La formule pourrait être cocasse, si ce n’est qu’en ces temps particuliers, où le SARS-CoV-2 est l’une, voire la principale information depuis bientôt deux années. Alors le Brésil souffre dans ses institutions. Alors que vendredi 10 décembre 2021 le pays du mont du Pain de Sucre enregistre le plus petit nombre de cas de Covid-19, selon les autorités (7 916 enregistrements par jour), c’est le ministère de la Santé et son système d’information qui est infecté par un virus, mais informatique celui-ci.
Vendredi matin, les vecteurs d’information du ministère de la Santé viennent de subir une attaque d’opérateurs, et sont désormais hors ligne. L’infection se serait produite, selon les dires, vers 1 h. Le ministère concerné ne s’est pas encore positionné sur les impacts possibles. Lorsqu’on essaie d’accéder aux sites web, comme aux applications concernées, un message revendiqué par le groupe « Lapsus $ » stipule que « les données internes des systèmes ont été copiées et effacées » et conseille de contacter les secours. Ils affirment détenir 50 téraoctets d’informations, et déclarent également qu’ils étaient prêts à échanger ces données avec le paiement d’une rançon en cryptomonnaie.
Le réseau interne du Secrétariat national du Trésor a été la cible d’une attaque par ransomware en août dernier. À l’époque, le ministère de l’économie avait informé que l’action n’avait pas causé de dommages aux systèmes ni aux bons du Trésor. (Crédits : capture d’écran)
« Le ministère de la Santé rapporte que dans les premières heures de vendredi (10) a subi un incident qui a temporairement compromis certains systèmes de dossier, comme e-SUS Notifica, Système d’information du programme national de vaccination (SI-PNI), ConecteSUS […]. Le Cabinet de sécurité institutionnelle (GSI) et la police fédérale ont déjà été appelés à soutenir les enquêtes. Le département d’informatique du SUS (Datasus) agit avec un maximum d’agilité pour rétablir les plateformes », indique le communiqué. Le cabinet de sécurité institutionnelle et la police fédérale ont déjà été déclenchés pour soutenir le ministère de la Santé dans les enquêtes. Il ne donne aucune prévision à ce stade quant au retour à la normale des services et des sites web.
Le Brésil, comme Cuba, la Biélorussie, l’Île Maurice sont en « rouge », car « une circulation active du virus est observée avec une présence de variants préoccupants ». Le Canada, l’Australie, Hong-kong sont en vert, alors que l’Afrique du Sud est en écarlate, grâce à « Omicron », en date du 4 décembre 2021. (Crédits : capture d’écran/Gouv.fr)
Les Brésiliens dans le dur. L’émission du certificat, et de la carte nationale numérique de vaccination Covid-19, sont indisponibles pour le moment. Le Gouvernement français émet des différences en fonction d’« une classification des pays a été définie sur la base des indicateurs sanitaires. |…] sont adaptées selon les évolutions de leur situation épidémique. » Du vert, au rouge écarlate en passant par l’orange. Sans cette preuve vaccinale, les Brésiliens qui se dirigent vers la France se verront notifier une « quarantaine obligatoire de 10 jours contrôlée par les forces de sécurité ». C’est ce même gouvernement français et ses représentants, après s’être fait prendre en vidéo, au congrès des maires, sans respecter les gestes barrières, et port du masque, n’apparaissent désormais nulle part sans ce que dernier, soit ostensiblement visible. Ils ont contribué à l’essor de la culture et du film français des frères Lumière, « L’arroseur arrosé »… en invectivant tout un chacun par des recommandations de tenue et de savoir-vivre à leurs administrés, mais sans les respecter, ni les appliquer à eux-mêmes.
Non, ce n’est pas une affabulation ni un jeu de mots ni voire une contrepèterie, ceci est la vraie campagne de publicité déguisée d’un club suisse, pour soi-disant inciter à la vaccination contre le SARS-CoV-2. L’offre suggérée avait cours jusqu’au 30 novembre 2021, le club en question octroyait cette prestation pour remercier les individus vaccinés de contribuer à la reprise d’une vie normale. Celui-là même qui avait défrayé la chronique en ouvrant aux hommes le concept d’un café-pipe.
C’est une véritable information qui a de quoi surprendre, un doux euphémisme. La maison close, qui se définit comme « le plus grand club érotique de Genève », accordait aux hommes vaccinés une fellation gratuite. Il fallait, pour cela, avoir reçu la deuxième dose dans les trois derniers jours. La proposition était valable jusqu’au 30 novembre. « Pour remercier les personnes vaccinées de contribuer à la reprise d’une vie normale, le Delicious offre à chaque personne vaccinée de moins de 3 jours une pipe, sur présentation d’un justificatif », annonçait fièrement l’établissement.
Sans doute le plus ancien métier du monde dit-on, car la prostitution était sacrée à Babylone, les jeunes filles y vendaient leurs charmes pour la déesse Ishtar. Le roi Josias abolissait cet acte, en 640 av. J.-C.. À Athènes les maisons closes se nomment des dictérions. Elles étaient sous la protection de Venus. (Crédits : ConstantLorelai/Pixabay)
Pour mieux comprendre, un texte juridique fédéral autorise, ou tolère, le travail du sexe en Suisse. Afin d’encadrer ce métier peu commun, Genève s’est dotée en décembre 2009 d’une loi qui vise à garantir la liberté d’action des personnes qui se prostituent. En l’état qu’« elles ne sont pas victimes de la traite d’êtres humains, de menaces, de violences, de pressions ou d’usure ou que l’on ne profite pas de leur détresse ou dépendance pour les déterminer à se livrer à un acte sexuel ou d’ordre sexuel ». Mais également à assurer la mise en œuvre de mesures de prévention, de promotion de la santé et de réorientation professionnelle, sans oublier la limitation des troubles à l’ordre, et à la tranquillité publique. La Loi concerne :
La prostitution sur le domaine public
La prostitution de salon
La prostitution d’escorte
Le club Delicious ne semble présenter des prestations qu’à destination des hommes, car dotés de pénis. Comme le rapporte Watson, l’établissement avait déjà fait parler de lui en 2018 en proposant le… « café pipe ». Pour 80 francs suisses, soit environ 76 euros, on vous sert un café à déguster en même temps qu’une hôtesse effectue une fellation. « Le café est un moment privilégié et rapide. Des études ont démontré que les hommes étaient plus performants au travail après avoir été satisfaits durant la matinée », assurait Bradley Charvet en 2016 au quotidien Le Matin. Le club n’érigeait aucune communication envers la gent féminine. Est-ce parce que les femmes, n’aimant pas le goût, évitent de boire du café, selon l’étude menée et publiée par la revue Food and Nutrition sciences. La Suisse est décidément un pays pas comme les autres.
Le site de la santé du Maryland, aux États-Unis, subissait une attaque par codes malveillants dimanche 5 décembre 2021. En conséquence, le site Web du ministère de la Santé a été compromis après une cyberattaque. Les indicateurs concernant le Covid-19O n’ont pas été mis à jour en raison d’une « panne de serveur » affichait l’accueil lundi 6 décembre 2021. Le dysfonctionnement altérait les missions informatives sur les médicaments, mais aussi sur les maisons de retraite.
Le site Web du département de la santé avait été redirigé vers la page de l’État, tandis que les responsables passaient en revue les systèmes individuels pour déterminer si des données avaient été volées. « L’enquête est en cours, les employés et partenaires potentiellement concernés ont été informés, et nous fournirons des informations supplémentaires si les circonstances le justifient », assurait Andy Owen du département de la santé du Maryland. Il faut noter que la cyberattaque a également supprimé les ressources normalement disponibles sur le site. Notamment celles invitant les habitants à demander l’aide de Medicaid, à obtenir des données sur la sécurité des maisons de retraite et à commander des tests gratuits à domicile pour les infections sexuellement transmissibles. « Les données seront mises à jour dès que possible », déclarait le ministère.
Comme après chaque attaque, la réhabilitation peut être longue, en fonction du type et la dangerosité de l’infection. Les autorités assurent que le site sera opérationnel dès 20 h (heure locale), tout en remerciant de leur patience les administrés « pendant que nous travaillions à sa restauration ». (Crédits : capture d’écran/Twitter)
Lundi, l’agence n’avait pas mis à jour les mesures COVID-19 de l’État et évoquait une « panne de serveur ». Le ministère a déclaré que rien ne prouve que des données ont été compromises et qu’il n’a pas encore confirmé si un pirate informatique a détourné ses ordinateurs en demandant de l’argent, ce qui est arrivé à la ville de Baltimore il y a deux ans. Le ministère de la Santé déclarait qu’il travaillait en étroite collaboration avec les instances fédérales et étatiques chargées de l’application de la loi pour faire face à l’incident et recueillir des informations complémentaires.
La somme est peu compréhensible. Imaginer que l’on vient de remporter à la loterie nationale le premier gain, correspondant à plusieurs dizaines de millions d’euros pour franchir la centaine, n’est pas quantifiable pour le commun des mortels. Alors parler d’un montant de 6 000 milliards de dollars dépasse l’entendement. Si le réchauffement climatique engendre des modifications des territoires et du mode de vie de la population mondiale, les cyberattaques semblent plus préoccupantes, car des secrets peuvent être révélés.
C’est pourtant une estimation qui, selon le Club des Juristes, le think thank juridique français, ne baissera pas dans le proche futur, d’ici à 2025. Le rapport, piloté par Bernard Spitz, président du pôle Europe et international du Medef, et Valérie Lafarge-Sarkozy, associée du cabinet Altana, émettent dix préconisations pour renforcer la protection des institutions, des entreprises et des citoyens. « Le scénario d’une cybercriminalité coûtant 10 500 milliards de dollars par an à l’horizon 2025 appelle un changement de posture et des investissements d’ampleur », indique le think tank. Le compte rendu de 90 pages tire un portrait au couteau de la situation.
Avant de poursuivre, voici quelques conversions pour vous aider à la compréhension des montants, en composant avec comme unité les secondes :
Une journée de 24 heures représente 86 400 secondes
Un millier de secondes équivaut à seize minutes et quarante secondes
Un million de secondes produisent 277, 78 heures, soit 11 jours et demi
Un milliard représente 31, 68 années
Six mille milliards permettent de vivre 190 128 années, 6 mois, 1 semaine 22 heures, 59 minutes, 13 secondes et 920 millisecondes
Dix mille cinq cents milliards offrent près de 333 siècles (332 724, 92 années)
Le rapport sur l’ « évaluation des menaces liées à la criminalité organisée sur Internet » d’Europol (IOCTA) fournit, sur 72 pages, une vue d’ensemble des menaces et des tendances des crimes commis, comme facilités en ligne. Le rapport met également en évidence les nombreux défis associés à la lutte contre la cybercriminalité, tant du point de vue des services répressifs que, le cas échéant, du secteur privé. « L’augmentation de la cybermenace est en effet particulièrement inquiétante puisque le nombre d’attaques par rançongiciel traitées par l’ANSSI a été multiplié par 4 entre 2019 et 2020, passant de 54 à 192. Depuis le début de l’année 2021, cette courbe n’a pas fléchi et nous apportons sans cesse une assistance à près d’une quarantaine de victimes simultanées. Des victimes d’importance en termes de sécurité nationale, économique ou sanitaire… », explique Guillaume Poupard directeur de l’ANSSI.
Les différentes et principales manières de subir une infection sont en premier les ransomwares (WannaCry, Maze, Bad Rabbit…), les attaques par déni de service, ou DDoS, le cryptojacking, la fraude au faux support informatique, le phishing ou hameçonnage, l’espionnage économique, le sabotage (NotPetya, …), et le hacking de logiciel (Solarwinds…)
Quelques chiffres :
600 milliards de dollars de coût global et mondial en 2017
+ 667 % d’attaques par phishing en France en 2020, entre le 1er et le 23 mars
Par comparaison, le poids économique que représente le coût de la cybercriminalité fait d’elle la troisième organisation mondiale derrière les États-Unis et la Chine. Si le SARS-CoV-2, vulgairement nommé Covid-19, change les habitudes de travail, il permet de mettre en exergue les insuffisances en matière de sécurité sur les différents systèmes d’information. Car le télétravail est devenu la source d’un cas sur cinq des incidents, tout en accélérant et facilitant les infections.
Au cours de l’année, entre février et mars 2020, les attaques par ransomwares ont augmenté de 148 %, selon le rapport de VMare Carbon Black. Ce qui à l’échelle de la planète représente une offensive toutes les 14 secondes. (Crédits : capture d’écran)
Différentes actions de fraude possibles
De plus en plus d’escroqueries ou de tentatives existent. Le Typosquatting est la création d’un nom de domaine approchant pour tromper la victime. Par exemple, le remplacement d’un tiret par un point (amendes-gouv.fr et amendes.gouv.fr), l’incitant à venir payer en ligne. Le Phishing, ou l’envoi de mails frauduleux à des fins publicitaires, de cessions de produits prohibés, de recueil délictueux de codes et coordonnées bancaires, mais pas seulement. Cela peut permettre, par infection d’un code malveillant, pour contrôler le système et commettre des escroqueries. Fréquemment le piratage de votre numéro de carte bleue est revendu sur les sites plus profonds de l’internet, le carding.
Il faut prêter attention à chaque courriel. Le simple fait de passer virtuellement le pointeur du mulot sur les différentes parties de ce dernier vous éclairera. Comme l’exemple ci-dessus, ou la grossièreté des logos démontre la fausseté du document, qui émanerait soi-disant d’Europol. (Crédits : capture d’écran)
Le Skimming est la récupération des coordonnées de votre carte bancaire par lecture de la piste dans des distributeurs automatiques de billets (DAB). Tout autant les escroqueries au logement, la location, etc.
Se donner les moyens de lutter à armes égales
« La nature même du cyberespace impose de faire coopérer public et privé, aussi le rapport préconise d’étoffer les services de la justice […] en créant une filière de cybermagistrats, en renforçant les moyens d’enquête et en incitant les entreprises à déposer plainte rapidement à chaque attaque cyber pour permettre la remontée et le démantèlement des filières […] », souligne le Club des juristes. La spécificité de la cybercriminalité, la technicité des modes opératoires des opérateurs ont nécessité la création de services d’enquête dédiés, ainsi qu’une spécialisation progressive de l’institution judiciaire.
En France, plusieurs entités se distinguent :
La sous-direction de lutte contre la cybercriminalité (SLDC)
L’office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC)
La Brigade de lutte contre la cybercriminalité (BLCC), anciennement Brigade d’enquêtes sur les fraudes aux technologies de l’information (BEFTI)
La Brigade de protection des mineurs (affaires de pédopornographies, grooming)
La brigade de répression de la délinquance envers la personne traite des affaires de diffamation, d’apologie du terrorisme, du droit pénal du travail via internet
Le centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N)
Les douanes, en particulier la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED)
Basé à Pontoise (Val-d’Oise), le C3N est une unité de pointe de la gendarmerie dans la lutte contre la cybercriminalité. Ce service s’est illustré dans l’opération EMMA95, ou encore avec le botnet Retadup à l’été 2019, est dirigé par la colonelle Fabienne Lopez. Quand d’autres proposent leurs services. (Crédits : capture d’écran)
Pour autant, sans plainte pas de poursuite, ni condamnation et réparation, si tant est que cela soit possible. La majorité des infractions liées à des cyberattaques étant des délits, le dépôt de plainte, pour être recevable, doit l’être dans un laps maximum de 6 ans à compter de la date de commission des faits. Il va de soi qu’elle doit être déposée dans les délais les plus brefs, il est essentiel d’aller vite et d’être réactif. « Pour déposer requête devant des forces de l’ordre, il suffit de se rendre au service de police ou de gendarmerie le plus proche de l’entreprise ou du lieu de constatation des faits. Pour rappel, les officiers et agents de police judiciaire ou gendarmes sont obligés de recevoir les plaintes, même si les faits ne relèvent pas de leur zone géographique de compétence. La plainte ne sera qu’exceptionnellement déposée auprès d’un service spécialisé adapté à la cyberattaque », stipule le rapport.
Les opérateurs proposent des données sensibles contre menue monnaie. En droit pénal, la preuve vise à montrer qu’une infraction a bien été commise : c’est donc à celui qui accuse un autre d’avoir commis cette infraction de la prouver et celui à qui s’applique la présomption d’innocence d’y répondre. (Crédits : capture d’écran)
Les informations à produire peuvent être :
le descriptif précis de l’incident
les coordonnées de la totalité des intervenants ou prestataires susceptibles d’apporter des informations aux enquêteurs
l’ensemble des éléments techniques qui ont pu être collecté : traces informatiques de l’attaque (exemple : logs de connexion), l’adresse précise de la ou des machines attaquées (préciser s’il s’agit d’un poste de travail professionnel, d’un mobile ou encore d’une attaque du site internet, du serveur hébergé auprès d’un fournisseur d’accès internet)
Les mails en lien avec l’infraction, l’organigramme de la société, la liste du personnel, les coordonnées des différents prestataires (hébergeur, société de sécurité)
Faire de la lutte contre la cybercriminalité une cause nationale pour 2022
Promouvoir la spécialisation des magistrats du siège et du parquet et leur formation continue
Renforcer la coopération public/privé, et, orienter l’investissement public comme privé vers l’émergence d’une filière française et européenne d’excellence en cybertechnologie
Étoffer les services de la justice en matière de lutte contre la cybercriminalité
Simplifier les procédures d’enquête sous pseudonyme dans le « darknet »
Adoption d’un régime européen de conservation des données permettant de répondre aux besoins opérationnels des services répressifs et judiciaires
Inciter les États sanctuaires à mettre fin à l’impunité des groupes cybercriminels
Signature de protocoles avec l’ensemble des agences et autorités administratives indépendantes concernées
Investir dans la prévention contre les cyberattaques
En cas de cyberattaque, déposer immédiatement plainte
La difficulté serait d’inciter à la fin de l’impunité des groupes criminels, dans divers pays. Car, il arriverait, selon les ouï-dire, que des attaques puissent être fomentées par des États contre d’autres (StuxNet, SolarWinds…), ce pour diverses raisons.
Tandis que tous ne pensaient qu’à célébrer la fête d’Halloween, les attaques par ransomware firent figure d’épouvante sur plusieurs continents. Les 37 000 étudiants et 4 000 professeurs de l’université autonome de Barcelone (UAB) ne pouvaient imaginer être contaminés par un autre virus que le SARS-CoV-2… ce fut le cas avec le PYSA (Protect your system amigo), mais également des écoles américaines, des cliniques et hôpitaux à travers le monde, les transports de la communauté de Toronto, Solware qui partage son expérience pour prévenir, ainsi que la toute puissante NRA.
Depuis le 11 octobre 2021, rien ne va plus dans la capitale catalane, de nombreux élèves de l’UAB sont privés de leurs courriers électroniques universitaires, de WiFi, de base de données… Les professionnels reconnaissaient déjà qu’il faudrait « des heures, des jours ou des semaines » pour que la normalité soit rétablie. Ce qui n’est toujours pas le cas, qui plus est, les discours n’évoquent plus de « jours ou peut-être de semaines », mais des mois, peut-être décembre ou janvier 2022. Dès le 15 octobre 2021, les équipes examinent, et vérifient, un par un, l’état de plus de 10 000 systèmes informatiques des différents bâtiments et facultés pour voir s’ils étaient endommagés, sur la base d’un test effectué avec une clé USB qui contient un kit de diagnostic, relate le 20 minutes espagnol.
Tous les utilisateurs sont invités à changer de mot de passe pour accéder aux applications de l’environnement Microsoft. « Nous rappelons que pour créer un nouveau mot de passe, ils doivent d’abord donner une adresse e-mail alternative, différente de celle qu’ils utilisent à l’UAB. » (Crédits : capture d’écran)
Les responsables de l’établissement nient avoir été en relation avec les cybercriminels concernant une rançon. Si des professionnels invités dans l’émission « Els Matins » de TV3 parlaient de trois millions d’euros, le recteur de l’UAB, Javier Lafuente, dément être prêt à payer cette somme ou toute autre, affirme The News Trace.
Près de 1000 écoles américaines attaquées en 2021
Outre-Atlantique, le district scolaire de Janesville (Wisconsin) a subi une attaque par code malveillant de type ransomware durant le week-end du 23-24 octobre. Ce qui a eu pour conséquence de bloquer l’accès des élèves, du personnel et des parents à plusieurs systèmes et programmes en ligne (Infinite Campus, Classlink, manuels et ressources). L’équipe informatique a contacté la Division of Enterprise Technology Cyber Response Team de l’État, le FBI et le ministère américain de la Sécurité intérieure. Cette mésaventure n’est que la dernière en date d’un nombre croissant d’attaques par ransomware contre des administrations municipales et des écoles. En août 2021, 58 avaient touché autant de districts scolaires et organisations éducatives dans tout le pays, dont 830 écoles individuelles. « Il y a eu 84 incidents en 2020 », indique WPR. Brett Callow, chercheur chez Emsisoft, a partagé la liste avec Motherboard, elle comprend 73 districts scolaires, soit 985 établissements d’enseignement.
Le porte-parole du district scolaire, Patrick Gasper, a confirmé dans un courriel que Janesville avait souscrit une cyberassurance, et que le groupe était en contact avec son agent d’assurance au sujet de l’évènement. (Crédits : capture d’écran Facebook)
« 2021 : l’année des ransomwares » pourrait être le titre d’une œuvre cinématographique. La réalité dépasse souvent la fiction. Certaines attaques ont fait couler beaucoup d’encre aux États-Unis : Colonial Pipeline ou le fournisseur de viande JBS. Ainsi que le « Colegio medico de Chile » en septembre 2021, révélé un mois plus tard. Un peu plus au nord, le Canada n’est pas mieux loti. La ville de Clarence-Rockland subissait lundi 25 octobre une infection des systèmes d’information. Une semaine plus tôt, c’est l’hôpital du district de Kemptville qui signalait un « incident de cybersécurité », comme la Société de transport de l’Outaouais (STO) début septembre. « La situation à laquelle nous nous habituons de plus en plus, c’est que les cybercriminels balayent Internet complètement, de part en part, et cherchent des systèmes vulnérables », explique Steve Waterhouse, chargé de cours en sécurité de l’information à l’Université de Sherbrooke et ancien agent de sécurité des systèmes d’information au ministère de la Défense nationale canadien.
Des données de santé dans la nature
Pléthores d’hôpitaux, de cliniques sur les cinq continents ont été ciblés par les attaques, mais dans quel but ? La raison semble toute trouvée, au vu des nouvelles disséminées ici et là, l’argent. Pendant que la planète se suspend à quelque chose d’invisible à l’œil nu, de l’ordre d’un diamètre de 50 à 140 nanomètres (le cheveu mesure entre 50 et 100 micromètres, mille fois plus grand). Donc, les forces de défense sont dirigées vers le SARS-CoV-2, tandis que celle des systèmes d’information et outils informatiques de plus en plus prégnants dans nos sociétés est délaissée, depuis bien longtemps. Le tout, en espérant naïvement que les criminels adoptent une éthique quant aux cibles si sensibles. Souvent les attaques se soldent par une demande de rançon, les communiquées de presse ne spécifient, que peu ou prou, cette information. Il y a deux jours, le 2 novembre 2021, le plus grand centre de cancérologie de Las Vegas indiquait avoir subi une infection par ransomware, lors du « Labor Day » au mois de septembre. Le centre affirme que les données des patients ont pu être compromises. Les pirates ont pu obtenir les noms, adresses, dates de naissance et numéros de sécurité sociale des patients dans les dossiers médicaux. Le centre informe actuellement les patients actuels et anciens concernés.
Les grands groupes criminels ont fait un communiqué de presse, au début de la crise, pour dire que, temporairement, ils suspendaient les attaques contre les hôpitaux
La fuite de 500 000 dossiers de patients en Bretagne, l’hôpital d’Arles, en France pour ne citer qu’eux, en Belgique la clinique située à Bouge, le groupe de cliniques privées Pallas infectées en août 2021. Outre-Atlantique, des experts sont préoccupés par l’étendue des dommages causés aux banques de données du système de santé de Terre-Neuve-et-Labrador, à la suite d’une cyberattaque détectée en fin de semaine dernière. « Lorsqu’une attaque par ransomware se produit, tous les services sont arrêtés dans un hôpital. Les médecins, les infirmières, ils n’ont pas accès aux dossiers et ne peuvent donc pas fournir des soins efficaces aux patients », a déclaré Ed Gaudet, PDG de Ciensient à CBS News. Comme en France, les infections par ransomware procurent des effets négatifs à long terme sur les hôpitaux, selon une nouvelle analyse menée par la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA) « Les effets en aval comprennent l’annulation ou le report d’opérations chirurgicales et de traitements contre le cancer, la fermeture de plusieurs sites de collecte de tests COVID-19, l’incapacité de soumettre des images radiologiques et la perte de communication entre les hôpitaux du réseau ». Cela ajoute des complications supplémentaires lorsque des lits sont à 80 % occupés, et que les établissements, de l’hexagone, sont obligés de déprogrammer des opérations de toutes sortes.
Le ministre de la Santé, John Haggie a déclaré mardi 2 novembre 2021 qu’on ne pouvait pas encore déterminer précisément l’ampleur de l’arriéré qui serait créé par la cyberattaque présumée, ni sur le temps qu’il faudrait pour reconstruire et restaurer les services. (Crédits : DR)
Au début du mois d’octobre, UMass Memorial Health, un système de soins de santé situé à Worchester, dans le Massachusetts, prévenait 209 048 patients que leurs informations privées avaient pu être compromises. « Le 25 août 2021, nous avons terminé le processus d’identification des personnes dont les informations étaient contenues dans les comptes. Pour les patients, les informations concernées comprenaient les noms, les dates de naissance, les numéros de dossier médical, les informations sur l’assurance maladie et les informations cliniques ou de traitement, telles que les dates de service, les noms des prestataires, les diagnostics, les informations sur les procédures et/ou les informations sur les prescriptions. Pour les participants à un régime de santé, les informations concernées comprenaient les noms, les numéros d’identification des souscripteurs et les informations relatives au choix des prestations. Pour certaines personnes, un numéro de sécurité sociale et/ou un numéro de permis de conduire étaient également concernés », stipule le communiqué en date du 25 août 2021.
Purement financier
La cyberattaque contre l’hôpital Hillel Yaffe de Hadera est purement financière, évoque le responsable de la cybersécurité au sein du ministère de la Santé, Reuven Eliyahu. « C’est probablement un groupe de hackers chinois qui s’est séparé d’un autre et qui a commencé à travailler au mois d’août », explique-t-il dans un entretien accordé à la radio militaire.
« Le personnel et les experts externes en cybersécurité continuent de résoudre l’attaque par ransomware, gazouille TTC. Les systèmes touchés par l’attaque sont toujours hors service, mais nous nous efforçons de les rétablir en toute sécurité. » (Crédits : capture d’écran YouTube)
Les opérateurs derrière les offensives par ransomware stoppent les systèmes — empêchant l’accès aux dossiers des patients, la transmission des images radiologiques et d’autres fonctions qui augmentent le risque pour eux — jusqu’à ce qu’une somme soit payée. Les pirates russophones à l’origine de cette vaste campagne de piratage (FIN12) vérifieraient les comptes bancaires avant de sélectionner leurs victimes, exigeant des rançons qui peuvent se chiffrer à plusieurs millions de dollars.
70 % des entreprises payent la rançon
La dernière entreprise attaquée est l’agence de transport en commun connue sous le nom de TTC (Toronto Transit Commission). Elle exploite les services d’autobus, métro, tramway et de transport adapté dans la capitale de l’Ontario. « L’étendue complète de l’attaque est en cours d’examen et la TTC travaille avec des experts des forces de l’ordre et de la cybersécurité sur la question », a déclaré Stuart Green, un porte-parole de la compagnie. L’entreprise fournit un service de transport en commun jusqu’à 1,7 million de personnes par jour. « Selon une nouvelle étude près de 70 %, des organisations canadiennes qui ont été victimes d’une attaque par ransomware l’an dernier ont payé les rançons demandées pour éviter les temps d’arrêt, les atteintes à la réputation et d’autres coûts », selon la chaîne CTV News.
Les opérateurs derrière Grief affichent 623, 2 mégaoctets de données de la NRA. Des lettres datant de 2016 à l’attention de quatre sénateurs, des membres de l’association, mais aussi le budget des différences assurances pour l’année 2022. (Crédits : capture d’écran)
Du 29 avril au 12 mai 2021, Colonial Pipeline était à l’arrêt total. La panne a entraîné de longues files d’attente dans les stations-service, dont beaucoup étaient à sec, et une hausse des prix du carburant. Car la société transporte environ 2,5 millions de barils de carburant de la côte du Golfe du Mexique à la côte Est. Colonial a payé aux pirates, qui étaient affiliés à un groupe de cybercriminels lié à la Russie et connu sous le nom de DarkSide, une rançon de 4,4 millions de dollars peu après le piratage. Les pirates avaient également volé près de 100 gigaoctets de données de Colonial Pipeline et avaient menacé de les divulguer si la rançon n’était pas payée.
Le groupe Avril opère dans 19 pays et emploie 7600 salariés. En 2020, son chiffre d’affaires s’élève à 5,8 milliards d’euros. Il possède comme filiale Lesieur, l’huile Puget, Diester, œufs Matines (France), Bunica (Roumanie), Taous, El Kef (Maroc)… (Crédits : capture d’écran)
Le groupe français Avril a été victime d’une cyberattaque mercredi 3 novembre 2021. C’est un groupe agro-industriel international d’origine française spécialisé dans l’alimentation humaine, l’alimentation animale, l’énergie et la chimie renouvelable. Toutes les mesures nécessaires à la protection des systèmes d’information ont immédiatement été mises en place dans l’ensemble du Groupe, comme la coupure de son réseau IT. Avril confirme que « certains siègeset site du groupe fonctionnent en mode dégradé » et indique « mettre tout en œuvre pour continuer ses activités et servir ses clients ».
Attaque ton ennemi quand il n’est pas préparé, apparais quand tu n’es pas attendu
Sun Tzu
Qu’en sera-t-il pour le lobbying extrêmement puissant et source de conflit, qu’est la NRA (National Rifle Association) ? « La NRA ne discute pas des questions relatives à sa sécurité physique ou électronique. Cependant, la NRA prend des mesures extraordinaires pour protéger les informations concernant ses membres, ses donateurs et ses opérations – et elle est vigilante à cet égard », a écrit Andrew Arulanandam, directeur général des affaires publiques de la NRA. Les experts en cybersécurité sont convaincus que « Grief est une initiative d’un groupe de cybercriminels russes qui utilisait auparavant le pseudonyme Evil Corp », actuellement sous le coup de sanctions de la part du département du Trésor américain, explique NBC News. Le constat semble amer, quel que soit l’endroit sur le globe. « Dans le cyberespace, la bataille est un marathon ; c’est une guerre continue. C’est la Troisième guerre mondiale. C’est un champ de bataille où se trouvent des milliards de combattants », évoque dramatiquement Reuven Eliyahu.
Échanger pour mieux se protéger
Solware Auto est depuis près de 35 ans au cœur du monde de l’automobile et de ses évolutions, car il est un logiciel de gestion et facturation qui est au cœur de nombreux garages. Le 12 août 2021, les équipes de Solware découvrent que leurs serveurs ont été chiffrés par le ransomware Conti. L’attaque a supprimé des données de sauvegarde et le chiffrement de données de production. « Cet incident a eu notamment pour conséquence de perturber l’accès à plusieurs applications hébergées, affectant ainsi de nombreux clients usagers du DMS winmotor2 », relate Le Journal de l’Automobile. « Face au fléau de la cybercriminalité et les attaques par ransomware, nous avons absolument besoin d’une immunité collective ! C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de partager ma malheureuse expérience et de rompre la loi du silence qui prévaut en ces circonstances, y compris et surtout avec nos confrères et concurrents du marché du DMS automobile, dont certains avec lesquels j’ai déjà échangé », annonce Gérald Ferraro.
Tandis que le gouvernement français veut proroger le « passe sanitaire » jusqu’au 31 juillet 2022. Des problèmes récurrents arrivent ici et là quant à l’édition, ou la sécurisation des données dudit sésame. Des informations confidentielles se retrouvent ainsi dans la nature, quand d’autres lieux subissent leurs troisièmes pannes en un petit mois. Sans oublier l’enquête de Cyberguerre sur la gigantesque faille européenne, et le bug révélé par le journal suisse Waston.
Le mardi 26 octobre 2021 le ministre de la Santé, Olivier Véran était auditionné au Sénat dans le cadre du projet de loi « vigilance sanitaire ». En préambule, ce dernier rappelle qu’ « il ne s’agit plus d’état d’urgence sanitaire, mais bien de vigilance sanitaire ». Pendant près de 2 h 30 les explications et échanges fusent entre les participants. Le dessein de la loi prévoit de prolonger jusqu’au 31 juillet 2022 le régime de sortie de l’état d’urgence sanitaire et donc la possibilité de recourir au passe sanitaire. Il reporte à la même date la fin desdites dispositions.
Prorogation du « passe sanitaire »
« J’ai observé dans les deux avis du conseil scientifique du 5 et du 6 octobre qu’autant le conseil scientifique estime qu’il est absolument certain que le passe sanitaire a joué un rôle déterminant pour l’accélération des vaccinations, autant dit-il, le rôle du passe sanitaire en tant que mesures favorisant la protection des individus est plus difficile, à mettre en évidence. Le passe sanitaire a été mis en place début août alors que la décroissance de l’épidémie du variant delta est plutôt survenue vers le 20 juillet donc il a pu contribuer, dit le conseil scientifique, à cette décroissance, mais il est difficile de mesurer exactement dans quelle mesure », martèle le sénateur Philippe Bas (LR), rapporteur de la loi « Vigilance sanitaire ».
Nous estimons que le passe sanitaire, et les mesures de jauges et de gestion qui sont encore en vigueur nous permettent de réduire de 30 % la circulation du virus. Sans ça nous serons bien au-delà de 5 000 cas par jour.
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé
Puis c’est au tour de la rapporteure, Pascale Gruny (LR) : « Comptez-vous dans les mois à venir adapter le schéma de vaccination obligatoire et rendre nécessaire la troisième dose ? » Ce à quoi, le ministre des Solidarités et de la Santé répond : « Ça fait l’objet de réflexions et d’une saisine et aux autorités sanitaires compétentes, le comité de stratégie vaccinale, la haute autorité de santé et le Conseil scientifique. Est-ce qu’il y a lieu ou non, pour conserver le bénéfice de son passe, d’une troisième dose, lorsqu’on est particulièrement fragile ? Je n’ai pas la réponse, mais j’ai posé la question ». Une réponse loin d’être suffisante pour la sénatrice PS, Marie-Pierre de la Gontrie. « Est-ce que j’ai bien entendu qu’en fait, vous n’en saviez rien ? À l’heure où nous parlons, vous ne savez pas dire si le passe sanitaire restera valide. »
En ce jour, il est établi que le passe a favorisé la vaccination à la suite du discours du président de la République, Emmanuel Macron. Quant au bien fondé du « passe sanitaire », Olivier Véran répond lui-même : « Est-ce qu’on peut quantifier l’impact du passe sanitaire sur la circulation du virus ? Moi je vous pose une autre question est ce qu’on peut quantifier l’impact du masque dans l’épidémie, est-ce qu’on peut quantifier l’impact du gel hydroalcoolique ? »
Est-il sécurisé ?
C’est un excellent problème qui s’impose à tout un chacun. La plupart des personnes qui ont dû présenter leur certificat Covid dans un restaurant, en boîte de nuit ou toute manifestation le savent. Il y a ceux qui contrôlent consciencieusement ledit sésame en le scannant, puis les autres qui se limitent à appuyer sur le bouton de vérification. Il existe une grave faille de sécurité dans le cas de la validation rapide. En effet, ceux qui détenaient un certificat grâce à un test négatif ou une guérison pouvaient faire apparaître la couleur verte bien plus longtemps après qu’il soit périmé. « Pour cela, il leur suffisait de changer bêtement la date et l’heure du téléphone portable», rapporte le site Waston.
Si de tels certificats Covid sont considérés comme en bonne et due forme en Suisse, c’est parce que le logiciel CovidCert ne vérifie que s’il est présent sur la liste de la Confédération. Mais d’aucune manière s’il est en cours de validité ou expiré, c’est là que le bât blesse. (Crédits : DR)
« Il n’est pas permis aux examinateurs d’appuyer sur la touche de rafraîchissement du téléphone portable d’autrui. La seule méthode d’essai autorisée est l’utilisation de l’application d’essai par le testeur », atteste l’Office fédéral de santé publique aux associations et aux cantons suisses. Toujours chez les Helvètes, une panne, la troisième au mois d’octobre, empêchait d’émettre quelconque certificat durant quatre heures. « Il y a actuellement un problème technique dans l’émission des certificats Covid », a indiqué, jeudi 28 octobre 2021 midi, l’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication (OFIT). « Ce n’est pas la première fois que des pannes affectent les certificats. Lundi après-midi, des problèmes concernant la vérification et l’émission des passes ont eu lieu pendant une bonne dizaine de minutes », révèle la Tribune de Genève.
Fraudes internationales
Le jeudi 28 octobre 2021, le site Cyberguerre de Numerama publiait une enquête sur « Des dizaines de pass sanitaires frauduleux générés : enquête sur une gigantesque faille européenne ». Le problème rencontré en Suisse serait-il l’arbre qui cache la forêt ? Il pourrait s’agir d’une des affaires les plus sensibles concernant la création et l’usage de passes sanitaires dans toute l’Europe, assure-t-il. Ainsi différents sites Internet permettaient de concevoir des QR Code dont au moins l’un d’entre eux engendrait des certificats de vaccination authentifiés dans l’Union européenne. En France, il serait possible pour un soignant d’établir un profil pour un individu n’étant pas couvert par l’assurance maladie. Comme l’explique le guide de l’institution, un personnel habilité doit en principe vérifier les informations à partir d’une pièce d’identité quand il crée un « passe sanitaire ».
Pléthores de sites (ici sur le Darknet) fournissent des sésames contre monnaie sonnante et trébuchante, ce sans à se faire inoculer les solutions nécessaires à son obtention. Le texte proposé durcit les sanctions en cas de fraude au « passe sanitaire », jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. (Crédits : capture d’écran)
Le formulaire qui permet de créer un QR Code exige plusieurs champs obligatoires : nom, prénom, date de naissance, date d’injection, quel vaccin et par quel pays émetteur. Les malversations seraient liées à l’usurpation des clés de chiffrages telles les PGP pour « Pretty Good Privacy ». Ainsi des clés polonaise et macédonienne auraient circulé pour l’impétration du sésame. Depuis plusieurs jours, des individus « revendiquent sur des plateformes de ventes de données volées avoir obtenu une ou plusieurs clés privées européennes », qui leur fourniraient la possibilité de constituer des passes comme bon leur semble. Ce qui présagerait une compromission de la légitimité des différentes clés publiques liées à ces clés privées.
Quid des nos infos ?
Au Québec, au moment où les habitants sont vaccinés contre le SARS-CoV-2 leurs informations personnelles sont demandées. Elles sont ensuite utilisées pour créer la preuve, ou QR Code. Lors de ce processus, elles sont vérifiées auprès de chaque personne, afin d’en assurer la véracité. Or, lorsqu’Élodie* a été vaccinée la semaine dernière, rien ne s’est passé comme l’indique le protocole. Une mauvaise coordonnée téléphonique a été employée pour l’envoi de sa preuve vaccinale, avec ses informations privées… « Comme je ne recevais pas la preuve vaccinale, j’ai suivi les directives du ministère pour la télécharger moi-même. C’est là que j’ai vu qu’il n’avait pas utilisé le bon numéro de téléphone », raconte-t-elle à Métro. L’affaire pourrait prêter à sourire, si ce n’est la réponse téléphonique d’un salarié du ministère concerné : « On ne peut rien faire pour vous malheureusement ».
Élodie craint donc que ses informations personnelles circulent sur le web, et d’être victime d’une malversation. Devant cette circonstance, elle réfléchit à ester en justice. « Je regrette hautement d’avoir fait confiance au gouvernement avec mes données, avoue-t-elle. C’est quelque chose qui me dérangeait, mais avec la situation actuelle de la pandémie, je me disais que je pouvais accepter cette étape-là. » Quand les attaques par codes malveillants ciblent les entreprises comme les hôpitaux, n’importe quel individu est en droit de se questionner.
La prise d’Helena aurait été débranchée mardi 26 octobre 2021, avant la publication de l’enquête du Soir. Le site est inaccessible désormais. (Crédits : capture d’écran)
Chez nos voisins et amis belges, Helena ne les fait plus rire. Cette dernière est un environnement sécurisé pour tous les documents médicaux, comme en France, « Mon espace Santé » qui devrait être déployé en 2022. Cette plateforme permet aux patients et aux professionnels de la santé de communiquer. En 2019, Helena avait réussi à obtenir la possibilité de diminuer le niveau de sécurité exigé pour qu’un patient puisse accéder à son dossier médical. Si bien qu’il est possible d’accéder à un dossier médical sans prouver son identité et sans lien thérapeutique avec un médecin. Face au risque conséquent de fuite de données, une plainte a été déposée auprès de l’Autorité de protection des données (APD) par Medispring, une coopérative regroupant plus de 2 200 médecins, au sujet d’Helena, une des plus importantes applications d’échange de données entre médecins et patients en Belgique, rapporte Le Soir. Quand à la France …
Alors que la réponse du Conseil constitutionnel est attendue, demain jeudi 5 août 2021, des manifestations partout en France ont eu lieu. Leur point commun le « passe sanitaire » et l’obligation vaccinale. Or mis, l’avis des médecins qui leur est propre, la question est juridique. Puisque la saisine du Conseil constitutionnel fut faite le 26 juillet 2021 par le Premier ministre, ainsi que des députés et sénateurs, afin de savoir si elle « a été adoptée dans le respect des règles à valeur constitutionnelle relatives à la procédure législative. »
Tout tient en la différence d’obligatoire et d’obligation. Le premier « Qui a la force d’obliger. Une clause obligatoire. », comme dans Polysynodie de Rousseau « Loin d’envisager leur pouvoir par ce qu’il a de pénible et d’obligatoire, ils [les princes] n’y voient que le plaisir de commander ». Quant à «obligation », qui est imposée, nécessaire : « Les femmes [à la cour de Turin] avaient chacune un amant d’obligation », Hamilton, Gramm. 4. Oui, la différence est subtile, mais importante. D’ailleurs, l’obligation vaccinale résulte de la Loi du 15 février 1902, le saviez-vous ?
Onze vaccins obligatoires
Depuis la promulgation de la loi du 30 décembre 2017, l’extension à onze vaccins est rendue obligatoire. Ce suite à la proposition d’Agnès Buzin, ministre des Solidarités et de la Santé. « L’obligation de ces onze vaccins est sans doute la manière la plus rapide et la plus efficace de rattraper le retard de la couverture vaccinale, en attendant qu’une information de nos concitoyens, qu’une formation renforcée de nos personnels de santé, amène à une prise de conscience qui permette, à terme, d’envisager la levée de cette obligation », déclarait Professeur Philippe Sansonetti (institut Pasteur, collège de France) en décembre 2017. Auparavant, seuls les vaccins antidiphtérique, antitétanique et antipoliomyélite étaient obligatoires.
Les vaccins, comme ici l’injection contre la grippe saisonnière, ont pour but de limiter et prévenir les maladies. (Crédits : LuAnn Hunt/Pixabay)
Dorénavant, pour les enfants nés à partir du premier janvier 2018, il faut ajouter celui contre la coqueluche, les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, contre le virus de l’hépatite B, les infections invasives à pneumocoque, le méningocoque de sérogroupe C, la rougeole, les oreillons et la rubéole (les trois derniers composent le ROR).
La discrimination
La faculté de discerner, de distinguer établit Le Littré, ou le fait de distinguer et de traiter différemment (le plus souvent plus mal) quelqu’un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne, ajuste Le Larousse. Ces deux définitions représentent le nom féminin, « discrimination » (du latin discriminatio, — onis, séparation, avec l’influence de l’anglais discrimination). Lors d’une manifestation, certaines personnes arboraient une « étoile jaune » qui, sous le joug de l’Allemagne nazie, différenciait les personnes de confession juive des divers individus. Il n’est point possible d’accepter l’analogie de ces deux situations. « La comparaison entre le passe sanitaire et l’étoile jaune est une honteuse instrumentalisation de l’Histoire et un outrage aux victimes de la barbarie nazie et à leurs descendants », note le CRIF lors d’un communiqué. Cependant, le ressenti peut-être semblable, sachant qu’il est personnel. L’Histoire raconte, la différence que certains êtres humains ont imposée aux autres. Comme une femme ou un homme d’origine africaine qui ne pouvait pas aller dans les mêmes toilettes que le type caucasien de l’américain moyen, ou encore les places de bus aux États-Unis. L’histoire de Rosa Parks est le parfait exemple. L’apartheid en Afrique du Sud, qu’a vécu Nelson Mandela, etc.
L’obligation vaccinale
À l’origine, cette obligation vaccinale résulte de la loi du 15 février 1902 (variole). S’y sont ensuite ajoutés les vaccins contre la diphtérie (1938), le tétanos (1940), la poliomyélite (1964)… jusqu’à l’extension à onze vaccins par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. « La clé de la liberté, ce n’est absolument pas la vaccination, c’est une problématique sanitaire, une problématique médicale, ça n’a rien à voir avec une problématique démocratique. Et on est en permanence en train de mélanger les genres, comme en 39-45, on a mélangé les genres en disant la purification ethnique c’est la survie de notre société », expliquait le docteur Louis Fouché lors d’une interview.
Le discours du président de la République française avait eu le but escompté par ce dernier, augmenter le nombre de rendez-vous pour la vaccination contre le SARS-CoV-2. (Crédits : DR)
Le président de la République annonçait le 12 juillet, « passe sanitaire » ainsi que la réforme des retraites. « A partir du début du mois d’août donc, le passe sanitaire s’appliquera dans les cafés, les restaurants, les centres commerciaux, ainsi que dans les hôpitaux, les maisons de retraites, les établissements médico-sociaux mais aussi dans les avions, trains et cars pour les longs trajets. Là encore, seuls les vaccinés et les personnes testées négatives pourront accéder à ces lieux, qu’ils soient d’ailleurs clients, usagers ou salariés. » Puis embrayait sur « Vous l’avez compris, la vaccination n’est pas tout de suite obligatoire pour tout le monde, mais nous allons étendre au maximum le passe sanitaire pour pousser le maximum d’entre vous à aller vous faire vacciner. »
Au point de vue politique, il n’y a qu’un seul principe, la souveraineté de l’homme sur lui-même. Cette souveraineté de moi sur moi s’appelle Liberté »
Victor Hugo
Faire valoir ses droits est légitime
Refuser le vaccin est possible si vous avez des contre-indications sur le vaccin contre le virus du SARS-CoV-2. Ils sont régis par l’article L.1111-4 du Code de la santé publique, à savoir PIMS, allergies, syndrome de fuite capillaire. L’arrêt de travail est une possibilité, à la condition sine qua non d’être vraiment malade, car la vaccination en principe doit s’effectuer sur le lieu de travail (en attente de la loi et de la décision du conseil des sages). La dernière serait l’expatriation vers un pays où les vaccinations ne sont pas obligatoires (Allemagne, Suisse, Luxembourg). Le même article est au cœur de la polémique de la vaccination obligatoire des personnels soignants.
Samedi 24 juillet 2021, les mariés sortent de la mairie de Poitiers quand les manifestants l’investissent. S’en suit le déchirement du portrait du président. 48 heures de garde à vue pour un Montmorillonais de 52 ans, poursuivi pour vol aggravé (commis en réunion et suivi de dégradations), est condamné à 15 jours de prison avec sursis. (Crédits : Romuald Pena)
Maître Sophia Albert-Salmeron rapporte en regard du « passe sanitaire » et de l’obligation sous-jacente à la déclaration du Président de la République française, une décision du conseil constitutionnel 2020-805 DC. Elle est suite à la Loi instaurant des mesures de sûreté à l’encontre des auteurs d’infractions terroristes à l’issue de leur peine : « Cohérent, le Conseil constitutionnel a censuré la loi en raison des atteintes inadaptées et disproportionnées aux libertés individuelles ; une façon de rappeler que le droit pénal — même non punitif — ne doit pas l’emporter sur le droit constitutionnel. »
Conseils d’État et constitutionnel
Le Collectif « AVOCATS SANTÉ ET LIBERTÉ » souhaite attirer l’attention du Conseil constitutionnel sur les atteintes portées au respect de la dignité humaine au travers de l’atteinte portée aux principes constitutionnels de liberté, d’égalité et de fraternité. En effet, un arrêt du conseil d’État, décision n°419242 , qui aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».
La loi doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ».
Article 6 de la Déclaration de 1789
Le Conseil d’État poursuit « Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit, qui peut être admise si elle remplit les conditions du paragraphe 2 de l’article 8 et, notamment, si elle est justifiée par des considérations de santé publique et proportionnée à l’objectif poursuivi. »
De très nombreux Français sont pendus aux lèvres des sages du Conseil constitutionnel quand à leur rendu sur la loi. Notamment sur les restrictions de libertés pour lesquels certains Français préfèrent se faire vacciner pour continuer à jouir des plaisirs, sans évoquer la raison de se protéger du virus. (Crédits : Thomas Samsom AFP)
Le droit à l’intégrité physique
Le droit à l’intégrité physique fait partie du droit au respect de la vie privée au sens de ces stipulations, telles que la Cour européenne des droits de l’homme les interprète. « Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit […]. Il doit ainsi exister un rapport suffisamment favorable entre, d’une part, la contrainte et le risque présentés par la vaccination pour chaque personne vaccinée et, d’autre part, le bénéfice qui en est attendu tant pour cet individu que pour la collectivité dans son entier, y compris ceux de ses membres qui ne peuvent être vaccinés en raison d’une contre-indication médicale, compte tenu à la fois de la gravité de la maladie, de son caractère plus ou moins contagieux, de l’efficacité du vaccin et des risques ou effets indésirables qu’il peut présenter. »
Rendu du conseil constitutionnel
Gabriel Attal indiquait, ce 28 juillet 2021, à l’issue du Conseil des ministres que l’extension du « passe sanitaire » aux cafés, bars et restaurants, terrasse y comprises, sera également exigé à l’hôpital, hors urgence. Ce dernier entrerait en vigueur seulement le 9 août, sous réserve de sa validation par le Conseil constitutionnel dont la décision est attendue demain 5 août 2021. Deux possibilités s’offrent au Conseil constitutionnel, il déclare soit que la totalité ou qu’une partie de la loi est contraire à la constitution. Dans le premier cas, la procédure législative devra reprendre depuis le début. Dans l’autre cas, la loi sera promulguée, mais sans les articles contraires à la constitution…
« Par sa décision n° 2021-824 DC du 5 août 2021, |…] il était notamment reproché à ces dispositions de subordonner l’accès aux grands magasins et centres commerciaux et aux transports publics à la présentation d’un ” passe sanitaire “, ce qui n’aurait pas d’intérêt dans la lutte contre l’épidémie dispositions. Il était soutenu qu’en outre, ces dispositions emporteraient des effets disproportionnés au regard de l’objectif poursuivi, ce dont il résulterait une méconnaissance de liberté d’aller et de venir, du droit au respect de la vie privée et du droit d’expression collective des idées et des opinions. »
« En deuxième lieu, ces mesures ne peuvent être prononcées que pour la période, allant de l’entrée en vigueur de la loi déférée au 15 novembre 2021, période durant laquelle le législateur a estimé qu’un risque important de propagation de l’épidémie existait en raison de l’apparition de nouveaux variants du virus plus contagieux. »
« Ainsi, s’agissant de leur application aux services et établissements de santé, sociaux et médico-sociaux, le législateur a réservé l’exigence de présentation d’un ” passe sanitaire ” aux seules personnes accompagnant ou rendant visite aux personnes accueillies dans ces services et établissements, ainsi qu’à celles qui y sont accueillies pour des soins programmés. Ainsi, cette mesure, qui s’applique sous réserve des cas d’urgence, n’a pas pour effet de limiter l’accès aux soins. »
Il reste maintenant à promulguée la Loi, au journal officiel pour qu’elle puisse s’appliquer à tout un chacun. (Crédits : capture d’écran)
« En quatrième lieu, les dispositions contestées prévoient que les obligations imposées au public peuvent être satisfaites par la présentation aussi bien d’un justificatif de statut vaccinal, du résultat d’un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination ou d’un certificat de rétablissement à la suite d’une contamination. Ainsi, ces dispositions n’instaurent, en tout état de cause, ni obligation de soin ni obligation de vaccination. En outre, le législateur a prévu la détermination par un décret, pris après avis de la Haute autorité de santé, des cas de contre-indication médicale faisant obstacle à la vaccination et la délivrance aux personnes concernés d’un document pouvant être présenté dans les lieux, services ou établissements où sera exigée la présentation d’un ” passe sanitaire “. »
« En cinquième lieu, le contrôle de la détention d’un des documents nécessaires pour accéder à un lieu, établissement, service ou événement ne peut être réalisé que par les forces de l’ordre ou par les exploitants de ces lieux, établissements, services ou événements. En outre, la présentation de ces documents est réalisée sous une forme ne permettant pas de connaître ” la nature du document détenu ” et ne s’accompagne d’une présentation de documents d’identité que lorsque ceux- ci sont exigés par des agents des forces de l’ordre. »
Après avoir rappelé l’histoire des vaccins à travers le monde, ainsi que les différents types, intéressons-nous-y de plus près. Qu’entend-on par « autorisation de mise sur le marché ». Que représente ce terme, à quoi correspond-il ? Sur les vaccins les avis divergent dans les différents médias, les uns pour, les autres contre, et sans aborder l’obligation vaccinale. Quelle est leur composition ? Comment m’informer ? Quels sont les effets indésirables ? Quelles sont leurs efficacités ?
Comme tout médicament, le vaccin suit un processus afin de devenir une solution administrable. Le Graal est l’autorisation, et aboutissement, de mise sur le marché, cela représente un long chemin semé d’embûches. La première étape est la production de la substance active :
banque de germes
mise en culture et amplification
récolte
purification et concentration
inactivation et fabrication des valences
Elle est soumise à divers paramètres (la température, le potentiel hydrogène, le taux d’oxygène, la stérilité et l’homogénéité). Cette étape primordiale peut durer quarante-huit heures à trois mois en fonction des vaccins recherchés. Les antigènes produits à partir de micro-organisme sont alors récoltés. Vient la purification, qui est l’extraction des virus ou bactéries de leur environnement. Puis la pathogénicité est supprimée (neutralisation du virus ou de la bactérie pour l’empêcher de se propager), en conservant bien entendu les propriétés immunologiques, c’est la phase d’inactivation. Enfin la production des valences antigéniques, qui dans le cas des vaccins correspond à la protection apportée pour un germe et un seul. Un vaccin peut être monovalent (agis contre un seul germe) ou plurivalent (agis contre plusieurs germes différents). La seconde étape est la Mise en forme pharmaceutique. Elle se définit par :
Assemblage des valences pour les vaccins combinés
Formulation
Répartition
Lyophilisation
Conditionnement
Contrôle des lots
Livraison
Le vaccin peut donc être monovalent comme plurivalent. Alors les combinaisons de valence ne doivent en aucun cas interférer entre elles pour garder l’efficacité du vaccin. C’est pourquoi cela requiert des années de recherche et de développement scientifiques. Des adjuvants, stabilisateurs, et conservateurs sont ajoutés en très petites quantités pour améliorer l’efficacité et la stabilité du vaccin. Le remplissage est le chapitre subséquent, la lyophilisation si nécessaire permet une meilleure conservation. La température des produits pendant les transports est strictement contrôlée et suivie. Les laboratoires constituent des tests, effectuent des prélèvements d’échantillons sur chaque lot envoyés aux instances de santé pour contrôle de qualité. C’est alors que la livraison débute.
En fonction de la dangerosité du virus ou de la bactérie, les laboratoires sont hautement sécurisés comme le P4, ci-dessus, au centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF) au Gabon. (Crédits : DR)
Puis, viennent les essais cliniques chez l’être humain qui se déroulent en quatre phases. Les essais de la Phase I ont lieu généralement sur quelques dizaines de volontaires. Ils observent les éventuels effets secondaires très fréquents (en comparant avec un placebo ou un vaccin connu). Ils permettent également de déterminer la meilleure dose de vaccin expérimental, en mesurant les anticorps produits par lesdits volontaires. Les essais de Phase II élargissent les connaissances, en incluant plusieurs centaines, voire milliers de volontaires, ce dans plusieurs centres cliniques différents. Les individus sont suivis pendant plusieurs mois, notamment pour observer l’évolution dans le sang de leurs taux d’anticorps ou de lymphocytes B et T. Cette étape permet d’étudier les détails de la réponse immunitaire, de préciser les schémas d’administration (nombre de doses, etc.), et d’identifier les effets secondaires fréquents. Les essais de Phase III incluent plusieurs dizaines voire centaines de milliers de volontaires pour répondre à la question : « Le vaccin protège-t-il contre la maladie ? ».
Les phases I, II, III et IV sont nécessaires à chaque médicaments. Afin d’améliorer la réponse immunitaire au final. (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)
Il s’agit donc d’observer dans quelle mesure les personnes vaccinées, exposées au microbe, résistent à la maladie dans les semaines et mois après la vaccination. Ces essais à large échelle sont les seuls capables de détecter les effets secondaires rares, ainsi que de définir dans quelles classes d’âge ou groupes de population le candidat-vaccin est efficace, ou non. Enfin, les essais de Phase IV sont réalisés après la commercialisation d’un vaccin pour préciser son utilisation auprès de populations qui n’avaient pas été incluses dans les essais de phase II et III. Il s’agit aussi de vérifier si des effets indésirables très rares, mais grave, surviennent chez les millions de personnes vaccinées.
Le 27 mai 2021, Sanofi et GSK annonçaient le recrutement des participants dans leur étude clinique de phase III. Cette dernière visant à évaluer la sécurité, l’efficacité et l’immunogénicité de leur candidat-vaccin recombinant avec adjuvant contre la COVID-19 a débuté. Dans le cadre de cette étude internationale de phase III, randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo, plus de 35 000 volontaires âgés de 18 ans et plus seront mobilisés dans différentes nations, dont les États-Unis et plusieurs pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.
De plus, le manque d’explication peut engendrer des colères. « En devenant volontaire à des essais cliniques vaccinaux contre la COVID-19, chacun peut devenir acteur de la lutte contre la pandémie, faire avancer la recherche et ainsi contribuer sur le moyen terme à se protéger et à protéger chaque Français et notamment les populations les plus fragiles. Devenir volontaire, c’est aussi laisser la possibilité à des enfants et adolescents de prendre part à ces essais vaccinaux », rédige sur son site Covireivac. Le projet destiné à la recherche clinique vaccinale COVID-19 est coordonné par l’INSERM. Les études cliniques sont effectuées pour tous médicaments. Le programme du français Sanofi avec l’anglais GSK semble être intimement lié avec ce qu’écrit Covireivac. Pour cela que l’EMA entame l’examen continu du vaccin Vidprevtyn Share de Sanofi Pasteur depuis le 20 juillet 2021.
Autorisation de mise sur le marché
Le collège de Médecine générale donne accès aux fiches des quatre vaccins contre le virus du SARS-CoV-2 en autorisation de mise sur le marché conditionnelle. Sur le site de l’agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). « Les Autorisations de mises sur le marché (AMM) seront délivrées par la Commission européenne à l’issue de cette évaluation et seront valables dans tous les États membres de l’UE. Dans le contexte de la pandémie et de l’urgence de santé publique, les AMM seront dites conditionnelles,écrit l’agence nationale sur son site avant de poursuivre. L’AMM conditionnelle rassemble tous les verrous de contrôles d’une autorisation de mise sur le marché standard pour garantir un niveau élevé de sécurité pour les patients. Une fois qu’une AMM conditionnelle a été accordée, les laboratoires doivent fournir les données supplémentaires provenant d’études nouvelles ou en cours dans des délais fixés par l’EMA pour confirmer le rapport-bénéfice/risque positif. » L’autorisation de mise sur le marché conditionnelle est octroyée pour un an et peut être renouvelée. Lorsque les autorités européennes ont reçu et évalué tous les renseignements complémentaires exigés, l’AMM conditionnelle peut être convertie en une AMM standard.
Ci-dessous la composition des différents vaccins ayant l’AMM en France, se référant à l’Agence européenne du Médicament, EMA (NDLR pour traduire différents textes en langues étrangères non maîtrisées, la rédaction utilise le site deepl).
Vaccin
Cormitary de Pfizer-BioNtech (à ARNm à nucléoside modifié)
Moderna (à ARNm à nucléoside modifié)
Janssen de Johnson & Johnson (à vecteur viral vivant non réplicatif, adénovirus de type 26)
AstraZeneca (à vecteur viral non réplicatif , adénovirus de chimpanzé)
La liste de tous les vaccins, dont ceux contre le SARS-CoV-2, est sur le site « mes vaccins ». Un comité de rédaction composé d’experts (dont la liste est consultable) veille au grain. Juxtaposé à la liste, une biographie des membres est ajouté par souci de transparence, en cas de doute il suffit de vérifier ici.
Pharmacovigilance et effets indésirables présumés
La pharmacovigilance consiste à recueillir des données issues de la surveillance, y compris des informations sur les effets indésirables présumés, d’un médicament, comme d’un vaccin. Que son utilisation soit conforme aux termes de son autorisation de mise sur le marché, ou non (en cas de surdosage, de mésusage, d’abus, ou d’erreurs médicamenteuses). « Les effets indésirables sont généralement notifiés par les professionnels de santé, c’est pourquoi il est conseillé de faire part de vos effets indésirables à votre médecin ou à votre pharmacien. » Le but est de remonter les effets rencontrés durant la Phase IV. L’EudraVigilance (European Union Drug Regulating Authorities Pharmacovigilance) est faite pour. C’est un réseau de traitement des données et le système de gestion, pour la déclaration et l’évaluation des effets indésirables présumés des médicaments. De ceux qui ont été autorisés, ou, qui sont étudiés dans le cadre d’essais cliniques dans l’Espace économique européen (EEE). En date du 19 juillet 2021, sous l’autorité de l’ANSM, une information transmise aux professionnels de la santé sur les risques de myocardite et de péricardite suite à l’injection des vaccins issue de BioNTech-Pfizer et Moderna indique : « Jusqu’au 31 mai 2021, environ 177 millions de doses de Comirnaty et 20 millions de doses de Spikevax ont été administrées dans l’Espace Economique Européen (EEE). Un total de 145 cas de myocardite est survenu chez des personnes ayant reçu le vaccin Comirnaty et 19 cas chez des personnes ayant reçu le vaccin Spikevax. De plus, 138 cas de péricardite sont survenus après l’utilisation de Comirnaty et 19 cas après l’utilisation de Spikevax. »
La base européenne de données des rapports d’effets indésirables susceptible d’être liée à l’utilisation de médicaments affiche en préambule une clause de non-responsabilité. Cela est dû au fait que les chiffres doivent être replacés dans un contexte avec d’autres facteurs, comme le nombre de personnes qui prennent le médicament et la durée pendant laquelle le médicament a déjà été commercialisé. À savoir :
Les informations présentées sur ce site web ne reflètent aucune confirmation d’un lien potentiel entre le médicament et le(s) effet(s) observé(s).
Les informations présentées sur ce site web concernent des suspicions d’associations qui reflètent les observations et avis du déclarant.
Les informations peuvent inclure des effets indésirables connus déjà énumérés dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) et la notice.
Le nombre d’effets indésirables suspectés d’être liés aux médicaments dans la base de données EudraVigilance (EV) ne doit pas servir de base pour la détermination de la probabilité de la survenue d’un effet indésirable.
Chaque circonstance individuelle enregistrée dans le système EV concerne en général un seul patient ; cependant, plus d’un effet indésirable a pu être signalé dans un cas. Par conséquent, le nombre d’effets indésirables ne sera pas toujours identique au nombre de cas.
Les déclarations sur les effets indésirables contenus dans la structure EV ne représentent pas l’ensemble des informations disponibles concernant les bénéfices et les risques d’un médicament […] d’autres sources d’informations (informations sur le produit et en matière de prescription, doivent d’abord être consultées.
Les patients et les consommateurs ne doivent pas arrêter de prendre leurs médicaments ou en changer sans consultation préalable d’un professionnel de santé.
Mais d’autres données sont lisibles par tout un chacun. Le nombre de cas individuels d’effets indésirables identifiés dans EudraVigilance pour le vaccin Moderna contre le virus du SARS-CoV-2 (CX-024414) est de 84 547 (jusqu’au 31/07/2021). Les statistiques concernant Pfizer-BioNTech, AstraZeneca et Janssen des laboratoires Johnson & Johnson révèlent respectivement 327 665, 346 881 et 19 915 cas individuels d’effets indésirables.
Les données complètes tant au niveau de l’âge, du sexe, du pays… permettent de déterminer le rapport-bénéfice/risque et l’autorisation de mise sur le marché. (Sources : EMA)
Les chiffres en France
Le Premier ministre, Jean Castex, annonçait sur TF1 le 21 juillet dernier que 96 % des 18 000 cas positifs dus au variant Delta, n’étaient pas vaccinés. Or, ce dernier avait commis une erreur ou imprécision, en tout bonne foi. Les services de Matignon confirmaient HuffPost et au Parisien que le chef du gouvernement tirait ce chiffre de 96 % non des dernières données de Santé publique France, mais d’une étude mentionnée par le ministre de la Santé Olivier Véran et menée par la DRESS (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) portant sur la période du 28 juin au 4 juillet. Concernant un homme politique, devons-nous parler d’erreur ou de « Fake News » ?
La Drees au paragraphe 2.1 indique : « Sur la semaine du 28 juin au 4 juillet 2120 tests PCR prélevés positifs par joue en moyenne ». Cela représente donc sur sept jours 14 840 personnes testées. Le nombre de personnes non vaccinées atteint est de 80, 57 %. Le tableau pris en compte dans le dossier communiqué par la Drees est celui, ci-dessous. Il détaille l’effectif de cas L452R (variant Delta) de femmes et d’hommes, vaccinées ou non, avec ou sans symptômes venant effectuer un test RT-PCR.
En reportant les données par sexe et en les compilant, cela donne les donnes suivantes.
TR-PCR Positifs
Statut vaccinal
Nombre moyen par jour
Global
L452R
Non-vaccinés
1694 / 374
80, 4 %
74, 8 %
Primo dose récente
57 / 19
2, 7 %
3, 8 %
Primo dose efficace
229 / 79
10, 87 %
15, 8 %
Vaccination complète
127 / 28
6, 03 %
5, 6 %
Ensemble
2107 / 500
100
100
Nombre de positifs et taux de positivité par statut vaccinal pour RT-PCR entre le 28 juin et le 4 juillet 2021. (Source : tableau 2a. appariement Sidep-Vacsi, calcul Drees. Champ : France, tous âges. Note : moyenne par jour entre le 28 juin et le 4 juillet.)
La communication est le sujet prépondérant de tout, ainsi d’innombrables experts s’écharpent depuis le début de la pandémie, non sur le taux de contamination, mais sur celui de la létalité. La définition prodiguée par le centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) est le « Rapport entre le nombre de décès dus à une maladie et le nombre de personnes atteintes de cette maladie ». Les données en France par le site« Ourworldindata » à la date du 27 juillet 2021 fournissent le nombre d’êtres humains disparus à 111 883, sur un total d’individus contaminés de 6, 09 millions. Le taux de létalité est de 1, 8371 %. Or, le ratio de mortalité ne tient pas compte des infectés non répertoriés, c’est-à-dire les malades qui n’ont pas eu de test PCR. Ainsi, le taux serait en Italie de 2, 96 %, au Brésil de 2, 79 %, Allemagne 2, 43 %, Iran 2, 38 %, en France de 1, 84 % pour une moyenne mondiale de 2, 14 %.
Le nombre réel de cas est possiblement plus élevé que celui des cas confirmés. Pour autant, les statistiques n’indiquent pas si les personnes sont symptomatiques, asymptomatique, schéma vaccinal complet ou non. (Source : Ourworldindata)
Les effets indésirables et les bénéfices des vaccins
Les essais de Phase IV profitent de ce que chaque effet indésirable est notifié. En fonction des vaccins ayant reçu l’AMM, l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, met à disposition une fiche récapitulative mentionnant lesdits effets indésirables des vaccins et médicaments. Chaque fait doit être signalé auprès du médecin, de la pharmacie, et en cas de doute il est recommandé de contacter votre praticien traitant, ou le 15.
Céphalées, nausées, myalgies, fatigue, douleur au site d’injection
Fatigue, céphalées, lymphadénopathie, nausées / vomissements, myalgies, frissons, arthralgies, fièvre, douleur au site d’injection
Fatigue, céphalées, myalgies, frissons, arthralgies, fièvre, diarrhée. Réaction au site d’injection (douleur, gonflement au site d’injection)
Fréquents (≥ 1/100 à < 1/10)
Vomissements, diarrhées, fièvre, thrombocytopénie, maladie pseudo grippale, asthénie, douleurs dans les extrémités, réaction au site d’injection (gonflement, érythème)
Toux, arthralgie, fièvre, frissons, gonflement et érythème (au site d’injection)
Réaction au site d’injection (érythème, urticaire, rash), éruption cutanée
Réaction systémique : nausées, vomissements. Réaction au site d’injection (rougeur)
Des réactions d’hypersensibilité, anaphylactiques et des myocardites/ à péricardites ont été rapportées
Des réactions anaphylactiques et des myocardites/péricardites ont été rapportées
La liste des effets indésirables est constituée par les remontées des patients, comme des spécialistes de la santé. Les conduites à tenir en cas de doutes suite à l’injection des vaccins AstraZeneca, Janssen, Moderna et Pfizer sont simples, s’adresser à un professionnel de santé. (Sources : ANSM)
Pour qu’un vaccin soit De l’autre côté, Le CRESS (centre of research in epidemiology and statitics) recense et décrit des estimations en fonction des suites de l’infection au SARS-CoV-2 vacciné ou non. D’ailleurs ce site hors mis qu’il « a pour objectif de visualiser des données scientifiques publiées et n’a pas vocation à se substituer aux recommandations des autorités de santé ou à une consultation et discussion avec un médecin ».
Il propose des graphiques montrant les bénéfices estimés en fonction de l’âge, du sexe de l’individu et du vaccin inoculé. Cet outil a été développé et évalué avec l’aide de 3152 patients de la Communauté de Patients pour la Recherche (ComPaRe). (Crédits : DR)
Le texte adopté n°654 dit « Petite loi » sera présenté devant le Conseil constitutionnel le 5 août 2021, avec le « passe sanitaire », « l’obligation vaccinale », la « suspension du contrat de travail »… à suivre…
C’est le sujet brûlant, voire explosif du moment, ce quelque soit le pays ou continent. Une discussion peut devenir un pugilat, un concours de mots, qui ne révèlent en fait que l’incapacité d’écoute, et sans jugement, des arguments des uns et des autres. Chacun campe sur sa position, même sans connaissance… mais quel est le thème ? Le vaccin contre le SARS-CoV-2, tout simplement ou presque. Il est à ajouter le « pass sanitaire ». Tâchons de placer en lumière les faits, et uniquement les faits.
Donc, qu’est-ce qu’un vaccin ? L’Académie de Médecine explique que c’est une préparation antigénique immunogène, utilisée dans la prévention ou le traitement de maladies infectieuses, qui mettent en jeu le système immunitaire. Il est nécessaire de clarifier « antigénique immunogène ». Le premier adjectif caractérise une substance qui possède deux propriétés : la spécificité antigénique est la capacité d’être reconnue soit par des anticorps, soit par des récepteurs cellulaires, et l’immunogénicité, celle de déclencher une réaction de la part du système immunitaire (une substance qui ne possède que la première propriété est qualifiée d’haptène). Puis, le second dispose de la propriété d’induire une réponse immunitaire lorsqu’il est introduit dans un organisme qui en est dépourvu (NDLR du latin immunis, exempt de).
Il était une fois… les vaccins
C’est à Edward Jenner que l’on doit, en 1796, la première tentative de vaccination systémique contre la variole. Pour autant, il faudra attendre Pasteur, un siècle plus tard, pour pouvoir aborder et comprendre le problème de la vaccination. Il est nécessaire d’appréhender la genèse de la question afin de faire évoluer la science pour le bien de tous.
C’est là que la réflexion de Louis Pasteur fit la différence. Le médecin français démontre l’origine des maladies infectieuses, tout en apportant des protections contre elles. Ce, par l’injection de germes atténués, déterminant une maladie bénigne inapparente, laissant une immunité active solide et durable, les anticorps.
Le virus (poison en latin) représente un agent infectieux réduit à son strict minimum. Pour se multiplier, le virus, environ vingt fois plus petit qu’une bactérie, doit rentrer dans la cellule hôte et parasiter ses fonctions de réplication. Les virus sont tous à l’origine de maladies : poliomyélite, grippe, rage, Sida, variole…
(Crédits : Edward Jenner/Pexels)
L’étape décisive fut franchie en 1885, lorsque Pasteur appliqua, pour la première fois, une vaccination antirabique au petit Joseph Meister sévèrement mordu par un chien atteint de rage. Une décennie passe quand, en 1896, Sir Almroth Edward Wrigth expérimente le premier vaccin tué contre la typhoïde et, vingt ans plus tard, en 1915, Fernand Widal suggère l’emploi d’une vaccination triple associant au bacille typhoïdique les bacilles paratyphoïdiques A et B. En 1884, Robert Koch découvre le vibrion cholérique, et Jaume Ferran i Clua, puis, Waldemar Haffkine, en 1892, tente d’immuniser les sujets par des bacilles vivants.
Vaccin
Auteur / Année
Vaccin
Auteur / Année
La Variole
Edward Jenner / 1798
Infections à Méningocoque / La Rubéole
Emil Claus Gotschlich / Stanley Alan Plotkin / 1969
Le Charbon
Louis Pasteur / 1881
La Varicelle
Michiaki Takahashi / 1973
La Rage
Louis Pasteur / 1885
Hépatite B
Philippe Maupas, puis Maurice Ralph Hilleman / 1976
La Fièvre Thyphoîde
Sir Almroth Edward Wright / 1896
Infections à Pneumocoque
Robert Austrian / 1983
Tuberculose (BCG)
Albert Camette et Camille Guérin / 1921
Méningite bactérienne haemophilus influenzae de type B
John B Robbins / 1985
La Coqueluche / La Diphtérie
Thorvald Madsen / Gaston Ramon / 1923
Hépatite A
1992
Le Tétanos
Gaston Ramon / 1927
Zona / Infections à Rotavirus de l’enfant (gastro-entérites)
2006
La Grippe / La Fièvre Jaune
Jonas Salk / Max Theiler / 1937
Papillomavirus humains
2007
La Polomyélite
Jonas Salk / 1954
Infections à Méningocoques B
2014
La Rougeole
John Franklin Enders / 1963
La Dengue
2016
Les Oreillons
Michiaki Takahashi / 1966
L’histoire des vaccins à travers les âges a permis à l’humanité d’augmenter de manière significative l’espérance de vie à la naissance, bien que l’accès aux soins modernes soit hétérogène selon les continents, les ressources et les individus. Le Covid-19 sera-t-il ajouté au tableau ? (Source : Vaccination info-services)
Ce n’est qu’en 1923 que les premiers résultats de vaccination contre la coqueluche à germes entiers furent rapportés par Thorvald Madsen. À la même époque, Ramon découvre l’anatoxine diphtérique, puis tétanique, tandis que Albert Calmette et Camille Guérin découvrent le BCG. Un livre sorti en 2009, écrit par Nizar Ajjan « La vaccination : Manuel pratique de tous les vaccins » était considéré comme la « bible ». Il fut conçu pour faciliter la consultation et la recherche d’informations utiles, cet ouvrage annonce aussi les progrès à venir en matière de prévention des maladies transmissibles.
Les types de vaccins
L’académie de médecine distingue différents genres de vaccins. Les inactivés, les atténués (exemple : rougeole, rubéole, oreillons), ceux composés de sous-unités (exemple : hépatite B), les vaccins polyosidiques (exemple : pneumocoques) et les vaccins conjugués formés d’une unité oligosaccharidique couplée à une protéine (exemple : Haemophilus influenzae de type b). Le centre d’appui pour la prévention des infections associées aux soins (CPIAS) Auvergne-Rhône-Alpes met à disposition un fascicule afin de mieux saisir les différences.
Clarifions la compréhension. En parlant de « virus entier », les scientifiques utilisent un virus qui ne peut pas induire de maladie. Atténué, il est injecté « vivant », il peut être répliqué (Ex. : fièvre jaune, rougeole, oreillons, rubéole). Lorsqu’il est inactivé, le virus ne peut donc pas se multiplier (hépatite A, rage, poliomyélite, grippe).
Les bactéries sont des êtres vivants microscopiques constitués d’une unique cellule entourée d’une paroi et dépourvue de noyau. Beaucoup d’entre elles ne sont pas nocives, mais d’autres sont à l’origine de maladies graves, comme la peste, le choléra, la tuberculose ou, moins terrible, l’angine. (Crédits : Arek Socha/Pixabay)
Ensuite un vaccin « à vecteur viral » contient une version affaiblie d’un virus rendu inoffensif pour l’humain, dans lequel une partie du matériel génétique du virus a été introduit (Ebola). Lorsque le vecteur viral pénètre dans nos cellules, il donne des instructions pour fabriquer la protéine Spyke. Notre système immunitaire reconnaît que cette protéine est étrangère et produit des lymphocytes T et des lymphocytes B pour la neutraliser, explique le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Le vaccin du laboratoire suédois britannique AstraZeneca utilise cette méthode.
Ce dernier contient une infime quantité d’adénovirus, du chlorhydrate de L-histidine monohydraté, du chlorure de magnésium hexahydraté, du chlorure de sodium, de l’édétate disodique dihydraté, de la L-histidine, de l’éthanol, du Polysorbate 80 et du saccharose.
D’autres usent de protéine recombinante. La première est une sous-unité protéique, l’injection d’une protéine immunogène produite de manière dite « industrielle » va induire la réponse immunitaire. Ce type de vaccin nécessite la présence d’un adjuvant et de plusieurs doses pour être immunogène. Comme le sont les vaccins contre l’hépatite B et la coqueluche.
Concernant la seconde, il s’agit simplement d’un virus dépourvu de tout pouvoir infectieux qui imite la structure du virus, capable d’induire la réponse immunitaire (papillomavirus, hépatite C). Le CPIAS Auvergne-Rhône-Alpes souligne que pour les vaccins à ADN, le gène d’une protéine immunogène est inclus dans une molécule d’ADN. Après pénétration dans la cellule, ce gène va intégrer le génome cellulaire et être traduit en ARNm, puis en protéine immunogène. (Crédits : Nothing Ahead/Pexels)
Cette protéine va provoquer la réponse immunitaire. Développée dès les années 90, il n’existe pas de résultat probant chez l’Homme pour VIH, VHB, VHC, tuberculose ou paludisme. Enfin, ceux utilisant l’acide nucléique, autrement dit les ARNm. Une molécule d’Acide RiboNucléique est incluse dans une nanoparticule lipidique qui va fusionner avec la paroi cellulaire et libérer l’ARNm dans le cytoplasme. L’ARNm est transcrit en protéine immunogène excrétée par la cellule. Cette protéine va provoquer la réponse immunitaire. À suivre…
Si Facebook est le réseau social le plus plébiscité avec 2, 74 milliards de comptes, actuellement TikTok se taille la part du lion. Avec 315 millions d’installations au premier trimestre 2020, soit le plus grand nombre de téléchargements en trois mois depuis le 1er janvier 2014. Elle est devenue la première application à franchir ce nombre après Facebook et ses satellites (WhatsApp, Instagram et Messenger). Un petit détail semble être passé inaperçu, TikTok vient d’autoriser la collecte de données biométriques des utilisateurs américains.
Tout commence le vendredi 4 juin 2021. La date où l’application permet la moisson de masse des renseignements biométriques, notamment les « empreintes faciales et vocales ». Auparavant, la politique de confidentialité modifiée le mercredi où l’introduction d’une section stipule que l’application de vidéo sociale « peut collecter des identifiants biométriques et des informations biométriques » à partir du contenu de ses usagers. « Contacté pour un commentaire, TikTok n’a pas pu confirmer quels développements de produit ont nécessité l’ajout des données biométriques à sa liste de divulgations sur les informations qu’il recueille automatiquement auprès des utilisateurs, mais a déclaré qu’il demanderait le consentement dans le cas où de telles pratiques de collecte de données commenceraient », révèle Sarah Perez sur techcrunch.
Les « réseaux sociaux » sont un formidable outil, si l’on sait l’utiliser à son avantage. (Crédits : Pixaline/Pixabay)
La chose inquiétante est que les « informations sur les images et le son » sont collectées de manière machinale. La première partie de cette nouvelle section explique que TikTok peut ramasser des informations « comme l’identification des objets et des paysages qui apparaissent, l’existence et l’emplacement dans une image des caractéristiques et attributs du visage et du corps, la nature du bruit et le texte des mots prononcés dans votre contenu utilisateur. »
Le deep learning
Effrayant au demeurant, cette clause n’est appliquée, à l’heure actuelle, qu’outre-Atlantique. L’Union européenne, posséderait des lois plus strictes en matière de protection des données et de la vie privée, qu’aux États-Unis. Sous l’administration Trump, le gouvernement fédéral avait tenté d’interdire totalement l’exploitation de TikTok (propriété de ByteDance Ltd) et WeChat (propriété de Tencent Holdings Ltd) sur leur sol, qualifiant les logiciels de menace pour la sécurité nationale en raison de leur propriétés par des sociétés chinoises. Le décret de la Maison-Blanche annule plusieurs du gouvernement précédent. « Les responsables disent qu’ils restent préoccupés par les risques de sécurité posés par les applications chinoises et certaines autres étrangères, mais que les décrets signés par l’ancien président Donald Trump étaient en fait inapplicables », écrit le Wall Street Journal. La nouvelle réglementation de M. Biden vise à adopter une approche plus sobre, affirmant que le gouvernement américain devrait « évaluer ces menaces par le biais d’une analyse rigoureuse, fondée sur des preuves », afin de faire face à « tout risque inacceptable ou excessif compatible avec les objectifs généraux de sécurité nationale, de politique étrangère et d’économie », explique Lucas Ropek sur gizmodo.
800 millions d’utilisateurs actifs par mois à l’échelle mondiale
Bien qu’effrayant, divers réseaux sociaux effectuent déjà de la reconnaissance d’objets sur les images téléchargées pour alimenter les fonctionnalités d’accessibilité (description d’une photo dans Instagram), mais également à des fins publicitaires. La politique indique aussi que cette portion de ramassage de données sert à activer « les effets vidéo spéciaux, la modération du contenu, la classification démographique, les recommandations de contenu et de publicité et d’autres opérations ne permettant pas d’identifier les personnes ».
L’apprentissage passe par la répétition, l’intelligence dite artificielle applique la même méthode. (Crédits : Tayeb MEZAHDIA/Pixabay)
Rappelez-vous que lorsque quelque chose vous est proposé gratuitement, vous êtes le produit. La localisation de l’emplacement d’un individu et du paysage peut contribuer aux effets de réalité augmentée, tandis que la conversion des mots prononcés en texte est utile pour des fonctionnalités telles que les légendes automatiques de TikTok. Les intelligences artificielles apprennent de leurs interactions pour être plus performantes, le deep learning.
Le « passe sanitaire »
Alors que le gouvernement français est à même de lancer le fameux « passe sanitaire », la Quadrature du Net (LQDN) s’y intéresse de près. « Nous allons déposer un référé contre ce passe sanitaire devant le Conseil d’État car il divulgue de façon injustifiée des données sur l’état civil et des données de santé », écrivent-ils le 9 juin 2021. Il faut dire qu’après les restrictions de libertés subies par les habitants de l’hexagone, le gouvernement fait du passe sanitaire l’objet de toutes les convoitises. « L’accès aux grandes manifestations sera limité aux personnes présentant certaines garanties contre la pandémie, telles que le fait d’être vaccinées, d’avoir réalisé un test PCR ou de s’être récemment rétablies de la maladie. Ce n’est pas cette limitation que nous avons choisi d’attaquer. » Le passe sanitaire permet de vérifier le statut vaccinal, le résultat d’un test négatif ou le certificat de rétablissement d’une personne, lui permettant par exemple la participation à un rassemblement ou un événement de plus de 1 000 personnes, assure le gouvernement.
La papier rendu indispensable par le gouvernement pour participer à certains événements aux conditions particulières. (Crédits : DR)
Ledit décret prévoit que la photo de chaque visage soit impérativement numérisée et centralisée dans le mégafichier des titres électroniques sécurisé (TES). Il pourrait être une base idéale du système de reconnaissance faciale étendue dont rêvent différents partis politiques se partageant actuellement le pouvoir. « De plus, la crise sanitaire ne doit pas être un prétexte pour rétablir l’obligation généralisée de détenir une carte d’identité, tel que l’avait imposée le gouvernement de Vichy afin de traquer et de tuer les séparatistes juifs et résistants », martèle la Quadrature du Net. Le fichier TES voté en 2016, sous l’égide de M. François Hollande, par l’action du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, est acté par le Conseil d’État le 24 octobre 2018.
Un article d’Anaïs Cherif dans La Tribune, le 25 octobre 2018, évoquait déjà les inquiétudes. « Il y a un risque sérieux de piratage dès lors qu’il y a centralisation d’une montagne de données : c’est la base de la sécurité informatique, soulignait Arthur Messaud, juriste pour LQDN. Quand il y a des fuites de données, la gravité du piratage dépend de la nature des données. Or, le fichier TES condense des données biométriques… » Tandis que la réalité dépasse la fiction au Royaume-Uni et aux États-Unis, avec les attaques de codes malveillants qui infectent les forces de l’Ordre et font fuiter les civilités des policiers sur l’Internet, nous sommes en droit de nous poser la question de la protection des nôtres.
Quid des données ?
D’après Canalys, un cabinet d’analyses de marché spécialisé dans les technologies, 30 milliards de données ont été volées en 2020, soit plus que le total cumulé des quinze dernières années. Dès 2014, la Wildlife Justice Commission, une ONG qui lutte contre le trafic d’espèces menacées, a constaté que la messagerie WeChat avait permis l’émergence au Vietnam d’une plaque tournante illégale de commerce d’espèces sauvages s’adressant essentiellement à des clients chinois. La criminalité continuera probablement de se développer tant que les États ne réorganiseront pas en profondeur leurs services de police. Ces derniers ont de plus en plus besoin de spécialistes dotés de compétences en sécurité des systèmes d’information. « À l’échelle mondiale, on estime à 3,5 millions le nombre de postes d’ingénieurs en cybersécurité qui sont vacants. Le problème, c’est que vu la pénurie, les salaires sont parmi les plus élevés du secteur », relate Misha Glenny dans le Financial Times du 28 avril 2021.
Le résultat d’une enquête de trois années effectuées conjointement avec différents force de l’ordre et de pays. (Crédits : EUROPOL)
La population mondiale n’a pas conscience de cette réalité budgétaire, ainsi que de l’évolution de la nature de la criminalité. La Capture de plus de 800 personnes au sein du crime organisé fait grand bruit sur tous les médias : « Un réseau de crime organisé a été démantelé avec l’arrestation de plus de 800 personnes », a déclaré, le 8 juin 2021, Europol. Toutefois, les infections par codes malveillants continuent, procurant des dommages collatéraux conséquents, par effet domino.
Le plus dur c’est pas la chute, c’est l’atterrissage.
L’un dans l’autre, sommes-nous à l’aube d’un contrôle total (avec les bons et mauvais points) à la sauce de la République Populaire de Chine ? « Le système de code en deux dimensions (parfois appelé “cachet électronique visible” ou “2D-Doc”) intégré au passe sanitaire est celui destiné à intégrer les futures cartes d’identité biométriques. Ce système simple et pratique de code en 2D facilitera le traçage constant et à grande échelle de toute personne présentant sa carte d’identité. Si, à l’heure actuelle, le passe sanitaire permet déjà et très facilement la constitution de fichiers illicites de données personnelles, la situation pourrait très vite s’aggraver s’agissant des futures cartes d’identité. […] En résulte un triptyque idéal du traçage constant, automatisé et centralisé de l’ensemble de la population : géolocalisation du téléphone, reconnaissance faciale et contrôle d’identité automatisé sanitaire », justifie la Quadrature. D’autant qu’au temps des réseaux sociaux, les stories montrant le « graal » qu’est le « passe sanitaire » est un manque discernement face au danger. Les renseignements affichés sont des données personnelles de santé. Ainsi en le publiant, vous pourriez tomber dans un processus hameçonnage ciblé, suite à l’accès de vos données médicales. De plus, un réseau de faux certificats existe dans les hôpitaux et sur l’internet. Soyez vigilant, car « le plus dur c’est pas la chute, c’est l’atterrissage ! »