Le titre pourrait être récent, pourtant il est contemporain, et arbore une centaine d’années. C’est le quotidien Le Matin qui relatait les faits le 10 avril 1922. Si le terme de féminicide est apparu dernièrement, au XXIe siècle, certains individus souhaiteraient ardemment qu’il rentre pour distinguer l’homicide volontaire d’une personne, à celui d’une femme à l’instant où ce crime est odieusement dirigé vers une femme, qui plus est lorsqu’elle est conjointe, concubine, épouse…
Tout le drame se déroulait au sein de la ville balnéaire de Biarritz. Le traditionnel week-end de Pâques offrait à chacun qui le pouvait un avant-goût de libertés. C’est ainsi qu’un jeune parisien de 23 ans, comptable de profession, retenait une chambre dans un hôtel. LouisDéjardin était rejoint par une femme, Mme Simonet, née ÉmilieBaillat âgée de 22 ans. Elle était infirmière au sanatorium d’Hendaye et mariée depuis tout juste deux mois.
A la 143e heure, bouclée avec 3649,65 kilomètres, les sprints bonificateurs commençaient. Mais la messe était dite, le duo Georges Sérès et Émile Aerts remportaient la course des six jours au vélodrome d’hiver de Paris. Un doublé en deux années pour Sérès, qui l’emportait en 1921 avec Oscar Egg, et à nouveau en 1924 avec Aerts. (Crédits : Le Matin/BnF Gallica)
Dans la soirée le couple s’enfermait dans la chambre retenue. Peu après des coups de revolver se firent entendre. La police dépêchée sur place ne put constater le décès des deux personnes. Louis Déjardin aurait tué la jeune infirmière avant de retourner l’arme contre lui. Ce 10 avril 1922, M. Simonet venait reconnaître le cadavre de sa jeune épouse.
Un îlot de terre situé entre la Normandie de la Bretagne, à qui doit être rattaché ce lieu unique en son genre, peu importe. De nombreuses légendes entourent cet endroit mythique et mystique, connu dans le monde entier. Il est au sein de sa baie, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’UNESCO, depuis 1979. Habité depuis l’an 709, il ne cesse d’évoluer au gré des pèlerinages durant douze siècles, jusqu’à la Révolution française. Mais qui est donc l’Archange Saint Michel, dont la statue orne et surplombe la flèche de l’abbatiale ?
Peu importe votre religion ou vos croyances, toutes respectées et respectables, ce n’est ici pas le propos, je vous invite à un voyage à travers le temps. Ce périple permet la compréhension comment le MontTombe est devenu, celui que le monde entier connaît sous le Mont saint Michel. La statue de cuivre dorée représente l’ArchangeSaintMichel, il est affublé d’une épée et d’une balance. Il est le prince de la milice des anges, guerrier et justicier. « Mi-ka-el » en hébreu signifie « qui est comme Dieu ». Il apparaît dans les écritures catholiques comme celui qui à la fin des temps se manifestera annonçant le Jugement dernier pour mener les troupes à l’affrontement contre l’Antéchrist.
La représentation de l’Archange est visible à différents lieux, sur le dyke du Puy-en-Velay, les falaises en Lorraine, des tumulus funéraires à Carnac. Il est toujours, selon les légendes, situé à la porte de la terre et l’enfer, ou plus simplement aux frontières entre la vie et la mort. (Crédits : Dobby310/Pixabay)
Présent dans les trois religions monothéistes, il est le messager et le gardien des passages. Michel est le prince de la milice céleste, mentionné dans le Livre de Daniel de la Bible hébraïque pour le judaïsme (מיכאל) et le christianisme, comme dans l’Apocalypse du Nouveau Testament pour le christianisme et également dans le Coran (ميكائيل) pour l’islam. Les plus anciennes mentions de son nom se trouvent dans des ouvrages israélites du IIIe et IIe siècle avant notre ère, où il est le chef des anges et des archanges et responsable de la protection d’Israël. « L’Exode d’Israël hors d’Égypte » est un récit biblique selon lequel les Hébreux, réduits en esclavage, s’émancipent pour revenir, sous la conduite de Moïse et Aaron, dans le pays de Canaan. « Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t’ai préparé. Respecte sa présence, écoute sa voix. Ne lui résiste pas, car mon nom est en lui. […] Mon ange marchera devant toi » (Livre de l’Exode au chapitre 23).
En novembre 589, la crue du Tibre déverse la peste partout dans Rome. Le pape Grégoire1er, successeur du pape Pelage II en octobre 590 dirige une procession contre cette dernière. L’Archange serait apparu au-dessus du mausolée d’Adrien. Essuyant son épée ensanglantée, la remettant au fourreau, l’épizootie aurait cessé séance tenante. (Crédits : DR)
À la suite de la fin de l’épidémie à Rome, le mausolée d’Adrien prendra le nom de château de Saint-Ange, une église y sera consacrée sur la via Salaria, ancienne voie romaine. En 708, un sanctuaire est édifié sur le mont tombe. Charlemagne adoptait saint Michel comme « Protecteur et Prince de l’empire des Gaulles ». Le choix aurait pour origine un petit oratoire en forme de grotte construit saint Aubert, l’évêque d’Avranches, dédié à l’Archange saint Michel. Le nom complet est Le Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-mer. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-Sous-Terre, c’est-à-dire sous la nef de l’abbatiale. Puis, il apparaîtra une nouvelle fois dans un village nommé Domrémy-la-Pucelle, dans le département des Vosges (où on y mange d’excellente tarte aux brimbelles) à une jeune fille de 13 ans prénommée Jeanne, qui séjournait il y a quelques siècles à Poitiers.
La presse se souvient du drame survenu en 1919, lorsqu’en Amérique, Jacques Lebaudy surnommé « Empereur du Sahara » était tué d’un coup de revolver par sa femme, née MargueriteBellière. La justice de l’OncleSam concluait que Mme Lebaudy avait agi en état de légitime défense. Le défunt mari était le frère de Paul Lebaudy, ancien député de Seine-et-Oise, maintenant les Yvelines, laissait une très grosse fortune. Les héritières n’étaient autres que sa veuve et sa fille Jacqueline, âgée de 17 ans.
Le 9 avril 1922, L’Écho de Paris se fait le porte-parole d’une affaire peu banale. Mme Lebaudy, pour hériter de son mari, donna sa fille en mariage, il y a un an au fils du détective américain Harris. Après avoir célébré l’union à la Palud, près de Vaucluse, le trio revint habiter sur Paris au 2 de l’avenue de Camoëns, de Paris situé dans le quartier de la Muette. Les jeunes épousés roucoulaient jusqu’à ce que la veuve hérite. Elles décidèrent de se séparer du fils du détective. Elles se réfugièrent sous un faux nom, Howe, grâce à la complicité d’un médecin de famille.
Il faut dire que les mariages arrangés avaient cours, d’autant que la liquidation de la succession de l’empereur du Sahara était encore pendante, et s’élevait à 600 millions de francs. À croire qu’elles ne souhaitaient pas partager ni attendre la majorité de Mlle Lebaudy. (Crédits : Daniel Reche/Pixabay)
Les chiens ne font pas des chats, souligne la formule. M. Harris découvrit l’adresse où les deux fugitives se trouvaient, le 2 rue de Pozzo-Borgo à Saint-Cloud. Prétextant être le cousin, il put déambuler au sein de l’établissement, et vit son épouse sortir de la salle de douches. Il lui demanda avec délicatesse de le suivre. Les droits des Femmes n’étaient qu’au stade d’embryon au début du XXe siècle. L’homme qui avait prévu son refus, accompagné par deux de ses amis, voulut manu militari l’emmener de force. Elle cria tant que la mère de la jeune femme et le personnel accoururent et firent lâcher le trio.
Fuite précipitée
L’odeur du danger fit que mère et fille prirent la fuite dans la nuit, en compagnie d’un officier français se prétendant être cousin des femmes. L’homme fut interrogé par les journalistes de L’Écho de Paris auprès desquels il tint ce discours : « Mon fils avait épousé, en janvier dernier Mlle Lebaudy. Voici quinze jours, la jeune femme abandonna brusquement le domicile conjugal, sur les conseils de son curateur “honorable” colonel, de complicité avec une Égyptienne tireuse de cartes. » La directrice de l’établissement dans lequel elles avaient admis ignore ce quelles sont devenues, tellement leurs départs fut précipité. L’héritage, évalué par la presse américaine à plusieurs dizaines de millions de dollars, resta en déshérence pendant de longues années. Une bataille juridique commença entre son ex-épouse associée à sa fille Jacqueline, et la famille Lebaudy qui revendique l’héritage de en contestant le mariage et la paternité de Jacqueline.
Nombreuses révélations d’attaques informatiques dans la presse, sans compter celles qui ne le sont pas. Les opérateurs derrière ces offensives s’en prennent aux données, véritable mine d’or. Ainsi au Canada, 200 000 dossiers santé de patients et employés étaient copiés, 510 000 Français touchés par une fuite provenant de l’Assurance Maladie, un ransomware attaque l’hôpital de Castellucio, l’université neuchâteloise, puis deux cabinets médicaux dont 43 651 fichiers de la patientèle seraient diffusés.
Le service de veille de Zataz révèle une nouvelle fuite de renseignements de français, c’est donc que plus de 700 000 personnes sont concernées. La base de données proposée par un pirate informatique affiche pas moins de 754 000 mails et mots de passe. Alors que les deux années passées ont bouleversé les façons de penser, agir, et de comportement, les individus avaient souffert du manque d’interaction, les étudiants en premiers. Alors, imaginez que cette fuite concerne en partie les Universités de Nantes et Poitiers.
Orange et Wanadoo représentent plus de trois quarts des données qui pour 77, 35 % soit 583 926, les autres opérateurs également dans une moindre mesure : SFR (8, 64 %, 65 217), FREE (5,15 % 38898), BBOX (0,68 %, 5113), NEUF (3,78 %, 28 549)… (Crédits : ZATAZ)
Tandis que le Département de l’Ardèche est toujours en prise avec l’attaque subie ces derniers jours, cette fois, c’est un combo de 754 955 adresses électroniques et mots de passe diffusés voilà quelques heures. Dans cette propagation malveillante, 583 926 clients Orange/Wanadoo et 65 217 pour Free. Trois universités y sont aussi présentes avec des comptes appartenant aux entités de Nantes et Poitiers. « Les données sont-elles récentes ? Difficile de le savoir même si une adresse d’un vieil espace numérique de la commune de Terssac s’y trouve. Un espace web inactif depuis 2020 », explique DamienBancal de Zataz.
Ce n’est que le 8 avril 1922 que l’information est révélée. Dans la nuit du 6 au 7 avril, à un avion allemand atterrissait en Belgique, sur la commune de Welkepraett. Une patrouille militaire arriva expressément sur les lieux, se saisissant de l’appareil et des deux passagers. Les détenus furent amenés devant le commissaire de police de Verviers. L’un des aviateurs n’était autre que Heinrich Wandt rédacteur en chef du journal berlinois Die Freie Press et auteur du livre Etappenleven Gent.
Le célèbre ouvrage, traduit en français, raconte la vie menée par des officiers prussiens d’état-major pendant la guerre. Elle vient de jeter « un jour terrible sur l’immoralité » de la vie de ces militaires, soulevait Le Petit Parisien. Il tint un quotidien sur les délits commis au sein de l’étape pendant la guerre, dont des extraits furent publiés chaque semaine par le journal de gauche BerlinerFreiePresse à partir de janvier 1920. La mention des noms des officiers impliqués a incité le ministère de la Reichswehr à ouvrir une enquête en juillet 1920. Wandt fut condamné le 21 décembre 1920 à 6 mois de prison par la chambre pénale de Berlin-Moabit dans un procès pour confusion d’appellations. Lors d’un autre procès, un mandat d’arrêt fut émis contre lui le 6 septembre 1921. D’octobre 1921 à fin janvier 1922, il fut en détention préventive à Potsdam.
Les procès du Reichsgericht à Leipzig font partie de l’histoire menant plus de deux décennies plus tard à ceux de Nuremberg. (Crédits : BnF Gallica)
Puis, l’auteur Wandt s’était vu appréhender par la police à cause de la publication dudit livre. Personnellement menacé, dépouillé de ses biens, et victime de nouvelles plaintes pour injures. Le bureau de liquidation du corps de la Garde à Spandau lui transmit des dossiers pour sa défense. Cette circonstance lui fut imputée comme « incitation au vol qualifié et tentative de trahison de secrets militaires », et incarcéré sous l’inculpation du crime de haute trahison. Il réussissait à échapper à la surveillance des gardiens, et rejoignait Leipzig en voiture. Aussitôt évadé, et la police prévenue, elle promettait une récompense pour sa capture. Il se résigna à quitter l’Allemagne en avion. Peu après avoir survolé Cologne, le pilote recevait l’ordre d’atterrir à Aix-la-Chapelle. Le rédacteur en chef en fuite avait l’intention de gagner la Hollande, mais du se poser en Belgique.
C’est alors que la douane belge saisissait l’avion à Welkenraedt, arrêtaient Wandt et son pilote, ex-officier aviateur lieutenant Meebius, et les envoyèrent à Bruxelles. (Crédits : DR)
« Le procès ultra-secret du Reichsgericht, au cours duquel, bien que mon innocence ait été clairement établie, j’ai été condamné à six ans de réclusion, que je devais passer derrière les murs de la Bastille allemande. C’est de Potsdam que j’ai été accusé de trahison, c’est à Potsdam que j’ai été placé en détention préventive, et c’est “l’esprit de Potsdam”, si tristement célèbre dans tout le monde civilisé et toujours si omnipotent dans notre “république”, qui est à l’origine du sextuple crime judiciaire que notre cour suprême a commis contre moi le 13 décembre 1923 », écrivait-il dans la préface du « Prisonnier de Postdam »
Une offensive visant les systèmes d’information du département de l’Ardèche est subie depuis mercredi 6 avril 2022. Les services ardéchois n’ont donc pas pu utiliser leurs outils numériques pour travailler, mais rassurent que les administrés qu’ils ne sont pas affectés par une fuite de leurs données. Le réseau informatique interne est bloqué, empêchant certaines tâches des institutions départementales, mais surtout évitant que le code malveillant puisse se propager plus qu’il ne l’aurait déjà fait.
« Le système informatique interne de la collectivité départementale est momentanément immobilisé », explique le Département de l’Ardèche. L’entité affirme que les « équipes informatiques sont pleinement mobilisées pour identifier la source des problèmes et les résoudre afin de rétablir au plus vite les systèmes d’information réseaux. » Pour éviter la propagation, les systèmes informatiques ont été verrouillés. Ils rouvrent progressivement service après service, après vérification. « On a focalisé sur les priorités du Département (les ressources humaines, services aux usagers), pour que tout ce qui est prestations sociales et accompagnement du public soit rapidement remis en route », stipule Sandrine Genest, la première vice-présidente de l’Ardèche. Le retour à la normale prendra plusieurs jours, voire plusieurs semaines ou mois en fonction des ravages potentiels, chaque poste de travail devant être contrôlé minutieusement. Une plainte a été déposée ce jeudi 7 avril 2022.
Marseille, la métropole d’Aix-en-Provence, La Rochelle, la ville d’Angers, la Communauté de communes de l’Est lyonnais… Durant la nuit du 3 au 4 mars 2022 l’EPCIRives de Moselle a été la victime d’un ransomware. « Y a-t-il des villes de France non encore touchées ? » (Crédits : Frank Meitzke/Pixabay)
« L’immobilisation des réseaux informatiques n’affecte pas les usagers. L’enquête que nous avons menée n’a constaté à date aucune fuite de données » complète le communiqué envoyé ce mercredi soir, « des mesures d’organisation ont été mises en place pour assurer la continuité du service public ». Le 22mars2022, c’était la commune d’Aix-les-Bains qui rejoignait le banc de nombreuses villes françaises, ayant fait l’objet d’attaque informatique. Depuis les services informatiques sont fortement perturbés. Le lendemain, c’est Saumur et l’agglo qui remettent, au fur et à mesure leurs outils en fonctionnement.
En février 2021, la communauté d’agglomération, le CCAS et la ville de Chalon-sur-Saône étaient les cibles d’une attaque par ransomware. En juillet de la même année, lors du conseil municipal l’édile donnait des éléments sur le coût de la remise en état de marche des systèmes informatiques, pour plus d’un demi million, 550 000 euros exactement. Sur cette somme astronomique, plusieurs embauches sont en cours, dont celle d’un responsable de la sécurité des services informatiques (RSSI) et la restauration du parc. « On en sort grandi », se félicitait le maire. Grandi sûrement, moins fourni pécuniairement et plus riche d’expériences, c’est une certitude.
Il existe un discours, une langue qu’apprennent les officiers supérieurs dans l’Art de la Guerre, cours dispensé à l’École de Guerre. Il peut paraître abscons, obscur ou incompréhensible que les conflits devenant des Guerres soient régis par un langage, voir de bonnes manières. C’est ainsi qu’il apparaît une stratégie, une conduite de l’armée, terme utilisé à tort et à travers dans le domaine civil. Il n’y a également pas de gentils et de méchants, mais des belligérants ou neutre dans un conflit comme une guerre.
Les guerres ne sont plus politiques, mais religieuses, ou écologiques, mais sans nul doute climatiques selon l’évolution de notre planète et de nos comportements dans les années à venir. « Quelque soit le projet sur lequel on s’affronte, religieux, économique, idéologique, à partir du moment où il y a enjeu de pouvoir, entre collectivités, nous sommes dans le domaine politique », martèle MartinMotte. Le plus grand stratège du XIXe siècle Carl von Clausewitz affirmait que « la guerre est la continuation politique par d’autres moyens. La guerre est un caméléon ».
Il ne faut pas grand chose pour déclencher un conflit, une guerre, vous connaître vous et vôtre adversaire, et le final recherché, le reste est stratégie. La dépêche de « Ems » est un papier qui froissa l’Ego de Napoléon III pour le précipiter dans une guerre, alors que sa préparation n’était pas achevée. (Crédits : DR)
Le 29 septembre 1806, la Prusse mobilise son armée contre Napoléon. Le capitaine Clausewitz écrivit à sa fiancée qu’il ne doutait pas de la victoire. En quinze jours l’empereur anéantit sa confiance. L’officier est fait prisonnier de guerre, il passera deux ans en France et en Suisse. Il en tirera des enseignements qui changeront à jamais sa vision des conflits. « Le premier, le plus important, le plus décisif acte de jugement qu’un homme d’État, ou un commandant en chef exécute consiste dans l’appréciation correcte du genre de guerre qu’il entreprend, afin de ne pas la prendre pour ce qu’elle n’est pas et de ne pas vouloir en faire ce que la nature des circonstances lui interdit d’être ».
Culture, communication et stratégie
La stratégie selon le général André Beaufre est « l’art de la dialectique des volontés employant la force pour résoudre leur conflit. » De son côté le général de Gaulle assurait que « la culture générale est la véritable école du commandement ». Car si vous accumulez des connaissances en histoire, géographie, en politique, en économie sans oublier l’histoire des religions et des philosophies, vous obtiendrez une meilleure compréhension du camp antagoniste. Sun Tzu dans l’art de la guerre, le travail du stratège est de créer des conditions favorables. Puis vient le jeu de dupe, soit cacher ses troupes en les camouflant dans des localités, bois, forêts, ou au contraire laisser croire en intoxicant l’adversaire que les forces sont innombrables.
« L’opération fortitude de 1944, où les alliés ont déployé des chars factices sur la rive britannique du Pas-de-Calais pour faire croire aux Allemands que le débarquement aurait lieu précisément dans le Pas-de-Calais », distille MartinMotte, Historien et directeur d’étude à l’École pratique des Hautes Études (EPHE). Ici un char américain. (Crédits : DR)
Dans l’émission spéciale de C politique la suite du 13 mars 2022, le général de divisionVincentDesportes, répond à RogerCohen, journaliste, chef du bureau du New-York Times à Paris indiquant que Poutine serait fou et irrationnel. « Il n’est pas tombé dans quelque chose qui est irrationnel, mais qui fait partie de sa propre rationalité […] Je crois que la plus grande erreur c’est de dire que quelqu’un est fou. Si vous voulez comprendre l’autre vous ne devez pas avoir une explication psychologique, vous devez chercher à comprendre quels sont ses intérêts, quel est son mode de raisonnement », martèle le Général.
Il a ce que, nous militaire, appelons un final recherché, il s’aperçoit qu’il n’y arrive pas […] il va donc progressivement monter en violence
Général de division vincent desportes. ancien directeur de l’école de guerre. c pol 13/03/22
DaphnéRousseau, journaliste à l’AFP, intervenait dans l’émission « C Politique la suite » du 13 mars 2022 sur France5 dont le titre était « L’Ukraine est-elle en train de gagner la bataille des images ? ». Elle indique qu’il est nécessaire de se méfier des images, mots et autres moyens de communiquer, car elle fut confrontée à une scène incroyable, sur le sol ukrainien. Elle raconte que les journalistes de différents médias sont invités par les services secrets ukrainiens à une conférence de presse avec dix prisonniers russes.
Propagande : nom féminin (latin congregatio de propaganda fide, congrégation pour propager la foi, de propagare, propager). Est l’action systématique exercée sur l’opinion pour lui faire accepter certaines idées ou doctrines, notamment dans le domaine politique ou social : La propagande électorale. (Crédits : Tayeb Mezahdia/Pixabay)
« […] Puants, les larmes aux yeux, préparés par un petit briefing, lequel on entendait tout à travers la porte, comprenez ce que vous avez fait, regardez les gens que vous avez tué, vos mères pensent que vous êtes morts… puis ils alignent ces soldats face à des journalistes pour leur faire dire à quel point le président Poutine est fou […] ». La journaliste indique que les campagnes de propagande quelques soit le côté, peuvent et pourraient aller bien plus loin encore, et qu’en tant que journaliste il faut garder la tête froide. Et surtout se méfier des comparaisons, entre les images que les médias partagent et ce que vit la population, car il n’y a aucune mesure, et surtout coller le plus au réel.
La stratégie avant tout
Pour Sun Tzu, la planification stratégique doit commencer par l’étude des cinq facteurs fondamentaux que sont l’influencemorale, les conditionsmétéorologiques, le terrain, l’autorité du général et la doctrine. Tout dépend de votre force et de votre aptitude à communiquer dans le sens premier du terme. Ainsi la victoire découle d’une appréciation correcte du rapport de forces, chaque protagoniste se doit de fausser la perception de son adversaire en usant de dissimulation, de ruse et d’intoxication (opération fortitude) : « Proche, faites croire que vous êtes loin, et loin, que vous êtes proche ». La provocation est un moyen comme un autre. Bismarck en 1870, trafiquait la fameuse « dépêche d’Ems» pour humilier Napoléon III et le forcer à déclarer la guerre à la Prusse alors que l’armée française n’avait pas fini ses préparatifs.
Il obéit forcément à un mode de raisonnement
Général de division vincent desportes. ancien directeur de l’école de guerre. C pol 13/03/22
« Plus près de nous, il est probable qu’Al-Qaïda, en frappant le World Trade Center, a voulu pousser les États-Unis à une réaction irréfléchie, et de fait l’invasion de l’Irak n’a guère servi leur image internationale… », note MartinMotte. Le principal ennemi n’est pas celui auquel nous pensons. Comme dans la vie quotidienne, la seule limite est celle que vous vous imposez. « Connaissez l’ennemi et connaissez-vous vous-même ; en cent batailles, vous ne courrez jamais aucun danger. Quand vous ne connaissez pas l’ennemi, mais que vous vous connaissez vous-même, vos chances de victoire ou de défaite sont égales. Si vous êtes à la fois ignorant de l’ennemi et de vous-même, vous êtes sûr de vous trouver en péril à chaque bataille ».
En ordre rangé
L’idéal dicte l’ordre des priorités. Ainsi, il faut s’attaquer à la stratégie de l’ennemi, et ne surtout pas le sous-estimer en le prenant pour fou. Chaque individu possède son raisonnement, il peut être à l’inverse du vôtre contradictoire, loufoque, voire grossier, mais il existe. L’entendre est saisir la voie de la réussite, le comprendre, la victoire. Transformer votre point faible, par ruse, tactique ou stratégie et rendre celui-ci votre plus grand atout. Autrement dit, manœuvrer pour inverser le cours de la bataille, afin d’obtenir une supériorité locale alors que vous êtres infériorité globale. « En conséquence, le général avisé veille à ce que ses troupes se nourrissent sur l’ennemi, car un boisseau de vivres pris à l’ennemi équivaut à une vingtaine des siens ».
L’art de la guerre peut s’apparenter aux échecs. Votre ouverture fixe l’attention de l’adversaire, ce qui vous rend extraordinaire est d’exploiter cette fixation en portant ailleurs un coup auquel l’ennemi ne s’attend pas. (Crédits : Rick Brown/Pixabay)
Alors, pour sortir d’un conflit, d’une guerre, il faut comprendre le but du belligérant adverse, ne pas le prendre pour fou, ne pas le sous-estimer, cerner son raisonnement… mettre en contraste l’histoire de la région, des peuples, ethnies, religions, politiques qui font ce qu’ils sont. Comme il est impossible de comparer l’Europe avec son histoire, à travers les siècles et confronter celle des États-Unis, sans adjoindre l’Histoire des Amérindiens. La guerre à son école, dont l’enseignement est distillé par des individus ayant les capacités à transmettre à d’autres, militaires, ayant la faculté de l’enregistrer et de l’appliquer sur le terrain. À suivre…
Le coût de la vie préoccupait déjà la population et les gouvernants en 1922. La cherté de la vie pour les petits retraités et les retraites des petits cheminots était à l’ordre du jour au Sénat. C’est ainsi que le 7 avril 1922, le projet d’achèvement des maisons à bon marché commencées avant la PremièreGuerremondiale, était adopté par la Chambrehaute. Elle suivait l’approbation de la convention monétaire ente la Belgique, la France, l’Italie et la Suisse du 9 décembre 1921.
Après avoir expliqué que le but fut de ramener à 12,5 % l’intérêt sur les marchandises transportées, il en venait la question des retraites des agents des chemins de fer d’intérêt local et des tramways, qui ne jouissaient précise L’Ouest-Éclair de régime de retraite unifié. Le montant touché serait selon le projet la moitié du traitement d’activité après trente années de bons et loyaux services. Le départ de l’âge à la retraite serait alors de 55 ou 60 ans, suivant que les agents appartenaient à un service actif ou sédentaire. La caisse de retraite sera alimentée par des montants de 5 % de cotisation sur les salaires, auxquels s’ajoutera une contribution étatique de 1 %.
Dans le cas ou la compagnie ne le pourrait, l’État et les collectivités y pourvoiront dans la proportion de 3/5 pour le premier et les 2/5 restant pour les autres. (Crédits : TrainConsultant)
Trente sacs du courrier de l’Angleterre à l’Italie étaient dérobés dans un train, révèle le quotidien Le Matin. Le fourgon postal n° 17904 a été cambriolé stipulait le télégramme envoyé par le chef de la brigade mobile de Dijon au commissariat spécial de la gare du Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) à Paris. Il incitait les forces de l’ordre parisiennes à surveiller les voyageurs. L’énigme du train rapide 31 allant de Paris à Marseille tenait en haleine les lecteurs. Il avait quitté le terminal de Lyon à 20 h comme prévu.
Juste avant le départ de la gare de Lyon pour la cité phocéenne, l’allège postale avait accroché au milieu du convoi, un grand wagon du modèle Di-D2. La trame du convoi se composait d’une locomotive, deux wagons de voyageurs, puis un wagon-poste à boggies. Puis le fameux fourgon n° 17904 qui devait être détaché à Dijon, pour être dirigé vers la Suisse et l’Italie via Frasne et Vallorbe. La physionomie du wagon disparu se compose de deux compartiments, disposés de part et d’autre d’un couloir transversal, fermés par des portes, au sommet un poste-vigie. Pour permettre le chargement, des grandes portes à glissières sur les côtés du fourgon. Le contenu comprenait un ensemble de sacs plombés de correspondances diverses, des plis recommandés, des paquets, bref du courrier. Le tout réparti dans les deux compartiments, dont les portes furent closes avec le verrou habituel de sûreté, puis plombées.
Les différents types de courrier sont placés séparément dans des sacs scellés. Le cinéma à travers « TheBrain » de GérardOury avec Jean-PaulBelmondo et Bourvil racontait le hold-up d’un wagon de l’OTAN en 1969. Toute ressemblance est pure fiction. (Crédits : People and the Post, Postal History from the Smithsonian’s/National Postal Museum)
Arrivé en gare de Laroche-sur-Yonne, le train rapide devait s’arrêter six minutes. Les employés des chemins de fer français remarquèrent des races extrêmement visibles d’effraction sur les portes à glissières de l’un des compartiments. Ils entrèrent dans le wagon et constatèrent qu’une trentaine de sacs manquaient à l’appel. Les souvenirs d’un cambriolage du même type effectué 11 ans plus tôt, en septembre remontèrent. Les malfaiteurs seraient montés sur le toit en gare de Lyon, puis auraient pénétré dans le poste-vigie vide. Aucune valeur déclarée dans le courrier ne permettait aux policiers de connaître le mobile. Seule indication, les lettres et colis en provenance d’Angleterre étaient plus nombreux. L’enquête débutait le 6 avril 1922.
En Suisse, le Conseil d’État neuchâtelois expliquait qu’il avait progressé en matière de sécurité informatique, suite à l’infection de l’université le 18 février 2022. Mi-mars deux cabinets médicaux neuchâtelois sont la cible de hackers, qui ont publié sur le darknet les données de 43 651 fichiers médicaux, révèle une enquête du Temps. Ils avaient fixé un ultimatum pour le mardi 29 mars. Faute de percevoir une rançon, ils diffuseraient les renseignements. Ils sont passés à l’acte.
Cette nouvelle attaque informatique, et le partage des données font l’effet d’une claque. Les opérateurs qui usent, compilent des lignes de codes dans un but malveillant qui produisent des attaques ont la plupart du temps, plusieurs longueurs d’avance sur les personnes qui œuvrent à la protection, et s’adaptent aux mesures de sécurité. Après la cyberattaque à l’Université le 18 février 2022, le canton a réduit l’indisponibilité de l’infrastructure informatique et amélioré la capacité de résister à une offensive au niveau des systèmes centraux. « Selon le dernier audit, la défense informatique est bonne », a ajoutéCrystelGraf conseillère d’État. Le canton avait lancé le 7 mars 2022, pour une durée de dix mois une campagne de prévention.
Prévue pour le 8 avril 2022, la publication d’informations du site de prise de rendez-vous suisse a été reportée par les opérateurs derrière le ransomware Lockit 2.0. En Suisse OneDoc peut être assimilé à Doctolib en France. (Crédits : capture d’écran)
Les données exfiltrées suite à l’attaque de l’université s’avéraient plus sensibles que nous pouvions penser jusqu’à présent expliquait le journal Le Temps. Selon l’enquête, certains fichiers divulgués rapportent un conflit entre professeurs ou le licenciement d’un collaborateur, des courriels de la Police judiciaire neuchâteloise, des documents de justice… Sur la diffusion du 30 mars 2022, les pièces contenaient des listes de patients, leurs prénoms et noms, adresse, numéro de téléphone, fixe et portable, profession, date de naissance… Mais ce n’est pas tout, de nombreuses informations concernant pathologies, examens médicaux s’affichent sur le Darknet, comme savoir si un patient est séropositif, consomme de la drogue, etc. Ils ont été retirés le jour même suite au second ultimatum aux cabinets médicaux de payer la rançon.
Le chat et les souris
Remises en ligne, puis enlevées, puis… des échanges entre les opérateurs et les cabinets médicaux, auraient eu lieu, pour qu’un nouveau délai soit fixé au 8 avril, relate le journal Le Temps. Vendredi soir, un expert du darknet affirmait qu’« il est possible que les cabinets, voire les autorités politiques, négocient désormais avec les pirates pour payer une rançon. » Plusieurs faisceaux pourraient indiquer que l’un des cabinets aurait réglé une somme pour récupérer ses données dès le 22 mars, suppose Arcinfo. « Il faut un vrai électrochoc en Suisse, appuie David Billard, professeur associé à la Haute École de gestion de Genève (HÉS GE) et spécialisé en cybersécurité. Les organisations professionnelles (médecins et autres) devraient se prendre en main et commencer par faire un état des lieux de la capacité numérique de leurs adhérents (ou membres de leur organisation professionnelle). Lorsque l’on va voir un médecin ou un avocat, on s’attend à recevoir un avis médical ou un conseil juridique de qualité. De la même façon, on devrait avoir l’assurance que les informations que l’on échange soient traitées avec le même professionnalisme. »
Les Médecins communiquent
Le communiqué des médecins de Chaux-de-Fonds affirment qu’ils ont été la cible d’un ransomware, sans pour autant avoir fait preuve d’imprudence. Et non, ils ne s’acquitteront pas de la demande d’extorsion, se conformant ainsi aux recommandations des autorités et des spécialistes de cybersécurité. « Suivant le conseil des autorités, nous avons choisi de ne pas payer de rançon. Premièrement, il n’y a aucune garantie que cela aurait influencé le comportement des pirates informatiques et que les données ne seraient pas publiées, à un moment ou à un autre. Deuxièmement, le cabinet ne souhaitait pas financer le crime organisé et encourager ces actes de chantage », écrivent-ils.
Le cabinet touché par l’attaque regroupe les Drs Marjorie Cosandey Tissot, Monika Nobel, Julie Meyrat et Marco Salvi, Francine Glassey Perrenoud (avant 2021), André-Philippe Méan (avant 2013), Marc Pierrehumbert (avant 2013), Ivana Babic (avant 2013) et Robert Muenger (avant 2014) sont également concernés. (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)
Si, les données volées ne sont pas accessibles à tout un chacun, elles figurent sur le darknet. Le risque de voir des tiers s’en emparer, pour des tentatives d’usurpation d’identité, d’escroquerie… est réel. Il est donc nécessaire de changer ses mots de passe, et se méfier de toute demande urgente ou pressante, qu’elle soit effectuée par téléphone, courrier ou mail. En cas de doute, ne pas hésiter à contacter la police pour être conseillé, conclu le quotidien suisse Le Matin.