Étiquette : Covid-19

  • L’aluminerie canadienne Alouette touchée

    L’aluminerie canadienne Alouette touchée

    Dans la nuit du 24 au 25 février 2022, l’aluminerie Alouette de Sept-Îles, sur la Côte-Nord du Canada, pourrait avoir été victime d’une cyberattaque. « Il ne serait pas exclu qu’elle soit connectée à la guerre en Ukraine », écrivait le Journal de Québec. Toutes les infections actuelles ne sont pas dues au Covid-19, il existe d’autres raisons d’être souffrant. La direction de la plus grande usine de production d’aluminium en Amérique a indiqué qu’une panne majeure perturbait l’ensemble de ses systèmes informatiques.

    « Cette panne semble causée par un incident de sécurité lié à l’intrusion d’un tiers non autorisé », communiquait l’entreprise vendredi matin. Des équipes supplémentaires ont été déployées pour les interventions nécessitant des outils technologiques affectés par cette panne. « Nous remercions d’ailleurs tous les employés et partenaires qui soutiennent nos différentes activités d’opérations avec engagement et de manière sécuritaire. Nous sommes convaincus que la résilience de l’équipe, mainte fois démontrée, nous permettra de traverser cette situation avec succès », affirme Claude Gosselin, président et chef de la direction. Si toutes les suppositions sont comme un cheval au galop, la possibilité que cette attaque soit liée au conflit en Ukraine ne peut pas être exclue selon certains experts, jusqu’à preuve du contraire.

    Des centaines d’entreprises à travers leurs systèmes d’information sont victimes de cyberattaques toutes les semaines, et de nombreuses tentatives d’attaques sont effectuées chaque seconde. La Russie, le Brésil, la Chine, les États-Unis et l’Allemagne sont les pays le plus attaqués aujourd’hui 2 mars 2022 à 10 h 45. (Crédits : capture d’écran/Kaspersky)

    « Est-ce une coïncidence que ça arrive en même temps que le conflit ? Penser que soudainement, toutes les cyberattaques de cette semaine, partout dans le monde, seraient directement liées au conflit serait difficile à croire. Mais on ne peut pas exclure que ce soit relié. Il y a certains groupes de cybercriminels qui ont annoncé publiquement leur intention de nuire aux pays qui allaient soutenir l’Ukraine dans le conflit actuel. Tout est sur la table en ce moment », avançait Alexis Dorais-Joncas, chercheur en sécurité chez ESET.

    Les recommandations des différents services, comme l’est l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), à travers le monde préconise fortement d’augmenter le niveau de protection depuis le début du conflit armé entre l’Ukraine et la Russie. Points d’impact de cyberattaque en temps réel. (Crédits : capture d’écran/Kaspersky)

    Une enquête est en cours, et la compagnie ne souhaite plus communiquer en ce sens, mais rassure les différents interlocuteurs : « Avec l’aide de nos consultants experts en cybersécurité, notre équipe des technologies de l’information s’affaire toujours à remettre sur pied l’ensemble des systèmes informatiques qui ont été affectés, selon une stratégie priorisant les équipements de production. Plusieurs des outils informatiques sont à nouveau fonctionnels ou en voie de récupération. »

  • Ransomware: Toyota suspend les activités de son usine nationale

    Ransomware: Toyota suspend les activités de son usine nationale

    L’attaque informatique présumée survient juste après que le Japon rejoigne les alliés occidentaux, en rapport au conflit opposant la Russie et l’Ukraine. Les suppositions que l’agression était liée vont bon train, sans aucune preuve ne soit trouvée. La production est donc stoppée au sein de l’empire du soleil levant pour aujourd’hui, mardi 1er mars 2022. Peu de temps suivant la révélation par Snatch de données de Volvo fuitaient. À ce stade aucune information n’est disponible, ni sur l’identité de l’auteur ou des auteurs ni sur son motif.

    Suite à l’infection, par codes malveillants, survenue dans la nuit du 27 au 28 février 2022 la compagnie Toyota Motor Corp a annoncé suspendre les activités de ses usines nationales (14 usines, 28 lignes) ce mardi. L’impact entraînera, selon la firme, une perte de production d’environ 13 000 voitures. Le même jour, Hino Motors Ltd. et Daihatsu Motor Co. ont annoncé qu’ils fermeraient leurs usines au Japon pour la même raison. La cause est la présumée cyberattaque qui s’est présentée chez Kojima Press Kogyo dans la ville de Toyota, un fournisseur de pièces en plastique et de composants électroniques. La NHK a rapporté qu’un ransomware était suspecté d’avoir été utilisé. Tout ceci arrive alors que le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI) appelait le 23 février 2022 les entreprises japonaises à renforcer leur sécurité compte tenu de la situation tendue en Ukraine. La police préfectorale d’Aichi a lancé une enquête.

    Dimanche 27 février 2022, Fumio Kishida a annoncé que le Japon se joindrait aux États-Unis et à d’autres pays pour bloquer l’accès de certaines banques russes au système de paiement international SWIFT. Il a parallèlement déclaré que le Japon accorderait à l’Ukraine une aide d’urgence de 100 millions de dollars. (Crédits : Yoshio Tsunoda/AFLO/Imago)

    « Nous condamnons fermement la Russie pour son soutien à l’action militaire […] », a-t-il affirmé, lundi 28 février 2022 à la commission budgétaire de la Chambre haute qu’il envisageait également des sanctions contre la Biélorussie, qui a coopéré à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Il ajoutait que « l’Europe s’efforce de le mettre en œuvre dès que possible. La rapidité est importante », a-t-il déclaré à propos des sanctions tendant à éloigner les grandes banques russes de l’Association internationale des communications interbancaires (SWIFT).

    Concernant le gel des avoirs visant des responsables gouvernementaux russes tels que le président Vladimir Poutine : « Je veux confirmer rapidement la situation et prendre des mesures immédiates […] J’exprime ma vive critique en action en collaboration avec la communauté internationale », soulignait Fumio Kishida. (Crédits : DR)

    À propos de la cyberattaque qui stoppe la production de Toyota au Japon, le Premier ministre japonais, Fumio Kishida affirme qu’« il est difficile de dire si cela a quelque chose à voir avec la Russie avant de faire des vérifications approfondies ». Ajoutant que son gouvernement allait enquêter sur l’incident et déterminer si la Russie était impliquée. Toutefois, le journal ItMedia relate que « de nombreux groupes criminels qui développent des ransomwares opèreraient sous la juridiction de la Russie, et l’un de ces groupes a exprimé son “soutien à la Russie” concernant son invasion de l’Ukraine. » Cet arrêt intervient alors que Toyota, comme tous les constructeurs automobiles, avait été confronté aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement dans le monde entier causées par la pandémie COVID-19, contraignant la compagnie à réduire sa production. De plus, elle a vu une partie de son exploitation interrompue en Amérique du Nord en raison de la pénurie de pièces détachées provoquée par les manifestations de camionneurs canadiens avec le Convoi de la Liberté. L’entreprise nippone souhaite redémarrer sa production au plus vite, elle évalue actuellement si elle sera en mesure de reprendre ses activités normales après le 2 mars.

  • Et s’ils avaient raison ?

    Et s’ils avaient raison ?

    Une question que tout un chacun peut poser sur de nombreux sujets. Le « Convoi de la Liberté » est un mouvement à l’origine contre l’obligation vaccinale anti-Covid-19 pour entrer par voie terrestre au Canada, introduite le 15 janvier 2022 par le gouvernement canadien, à travers Justin Trudeau. Puis repris en France contre l’obligation du passe vaccinal, sous-entendu l’obligation vaccinale déguisée afin d’accéder aux restaurants, salles de spectacle, bars, ou tout autre loisir. Avaient-ils raison de manifester ?

    En premier lieu, quelle est la définition du droit à manifester ? C’est le droit d’organiser une réunion dans un lieu public ou sur la voie publique pour exprimer une conviction collective. Elle peut être fixe ou emprunter un itinéraire sous la forme d’un cortège. Les organisateurs peuvent-être des syndicats défendant la cause des travailleurs, une minorité pour la reconnaissance et la défense de ses droits, ou encore en soutien à une cause générale. Là où le bat blesse, est qu’il faut effectuer le distinguo entre un attroupement et la manifestation.

    Sont soumis à l’obligation d’une déclaration préalable tous cortèges, défilés et rassemblements de personnes, et, d’une façon générale, toutes manifestations sur la voie publique.

    Article L211-1. Création Ordonnance n°2012-351 du 12 mars 2012

    Depuis le décret-loi du 23 octobre 1935, publié le lendemain au journal officiel, sous la troisième république et le président Albert Lebrun, le droit de manifester est subordonné à une déclaration préalable. « Les réunions sur la voie publique sont et demeurent interdites dans les conditions prévues par la loi du 30 juin 1881, article 6 », stipulait le décret-loi. Il a été abrogé par l’ordonnance n° 2012-351 du 12 mars 2012, mais car il y a un « mais », ses dispositions ont été reprises dans le Code de la sécurité intérieure.

    « Au Quartier latin, ce fut la journée la plus longue… » commence le journaliste, relatant la grève de mai 1968. Après Rome, Berlin-Ouest ou encore Varsovie, l’agitation étudiante s’est manifesté à Paris poursuivait-il, avant de toucher tout le pays, car « il est interdit d’interdire » revendiquait le slogan. (Crédits : capture d’écran/INA)

    Cette loi est adoptée sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Le trouble à l’ordre public se définit (article 431-3 du Code pénal) par ce qui « constitue un attroupement tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l’ordre public. » Autrement dit, toute manifestation non autorisée ou déclarée semble être considérée en tant qu’attroupement, donc un trouble à l’ordre public. Parallèlement, l’article 431-1 du Code pénal punit le fait d’entraver le droit de manifester de 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. La peine peut même s’élever à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende en cas de violence, voie de fait, coups…

    Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

    La fontaine. Les animaux malades de la peste

    Donc tout est une question d’interprétation, soit vous autorisez la manifestation, soit vous la prohibez. Pour la première, il n’y a pas de répression du mouvement possible. Tandis que si vous êtes contre le fait d’avoir des bonbons de plusieurs couleurs, car votre préférence va à l’orange, vous l’interdisez, elle devient attroupement. Les trois dates qui font écho en France, sont la Révolution française de 1789, les grèves de mai-juin 1936 et celle de mai 1968. Les deux dernières n’ont fait l’objet d’aucune déclaration d’intention de grève, qui est désormais obligatoire. Mais pourquoi des personnes en France, comme dans d’autres pays, manifestent contre le « passe vaccinal » ?

    Le passe vaccinal

    Nombreux en France, se sont fait injecter plusieurs doses de « vaccin », pour recouvrer une certaine souveraineté de mouvements de faits et de lieux. « Si j’ai fait tout mon parcours vaccinal, ce n’est pas parce que j’avais peur du virus, c’est tout simplement que je voulais retrouver toutes mes libertés », déclarait Laurent Ruquier dans l’émission On est en direct, sur France 2. Puis, nous apprenions que le passe sanitaire mutait en passe vaccinal, car le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran sur Brut, expliquait que : « Le passe vaccinal est une façon d’arriver à l’obligation vaccinale, mais moi, je pense que c’est plus efficace que de mettre une amende ». Il indique que ledit passe vaccinal a eu l’effet escompté de protéger les personnes contre le virus. Or, selon les statistiques de la DREES, 0 % des moins de soixante ans sont décédés du variant Omicron. Sur la tranche 60-80 ans, 0,5 % de vaccinés et 0,8 % de non vaccinés sont décédés.

    Sur la levée du masque, comme du passe vaccinal, le ministre répond à la question d’Amélie Carrouër : « […] je dis vers la mi-mars ça veut dire que ça peut-être peut-être une semaine plus tôt ça peut être quelques jours plus tard cela dépendra uniquement de notre capacité à faire fonctionner normalement les hôpitaux […] ». (Crédits : capture d’écran/RTL)

    Les défunts de plus de quatre-vingts ans étaient pour 5 % non vaccinés contre 2,4 % pour les autres. « Le passe vaccinal est quelque chose qui discrimine les gens, qui jette l’opprobre sur une catégorie de la population qui n’a pas du tout engorgé les hôpitaux […] c’est la crise de l’hôpital public qui a créé, malheureusement, ce système depuis des années », précisait le Dr Gérald Kierzek.

    Pour ou contre

    L’OMS est contre. « Les États parties sont vivement encouragés à reconnaître que l’exigence d’une preuve de vaccination peut aggraver les inégalités et favoriser une liberté de circulation différenciée », affirmaient les membres du comité. Le hasard fait que le jour où le comité d’urgence de l’OMS indiquait ne pas être favorable à un passeport vaccinal, cela coïncide avec le jour où le gouvernement français présentait TousAntiCovid-Carnet. Lors de l’émission du Grand Jury sur RTL, Olivier Véran martèle que « si la situation dans six mois, dans un an, dans cinq ans, dans dix ans que sais-je devait justifier qu’à nouveau nous vérifions que les Français ne prennent pas de risque élevé de se contaminer dans un bar ou dans un restaurant […] »

    Le nombre de participants est l’instrument de discorde lors des manifestations. Comme celui du taux de vaccination en France, mais tout est accessible. (Crédits : capture d’écran)

    Si un tel procédé est mis en vigueur et pérenne, serait-il le parent pauvre du crédit social chinois, créant ainsi un peuple docile et enclin aux délations, dans un climat et un État policier ? Ou tout simplement, le moyen de trouver un bouc émissaire aux échecs de toute situation, assurant auxdits gouvernants, quelque pays que ce soit, une immunité, car en toute bonne foi, ce n’est pas de leur faute. Alors, « avaient-ils raison de manifester ? » C’est une excellente question, sur laquelle vous êtes seul juge, en votre âme et conscience sur la réponse que vous y apporterez. Cela dit tout est entendable, discutable et différent selon tout un chacun, vos priorités de vie, et surtout votre définition du mot « Liberté ».

  • Vacances prolongées à Neuchâtel

    Vacances prolongées à Neuchâtel

    À trois jours de la rentrée scolaire, l’université de Neuchâtel est victime d’une attaque de ses systèmes informatiques. Les premiers signes relevés de l’infection sont survenus jeudi 17 février 2022, vers 23 h. Par mesure de sécurité, l’Unine, qui compte quatre facultés en son sein a désactivé l’ensemble de ses serveurs ce vendredi 18 février. Une affaire qui pourrait compliquer le retour des étudiants, prévu ce lundi. Si aucune rançon n’est encore exigée en échange de la clé de chiffrement, cela porte les stigmates et ressemble trait pour trait à une infection par codes malveillants de type ransomware.

    Depuis jeudi soir, tous les systèmes d’information de la faculté neuchâteloise sont bloqués, victimes d’une infection de type Ransomware-as-a-Service relate ArcInfo. Plus un ordinateur n’est accessible, l’arrêt général a été décrété. Fort heureusement, peu d’étudiants sont sur place. « Il est très probable que des gens malveillants soient derrière cette attaque, expliquait Nando Luginbühl, le responsable de la communication de l’Université de Neuchâtel. Le problème n’est pas réglé et nous ne pouvons pas dire à quel moment ça va refonctionner. »

    Des messages auraient été envoyés à destination du corps enseignant, mentionnant le cryptage des données. L’Université confirme l’existence dudit message, sans avoir « connaissance d’autres demandes à ce stade ». Une partie des professeurs profitent des derniers jours pour mettre à jour leurs supports de cours, de leur côté les élèves devaient consulter leurs horaires, comme échanger les ultimes renseignements par courriel. Il sera nécessaire de le consentir avec résignation.

    Les services affirment avoir confiné l’ensemble afin d’éviter que le code malveillant se propage sur de nouveaux terminaux. La Suisse est depuis plusieurs mois la cible de nombreuses infections, comme le fut la Croix-Rouge. L’université tente de restaurer une sauvegarde de l’état du système avant la cyberattaque. (Crédits : DR)

    Les cours avaient, jusqu’à présent, lieu à distance du fait du SARS-CoV-2. Le retour, en chair et en os, des étudiants sur le campus doit s’effectuer lundi matin 21 février. Toutefois, les enseignements qui se donnent en vis-à-vis sont aussi pour certains accessibles en ligne, garantit l’institut. Les vacances ne seront, à priori, donc pas prolongées. « Notre objectif est d’assurer la rentrée des cours, lundi. Comme il y a un retour au présentiel, cela tombe bien », affirme Nando Luginbühl.

  • Le professeur Luc Montagnier additionne (1re partie)

    Le professeur Luc Montagnier additionne (1re partie)

    Le prix Nobel de médecine 2008 est décédé, mardi 8 février 2022, à l’hôpital américain de Neuilly. Le fait d’armes que chaque personne retient de lui est la codécouverte du VIH. De 1972 à l’an 2000, il est une figure incontournable de l’institut Pasteur, fleuron de la recherche en France. Depuis l’arrivée du SARS-CoV-2, des scientifiques décriaient les théories du professeur, pour terminer discrédité, par ceux qui le portaient au panthéon de ses pairs. Qui était-il ? Quelles furent ses publications ? Avait-il tort ou raison ?

    Luc Montagnier né le 18 août 1932 à Chabris, dans le Berry, d’où était originaire sa mère. Son nom, l’homme qui vit dans les montagnes, fait référence à la région paternelle, l’Auvergne, qui est faite de riches plaines et de vieux volcans. Son père attrape, dans sa jeunesse, une arthrite streptococcique, qui procure des lésions irréversibles des valves aortiques. Ce qui l’exempte de service militaire et l’oblige à un travail sédentaire. Ainsi, il exerça et excella dans la profession de comptable. Il a commencé à travailler dans la région de Poitiers, puis s’est installé à Châtellerault. Âgé de cinq ans, il est victime d’un accident renversé par une voiture, après avoir traversé une nationale. Le résultat donne deux jours de coma, avec de multiples blessures dont quelques cicatrices restent visible.

    La seconde Guerre mondiale

    Deux années passent lorsque survient l’invasion nazi en 1940. « Mes parents et moi quittant leur maison (proche d’une gare risquée), fuyant sur les routes dans une petite voiture, et finalement plus exposés aux bombardements allemands pendant cet “exode” que si nous étions restés à la maison. » La première année d’occupation allemande a été terrible, raconte-t-il, les « ersatz » ne stimulaient pas mon appétit, alors que je rêvais de chocolat et d’oranges. Son père souffrait d’entérocolite chronique, tandis que son grand-père atteint d’un cancer du rectum, est mort en 1947 après de terribles souffrances.

    Luc Montagnier, avant d’être le professeur et prix Nobel de médecine en 2008 pour la codécouverte du virus VIH, fut un enfant, un adolescent puis un adulte additionnant de multiples et terribles expériences de vie. Toutes celles-ci ont orienter puis déterminer son avenir que nous connaissons. (Crédits : DR)

    « Cela m’a tellement affecté que c’est probablement l’une des raisons pour lesquelles j’ai décidé plus tard d’étudier la médecine et d’entreprendre des recherches sur le cancer. » Soulagé comme la plupart des personnes sur Terre de la fin de la seconde Guerre mondiale, il restera cependant marqué à vie. « Je ne pouvais pas oublier non plus la vision de tant de morts, civils et soldats, et les images de déportés maigres libérés des camps de concentration. Je détesterai les guerres et leurs atrocités pour le reste de ma vie. »

    Faculté de Poitiers

    Bon en physique, en chimie, et moindre en mathématiques, le jeune Luc s’inscrit à la fois à l’école de médecine et à la faculté des sciences de Poitiers. Le but révélé, commencer une carrière de chercheur en biologie humaine, la spécialité n’existait pas, que ce soit en médecine ou en sciences à Poitiers. Au commencement, les écoles et facultés étaient situés dans le centre ville, comme souligne la « Rue des grandes écoles ». Cette dernière relie la place du Maréchal Leclerc (place d’armes pour les poitevins), à la rue Gambetta, non loin du palais des Ducs d’Aquitaine. Accessibles à pied, il passait la matinée à l’hôpital et l’après-midi à suivre des cours de botanique, de zoologie et de géologie.

    Son mentor et professeur de botanique, Pierre Gavaudan en Janvier 1931 au sein du laboratoire de Botanique de la Sorbonne. (Crédits : DR)

    Son professeur de botanique, Pierre Gavaudan, était atypique, il lui doit, explique-t-il d’avoir ouvert son œil à ce qui était le début d’une nouvelle Biologie, la double hélice de l’ADN, la synthèse in vitro des protéines par les ribosomes et la structure des virus. Un présent de la part de son père déclenche ses premières recherches. Il positionnait chez lui, un appareil combinant une caméra de cinéma en accéléré et un microscope. Le futur prix Nobel de médecine étudiais un phénomène connu depuis 1908 sous le nom de phototaxie des chloroplastes. Elle est la propriété de certaines algues vivant à la surface des étangs d’orienter leur grand chloroplaste unique en fonction de l’intensité de la lumière.

    Poitiers pour Paris

    Soutenant ses travaux en petite thèse, au sein de la faculté de Poitiers, à tout juste 21 ans, Pierre Gavaudan, lui demandait d”effectuer des recherches sur les formes L des bactéries. Ce fut la première incursion dans le monde des bactéries filtrantes, soulignait-il. Dans ces années, les références sur ce sujet controversé n’existaient qu’à la bibliothèque de l’Institut Pasteur à Paris. Il quitte sa province et complète ses études de médecine en se rapprochant inexorablement de la neurophysiologie, la virologie et l’oncologie. Engagé à 23 ans comme assistant à la Sorbonne, il se passe deux années avant la première description de l’ARN viral infectieux du virus de la mosaïque du tabac par Fraenkel-Conrat et Gierer, et Schramm détermine sa vocation : devenir virologue en utilisant l’approche moderne de la biologie moléculaire… (suite)

  • Masque ou pas masque ?

    Masque ou pas masque ?

    Les débats font rage lorsque des personnes répondent à la question de l’utilité des masques depuis l’apparition à Wuhan du SARS-CoV-2, et le capharnaüm qui s’en suit sur les décisions qui semblent juste politiques depuis le mois de mars 2020. Les ministres de la Santé, comme Olivier Véran, commencèrent par dire qu’il n’y avait aucune pertinence à le porter. Puis le Premier ministre, Jean Castex, ordonne le port du masque dans les centres villes de France, soit dès qu’il existe un trottoir. Mais suspendu depuis le 14 janvier 2022 à Paris…

    Personne n’ose, ne s’aventure ou pis encore, ne sait quoi répliquer à la fameuse question dont la réponse, pourrait-être 42, quoique… Le masque est-il utile dehors, en intérieur ? Des « TikTokeurs » s’amusent par des vidéos courtes à nous interroger : « Pourquoi je dois porter un masque à l’extérieur, et l’enlever chez moi, mais je dois ouvrir mes fenêtres dix minutes toutes les heures, pour faire rentrer de l’air extérieur ? ». De la même manière, si selon les estimations de la sécurité routière on évalue à 20 % les accidents mortels dont la cause principale serait l’alcool. Alors 80 % des autres n’auraient consommé que de l’eau. Oui, c’est choquant comme exemple. C’est pourquoi il faut toujours faire attention à l’utilisation des chiffres, par les politiques, les intervenants lors d’émissions radiophoniques ou télévisuelles, sans oublier les journalistes. La seule consigne avoir les sources du protagoniste, et croiser par trois fois pour certifier ses dires.

    Voici les tailles et types des particules atmosphériques rencontrées par chaque personne sur Terre. (Crédits : Christophe Magdelaine/Notre Planète Info)

    Il faut partir d’un constat simple et primordial, nous sommes entourés de particules naturelles et d’origine anthropique. Puis, avoir à l’esprit deux faits numériques. Les Gouttelettes sont des particules de plus de 10 microns, quand aux Aérosols elles sont comprises entre moins de 5 à 10 microns. La taille des particules peut aller de 0,001 à 100μm. Les aérosols infectieux contiennent des micro-organismes. Selon l’institut national de recherche et de sécurité (INRS), un masque chirurgical est un dispositif médical (norme EN 14683). Il est destiné à éviter la projection vers l’entourage des gouttelettes (>10 microns) émises par celui qui porte le masque. II protège également celui qui le revêt contre les projections de gouttelettes émises par une personne en vis-à-vis. « En revanche, il ne protège pas contre l’inhalation de très petites particules en suspension dans l’air », explique l’INRS. On distingue trois genres de masques chirurgicaux :

    • Type | : efficacité de filtration bactérienne > 95 % d’un aérosol de taille moyenne 3 µm
    • Type Il : efficacité de filtration bactérienne > 98 % d’un aérosol de taille moyenne 3 µm
    • Type IIR : efficacité de filtration bactérienne > 98 % d’un aérosol de taille moyenne 3 µm et résistant aux éclaboussures

    Les masques chirurgicaux doivent filtrer plus de 98 % d’un aérosol de taille moyenne 3 microns pour être qualifiés de type II. Donc il protège des gouttelettes de façon certaine, et une grande partie des aérosols supérieurs à 3 microns, mais pas complètement (il reste 2 %).

    Depuis la mi-décembre 2021, le bond de la part du variant Omicron parmi les cas testés positifs ne se traduit que dans des proportions très faibles en soins critiques.

    DREES

    Un masque dit FFP (filtering facepiece, littéralement « pièce faciale filtrante ») est un appareil de protection respiratoire (norme NF EN 149). Il est destiné à protéger celui qui le porte contre l’inhalation à la fois de gouttelettes et de particules en suspension dans l’air. Le port de ce type de masque est plus contraignant (inconfort thermique, résistance respiratoire) que le fameux chirurgical. Il existe trois catégories selon leur efficacité, qui est estimée en fonction de l’efficacité du filtre et de la fuite au visage.

    Ainsi, on distingue :

    • Les masques FFP1 filtrant au moins 80 % des aérosols de taille moyenne 0,6 µm (fuite totale vers l’intérieur < 22 %)
    • Les masques FFP2 filtrant au moins 94 % des aérosols de taille moyenne 0,6 µm (fuite totale vers l’intérieur < 8 %)
    • Les masques FFP3 filtrant au moins 99 % des aérosols de taille moyenne 0,6 µm (fuite totale vers l’intérieur < 2 %)

    La vraie question est la taille du SARS-CoV-2, ou Covid-19. Avec un diamètre compris entre 0,06 et 0,14 micron, sa dimension le rend quasiment insaisissable par lesdits masques, mais rappelons-nous qu’il est transporté par aérosols et gouttelettes. Pour autant, il n’existe à ce jour, aucune étude scientifique démontrant l’efficacité ni le contraire du bien fondé à les porter. Seuls les avis divergent comme retranscrit FranceInfo. « On explique aujourd’hui que lorsqu’on est à l’intérieur il faut aérer les pièces pour disperser les particules, donc on imagine bien que lorsqu’on est dehors, c’est l’aération maximale possible », explique le docteur Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital de Garches (AP-HP). Tandis que les passants interrogés sont plus enclins, par peur, par habitude, par confort, par certitude à le conserver. Seul bémol, nous prenons régulièrement exemple sur ceux qui nous gouvernent. Quoi penser du ministre de la Santé, Mr Olivier Véran qui pendant des conférences avec le Premier ministre, Jean Castex, retire son masque, le mets en boule, pour le glisser dans sa poche de pantalon, avant de le remettre. Le masque selon les directives du ministère de la Santé et des solidarités, doit être positionné, puis ne plus être touché, sinon, il devient contaminé et ne sers plus à rien. « Quelqu’un lui a dit ? », moquerait Jean-Marc.

  • Hôpitaux espagnol et italien attaqués

    Hôpitaux espagnol et italien attaqués

    En Espagne, comme en Italie, les cliniques, hôpitaux qu’ils soient publics ou privés peuvent être la cible d’opérations malveillantes informatiques. C’est le cas pour celui de la commune de Lucena, en Andalousie, mais aussi le centre médical ASL Napoli 3 sud, qui affichait sur sa page Facebook, un message indiquant le dysfonctionnement de ses systèmes d’information suite à une attaque en date du 8 janvier 2022. Sur la péninsule ibérique, celui appartenant à la société Amaveca Salud serait victime d’un ransomware.

    L’Azienda Sanitaria Locale Napoli 3 Sud (unité sanitaire locale de Naples 3 Sud) a été victime d’une agression informatique. Des opérateurs auraient mis à mal les systèmes d’information entraînant la suspension des services essentiels. Le centre couvre toute la population du sud de Naples, telle que celles des régions de Stabiese et de Nolana. Le message affiché sur leur page Facebook présente des excuses aux utilisateurs « pour toute perturbation de nos systèmes informatiques due à une réclamation que nous sommes en train de résoudre afin de rétablir les opérations dès que possible ».

    « Ils ont attaqué notre système informatique, nous nous excusons auprès des citoyens », souligne le directeur général, Gennaro Sosto de l’Asl Na3. Une plainte a été déposée, une enquête a été ouverte pour découvrir qui est à l’origine de cette offensive. (Crédits: Capture d’écran/Facebook)

    Consécutivement, à cette infection dont il ne faut attendre de rétablissement avant quinze jours insistent les autorités, la direction stratégique de l’Asl Napoli 3 Sud a « ordonné, à partir du 11 janvier 2022, la suspension des activités d’hospitalisation programmées tant médicales que chirurgicales, dans tous les hôpitaux de l’entreprise. » Toujours en Italie, l’ULSS6 Euganea de Padoue connaît un épilogue tragique, à savoir la publication des données exfiltrées par les opérateurs derrière LockBit 2.0 prévue pour le 15 janvier 2022.

    Attaque de l’hôpital de Lucena

    L’hôpital central de Lucena en Andalousie a subi une infection de ses systèmes d’information, relate le communiqué de presse. L’équipe de réponse au cyberincident travaille depuis sa découverte sans relâche. À ce jour, il a été possible de détecter une fuite de données, dont l’ampleur reste à déterminer. La note souligne également que « depuis le début de son activité, l’hôpital a mis en place toutes les procédures et mesures de sécurité nécessaires pour protéger l’un de ses actifs les plus importants : l’information. […] Malgré les mesures décrites ci-dessus, ce cyberincident s’est produit, ce qui, grâce aux actions rapides prises, n’a pas compromis le fonctionnement normal du centre, qui continue à se concentrer sur les soins de ses patients ».

    Au-delà du respect des exigences légales, elle dispose d’un service externe pour répondre aux incidents de sécurité, en plus de la figure du délégué à la protection des données, ce qui n’a pas empêché l’attaque. De nombreuses informations sont exfiltrées. (Crédits : Capture d’écran)

    Amaveca Salud informe également que « le travail d’analyse médico-légale, qui est en cours, ne nous permet pas encore de conclure les détails exacts de la quantité et des types de données volées, cependant, dès que cette analyse sera terminée, nous rapporterons en détail la portée finale ». Une victime de plus du ransomware « Vice Society ».

  • Arrestation digne d’un film d’espionnage

    Arrestation digne d’un film d’espionnage

    C’est un nouveau film qui pourrait naître, ou bien un volet de la plus célèbre série cinématographique « James Bond 007 ». Car c’est un chapitre qui s’ouvre après l’arrestation et l’extradition de Wladislav Klyushin. Le 21 mars 2021, un homme est emprisonné à Sion en Valais. Selon son avocat, cette personne séjournait en Suisse avec sa famille pour des vacances au ski. L’Office fédéral de la justice l’arrête et lui ordonne à la garde à vue. Son extradition est décrétée le 24 juin et exécutée le 18 décembre. Son procès a commencé lundi 3 janvier 2022.

    Le 13 décembre 2021, le Tribunal pénal fédéral suisse a rejeté le recours de Vladislav Klushin contre la décision de l’extrader vers les États-Unis. Selon l’homme d’affaires russe, l’affaire a pour but de « le coincer pour des accusations de délit d’initié forgées de toutes pièces ». Mercredi 5 janvier 2022, un homme comparaissait au sein d’une cour américaine au Massachusetts, présidé par la juge Marianne Bowler, pour entendre sa mise en accusation sur des faits de délits d’initié, qu’il nie. Les co-accusés sont Ivan Ermakov, Mikhail Vladimirovich Irzak, Igor Sergeevich Sladkov et Nikolai Rumiantcev sont toujours pourchassés pour être traduits devant la justice américaine. La pression monte d’un cran sur les Cosy Bear avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, souligne 24Heures. Selon Oliver Ciric, avocat de Vladislav Klushin le président démocrate voudrait se venger.

    L’avis de recherche contre le hacker présumé Ivan Yermakov, qui travaille pour Vladislav Klyushin dans la société M-13. Il est un gros poisson dans le milieu de l’espionnage. La justice américaine indique qu’il a le grade d’officier dans l’unité 26165 au sein du GRU. (Crédits : DR)

    Les personnes dites « initiées » sont celles susceptibles de détenir des informations confidentielles à titre professionnel (L. 465-1 du Code monétaire et financier). Au-delà de cette affaire de fraude boursière, il pourrait cependant fournir des infos très importantes, notamment sur l’ingérence russe supposée dans l’élection de 2016 ainsi que d’autres opérations de renseignement, déclarent d’anciens responsables américains à CNN. Des dirigeants à la retraite du ministère de la Justice et de la Sécurité intérieure affirment que cela porte un intérêt majeur. Car, ils évoquent une interaction étroite entre la société de cybersécurité de Vladislav Klyushin, basée à Moscou, et le gouvernement russe, ainsi qu’une relation présumée de Klyushin avec un ancien officier du renseignement militaire du GRU.

    Recherché depuis 2019

    L’homme était recherché, poursuivi depuis 2019. Il semblait se dérouler le jeu du chat et de la souris. Des Américains auraient tenté de le pourchasser dans le sud de la France dès 2019. Les Britanniques échouaient à Édimbourg, en 2020. En mars 2021, c’est la Suisse « neutre » qui met la main sur Wladislav Klyushin. Il est le premier directeur général adjoint de la compagnie M-13 basée à Moscou, entreprise qui conseillerait les autorités. Selon l’acte d’accusation, le site de M-13 indiquait que les « solutions informatiques » de la société étaient utilisées par « l’administration du président de la Fédération de Russie, le gouvernement de la Fédération de Russie, les ministères et départements fédéraux, les organes exécutifs régionaux, les sociétés commerciales et les organisations publiques ».

    Il a reçu des mains de Vladimir Poutine, la médaille de l’Ordre d’Honneur. la médaille de l’Ordre d’Honneur. Il est décerné aux citoyens russes en récompense d’accomplissements ayant mené à une amélioration des conditions de vie dans le pays, ou pour services rendus. (Crédits : DR)

    Les quatre Russes accusés y travaillent tous, selon le document de la justice américaine. L’arrestation de Klyushin est potentiellement un trésor inestimable, voire une « mine d’or », considère l’expert en sécurité Christopher Krebs. « S’il cède, il pourra peut-être confirmer les thèses des services secrets sur l’influence de la Russie sur les élections de 2016. S’il ne coopère pas, sa condamnation pourrait servir d’exemple », déclarait Christopher Krebs à CNN.

    Jeu de poupée russe

    Le gouvernement américain n’a pas publiquement relié Klyushin à la supposée ingérence russe dans l’élection de 2016, menant à la victoire de Donald Trump. Mais l’un des coaccusés de Klyushin dans l’affaire de fraude boursière est Ivan Ermakov, est un ancien officier de la Direction principale du renseignement russe. Le président de la Russie, Vladimir Poutine a été directeur du FSB. « Lorsque quelqu’un comme lui a été arrêté, toute opération dont il aurait eu connaissance devient immédiatement suspecte du point de vue du contre-espionnage », a déclaré Holden Triplett, un ex-haut fonctionnaire du FBI basé en Russie à CNN. « Tout ce qu’ils ont touché est maintenant sous le microscope ».

    Les deux candidats, Donald Trump et Hillary Clinton à la primaire républicaine de 2016, avant le drame. 26 165 est le numéro qui désigne la redoutable section d’État chargée des attaques informatiques contre des institutions et des tiers. L’agent Ivan Yermakov agirait pour le compte de l’organisation nommée Fancy Bear ou Cosy Bear. (Crédits : AFP)

    Le fait d’armes mondialement connu d’Ivan Ermakov se déroulait de 2015 à avril 2016. Cozy Bear, ou APT29 est suspecté d’être impliqué dans le piratage du Comité national démocrate en lien avec l’Ingérence russe présumée dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Cozy Bear s’était infiltré dans le parti démocrate depuis l’été 2015, mais c’est en avril 2016 qu’un autre groupe appelé Fancy Bear aurait piraté également le parti de manière indépendante. Il aurait donc participé à l’infection pour soutirer des documents des serveurs du parti démocrate aux États-Unis. Ainsi près de 30 000 courriels sont alors jetés en pâture sur les réseaux sociaux, comme Hillary Clinton est éclaboussée. L’acte est toujours considéré aux États-Unis au même degré qu’une tentative de la part du Kremlin d’influencer le processus électoral. De plus, l’organisation Cozy Bear est accusée par les autorités de renseignement canadiennes (CST), américaines (NSA) et britanniques (NCSC) de différents essais d’exfiltration, qui seraient survenus en juillet 2020, sur le développement d’un vaccin contre le SARS-CoV-2, provocant le Covid-19.

  • Êtes-vous ultracrépidarianiste ou ipsédixitiste ?

    Êtes-vous ultracrépidarianiste ou ipsédixitiste ?

    Ces mots qui pourraient vous rapporter énormément de points lorsque vous jouez au Scrabble, avec votre grand-mère le jour de Noël. Sauf que le premier dépasse de cinq lettres le côté du tableau de jeu. Je suis sûr que vous avez autour de vous, des personnes, peu ou prou proche, qui sont adepte de ultracrépidarianisme. Il est un virus plus contagieux que tous, avec un taux de reproduction astronomique. L’ipsedixitisme n’est pas en reste, souvent partisan d’une loquacité longiuscule, quoiqu’il en coûte.

    Les repas de famille sont toujours scindés en plusieurs étapes, surtout en période festive. Les discussions se ponctuent de l’engloutissement de petits fours, accompagné de délicieux et suaves breuvages. Le clan berd’huisien ne déroge à la règle. Les palabres autour de sujets dont les convives s’octroient, affiche sans détour, l’omniscience dont les membres de notre société se vantent de posséder.

    « Les enfants, avez-vous la dernière allocution de notre cher ministre ? N’importe quoi comme d’habitude », s’époumone M. Sépa Phot.

    « C’est-à-dire », interroge Jean Éthaissure, le gendre.

    « Encore des mesures pour nous contraindre, relayer comme des toutous par les médias traditionnels. Il faut voir la vérité sur Internet, là je trouve de vraies informations, par la soupe relayée par les communicants », rétorque le père de famille. Un silence de plomb s’impose en moins d’une seconde, comme si le patriarche venait de recevoir le contenu d’une cuillère à soupe de fromage blanc en pleine figure.

    « L’ultracrépidarianisme ne désigne pas ceux qui ont une opinion sur tout, mais plutôt ceux qui s’expriment avec assertivité en dehors de leur domaine de compétence. » Comme l’adage pour la confiture, c’est souvent en approfondissant notre connaissance d’un sujet que nous prenons conscience de notre propre ignorance. (Crédits : Esther Merbt/Pixabay)

    « Je ne peux pas vous laisser dire ça », s’offusque le gendre.

    « Chéri, papa, taisez-vous ! C’est avec des discours comme celui-ci, et les réponses brutales que commencent les guerres. À ne pas vouloir écouter les autres, nous oublions que le doute est nécessaire, et que seul le con ose tout pour paraphraser Michel Audiard. Je crois que nous avons deux beaux spécimens à table, n’est-ce pas maman », exclama Ozalee Phot.

    « Tu as raison Vulynd, tu es bien ma fille », pouffa-t-elle de rire au vu des mines estomaquées du père et du gendre.

    « Maman, pas mon surnom s’te plaît, j’étais minote, et là j’ai l’impression d’être vieille maintenant », rit Ozalee de tout son cœur. Le sujet clôt, le festin repris son droit dans une ambiance chaleureuse et apaisée. Les deux femmes y veillèrent comme le lait sur le feu.

    De plus en plus de plateaux télé, à la radio, les médecins épidémiologiste, journalistes, femmes et hommes politique, infectiologues, professeurs… donnent conseils et avis, semble-t-il, en toute « bonne foi », sachant que tous viennent avec leur recolleuse à copeaux. (Crédits : Michael Gaida/Pixabay)

    La bonne foi, étrangement, cette particularité de celui pour qui la croyance est toujours sacrée, et, plus généralement, la sincérité la franchise n’est pas l’apanage de tout un chacun. « […] le prévenu, qui n’est pas un professionnel de l’information, n’était pas tenu aux mêmes exigences déontologiques qu’un journaliste, qu’il disposait d’une base factuelle suffisante pour s’interroger publiquement sur des informations faisant état de pratiques journalistiques contestables, et qu’il l’a fait avec prudence, sans excéder les limites admissibles de la liberté d’expression », écrit Sabrina Lavric sur Dalloz. La bonne foi est définie par l’absence d’animosité personnelle, la légitimité du but poursuivi, la prudence comme la mesure dans l’expression, et la vérification des sources.

    Or, des instants mélangeant ultracrépidarianisme et ipsedixitisme sont désormais légion sur les médias, quels qu’ils soient. Le débat sur le port du masque engendre de nombreux remous. L’émission « L’Heure des pros », présentée par Pascal Praud, dont Marie-Estelle Dupont était l’invitée est un parfait exemple. Avant situons cette femme, elle est psychologue clinicienne (depuis 2006), spécialisée en psychopathologie, neuropsychologie, psychosomatique et formée en psychologie transgénérationnelle. En face, Jérôme Béglé, journaliste et rédacteur en chef adjoint de Le Point. Elle était diffusée le jeudi 16 décembre 2021 sur CNews, voici, une partie de la retranscription :

    Marie-Estelle Dupont: « L’état des troubles mentaux des enfants est extrêmement préoccupant. J’ai une petite fille qui est venue avant hier dans mon bureau, sept ans, la maman me l’amène en me disant : elle est tombée dans les pommes parce que la maîtresse a exigé qu’elle garde son masque pendant le cours de yoga en classe. On est où ? Donc là, c’est plus du tout de la santé publique, c’est du harcèlement moral. Ils sont en train de devenir obsessionnels, anxieux et nous, on ne va pas les récupérer après la crise. Ce sont des adultes qui vont se construire comme ça, dans l’idée que l’autre est un danger et qu’ils sont un danger pour l’autre. On ne peut pas faire société quand on pense que l’autre est un danger. »

    Le ton était ferme lors de l’échange entre le journaliste Jérôme Béglé et la psychologue Marie-Estelle Dupont. « Aimer la vérité, oui, mais pas déclarer vraies les idées que nous aimons », expliquait le physicien et docteur en philosophie des sciences, Étienne Klein à l’Echo. (Crédits : capture d’écran/dailymotion/Cnews)

    Jérôme Béglé: « Philippe, je te laisse parler, puis je prendrai… Après le prêchi prêcha de madame et je crois qu’il faut dire deux, trois trucs. »

    Pascal Praud: « Franchement Jérôme, ça ce n’est pas convenable. Ça c’est un sujet qui me touche. C’est une honte de mettre des masques à des gosses de 5 ans. »

    Marie-Estelle Dupont: « Je reste à ma place de psychologue, restez à votre place de journaliste. Vous n’êtes pas orthophoniste, vous n’êtes pas médecin de santé publique. Vous ne savez pas ce que c’est qu’un retard de langage chez un enfant qui arrive en maternelle, avec des adultes masqués à la crèche, qui font qu’on ne peut pas parler correctement. D’accord ? On touche à la dignité et à la santé et aux besoins vitaux de nos enfants. »

    Avez-vous compris la différence entre ultracrépidarianisme et ipsedixitisme ? L’ultracrépidarianisme est un mot peu usité exprimant une conduite mise en exergue depuis l’apparition du SARS-CoV-2 et pratiqué à outrance. C’est adopter un comportement consistant à donner son avis sur des sujets dont on n’a pas de compétences légitimes ou avérées. Ce qu’un homme politique n’a pas besoin de justifier, car il le fait en toute « bonne foi ». Quant à l’ipsedixitisme, c’est le fait de croire vraie une assertion non fondée, parce qu’on l’a entendue dire par quelqu’un en qui on a, ou qui de par sa stature, sa position ou sa fonction inspire confiance (journaliste, politique, médecin…). C’est chronophage, mais nécessaire et vital, sur les sujets qui vous sont importants, de contre-vérifier l’information, ne soyez par le mouton de Panurge, qui croit sans chercher à contredire, ni celui qui croit une personne qui a vu l’homme, qui a vu l’homme, qui a vu l’homme qui a vu l’ours, soyez curieux et avide de vérités.

  • Quid de vos données ?

    Quid de vos données ?

    Les datas, si vous aviez encore un doute, se négocient à prix d’or. Car, elles sont une denrée plus chère que le fameux et légendaire lingot de métal jaune. Il suffit de se pencher sur un moteur de recherche pour mentionner vol et santé pour que vous ayez sous vos yeux plusieurs liens possibles. Le dernier en date en France, concerne l’affaire des 1, 4 millions de personnes dont les renseignements de test contre le SARS-CoV-2 furent dérobés. Sans oublier les 40 millions d’Américains, comme l’institut national d’assurance israélien.

    Les données de 1,4 million de Français ayant effectué des tests anti-Covid à l’été 2020 ont été subtilisées, prévenait l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) en septembre 2021. De plus en plus fréquent, ce genre de vol laisse pantoises et incrédules les visées. Par le biais d’un simple courriel, les personnes touchées se voient confirmer qu’une « violation des données personnelles » concernant 1,4 million d’individus est réelle, déclarait l’AP-HP. Au menu, les noms, date de naissance, numéro de sécurité sociale sont parties dans les profondeurs de l’Internet. Elles peuvent permettre de concevoir de fausses identités, ou bien procéder à du hameçonnage en bonne et due forme. Bis repetita à la fin des vacances estivales avec FranceTest. L’année 2021 laisse apercevoir son crépuscule, que les attaques de l’année passée parfument encore l’air ambiant. En 2020, 27 hôpitaux étaient ciblés par des codes malveillants.

    40 millions d’Américains touchés

    Ils sont plus de 40 millions aux États-Unis qui ont vu leurs informations de santé exposées. Il existe un delta important par rapport à 2020. Selon les lois en vigueur outre-Atlantique, lesdites organisations du secteur sont tenues de signaler toute violation ayant un impact sur 500 individus ou plus, au bureau des droits civils du département de la santé et des services sociaux, ce qui rend ces violations, publiques. Au 8 décembre 2021, le bureau en a recueilli 578. Bien moins me diriez-vous que l’année passée, avec les 599 brèches signalées en 2020. Oui, je suis d’accord avec vous, à la différence près que les opérateurs malveillants n’avaient récupéré des données que d’environ 26 millions de personnes. Soit une augmentation de presque 154 %. Les dossiers médicaux contiennent des informations qui peuvent être utilisées pour présenter de fausses demandes de remboursement ou encore acheter des médicaments, sachant qu’ils sont hors de prix si vous n’avez pas de couverture maladie aux USA.

    L’attaque de l’établissement hospitalier chilien touchait l’aide humanitaire aux sans-abris en octobre 2021. « Les hôpitaux ont longtemps eu d’autres priorités que la cybersécurité et ne croyaient pas à la menace », déplorait Guillaume Poupard, directeur de l’ANSSI. Cette phrase est vraie à tout endroit de la Terre. (Crédits : DR)

    L’une des plus grandes violation en 2021, selon Health News Florida, est le résultat d’une cyberattaque de la Florida Healthy Kids Corporation, qui a exposé les informations de 3,5 millions de personnes. Sans oublier, la déconvenue du Southern Ohio Medical Center en novembre 2021, un hôpital à but non lucratif situé à Portsmouth dans l’Ohio.

    Le Canada, Israël… touchés

    Plus de la moitié des victimes connues de rançongiciel au Canada en 2021 étaient des fournisseurs d’infrastructures essentielles (énergie, santé et fabrication) selon le rapport du centre de la sécurité des télécommunications (CST). Les infections par ransomware sont « effrontées, sophistiquées, de plus en plus fréquentes et, pour les cybercriminels, très rentables », ajoute-t-il. La CST déclare avoir eu connaissance de 235 incidents liés au Ransomware-as-a-Service entre le 1er janvier et le 16 novembre 2021. « La pandémie de COVID-19 a rendu des organisations comme les hôpitaux, les gouvernements et les universités plus conscientes des risques liés à la perte d’accès à leurs réseaux, et se sentent souvent résignées à payer des rançons », note le rapport. Terre-Neuve-et-Labrador est toujours en rémission après l’attaque de son système de santé, « annulant des milliers de procédures médicales allant de la chimiothérapie aux radiographies », explique CBC. Atténuer les risques croissants nécessitera des efforts nationaux, stipule le compte rendu, mais cela passe par une éducation et ainsi « adopter les meilleures pratiques pour durcir les systèmes critiques, ainsi que des actions internationales coordonnées pour saper les infrastructures et tactiques criminelles ».

    En Israël, c’est l’Institut national d’assurance (Bituah Leumi) qui déclarait mercredi 8 décembre 2021 que son site web s’était effondré… à cause d’une cyberattaque. Peu de temps après, l’institution reconnaît le type d’offensive qui avait fait tomber le site, était une attaque par déni de service (DDoS). Selon le NII, sa base de données n’a pas été pénétrée et le piratage se limite pour l’instant à perturber le fonctionnement du site Web.

    Un hôtel 5 étoiles

    Tandis que les vacances scolaires en France sonnent leurs arrivées ce soir, et que la neige est en abondance selon les stations, un hôtel suisse affublé de 5 étoiles était victime d’une cyberattaque. Le 8 décembre 2021, le Waldhaus, situé dans la station de Flims (Grison), aurait été victime d’une attaque par rançongiciel. Les faits se seraient produits le 18 octobre, indiquait le service de communication. Les cybercriminels auraient exigé une rançon pour le décryptage des données. Ils auraient en outre prétendu avoir téléchargé des informations des serveurs. L’hôtel n’a ni confirmé ni infirmé un éventuel règlement d’une quelque somme que ce soit.

    La Quadrature du Net se bat sans relâche pour la défense des libertés fondamentales dans l’environnement numérique. Une lettre d’alerte a été signée de 69 organisations, dont les syndicats de journaliste, et le syndicat de la Magistrature. La seule présence de ce dernier devrait titiller les curiosités. (Crédits : capture d’écran/Assemblée nationale)

    D’autres données posent question, pour être plus précis, c’est l’utilisation de ces données qui interroge. C’est l’objet en France de la proposition de Loi sur la « Responsabilité pénale et sécurité intérieure ». Le gouvernement, comme il possède ce droit, a engagé la procédure accélérée sur ledit texte le 19 juillet 2021. La Quadrature du Net (LQDN) se bat, becs et ongles, contre de multiples dérives. Elle « promeut et défend les libertés fondamentales dans l’environnement numérique. L’association lutte contre la censure et la surveillance, que celles-ci viennent des États ou des entreprises privées. » Depuis la Loi de sécurité globale, elle est sur le pont, ou plus exactement face au parquet. Après avoir fait interdire juridiquement, par quatre fois l’utilisation policière des drones, elle se retrouve à une cinquième reprise dans le même combat. Les articles 7, 8 et 9 autoriseront la surveillance, pour le premier dans les cellules de gardes à vue et de retenues douanières pour « pour prévenir les risques d’évasion ».

    « L’officier de police judiciaire […] recourt à la contrainte de manière strictement nécessaire et proportionnée, compte tenu de la situation particulière du mineur. » Si le celui-ci apparaît âgé d’au moins treize ans, et l’infraction constitue au moins cinq ans de prison (Art. 55-1, 412-1 et 413-6 du Code de procédure pénale). (Crédits : Stux/Pixabay)

    Les suivants légifère la surveillance par drone, hélicoptère et voiture. Depuis plus d’un an, la police déploie illégalement des drones pour nous surveiller, malgré deux interdictions du Conseil d’État, une sanction de la CNIL et une censure du Conseil constitutionnel, explique LQDN. D’autant que l’article 16 autorisera la police à recourir à la violence physique, pour obtenir les empreintes digitales et la photographie des personnes suspectées d’avoir commis une infraction punissable d’au moins trois ans de prison (Art. 61-1 ou 62-2). « Les empreintes et photos ainsi obtenues pourront être recoupées avec les fichiers de police existants, notamment par reconnaissance faciale. »