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  • Il y a cent ans… divergence entre organisateur et police

    Il y a cent ans… divergence entre organisateur et police

    Le traditionnel mouvement effectué lors du 1er mai faisait déjà les gros titres le 2 mai 1922. L’Humanité titrait « Les incidents du premier mai et les mensonges de la presse bourgeoise ». À cette époque mouvementée de l’histoire de France, n’existaient pas les réseaux sociaux ni les outillages informatiques, pourtant le contrôle de l’information semblait être la clé de voûte d’un système qui entonnait le chant du cygne de la IIIe république sous Alexandre Millerand.

    Qui croire quand le politique s’oppose au 4e pouvoir qu’est la presse ? Retour sur la journée du 1er mai 1922. L’Ouest-Éclair indiquait qu’« à 17 h 30 les manifestants, biens qu’encadrés par des gardiens de la paix, se sont emparés des grilles d’arbres et après les avoir brisées, se sont servis des morceaux de fonte comme projectile qu’ils ont lancé sur les agents. Ces derniers ont alors chargé les manifestants. Rue des Écluses-Saint-Martin, Marcel Cachin, député communiste a été vivement pris à parti par un rédacteur du journal du matin et frappé au visage. » En Angleterre et en Espagne aucun incident. L’Action Française relate que « vers 5 heures 30, au même endroit, un groupe de manifestants a voulu arracher les grilles des arbres pour les briser et en jeter les morceaux sur les agents. Ceux-ci se sont précipités pour disperser les anarchistes. Marcel Cachin et André Berthon, les deux députés communistes se sont alors interposés pour accuser les agents de provocation. » Le parlementaire Cachin prenait un vigoureux coup de poing dans l’œil de la part d’un civil.

    Les manifestations du 1er mai ne datent pas d’hier. Les heurts entre force de l’ordre et participants sont déjà relatés en 1922. (Crédits : Jean-Philippe Fourier/Pixabay)

    Dans le quotidien Le Journal, un autre son de cloche. « Une de ces bagarres éclata rue des Écluses-Saint-Martin. Des agents furent blessés à coup de pierre et de morceaux de grilles d’arbres. Dans un groupe MM. Marcel Cachin et André Berthon, députés communistes, Daniel Renoult et quelques révolutionnaires accusaient les agents d’avoir commencé. Un de nos confrères, M. de Bœver, mutilé de la guerre, médaille militaire et croix de guerre, déclara que c’étaient les manifestants qui avaient attaqué les gardiens de la paix »

    Toute déclaration de manifestation, selon les lois en vigueur, doit être déposée en préfecture. En cas de non-dépôt ou de refus d’autorisation, la loi indique que ce rassemblement est interdit, et qu’une réponse appropriée à la discrétion des autorités est mise en place. (Crédits : fsHH/Pixabay)

    Le député s’exclamait que « ce sont des agents provocateurs en désignant un groupe de journalistes »

    « Voici mon coupe-file, répliqua M De Boever, et je ne vous permets pas de parle de provocateurs. Voulez-vous rétracter vos paroles ? »

    Le silence fut la seule réponse.

    « Eh bien ! Je vous méprise, reprit le confrère, et tout député que vous êtes … »

    L’élu esquissa un geste selon le rédacteur du quotidien Le Journal, mais de Bœver le gifla à deux reprises, en ajoutant : « Maintenant, voici ma carte, je suis à votre disposition… »

    Le mobilier urbain peut être employé à diverses choses, au même degré que le couteau peut vous aider à découper votre repas, comme d’agresser ou de tuer. Vous ne pouvez pas empêcher, ni tout prévoir, ni tout protéger. (Crédits : 30bis Studio/E.Belondrade)

    Pourtant, un autre quotidien proposait une version différente. L’Écho de Paris racontait que le député Cachin traita M de Boever « d’agent provocateur ». L’homme élu de la IIIe République leva le poing sur son adversaire, mais le coup porta sur un gardien de la paix. L’agent le lui rendit largement. Ce fut le signal pour débuter la bagarre. « Vous êtes un être méprisable », jeta de Bœver. La phrase juste close deux gifles retentissantes volèrent sur les joues du député. « Si demain, je n’ai pas de nouvelles, ajouta de Bœver, j’irai vous gifler à la chambre. » C’est durant cette altercation que la foule excitée commença par arracher les grilles des arbres et à lancer des morceaux de fontes à la tête des agents et des gardes municipaux.

    Attention à vos gestes. Si la gifle légère peut être poursuivie comme une voie de fait, la gifle appuyée relève des coups et blessures volontaires (Article R 624-1 du Code pénal). Vous pouvez être relaxé comme condamné à amende et dommages et intérêts, mais aussi peine de prison avec sursis ou ferme. (Crédits : Nika Suchá/Pixabay)

    L’Humanité n’était pas de cet avis. « Les agents excités, ivres de colère, ont frappé à coups de matraque les manifestants et les passants inoffensifs aux alentours de la Grande-aux-Belles. C’est une constatation que nul homme honnête ne peut nier. Mais comme le préfet Leullier a le front de déclarer que ses agents n’ont jamais employé de matraque, tous les journaux, grands et petits, répètent le mensonge. » Quant à l’incident de la rue des Écluses-Saint-Martin, « les élus ont constaté les brutalités des agents, ont protesté comme c’était leur devoir devant les chefs des assommeurs ». Le journal L’Humanité n’était pas tendre avec la presse. « On n’en finirait pas si on voulait relever toutes les canailleries et les ordures dont la presse prostituée est remplie à l’occasion de la manifestation. Si, du moins, les travailleurs savaient tirer la leçon de ces faits qui se répètent lors de chaque mouvement ouvrier ».

    À travers ces passages d’articles issus de la Bibliothèque nationale de France, il est compréhensible que l’information soit issue du point de vue, de l’endroit où vous situez, et surtout qu’il faut croiser vos sources au minimum trois fois. Existe-t-il un changement, une continuité, une amélioration entre l’année 1922 et 2022, c’est à vous de seul de juger.

  • Il y a cent ans… c’était fort de café

    Il y a cent ans… c’était fort de café

    Imaginez-vous en terrasse d’un bar, que ce soit en bord de mer, à la cime d’un mont, ou dans une ville quelconque, mais qui vous est chère, sirotant un café. Qu’il soit crème, « cafe solo » en Espagne, un « petit noir » ici comme ailleurs, vous appréciez, surtout lorsqu’il est accompagné d’une friandise, d’un gâteau. Il semble que depuis quelque temps, le prix des grains est augmenté. En 1922, le précieux connaissait déjà un coût conséquent, au point de ne pas gâcher une marchandise même tombée à l’eau.

    En 2022, le tarif du « jus » croît, certains diront que c’est normal, d’autres que c’est dû au conflit russo-ukrainien, quoi qu’il en soit se retrouver en terrasse d’une cité de province est régler deux euros, rend cher ce modeste plaisir. Le 1er mai 1922, MM Miguet et Lhéritier furent inculpés de spéculation illicite, tromperie sur la qualité de la cargaison vendue et infraction à la législation des douanes, toit un programme. Pour comprendre, il faut utiliser la Doloréane de « Retour vers le Futur » au mois de février 1922, dans la ville du maire et ancien premier ministre Édouard Philippe, présidée à l’époque par Léon Meyer. Un chaland remontait la Seine depuis la ville portuaire chargée de 70 000 kg de café vert et de cacao, en direction des docks de La Villette. À la hauteur de Vernon, le pont du transporteur éclatait projetant la précieuse cargaison dans le fleuve. Les personnes mirent un certain temps à récupérer tous les sacs. À l’ouverture, il était devenu invendable, un prix de 2 000 francs fut convenu pour l’enfouir dans les carrières de sable de Draveil-Vigneux.

    Interrogés, ils se défendirent indiquant vendre la cargaison non en café mais comme engrais. (Crédits : Engin Akyurt/Pixabay)

    C’est à ce moment que Élie Miguet intervenait. Le négociant en matières premières, se rendit acquéreur des 70 tonnes de café pour la modique somme de 5000 francs, deux fois et demie le précédent montant, une aubaine. Il vendit dix tonnes à Lhéritier, au prix de 50 francs le quintal, soit la même somme qu’il venait de dépenser pour la totalité de la cargaison. Ce dernier, torréfia le café impropre, le conditionna en sachet de 500 grammes. Pour faire sa marge, il triplait le prix atteignant 150 francs les 100 kilogrammes pour les commerçants. Les détaillants débitaient la livre de café à 2, 5 francs, soit un franc de bénéfices. Le service des fraudes eu vent de ce trafic juteux et leur présenta la noté, salé aux sieurs Miguet et Lhéritier.

  • L’hôpital Aoyama, à Osaka victime d’un ransomware

    L’hôpital Aoyama, à Osaka victime d’un ransomware

    Un hôpital japonais de Fujiidera a été frappé le 27 avril 2022 par une cyberattaque qui serait le résultat d’un ransomware. Le code malveillant informatique exige une rançon, et empêche les patients d » accéder a leurs dossiers médicaux (DME). L’établissement connu sous le nom d’Aoyama de la ville de Fujiidera, dans la préfecture d’Osaka, a vu un examen extérieur illégal et le personnel n’a pas pu consulter aux DME de dizaines de milliers de bénéficiaires stockés sur le serveur de l’hôpital.

    Selon un entretien avec le département de police d’Osaka et l’hôpital, aucune fuite d’informations n’a été confirmée, ni démentie. Les services de l’ordre ont consulté l’hôpital dans le cadre de l’enquête sur les circonstances de cette attaque. Selon l’hôpital, les imprimantes ont commencé à fonctionner toutes en même temps avant l’aube du 23 avril 2022, et une grande quantité de papier avec du texte en anglais a été imprimée. Les mots anglais « pay » et « ransom », qui suggèrent un virus de type rançon, sont également affichés sur l’écran de l’ordinateur.

    En réponse à cette situation, Shigeyuki Goto ministre de la Santé, du Travail et du Bien-être a révisé les directives relatives aux mesures de sécurité pour les établissements médicaux, qui citent les mesures contre les « ransomwares » comme un problème urgent. Ci-dessus, le quartier général de la police préfectorale d’Osaka. (Crédits : DR)

    À l’hôpital, les soins tels que la médecine interne, la chirurgie et la radiologie sont effectués, et comme il y a 87 lits, « nous poursuivons actuellement les soins médicaux en utilisant des données préliminaires, mais le temps d’attente pour les patients externes sera plus long ». En 2018, certains dossiers médicaux n’ont pas pu être consultés à l’hôpital municipal de la ville d’Uda, préfecture de Nara. Le Japon est malheureusement coutumier du fait. L’année dernière, à l’hôpital municipal de la ville de Tsurugi, préfecture de Tokushima, les dossiers médicaux électroniques et les systèmes comptables cryptés, et nous avons cessé d’accepter de nouveaux patients pendant approximativement deux mois, sauf pour les maternités. En janvier 2022, les hôpitaux de la ville de Kasugai, préfecture d’Aichi, subissait des dommages sensiblement identique, avec l’impossibilité d’accéder à environ 50 000 dossiers en ligne.

  • Il y a cent ans… l’Espagne surclasse la France 4 à 0

    Il y a cent ans… l’Espagne surclasse la France 4 à 0

    Le premier match international de football entre la France et l’Espagne se déroulait ce 30 avril 1922, sur le terrain du Stade Bordelais, au Bouscat. La foule considérable composée en majeure partie d’Espagnols, comme jouant à domicile, ce qui fut un atout conséquent. C’est donc sans grand suspens que La Roja étrille le Coq. Le premier quart d’heure fut observation avant que les attaquants ibériques placent quelques banderilles ici et là, au grand dam des spectateurs tricolores.

    La délégation française constituée par Jules Rimet, président de la fédération française de football, et les autorités bordelaises accueillirent leur voisin et adversaire d’un jour. Le Roi d’Espagne fut représenté par le gouverneur de Guipuzkoa, Pays basque espagnol. Il est 15 h 15, lorsque le coup d’envoi est sifflé. Les Ibériques prenaient l’avantage d’entrée, il ne fallait pas attendre plus de 17 minutes pour voir le cuir dans les buts de Friess, après l’avoir paré dans les pieds d’Alcantara. À, la remise en jeu, Domergue se laisse tromper, par Alcantara, qui se défit des arrières, fixe le portier et double le score.

    Les confrontations entre la France et l’Espagne connaissent une saveur particulière. (Crédits : Phillip Kofler/Pixabay)

    La France à travers Dubly tente, mais frappe sur la barre, sans cadrer plus que ça. Les Espagnols reprenaient alors les rênes du match, Alcantara s’échappe, centre sur Travieso qui reprend et transperce la défense et le portier, puis quelques minutes plus tard, le même footballeur double sa marque et porte à quatre le nombre de buts encaissés par les Bleus. La messe est dite. Les joueurs rentraient aux vestiaires sur le score de 4 à 0. Malgré la défaite, Dubly d’une virtuosité étourdissante, Hugues actif en défense comme en attaque et Vanco défenseur sortaient du lot, ne permettant pas aux locaux de rivaliser.

  • Conti copie les données du renseignement péruvien

    Conti copie les données du renseignement péruvien

    La menace des ransomwares lorsqu’elle est mise à exécution fait fuiter de nombreuses données sur le Darknet. Il arrive qu’elle soit sensible, voire très sensible, pour différentes raisons. Le Costa Rica en fait l’amère expérience. « Il faut environ 2 ou 3 jours pour télécharger le reste des informations, après quoi […] Nous voulons le dire une fois de plus : nous travaillons exclusivement pour les $$$. Nous ne poursuivons pas d’autres objectifs. » Les opérateurs sont passés un cran au-dessus en attaquant la Direction générale du renseignement péruvienne.

    Après avoir attaqué différentes organisations étatiques au Costa Rica, les opérateurs derrière Conti ont ajouté la Direction nationale du renseignement du Pérou à leur longue liste de victimes. Les assaillants affirment avoir volé des informations sensibles dans ses systèmes sans crypter les données. « Leur copie, un lien vers un chat secret dans le réseau TOR a été envoyé à cette adresse xxx, s’il vous plaît contactez-nous si vous ne voulez pas de telles conséquences qui se sont produites au Costa Rica […] Vous souffrirez très sérieusement si ces documents deviennent publics. La torture, l’intimidation et la surveillance, c’est ce qui fait la réputation du département du contre-espionnage. Presque tous les documents téléchargés sont classés secrets », affirment les opérateurs sur leur site de fuite.

    Des documents PDF classifiés ont également été publiés sur le site comme preuve de l’exfiltration des données. (Crédits : capture d’écran)

    Le quotidien El Financiero souligne que le site web du Ministère de la science, de l’innovation, de la technologie et des télécommunications (MICITT) a été modifié par Conti, en employant une plateforme obsolète par manque de ressources. Le ministère a assuré qu’il profitait de la situation pour en utiliser un nouveau afin de réhabiliter ses services en ligne. En plus de mettre en ligne chaque jour de nouveaux fichiers à télécharger (661,28 GB), les cybercriminels ont ajouté au fil des jours les noms d’autres agences gouvernementales du Costa Rica, divulguant ainsi les informations d’au moins cinq entités publiques, tels le ministère du Travail (MTSS), la caisse d’allocation familiale (FODESAF)…

    Les ministères costariciens mettent tout en œuvre pour rétablir les systèmes d’information. « Au même titre que les entités dont les systèmes n’ont pas été mis à niveau et d’autres systèmes anciens qui n’ont pas été remplacés en raison de problèmes budgétaires. » (Crédits : capture d’écran)
  • Ransomware: Lockbit attaque Rio de Janeiro

    Ransomware: Lockbit attaque Rio de Janeiro

    Le ransomware Lockbit 2.0 affiche une nouvelle victime à son tableau de chasse. Au Brésil les proies d’attaque informatique qu’elles soient par déni de service, phishing… sont légion. Dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 décembre 2021, le site internet du ministère de la Santé brésilien a été victime d’un ransomware. Peu de temps avant, plus de 226 000 fichiers totalisants 10 GB de renseignements se retrouvaient sur la toile : prénom, nom, courriel, numéros de téléphone, genre, dates de naissance, adresses et codes postaux, numéros de CPF.

    Le secrétariat d’État aux finances de Rio de Janeiro confirmait vendredi 22 avril 2022 qu’il était confronté à une offensive par codes malveillants de type ransomware sur ses systèmes d’information. « Dans une menace émise jeudi, l’attaquant demande de l’argent en échange de la non-divulgation de données prétendument volées aux ordinateurs de Sefaz. Ces informations représentent à peine 0,05 % des données détenues par le Secrétariat », selon la porte-parole. Ainsi le Ransomware-as-a-Service divulgue 420 Go de données en tout genre, photos, dossiers immobilier, numéros de série de pompes à eau, de moteur d’ascenseur…

    La Banque Centrale du Brésil a été victime vendredi 13 août 2021 d’une infection par ransomware, c’était la seconde en l’espace de quelques mois. En novembre 2020, c’était la Cour Électorale Supérieure du Brésil qui était paralysée pendant plus de deux semaines par une attaque. (Crédits : capture d’écran)

    Un représentant du secrétaire d’État aux finances de Rio de Janeiro a déclaré à The Record qu’après avoir été menacés par un cybercriminel qui a pénétré dans leurs réseaux, ils ont alerté le gendarme brésilien qui a pour charge de faire respecter la loi sur les crimes numériques. La cité attire les malfaiteurs, car elle est l’un des cœurs financiers de l’Amérique du Sud, son économie se classant au 30e rang des villes du monde en termes de PIB. Elle a exporté pour 32,5 milliards de dollars de marchandises en 2021.

  • Il y a cent ans… quand la bêtise régnait

    Il y a cent ans… quand la bêtise régnait

    Le 28 avril 1922, il est impressionnant de lire que « le soldat indigène peut devenir un instrument merveilleux » alors que la Première Guerre mondiale vient de finir et que la conférence de Gênes essaie de rétablir l’ordre économique planétaire. Le quotidien L’Homme Libre dépeint une étude dite « réaliste » sur l’organisation de ces troupes indigènes. Et en préambule le journal posait la question à savoir si amené des colonies, il serait utilisable dans la métropole, « abstraction faite des discours affirmatifs d’un tas d’incompétences » ?

    Ainsi, nous apprenons qu’il doit être remis à des éducateurs connaissant sa mentalité et son tempérament, car ils étaient, de pauvres êtres humains confiés à des officiers et sus-officiers ne n’intéressant pas assez à eux. Pas un seul gradé ne prenait en compte les mœurs et habitudes des tirailleurs sénégalais. Les mots s’enchaînaient pour décrire qu’une personne ne vivant pas dans le même pays pouvait avoir des us et coutumes si distincts des Français, de par leur religiosité, leur habitation, leurs vêtements… Il semblerait que selon le journal, ils arrivent illettrés. Or, au XXe siècle lorsque le service militaire était encore obligatoire, au même titre que Journée défense et citoyenneté (JDC) des tests de recopie du programme TV permettait de connaître le degré d’écriture et de lecture de chaque appelé. Depuis 1997, les tests d’évaluation à propos de la langue française (établis par l’éducation nationale), consistent surtout à repérer les personnes en décrochage scolaire ou ayant des troubles d’apprentissage. Sauf qu’en 1922, les pratiques étaient sûrement différentes.

    Le soldat indigène à la une de l’Homme Libre, un paradoxe. Le film raconte la découverte de la guerre et de l’Europe, de l’Italie jusqu’aux portes de l’Alsace, par trois tirailleurs algériens et un goumier marocain, avec comme acteurs principaux Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Bernard Blancan et Sami Bouajila. (Crédits : L’Homme Libre/Gallica/BnF)

    « S’il est bien dressé et bien encadré » son attachement à de vrais « chefs » devient extraordinaire pouvait-on lire. Comme de lui laisser se plier au Coran, ne pas leur imposer de manger de la viande de porc, leur faciliter l’observance du ramadan… Mais il peut être « l’outil de défense nationale que produite le recrutement indigène […], mais encore faut-il apprendre à s’en servir et, pour commencer à ne pas froisser le tirailleur en le traitant de “Bico”, “sidi” ou “nase” ». À croire que la bêtise humaine est un pléonasme, car l’Homme semble démontrer qu’il est le seul mammifère doué d’une certaine intelligence, mais surtout qu’il est caractérisé par une grande bêtise.

  • Des câbles de fibre optique sabotés

    Des câbles de fibre optique sabotés

    Un sabotage en bonne et due forme a eu lieu durant la nuit de mardi à mercredi 27 avril 2022. Des câbles internet « stratégiques » ont été coupés en région parisienne et dans l’est de la France. Les perturbations ont touché les connexions des particuliers ainsi que les liaisons interrégionales. Le sectionnement, et l’espacement entre chaque césure ne laissent que peu de doute, cependant l’enquête a été confiée à la DGSI, le renseignement intérieur, et à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

    Selon Le Parisien, « la fréquence des coupures nocturnes à 10 minutes d’intervalle avait de quoi interloquer ». Les connexions à l’Internet ont été fortement perturbées aujourd’hui, mercredi 27 avril 2022, dans plusieurs grandes villes de France à la suite de « coupures volontaires d’importants réseaux de fibre, notamment les infrastructures de SFR/Altice France qui irriguent l’Hexagone ».

    Toujours d’après Le Parisien, lesdits câbles souterrains ont été sectionnés dans les secteurs de Fresnes-en-Woëvre (Meuse), Meaux et entre Souppes-sur-Loing (Seine-et-Marne) et le secteur de Le Coudray-Montceaux (Essonne). Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire mercredi soir pour « détérioration de bien de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation », « entrave à un système de traitement automatisé de données » et « association de malfaiteurs ».

    Les câbles permettent de relier les grandes villes françaises entre elles, notamment pour des infrastructures critiques comme les centres de données.

    La Fédération Française des Télécoms a dénoncé « des actes de malveillance coordonnés et d’une ampleur sans précédent sur le réseau national ». « Nous coopérons avec les forces de police, de gendarmerie et de la justice pour poursuivre les auteurs de ces actes », précise l’association qui réunit les opérateurs. SFR a annoncé déposer plainte.

  • Le combat sportif et sociétal d’Alice Milliat

    Le combat sportif et sociétal d’Alice Milliat

    Impressionnant, lorsque l’on voit l’évolution des us et coutumes, tant au niveau sociétal que sportif, prenons l’exemple de l’éducation physique et de sa pratique. Les premiers Jeux olympiques de l’ère moderne datent de 1896. Aucune athlète féminine n’est conviée, car pour Pierre de Coubertin « le véritable héros olympique est l’adulte mâle individuel, le rôle des femmes étant […] de couronner les vainqueurs ». En 1900, des tournois de tennis et de golf féminins sont organisés en marge de la seconde olympiade.

    « Citius, Altius, Fortius », signifie : plus vite, plus haut, plus fort. C’est le prêtre dominicain Henri Didon qui est le premier à exprimer ces mots lors de la cérémonie d’ouverture d’une épreuve sportive scolaire en 1881. Pierre de Coubertin y est présent. Il les adopte pour en faire la devise olympique. « L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple, la responsabilité sociale et le respect des principes éthiques fondamentaux universels », harangue l’article premier de la charte olympique.

    Le club Fémina Sport proposait de la gymnastique rythmique et dansée. Avec Alice, il s’ouvre à l’aviron, à l’athlétisme, au basket-ball, au football et à la barrette (ci-dessous). (Crédits : DR)

    Sauf qu’à l’époque, on pensait qu’avec leur faible constitution, un effort violent pourrait rendre les femmes stériles ou les tuer. Alors qu’elles donnent naissance à l’humanité depuis la nuit des temps, et lorsqu’on connaît la douleur provoquée par les contractions pendant un accouchement, cela prête à rire, vraiment.

    Pour Alice Milliat, modeste fille d’épiciers née aux XIXe siècles, les JO doivent être ouverts aux athlètes féminines. Elle n’est âgée que de 19 ans, lorsqu’elle quitte sa ville, Nantes pour devenir préceptrice dans une famille aisée de Notting Hill, quartier huppé de la capitale britannique. De par cette expérience, elle parle couramment anglais, mais apprend d’autres langues, qui selon les sources varient de trois à sept. Peu après son arrivée à Londres, elle rencontre son futur mari, Joseph Milliat, employé de commerce, et Nantais comme elle.

    Juste après son arrivée à la présidence, elle organise le premier Championnat de France d’athlétisme et match de football féminins officiels. (Crédits : DR)

    Le couple se marie en juillet 1904 au consulat de France. À l’occasion du décès de la mère d’Alice, ils rentrent en France en 1907. Quelques mois plus tard, elle se retrouve veuve à seulement 24 ans, et sans enfant. Elle décide donc de partir à Paris, où elle trouve un poste de sténographe-interprète. Ce n’est qu’après la Première Guerre mondiale, que les choses bougent. Elle se rapproche alors de l’un des premiers clubs féminins de l’Hexagone, le Fémina Sport. Il est créé en 1911 par Pierre Payssé, ancien champion du monde de gymnastique, afin de poursuivre sa pratique de l’aviron. En 1915, Alice Milliat en devient la présidente.

    Il y aura des femmes aux JO de 1928 à Amsterdam (277 sur 2 883), qui, pour la première fois, comptent quatorze épreuves féminines en escrime, gymnastique, athlétisme et natation. L’IAAF propose, ce qu’elle accepte, à Alice Milliat de faire partie du jury des commissaires. Elle sera la seule avant longtemps. (Crédits : DR)

    Elle demande au comité international olympique d’organiser des épreuves féminines aux Jeux, en vain. Elle provoque en nommant les premiers Jeux olympiques féminins… condamnés suivant l’annonce par le CIO. « Malgré nos sollicitations pressantes et réitérées, le Comité olympique a toujours refusé d’adjoindre l’athlétisme féminin aux Jeux olympiques, riposte-t-elle. Nous allons prouver que nous sommes capables de conduire nous-mêmes nos destinées. »

    La cinquième édition des Jeux mondiaux féminins prévus en 1938 en Autriche n’aura finalement jamais lieu. Les fédérations nationale et internationale ne survivront pas au départ de la Française. Ci-dessus le défilé des compétitrices dans le Stade Phersing de Paris, plein à ras bord. (Crédits : BnF/Gallica)

    Le 20 août 1922, défiant les responsables du CIO, Alice Milliat organise une compétition qu’elle osera appeler « les premiers Jeux olympiques féminins » au stade Pershing à Paris. Pas moins de 77 sportives de France, des États-Unis, de Tchécoslovaquie, de Grande-Bretagne et de Suisse s’affrontent devant plus de 20 000 spectateurs. « Les gradins de la vaste arène étaient combles, et la grande tribune où on avait dû refuser du monde se drapait de toutes les claires couleurs des robes que le beau temps enfin revenu avait fait arborer aux spectatrices », rapporte, en première page, Rodolphe Darzens pour Le Journal du 21 août 1922. En athlétisme, lors de compétition plusieurs femmes s’effondraient à la fin de l’épreuve de 800 m en 1928, déclarée trop dangereuse, elle sera interdite jusqu’en 1960.

    Les idées progressistes du Prince Albert Ier, soutenu par Camille Blanc, président de la Société des Bains de Mer et de l’International Sporting Club de Monaco, apporte un soutien important au sport féminin. Les olympiades féminines ont lieu pour la première fois en 1921, avec tir aux pigeons (ci-dessus), tournois de lawn-tennis… (Crédits : MC)

    Dans un dernier baroud d’honneur, la Française écrit en 1935 au comité international olympique : « La FSFI […] demande au CIO d’exclure toutes manifestations sportives féminines des JO. Le CIO doit reconnaître la FSFI comme organisme international souverain pour la continuation de ses Jeux quadriennaux dont le cadre devrait être élargi pour admettre les sports féminins ayant figuré aux JO et ceux susceptibles d’être adjoints. […] La FSFI constate que le CIO a tendance à restreindre de plus en plus la participation féminine aux JO dans tous les domaines. Dans ces conditions, elle estime qu’il lui appartient de reprendre l’idée d’organiser des Jeux féminins mondiaux comportant tous les genres d’activité sportive féminine… » Las des attaques, elle jette l’éponge, et à la veille de la guerre, elle retrouve son métier d’interprète. Elle poursuit son existence dans l’anonymat le plus complet, jusqu’à sa mort, le 19 mai 1957, à l’âge de 73 ans, sans avoir réussi à concrétiser le combat de sa vie, de son vivant.

  • Carlos Solano Zúñiga condamné à 12 ans de prison pour viol

    Carlos Solano Zúñiga condamné à 12 ans de prison pour viol

    Un nom, et une affaire judiciaire qui hors du Costa Rica n’évoquent pas grand-chose. Il est pourtant retentissant sur place. Après plus de dix ans de procédures, l’homme de 77 ans, père biologique de Linda Liz et Nicole, ex-mari de Linda Díaz, femme d’affaires, est reconnu coupable d’abus sexuel aggravé, de corruption aggravée et de viol aggravé sur sa fille, Linda Liz Díaz, alors qu’elle était mineure. Il a fallu trois procès avant qu’une condamnation puisse être prononcée contre Carlos Solano.

    C’est une affaire de justice peu banale, qui erre dans ses méandres, usant de chaque recours. Le prévenu était présumé innocent des faits qui lui étaient reprochés, jusqu’à ces derniers jours. Les crimes portés à l’acte d’accusation sont abus sexuel aggravé, de corruption aggravée et de viol aggravé… sur la personne de Linda Liz Díaz. Il faut remonter en 2012, quand Linda Liz poursuivait son père pour des atrocités qui, selon elle, se seraient produites lorsqu’elle se rendait chez lui. À ce moment-là, il était divorcé de la mère de ses deux filles, Lynda Díaz. L’affaire a été portée une première fois devant les tribunaux en 2016, et Carlos Solano avait été acquitté. L’avocat de la plaignante avait interjeté appel. « Pour la victime, nous avons pu corroborer l’histoire des abus sexuels qui se sont malheureusement déroulés sur 7 ans, de l’âge de 6 ans jusqu’à ses 13 ans. Il a été validé et a fait l’objet d’un très long processus pénal qui a débuté en 2012 », a déclaré M. Oconitrillo.

    Lors du procès en appel, en 2019, le père a été condamné à 12 ans de prison pour six crimes d’abus sexuels et un de tentative de viol. Mais ce qui est stupéfiant est que Lynda Díaz portait un gilet pare-balles le jour où elle a dû témoigner, car toutes mère et fille sont placées sous le programme de protection des victimes et des témoins en raison des menaces dont elles auraient fait l’objet.

    Les agents de la section de protection des victimes gardent Lynda Díaz et sa fille Linda Liz Solano pour des menaces de mort présumées. (Crédits : Alejandra Portuguez)

    « À la fin de l’année dernière, j’ai reçu un appel téléphonique d’un fonctionnaire de la section des délits divers de l’Agence d’investigation judiciaire, qui m’a informé qu’il existait des informations confidentielles au niveau de la police concernant une menace potentielle pour la vie de Linda Liz et de sa mère », commentait l’avocat Fabio Oconitrillo aux juges. Le 17 mai 2019, Díaz se rendait au bureau du procureur et Linda Liz a fait de même 11 jours plus tard, elles ont remis comme preuve un enregistrement audio dans lequel une apparente attaque contre elles est planifiée.

    Carlos Solano, en chemise bleue se rendait toujours au procès en fauteuil roulant. (Crédits : Silvia Coto)

    Puis, début de juillet 2021, le troisième procès contre Carlos Solano Zúñiga, pour avoir prétendument abusé sexuellement de Linda Liz, avait été annulé et que la procédure entamée par la jeune femme de 28 ans devait désormais repartir de zéro. Le juge venait d’avoir un accident de voiture. Il convient de noter que cette procédure judiciaire a duré plus de neuf ans, appuyait NCR.

    « Carlos Solano, mon “père” biologique, a abusé sexuellement de moi et de ma sœur de l’âge de 6 ans jusqu’à mes 13 ans. Il m’a fallu des années pour l’accepter, pour m’accepter moi-même et pour me permettre de le dire. Aujourd’hui, à l’âge de 28 ans, j’ai passé les 9 dernières années à me battre dans un processus juridique sans fin, dans lequel j’ai voulu trouver justice pour un traumatisme qui continue à se perpétuer », était le cri poussé sur les réseaux sociaux d’une jeune femme costaricienne. « Je suis honorée d’avoir reçu tant de messages contenant les histoires d’autres femmes qui, comme moi, ont subi des abus sexuels et ont été abandonnées par le système juridique de notre pays », ajoutait-elle en juillet 2021.

    « Maintenant nous devons attendre parce qu’il devrait se pourvoir en cassation. Dans 15 à 22 jours ils doivent présenter ce recours, et attendre deux ou trois mois pour la résolution complète », commentait l’ex-mannequin. (Crédits : Instagram)

    La sentence avait été prononcée par le tribunal de Pavas le mardi 7 septembre 2021, dans le cadre d’un procès en référé qui avait été ordonné par la cour d’appel du deuxième circuit judiciaire de San José. En plus de la peine de prison, Solano avait été condamné à payer 25 millions de Colons (environ 35 000 €) pour le préjudice moral subi par Linda Liz. Fabio Oconitrillo, l’avocat de Díaz, expliquait que la somme que la famille recevra suite à la condamnation serait directement versée à une fondation qui accompagne les victimes de crimes sexuels.

    Une nouvelle fois, la troisième, le prévenu a été reconnu coupable des chefs d’accusation. « Aujourd’hui, la sentence contre Carlos Solano Zúñiga, le père biologique de mes filles Lindaliz et Nicole, a été confirmée. Qu’est-ce que cela signifie ? Après 10 ans, je ne sais pas combien de fois nous avons été en procès, ils ont fait appel, nous avons fait appel, c’est la troisième fois que ma fille a eu raison, que cela s’est produit », a-t-elle déclaré jeudi 21 avril 2022.