d’une décennie pour que le Sénat américain instaure le 9 mai 1914, le deuxième dimanche de mai. Les fleurs offertes sont blanches pour celles parties trop tôt, et colorées pour les présentes. La date choisie diffère sur les cinq continents.

    La première fois où l’on parle de la fête des Mères est en l’année 1926 pour renforcer la France et surtout la natalité. La Première Guerre mondiale, suivie de la Grippe espagnole, ont à elles deux provoqué de nombreux morts, il faut donc repeupler la France décimée. (Crédits : Légifrance)

    Le 28 mai 1926, la première « Fête des Mères » est couronnée de médaille d’or, d’argent. Ainsi, le plus précieux des métaux pour « les femmes ayant eu au minimum 10 enfants, l’argent pour avoir eu de 8 à 9 chérubins, et 100 médailles de bronze durent ensuite décernées, ainsi que plusieurs médailles des assurances sociales », relatait le quotidien Le Matin. Ensuite, en 1941, le gouvernement de Vichy reprend la tradition à son compte, mais c’est le 24 mai 1950 que la Loi n° 50-577 du 24 mai 1950 fixe les modalités et le jour de la « Fête des Mères ».

  • Il y a cent ans… elle égorgeait son mari, ivre et violent

    Il y a cent ans… elle égorgeait son mari, ivre et violent

    Les femmes sont tout autant capables d’actes dont les hommes font les gros titres. Lasse d’être battue, une mère de 34 ans venait d’assassiner son conjoint d’un coup de rasoir, en lui tranchant la gorge. Après les faits, elle allait à la gendarmerie ce 22 mai 1922 à 4 h. De l’autre une épouse de médecin tua de quatre balles de revolver son mari sur son lieu de travail, un cottage des bords de Loire à Oudon.

    Bien malin qui pourrait se vanter de connaître la vie d’un foyer, lorsque les volets d’une maison sont fermés. Une mère de famille, Mme Trouillet, née Thibault âgée de 34 ans, s’étaient présentés affolé auprès de la marée chaussée. « Monsieur, arrêtez-moi, je viens de tuer mon mari ! » Le commissaire de police des Lilas se rendit au domicile, 10 rue de Chardanne, au Pré-Saint Gervais. En entrant, il constata que la victime Auguste Trouillet, trente-trois ans, gisait sur le lit, la tête à demi attachée au tronc. L’ouvrier abatteur de porc à la Villette ne portait qu’une chemise. La version de l’épouse, maman de cinq enfants déclarait que son mari était revenu ivre mort, aux alentours des 2 heures. Comme d’habitude il donnait de grands coups de pied dans le lit pour réveiller sa femme.

    L’enquête a établi que l’abatteur de porcs était une brute inabordable lorsqu’il était enivré d’alcool. (Crédits : Alexas Fotos/Pixabay)

    Elle lui aurait dit : « Tu rentres encore ivre ». L’homme se serait précipité sur elle, la rouant de coups. Réveillée par les bruits, l’aînée de 14 ans suppliait son père de se calmer. Il aurait alors saisi sa fille par les cheveux, puis la traîne, à terre, en direction de sa chambre. La mère se saisissait du rasoir, et portait un coup à la gorge de son mari, qui expira après deux « hoquettements ». Lors du procès aux assises, elle indiquait qu’elle avait été plusieurs fois atteinte par le couteau de son mari. « À la suite d’une scène plus violente que de coutume, dit-elle, excédée, j’ai pris le rasoir de mon mari et je l’ai frappée ». Après la plaidoirie de Me Montigny, elle a été acquitée.

    Condamnée à cinq années de prison

    Un professeur de médecine était assassiné dans le paisible cottage qu’il possédait. Le docteur Louis Joseph Gabriel Fortineau, anciennement attaché à l’institut Pasteur, donnait des cours de bactériologie à l’école de médecine de Nantes. En 1908, le docteur épousait une de ses patientes, Mlle Marie Joséphine Henriette Lamisse. Le quotidien Le Journal indiquait que « la mésintelligence ne tarda pas à régner entre les deux époux ». Les rumeurs accordaient à la femme une conduite légère, que le docteur reproduisait de son côté. Il avait trouvé l’affection d’une infirmière, Mlle Larno qui l’aidait dans ses travaux, avec laquelle il eut une fille. Il décidait d’intenter une action en divorce, après neuf années de séparation. Or sa frivolité était mise au jour par le procès. « Je te tuerai et je serai acquitté comme Mme Perron ! », déclarait-elle. Si bien que le 22 mai 1922, armée d’un revolver, accompagné par son fils aîné de 14 ans, elle prit le train de 4 h à destination d’Oudon.

    Après son décès, la femme sera enterrée dans le caveau familial aux côtés Louis Fortineau. (Crédits : Steve Buissinne/Pixabay)

    Arrivé sur place à 13 h, son mari signifiait : « Pas de scandale ici ! Va-t’en ! ». La réponse fut cinglante. L’épouse tirait par quatre fois, dont une fois en plein cœur, l’homme s’écroulait, mort. « Le bruit occasionné fit accourir les voisins, qui furent menacés par la présumée meurtrière, raconte Le Journal. Elle reçut à son tour un coup de gourdin qui la désarma. » Arrêtée, elle ne manifestait aucun regret. Elle fut condamnée à 5 ans de prison, car la préméditation fut écartée, et des circonstances atténuantes lui furent accordées.

  • Carlos Solano Zúñiga condamné à 12 ans de prison pour viol

    Carlos Solano Zúñiga condamné à 12 ans de prison pour viol

    Un nom, et une affaire judiciaire qui hors du Costa Rica n’évoquent pas grand-chose. Il est pourtant retentissant sur place. Après plus de dix ans de procédures, l’homme de 77 ans, père biologique de Linda Liz et Nicole, ex-mari de Linda Díaz, femme d’affaires, est reconnu coupable d’abus sexuel aggravé, de corruption aggravée et de viol aggravé sur sa fille, Linda Liz Díaz, alors qu’elle était mineure. Il a fallu trois procès avant qu’une condamnation puisse être prononcée contre Carlos Solano.

    C’est une affaire de justice peu banale, qui erre dans ses méandres, usant de chaque recours. Le prévenu était présumé innocent des faits qui lui étaient reprochés, jusqu’à ces derniers jours. Les crimes portés à l’acte d’accusation sont abus sexuel aggravé, de corruption aggravée et de viol aggravé… sur la personne de Linda Liz Díaz. Il faut remonter en 2012, quand Linda Liz poursuivait son père pour des atrocités qui, selon elle, se seraient produites lorsqu’elle se rendait chez lui. À ce moment-là, il était divorcé de la mère de ses deux filles, Lynda Díaz. L’affaire a été portée une première fois devant les tribunaux en 2016, et Carlos Solano avait été acquitté. L’avocat de la plaignante avait interjeté appel. « Pour la victime, nous avons pu corroborer l’histoire des abus sexuels qui se sont malheureusement déroulés sur 7 ans, de l’âge de 6 ans jusqu’à ses 13 ans. Il a été validé et a fait l’objet d’un très long processus pénal qui a débuté en 2012 », a déclaré M. Oconitrillo.

    Lors du procès en appel, en 2019, le père a été condamné à 12 ans de prison pour six crimes d’abus sexuels et un de tentative de viol. Mais ce qui est stupéfiant est que Lynda Díaz portait un gilet pare-balles le jour où elle a dû témoigner, car toutes mère et fille sont placées sous le programme de protection des victimes et des témoins en raison des menaces dont elles auraient fait l’objet.

    Les agents de la section de protection des victimes gardent Lynda Díaz et sa fille Linda Liz Solano pour des menaces de mort présumées. (Crédits : Alejandra Portuguez)

    « À la fin de l’année dernière, j’ai reçu un appel téléphonique d’un fonctionnaire de la section des délits divers de l’Agence d’investigation judiciaire, qui m’a informé qu’il existait des informations confidentielles au niveau de la police concernant une menace potentielle pour la vie de Linda Liz et de sa mère », commentait l’avocat Fabio Oconitrillo aux juges. Le 17 mai 2019, Díaz se rendait au bureau du procureur et Linda Liz a fait de même 11 jours plus tard, elles ont remis comme preuve un enregistrement audio dans lequel une apparente attaque contre elles est planifiée.

    Carlos Solano, en chemise bleue se rendait toujours au procès en fauteuil roulant. (Crédits : Silvia Coto)

    Puis, début de juillet 2021, le troisième procès contre Carlos Solano Zúñiga, pour avoir prétendument abusé sexuellement de Linda Liz, avait été annulé et que la procédure entamée par la jeune femme de 28 ans devait désormais repartir de zéro. Le juge venait d’avoir un accident de voiture. Il convient de noter que cette procédure judiciaire a duré plus de neuf ans, appuyait NCR.

    « Carlos Solano, mon “père” biologique, a abusé sexuellement de moi et de ma sœur de l’âge de 6 ans jusqu’à mes 13 ans. Il m’a fallu des années pour l’accepter, pour m’accepter moi-même et pour me permettre de le dire. Aujourd’hui, à l’âge de 28 ans, j’ai passé les 9 dernières années à me battre dans un processus juridique sans fin, dans lequel j’ai voulu trouver justice pour un traumatisme qui continue à se perpétuer », était le cri poussé sur les réseaux sociaux d’une jeune femme costaricienne. « Je suis honorée d’avoir reçu tant de messages contenant les histoires d’autres femmes qui, comme moi, ont subi des abus sexuels et ont été abandonnées par le système juridique de notre pays », ajoutait-elle en juillet 2021.

    « Maintenant nous devons attendre parce qu’il devrait se pourvoir en cassation. Dans 15 à 22 jours ils doivent présenter ce recours, et attendre deux ou trois mois pour la résolution complète », commentait l’ex-mannequin. (Crédits : Instagram)

    La sentence avait été prononcée par le tribunal de Pavas le mardi 7 septembre 2021, dans le cadre d’un procès en référé qui avait été ordonné par la cour d’appel du deuxième circuit judiciaire de San José. En plus de la peine de prison, Solano avait été condamné à payer 25 millions de Colons (environ 35 000 €) pour le préjudice moral subi par Linda Liz. Fabio Oconitrillo, l’avocat de Díaz, expliquait que la somme que la famille recevra suite à la condamnation serait directement versée à une fondation qui accompagne les victimes de crimes sexuels.

    Une nouvelle fois, la troisième, le prévenu a été reconnu coupable des chefs d’accusation. « Aujourd’hui, la sentence contre Carlos Solano Zúñiga, le père biologique de mes filles Lindaliz et Nicole, a été confirmée. Qu’est-ce que cela signifie ? Après 10 ans, je ne sais pas combien de fois nous avons été en procès, ils ont fait appel, nous avons fait appel, c’est la troisième fois que ma fille a eu raison, que cela s’est produit », a-t-elle déclaré jeudi 21 avril 2022.

  • Il y a cent ans… jalousie, tentative d’assassinat et suicide

    Il y a cent ans… jalousie, tentative d’assassinat et suicide

    Les faits-divers s’enchaînent à Paris comme ailleurs. Mais c’est le drame d’un jeune homme éconduit qui transforme la passion en haine. Charles, compagnon déchu et déçu s’ôte la vie d’un coup de revolver, croyant avoir atteint mortellement, celle qui hantait ses rêves, avant le retour de l’amoureux prodigue, Robert. Une tragédie où trois personnages prennent place : Juliette Eblé, Robert Charbonneau et Charles Saint-Saëns. La scène se déroulait au 19 rue Gide à LevalloisLouis Rouqier était maire le 18 avril 1922.

    Juliette Eblé, née Delmont 28 ans, demeurait dans un hôtel meublé au 19 de la rue Gide, depuis deux ans. À un autre étage vivait un ouvrier cordonnier de 24 ans, Charles Saint-Saëns. Les deux voisins finirent forcément par se croiser, se saluer, se prendre d’amitié avant de devenir amants. Mais un grain de sable venait enrayer le rouage du couple en devenir. Le retour de son précédent amour, le mois précédent, du Mexique où il fut cuisinier durant cinq années. Robert Charbonneau aussitôt rentré, revint trouver sa chère Juliette pour lui conter fleurette. Ce qui devrait arriver se produisit, les deux hommes se rencontrèrent et devinrent jaloux l’un de l’autre. Juliette retomba sous le charme du cuisinier, ce qui poussa la jeune femme à rompre de Charles Saint-Saëns.

    Le célèbre livre de John Gray, « Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus » aurait pu, peut-être, de lui éviter de tels actes. (Crédits : Manu Carrillo/Pixabay)

    L’éconduit passa une dernière journée, un dimanche avec son ancienne amie, croyant certainement pouvoir recouvrer son amour. Sauf que lorsqu’une femme prend une décision, elle est très souvent ferme et définitive, faisant suite aux différents avertissements préalables. Vers 10 h 30, Charbonneau se présenta dans le même débit de boissons. Une discussion violente éclate. Puis l’ouvrier cordonnier laissa le jeune couple. Après avoir passé la soirée en compagnie de nouvel amant, et sortants du cinéma, elle rentra seule dans sa chambre.

    La jeune femme semble déchaîner les gestes désespérés des anciens amoureux, souligne le journaliste. Déjà en 1920, elle vivait une semblable expérience, lorsque son ami corse, Henri Perretti, 28 ans s’ôtait la vie, car elle voulait le quitter. (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    Elle enleva son chapeau, son manteau, avant de pousser un cri d’épouvante, l’éconduit se tenait caché au pied du lit, un revolver pointé vers elle. « Ah ! enfin, je te tiens ! vociférait le cordonnier. Tu vas me payer de la vie le chagrin que tu m’as fait par ton abandon, à moins que tu ne veuilles reprendre la vie commune », racontait le journaliste. Tétanisée, elle ne put répondre si bien qu’il tira par trois fois, la touchant à deux reprises à la cuisse gauche. Elle se traîna sur la plier, où fort heureusement, Robert Charbonneau discutait encore avec l’hôtelier. L’ego le fit grimper jusqu’à la chambre de sa dulcinée, semble-t-il, pour se venger, il tomba sur porte close, avant de redescendre s’occuper de sa douce. Deux agents de police furent prévenus tandis que le cuisinier amenait la blessée à l’hôpital Lariboisière. Croyant son crime commis, l’éconduit s’ôta la vie d’une balle de revolver dans la tête. Les inspecteurs le retrouvèrent, avec une respirante, mais dans une mare de sang, il mourut lors de son transport vers Beaujon. L’état des blessures de Juliette Eblé fut déclaré non grave par les services d’urgence.

  • Quand les spermatozoïdes tombent le masque

    Quand les spermatozoïdes tombent le masque

    Nous avons eu les mêmes cours sur la biologie humaine, voire la fécondation. D’ailleurs les publicités jouaient sur la course effrénée que les milliers de spermatozoïdes effectuaient pour créer un embryon. Comme dans un conte, seul le plus fort et le plus rapide réussit à féconder l’ovule… qui de la même manière que la belle au bois dormant poireaute passivement, que son prince charmant se pointe. C’est une image tronquée, car si la biologie le reconnaît aujourd’hui, l’ovule ne fait pas qu’attendre que son vaillant chevalier au grand cœur, bien au contraire.

    Les fictions, et la réalité ne sont séparées que par un infime voile de soie. Ainsi, la procréation est le fruit d’une interaction entre un ovule et un spermatozoïde, non juste le travail du dernier. « D’un point de vue strictement dynamique, c’est vrai que le spermatozoïde bouge plus. Il voyage, alors que l’ovule demeure en place […] », reconnaît Dr Pierre Leclerc, spécialiste en reproduction humaine. L’idée est pourtant vissée dans chaque tête, assurant qu’uniquement les gamètes mâles bossent. Si dans Fort Boyard, il faut un maximum de clé pour accéder au Graal, les spermatozoïdes doivent eux aussi se munir de l’unique clé capable d’ouvrir la porte de l’ovule. S’ils sont plusieurs centaines de millions à candidater, au final un seul se retrouvera face à l’ovule à la fin du processus.

    Beaucoup de postulants, un seul élu

    L’éjaculation s’étant produite, la course contre le temps commence lors d’un parcours long et semé d’embûches. La majeure partie des spermatozoïdes se retrouvent bloqués dès leur apparition dans le col de l’utérus, puis à la frontière entre l’utérus et les trompes de Fallope. Car, après avoir résisté à l’acidité du vagin, affronté les contractions de l’utérus, les trompes de Fallope ne laissent pas entrer n’importe qui. Il faut montrer patte blanche. Arrivés à cet endroit secrètement gardé, seuls ceux munis d’une autorisation dûment tamponnée et certifiée pourront être amenés plus loin.

    Les trompes de Fallope se trouvent entre l’utérus et les ovaires. Elles sont le lieu où l’ovule est fécondé par le spermatozoïde. Après que ceux-ci furent déposés en aval du col de l’utérus, attendant les navettes pour être acheminés auprès de l’ovule par différents procédés. (Crédits : Dessin François Poulain/Larousse)

    La structure des trompes de Fallope aide au cheminement des spermatozoïdes. Ces derniers se déplacent via les trompes utérines pour atteindre la partie ampullaire où se situe l’ovocyte. Lors de cette étape, les gamètes mâles achèvent également leur maturation. Seuls ceux appartenant à l’espèce humaine et ceux détenant une motilité hyperactive pourront traverser la barrière, explique Dr Leclerc. Rassurant pour ceux qui ont les idées tordues, immorales et illégales. Les spermatozoïdes vont se transformer pour que leurs membranes puissent se fragiliser et libérer les enzymes contenues dans leur acrosome. C’est la capacitation qui se fait en 6 à 8 heures, par étapes.

    Le choix de la Reine

    L’ovocyte, lui, est tranquillement à l’abri derrière sa zone pellucide. Elle est la « membrane » l’entourant, de plus elle est essentielle à sa survie, mais pas que. Elle sélectionne les spermatozoïdes dont l’enveloppe plasmique est intacte et empêche la fécondation croisée. Donc c’est au final le gamète femelle qui impose sa décision, une habitude que l’on retrouve dans la société peut-être ? « C’est l’ovule qui a le dernier mot. C’est lui qui va décider qui passe et qui ne passe pas. » C’est le sketch de maxime le videur d’Albert Dupontel. Pour être précise, la glycoprotéine ZP3 permet aux spermatozoïdes de s’accrocher et de déclencher la réaction acrosomiale.

    Les gamètes mâles sont dépeints comme forts, énergiques, au sein d’une mission qui couronnera un gagnant, quand l’ovule est comparé à une princesse attendant son prétendant, tandis que c’est elle qui effectue la grande partie de l’action et choisit son partenaire pour la fécondation. Ci-dessus un ovocyte humain avec zone pellucide, lors d’une FIV. (Crédits : DR)

    Les enzymes acrosomiales de centaines de spermatozoïdes présents vont permettre à l’élu de se lier aux récepteurs de la membrane de l’ovocyte. Les membranes de l’ovocyte et du spermatozoïde fusionnent en une membrane, sans rien perdre. Sans oublier sa corona radiata que devra franchir l’heureux élu qui réalisera la fécondation. Il entrera ensuite en contact avec la membrane de l’ovocyte, pour s’y coller et ultimement fusionner avec elle, et évoluer en ovule. Comme quoi, la vie est un véritable miracle, dont le dernier mot, Jean-Pierre, revient éternellement à la femme.