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  • Du pain, un tampon, un silence…

    Du pain, un tampon, un silence…

    Une femme attend un cachet. Une autre retire son voile, au milieu des caméras. Ailleurs, des mères comptent les jours derrière des barbelés. Dans plusieurs pays, tels que l’Afghanistan, l’Iran, la Syrie ou l’Irak, le sort des femmes se négocie désormais à hauteur de corps : corps contrôlés, corps punis, corps rançonnés. Il est primordial de se pencher sur les facteurs déclenchants : l’aide humanitaire, la loi, la guerre, la « morale ». Et pose une question simple, brutale, froide : quand l’État devient l’arbitre du quotidien, que reste-t-il d’une liberté ?

    En Afghanistan, des témoignages font état d’exploitations sexuelles en échange d’accès à l’aide alimentaire, dans un contexte de pauvreté et de restrictions imposées aux femmes. En Iran, la répression d’un régime islamique à bout de souffle — et en soins palliatifs — fait plus de 30 000 morts, 100 000 blessés et plus de 41 000 prisonniers. Une question demeure : quelle est la destinée des femmes ?

    L’effacement organisé (de la présence publique) des femmes afghanes

    Ici, le récit ne débute pas par un discours, mais par une file d’attente. Pour obtenir une carte d’aide, il faut un document, puis une validation par des « autorités » locales. Dans ce goulot, la dépendance crée une zone grise. Elle devient celle où l’on monnaye une signature, un cachet, une place sur une liste. « Avant de pouvoir accéder à l’aide, Laila (prénom d’emprunt) avait besoin de remplir un formulaire et de le faire estampiller par l’imam de sa mosquée locale ou son Wakil Guzar, un leader communautaire qui agit comme médiateur entre le gouvernement et le public », relate Rukhshana Media.

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    Rukhshana Media rapporte des allégations de femmes à qui des responsables auraient proposé des faveurs en échange d’actes sexuels. Ce qui décrit une prédation enracinée dans l’asymétrie totale entre la partie qui demande et celle qui détient l’autorité.
    Laila a perdu son mari en 2020. Veuve avec trois enfants, elle a trouvé du travail de cuisine et de ménage. Mais, tout lui est retiré quand les talibans arrivent au pouvoir. Désespérée, elle visite son Wakil Guzar pour solliciter leur aide.

    « Le jour où je suis allé le voir, il était seul. Il s’est approché de moi et a essayé de me toucher. J’étais tellement terrifié que je ne me souviens même pas comment je suis sorti de son bureau. » (Crédits : Stringer/Reuters)

    Elle s’est juré de ne plus s’approcher de cet homme, quitte à mourir de faim. « Je lui ai raconté que je venais de perdre mon mari, que mes enfants mouraient de faim, et je l’ai supplié de m’aider pour l’amour de Dieu », raconte-t-elle. « Il a dit que si je l’invitais chez moi pour la nuit, il ne m’obtiendrait pas une, mais deux cartes. » Ce qui change depuis 2021 n’est pas seulement une liste d’interdictions ; c’est une architecture. Les rapports onusiens décrivent la persistance de restrictions majeures sur l’éducation, le travail, la circulation et l’accès à l’espace public pour la gent féminine, peu importe son âge.

    Dans ce système, le risque va au-delà de la violence physique : c’est l’effacement progressif. Quand une femme ne peut ni travailler, ni étudier, ni se déplacer librement, la survie devient une négociation permanente — et cette négociation, dans une économie informelle, expose aux abus, aux violences, aux crimes.

    Depuis la prise de pouvoir des talibans en août 2021, les Afghanes sont progressivement reléguées aux sphères privées. Selon les rapports des Nations unies, elles sont désormais interdites d’enseignement secondaire et universitaire, exclues de nombreux emplois, notamment dans les ONG nationales et internationales, et soumises à des restrictions strictes de déplacement sans accompagnateur masculin. Cette exclusion ne constitue pas une mesure isolée, mais un système cohérent de gouvernance visant à limiter leur autonomie sociale, économique et politique.

    Un effacement systémique

    15 août 2021 — Le monde du silence, pour les femmes, la rupture se joue dans des gestes minuscules et irréversibles. Les talibans demandent aux femmes de rester chez elles, « provisoirement ». Le provisoire devient une condition. Des enseignantes ne retournent pas dans leurs écoles. Des employées attendent des appels qui ne viendront jamais. Le travail disparaît, simplement par absence.

    En septembre 2021, les portes des écoles se referment pour les filles. À partir de 12 ans, l’éducation cesse. La rupture est clairement définie, administrative, froide. Une génération entière bascule dans l’attente. Les cartables restent posés contre les murs, comme des objets qui ne servent plus à rien. Dès décembre, les déplacements deviennent conditionnels. Une femme ne peut plus voyager seule, sans accompagnateur. Le mouvement subroge l’autorisation. La liberté évolue en exception. (Crédits : Faruk Tokluoğlu/Pexels)

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    En mai 2022, le visage disparaît, le voile intégral s’impose dans l’espace public. Le corps féminin doit se dissoudre dans le tissu. Le décret ne parle pas d’effacement, mais il le produit. L’individu devient silhouette, la silhouette une ombre, l’ombre une poussière. En décembre de la même année, les universités ferment leurs portes aux femmes. Des milliers d’étudiantes quittent les campus. Certaines pleurent devant les grilles closes. D’autres brûlent leurs notes.

    Femme, neige, nature

    Au mois d’avril 2023, les organisations internationales ne sont plus un refuge. Elles ne peuvent plus travailler pour les Nations unies. Le dernier espace institutionnel s’efface. L’aide continue d’exister, mais elles ne peuvent plus y participer.
    En juillet 2023, les salons de beauté ferment, sur une simple injonction orale. Ces lieux, à la fois des zones de travail et de sociabilité, disparaissent. Plus de 12 000 femmes perdent leur revenu. L’économie informelle s’effondre comme leurs futurs.

    En 2024, leurs timbres de voix deviennent même une infraction. Il est interdit aux femmes de chanter, de parler en public. Le silence se métamorphose en une norme, mais les Afghanes expriment leur détermination en chantant. Il se semble plus rester de libertés aux femmes, et pourtant. Les talibans offrent aux femmes une invisibilité comme horizon. (Crédits : Ankiyay/Pexels)

    Les restrictions forment un système. Absente des écoles, des universités, des institutions, de nombreux lieux de travail, la seule présence d’une femme dans le paysage du « cimetière des Empires » devient une anomalie. Les Afghanes n’ont pas disparu. Elles vivent, respirent, survivent, pensent, espèrent. Mais leur existence est contenue dans des espaces invisibles.

    Des articles absurdes fleurissent. L’une des dispositions les plus frappantes est l’article 34. Il dispose qu’une femme peut être incarcérée pendant trois mois simplement pour être restée chez sa famille sans l’autorisation de son conjoint ou sans ce que l’on appelle une « raison justifiée par la charia ». L’article 32 stipule que si un mari bat son épouse avec une force disproportionnée — définie comme causant des fractures, des blessures ou des ecchymoses visibles — il peut être condamné à 15 jours d’emprisonnement, à condition que la femme puisse prouver les abus devant le tribunal.

    Peine capitale pour un apostat

    L’article 37 prévoit une peine de prison d’un an à un homme pour avoir tenu par la main, enlacer ou embrasser une femme. L’article 58 prévoit qu’une femme apostate — quelqu’un qui quitte l’islam — peut être condamnée à la réclusion à perpétuité. De plus, elle doit recevoir dix coups de fouet tous les trois jours jusqu’à ce qu’elle revienne à la foi. La punition pour les apostats n’est pas explicite, mais, selon la tradition jurisprudentielle hanafite que les talibans suivent, les hommes ont jusqu’à trois jours pour se repentir et revenir à l’islam avant de faire face à la peine capitale s’ils refusent de se rétracter.

    Ainsi, l’effacement des femmes n’est pas physique. Il est administratif, juridique, social. Il est organisé méthodiquement. Cette marginalisation a des conséquences directes sur la survie matérielle. Dans un pays où, selon les Nations Unies, 22,9 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, son accès devient un levier de vulnérabilité. Rukhshana Media rapporte des témoignages de femmes affirmant avoir subi des pressions. Tout comme le sort réservé à la journaliste Nazira Rashidi. Elle a été arrêtée le mardi 6 janvier à 8 h du matin dans la province nord-est de Kunduz. Puis plus de nouvelles… (Crédits : Faruk Tokluoğlu/Pexels)

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    La disparition des femmes de l’espace public ne signifie pas qu’une perte de droit, mais une transformation structurelle de leur existence. Privées d’éducation, d’emploi et de liberté de circulation, elles sont soumises à l’autorité politique et religieuse, plus simplement aux hommes, à leurs bourreaux : les talibans. Cette dernière augmente l’exposition aux abus, tout en réduisant leur capacité à les signaler ou à s’en protéger. Leur existence se mue en résistance, une question de vie… de survie.

    Depuis Mahsa Amini, le corps des femmes est une ligne de front, en Iran

    Le 16 septembre 2022, Mahsa Jina Amini, 22 ans, meurt à Téhéran après son arrestation par la police « des mœurs » pour un port du voile jugé « inapproprié ». Sa disparition déclenche une onde de choc immédiate. En quelques jours, un tsunami déferle sur plus de 160 villes, portées par un slogan qui devient un manifeste : « Femme, Vie, Liberté». Ce mouvement ne se limite pas à la contestation d’une loi vestimentaire. Il remet en cause le principe même d’un ordre politique fondé sur le contrôle des corps féminins, du corps des filles et des femmes.

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    Plusieurs chercheurs affirment que ce moment est une rupture. La question des femmes cesse d’être un enjeu social périphérique pour devenir un point de fracture central entre le peuple et le pouvoir. Selon l’anthropologue Chowra Makaremi, cette situation relève d’une incompatibilité structurelle entre une communauté en mutation et une autorité théocratique basées sur la régulation du féminin.

    Le gouvernement iranien l’use comme un marqueur politique. Le contrôle vestimentaire, les sanctions pour non-conformité, et les condamnations de femmes. Des cas documentés incluent des peines corporelles pour des infractions en relation aux normes sociales, ainsi que des exécutions dans des contextes de violence conjugale ou de mariage dit précoce.

    Malgré ces contraintes, les Iraniennes demeurent visibles et actives dans la société, ce qui les place dans une position paradoxale : présentes sous surveillance constante.

    La réponse de l’État est immédiate et brutale. La répression s’organise à plusieurs niveaux : arrestations massives, usage de la force contre les manifestants, condamnations judiciaires accélérées… (Crédits : Capture d’écran/X (anciennement Twitter)

    Puis l’estimation tombe comme un couperet, femmes et hommes confondus, filles et fils : plus de 30 000 morts et 100 000 blessés. Des milliers de personnes sont arrêtées, parmi lesquelles de nombreuses femmes, étudiantes, journalistes, avocates ou simples citoyennes. Certaines sont détenues sans procès, d’autres condamnées à de lourdes peines de prison. Des organisations de défense des droits humains documentent également le recours à des violences physiques et psychologiques, visant à dissuader toute forme de dissidence. Mais la stratégie du pouvoir ne se limite pas à la répression directe, à la persécution. Elle s’inscrit dans une tentative plus large de réaffirmation de son autorité symbolique. Des familles sont obligées de débourser des sommes astronomiques pour récupérer le corps d’un enfant, d’un mari, d’une sœur.

    Le féminin devient un espace de contrôle politique. Le voile, au-delà de sa dimension, fonctionne comme un marqueur de loyauté envers le régime. Les Iraniennes tombent le voile. Marcher dans les rues en portant un simple t-shirt constitue une forme de protestation. C’est un symbol non seulement de leur droit fondamental à la liberté d’expression, mais aussi leur combat pour la liberté vestimentaire.

    Selon les analyses publiées dans The Conversation, le pouvoir iranien perçoit cette désobéissance comme une menace existentielle. En effet, elle remet en cause le fondement idéologique de la République islamique, construite en partie sur la régulation des comportements féminins, ainsi qu’une interprétation des vers et sourates du Coran issue de son écriture au septième siècle de notre ère. (Crédits : La Presse canadienne/Darryl Dyck)

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    Face à cette contestation, le régime développe une stratégie d’effacement. Il s’agit non seulement de punir, mais aussi de faire disparaître le mouvement, au même niveau des répressions ensanglantées — comme celle de 1988 — lors des différentes oppositions au régime. Le Guide suprême, l’ayatollah Khomeini, prend, en 1980, le contrôle total de la République islamique d’Iran servi par les gardiens de la révolution islamique. Face à l’acharnement du pouvoir en place, le peuple iranien se soulève.

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    Malgré les efforts fournis, le mouvement « Femme, Vie, Liberté » n’a pas disparu. Il s’est transformé. La protestation ouverte dans les rues fait place à une résistance plus diffuse, inscrite dans les gestes quotidiens : le refus du voile, la présence dans l’espace public, la visibilité assumée.

    Selon plusieurs analyses, cette transformation marque une évolution profonde. La contestation ne repose plus uniquement sur des manifestations, mais sur une modification progressive des comportements sociaux. C’est une confrontation entre deux visions du pouvoir, entre deux temps dont l’un est révolu. D’un côté, un régime qui considère le contrôle des femmes comme de sa légitimité. De l’autre, une partie croissante du peuple iranien refuse cette assignation. Elles ne sont plus seulement des symboles dans ce conflit : elles en sont devenues les actrices principales. (Crédits : AFP)

    Depuis la mort de Mahsa Amini, la République islamique d’Iran se trouve confrontée à une contestation qui dépasse amplement la question du voile. Elle touche à la nature même du pouvoir, à la légitimité de Ali Hossaini Khamenei et ses 86 ans. Mais aussi à l’imposition de la vision du corps, de la liberté et de l’ordre social. Le mouvement « Femme, Vie, Liberté » incarne cette fracture. Et malgré la répression sanglante, il continue d’exister — non plus seulement comme un slogan, mais comme une transformation durable du rapport entre les femmes et l’autorité, le renouveau d’un peuple.

  • L’avenir des Femmes en pointillé ?

    L’avenir des Femmes en pointillé ?

    Une proposition de loi en Irak pourrait légitimer le mariage d’enfants. Tout est lié à la jurisprudence chiite et à l’âge de la puberté. Le Code en vigueur est scindé en deux parties. Il régit les dispositions relatives au statut personnel selon la « jurisprudence chiite Jaafari » (statut personnel) et l’autre la « jurisprudence sunnite ». Tant et si bien, qu’un garçon pourrait être marié dès l’âge de 15 ans, tandis qu’une fille dès l’âge de 9 ans. Mais que penser des 35 articles de loi qui restreignent encore les Afghanes et leurs droits à l’existence, à la vie ?

    La différence de compréhension des us et coutumes est fonction du Code sur lequel se base chaque pays. En France, le Code civil est le reflet de la société française. Depuis 1804, il organise l’essentiel de la vie quotidienne (nationalité, filiation, mariage, successions, responsabilité civile…). Puisqu’il s’agit des droits des femmes dont il est question que ce soit en Afghanistan, en Irak, en Iran, au Maroc, au Koweït… qu’en est-il en France ?

    L’évolution des droits des femmes en France

    Lors d’un entretien sur le discours, pour le droit à l’IVG, prononcé par Simone Veil en novembre 1974 à l’Assemblée nationale, Claudine Monteil s’écria « Simone, nous avons gagné ! » Ce à quoi Simone de Beauvoir répondit : « Certes, Claudine, nous avons gagné, mais temporairement. Il suffira d’une crise politique, économique et religieuse, pour que les droits des femmes, nos droits, soient remis en question. » L’évolution des droits des femmes en France s’écrit en plusieurs dates. La première est Olympe de Gouges qui publie en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

    S’en suivent le 29 avril 1945, avec le vote aux élections municipales ; le 27 octobre 1946, « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à deux des hommes. » ; Germaine Poinso-Chapuis est en novembre 1947 la première femme ministre, il faut attendre 1974 pour voir Simone Veil à la tête d’un ministère ; dès le 13 juillet 1965 « les femmes peuvent gérer leurs biens propres et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari. » Autorisées à disposer de l’argent sur leur compte bancaire, sans avoir à demander à leurs maris.

    Le 4 juin 1970 autorité parentale conjointe ; 22 décembre 1972, la loi pose le principe d’égalité de rémunération ; 6 mars 1980, Marguerite Yourcenar devient « immortelle » en entrant à l’Académie française.

    (Crédits : Christina Morillo/Pexels)

    Le 17 janvier 1975, la Loi n° 75-17 autorisant l’IVG, dite « loi Veil » est adoptée pour 5 ans. Elle est définitive par la loi du 31 décembre 1979. Le 23 décembre 1980, la Loi n° 80-1041 donne une définition précise du viol et le reconnaît comme un crime ; 17 juillet 1984, la Cour de Cassation reconnaît pour la toute première fois le viol entre époux en instance de divorce. Le viol entre époux est reconnu par un arrêt de la Cour de Cassation le 5 septembre 1990. Le 4 mars 2024, dernière évolution, l’IVG est inscrite dans la Constitution française. « Votre vie durant, vous devrez demeurer vigilante », concluait Simone de Beauvoir.

    Le Code civil, pierre angulaire de la société

    Le Code civil dit « Code Napoléon » est composé de trois livres. Le Livre I dit « des personnes », le Livre II « des biens et des différentes modifications de la propriété » et le Livre III « des différentes façons dont on acquiert la propriété ». Puisque la proposition de loi en Afghanistan sacralise l’âge minimal du mariage, qu’en est-il en France ?

    L’article 144 du Code civil dispose que « le mariage ne peut être contracté avant dix-huit ans révolus. » Cependant l’article 145 ajoute que « néanmoins, il est loisible au procureur de la République du lieu de célébration du mariage d’accorder des dispenses d’âge pour des motifs graves. »

    En 1905, la loi du 9 décembre sur la séparation des Églises et de l’État assure la liberté de conscience de culte. Chacun est donc libre de pratiquer la religion de son choix comme de ne pratiquer aucune religion.

    Concernant le mariage, jusqu’à la Révolution (1789) le droit canonique s’applique. Donc l’âge nubile et majorité matrimoniale est de 12 ans pour les filles et 14 pour les garçons. La loi du 21 septembre 1792 dispose du mariage dès 13 ans pour les filles de 15 pour les garçons. Sous couvert du consentement des parents jusqu’à l’âge de 21 ans.

    Cet âge nubile atteint 18 ans pour les garçons dès l’instauration du Code civil en 1804. Celui des filles est de 15 ans. Il faudra attendre la Loi n° 2006-399 du 4 avril 2006 pour que l’article 144 assure l’âge de 18 ans pour toutes et tous.

    Puis, le Parlement adopte le 23 avril 2013, la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Elle est promulguée le 17 mai 2013. (Crédits : BnF/Gallica)

    Tout cela semble être normal au regard de la « génération Z » (ne pas confondre avec la GEN-Z) et celle en devenir, « Alpha ». Parfois les désobéissances chamboulent et permettent l’évolution des droits. Le manifeste des 343 est un parfait exemple. Piqûre de rappel aux générations Z et Alpha, le simple fait de savoir que porter un pantalon est légalement autorisé pour les femmes seulement depuis le 31 janvier 2013, change la vision du monde.

    L’impact sur la vie des femmes en Irak

    Dans de nombreux pays au Moyen-Orient comme en Afrique, il existe un code de statut personnel (SP). En 1959, l’Irak se dote du Code de Statut personnel, ce après de nombreux pays tels la Syrie (1953), la Tunisie (1956), le Maroc (1958). Le Code du Statut personnel date du 30 décembre 1959 en Irak (Loi n° 188 du 30-12-1959). Il fera l’objet de neuf amendements (1963, 1978, 1980, 1981, 1985, 1986, 1987, 1994, 1999).

    Le général Abdel Karim Kassem arrive au pouvoir (1958-1963), et la question de codifier le Statut personnel est à nouveau posée. Issu d’un processus commencé en 1947, le Code (Qânûn) du Statut personnel irakien est créé douze ans plus tard.

    La volonté de modification ne date pas d’hier. Le projet de loi fondé sur les jurisprudences de l’école Jaafari, par l’imam chiite Jaafar al-Sadiq, est adopté par le conseil des ministres le 25 février 2014. Dix ans plus tard, il est à nouveau d’actualité. La proposition de réforme est celle du député Raëd al-Maliki.

    Ce qui sacralise les tensions le mariage. Si la doctrine classique de toutes les écoles s’appuie sur le verset 3 de la quatrième sourate du Coran, la vie moderne impose quasiment partout la monogamie.

    C’est plus particulièrement l’âge minimum qui pousse les mères à manifester. Selon le Code le mariage est autorisé à partir de 18 ans. À une exception près. La loi irakienne dispose qu’une fille de 15 ans peut être mariée à condition d’obtenir l’autorisation d’un juge et de la famille (Loi de 1959, Art. 7.). Comprendre ici que la famille est le Wali, soit le père ou tuteur légal.

    La volonté de modification du statut personnel impacte la vie des femmes. « Les principales critiques du projet portaient sur la légalisation des mariages d’enfants, la privation des droits fondamentaux des femmes et la confessionnalisation des affaires personnelles », écrit1 Sardar Aziz docteur en administration publique.

    Les premières modifications du SP sont intervenues après la guerre du golf en 1991. « Cet amendement permet le mariage des mineurs, autorise les mariages contractés en dehors des tribunaux, accorde des pouvoirs aux dotations chiites et sunnites ainsi qu’à d’autres entités ! Il prive les femmes de leurs droits à l’héritage et divise encore plus l’Irak en fonction des branches religieuses, mettant fin à l’État civil. » (Crédits : capture d’écran/X/Ala Talabani)

    L’UNICEF rapporte que 28 % des filles sont mariées avant 18 ans. La Mission d’assistance des Nations Unies quant à elle relate que 22 % des mariages non enregistrés impliquent des filles de moins de 14 ans. Ce dixième amendement aurait des effets incommensurables sur les droits des femmes et des filles, alors garantis par le droit international. S’il est appliqué, il autoriserait le mariage de fillettes âgées de neuf ans, les exposant à un risque accru de violence sexuelle et physique, sans oublier les conséquences sur leur santé physique et mentale, ainsi que la privation d’éducation et d’emploi.

    Les femmes victimes d’être femmes en Afghanistan

    L’Afghanistan est depuis 2021, le théâtre inexorable de privation des droits. La presse comme les politiques sont unanimes, la répression envers la population afghane, et particulièrement les femmes suscitent l’effroi. Depuis la prise du pouvoir des talibans, les femmes perdent un peu plus leur identité, leur existence… Pourtant la photo qui suit révèle une partie de l’Afghanistan des années 60 — 70.

    Femmes, Afghanistan, liberté

    « Il y avait aussi beaucoup de femmes dans les années 1960 et 1970 — même dans les zones urbaines — dont la vie était plutôt régie par le purdah, et qui ne sortait pas pour étudier ne sortaient pas pour travailler », explique Heather Barr, en 2017. Les populations tribales étaient considérablement conservatrices dans le milieu des années 60. Elles représentent environ 90 %.

    Une loi composée de 35 articles est annoncée, puis publiée au journal officiel le 31 juillet 2024 par le ministère de la justice taliban. Elle a pour but de « promouvoir la vertu et prévenir le vice ». « Les femmes doivent couvrir leur corps entièrement en présence d’hommes n’appartenant pas à leur famille ». Auquel se rajoute de cacher tout ou partie de leur visage via un masque « par peur de la tentation ». Faut-il échanger les habits pour éviter la tentation ? Faut-il éduquer les hommes à se contenir, s’ils ont peur de céder à la tentation ?

    Elles ne doivent pas faire entendre leurs voix en public. Mais l’absurdité ne s’arrête pas là. Les conducteurs de véhicules sont aussi restreints dans leurs libertés : pas de musique, pas de drogue, de transport de femmes non voilées, de femmes en présence d’hommes de leur famille (Mahram). Elles résistent en bravant les interdits pour leurs libertés. (Crédits : Laurence Brun/Gamma-Rapho/Getty-Images)

    Mais également, l’adultère, l’homosexualité, les jeux d’argent, les combats d’animaux ou d’hommes (MMA), la création ou le visionnage d’images d’êtres vivants sur un ordinateur ou un téléphone portable, l’absence de barbe ou une barbe trop courte pour les hommes, des coupes de cheveux « contraires à la charia ». L’UNICEF martèle dans le rapport 2023. que « comparées aux filles qui ont uniquement reçu une éducation primaire, les filles qui ont suivi une éducation secondaire sont moins exposées aux risques de mariage d’enfants et de grossesse adolescente. » Quel avenir quand elles n’ont pas accès à l’école, en cette semaine de rentrée scolaire ?

    1. https://www.cfri-irak.com/article/parlement-irakien-confessionnalisation-des-affaires-personnelles-2024-08-16 ↩︎
  • La Cour pénale internationale victime d’une cyberattaque

    La Cour pénale internationale victime d’une cyberattaque

    Mardi 19 septembre 2023, la Cour pénale internationale (CPI) dénonçait une activité anormale au sein de ses systèmes « informatiques ». La juridiction en charge de juger les personnes physiques suspectées de crime de guerre indique que des individus ont pu accéder aux systèmes d’information la semaine passée. À l’heure actuelle, ni les tenants ni les aboutissants ne sont révélés, la CPI reste vague sur les circonstances de cette attaque cybernétique.

    C’est par un tweet que l’entité avertissait de ce cyberincident. « À la fin de la semaine dernière, les services de la Cour pénale internationale ont détecté une activité anormale affectant leurs systèmes d’information. Des mesures immédiates ont été adoptées pour répondre à cet incident de cybersécurité et en atténuer l’impact. »

    « D’autres mesures d’intervention et de sécurité sont en cours, avec l’aide des autorités du pays hôte », ajoute-t-elle

    Le tribunal déclare qu’il « ne fournira pas d’autres informations en rapport avec cet incident pour le moment ». Il faut dire que de nombreuses enquêtes sont en cours. Elles concernent des actions qui se seraient tenus dans les pays que sont l’Ukraine, le Venezuela, le Soudan, les Philippines, le Myanmar, le Mali, la Côte d’Ivoire, la Libye, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, l’Ouganda, le Kenya, la Géorgie, l’Afghanistan, le Burundi et l’État de Palestine.

    Infiltrations dans la Cour pénale internationale

    En 2018, six membres du GRU étaient inculpés en pleine opération de cyberespionnage. L’affaire portait sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien, qui était soutenu par la Russie, ainsi que sur l’empoisonnement de l’ancien agent russe Serguei Skripal à Londres. Le jeudi 4 octobre 2018, The Guardian révélait qu’« une cyberattaque russe contre le siège de l’organisme international de surveillance des armes chimiques a été déjoué par les services de renseignement militaire néerlandais quelques semaines seulement après l’attaque au novichok de Salisbury, sur fond de nouvelles révélations d’espionnage qui ont aggravé la guerre diplomatique entre l’Occident et Vladimir Poutine. »

    « L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques enquêtait sur la tentative d’assassinat de Sergei Skripal et de sa fille Yulia au Royaume-Uni, ainsi que sur une attaque à l’arme chimique à Douma, en Syrie ». Quatre cyberexperts selon les autorités : Evgenii Serebriakov, Aleksei Morenets, Oleg Sotnikov et Alexey Minin (Crédits : Police néerlandaise)

    « Cette tentative d’accès aux systèmes sécurisés d’une organisation internationale qui s’efforce de débarrasser le monde des armes chimiques démontre le mépris du GRU pour les valeurs et les règles mondiales qui assurent notre sécurité à tous », déclaraient conjointement la Première ministre britannique, Theresa May, et son homologue néerlandais, Mark Rutte. « Cette tentative d’accès aux systèmes sécurisés de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail est un crime contre l’humanité ». Digne d’un roman d’espionnage.

    Digne d’un roman d’espionnage

    En juin 2022, un agent militaire russe a été repéré et arrêté par les forces de l’ordre néerlandaises. Ce dernier se faisait passer pour un stagiaire brésilien auprès de la Cour pénale internationale. Viktor Muller Ferreira de son véritable nom Sergey Vladimirovich Cherkasov était proche du coup parfait, digne des meilleurs romans d’espionnage. La teneur et sophistication de l’opération étaient telles que les renseignements néerlandais l’ont jugé comme une « menace potentiellement très haute ». En accédant à la CPI, « Cherkasov aurait pu réunir du renseignement, recruter des sources et s’arranger pour avoir accès au système électronique de la CPI », constate l’AIVD.

    Le coffre d’un véhicule trouvé à l’extérieur de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques à La Haye. (Crédits : Ministère de la Défense des Pays-Bas)

    Pris à cause de ses fautes d’orthographe. En effet, c’est la note d’intention formulée par Cherkasov, transférée par la CPI à l’AIVD, qui a mis la puce à l’oreille. Plusieurs maladresses sur ce document écrit en portugais. Or, selon la couverture, Viktor Muller Ferreira était censé être né en avril 1989 au Brésil. Si bien que le rapport annuel de 2022 du service général du renseignement néerlandais (AIVD) observe que la Cour présentait « un intérêt pour la Russie, car elle enquête sur d’éventuels crimes de guerre russes en Géorgie et en Ukraine ». Il ne croyait pas si bien dire.

  • Quel jour sommes-nous ?

    Quel jour sommes-nous ?

    Voilà une question qui parait simple de prime abord, savez-vous ce qu’est un calendrier ? Bien sûr, vous avez les souvenirs des Sapeurs-pompiers ou du facteur qui venait sonner à la porte, il y a encore quelques années. Le démarchage à domicile étant interdit par la loi, pour les 2010 et inférieurs cela reste une légende. L’être humain nécessite des repères comme ledit calendrier. Quel est le plus vieux trouvé actuellement ? En existe-t-il plusieurs sortes ?

    Aujourd’hui, 30 octobre 2021, le soleil se lève timidement, sous la couverture de nuage sur Berd’huis et partout en France, avec le paradoxe dut à la distance entre l’Est et l’Ouest. Hors mis le décalage du aux fuseaux horaires, les départements et territoires d’outre-mer, comme les terres australes, la date est commune à tout un chacun.

    « Chéri », entonna M Phot de bon matin.

    « Oui », répondit Mme Kharéson, le nez dans les effluves du petit déjeuner.

    « Si nous sommes le jeudi 4 octobre 1582, quel jour serons-nous demain », questionne-t-il sa dulcinée d’un œil malicieux.

    Après un silence marquant l’incrédulité d’une telle interrogation, surtout de si bon matin… Séki prenait le temps de terminer son breuvage nécessaire pour un réveil en douceur… Voyant l’air amusé du gamin qu’il était, elle ne fit plus languir.

    « Quelle date as-tu mentionnée ? », souffla-t-elle.

    « Le 4 octobre 1582 », souffle-t-il impatient.

    « Après toutes ses années ensemble je sais que la réponse ne sera pas logique, surtout vu ta mine enjouée… le 5 octobre », affirma-t-elle dubitativement.

    « Tu me connais que trop bien. En fait le lendemain du 4 octobre 1582 fut le 15 octobre de la même année. J’ai lu ce … »

    Elle comprit qu’elle avait eu la réponse et que l’explication allait chantonner à ses oreilles… bien qu’elle aurait préféré le silence jusqu’à ce que son mug de café au lait, sucré du miel de sa ruche, et ses tartines grillées ne soit engloutis.

    « … matin que c’est le pape Grégoire XV qui a tout organisé. Il avait choisi cette date pour migrer du calendrier Julien au Grégorien, avec un décalage de dix jours, donc les Romains se réveillèrent le 15 octobre 1582. Complètement dingue, non ? »

    Elle n’eut pas le loisir de s’exprimer que …

    « Donc le 5 octobre 1582 n’a jamais existé, et en une nuit ils sont passés du 4 au 15 octobre 1582. D’après qu’ils prenaient du retard par rapport aux saisons, le journaliste parle d’année astronomique, sans l’expliquer. Ces journalistes… », conclut-il.

    Alors satisfait de son effet, il marqua un silence. Séki en profita pour lui poser une devinette, qui se transforma en colle.

    « Toi qui semble tout maîtriser, de quand date le plus vieux calendrier », se réjouit-elle.

    « Je n’en sais fichtre rien », s’exclama-t-il en adoptant sa moue caractéristique.

    « Vous avez quatre heures », explosa-t-elle de rire. Elle allait avoir la paix jusqu’au repas de treize heures, et le sacro-saint journal télévisé.

    Mouché, il débarrassa la table, après s’être resservi un thé à l’orange… avant de se pencher sur le sujet. La notion de temps, au même degré que le calendrier, fut inventée par l’homme pour diviser et orchestrer l’instant sur de longues durées. Les bases furent, le retour des saisons, le cycle lunaire, ou encore le déplacement de l’ombre du à l’astre de feu, pour organiser la vie agricole, sociale et religieuse des différents peuples. Le mot calendrier provient du latin calendarium signifiant livre de comptes qui lui-même dérive de calendae considéré comme le premier jour du mois chez les Romains.

    Ci-dessus, une illustration du fonctionnement des fosses. « L’alignement de la fosse correspond également au lever du soleil du milieu de l’hiver, ce qui permettait aux chasseurs-cueilleurs de bénéficier d’une “correction astronomique” annuelle afin de mieux suivre le passage du temps et le changement des saisons. » (Crédits : BBC)

    Le plus vieux calendrier date de 10 000 ans, bien avant l’écriture cunéiforme. Il fut identifié en 2013, non sur le continent africain comme pourrions-nous croire, car berceau de la vie, mais en Écosse. Des archéologues pensent avoir découvert le plus ancien « calendrier » sélène du monde dans un champ de l’Aberdeenshire. Appartenant au Mésolithique, il consiste en un ensemble de fosses organisées de manière à correspondre aux phases lunaires. Déjà à cette époque, un cycle calendaire entier était divisé en douze parties.

    Une grande inscription cunéiforme a été trouvée sur le côté sud de la colline du château de Van, à quatre kilomètres à l’ouest de l’actuelle ville de Van, dans l’est de la Turquie. Elle mesure plusieurs mètres de haut et de large, a 25 siècles et le message vient du roi perse Xerxès. (Crédits : DR)

    Cette découverte surprit la communauté scientifique. Les Hommes vivant à cette époque étaient plus intelligents qu’elle ne le croyait. En effet, c’est au Néolithique, vers 7 000 av. J.-C., que débutent l’agriculture et l’élevage en Europe. « Les preuves suggèrent que les sociétés de chasseurs-cueilleurs en Écosse avaient à la fois le besoin et la sophistication de suivre le temps au fil des années, de corriger la dérive saisonnière de l’année lunaire et que cela s’est produit près de 5 000 ans avant les premiers calendriers officiels connus au Proche-Orient », affirme Vince Gaffney, professeur d’archéologie du paysage à Birmingham.

    Différents types

    Les principales sources desdits calendriers sont la Lune et le Soleil. Les lunaires, basés sur les phases de notre satellite, les solaires établis sur le cycle annuel de notre astre, les luni-solaires, fondés sur les deux. Ils existent cependant de nouveaux types motivés sur d’autres étapes. Avec l’invention de l’écriture cunéiforme vint le calendrier sumérien. Celui-ci vit le jour environ 3 000 ans av. J.-C. en Mésopotamie, l’actuel Moyen-Orient. En ces temps immémoriaux, l’année solaire a été scindée en deux périodes, l’« été » incluant la moisson des céréales, entre mai et juin, et l’« hiver » qui correspondait au nôtre. « Trois saisons en Assyrie et quatre en Anatolie ont été comptées, mais en Mésopotamie la bipartition de l’année a semblé normale. »

    La course autour du chrono est la principale source de discorde. Il suffit d’imaginer que vous arriverez à l’endroit choisi en temps et en heure, pour ne plus être en retard. Ce n’est pas la peine de se prendre pour un pilote de rallye sur route ouverte, puisque le temps de vie perdu ne se rattrape pas. (Crédits : Karolina Grabowska/Pixabay)

    Au fil des siècles, de nombreux calendriers virent le jour aux quatre coins du monde, chacun possédant ses propres spécificités. Le calendrier nilotique de l’Égypte antique se basait sur le Nil. Le chinois quant à lui utilise la lune et le soleil et ses cycles ne se renouvellent pas en même temps que le calendrier Grégorien. Si bien, que si ce dernier est usité en Chine, le Nouvel An chinois est encore actuellement célébré selon le calendrier chinois pour des raisons traditionnelles. L’hégirien ou islamique est un calendrier lunaire synodique non solaire, fondé sur une année de 12 mois de 29 à 30 jours chacun. Une année hégirienne compte entre 354 et 355 jours. Elle est donc plus courte que l’année solaire d’environ 11 jours. C’est pour cela que la période du Ramadan n’est jamais la même d’année en année. Le calendrier hébraïque est luni-solaire composé d’années solaires, de mois lunaires, et de semaines de sept jours commençant le dimanche et se terminant le samedi, jour du Shabbat… Chaque mois débute avec la nouvelle lune.

    N’oubliez pas que durant cette nuit, avant celle d’Halloween, à trois heures du matin, il sera deux heures. (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    Celui menstruel qui affecte la moitié de la population planétaire est habituellement compris entre 21 à 35 jours, avec une moyenne de 28 jours. Le calendrier solaire utilisé sur Terre est qualifié de « Grégorien » car institué par le pape Grégoire XIII au XVIe siècle. Appliqué uniquement dans les pays catholiques en raison de son origine, il s’est depuis étendu à la quasi-totalité des États du monde, tous sauf l’Afghanistan, l’Éthiopie, l’Iran, le Népal et le Vietnam. Ainsi, alors qu’il parait aujourd’hui parfaitement normal d’en accrocher un rigolo dans sa cuisine, ou d’en imprimer un annuel, ou celui de votre smartphone. À l’avenir, vous connaîtrez l’histoire et les péripéties de ce simple élément du quotidien considéré comme acquis par beaucoup.

  • De la base Alfred Faure, cap sur Port-aux-Français (2de partie)

    De la base Alfred Faure, cap sur Port-aux-Français (2de partie)

    Aujourd’hui, est le grand moment, comme prévu le bateau arriva de bonne heure et mit l’ancre dans la baie du marin, face à l’île de la Possession. Les yeux s’ouvrent difficilement, puisque la nuit fut courte. La tocante laissa passer une demi-heure après sept heures quand Flavien Saboureau monta sur le pont pour immortaliser l’instant. « Dans notre malheur nous avons de la chance, car il fait beau, ce qui est très rare à Crozet, là où il pleut 300 jours par an », souffla-t-il. La mer est plus calme, le vent est tombé, ce qui est de bon augure pour le pilote d’hélicoptère.

    À huit heures pétantes, ce 17 août 2021 les premiers hivernants que sont les militaires, cuisiniers… pour l’île de Crozet quittent le bateau. Ils vont y passer de huit à douze mois. Tandis que les photographes immortalisent sur pellicule (numérique) la base scientifique Alfred Faure et les premiers manchots royaux, l’aéronef commence les premiers « slings ». Ce mot inconnu pour la plupart est le transport sous élingue qui permet de déplacer des charges lourdes et de les déposer sans avoir à poser la machine. L’OPEA est sur le pont. Ce dernier est responsable des opérations extérieures australes, il est le chef d’expédition et le coordinateur durant la rotation du Marion Dufresne.

    Le brassage de charges lourdes lorsque les conditions de débarquement sont impossibles, ou largement facilités par les hélicoptères, se nomment dans le jargon des Slings. L’exemple est issu du 1er régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg. (Crédits : Caporal Sébastien)

    Ainsi à l’aide du filin il récupère les frets, sous forme de caisses ou de filets, déposés sur la plateforme par les membres d’équipage. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, l’aéronef est déjà de retour, dès lors il fera plus de vingt trajets. « J’ai mangé avec le responsable de la logistique, à qui j’ai demandé si Pauline et moi pouvions descendre… ». Malheureusement, les deux services civiques resteront à bord. Après le déjeuner, les rotations perdurent, mais cette fois de l’île au bateau. Les malles des partants et cinq mois de déchets, se déposent au fur et à mesure sur le pont.

    L’aventurier bloqué sur le Marion Dufresne, continu de fixer sur pellicule la faune. « Je devine au loin les énormes albatros hurleurs sur leur nid, les manchots papou, les chionis et la fameuse manchotière, pour laquelle nous voulions tant descendre », soupire-t-il. Sur la terre se subodorèrent des milliers de jeunes manchots non sevrés et quelques parents, la colonie est estimée à plus de 10 000 couples. « Le Cormoran de Crozet ne se laisse pas facilement photographier », assure Flavien tandis que, soumis aux aléas de la météorologie, l’OPEA décide de faire partir le concasseur en fin d’après-midi. L’équipage s’attelle donc à l’extirper des cales à l’aide de la grue et le pose sur la portière, « une sorte de radeau pneumatique sur lequel sont installés des bastaings, à l’allure très rustique ». Une chaloupe à bâbord descend pour tirer la portière jusqu’à la cale… Un hors-bord pneumatique (workboat) est là pour coordonner et assurer la sécurité en mer. Ils achèveront l’intervention en récupérant un conteneur rempli de déchets métalliques de nuit… Les opérations de déchargement, de remise en cale et de remise en place des chaloupes se finiront à 20 h sous les projecteurs.

    Tributaire de la météorologie

    « Aujourd’hui, nous savons, compte tenu de la météo, que les opérations ne devraient pas recommencer avant 8 h 30 alors pas de précipitations… », s’amuse Flavien de ce jeu de mots. En montant sur la passerelle, il constate que le bateau a fait l’hippodrome en mer durant la nuit, dû aux rafales de vents mesurés à 61 nœuds. Cette manœuvre consiste à naviguer en ovale au large des côtes. Afin de ne pas avoir la houle claquant régulièrement la coque. « Malgré ça, quand il tournait et que l’on prenait les vagues de côté le mobilier de la chambre ne pouvait s’empêcher de nous réveiller… » Ce matin du mercredi 18 août 2021, le botaniste trie quelques photos, prend contact avec la civilisation après une semaine coupée du monde. L’après-midi, une dépression mesurée à 990 hPa secoue le Marion Dufresne, exhibant ainsi le record du voyage avec 71 nœuds soit près de 140 km/h en rafale. « Nous avons dû nous éloigner des côtes, sans apercevoir l’archipel de Crozet de la journée. » Le retard s’accumule et affiche désormais deux jours.

    Le manchot papou (Pygoscelis papua) a pour prédateurs l’orque et le phoque léopard. Les œufs et les poussins sont quant à eux un mets de choix pour le skua ou grand labbe. Cet oiseau établit souvent son nid parmi les colonies de manchots papous qui sont pour lui une source de nourriture toute trouvée. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Les opérations débutent tôt ce jeudi matin. Les rotations s’enchaînent, tandis que la vedette et le workboat travaillent à la mise en place de l’impressionnante manche à gazole. La canalisation semi-rigide est tirée par la vedette. Des bouées sont disposées sur sa longueur, espacées d’une dizaine de mètres, pour assurer sa flottabilité. Déployée sur huit cents mètres environ, ce jusqu’à la côte, elle parcourt un nouvel hectomètre pour parvenir à destination, des cuves de plus de 50 m3. Elles permettent à la base d’être autonome pendant vingt-quatre mois. Le ravitaillement arrive à pont nommé, ils ne leur restaient que cinq mois de réserve. Après avoir injecté de l’air par une pression de dix bars, le gazole est en cours d’acheminement. Le débit habituel est de 50 m3/h, mais la longueur de la manche est telle cette année (dû aux conditions) que seuls 35 m3 sont envoyés la première heure. Au total, plus de 160 m3 auront était déposé à Crozet, de quoi tenir une année. Durant ce laps de temps, l’hélicoptère rapporte les cargaisons vidées de leurs contenus.

    Un trou dans la manche

    Peu après 14 h 30, tandis que la vedette achève sa dernière rotation, un problème survient. La manche à gazole dérive et passe en dessous du Marion Dufresne, « c’est la panique à bord, le pompage est instantanément arrêté ». Durant près de trois heures, les marins œuvrent à dégager la manche du gouvernail ou de l’hélice… avant de réussir. En la remontant, ils s’aperçoivent que de toutes petites nappes de gazole se sont formées à la surface. Elle est littéralement coupée, seule l’armature en acier du tuyau l’empêche de se scinder en deux. Jusqu’à l’angélus tout l’équipage, commandant y compris est à pied d’œuvre. Après avoir étalé des copeaux sur le pont pour éponger le combustible, un manchon est positionné pour réparer la canalisation, il faut encore ravitailler Kerguelen et Amsterdam. Cette dernière ne possède plus qu’un trimestre d’autonomie. Par « chance », le carburant envoyé est du gasoil et non du mazout, l’impact sur l’environnement est alors bien moindre. En effet, il forme une fine couche à la surface avant de s’évaporer.

    Dans ce lieu de stockage du fret, le Marion Dufresne permet aux différents membres du personnel des bases des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) de vivre. Lorsqu’il est vide, jour au badminton serait possible (Crédits : Flavien Saboureau)

    Avant que cet événement ne rebatte les cartes de cette journée, « Antoine, Pauline et moi sommes descendus dans les cales faire le protocole de biosécurité ». Vingt-cinq pièges à rongeurs ont été déposés dans les cales, dans l’hypothèse que rats comme souris seraient parvenues à rentrer à bord par le fret, pour éviter d’en amener de nouveaux sur les îles. « Affublés de nos casques et gilets jaune nous avons inspectés si le biocide à l’intérieur des boites avait été grignoté. Fort heureusement, aucun ne l’a été ». Le produit, sous forme de cube, est un anticoagulant qui avec un saignement provoque leur mort. Ce protocole a permis aux VSC (volontaire de service civique) de visiter des endroits où ils ne se rendent que rarement. « Dans les énormes cales à la proue les hauteurs sous plafond sont énormes, pratiquement comparables au volume d’un gymnase. Un terrain de badminton a même été dessiné au sol. Il est praticable lorsque le fret est descendu », observe Flavien.

    Cap sur les îles Kerguelen

    Les températures moyennes sont de 2 °C dans l’air et 4 °C dans l’eau, attisées par des vents de près de 40 km/h (20 nœuds), amenant la sensation d’être en dessous de 0 °C. Il est aux environs de 21 h lorsqu’« après le repas, avec Pauline, nous monterons à la passerelle, dans le noir le plus total, pour assister au passage devant l’île de l’Est. » L’équipage règle la luminosité des différents écrans au minimum, ce pour permettre à l’œil de voir, même de nuit, le danger. « À ce moment, l’île, plongée dans une nuit claire, a un côté mystique. Très escarpée, cette terre qui n’a pas été foulée par l’homme depuis plus de 35 ans, invite à la contemplation, poétise-t-il. Nous passerons, une demi-heure seuls à la passerelle à la regarder sans dire un mot ou presque. » Cette île fait partie de quatre ou cinq de l’archipel à être classées en réserve naturelle intégrale, c’est-à-dire que l’homme n’a pas le droit d’y poser le pied. Depuis plus de trois décennies, elles sont restées vierges de visites. Uniquement l’île aux Cochons a vu en 2019 une poignée de scientifiques sur son sol, après plus de 38 ans d’isolement. La raison est le déclin fulgurant de la plus grande colonie de manchots royaux du monde observés par clichés satellites. « Finalement, la cause est liée au réchauffement climatique et au déplacement du front des eaux polaires, faisant passer leur aire de nourrissage de 400 à 600 km », explique-t-il.

    « Les premières terres de Kerguelen, la péninsule Rallier du Baty, de nuit, (pour les photographes, l’ISO est à fond…) Là aussi en réserve intégrale, personne n’y a mis les pieds depuis des décennies, peut-être même des siècles… Certains endroits des Kerguelen n’ont sûrement jamais vu l’Homme. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    La journée du vendredi est sujette à farniente, ou presque. « Après m’être reposé jusqu’en milieu de matinée, ma lecture sur les explorations est interrompue par le repas, avant de reprendre. Je passais le plus clair de mon temps à photographier les rares oiseaux, après avoir discuté sur la biodiversité avec Antoine. » Cette dixième journée à bord se termine par une conférence sur les éléphants de mer, de Kerguelen bien sûr. Christophe Guinet, chercheur au CNRS de Chizé, nous expliquait mettre des balises bourrées de capteurs sur la tête de ces phoques (dont la population est estimée à 300 000 individus) pour suivre leurs déplacements dans l’océan, mieux comprendre le réchauffement climatique…

    Changement d’heure et de vue

    Après une petite soirée, tous s’endorment paisiblement en se remémorant qu’il faut avancer la montre d’une heure, dus au changement fuseau horaire. Les tocantes sont désormais réglées à l’heure d’Islamabad capitale du Pakistan, à l’est de l’Afghanistan. La mer était formée comme aime à conter les marins, si bien qu’à six heures, vient s’écraser, sur le flanc du Marion « une grosse vague qui renverse la chambre. L’échelle qui permet d’accéder à la bannette du voisin aura réveillé quelques appartements en tombant… » Peu de temps après cet éveil en fanfare, Michaël, mécanicien de l’hélicoptère, explique à ceux qui veulent bien en apprendre le fonctionnement, dans le hangar. N’écoutant que son courage, et juste avant de manger Flavien ira faire un tour sur le pont extérieur pour sonder la météo. « Je ne suis pas déçu. Il fait 1 °C à l’abri, l’océan est à 3 °C, quant au pont, il commence tout juste à dégeler, certains ce sont prit de belles gamelles ce matin parait-il, grelotte-t-il. Attisé par le vent, la température ressentie nous met dans le bain des journées enneigées qui nous attendent à Kerguelen. » La base leur a envoyé une photo pour les habituer, à minima les prévenir de la météo sur place.

    Les températures peuvent se rafraîchir au sein de l’archipel Kerguelen. Il y règne un climat froid, mais non glacial, car les moyennes estivales n’excèdent pas 10 °C, quant aux hivernales elles dépassent 0 °C. Pour autant, le vent omniprésent conduit le ressenti à chuter. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Après s’être restauré, le paparazzi se positionne pour photographier des oiseaux aperçus en début de journée. Trois nouvelles espèces au menu, le fulmar antarctique, le pétrel antarctique et le fameux albatros à sourcils noirs tourneront autour du bateau toute l’après-midi. « Terre en vue », aurait pu crier le timonier. Durant une heure, tous profitent de la vue, tout en tentant de prendre des clichés de la péninsule Rallier du Baty. Ce bout de terre de l’archipel fait partie, à la manière de l’île de l’Est, de ces zones où il est interdit de poser une semelle. Territoire le plus éloigné de la base, très peu d’êtres humains ont déjà pu fouler cette terre. On admirera l’île jusqu’à la baie d’Audierne où des langues glaciaires trahissent la présence de la calotte glaciaire Cook, le plus grand glacier de France. Avant de se glisser dans la bannette, et espérant ouvrir le rideau de la cabine sur la base de Port-aux-Français… (à suivre)

  • La journée internationale du Droit des femmes

    La journée internationale du Droit des femmes

    La Journée internationale du Droit des femmes est célébrée dans de nombreux pays à travers le monde. C’est un jour où les femmes sont reconnues pour leurs réalisations, sans égard aux divisions, qu’elles soient nationales, ethniques, linguistiques, culturelles, économiques ou politiques, explique l’ONU. Elle est établie au 8 mars de chaque année. Purement symbolique est-elle, elle a le mérite, comme toutes les journées internationales, de mettre en lumière ledit sujet. Pourquoi créer une telle journée ? Pour qui ? Depuis quand ?

    Chaque 8 mars, une clameur mondiale s’élève. Celle qui remémore que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas encore la norme. Elle est officiellement reconnue par l’ONU en 1977, la Journée internationale des droits des femmes est bien plus qu’un simple rituel. Elle dresse le bilan : inégalités salariales persistantes, violences sexistes et sexuelles, accès inégal à l’éducation ou aux soins, invisibilisation dans certains métiers… Même de mettre en lumière des femmes privées de tout qui résistent tout de même.

    La Journée du 8 mars

    « Elle sera sans doute l’occasion, comme souvent, d’un accroissement des propos misogynes, notamment sur les réseaux sociaux. Le 8 mars n’est pas, comme on l’entend encore parfois, la journée de “la” femme, qui mettrait à l’honneur un soi-disant idéal féminin (accompagné de ses attributs : cadeaux, roses ou parfums). Elle est une journée de mobilisation des pouvoirs publics pour rappeler que l’égalité femmes–hommes est une priorité. C’est dans ce sens que nous souhaitons l’organiser », écrivait le 7 février 2013 la ministre française des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem.

    Droits, femmes, usa

    Que veut dire « égalité » ? C’est un nom féminin, issu du latin « aequalitas ». Le Larousse le définit selon « qualité de ce qui est égal », et le Littré comme la « qualité de ce qui est égal. Égalité de deux lignes, de deux angles. Égalité d’âge, de mérite. »

    Cette journée est antérieure à la publicité qui lui est faite. Elle daterait du XIXe siècle, 1848 pour être précis, sur le continent américain. Lors d’une convention contre l’esclavage, qui sévissait encore, deux femmes s’indignaient de l’interdiction faite aux femmes de prendre la parole. Ainsi les Américaines Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott réunissent plusieurs centaines de personnes à leur Convention pour les droits des femmes à Seneca Falls, la première du genre. Elles revendiquaient des droits civils, sociaux, politiques et religieux pour les femmes.

    Cela amènera la première journée américaine des femmes le dimanche 28 février 1909. Elle sera célébrée jusqu’en 1913. Il est nécessaire d’indiquer que le premier pays à avoir autorisé les femmes à voter est la Nouvelle-Zélande en 1893 — 2015 pour l’Arabie saoudite —, non sans mal. Imaginez une pétition de 270 mètres signée par 30 000 femmes, soit le quart des Néo-Zélandaises, une année plutôt pour revendiquer ce droit fondamental. Elles ne seront éligibles qu’après la Première Guerre mondiale, en 1919.

    (Crédits : La déclaration de sentiments et de résolutions du 19-20 juillet 1848 /DR)

    Puis c’est au tour de l’Europe de se mettre en marche. Du 28 août au 3 septembre 1910 se déroule le huitième congrès socialiste international à Copenhague, au Danemark. Plus de 100 femmes de 17 pays se retrouvent pour entériner une journée honorant la Femme, et favorisant l’obtention du droit de vote. À la suite de la décision prise à Copenhague, la Journée internationale des femmes est célébrée pour la première fois, le 19 mars 1911, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, où plus d’un million de femmes et d’hommes assistent à des rassemblements.

    Une lente avancée

    Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’assemblée des Nations unies adopte un document emblématique et pierre angulaire du futur. La Déclaration des droits de l’Homme est la première reconnaissance mondiale de l’existence de droits fondamentaux inaliénables et de libertés essentielles qui s’appliquent à chaque être humain — les femmes comme les hommes —.

    Il a fallu attendre 1977 pour qu’elle soit officialisée par l’assemblée des Nations unies. En appelant « tous les États à proclamer, comme il conviendra en fonction de leurs traditions et coutumes historiques et nationales, un jour de l’année Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale ».

    En 1979, la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). Souvent appelée la « Charte des droits des femmes », la CEDEF est le document international le plus complet visant à protéger les droits humains des femmes.

    (Crédits : une copie de cette pétition est conservée aux Archives nationales de la Nouvelle-Zélande/DR)

    Pétition, Nouvelle Zélande, femme

    Le droit à l’égalité de rémunération, y compris de prestation, à l’égalité de traitement pour un travail d’égale valeur aussi bien qu’à l’égalité de traitement en ce qui concerne l’évaluation de la qualité du travail », écrit la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

    Serment, Onu,

    L’article 11, alinéa 1.c, donne droit à l’égalité de rémunération entre femmes et hommes. Mais ce qui peut paraître choquant à la lecture est le fait « d’interdire, sous peine de sanctions, le licenciement pour cause de grossesse ou de congé de maternité et la discrimination des licenciements fondée sur le statut matrimonial » (Article 11, alinéa 2.a).

    Sous-entendu que certains pays l’autorisaient. L’article 13 donne une vision étendue sur la liberté des femmes avant les années 80. Il octroie le droit aux prestations familiales, aux prêts bancaires, prêts hypothécaires et autres formes de crédit financier, à la participation aux activités récréatives, aux sports et à tous les aspects de la vie culturelle…

    (Crédits : ONU)

    Les jeunes filles nées en 2010 possèdent le même âge qu’« ONU Femmes », 11 ans. Le 9 mars 2020, il y a tout juste un an, la commission de la condition de la femme soulignait un constat d’échec. Le rapport de la 64e session, disponible en anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe, est affligeant de vérité.

    « Nous, les ministres, représentantes et représentants de gouvernements […] reconnaissons que, 25 ans après la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, aucun pays n’est vraiment parvenu à assurer l’égalité des genres et l’avancement des femmes et des filles, qu’il existe toujours des inégalités marquées à l’échelle mondiale […] »

    Les rapporteurs exhortent les hommes et les garçons à se mobiliser pleinement en faveur de l’égalité des genres et de l’avancement de toutes les femmes et les filles.

    Les collages s’affichent partout dans les rues des villages ou villes, ici à Poitiers, dans la Vienne (86). (Crédits : DR)

    Poitiers, rues, femmes

    Puis la violence ne connaissant pas de frontière, le 17 juin 2011, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies adopte « par 23 voix contre 18 et avec six abstentions, le Conseil a adopté une résolution sur la protection contre la violence et la discrimination en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre […] La discrimination à l’encontre de ce groupe est étroitement liée à son identité de genre et se manifeste à travers sa vulnérabilité face à l’exclusion sociale ou la violence, comme des actes de ” viol correctif “, des agressions et le refus d’accès à des services de base », ajuste ledit Conseil.

    Quels sont les chiffres ?

    Le constat de l’ONU est factuel. La population en 2020 en millions d’individus est de 7 795, dont 49,6 % sont des femmes. La différence est de 92 millions d’hommes sur l’ensemble du globe. Certains pays comptent plus de femmes que d’hommes et inversement. Pays où la population féminine est supérieure (Nombre d’hommes pour 100 femmes) : Népal (84,5), Hong Kong (84,8), Russie (86,8), Lettonie (85,5), Ukraine (86,3) et inversement, pays où la population féminine est inférieure (Nombre d’hommes pour 100 femmes) : Qatar (302), Émirats arabes unis (223,8), sultanat d’Oman : (194,1), Inde (108), Chine (105)

    Les chiffres indiquent que les femmes représentent peu ou prou la moitié de la population mondiale. Or, comme le stipule le rapport de la 64e session de l’ONU Femmes « aucun pays n’est vraiment parvenu à assurer l’égalité des genres et l’avancement des femmes et des filles ».

    Cela signifie que malgré tout les femmes ne bénéficient pas des mêmes droits. L’inégalité salariale est considérable, l’écart est de 16 %. Cela correspond à peu de chose à la différence, entre le salaire brut et le chômage partiel, instaurée actuellement en France. Les femmes gagneraient 84 % du salaire moyen des hommes.

    Les femmes et les hommes ne sont physiquement pas égaux. Chaque État prône l’égalité à défaut de l’équité. Cette dernière donne la disposition à faire à chacun parts égales, à reconnaître impartialement le droit de chacun. (Crédits : DR)

    Une loi islandaise prône depuis le 1er janvier 2018 l’égalité de salaire, elle oblige les employeurs à prouver qu’homme et femme gagnent autant au même poste. « Le nouveau texte de loi inverse la charge de la preuve : il ne revient plus aux salariées de prouver la discrimination en raison de leur genre, mais aux entreprises de démontrer que, si écart de salaire il y a, le genre n’y a aucune part », raconte le Point. Autre pays, autre avancée, en Nouvelle-Zélande, le parlement compte 57 élues pour 120 sièges, soit 48,33 % tandis que la moyenne mondiale est de 25 %. Le grand gagnant est le Rwanda avec 61,25 % de femmes au parlement.

    Mariées avant leurs 18 ans

    Le monde compte 1,1 milliard de filles. L’UNICEF atteste que « si toutes les femmes bénéficiaient d’une éducation secondaire, le taux de mortalité des enfants diminuerait de 49 % ». L’exemple de l’Afghanistan est criant de vérité. « On estime que seuls 32 % des garçons et 8 % des filles ont participé à une forme quelconque d’enseignement primaire, et que les taux de fréquentation, d’abandon et d’achèvement des études ont été aggravés par les restrictions imposées par les talibans à l’éducation des filles », souligne le rapport rédigé en 2002 par l’ONU.

    Après la chute des talibans, « on estime que 1,5 à 1,8 million d’enfants – dont des filles – sont venus à l’école […] » Ainsi le chiffre estimé de filles bénéficiant d’éducation sous le régime des talibans à la chute dudit régime est passé de 5 000 à 2 400 000 en 2011. Depuis leur retour, la liberté des femmes est inexistante. La loi dite sur la « prévention et vices et la promotion des vertus » oblige les femmes et les filles « à couvrir leur visage et leur corps dans l’espace public, à être toujours accompagnées d’un homme de leur famille lorsqu’elles utilisent les transports, qui leur interdit de chanter et même de parler en dehors de chez elles ».

    Dans le monde, 700 millions de femmes ont été mariées avant 18 ans, écrivait en 2016, Eugénie Bastié (le Figaro). En 2019, une femme sur cinq ayant entre 20 et 24 ans était mariée avant l’âge de 18 ans. (Crédits : Roberto Nickson/Pexels)

    Au cours de la dernière décennie, le taux mondial de mariage d’enfants a chuté, la diminution la plus importante sur cette période étant observée en Asie du Sud. De nos jours, c’est en Afrique subsaharienne que le risque de mariage d’enfants est le plus élevé : plus d’une femme sur trois de la tranche d’âge 20-24 ans y a été mariée avant ses 18 ans. « Si toutes les femmes avaient accès à l’enseignement secondaire en Afrique subsaharienne ainsi qu’en Asie du Sud et de l’Ouest, le nombre des mariages d’enfants chuterait de 64 % », appuie l’UNICEF.

    « Le mariage tue l’enfance », affirme Henrietta Fore, directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Ces nouvelles estimations portent le nombre total d’enfants mariés dans le monde à 765 millions, en 2019. Les filles continuent toutefois d’être disproportionnellement touchées, avec une jeune femme âgée de 20 à 24 ans sur cinq mariée avant son 18e anniversaire, contre un jeune homme sur 30. Il y a une année, le 11 mars 2020, l’ONU affirmait que plus de 14 millions d’adolescentes dans 12 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud vont pouvoir bénéficier des services du programme mondial de l’UNFPA et de l’UNICEF pour mettre fin au mariage des enfants d’ici 2023. (Crédits : DR)

    Le droit à disposer de son corps semble échapper encore aux femmes. À peine plus d’une femme sur deux dans le monde connaît cette liberté sur les choix inhérents à la santé, la sexualité comme la procréation. Pire, chaque jour, 137 femmes sont tuées par un membre de leur famille. On estime que sur les 87 000 femmes qui ont été intentionnellement tuées en 2017 dans le monde, plus de la moitié (50 000) l’ont été par un partenaire intime ou un membre de leur famille. Plus d’un tiers (30 000) des femmes intentionnellement tuées en 2017 l’avaient été par leur partenaire intime actuel ou par un ex-partenaire.

    Le droit à l’avortement en France existe depuis 17 janvier 1975 grâce à la loi relative à l’interruption volontaire de grossesse, dite loi Veil. Promulguée le 17 janvier 1975, pour 5 ans à titre expérimental, elle est reconduite sans limites de temps par une loi depuis le 31 décembre 1979. En Irlande, cela ne fait que deux ans. Depuis décembre 2020, l’Argentine accède à la liste des 68 pays autorisant légalement l’avortement. Avec ce texte, l’Argentine rejoint des pays comme Cuba, l’Uruguay et le Guyana, qui autorisent l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sans condition en Amérique du Sud. Tandis qu’en octobre 2020, la Pologne régresse sur cette question à travers la décision de la cour constitutionnelle de bannir ce droit.

    (Crédits : extrait du Journal officiel du 18 janvier 1975/Légifrance)