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  • Smartphones : deux heures pour se retrouver

    Smartphones : deux heures pour se retrouver

    À Toyoake, petite ville japonaise de près de 70 000 habitants, un arrêté municipal invite la population à limiter l’usage du smartphone à deux heures quotidienne. Sans aucune contrainte, la mesure suscite débats, résistances et réflexions. Il fut un temps où l’on accusait l’individu. Manque de volonté, faiblesse de caractère, dépendance mal assumée s’étendent dans chaque bouche. Puis les écrans se sont multipliés, miniaturisés, glissés dans les poches, aux poignets et jusque dans les chambres d’enfants. À mesure que l’usage devient universel, la faute cesse d’être privée. Derrière cette controverse, une interrogation bien plus vaste se dessine. Que produit l’hyperconnexion à nos cerveaux, à notre attention, et à la vie collective elle-même ?

    Au cours de l’automne 2025, Toyoake pose un jalon symbolique, une préconisation : limiter l’usage du smartphone à deux heures par jour. Pas de répression, pas d’amende, ni de contrôle. Une invitation, presque une supplique. L’expérience éclaire une société qui ressent, presque honteuse, que quelque chose lui échappe. Un triptyque composé du temps, de l’attention, et du sens.

    Quand l’attention devient une affaire collective

    Longtemps, l’addiction au smartphone est pensée comme une question morale, voire un manque d’éducation. Or, la science nous parle de neurobiologie. Le sacro-saint téléphone portable, pour certains, leur « précieux » n’est pas qu’un simple outil. Il est conçu pour être un objet à renforcement intermittent. Il alterne des notifications, likes et informations plus ou moins indispensables. À chaque vibration, une promesse ; à chaque promesse, une micro-décharge de dopamine… bref, ce qui peut s’apparenter à une dose chez un drogué.

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    Les conséquences sont connues et reconnues. Des troubles du sommeil, de la fatigue chronique, des difficultés attentionnelles accompagnées d’une anxiété diffuse. Chez les plus jeunes — concernés par la détermination française d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de quinze ans —, les médecins observent des retards de concentration et une désorganisation du rythme veille-sommeil.

    Le point de vue change. Ce qui relève du « manque de volonté », ou d’éducation devient un enjeu de santé publique.

    Au Japon, les autorités invitent à la discussion familiale, à la prise de conscience, tout en douceur, aucunement répressif comme c’est déjà le cas en Australie.

    (Crédits : Engin Akyurt/Pexels)

    La question reste et demeure universelle. Jusqu’où une société peut-elle — doit-elle — intervenir pour protéger le cerveau en maturation de ses plus jeunes. La « Gen Z » est née avec le smartphone au sortir du berceau. L’autorégulation individuelle ne se suffit plus à elle-même ? Comme pour l’alcool, le tabac ou le sucre, la frontière entre liberté et protection devient poreuse.

    La génération biberonnée par le scroll

    Ce qui se joue à l’échelle de la planète dépasse le cas japonais. Dans les universités américaines, des enseignants racontent une scène devenue banale. Des étudiants, dans un cursus cinématographique, sont incapables de regarder un film jusqu’au bout. Dans l’enquête publiée par The Atlantic, des professeurs décrivent des élèves présentant des signes d’agitation ou de fuite. Ils consultent leur téléphone, de façon anachronique et compulsive, comme s’ils cherchaient de l’air. L’attention, comme la mémoire est une fonction plastique, vulgairement une éponge. Elle se travaille, se muscle, s’entretient. À force de séquences brèves et de contenus conçus pour être abandonnés avant la fin, le cerveau s’habitue à l’instantanéité.

    La continuité s’avère éprouvante, presque douloureuse. Le film « Demolition Man » devient prophétique. Ainsi, sur Reddit, trois commentaires résument le tout. ProfessionalMoose 123 écrit : « Un truc à remarquer aussi : ils n’écoutent que des musiques de 30 secondes, qui sont des jingles de pubs. Ça me rappelle TikTok. » CE que poursuit RexTheSkibiriToilet : « Oh là là… de nos jours, la distinction entre pub et divertissement, c’est presque zéro. Les influenceurs font la promo de produits au milieu de vidéos perso, les jingles deviennent des mèmes. ». Puis la conclusion est apportée par r/filmes : « J’ai été impressionné par la façon dont “San Angeles” en 2032 ressemble à notre monde d’aujourd’hui. »

    Rupture majeure dans l’attention

    Anthropologiquement, la rupture est majeure. Car la « Gen Z » est la toute première à ne pas connaître un monde sans écran portable. Le cinéma, les interminables récits, les conversations sans pause deviennent des expériences exigeantes, voire anxiogènes.

    Cette mutation se constate d’ores et déjà. La chute de l’attention soutenue, une difficulté croissante à lire un texte long, à suivre un raisonnement complexe, ou à mémoriser sans support immédiat. Les conséquences sur les apprentissages et le niveau scolaire nourrissent un sentiment de décrochage. Face à cette exigence cognitive, le smartphone s’impose comme une béquille permanente, ou inversement. Les étudiants y trouvent distraction et outils. Les moteurs de recherche, résumés automatisés, et désormais intelligences artificielles conversationnelles et génératives mobilisées pour faire — ou finir — les devoirs. Non par paresse, mais parce que l’attention n’est plus disponible ce genre d’effort.

    (Crédits : HMizuno K/Pexels)

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    Le téléphone n’est plus seulement un écran qui détourne, qui occupe, qui relie. Il devient un dispositif de compensation cognitive. Cela révèle l’univers d’une génération sommée de produire dans un monde qui a méthodiquement sapé les conditions de la concentration. Ce n’est pas une fin en soi, mais une civilisation qui ne sait plus attendre, ni regarder longtemps, ni écouter sans vérifier ailleurs, ni s’ennuyer se transforme en profondeur. La proposition de loi été adopté par 116 voix contre 23 (577 députés au total).

    Une règle imparfaite pour une question essentielle

    À Toyoake, seuls 7 % des habitants disent avoir réellement modifié leurs usages. Le débat a le mérite d’exister. La société japonaise accuse la mairie d’ingérence. L’édile interrogé par Asahi Shimbun et NHK, explique que « l’objectif n’est pas de contrôler, mais de faire prendre conscience. » Il n’y a pas de vérité universelle, ni l’apanage scientifique derrière cette durée, juste un prétexte, somme toute symbolique. C’est un point de départ d’une réflexion collective. Plusieurs participants racontent n’avoir pas réussi à se contenter de deux heures. Mais, ils estiment avoir gagné autre chose. Une méthode pour des journées plus longues, des conversations plus attentives, et une connexion à l’instant présent.

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    En Europe, le débat prend une tournure plus frontale. En Italie, le gouvernement a choisi la voie de l’interdiction. À la mi-juin 2025, une circulaire du ministère de l’Éducation bannit l’usage du smartphone dans les lycées. Elle évoque les effets délétères de l’hyperconnexion sur la santé, la concentration et les apprentissages, rapportent La Repubblica et Il Post. La presse comme les foyers italiens se divisent. Certains titres saluent une mesure de « désintoxication » nécessaire face à la baisse du niveau scolaire ; d’autres s’interrogent sur la pertinence d’extraire de l’instruction un objet omniprésent dans le monde extérieur.

    Bannir ou affronter ?

    « Le smartphone n’est plus seulement un outil, mais une prothèse cognitive et sociale, un lieu où se mêlent savoir, relations et imaginaire. » L’école doit-elle bannir l’écran, ou affronter le défi de l’éducation au numérique ? Derrière la divergence des méthodes, des opinions, une même inquiétude affleure : « Comment transmettre le goût et la capacité d’apprendre dans un monde où l’outil le plus utilisé fragilise précisément l’attention dont l’apprentissage dépend ? »

    Le débat révèle une tension essentielle de nos démocraties contemporaines : comment préserver la liberté individuelle sans renoncer à toute responsabilité collective ? Comment nommer un problème sans infantiliser ? Comment protéger sans interdire ? Comment expliquer à ceux qui l’utilisent comme ils respirent, qu’ils doivent sans passer avant quinze ans ?

    Le Japon, souvent caricaturé pour son conformisme, poser une question ouverte. Si cette opération n’est pas la solution, elle propose une invitation à la discussion. Car selon un rapport de l’OCDE « l’utilisation des smartphones et autres appareils numériques à des fins non éducatives en classe est liée à une distraction accrue et à des résultats scolaires moins bons. » (Crédits : cottonbro studio/Pexels)

    La Japonaise, Toyoake, n’a pas réglé l’addiction aux smartphones, mais elle a fait beaucoup mieux. Elle a rendu visible l’invisible. Dans un univers où les technologies rivalisent d’ingéniosité pour capter notre attention, le courage n’est peut-être pas de se connecter, mais d’apprendre à se déconnecter pour se reconnecter au monde réel. Finalement deux heures, n’est pas grand-chose, mais beaucoup en même temps.

  • Qui a la meilleure mémoire : l’éléphant ou la pieuvre ?

    Qui a la meilleure mémoire : l’éléphant ou la pieuvre ?

    La mémoire est un outil essentiel pour la survie dans un monde naturel. Aujourd’hui, peu utilisent leur mémoire, remplacée par ce bon vieux smartphone, et pourtant. Elle est indispensable. Le sujet de la mémoire peut provoquer un duel absurde sur la question. Cela dit, il éclaire notre manière de penser le monde. Car, qui de l’éléphant ou de la pieuvre détient la meilleure mémoire ? Souvent, l’être humain place l’Homme au-dessus de la liste. Mais est-ce, en proportion gardée, une place de tout premier, ou est-ce une affabulation ?

    L’un parcourt les plaines de la savane comme les forêts tropicales et subtropicales, conduit par la mémoire de ses ancêtres. L’autre est tapi dans l’ombre des profondeurs, dans son royaume marin. Deux animaux au sein de deux mondes nous offrent deux formes d’intelligence. Et qui sait, une leçon sur nous-mêmes, sans avoir à interroger l’IA.

    La mémoire ancestrale au service du troupeau

    Nous avons toutes et tous entendu la fameuse expression : « avoir une mémoire d’éléphant ». Et pour cause. L’éléphant est capable de retenir les visages, les chemins, les dangers, les points d’eau, des décennies durant. Une matriarche peut conduire son groupe vers une mare oubliée en période de sécheresse, sur la base d’un souvenir vieux de plusieurs années. Cette mémoire remarquable est essentielle à sa survie et à celle du troupeau.

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    Elles détiennent un savoir transmis au fil des générations. Cela permet une guidance du groupe vers des ressources vitales, même dans les environnements les plus arides.

    Cette mémoire s’étend au-delà des simples faits. Elle englobe des connaissances sociales, sociétales, acquises au cours de décennies d’expérience. Les éléphants sont tout aussi capables de reconnaître des individus grâce à des vocalisations uniques, un peu à la manière des prénoms. Ce qui facilite la cohésion et la communication au sein du groupe.

    Cette mémoire collective se nourrit de l’expérience et de la transmission. Ce qui constitue le socle de la structure sociale des éléphants, où chaque membre joue un rôle essentiel dans la préservation de la communauté. (Crédits : Pixabay/Pexels)

    Selon une étude menée au Kenya par le biologiste Richard Byrne, les éléphants peuvent reconnaître plus de cent individus à leur simple barrissement. Ils différencient les amis des ennemis. Leur mémoire sociale est aussi étendue que la spatiale. Elle se transmet par apprentissage cognitif au sein du troupeau. Leur cerveau ? L’un des plus imposants du règne animal, environ 5 kg (1,4 kg pour l’Homme), avec un hippocampe très développé. L’hippocampe est une structure du télencéphale des mammifères, qui appartient au système limbique et joue un rôle central dans la mémoire et la navigation spatiale.

    Le poulpe, maître des énigmes

    Face à ce colosse terrestre, la pieuvre semble presque fragile. Et pourtant, grâce à ses huit bras, ses ventouses, son cerveau éclaté en plusieurs centres nerveux : tout chez lui respire l’étrangeté et l’ingéniosité. « Elles ont trois cœurs et plusieurs cerveaux, possèdent une intelligence qui peut rivaliser avec celle d’animaux comme les corbeaux (connus pour leur intelligence) et les singes, et leurs capacités de communication visuelle sont mystérieuses et séduisantes », explique Stéphanie Schmidt dans Trust My Science.

    Des chercheurs du SISSA à Trieste, de la SZN à Naples et de l’IIT à Gênes ont séquencé le génome de trois individus de deux espèces différentes. À savoir, la pieuvre commune (Octopus vulgaris) et la pieuvre à deux points de Californie (Octopus bimaculoides). Ils y ont décelé des éléments génétiques mobiles, les transposons.

    Le transposon, appelé gène sauteur, est une séquence d’ADN capable de se déplacer de manière autonome dans un génome, par un mécanisme appelé transposition.

    Une étude de l’Institut de neurosciences de Naples a montré que, malgré une évolution séparée de celle de l’être humain, elle partage avec nous des bases biologiques de mémoire. (Crédits : Pia B/Pexels)

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    Pour autant, « nous ne savons pas si leurs comportements apparemment complexes sont même étayés par une intelligence complexe ou s’ils utilisent des raccourcis cognitifs pour régir de tels comportements », explique Alex Schnell de l’université de Cambridge.

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    Néanmoins, au niveau des cellules nerveuses des pieuvres, « les transposons de la famille LINE (Long INterspersed Element) semblent conserver leur activité de copier-coller, à l’instar de ce qui se produit dans certaines zones du cerveau humain impliquées dans l’apprentissage et la mémoire », concluent les auteurs.

    Pour eux, cette similitude entre l’homme et la pieuvre serait le résultat d’une « convergence évolutive ». Simplement acquise de façon indépendante au sein de lignées distinctes, par la sélection naturelle, sous la pression de l’environnement.

    Différentes manières d’apprendre, en mémorisant ou en copiant. Certaines apprennent en observant leurs congénères. La pieuvre mimétique (Thaumoctopus mimicus) est passée maître dans l’art de la dissimulation. (Crédits : Ann Antonova/Pexels)

    Sa mémoire est rapide et adaptative. Si pendant longtemps la pieuvre est considérée comme solitaire, des doutes sont apparus depuis qu’en « 2012, Peter Godfrey-Smith […] et […] Matthew Lawrence ont pourtant observé des pieuvres sombres (Octopus tetricus) vivant en groupe sur une formation rocheuse de la baie de Jervis, au sud de Sydney, en Australie. »

    L’homme fait face aux miroirs

    Et nous, humains, où nous situons-nous entre la matriarche des plaines et le maître des énigmes abyssales ? Notre mémoire est polymorphe, éclatée en plusieurs facettes : mémoire à long terme, mémoire de travail, mémoire émotionnelle, mémoire procédurale. Comme l’éléphant, nous sommes des créatures de la transmission : nous racontons, nous enseignons, nous écrivons pour que le savoir survive au temps.

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    Mais, à l’instar de la pieuvre, nous savons aussi improviser, résoudre un problème inédit, bricoler une solution dans l’urgence. Notre mémoire est donc un mélange des deux : héritière des ancêtres, mais aussi stratège de l’instant.

    L’éléphant nous rappelle l’importance des racines et des liens sociaux, quant à la pieuvre, elle nous invite à cultiver l’agilité de l’esprit. Entre la lenteur majestueuse et la fulgurance tentaculaire, l’homme oscille, capable du meilleur comme du pire.

    Peut-être que la véritable mémoire humaine, au fond, ne se résume pas à retenir ou à comprendre, mais à donner du sens — à transformer un souvenir en histoire, et une histoire en civilisation.

    (Crédits : Josh Sorenson/Pexels)

    Alors, comparer l’éléphant et la pieuvre, c’est opposer deux philosophies. L’éléphant incarne la durée. La pieuvre, elle, brille dans l’instant présent. L’un se souvient pour transmettre, l’autre pour survivre. Tous deux nous obligent à élargir nos définitions : la mémoire n’est pas seulement l’art de conserver, elle est aussi l’art de réagir, d’interpréter, d’inventer. Alors, qui a la meilleure mémoire ? L’éléphant ou la pieuvre ? La question est peut-être mal posée. Car il n’y a pas de hiérarchie entre ces deux formes de génie, uniquement des adaptations différentes à deux mondes irréconciliables : la terre et l’océan. La véritable mémoire n’est pas celle qui se mesure, mais celle qui permet d’habiter son milieu avec justesse. Et dans ce jeu silencieux, éléphants et pieuvres nous rappellent qu’il existe mille manières de penser… et autant de façons de se souvenir.

  • Hôpitaux londoniens touchés par une cyberattaque

    Hôpitaux londoniens touchés par une cyberattaque

    Une offensive massive s’est déroulée au début du mois de juin 2024. Le service de santé britannique NHS England communique : « Le lundi 3 juin, Synnovis, un fournisseur de services de laboratoire, a été victime d’une cyberattaque de ransomware ». Du fait de cette cyberattaque, les deux principaux centres hospitaliers annulent 832 interventions chirurgicales. Mais également, il faut réorganiser 736 rendez-vous avec des spécialistes. La cyberattaque est de type ransomware.

    Pas moins de sept hôpitaux, gérés par deux Trusts du NHS (National Health Service), subissent de sérieuses perturbations de leurs services. Ils sont le Guy’s, St Thomas‘ et King’s College, mais également l’hôpital pour enfants, Evelina. Tout aussi préoccupant, les répercussions sur les hôpitaux Royal Brompton et Harefield. Ils constituent, à eux deux, le plus grand centre spécialisé en pathologie cardiaque et pulmonaire au Royaume-Uni.

    Cyberattaque de Synnovis

    « Lundi 3 juin, Synnovis, un prestataire de services de laboratoire, a été victime d’une cyberattaque par ransomware », déclare un porte-parole du NHS London. Après l’annulation de très nombreuses opérations et le report de plus de 700 rendez-vous ambulatoires, les services continuent de fonctionner. Mais les tests sanguins particuliers (VIH, Hépatite C et Hépatite B) sont actuellement suspendus.

    L’entreprise Synnovis est en étroite collaboration avec le NHS. Il est le laboratoire réalisant des tests pour de nombreuses pathologies. Ainsi leur travail est plus que vital pour de nombreux patients, autant dans le public que le privé.

    Les conséquences sont bien réelles. « Cela a un impact majeur sur la prestation de nos services, les transfusions sanguines étant particulièrement touchées », explique le professeur Ian Abbs, directeur général du GSTT (Guy’s and St Thomas’ NHS Foundation Trust). Le 4 juin 2024, l’entreprise communique sur les partenariats entre les trois principaux établissements hospitaliers (Guy’s, St Thomas’s et King’s College hospitals) et SYNLAB.
    (Crédits : capture d’écran/Royal Brompton Hospital))

    Synlab est selon le communiqué : « le plus grand fournisseur européen de tests et de diagnostics médicaux ». Or ce géant a subi, au sein de sa succursale italienne une cyberattaque en avril 2024. Mais également en France en juin 2023 via l’attaque dite « MOVEit ».

    Cyberattaque de Synlab

    Vers la mi-avril 2024, le prestataire de services médicaux Synlab est victime d’une cyberattaque en Italie. Ils sont plus de 380 laboratoires situés en Lombardie. Ainsi, c’est environ 35 millions de tests qui sont réalisés chaque année. Donc autant de données personnelles et confidentielles.

    Des informations sensibles ont été volées le 18 avril 2024. Dès le lendemain la communication du groupe en Italie, affirmait reprendre ses activités en mode réduit.

    La cyberattaque de type ransomware est l’œuvre de Black Basta. Synlab ayant refusé de payer, le groupe criminel publie tout ou partie des données exfiltrées.

    C’est le 13 mai 2024 que les cybercriminels derrière le ransomware diffusent les données. Si le nombre de patients n’est pas connu, on sait par contre que 1, 5 Téraoctet de données est publié.

    Comme pour la cyberattaque du centre hospitalier Cannes Simone-Veil, bilans de santé, diagnostiques, pathologie, documents internes sont accessibles sur le dark-web. (Crédits : capture d’écran/BlackBasta)

    « Nous regrettons les désagréments causés par cette attaque cybercriminelle […] », martèle la direction. Comme à chaque fois, les dommages sont immédiats, et la remise en route, prends plusieurs jours, semaines voire des mois en fonction des dommages.

    Qilin serait à l’origine de la cyberattaque

    Suite à l’attaque contre Synnovis, l’enquête est en cours. Comme pour l’attaque de Synlab, la piste d’un groupe d’opérateurs russes semble la plus probable selon les médias britanniques. Plusieurs sites gouvernementaux français auraient été la cible d’attaque de groupes russophone.

    C’est l’information que Ciaran Martin ancien directeur général du Centre national de cybersécurité divulgue à la radio. Interrogé durant l’émission Today de BBC Radio 4, Ciaran Martin déclare : « Nous pensons que c’est un groupe russe de cybercriminels qui s’appellent Qilin. »

    Le groupe d’opérateurs gère un modèle RaaS (Ransomware-a-a-Service). Sur le site vitrine, les affidés affichent leur victime et diffusent toute ou partie ds informations volées.

    La première victime est Sipex Medica, le 12 avril 2023, la Municipalité La Guadeloupe au Québec en avril 2024, le cabinet d’architectes Jean-Nouvel en France pour ne citer que ces quelques victimes. (Crédits : capture d’écran/Qilin)

    Les dernières entreprises affichées sont basées aux États-Unis : Next Step Healcare, St Vincent de Paul (école), EnviroApplications… Sur le sujet de Synnovis et du NHS, le ransomware n’a à ce jour, le 18 juin 2024, pas revendiqué la cyberattaque ni divulgué la moindre information sur son site vitrine, ce dans le cas où Qilin serait responsable de la cyberattaque.

  • Un vent hivernal de cyberattaques de type ransomware en Europe

    Un vent hivernal de cyberattaques de type ransomware en Europe

    Les cyberattaques ne sont pas gelées par les températures. La Suède a subi le 20 janvier une attaque par ransomware avec une multitude d’incidents en cascade : universités médicale et d’agriculture, compagnie IT, commune, magasin… En Allemagne, un centre de formation pour adultes, un ministère en Tchéquie subit une attaque par déni de services, le Département de la Sarthe ou encore la révélation du ransomware LockBit qui a jeté son dévolu sur une université française, l’ICN creative business School.

    La Suède est en tête du classement des attaques cybernétiques ces derniers jours. Tietoevry qui stipule que l’un des centres de données est partiellement sous la coupe d’une cyberattaque de type ransomware. « Tietoevry a pris immédiatement et le plus haut niveau d’action pour enquêter sur la situation, en atténuer les effets et les résoudre. À ce stade, il n’est pas possible de dire combien de temps le travail prendra », martèle l’entreprise. Elle souligne travailler en collaboration avec les autorités compétentes. Mais la compagnie est fournisseur IT de plusieurs entreprises en Suède.

    Comme un château de cartes

    La mise en cascade des dysfonctionnements en Suède est exemplaire. Plus d’une dizaine d’entreprises subissent de plein fouet l’attaque cybernétique par ransomware de Tietoevry. De la municipalité de Bjuv, aux magasins de Granngården, l’université d’agriculture d’Uppsala, la chaîne de cinéma, les services financiers de Loomis, mais également les services de santé de la région d’Uppsala… S’il n’existe pas de risque immédiat pour l’ensemble des patients, l’accès aux dossiers médicaux est compromis pour le moment.

    La société Loomis est également impactée par la cyberattaque subie par le fournisseur de Tietoevry. (Crédits : capture d’écran/Loomis)

    La chaîne de cinéma Filmstaden est dans la même expectative. « En raison d’un incident informatique chez l’un de nos fournisseurs, il n’est pas possible d’acheter des billets sur le site web ou sur l’application. […] Pour cette raison, il peut y avoir des files d’attente plus longues que d’habitude au cinéma, veuillez donc arriver à l’heure. »

    Le ministère du travail Tchèque victime de cyberattaque

    Le ministère du Travail tchèque indique que depuis le 16 janvier 2024, un dysfonctionnement du système d’information AKRIS. Le communiqué indique que l’entité gouvernementale est attentive aux liens frauduleux diffusés par SMS et par courrier électronique. Elle encourage les concitoyens à faire de même. Sur les liens frauduleux diffusés par tous moyens « ils mènent à de faux sites qui se font passer pour le site officiel. Il s’agit de phishing, ne cliquez pas sur les liens. »

    Non loin de la Tchéquie, c’est un canton suisse qui essuie une attaque par déni de services le 19 janvier 2024. (Crédits : capture d’écran/Canton de Basel-Stadt)

    Entre 6 h 30 et 9 h, le 19 janvier dernier, le site du canton n’était pas accessible. Les informaticiens cantonaux ont pris des contre-mesures pour assurer le fonctionnement sans interférence, assure la communication. Les auteurs de l’attaque ne sont pas connus. Contrairement à Pozzi Italy dont l’attaque est affichée par le ransomware Medusa.

    Cyberattaques en France

    Le site d’information Actu Le Mans a révélé que le Département de la Sarthe avait subi un incident cybernétique ce mercredi 24 janvier. C’est le président du conseil, Dominique Le Mèner qui informait l’entité départementale lors du débat d’orientations budgétaire de 2024. Sur le site vitrine du ransomware LockBit apparaît l’école de management ICN Business School.

    Mais du côté du ransomware 8Base affiche le groupe Sweetco spécialisé dans la création en puériculture, en literie, dans les équipements individuels de protection (gants, chaussures) et pour les housses et tapis pour automobile. Mais aussi la ligue de l’enseignement en Isère fait partie des victimes comme le cabinet Arpege ou encore Malongo.

  • Hôpitaux à nouveau ciblés par des cyberattaques

    Hôpitaux à nouveau ciblés par des cyberattaques

    Les attaques cybernétiques sont quotidiennes, mais certains ont pour objets des lieux plus sensibles que d’autres. L’hôpital de Vérone comme l’Éhpad « Les Hortensias » à Marigny-le-Lozon en France. En Italie c’est aussi la province de Pérouse qui se faisait attaquer. De nombreuses données sont ainsi en proie à une divulgation, ou une utilisation frauduleuse. L’attaque des hôpitaux a eu lieu durant la même nuit du 22 au 23 octobre 2023. La revendication côté italien n’est pas encore connue, en France c’est le ransomware Medusa.

    Lundi 23 octobre 2023, l’Éhpad de Marigny-le-Lozon a fait l’objet d’une attaque de type ransomware. Les opérateurs derrière Medusa revendiquent et affichent les preuves sur leur site de fuite. Une série de capture affiche des pièces d’identité, des listes de menus portées aux domiciles de personnes potentiellement fragiles (avec leurs adresses), des courriers personnels… jusqu’à son organigramme. Fort heureusement, les soins sont toujours prodigués relatent Numerama, l’Éhpad n’est pas non plus paralysé. Les cybercriminels laissent un peu de plus de six jours pour accéder à leur demande, une rançon de 100 000 dollars.

    Médusa affiche Native Counselling Services of Alberta, Beaver lake cree nation au Canada et demande respectivement 200 000 et 150 000 dollars. Ils se sont attaqués à EDB et à Symposia organizzazione congressi SRL (Ita), Global product sales (USA), Safpro (UK) du même montant de rançon que l’Éhpad. (Crédits : capture d’écran/Medusa)

    Comme préconisé par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) l’établissement à porté plainte et ne paiera pas la rançon atteste France Inter. Ce ransomware est bien connu en France, il s’était attaqué au mois d’août à la commune de Sartrouville dérobant de nombreux documents personnels (CV, rib, CNI…), donnés financière… comme de l’école vétérinaire de Nantes, Oniris. Au Canada, cinq hôpitaux du sud-ouest de l’Ontario sont touchés.

    Hôpital de Vérone cyberattaqué

    Comme pour l’établissement français, l’hôpital italien subit une attaque, le lundi 23 octobre 2023 à l’aube a mis à mal le système de santé de la Vénétie, en particulier le site de l’Azienda Ospedaliera Universitaria Integrata (AOUI) de Vérone. Le président Luca Zaia a demandé à la population de se présenter aux urgences uniquement en cas de nécessité absolue. « N’y allez pas si vous n’avez pas d’urgences » : systèmes en panne !

    Le président indique que selon les premières analyses les données sensibles n’ont pas été dérobées et les procédures de sauvegarde périodiques ont eu lieu régulièrement avant l’attaque. Mais que les lignes téléphoniques et une partie du réseau sont encore inutilisables. (Crédits : capture d’écran/Luca Zaia/Facebook)

    Aucune conséquence fâcheuse n’est relevée actuellement. « Les structures informatiques régionales et les hauts responsables de la santé de la région ont été rapidement informés par le directeur général Callisto Bravi et suivent directement la situation en collaborant avec les structures de l’entreprise véronaise », a indiqué la région.

    La province de Pérouse bloque l’attaque

    Une tentative de chiffrage des données à, semble-t-il, échoué dans la province de Pérouse en Italie. Les professionnels ont réagi rapidement pour remédier à la situation. Mais c’est en amont que tout avait lieu. La province s’est fermement engagée en faveur de la cybersécurité et a mis en place un système de sécurité périphérique avec des pare-feu de la prochaine génération en juillet 2023. En septembre, l’Ente a également rejoint l’accord-cadre Consip « Cybersecurity 2 » avec un investissement important visant à créer un obstacle protecteur à la sécurité des données. Cet investissement a permis de bloquer l’attaque relate Umbraijournal.

    Huit jours avant, le 15 octobre 2023 c’est la province de Pérouse qui était attaquée. Des données internes auraient pu être exfiltrées, mais sans confirmation évoque le communiqué. « Étant donné qu’il n’est pas possible d’identifier toutes les parties intéressées afin de procéder à des communications individuelles et que l’on considère que les efforts déployés pour atteindre ces parties sont disproportionnés, la province de Pérouse communique les informations et les canaux de contact suivants aux parties intéressées qui n’ont pas encore été contactées par des communications personnelles. »

  • Cinéma. C’est l’anniversaire de l’inauguration du Festival de Cannes

    Cinéma. C’est l’anniversaire de l’inauguration du Festival de Cannes

    Si le Festival de Cannes est le rassemblement le plus médiatique et le plus prestigieux, ses débuts sont étouffés par la Seconde Guerre mondiale. Il devait se lancer du 1er au 20 septembre 1939, mais sera inauguré que le 20 septembre 1946. L’Allemagne nazie envahit la Pologne, le 3 septembre 1939 la guerre est déclarée, la mobilisation générale décrétée. La première Palme d’Or ne sera remise qu’en 2002, lors d’un hommage. À l’unanimité, Pacific Express (Union Pacific) de Cecil B. DeMille remportait la plus haute distinction.

    « Je revois avec netteté ce wagon-lit où revenant du festival de Venise, je n’arrivais pas à trouver le sommeil et où cette idée m’a visité pour la première fois, expliquait Philippe Erlanger au journaliste. Je me remémorais ce qui venait de se passer au festival de Venise qui s’était terminé dans le tumulte parce que la politique avait complètement changé les décisions du jury ».

    Il faut se remettre dans le contexte de l’après Première Guerre mondiale. Bénito Mussolini est à la tête du gouvernement italien de 1922 à 1945. Malgré sa chute le 25 juillet 1943, Mussolini sera remis au pouvoir par l’Allemagne nazie le 22 septembre 1943, en qualité de Duce de la République sociale italienne. Les documentaires Luce sont rendus obligatoires dans toutes les salles d’Italie par un décret-loi du 30 avril 1926. D’après Eiteil Monaco, directeur général de la Fédération nationale fasciste des Industriels du spectacle de 1935 à 1941, « techniquement c’était une propagande très bien faite. Avec ces films, ils étaient tranquilles : le journal d’actualité Luce devait être obligatoirement projeté à chaque spectacle et il était souvent accompagné de documentaires également produits par l’Institut Luce ».1

    Le film Vecchia Guardia, sorti en 1934 est le film d’inspiration fasciste le plus célèbre de la cinématographie italienne. Son metteur en scène, Alessandro Blasetti, rapporte « quand on a projeté le film Vecchia Guardia, la Jeunesse hitlérienne était déployée dans les rues et tout le corps diplomatique s’était déplacé. Hitler me serra violemment la main et tout cela advint par la volonté de Mussolini ».1 En 1938, se crée une nouvelle société para-gouvernementale de production financée et dirigée par Cinecittà. Les pays qui sont des adversaires sur la scène politique internationale y sont dénigrés (États-Unis, Union soviétique, Grande-Bretagne, France).

    « La politisation de la dernière Biennale de Venise en 1938 par les autorités fascistes avait amené les participants à s’en détourner. La France, grâce à Philippe Erlanger, “inventeur” du Festival, en profitera. Ce que la note ne dit pas, c’est que la ville de Cannes s’était déjà mise sur les rangs dès octobre 1938 pour accueillir la manifestation. » (Crédits : Cinemathèque)

    Le fait d’avoir un festival international et indépendant en France fait son chemin. Les tensions sont ressenties jusque dans le 7e art. Le boycott de la Mostra de Venise résulte du palmarès de l’année 1938. La période du cinéma italien dite des « Téléphones Blancs » commence en 1937, elle s’achèvera en 1941. Le jour « J » l’unanimité se fait sur un film américain. Sous la pression d’Hitler, c’est le documentaire de propagande nazie, Les Dieux du stade (Olympia film) de Leni Riefenstahl ainsi que le film italien Luciano Serra, pilote (Luciano Serra, pilota) de Goffredo Alessandrini qui reçoivent la plus haute distinction, nommée « Coupe Mussolini ». La délégation française sur le retour réfléchi à créer un festival, sans pression, ni contrainte. Le Festival de Cannes est .

    « […] nous n’avons pas voulu importer à Cannes le système en vigueur à Venise », expliquait le directeur général des Beaux-Arts, Georges Huisman. Ce n’est qu’en huitième page que cette annonce est faite dans le quotidien Paris Soir. (Crédits : Paris Soir/BnF/Gallica)

    Plusieurs villes se proposent à recevoir ce festival en devenir : Biarritz, Cannes, Nice. Le 9 mai 1939, c’est Biarritz qui est choisie. Déçus, les partisans de la candidature cannoise repartent en campagne. « Les directeurs de palaces cannois prennent contact avec le comité et les ministères qui décident d’étudier de nouveau le dossier. La Ville propose d’augmenter sa participation financière et met à la disposition du comité ses salles de réception et ses équipements touristiques. » Le festival est officiellement attribué à Cannes avec la signature le 31 mai 1939 d’un contrat entre cette ville et l’État, à coup de centaines de milliers de francs.

    La palme d’or fera son apparition en 1955. Elle sera remplacée entre 1964 et 1974 par le grand prix du festival. (Crédits : Iminéo/YouTube)

    Le palais du festival ne sera construit qu’en 1947. Depuis, le cinéma coule des jours heureux, en peignant des vérités dérangeantes, bouleversantes, imaginaires et réelles, mais cinématographiques. Sur 76 ans de festival, dis films français ont été récompensés de la Palme d’Or. À savoir Le Monde du silence (Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle, 1956), Les Parapluies de Cherbourg (Jacques Demy, 1964), Un homme et une femme (Claude Lelouch, 1966), Sous le soleil de Satan (Maurice Pialat, 1987), Entre les murs (Laurent Cantet, 2008), La Vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2 (Abdellatif Kechiche, 2013), Dheepan (Jacques Audiard, 2015), Titane (Julia Ducournau, 2021), Anatomie d’une chute (Justine Triet, 2023). La 77e édition du festival international du film se tiendra du 14 au 25 mai 2024, à Cannes bien entendu.

    1. Le cinéma italien pendant le régime fasciste ou l’image au service de la propagande de Jean-Pierre Favero dans Sens-Dessous 2014/2 (N° 14), pages 89 à 100 Cairn.info ↩︎
    2. Le cinéma italien pendant le régime fasciste ou l’image au service de la propagande de Jean-Pierre Favero dans Sens-Dessous 2014/2 (N° 14), pages 89 à 100 Cairn.info ↩︎
  • Singing River Health System, Core Desktop et IT-Center Syd dernières victimes du ransomware Rhysida

    Singing River Health System, Core Desktop et IT-Center Syd dernières victimes du ransomware Rhysida

    Les trois compagnies victimes luttent pour le rétablissement de leurs systèmes d’information. Sans accéder aux exigences, tout ou partie des données volées seront publiés. Connu pour un fait d’armes contre l’armée chilienne le 27 mai 2023, le groupe criminel a depuis affiché 43 victimes sur son site de fuite. Les cyberattaques se seraient produites entre le 9 et 11 septembre 2023. Les demandes sont pour Core Desktop et IT-Center Syd de 5 Bitcoins chacune (BTC), de 30 BTC pour Singing River Health System.

    Le groupe #Rhysida est connu suite à l’affaire de l’armée chilienne. Le 29 mai 2023, l’armée chilienne confirmait que ses systèmes d’information avaient été touchés par un incident de sécurité, une cyberattaque. L’incident avait été détecté lors du week-end du 27 mai. Ainsi 360 000 documents confidentiels de l’armée chilienne sont diffusés (bulletins de renseignement, fichiers des achats, des dépenses, planification financière, informations sur ses unités militaires…). L’organisation criminelle affirme avoir vendu 70 % des informations à des tiers, et avoir mis les 30 % restants des documents en téléchargement gratuit sur le dark web.

    C’est environ 360 000 documents qui ont été publiés par le ransomware Rhysida, le reste aurait été vendu à des tiers. Les 30 % concernent le fonctionnement et la logistique des unités de la VIe division de l’armée en garnison dans les régions d’Arica, de Parinacota et de Tarapacá, et des rapports sur le nombre de véhicules dont elle dispose. (Crédits : capture d’écran/Rhysida)

    Depuis, un caporal de l’armée chilienne a été arrêté. Le parquet militaire a immédiatement ouvert une enquête en collaboration avec la brigade métropolitaine d’enquête sur la cybercriminalité de la police d’investigation (PDI). Selon La Tercera, et après une analyse approfondie, la PDI a arrêté l’auteur présumé de l’attaque informatique contre le réseau interne de l’armée chilienne. I

    Il s’agit d’un deuxième caporal de l’institution, qui a été arrêté pour son implication présumée.Les soupçons se fondent après la saisie d’une série d’appareils électroniques actuellement examinés par le personnel de la police d’investigation. (Crédits : capture d’écran/Rhysida)

    Depuis 43 victimes sont affichées sur le site de fuite. Les dernières en date sont l’école publique Prince George’s County à Washington (1,2 TB de données), Prospect Medical Holdings à Culver City en Floride (1,1 TB), Pierce College également à Washington (396 GB) et la ville de Ferrara en Italie (1,6 TB). Suite à l’interruption des systèmes d’information à Culver City, l’établissement communique sur son site que « les systèmes informatiques de Prospect Medical sont de nouveau opérationnels et notre système de santé continue à fournir des soins sûrs et de qualité aux patients suite à un incident de sécurité des données qui a perturbé nos opérations. »

    « Nous apprécions la résilience dont ont fait preuve nos médecins et nos employés pendant cette interruption », martèle l’entité. (Crédits : capture d’écran/Rhysida)

    Lundi 11 septembre 2023, les ordinateurs du Singing River Health System sont restés fermés suite à la détection d’une activité suspecte sur le réseau informatique au cours du week-end. Depuis, ils sont de retour au papier et aux crayons explique le directeur général par intérim Laurin St. Pe. L’entité ne sait pas encore quand les ordinateurs pourront être rallumés en toute sécurité. « Nous sommes actuellement en train de faire appel à des sociétés tierces pour comprendre exactement quels sont les systèmes qui ont été endommagés »

  • Une facture de péage supérieure à 850 000 euros…

    Une facture de péage supérieure à 850 000 euros…

    Cette Suissesse se remémorera longtemps de son retour de vacances. Comme beaucoup d’automobilistes, le télépéage facilite la vie. C’est pour cela que de nombreuses personnes l’utilisent. Vous roulez sur les autoroutes, et recevez votre facture à la fin du mois. Environ 30 000 Helvètes s’adonnent chaque année à la dolce vita, l’art de vivre à l’italienne. Entre pizza, glace et pâtes, tout va bien enfin jusqu’ici. Ils sont 400 utilisateurs du « Telepass » du Touring Club Suisse, à recevoir une note qui se trouve salée.

    La Suisse se trouve à l’épicentre de l’Europe centrale. Ainsi, elle est bordée par l’Allemagne, l’Autriche, le Liechtenstein, la France et l’Italie. Ce qui laisse aux Suisses différentes destinations de vacances à portée de voiture ou de moto. Une collaboratrice du site d’information Watson à vécu avec humour cette situation rocambolesque. Partie en Italie pour ses vacances, elle utilise comme beaucoup le « Telepass » de la société Touring Club Suisse [TCS]. Mais une mésaventure digne d’un film comique l’attend.

    La collaboratrice du site d’information suisse Watson a reçu une étrange facture qu’elle en a eu un fou rire tellement l’absurdité de la situation était comique. [Crédits : Watson]

    Elle reçoit une facture de 825 091,70 francs suisses, soit 890 000 euros. Sur l’ensemble de leurs clients, 400 sont touchés. Parmi eux, deux ont eu une mésaventure, leurs cartes de crédit ont été débitées. « Dans deux cas, la carte de crédit a été débitée, les deux personnes ont été immédiatement informées par téléphone et le montant remboursé. Nous nous excusons auprès de nos clients pour les désagréments causés », répond le TCS à Watson.

    La différence de facture est due selon l’entreprise à une mise à jour. La véritable facture de la cliente a été divisée par 1 000. [Crédits : Watson]

    Tout est rentré dans l’ordre, les deux malheureuses personnes ont vu la somme re-créditée immédiatement, l’erreur « informatique corrigée », même la précision suisse peut s’enrayer.

  • « Bonne fête Papa ! »

    « Bonne fête Papa ! »

    Sous le soleil de l’Orne, un paisible hameau répond au nom de Berd’huis. Nom loin de la rue Pinceloup, l’église du village prend place. Il est midi, lorsqu’Ozalee étreint son père Sépa. Le souffle coupé, non pas du fait de la fête commerciale, c’est l’attention qui tira une larme de crocodile au patriarche. Puisqu’elles sont souvent plus marquantes que les cadeaux eux-mêmes. Mais savez-vous à quand remonte cette fête ? Connaissez-vous son origine ? Moins démonstratifs, les pères ne sont pas insensibles aux attentions.

    « Bonne fête, Papaaa », sourit Ozalee en embrassant son papounet.

    « Merci ma fille », sourit-il, heureux.

    « Tu sais d’ailleurs… », commence-t-il à son accoutumé

    « Oui, mais cette fois c’est à mon tour », interrompit malicieusement son épouse Séki.

    « J’ai bossé dessus », sourit-elle.

    Alors que l’école tire sa saison à sa fin, petits et grands se remémorent les porte-clés, poèmes ou encore les fameux cendriers, même quand le père ne fume pas. Souvenez-vous la fierté d’offrir ce cadeau. Un sage dit, un jour, d’après mes sources : « Ce n’est pas le nombre de personnes qui vont goûter (aux gâteaux), mais le nombre de personnes qui pourront témoigner du geste ». Revenons à nos moutons, pardon… à nos pères.

    Le pape Pie IX photographié par Adolphe Braun le 13 mai 1875. Si la fête des Mères est inscrite dans la Loi, celle des Pères n’y est pas.

    Une semaine après les 24 h du mans qui voyait la victoire de Ferrari 58 ans après leur dernière, c’est le troisième dimanche de juin de fếter les darons, pères, papounet, papa… Dans les couloirs de l’histoire et du temps, la fête des Pères est née il y a plusieurs centaines d’années, au XVe siècle. Le pape Sixte IV décrétait par décision la fête religieuse des pères en 1479. Instaurée le 19 mars, six jours avant l’Annonciation, les catholiques célébraient Joseph, le père nourricier adoptif de Jésus. Elle perdure à cette date jusqu’au XIXe siècle, la Saint-Joseph était dédiée aux pères de famille. Jusqu’au pape Pie IX. Ce pontificat change la date au mois de juin.

    L’idée germe dans le cerveau de Marcel Quercia en 1949. Le coup de Poker de la marque Flaminaire a eu l’effet escompté. (Crédits : DR)

    Aux États-Unis, elle prend plus de présence à l’année 1910, quand Sonora Smart Dodd fille d’un ancien combattant William Jackson Smart veut honorer son père. En métropole, il faut attendre 1952 pour que Marcel Quercia, dirigeant de la société bretonne « Flaminaire » s’enflamme avec cette idée lumineuse. Cette fête des Pères s’étale sur le calendrier du 23 février en Russie jusqu’au 26 décembre en Bulgarie, 53 pays ont chois la même date du 18 juin. Date qui célèbre aujourd’hui le 83e anniversaire de l’appel du général de Gaulle depuis la BBC durant la Seconde Guerre mondiale. En Espagne comme au Portugal, la fête est restée attachée à la Saint-Joseph.

    En Italie le 19 mars sont fêtés les pères, comme en Espagne. Religieusement la date de célébration n’a pas changé. C’est le jour de « La Festa del papa » explique le site Tendance Poitou. Ils réalisent le gâteau le beignet de Saint-Joseph. (Crédits : Tendances-Poitou)

    À chacun son attention, des desserts, des fromages, des gâteaux, une simple attention à son intention, car le plus dur des métiers comme dit ma mère est celui d’être parent. « On fait de son mieux avec les outils que l’on a, sans jamais savoir si on fait bien. Il n’existe pas de repos, pas de dimanche, pas de vacances, pas de RTT… » Bonne fête à tous les Papas.

  • Usitée et mal connue, l’expression faire grève est de rigueur

    Usitée et mal connue, l’expression faire grève est de rigueur

    Vendredi 14 avril 2023, le conseil des sages se portera sur la constitutionnalité de la loi sur lé réforme des retraites. Ce projet endossé par le gouvernement de la Première ministre Élisabeth Borne et du président Emmanuel Macron sera-t-il adoubé ? Quoi qu’il en soit, savez-vous d’où est issue l’expression « faire grève » ? Sans être de mèche pour ne pas me faire alpaguer, il est de bon aloi de vous expliquer. Quatre expressions françaises en une seule fois, de quoi faire parler ce cher M Sépa Phot, une fois de plus.

    L’actualité française ne vit qu’à travers les réformes et surtout celle de la « Retraite ». Jeune pensionné le Berd’huisien vit paisiblement dans cette commune de l’Orne. Sauf qu’il ne se passe pas un jour sans que le sujet des grèves ne fasse la Une de la presse. Tandis que les nouvelles fraîches arrivent avec la baguette moulée toute chaude, Mme Kharéson s’épanche sur la presse.

    « Tu as vu les derniers sondages sur la réforme », questionne-t-elle

    « Oui, c’est de plus en plus difficile pour le gouvernement »

    Mais les heurts en France sont légion. Depuis le 13 mai 1958 jusqu’à aujourd’hui, chaque époque son combat.

    « D’ailleurs sais-tu d’où vient l’express… »

    « Non, mais je t’écoute », coupa-t-elle

    « Alors, je vais t’expliquer », sourit-il

    Beaucoup de choses viennent de la capitale française, Paris. L’expression « les poulets » dont sont surnommés les policiers naît du fait que sur l’île de la Cité se trouvait le marché aux volailles. Suite à l’incendie de la préfecture de police lors de la Commune de Paris, en 1871 la police judiciaire déménage. Elle s’installera en 1913 dans ses nouveaux locaux au 36 quai des Orfèvres sur les lieux mêmes du marché aux volailles. C’est d’ailleurs là-bas que Jules Bonnot de la bande du même nom se fait alpaguer.

    La bande à Bonnot dont le cerveau Jules Bonnot dit le Bourgeois mourut en 1912. Sa bande multipliait vols, braquages et meurtres sur tout Paris. Les survivants à l’assaut de la police furent condamnés pour la plupart à mort, d’autre aux travaux forcés à perpétuité les derniers à la prison. (Crédits : DR)

    Se faire alpaguer est associé aux manteaux en alpaga. Particulièrement coûteux, ils attiraient les convoitises de tous les voleurs. Parfois, ils se faisaient alpaguer en flagrant délit de vol. Mais souvent, ce n’est pas un, mais deux malfaiteurs qui tombaient dans les filets de policiers. Ces personnes étaient de mèches. Étymologiquement de l’italien mezzo, qui veut dire moitié, les bandits liés par des intentions généralement mauvaises, écopaient de la même sanction.

    Manifestation contre la réforme des retraites à Paris le 9 janvier. (Crédits : Le Monde)

    Remontons au XIIIe siècle. Être de bon aloi est souvent confondue avec de bon augure. La qualité est liée à l’aloi, mais rien à voir avec nos forces de l’ordre. L’aloi était la quantité d’or et d’argent présent dans les pièces de monnaie. Si la qualité de l’alliage n’était pas au rendez-vous, la monnaie était de bas aloi. Mais revenons à nos moutons. Au tout départ faire grève fait référence à la place de Grève à Paris.

    L’île de la Cité à Paris. (Crédits : Dezalb/Pixabay)

    La Place de l’hôtel de ville se nommait place de Grève pour une bonne raison. La grève est le terrain uni et sablonneux le long de la mer ou d’une grande rivière, ici la Seine. La Grève à côté de l’hôtel de ville fut le lieu où se faisaient les exécutions durant cinq siècles. Les ouvriers sans travail se réunissaient sur cette même place pour en trouver un. Au XIXe siècle, les mêmes ouvriers, en colère, commençaient à se réunir pour réclamer de meilleurs salaires et des conditions de travail plus humaines. Les patrons ne cédant pas, les ouvriers décidaient de stopper tout travail. Voici l’origine de l’expression « faire grève ».