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  • Le destin tragique d’Abraham Lincoln et du Titanic

    Le destin tragique d’Abraham Lincoln et du Titanic

    Le 15 avril demeure une date gravée dans la mémoire collective. Elle se tient en deux événements séparés par près d’un demi-siècle. Leurs impacts sur la société américaine sont profonds. Le premier est l’assassinat d’Abraham Lincoln en 1865. Le second est le naufrage du Titanic en 1912. Ces deux catastrophes ont chacune marqué un tournant. Tant l’histoire des États-Unis, mais aussi dans la conscience mondiale. Le 16 avril évoque l’offensive dramatique du « Chemin des Dames » en 1917.

    Abraham Lincoln, seizième président des États-Unis, est élu le 6 novembre 1860. Il fut une figure centrale de la Guerre civile et de l’histoire du continent américain. Le Titanic, quant à lui, était le symbole de l’ingénierie humaine et de l’opulence du début du XXe siècle. L’insubmersible tente de relier le vieux continent au nouveau, comme le fit le Mayflower en 1620.

    Deux destins tragiques

    Abraham Lincoln remporte l’élection de 1860. Il devient le seizième président des États-Unis, et succède ainsi à James Buchanan Jr. La victoire du candidat républicain de l’Illinois, hostile à l’esclavage, mécontente les États du Sud. Luttant avec passion pour l’unité de la nation, il provoque un tournant dans l’abolition de l’esclavage. Il fait ratifier le XIIIe amendement. Ce dernier obtient la majorité des deux tiers requise pour amender la constitution. Il est adopté par le Congrès le 6 décembre 1865. Il entraîne l’affranchissement de quatre millions d’esclaves.

    Pour mieux saisir, le 24 décembre 1860, veille de Noël, la Caroline du Sud déclare l’union des États américains dissoute. Elle est la première à faire sécession.

    Le 4 mars 1861, lors de son investiture à Washington, devant le Capitole, Abraham Lincoln condamne la création de la Confédération sudiste. Il pose les jalons du futur. « Tout acte de violence contre l’autorité des États-Unis est de nature insurrectionnelle ou révolutionnaire ».

    Quatre États font sécession, et rejoignent la Confédération : la Virginie, l’Arkansas, le Tennessee et la Caroline du Nord. Le 23 mai, le désormais célèbre lieutenant-colonel Robert E. Lee, devenu général Lee démissionne de l’armée régulière, pour se mettre au service des Confédérés.

    Les troupes dites de l’Union sont renforcées par les Afro-Américains du Nord et les affranchis du Sud. La Proclamation d’émancipation du 1er janvier 1863 déclare « que toutes les personnes détenues comme esclaves » dans les zones rebelles « sont et doivent dorénavant être libres ».

    Plus de 200 000 hommes servent aux côtés des fédéraux. La guerre de Sécession, qui a déchiré les États-Unis pendant 4 ans, vient de se terminer le 9 avril avec la reddition du général sudiste Lee. Quelques généraux résistent jusqu’à la dernière extrémité. L’ultime instant, le 23 juin 1865 avec la reddition du général Stand Watie, chef cherokee et unique général amérindien.

    De son côté Jefferson Davis est le président des États confédérés. Le « planteur » tente de s’enfuir au Mexique. Il est rattrapé et emprisonné. Les historiens spécialistes de l’époque avant la guerre civile américaine définissent un « planteur » comme une personne qui détient des terres et au moins 20 esclaves. (Crédits : Brady, Mathew B., approximately 1823-1896, photographer/Library of Congress)

    Le soir du 14 avril 1865, Abraham Lincoln se rend avec sa femme Mary au Ford’s Theatre de Washington DC. Mortellement blessé par John Wilkes Booth, acteur et sympathisant confédéré. Il succombe à ses blessures le 15 avril, ce qui plonge la nation dans le deuil.

    Quand le Titanic sombre

    Son naufrage lors du voyage inaugural est l’une des plus grandes catastrophes maritimes, en temps de paix. Comme le raconte le film de James Cameron, dans la nuit glaciale du 14 au 15 avril 1912, le Titanic heurte un iceberg dans l’Atlantique Nord. Le périple de Southampton à New York fut son tombeau.

    Le fleuron de la construction navale, sombre. Les journaux français titrent que l’ensemble des passagers étaient saufs, trompés par les dépêches. « Mais on a pu, heureusement, sauver les 2 358 personnes qui se trouvaient à bord », relate Le Petit Parisien. « Il y avait 2 600 personnes à bord. Toutes sont sauvées. »

    Le 17 avril, les titres indiquent 1 800 personnes sauves, l’équipage périt en totalité. Le lendemain, le chiffre passe à 1 325 victimes.

    La perte du Titanic est seule du à l’imprudence. « Le navire marchait à une vitesse de 22 nœuds lorsqu’il heurta un iceberg. Le choc fut terrible. […] Je sautais par-dessus bord et réussis à m’agripper à une embarcation. Je fus hissé dans la chaloupe parce qu’elle était remplie de femmes et qu’il n’y avait pas assez de marins pour la manœuvrer », explique M. C. Tengel dans l’Ouest-Éclair du 20 avril 1912.
    (Crédits : RMS Titanic departing Southampton on April 10, 1912./Francis Godolphin Osbourne Stuart)

    Ces deux événements, bien que très différents affichent des similitudes frappantes. Chacun a eu lieu en avril, a résulté en une perte humaine immense, et a provoqué une onde de choc culturelle et émotionnelle, au-delà des frontières américaines.

    L’offensive du Chemin des Dames

    Les conditions météorologiques sont véritablement mauvaises. Le printemps 1917 est très froid. Il neige le 16 avril. Des températures de -20 °C refroidissent toutes les ardeurs. L’échec français est consommé en une seule journée. Sur les 10 kilomètres prévus, seuls 500 mètres sont parcourus.

    Les pertes sont colossales.


    Pas moins de 30 000 morts en dix jours rien que du côté français. Le général Nivelle en est tenu pour responsable.

    L’année 1917 place le Chemin des Dames au centre des événements militaires. En décidant d’attaquer le 16 avril entre Soissons et Reims, le général Nivelle compte sur la surprise pour remporter au Chemin des Dames une victoire décisive avec un million d’hommes. Son échec provoque une crise de confiance sans précédent dans l’armée.

    En novembre 1916, il assure à tout un chacun que « Je renoncerai si la rupture n’est pas obtenue en quarante-huit heures. »

    (Crédits : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

    Les combats se poursuivent sur le Chemin des Dames tout l’été jusqu’en octobre. Cet emplacement est une place forte. Les Allemands abandonnent le plateau suite à la victoire française de La Malmaison, le 23 octobre 1917. En mai 1918, une attaque victorieuse qui permet aux Allemands d’atteindre rapidement Soissons puis Château-Thierry. De nouveaux combats se dérouleront sur le plateau au début du mois de juin 1940.

  • De Lavausseau à la pizza de chez Zizzi (1/46)

    De Lavausseau à la pizza de chez Zizzi (1/46)

    Un problème technique survenu sur avion à destination des Malouines décalait le départ de Flavien de plusieurs jours. Prévue pour commencer le 14 novembre 2023, son aventure australe débute officiellement le 21. Bizarrerie et détail important, aucune liaison commerciale ne relie les Falklands au départ de l’Europe. Au vu du nombre de touristes chaque année, moins de 3 000, aucune compagnie ne souhaite s’y hasarder. Seul un aéronef militaire effectue ce voyage : direction la base de la Royal Air Force de Brize Norton !

    La citée des tanneurs s’éveillent doucement, les oiseaux enchantent le ciel lorsque Flavien quitte la maison familiale à 9 h 15, le 21 novembre 2023. Comme Gérard d’Aboville traversait le pacifique nord à la rame, Flavien commence un périple digne des romans d’aventures. L’avion décolle le 22 novembre à 23 h 35, soit dans 38 heures et 20 minutes. « Autant vous dire que je croise les doigts pour qu’il soit au rendez-vous ! »

    30 min de voiture, 5 h de train, 8 gares, 40 min de métro…

    Premier objectif, rallier la gare de Poitiers. Près d’une demi-heure de voiture, avec la nouvelle limitation à 30 km/h dans l’agglomération, pour s’installer dans le TGV. Le stress monte. Pour se détendre, au moins en apparence il écoute des podcasts ; ceux des humoristes Alexis le Rossignol et Aymeric Lompret sur France Inter.

    En moins de temps qu’il ne faut, il pose un pied sur le quai en garde de Montparnasse. Il suit le courant formé par les voyageurs. Direction la ligne n° 4 du Métro parisien en direction de la « Porte de Clignancourt » pour s’arrêter à la station « Gare du Nord ».

    À peine plus de quinze minutes se sont écoulées, puis l’air frais lui fouette le visage à la sortie du métro. Puis quelques mètres pour passer sous la façade gigantesque flanquée de ses six colonnes qui gardent l’entrée de la gare. Un coup d’œil à l’horloge pour une synchronisation des montres avant de déjeuner. Une fois repue, un nouveau train pour se rendre dans la « Capitale des Flandres ».

    « Il aura été plus confortable, en partie en raison de la place pour mes jambes, qui je l’espère ne fera pas défaut pour les 18 h d’avion qui m’attendent. » (Crédits : 12019/Pixabay)

    Pour rallier la gare de l’Europe, celle des Eurostar, il chemine quelques minutes, avale les 550 mètres et contemple la belle Lille. « Ces quelques minutes de marche m’auront permis de m’imprégner de l’ambiance de cette ville, une des rares métropoles que je n’avais pas encore visitée en France. »

    En route pour le Royaume-Uni

    Se dirigeant vers le hall numéro 4, dédié à l’enregistrement, un bureau de change se découvre. « C’est l’occasion d’échanger 1 004 € contre 720 £, qui me seront très utiles pour la suite. Aujourd’hui le taux est de 0,87, mais Western Union prend une marge de 6 %… ce qui est loin d’être négligeable sur de telle somme », remarque-t-il. L’opportunité de souffler lui est, à nouveau donnée quelques instants plus tard, au passage des douanes.

    Depuis la sortie de l’Europe du Royaume de Sa Majesté Charles III, les contrôles aux frontières sont désormais drastiques dans le Commonwealth. Si la douane française semble être une formalité, ce n’est pas le cas côté britannique. « Depuis sa sortie de l’Europe, ce qui n’était pas encore le cas lors de ma dernière venue outre-Manche, les contrôles ne se limitent plus à la vérification de la carte d’identité. »

    C’est un véritable interrogatoire, il ne manque que la lampe comme au cinéma.

    « Je dois montrer mon passeport, mes titres de transport, y compris ceux me permettant de descendre aux Malouines et d’en partir ». Il faut comprendre que les îles Malouines sont sous juridiction britannique. (Crédits : kirill_makes_pics/Pixabay)

    Ce qu’ils veulent vérifier ? « Que je ne reste pas plus de 3 mois, auquel cas il me faudrait un VISA. C’est donc là que je me suis dit que j’avais bien fait de réserver mon départ des Malouines pour l’Argentine. » Il reconnaît avoir longtemps hésité à prendre cet avion-retour, car il aurait tant aimé pouvoir rallier le continent sud-américain par voie maritime. « On en reparlera », sourit-il. Les douanes passées, il faut emprunter les portiques de sécurité comme dans les aéroports pour rejoindre l’Eurostar direction Londres.

    Retour en adolescence, le temps d’un tunnel

    Plus d’une décennie s’est écoulée depuis son dernier déplacement dans le tube creusé sous la mer. « Je n’étais pas passé dans le tunnel de la Manche depuis un voyage d’école au collège, on se rendait à Cardiff à l’époque. La sensation d’être sous plusieurs dizaines de mètres d’eau est toujours aussi étonnante, et maintenant on arrive même à capter le WiFi en plein milieu du tunnel. Incroyable la technologie ! »

    Le botaniste est attentif à chaque détail. De nombreux voyageurs de confessions juives sont à bord note-t-il. « Existe-t-il une grande communauté juive à Londres ou est-ce le fruit du hasard ? » De questionnement en étonnement, il continue son épopée. Le terminus est annoncé, enfin Londres.

    L’émerveillement prend place à la découverte de la gare Saint Pancras, comme de l’énorme et magnifique horloge. Le flegme britannique le quitte lorsqu’il voit le tarif d’un titre de transport : 6,4 £ (€). « Au vu du prix du ticket de métro, j’aurais peut-être dû faire l’heure qui m’en séparait à pied, mais les 30 kg que je trimbale depuis ce matin m’en ont dissuadé. » (Crédits : NicoCallens/Pixabay)

    Les Français sont reconnus pour râler, si si, je vous assure ! Surtout avec les grèves a répétition de la part des employés de la SNCF (sûrement à juste titre), sauf que… « Pas de SNCF ici, c’est la GWR qui gère cette partie du réseau anglais. En tant que français on s’attend à croire qu’il n’y a pas pire que la SNCF. Eh bien ! Détrompez-vous. » Il faut noter que nous râlons pour chaque retard, mais nous ne remarquons jamais lorsque la majorité arrive à l’heure annoncée. La course contre le temps ne se gagne pas, même à l’heure de pointe. Plus qu’un dernier train pour rallier Oxford.

    Une pizza de chez Zizzi… et au dodo

    Les gens viennent de s’agglutiner dès l’annonce, sur le quai de départ. « À peine affiché, la foule s’amasse en sa direction. Je ne comprends pas, les Anglais sont si pressés que ça ? » Arrivé dans un wagon, où il restait des places, j’en ressors aussitôt. Je ne trouve pas celui qui est noté sur mon billet. Je bafouille mes premiers mots d’anglais à une contrôleuse. Quand elle me dit que c’est un train avec peu de wagons et qu’il faut repérer la première place venue pour s’y asseoir.

    Je comprends l’empressement des Anglais et pense presque à haute voix : « si j’avais su… » Mais c’est un peu tard, chaque siège a trouvé son locataire, il me faut maintenant rester debout jusqu’à Oxford. Je n’ai jamais vu un train aussi bondé, en fait « la SNCF, c’est le luxe ! »

    Après une heure et 90 km dans le bocage anglais, la huitième et dernière gare de la journée se dévoile. Habitué à se servir des smartphones pour tout ou presque, il doit faire sans, car pas de réseau internet.

    « Je dois dénicher l’auberge de jeunesse que j’avais repérée la veille. Celle-ci n’est qu’à quelques hectomètres de la gare, ça n’aura pas été très compliqué », se réjouit-il. Une bagatelle après un tel périple. (Crédits : yaele/Pixabay)

    « Pour 35 £ la nuit je partagerais une chambre de six avec deux autres personnes. » Le premier est un citoyen anglais, le second est de Riad, en Arabie Saoudite, c’est la première fois qu’il vient en Europe ! « Ce soir, je mangerai dans une pizzeria de l’enseigne Zizzi. Il y a quelques années de ça, cette enseigne au nom provocateur pour un français nous avait marqués. Elle était revenue dans des conversations à plusieurs reprises. » C’est un clin d’œil à des amis avec qui j’étais venu en Angleterre, murmure Flavien. Dernière aventure, rejoindre les bras de Morphée. « Après cette journée chargée, je croise les doigts pour que je sois dans l’avion demain. C’est un avion militaire, les civils ne sont pas prioritaires. Espérons qu’ils fassent une exception pour un Poitevin ! » À suivre…

  • L’avènement de la République française, un certain 22 septembre 1792

    L’avènement de la République française, un certain 22 septembre 1792

    Tandis que le roi Charles III et la reine consort sont en France pour une visite officielle, la monarchie en France prenait fin, ou presque, il y a tout juste 231 ans. Une bagatelle à l’échelle du système solaire, mais moindre à notre échelle, c’est l’instauration de la République qui chamboula le paysage. C’est à partir de ce jour, aujourd’hui donc, le 22 septembre que l’an I de la République française vit le jour. Une monarchie constitutionnelle avait été instituée, mais elle ne tenait pas comme au Royaume-Uni.

    Un long chemin fut nécessaire à l’établissement de cette, critiquable à souhait, République. La récolte de 1788 fut en partie détruite par les intempéries, grêles et orages. Le prix du pain ne cesse d’augmenter, la corruption est déjà en place. Les impôts qui assomment les Français sont détournés par ceux qui les collectent. Les ministres de Louis XVI tentent d’étendre l’imposition aux trois ordres. Une crise politique majeure se déroule en 1789. La montagne cette fois-ci n’accouche pas d’une souris. Le tiers état se proclame en « Assemblée nationale » par le serment du jeu de paume.

    De l’huile sur le feu. Louis XVI envoie Necker et réunit 30 000 soldats autour de Paris, augmentant l’inquiétude légitime de la population. Le prix du pain a déclenché l’impensable pour le roi. Un mouvement de papillon peut engendrer un ouragan. (Crédits : Jacques Louis David/Musée national du château de Versailles)

    Le 12 juillet 1789, sous l’égide de la bourgeoisie, une partie du peuple parisien se fournit en arme et se dote d’une milice : la garde nationale. Le prix du blé atteint des sommets et déclenche la prise de la Bastille le fameux 14 juillet 1789. L’épisode de la Grande Peur amène la noblesse, le clergé à renoncer au soir du 4 août 1789 à leurs privilèges. Les fondements de la République sont en construction. Mais les sans-culottes réclament le plafonnement du prix du pain, tandis que la noblesse fuit la France et tente d’inverser le processus.

    La monarchie constitutionnelle en échec

    Les soubresauts font que les députés de l’Assemblée nationale, qui appartiennent à la bourgeoisie, mettent en place un régime politique les favorisant, « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Si bien qu’en septembre 1791, la France effectue une transition en douceur, elle devient une monarchie constitutionnelle avec la séparation des pouvoirs. Le roi conserve l’exécutif, il commande la garde nationale. L’Assemblée nationale élue au suffrage indirect détient le pouvoir législatif.

    Les sénateurs sont élus au suffrage indirect. Les maires sont élus par les citoyens. Ils font partie du collège électoral qui à son tour élisent des personnes pour exercer un mandat, comme celui des sénateurs. (Crédits : Leonhard Niederwimmer/Pixabay)

    La possibilité de vote pour élire les grands électeurs se monnaye, il est nommé suffrage censitaire. Ce mode de suffrage dans lequel seuls les citoyens dont le total des impôts directs dépasse un seuil, appelé cens, sont électeurs. Il existe également les citoyens dits actifs. Ce sont des hommes de plus de 25 ans qui par une contribution supérieure à trois journées de travail peuvent voter.

    La fuite de Louis XVI

    Durant la nuit du 20 au 21 juin 1791, le roi Louis XVI, la reine Marie-Antoinette, leurs enfants fuient Paris. C’est à Varennes-sur-Argonne que le stratagème est mis au jour. La lourde berline est arrêtée, ses occupants sont invités à descendre. La famille sera formellement reconnue par le juge Destez, qui avait vécu à Versailles. Le retour à Paris s’opère. C’est le 25 juin, dans un silence assourdissant que le cortège fait son entrée.

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    La chute est inéluctable. Le roi conserve son trône, mais pas ses pouvoirs, omis son droit de veto. Droit qu’il utilise contre la politique de l’Assemblée Nationale élue en septembre 1791. Dans les rangs deux camps s’opposent, les « Feuillants » acquis au roi, et les « Jacobins » plus proches du peuple.

    La victoire de Valmy

    Assigné en résidence au palais des Tuileries, le roi est soupçonné de connivence avec le neveu de sa femme, la reine Marie-Antoinette. Il faut dire que la France et sa révolution effraient les monarchies en Europe. Le 20 avril 1792, l’Assemblée déclare la guerre à l’Autriche. La Prusse prend alors l’initiative de l’attaque. La défaite de l’armée française est cuisante du fait de la mauvaise préparation des soldats et la fuite en avant des officiers appartenant à la noblesse.

    La bataille et victoire de Valmy est déterminante. Première victoire décisive de l’armée française pendant les guerres de la Révolution ayant suivi le renversement de la monarchie des Bourbons. (Crédits : Horace Vernet/National Gallery à Londres)

    Le 11 juillet 1792, à l’Assemblée, Danton déclare « la Patrie en danger », chacun se prépare à l’invasion de la France. Des volontaires s’engagent. Ils convergent vers la capitale pour la défendre contre l’envahisseur. Ils entonnent, venant de Marseille, le chant de guerre pour l’armée du Rhin, qui deviendra depuis 1795, l’hymne national connu sous le nom de Marseillaise, par Claude-Joseph Rouget de Lisle. Mais le roi est tenu pour coupable de la défaite. Le 10 août, le palais des tuileries est pris d’assaut, la famille royale est enfermée à la prison du temple. La victoire de Valmy sonne l’arrêt de l’avancée ennemie, le 20 septembre. Deux jours plus tard, le premier jour de l’an I de la République est déclaré, le 22 septembre 1792.

  • Le Royal Mail interrompt momentanément ses expéditions  internationales suite à un cyberincident

    Le Royal Mail interrompt momentanément ses expéditions internationales suite à un cyberincident

    La société britannique n’a pas perdu de son flegme, mais le désagrément est pourtant réel. Les expéditions vers l’international sont plus que fortement perturbées. Alors que le quotidien The Guardian confirmait l’attaque cybernétique du 20 décembre 2022, c’est au tour de l’une des plus grandes entreprises de services postaux et de colis au monde, de l’affirmer. Il y quelques mois un important fournisseur informatique du National Health Service (NHS) britannique était victime d’une attaque par ransomware.

    « Nous sommes temporairement dans l’incapacité d’expédier des articles vers des destinations à l’étranger », a déclaré Royal Mail. Elle conseille à ses clients de conserver temporairement les envois destinés à l’international. Le temps nécessaire pendant qu’elle s’efforce de résoudre le problème. Ce qui complique les choses est que selon la société britannique, des milliers d’entreprises l’utilisent pour exporter dans le monde entier.

    Les comptes Twitter d’au moins deux ministres importants du gouvernement semblent avoir été piratés ces dernières semaines, tandis que le journal Guardian a déclaré le mois dernier qu’il avait été touché par un « incident informatique grave » qui pourrait être une attaque par ransomware. (Crédits : Thomson/Reuters)

    Royal Mail est une entité qui existe depuis 507 ans. Elle a été privatisée en 2013. En 2021, l’année fut difficile, avec la perte de millions de livres sterling en raison de la baisse des volumes de courrier, mais pas que. Une série de grèves du personnel dans le cadre d’une querelle sur les salaires et les conditions de travail a impacté la vieille dame.

    Ce « cyberincident » est le dernier en date d’une liste d’événements liés à la cybersécurité en Grande-Bretagne. Les comptes Twitter d’au moins deux ministres importants du gouvernement semblent avoir été piratés ces dernières semaines. (Crédits : Christian Neßlinger/Pixabay)

    Selon la recherche de JUMPSEC, le Royaume-Uni représente 314 cas sur un total mondial de 5 869 cas de ransomware. Le groupe de ransomware le plus répandu au Royaume-Uni depuis le début de la vague actuelle de ransomware en 2020 a été Conti, suivi de près par LockBit, ajoute JUMPSEC.

  • The Guardian confirme avoir été la victime d’une cyberattaque par ransomware

    The Guardian confirme avoir été la victime d’une cyberattaque par ransomware

    La date du 20 décembre 2022 a été confirmée par le géant britannique des médias. Selon l’organisation, une attaque « hautement sophistiquée ». La directrice générale de The Guardian Media Group, Anna Bateson, et sa rédactrice en chef, Katharine Viner ont corroboré la nouvelle dans une mise à jour envoyée par courriel à l’ensemble du personnel mercredi 11 janvier 2023 dans l’après-midi. Les données personnelles des employés ont été exposées. Le bureau de Londres est fermé par contrainte jusqu’au début février.

    Le 21 décembre 2022, Anna Bateson, et Katharine Viner déclaraient aux effectifs : « Comme chacun le sait, un incident grave a affecté notre réseau et nos systèmes informatiques au cours des dernières 24 heures. Nous pensons qu’il s’agit d’une attaque par ransomware, mais nous continuons à envisager toutes les possibilités. » Hier mercredi, quelques lignes « Guardian confirms it was hit by ransomware attack » attestent le rapport du gouvernement britannique de l’année passée. Il indique que 40 % des entreprises britanniques ont signalé des violations ou des attaques de cybersécurité au cours des 12 mois précédents. Selon les deux dirigeantes, une cyberattaque aurait été très probablement déclenchée par une tentative de « phishing ».

    Le retour au travail dans les locaux a été reporté à minima au début du mois de février.
    Dans l’attente où le personnel habilité restaure l’ensemble du réseau et des systèmes d’information. (Crédits : DR)

    L’Information Commissioner’s Office (équivalent de la CNIL), l’organisme britannique de surveillance des données, a été informé de l’attaque, de même que la police britannique. Le Guardian déclare qu’à cet instant de l’enquête, rien n’indique que les données personnelles des lecteurs et celles des abonnés ont été consultées. Il ne pense pas non plus que les données personnelles du personnel du Guardian US et du Guardian Australia aient été consultées.

  • Désir, consentement et pornographie

    Désir, consentement et pornographie

    Les études montrent que la première fois qu’une personne visionne de la pornographie c’est à l’âge de 12 ans, en moyenne. Le boom de l’Internet et des smartphones rendent son accessibilité encore plus grande. Les années 2000 voient l’émergence de « tubes ». Ces grandes plateformes numériques proposent des dizaines de milliers de contenus pornographiques. Une décennie plus tard, Onlyfans ou MYM apparaissent. Elles partagent contre rémunération des contenus. Le 27 septembre 2022 en France, un rapport sénatorial sur la pornographie est publié.

    À l’heure de l’IoT, où l’ultraconnexion est de mise, je vous offre un retour au XIXe siècle. Les frères Lumière viennent d’inventer le cinématographe. Georges Méliès rivalise d’ingéniosité avec son « Voyage dans la Lune ». C’est en 1896 que le premier film pornographique voit le jour : le Coucher de la Mariée. Après deux Guerres mondiales, les années 60-70 voient une libération des mœurs. La mini-jupe qui défrisent les moustaches des conservateurs, la projection sur grands écrans des films pornographiques.

    Le premier film porno a plus de 120 ans. Les acteurs effectuent des performances avec une préparation en amont, avec la prise de facilitant pour les érections, comme de l’autre côté des antidouleurs. Les actrices et acteurs ont la sexualité de monsieur et madame tout le monde dans la vie privée. (Crédits : DR/YouTube)

    Consentement Vs Désir

    Si la loi sur le viol indique qu’à défaut de consentement, il y a crime, quelle est la différence entre désir et consentement ? Le dernier est l’action d’accepter, de donner son accord. Ce soir je mage chez mes parents, ils cuisinent du chou fleur. Je n’aime pas le choux fleur, mais je consent à en manger. Ce qui ne veut pas dire que je l’ai désiré. Vous avez compris la nuance ? Le désir est la vive aspiration à la possession d’un objet, d’un bien, d’un avantage. « Aucun adulte ne peut se prévaloir du consentement sexuel d’un enfant s’il a moins de 15 ans, ou moins de 18 ans en cas d’inceste. » À l’origine, le texte créait un crime de pénétration sexuelle sur mineur de moins de 13 ans.

    Le cinéma porno en France

    Un film d’environ sept minutes a été tourné en novembre 1896 dans l’un des premiers studios cinématographiques de la capitale. Il s’agit d’une adaptation de la pièce du même nom, dont les représentations données à l’Olympia, en mai 1895, s’étaient effectuées à guichet fermé. Imaginez-vous au temps de vos arrière-arrière-grands-parents… l’actrice effectuait un strip-tease sur scène, allant jusqu’à dévoiler… son maillot de corps. La plupart des cinémas « porno » ont fermé au début des années 90.

    En février 2019, les parisiens, curieux et nostalgiques assistaient à la dernière séance de la dernière salle du cinéma porno de Paris. Avant l’apparition de l’Internet et sa démocratisation, il y avait le samedi soir sur Canal+ et le téléfilm d’après minuit sur M6. (Crédits : Éric Le Mitouard/Christine Henry/Le Parisien)

    Les chiffres de la pornographie

    Quatre sénatrices se sont penchées sur la question de la pornographie. Dans un rapport de 205 pages, elles effeuillent cette industrie. Selon les sources citées par le rapport, la pornographie symbolise plus d’un quart du trafic vidéo en ligne (27 %), soit 136 milliards de vidéos visionnés chaque année. Si le chiffre d’affaires du secteur de la pornographie est évalué mondialement à 7,5 Mds $, il faut y ajouter les revenus générés par le trafic. L’estimation fournie est de 140 milliards $, en comparaison Netflix affiche 25 Mds $ de chiffre d’affaires.

    Les chiffres sont issus d’un sondage réalisé auprès d’un échantillon de 1 179 individus représentatif de la population française âgée de 18 à 30 ans, avril 2018. Le danger n’est pas l’outil, mais son utilisation par des personnes malintentionnées, comme sur Omegle. La corruption de mineur est un délit. (Crédits : Opinionway/Sénat)

    La France est le quatrième pays le plus consommateur de contenus pornographique. Les Françaises et Français se situent derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon. Selon les estimations du rapport, 19,3 millions de personnes se rendent au moins une fois dans le mois sur un site, dont 2,5 millions de mineurs. Les quatre femmes et sénatrices mettent en avant les violences faites aux femmes. Elles rendent compte de l’affaire « French Bukkake », avec 43 victimes parties civiles, 12 personnes mises en examen, l’affaire « Jacquie et Michel », 7 plaignantes et 4 mis en examen. Les personnes misent en examen sont innocentes jusqu’à preuve du contraire.

    Pornographie contre réalité

    Comme explique l’actrice Nikita Bellucci, « le problème c’est que maintenant dans le porno on demande des pratiques de plus en plus extrêmes, je ne pense pas que le fantasme de Monique 40 ans c’est de se prendre trois pénis dans les fesses. C’est tout le temps de la surenchère, de la surenchère ». Quand votre copain ou votre copine vous explique que telle pratique est bien, car elle est dans des films porno… en avez-vous envie ? Les relations sexuelles sont des relations entre deux personnes ! « Le porno, c’est du cinéma ! […] Les scènes, moi que j’ai pu faire c’est pas forcément la sexualité que j’ai en privé… ». Si la construction de votre sexualité c’est de reproduire ce qui est fait dans les films, vous vous trompez.

    Les résultats du visionnage de contenu pornographique peut engendrer des dommages sur la sexualité des adolescents comme celle des adultes. Les relations et les pratiques sexuelles doivent s’effectuer entre personne consentantes. (Crédits : Sam Williams/Pixabay)

    Apprenez le désir, la découverte, l’imagination, le partage, l’écoute. Ne reprochez pas à votre mec d’avoir sa courgette qui ne se lève pas, c’est juste normal, les pannes touchent n’importe quel homme au moins une fois. Ne blâmez pas votre nana parce qu’elle ne semble pas avoir eu de plaisir, parlez-lui, servez-vous de votre langue pour communiquer. Vous pouvez chercher le fameux bouton de marche/arrêt, l’essayer, c’est l’adopter. Et quand la personne vous dit non, c’est que c’est non, tout simplement.

    Des outils gratuits à disposition

    Dans le cas où vous êtes victime, fille ou garçon, de fait d’agression sexuelle, de violence, d’atteinte sexuelle, de corruption de mineur ou de tentative, de viol ou d’une tentative de viol contactez :

    • Les forces de l’Ordre, Police ou Gendarmerie aux numéros 17 et 112
    • Les services de transports RATP et SNCF au numéro 3117, et 31177 par SMS
    • Après avoir subi ou être témoin de violences le 3919
    • Pour les femmes et hommes victimes d’agressions sexuelles ou de viol, faites le 0800 05 95 95

    Vous êtes parents d’enfants, d’ados, un site mit en place par le gouvernement pour savoir comment protéger vos enfants de la pornographie. Vous pouvez selon leurs âges avoir une discussion sur ce sujet, un homme avertit en vaut deux remarque l’adage.

  • Les hôpitaux, EHPAD en France et au USA subissent des cyberattaques, comme le NHS 111 en Angleterre

    Les hôpitaux, EHPAD en France et au USA subissent des cyberattaques, comme le NHS 111 en Angleterre

    En France, le centre hospitalier sud-francilien situé à Corbeil-Essonnes a été victime d’une cyberattaque durant la nuit de samedi 20 à dimanche 21 août 2022. Le plan blanc a déclenché dimanche dernier pour assurer la continuité des soins. Une demande de rançon rédigée en anglais requiert la somme de 10 millions de dollars américains. L’AFP révèle que, selon une source proche de l’enquête, la piste du désormais célèbre ransomware LockBit 3.0, serait en passe de se confirmer.

    Si l’affaire du CHSF fait les gros titres de la presse en France, pléthore d’autres centres de soins sont la proie d’opérateurs malintentionnés. D’après Paris-Normandie, l’EHPAD des Franches Terres à Beuzeville serait victime d’une cyberattaque depuis le mercredi 24 août. Un seul système d’information serait inaccessible, des données sensibles seraient chiffrées. La seconde en un peu plus d’une semaine en Normandie, après celle de l’union nationale d’aide du Calvados le 15 août.

    L’attaque avait été repérée par Advanced le jeudi 4 août 2022 à 7 h. « Un problème de sécurité a […] entraîné une perte de service », a déclaré le patron d’Advanced, Simon Short. La confirmation d’une cyberattaque ne sait pas fait attendre. Par précaution, « nous avons immédiatement isolé tous nos environnements de santé et de soins. » (Crédits : PA Media)

    Au début du mois, une attaque informatique visait la société britannique Advanced. Elle fournit des logiciels à la NHS (National Health Services), l’aéroport de Londres-city et le département des retraites et du travail britannique. De très nombreux documents de deux établissements de santé texan, de la ville d’Amarillo voient leurs données exposées, avec la revendication de leurs attaques par le ransomware Vice Society.

    Deux entités américaines voit leurs données diffusées par le ransomware Vice Society. L’hospice BSA situé à Amarillo au Texas, avec également les centres de médecine familiale également dans la ville d’Amarillo, entre Albuquerque et Oklahoma City. (Crédits : capture ‘écran/Vice Society)

    « On Thursday 4 August 2022, Advanced experienced a disruption to our systems that we have since determined to be the result of a cybersecurity incident caused by ransomware. We immediately took action to mitigate any further risk and isolated all of our Health and Care environments, where the incident was detected », communique-t-elle. Parmi leurs clients, certains étaient touchés directement ou indirectement. Ils sont Adastra, Caresys, Odyssey, Carenotes, Crosscare, Staffplan et eFinancials.

  • Attaque informatique contre l’hôpital Macedonio Melloni de Milan

    Attaque informatique contre l’hôpital Macedonio Melloni de Milan

    Le ransomware ViceSociety a encore frappé. De très nombreuses informations concernant le personnel hospitalier, mais également les patients sont diffusées sur le site de fuite. Les opérateurs menacent de publier les documents de l’établissement scolaire Pilton College basé à Barnstaple, en Angleterre, et parallèlement le constructeur de motos basé à Jakarta, en Indonésie, PT Astra Honda Motor (Il s’agit d’une coentreprise entre Honda et Astra International).

    L’Italie a vu dernièrement les attaques de l’université de Pise et la commune de Palerme. C’est à nouveau un hôpital qui fait les frais du Ransomware-a-as-Service Vice Society. La cible est l’établissement Macedonio Melloni. Il est composé de 4 unités hospitalières, mentionne Red Hot Cyber. Elles sont l’hôpital pour enfants Vitture Buzzi, l’hôpital Fatebenefratelli et ophtalmique, l’hôpital Luigi Sacco — centre universitaire et l’hôpital Macedonio Melloni. En mai 2022, deux incidents informatiques touchaient des établissements en Lombardie.

    Les informations diffusées sont des diagnostics des patients, cartes d’identité, données personnelles et contrats, formulaires d’évaluation des employés… (Crédits : capture d’écran)

    Les données sont disposées avec un classement alphabétique. Des dossiers de patients mineurs, où des tranches de vie intimes sont accessibles alors qu’elles devraient rester dans les dossiers frappés du secret médical. Les informations affichées sont :

    • Données de santé et diagnostics
    • Rapports d’invalidité
    • Demandes de soutien pour les mineurs
    • Procédure pour le Covid-19
    • Procédures internes
    • Échanges de courriels
    • Manuels d’informatique
  • Il y a cent ans… les premiers dispositifs de circulation à Paris

    Il y a cent ans… les premiers dispositifs de circulation à Paris

    Alors que le Code de la route faisait son apparition quelques jours auparavant, la préfecture de Paris déployait des mesures rendues « nécessaires » par le développement intense de la circulation dans la capitale. Les prémisses des feux tricolores pour canaliser le flux de voitures voyaient le jour ce 18 juin 1922. Ils étaient placés aux principaux carrefours où un disque indiquait l’arrêt ou la libre circulation aux automobiles. Le balbutiement donnait quelques fils à tordre à tout usager.

    Ainsi qu’un terre-plein central, un policier actionnait le dispositif pour alerter les administrés que le sens de circulation était libre avec « Passez » ou au contraire que vous deviez stopper en voyant le disque s’exprimer d’un « Halte ». Le chemin fut long explique C. d’Avron journaliste du quotidien Excelsior. En premier lieu, le docteur Goupil, de surcroît conseiller municipal, construisait un kiosque pour améliorer la circulation.

    En 1912, un exemplaire de ce « kiosque-signal » est placé à titre expérimental au carrefour situé à l’angle des rues Montmartre et du Faubourg-Montmartre. L’expérimentation n’étant pas satisfaisante, elle était jugée plus divertissante qu’utile, il sera démonté 20 jours plus tard. (Crédits : DR)

    Les ordonnances se suivent. La première le 10 juillet 1900 établit en quelque sorte une charte de la circulation. Les écrits du 10 février 1909, et du 28 juillet 1910 précède la quatrième du 24 juillet 1913 qui stipulait que les voitures devraient ralentir at s’arrêter aux points d’arrêts des omnibus et tramways, ou trolley, pour laisser les pétions descendre et traverser la chaussée sans risque de se faire écraser. Les 25 et 27 décembre 1921, les deux dernières rendaient obligatoire le sens unique de certaines voies, notamment pour les ancêtres des poids lourds.

    Surnommé « bâton Lépine », le bâton blanc est l’emblème des agents de circulation. En mars 1965, avec la réorganisation de la police, qui devient nationale, deux attributs disparaissent avec de l’équipement : la pèlerine et… le bâton blanc. Mais il apparaît à la main de Michel Galabru dans le film de Claude Zidi « Les Sous-doués ». (Crédits : DR)

    Louis Lépine au retour d’un voyage en Angleterre ramena comme souvenir le fameux bâton blanc qu’usaient les personnels des gardiens de la paix. La simplicité et surtout l’efficacité de l’homme et du matériel encourageaient la préfecture à en déployer davantage. Plus les jours effilochaient, plus la présence de véhicules était prégnante. Si bien, que chaque agent fut muni d’un bâton en noyer encaustiqué « à peu près aussi visible que le bâton passé au ripolin blanc ».

    Les premiers dispositifs pour aider les piétons à traverser des voies n’apparaissent qu’au début des années 1930. Le passant « n’aura qu’à appuyer sur un bouton, une lampe rouge s’allumera et les voitures devront stopper pour permettre à l’isolé de circuler ». Le tout accompagné d’une sonnerie, comme certains passages à niveau. (Crédits : DR)

    La catégorie qui deviendra reine, fut au départ des signaux de phares à feu clignotant de couleur blanche puis jaune, « placés comme guides de circulation ou régulateurs placés à un croisement » il faudra attendre l’année 1938 pour que les feux tricolores « rouge, jaune, vert » apparaissent.

  • Il y a cent ans… « an eye for an eye » criait la justice londonienne

    Il y a cent ans… « an eye for an eye » criait la justice londonienne

    La loi du talion s’appliquait dans la cité du grand brouillard, il y a un siècle, « œil pour œil, dent pour dent ». La capitale britannique frissonnait encore ce 10 juin 1922, après la pendaison d’un adolescent, de tout juste 18 ans. Deux jeunes hommes, Henry Julius Jacoby, enfant du peuple, Ronald True, fils de la noblesse, étaient jugés pour le crime d’assassinat, leurs sorts différents, car « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir… » écrivait Jean de La Fontaine.

    L’opinion publique habituellement rangée derrière les décisions de justice, mais pas cette fois. Le recours en grâce signé par l’ensemble du jury, accompagnant la condamnation à mort, ni les pétitions innombrables parvenues au ministère de l’intérieur, connu outre-Manche sous Home Secretary, n’émouvaient Edward Shortt. « L’assassin adolescent de Lady White à payé sa dette à l’humanité ». Il est rare que le Royaume-Uni soit si soudé derrière une cause, une affaire, une personne. Chaque citoyen, après avoir su que le jeune avait été pendu, s’accordait à maudire cette justice implacable, qui veut que selon la loi du talion ceux qui ont tué doivent être tués.

    L’hôtel où se déroulait la tragédie est dorénavant the Marble Arch Doubletree by Hilton. Le marteau qui a servis pour commetre le crime avait été emprunté, sans sa permission à un ouvrier. Le jeune homme serait originaire de Prusse, avant d’être accueilli par une famille londonienne. (Crédits : paulohabreuf/Pixabay)

    Henry Julius Jacoby avait assassiné Lady Alice White, 65 ans, le 14 mars 1922. Il déclarait à la police qu’ « il avait l’intention de voler dans les chambres d’hôtel où il travaillait et qu’il avait emporté un marteau pour l’utiliser si nécessaire. Il avait trouvé la porte de la chambre de Lady White déverrouillée et était entré. Elle s’était réveillée et il l’avait battue pour l’empêcher de donner l’alerte. » En avril 1922, à l’Old Bailey, il a été reconnu coupable, avec une recommandation de clémence, et condamné à mort, par le juge McCardie. Il est exécuté à la prison de Pentonville par John Ellis, le 7 juin 1922.

    Un garçon de salle de l’hôtel, Henry Julius Jacoby, a été déclaré coupable de meurtre. Le jury a ajouté une forte recommandation à la clémence, mais il a été pendu. Henry Julius Jacoby sur le banc des accusés au tribunal de Marylebone pendant le procès, le 7 avril 1922 (Crédits : Daily Mirror/Getty Images)

    Le flegme anglais si reconnu explosait en l’air lorsque l’affaire de Ronald True s’affichait en lettre d’imprimerie, dans les tabloïds. La grâce refusée à Jacoby le fut sous un biais tout autre, pour l’assassin de la jeune femme, Gertrude Yates connue comme prostituée et call-girl sous Olive Young. L’homme avait été reconnu par les médecins atteint d’aliénation mentale, mais condamné, par McCardie, à mort par pendaison. Condamnation annulée à la suite d’un examen psychiatrique ordonné par Edward Shortt : True était légalement fou. Jacoby lui avait la mentalité d’un enfant de douze ans, selon les mêmes praticiens.

    True a été interné à l’hôpital Broadmoor, où il a surmonté sa dépendance à la morphine et a participé énergiquement aux activités théâtrales. Il est mort d’une crise cardiaque le 8 janvier 1951 à l’âge de 59 ans, à l’hôpital. Seule sa mère, Elizabeth Angus, qui adorait son fils, était présente à son enterrement. (Crédits : DR)

    Le 6 mars 1922, vers 7 h 30, True préparait une tasse de thé pour Gertrude Yates et lui. Alors qu’elle relevait la tête de son oreiller pour boire, Ronald True lui assénait cinq coups de rouleau à pâtisserie sur la tête avant de lui enfoncer une serviette dans la bouche, puis serrait le cordon d’une robe de chambre autour de son cou, la tuant par asphyxie. L’homme prit le temps de déguster sa propre tasse, de manger quelques biscuits puis traîna la défunte complètement nue jusqu’à la salle de bains. L’assassin volait le somme de 8 £, et différents bijoux dont la valeur fut estimée à environ 200 £ (environ 13 350 € en 2021).

    Jacoby était l’un des quatre adolescents à être pendu à la prison de Pentonville. Les autres étaient Arthur Henry Bishop, 18 ans, le vendredi 14 août 1925, John Frederick Stockwell, 19 ans, le mercredi 14 novembre 1934 et William Henry Turner, 19 ans, le mercredi 24 mars 1943. (Crédits : DR)

    Ce n’est qu’à 9 h 35, en se préparant à quitter l’appartement, qu’il croisait Emily Steel, la femme de ménage. « Ne réveillez pas Mlle Young, nous sommes restés tard hier soir. Elle dort profondément. J’enverrai la voiture la chercher à douze heures », dira-t-il après avoir découvert le corps, elle préviendra la police. Ronald True finira sa vie à l’hôpital où il fut interné. Quant à Henry Julius Jacoby, du haut de ses dix-huit ans John Ellis se souvenait que « Jacoby ne semblait pas du tout préoccupé par son sort et qu’il jouait à un cricket improvisé avec l’un des gardiens dans la cour d’exercice », l’après-midi précédant son exécution. Après être menotté, Jacoby remerciait le gouverneur et les gardiens de prison pour leur gentillesse, puis calmement se dirigeait vers la salle d’exécution.