En Espagne, comme en Italie, les cliniques, hôpitaux qu’ils soient publics ou privés peuvent être la cible d’opérations malveillantes informatiques. C’est le cas pour celui de la commune de Lucena, en Andalousie, mais aussi le centre médical ASL Napoli 3 sud, qui affichait sur sa page Facebook, un message indiquant le dysfonctionnement de ses systèmes d’information suite à une attaque en date du 8 janvier 2022. Sur la péninsule ibérique, celui appartenant à la société Amaveca Salud serait victime d’un ransomware.
L’Azienda Sanitaria Locale Napoli 3 Sud (unité sanitaire locale de Naples 3 Sud) a été victime d’une agression informatique. Des opérateurs auraient mis à mal les systèmes d’information entraînant la suspension des services essentiels. Le centre couvre toute la population du sud de Naples, telle que celles des régions de Stabiese et de Nolana. Le message affiché sur leur page Facebook présente des excuses aux utilisateurs « pour toute perturbation de nos systèmes informatiques due à une réclamation que nous sommes en train de résoudre afin de rétablir les opérations dès que possible ».
« Ils ont attaqué notre système informatique, nous nous excusons auprès des citoyens », souligne le directeur général, GennaroSosto de l’Asl Na3. Une plainte a été déposée, une enquête a été ouverte pour découvrir qui est à l’origine de cette offensive. (Crédits: Capture d’écran/Facebook)
Consécutivement, à cette infection dont il ne faut attendre de rétablissement avant quinze jours insistent les autorités, la direction stratégique de l’Asl Napoli 3 Sud a « ordonné, à partir du 11 janvier 2022, la suspension des activités d’hospitalisation programmées tant médicales que chirurgicales, dans tous les hôpitaux de l’entreprise. » Toujours en Italie, l’ULSS6 Euganea de Padoue connaît un épilogue tragique, à savoir la publication des données exfiltrées par les opérateurs derrière LockBit2.0 prévue pour le 15 janvier 2022.
Attaque de l’hôpital de Lucena
L’hôpital central de Lucena en Andalousie a subi une infection de ses systèmes d’information, relate le communiqué de presse. L’équipe de réponse au cyberincident travaille depuis sa découverte sans relâche. À ce jour, il a été possible de détecter une fuite de données, dont l’ampleur reste à déterminer. La note souligne également que « depuis le début de son activité, l’hôpital a mis en place toutes les procédures et mesures de sécurité nécessaires pour protéger l’un de ses actifs les plus importants : l’information. […] Malgré les mesures décrites ci-dessus, ce cyberincident s’est produit, ce qui, grâce aux actions rapides prises, n’a pas compromis le fonctionnement normal du centre, qui continue à se concentrer sur les soins de ses patients ».
Au-delà du respect des exigences légales, elle dispose d’un service externe pour répondre aux incidents de sécurité, en plus de la figure du délégué à la protection des données, ce qui n’a pas empêché l’attaque. De nombreuses informations sont exfiltrées. (Crédits : Capture d’écran)
Amaveca Salud informe également que « le travail d’analyse médico-légale, qui est en cours, ne nous permet pas encore de conclure les détails exacts de la quantité et des types de données volées, cependant, dès que cette analyse sera terminée, nous rapporterons en détail la portée finale ». Une victime de plus du ransomware « Vice Society ».
Exprimer son point de vue est une chose naturelle, et essentielle. Pour autant, cette insignifiante démarche peut engendrer de nombreuses et fâcheuses querelles, envolées lyriques, noms d’oiseaux… Il arrive en certains cas que le français joue des tours aux utilisateurs de la langue de Molière. L’exemple de l’Opéra est criant de vérité. Il est à la fois, une pâtisserie, un art et un lieu. L’écoute active est donc primordiale pour une réelle compréhension, évitant tout quiproquo malencontreux.
Tandis que sonne midi à la comtoise, les verres s’entrechoquent joyeusement de ses retrouvailles tant attendues. L’odeur des châtaignes grillant dans l’âtre de la cheminée embaume la demeure de l’amphitryon. La pluie automnale vague nos souvenirs estivaux, il faut dire que dame Nature, en ce mois d’octobre, nous amène à ressortir nos pulls et écharpes en laine. Une ambiance chaleureuse règne grâce aux mets et vins de très bons crus. Le « Baccalà al pomodoro » s’annonce, c’est à cet instant que l’orage se mit à gronder.
Je suis sûr d’avoir raison
« Génial, mon plat préféré, tomate, pomme de terre, cabillaud et… », s’exclama M Phot.
« Qu’est-ce que tu racontes ? Ce n’est pas du cabillaud, mais de la morue », affirma Mme Kharéson, en l’interrompant.
Il s’en suit une algarade, jusqu’à saisir le dictionnaire pour juger de l’affaire. Chacun restant ferme sur sa vision du patronyme du poisson, tandis que le mets alléchant aux fumets délicats attiédissait, au grand dam des convives. Le couperet tomba, morue et cabillaud sont un même et unique individu, l’honneur est sauf, et le plat, froid.
Baccalà al pomodoro, est un plat typique de la cuisine italienne de la mer. Deux s’opposent, chez les champions d’Europe, au nord, se dégustent « baccalà à la vénitienne » ou la version rouge, plus répandue au centre et au sud d’Italie, avec comme recette phare : « baccalà à la livournaise ».
Le poisson issu de la famille des gadidés (Gadus morhua) vit en Atlantique Nord, du Canada à la mer de Barents. Le nom morue vient du breton mor (mer) et du vieux français luz (brochet). Cabillaud est une altération du mot bacalao, qui signifie morue en espagnol. Mais alors, quelle est la différence entre les deux ? Pour faire simple, le cabillaud se mange frais ou après décongélation, tandis que la morue est salée et séchée. (Crédits : DR)
« Comme la panthère et le léopard », affirme Conception Santos, bru et banquière de métier.
« Quoi ?!? », répondent collégialement les commensaux.
« Eh bien… La panthère, ou le léopard sont le même animal. Ils sont de la famille Panthera Pardus et possèdent des tâches de rosettes sur le corps. Je vous vois venir, ce n’est ni un saucisson, ni un vin de Bergerac, ni la marque d’officier de la Légion d’honneur », continue Conception.
En effet, une rosette est une marque, ou formation en forme de rose que l’on trouve sur la fourrure et la peau de certains animaux, notamment les chats. Les rosettes s’emploient pour se camoufler, se défendre. Les prédateurs utilisent la leur pour simuler les différents changements d’ombre et de lumière, ce qui les aide à rester cachés de leurs proies.
Est-ce nécessaire de changer de point de vue ?
Ainsi, Romain Frayssinet amène un éclairage plus qu’important sur le point de vue et le recul que tout un chacun devrait avoir. « Si admettons, là, je fais une chronique où je dis que pour combattre le coronavirus, il faut que tout le monde se mette un petit oid’ dans le uc ». Il y a au moins une personne qui va commenter : enfin ! Voilà ! Quelqu’un qui parle des vrais trucs ! »
Défendre son point de vue peut par conséquent engendrer de la violence. Imposer sa pensée est une sorte de pouvoir, où l’effroi est très efficace en persuasion. La société voudrait que, lorsqu’une majorité d’individus songe à une même et seule chose, cette frange de la population détienne la vérité. La première séquence du film « Les Temps modernes » de Charlie Chaplin (1936) est sans équivoque. Il y fait une référence à la légende de Panurge, ami du géant Pantagruel, de François Rabelais.
Ne pas rester figé sur ses positions
Ainsi, il n’hésite pas à ouvrir son film en associant, par un fondu enchaîné, l’image d’un troupeau de moutons avec celle d’une foule sortant du métro. Il compare ces ouvriers se rendant à leur travail à un cheptel destiné à l’abattoir, qui, sans aucune réflexion, suive le mouvement général. Les personnes qui ont des opinions différentes peuvent susciter de la peur et de l’incertitude chez les gens bien-pensants. Comme Didier van Cauwelaert écrit, dans « L’Évangile de Jimmy », « Le doute, c’est le point de départ de l’intelligence ! ». Le plus célèbre cas est l’affaire dite de Galilée. Ce procès est l’enquête et la condamnation du savant astronome par l’Inquisition pour avoir dénigré le géocentrisme et soutenu l’héliocentrisme. L’Histoire lui donne raison.
« Un point de vue, si tu te déplaces, ça change ». Il est biaisé par notre conception de vie, du fait d’être heureux, affamé, frileux, courageux… Notre perception, nos croyances, nos expériences, nos connaissances nous influencent. Comment se rendre compte qu’au niveau de la France, la vitesse de rotation de la Terre est d’environ 1100 kilomètres par heure. Aux pôles, elle tombe à seulement trois tandis qu’à l’équateur, elle atteint 1 600 kilomètres par heure. Alors que nous ne ressentons aucune sensation de rapidité. (Crédits : Marek/Pexels)
« T’es foncedé, tu jettes quelqu’un par la fenêtre, bah… t’as jeté quelqu’un par la fenêtre », lance l’humoriste. La manière dont on voit la réalité ne la change en rien. Comme l’expression « tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler » est un doux euphémisme. Le canal de nos sens, de nos compréhensions du monde sont influencés et aseptisés à nos différents ressentis, à moins de laisser libre cours à notre intuition. « Comme si on passait notre vie à voir le monde au travers d’une serrure, et le jour où tu prends ce recul, la question, ce n’est plus à quoi ressemble le monde, mais est-ce qu’on peut ouvrir la porte », conclut Romain Frayssinet. « Ne vous limitez pas à voir à travers cet espace restreint, mais ouvrez vos champs de perceptions en prenant du recul, doutez de tout, et observez ainsi le monde d’un œil neuf. »
Après l’ordre national des notaires, la municipalité de Brescia et celle de Rho, c’est au tour d’un groupe automobile d’Italie du nord d’être infecté par un code malveillant de type ransomware. L’attaque de l’ordre par RansomExx n’a fait que peu de bruit, en revanche, c’est la rançon demandée pour chaque commune lombarde qui fait couler beaucoup d’encre. Tout comme l’attaque cybernétique contre l’entreprise Axios, qui ressemble à celle subie par le CNED en France.
Le nouveau rapport sur la cybersécurité en Italie confirme que le courrier électronique est l’un des vecteurs principaux de violation des systèmes d’information dans l’industrie et le domaine bancaires. Ainsi, les clients du géant automobile « Gino Grupo » basé à Cuneo, dans le Piémont, font les frais d’opérateurs malveillants.
L’e-mail vecteur principal des cyberattaques
C’est par un courriel que les milliers de clients du principal concessionnaire de la région de Granda, et l’un des plus importants d’Italie furent prévenus : « Chers clients, le 7 avril 2021, nous avons malheureusement découvert que nos systèmes avaient été attaqués par des pirates informatiques inconnus. Nous avons donc immédiatement fait appel à une entreprise spécialisée afin de tenter de résoudre le problème et de limiter au maximum les dégâts », précisaient-ils. La Stampa explique que le groupe visé « livre chaque année plus de 10 000 voitures » de marques prestigieuses (Mercedes Benz, BMW, Mini, Aston Martin), possède huit succursales et 340 employés au Piémont, en Ligurie et en Toscane, avec un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros.
« C’est le mercredi que l’attaque aurait eu lieu, la conséquence se ressentait avec la panne du site le lendemain jeudi 8 et vendredi 9 avril 2021. Des enquêtes sont en cours – poursuis la lettre aux clients —. L’attaque a provoqué, d’une part, le cryptage de données dans nos serveurs (nous essayons de réinstaller une copie qui n’a pas été compromise) et, d’autre part, une exportation de données ». La procédure est identique aux infections par code malveillant de type ransomware, une partie des données sont inaccessibles, car chiffrées.
Caselle Torinese voit ses données exfiltrées suite à l’infection par un ransomware. (Crédits : Capture d’écran)
L’autre partie est lisible comme preuve de l’infection, puis de l’exfiltration. En France, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) propose un guide afin d’anticiper, et de connaître les démarches à effectuer dans : « Attaques par rançongiciels, tous concernés – comment les anticiper et réagir en cas d’incident ? » De son côté le groupe automobile continue de travailler dans le but d’atténuer les effets, et en restaurant les données, puis en les sécurisant. « Nous avons préparé la plainte qui sera déposée auprès de l’autorité judiciaire le lundi 12 avril et nous en informons l’Autorité de protection de la vie privée », conclut le groupe en conseillant à ses clients de signaler toute situation anormale et de changer leurs mots de passe.
Une rançon de 26 bitcoins
La commune de Brescia, chef-lieu de la Lombardie, située au nord de l’Italie est infectée par un code malveillant. Les opérateurs derrière le ransomware DopppelPaymer se sont attaqués aux terminaux de la municipalité. Il n’existe aucun doute possible sur la nature de l’intervention subie par la ville : « À des fins d’extorsion », martèle la municipalité aux journalistes du « Corriere della sera ».
L’attaque se serait effectuée en deux temps, la première dans la nuit du 29 au 30 mars 2021, puis celle du 31 mars au 1er avril. Étrangement, elle se déroule au moment où les données de la ville de Brescia se dirigeaient vers un cloud. « Un projet qui devrait augmenter considérablement le seuil de sécurité […] ».
Il fallu attendre quelques jours pour que les intentions soient dévoilées aux dirigeants de la commune italienne. Une demande de rançon, a été formulé, de 26 bitcoins, équivalents à plus de 1, 36 millions d’euros. « Bien entendu, la police a été immédiatement informée et tout paiement est exclu, |…] », explique le directeur général du Palazzo Loggia, Giandomenico Brambilla. (Crédits : capture d’écran)
Le ransomware DopppelPaymer a extorqué, entre 2019 et 2021, plus de 600 victimes. C’est le 28 février 2023 qu’Europol coordonne une opération de Police. Deux descentes, une en Allemagne et l’autre en Ukraine permettent l’arrestation de deux suspects et la confiscation de matériel. Trois ressortissants russes étaient activement recherchés. Le groupe avait mené une attaque contre le National Health Service du Royaume-Uni en 2017, celle en 2021 contre la NRA.
La commune de Rho se relève
La ville lombarde de Rho est infectée par DoppelPaymer, comme Brescia auparavant. L’action se déroule dans la nuit du 1er avril 2021, entre 3 h 21 et 5 h 40 selon les autorités. Il Giorno relate, qu’après 13 jours, les dommages causés au réseau sont réparés ; mais le retour à la normale est encore loin.
Il est fréquent qu’une période de trois mois soit nécessaire après de telles infections. Au sein de la municipalité, un travail de fourmi s’effectue. Le personnel, soutenu par des techniciens de sociétés externes, travaille à la réinitialisation de tous les terminaux, soit près de 300.
En plus de la reconfiguration du système informatique, un nettoyage en profondeur est nécessaire. Un travail scrupuleux, mais fondamental pour repartir en toute sécurité.
La municipalité s’en sort mieux que prévu selon son maire Pietro Romano, mais le retour à la normalité promet d’être long.
(Crédits : DR)
« Les modalités de l’attaque contre la ville de Rho sont très similaires à celles utilisées par les hackers de Brescia. Heureusement, nous n’avons perdu aucune donnée. […] Malheureusement, l’incident s’est produit malgré le fait que les systèmes antivirus et de sécurité de l’information sont actifs », souligne l’édile Pietro Romano. La rançon demandée était de 7,62 pour augmenter à 13,178 bitcoins, soit près de 700 000 euros au cours actuel.
Axios, le CNED italien
L’entreprise Axios fournit l’interface entre parents, professeurs et élèves pour environ 40 % des écoles italiennes, ce qui représente plus de 5, 5 millions d’étudiants. « Suite aux vérifications techniques approfondies effectuées depuis samedi matin parallèlement aux activités de restauration du service, nous avons reçu la confirmation que l’inefficacité créée est sans équivoque le résultat d’une attaque de ransomware sur notre infrastructure », affirmait le site Axios le 5 avril 2021.
Le rêve de chaque enfant s’est réalisé en Italie. Imaginez-vous le premier jour des vacances scolaires ayant cette discussion avec vos parents : « As-tu des devoirs à faire pour les vacances de Pâques ? », demanderait votre maman.
« Non ! », auriez-vous répondu. « Comment ça, non ? Je vais vérifier… » Et, là grande surprise, pas de bulletins de notes, ni de devoirs, de véritables vacances en perspective.
« Tous nos techniciens travaillent à un rythme incroyable pour rétablir tous les services dans les plus brefs délais, mais cela n’exclut pas qu’il puisse y avoir de légers retards par rapport à ce qui est indiqué », souligne la direction. (Crédits : capture d’écran)
Suite à la cyberattaque de Rho, la police a commencé ses investigations. Les premières informations indiquent que l’attaque est partie de Moldavie et que les auteurs devraient être les mêmes que ceux qui ont attaqué la ville de Brescia et Axios. Le ransomware avait été utilisé contre plusieurs entreprises, dont le géant taïwanais Foxconn et le français Manutan. Les principaux suspects, Igor Garshin, Igor Olegovich Turashev et Irina Zemlianikina, sont arrêtés. Un autre suspect, Artem Stryzhak arrêté en 2024 en Espagne est extradé en avril 2025 vers les États-Unis.