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  • Le ransomware Vice Society revendique l’attaque de l’Université de Medicale d’Innsbruck, et en diffuse les données

    Le ransomware Vice Society revendique l’attaque de l’Université de Medicale d’Innsbruck, et en diffuse les données

    Une cyberattaque se déroulait la semaine dernière contre l’université de médecine située à Innsbruck en Autriche. Le week-end du 18 au 19 juin 2022, la faculté ressentait d’importantes pannes. Les premiers symptômes d’une attaque informatique apparaissaient samedi matin vers 8 h. Puis peu de temps après le site était momentanément indisponible, indiquait-elle dans un communiqué en ligne. Le rétablissement des services est déjà en cours précisait-elle, en collaboration avec des experts externes et sous haute pression.

    Après le gouvernement de la région de Carinthie, c’est au tour de l’Université de médecine d’Innsbruck de se battre contre une attaque de rançongiciel. Le ransomware BlackCat chiffrait les systèmes d’information et demandait une rançon de 5 millions de dollars américains pour obtenir la clé de déchiffrement. Les opérateurs paralysaient également le tribunal administratif et la Cour des comptes. Quant à l’université, elle a entre-temps, pu rétablir une grande partie des systèmes perturbés. La distribution de nouveaux mots de passe pour 2 200 collaborateurs et environ 3 500 étudiants débutait lundi 20 juin.

    « Malgré nos mesures de sécurité étendues, il a été possible, grâce à un procédé criminel hautement professionnel et ciblé, de s’attaquer aux systèmes informatiques de l’Université de médecine d’Innsbruck et de chiffrer des données. Actuellement, il n’existe aucune preuve que des informations ont été volées. » (Crédits : MUI/Mair)

    Vice Society a ajouté l’université de médecine d’Innsbruck à son site de fuite, en dévoilant une liste non exhaustive de documents qui proviendraient de la cyberattaque de la semaine précédente. Un parcours des données divulguées montre que certains comportent le papier à en-tête de l’université, les signatures des professeurs et d’autres éléments, laissant penser qu’elles soient authentiques.

    L’offensive par ransomware à l’origine des perturbations passées n’a à priori débouché sur aucun versement, ou dans une impasse, d’une somme quelconque. Ce qui pourrait expliquer la divulgation en ligne des données. (Crédits : Capture d’écran)

    Au début du mois de juin, les opérateurs derrière le Ransomware-as-a-Service Vice Society avaient fait des ravages dans la ville italienne de Palerme, privant 1,3 million de personnes de la jouissance des services de la municipalité. Parmi les autres victimes répertoriées récemment par Vice Society figurent l’établissement scolaire « Carmel College » au Royaume-Uni, l’hôpital italien Macedonio Melloni, l’université du Michigan grand valley…

  • Il y a cent ans… un mari cocu et condamné

    Il y a cent ans… un mari cocu et condamné

    Un père de famille de sept enfants, journalier et honnête pensait connaître son épouse. Or, elle semblait n’être comblée par son époux Émile Jeanblanc. Durant plusieurs jours voire des semaines entières, l’épouse et mère de famille ne passait un kopeck de son temps au domicile conjugal. Lassé des absences de sa femme, il partit la chercher par monts et par vaux. Et se retrouva le 27 juin 1922 à comparaître devant la 14e chambre correctionnelle pour violation de domicile.

    En ce mois d’avril 1922, M. Jeanblanc se résolut à mettre un frein aux joies de l’adultère de sa femme, qui « oubliait ses devoirs de mère et d’épouse ». Il décida de la prendre la main dans le sac, en flagrant délit. Le 25 d’avril, Mme Jeanblanc sortait sous prétexte d’aller faire des provisions. Son mari, suspicieux, suivie sa dulcinée, l’épia et la vit entre subrepticement chez un ses bons amis. Plutôt que de retourner nourrir sa fratrie, à l’heure où ses enfants attendaient impatiemment leur mère pour se mettre à table, exaspéré il franchit le seuil de l’immeuble. Mais il fut stoppé dans son élan par le concierge, manu militari. Furieux, il déclara en faisant mine de se retirer : « je sais où elle est, maintenant, et je les aurai tous les deux ».

    Ne pouvant passer par l’escalier, il emprunta une échelle, pour atteindre le lieu de l’adultère. (Crédits : DR/Pixabay)

    Le concierge le crut parti. Quelques instants après, le mari cocu revenait avec une échelle, et à l’insu du gardien, il appliqua l’échelle sur la façade de l’immeuble pour s’introduire par une fenêtre du premier étage, en la brisant. Les deux amants surpris se réfugièrent dans une pièce voisine où ils s’enfermèrent à clef, mais leur dépit précipité ils oublièrent leurs vêtements. Le mari trompé s’en saisit. Pensant se retirer par le même chemin, le concierge réapparaissait. Mais M Jeanblanc avait descendu quasiment l’ensemble des échelons en brandissant de manière triomphale les vêtements de son rival, que le concierge criait « Au voleur ! »

    La condamnation fut à l’époque fonction de la violation de domicile. Son but est d’amener la preuve du délit, du crime par tous les moyens, ce qui est légal, mais dangereux. Car la Justice peut condamner ladite personne du crime ou délit effectué pour apporter ladite preuve. (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    Le désarroi, les protestations et le déshonneur du mari furent complets lorsqu’il se faisait attraper par des gardiens de la paix. « Je les ai pris en flagrant délit », s’écria-t-il. Devant la 14e chambre correctionnelle, l’homme s’écriait que « je faisais mon constat d’adultère ». « Mais vous n’aviez pas la qualité pour remplacer le commissaire de police », dit le président. Après la plaidoirie de son conseil Me Pierre Lœwel, le tribunal infligea pour le principe une amende de cinquante francs d’amende, pour ne pas avoir fait appel à la police et son commissaire. L’histoire ne dit pas ce qui se passa par la suite entre les époux…

  • Il y a cent ans… le prince Albert Ier de Monaco disparaissait

    Il y a cent ans… le prince Albert Ier de Monaco disparaissait

    Le Prince Albert Ier de Monaco est décédé le 26 juin 1922, à l’âge de 73 ans. Transporté pour une grave intervention chirurgicale, il est mort d’une longue et douloureuse maladie intestinale à 16 h 50 à Paris. Opéré par le docteur Gosset, la chirurgie avait pleinement réussi, le prince était considéré comme hors de danger. Une violente crise d’urémie se déclarait samedi 25 juin. Ses familiers, sa petite fille S.A.R. la duchesse de Valentinois et son médecin le docteur Louet l’entourèrent lorsqu’il reçut les derniers sacrements.

    Le prince héritier Louis de Monaco, colonel d’état-major du général Le Rond fut rappelé de Haute-Silésie, mais arrivera trop tard pour accompagner son père dans ses derniers instants. Le souverain, Albert Ier de Monaco, était surtout connu comme un homme de science, un scientifique, aux multiples facettes. Il s’occupa presque sa vie entière d’océanographie. Il crée sur le rocher un musée dont les collections œuvrent pour le respect, la connaissance et la sauvegarde. « Le Prince Albert Ier, mon trisaïeul, avait souhaité que Monaco se dote d’un Institut océanographique avec une feuille de route claire : faire aimer, connaître et protéger les océans. Aujourd’hui, cette vision montre toute sa pertinence, sa modernité et sa force », commentait S.A.S. le Prince Albert II de Monaco. Il existe également un lieu fondé par le prince, la maison de l’océan, à Paris.

    Le Prince Albert Ier de Monaco avait élu associé étranger de l’académie des sciences en remplacement de Lord Kelvin en 1909. (Crédits : L’Écho de Paris/BnF/Gallica)

    Il était le défenseur des grandes causes, de l’océanographie à la paléontologie, il en servit d’autres, toutes aussi nobles et somme toute plus dangereuses. Ainsi en février 1898, il réagit au « J’accuse… ! » de Zola publiée dans l’Aurore le 13 janvier 1898 en écrivant à ce dernier : « Votre déclaration contient les plus beaux sentiments qu’une âme puisse exprimer, elle honore l’humanité, elle ajoute un rayon à la gloire de la France […] ».

    « Depuis longtemps j’affirme votre innocence parce que je la vois comme je vois la clarté du jour. Vous-même en vrai soldat vous l’affirmiez mieux que par des serments lorsque vous traversiez debout le champ du supplice », écrivit-il au Capitaine Dreyfus. (Crédits : Comité Albert Ier de Monaco)

    Le 3 juillet 1899, il fait publier dans Le Figaro une lettre adressée à Mme Dreyfus et écrit au capitaine. Cette prise de position publique suscite des réactions passionnées. « Madame, vous avez défendu l’honneur de votre mari avec une vaillance admirable, et la justice triomphante vous apporte une réparation due. Pour aider les honnêtes gens à vous faire oublier tant de douleurs et de souffrances, j’invite votre mari à venir chez moi au château de Marchais, dès que l’œuvre sainte de la justice sera accomplie. La présence d’un martyr, vers qui la conscience de l’humanité tournait son angoisse, honorera ma maison. Parmi les sympathies qui sont à vous, Madame, il n’y en a pas de plus sincère ni de plus respectueuse que la mienne ».

    Le Prince Albert II de Monaco lors de la visite de l’exposition « Un Prince en mouvement : Albert Ier de Monaco et les Moyens de Locomotion de son temps ». L’une des huit rétrospectives qui commémorent le centenaire de la disparition du Prince Albert Ier. (Crédits : Manuel Vitali/Direction de la Communication)

    Il était un homme qui eut une importance cruciale, mais peu connue de ses contemporains. « J’ai découvert en faisant des recherches, le rôle majeur qu’il a joué au cœur dans les coulisses de l’histoire du début du XXe siècle. En fait, il a agi comme un intermédiaire entre le kaiser allemand Guillaume II et le président de la République française. Car à cette époque, ces deux-là ne se parlaient jamais […], il allait chasser à Rambouillet, il allait faire de la voile lors de régates de Kiel, il profitait de ces opportunités pour faire passer des messages », explique Yann-Antony Noghès interrogé à la sortie du film « Un combat pour la paix » par Monaco Info.

  • Il y a cent ans… commençait le XVIe Tour de France

    Il y a cent ans… commençait le XVIe Tour de France

    Cinq mille trois cent soixante-quinze kilomètres en quinze étapes attendaient les 121 coureurs cyclistes en cette première journée du Tour de France 1922, le 25 juin. Les épreuves verront la plaine, puis la montagne, l’océan Atlantique avant la mer Méditerranée, et les Alpes avant les Vosges. En ce dimanche, les dix formations s’élançaient de la porte Maillot, pour un départ réel d’Argenteuil à 2 h. La dernière étape reliera Dunkerque à Paris sur 340 kilomètres le 23 juillet.

    Chaque spectateur a encore en mémoire la victoire du Belge Léon Scieur, dit la Locomotive en 1921. Il prit le maillot jaune de leader lors de la deuxième étape pour le conserver jusqu’à la 15e et dernière étape. Il affichait 18 min et 36 secondes d’avance du son compatriote Hector Heusghem et 2 heures 1 minute sur le français Honoré Barthélemy. Au menu de l’édition 1922, dix équipes, huit françaises, une belge et une italienne. Les amoureux de la petite reine sont scindés en deux groupes, 26 en première classe et 95 en seconde.

    La première édition du Tour de France se déroulait du 1er au 19 juillet 1903. La course cycliste était organisée par le journal L’Auto, et se déroulait en six étapes. L’édition 2022, du 1er au 24 juillet, comptera 21 étapes, pour un total de 3 328 km avec pas moins de 22 équipes. (Crédits : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

    Les quinze étapes :

    • 1re étape étape 25 juin Paris (Luna Park) — Argenteuil – Le Havre (388 km)
    • 2e étape 27 juin Le Havre — Cherbourg (364 km)
    • 3e étape 29 juin Cherbourg — Brest (405 km)
    • 4e étape 1er juillet Brest — Les Sables-d’Olonne (412 km)
    • 5e étape 3 juillet Les Sables-d’Olonne — Bayonne (482 km)
    • 6e étape 5 juillet Bayonne — Luchon (326 km)
    • 7e étape 7 juillet Luchon — Perpignan (323 km)
    • 8e étape 9 juillet Perpignan — Toulon (411 km)
    • 9e étape 11 juillet Toulon — Nice (284 km)
    • 10e étape 13 juillet Nice — Briançon (274 km)
    • 11e étape 15 juillet Briançon — Genève (SUI) (260 km)
    • 12e étape 17 juillet Genève (SUI) — Strasbourg (371 km)
    • 13e étape 19 juillet Strasbourg — Metz (300 km)
    • 14e étape 21 juillet Metz — Dunkerque (432 km)
    • 15e étape 23 juillet Dunkerque — Paris — Parc des Princes (325 km)

    Des noms sont évocateurs de palmarès, Philippe Thys vainqueur en 1913, 1914 et 1920, Firmin Lambot 1919, Léon Scieur 1921, puis des concurrents sérieux tels Hector Heusghem, Jean Alavoine, Christophe Barthélemy, Rossius, Deman, Bellanger, Mottiat, Sellier, Dejonghe, Goethals, Lenaers, Jacquinot, Tiberghien, Despontin, Dhers, Muler, Louis Heusghem, Vandaele, Masson, Degy, Grassin, Alancourt, Gremo, Gay. Concernant la seconde classe, ils ne sont pas moins méritants, se trouvent J. Pelletier, Forestier, Amene, Alpini, Nempon, Meyer, Constantin, Perel, Bordier, Beeckman, Leroy, Hudsyn, Archelais…

    Jacquinot s’imposait au Havre en 15 h 11 min 48 s après 381 kilomètres. Il devance de près de neuf minutes Eugène Christophe suite à une crevaison. « Ils sont partis cent vingt, quatre-vingt-deux d’entre eux ont abandonné, brisés les uns après les autres par l’effort surhumain de la gigantesque épreuve ». (Crédits : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

    La première étape était remportée par un tricolore Robert Jacquinot qui conservera la tunique du leader jusqu’aux Sables-d’Olonne. Le Belge Philippe Thys s’adjuge la victoire en Vendée. Eugène Christophe enfile à 37 ans le maillot jaune, et le porte trois jours. Jean Alavoine qui survolait les Pyrénées. Durant cinq jours, le « Gars Jean » est en jaune, et en tant que leader, Alavoine subit les assauts de Thys avant d’être vaincu par la malchance. Firmin Lambot (BEL) assure sa deuxième victoire finale sur le Tour à Metz. Il terminera en 222 h 8 min et 6 s, devant Jean Alavoine (FRA) à 41 min 15 s, et Félix Sellier (BEL) à 42 min 2 s. Ils ne seront que trente-huit à terminer la boucle, dont Daniel Masson avec 65 h53 min et 41 se derrière le double vainqueur 1919 et 1922. Il ne reste plus qu’une petite semaine avant le départ du contre-la-montre individuel à Copenhague, au Danemark pour la 109e édition du Tour de France.

  • La révocation du droit à l’avortement scinde l’Amérique en deux

    La révocation du droit à l’avortement scinde l’Amérique en deux

    La Cour suprême des États-Unis vient de rendre le 24 juin 2022, une décision lourde de conséquences. Dans un verdict, pris à 6 voix pour et 3 contre, elle a annulé l’arrêt historique Roe v. Wade de 1973 qui reconnaissait le droit constitutionnel des femmes à l’avortement et l’avait légalisé dans tout le pays. Vingt-deux États sont d’ores et déjà maintenant prêts à interdire la procédure en vertu de lois existantes ou d’amendements constitutionnels qui en restreignent fortement l’accès.

    Alors que tous se réfèrent à la Cour suprême, la plus haute juridiction américaine vient de botter en touche sur un sujet hautement symbolique. Elle est composée de trois femmes et six hommes. En ne prenant pas la décision d’unifier la loi, par l’arrêt du 24 juin, elle remet à chacun des 50 États, le fait de légiférer sur le droit à l’avortement à travers un document de 213 pages. Vient-elle d’ouvrir la boite de Pandore ? La veille, elle annulait la loi de l’État de New York limitant le droit des Américains, à sortir armés de leur domicile. Alors que le pays est toujours sous le choc d’une série de fusillades meurtrières, dont celle du 24 mai, dans une école primaire du Texas, qui a fait 21 morts, dont 19 enfants.

    Les membres de la Cour suprême. Première rangée, de gauche à droite : Samuel A. Alito Jr, Clarence Thomas, John G. Roberts Jr, Stephen G. Breyer, Sonia Sotomayor. Seconde rangée, de gauche à droite : Brett M. Kavanaugh, Elena Kagan, Neil M. Gorsuch, Amy Coney Barrett. (Crédits : Fred Schilling, Collection de la Cour suprême des États-Unis)

    La National Rifle Association (NRA) déclarait que le projet « laisse trop de latitude aux représentants de l’État et contient également des dispositions indéfinies et trop générales, invitant à une ingérence dans nos libertés constitutionnelles ». Le lobby des armes faisant référence au deuxième amendement de la constitution américaine protégeant le droit de posséder une arme. Il date de 1788. « Je ne crois pas que les Pères fondateurs pensaient que les chargeurs à grande capacité de nos fusils d’assauts d’aujourd’hui soient couverts par cette disposition », a confié Kathy Hoscul, gouverneure de New York.

    Des manifestants anti-avortement célèbrent la décision de la Cour suprême, vendredi 24 juin 2022 à Washington. Certaines interdictions prendront effet immédiatement, d’autres dans les heures, jours et les semaines à venir. (Crédits : Olivier Douliery/AFP)

    La révocation de cet arrêt historique Roe v. Wade, replonge la situation des femmes aux États-Unis avant l’année du premier choc pétrolier 1973. La conclusion de cet arrêt donne plein pouvoir aux différents États sur ce sujet. Si l’avortement « n’est pas interdit aux États-Unis, la pratique va être remise aux États. Il y aura donc cinquante législations différentes. Et ce qui est également remis en cause, c’est le rôle protecteur de l’État quant aux droits individuels », explique Nicolas Bacharan, spécialiste des États-Unis dans le JDD. Ainsi si un gouvernement autorise l’I.V.G., ou un autre le proscrit, la Cour Suprême n’aura pas son mot à dire.

    Une décision surprenante ?

    Pas vraiment, si la divulgation, début mai 2022, du document de 98 pages sur la position majoritaire des juges (rédigé par Samuel Alito) est prise en compte. L’article de Politico avait fait l’effet d’une bombe révélant une fuite, intentionnelle ou non, sur la future décision de la Cour Suprême : « Nous considérons que Roe et Casey doivent être annulés », écrivit le juge Alito. D’autant que Elena Kagan, Sonia Sotomayor et Stephen Breyer (bientôt remplacé par Ketanji Brown Jackson) ont signé une opinion dissidente contre le texte dans laquelle ils disent : « La loi du Mississippi interdit les avortements après la quinzième semaine, mais d’autres États pourraient le faire après 10 semaines, ou 5, ou 3, ou 1, ou, encore, à partir du moment de la fécondation (…) Certains ont promulgué des lois qui s’étendent à toute forme d’avortement, y compris la prise de médicaments à domicile ».

    Des partisans du droit à l’I.V.G. réagissent, avec émotion, à l’annulation de la décision Roe v Wade, datant de 1973 devant la Cour suprême des États-Unis à Washington, aux États-Unis, le 24 juin 2022. (Crédits : Mary F. Calvert/Reuters)

    Ils ont adopté des règles sans aucune exception pour les cas où une femme est victime de viol, ou de viol incestueux martèle El País. Le juge Roberts a annoncé l’ouverture d’une enquête visant à déterminer les responsabilités d’une fuite d’informations sans précédent, au cours des 233 années d’existence de la Cour Suprême. Ce choix devrait impacter plus de 40 millions de femmes dans au moins vingt-six États. Le Missouri fait la course en tête. « Mon bureau a effectivement mis fin à l’avortement dans le Missouri, devenant le premier État du pays à le faire suite à la décision de la Cour », a déclaré le procureur général Eric Schmitt.

    Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix, il n’existe que celui de la femme concernée. Il n’y a pas non plus à émettre un jugement envers celle qui fait ce choix, celui de volontairement mettre un terme à une grossesse, car personne à part elle ne connaît son histoire. (Crédits : DR)

    Dorénavant toute personne qui fournirait ou tenterait de proposer un processus permettant directement ou indirectement l’avortement sera désormais accusée d’un crime. Les peines encourues seraient passibles d’emprisonnement ou d’une forte amende pouvant atteindre 100 000 dollars, selon le lieu. Les lois en vigueur interdisent toute interruption de grossesse volontaire qui n’est pas requise par une « urgence médicale », à discrétion des autorités « compétentes ». Les vingt-deux États susceptibles d’appliquer des restrictions totales ou quasi à l’avortement sont l’Alabama, l’Arizona, l’Arkansas, la Géorgie, l’Idaho, l’Iowa, le Kentucky, la Louisiane, le Michigan, le Mississippi, le Missouri, le Dakota du Nord, l’Ohio, l’Oklahoma, la Caroline du Sud, le Dakota du Sud, le Tennessee, le Texas, l’Utah, la Virginie occidentale, le Wisconsin et le Wyoming.

    Le jour même où la Cour suprême a invalidé le droit constitutionnel à l’avortement, les États anti-avortement ont promulgué des lois et autres interdictions antérieures à l’arrêt Roe v. Wade. Le Missouri a été le premier à proscrire suite à l’arrêt de la Cour l’avortement, avec effet immédiat. (Crédits : Reuters)

    Le Missouri et le Texas ont été les deux premiers États à interdire rapidement l’avortement à la suite de l’arrêt. En Louisiane, au Dakota du Sud et au Kentucky, les interdictions de déclenchement sont entrées en vigueur immédiatement après le jugement. Après que des fonctionnaires de l’État ont certifié l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade, les interdictions sont entrées en vigueur en Arkansas, en Alabama, en Utah et en Oklahoma. Désormais, une autre bataille juridique commence : la pilule abortive. Elle la méthode majoritairement choisie par les femmes aux États-Unis. Bien qu’elle soit interdite dans les États qui proscrivent l’avortement, la FDA a rendu permanentes en 2021 les autorisations de l’ère dite Covid-19 permettant sa livraison par courrier. Il reste à voir si les États interdiront ces livraisons à la suite de la décision de vendredi, et si oui, comme procéderont-ils.

  • Il y a cent ans… la récolte du blé inquiétait

    Il y a cent ans… la récolte du blé inquiétait

    Le blé préoccupait tant au niveau agricole que politique le 24 juin 1922. Les évaluations parues au journal officiel indiquaient un déficit de 500 000 hectares pour l’ensemble des céréales sur l’entièreté du territoire, par rapport à l’année 1921. En cause la diminution de 271 000 hectares de blé d’hiver et malgré l’augmentation de 75 000 Ha de celui de printemps, le compte n’y était pas. La surface de culture baissait, et n’augurait rien de bon quant au rendement. Comme solution, le politicien instaurait une commission…

    Le ministre de l’Agriculture, M. Chéron, suite à la victoire remportée à l’Assemblée nationale sur la politique agricole du gouvernement, s’empressa de déposer un projet de loi. Ce dernier lui accorderait le droit de déterminer, par décret rendu aux conseils de ministres, sous la IIIe République, les taux minima d’extractions des farines, tout comme le fait de ne pas incorporer l’avoine et le froment dans l’alimentation du bétail. Voyant la porte se refermer, il décida de nommer une commission. Elle devait examiner les mesures pouvant être prises pour protéger les cultivateurs et consommateurs des spéculations sur les blés et farines.

    La presse n’était pas tendre avec les politiques lorsqu’ils déterminaient de Paris, la conduite à tenir des travailleurs de la terre, surtout sans aucune consultation de ces derniers. L’inflation concernait tous les produits de la vie courante, viande, lait, beurre, pain… (Crédits : DR)

    La fluctuation des prix de ces matières premières, celle du taux de blutage (représente le pourcentage de la farine extraite) les succédanés lors des périodes de disette, mais aussi les leviers servant à l’établissement des taxes sur le pain dans les communes de France. La question de la rémunération minimale et permettant aux agriculteurs se posait déjà en 1922 : « Il est une mesure indispensable à prendre, c’est de donner au cultivateur l’assurance que son travail sera toujours rémunérateur, et ne descendra pas au-dessous du taux nécessaire pour couvrir ses frais de production », expliquait le journaliste J. Grindorge.

  • Il y a cent ans… la communication sans fil existait

    Il y a cent ans… la communication sans fil existait

    Nous avons toutes et tous des smartphones, qui ne sont reliés à un fil que pour les recharger, et encore… Imaginiez-vous que le 23 juin 1922, le conseil des ministres par un communiqué assurait que trois fois par jour, nous aurions les prévisions météorologiques ? L’Écho de Paris se faisait le relais de cette information. La conséquence somme toute logique que si la population souhaitait entendre le bulletin météo, il fallait se munir d’un récepteur, pour capter les ondes en partance de la tour Eiffel.

    La communication ministérielle évoquait que les communes ambitionnant de se procurer le précieux appareil, le poste de réception de téléphonie sans fil, le pourrait pour un prix maximum de 200 francs. Elles allaient tomber des nues, avec les engagements des politiques. En fonction de l’endroit où vous situez, la somme demandée varie énormément, en fait de 600 à 3 000 francs. Il parait évident que si vous êtes sur la promenade des Anglais à Nice ou sur le parvis de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, vous ne paierez pas le même prix. Tout ceci est dû aux composants et à la longueur d’onde, en effet, le signal partait du sommet de la tour Eiffel.

    Qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il fasse un « cagnard » ou bien qu’il gèle à pierre fendre, les agriculteurs travaillent dans les champs, et sont régulièrement plus à même de pronostiquer la météo qu’il va faire, car ils sont en contact permanent avec la nature. (Crédits : Sandra M H/Pixabay)

    Par ailleurs, il état proposé un kit pour construire soi-même un excellent appareil de réception, sur la capitale, « il faut dans les communes des appareils non amateurs, mais bien et solidement construits » insinuait le journaliste. Le progrès était pour les agriculteurs, qui si les nouvelles dispositions que le gouvernement venait de décider, pour prédire les intempéries dont ils sont s’y souvent les victimes impuissantes, cela n’empêche pas qu’elles se produisent, l’être humain étant incapable, à priori, d’influer sur Dame nature.

  • Attaque informatique contre l’hôpital Macedonio Melloni de Milan

    Attaque informatique contre l’hôpital Macedonio Melloni de Milan

    Le ransomware ViceSociety a encore frappé. De très nombreuses informations concernant le personnel hospitalier, mais également les patients sont diffusées sur le site de fuite. Les opérateurs menacent de publier les documents de l’établissement scolaire Pilton College basé à Barnstaple, en Angleterre, et parallèlement le constructeur de motos basé à Jakarta, en Indonésie, PT Astra Honda Motor (Il s’agit d’une coentreprise entre Honda et Astra International).

    L’Italie a vu dernièrement les attaques de l’université de Pise et la commune de Palerme. C’est à nouveau un hôpital qui fait les frais du Ransomware-a-as-Service Vice Society. La cible est l’établissement Macedonio Melloni. Il est composé de 4 unités hospitalières, mentionne Red Hot Cyber. Elles sont l’hôpital pour enfants Vitture Buzzi, l’hôpital Fatebenefratelli et ophtalmique, l’hôpital Luigi Sacco — centre universitaire et l’hôpital Macedonio Melloni. En mai 2022, deux incidents informatiques touchaient des établissements en Lombardie.

    Les informations diffusées sont des diagnostics des patients, cartes d’identité, données personnelles et contrats, formulaires d’évaluation des employés… (Crédits : capture d’écran)

    Les données sont disposées avec un classement alphabétique. Des dossiers de patients mineurs, où des tranches de vie intimes sont accessibles alors qu’elles devraient rester dans les dossiers frappés du secret médical. Les informations affichées sont :

    • Données de santé et diagnostics
    • Rapports d’invalidité
    • Demandes de soutien pour les mineurs
    • Procédure pour le Covid-19
    • Procédures internes
    • Échanges de courriels
    • Manuels d’informatique
  • Il y a cent ans… le Sénat garantissait la liberté individuelle

    Il y a cent ans… le Sénat garantissait la liberté individuelle

    Les discussions au Sénat, le 22 juin 1922, se focalisaient sur l’abrogation de l’article 10 du code de l’instruction criminelle. Cet article donnait le pouvoir aux préfets d’arrestation préventive, perquisitions ce sans jugement, du seul fait que le représentant de l’État dans les départements jugeait ladite personne suspecte. Une divergence d’opinions animait les débats. Le garde de Sceaux déclarait que le gouvernement acceptait les conclusions de la commission.

    Si le gouvernement abondait à cette abrogation, Pierre Marraud, sénateur du Lot-et-Garonne, craignait que celle-ci ne désarme la police et la sûreté générale, « notamment lorsqu’il s’agit des espions, des malfaiteurs et des tenanciers de maisons de jeux ». Le rapporteur de la commission soutenait qu’« en matière criminelle, la liberté provisoire est de droit cinq jours après le premier interrogatoire. » Une dérogation de prolongement à dix jours était possible par une ordonnance motivée du juge, puis que le juge d’instruction saisisse la chambre du conseil du tribunal. « Sous le bénéfice de ces observations, nous vous demandons d’adopter le projet qui reproduit, avec de légères modifications, le texte adopté par le Sénat en 1909. » L’article en question était dans le code d’instruction criminelle qui était promulgué par les Lois des 27 novembre et 26 décembre 1808. Il indiquait que « les préfets des départements, et le préfet de police à Paris, pourront faire personnellement, ou requérir les officiers de police judiciaire, chacun en ce qui le concerne, de faire tous actes nécessaires à l’effet de constater les crimes, délits et contraventions, et d’en livrer les auteurs aux tribunaux chargés de les punir, conformément à l’article 8 ci-dessus. » (Code d’instruction criminelle de 1808)

    La police judiciaire recherche les crimes, les délits et les contraventions, en rassemble les preuves, et en livre les auteurs aux tribunaux chargés de les punir.
    Une séance au Sénat du temps où Édouard Philippe était Premier ministre. (Crédits : Mumu’s Pictures)

    Le sénateur de la Vienne, Raymond Duplantier, demandait le renvoi à la commission du projet, pour que les amendements que devaient déposer un certain nombre de sénateurs, soit examiner. La proposition de Duplantier était rejetée par 245 voix contre, et 41 pour. Aujourd’hui, le juge d’instruction ne fait plus qu’un travail de juge du siège. Le travail d’investigation étant largement confié à la police qui est beaucoup plus professionnelle qu’elle ne l’était. En 1808, il accomplissait à la fois le travail du juge d’instruction et de la police.

  • Il y a cent ans… les députés régissaient les grandes vacances

    Il y a cent ans… les députés régissaient les grandes vacances

    Les nouveaux députés élus lors de la fête des Pères ont fait leur rentrée à la chambre basse. M Tapponier déposait une proposition ce 21 juin 1922, modifier l’époque des congés. Il faut dire la période d’après-guerre, les personnes à la tête de l’État, cherchait à reconstruire le pays. C’est ainsi que ce que nous appelions « Grandes Vacances » s’allongeait de deux semaines, car elle permettait aux enfants de travailler dans les champs, plutôt que de déambuler oisivement ici et là.

    Le personnel enseignant, est unanime indiquait le directeur d’un établissement d’enseignement à cette question. Non pour lui, mais des vacances suffisantes pour le repos des écoliers. « Il y a une quarantaine d’années, on se contentait de six semaines ». On avait pris l’habitude de considérer le 14 juillet comme date de départ. « Les vacances commençaient bien plus tôt depuis la fin de la Première Guerre mondiale », expliquait un proviseur de Lycée. Les dates d’examens furent fixées à la mi-juin. « On peut dire que virtuellement les études sont terminées à cette date. Dans l’enseignement secondaire, il n’est plus possible de travail sérieux après le mois de juin ». Sous l’Ancien Régime, les jours de congés correspondent essentiellement aux fêtes chrétiennes et au calendrier liturgique :

    • Épiphanie, 6 janvier
    • Saint-Charlemagne, 28 janvier
    • Sainte Geneviève, 26 novembre
    • Pentecôte, 5 juin
    • Carnaval
    • Assomption, 15 août
    • Toussaint, 1er novembre
    • Sainte-Catherine, 25 novembre
    • Ascension, 26 mai
    • Fête-Dieu, 16 juin

    Le plus gros des congés étant condensés sur août/septembre, cela correspond à l’aide que les enfants devaient apporter lors des vendanges et de la moisson.

    Historiquement, au mois d’août et septembre

    À partir de l’an 1888, la durée des congés d’été passait de quatre à neuf semaines. En 1912, le début des « grandes vacances » est avancé au 14 juillet, mais elles ne durent que jusqu’au 1er octobre. L’arrêté du 24 juillet 1905 s’attaque aux congés extraordinaires et les réduit à une semaine pour les fêtes de Pâques, au Premier de l’an, au lundi de Pentecôte et au lendemain de la Toussaint ; s’y ajoutent la célébration du 14 juillet et les jours de fête patronale. « ARTICLE PREMIER. — Les grandes vacances ont une durée de six semaines dans les établissements publics d’enseignement primaire. Toutefois, sur l’avis du Conseil départemental, la durée des vacances peut être portée à huit semaines dans les écoles primaires supérieures, ainsi que dans les écoles primaires élémentaires où sont organisées des classes de vacances »

    Sous le ministre Jean Zay, l’arrêté du 11 juillet 1938 fixait les dates et durée desdits congés : deux jours pour la Toussaint, dix pour Noël et le jour de l’an, un pour mardi-gras, quinze jours pour Pâques, le lundi de Pentecôte et des vacances d’été du 15 juillet au 30 septembre. (Crédits : Pexels/Pixabay)

    Les conséquences de la Grande Guerre sont partout. C’est le manque de main-d’œuvre qui octroie aux écoliers deux semaines de vacances supplémentaires, afin qu’ils puissent aider au travail agricole expliquait le ministre de l’Instruction publique. Le découpage de la France en trois zones (A, B et C) date de 1959. En 1960, les vacances d’été débutent le 28 juin et se terminent le 16 septembre. Mais la France qui est encore majoritairement paysanne a besoin de bras dans les champs. L’article 5, loi du 28 mars 1882 permet « des autorisations d’absence n’excédant pas huit semaines par an peuvent être accordées par l’inspecteur d’académie, sur la demande des personnes responsables, aux enfants ayant au moins douze ans qui sont occupés à des travaux agricoles ou embarqués pour la pêche maritime. »

    En ce qui concerne les congés payés dans le monde, le Koweït est le plus généreux avec 43 jours dans l’année. Viennent ensuite le Cambodge et la Géorgie avec respectivement 42 et 39 jours. La France est seulement 14ème avec 5 semaines de congés payés. (Crédits : StarFlames/Pixabay)

    Un tournant dans le monde des vacances et du tourisme en 1972. Après les trois médailles d’or olympiques et grenobloises de Jean-Claude Killy de 1968 dans les épreuves de Slalom géant, de descente et du slalom, les vacances d’hiver naissent réellement, avec le « loisir » comme fer de lance. Puis, les « grandes vacances » deviennent les « vacances d’été », car amputée de deux semaines, pour être réparties au profit des vacances de Toussaint et d’hiver, loisir oblige.