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  • Cinq nouvelles entreprises françaises victimes du ransomware LockBit 3.0

    Cinq nouvelles entreprises françaises victimes du ransomware LockBit 3.0

    La semaine précédente treize entités de l’hexagone se retrouvaient affichées sur le site de fuite du ransomware LockBit 3.0. Elles sont cinq à venir grossir la liste plus que nombreuse des victimes françaises d’une cyberattaque. Alors que des informations sur le jeu GTA6 viennent de fuiter à travers la planète, rien ne semble pouvoir arrêter la surenchère. D’ailleurs la société DSS est aussi identifiée. Elle fournirait, selon les opérateurs du ransomware, des armes au Kenya, à la Somalie, mais également la Russie et l’Ukraine.

    LockBit revendique donc les attaques envers la société Conditionnement Emballage Service spécialisée comme son nom l’indique le conditionnement. Elle est basée à Saint-Laurent de Chamousset. Dans le même département, kaffeeberlin.com est également annoncé avec une deadline avant divulgation au 30 septembre 2022 à 21 h 23. Sans pour autant exfiltrer des preuves de la cyberattaque. Chose surprenante, les quatre entreprises sont comme D-securite.com et Medical69.com issues du département Rhône-Alpes, non loin de Lyon.

    Les données pourraient être des fichiers clients, de bénéficiaires de prestations médicales mais également de établissement de spins et de santé. (Crédits : Capture d’écran/LockBit)

    Les deux dernières possèdent un rapport direct avec la santé. Medical-69 assure la vente, location et service après-vente de matériel médical, confort et bien-être. Quand D-securite détient les marques Défibrillateur France et Qualit-Air. L’ultime révélée est une entreprise du bâtiment basée à Richelieu en Indre-et-Loire, Franckbeun.

  • Électricité, sobriété et véhicules électriques : le paradoxe

    Électricité, sobriété et véhicules électriques : le paradoxe

    Tout les médias indiquent, relatent, s’offusquent d’une hausse du prix de l’énergie électrique. Sujet sensible, car tout un chacun, chaque foyer est impacté, sauf ceux qui n’ont pas accès à la fée électricité chez eux. Que ce soit par choix, par manque de moyen financier, ou suite à une coupure de la fourniture d’énergie par le fournisseur. La Première ministre, Élisabeth Borne évoquait, en conférence de presse le 14 septembre 2022, que le coût de l’électricité allait croître de 15 % en février 2023, pour les ménages français.

    « Je ne comprends pas », s’étonne M Phot

    « Ah, quelle chose ne comprends-tu pas ? », interroge Mme Kharéson.

    « Tous les ministres jusqu’au président te disent qu’il va falloir te serrer la ceinture au niveau électrique. Que depuis 30 ans, il n’y a plus de construction de centrale nucléaire, qu’au contraire un programme les amène à en fermer la moitié. Qu’il faut passer à la transition énergétique, mais que les énergies renouvelables ne couvriront jamais les besoins en énergie. Mais ils persistent et signent sur le tout électrique, alors que nous allons manquer de production d’électricité, et que pour diverses raisons, le coût de production explose de façon exponentielle ».

    L’oubli est humain. Le jugement ne sert à rien si vous ne vous l’appliquez pas à vous même, dans le but d’être une meilleure version de vous même. (Crédits : DR)

    À Paris comme à Poitiers, les maires, ici deux femmes, Anne Hidlago et Léonore Moncond’Huy ont décidé de couper l’éclairage de certains lieux, monuments, rues et quartiers. Sur l’extinction des monuments parisiens à 22 h et la tour Eiffel à 23 h 45, Agnès Pannier-Runacher a commenté ce vendredi sur RMC-BFMTV : « La sobriété ce n’est pas arrêter de vivre, ce n’est pas arrêter de travailler, ce n’est pas arrêter de recevoir des touristes. La sobriété c’est de faire les économies qui ont le plus de sens en matière d’économie d’énergie. »

    « Quelqu’un leur a dit, sérieusement. Même notre voisin, qui n’est pas le pingouin qui glisse le plus loin, a compris. Alors eux… »

    Il est vrai que cela a de quoi interroger. Actuellement, tous semblent fonctionner grâce à l’électricité. Les vélos à assistance électrique, les trottinettes pour la majeure partie d’entre elles, les voitures électriques ou hybrides, les trains, votre cafetière, votre poêle à granulés (dont le combustible est introuvable ou hors de prix), les livres se déclament sur tablette, et cetera, et cetera. Même nos jouets privés, mesdames fonctionnent grâce à l’électricité, sur batterie portable nommée pile. Bref vous l’aurez compris, dans votre domicile, tous les appareils, mis à part votre moulin à café qui appartenait à votre arrière-grand-mère, fonctionnant à l’huile de coude.

    Faites la liste des appareils qui sont encore en fonctionnement dans votre foyer lorsque vous venez d’abaisser le bouton principal du disjoncteur. (Crédits : Artturi Mäntysaari/Pixabay)

    De plus, rapport du GIEC martèle qu’il faut baisser notre consommation qui produit les gaz à effets de serre comme le CO2 ou le Méthane. Elle évoquait la pertinence à devenir indépendant des énergies fossiles. « C’est ça le combat que l’on doit mener, sur les énergies renouvelables, la géothermie, la biomasse, l’éolien… ». Sauf que suite au conflit armé entre la Russie et l’Ukraine, les approvisionnements de gaz sont moindres ou interrompus. Alors la France, bon gré mal gré fait venir du gaz américain issu du gaz de schiste. Dans la même interview sur RMC-BFMTV, elle répondait que « nous savons pertinemment que l’exploitation du gaz de schiste contribue à renforcer le réchauffement climatique ».

    « Voilà, je ne comprends pas que le gouvernement et le président de la République française nous poussent à nous équiper du tout électrique, et à continuer d’acheter des voitures électriques ». Le 11 septembre 2022, la ministre de la transition énergétique Agnès Pannier-Runacher s’exprimait au micro du Grand Jury chez RTL.

    Les voitures électriques dont certaines sont équipées d’un son pour indiquer leur présence. Un autre paradoxe pour une voiture qui lutte contre la pollution et qui se veut écologique. Tout n’est que paradoxe sur Terre. (Crédits : Stefan Schweihofer/Pixabay)

    « Est-ce qu’encore aujourd’hui, vous dites aux Français d’acheter des voitures électriques, alors que le prix de l’électricité explose ? », questionnait le journaliste.

    « Tout à fait. Le problème de production d’électricité se pose essentiellement au moment des pics de consommation, expliquait-elle. Ce que les gens ne savent peut-être pas c’est que précisément, d’avoir sa voiture électrique branchée sur le réseau, c’est une réserve d’électricité disponible pour ce réseau. Et vous avez un certain nombre de fournisseurs de batteries qui sont en capacité de renvoyer l’électricité vers le réseau dans les moments de tension ».

    La ministre évoque technologie et les véhicules V2G, très bien. Actuellement, la borne de recharge V2G by DREEV est compatible avec les voitures électriques de type Nissan Leaf, Nissan e-NV200, Mitsubishi iMiev, Mitsubishi Outlander PHEV, Peugeot iON et Citroën C0. Pour cela il faut faire installer les bornes dédiées. Selon la simulation, si votre entreprise est alimentée en monophasé, oubliez tout de suite. Quant au reste, Paris n’est pas la France.

  • Le conflit Russo-ukrainien se déroule aussi sur la toile

    Le conflit Russo-ukrainien se déroule aussi sur la toile

    Le conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine est quasiment entrée dans son sixième mois. Les informations d’un côté comme de l’autre doivent être prises avec intelligence pour ne pas céder à la propagande, quelles qu’elles soient. À ce jeu, un homme de 48 ans vient d’être mis en arrêt par la police ukrainienne. L’opération a été rendue publique vendredi peu avant 13 h. Un développeur d’un site affichant des ressources pros russes risque jusqu’à 10 années de prison. La procédure de justice pourrait amener d’autres chefs d’accusation.

    C’est le bureau du procureur de la ville de Khmelnytsky qui est en charge de la procédure. Un homme de 48 ans, dont l’identité n’a pas été révélée due au secret de l’instruction, a installé à son domicile un équipement sur lequel il administrait les ressources web qu’il aurait créées. Le volume total dudit contenu de propagande s’élevait à plus de 100 téraoctets, explique la police ukrainienne.

    Nombreuses photos et des vidéos sur des formations militaires, la promotion des idées de création de la soi-disant « Novorossiya », et de fédéralisation ainsi que la popularisation du « monde russe ». La guerre de la communication fait rage.(Crédits : Cyberpolice ukrainienne)

    Le flux du site était visité par plus de 350 000 utilisateurs par jour. Les différents sites de propagande ont été mis hors services et hors ligne par les forces de l’ordre. Une procédure pénale a été ouverte en vertu de l’article 436-1 (production et distribution de symboles communistes et nazis et propagande des régimes totalitaires communistes et nationaux-socialistes [nazis]) du Code pénal ukrainien. Le suspect risque jusqu’à neuf ans d’emprisonnement pour ce chef d’accusation.

  • Cyberattaque du site israélien du ministère de la Santé

    Cyberattaque du site israélien du ministère de la Santé

    Le site du ministère israélien de la Santé a fait l’objet d’une attaque informatique ce dimanche 17 juillet 2022, revendiquée par le groupe pro-Iraniens, Altahrea Team. Elle est la dernière d’une série d’attaques contre des infrastructures cruciales dans le pays. Un mois après celles perpétrées contre Israel Electric Corporation, plus grand fournisseur d’électricité dans les territoires occupés, Dorad Energy Ltd, qui distribue l’énergie, et le fournisseur de solutions techniques Reali Technologies ltd. Ces trois derniers par les opérateurs derrière Moses.

    Après plusieurs heures de perturbation, « le site web a retrouvé sa pleine activité », indiquait le ministère lundi 18 juillet. L’attaque revendiquée par Altahrea Team découlerait des frappes de Tsahal dans la bande de Gaza ce week-end et du soutien israélien aux sanctions contre l’Iran, explique Times of Israël. La cyberattaque serait du type DDoS selon les informations de J-Wire.

    La semaine dernière, Altahrea Team affirmait avoir attaqué jeudi 14 juillet 2022, le site Web de la municipalité de Jérusalem ainsi que celui de l’entreprise de défense Rafael Advanced Defense Systems Ltd. Altahrea Team a revendiqué une attaque lundi contre le site Web de la commune de Tel-Aviv. (Crédits : capture d’écran)

    Les suppositions de l’origine de l’attaque restent des supputations. Les griefs du groupe pro-iraniens seraient d’une part les sanctions contre l’Iran qui selon les opérateurs « tuent des milliers de personnes en bloquant l’arrivée de médicaments et de vaccins COVID-19 », et d’autre part le soutien à l’Ukraine dans le conflit armé russo-ukrainien. « Vous êtes désormais dans notre ligne de mire », écrivait l’organisation. Le ransomware Moses lors de l’attaque informatique contre Israeli Power Companies laissait le même genre de message : « Nous vous surveillons depuis de nombreuses années, à chaque instant et à chaque étape. Ceci n’est qu’une partie de notre surveillance de vos activités grâce à l’accès aux caméras de vidéosurveillance du pays. Nous l’avions dit, nous allons vous frapper alors que vous n’auriez jamais imaginé… »

  • Il y a cent ans… la censure et liberté de la presse en Russie

    Il y a cent ans… la censure et liberté de la presse en Russie

    Le 11 juin 1922, M. Hullinger correspondant de presse à Moscou pour le Chicago Tribune racontait son expulsion de Russie. La raison avancée parce que le journaliste souhaitait informer les lecteurs en toute impartialité. Tandis qu’un siècle plus tard, le conflit armé entre l’Ukraine et la Russie se joue tant sur le terrain militaire que dans la communication, les journalistes ne peuvent exercés leur profession de rapporter les évènements dans le pays dirigé par Vladimir Poutine, sans risque de partir en prison. La liberté de la Presse existe-t-elle ?

    L’homme rendait compte aux lecteurs de son éviction. « Je fus expulsé de Russie parce que j’ai revendiqué le droit pour les correspondants de journaux américains à Moscou, de relater touts les faits, et non pas quelques-uns seulement ; et cela sans être constamment empêché par les ciseaux du censeur politique, qui tout ce printemps a retardé la transmission de ce que le Kremlin ne voulait pas que le monde le sût ». Qu’est-ce que la liberté de la Presse ? Tout dire, pas tout à fait. La personne qui est journaliste doit en toute impartialité raconter des réalités, uniquement les faits, en ayant au préalable croisé à minima trois sources, tout en ménageant le fait de sortir le premier l’information. Ce à l’ère du tout internet, ayant pour finalité d’avoir le plus de visites, ou clicks. Cependant la censure, passe d’abord par le ressenti du rédacteur, puis de son supérieur, pour arriver sur le bureau du rédacteur en chef, etc. puis vient la liberté de la presse.

    « La concentration peut être bienvenue en termes de solidité économique du secteur, mais elle soulève des enjeux d’indépendance éditoriale, spécialement quand des propriétaires ou des administrateurs sont actifs dans plusieurs industries », a affirmé Thierry Breton. (Crédits : RSF)

    La liberté de la presse se réfère à l’article 11 de la Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il dispose que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » Renforcé par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme aussi dispose la protection de la liberté de la presse.

    L’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme dispose que « toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière. » (Crédits : RSF)

    Si les lois disposent de principes, l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme n’empêche aucunement les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d’autorisations, qu’ils définissent. La période rencontrée depuis mars 2020, avec le SARS-CoV-2 remet en question bien des principes. En Europe, depuis le mois d’avril 2021, Thierry Breton expliquait que « la crise sanitaire et économique actuelle pose une multitude de défis à l’écosystème culturel, médiatique et audiovisuel. » Ce qui engendre la Loi européenne pour la liberté des médias (European Media Freedom Act).

    Les menaces sont nombreuses, a souligné Thierry Breton, énumérant « les interférences gouvernementales », « la politisation des médias du service public » et « la forte concentration du capital des médias dans les mains d’une poignée de propriétaires ». (Crédits : DR)

    Bruxelles s’inquiète en particulier des dérives constatées en Hongrie, en Pologne, en République tchèque ou encore en Slovénie… la contribution à cette enquête était ouverte du 21 décembre 2021 au 25 mars 2022. Seuls 1465 avis sont valides, 79 % viennent de Slovaquie, 6 % de France, 5 % de Tchéquie, etc. Ce qui est surprenant est que seulement 0,00033 % d’Européens ont échangé, soit sur 1470 sur 447 millions d’individus sur la CEE.

    Norvège1erDanemark2eSuède3eEstonie4eEire6e
    Lituanie9eLiechtenstein10eJamaïque12eAllemagne16eCanada19e
    France26eEspagne32eAustralie39eUSA42eAndorre53e
    Kosovo61ePérou77eGéorgie89eGabon105eBrésil110e
    Liban130eLibye143eColombie145eSri Lanka146eSyrie171e
    Chine175eBirmanie176eIran178eÉrythrée179eCorée du Nord180e
    PaysPlacePaysPlacePaysPlacePaysPlacePaysPlace
    L’Ukraine est 106e quand la Russie est 155e sur 180 en 2022, le dernier du classement est somme toute logique, la Corée du Nord.
    En 2002, le pays dirigé par Vladimir Poutine était 121e et l’Ukraine 112e. (Crédits : RSF)

    Reporters sans frontières a publié son classement à travers cinq indicateurs :

    • Le politique évalue le degré de soutien et de respect de l’autonomie des médias, face aux pressions politiques exercées par l’État ou d’autres acteurs politiques de la société.
    • L’économique évalue les contraintes économiques liées à des politiques gouvernementales, à des acteurs non étatiques (annonceurs et partenaires commerciaux), et aux propriétaires des médias.
    • Le législatif évalue l’environnement légal et réglementaire dans lequel travaillent les journalistes (niveau de censure, capacité à protéger les sources, impunité des violences commises envers des journalistes par exemple).
    • Le socioculturel évalue les contraintes sociales basées sur des questions de genre, de classe, d’origine ethnique ou de religion. Ainsi que les contraintes culturelles empêchant la remise en cause de certains pouvoirs ou problèmes parce que cela irait à l’encontre de la culture du territoire.
    • La sécurité évalue la capacité à concevoir, collecter et diffuser des informations selon les méthodes et l’éthique du journalisme, sans risque inconsidéré de dommages corporels, détresse psychologique ou émotionnelle, ni risque de préjudice professionnel (perte d’emploi, saisie d’équipements ou saccage d’installations par exemple)

    En Europe, alors que la Norvège reste la tête d’affiche du Classement mondial de la liberté de la presse, la région connaît toujours de très importantes disparités. Les anciens États communistes, l’Estonie (4e) et la Lituanie (9e) font leur entrée parmi les dix pays les mieux classés du monde, alors que les Pays-Bas (28e) les quittent. À la dernière place en Europe, la Bulgarie (91e) est remplacée par la Grèce (108e).

    « Toute personne a le droit d’exprimer ses opinions par la parole, l’écrit, l’image imprimée ou autrement, et de chercher, recevoir et répandre librement des idées et des informations, sans considération de frontières. […] Je ne suis pas d’accord avec la pratique prescriptive de 50 ans à la Mccarthy. » (Crédits : RSF)

    Les protections contre les armes sont le blindage, le gilet pare-balles… mais pour d’autre, comme la propagande, il est difficile de se prémunir. L’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022 est emblématique, car préparée par une guerre de la propagande. La Chine (175e) a utilisé son arsenal législatif pour confiner sa population et la couper du reste du monde, particulièrement celle de Hong Kong. La logique d’affrontement des « blocs », comme ce le fut au temps de la « Guerre froide » se renforce, au même degré qu’entre l’Inde (150e) du nationaliste Narendra Modi et le Pakistan (157e). Au Moyen-Orient, l’insuffisance de la liberté de la presse, où l’omniprésence de la propagande continue d’impacter le conflit entre Israël (86e), la Palestine (170e) et les pays arabes. La liberté d’informer continue de faire des orphelins, d’endeuiller et de déchirer des familles, avec les disparitions de Frédéric Leclerc-Imhoff, Armando Linares, Roberto Toledo, Juan Carlos Muniz

  • Il y a cent ans… quand les réserves d’énergies fossiles questionnaient

    Il y a cent ans… quand les réserves d’énergies fossiles questionnaient

    Les Français seraient-ils, comme les autres pris pour des imbéciles ? C’est une excellente et primordiale interrogation. Le 9 juin 1922, C.-M. Savarit, journaliste à L’Écho de Paris écrivait un article sur « le gaspillage de nos réserves d’énergie ». Dans celui-ci, il indiquait s’être épanché sur la question le 20 mai. Selon les experts de l’époque, il n’y aurait plus de pétrole d’ici quinze à vingt ans. Que penser des gouvernements, des grandes compagnies, experts… au vu des prix des carburants sous couvert du conflit armé russo-ukrainien ?

    Le constat de consommation de l’or noir affolait, sachant que le combustible était devenu l’un des éléments essentiels de l’industrie moderne, en 1922. Ce qui directement ou indirectement n’a guère changé. « L’utilisation mondiale du pétrole, était en 1860 d’environ 355 000 barils — de 189 litres — est devenue, en soixante ans, presque 2 000 fois plus importante, avec 694 850 000 barils en 1920 », affirmait l’écrivain et journaliste. Les États-Unis et le Mexique fournissaient à eux deux 87,5 % de la production internationale. Il ne restait que 12,5 % pour les autres pays, à savoir la Russie (4 %), les Indes britanniques et néerlandaises (2,8 %), la Perse (1,8 %), la Roumanie (1,1 %), la Pologne (1 %) et le reste du monde (1,4 %). Le service géologique, avec les outils qu’il avait à leur disposition en 1920, estimait que « les richesses en pétrole des États-Unis sont épuisées dans la proportion de 40 % et en supposant que la consommation actuelle se maintienne, ce qu’il reste sera épuisé dans seize ans ».

    PaysVenezuelaArabie S.IranCanadaIrakKoweïtÉAURussieLibyeUSA
    Réserves en milliards de barils303,806258,6208,6170,3145,019101,597,88048,36347,107
    Production en millier par jour5959 3133 1104 4394 0852 5273 09110 1121 23811 188
    « Sommes-nous donc menacés de mourir de froid et de misère sur notre globe, par l’effet du gaspillage de nos réserves d’énergies, par la faute de l’imprévoyance de l’être humain, dans un avenir relativement rapproché ? ». (Crédits : Country Economy)

    L’homme constatait déjà qu’ils existaient des énergies bien plus puissantes : « Quel est l’unique fournisseur d’énergie sur notre globe, c’est celui qui nous fournit le pain et le vin chaque année, le Soleil, qui enlève l’eau des mers pour nous la rendre en chutes et rivières, qui continue à faire pousser les forets, comme au temps géologique […] ». Il tirait une conclusion qui quelles que soient les erreurs des experts sur les chiffres livrés, il ne résulte que depuis la seconde partie du XIXe siècle le monde a été un formidable prodigue de ses réserves d’énergies, et qu’il est grand temps qu’il mette de l’ordre dans ses affaires.

    L’écologie semble être au cœur des préoccupations politiques des législatives des 12 et 19 juin 2022 en France. Si bien que le parti récemment créé qu’est la nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES) à grand coup de communication nous amène à regarder l’évolution du climat. Ainsi à Poitiers où les élus de la commune et candidats ont marché au milieu de la rivière Le Clain, au niveau du pont Joubert pour démontrer le manque d’eau, et par ricochet l’influence de l’Homme sur la planète.

    « Nous avons un quart des départements en alerte sécheresse et puis bientôt plus pour cet été. Notre intérêt à nous, qui pensons gagner les élections législatives et donc de gouverner le pays, est de lancer l’alerte avant », explique Jean-Luc Mélenchon à la Nouvelle-République.

    En 2021, la production mondiale de lithium s’élevait à environ 100 millions de tonnes, hors USA. L’or blanc a vu sa production mondiale presque quadruplée en une décennie. La Chine en contrôlait déjà en 2018 près de la moitié à l’échelle planétaire. (Crédits : Ivan Alvarado/Reuters)

    Les gaz à effets de serre, la pollution des énergies fossiles, la sécheresse, l’évolution du climat… tout met en exergue les naturelles, dites renouvelables, comme les automobiles électriques, qui sont propres. L’État français veut développer l’automobile propre et les voitures électriques, car « réduire les émissions de gaz à effet de serre, la dépendance énergétique et améliorer la qualité de l’air en milieu urbain : c’est tout l’enjeu du développement des véhicules propres. Cette filière constitue aussi un enjeu industriel majeur pour le secteur automobile. » Or toutes batteries usent du composant qu’est le Lithium (Li sur le tableau périodique de Mendeleïev).

    Pays comptant les plus grandes réserves de lithium dans le monde en 2020. Deux des pays dans le trio de tête sont situés en Amérique latine. (Crédits : Statista)

    Les réserves mondiales, selon l’USGS (Institut d’études géologiques des États-Unis) — exploitables — étaient estimées en 2021 à 21 millions de tonnes, dont près de la moitié au Chili (9,2 Mt). Les ressources (sans tenir compte des conditions d’exploitation) sont évaluées à 86 millions de tonnes au total. Les principaux gisements identifiés sont dans le « triangle ABC » de « l’or blanc » en Amérique latine, généralement sur des lacs d’altitude « salars » : Bolivie (21 Mt estimés), Argentine (19,3 Mt) et Chili (9,6 Mt).

    Quelles sont les méthodes de production et risques pour environnement ? Elles sont de trois types :

    • Pompage de saumures chargées de lithium et évaporation pour isoler les cristaux. La méthode, largement utilisée en Amérique latine, est critiquée par les ONG pour l’assèchement des ressources hydriques qu’elle provoque dans le milieu
    • L’utilisation du procédé à base de spodumène en Europe pour isoler et purifier l’Or blanc permet d’économiser l’eau
    • Recyclage des batteries pour récupérer les métaux. Selon la Commission européenne, cela devrait permettre « de réduire les besoins en matières premières de 10 % d’ici 2040 »
    Au beau milieu du désert d’Atacama au Chili, des piscines de saumures d’une mine de lithium, le métal devenu incontournable pour fabriquer toutes les batteries des voitures électriques, des smartphones et autres appareils high-tech contemporains. L’endroit est le plus aride du monde, avec un taux d’humidité ne dépassant jamais 3 %. (Crédits : Ivan Alvarado/Reuters)

    Chaque candidat se saisit du sujet du manque d’eau et de la sécheresse à des fins politiques, vantant les mérites des véhicules à carburant électrique. Si les réserves de lithium nécessaire aux batteries, les méthodes d’extraction sont, semble-t-il, gourmandes en eau. Le pompage de saumures réclame de grandes quantités d’eau, et provoquent, selon les ONG l’assèchement des ressources hydriques comme au Chili.

    La production mondial du Lithium croît sans cesse depuis dix ans. (Crédits : Statista)

    « Environ 2 millions de litres d’eau sont évaporés pour produire une tonne de lithium. » La seconde est la fabrication de carbonate de lithium à partir de spodumène, elle est énergivore. Les concentrés de spodumène doivent être chauffés à environ 1100 °C pour le rendre plus réactif. Puis, ils sont broyés finement, mélangés à de l’acide sulfurique, chauffés à 250 °C pour produire le sulfate de lithium et, ensuite, lavés à l’eau pour dissoudre le sulfate de lithium.

  • Mandiant victime du ransomware LockBit 2.0

    Mandiant victime du ransomware LockBit 2.0

    La société américaine de cybersécurité qui s’est fait connaître en février 2013 après avoir publié un rapport indiquant l’implication de la Chine dans l’espionnage informatique, mais également dans la participation à la réponse apportée à l’attaque contre Colonial Pipeline en mai 2021. Celle qui a été rachetée par FireEye en fin d’année 2013, avant d’en être séparée en juin 2021, a selon le site de fuite de LockBit 2.0 été la cible des opérateurs malveillants. Ils en revendiquent l’attaque et menacent de diffuser des informations sensibles à 22 h 35 ce 6 juin 2022.

    Aujourd’hui, lors de la RSA Conference la firme a annoncé le lancement de sa solution de protection contre les risques numériques qui exploite la puissance de la plateforme XDR multifournisseur Mandiant Advantage. Cela pour permettre une vue basée sur l’intelligence de la surface d’attaque globale d’une organisation et de l’activité ayant un impact sur l’entreprise sur le Deep et le Dark Web. La solution comprend les offres Mandiant et est conçue pour octroyer aux responsables de la sécurité d’atténuer de manière proactive les menaces avant qu’elles ne perturbent les opérations commerciales, explique la compagnie.

    Alors que Microsoft était pressentie pour un rachat, c’est Google qui allait pouvoir intégrer les services de Mandiant dans son offre cloud pour la coquette somme de 5,4 milliards de dollars. Mandiant est l’un des leaders mondiaux dans le domaine de la cyberdéfense et de la réponse dynamique aux incidents. L’annonce était effectuée le 8 mars 2022.

    « Pour rester implacables face aux cyberattaques de plus en plus sophistiquées et persistantes, les défenseurs doivent également avoir un aperçu de la surface d’attaque externe », a déclaré Chris Key, directeur des produits chez Mandiant. « Grâce aux renseignements et à l’expertise de première ligne de Mandiant, Digital Threat Monitoring et la solution de protection des risques numériques de Mandiant permettent aux défenseurs de transformer rapidement et facilement les informations en action pour atténuer les risques et aider à garder une longueur d’avance sur les menaces. »

    Il est difficile de protéger une position, si cette dernière n’est pas connue. Une surface d’attaque externe est la somme des actifs qui peuvent être exploités lors d’une attaque. Cela va des noms de domaine, certificats SSL, protocoles aux systèmes d’exploitation, serveurs, appareils IOT et services réseau. (Crédits : Reposify)

    Le nouveau module « Digital Threat Monitoring » est conçu, assure Mandiant, pour surveiller en permanence Internet, y compris le Deep et Dark Web, les blogs, les marchés clandestins, les médias sociaux… pour aider les organisations à découvrir les différentes conversations sur leur marque, et plus encore.

    Alors que se déroule du 6 au 9 juin la RSA Conférence qui est le grand rendez-vous des professionnels de la Cyber Sécurité à San Francisco, l’un des leaders du domaine devrait voir des renseignements sensibles ou ultrasensibles se retrouver sur le site de fuite du Ransomware LockBit 2.0.

    Les utilisateurs bénéficient d’une notification précoce des menaces d’une attaque imminente ou d’une fuite de données ou d’informations d’identification non détectée existante, permettant une réponse et une correction plus rapides, promet Mandiant. Les opérateurs derrière le ransomware LockBit auraient probablement imité une attaque contre la société de cybersécurité pour faire valoir sa non affiliation à un groupe basé en Russie. « Notre groupe n’a rien à voir avec Evil Corp. Nous sommes de vrais hackers underground du darknet, nous n’avons rien à voir avec la politique ou les services spéciaux comme le FSB, le FBI, etc. Nous sommes un groupe multinational, notre programme de partenariat comprend non seulement des Russes, mais aussi des Américains, des Chinois, des Iraniens, des Ukrainiens et de nombreuses autres nations », peut-on lire dans la déclaration.

    L’auteur de cette déclaration s’offusque de la Presse Jaune avide d’article de faible qualité mais procurant de nombreux “click” sur leur site WEB. “Ce n’est pas parce que FoxConn sera attaqué par tous les affiliés de ransomware du monde que Maxim Yakubets se cache derrière leurs marques.” (Crédits : capture d’écran)

    Mandiant affirme après avoir examiné le communiqué de LockBit, la société a déclaré que les pirates pouvaient avoir d’autres motifs à l’esprit. « Sur la base des données qui ont été publiées, rien n’indique que des données de Mandiant ont été divulguées, mais l’acteur semble plutôt essayer de réfuter le blog de recherche de Mandiant du 2 juin 2022 sur UNC2165 et LockBit », déclarait la société à Cybernews. Tout laisse à penser, jusqu’à preuve du contraire que cette affaire soit une campagne de communication. Le site de fuite de LockBit montre un fichier intitulé « mandiantyellowpress.com.7z » dans lequel sont disponible quatre captures d’écran et deux photos de voiture de luxe. « J’ai été véritablement surpris de lire des tweets venant de la presse jaune, Mandiant ne sont pas des professionnels », explique le communiqué de LockBit. En ajoutant que « le fait que quelqu’un utilise des outils similaires ne peut pas être la preuve que l’attaque est faite par la même personne », et mentionne que tous les scripts et outils sont disponibles sur la toile (Forum, Google, Githab).

  • Il y a cent ans… l’Ukraine et les Soviets

    Il y a cent ans… l’Ukraine et les Soviets

    Le conflit armé entre la Russie et l’Ukraine affichera le centième jour demain 4 juin 2022. Il y a cent ans des accords à la suite de la conférence de Gènes avaient été trouvés le 3 juin 1922, explique le quotidien Le Gaulois. Le comité national ukrainien (CNU) et les délégués du gouvernement soviétique ukrainien. Ils faisaient contre mauvaise fortune bon cœur, et de par leurs ententes s’assuraient de jouir de leurs droits, sans interférence extérieure.

    Les échanges entre l’Ukraine et la Russie, ne date pas d’hier. Le pouvoir soviétique reprend définitivement pied en Ukraine au printemps 1919. Le 10 mars 1919, la République socialiste soviétique d’Ukraine est proclamée comme gouvernement autonome. Il faudra attendre la conférence de Gènes pour que les choses prennent un léger virage.

    La délégation russe lors de la conférence de Gênes, de gauche à droite, Rakovsky, Vorovsky, Krassine, Litvinov (Crédits : Agence Rol/BnF/Gallica)

    Les échanges furent entre Christian Rakowsky, président du conseil des commissaires du peuple de la république socialiste et soviétique d’Ukraine, et Sergei Markotun, plus connu en tant que Serge Marcotoune, président du CNU. Les idées n’étaient pas partagées entre les deux pays, seule la frontière le fut. « Le comité national ukrainien considère que les liens fédératifs entre l’Ukraine et la Russie peuvent seuls garantir la sauvegarde de leur intégrité territoriale, et leur développement économique et politique », écrivait Rakowsky. Le CNU s’opposait à toutes intrusions étrangères, ainsi qu’à toute tentative armée dirigée contre le gouvernement actuel des deux pays. « La guerre civile ne pouvant provoquer que la ruine et assujettissement des deux peuples », martelait Rakowsky.

    Extraits des Documents Diplomatiques Français 1922, Volume 1 publié par le ministère des Affaires étrangères.

    Le rapprochement amical entre la France et la Fédération russo-ukrainienne tenait en aboutissement le rétablissement des relations économiques des deux États. Le CNU affinait dans le sens que pour l’activité soi pérenne, d’un côté entre la France et l’Ukraine et l’Ukraine et la Russie de l’autre. Toutefois, le CNU était désireux que son activité se développe avec le gouvernement soviétique de l’Ukraine, sous réserve de la non-opposition de la France. Par le traité de Riga, la Pologne reconnaît la République socialiste soviétique d’Ukraine, fixant par la même les frontières occidentales de l’État. Un mouvement armé et encouragé par les gouvernements occidentaux subsistera néanmoins un temps sur la rive droite du Dniepr. La création de la République socialiste soviétique d’Ukraine s’effectue le 30 décembre 1922 et obtient son indépendance le 24 août 1991.

  • Suis-je complotiste ? (2ᵉ partie)

    Suis-je complotiste ? (2ᵉ partie)

    La crise mondiale due au SARS-CoV-2 pose question sur l’information et son rayonnement. Deux termes sont apparus, le premier « fake news », dont la publicité fut faite par l’ancien président des États-Unis, Donald Trump. Puis les « deepfakes », extrêmement plus dangereuses, car on peut faire dire n’importe quoi à n’importe qui. Qui sont ceux qui diffusent les fausses données, les fake news ou les infox ? Qu’en est-il de la vérité lorsque l’intelligence artificielle deviendra plus que performante ?

    Les complotistes mettent en doute chaque média, chaque renseignement et chaque journaliste. Sun Tzu dans « L’Art de la guerre » décompose ses savoirs en treize chapitres. Le dernier, et pas des moindres, s’intitule « De la concorde à la discorde ». Il y dresse cinq types de discordes. Elles sont dans les villes et villages, extérieures, entre les inférieurs et les supérieurs, de la vie et de la mort. Ainsi l’utilisation des dissensions à travers l’usage intensif de l’espionnage est le plus sûr moyen d’user et d’abuser de ces dernières.

    La discorde : union des complotistes ?

    Qu’est-ce que la discorde ? Selon Le Larousse, elle se définit par le « désaccord, dissentiment violent qui oppose des personnes entre elles et les dresse les unes contre les autres ». Plusieurs synonymes aident à saisir la portée du nom féminin : « conflit – désunion – division – querelle – zizanie ». Ainsi vous comprendrez aisément que la guerre est celle du contrôle de l’information, et de ses systèmes.

    Personnages, sensations, vérités

    « Les grands généraux en viennent à bout en découvrant tous les artifices de l’ennemi, en faisant avorter tous ses projets, en semant la discorde parmi ses partisans, en les tenant toujours en haleine, en empêchant les secours étrangers qu’il pourrait recevoir, et en lui ôtant toutes les facilités qu’il pourrait avoir de se déterminer à quelque chose d’avantageux pour lui. » (Sun Tzu, L’Art de la guerre)

    En 2020, le rapport Reuters propose un éclairage extrêmement intéressant et de nombreuses données. Ainsi, il montre la proportion de personnes ayant utilisé différentes sources pour s’informer. Elles sont la télévision, la presse écrite, l’Internet et les réseaux sociaux.

    Le graphique démontre le changement des habitudes. L’information traditionnelle est la grande perdante. Elle représentait, en 2013, 64,16 % des auditeurs, pour chuter d’un quart pour atteindre 47,57 %.

    Ce qui permet logiquement aux autres de croître, l’Internet en général. Ce dernier progresse de 20 %, passant de 27,88 % à 33,49 % des sources, pour occuper 52,42 % (35,84 % en 2013). Dans ce laps de temps, la proportion de terminaux téléphoniques, couramment nommés smartphones, arrive, en une décennie, à 9,038 milliards d’unités contre 5,275 en 2010 (Sources : Statista).


    (Crédits : John Hain/Pixabay)

    Dans ce nouveau paysage numérique, les réseaux sociaux sont devenus le principal théâtre d’opérations de la guerre de l’information. Leur force : la viralité. Leur faiblesse : l’absence de filtre. Propices à l’émotion, aux raccourcis et aux jugements hâtifs, ils transforment l’utilisateur en relais, souvent malgré lui. Des algorithmes, invisibles, mais puissants, favorisent les contenus polarisants, car ils génèrent plus d’engagements — donc plus de profit. C’est dans ce terreau que prospèrent les manipulations, les deepfakes et les campagnes de désinformation organisées, qu’elles émanent de groupes idéologiques, d’États ou d’intérêts privés.

    Voici la résultante à la question posée en avril 2020 : « Au cours de la semaine dernière, quelles sont les sources d’information suivantes que vous avez utilisées ? » La prédominance des réseaux égale la télévision.

    L’échantillon total est Royaume-Uni = 2191, États-Unis = 1221, Allemagne = 2003, Espagne = 1018, Corée du Sud = 1009, Argentine = 1003. (Crédits : Reuters)

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    En quelques clics, une rumeur devient vérité pour des millions d’yeux. La discorde n’est plus seulement semée par des discours, elle est entretenue, démultipliée, orchestrée à grande échelle. Et lorsque les réseaux sociaux deviennent la première source d’information, la frontière entre réalité et fiction s’amenuise dangereusement.

    La culture de la désinformation

    Premièrement, la désinformation est l’utilisation des médias pour faire passer un message susceptible de tromper ou d’influencer l’opinion publique. Dans son acception générale, elle peut être définie comme la manipulation d’une cible déterminée à des fins politiques, militaires ou économiques, à l’aide d’une donnée traitée par des moyens détournés.

    Fake news, explosif, mensonge

    La désinformation est un art à part entière. Elle se décompose en plusieurs volets : la désinformation ; la mésinformation ; la réinformation ; la manipulation ; la déstabilisation ; les opérations de « false Flag » ou « deepfake » ; la propagande ; la guerre psychologique ; les morts suspectes.

    Elle désigne, selon Vladimir Volkoff, une technique qui consiste à fournir à des tiers des renseignements erronés, qui les conduisent à commettre des actes collectifs ou à diffuser des jugements souhaités par les instigateurs. Vient ensuite la mésinformation, ou mauvaise qualité du produit. Elle est due en partie à la course aux scoops, ou au besoin de rentabilité exacerbé des organes de presse. L’exemple du regain de violence au Proche-Orient fait à nouveau les gros titres de l’actualité, le conflit israélo-palestinien est « de retour ». (Crédits : Hartono Creative Studio/Pixabay)

    « Tout est parti, à mon avis, de l’action de la police israélienne la nuit de la prière durant le ramadan, des images de grenades lancées dans les mosquées. Avant, lors de périodes de fortes tensions, la police israélienne interdisait aux moins de 40 ans de venir à la mosquée », indique Charles Enderlin, ancien grand reporter et correspondant de presse, lors de l’émission « C Politique » dimanche 16 mai 2021. Le fond du conflit se résume en six dates :

    Remontons le temps… Le 4 novembre 1995, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, cheville ouvrière des accords d’Oslo entre Palestiniens et Israéliens, était assassiné par Yigal Amir, jeune Israélien. Dans la continuité, le sioniste religieux Baruch Goldstein est l’auteur le 25 février 1994 du massacre de 29 Palestiniens, dont sept enfants, et de 125 blessés dans la mosquée Ibrahim, à Hébron.

    Baruch Goldstein avait un autre admirateur : Itamar Ben Gvir. Actuel chef de l’organisation Otzma Yehudit (Puissance juive N.D.L.R.), radicalisé lors de la première Intifada, il a 19 ans à l’époque des faits, et est hostile au processus de paix. Il rejoint le parti Moledet, favorable à la déportation des Palestiniens, avant de rallier la mouvance kahaniste exclue de la Knesset en 1984 en raison de la discrimination raciale de son parti.

    « C’est un mouvement nationaliste et raciste israélien », assure Charles Enderlin, habitant à Jérusalem depuis 53 ans. L’homme ci-dessus est entré dans le « saint des saints », la Knesset, il est l’incarnation même de l’extrême droite israélienne.

    Itamar Ben Gvir, président d’Otzma Yehudit, au centre, à Jérusalem, le 22 mars 2021. (Crédits : Menahem Kahana/AFP)

    Foule, Israël, Knesset


    Le président d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, a profité de son tout premier discours en plénière en tant que membre de la Knesset, lundi 26 avril 2021, pour insister sur le fait que les médias avaient procédé à un « assassinat » de son mentor, le rabbin radical Meir Kahane, écrit Jacob Magid. En omettant de manière fortuite ou volontaire d’indiquer que le militant d’extrême droite avait été condamné pour incitation à la violence et soutien à une organisation terroriste dans ses jeunes années. Est-ce de la mésinformation ou de la manipulation ?

    La réinformation, ou la vérité détenue

    Ce néologisme est usé par les personnes détenant « la vérité ». Elle part souvent d’un bon sentiment. Les médias sont le pouvoir ultime, galvanisant les foules, déstabilisant d’autres. Au sein d’une mondialisation du mensonge, ou de l’approximation politique, et de la manipulation de l’information, une minorité aurait en charge le rétablissement de la vérité.

    Krusi, réseaux, sociaux

    Ema Krusi, à propos du référé au Conseil d’État en France, et de son ordonnance, exhorte : « C’est incroyable, et c’est écrit noir sur blanc […] Les personnes vaccinées sont celles qui sont le plus exposées aux formes graves et aux décès ».

    Elle dit à juste titre dans cette vidéo postée sur Facebook que les textes juridiques sont rédigés pour se couvrir, chaque mot et ponctuation compte. Elle omet cependant et volontairement, à deux reprises (car elle lit le texte), le terme « aussi ». Consécutivement, elle affiche en encadré le texte tiré de l’article du Figaro. Aussi est un adverbe signifiant une relation d’égalité, également…

    (Crédits : capture d’écran)

    En remplaçant aussi par également, la phrase de l’article indique que les personnes vaccinées sont les mêmes qui sont également exposées aux formes graves et au décès. Oui, toutes les personnes qui dépassent l’espérance de vie à la naissance sont plus susceptibles de décéder. Sur le rôle des médias, Luc Bronner répond : « Les mots ne sont pas neutres ». En effet, chaque mot possède sa propre définition.

    Comme la machination, lorsque pris par le temps d’antenne, la durée d’un reportage, ou la longueur d’un article, on ne peut tout dire, des choix sont alors obligatoires pour que le reportage soit instructif et intéressant. Les adeptes des théories du complot s’introduisent dans cette brèche involontaire.

    Le Larousse définit la manipulation comme le fait d’amener quelqu’un insidieusement à tel ou tel comportement, le manœuvrer. L’incendie du Reichstag en février 1933, où les communistes furent accusés d’avoir mis le feu, est un parfait exemple. Les nazis profitent de cet acte pour invoquer un complot, interdire le Parti communiste et instaurer la dictature.

    (Crédits : Flickr/Pexels)

    Rouages, machine, mouvement

    Outre-Atlantique, Liz Cheney (fille du vice-président Dick Cheney), députée républicaine, et ancien numéro trois du parti dénonce et déclare : « Des millions d’Américains ont été manipulés par l’ancien président. Ils n’ont entendu que ses mots, pas la vérité, et il continue de fragiliser la démocratie américaine. » En cause, hormis les critiques envers Donald Trump, c’est son refus de soutenir sa rhétorique complotiste sur une fraude électorale lors de la présidentielle de 2020, qui lui vaut les foudres des républicains.


    Déstabiliser, propagande, deepfake, et morts suspectes

    Les opérations de déstabilisation sont monnaie courante. Elles peuvent être politiques, géopolitiques, économiques, culturelles… Les deepfakes le permettent, grâce aux technologies de l’intelligence artificielle et au deep learning. Elles peuvent superposer des fichiers audio ou vidéo existants sur d’autres fichiers déjà existants.

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    Cette technique peut être utilisée pour créer des infox et des canulars malveillants. Prendre le visage d’un individu sur une vidéo, pour le remplacer dans des vidéos politiques ou pornographiques (revenge porn), mais également reproduire la voix d’une personne pour lui faire dire ce que l’instigateur souhaite. Cela peut se faire à des fins politiques, pour ruiner une vie, que la personnalité soit connue ou non, ou encore de propagande.

    Elle est un concept désignant des techniques de persuasion, mis en œuvre pour propager une idée, une opinion, une idéologie et stimuler l’adoption de comportements au sein d’un public cible. Ces techniques sont exercées sur une population, afin de l’influencer, voire de l’endoctriner, bon gré mal gré (Corée du Nord, Chine, Allemagne nazie…).

    Jouer sur l’affectif

    La propagande utilise la publicité, car cette dernière vise à modifier des choix, des modèles de société, des opinions et des comportements, et la publicité est de la propagande. Elle provoque des conflits, des guerres psychologiques, qui parfois deviennent armés. Ainsi sont déclenchés les drames perpétrés en Irak ou en ex-Yougoslavie.

    La propagande sert à vous faire des choses dont vous n’auriez peut-être pas envie. L’affiche d’enrôlement américain, avec « I Want You for U.S. Army », de James Montgomery Flagg (1877-1960) lors de la Première Guerre mondiale. (Crédits : Library of Congress Prints and Photographs Division Washington, D.C.)

    Colin Powell fut un exemple et l’instrument de l’administration sous Georges W. Bush. « Il ne peut faire aucun doute que Saddam Hussein a des armes biologiques en nombre suffisant pour tuer des centaines de milliers de personnes. Grâce à des laboratoires mobiles clandestins qui fabriquent des agents atroces tels que la peste, la gangrène gazeuse, le bacille du charbon ou le virus de la variole. Nous avons une description de première main de ces installations de la mort », s’exprime-t-il le 5 février 2003, au siège des Nations unies.

    Dans une interview à L’ObsColin Powell : comment la CIA m’a trompé », 3 mars 2013), il avouait avoir seulement trois jours pour préparer son discours, et « à partir d’un texte rédigé par un conseiller du vice-président Cheney » et bien « évidemment, je pensais que la CIA avait vérifié ses informations. »

    Et il ajoutait : « Dix ans plus tard, Tenet n’a toujours pas reconnu que celles-ci étaient fausses ! Pas une fois, il n’a expliqué pourquoi ses services avaient écrit, par exemple, que Saddam Hussein avait des centaines de tonnes d’armes chimiques, alors qu’il n’en possédait pas un gramme ! ».

    Colin Powell à l’ONU montrant un tube indiquant que ceci est de l’anthrax comme preuve des centaines de tonnes d’armes chimiques détenues par Saddam Hussein. (Crédits : capture d’écran INA)

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    Mais la guerre de l’image et de l’influence ne se joue plus seulement sur les plateaux de télévision ou à la tribune de l’ONU. Elle se livre désormais sur les réseaux sociaux, devenus les premiers vecteurs de diffusion de l’information — ou de perversion. Ces plateformes sont le théâtre d’une bataille cognitive continue où se mêlent vraies alertes, infox virales et narratifs toxiques. Les algorithmes de recommandations, les bulles de filtres, les bots automatisés et les campagnes de désinformation ciblée (Cambridge Analytica) permettent de manipuler les perceptions, d’orienter les émotions et de polariser les débats. Une vidéo trafiquée, un tweet mensonger, une image sortie de son contexte suffisent à faire basculer l’opinion publique, à allumer des incendies sociaux ou à renforcer les discours radicaux. Ce n’est plus seulement la propagande qui s’adresse à la foule, c’est la foule elle-même qui devient relais, caisse de résonance, et parfois même bourreau volontaire. Il ne reste que les morts suspectes : « Qui a tué Lady Di ? » C’est la théorie du complot qui a le plus d’adeptes, juste après la dangerosité des vaccins. À suivre…