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  • Il y a cent ans… les tanks débarquaient en Irlande

    Il y a cent ans… les tanks débarquaient en Irlande

    La paix fragile laborieusement édifiée selon les journaux par David Lloyd Georges n’aura été qu’un léger armistice. Car l’Irlande ne connaissait pas la trêve de la Pentecôte en ce 5 juin 1922, les troupes anglaises débarquaient, emplies de munitions et de tanks. Les incendies, meurtres, combats, tout le sinistre appareil de la guerre civile se mettait en place. Le casus belli est le traité anglo-irlandais, mais la guerre d’indépendance irlandaise mourrait dans l’œuf avec le gouvernement de Lloyd Georges.

    Tandis que les Anglais mettaient pied à terre en Irlande, les autorités britanniques arrêtaient un bateau à vapeur américain transportant du, mais. Venant de New York, les cales du navire, après visite, révélaient qu’en dessous de ladite cargaison se trouvait une importante quantité d’armes. Dans le même temps, des individus dérobaient dans les magasins de la mine se Sutton-Manor, non loin de Manchester 13 000 détonateurs, puis dans une mine de Shirdley 19 livres de poudre et 760 détonateurs étaient volés.

    La bataille de Pettigoe et Belleek a été le plus grand engagement militaire entre l’Armée républicaine irlandaise et les forces d’occupation britanniques en Irlande, ce depuis le soulèvement de Pâques de 1916. Pettigoe est à la fois commune de l’Eire et de l’Irlande du Nord (Crédits : An Sionnach Fionn)

    Peu avant midi, dans la ville de Pettigoe, un officier anglais annonçait au commandant sinn-feiners qu’il disposait d’un quart d’heure pour évacuer la commune. Une centaine obtempérèrent, mais des irréductibles se barricadèrent, mitrailleur en batterie prêtent à faire feu. Les troupes anglaises ouvrirent le feu par l’artillerie avant d’attaquer à la baïonnette. Six obus furent tirés, permettaient de débusquer les francs-tireurs irlandais cachés ici et là.

    Des volontaires de l’Armée républicaine irlandaise, en 1922. Ils portent un mélange entre les uniformes de l’IRA et des vêtements civils, typiques de la fin de la période révolutionnaire. (Crédits : An Sionnach Fionn)

    Un second contingent britannique débarqué de l’île de Boa traversait le bras de mer, pour arriver peu après 14 h. Ils prirent les sinn-feiners par-derrière. D’après la communication des troupes britanniques, il faisait état de trente morts et autant de blessés côté irlandais, l’arrestation du commandant et seize de ses hommes, contre un seul décès côté anglais.

  • Il y a cent ans… un tour d’Europe

    Il y a cent ans… un tour d’Europe

    La conférence de Gènes terminée, celle de La Haye pointe le bout de son nez. Le 4 juin 1922, les dissonances, rancœurs amertumes et tensions apparaissent ici et là. De la persécution religieuse en Russie, sept membres d’une même famille « pètent les plombs » en Italie, les fascistes de Mussolini sèment la pagaille, l’état de santé de Lénine préoccupe, l’organe gouvernemental russe en passe de s’effondrer, Poincaré chahuter dans la presse outre-Manche.

    La presse britannique étrille la France et son président. Le Sunday Times titrait « La France contre l’Europe », l’Observer écrivait que « M Poincaré désire que la réunion de La Haye soit une conférence en camisole de force ». Car selon le tabloïd « il se peut que nous prenions l’engagement de garantir la frontière française d’avant 1870, mais en ce qui concerne les questions commerciales et financières, il faut que nous devenions absolument libres de favoriser nos propres intérêts comme nous l’entendons ». L’Écho d’Alger expliquait que la France pensait que l’Allemagne n’était ni désarmée, ni résignée, ni soumise et qu’elle cherche par tous les moyens à esquiver ses paiements. Le Sunday Times avec le flegme britannique donnait une leçon que « le seul remède qui puisse guérir les maux de l’Europe, c’est l’annulation des dettes de guerres interalliées et la destruction de l’œuvre financière du traité de Versailles ».

    Toutes les caméras du monde sont dirigées vers le jubilé de platine de la reine Élisabeth II, qui accéda au trône britannique le 6 février 1952. En France, Louis XIV régna du 14 mai 1643 au 1er septembre 1715, soit 72 ans, 3 mois et 18 jours. (Crédits : Brigitte Werner/Pixabay)

    En Russie, le mal dont souffre Lénine inspire de sérieuses inquiétudes, il aurait eu une attaque d’apoplexie cérébrale. Ce qui est une suspension plus ou moins complète de l’activité cérébrale, souvent liée à une hémorragie cérébrale qui, selon l’académie de Médecine est un « saignement au sein du parenchyme cérébral par suite de la rupture d’un vaisseau, constituant un accident pathologique majeur, dont le pronostic est le plus souvent grave, sinon réservé. » Si son leader est au chevet des souffrants, le pays l’est également. Le manque de ressources force les Soviets à réduire les dépenses, et le nombre de cadres chez les fonctionnaires. La situation est telle que la Tchéka ramenait à 80 000 le nombre de policiers. Quatre mille d’entre eux se retrouvaient du jour au lendemain, de l’autre côté de la barrière en devenant bandit.

    Les tensions nationalistes œuvrent en Italie, en Espagne comme en Allemagne. (Crédits : Brigitte Werner/Pixabay)

    Les fascistes de Benito Mussolini quittaient Bologne après leur démonstration de force, incendiaient deux coopératives, celle de Gagnarols et de Luvoledo. Mais comme la maison du peuple de Granarolo, les chemises noires mettaient le feu au matériel et le mobilier dans les rues des communes. Dans le village de Sasso-Carvaro, proche de Pesaro, sept personnes devenaient hors de contrôle, et « folles » selon les journaux. Après avoir incendié plusieurs maisons, ils dansaient autour d’elles. Les carabiniers aidés de citoyens arrêtaient les déments, mais ils s’échappèrent après avoir changé des coups de feu. Une escouade de carabiniers réussissait à les déloger de leurs demeures, dans laquelle ils s’étaient barricadés.

  • Parafe : pagailles aux aéroports de Roissy et d’Orly

    Parafe : pagailles aux aéroports de Roissy et d’Orly

    Le mercredi 1er juin 2022, une panne nationale du système Parafe (passage rapide aux frontières extérieures) a affecté plusieurs aéroports français et même la gare du Nord. Il n’y a pas eu d’annulation, mais des retards. Le système en question contrôlé par la Police Aux Frontières permet via la reconnaissance faciale de contrôler l’authenticité d’un passeport et de vérifier la ressemblance de la photo avec son détenteur.

    Les premiers soucis techniques ont été décelés mardi soir, « sans pour autant causer le moindre impact » à ce moment-là, selon Paris Aéroport. L’exploitant a affirmé d’un Tweet que la panne était à présent terminée et qu’un « retour progressif à la normale » s’engageait. Les deux aéroports parisiens que sont Orly et Roissy Charles de Gaulle, ont été touchés, la gare du Nord également ainsi que tous les autres aéroports français ayant des liaisons à l’international, et donc équipés de ce système.

    Il s’agirait d’une panne liée à la consultation des fichiers. Lorsque les passagers scannaient leur passeport, l’accès aux fichiers police ne se faisait pas, alors le passager restait coincé à l’intérieur du sas. (Crédits : Éric Piermont/AFP)

    Les premiers retards auraient été enregistrés ce mercredi matin, où certains passagers de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle ont dû patienter plus d’une heure le temps que la situation se régule. « Dans les autres aéroports, le temps d’attente était d’une vingtaine de minutes », assure Paris Aéroport. Le dispositif Parafe, concerne le contrôle lorsque vous passez une frontière vers ou depuis un État hors de l’espace Schengen. Il est réservé aux citoyens européens, d’où les retards causés en Gare du Nord pour les voyageurs à destination du Royaume-Uni.

  • Il y a cent ans… Trotski devenait millionnaire

    Il y a cent ans… Trotski devenait millionnaire

    Deux poids, deux mesures en fonction du côté où vous vous trouvez en 1922. La première est celle du procès des défenseurs du modèle socialiste, qui sont traités en tant que suspects, de l’autre la révélation que Lev Davidovitch Bronstein, dit Trotski, commissaire pour la guerre s’est enrichi. Deux articles l’un dénonce le non-respect du partage des richesses de la part d’individus ayant choisi une égalité sociale, du moins la réduction des inégalités, et la richesse astronomique accumulée.

    Une audience judiciaire doit se tenir pour juger des socialistes révolutionnaires. Dans les faits, ce 13 mai 1922 « la deuxième internationale envoie aux socialistes révolutionnaires, ennemis avérés de la révolution prolétarienne, dix défenseurs, laquais de la bourgeoisie, pour lesquels elle réclame l’autorisation de se rendre en Russie ». Parmi ces dix personnes, un ancien ministre français, et trois russes, qui selon le quotidien Le Journal seraient « prêt à répondre de la trahison ou mieux de l’infamie de leurs camarades ».

    La conférence de Gènes, virtuellement terminée, pose de nombreuses questions aux différents pays concernés. (Crédits : Le Journal/BnF/Gallica)

    C’est une question qui divise les ouvriers et le patronat, dans un contexte particulier. L’après première Guerre mondiale, sous l’attente de la fin de la conférence de Gènes, oppose deux blocs rivaux, d’un côté la Triple Entente constituée du Royaume-Uni, de la France et de la Russie représentant le club des empires coloniaux. De l’autre, la Triple Alliance composée de l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie en sont quant à elles dépourvues. Les prolétaires, qui n’obtiennent de ressources que du fait de leur travail, sont inquiets. La question de la solidarité internationale des travailleurs s’est posée dès le milieu du XIXe siècle.

    La IIe Internationale

    Ainsi dès 1848, Karl Marx (1813-1883) et Friedrich Engels (1820-1895) dans le Manifeste du parti communiste appellent les prolétaires de tous pays à s’unir. Un premier pas est franchi en 1864 par la création de l’Association Internationale des Travailleurs, à l’initiative de militants ouvriers français et anglais. Elle ne survit pas à la défaite de la Commune de Paris, puis à la série de crises financières et économiques, et s’éteint en 1876. La IIe Internationale existe toujours, mais sa grande époque coïncide avec les années antérieures à la Première Guerre mondiale. Elle est née entre 1889 et 1891.

    Un billet de 25 000 Roubles avant le changement de valeur de la monnaie dans la fin de l’année 1922. (Crédits : DR)

    Dans le même temps, c’est le Commissaire du peuple pour l’Armée et les Affaires navales de la Russie, Léon Trotski, qui se retrouve sous les feux des projecteurs. Il fait partie du gouvernement provisoire après la révolution d’Octobre, du 25 octobre 1917. Le IIe congrès des Soviets est composé de bolcheviks et de socialistes-révolutionnaires de gauche, qui avant de se séparer, instaure un « gouvernement ouvrier et paysan provisoire », le Conseil des commissaires du peuple, gouverne le pays « jusqu’à la réunion de l’Assemblée constituante ». Son président n’est autre que Vladimir Ilitch Lénine. Sauf que dans ce laps de temps, grâce à l’agence estonienne, des révélations sont faites lors de la séance du comité central exécutif à Moscou. Scharikoff, après avoir analysé l’activité financière de Trotski, le commissaire du peuple s’était enrichi de plus de 30 millions de roubles or, une petite fortune, un gros scandale.

  • La Guerre, késako ? (dernière partie)

    La Guerre, késako ? (dernière partie)

    En Europe, et qui plus est en France il n’apparaît y avoir qu’une seule actualité depuis deux mois, hormis l’élection présidentielle et les législatives à venir. L’information est le déroulement de la catastrophique « guerre » qui se tient présentement entre la Russie et l’Ukraine. Les Français comme tous les citoyens européens semblent découvrir, à travers écrans interposés des faits et récits qui divergent selon les intervenants, les lieux de débats et le politiquement correct… les médias nous content ce conflit, mais est-ce l’unique sur Terre ?

    Quel que soit le conflit, il est, et sera toujours regrettable de se rendre compte des atrocités que l’Homo Sapiens Sapiens est capable de commettre, ce sur les cinq continents, tant sur les morts, mutilés, tragédies humanitaire, victimes des bassesses de l’être humain. Si la communication est partie entière de la stratégie, que nous rencontrons avec l’affrontement situé sur le sol européen, elle est déjà traitée dans le précédent volet. Savez-vous, ou pouvez-vous imaginer le nombre de conflits qui se déroulent actuellement sur notre belle planète, qui est bleue comme une orange ? Pourquoi parle-t-on plus de celui-ci que des multiples autres ?

    Les pays où des affrontements armés impliquant des forces étatiques comme des groupes rebelles sont en cours. (Crédits : Statistica)

    Pour saisir la liste non exhaustive des conflits, guerre qui se sont déroulée hier, qui nous préoccupent aujourd’hui et nous terrifierons demain, il est nécessaire de porter un intérêt à la géopolitique. Ce terme qui peut être abscons, barbare est issu du grec gễ signifiant terre et de politikḗ pour politique. Elle est l’étude des rapports qui existent entre les données physiques, en particulier géographiques, et la politique des États. Plus simplement comment « ménager la chèvre et le chou ». C’est une méthode d’analyse de la politique étrangère pour comprendre, expliquer et prédire le comportement politique international à travers les variables dites géographiques. Maintenant, prenez comme paramètres d’ajustement des recherches sur le climat, la topographie, la démographie et les ressources naturelles.

    Au jeu d’échecs, les pièces les plus insignifiantes possèdent une importance capitale. Roi et pion contre roi seul est une des finales élémentaires du jeu d’échecs.
    « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage », donne la fable du Lion et du rat de Jean de la Fontaine. (Crédits : Antoine-Louis de Prémonville/Revue Conflits)

    La carte ci-dessus est extraite de l’article d’Antoine-Louis de Prémonville, écrit dans la revue Conflits, dont le titre est « La Nouvelle-Calédonie, un atout stratégique méconnu dans le Pacifique ». L’homme est diplômé des facultés de droit, sciences politiques et langues de l’université Jean Moulin-Lyon III. Titulaire d’un doctorat ès lettre, langues, linguistiques et arts. Il est officier de l’armée de terre, issu du 4e bataillon de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.

    Ainsi, il est facile de comprendre, ou du moins dans saisir la moelle, que le territoire du bout du monde qu’est la Nouvelle-Calédonie, revêt une importance géopolitique. « Avec l’exacerbation des tensions liées à la rivalité économique sino-américaine et à la question de la souveraineté de Taiwan, le Pacifique est devenu le théâtre de confrontations à fleurets plus ou moins mouchetés entre les puissances. Le déplacement de l’arc des crises potentielles constitue indéniablement un défi pour la France », écrivait-il le 13 décembre 2021.

    Des garçons marchent dans la vieille ville de Benghazi, en Libye. (Crédits : Giles Clarke/Unocha)

    Les conflits

    Si l’en est un qui est devenu si banal aux différents journaux télévisés, c’est bien le conflit armé birman qui commença en 1948, il y a 74 ans. En lisant Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, vos souvenirs remontent. Seize années plus tard, c’est en Colombie que la poudre faisait chanter les armes. Les FARC retirées de la liste des organisations terroristes aux États-Unis en 2021, le pays de l’Oncle Sam était le soutien de l’armée colombienne contre les FARC. L’accord de paix de 2016 a mis fin à plus de cinq décennies d’un conflit armé qui a fait plus de 260 000 morts et des millions de déplacés. Il y a 49 ans, commençait la révolte Oromo en Éthiopie.

    DébutGuerre-ConflitLieuNombre de victimes estimées
    1948Conflit armé birmanBirmanie150 000 à 210 000
    1964Conflit armé colombienColombie Venezuela262 197
    1973Révolte OromoÉthiopie1500 à 8900
    1978Conflit armé afghanAfghanistan1 450 000 et 2 084 468
    1991Guerre civile somalienneSomalie Kenya550 000
    1996Insurrection de l’ADFRépublique démocratique du Congo
    Ouganda
    10 000 à 15 000
    1998Conflit ethniqueNigeriaplus de 70 000
    1999Conflit armé d’itirubiRépublique démocratique du Congo60 000
    2002Insurrection au MaghrebAlgérie, Bénin, Burkina Faso, Lybie
    Mali, Niger, Tchad, Togo, Tunisie
    plus de 25 000
    2003Conflit armé irakienIrakplus de 1 000 000
    Les estimations comprennent les pertes civiles et militaires, de la même manière que les décès indirects dus à la famine attachée au conflit, maladies et perturbations liées aux conflits, ainsi que les morts violentes. (Crédits : Political economy research institute/University of Massachusetts/ACLED/UN)

    L’Afghanistan, magnifique pays, théâtre d’affrontement meurtrier depuis plus de quatre décennies en cinq actes. La première partie oppose, entre 1979 et 1989, les moudjahids, soutenus par les États-Unis, le Royaume-Uni et des pays de majorité musulmane au régime communiste afghan, soutenu par l’URSS. Cette guerre aboutit à la chute du mur de Berlin (1989), de l’URSS (1991) et du régime communiste en 1992. Puis, l’Alliance du Nord, groupe armé musulman afghan, dirigé par le commandant Massoud, échoue face à la prise de pouvoir des taliban en 1996. La guerre se poursuit entre les deux groupes jusqu’au 11 septembre 2001, date à laquelle sont perpétrés les attentats terroristes du World Trade Center.

    Jeunes filles et leur famille déplacées par la violence à Kandahar, Afghanistan (Crédits : Charlotte Cans/Unocha)

    Pour contrer ce fléau, la guerre reprend, menée par une coalition occidentale et l’Alliance du Nord contre les talibans, mais se solde par un retrait des troupes américaines en août 2021 laissant la capitale, Kaboul, aux mains du régime taliban. Les droits n’existent plus sur cette terre. En juin 2021 « on comptait 5 183 personnes tuées ou blessées depuis le début de l’année parmi la population civile, dont 2 409 femmes et enfants. Plus des deux tiers (68 %) de ces victimes étaient imputables aux talibans et à d’autres acteurs non étatiques et 25 % aux Forces nationales afghanes de défense et de sécurité (FNADS) et aux autres forces pro-gouvernementales », relate le rapport d’Amnesty International.

    2003Guerre du DarfourSoudanplus de 300 000
    2004Guerre du KivuRépublique démocratique du Congo
    Rwanda, Burundi
    de 607 000 à 6 000 000
    2006Guerre du trafic de drogueMexiquede 230 000 à 350 000
    2009Insurrection de Boko HaramNigeria, Cameroun, Tchad, Niger358 000
    2011Guerre YéméniteYémen, Arabie Saoudite
    Émirats Arabes Unis
    377 000
    2011Guerre civile syrienneSyriede 350 209 à 606 000
    2011Guerre civile Soudan du SudSoudan du Sudplus de 380 000
    2012Guerre du MaliMaliplus de15 000
    2014Conflit russo-ukrainienRussie, Ukraineplus de 25 000
    2017insurrection djihadiste au MozambiqueMozambique, Tanzanie5 000
    2020Guerre du TigreÉthiopie, Érythrée, Soudande 300 000 à 500 000
    DébutGuerre-ConflitLieuNombre de victimes estimées
    Le crime de guerre a été défini pour la première fois en 1945 par le tribunal de Nuremberg chargé de juger les criminels nazis, le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) les détaille dans son article 8. Comme tout crime pour être jugé, il faut des preuves irréfutables. (Crédits : Political economy research institute/University of Massachusetts/ACLED/UN)

    Pourquoi ce conflit occupe-t-il autant les médias ?

    C’est une excellente question. Il est a supposé qu’il se déroule sur la partie EST du continent européen, et que les habitants de la zone la plus large se sentent plus concernés, car il est à leur porte. De plus, chaque année, peut-on entendre que c’est la plus grande période sans guerre en Europe, de la part des dirigeants. Mais jean de la Fontaine, dans la fable le Corbeau et le Renard, tenait une réponse « Mon bon monsieur, apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute », soufflait le renard au corbeau.

    Le nombre de veto utilisés par les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU depuis 1946. La Russie a opposé le sien à une résolution pour condamner « l’agression russe ». Le texte avait été co-rédigé par les États-Unis et l’Albanie, onze pays, dont la France, ont voté en faveur, la Chine, l’Inde et les Émirats arabes unis se sont abstenus. (Crédits : DR)

    Mais également, que la mémoire des individus est sélective, et que lorsque l’action se passe à plus de 50 kilomètres, elle est trop loin pour être impacté. Rappelez-vous du conflit basque 1959-2011 (1300 tués), conflit nord-irlandais 1968-1998 (3526 tués), la guerre en ex-Yougoslavie 1991-1999 (103 000 tués)… Aux portes de l’Ukraine, le conflit entre la Roumanie et la Moldavie du 2 mars au 21 juillet 1992 génère plus de 3 500 morts. La guerre en Tchétchénie causa entre 100 000 à 300 000 morts civils sur quasiment dix années de conflits. Comme les prémices du conflit qui nous occupe commencèrent en 2014, durant la révolte du 18 au 23 février. Elle met en opposition des forces pro-européennes et nationalistes ukrainiens, contre le gouvernement ukrainien (jusqu’à a sa chute) et des prorusses. Ce qui engendra l’annexion de la Crimée par la Russie, puis la guerre du Donbass qui fait suite aux cinq jours de février 2014. Le conflit oppose les Ukrainiens prorusses aux forces armées de l’Ukraine.

    Dix mois après la prise d’armes par la guérilla des FARC qui a détruit près de 250 maisons et fait 5 morts parmi les policiers et 18 parmi les civils, la population, avec le soutien du gouvernement d’Antioquia, a organisé une marche de briques pour reconstruire son village. Grenade, octobre 2001. (Crédits : Jesús Abad Colorado)

    « Maintenant nous avons besoin de décisions du Conseil de sécurité pour la paix en Ukraine. Si vous ne savez pas comment prendre cette décision, vous pouvez faire deux choses. Soit exclure la Russie en tant qu’agresseur et à l’origine de la guerre afin qu’elle ne bloque pas les décisions relatives à sa propre agression. Puis faire tout ce que nous pouvons pour mettre en place la paix. Ou l’autre option est de montrer que nous pouvons nous réformer ou changer (…). S’il n’y a pas d’alternative, la prochaine option serait de carrément vous dissoudre », a soutenu Volodymyr Zelensky. Pour qu’une résolution, quelle qu’elle soit, adopté il est nécessaire d’obtenir l’acceptation des cinq membres permanents de l’ONU, que sont la Chine, la Russie, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France. Ce qui est humainement étrange est de voir des personnes qui soutiennent Volodymyr Zelensky et d’autre Vladimir Poutine, comme chaque spectateur le ferait pour son candidat privilégié d’un télé-crochet, mais que savez-vous de l’histoire de ce pays ?

    Il est alors préférable de saisir le contexte géopolitique, l’histoire des pays, de leurs voisins, de leurs constructions, de leurs présidents… mais prendre en considération un fait, que dans un conflit, il n’existe pas de bon ou de méchant comme dans les contes enfantins, mais au minimum deux belligérants.

  • Il y a cent ans… un asile d’aliénés anglais devient fou

    Il y a cent ans… un asile d’aliénés anglais devient fou

    Une scène tragique se déroulait à Nottinghman relate L’Homme Libre le 17 avril 1922. Les infirmières et infirmiers de l’asile demandèrent aux autorités administratives d’améliorer le régime alimentaire. Suite au rejet de la requête, les personnels soignants prirent la décision ferme de priver de soins et de nourriture les pensionnaires de l’asile, jusqu’à ce que satisfaction leurs soient donnée. Comme il fallait s’y attendre, les résidents perdirent complètement la boule.

    Ils devinrent furieux et commencèrent à détruire le matériel de l’établissement. La direction, désemparée appela la police en renfort. La stupeur et surprise des agents des forces de l’Ordre furent absolues. Toutes issues barricadées, les policiers reçurent différentes sortes de projectiles lancés depuis les fenêtres du premier étage, par les soignants. Sauf qu’un détail important leurs échappa, les pensionnaires se trouvèrent au rez-de-chaussée, et au complet. Les policiers arrivèrent à entrer, et furent assaillis par les aliénés libérés de toute entrave.

    Les tensions existaient déjà entre les États-Unis et le Mexique en 1922. En cause des levées de séquestres sur des terres pétrolifères. Elle devrait augmenter la production d’or noir et baisser le coût des carburants, comme quoi la vie est un éternel recommencement. (Crédits : L’Homme Libre/BnF/Gallica)

    Ne pouvant faire usage de leurs armes à feu, un combat corps à corps s’engagea. Un fou mordu l’un d’entre eux à la gorge et décéda par étranglement, un autre eu les yeux crevés. Il fallut attendre les pompiers avec les pompes pour extirper les malheureux. Arrêter le personnel soignant fut transporté de l’asile à la prison municipale. Les policiers durent cette fois-ci affronter le courroux de la population, car ces derniers voulurent lapider les infirmiers et infirmières sur le trajet, montrant l’indignation populaire.

  • Il y a cent ans… avait lieu un lock-out en Angleterre

    Il y a cent ans… avait lieu un lock-out en Angleterre

    Le syndicat des acconiers ouvre le registre des organisations du port de Londres, en 1866. En août 1911, le syndicalisme connut une résurgence, comparable à celle de 1889, qui se manifesta par une grève générale des ouvriers de la manutention portuaire. Alors qu’à la veille du conflit, le Syndicat des dockers décupla ses effectifs (de 2 000 à 20 000 membres), tandis que celui des arrimeurs doublait (de 4 000 à 8 000). C’est peu dire que les organismes de défense des salariés présentent une véritable opposition en Angleterre.

    Si bien que le 15 avril 1922, eut lieu un lock-out monstre outre-Manche. L’Homme Libre expliquait que les négociations commencèrent le 13 avril pour se clôturer à 5 h ce jour. Pas d’entente après un marathon entre les représentants des patrons et les délégués des 47 institutions syndicales (trade-unions). Sauf que pour une fois, la question concernait le droit des dirigeants. La demande était que ceux-ci émettent un préavis avant toute modification, et surtout après s’être tenu une discussion entre employeurs et employés.

    La marée de protestation était considérable, car pas moins de 600 000 ouvriers prévoyaient de bloquer toute activité si les négociations n’aboutissaient pas. La fédération des mécaniciens indiquait que le lock-out durerait encore à minima trois mois. (Crédits : Hessel Visser/Pixabay)
  • Il y a cent ans… 23 soldats mourraient pour la paix

    Il y a cent ans… 23 soldats mourraient pour la paix

    Un drame se déroulait à la conférence de Gênes, tout juste ouverte. Les accords dits de Gênes de mai 1922 sont issus du sommet qui s’est tenu en Italie du 10 avril au 19 mai 1922. Elle regroupait des représentants de 34 pays avec le but de rétablir l’ordre monétaire mondial, désorganisé par la Première Guerre mondiale. Cette conférence a eu lieu à l’initiative du Royaume-Uni et a réuni tous les États ayant participé au conflit sauf les États-Unis.

    La grandissime Conférence, comme d’aucuns l’intitulent, vient d’avoir un effroyable prélude, soulignait le journaliste de L’Écho d’Alger, le 11 avril 1922. Une déflagration tuait 23 officiers et soldats français, et en blessait dix grièvement. « La préméditation est surabondamment prouvée évidente : l’examen des lieux de l’explosion a permis de rétablir les conditions précises du guet-apens […] », écrivait Guy de Saint-Clair. Les militaires montaient la garde pour le compte de la Société des Nations, afin d’assurer la paix en Europe au sortir de la Grande Guerre.

    La livre sterling, au centre de la stabilité monétaire internationale, était directement affectée par les tractations. Pour pallier ces difficultés, le retour de l’étalon-or se proposait. Mais le Royaume-Uni s’y opposa, la conférence mit en place un système d’étalon de change-or. (Crédits : Agence Rol/BnF Gallica)

    Les rancœurs étaient tenaces, mais une lettre retenait toute l’attention, celle du pape Pie XI. Adressé à l’archevêque de la ville italienne, le geste était salué par la presse comme d’une fine habileté. Car dans une Europe, où la France venait de distinguer l’État de l’Église, la religion catholique était prégnante. La promulgation, le 9 décembre 1905, de la loi concernant la séparation des Églises et de l’État est « l’aboutissement d’un long processus de laïcisation et de sécularisation engagé depuis la Révolution française. »

    Concours d’Ego

    Le souverain pontife rappelait ainsi qu’en qualité de défenseur à la fois de la paix et du droit des peuples, il avait sa place autour de la table. Par ce coup politique, malgré son absence physique, il serait dans toutes les mémoires. Dans tout processus incorporant de nombreux représentants, chacun veut apporter son propos telle une pierre à l’édifice. Hormis les questions de procédure, la réunion préparatoire ne fut qu’une chaise musicale des discours. La délégation française souhaita que le président italien, Luigi Facta prenne seul la parole.

    Les délégués russes en terrasse lors de la conférence de Gênes, non loin du palais San-Giorgio où se déroulaient les débats. Vladimir Lénine, après la Révolution d’Octobre, refusait de se considérer obligé par lesdits « emprunts russes », car il ne les avait pas contractés, soit quelque 12 milliards de francs à 1,6 million de Français. (Crédits : Agence Rol/BnF Gallica)

    Mais c’était sans compter le britannique David Lloyd Georges qui en qualité de promoteur de la conférence, eu le dernier mot. Puis Louis Barthou, Walther Rathenau, Gueorgui Tchitchérine, des représentants de la Petite Entente se firent entendre. Des dissonances d’exclure les États de l’Europe Centrale comme les pays baltes, furent rapidement tues. Il y eut donc quatre commissions de 40 délégués chacune, puis quatre commissions divisées en quatre sous-commissions de dix. « […] attendons la suite, c’est-à-dire l’inauguration de cette solennelle Conférence qui s’annonce sous de biens singuliers auspices », concluait Guy de Saint-Clair.

  • Il y a cent ans… le monde perdait la boule

    Il y a cent ans… le monde perdait la boule

    Le 31 mars 1922, veille du premier avril, Étienne Grosclaude accuse l’Allemagne d’avoir inventé la machine à détraquer le monde, dit la « Maboulite ». Dont la fabrication activement poussée au sein des établissements de M. Stinnes. Elle aurait été, selon les dires de M. Grosclaude, journaliste dirigée sur la commission des réparations suite à la 1re Guerre mondiale, sur la conférence des ambassadeurs puis celle de Washington. L’homme publie à l’époque un livre dont le titre est « La machine ronde a perdu la boule ».

    « On n’est pas sans inquiétude pour la Société des Nations », écrivit L’Action Française. D’ailleurs les divisions entre la France, l’Angleterre et l’Amérique qui ne s’entendaient pas, renforçaient le sentiment de folie ambiante. Tous en sortie de la Première Guerre mondiale et de l’épidémie de peste de 1918, ne pensaient qu’à une chose, reconstruire, alors qu’ils « rapetassaient ». Subtilité de la langue française où ce terme pourrait encore être utilisé aujourd’hui pour définir les actions de certains. Le Littré détermine tel que le fait de « raccommoder grossièrement de vieilles hardes, de vieux meubles, en y mettant des pièces prises de côté et d’autre ».

    Frédéric, Étienne Grosclaude, né le 2 juin 1858 à Paris et mort le 7 janvier 1932 à Paris avenue Kléber, était journaliste, chroniqueur et humoriste français. Il était promoteur de la colonisation dans la deuxième partie de sa vie. (Crédits : diaan11/Pixabay)

    La cocasserie de l’instant était soulevée. Car la mission de rebâtir l’Europe était dévolue à des individus qui devaient se rencontrer à Gènes si « Lénine vit jusque-là, et si Lloyd George ne change pas d’avis une fois de plus. » Les divergences entre le premier ministre du Royaume-Uni et le président du conseil des commissaires du peuple de l’URSS étaient fréquentes, une guerre de communication. Ironiquement, le journal concluait que la maboulite dérangeait alors les cerveaux d’hommes d’État. « Folie universelle, tel serait donc l’aboutissement du règne de la démocratie qui, à son aurore, mettait sur les autels la déesse Raison… »

  • La Guerre, késako ? (1re partie)

    La Guerre, késako ? (1re partie)

    Le conflit qui oppose la Russie et l’Ukraine est partie prenante de nos vies, que nous soyons indifférents, partisans d’un pays ou de l’autre, tout un chacun possède une conviction, un ressenti. Mais qu’est-ce que c’est une guerre ? La population journalistique, ainsi que les invitées des programmes télévisuels, radiophoniques, et écrits, émettent leurs opinions sur l’atrocité de la Guerre. Alors Vladimir Poutine serait le méchant, et Volodymyr Zelensky le gentil, mais est-ce aussi simple ? Existent-ils d’autres conflits ou guerres sur Terre ?

    Débutons par le plus facile, la définition du terme en langue française. La guerre est selon Le Larousse une « lutte armée entre États. La guerre entraîne l’application de règles particulières dans l’ensemble des rapports mutuels entre États ; elle commence par une déclaration de guerre ou un ultimatum et se termine par un armistice et, en principe, par un traité de paix qui met fin à l’état de guerre. » Comme souvent, une action est rythmée et codifiée par le droit international.

    « Si vis pacem, para bellum » est une locution latine, qui se traduit par « Si tu veux la paix, prépare la guerre ». Elle représente le concept de paix armée. (Crédits : Amber Clay /Pixabay)

    La guerre est une querelle qui prend des proportions démesurées, elle existe par conséquent depuis que la planète Terre compte à minima deux individus. C’est un moyen de régler un différend, quand la méthode pacifique échoue. « La guerre en Ukraine nous horrifie tout particulièrement parce qu’elle est aux portes de l’Union européenne. » Ce qui n’est donc pas le cas des conflits ou guerres à travers le globe terrestre. Car l’Europe ne connaît plus la guerre, dite classique, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945. Elle fut réveillée brutalement le 24 février 2022 par l’invasion directe d’un État, l’Ukraine par un autre État, la Russie.

    Guerre et paix

    Le vieux continent se targuait, il y a encore quelques temps de ne pas connaître la guerre depuis plus de 70 ans. L’alternance de la paix et de la guerre était autrefois « normale ». Le droit de la guerre est un droit international. Il procède d’usages militaires devenus coutumes. Elles sont codifiées par des conventions négociées, signées, ratifiées par des États, réunies ou non en Organisations. « Avant 1945, les manuels de droit international avaient deux parties (comme tout livre de droit) : le droit du temps de paix, le droit du temps de guerre. Depuis la Charte des Nations Unies, succédant au Pacte de la Société des Nations, la compétence de guerre des États a été restreinte à la légitime défense (individuelle ou coalisée) face à l’agression, et, hors légitime défense, elle a été transférée au Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) », explique David Cumin, maître de conférences (HDR) à la Faculté de droit de l’Université Jean Moulin Lyon 3 à la Marina Brillié-Champaux, responsable de pôle éditorial chez Dalloz.

    La charte des Nations Unies stipule en préambule que « nous, peuples des nations unies résolues à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. » (Crédits : konferenzadhs/Pixabay)

    Le CSNU est l’organe exécutif de l’Organisation des Nations unies (ONU), il ne dispose pas de forces armées. L’ONU est une organisation internationale regroupant actuellement 193 États membres. Elle a été instituée le 24 octobre 1945 par la ratification de la Charte des Nations unies signée le 26 juin 1945 par les représentants de 51 États. Elle remplace alors la Société des Nations.

    Au sein du CNSU, cinq membres permanents :

    Un État attaqué répondra militairement par l’exercice de son droit à la légitime défense, comme ses alliés. Le Conseil de sécurité des Nations Unies peut condamner et sanctionner l’État « recourant à tort à la force armée ou autoriser les États tiers volontaires à recourir à la force armée contre l’État agresseur ou ayant rompu la paix ».

    Guerre légale et illégale

    Le plus ancien texte évoquant la licéité ou non d’une guerre est le Code de Hammurabi. Ce texte juridique babylonien daté d’environ 1750 av. J.-C., reste à ce jour le plus complet des codes de lois connus de la Mésopotamie antique. En droit international, il n’y a pas de légalité au sens strict d’une guerre. Il y a des guerres licites ou illicites, en jus ad bellum et/ou en jus in bello.

    « Le droit international humanitaire a pour but d’assurer la protection des victimes de la guerre et de leurs droits fondamentaux, ce à quelque partie qu’elles appartiennent. C’est la raison pour laquelle le jus in bello doit rester indépendant du jus ad bellum », explique le comité international de la croix rouge (CICR). (Crédits : WikiImages/Pixabay)

    Le premier, Le Jus ad bellum est le droit à la guerre en latin. Il désigne l’ensemble de critères justifiant l’engagement dans une guerre. jus in bello est la façon de la faire. Le droit international autorise une entité politique à prendre les armes dans trois cas :

    • La légitime défense, lorsque cet État est victime d’une agression de la part d’un autre État (art. 51 de la Charte des Nations Unies)
    • L’assistance aux Nations Unies (art. 2, § 5 et 42 à 47), qui vise à rétablir la paix face à une menace pesant sur l’ensemble de la communauté internationale
    • La lutte armée pour la libération nationale dans le cadre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, impliquant la lutte contre les régimes racistes.

    Les Nations Unies à travers le CSNU peuvent en théorie intervenir. Pour cela la résolution doit être adoptée par neuf voix sur quinze, sans le veto exprès de l’un des cinq membres permanents, qu’est la Russie. Le CSNU est paralysé en cas de conflit mettant aux prises l’un des membres permanents usant du veto. En jus in bello, elle est licite lorsque d’une part, elle est ordonnée par un État, une Organisation intergouvernementale compétente militairement, un MLN, une organisation armée reconnue (par le belligérant adverse, des États tiers ou le CSNU), d’autre part, « celle livrée pour la défense du pays face à une agression ou livrée avec l’autorisation du CSNU ou livrée pour l’autodétermination d’un peuple face au colonialisme ».

    « Le droit international humanitaire a pour but de limiter les souffrances causées par la guerre en assurant, autant que possible, protection et assistance aux victimes. Il traite donc de la réalité d’un conflit sans considération des motifs ou de la légalité d’un recours à la force », indique le CICR. (Crédits : Fathromi Ramdlon/Pixabay)

    Les principes généraux ont valeur coutumière. Parmi les plus importants, figure le principe de distinction des combattants et des non-combattants, des objectifs militaires et des objectifs non militaires. Il est ainsi interdit de viser délibérément les civils, mais pour autant « il n’est pas interdit de les toucher si les dommages collatéraux ne sont pas inutiles ou excessifs par rapport à l’avantage militaire direct et concret attendu », écrivent Christian Nadeau, Julie Saada dans « Guerre juste, guerre injuste ». Si des civils participent directement aux hostilités, il devient donc licite de les attaquer, comme s’ils participent indirectement ou s’ils sont suspects d’une participation, alors « il est licite de les surveiller, évacuer ou interner. » À suivre…