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  • Le célèbre « J’accuse » d’Émile Zola du 13 décembre 1898, sous fond de laïcité

    Le célèbre « J’accuse » d’Émile Zola du 13 décembre 1898, sous fond de laïcité

    Il y a plus de cent ans, que le célèbre écrivain lançait en moins de dix caractères le plus flamboyant plaidoyer. L’affaire Dreyfus divisait la France. Elle est une affaire d’État devenue conflit social et politique majeur de la Troisième République. Tout est issu de l’accusation de trahison portée au capitaine Alfred Dreyfus. Fin de l’année 1894, la condamnation et dégradation du capitaine Dreyfus est une erreur judiciaire documentée sur fond d’espionnage. Le climat de la France est profondément propice à l’antisémitisme.

    L’affaire Dreyfus est un camouflé de justice, au vu de son Histoire. Accusé à tort, il ne récupérera jamais le retard de grade et de solde qui lui ont été enlevés, mais gardera son Honneur contre vents et marées. Il fut tout d’abord condamné à la déportation à perpétuité, ainsi qu’à la dégradation publique en 1894. Cinq ans plus tard, sa peine est commuée à dix ans de réclusion. Il sera enfin acquitté le 12 juillet 1906.

    Révolution française, Religions et Laïcité

    Ces trois choses forment un triptyque qui érige la société. Elles sont imbriquées et indissociables. Mais pour comprendre, plusieurs périodes sont à prendre en compte. La IIIe République avec l’affaire dite Dreyfus, les fondements de l’article 10 de la Révolution française et la mise en application d’une loi la liberté de conscience.

    La IIIe République, ou la mise en application

    En 1894, la IIIe République est toute jeune. Elle atteint ses vingt-quatre ans. Mais déjà, les crises s’enchaînent : le boulangisme (1889), le scandale de Panama en 1892, et la menace anarchiste. Mais le point essentiel apparaît en décembre 1898, lorsque l’affrontement entre dreyfusards et antidreyfusards devient prégnant. Mais ce qui fera bouger les choses est que ce mouvement menace la stabilité de la République.

    (Crédits : Le Temps/BnF/Gallica)

    Leur texte fondateur est « L’Appel à l’union », paru le 23 janvier 1899 dans le journal Le Temps, appel au calme. Les dreyfusiens soutiennent la politique de Waldeck-Rousseau et prônent une laïcisation de la société.

    La Laïcité, késako ?

    Oui, mais qu’est-ce que la laïcité ? C’est un terme employé à tort et à travers. Chaque politique y va de sa définition. Elle est issue de la Loi du 9 décembre 1905, qui instaure la séparation de l’État et des Religions. Pour tenter de comprendre ce qu’est la Laïcité, il remonter à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Sous la Révolution française de 1789, la Convention projette de rendre l’école obligatoire et gratuite. Condorcet recommande un système d’enseignement laïc, ainsi que l’égalité entre filles et garçons en 1792.

    L’article 10 dispose que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » Le 18 juin 1833, François Guizot, alors ministre de l’instruction publique fait voter une première loi relative à l’enseignement primaire.

    C’est en 1882 que la Loi passe via Jules Ferry. Il instaure de la même façon, je jeudi de repos pour tous les écoliers. D’où l’expression de la semaine des quatre jeudis et des trois dimanches.

    Puis le 9 décembre 1905, la loi de séparation de l’État et de l’Église. Dans son article 1er « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. »

    (Crédits : svklimkin/Pixabay)

    La liberté de conscience est donc de mise. Quelle est la définition de ce mot, car elle instaure les fondements de la laïcité ?

    La liberté de conscience

    Tout vient de ce terme. Mais comme la langue française est vivante, les sens et définition évoluent. Quelle est votre définition ? Que ressentez-vous lorsque vous entendez ce mot, que vous soyez une femme comme moi ou un homme, jeune ou moins jeune ? Pas facile à définir, n’est-ce-pas.

    La première édition de l’Académie française date de 1694. La conscience est la « lumière intérieure, sentiment intérieur par lequel l’homme se rend témoignage à lui-même du bien et du mal qu’il fait. »

    En 1878, elle est associée au Conseil de conscience. Ce Conseil qui était établi pour régler les affaires ecclésiastiques. Depuis la séparation de l’État et de l’Église donc des cultes en général, et surtout de la définition de 1935, la conscience est devenue, du moins sa liberté « pour chacun de croire ce qu’il veut et de conformer ses actes à ses croyances. »

    La loi comme tout texte juridique est issue des us et coutumes, qui deviennent Lois. Elles sont soumises à interprétation.

    (Crédits : Jose Romo/Pixabay)

    La laïcité est donc la liberté de conscience. Pour autant elle diffère, la conscience des expériences de vies, de votre culture, de vos origines… chacun possède son avis propre depuis la loi de 2004. Le partager peut engendrer des conflits, il est préférable quelques fois de se taire pour ne pas souffler de mauvaises idées. Car, comme disait l’inspecteur Harry en 1971 : « Les avis, c’est comme les trous de cul : tout le monde en a un ! »

  • De l’Île de l’Ascension aux Malouines (épis. 3/46)

    De l’Île de l’Ascension aux Malouines (épis. 3/46)

    Une nuit bercée, non par la Mer de la tranquillité, mais par la quiétude d’un vol non commercial. Un petit déjeuner au lit, ou presque, car c’est sur un siège de l’A330 que Flavien déjeune. Un réveil avec vue sur l’océan atlantique sud et l’île de l’Ascension en prime. À quelques secondes de l’arrivée, « c’est agréable de se requinquer ». Dans quelques minutes nous atterrissons sur l’île de l’Ascension (en photo), une île volcanique, sous juridiction anglaise, à mi-distance entre le Brésil et l’Afrique.

    À peine ils foulent le sol, qu’ils sont conduits dans un sas d’attente à ciel ouvert, mais la température de 24 degrés pallie l’ennui. Passionné, Flavien tente de saisir quelques plantes, sauf que « c’est à nouveau une base militaire, partagée entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Nous sommes étroitement surveillés. Je me suis fait reprendre quand l’idée m’est venue de photographier la flore. » Quelques clichés admettent un constat sans appel, « cette île d’aspect très désertique semble à avoir forcé l’Homme à planter plus de 400 espèces invasives ! De plus son utilisation militaire a fini d’anéantir la diversité de cette île dont les espèces endémiques se comptent désormais sur les doigts d’une main… » Unique once d’espérance sera l’observation d’une frégate de l’île de l’Ascension, le seul oiseau endémique de l’île, se rassure-t-il.

    Embarquement immédiat

    Du lieu d’attente, Flavien et ses co-voyageurs sont escortés militairement jusqu’à la porte de l’avion. Une fois assis, il ne reste plus que huit heures de vol avant de fouler le sol des Malouines. Comme dans les films d’action et d’aventure le fameux « synchronisation des montres » est de mise. « Nous reculons les aiguilles de trois heures, par rapport au fuseau horaire de l’Angleterre ». Peu avant 16 h (heure locale), l’avion atterrit en ce jeudi 23 novembre 2023. Pas de steward ou d’hôtesse pour annoncer la météo sur place. « À notre arrivée, il faut penser à enfiler la veste coupe-vent et le bonnet, le climat qui règne sur le tarmac vous met direct dans le bain. » Sans mauvais jeu de mots, l’eau est vraiment froide à cet endroit du globe.

    Après avoir patienté de nombreuses minutes que l’on inspecte une nouvelle fois mon passeport et un questionnaire que l’on avait pu nous distribuer dans l’avion, je rejoins la sortie du complexe après être passé au contrôle biosécurité. Là, Penguin Travel, un transporteur que Flavien avait commandé pour 22 £ il y a quelques semaines, l’attend avec mon prénom. Après cette arrivée de star de cinéma, direction le minibus avec d’autres membres du vol. La direction prise est Stanley, la capitale des Malouines. « Il nous faudra plus de 45 min de “route” pour rallier la ville. »

    Non loin de la base militaire, la route juste refaite surprend de son confort… mais rapidement le revêtement gravillonné devient majoritaire. « Aux Malouines, en dehors de la capitale et de la base militaire, il n’y a pas d’enrobé… »

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Comme prévu, le transporteur le déposera au 14, Drury Street. C’est à cette adresse, trouvée sur un blog, que « Mamie Kay » propose son jardin aux backpacker (randonneur en français) qui souhaitent installer une tente, moyennant un tarif de 5 £ la nuit. « Malheureusement elle a du mal à comprendre mon anglais, mais nous finirons par nous entendre. Je pourrais même prendre une douche pour un total de 8 £ ». Déjà 18 h, lorsque la tente est mise en place. Bien à l’abri « j’y laisse mon sac à dos, prends mon appareil photo et descends sur le front de mer. »

    Premier contact en terre du sud

    J’ai rendez-vous avec Amandine, une chercheuse française (écoépidémiologiste) qui m’a beaucoup conseillé pour ce voyage. On doit se retrouver au Waterfront bar pour 20 h. « À peine ai-je eu le temps de photographier quelques oiseaux et quelques plantes que je devine Amandine et son collègue, Léo, qui sortent de leur labo. » Flavien, Amandine et Léo font plus ample connaissance sur le chemin jusqu’au Waterfront. Là-bas, Amandine rencontre une de ses connaissances, une contrôleuse de pêche.

    Elle nous invite à venir manger ce soir dans une maison de Stanley où les contrôleurs de pêche se retrouvent. Nous nous y rendrons, c’est le gueuleton ! « Je devais aller sur l’île de New Island demain, mais Amandine ne trouve pas mon nom sur le plan de vol, tant pis je verrai ça demain. »

    Nous finirons là-bas est à minuit. Il me faut rentrer de nuit et tenter de rejoindre le jardin de Mamie Kay. Par chance, la capitale ne compte que 1 500 habitants alors je n’aurai pas de mal à retrouver ma tente.

    Le lendemain, direction le west store pour y acheter une carte sim, et donner des nouvelles à la famille. Le prix est comme tout ici, isolé donc un peu plus cher, 30 £. « Je n’arrive pas à l’activer… J’attendrai de revoir les deux Français avec qui j’ai rendez-vous ce soir. »

    (Crédits : Stanley/Port Stanley, from the air, 2005/02, by Tom L-C)

    En attendant, le temps est idéal, la journée superbe « alors j’en profite pour aller au Cap Pembroke, à quelques kilomètres de Stanley. Tout particulièrement à Gypsy cove, une magnifique baie où les manchots de Magellan me sont promis. »

    Malade au bout du monde

    Le week-end s’annonce radieux et enchanteur. Samedi 25 novembre, c’est le départ vers New Island, une île appartenant au Royaume-Uni, mais revendiquée par l’Argentine. Elle est située à plus de 230 km de la capitale Stanley. Une fois sur le sol, plusieurs destinations au programme. Field station, le mont Cliff Peak et Rookery pour son lieu d’observation idyllique. Durant cette semaine, des découvertes de faune et flore qui enchantent Flavien. Mais il déchante, car malade, avec des symptômes qui s’apparentent, semble-t-il, au fameux SARS-CoV-2.

    Le naturaliste spécialisé en botanique se réjouit de capturer en photographie quelques spécimens : Nassauvia gaudichaudii et Calceolaria fothergilii, côté faune c’est le Fur Seal qui se dévoile. Mais Flavien se sent patraque, il semble couver quelque chose.

    Le lendemain c’est au tour de Senecio vaginatus. Le séneçon lisse, est une espèce de plante à fleurs de la famille des asters, endémique des îles Falkland. Lundi 27 novembre au nord de New Island, il rencontre Ranunculus acaulis. La renoncule des dunes est une petite herbe charnue à fleurs jaunes qui pousse en tapis principalement près de la mer. Puis c’est au tour de Abrotanella emarginata dans le sud. Et Leucheria suaveolens (marguerite vanille) à Bold Point, comme Calandrinia sp. et le papillon Queen of the Falklands le 1er décembre.

    (Crédits : Ranunculus acaulis/Peter de Lange)

    Le lendemain, samedi Flavien range le gîte qui lui a été prêté durant sa convalescence, il est temps de partir vers une nouvelle destination. Mais avant tout payer l’hébergement et acheter de la nourriture pour les prochains jours sur l’Île de Saunders. À suivre…

  • Arnaques au bois de chauffage : 18 et 30 mois de prison

    Arnaques au bois de chauffage : 18 et 30 mois de prison

    Les malfaiteurs jouent sur la corde sensible… et sur la pénurie de produits de chauffage : bois et granulés. Le 9 janvier 2023, trois hommes âgés de 28 à 32 ans ont été condamnés par le tribunal judiciaire de Rennes pour « escroquerie en bande organisée » et « blanchiment ». Ils sont condamnés à de l’emprisonnement ferme et des interdictions du territoire français. Entre janvier 2022 et juillet 2023, les trois individus avaient mis en place un réseau frauduleux de vente de bois de chauffage à prix cassé. Le montant de l’arnaque est au minimum de 100 000 euros.

    L’affaire débute en avril 2022. Suite à une première plainte déposée pour une simple valeur de 115 euros, les gendarmes du Finistère et la section de recherche de Rennes ont mené l’enquête. Leurs analyses mettaient en lumière une escroquerie d’ampleur internationale. Les trois condamnés avaient mis en place un réseau frauduleux de vente de bois de chauffage à prix réduit via la création de faux sites marchands. Leurs prix cassés offraient une offre particulièrement attractive sur un marché empreint de pénurie.

    18 et 30 mois de prison pour trois hommes

    Nadjiboulaye Kondoli est condamné à une incarcération de 30 mois avec une interdiction de 5 ans du territoire français. Ahmed Kondoli, son frère écope de 18 mois de prison avec sursis, tout comme Coffi Hounsa le troisième condamné, tous Béninois d’origine. C’est le délibéré dans le procès de l’affaire du bois de chauffage rendu ce mardi 9 janvier par le Tribunal Judiciaire de Rennes.

    Ils faisaient payer leurs clients par virement sur des comptes bancaires numériques à l’étranger, et changés régulièrement. « L’argent alimentait au final au Bénin des comptes. L’argent était ensuite retiré dans des distributeurs automatiques de billets », explique le Procureur de la République à Rennes, Philippe Astruc.

    Ces sites frauduleux se multiplient à grandes échelles, pour disparaître aussitôt les méfaits établis.

    Et pour les consommateurs qui se font avoir, peu de recours : « lorsqu’on fait un virement volontaire, on ne peut pas être remboursé par sa banque », relate Jacques Fleury, vice-président de l’association Ufc-Que Choisir à Nancy.

    (Crédits : Librexpression)

    D’autres propositions peuvent avoir l’air alléchante, comme celle ci-dessus de la marque Énergie Matériaux. L’offre au vu de la pénurie est imbattable. Une personne se renseigne, et contacte le site marchand. Le service client répond, tout semble normal. Après avoir effectué la commande et procéder au virement, silence total. Puis s’en suivent maints appels, le site n’est plus en ligne. « Vous avez été redirigé vers cette page […] bloquée par la DGCCRF pour vous protéger ». (NDLR. Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes)

    Comment se protéger ?

    Le témoignage d’un client est sans appel, un parmi tant d’autres. « Après un virement effectué pour achat 70 sacs de granulés […] demande de rajouter 69 euros sous prétexte que les prix ont augmenté […] marchandise non livrée et non remboursée […] plainte déposée au commissariat […] ». Quelques petites habitudes pour déterminer si vous avez à faire à un véritable commerçant, artisan… les mentions obligatoires sur un site WEB.

    L’entreprise doit être enregistrée au registre du commerce, elle doit posséder un numéro d’identification mentionné sur le site.

    Recherchez les mentions légales, pour une personne physique (microentreprise ou entreprise individuelle) le prénom et le nom de la personne responsable doivent apparaître. Pour une société, la dénomination sociale, sa forme juridique et le montant du capital social.

    Pour les activités commerciales, le numéro d’inscription au registre du commerce et des sociétés (RCS) et au registre national unique des entreprises (RNE). Mais également le numéro individuel d’identification (le numéro de TVA intracommunautaire) le cas échéant.

    (Crédits : capture d’écran/DGCCRF)

    Un smartphone de dernière génération neuf à moitié prix, des vêtements de luxe au prix d’une baguette de pain… sont des arnaques. Personne n’est à l’abri, les malfaiteurs sont de plus en plus compétents dans le maquillage de sites WEB. « Ça n’arrive pas qu’aux autres ». Si vous êtes victime de ce type d’arnaque, n’hésitez pas à faire un signalement de l’entreprise auprès de la DGCCRF sur la plateforme signal.conso.gouv.fr, conservez les preuves des échanges, les courriels, les SMS… et porter plainte auprès des forces de l’ordre, Gendarmerie et Police nationale.

  • Vers l’infini et… l’île de l’Ascension avant les Malouines (2/46)

    Vers l’infini et… l’île de l’Ascension avant les Malouines (2/46)

    Après une bonne nuit à l’auberge, qui s’est prolongée jusqu’à 9 h 30, grasse matinée oblige, direction la douche. Conscient des prochaines journées à venir, et du manque de commodités de l’homme comme de la femme moderne, il se réjouit d’un tel luxe. L’embarquement est à 18 h 30, largement le temps de pouvoir profiter de la légendaire Oxford. Autant pour sa célèbre université, son muséum d’histoire naturelle, que son architecture ou encore la course d’aviron légendaire contre Cambridge « The boat race ».

    Une nuit des plus silencieuse, sans avoir entendu le potentiel ronflement de ses compagnons de chambrée, a rechargé ses batteries. Les deux sacs en sécurité, l’aventurier s’en va découvrir « the city of dreaming spires » (en français « la ville aux clochers rêveurs »). À peine quelques pas effectués que l’émerveillement atteint Flavien. « Quelle surprise ! Cette ville fait partie des plus belles bourgades que j’ai pu visiter », se réjouit le jeune homme. De très nombreux jeunes arpentent la ville, remarque-t-il avant d’en saisir l’origine. Les universités et collèges y sont nombreux.

    Frenchman in Oxford

    Une fois n’est pas coutume, l’accès au musée est gratuit. À l’entrée du muséum d’histoire naturelle, il est préconisé de laisser le montant que l’on souhaite. L’organisation est semblable aux autres lieux, explique-t-il. Seule surprise est la lumière naturelle qui baigne et illumine cet endroit. « La toiture du bâtiment est une immense verrière. Ce qui change de la plupart des musées français que j’ai pu visiter et qui sont souvent sombres. »

    Durant la visite, un espace enchante Flavien. Une statue de Charles Darwin s’y trouve. Un signe du destin, ou un clin d’œil de l’univers qui l’attend ? « C’est sur les traces de ce très grand homme que je vais mener mon aventure », dit-il en souriant.

    Après près de deux heures de visite, où il a rencontré quelques organismes qui devraient être ses occupations prochaines, Flavien déambule dans la ville. Toute cette dépense d’énergie ouvre l’appétit. Il mange sur un pont qui surplombe un affluent de la Tamise, la rivière Cherwell, situé près du Jardin botanique. La température l’oblige à enfiler son bonnet, pour garder les idées bien au chaud.

    Il se confectionne des souvenirs en croisant des lieux et bâtiments, dont il avoue ne pas se souvenir immédiatement de leur nom.

    (Crédits : thierryjos/Pixabay)

    Poussant sa visite, il vient contempler La Tamise. « Fameux fleuve qui traverse la capitale britannique, qui est bien haut après les grosses pluies récemment tombées. » De naturaliste spécialisé en botanique, il affiche une part de lui méconnue comme poète. « Les lumières automnales sont magnifiques et les dernières feuilles colorées qui s’accrochent encore à leurs rameaux rendent l’ambiance “so british”. Il est donc inutile que je vous conseille de visiter ce magnifique centre historique à cette saison… »

    Avant dernier voyage en bus

    De retour à l’auberge de jeunesse et après récupération de ses deux sacs, direction l’arrêt de bus. L’attente du bus durera dix bonnes minutes. Mais dès son arrivée, il ne boude pas son plaisir : un bus impérial. Les fameux bus de couleur rouge autrement appelés double decker outre-Manche. « Je suis au tout début de la ligne. J’en profite pour m’asseoir devant à l’étage, pour admirer le paysage pendant la bonne heure qui m’attend. »

    Une multitude d’arrêts plus tard, environ quarante note-t-il et une bonne heure de trajet, il est aux portes de la base militaire de la RAF Brize Norton. Arrivé à destination avant 15 h 30 « me voilà donc avec trois heures d’avance, au moins je lui là avant la tombée de la nuit. C’est plus simple de me repérer… » Après s’être avancé dans la base militaire, où de nombreux panneaux vous démotivent de le faire, il se présente aux autorités militaires.

    « Ils me demandent de patienter deux heures dans une salle d’attente… Il est donc temps de commencer la lecture de l’un des récits de Darwin, “Voyage d’un naturaliste autour du monde”. »

    D’autres voyageurs arrivent, « il est temps pour moi d’aller chercher mon badge qui me permettra d’être autorisé à rentrer dans le cœur de la base ».

    (Crédits : Philipp Reiner/Pixabay)

    Une heure s’écoule, le dernier bus sur le sol britannique est annoncé. « Nous sommes six civils. Nous posons nos bagages en soute et nous voilà en chemin pour le terminal d’embarquement. » Notre groupe est dans les premiers à enregistrer nos bagages. « Je fais bien attention à prendre tout appareil électronique et batterie avec moi, ainsi que le briquet. Mon sac de 21 kg part sur le tapis, j’espère qu’ils ne vont pas trop le bousculer, il y a tout de même quelques objets fragiles à l’intérieur comme le panneau solaire. »

    Fin prêt pour le décollage

    Prêt ! Sauf que trois heures d’attente sont annoncées avant le check-in. « J’essaye d’être attentif à quelconque dialogue français… mais il faut que je me résigne, je suis le seul français à prendre ce vol aujourd’hui. » Sur les coups de 22 h, le fatidique passage sous les portiques. « Je croise les doigts pour qu’ils acceptent les nombreux plats lyophilisés que j’ai pris avec moi dans un petit sac… RAS ».

    « Après encore une longue et dernière heure d’attente, le numéro sur mon billet est appelé. Je peux enfin monter à bord, un A330 sur lequel est inscrit Air Tanker. C’est la première fois que je monte à bord d’un aéronef qui n’appartient pas à une compagnie commerciale. »

    La place est assez grande « pour que je puisse mouvoir mes guibolles, ouf ! » Léger bémol, aucune prise USB ou électrique pour recharger le portable. « J’ai bien fait de prendre avec moi la batterie qu’Anthony m’a prêtée pour le voyage »

    Comme tout voyageur dont les bagages sont limités en kilogrammes, il faut faire des choix. « N’ayant pas emporté de livres pour une question de poids, la lecture sera numérique, comme la musique. »

    (Crédits : Denis Doukhan/Pixabay)

    « Excuse me Sir, mais j’entends Big Ben qui sonne », chante Alain Souchon. « Minuit se lève en haut des tours », mais Flavien est toujours cloué au sol avec un nombre impressionnant d’avions sur le tarmac. « Il est 0 h 12 quand nous décollons pour l’île de l’Ascension. » L’avion n’emporte pas assez de kérosène pour rallier les Malouines et les 18 h de vol qui nous en séparent. « Si j’ai bien compris, demain matin nous nous arrêterons sur ce caillou perdu dans l’Atlantique pour nous ravitailler en carburant. » Bientôt deux heures, « il est temps de lâcher mon cellulaire pour essayer de trouver le sommeil, au moment même où nous passons au-dessus d’une métropole côtière, mon cerveau cogite. Réponse demain ? » À suivre…

  • Quand la Seine déborde, Paris scrute le zouave

    Quand la Seine déborde, Paris scrute le zouave

    En ce début d’année 1924, Paris était envahi par les flots de la Seine. Comme à chaque crue, la mesure est prise sur la statue du zouave du pont de l’Alma. Les pluies incessantes remémoraient la crue dévastatrice de 1910. Qualifiée de crue centennale, elle fut le plus important débordement de la Seine. Le 28 janvier 1910, elle atteignait 8,60 m sur l’échelle du pont d’Austerlitz. Le zouave avait de l’eau jusqu’au cou. La situation de torpeur est semblable à celle que vivent les habitants du Pas-De-Calais.

    Ce début d’année était marqué par les mêmes images de planches pour se déplacer dans les rues de Paris, que celles du Pas-de-Calais. Le 3 janvier 1924, le ciel s’était éclairci, les nuages semblaient moins denses. Si les pluies avaient cessé sur Paris, ce n’était pas le cas dans la Haute-Marne.

    Chaque jour, les mesures augmentaient. La torpeur se lisait sur les visages, entre admiration et stupeur, de la force de l’eau que rien ne peut arrêter.

    Si bien qu’il aura fallu attendre trois jours supplémentaires pour que la Seine atteigne l’étiage de 7,32 m et qu’enfin la décrue s’amorce. Mais c’est l’ensemble du Paris qui était suspendu. Les eaux envahissaient les voies, faisaient cesser le trafic ferroviaire entre les gares d’Orsay et Austerlitz, et les Invalides.

    Les journalistes affichaient les records battus les uns après les autres. « Elle aura dépassé de 31 centimètres sa crue de 1876 et de près de 35 centimètres celle de 1920 », martelait le rédacteur du journal Le Matin.

    (Crédit : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

    C’est à partir de cette crue que les prévisions du service de central hydrométrique seraient dévoilées par une émission radio. La tour Eiffel durant la crue réalisera une émission radiophonique à 11 h 30. L’avis indiquait aussi les cotes enregistrées à Montereau, Chalibert, Paris-Austerlitz et Mantes.

    Un désastre en banlieue et en France

    Un bien triste spectacle, commentait le rédacteur entre Ivry et Villeneuve-St-Georges. À Vitry la rue Raspail est totalement inondée, à Port-à-l’Anglais, le fleuve triple sa largeur. En passant le pont de Choisy, la situation est catastrophique. Dans la partie la plus basse de l’avenue d’Alfortville, certaines maisons sont submergées, certains jusqu’au toit.

    Les relevés météorologiques s’affolaient en France. La Loire passait les 5,06 m à Tours. Le village de Néman près d’Avoine voyait ses habitants déménager les animaux et mobiliers pour camper au milieu des champs.

    La neige tombait à Lyon, formant une couche moyenne de 30 centimètres. La crue du Rhône, la Garonne débordait, Gap ne répondait plus à cause de la neige tombée en abondance.

    La Meuse déborde. Les pluies torrentielles conjuguées à l’abondance chute de neige ont provoqué des inondations. Le chômage atteint les ouvriers, les habitants déménagent à la hâte.

    La neige qui recouvrait Aurillac a fondu, augmentant le volume des cours d’eau.

    (Crédits : Le Matin/BnF/Gallica)

    Quant au zouave, il est la dernière des quatre statues, représentant les combattants lors de la guerre de Crimée, présente aux pieds du pont de l’Alma. Ses compagnons sont l’Artilleur, le Chasseur à pied et le Grenadier. Elle mesure 5,2 mètres de haut, pèse près de 8 tonnes et est l’œuvre de Georges Diebolt, elle représenterait le soldat André-Louis Gody.

  • Phishing : deux jeunes de 19 ans interpellés par la police

    Phishing : deux jeunes de 19 ans interpellés par la police

    Une campagne de phishing basée sur de faux procès-verbaux d’infraction routière avait eu lieu en 2023. Après cette attaqué à l’assurance maladie, au compte personnel de formation (CPF), aux vignettes Crit’air les malfaiteurs s’en prenaient aux amendes. Les deux personnes sont soupçonnées d’avoir envoyé des SMS, en se faisant passer pour l’ANTAI, l’agence nationale des traitements automatisés des infractions. Les systèmes anti-phishing sur les smartphones ne vous empêchent pas d’être vigilant.

    La confiance n’exclut pas le contrôle. Cette formule est portée au crédit de Vladimir Ilitch Lénine. Elle valable surtout lorsque vous surfez sur l’internet, quelque soit l’outil que vous utilisez. Entre 2022 et 2023, une campagne massive de SMS vous demandait de payer en toute urgence votre infraction au Code de la route. Ledit message affichait la signature de l’Antai, en apparence.

    Le lien fourni vous renvoie vers un site vitrine qui copie le vrai site. S’il semble être comme le vrai, c’est juste du maquillage, de la poudre aux yeux pour tromper son monde.

    Quitte à ajouter un lien hypertexte, ou plusieurs en direction d’un véritable site du gouvernement français dont la terminaison de l’url est gouv.fr.

    Le but d’une telle opération est de collecter les données de vos cartes bancaires, en vue de pouvoir effectuer des achats sur l’Internet.

    (Crédits : Raphaelle Baut/Numerama)

    Les enquêteurs, de la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la police judiciaire de Paris, se sont saisis de l’affaire en septembre 2023. Les traces numériques ont été fatales aux deux jeunes hommes. Ces derniers ont été arrêtés et placés en garde à vue. Ils ont avoué les faits qui leur sont reprochés, et remis en liberté.

    Convoqués au palais de justice en avril

    Les deux jeunes demeurent innocents des faits qui leur sont reprochés, jusqu’à une condamnation par un tribunal compétent. Selon l’enquête, ils auraient sévi entre octobre 2022 et juillet 2023.

    Selon Le Parisien ils auraient ainsi récupéré plus de 1 700 numéros de cartes bancaires, sans oublier les informations comme la date d’expiration et le CVV. Il est à trois chiffres au dos pour les cartes Visa et Master, ou devant et à quatre chiffres sur les Amex.

    Le préjudice s’élève à 19 000 €. Les données volées ont été utilisées 78 fois pour effectuer des règlements en ligne. Ils auraient revendu les données restantes à d’autres individus. L’Antai martèle sur son site WEB « pour information, l’ANTAI n’envoie jamais de SMS ».

    L’un des deux hommes réside pour l’un à Roubaix, et pour le second dans le onzième arrondissement à Paris.

    (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    Ils sont convoqués au palais de justice de Paris le 3 avril 2024, pour y répondre de leurs actes. Cela s’effectuera lors d’une audience avec reconnaissance préalable de culpabilité.

  • De Lavausseau à la pizza de chez Zizzi (1/46)

    De Lavausseau à la pizza de chez Zizzi (1/46)

    Un problème technique survenu sur avion à destination des Malouines décalait le départ de Flavien de plusieurs jours. Prévue pour commencer le 14 novembre 2023, son aventure australe débute officiellement le 21. Bizarrerie et détail important, aucune liaison commerciale ne relie les Falklands au départ de l’Europe. Au vu du nombre de touristes chaque année, moins de 3 000, aucune compagnie ne souhaite s’y hasarder. Seul un aéronef militaire effectue ce voyage : direction la base de la Royal Air Force de Brize Norton !

    La citée des tanneurs s’éveillent doucement, les oiseaux enchantent le ciel lorsque Flavien quitte la maison familiale à 9 h 15, le 21 novembre 2023. Comme Gérard d’Aboville traversait le pacifique nord à la rame, Flavien commence un périple digne des romans d’aventures. L’avion décolle le 22 novembre à 23 h 35, soit dans 38 heures et 20 minutes. « Autant vous dire que je croise les doigts pour qu’il soit au rendez-vous ! »

    30 min de voiture, 5 h de train, 8 gares, 40 min de métro…

    Premier objectif, rallier la gare de Poitiers. Près d’une demi-heure de voiture, avec la nouvelle limitation à 30 km/h dans l’agglomération, pour s’installer dans le TGV. Le stress monte. Pour se détendre, au moins en apparence il écoute des podcasts ; ceux des humoristes Alexis le Rossignol et Aymeric Lompret sur France Inter.

    En moins de temps qu’il ne faut, il pose un pied sur le quai en garde de Montparnasse. Il suit le courant formé par les voyageurs. Direction la ligne n° 4 du Métro parisien en direction de la « Porte de Clignancourt » pour s’arrêter à la station « Gare du Nord ».

    À peine plus de quinze minutes se sont écoulées, puis l’air frais lui fouette le visage à la sortie du métro. Puis quelques mètres pour passer sous la façade gigantesque flanquée de ses six colonnes qui gardent l’entrée de la gare. Un coup d’œil à l’horloge pour une synchronisation des montres avant de déjeuner. Une fois repue, un nouveau train pour se rendre dans la « Capitale des Flandres ».

    « Il aura été plus confortable, en partie en raison de la place pour mes jambes, qui je l’espère ne fera pas défaut pour les 18 h d’avion qui m’attendent. » (Crédits : 12019/Pixabay)

    Pour rallier la gare de l’Europe, celle des Eurostar, il chemine quelques minutes, avale les 550 mètres et contemple la belle Lille. « Ces quelques minutes de marche m’auront permis de m’imprégner de l’ambiance de cette ville, une des rares métropoles que je n’avais pas encore visitée en France. »

    En route pour le Royaume-Uni

    Se dirigeant vers le hall numéro 4, dédié à l’enregistrement, un bureau de change se découvre. « C’est l’occasion d’échanger 1 004 € contre 720 £, qui me seront très utiles pour la suite. Aujourd’hui le taux est de 0,87, mais Western Union prend une marge de 6 %… ce qui est loin d’être négligeable sur de telle somme », remarque-t-il. L’opportunité de souffler lui est, à nouveau donnée quelques instants plus tard, au passage des douanes.

    Depuis la sortie de l’Europe du Royaume de Sa Majesté Charles III, les contrôles aux frontières sont désormais drastiques dans le Commonwealth. Si la douane française semble être une formalité, ce n’est pas le cas côté britannique. « Depuis sa sortie de l’Europe, ce qui n’était pas encore le cas lors de ma dernière venue outre-Manche, les contrôles ne se limitent plus à la vérification de la carte d’identité. »

    C’est un véritable interrogatoire, il ne manque que la lampe comme au cinéma.

    « Je dois montrer mon passeport, mes titres de transport, y compris ceux me permettant de descendre aux Malouines et d’en partir ». Il faut comprendre que les îles Malouines sont sous juridiction britannique. (Crédits : kirill_makes_pics/Pixabay)

    Ce qu’ils veulent vérifier ? « Que je ne reste pas plus de 3 mois, auquel cas il me faudrait un VISA. C’est donc là que je me suis dit que j’avais bien fait de réserver mon départ des Malouines pour l’Argentine. » Il reconnaît avoir longtemps hésité à prendre cet avion-retour, car il aurait tant aimé pouvoir rallier le continent sud-américain par voie maritime. « On en reparlera », sourit-il. Les douanes passées, il faut emprunter les portiques de sécurité comme dans les aéroports pour rejoindre l’Eurostar direction Londres.

    Retour en adolescence, le temps d’un tunnel

    Plus d’une décennie s’est écoulée depuis son dernier déplacement dans le tube creusé sous la mer. « Je n’étais pas passé dans le tunnel de la Manche depuis un voyage d’école au collège, on se rendait à Cardiff à l’époque. La sensation d’être sous plusieurs dizaines de mètres d’eau est toujours aussi étonnante, et maintenant on arrive même à capter le WiFi en plein milieu du tunnel. Incroyable la technologie ! »

    Le botaniste est attentif à chaque détail. De nombreux voyageurs de confessions juives sont à bord note-t-il. « Existe-t-il une grande communauté juive à Londres ou est-ce le fruit du hasard ? » De questionnement en étonnement, il continue son épopée. Le terminus est annoncé, enfin Londres.

    L’émerveillement prend place à la découverte de la gare Saint Pancras, comme de l’énorme et magnifique horloge. Le flegme britannique le quitte lorsqu’il voit le tarif d’un titre de transport : 6,4 £ (€). « Au vu du prix du ticket de métro, j’aurais peut-être dû faire l’heure qui m’en séparait à pied, mais les 30 kg que je trimbale depuis ce matin m’en ont dissuadé. » (Crédits : NicoCallens/Pixabay)

    Les Français sont reconnus pour râler, si si, je vous assure ! Surtout avec les grèves a répétition de la part des employés de la SNCF (sûrement à juste titre), sauf que… « Pas de SNCF ici, c’est la GWR qui gère cette partie du réseau anglais. En tant que français on s’attend à croire qu’il n’y a pas pire que la SNCF. Eh bien ! Détrompez-vous. » Il faut noter que nous râlons pour chaque retard, mais nous ne remarquons jamais lorsque la majorité arrive à l’heure annoncée. La course contre le temps ne se gagne pas, même à l’heure de pointe. Plus qu’un dernier train pour rallier Oxford.

    Une pizza de chez Zizzi… et au dodo

    Les gens viennent de s’agglutiner dès l’annonce, sur le quai de départ. « À peine affiché, la foule s’amasse en sa direction. Je ne comprends pas, les Anglais sont si pressés que ça ? » Arrivé dans un wagon, où il restait des places, j’en ressors aussitôt. Je ne trouve pas celui qui est noté sur mon billet. Je bafouille mes premiers mots d’anglais à une contrôleuse. Quand elle me dit que c’est un train avec peu de wagons et qu’il faut repérer la première place venue pour s’y asseoir.

    Je comprends l’empressement des Anglais et pense presque à haute voix : « si j’avais su… » Mais c’est un peu tard, chaque siège a trouvé son locataire, il me faut maintenant rester debout jusqu’à Oxford. Je n’ai jamais vu un train aussi bondé, en fait « la SNCF, c’est le luxe ! »

    Après une heure et 90 km dans le bocage anglais, la huitième et dernière gare de la journée se dévoile. Habitué à se servir des smartphones pour tout ou presque, il doit faire sans, car pas de réseau internet.

    « Je dois dénicher l’auberge de jeunesse que j’avais repérée la veille. Celle-ci n’est qu’à quelques hectomètres de la gare, ça n’aura pas été très compliqué », se réjouit-il. Une bagatelle après un tel périple. (Crédits : yaele/Pixabay)

    « Pour 35 £ la nuit je partagerais une chambre de six avec deux autres personnes. » Le premier est un citoyen anglais, le second est de Riad, en Arabie Saoudite, c’est la première fois qu’il vient en Europe ! « Ce soir, je mangerai dans une pizzeria de l’enseigne Zizzi. Il y a quelques années de ça, cette enseigne au nom provocateur pour un français nous avait marqués. Elle était revenue dans des conversations à plusieurs reprises. » C’est un clin d’œil à des amis avec qui j’étais venu en Angleterre, murmure Flavien. Dernière aventure, rejoindre les bras de Morphée. « Après cette journée chargée, je croise les doigts pour que je sois dans l’avion demain. C’est un avion militaire, les civils ne sont pas prioritaires. Espérons qu’ils fassent une exception pour un Poitevin ! » À suivre…

  • Pas de trêve des confiseurs pour les cyberattaques

    Pas de trêve des confiseurs pour les cyberattaques

    Sur les cinq continents, les attaques pleuvent. La France ne fait pas exception. Le syndicat général des vignerons de la Champagne, Ubisoft et Colipays sont victimes en cette fin d’année 2023. Cette période accentue les tensions, tant sur les professionnels que leurs clients. Des déluges de commentaires de mécontentements s’affichent sur les réseaux. Pour l’entreprise basée à La Réunion, les colis auraient vu leurs adresses de livraison modifiées, empêchant leurs arrivées à destination.

    « Pas de Letchis pour Noël », comme de nombreux autres colis qui ne sont pas arrivés suite aux commandes effectuées chez Colipays. L’entité annonce avoir repoussé l’attaque cybernétique. L’accès au site avait été temporairement suspendu dans le but de « faire une double vérification de sécurité dans un souci de protection de données de nos clients ». Les cybercriminels auraient seulement modifié les adresses de livraisons. Les malversations auraient impacté pas moins de 200 à 500 clients dans la période du 19 au 22 décembre 2023.

    Le 27 décembre 2023 sur sa page Facebook, Colipays communique sur la cyberattaque subie. La cyberattaque dont le site a été victime est identifiée comme incident auprès de la CNIL. Le numéro FR231220900002. Une plainte a été déposée.

    L’entreprise semble avoir selon les médias et les clients mis du temps à réagir. Mais comment réagir en cas d’attaques, surtout si c’est la première fois. Une adresse de courriel est mise en place pour signaler les anomalies suspectes : signalement@colipays.com Colipays communique le 29 décembre sur des modalités pour pallier l’attente vaine des colis.

    (Crédits : Colipays)

    Ubisoft enquête sur une intrusion non autorisée

    Le 20 décembre 2023, un pirate dont l’identité est encore inconnue est parvenu à s’introduire dans le système de la société Ubisoft. VX-Underground précise que ce dernier aurait durant deux jours navigué dans les systèmes d’information de la firme française. Ladite personne cherchait à exfiltrer 900 GB de donnée. Dans la masse des renseignements ciblés se trouvaient les informations des utilisateurs de Tom Clancy’s Rainbow Six Siege le jeu sorti en 2015 compte 85 millions de joueurs.

    « Nous avons connaissance d’un incident présumé en matière de sécurité des données et nous menons actuellement une enquête », a indiqué mardi 26 décembre à l’AFP un porte-parole d’Ubisoft.

    La cyberattaque fomentée envers Ubisoft remémore celle perpétrée une semaine auparavant sur Insomniac Games. En téléchargement sur le site vitrine les cybercriminels derrière le ransomware Rhysida est disponibles 1,67 TB pour plus de 1,3 million de fichiers.

    (Crédits : capture d’écran/Rhysida)

    Le syndicat général des vignerons de la Champagne victime

    Ce n’est pas le cadeau attendu par le syndicat bien au contraire. C’est autour du 26 décembre que le syndicat aurait été victime d’une cyberattaque. Depuis le syndicat a fermé ses portes, ce jusqu’au 2 janvier espèrent-ils. « Suite à un événement exceptionnel, l’ensemble des services du SGV Champagne sera indisponible entre Noël et jour de l’an », communique l’entité sur sa page Facebook.

    Le journal L’Union relate que selon un courriel envoyé aux administrateurs « le Syndicat général des vignerons a fait l’objet d’un piratage informatique durant Noël. Une procédure de gestion de crise a été activée. Dans l’attente d’expertise complémentaire, l’ensemble des services du SGV sera indisponible entre Noël et Nouvel An. »

    Par mesure de sécurité, l’accès aux données à la messagerie est bloqué. Le SGV propose à ses adhérents plusieurs services : centrale d’achat, expédition de colis, service de paie en ligne, habillage… autant d’informations sensibles qui pourraient intéresser des personnes malveillantes.

    (Crédits : Couleur/Pixabay)

    « Je ne peux pas vous dire exactement ce qu’il s’est passé. Il y a bien un virus, mais il n’y a pas de pirate, explique le président du SGV Maxime Toubart au journal L’Union. En ce moment, on nettoie tout sur le réseau et on met à jour. Je ne sais pas s’il y a eu défaillance ou piratage en règle. »

  • Heureux qui comme Flavien Saboureau fait un beau voyage

    Heureux qui comme Flavien Saboureau fait un beau voyage

    Il existe des périples qui ne vous laissent pas indifférent. Celui qu’a effectué Flavien Saboureau sur l’île Amsterdam en est un. Il a séjourné dix-huit mois sur un rocher de 54 km2. Un an et demi aux confins de la Terre, à vivre en cercle restreint, avec une discipline et un respect de l’environnement de chaque instant. Pour autant depuis son retour à Lavausseau, il rongeait son frein. Cela fera un mois et demi, lorsque tout un chacun célébrera le passage à 2024 que Flavien est parti en direction des Malouines et de la Terre de Feu.

    Tel le marin navigue sur les mers et océans, Flavien est passionné par la flore et la faune, botaniste et photographe. Il n’est pas revenu totalement indemne de son voyage. « En effet, les terres australes aux ambiances de bout du monde difficilement descriptibles semblent jouer une attraction sur moi », affirme-t-il. Repartir est le sentiment qui l’habite depuis son retour en terre lavaucéenne. Partir oui ! Mais où ?

    Les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande ou la Terre de Feu ?

    Il tire de son expérience des TAAF, de ne pas avoir à subir un hivernage pour son voyage prochain. Selon ses différents critères, deux choix s’offrent à lui. Le premier qui se propose : les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande (NZSAI). Elles se composent de cinq archipels : les îles Snares (Tini Heke en Maori), Bounty, Antipodes, Auckland (Motu Maha) et Campbell (Motu Ihupuku). Le second : les îles Malouines, la Terre de Feu et ses légendes. Comme le marin est à la recherche du Cap Horn, sa décision le porte finalement vers les Malouines et la Terre de Feu.

    La Calceolaria fothergilii est endémique des Malouines. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « J’ai choisi ces destinations pour leur richesse faunistique et floristique, mais aussi, car c’est les plus accessibles des îles subantarctiques, bien qu’il ne soit pas si simple de se rendre aux Malouines », explique-t-il. La génération Z ne connaît pas Ushuaïa, le magazine de l’extrême, mais plus facilement celle de Ushuaïa Nature. Pourtant, la ville d’Ushuaïa fait rêver. « Quel voyageur n’a jamais rêvé de rallier la Patagonie et certaines villes emblématiques comme Ushuaïa ? »

    Des projets plein la tête

    Il lui aura fallu moins d’une année pour se décider à repartir sur ces territoires du bout du monde. « Déjà en août, mes billets pour les Malouines et la Terre de Feu étaient réservés. » Malgré ce choix les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande restent dans un coin de sa tête. « Il ne serait pas étonnant que je me décide à y aller dans les années qui viennent », si les conditions le permettent.

    Flavien à un truc qui lui trotte dans la tête. « Être le premier botaniste à avoir rallié et foulé tous ces cailloux et pouvoir en faire un ouvrage richement illustré », songe-t-il. Les pieds sur terre, il se prend à rêver. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Sur les différents cailloux à explorer, celui qui l’attire le plus est Gough Island, dans l’atlantique sud. Connue sous le nom de Gonçalo Álvares, elle est située sur les quarantièmes rugissants. Mais impossible d’y aller sans y passer un hivernage d’un an souffle-t-il à demi-mots. « Qui a dit que je ne serais pas prêt à retenter cette longue aventure loin du Poitou ? Les postes ouvrent en avril 2024… Pour le moment il me faut profiter du temps au pays des Magellan et autres Darwin, demain est un autre jour. » À suivre…

  • Connaissez-vous Noël, le père Noël et ses Rennes ?

    Connaissez-vous Noël, le père Noël et ses Rennes ?

    À quelques heures du passage pour la plupart du père Noël, Saint-Nicolas ou Santa Claus, vous risquez de voir ses rennes dans le ciel (si vous avez de la chance). La légende veut que le traîneau soit tracté par des rennes, huit au total. Sauf que sécurité oblige, même pour le père Noël, un autre renne est apparu : Rudolph. Il se raconte au coin du feu que son nez rouge permettrait de guider le troupeau à travers la neige et le brouillard. Chose étrange, les rennes seraient tous féminins, vu que les mâles perdent leurs bois l’hiver. Mais Noël est aussi évocatrice de belles histoires, comme la trêve du 24 décembre 1914.

    Avant tout la célébration de Noël est à l’origine la fête de la nativité. La nativité dans le sens de baptême dans les eaux du Jourdain. Elle se célébrait le 6 janvier, jour de l’épiphanie, mais également le 19 avril ou encore le 28 mars. Il faudra attendre les travaux mathématiques du moine Denys le Petit pour que la date soit fixée le 25 décembre. Pour remplacer la fête païenne des Saturnales romaines et du soleil vainqueur. La religion chrétienne veut faire passer le message que Jésus serait la « Lumière du Monde ».

    La célébration de Noël

    Noël est à la base une fête religieuse de la religion chrétienne. Elle célèbre le jour de naissance de Jésus, le 25 décembre. Il serait né ledit jour à Bethléem en Galilée. Les calculs de la naissance de Jésus sont l’œuvre d’un moine nommé Denys le Petit, et arrếté par le pape Libère au IVe siècle. Mais le choix de la date dans le calendrier revient au pape Libère à Rome en 354.

    Sauf que « les calculs sont pas bons Kévin !!! »

    En 2012, dans le troisième tome de sa trilogie consacrée à L’Enfance de Jésus, le pape Benoît XVI reconnaissait que le moine « s’est à l’évidence trompé de quelques années dans ses calculs ».

    La date de la naissance de Jésus est à fixer quelques années auparavant, écrit-il. Elle serait estimée entre -6 et -4, selon Andreas Dettwiler, professeur du Nouveau Testament à l’Université de Genève.

    Donc Denys le Petit, astronome et religieux chrétien érudit aurait fait une erreur de calcul… Jésus étant né sous le règne d’Hérode, qui est mort en l’an 750 de la fondation de Rome… le Christ serait donc né entre l’An 3 et l’An 6 avant l’ère chrétienne.

    (Crédits : ELG21/Pixabay)

    De plus, cette fête religieuse n’est célébrée que par les catholiques, protestants et orthodoxes, car pour eux Jésus est le fils de Dieu. Ce qui n’est pas le cas pour les autres religions monothéistes. Il n’existe pas de fête équivalente pour les personnes de confession musulmane. Quant aux personnes de confession juive, ils célèbrent la fête de Hanoël. Dans le monde, la majeure partie laisse de côté le caractère religieux. C’est occasion pour tous de se retrouver en famille, entre amis, pour partager un bon moment, un repas, s’offrir des cadeaux… ou une pause salvatrice comme le 24 décembre 1914, durant la Première Guerre mondiale.

    Le père Noël

    Fictif ou réel ? Peu importe ! Il apporte de la magie et de la féerie dans les yeux des enfants, petits comme grands. Son histoire est étroitement liée à la vie de la mère Noël. La légende raconte que les rois mages auraient frappé à une porte pour les aider à apporter des cadeaux à l’Enfant Jésus. (La pastorale des Santons de Provence raconte une version de l’histoire, écoutée dans les chaumières, dans les années 80). Elle aurait refusé avant de se raviser. Mais depuis l’équité des taches, elle aurait confié la distribution des cadeaux pour les enfants du monde à son mari, mais sous la surveillance des Rennes !!! « Faut pas abuser quand même, une telle responsabilité nécessite un contrôle qualité », sourit la mère Noël.

    L’histoire part du XIe siècle. Une relique de l’évêque Saint-Nicolas, protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles est transférée de Bali vers la Lorraine. De la Lorraine à la Hollande, le mythe perdure.

    Saint-Nicolas se mélange au mythe germanique du Dieu Odin. Il se déplace grâce à Sleipnir, un cheval à huit pattes. L’origine du traîneau tiré par huit Rennes en serait issue. Puis la transmission fait apparaître Sinterklaas aux Pays-Bas.

    En traversant l’océan atlantique, les colons néerlandais transforment Sinterklaas en Santa Claus.

    (Crédits : PublicDomainPictures/Pixabay)

    Souvent coloré de vert, il faut attendre que Coca-Cola produise une publicité en 1931 avec une bouteille en verre, pour changer de couleur. Tandis qu’il buvait un verre issue d’une bouteille en verre tout en étant habillé de vert pour que Coca-Cola voie rouge. C’est à travers les yeux et les crayons de l’illustrateur Haddon Sundblom que tout change. « L’illustrateur américain Haddon Sundblom l’a dessiné avec sa barbe caractéristique, son habit rouge et ses grosses bottes façonnant ainsi petit à petit notre perception du père Noël. » Depuis ces années, il est représenté tout en rouge avec une longue barbe.

    Les Rennes du père Noël

    Pour distribuer l’ensemble des jouets aux enfants « sages » dans le monde entier, le père Noël fait confiance à son attelage composé de huit puis de neuf Rennes. Cette tache lui est confiée par la mère Noël elle-même. Autant dire que la pression et le poids des cadeaux pèsent sur les épaules de Raphaël Noël et des Rennes. Le traîneau serait composé exclusivement de dames, les mâles perdant leurs bois l’hiver. Mais connaissez-vous leurs prénoms ?

    Si vous demandez à un enfant, il connaîtra sûrement Rudolph, le renne au nez rouge. Il permet au père Noël de se guider à travers le brouillard et la neige.

    Il y a aussi Tornade, la plus rapide, Danseur, la plus gracieuse, Fringant, la plus belle, Furie, la plus puissante, Comète, celle qui apporte du bonheur aux enfants, Cupidon, celle qui apporte de l’amour aux enfants, Tonnerre, la plus forte et Éclair, celle qui apporte la lumière.

    La composition du traîneau est étudiée. En premier Rudolph avec son nez rouge. Il guide et montre aux autres voyageurs dans le ciel que le traîneau est prioritaire, comme les Sapeurs-Pompiers sur la route. Puis derrière à gauche Tornade et à sa droite Tonnerre. Ensuite Éclair et Furie. Cupidon et Comète au troisième rang. Et pour finir Danseur et Fringant.

    (Crédits : DR/Pixabay)

    Ainsi vous célébrerez la fête de Noël le 25 décembre partout, sauf peut-être comme en Espagne. Une bataille culturelle divise entre les rois mages et le soir de Noël. Le soir du 24 décembre, est la « Nochebuena » une célébration plus familiale où le festin se trouve sur la table. Le 5 janvier est l’arrivée des Rois Mages avec les cadeaux. C’est une journée festive, mais c’est aussi celle qui indique la reprise imminente de l’école pour chaque enfant ibérique.