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  • Il y a cent ans… deux histoires parisiennes d’automobiles

    Il y a cent ans… deux histoires parisiennes d’automobiles

    Deux histoires d’automobiles, contées dans l’Écho de Paris le 27 mars 1922, transformaient la vie de Gaston Valentin, Jean Le Gall et Pierre Sebié. Les voitures ne sont pas celles que nous connaissons aujourd’hui. La sécurité, le confort de conduite et autres améliorations ne vinrent qu’avec le temps, accidents, et prises de conscience de la dangerosité de l’être humain. Déjà les constructeurs, ou géniaux inventeurs, composèrent des véhicules terrestres à moteur avec, et sans permis, les dernières ont conservé le nom de voiturette.

    Gaston Valentin est un amoureux de la belle mécanique dirait-on. Passionné par les voiturettes automobiles, qui peuvent se conduire sans posséder le permis, il n’hésite pas à emprunter celle d’autrui. Ainsi l’homme déambulait, à La Celle-Saint-Cloud lorsqu’il vit une voiturette arrêtée sur la bordure. Ce terme était utilisé pour la première fois par le constructeur automobile français Léon Bollée. Il s’en servait pour désigner un tricycle de son invention. Il en déposa le nom, et ce mot, comme le frigo (qui est une marque) à la place du réfrigérateur, est au fil du temps passé dans le langage usuel. N’écoutant que son désir, il mit le moteur en marche, pris se aises en s’installant au volant puis démarra.

    Les voiturettes se pilotaient sans permis, ni carrosserie. Inventée par Léon Bollée en 1895, elle est connue sous le nom de « tricar » au Royaume-Uni. (Crédits : Joost J. Bakker)

    Sortant d’une boutique, le propriétaire courut derrière son véhicule et le voleur. Entendant des cris, Gaston Valentin se retourna, perdit la tête et fonça volontairement dans un arbre. Interrogé par le juge d’instruction, il avoua s’être emparé de l’automobile, car il la trouvait « très jolie ». Le magistrat chargea un médecin légiste de procéder à l’examen mental du prévenu, dans la mesure où il ne semblait pas jouir totalement de ses facultés.

    Rupture de direction

    Non loin de là, près de la Porte de Trappes, une issue moins heureuse se déroulait. Une automobile faisait une terrible embardée. Elle était pilotée par le mécanicien Jean Le Gall, âgé de 35 ans, avec à ses côtés son ami Pierre Sebié. Selon les témoins de la scène, le véhicule roulait, subjectivement, à vive allure. La rupture de la colonne de direction les envoya brutalement dans le décor. « Les deux hommes furent grièvement blessés et ne tardèrent pas à expirer », écrivait le journal L’Écho de Paris.

  • Il y a cent ans… un septuple assassinat odieux à Belfast

    Il y a cent ans… un septuple assassinat odieux à Belfast

    Les massacres, assassinats ou tout autre crime effectué pour des questions de religions ou de non-tolérance ne datent pas d’hier. Il y a tout juste cent ans, dans la ville de Belfast en Irlande, la mort de sept personnes de la même famille faisait les gros titres de presse. Froidement abattus dans leur salon, d’une balle de revolver en pleine tête, car leur faute était d’être de confession catholique. Ainsi huit jours après la fête de la saint Patrick, un père et ses six fils décédaient fauchés, pas des meurtriers assoiffés de religion.

    Le petit journal relatait le 25 mars 1922 un crime odieux commis à l’aube du jour à Belfast. Il est 4 h 30 lorsque des bandits revêtus d’uniforme d’agents de Police enfonçaient la porte d’une maison habitée par la famille Owen Mac Mahon. Située à Kinnaird Terrace, près d’Antrim Road, la famille de dix personnes dormait paisiblement. Revolver à la main, les gangsters les réveillèrent et les obligèrent à descendre dans le salon. Mari et femme, suivi par les fils et filles se retrouvèrent au rez-de-chaussée, avant d’être séparés. Les hommes de la famille, soit le père et ses six fils furent alignés contre l’un des murs de la pièce. Les criminels les abattirent l’un après l’autre, à bout portant. Durant le massacre, Mme Mahon et ses deux filles étaient dans la pièce contiguë surveillées par un des membres dudit gang armé.

    Quand on évoque les drames sanglants en associant l’Irlande, il vient en tête la chanson, entre autres (John Lennon, dans Some Time in New York City/Stiff Little Fingers avec Bloody Sunday) de U2 « Sunday Bloody Sunday » faisant référence à une tuerie de 1972, malheureusement, 50 ans plus tôt, elles existaient déjà… (Crédits : Le Petit Journal/BNF Gallica)

    Le bruit généré par les détonations d’armes à feu alerta les voisins qui prévinrent le poste de police le plus proche. Le journal relate que « la mère et ses deux jeunes filles étaient agenouillées devant les cadavres […] » à l’arrivée des forces de l’ordre. Elles n’étaient pas en capacité de donner quelconque renseignements. « Les meurtriers ne peuvent même pas invoquer le prétexte de crime politique […] Son seul forfait, aux yeux des assassins, était d’appartenir au catholicisme. » Les catholiques de l’Ulster tenaient une réunion au cours de laquelle ils ont protesté énergiquement contre les meurtres commis avec préméditation dont sont quotidiennement victimes les familles catholiques. Les guerres de religion, les assassinats, la non tolérance parce vous êtes différents ne date pas d’hier.

  • Lapsus$: Un adolescent accusé d’être un cybercriminel

    Lapsus$: Un adolescent accusé d’être un cybercriminel

    Le 24 mars 2022, la police de Londres révèle avoir récemment arrêté sept personnes liées à une organisation d’opérateurs malveillants. L’inspecteur-détective Michael O’Sullivan de la police de la ville de Londres a déclaré que sept individus âgés de 16 à 21 ans avaient été interpelés dans le cadre d’une investigation sur un groupe de piratage. Tous ont depuis été libérés, a affirmé O’Sullivan, ajoutant que l’enquête était en cours. Un jeune homme de 16 ans, connu en ligne sous le pseudonyme de « White », a été accusé d’être l’un des chefs du gang Lapsus$ par la police londonienne.

    L’adolescent qui vit avec sa mère à Oxford soupçonné d’appartenir à Lapsus$ et d’en être l’un des leaders. Les forces de l’ordre de Londres n’ont pas voulu dire s’il en faisait partie du groupuscule. L’ado qui d’après la BBC aurait amassé une fortune de 14 millions de dollars (12,73 millions d’Euros) a été « doxxé » par des opérateurs rivaux. Reconnue en ligne comme « White » ou « Breachbase », serait à l’origine de la prolifique équipe de pirates Lapsus$, qui selon les informations serait basée en Amérique du Sud.

    L’adolescent, qui ne peut être nommé pour des raisons évidentes et juridiques, fréquente une école spécialisée à Oxford. L’enfant qui est autiste passait beaucoup de temps sur les ordinateurs, son père imaginait « qu’il jouait à des jeux ». (Crédits : TheOtherKev/Pixabay)

    « Je n’avais jamais entendu parler de tout cela jusqu’à récemment. Il n’a jamais parlé d’un quelconque piratage, mais il est très bon en informatique et passe beaucoup de temps sur l’ordinateur », s’étonnait le père du garçon au micro de la BBC. La compagnie récente s’est illustrée sur les infections de NVidia, Okta, Microsoft, Samsung, mais auparavant le ministère de la Santé brésilienne et la société de presse Impresa, également au Brésil. « Nous avons son nom depuis le milieu de l’année dernière et nous l’avons identifié avant le doxxing », a déclaré Allison Nixon, responsable de la recherche à la société d’investigation en cybersécurité Unit 221B.

    300 Bitcoins amassés

    Les individus qui l’ont dénoncé ont également révélé son nom, adresse et ses photos sur les réseaux sociaux. Ils ont encore publié une biographie de sa carrière de pirate, en disant : « Après quelques années, sa valeur nette s’est accumulée pour dépasser largement les 300 Bitcoins… il est maintenant affilié à un groupe de ransomware connu sous le nom de Lapsus$, qui a extorqué et piraté plusieurs organisations. »

    Mme Nixon affirme que les chercheurs l’ont suivi à la trace grâce à un flux d’activité lié à un flux presque ininterrompu des comptes en ligne du garçon. Elle assure que la piste a été suivie grâce aux erreurs commises par l’adolescent, qui n’a pas su couvrir ses traces. (Crédits : Kevin Snyman/Pixabay)

    Lapsus$ existe depuis peu, mais c’était rapidement créée une réputation sulfureuse. Cette compagnie est l’une des bandes d’opérateurs informatiques les plus connues et les plus redoutées, après avoir réussi à pénétrer dans de grandes entreprises comme Microsoft, et s’en être vanté en ligne. Un péché d’orgueil ? « Unit 221B travaillant avec Palo Alto après avoir identifié l’acteur, l’a surveillé sur ses exploits tout au long de l’année 2021, envoyant périodiquement aux forces de l’ordre un avis sur les derniers crimes. »

  • Arrestation digne d’un film d’espionnage

    Arrestation digne d’un film d’espionnage

    C’est un nouveau film qui pourrait naître, ou bien un volet de la plus célèbre série cinématographique « James Bond 007 ». Car c’est un chapitre qui s’ouvre après l’arrestation et l’extradition de Wladislav Klyushin. Le 21 mars 2021, un homme est emprisonné à Sion en Valais. Selon son avocat, cette personne séjournait en Suisse avec sa famille pour des vacances au ski. L’Office fédéral de la justice l’arrête et lui ordonne à la garde à vue. Son extradition est décrétée le 24 juin et exécutée le 18 décembre. Son procès a commencé lundi 3 janvier 2022.

    Le 13 décembre 2021, le Tribunal pénal fédéral suisse a rejeté le recours de Vladislav Klushin contre la décision de l’extrader vers les États-Unis. Selon l’homme d’affaires russe, l’affaire a pour but de « le coincer pour des accusations de délit d’initié forgées de toutes pièces ». Mercredi 5 janvier 2022, un homme comparaissait au sein d’une cour américaine au Massachusetts, présidé par la juge Marianne Bowler, pour entendre sa mise en accusation sur des faits de délits d’initié, qu’il nie. Les co-accusés sont Ivan Ermakov, Mikhail Vladimirovich Irzak, Igor Sergeevich Sladkov et Nikolai Rumiantcev sont toujours pourchassés pour être traduits devant la justice américaine. La pression monte d’un cran sur les Cosy Bear avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, souligne 24Heures. Selon Oliver Ciric, avocat de Vladislav Klushin le président démocrate voudrait se venger.

    L’avis de recherche contre le hacker présumé Ivan Yermakov, qui travaille pour Vladislav Klyushin dans la société M-13. Il est un gros poisson dans le milieu de l’espionnage. La justice américaine indique qu’il a le grade d’officier dans l’unité 26165 au sein du GRU. (Crédits : DR)

    Les personnes dites « initiées » sont celles susceptibles de détenir des informations confidentielles à titre professionnel (L. 465-1 du Code monétaire et financier). Au-delà de cette affaire de fraude boursière, il pourrait cependant fournir des infos très importantes, notamment sur l’ingérence russe supposée dans l’élection de 2016 ainsi que d’autres opérations de renseignement, déclarent d’anciens responsables américains à CNN. Des dirigeants à la retraite du ministère de la Justice et de la Sécurité intérieure affirment que cela porte un intérêt majeur. Car, ils évoquent une interaction étroite entre la société de cybersécurité de Vladislav Klyushin, basée à Moscou, et le gouvernement russe, ainsi qu’une relation présumée de Klyushin avec un ancien officier du renseignement militaire du GRU.

    Recherché depuis 2019

    L’homme était recherché, poursuivi depuis 2019. Il semblait se dérouler le jeu du chat et de la souris. Des Américains auraient tenté de le pourchasser dans le sud de la France dès 2019. Les Britanniques échouaient à Édimbourg, en 2020. En mars 2021, c’est la Suisse « neutre » qui met la main sur Wladislav Klyushin. Il est le premier directeur général adjoint de la compagnie M-13 basée à Moscou, entreprise qui conseillerait les autorités. Selon l’acte d’accusation, le site de M-13 indiquait que les « solutions informatiques » de la société étaient utilisées par « l’administration du président de la Fédération de Russie, le gouvernement de la Fédération de Russie, les ministères et départements fédéraux, les organes exécutifs régionaux, les sociétés commerciales et les organisations publiques ».

    Il a reçu des mains de Vladimir Poutine, la médaille de l’Ordre d’Honneur. la médaille de l’Ordre d’Honneur. Il est décerné aux citoyens russes en récompense d’accomplissements ayant mené à une amélioration des conditions de vie dans le pays, ou pour services rendus. (Crédits : DR)

    Les quatre Russes accusés y travaillent tous, selon le document de la justice américaine. L’arrestation de Klyushin est potentiellement un trésor inestimable, voire une « mine d’or », considère l’expert en sécurité Christopher Krebs. « S’il cède, il pourra peut-être confirmer les thèses des services secrets sur l’influence de la Russie sur les élections de 2016. S’il ne coopère pas, sa condamnation pourrait servir d’exemple », déclarait Christopher Krebs à CNN.

    Jeu de poupée russe

    Le gouvernement américain n’a pas publiquement relié Klyushin à la supposée ingérence russe dans l’élection de 2016, menant à la victoire de Donald Trump. Mais l’un des coaccusés de Klyushin dans l’affaire de fraude boursière est Ivan Ermakov, est un ancien officier de la Direction principale du renseignement russe. Le président de la Russie, Vladimir Poutine a été directeur du FSB. « Lorsque quelqu’un comme lui a été arrêté, toute opération dont il aurait eu connaissance devient immédiatement suspecte du point de vue du contre-espionnage », a déclaré Holden Triplett, un ex-haut fonctionnaire du FBI basé en Russie à CNN. « Tout ce qu’ils ont touché est maintenant sous le microscope ».

    Les deux candidats, Donald Trump et Hillary Clinton à la primaire républicaine de 2016, avant le drame. 26 165 est le numéro qui désigne la redoutable section d’État chargée des attaques informatiques contre des institutions et des tiers. L’agent Ivan Yermakov agirait pour le compte de l’organisation nommée Fancy Bear ou Cosy Bear. (Crédits : AFP)

    Le fait d’armes mondialement connu d’Ivan Ermakov se déroulait de 2015 à avril 2016. Cozy Bear, ou APT29 est suspecté d’être impliqué dans le piratage du Comité national démocrate en lien avec l’Ingérence russe présumée dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Cozy Bear s’était infiltré dans le parti démocrate depuis l’été 2015, mais c’est en avril 2016 qu’un autre groupe appelé Fancy Bear aurait piraté également le parti de manière indépendante. Il aurait donc participé à l’infection pour soutirer des documents des serveurs du parti démocrate aux États-Unis. Ainsi près de 30 000 courriels sont alors jetés en pâture sur les réseaux sociaux, comme Hillary Clinton est éclaboussée. L’acte est toujours considéré aux États-Unis au même degré qu’une tentative de la part du Kremlin d’influencer le processus électoral. De plus, l’organisation Cozy Bear est accusée par les autorités de renseignement canadiennes (CST), américaines (NSA) et britanniques (NCSC) de différents essais d’exfiltration, qui seraient survenus en juillet 2020, sur le développement d’un vaccin contre le SARS-CoV-2, provocant le Covid-19.

  • Le site de la RNLI hors ligne après une cyberattaque présumée

    Le site de la RNLI hors ligne après une cyberattaque présumée

    Ceux qui œuvre au sein de la Royal National Lifeboat Institution (RNLI) naviguent désormais comme dans le fog londonien sur le web, à vue. Depuis le 4 décembre 2021, le site a été mis hors service par précaution. Selon le Mail Online, cette infection par codes malveillants serait attribuée à des groupes dits anti-migrants après que des bateaux ont sorti 100 migrants, dont des bébés, d’une mer agitée au petit matin. Les sauveteurs avaient signalé à la police britannique avoir reçu des courriels menaçants.

    « Le site Web de la RNLI a fait l’objet d’une activité suspecte aujourd’hui, vendredi 3 décembre 2021 », déclarait un porte-parole de la RNLI. La vitrine de l’organisation caritative est depuis hors ligne, après que l’incident fut découvert et que son personnel ait reçu environ 3 000 courriels d’intimidation. « D’éminents activistes soupçonnent des groupes d’extrême droite d’être à l’origine de l’incident après que Britain First a exhorté ses partisans à envoyer des courriels de plainte à l’organisation caritative », relate le Mail Online. Le mouvement politique Britain First, à travers son leader Paul Golding a « nié toute implication », déclarant au Mail Online qu’il « n’a pas la capacité de pirater des sites web et quiconque suggère que nous pourrions le faire répand de fausses nouvelles ».

    Toute personne se rendant sur le site de l’association est dirigée vers une page d’accueil indiquant que « la requête est bloquée ». (Crédits : capture d’écran)

    La Royal National Lifeboat Institution, colle dans la volonté de sauver des vies à notre Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM). Elle est la plus grande organisation caritative qui sauve des vies en mer autour des côtes du Royaume-Uni, de la République d’Irlande, des îles Anglo-Normandes et de l’île de Man, ainsi que sur certaines voies navigables intérieures. « Nous nous concentrons sur notre objectif principal, qui est de sauver des vies en mer, et notre service de sauvetage 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 reste pleinement opérationnel », ajuste le porte-parole en rappelant à son personnel et ses bénévoles de rester vigilants afin d’assurer leur propre sécurité et celle de leurs collègues.

    La RNLI qui est une organisation caritative au Royaume-Uni et en République d’Irlande, est visée par une infection malveillante. (Crédits : UKNewsPictures)

    Le groupe a déclaré sur son compte Telegram, car banni de tous les réseaux sociaux : « Britain First a lancé une campagne de plaintes à l’encontre de la RNLI pour faire pression sur elle afin qu’elle abandonne son soutien à l’immigration illégale et au trafic d’êtres humains et qu’elle se concentre plutôt sur le sauvetage des vies britanniques le long de nos zones côtières ». La semaine dernière, alors que la tempête Arwen s’abattait sur la Grande-Bretagne avec des vents de force coups de vent dépassant les 50 kilomètres par heure, la RNLI a mis quatre marins en sécurité au large des côtes du Pays de Galles. La semaine précédente, l’équipe de sauvetage dans le nord de l’Angleterre a affronté des vagues de six mètres pour sauver six pêcheurs, sur leur bateau de 14 mètres après que son moteur soit tombé en panne. Des interventions comme celles-ci, l’organisme de bienfaisance entièrement bénévole qui existe depuis 200 ans en effectue régulièrement, sans jugement ni préférence, à toute personne en difficulté en mer. Samedi 4 décembre 2021, les mauvaises conditions météorologiques entravaient opérations de secours, notamment en raison du brouillard.

    Tandis que la tension provoquée par les déclarations du groupe politique Britain First envers la RNLI battait son plein, c’est cet actuel drame qui occulte cette campagne de dénigrement. Vingt-sept personnes, dont sept femmes, dont l’une était enceinte, et trois enfants, ont péri lorsque leur bateau a chaviré mercredi 24 novembre 2021, dans le détroit du Pas-de-Calais. « La Manche, nouveau cimetière à ciel ouvert […] C’est l’événement le plus meurtrier depuis 2018 […] », s’indignait France Bleu.

    Une migrante et sa progéniture après avoir été aidés à débarquer d’un bateau de sauvetage de la RNLI sur une plage de Dungeness, sur la côte sud-est de l’Angleterre, le mois dernier. « Nous ne pouvons pas oublier que l’interminable débat sur l’immigration […] est un débat sur le droit des gens à vivre », a déclaré Rosie Carter, de HOPEnotHate. (Crédits : AFP)

    Consécutif aux 27 décès et aux opérations des forces de l’ordre, cinq personnes ont été arrêtées en France, dont un homme interpellé pendant la nuit au volant d’un véhicule immatriculé en Allemagne, rempli de bateau gonflable, type « zodiac ». Bien qu’il n’y ait « aucun lien prouvé » avec le naufrage, selon les procureurs, bien que le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin insistait sur le fait que tous étaient « directement liés » aux noyades. L’enquête est en cours. « La RNLI est fière du travail humanitaire de ses équipages bénévoles de bateaux de sauvetage dans la Manche et nous sommes reconnaissants de l’élan de soutien que nous avons récemment reçu », ajoutait le porte-parole. Les événements tragiques « nous rappellent tristement à quel point il est dangereux de prendre la mer dans l’une des voies de navigation les plus fréquentées du monde à bord d’embarcations non adaptées » à la traversée, surtout à l’approche de l’hiver ou la mer forcit.

  • Une récompense de 10 millions de dollars

    Une récompense de 10 millions de dollars

    Pour les remporter, il ne faut pas acheter un jeu de grattage, ni même un billet de tombola, ou encore participer à la Lotería de Navidad en Espagne. Comme dans les westerns spaghettis, répondre à un avis de recherche contre des malfaiteurs, par des renseignements. En effet, le Département d’État américain annonce une gratification numéraire pouvant croître jusqu’à 10 000 000 $, pour toute information menant à l’identification, ou à la localisation de toute personne occupant un poste clé au sein du groupe criminel, usant du RaaS connu sous le nom de « DarkSide ».

    Une récompense pouvant aller jusques et y compris à 10 000 000 $, en outre, le ministère en octroie une autre jusqu’à 5 000 000 $, cette fois pour toute indication conduisant à l’arrestation, comme à la condamnation, ce dans n’importe quel pays, de tout individu ayant ou tenté participer à un incident lié au RaaS (Ransomware as a Service) DarkSide. L’affaire dite de Colonial Pipeline en mai 2021 a mis le feu aux poudres. L’infection par codes malveillants a abouti à la décision de la société de fermer de manière proactive et temporaire le pipeline de 5 500 miles qui transporte 45 % du carburant utilisé sur la côte est des États-Unis.

    Le Département qui gère le programme de récompenses pour la criminalité transnationale organisée (TOCRP) est en étroite coordination avec ses partenaires fédéraux chargés de l’application de la loi. Dans le communiqué de presse, l’institution clame haut et fort que plus de 75 hors-la-loi transnationaux et grands trafiquants de stupéfiants ont été traduits en justice depuis 1986 grâce aux efforts conjoints avec le NRP (Programme de récompense des narcotiques). Le ministère se targue d’avoir versé plus de 135 millions de dollars à ce jour.

    L’affiche délivrée par le bureau fédéral d’investigation, et le département de la justice américaine est sans ambiguïté. (Crédits : DR)

    Une autre somme du même acabit est offerte envers un ressortissant colombien pour un système de corruption présumé. D’après l’acte d’accusation de dix-neuf pages, les cinq hommes auraient reçu 1,6 milliard de dollars du Venezuela et auraient transféré 180 millions de dollars par ou vers des comptes bancaires aux États-Unis. Les trois Colombiens et les deux Vénézuéliens font face à un chef d’accusation de conspiration en vue de commettre un blanchiment d’argent et à quatre de blanchiment d’argent. « À partir de 2015, Pulido et d’autres individus ont commencé à travailler pour obtenir ou conserver des contrats pour fournir de la nourriture au peuple vénézuélien. Pulido et ses co-conspirateurs auraient majoré le coût de production des boîtes de nourriture afin de réaliser un profit personnel sur leur production », peut-on lire dans le communiqué.

    De DarkSide à REvil

    REvil, connu également sous le nom de Sodinokibi, a été détecté pour la première fois en avril 2019. Il exploitait la vulnérabilité O-Day Oracle WebLogic. Les opérateurs développant et commercialisant ce ransomware ont déclaré « être d’anciens affiliés de GrandCrab ayant acheté le code source ». REvil est vendu en tant que RaaS sur les forums cybercriminels russophones par l’identité numérique « UNKN » depuis mai 2019, explique L’Usine Digitale. L’association avait disparu la veille de la fête nationale française avant de réapparaître début septembre. Il semble que cette fois, REvil n’est plus. Un acteur lié à REvil connu sous « 0_neday » annonçait la fin des activités. La motivation est extrêmement simple et compréhensible. Un un tiers non identifié dispose d’une copie de l’infrastructure du groupe, jusqu’aux clés privées des sites accessibles via Tor.

    Gazouillé par Dmitry Smilyanets, de Recorded Future, et selon le cybermalfaiteur : « Le serveur était compromis et ils me cherchaient. Pour être précis, ils ont supprimé le chemin vers mon service caché dans le fichier torcc, et ont augmenté le leur pour que j’y aille. J’ai vérifié sur d’autres – ce n’était pas le cas. Bonne chance à tous, je m’en vais. » (Crédits : DR)

    Selon le département américain du Trésor, les opérateurs derrière les ransomware ont capté à minima la cagnotte de cinq milliards de dollars en quelques années. Le conglomérat REvil était connu pour exiger des sommes très élevées afin de déchiffrer les données cryptées. Le record est de 70 millions de dollars américains. En juin 2021, le président américain Joe Biden menaçait son homologue russe Vladimir Poutine de conséquences s’il ne prenait pas de mesures contre les groupes de cybercriminels usant de codes malveillants depuis la Russie. Le gouvernement allemand d’Angela Merkel abordait aussi régulièrement cette même menace avec l’administration russe, selon le ministère des Affaires étrangères. Mais l’identification concrète de suspects est considérée comme extrêmement difficile.

    Des sommes très importantes ont été saisies, avec du matériel informatique. Les auteurs « siphonnaient » de l’argent pour des pirates informatiques internationaux et, au cours de leur activité, ils ont « légalisé » ainsi des dizaines de millions de dollars. (Crédits : Police ukrainienne)

    Pourtant et depuis plusieurs mois, l’Office fédéral de la police criminelle (BKA) et le Baden-Württemberg LKA (police de proximité) enquêtent sur le groupe REvil. Les forces de l’ordre allemandes auraient identifié l’un des opérateurs principaux, révèlent Die Zeit et BR24 dans deux articles publiés le 28 octobre 2021. Sur les réseaux sociaux, Nikolay K. (nom modifié) se présente comme un trader de cryptomonnaies, dont sa devise est « In Crypto we trust ». L’investigation permet de se faire une idée précise du comportement de l’homme en question : maison avec piscine près d’une grande ville du sud de la Russie, vacances de luxe à Dubaï et aux Maldives, un yacht à 1 300 euros par jour. Les enquêteurs pensent que cet homme serait l’un des cerveaux du célèbre logiciel malveillant REvil et de son prédécesseur présumé Gandcrab. Car « son train de vie luxueux est vraisemblablement financé par l’argent des extorsions – versé par les entreprises et les autorités victimes d’attaques de pirates informatiques ».

    11 personnes arrêtées en Ukraine

    La police ukrainienne a révélé l’arrestation d’un groupe usant de ransomware. Ces derniers auraient attaqué une cinquantaine d’entreprises en Europe comme en Amérique. La réclusion encourue est au maximum de douze années. « Les infractions pénales ont été découvertes par des officiers du département de cyberpolice, en collaboration avec la direction des enquêtes de la police nationale, des représentants du bureau du procureur général, avec la participation de collègues de l’Union européenne, de l’Union européenne, des forces de l’ordre de France, des États-Unis, des Pays-Bas et de Norvège », explique le communiqué en date du 29 octobre 2021.

    Les individus ont produit et vendu des clés USB avec des virus, qui ont cassé les portefeuilles numériques des victimes et leur ont volé des cryptomonnaies. (Crédits : Police Ukrainienne)

    Le groupe était composé de 11 membres. Deux d’entre eux distribuaient directement le logiciel malveillant, tandis que les autres assuraient le support des serveurs et aidaient à retirer l’argent obtenu par des moyens illégaux. Le cumul des sommes avoisinerait les 120 millions de dollars. Les pertes subies par les proies s’élèvent à 120 millions de dollars. Parmi les victimes figurent des entreprises de France, de Norvège, d’Allemagne, de Suisse, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et des États-Unis. Ce sont vingt-huit perquisitions qui ont été effectuées dans la ville de Kiev, les régions de Volyn, Ternopil, Kharkiv, Zaporizhia et de Donetsk.

    Le FSB à l’origine d’attaque contre des agences gouvernementales ukrainienne

    L’information va faire grand bruit. Les experts en cybersécurité du SBU « ont identifié les pirates informatiques du célèbre groupe ARMAGEDON, responsables de plus de 5 000 cyberattaques contre des organismes gouvernementaux ukrainiens et des infrastructures critiques », indique le site Ukrinform. Il a été établi que ledit groupe fait partie du FSB, et que ce dernier « opérant depuis la Crimée occupée, ainsi que des traîtres qui ont pris le parti de l’ennemi lors de l’occupation de la péninsule en 2014 », rapportait le communiqué de presse de la SBU.

    L’agence de sécurité ukrainienne a révélé l’identité des présumés coupables, ayant obtenu des preuves irréfutables de leur activité illégale, notamment des appels téléphoniques interceptés, « malgré le fait que le réseau utilisait des logiciels malveillants produits par le FSB, ainsi que des moyens d’anonymisation en ligne ». (Crédits : SBU)

    Depuis l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014, l’éclatement du conflit armé dans l’est de l’Ukraine, entre forces ukrainiennes et séparatistes pro-russes, a fait depuis plus de 13 000 morts. Depuis sept années, les auteurs supposés, ci-dessus (demeurant innocent avant d’être reconnus responsables) auraient mené plus de 5 000 cyberattaques et poursuivi les tentatives d’infection de plus de 1 500 systèmes informatiques gouvernementaux. Les principaux objectifs du groupe dirigé par le FSB étaient les suivants :

    • Prendre le contrôle d’infrastructures critiques (centrales électriques, systèmes de chauffage et d’approvisionnement en eau)
    • Collecte de renseignements sur la sécurité, la défense et les opérations des agences gouvernementales
    • Mener des opérations psychologiques
    • Bloquer les systèmes d’information

    Actuellement, cinq membres de l’organisation criminelle ont été accusés de haute trahison en vertu de l’art. 111 du Code pénal ukrainien. Selon les renseignements dont dispose le SBU, le groupe de hackers ARMAGEDON est un projet spécial du FSB, dont la cible principale était l’Ukraine. « Son travail était coordonné par le 18e centre (centre de sécurité de l’information) du FSB, basé à Moscou ». Une enquête plus approfondie, comprenant des examens médico-légaux, est en cours. Elle a pour finalité de traduire en justice les agents du FSB accusés d’espionnage, d’interférence non autorisée avec les systèmes informatiques et de création de logiciels ou de matériels malveillants.

  • Ne jugez pas, ne soyez pas superficiel !

    Ne jugez pas, ne soyez pas superficiel !

    Ne jamais considérer un livre sur sa couverture, comme une personne selon son allure, bien que cela soit légion et monnaie courante. Qui est devenu docteur en astrophysique après une carrière pleine et entière en tant que musicien ? Qui a écrit des œuvres érotiques avant d’enseigner la morale religieuse et chasteté ? Le cas échéant, veiller au grain, que représentent ces expressions ? Est-ce respectueux de montre du doigt, ou du pied ? Les acronymes ne sont pas toujours heureux, dans certains cas dérangeants, provoquant un comique de situation occasionnellement.

    Le jugement est un sentiment humain. Il est grand, il est gros, elle est maigre, elle est petite… parfois, l’envolée lyrique de nos pensées, de nos paroles ou de notre gestuelle est blessante, alors qu’elle ne traduit que nos ignorances. Sans connaître ladite personne, nous préjugeons, nous jugeons, nous mettons au banc de la société, parce qu’elle ne mérite pas de… sérieusement ? La différence est une force, la remise en question doit être permanente, car nécessaire. En quoi le fait qu’il soit enveloppé vous incommode, en quoi le fait qu’il aime une personne du même sexe vous trouble, en quoi le fait qu’un individu soit plus riche que vous, en quoi le fait qu’une femme soit plus intelligente qu’un homme (et vice-versa) vous dérange. « Il y a plusieurs siècles, l’idée que les femmes étaient intellectuellement inférieures aux hommes était considérée comme une réalité. La science a longtemps cherché à trouver les différences qui sous-tendaient cette hypothèse. Peu à peu, de nombreuses études ont démenti bon nombre de ces différences, mais notre monde reste obstinément sexué », écrit Melissa Hogenboom.

    Queen est l’un des plus grands groupes de rock britannique de l’histoire. Il a vendu plus de 300 millions d’albums à l’échelle internationale en 2009, dont 32,5 millions aux États-Unis. (Crédits : Queenonline)

    Remontons dans la « DeLorean DMC-12 » de « Retour vers le futur », en 1970 aux alentours de Picadilly Circus. Au sein de The Old Smoke (surnom de Londres après la catastrophe de 1952), un astrophysicien, un biologiste et un électronicien se rencontrent. Ils forment un groupe qui restera et demeurera célèbre. John Deacon, bassiste, débarque à Londres en 1969 pour suivre des cours d’électronique. Il obtiendra un diplôme dit « First-class honours » récompensant les apprenants ayant la meilleure moyenne, ou major de promotion. Roger Taylor, le futur batteur après avoir commencé des études de médecine pour devenir dentiste, s’orientera vers la biologie. Il décroche le « Bachelor of Sciences », équivalent de la licence en France, avec trois années supérieures. Puis Brian May est le plus capé. Il est diplômé de sciences physiques à l’« Imperial College » de Londres, ou il débute une thèse de doctorat en astrophysique. Alors que le quatuor a déjà enregistré deux albums, il la met en sommeil (dans son grenier) pour se consacrer au groupe. Il s’y penche de nouveau en 2006 après trois décennies. Il soutient celle-ci le 23 août 2007, et devient docteur en astrophysique. Ces trois personnes, qui ont fait de brillantes études, sont connues de tous. Avec le Chanteur Freddie Mercury, ils formaient le légendaire, l’un des plus grands groupes de rock, Queen.

    Épicurien et lecture érotique

    Un autre hère dont l’habit ne fait pas le moine, est Enea Silvio Piccolomini. Si ce nom ne vous évoque pas le moindre soubresaut de mémoire, rassurez-vous, vous le connaîtrez sûrement sous sous l’appellation de Pie II. De la même manière que tout un chacun, avant sa fonction pontificale, il eut une vie remplie. Chargé de nombreuses missions, comme auprès de l’empereur Frédéric III, il voyage à travers l’Europe et joue un rôle en vue dans l’assemblée des évêques, agissant à la limitation des pouvoirs du Saint-Père, un camouflet en soi. Son Libellus dialogorum de Concilii auctoritate (1440) fait de lui un des tenants des théories conciliaires.

    Ne jugez pas le coureur à son allure, il vient peut-être de parcourir un marathon. Le pape Pie II était épicurien avant d’être le chef de l’église catholique. (Crédits : détail de la fresque Le couronnement de Pie II peinte par Pinturicchio, 1504. Scènes de la vie de Pie II de la Libreria Piccolomini. Cathédrale de Sienne.)

    Cette première partie de son existence le montre sous les traits d’un mondain épicurien, auteur de poésies érotiques, de comédies très libres et d’un roman d’amour profane, « L’Histoire de deux amants » en 1444. Il est écrivain prolifique de 245 œuvres textuelles, de cinq manuscrits et archives et de 45 livres. Enea Silvio Piccolomini (1405 – 1464) fut atteint d’une grave affection (Goutte) qui l’amena à corriger sa vie licencieuse, en 1445. Il prit les ordres l’année suivante, et débuta une grande carrière de diplomate. En 1458, il fut élu pape sous le nom de Pie II. Après cinq années, onze mois et vingt-six jours, il meurt d’épuisement, dû à sa maladie, le 15 août 1464.

    Veiller au grain

    Les expressions françaises sont quelquefois des faux-amis. Ainsi « Veiller au grain » est une métaphore marine datant du début du XIXe siècle. Cela n’a rien à voir avec le jardinier qui surveille si ses graines semées poussent. Issue du monde maritime où le grain est une rafale aussi brutale que soudaine. Le plus souvent accompagné de grêle ou de neige. À cet instant, le matelot se devait de réduire la surface de la voile pour s’adapter à la force du vent. « Tu peux te brosser Magalie » est un syntagme indiquant à la personne citée, ici Magalie qu’elle n’aura pas ce qu’elle désire. Charles-Louis d’Hautel dans son livre « Dictionnaire du bas-langage ou des Manières de parler usitées parmi le peuple » mentionne à la page 136 de son livre : « Ça fait brosse : Locution baroque et très usitée parmi le peuple pour faire entendre à quelqu’un qu’on ne veut pas lui accorder ce qu’il demande ; qu’il est venu trop tard pour avoir part à quelque chose dont on faisoit la distribution. »

    Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages !

    Michel audiard

    Les dialogues léchés, les ritournelles des films où Michel Audiard est à l’affiche, sont cultes (Comment réussir quand on est con et pleurnichardElle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause !Les Tontons flingueurs…). Il appose sa marque de fabrique, sa patte dans son tout premier long métrage en 1968 : « Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages ». Au sein de cette formule, les enfants du bon Dieu, sont les femmes et les hommes dignes de ce nom. Opposés à ces pauvres canards, des volatiles censés être des espèces d’imbéciles. Si la genèse est inconnue, cette expression fut usitée de célèbres inconnus : Antoine Blondin, Michel Audiard ou encore le général de Gaulle. « Pendant les périodes électorales, cette expression est brutalement oubliée par nos hommes politiques de tous bords qui n’arrêtent pas de nous prendre pour des imbéciles », souligne Georges Planelles dans « Les 1001 expressions préférées des Français » (Édition définitive, 2019).

    L’impolitesse, ou l’imbroglio

    Les us et coutumes d’un pays à l’autre sont parfois sujets à discordes. En France, depuis notre tendre enfance, ce n’est pas poli de montrer quelqu’un du doigt. Cette recommandation surprenante s’applique dans de nombreux pays, ou presque. En Thaïlande, il est interdit de pointer son pied vers un individu ou vers un temple, car nos petits petons sont considérés comme impurs, de la même manière, vous ne pouvez pas sortir sans porter de sous-vêtements. En Iran, ne pas s’aviser de lever le pouce pour faire de l’auto-stop. Car si en France, c’est autorisé et bénéficie d’une connotation positive, en Iran il s’agit d’une grave insulte (à l’image du majeur tendu). Le geste des plongeurs pour signifier que tout va bien est commun dans l’hexagone, au Brésil c’est comme insulter quelqu’un de trou du c**. Au Royaume-Uni, attention à votre signe de victoire lors d’un match de football. Le signe « V » accompli avec l’index et le majeur équivaut au doigt d’honneur. Si on vous demande combien de personnes mangeront au restaurant, fait un « deux » avec la paume dirigée vers la personne vous questionnant, non l’inverse. En Grèce, ne mimez pas le chiffre cinq, main ouverte. Ce geste a pour but de lui porter malheur, vous venez (selon les us) de lui jeter une malédiction.

    La politesse est un équilibre des usages sociaux régissant les comportements des gens, les uns envers les autres. (Crédits : Myriams-Fotos/Pixabay)

    Lorsque vous vous restaurez au Japon, ne plantez jamais vos baguettes à la verticale dans votre nourriture pour faire une pause. C’est une coutume effectuée uniquement en cas de deuil. Comme en France, quand vous portez un toast pour une personne disparue, vous servez un verre comme s’il était présent. Ne le buvez pas, c’est irrespectueux pour certains. La gestuelle occidentale diffère de l’orient. Ainsi, avec l’expression « Je croise les doigts », ne joignez pas l’image au Vietnam, c’est un comportement obscène mimant un vagin. « Il faut aussi savoir que si à votre arrivée un vietnamien vous offre un cadeau, il est interdit de l’ouvrir en sa présence. C’est considéré comme un comportement très impoli. »

    Des acronymes maladroits

    Tout dépend de votre degré d’humour, d’attention et d’ironie. Le premier fut le nom précédent du RER A. Le métro express régional Défense-Étoile, situé en Île-de-France n’était pas adapté à l’acronyme (M.E.R.D.E). L’Association pour l’emploi dans l’industrie et le commerce crée en 1958 et dissoute un demi-siècle plus tard, faisait les anglophones (ASSÉDIC) sur la phonétique de l’acronyme. La fédération internationale de Taekwondo a décidé de changé le sien en le raccourcissant « WT », car en anglais World Taekwondo Federation donnait « WTF » usité comme « What the fuck ». D’autres sont capillotractés, OMG correspond à « organismes modifiés génétiquement », tout comme « Oh My God, oh mon Dieu », IRL pour « indice de référence des loyers » équivaut à « In real life, dans la vie réelle ». Lorsque vous faites la bise à une personne, c’est également le « Bulletin d’Information en Santé Environnementale ».

  • Qu’est-ce que le « SIM swapping » ?

    Qu’est-ce que le « SIM swapping » ?

    Excellente question, me lanceriez-vous. En effet, cette technique permet de prendre le contrôle d’un numéro de téléphone, ouvrant la porte à différents types de piratages. Par ce terme, et basiquement, se déroule le « vol » des coordonnées téléphoniques du portable de quelqu’un. Chose anodine au demeurant, que votre smartphone peut contenir des cartes bancaires, ou de fidélité, il distille des données de localisation des lieux dits importants, des renseignements vitaux, etc. de tout un chacun.

    À cet instant, je vous vois blêmir, et il y a de quoi. De plus, cela ne nécessite pas une grande expertise technique. Dans les cas les plus courants de vol par ledit procédé, un délinquant contacte le service client de votre opérateur, et se fait passer pour vous. En effet, votre numéro est rattaché à une carte SIM (N.D.L.R. de l’anglais : subscriber identity module). Elle est une puce contenant un microcontrôleur et de la mémoire. Elle stocke les informations spécifiques à l’abonné d’un réseau mobile, en particulier pour les réseaux GSM, UMTS et LTE. Cette petite puce dans votre téléphone vous identifie et vous autorise, pour résumer, à vous connecter aux réseaux téléphoniques, 3G, 4G et bientôt 5G.

    En réponse à une infection par code malveillant, c’est dans un tableur de plus de 5 GB, que les données de 13 millions d’Espagnols sont affichées. (Crédits : capture d’écran)

    Vos données personnelles ont de la valeur

    Prétextant une quelconque excuse, l’individu demande à activer votre numéro sur une nouvelle carte SIM en sa possession. Pour convaincre le service client au bout du fil, il utilise des informations privées (date de naissance, adresse, numéro de client, etc.), qu’il a pu trouver sur Internet ou par divers moyens. Une fois l’opération réussie, le pirate peut alors recevoir à votre place des appels et des SMS qui vous sont destinés. Auparavant, il aura obtenu vos renseignements personnels par le biais, par exemple, de violations de données, d’hameçonnage, de recherches sur les médias sociaux, d’applications malveillantes, d’achats en ligne, de logiciels malintentionnés, d’infections de réseaux sociaux et autres sites sur l’Internet, etc. L’usurpateur peut désormais recueillir appels, SMS, et accéder aux services bancaires en ligne de la victime…

    Combien, sur les 533 millions de comptes du réseau social Facebook qui ont fuité, subissent des désagréments ? Parmi les 20 millions de Français, quel est le pourcentage qui reçoivent des spams, des SMS, des courriels à des fins délictuelles ? (Crédits : capture d’écran)

    Que cela permet-il ?

    Pour mieux sécuriser leurs différents comptes en ligne (banque, réseaux sociaux…), les usagers sont incités à utiliser un système de double authentification. Donc après avoir entré leurs identifiants (nom et mot de passe) pour se connecter, le dispositif leur envoie un code, souvent par SMS. Nombreuses sont les personnes possédant l’intégralité de leurs vies au sein même du téléphone… c’est là que le « SIM swapping » intervient. Ce qui permet d’accéder à de nombreux types de comptes en ligne, ouvrant la porte à différentes sortes d’escroqueries : usurpation d’identité, chantage ou encore vol d’argent.

    100 millions de dollars en cryptomonnaie

    Le 9 février 2021, huit malfaiteurs ont été arrêtés (10 au total) par la suite d’une enquête internationale sur une série d’attaques par échange de cartes SIM, touchant des personnes très connues aux États-Unis. Les attaques orchestrées par cette bande criminelle ont visé des milliers de victimes tout au long de l’année 2020, notamment des influenceurs Internet célèbres, des stars du sport, des musiciens et leurs familles. Comme exemple, le cas de Jack Dorsey, un des co-fondateurs de Twitter, qui s’est fait « pirater » son propre compte. Ou encore celui de Michael Terpin, crypto-investisseur et le vol de 23 millions de dollars par la même méthode.

    Le centre européen de lutte contre la cybercriminalité d’Europol est la cheville ouvrière du démantèlement (Crédits : EUROPOL)

    Les criminels auraient volé plus de 100 millions de dollars en cryptomonnaies, à plusieurs milliers d’individus, après avoir accédé illégalement à leurs téléphones. Le coup de filet mondial est la résultante d’une enquête d’un an menée conjointement par les autorités du Royaume-Uni, des États-Unis, de la Belgique, de Malte et du Canada, l’activité internationale étant coordonnée par Europol.


    Comment s’en prémunir ?

    Rien n’est sécurisé totalement. Pour autant, installer une porte blindée, de dernière génération, à l’entrée de votre domicile, ne vous dispense pas de fermer les fenêtres de derrière ouvertes. Donc Europol conseille de maintenir les logiciels de vos appareils à jour, de ne pas répondre aux courriels suspects et ne communiquez pas par téléphone avec des individus qui vous demandent vos informations intimes. De plus, il exhorte à limiter la quantité de données personnelles que vous partagez sur la toile, d’utiliser une authentification à deux facteurs pour vos services en ligne, plutôt qu’un code envoyé par SMS. Et, dans la mesure du possible, n’associez pas votre numéro de téléphone à des comptes en ligne sensibles.