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  • Suis-je complotiste ? (dernière partie)

    Suis-je complotiste ? (dernière partie)

    La xénophobie, ou la crainte de ce qui est étranger, voici ce qui a permis à de nombreuses personnes d’envahir, d’exterminer, d’accomplir des crimes contre l’humanité… En fait, tout ce que la bassesse humaine est capable de faire, la peur le permet. Le complot à travers la peur donne le pouvoir recherché, ainsi il ne saurait tarder de voir celle sur l’astéroïde Apophis. Une théorie du complot en plus ? Quelles sont-elles ? Intéressons-nous au SARS-CoV-2 et à tout ce qui l’entoure.

    Considérant qu’elle risquerait d’émerger d’ici quelques années, la NASA (National Aeronautics and Space Administration) confirme dès à présent qu’Apophis ne percutera pas notre planète. Concentrons-nous ! Les théories les plus répandues concernent John F. Kennedy, Lady Di, le SIDA et sa création secrète en laboratoire, la mission Apollo, la Terre est plate, Mark Zuckerberg serait un illuminati, les traînées d’avions dans le ciel ou chemtrails, des reptiles extraterrestres aux commandes, le 11 septembre 2001, les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercacher, Pizzagate ou encore le Deep State, Ebola. Michael Jackson, Elvis Presley et Adolf Hitler ne seraient pas morts… Le complot ne connaît pas d’origine, si ce n’est celle de l’être humain. Ainsi l’assassinat de Jules César par Brutus son fils, la conjuration des Pazzi, celui des Poudres, Ravaillac ou le fou du roi, la conjuration des Égaux avec Gracchus Babeuf, le Reichstag qui brûle, la Cagoule ou encore l’extermination des Templiers… sont des complots, non des philosophies.

    Philippe IV le Bel et les Templiers

    « Si toutes les théories du complot ne sont pas aussi dangereuses que dans le cas d’une pandémie (certaines sont même inoffensives), l’adhésion à ce type de raisonnement peut conduire à la violence », écrit Caroline Weill. Le roi français, Philippe IV le Bel, avait contracté de nombreux emprunts auprès de l’ordre des Templiers. Ruiné, avec les caisses de l’État vides, une seule solution s’imposait, celle d’éliminer les problèmes, donc les créanciers.

    Croyance, templier, armure

    Ainsi le dernier des Capétiens n’aurait plus de dettes et récupérerait le trésor des hommes à la Croix rouge, en charge de l’argent des croisés.

    Accusés de tous les maux, notamment de pratiquer des obscénités, de cracher sur le crucifix en reniant le Christ, ils sont sur ordre du souverain arrêtés le 13 octobre 1307, un fameux vendredi.

    Jacques de Molay, qui occupait la fonction prestigieuse de grand maître de l’ordre du Temple, assistait la veille, au côté du roi, aux obsèques de Catherine de Courtenay, épouse de Charles de Valois. (Crédits : DangrafArt/Pixabay)

    La commune de Poitiers joue un rôle important dans le déroulement de l’affaire des Templiers, car c’est là que réside le pape Clément V, en 1308, avant l’installation de la papauté en Avignon. C’est donc à Poitiers que des commissions d’enquête ecclésiastiques ont été envoyées. C’est également là que les discussions entre le pape et les émissaires royaux ont contribué à légitimer partiellement les procès contre l’ordre.

    Il sera arrêté dans la maison cheftaine de l’Ordre, à Paris. Au soir du 11 mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont livrés aux flammes, sur l’« île aux Juifs », et de ce bûcher, Jacques de Molay lancera sa malédiction.

    « Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Soyez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races ! »

    (Crédits : Marie-Christine Potteau/Pixabay)

    La malédiction du grand-maître allait s’avérer : Clément V meurt le 20 avril 1314 d’étouffement. Philippe IV le Bel décède dans la nuit du 26 au 27 novembre 1314 d’un ictus cérébral et ses trois fils mourront dans les douze années suivantes sans laisser de descendance mâle, mettant ainsi fin à la lignée directe des Capétiens. Inspirée de ces faits, l’œuvre de Maurice Druon, Les Rois Maudits, parait en 1977.

    La thèse de l’accident ressurgit

    Le Wall Street Journal relance celle d’un accident de laboratoire à Wuhan, en Chine. Ce dernier a affirmé avoir eu accès à des données inédites du renseignement américain. Selon ces indiscrétions, trois chercheurs de l’Institut de virologie de Wuhan avaient été atteints dès novembre 2019 de « symptômes compatibles à la fois avec ceux de la COVID-19 et une infection saisonnière ». Pékin a démenti les informations du Wall Street Journal, les qualifiant de « totalement fausses ». Aux États-Unis, l’hypothèse d’une fuite du virus d’un laboratoire chinois avait jusqu’ici surtout été alimentée par l’administration précédente.

    Trump, USA, covid

    Ainsi, selon les instances sanitaires, le nombre de décès du SARS-CoV-2 serait de 3 489 658 à travers le monde. Sur 168 105 518 cas, 149 494 595 sont en rémission, soit 15 121 265 actuellement infectés, avec 96 325 patients en situation grave ou critique (NDLR Au 25 mai 2021, 15 h GMT). « Je ne suis pas un complotiste, je ne pense pas que l’on organise la peur, je pense que le ministre de la Santé a peur, il a peur pour de bon », répondait le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU, au journaliste Bruce Toussaint, vendredi 16 avril 2021.

    Cette sensation réserve bien des surprises, amène à des gestes et postures que nous n’aurions jamais envisagés ni soupçonnés. « Il y a une contamination émotionnelle […] tous paranoïaques, tous peur les uns des autres, une obsessionnalité, toutes les autres pathologies n’existaient plus », explique la psychologue clinicienne et psychothérapeute, Marie-Estelle Dupont. (Crédits : Capture d’écran/independent)

    Dans une dépêche, il affirme « qu’il avait “très peu de doutes” que le COVID-19 provenait d’un laboratoire de Wuhan ! » Puis, dans un communiqué du 24 mai 2021, l’ex-président américain adopte un ton triomphant « maintenant, tout le monde reconnaît que j’avais raison quand j’ai très tôt déclaré Wuhan comme la source de la COVID-19 ». La vérité pourrait être révélée si et seulement si la République populaire de Chine donnait accès à toutes ses données et infrastructures. Autant croire au père Noël, à moins qu’un nouveau lanceur d’alerte apparaisse tels Julian Assange, ou Edward Snowden.

    Test PCR positif au Coca-Cola

    Les tests PCR positifs suite à l’ajout de Coca-Cola, comme en appui d’un article du New York Times du 29 août 2020, mis à jour le 29 avril 2021, une théorie d’un site rapporte que 90 % des gens auraient dû être négatifs lors de vérification d’infection. « En juillet 2020, le laboratoire a identifié 872 tests positifs, sur la base d’un seuil de 40 cycles. […] Dans le Massachusetts, de 85 à 90 pour cent des personnes qui ont été testées positives en juillet avec un seuil de 40 cycles auraient été jugées négatives si le seuil était de 30 cycles », a déclaré le Dr Mina.

    Tout est une question de chiffre et de perspective. En Inde, au 24 mai 2021, 303 720 décès sont à déplorer, soit 0,022 % de la population. À la même date, 108 658 Français ont succombé, soit 0,16 %.

    « Je pense effectivement que dans la panique il y a eu une espèce de surenchère et de focalisation sur le COVID qui n’a fait qu’apporter de l’eau au moulin aux gens, aux complotistes […] », Marie-Estelle Dupont sur la chaîne YouTube (fermée depuis par le géant du WEB) du conseil Me Di Vizio. « En temps de guerre, la vérité est si précieuse qu’elle devrait toujours être protégée par un rempart de mensonges », martèle Winston Léonard Spencer-Churchill.

    (Crédits : Kaboompics.com/pexels)

    Elle déclarait sur Sud Radio : « Je crois que les décisions qui sont prises au nom du bien sont quand même très souvent déconnectées de la réalité humaine et que malheureusement la vie ce n’est pas évité la mort et la santé, c’est contrôler une courbe statistique de circulation virale […] Depuis un an nous ne vivons plus pour une maladie qui n’est pas la peste noire […] L’être humain étant un mammifère, sa survie dépend des interactions et des contacts affectifs. »

    La surmortalité

    Dans un article du Monde, publié le 15 janvier 2021, les auteurs indiquent en titre : « la France a connu en 2020 la plus importante mortalité de son histoire récente », et écrivent que sur la totalité de l’année (2020), près de 667 400 décès ont été enregistrés, soit 9 % de plus qu’en 2018 ou 2019. Mais que représente l’histoire récente ? Estimons que l’examen de l’histoire récente réfère à l’anthropologie (la science de l’Homme) et à la sociologie (la science de la société).

    Considérons la mortalité, très récente, de 2017 à aujourd’hui.

    DateJanvier 2017Janvier 2018Janvier 2019Janvier 2020Avril 2020Janvier 2021
    Décès66 90058 61159 19156 10065 50065 500
    Évolution-12,39 %-11,52 %-16,14 %-2,09 %-2,09 %
    La comparaison des chiffres dépend toujours de l’abscisse et de l’ordonnée que vous préconisez pour votre étude et du message à faire passer. Mais également du point de référence. Comme les prévisions météorologiques depuis 1880 ou 1947, tout peut alors changer en terme de canicule. (Sources : INSEE)

    Néanmoins, si l’on admet que la femme et l’homme vivent et n’existent qu’à travers ses semblables — autrement dit à l’intérieur d’un système de relations sociales, économiques et culturelles qui lient entre eux les membres d’un même groupe —, on peut considérer que l’anthropologie et la sociologie poursuivent la même finalité : précisément l’étude de l’ensemble des productions sociales et culturelles dont ils sont à l’origine. Donc à la fin du XIXᵉ et début XXᵉ siècle.

    Existe-t-il des pics de mortalité de plus de 60 000 personnes avant 2020 ?

    Mois-Année01-4601-4701-4901-5102-5302-5601-6003-6303-6512-6901-7301-2017
    Décès70 90060 45387 86163 04873 02361 55660 41463 03864 17474 72564 76266 990
    Néanmoins, des surmortalités existent en janvier 1947, mars 1955, janvier 1957, mars 1962, mars 1968, décembre 1974, janvier 1997, janvier 2000, janvier 2009… Tout dépend de la comparaison que vous souhaitez et du message à transmettre. (Sources : INSEE)

    Comme suite à l’action de l’octogénaire, qui, à travers ses avocats, demandait au Conseil d’État de recouvrer ses libertés de mouvement, du fait de sa double vaccination, l’entité répondait négativement. « Le Conseil d’État considère que les restrictions de liberté sont justifiées quoi qu’il en soit pour l’instant », explique Me Clarisse Sand sur Sud Radio. Normalement, un principe en droit veut que le doute profite à l’accusé : « ici le doute doit profiter à la liberté ». Ce qui est très compliqué, c’est que nous sommes dans une situation où la loi impose un principe d’interdiction avec des exceptions. Le paradigme est inversé. Là où le bât blesse, il n’y a pas eu de débat scientifique. « Pas guidés par un désir de vivre, on est guidés par une peur de la mort. Quand vous êtes guidés par la peur, vous prenez des décisions irrationnelles, quand vous êtes guidés par le désir de vivre, vous construisez un chemin », justifie Marie-Estelle Dupont.

    Gouverner par la peur

    « Enfermer de force des gens bien portants ne peut et ne pourra jamais, à mon sens, être défini comme un remède », relate Marie-Estelle Dupont. Pourtant le chef de service de réanimation à l’hôpital Avicenne, Yves Cohen, exhortait le 26 mars 2021 sur LCI au contraire. « Sur le plan sanitaire, nous, nous partons pour des semaines devant nous parce qu’on n’a vraiment pas compris […] Donc, nous, on appelle fortement à un confinement réel, comme ce qui est passé en avril et mars 2020. »

    Peur, masque, combinaison

    Ce à quoi elle répondait : « On ne peut pas argumenter pour un confinement, surtout que si c’était vraiment efficace, on n’en serait pas au troisième. Cela rend les gens fous ! En psychiatrie, c’est terrible ce que l’on voit, monsieur. On a eu trois défenestrations en dix jours à Robert-Debré, en pédopsychiatrie, chez une population de 7-11 ans. À 7-11 ans, on ne se suicide pas, monsieur, on joue aux Pokémon. »

    La peur engendre un sentiment de sécurité en ne sortant pas de chez soi, en restant en télétravail, en distanciel. N’avez-vous pas croisé des personnes qui, surprises de votre apparition à un croisement de rues, reculent pour être à bonne distance, ou cette personne qui s’écarte de peur de n’être à moins de deux mètres de vous, alors que vous portez ce magnifique masque ? (Crédits : Elliot Alderson/Pixabay)

    Ou bien encore, celle qui, habituée aux remarques du monde du travail, vous indique que si elle ne s’approche pas de vous, c’est qu’elle a… une angine, voici le visage de la peur, le syndrome de la cabane. Identifiés au début des années 1950 grâce aux chercheurs d’or aux États-Unis qui restaient des mois entiers dans des cabanes et, lors de leurs retours à la vie « normale » avec femme et enfants, n’arrivaient plus à s’adapter. Il perdure au-delà du déconfinement décidé par le président de la République, Emmanuel Macron.

    Le complot rend intelligent

    Autre peur : le passage de l’hygiénisme à l’hyperhygiénisme. Le premier a permis de sauver des vies, notamment la mortalité infantile, mais le second devient une dérive psychopathologique, d’autant que plus nous sommes protégés et stériles, plus nous sommes faibles immunitairement. Mais jamais la peur n’a soigné, au contraire elle peut provoquer l’alexithymie.

    Yeux, bleu, film

    Elle est une incapacité à identifier, ou exprimer ses émotions. Ce trait de personnalité est communément observé parmi les patients présentant des troubles du spectre autistique et des symptômes psychosomatiques.

    Les neuromédiateurs qui participent à l’équilibre cérébral, la dopamine, la sérotonine, etc. se synthétisent dans l’intestin, et nos défenses immunitaires sont à 80 % sous la responsabilité de nos tubes digestifs (attention, la pensée est créatrice : se faire un sang d’encre, se mettre la rate au court-bouillon…).

    (Crédits : Lucy de Luc Besson)

    Alexandre Astier, interviewé sur les conspirations, est persuadé que nous sommes allés sur la lune, mais ne se sent pas crédule pour autant. « Le complot donne à des gens l’occasion de résister, d’être intelligents parce qu’on ne la leur fait pas, ils ne veulent pas gober ce qu’on leur dit, c’est hyper sain. » Autrement dit, avoir la faculté de comprendre, mais aussi l’ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle. Il faut croire, mais pas trop facilement et trop naïvement, des choses même invraisemblables, ne pas être crédule en fait. Quand tout parait flou, louche, incompréhensible, cherchez toujours d’où vient l’argent, et l’endroit où le papier-monnaie se dirige, ou bien de qui nous ne pouvons parler.

  • Avis de tempête au pays de vos données

    Avis de tempête au pays de vos données

    Le « pass sanitaire » vient d’être voté en France par les chambres basse et haute, afin de pouvoir participer, selon les dires des autorités gouvernementales, à des événements qui pourront regrouper plus de 1000 personnes. Dans le même temps, des fuites plus que conséquentes de documents d’identités, de renseignements médicaux, d’informations bancaires, d’adresses e-mail, de numéros de téléphone, d’identités numériques sont légion. Qu’en est-il des données, de vos données ? Seront-elles sécurisées ?

    L’infection d’AXA par le ransomware « Avaddon » affole la toile et le reste du monde. Mis à part le fait d’avoir touché un très gros poisson, cela démontre que les infrastructures doivent être renforcées, et les moyens mis en adéquation avec les risques encourus. D’autant qu’il s’agit de renseignements ultrasensibles. « Vous pouvez nous féliciter pour l’attaque réussie de l’entreprise, nous avons crypté AXA Asia dans les pays suivants : Thaïlande (Krungthai-AXA), Philippines, AXA Investment, Hongkong et Malaisie », se congratulent les opérateurs.

    Données médicales volées

    Ils revendiquent posséder trois téraoctets de données. Elles sont d’ordre médical (antécédents, y compris des comptes rendus sur le VIH, l’hépatite, les MST et d’autres maladies), les réclamations des clients, les paiements aux clients, toutes les pièces d’identité des clients, les comptes bancaires et tous les documents scannés des clients, mais pas seulement.

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    L’Agefi stipule que le matériel réservé des hôpitaux et des médecins (enquêtes privées pour fraudes, accords réservés, remboursements refusés, contrats et rapports, cartes d’identité, etc.) y figure également.

    Les données sont en libre accès lorsque les opérateurs du ransomware n’obtiennent pas la rançon escomptée. Des informations extrêmement sensibles sont livrées à tous, comme les quasiment 200 GB de la ville de Presque Isle dans le Maine, aux États-Unis.

    (Crédits : capture d’écran)

    La société comme les personnes assurées sont les victimes, à plus d’un titre, de la cyberattaque. Le principe de la double extorsion est de mise. L’ingénierie sociale peut alors utiliser ses données sensibles pour d’autres méfaits.

    Frappé deux fois de suite

    Il y a plus de deux mois que l’incendie chez OVH Cloud, à la veille de son introduction en bourse, le 10 mars 2021, rendait inaccessibles différents sites. Dans un mail interne qu’Agefi avait pu consulter, Axa France indiquait avoir été « victime d’une extraction non autorisée de données concernant certains collaborateurs d’Axa en France ». Ainsi, début mai, ce sont 7500 actuels et anciens salariés de 55 ans et plus qui ont vu leurs civilités complètes divulguées.

    Leurs adresses, numéros de sécurité sociale… ont fuité à la suite du feu, fragilisant les serveurs dans lesquels un des fournisseurs d’AXA hébergeait ses données. La dernière société à subir une infection est Acer Finance, basée à Paris, qui est une société de gestion de portefeuille.

    Elle venait d’annoncer le 21 avril 2021 que « Laillet Bordier et Acer Finance fusionnent pour donner naissance à LB&AF ». Le message des opérateurs est sans appel. Les données sont cryptées et la menace de divulguer toutes les informations est réelle. Cathar Games a vu 779,06 GB de documents compressés en libre accès. (Crédits : capture d’écran)

    Communiqué, rançon, fuite

    Quelques jours auparavant, c’est la Fédération des syndicats des métiers de la prestation intellectuelle, du conseil, de l’ingénierie et du numérique de plus de 3000 TPE-PME, CINOV. Après la fuite datant de 2019, qui ressurgit en 2021, donne entrée à 20 millions de comptes de Français sur le réseau « social » Facebook, et les données de santé de 500 000 personnes en France au mois de février 2021.

    500 000 dossiers médicaux

    De son côté, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) avait annoncé mercredi 24 février 2021 qu’elle avait lancé une enquête pour savoir si les sociétés (dont les données ont été volées) ont manqué à leurs obligations. En plus de prodiguer des consignes de sécurisation des données, le RGPD impose aux entreprises ayant subi une violation de leurs données de le signaler.

    données, web, dark

    Or la CNIL avait déclaré ne pas en avoir été avertie. Peut-être plus inquiétant, s’il en est, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) annonçait ce même mercredi 24 février 2021 qu’ils avaient identifié l’origine de cette fuite de données dès le mois de novembre 2020, et informé le ministère de la Santé, Olivier Véran.

    « Les recommandations nécessaires ont été données par l’ANSSI pour traiter l’incident. »

    (Crédits : capture d’écran)

    Le groupe Stelliant aurait été victime d’une offensive malveillante dans la nuit du 14 au 15 mai 2021, qui paralysait certaines de ses activités depuis ce week-end. Le spécialiste de l’expertise travaille actuellement au redémarrage de ses systèmes. De l’autre côté de la mer du Nord, l’Irlande a subi également, dans la période, une infection.

    « Il y a une attaque ransomware importante sur les systèmes informatiques de HSE. Par précaution, nous avons arrêté tous nos systèmes informatiques afin de les protéger de cette attaque et de nous permettre d’évaluer pleinement la situation avec nos propres partenaires de sécurité », tweetait l’organisme.

    La maternité Rotunda de Dublin a prévenu que toutes les visites ambulatoires avaient été annulées, sauf pour les femmes enceintes d’au moins trente-six semaines, « en raison d’un grave problème informatique ».

    Le docteur Fergal Malone, responsable de cette maternité, a expliqué à RTE que l’attaque visait des ordinateurs stockant des dossiers médicaux. (Crédits : Jonathan Borba/Pexels)

    Maternité, bébé, femme

    « Il n’y a pas de problème pour la sécurité des patients », a-t-il assuré et l’hôpital est passé en mode dégradé avec les dossiers papiers. « Mais évidemment, le débit sera beaucoup plus lent », a-t-il déclaré.

    Le « Pass Sanitaire » est-il sécurisé ?

    Clément Beaune, secrétaire d’État en charge des Affaires européennes, indiquait au Sénat que la version française du « pass sanitaire » serait « soumise, avant toute mise en œuvre, à l’avis de la CNIL ». Elle possède un pouvoir tout relatif de recommandation, souligne le journaliste Olivier Tesquet, interviewé par Salomé Saqué, sur Blast. L’exemple des caméras intelligentes de Datakalab, pour mesurer le port du masque dans les transports en commun, est criant de vérité.

    QR-Code, pass sanitaire, covid

    La CNIL émettait des recommandations, mais l’État est passé par un décret. Les nouvelles sanctions que la CNIL, hormis le caractère pénal, peut prononcer sont :

    • Une astreinte
    • Le retrait d’une certification
    • Le retrait d’agrément
    • Des amendes administratives (de 4% du CA mondial à concurrence de 20 millions d’euros)

    Dématérialisé, le dispositif pose évidemment la question de la protection des données. Selon le gouvernement, les données sont chiffrées et restent en local sur le terminal téléphonique des usagers. Ce dernier assure que l’application ne garde rien en mémoire pour scanner les codes. Grâce à l’usage de ces QR code, les autorités ou effectifs habilités n’ont par ailleurs accès qu’aux informations qui leur sont utiles selon le gouvernement : « Quand vous tendrez votre pass, la seule chose qui apparaîtra à l’écran sera du vert ou du rouge. Personne ne saura si vous pouvez vous déplacer grâce à un vaccin ou un test PCR », déclarait Cédric O, secrétaire d’État en charge du numérique, sur Europe 1.

    La cocasserie du « pass sanitaire » vient de l’interview du maire de Nice, Christian Estrosi, par Jean-Jacques Bourdin, sur BFM-TV le 30 mars 2021. « Je suis en faveur d’un pass sanitaire tout de suite […] ce qui permettrait de libérer un certain nombre d’activités au plan culturel, au plan commercial […] muni de ce pass sanitaire, et la condition naturellement serait que vous n’ayez à aucun moment refusé d’être vacciné […] », explique l’édile. « C’est presque de la vaccination obligatoire », questionne le journaliste. (Crédits : Juliettpapa97/Wikipedia)

    « Non, ça veut dire que vous acceptez de ne plus participer à un certain nombre d’activités où vous pourriez être contaminant. » Autrement dit, vous avez le choix d’approuver votre vaccination obligatoire pour vous rendre sur la promenade des Anglais. Endroit même où la reconnaissance faciale était testée lors du carnaval. Un sondage demandé par BFM-TV posait la question suivante : « Vous personnellement, seriez-vous favorable ou opposé à la mise en place de ce “pass sanitaire” permettant aux personnes ayant un test négatif récent ou étant vaccinées d’accéder à certains lieux (stades, salles de concert, voyages, etc.) et interdisant à celles n’ayant pas de test négatif ou non vaccinées d’y accéder ? » Près de deux tiers des personnes interrogées sont favorables (63 %), dont plus de 71 % de ces personnes ont plus de 50 ans. Concernant la sécurité, chiffrée ou non, il faut se rappeler qu’avant d’être ajoutés à « TousAntiCovid », les résultats de tests et autres certificats sont, quoi qu’il arrive, centralisés sur la plateforme sidep.gouv.fr et, aussi protégée soit-elle, aucun système informatique n’est infaillible. Mélangez toutes ces données, les confidentielles, celles qui ont fuité, celles qui échappent à tout contrôle, épicez de la loi de sécurité globale, saupoudrez de reconnaissance faciale, vous obtenez un cocktail explosif. Sachant qu’« il n’y aura pas de retour en arrière… »

  • Suis-je complotiste ? (1ʳᵉ partie)

    Suis-je complotiste ? (1ʳᵉ partie)

    Le film « Hold-up » défraie la chronique le 11 novembre 2020, jour de l’armistice de la Première Guerre mondiale. Dès sa sortie, la population est scindée en deux, les personnes qui acquiescent, et celles réfutant la véracité inscrite sur la pellicule. Durant 163 minutes, les images posent des questions sur la pandémie due au SARS-CoV-2. Pour autant, sommes-nous tous des complotistes ? Mais qu’est vraiment une théorie du complot ? Un complotiste ? Sont-ils nombreux ?

    Est-ce qu’émettre des doutes, des interrogations envers les institutions, la parole de nos dirigeants fait de nous des adeptes de la doctrine… sûrement pas. Il est la résolution concertée secrètement et pour un but le plus souvent coupable, en droit, pour un attentat politique définit le Littré. C’est une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. Cette dernière est l’ensemble des êtres humains vivants dans un territoire identique, ayant une communauté d’origine, d’histoire, de culture, de traditions, parfois de langue, et constituant un groupe diplomatique.

    Les mécanismes à la base

    Le complot et la conspiration se retrouvent dans le sens de la cabale, dans son sens figuré. « Les menées secrètes de gens qui s’entendent pour un même dessein. Former des cabales. C’est un homme de cabale. On a fait, on a monté une cabale contre cette tragédie. » Ainsi les mécanismes de base se tiennent en cinq points. Le premier est l’opposition à une déclaration, ou thèse officielle, dont les instigateurs seraient des institutions politiques, des lobbies scientifiques voir des médias. Ainsi, les attentats du 11 septembre 2001 commis aux États-Unis ne seraient pas l’œuvre des terroristes, mais de l’administration Bush elle-même.

    Lady Di, Uk, princesse

    En deuxième, il serait la manipulation de l’actualité effectuée en coulisse par une organisation mondiale et confidentielle, dans ses propres intérêts. En France, Mohammed Merah aurait été un agent français, abattu pour permettre la réélection de Nicolas Sarkozy. Le hasard est la troisième composante. Rien n’est dû au hasard, le tremblement de terre secouant Haïti aurait été provoqué à l’aide d’une arme sismique « top secret » américaine. La mort de la princesse de Galles, dite Lady Di, émanerait d’une résultante de la famille royale britannique, et selon Mohamed Al-Fayed, père de Dodi décédé dans le même accident, par le biais du MI6.

    Manipulations et vérités

    L’empilement d’arguments, exact ou non, est l’avant-dernier rouage. Qu’ils possèdent des rapports entre eux ou pas, ils donnent une orientation différente de la mouture dite officielle. Les explications ne convenant pas à leur thèse, les contradictoires sont écartés. Ne reste que ceux qui appuient leur version de la vérité, ils font feu de tout bois. Les virus d’Ebola, du SIDA ou du SARS-CoV-2 seraient les œuvres des laboratoires à la solde des gouvernements. Le projet Apollo 11 est édifiant pour les « complotistes ». Enfin, toutes personnes n’adhérant pas à la théorie sont naïves. (Crédits : DR)

    À l’heure, des réseaux dits « sociaux » ou les informations se partagent sans prendre le temps de les vérifier ni de se poser des questions est légion. Ainsi, la vindicte populaire condamne une personne sans avoir un accès aux documents accumulés par la justice, les belligérants, et les preuves de l’accusation. Ils se fondent une opinion. La rumeur est un grand brouhaha indistinct d’origine quelconque, mais encore un ensemble confus de bruits, de sons, de voix provenant d’un lieu où de nombreux individus sont rassemblés définit Le Larousse. Elle est nommée « radio moquette ».

    Différencier rumeurs, désinformations et théories du complot

    Taper son code de carte bancaire, sur le clavier d’un distributeur de billets (DAB), à l’envers pour appeler la police. La fin du monde prédit par les Mayas en 2012, comme de porter sa bague de mariage à l’annulaire, car directement relié au cœur… Ainsi lorsqu’elle est confirmée, la rumeur devient renseignement authentique, dans le cas contraire, elle est fausse, voire de la diffamation ou pire de la désinformation. Cette dernière, bien plus dangereuse, puisqu’elle utilise les systèmes en place, pour induire en erreur, cacher ou travestir des faits.

    Les exemples ne sont pas rares, certains plus gros que les autres. En France, le nuage de Tchernobyl n’aurait jamais traversé le pays selon le gouvernement et les médias de l’époque. Tout comme l’invasion et la guerre en Irak, car Georges W. Bush connaissait l’existence d’armes de destruction massive.

    Quant aux théories du complot, elles proviennent régulièrement de nos peurs. Elles sont six, à savoir la mort, l’étranger, la maladie, la technologie, le progrès et la mondialisation, dans seul et unique but, à l’initiative de groupes tels les Illuminati, les francs-maçons

    Qu’allons nous faire cette nuit demande Minus à Cortex : « la même chose que chaque nuit, Minus, tenter de conquérir le MONDE ! », répond Cortex. (Sources : TF1.fr)

    Nuage, Tchernobyl, Russie

    Pour le reste, c’est un savant mélange, presque une formule magique issue d’un vieux grimoire. Au départ, quelques soupçons de mensonge, une pincée de crédulité, faire mijoter l’ensemble, et servir bien chaud. « Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion », explique Paul Valéry (1871 – 1945).

    Le complot, la cabale, la brigue

    La brigue est individuelle, la cabale requiert une association de personne. Le complot diffère de la machination par son côté subversif et politique dont l’intention est le changement. Ces termes ont comme dessein commun l’expression d’une entente à plusieurs pour atteindre un objectif. Une conception de la conjuration mettrait en scène : « un petit groupe de gens puissants qui se coordonne en secret pour planifier et entreprendre une action illégale et néfaste affectant le cours des événements », selon Peter Knight, professeur de littérature et civilisation américaines à l’université de Manchester.

    Sion, Israël, invention

    Elles seraient issues des lettres puis de l’imaginaire des êtres humains. « Beaucoup de théories du complot sont nées dans des œuvres de fiction, qui ont ensuite été considérées comme réelles », martèle l’enseignant dans un article du Monde.

    L’exemple le plus parlant est « Les protocoles des sages de Sion », connu sous le titre original russe « Протоколы сионских мудрецов » ou « Сионские протоколы ». C’est un faux inspiré d’un roman allemand [Biarritz, d’Hermann Goedsche, 1868]. Lui-même calqué, voire plagié, d’un texte français paru fin XIXe [dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, un pamphlet anti-bonapartiste publié par Maurice Joly en 1864]. Ce texte fut inventé, de toutes pièces, par la police secrète du Tsar en 1903. L’Okhrana, présente un plan de conquête établi par les israélites et les francs-maçons. L’antisémitisme fleurit en Europe au début du XXe siècle, et notamment en France, l’affaire Dreyfus en est le parfait exemple.

    Du pamphlet au complot

    Dans « Les Protocoles des sages de Sion », l’auteur décrit et dénonce les abus de pouvoir de Napoléon III, et les manipulations politiques utilisant les médias écrits durant le Second Empire. Pour information, la liberté de la presse en France est classée, en 2021, 34e sur 180 (25e en 2025) par Reporters sans frontières, pour n’être que 18e des membres de l’Europe, juste devant le Royaume-Uni (avant la loi de sécurité globale). Ce pamphlet lui vaudra l’emprisonnement.

    Cette idéologie d’une machination absolument montée de toutes pièces sera reprise par Adolf Hitler dans Mein Kampf. Elle l’utilise pour fomenter une théorie selon laquelle un ou plusieurs gouvernements seraient contrôlés par des israélites, ZOG (N.D.L.R. Gouvernement d’occupation sioniste, en français).
    (Crédits : DR)

    « Les protocoles des sages de Sion », inventé de toutes pièces servira de nombreuses fois. La police secrète russe, l’Okhrana est à l’origine de l’écrit, dans le but de la préservation de l’ordre et de la sécurité publique. Ci-dessus se trouve la couverture du pamphlet de 1912, réalisée par Sergueï Nilus.

    De nombreuses philosophies étaient des satires à l’origine. C’est ce qu’explore Umberto Eco dans Le Pendule de Foucault [Grasset, 1990], avec ces trois amis inventant, pour s’amuser, un complot mondial qui leur échappe. Ce scénario se produit chaque jour sur l’Internet.

    En 2005, basé sur des romans et théories du complot, l’extrémisme de droite slovaque est entré dans la vie politique du pays avec son dirigeant Marian Kotleba. « Le parti a exalté l’histoire de la guerre en Slovaquie, lorsque le pays a collaboré avec l’Allemagne nazie. Ses membres portaient des uniformes qui ressemblaient beaucoup aux uniformes utilisés par les forces de la force paramilitaire de l’État fasciste slovaque pendant la guerre — la Garde de Hlinka », écrivent les journalistes Irena Bihariová et Daniel Milo. (Crédits : The Slovak Spectator)

    idéologie, nazisme, extrême droite

    « Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage. » Pour nuire à quelqu’un, les calomnies sont le plus court chemin. Elles sont des imputations que l’on sait fausses, et qui blessent la réputation et l’honneur de quelqu’un, pourrait-on y voir un dessein politique ? Un complotiste est donc défenseur d’une ou de plusieurs théories. Il est déterminé par ses paires, car il ne donne pas la même version que les bien pensants, ou se pose-t-il des questions. Quoiqu’il en soit, leur nombre n’est pas connu, seule une estimation existe. En 2018, selon une étude de l’IFOP pour la fondation Jean-Jaurès et le site Conspiracy Watch, 79 % des Français croient à au moins une thèse répandue (Source : Libération). Sur les 66, 97 millions de Français en 2018, quatre sur cinq, soit 52, 91 millions seraient donc considérés comme complotiste, à tort ou à raison. À suivre…

  • Êtes-vous heureux ? C’est quoi le bonheur ?

    Êtes-vous heureux ? C’est quoi le bonheur ?

    C’est une excellente question ? Comment savons-nous que nous sommes heureux ? Quel est ce ressentiment qui nous transporte à sourire, rire, vivre sans penser au lendemain ? La perception varie en fonction de l’âge, du pays, du sexe… . Le Larousse définit le fait d’être heureux par « Qui jouit du bonheur ». Ce terme est souvent associé à la bonne fortune, à la chance, une occasion… Et pourtant, il suffit d’une simple attention envers une personne qui ne possède rien, pour lui apporter de la joie. Que savons-nous du bonheur ?

    Le mot bonheur se décompose en « bon » et « heur ». Le premier est le contraire de mauvais, et le second vient du latin Augurium, se référant au « présage tiré de l’observation des oiseaux ». Le tout premier sens fut chance. Il prit ensuite le sens d’une personne dont l’état d’esprit est comblé. Donc l’heur désigne ainsi un présage (augure, prédiction, prophétie), quel qu’il soit. D’où l’expression de « bon augure ». Mais alors, comment combler quelqu’un à part en satisfaisant tous ses désirs ? Sera-t-il heureux lorsqu’il aura tout ?

    Le bonheur est si simple

    Depuis le 1er avril 2012, il existe un classement mondial du bonheur par pays, le World Happiness Report. En 2020, le classement « par indices de bonheur » les plus élevés du monde donne sont la Finlande, le Danemark, la Suisse, l’Islande, et la Norvège. En 2024, La Finlande est toujours première, la France est 33e. Les pays ayant les plus faibles indices relatifs au bien-être sont l’Afghanistan, le Soudan du Sud, le Zimbabwe, le Rwanda, la Syrie, la Centrafrique, et la Tanzanie en 2020.

    Paris, Halliday, champs

    « L’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue », souligne un proverbe français. Il est ainsi aisément possible d’aligner ici et là plus de deux mille citations évoquant le bonheur, mais quelle est votre définition ? J’ai recherché à la manière journalistique cette réponse, et de manière intuitive. La première définition donnée, « pouvoir m’acheter ce que je veux, voyager, faire la fête, oui, faire la fête… » Ce qui est cocasse à la vue du reportage sur ARTE Regards dont le sujet est « Millionnaires du bitcoin », Didi Taihuttu explique qu’un jour son père le contacte pour l’informer d’une chose importante : « J’ai un cancer, il me reste un an à vivre ».

    « Être heureux avec ma famille et profiter de la vie […] Je ne retournerais jamais à mon ancien mode de vie », explique Didi Taihuttu. (Crédits : Romuald Pena)

    L’homme riche d’une femme et trois filles, comme disait Grand Corps Malade à pris une décision primordiale à ses yeux. « Est-ce que je dois travailler comme un fou pendant dix ans, puis tomber malade et mourir, à 48 ans comme ma mère ou à 61 ans comme mon père ? »


    Deux mois après il vend ses deux sociétés, ses voitures et part en voyage avec sa famille. Malgré leur fortune, ils souhaitent retourner à une vie simple. « Être riche » en est une autre, mais qu’est-ce que la richesse ? Fabien Marsaud, dit « Grand Corps Malade » donne sa définition de la richesse : « À partir d’une femme et d’un enfant » dans l’émission clique TV présentée par Mouloud Achour.

    Comme ceux qui dans la commune de Chaumont-en-Vexin (60) ont assisté au Royal Jump de Bertichères, et croiser Élodie Fontan, Philippe Lacheau, Noémie Lenoir, ou d’assister au concert de Patrick Bruel… Être heureux de partager un moment malheureux, la phrase peut paraître nauséabonde, et pourtant.

    (Crédits : Romuald Pena)

    Groupe, sourire, fête

    Lors des funérailles de Johnny Hallyday en décembre 2017, environ un million de personnes s’étaient donné rendez-vous sur l’avenue des Champs-Élysées, autour de l’Arc de Triomphe, ou près de l’église la Madeleine pour communier de leur tristesse, mais en étant heureuses de vivre ce moment. Peu importe, ils sont en création de souvenirs, de bons moments, d’euphorie, ne les jugez pas, ne soyez pas envieux, souriez pour eux, ils sont heureux des plaisirs simples.

    Homme, radio, exposition

    Ensuite, « Aller au restaurant, boire un verre en terrasse, sortir en club, s’enjailler quoi ». Oui, le faites-vous pour être à la vue de tous, abhorrant une bouteille d’alcool, avec des bougies d’ambiance, ou fontaine d’artifice, afin de montrer « oui, je suis là ». C’est compréhensible lorsque la population estudiantine s’amuse, pour autant, sont-ils plus heureux ?

    Où dorénavant, nombreux, et nombreuses sont en concert, en festival et bras tendu filme avec leur smartphone. « Donc je mets comme d’habitude, de la French Touch, j’ai essayé un peu de commercial, de la tech, un peu de deep », raconte Bob Sinclar. « Mais les gens sont anesthésiés. Ils sont avec leur téléphone, je ne sais pas ce qu’ils attendent. Même sur World Hold On, même sur Love Generation et sur tous mes hits, ils sont amorphes, complètement morts », poursuit-il.

    Sont-ils heureux de vivre un moment unique de leur vie, ou heureux de montrer à de nombreux inconnus qu’ils y étaient ?

    D’autres vous diront le plaisir de partager leurs passions. C’est ainsi que Jean-Claude Beïret Montagné affichait son sourire à l’exposition des TSF (Télégraphie sans fil) dans la commune de Thiron-Gardais (28).

    Cet ancien ingénieur radio électricien, devenu électronicien est incollable sur le sujet. Il était heureux d’expliquer aux curieux le fonctionnement des radios que nous écoutons désormais sur nos smartphones.

    Mais un mal sombre tourne tout autour des personnes envieuses de la joie des autres : la jalousie. Elle se définit par : « Mauvais sentiment qu’on éprouve quand on n’obtient pas ou ne possède pas les avantages obtenus ou possédés par un autre. » (Crédits : Romuald Pena)

    Pourquoi afficher sa jalousie pour un bien, pourquoi être jaloux de ce que détient votre voisin, serez-vous plus heureux que maintenant en le possédant ? Le désir de jouir d’un avantage pareil à celui d’autrui n’est pas de la jalousie, mais de l’envie. Pourquoi vous contenter médiocrement de cela, visez plus haut, car « Autant viser la lune, car même en cas d’échec on finit dans les étoiles », disait Oscar Wilde. Alors, soyez heureux de sa réussite, enviez-la, c’est à votre tour !

    Se promener au sein du jardin du Collège Royal et Militaire de Stéphane Bern, en contemplant le travail de Louis Benech. « Dans ce métier, ce qui est merveilleux, c’est que l’on n’est jamais sûr de ce que l’on fait, de comment les choses vont évoluer. Il y a plein de paramètres que l’on ne maîtrise pas, des sous-sols qu’on connaît mal, les éléments climatologiques… Tout cela est passionnant ! », répondait le jardinier d’exception à l’Écho Républicain.

    Certains vous diront qu’ils ont eu la chance d’accéder aux lieux où s’exerce le pouvoir comme le Sénat. Déambuler au sein de la chambre haute, suivre un pensionnaire du Palais du Luxembourg toute une journée. Approcher les ministres en poste, avoir l’exclusivité d’être dans l’hémicycle en leurs présences.

    Se rendre compte que dans cet espace prennent place, les deux personnages les plus importants de l’État français, le Premier ministre Édouard Philippe et Gérard Larcher.

    Ou encore d’accéder au tarmac d’un circuit automobile, entouré de voitures d’exceptions, de Porsche, de Ferrari, Lamborghini, et, voir un papy de 76 ans vivre son rêve de gosse en participant au Championnat de France de formule 3000, au volant de sa monoplace.

    Le bonheur passe souvent par de simples espiègleries, comme le Prince Philip Mountbatten, duc d’Édimbourg et Prince consort du Royaume-Uni qui porte le costume d’un garde gallois, sous l’œil amusé de la Reine Élisabeth II.

    (Crédits : Reuters)

    Reine, royaume-uni, rire


    Le bonheur, ou le sentiment d’être heureux semble être fugace, mais réel. Il se retrouve lorsqu’un petit-fils offre un citron du jardin à sa grand-mère. Lorsqu’on se promène en forêt, lors du partage d’un gâteau entre deux enfants, qui ne se jugent pas, car ils sont des enfants. L’adulte est un enfant qui s’ignore.

    Danse, duo, bonheur

    Le simple fait de proposer son aide à deux personnes âgées pour les aider à descendre de gros cartons de leur voiture, aider quelqu’un à traverser une voie de circulation.

    Le simple fait de prêter attention à l’autre, saluer par un bonjour n’importe qui que vous croisez, ramasser des choses tomber au sol pour autrui, sourire à une personne pour le simple fait de lui sourire, être présent, sans rien dire, lors de moment douloureux pour autrui, regarder le soleil se lever ou se coucher sur l’océan, ou ailleurs…

    Un simple pas de deux peut suffire à procurer du bonheur, il faut vivre l’instant présent, comme le couple de danseurs lors d’une fête à Méru (60). (Crédits : Romuald Pena)

    Nous sommes heureux de voir le nombre croissant de personnes nous suivant sur « nos réseaux sociaux », cela est nécessaire à notre époque, mais rappelez-vous que vous êtres des millions, voire des milliards devant votre écran d’ordinateur, de smartphone, de tablette… à regarder ce que fait l’autre, mais seul.

    Le côté positif de cette période est de pouvoir se recentrer sur l’humain. Alors, soyez heureux, le masque que vous portez ne vous empêche pas d’être heureux, de rire, de sourire, de savourer la vie, de vivre bien au contraire.

    Les végétaux que sont les fleurs connaissent également le bonheur, seule la définition change. Comme le bonheur est différent d’un individu à un autre, d’une ethnie à une autre… Car peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

    Avons-nous besoin réellement de quantifier le bonheur, comme toutes ses choses qui ne sont pas matérielles, pas vraiment ?

    (Crédits : Ina Lübeck Hertel/Pixabay)

    Alors, qu’est-ce que le bonheur ? Une richesse faite d’instants, pas de possessions. Une émotion partagée, pas un trophée exhibé. Il est là, discret, fugace, mais toujours sincère. Il naît d’un regard, d’un geste gratuit, d’un éclat de rire imprévu. Le bonheur ne se cherche pas : il se cueille, à la volée, dans les détails du quotidien. Et s’il fallait retenir une seule chose, ce serait peut-être celle-ci : le bonheur ne se possède pas, il se donne, il se partage, il se vit… simplement : « Souriez à la vie et soyez heureux ! »

  • Réelle saturation des lits de réanimation ?

    Réelle saturation des lits de réanimation ?

    L’occupation des lits de réanimation est de 114,8 % selon les données que recueille le site CovidTracker auprès de Santé publique France et de l’INSEE pour la France. Ce qui inquiète, au vu de la situation, est le nombre de lits d’hospitalisation dans nos lieux de santé en France. La situation semble « critique » et « partout très préoccupante », selon les interventions du Premier ministre, Jean Castex, et du ministre de la Santé, Olivier Véran. Qu’est-ce qu’un lit de réanimation ? De combien de lits dispose la France ? Depuis quand ?

    Avant de parler de réanimation, quel est le nombre de lits au sein des établissements de santé en France ? Il est nécessaire de les différencier, nommer et dénombrer, afin d’effectuer un constat, un daguerréotype du soin en France. Car chaque parole, chaque chiffre, chaque démonstration est étroitement lié au point de référence adopté.

    Déserts médicaux et « Communication »

    Ainsi, entre 2003 et 2018, le nombre de lits d’hospitalisation à temps complet installés, tous établissements, toutes disciplines et tous secteurs confondus, est passé de 468 000 à 396 000 (service de santé des armées et établissements de Mayotte compris). « Ce mouvement général résulte de la volonté de supprimer des lits excédentaires et de réorganiser l’offre », explique la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). Ce mouvement supprime volontairement et réorganise l’offre de soin.

    En quinze années, c’est 33 000 lits de médecine, chirurgie obstétrique et odontologie (MCO) supprimés. Le plus préoccupant, si vous avez été hospitalisé dernièrement, c’est la durée du séjour qui es drastiquement réduite. La capacité d’accueil en long séjour a perdu 49 000 lits sur 15 ans, pour atteindre 31 000 en 2018.

    Donc au total, ce sont 69 000 lits en moins sur l’ensemble des établissements, et plus de 100 000 par rapport à 1997 (507 996). La raison : la transformation en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes de certaines unités.

    (Crédits : DREES)

    Cette décision est relative à la circulaire DHOS/02/F2/DGAS/2C/CNSA n° 2008/340 relative à la mise en œuvre de l’article 46 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2006, modifiée concernant les unités de soins longue durée (USLD). Circulaire décidée sous Jacques Chirac, appliquée sous Nicolas Sarkozy. En début de mandat, les personnes élues appliquent, semble-t-il, les décisions de leurs prédécesseurs.

    La santé est devenue lucrative

    Il ne faut pas être dupe : si la baisse est constatée en psychiatrie de 7 000 lits entre 2003 et 2018 dans les établissements publics, elle augmente de 3 800 dans ceux (privés) à but lucratif, où « elle représente 26 % de la capacité d’accueil ». Cette croissance se rencontre dans les accueils de moyen séjour, où la progression est positive, passant de 92 000 à 106 000 places. Dans les établissements à but lucratif, la capacité croit de 12 000 lits et représente un tiers de la capacité totale d’accueil en 2018. C’est de notoriété publique que des fonds de pension américains rachètent des cliniques françaises, depuis plus d’une décennie, comme l’expliquait déjà Le Télégramme en 2007.

    Le groupe Vitalia, branche immobilière de Blackstone créé en avril 2006, avait en un an et demi racheté 45 cliniques ou maisons de convalescence en France. « Le groupe est associé au fonds de pension américain Blackstone qui a investi près de 32 milliards de dollars au cours des vingt dernières années aux États-Unis, en Europe, en Chine ou en Inde », ce que confirmait Le Monde. Les fondateurs du fonds d’investissement, Pete George Peterson et Stephen Allen Schwarzman, sont issus de l’ancienne banque d’affaires new-yorkaise Lehman Brothers à l’origine de la crise financière mondiale de 2008.

    (Crédits : DR)

    Clinique, santé, Poitiers

    Dans l’hexagone, une mise en examen sème le trouble dans le groupe Elsan, numéro 2 de l’hospitalisation privée en France. « Il aurait soigneusement organisé sa banqueroute » titrait Marianne, de plus L’Indépendant ajoute : « Or Elsan avait repris le projet de construire une nouvelle clinique à Montredon-Corbières, conçu par Marcel Hermann, PDG de Médipôle Sud Santé, lui-même contraint de céder son poste en avril 2016 après le scandale international des Panama Papers. » Néanmoins le conseil, Me Christophe Dejean insiste sur le fait qu’Elsan conteste toute irrégularité dans cette procédure mise en œuvre sous l’égide du tribunal de commerce. « Elsan a payé l’intégralité des dettes de l’établissement et accompagné le reclassement des salariés. Jérôme Nouzarède entend coopérer pour que justice lui soit faite », ajoute l’avocat, Me Dejean.

    Saturation des lits de réanimation en France

    Parmi les mesures annoncées, mercredi 31 mars, veille du premier avril, par le gouvernement pour enrayer la progression du virus figure l’augmentation des lits de soins intensifs à 10 000. La direction générale de la Santé (DGS), au 19 mars, recensait 7503 lits de réanimation, dont 6456 occupés, soit 86 %. Existe-t-il une différence entre lit de réanimation, de soins intensifs et de surveillance continue ?

    Doigt, saturation, hôpital

    Vous vous doutez qu’à la lecture de la question, la réponse est positive. Une unité de surveillance continue (USC) est destinée à accueillir et prendre en charge des malades nécessitant une surveillance rapprochée, puis la dégradation de l’état de santé place le patient en surveillance continue, puis en réanimation.

    Au sens strict, selon l’Académie de Médecine, la réanimation désigne au sein de l’hôpital « un ensemble de moyens diagnostics et de traitements permettant de maintenir les fonctions vitales lorsque le patient ne maîtrise plus “un équilibre aussi proche que possible de la normale dans le milieu intérieur” (J. Hamburger, 1950) pour protéger le métabolisme des organes essentiels, en particulier celui du cerveau. »

    (Crédits : Engin Akyurt/Pixabay)

    Celui-ci prend en charge les patients présentant ou susceptibles de présenter des défaillances viscérales aiguës mettant en jeu le pronostic vital. Cela nécessite à la fois l’utilisation de techniques spécifiques, de matériels coûteux et la permanence de nuit comme de jour d’un personnel médical et d’auxiliaires spécifiques, compétents et entraînés. Elle nécessite aussi des structures appropriées pour mettre en œuvre les diagnostics et les traitements.

    6733 lits de réanimation

    Début janvier 2021, la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) propose à qui veut bien les lire les données du nombre de lits de réanimation, de soins intensifs et de soins continus en France, fin 2013 et 2019. « Le nombre total de lits de soins critiques est désormais estimé à 19 604 lits, contre 19 580 en septembre dernier », ajuste la DREES. Ces données établissent le nombre de lits (adultes et enfants) au sein de la France entière, ainsi que par département, soit 5433 lits de réanimation, 5954 de soins intensifs et 8217 de surveillance continue pour commencer l’année 2020.

    La Montagne a joint les agences régionales de santé (ARS) qui auraient communiqué le chiffre de 6733 lits « armés » pour les réanimations en janvier 2021, très bien, mais le personnel soignant existe-t-il en nombre suffisant ? La réglementation des articles D. 712-108 et D. 712-109 impose au minimum deux infirmiers pour cinq patients et un aide-soignant pour quatre patients, sous la responsabilité d’un cadre infirmier, avec, selon le texte, un ou plusieurs médecins compétents en réanimation.

    RégionsNombre de lits au 31/12/2019Nombre de lits au 15/01/2021Évolution
    Auvergne – Rhône-Alpes614790+ 28, 66 %
    Bourgogne – Franche-Comté203262+ 29, 06 %
    Bretagne171226+ 32, 16 %
    Centre – Val-de-Loire198229+ 20, 53 %
    Corse1838+ 111, 11 %
    Grand-Est505620+ 22, 77 %
    Guadeloupe3335+ 6, 06 %
    Guyane1329+ 123, 08 %
    Hauts-de-France474595+ 25, 53 %
    Île-de-France12251425+ 16, 33 %
    La Réunion7580+ 6, 67 %
    Martinique2930+ 3, 45 %
    Mayotte1216+ 33, 33 %
    Normandie258294+ 13, 95 %
    Nouvelle-Aquitaine443509+ 14, 90 %
    Occitanie482628+ 30, 29 %
    Pays de la Loire198249+ 25, 76 %
    Provence-Alpes-Côte d’Azur490678+ 38, 37 %
    France54336733+ 23, 93 %
    Le nombre de lits de réanimation au 31 décembre 2019 provient d’une enquête de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) publiée le 12 janvier dernier. Le nombre de lits de réanimation au 15 janvier 2021 a été communiqué par la Direction générale de l’offre de soins à la Montagne.

    Prenons l’exemple de la Marne qui affiche, selon l’article paru en janvier et mis à jour le 3 février 2021 sur le site de la DREES, 60 lits de réanimation adultes et enfants. Ils sont 42 en centre hospitalier régional et 18 dans d’autres établissements. Imaginons que l’occupation des lits est totale. La journée est découpée en trois tranches de huit heures, ce qui nécessite 24 personnels infirmiers, 15 aides-soignants, 12 cadres de santé et autant de médecins. Cela représente soixante-trois pour un service, et donc 189 sur une journée de 24 heures. Comptant seuls les lits de réanimation, soit 6733, il faut à minima 21 209 médecins, cadres de santé, infirmiers et aides-soignants… Quand il n’y a pas de décompensation (insuffisance cardiaque, pulmonaire, hépatique et rénale), car dans ce cas les équipes peuvent alors doubler, atteignant 42 418 personnes.

    La France 10e au classement de l’OCDE

    En France, nous avons au 1er janvier 2019, avec les données accessibles de l’INSEE, 11 524 médecins anesthésistes-réanimateurs, dont plus d’un tiers sont des femmes. 722 572 infirmières, car les femmes représentent près de 90 % du contingent, et 245 200 aides-soignants.

    Tableau, lit, stat

    Il existe, selon le document du syndicat national (SNIA), que 10 843 infirmiers-anesthésistes diplômés d’État (IADE) en France. Encore une fois, selon les données du SNIA, près de 72 % des IADE sont des femmes, comme les cadres de santé. La raison première de la « saturation » des lits de réanimation ne date pas d’hier.

    En 2017, un article dans l’Obs titrait « Grippe : les hôpitaux en souffrance à cause des lits supprimés par Touraine ? »

    (Crédits : OCDE)

    Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France et maire (Agir) de Fontainebleau, expliquait déjà que « l’hôpital se paie les dysfonctionnements de notre système. […] La crise actuelle montre surtout la désorganisation du système de santé où une grande partie des malades vont aux urgences alors qu’ils pourraient être traités par la médecine de proximité. Le véritable problème se situe dans le développement des déserts médicaux ! »

    La politique de la Communication

    Marisol Touraine, ministre de la Santé et des Affaires sociales, mettait en place un plan d’économie de 10 milliards d’euros, en 2017, sous François Hollande. La santé est comme une piscine municipale, la balance est rarement positive, pour autant, est-il possible de quantifier le prix d’une vie ? La raréfaction des docteurs en médecine, associée à une population dont l’espérance de vie à la naissance est de 85,6 ans pour les femmes et de 79,7 ans pour les hommes, ajoutée à une diminution drastique, car économique, du nombre de lits, pose de nombreux problèmes.

    La parole du président de l’association des médecins urgentistes de France, Patrick Pelloux, est claire : « Notre activité est constante avec une petite augmentation, mais, en gros, on y arrive », assure-t-il. Selon un récent décompte de la DGOS auprès de l’AFP, il y avait ainsi 7655 lits « armés » affirme LCI. Car selon ses estimations, sur les quelque 5090 patients malades du Covid-19 comptabilisés dans ces services de soins critiques, 3827 sont en services de réanimation selon Santé publique France au 1er avril. L’urgentiste avait indiqué au préalable 25 % avant de se raviser et de corriger en indiquant que seuls 50 % « sont en réanimation, avec intubation et respirateur ».

    Donc, la moitié d’entre eux ne serait donc pas sous oxygénation, mais « dans des unités de soins continus qui dépendent des réanimateurs. » (Crédits : Fauxels/Pexels)

    La saturation des lits de réanimation en France, souvent brandie comme un tocsin médiatique, mérite d’être nuancée, contextualisée et surtout replacée dans l’histoire longue des politiques de santé publique. Si les chiffres bruts peuvent impressionner, ils sont le reflet d’un système hospitalier profondément transformé depuis plusieurs décennies. Sans personnel formé, un lit n’est qu’un meuble. La crise sanitaire, en réalité, a joué le rôle d’un révélateur : révélateur d’un hôpital public contraint, d’un système de soins sous tension chronique, d’une politique de gestion comptable. Entre le fantasme de la saturation totale et la réalité, une chose est sûre : derrière chaque pourcentage, il y a des soignants, des patients, des choix politiques. Et peut-être, au bout du compte, une question simple : quelle place voulons-nous encore accorder au soin dans notre société ?

  • Les pandémies à travers les âges

    Les pandémies à travers les âges

    De nombreuses personnes expriment, sur l’internet, qu’une pandémie arriverait tous les siècles 1820, 1920, 2020… Ils semblent oublier celles des années 1957 et 1968, le SIDA ou encore la tuberculose, pour ne citer que ces dernières. De l’ignorance à la désinformation, jusqu’au complot, il n’y a qu’un pas que tout un chacun peut franchir consciemment ou inconsciemment. Mais que sont les pandémies ? Sont elles des périodes de l’histoire contemporaine ? Comprendre et observer pour mieux saisir les enjeux.

    Le dictionnaire de l’Académie de médecine définit le terme pandémie par : « Épidémie qui frappe de nombreux pays ou le monde entier ou qui atteint la plupart des individus d’un même pays. » L’étymologie de pandémie est issue du grec « pan », qui signifie « tout » et « demos » pour « peuple ». Elle survient lorsqu’un nouveau virus, ou bactérie apparaît, se propage dans le monde entier, en l’absence d’immunité dans la grande majorité de la population, par exemple un nouveau type de grippe.

    Depuis quand existent-elles ?

    Les témoignages de pandémie se transmettent grâce à l’écriture. Les grandes épidémies sont rares, puis augmentent avec les échanges commerciaux. Ainsi la première épidémie connue fut la peste dite « d’Athènes » entre 430 à 426 avant notre ère. C’est au début de la guerre du Péloponnèse, en 430, quand les spartiates entrent en Attique, péninsule et région de la Grèce, menée par Périclès, que la force des Athéniens est vaincue par un ennemi invisible, mais meurtrier, la peste.

    Décrite par l’historien Thucydide — atteint puis guéri —, la maladie se manifeste par des diarrhées, des rougeurs, des convulsions précédées par des fièvres. Elle aurait tué plus du quart de la population de l’Attique.

    « Il brûle d’une fièvre si dévorante qu’il ne peut supporter le contact des tissus les plus légers. Il faut rester nu. Par désir d’une eau fraîche, beaucoup, pris d’une soif inextinguible, sont entraînés à se jeter au fond des puits », raconte l’article « La peste d’Athènes. Épidémie et conséquences politiques » d’Olivier Battistini pour Conflits.

    De l’année 165 à 190, la peste Antonine, a touché l’Empire romain, durant les règnes de Marc-Aurèle et Commode. Il s’agit probablement d’une épidémie de variole. Elle est connue par des écrits antiques, dont celui du médecin Gallien.
    Elle aurait tué environ 10 % de la population, soit plusieurs millions d’individus. La variole est une affection contagieuse aiguë, causée par le virus variolique.

    (Crédits : Michel Serre, Vue de l’hôtel de ville pendant la peste de 1720/DR)

    Elle se transmet d’un individu à l’autre par des particules en suspension ou des gouttelettes provenant des personnes infectées qui présentent les symptômes de la maladie. « Suite à une campagne de vaccination mondiale menée par l’OMS, la variole a été déclarée éradiquée en 1980. Elle ne survient plus de façon naturelle, mais des stocks de virus variolique sont encore conservés dans deux laboratoires de confinement renforcé », souligne l’OMS.

    Près de 50 000 cas de peste entre 1990 et 2020

    La toute première pandémie n’arrive qu’à partir du milieu du Ve siècle. La peste – Yersina Pestis – serait probablement venue d’Asie, par la route de la soie. Dans le livre « Les Sociétés en Europe du milieu du VIe à la fin du IXe siècle » où les textes sont réunis et présentés par Alain J. Stoclet, l’historien Procope de Césarée raconte : « Il y eut en ces temps-là une pestilence qui manqua d’emporter la race humaine tout entière. […] Elle ne se manifesta pas seulement dans une région ni n’affligea tel homme plutôt qu’un autre […], mais embrassa toute la terre et prit la vie de tous les hommes. […] ». L’estimation du nombre de morts, principalement autour de la méditerranée, oscille de vingt-cinq à cent millions de décès.

    Grégoire de Tours, dans son Histoire des Francs, livre quatrième « De la mort de Théodebert Ier à celle de Sigebert Ier, roi d’Austrasie (547 – 575) » raconte : « […] il y eut dans tout le pays une telle mortalité sur le peuple, qu’il est impossible de compter les multitudes qui périrent. Comme les cercueils et les planches manquaient, on en enterrait dix et plus dans une même fosse ; on compta, un dimanche, dans une basilique de Saint-Pierre, trois cents corps morts. La mort était subite ; il naissait dans l’aine ou dans l’aisselle une plaie semblable à la morsure d’un serpent ; et ce venin agissait tellement sur les hommes qu’ils rendaient l’esprit le lendemain ou le troisième jour [xxxvi] ; et la force du venin leur ôtait entièrement le sens. Ainsi mourut le prêtre Caton […] » Comme le fit le pape Pelage II, en 590.

    La peste noire, du XIVe siècle à aujourd’hui

    La plus grande épidémie de l’histoire est sans doute celle de la peste noire, qui débuta en 1347 pour finir en 1352. Elle aurait tué d’un tiers à la moitié de la population européenne, soit environ 34 millions de personnes. À nouveau, elle arrive par la route de la soie. Constantinople fut la première ville touchée en Europe, puis Marseille… Elle atteint les îles britanniques et la Scandinavie.

    (Crédits : Carte de diffusion de la peste noire en Europe et Afrique du Nord. /FlyingPC)


    Elle frappe de nouveau et à maintes reprises au XVIIe siècle, à Lyon. Puis en 1656, plus de la moitié des habitants de Naples sont morts, leur nombre est estimé à 450 000. Dix ans plus tard, c’est Londres qui est meurtrie. Près de 100 000 décès, soit 20 % de la population. Le grand incendie de la City du jeudi 2 septembre au lundi 6 septembre 1666 aurait aidé à clore la pandémie.

    Le même nombre de défunts est à déplorer en Provence. Arrivée par le biais d’un navire marchand en 1720, jusqu’à 1722, cette épidémie de peste est la dernière sur le sol français. « La peste est une maladie infectieuse très grave chez l’homme avec un taux de létalité de 30 % à 100 % en l’absence de traitement », prévient l’OMS.

    Selon la voie d’infection, il est observé trois formes de peste : la peste bubonique, septicémique et pulmonaire. La forme bubonique, caractérisée par une tuméfaction douloureuse des ganglions lymphatiques appelés « bubons », est la plus courante. De 2010 à 2015, l’OMS rapporte que 3248 décès sont imputés à la peste.

    (Crédits : Le ministère attaqué du Choléra morbus, estampe de Grandville/Gallica/BnF)

    Variole, Choléra, Grippes…

    Chassez une épidémie, une autre prend la place. La variole fut un fléau majeur durant trois siècles, de 1500 à 1800. À la fin du XVIIIe siècle, le médecin anglais Edward Jenner vaccine James Phillips 8 ans, le 14 mai 1796. Il utilise du pus issu de la vaccine des vaches, maladie apparentée, mais bénigne pour l’homme. Ce sera le début avec succès de la vaccination.

    De 1817 à 1923, c’est le choléra qui fait des ravages. À travers six pandémies, de l’Asie — dont il est originaire — au continent américain en passant par l’Europe, l’infection fera des millions de morts. Mais c’est la troisième vague de 1852 à 1860 qui sera la plus meurtrière.
    De 1855 à 1945, la peste de Chine a fait des ravages en Inde, avec une dizaine de millions de morts. L’Europe et l’Amérique maîtriseront les quelques cas.

    (Crédits : Les soldats suédois touchés par l’épidémie de grippe qui a ravagé la planète en 1918. /EL MUNDO)

    La grippe espagnole est la plus forte pandémie ayant frappé l’Europe depuis la peste noire du XIVe siècle. Elle aurait tué entre 20 et 50 millions de personnes en 1918 et 1919, selon l’OMS (voir tableau ci-dessous). Originaire d’Asie, elle apparaît en mars 1918 dans les bases militaires américaines, au Kansas. Nommée ainsi, car l’Espagne, non soumise au secret militaire, fut la première à en parler publiquement. Le virus s’est propagé comme une traînée de poudre, suite à l’arrivée, en Europe des militaires d’outre-Atlantique.

    Tableau récapitulatif des pandémies de grippe (Crédits : OMS)


    De 1956 à 1958, la grippe asiatique affecte mortellement d’un à quatre millions de personnes, essentiellement en Asie. Les souvenirs français sont moindres, elle aurait causé 15 000 décès. Une décennie plus tard, la grippe de Hong-Kong sévit. Si elle laisse peu de souvenirs aux Français, elle dénombre 30 000 morts dans l’hexagone, et jusqu’à 4 millions selon l’OMS. Quant à la grippe H1N1, dite « influenza », elle engendre entre 100 et 400 mille décès. Les jeunes adultes et les enfants sont les plus touchés. La tuberculose a contaminé 10 millions de personnes, dont 1,4 million de morts dans le monde en 2019 : 56 % sont des hommes, 32 des femmes et 12 % sont des enfants.


    Chaque semaine, environ 5500 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont infectées par le VIH.

    Le virus d’immunodéficience humaine (VIH) communément nommé SIDA atteint le système immunitaire. Les premiers signes sont apparus en 1970, aux États-Unis. À ce jour, un traitement à base de médicament antirétroviral peut permettre de vivre comme tout un chacun. 26 millions de personnes avaient accès à la thérapie antirétrovirale en juin 2020. Sur les cinq continents, 38,0 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2019, 1,7 million est devenu nouvellement infecté en 2019.

    Des maladies liées au sida en 2019, 690 000 personnes meurent. 75,7 millions ont été infectés par le VIH depuis le début de l’épidémie. Au total 32,7 millions de personnes décédées de suite de maladies liées au sida depuis le début de l’épidémie (fin 2019) selon l’ONUSIDA.

    « Les femmes et les filles représentaient environ 48 % de toutes les nouvelles infections à VIH en 2019. En Afrique subsaharienne, elles représentaient 59 % de toutes les nouvelles infections. Plus d’un tiers (35 %) des femmes dans le monde ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire intime ou des violences sexuelles de la part d’un partenaire non régulier à un moment de leur vie. Chaque semaine, environ 5500 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont infectées par le VIH », martèle l’ONUSIDA

    Message explicite et sans équivoque (Crédits : ONUSIDA)

  • Il était une fois le Covid-19

    Il était une fois le Covid-19

    Depuis plus d’une année, il est plus célèbre qu’une rock-star, la planète entière ne parle que de lui, le Covid-19. Tout est entendu sur ce virus, mais qu’est-ce que c’est ? C’est un virus, me répond l’écho ! Un peu court comme réponse… Mardi 9 février 2021, la mission scientifique internationale diligentée par l’OMS a livré ses premières conclusions. La conférence de presse se tenait depuis Wuhan, en République populaire de Chine (RPC). Après un séjour de quatre semaines, dont deux passées en isolement, l’équipe a annoncé n’avoir pu définir les origines de la pandémie.

    « Le SARS-CoV-2 peut avoir pour origine une transmission zoonotique mes les réservoirs hôtes restent à identifier », expliquait le professeur Liang Wannian, chef de la délégation chinoise. Du côté de Peter Ben Embarek, chef de la délégation de l’OMS, ce n’est pas plus probant.

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    « La conclusion est que nous n’avons pas trouvé de preuve d’une grande épidémie qui pourrait être reliée à des cas de Covid-19 avant décembre 2019, à Wuhan ou ailleurs. »

    Seule paraît, selon les experts, hautement improbable l’hypothèse d’un incident de laboratoire. « La théorie la plus probable est la contamination de l’être humain par un animal intermédiaire », ajoute Peter Ben Embarek.

    La transparence de l’empire du Milieu n’est plus à démontrer. Thea Fischer a déclaré à la presse qu’elle n’avait pas pu obtenir de la Chine les données brutes qu’elle souhaitait. « Je dois me fier à l’énorme quantité de données qui ont été analysées et qui m’ont été présentées », a-t-elle déploré.

    (Crédits : Hector Retamal /AFP)

    La structure générale des virus

    Son étymologie vient du latin, qui signifie poison. L’Académie de Médecine le définit comme ce qui suit. « Virus : se reproduisant à partir de son matériel génétique et utilisant les matériaux de la cellule qu’il infecte pour la biosynthèse de ses propres constituants. Il est constitué d’un acide nucléique (ADN ou ARN), d’une capside protéique, faite d’un assemblage de capsomères (protéines), destinée à protéger l’acide nucléique viral, responsable de l’antigénicité du virus, et parfois d’une enveloppe dérivée des membranes cellulaires, porteuses des récepteurs se fixant sur la cellule à infecter. »

    Oui, beaucoup de termes du lexique médical qui ne sont pas forcément accessibles à tous. Simplement, c’est une cellule dotée d’une intelligence lui permettant de se multiplier, de muter (pour devenir le plus contagieux possible) le tout en très grande quantité pour contaminer un être vivant, puis un autre, etc. Ce qui à terme peut provoquer une pandémie (comme en 1918, 1957 et 1968), qu’explique Jamy Gourmaud dans un épisode de l’émission « C’est pas Sorcier ». (Crédits : Nicolas Joubert, Université de Tours)

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    C’est un organisme vivant. Il utilise une cellule pour se répandre dans l’organisme provoquant une inflammation. En réaction, des anticorps sont créés. Il existe des virus qui infectent des animaux (l’être humain est un animal, classé comme mammifère, doté d’une certaine intelligence), les végétaux et également les bactéries (bactériophages).

    S’ils provoquent des maladies, les virus peuvent être considérés comme des germes pathogènes. Ils sont environ deux cents dans ce cas. Si la majorité des maladies virales sont bénignes, d’autres présentent une gravité certaine (SIDA, fièvres hémorragiques, encéphalites, hépatites…), puis certains virus jouent un rôle dans le développement de tumeurs malignes et de cancers.

    La découverte des virus trouve son origine au XIXe siècle, avec les travaux d’Adolf Mayer sur la mosaïque du tabac. Plus tard, le microbiologiste Martinus Beijerinck comprit que la particule infectieuse devait être bien plus petite qu’une bactérie. Le virus de la mosaïque du tabac (VMT) n’a été identifié qu’en 1935 par Wendell Stanley.

    (Credits : Medical Art Service, Munich/Wellcome Images)

    C’est en 1953 qu’André Lwoff énonçait les trois caractères fondamentaux. Les virus ne contiennent qu’un seul type d’acide nucléique (ADN ou ARN) qui constitue le génome viral, ils se reproduisent à partir de leur matériel génétique et par réplication, enfin ils sont doués de parasitisme intracellulaire absolu.

    D’où vient le Covid-19 ?

    Tout semblait commencer dans la province d’Hubei, en Chine, au sein de la ville, désormais célèbre, Wuhan. Une épidémie de pneumonies, qui fut décrite comme d’allure virale de cause inconnue a émergé en décembre 2019. Les enquêteurs n’ont découvert aucune indication clinique de la circulation dudit virus à Wuhan et ses environs, stipulait Lian Wannian, professeur et chef de la délégation chinoise lors de la conférence.

    Dès le 9 janvier 2020, les autorités sanitaires chinoises et l’OMS officialisaient la découverte d’un nouveau coronavirus. D’abord appelé 2019-nCoV puis SARS-CoV-2, car différent du virus SARS-CoV responsable de l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003.

    Il l’est également du virus MERS-CoV responsable d’une épidémie évoluant depuis 2012 au Moyen-Orient. Ce nouveau virus est responsable de cette maladie infectieuse respiratoire appelée Covid-19 (pour CoronaVIrus Disease 2019).

    (Crédits : CDC)

    Une délégation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est arrivée jeudi 14 janvier 2021 en Chine (RPC) avec une équipe pour enquêter. Après une période dite de quarantaine, ils œuvrent (enfin) sur le terrain, et toutes les hypothèses sont sur la table, comme titre et explique Sud-Ouest : « Covid-19 : d’où vient le virus ? À Wuhan, les experts de l’OMS commencent leur enquête ». À suivre…

    Comment reconnaître une possible contamination ?

    Plutôt que devenir tous des « Iznogoud », obsédé par l’idée de devenir « calife à la place du calife », le plus simple, et plus sage, est de demander conseil auprès de son médecin traitant. Car, selon l’OMS, il existe différents symptômes : Les classiques : fièvre, toux sèche et fatigue ; Les moins courants sont la perte du goût et de l’odorat, congestion nasale, conjonctivite (yeux rouges), mal de gorge, maux de tête, douleurs musculaires ou articulaires, différents types d’éruption cutanée, nausées ou vomissements, diarrhée, frissons ou vertiges.

    La grippe saisonnière admet des symptômes sensiblement identiques : apparition brutale d’une forte fièvre, de toux (généralement sèche), de céphalées, de douleurs musculaires et articulaires, de malaise général, de maux de gorge et d’écoulement nasal.

    En vulgarisant, on pourrait admettre que la grippe saisonnière et le Covid-19 sont de la même famille, voire très proche parent. En effet, la transmission des deux virus est semblable. Il se transmet facilement d’une personne à l’autre par l’intermédiaire des microgoutelettes et des particules excrétées par les sujets infectés lorsqu’ils toussent ou éternuent. C’est ainsi que l’on comprend mieux l’intérêt, comme disaient-ils jadis : « Mets ta main devant ta bouche quand tu éternues ! » (Crédits : DR)

      Dorénavant, le gouvernement français oblige le port du masque… afin d’éviter d’arroser nos concitoyens de nos postillons (même sans pandémie, cela reste peu agréable) et d’autres gestes, comme de se laver les mains. Si la plupart des sujets atteints, par la grippe comme la Covid-19, guérissent en une ou deux semaines sans traitement médical, chez les personnes âgées et les malades souffrant de pathologies graves, elles peuvent provoquer de graves complications et la mort. Santé publique France déclarait « Ainsi, plus de 71 000 décès liés à la COVID-19 ont été rapportés du 1er mars 2020 au 19 janvier 2021. »

      Les données de la pandémie

      En France, de nombreux sites diffusent des informations, comme « Cascoronavirus ». Les données sont issues du site « Santé publique France » ou encore le site des « data » Françaises. Les chiffres de « Santé publique France » en date du 9 février 2021 :

      • 3 360 235 cas confirmés, soit 18 870 de plus que la veille
      • 80 147 décès, dont 56 476 à l’hôpital, 439 de plus sur les dernières 24 heures
      • 10 886 nouvelles hospitalisations
      • 1 758 admissions en réanimation sur les derniers sept jours

      Les chiffres mondiaux au 09 février 2021 : 107 411 571 cas confirmés dans le monde ; 2 351 195 décès dans le monde

        Quid des tests ?

        Quasiment chaque jour, des données sont affichées, lues, écrites sur l’avancée et l’ampleur de la pandémie, que ce soit en France, en Navarre ou mondialement. Quoi penser lorsque l’on entend « test positif », « test négatif » ?

        • Test RT-PCR positif : soit il est détecté de l’ARN du virus vivant, alors le sujet est potentiellement contagieux, que cette personne soit symptomatique – malade – ou asymptomatique – porteur sain. Il peut être détecté de l’ARN du virus mort, qui n’aurait pas été éliminé par les cellules infectées, ou encore que lesdites cellules ne soient pas éliminées de l’organisme. Ce qui a été observé sur une période allant jusqu’à deux mois après la contamination. Il est dit que le sujet est positif au test RT-PCR pour le Covid-19, mais non contaminant.
        • Test RT-PCR négatif : pour un patient asymptomatique, il peut n’avoir pas été infecté tout simplement, ou être au début de la phase d’incubation. Il est préconisé de réitérer le test quelques jours plus tard.

        Aujourd’hui 9 février 2021, en France, ce n’est pas moins de 45 959 545 tests réalisés, pour 42 829 358 négatifs (93,19 %) et 3 130 187 positifs (6,81 %).

        En métropole, le taux de positivité est le plus haut en région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle affiche un taux de 9,7 % pour 5 504 588 tests suivi par la Bourgogne-Franche-Comté (7,9 %, 1 871 255).

        Au plus bas se trouve la Nouvelle-Aquitaine les chiffres sont de 5,2 % pour 3 472 409 tests, la Bretagne (4,2 %, 1 683 754) et la Corse (3,1 %, 282 364).

        Dans les territoires et départements d’outre-mer, Mayotte affole les compteurs. En effet, le taux affiche 11 % pour 72 708 tests, tandis que la Réunion est à 2,5 % pour 425 450 tests.

        « Si le patient est symptomatique, il faut alors faire un test PCR sur une expectoration ou sur le LBA (liquide broncho alvéolaire), car le virus migre rapidement des voies respiratoires hautes vers les poumons, idéalement doublé d’un scan thoracique pour confirmer le diagnostic. » (Crédits : DR)

        Cette phrase, issue d’un article du site France Soir, est partagée chez Ze Journal, Bon Sens. Perplexe, j’ai demandé à un docteur en médecine générale de m’éclairer. Voici sa réponse : « Devant un premier test négatif réalisé sur une personne cas contact, symptomatique, on refait un test rtPCR sept jours après si le tableau est très évocateur sinon on en reste là. On ne va sûrement pas faire de test sur le LBA, ni de scanner en ville. Le scanner en ville est fait devant des signes de complications (exemples : suspicion embolie pulmonaire, de péricardite ou de surinfection pulmonaire). »

        Inquiétude sur les mutations

        La presse écrite évoque la peur des mutations dans ces titres. « Pourquoi la mutation du variant anglais suscite l’inquiétude ? », « Faut-il s’inquiéter de la nouvelle mutation du variant anglais du virus ? », « Le variant anglais poursuit ses inquiétantes mutations », « De nouvelles mutations du virus qui inquiètent », « Progression de la mutation du coronavirus : l’inquiétude grandit dans le monde ». Les mutations E484K, N501Y semblent inquiéter, les professionnels de santé. « Au 27 janvier 2021, 299 cas d’infection au variant 20I/501Y.V1 et 40 cas d’infection au variant 20H/501Y.V2 ont été rapportés en France », communique Santé Publique France.

        Urgences, covid, hôpital

        En France, les résultats préliminaires suivants portent sur 123 laboratoires ayant transmis leurs résultats de criblage au 3 février 2021 à 13h ; ils montrent que parmi les cas diagnostiqués le 27 janvier 2021 :

        14,0 % de ces cas seraient des suspicions de variants 20I/501Y.V1 (UK) pour 78 laboratoires utilisant un criblage par technique Thermo Fisher (TFS)

        14,6 % seraient des suspicions de variants 20I/501Y.V1 (UK) ou 20H/501Y.V2 (ZA) ou 20J/501Y.V3 (BR) pour 45 laboratoires utilisant un criblage par RT-PCR spécifique recherchant la mutation N501Y.

        (Crédits : Markus Spiske/Pexels)

        « Les résultats préliminaires de cette deuxième enquête Flash […] confirment d’ores et déjà l’augmentation de la circulation des variants qui était attendue, et une situation hétérogène selon les régions », précise Bruno Coignard, Directeur des maladies infectieuses à Santé publique France. Les mutations posent questions, les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis résument bien la situation : Dans quelle mesure ces nouveaux variants se sont répandus ; Comment ces variantes peuvent affecter les thérapies, vaccins et tests existants.

          Les responsables de la santé publique veulent savoir si les variants:

          • Se propagent plus facilement de personne à personne
          • Causent une maladie plus légère ou plus grave chez les personnes
          • Sont détectés par les tests viraux actuellement disponibles
          • Changent l’efficacité des vaccins COVID-19

          Le Vaccin AstraZeneca

          Après Pfizer et Moderna, un troisième vaccin est validé par la haute autorité de santé (HAS) AstraZeneca va arriver en France pour les soignants et les moins de 65 ans. Mais pourquoi fixer un âge pour un vaccin ? La réponse est simple, l’âge de la cohorte. L’analyse publiée par l’hebdomadaire britannique, The Lancet – qui fait partie des prestigieuses revues scientifiques dans le domaine de la santé – affichait une cohorte totale de 11 636 personnes.

          Entre le 23 avril 2020 et le 4 novembre 2020, 23 848 participants ont été recrutés, 11 636 ont été inclus dans les analyses d’efficacité primaires. La majorité était âgée de 18 à 55 ans, 6 542 sur 7 548 (86,7%) au Royaume-Uni et 3 676 sur 4 088 (89,9%) au Brésil.

          Les personnes de 56 ans ne représentaient 8, 4% de la cohorte totale, et 3,8 % pour les plus de 70 ans. 60,5% étaient des femmes. Les résultats intermédiaires ont ainsi démontré l’efficacité du vaccin ChAdOx1 nCoV-19 à 90 %, observée chez les participants ayant reçu une faible dose. C’est pour cela qu’il est recommandé pour les personnes de moins de 65 ans.

          (Crédits : cottonbro studio /Pexels)

          Seule ombre au tableau, les variants pourraient rendre le vaccin d’AstraZeneca moins efficace. Marie-Paule Kienny, virologue et directrice de recherche à l’INSERM, répondait à Apolline de Malherbe sur RMC, le 9 février 2021 : « Il semble être peu efficace contre le variant qui circule en Afrique du Sud […] on ne sait pas s’il est efficace chez les personnes de plus de 65 ans, il semble être prudent, comme l’ont recommandé plusieurs pays européens, d’utiliser ce vaccin chez les personnes plus jeunes, affirme Marie-Paule Kienny. Les campagnes de vaccination qui sont en route sont là pour protéger contre l’hospitalisation, les formes sévères, la mort… »