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  • Hôpitaux londoniens touchés par une cyberattaque

    Hôpitaux londoniens touchés par une cyberattaque

    Une offensive massive s’est déroulée au début du mois de juin 2024. Le service de santé britannique NHS England communique : « Le lundi 3 juin, Synnovis, un fournisseur de services de laboratoire, a été victime d’une cyberattaque de ransomware ». Du fait de cette cyberattaque, les deux principaux centres hospitaliers annulent 832 interventions chirurgicales. Mais également, il faut réorganiser 736 rendez-vous avec des spécialistes. La cyberattaque est de type ransomware.

    Pas moins de sept hôpitaux, gérés par deux Trusts du NHS (National Health Service), subissent de sérieuses perturbations de leurs services. Ils sont le Guy’s, St Thomas‘ et King’s College, mais également l’hôpital pour enfants, Evelina. Tout aussi préoccupant, les répercussions sur les hôpitaux Royal Brompton et Harefield. Ils constituent, à eux deux, le plus grand centre spécialisé en pathologie cardiaque et pulmonaire au Royaume-Uni.

    Cyberattaque de Synnovis

    « Lundi 3 juin, Synnovis, un prestataire de services de laboratoire, a été victime d’une cyberattaque par ransomware », déclare un porte-parole du NHS London. Après l’annulation de très nombreuses opérations et le report de plus de 700 rendez-vous ambulatoires, les services continuent de fonctionner. Mais les tests sanguins particuliers (VIH, Hépatite C et Hépatite B) sont actuellement suspendus.

    L’entreprise Synnovis est en étroite collaboration avec le NHS. Il est le laboratoire réalisant des tests pour de nombreuses pathologies. Ainsi leur travail est plus que vital pour de nombreux patients, autant dans le public que le privé.

    Les conséquences sont bien réelles. « Cela a un impact majeur sur la prestation de nos services, les transfusions sanguines étant particulièrement touchées », explique le professeur Ian Abbs, directeur général du GSTT (Guy’s and St Thomas’ NHS Foundation Trust). Le 4 juin 2024, l’entreprise communique sur les partenariats entre les trois principaux établissements hospitaliers (Guy’s, St Thomas’s et King’s College hospitals) et SYNLAB.
    (Crédits : capture d’écran/Royal Brompton Hospital))

    Synlab est selon le communiqué : « le plus grand fournisseur européen de tests et de diagnostics médicaux ». Or ce géant a subi, au sein de sa succursale italienne une cyberattaque en avril 2024. Mais également en France en juin 2023 via l’attaque dite « MOVEit ».

    Cyberattaque de Synlab

    Vers la mi-avril 2024, le prestataire de services médicaux Synlab est victime d’une cyberattaque en Italie. Ils sont plus de 380 laboratoires situés en Lombardie. Ainsi, c’est environ 35 millions de tests qui sont réalisés chaque année. Donc autant de données personnelles et confidentielles.

    Des informations sensibles ont été volées le 18 avril 2024. Dès le lendemain la communication du groupe en Italie, affirmait reprendre ses activités en mode réduit.

    La cyberattaque de type ransomware est l’œuvre de Black Basta. Synlab ayant refusé de payer, le groupe criminel publie tout ou partie des données exfiltrées.

    C’est le 13 mai 2024 que les cybercriminels derrière le ransomware diffusent les données. Si le nombre de patients n’est pas connu, on sait par contre que 1, 5 Téraoctet de données est publié.

    Comme pour la cyberattaque du centre hospitalier Cannes Simone-Veil, bilans de santé, diagnostiques, pathologie, documents internes sont accessibles sur le dark-web. (Crédits : capture d’écran/BlackBasta)

    « Nous regrettons les désagréments causés par cette attaque cybercriminelle […] », martèle la direction. Comme à chaque fois, les dommages sont immédiats, et la remise en route, prends plusieurs jours, semaines voire des mois en fonction des dommages.

    Qilin serait à l’origine de la cyberattaque

    Suite à l’attaque contre Synnovis, l’enquête est en cours. Comme pour l’attaque de Synlab, la piste d’un groupe d’opérateurs russes semble la plus probable selon les médias britanniques. Plusieurs sites gouvernementaux français auraient été la cible d’attaque de groupes russophone.

    C’est l’information que Ciaran Martin ancien directeur général du Centre national de cybersécurité divulgue à la radio. Interrogé durant l’émission Today de BBC Radio 4, Ciaran Martin déclare : « Nous pensons que c’est un groupe russe de cybercriminels qui s’appellent Qilin. »

    Le groupe d’opérateurs gère un modèle RaaS (Ransomware-a-a-Service). Sur le site vitrine, les affidés affichent leur victime et diffusent toute ou partie ds informations volées.

    La première victime est Sipex Medica, le 12 avril 2023, la Municipalité La Guadeloupe au Québec en avril 2024, le cabinet d’architectes Jean-Nouvel en France pour ne citer que ces quelques victimes. (Crédits : capture d’écran/Qilin)

    Les dernières entreprises affichées sont basées aux États-Unis : Next Step Healcare, St Vincent de Paul (école), EnviroApplications… Sur le sujet de Synnovis et du NHS, le ransomware n’a à ce jour, le 18 juin 2024, pas revendiqué la cyberattaque ni divulgué la moindre information sur son site vitrine, ce dans le cas où Qilin serait responsable de la cyberattaque.

  • Fanny au GPS, Flavien à la boussole (épis. 19/46)

    Fanny au GPS, Flavien à la boussole (épis. 19/46)

    Pas de grasse matinée en ce premier janvier de l’année 2024. Il est six heures passées de trente minutes lorsque le réveil sonne. La journée est censée être longue. Le départ est prévu dans une heure et demie. Sauf que l’averse se met à tomber. « Ça change du ciel bleu d’hier », souffle Flavien qui déjeune seul, dans l’abscisse de sa tente. Ilian et Fanny ont déjà plié la leur, mais mangent sous la pluie. Après une tourbière nous attaquons la montée plein nord dans une forêt. Comme la veille Fanny est au GPS et Flavien à la boussole.

    Après avoir traversé de nombreux barrages de castors, ils arrivent sur une zone dénudée à plus de 500 m d’altitude, les jambes sont lourdes. « Nous mangeons à l’abri du vent, mais le temps semble vouloir passer au sec, nous enlevons le pantalon de pluie, mais je garde quand même mes guêtres. » Au loin, au Sud, se dessinent désormais très bien les fameuses îles du Cap Horn, les dernières avant l’Antarctique…

    En direction de Caleta Eugenia

    « Nous reprenons la route et passons le début d’après-midi sur des fellfields et nous avançons donc très vite. » La vue sur le Beagle est à couper le souffle. Le trio doit désormais descendre dans la forêt. « Ce qui nous a été donné comme la partie difficile de ce parcours. » Deux outils sont alors essentiels : le GPS et la boussole. Le triptyque se dirige vers Caleta Eugenia. Comme dans tout chemin marqué par des obstacles ou problèmes, le temps de la traversée devient relatif.

    « Nous n’avançons qu’à 1 ou 2 km/h ». Mais une excellente surprise les attend. « Nous trouvons un sentier qui était en fait le tracé d’un projet de route qui n’a jamais été concrétisé. »

    À 18 h ils arrivent à la ferme de Caleta Eugenia. La revue des animaux d’élevage est en marche. « Nous rencontrons de nombreux animaux, des porcs, des vaches… mais continuons notre chemin sur une vraie piste ». Il s’agit de celle qui permet aux voitures de rallier la ferme depuis Puerto Williams.

    À cet endroit, ils espèrent croiser une rivière qui se jette dans le Beagle. Elle est notée à leur droite, sur leurs cartes. « Malheureusement celle-ci n’est qu’un filet d’eau dont l’amont est piétiné par les bovins… » (Crédits : Flavien Saboureau)


    Ilian, Fanny et Flavien s’apprêtent à faire demi-tour. Le besoin d’eau se fait sentir. Direction la ferme, à 1 ou 2 km quand un 4×4 apparaît, comme par magie sur la piste. Flavien ferme le poing, tend le pouce, le véhicule se stoppe. Illan et Fanny demandent au chauffeur où on peut trouver de l’eau dans le coin. Il cherche en vain dans ses souvenirs. Il nous propose de nous emmener au camping après être revenu de la ferme. Quinze minutes plus tard « nous chargeons nos sacs et montons. »

    La première journée de l’année sous le blues

    Un bonheur simple. « Il y a tout de même 23 km de piste et mettrons près d’une demi-heure en longeant le Beagle pour rallier la seule ville de l’île », souffle Flavien. Il est accompagné de son fils de 3 ou 4 ans. « Nous ne comprenons pas ce qu’il dit. Il surmonte sa timidité en nous offrant des chocolats qu’il grignotait », s’amuse l’aventurier. Ils opèrent le remake de « Retour vers le futur ». Comme bande-son du voyage, des tubes bien connus des années 80. Le convecteur temporel paraît en panne.

    « Le trajet semble être suspendu » marque Flavien. Le parfait cliché du stop à l’autre bout du monde.

    Arrivés au camping, deux choses importantes : prendre une douche monter la tente, encore bien humide du matin. Le jour de repos commence par la levée du corps à… 9 h 15. « De toute façon de 8 h à 9 h, il a plu », remarque Flavien. « C’est toujours aussi agréable d’être au sec sous ces trombes d’eau. »

    Une grosse partie de la matinée est consacrée à nettoyer les vêtements. « Je procrastine depuis plusieurs jours ». À midi, Cécilia la gérante du camping apporte une énorme gamelle de poulet au maïs et pommes de terre pour ceux qui veulent. « Un très bon repas cuisiné maison et gratuit. Pas mal ce camping qui ressemble plus à une chambre d’hôte. » (Crédits : Flavien Saboureau)


    Les vêtements sèchent au-dessus du poêle. « Je me rends près du café pour pouvoir capter la WiFi. » Depuis un certain temps, il n’a pas eu de contact avec le monde extérieur. « Premier coup de blues du voyage quand je vois tous ceux qui ont fait les fêtes ensemble… » J’entre dans le café où il n’y a que des Français déjà croisés. « Je prends un cappuccino et un gâteau extrêmement bon dont je suis incapable de me rappeler le nom ». Un couple revenant du trek des « Dientes de Navarino » nous donne leurs impressions.

    Le trek de los Dientes de Navarino

    Après cette pause gourmande « Fanny, Illan et moi nous nous rendons chez les carabineros ». La procédure est de les informer de notre retour. « Je reste plus longtemps, car je m’enregistre pour le trek de demain. » Un enregistrement avec quelques informations. « Notre numéro d’assurance, notre date prévue de retour ou encore la couleur de nos vêtements… au cas où il faille lancer des recherches si je ne suis pas revenu à la date prévue. »

    Vue imprenable sur le canal du Beagle
    Le Beagle et Ushuaïa au loin. C’est le point de départ du fameux trek de los Dientes de Navarino. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Puis une petite visite de la ville. « Je fais quelques courses après avoir acheté quelques cartes postales à la seule poste de l’île. » Il retourne au café de 18 à 21 h pour remplir les cartes postales. « La vue sur le Beagle, sous le soleil, est inspirante ». La journée se finit sur la préparation du sac. L’ambiance est un mélange de profondes conversations avec les deux Français et Isabelle. Elle revient depuis de nombreuses années, elle connaît l’île comme sa poche. « Demain c’est ce fameux jour que j’imagine depuis des mois, celui des Dientes de Navarino, pour qui 90 % des touristes font le déplacement. » À suivre…

  • Emcali victime d’une cyberattaque

    Emcali victime d’une cyberattaque

    Les entreprises municipales de Cali sont confrontées depuis ce dimanche 9 juin 2024 à une « grave cyberattaque ». Vers 9 h 30, une offensive menace d’affecter les services de facturations, d’informations ainsi que les systèmes commerciaux. La menace selon la direction est contenue. Emcali gère les télécommunications, l’eau potable, les eaux usées, l’électricité et le gaz de 600 000 clients. L’entreprise dont l’État de Colombie est actionnaire à 100 % depuis 2002 n’est pas à sa première cyberattaque subie.

    L’enquête, en cours, doit lever les doutes et les améliorations dans la sécurité des systèmes d’information, suite à la cyberattaque du 9 juin 2024. Les services dédiés ont contenu l’attaque en moins de deux heures selon le communiqué. Pour autant le site n’est toujours pas accessible.

    Nouvelle cyberattaque pour l’entreprise colombienne Emcali

    Il semble qu’elle soit déjà coutumière du fait. La compagnie en subissait une le 16 octobre 2021. Un ransomware se propageait dans les différents systèmes de l’entreprise. Ce que confirme Jaime Osorio pour Emcali en 2021. Un montant est demandé pour obtenir la clé de déchiffrement. Le SARS-CoV-2 facilitait cette transmission. Le télétravail avec la moindre efficacité sur la sécurisation serait à l’origine cette contamination.

    Les informations chiffrées pouvaient être récupérées contre monnaie sonnante et trébuchante. Rien n’indique qu’une somme avait été payée ou non aux cybercriminels. Selon le rapport de Rodrigo Mariano Díaz et de Georgina Núñez « Ciberataques a la logística y la infraestructura crítica en América Latina y el Caribe » le coût serait de 100 000 dollars. « Nous réinitialisons la sauvegarde et il n’y a pas eu de perte d’informations, en plus de mettre rapidement en place les serveurs. Ils n’ont infecté que 6 % des serveurs avec 402 actifs, les bases de données sont saines », a déclaré Osorio.

    Contenue en moins de deux heures

    Le communiqué indique que depuis « ce dimanche, l’équipe de gestion des technologies de l’information d’EMCALI a détecté l’indisponibilité de différents services offerts par cette unité. Différents services offerts par cette unité. » Ils travaillent d’arrache-pied pour remettre en cours l’ensemble des services. « L’équipe de gestion des technologies de l’information de l’EMCALI a détecté l’indisponibilité de différents services offerts par cette unité. »

    Roger Mina, directeur actuel d’Emcali, a déclaré que « l’attaque visait apparemment les systèmes d’information associés à la fonction commerciale ». Les suppositions du directeur seront confirmées ou non par l’enquête. « Ce que nous avons fait, c’est isoler les systèmes d’information de la société […] nous devons reconnecter ces systèmes et les allumer ». La procédure de vérification s’effectue unité par unité.

    La Colombie en ligne de mire

    L’attaque contre Emcali (EMpresas Municipales de Cali) a mis en lumière les défis auxquels la Colombie est confrontée en matière de cybersécurité. « L’année dernière, nous avons eu 28 milliards de cyberattaques, dont beaucoup dans le secteur bancaire, et au cours de ces cinq mois, nous avons déjà accumulé 20 milliards », a déclaré Mauricio Lizcano à Carthagène. Le ministre des Technologies de l’information et des communications (TIC) indique investir pour la sécurité des Colombiens.

    Les cyberattaques et vols de données se produisent en raison du manque d’éducation de la population (liens malveillants, mots de passe, wifi public…). L’éducation aux bons gestes ne souffre d’aucune frontière. Mais parfois entre l’infection et les contre-mesures, un laps de temps certain s’écoule.

    La Colombie a connu en 2021 de nombreux événements et incidents relate Jeimy Cano directeur du magazine SISTEMAS. La fuite d’informations stratégiques de l’armée, celle de l’université El Bosque (28 juin), de l’aéronautique civile (31 août), EMCALI (22 octobre), du département administratif national des statistiques (DANE) (9 novembre) et de la Pontificia Universidad Javeriana (22 novembre).

    Jeimy Cano explique l’attaque contre Empresas Públicas de Cali. « Elle est une attaque typique visant une infrastructure critique afin d’affecter ses serveurs et ses clients ». (Crédits : Luis Fernando Munoz Roldan)


    La gestion et gouvernance de la sécurité/cybersécurité sont à reconnaître comme surmonter cinq défis systémiques. À savoir : absence de pensée systémique, biais cognitifs, technologie inadéquate, peu de preuves empiriques, et ignorance de l’adversaire. Dans son dernier article publié sur LinkedIn, le 10 juin 2024, Jeimy Cano conclut que « La cybersécurité n’est plus un problème technique à résoudre par la technologie, mais une composante fondamentale de l’essence et de la mission de l’organisation. Dans un environnement de plus en plus numérique et technologiquement modifié, la protection de la promesse de valeur de l’entreprise passe par le développement de la confiance numérique comme fondement de la relation symétrique, transparente et équivalente qui doit être établie entre l’entreprise et ses clients. » Les cyberattaques ne concernent pas seulement les grandes entreprises.

  • Réveillé par le fracas des vagues (épis. 18/46)

    Réveillé par le fracas des vagues (épis. 18/46)

    Deux jours avant le réveillon de la Saint-Sylvestre. Mais durant la nuit Flavien a les pensées prises à autre chose : dormir. « J’ai passé la nuit à chercher une position pour réussir à dormir dans ces sièges qui ressemblent à ceux d’un bus ». Il est tout juste 7 h, quand l’ensemble du bateau est éveillé. Un réveil tout en douceur, les vagues frappent la proue. Malgré qu’il navigue principalement dans les chéneaux, cette partie du parcours s’introduit dans l’océan Pacifique. Le roulis ne plaît pas à tous. Quelques personnes font la queue pour aller aux toilettes…

    Flavien, tel le vieux loup de mer, hume son premier bol d’air sur le pont, « rafraîchissant ! » Le reste de la journée « nous la passons dans les innombrables chéneaux bordés de milliers d’îles ». L’une d’entre-elles, l’Isla Darwin, a bien entendu marqué l’aventurier. Sa description sort tout droit d’un roman policier. « Une atmosphère froide et très brumeuse, l’ambiance prend aux tripes… » Il est impossible de rester indifférent. Surtout lorsque les pensées vont aux premiers explorateurs qui ont découvert ces chéneaux du bout du monde.

    Dans les fjords de la cordillère de Darwin

    Plusieurs naturalistes de nombreuses nationalités observent les différents oiseaux et mammifères marins qui peuplent ces endroits désolés. Flavien n’y échappe pas : albatros à sourcils noirs, cormorans impériaux, brassemers de Patagonie, oies du kelp, pétrels géants, pétrels plongeurs, sterne antarctique, otarie australe, lions de mer. L’après-midi est plus apaisée. Avec l’entrée dans les fjords de la cordillère de Darwin et sa fameuse calotte glaciaire, de plusieurs centaines de kilomètres carrés.

    La brume s’évapore, elle laisse entrevoir des sommets recouverts d’un très fin manteau blanc. « Les langues glaciaires descendent de la cordillère. On a la chance d’en observer une venant se perdre dans la mer, impressionnant ! », claque-t-il.

    Comme pour sublimer l’instant, des dauphins apparaissent. « C’est les seuls de la journée. » Quelques heures plus tôt, de petits icebergs issus du vêlage d’un glacier se montrent timidement. La météo change, après la pluie, c’est une neige lourde et très humide qui tombe. « C’est l’heure de rentrer au chaud pour manger le repas du soir ». Servi à 18 h pétantes. « Je ressors sous cette météo bien locale lorsque le bateau vogue par la baie Yendegaia ». Il ravitaille une sorte de base de la police chilienne, à la frontière argentine.

    (Crédits : Flavien Saboureau)


    « Une heure passe quand nous naviguons sur le canal de Beagle. » Au crépuscule, les couleurs rosées enflamment Ushuaïa. L’instant magique se produit alors. « C’est à ce moment, sur le pont, que nous sommes quelques chanceux à observer la furtive sortie d’une baleine. » Sans réussir à l’identifier, mais « quel plaisir d’en revoir une presque deux ans après Amsterdam. »

    L’Île de Navarino

    La fameuse île dont Flavien rêve depuis des mois se dessine. « Je devrais y rester 15 jours. » De nuit, nous accostons. « Il ne semble pas y avoir de place dans les quelques auberges de Puerto Williams », assure-t-il. Les quelques Français avec qui il a sympathisé tentent de trouver des emplacements dans le camping. Ils dressent leurs tentes à 2 h du matin. « Une journée sur la mer pleine de découvertes, dans une ambiance de fin du monde, je suis bien là où je voulais être. »

    À Puerto Williams, c’est comme un jour de fête en avance, ce samedi 30 décembre 2023, est consacré au farniente. Au programme, repos, resto et risotto. Il a eu raison d’en profiter.

    « Levé à 6 h 10, le temps est compté. » Il faut être sur place une demi-heure avant le départ du ferry, à 8 h précises. Le soleil brille de mille feux, mais le bonnet et les gants sont de mise, ajoute Flavien. Quelques îlots recouverts de colonie de cormorans impériaux brisent la monotonie du trajet. « À peine les ancres larguées, le sentiment d’effervescence touche toutes les personnes. Ça fait un mois que ce village méridional et ses 13 habitants n’ont pas été ravitaillés. » C’est alors qu’un ballet s’engage. La citerne d’eau potable, le camion poubelle, le ravaleur de route… l’escale ne dure qu’une petite heure.

    (Crédits : Flavien Saboureau)


    Les deux Grenoblois et moi recherchons les carabineros. « Il faut s’inscrire sur un registre auprès des policiers pour dire que nous partons en randonnée 2 à 3 jours. En cas de problème, ils peuvent venir nous secourir. » Cécilia la gérante du camping, « El Padrino » nous met l’eau à la bouche en discutant. Une spécialité, les empanadas aux araignées de mer est concoctée par une femme de l’île. Le trio emploie 20 min à la trouver. Malgré le peu de maisons, mais c’est trop tard, il n’en reste plus, « quelle déception ». Les quelques dizaines de touristes descendus du bateau sont passés avant nous…

    Deux jours de marche vers Puerto Eugenia

    Bientôt 11 h, il est temps de se mettre en mouvement. Le but : rallier Puerto Eugenia au nord-est de l’île, à deux bonnes journées de marche. « Cet itinéraire n’est pour ainsi dire jamais réalisé, nous sommes les premiers de la saison à s’y tenter », parait-il. Unique certitude, ils sont les seuls à être descendus du bateau, sans y remonter. « Notre azimut, le lac Navarino, à 13 km à vol d’oiseau. » Pas de sentier pour s’y rendre, nous évitons les forêts en nous aidant des cartes satellites et des traces de ceux qui s’y sont déjà essayés par le passé, souligne Flavien.

    À peine la randonnée débutée, nous tombons sur Donatia fascicularis. « La plante d’intérêt qu’il manquait à mon tableau de chasse. » Flavien est heureux comme jamais. Ses deux acolytes commencent à comprendre ma passion… ils se disent que la journée va être longue.

    Finalement, peu de découvertes, la marche ne souffre d’aucun retard. Le trio alterne entre bosquets et tourbières sous un vent à décorner les bœufs. « Les paysages, la végétation et les conditions me rappellent les Malouines. » Après avoir croisé de nombreux barrages de castors, et leurs bâtisseurs, ils arrivent sur les bords du lac vers 18 h 15. La recherche d’un emplacement sec, plat et protégé du vent, est loin d’être simple, mais pas impossible. Arrive ensuite la quête de l’eau. Venant des tourbières et des forêts elle est trouble.

    (Crédits : Flavien Saboureau)


    Les castors peuvent transmettre la leptospirose, alors l’eau est bouillie, puis s’ajoute des cachets de chlore. Il ne reste que quatre heures avant le passage à l’année 2024. « Ce repas du réveillon n’a rien d’exceptionnel si ce n’est qu’il fait encore très beau, mais très frais sur l’une des îles les plus inhospitalières du globe… » Il y a 72 h le trio ne se connaissait pas « Et voilà que l’on passe le réveillon du Nouvel An ensemble, à un endroit on ne peut plus isolé… » Rien de transcendant, mis à part que Fanny à réussi à attraper une truite cinq minutes après avoir lancé sa première cuillère. Elle devrait être au repas du petit déjeuner.

    « Un peu de nostalgie ce soir là aussi. Il y a un an je quittais l’île Amsterdam et passais le réveillon, complément déboussolé, avec les compagnons d’hivernage sur le Marion Dufresne. J’aurai eu du mal à imaginer la situation dans laquelle je suis un an plus tôt. Maintenant, il faut aller dormir. J’espère que la météo de demain sera de la partie. » À suivre…

  • Flavien vogue vers Puerto Williams (épis. 17/46)

    Flavien vogue vers Puerto Williams (épis. 17/46)

    Ce matin du 27 décembre 2023, Flavien se lève aux aurores. C’est à cinq heures et demi que l’aventurier ouvre les yeux. Il prend son bus dans moins de quatre-vingts minutes. L’autobus est prévu à 7 h, direction Punta Arenas. Et demain c’est le retour de l’apprenti marin. Il monte à bord du ferry pour un périple de 32 h. Il se dirige vers la ville la plus méridionale qui soit, Puerto Williams. Mais comme à chaque étape de son voyage, un lot de surprises attend le jeune naturaliste.

    « Ce matin, je me lève à 5 h 30. Mon bus est à 7h00, mais il faut que j’y sois 30 min avant, la nuit aura été courte », souffle-t-il les yeux encore mi-clos. Première surprise dans le bus. Il se situe à une place de choix, près des toilettes et à côté d’une personne qui parle toute seule. Mais il réussit à faire abstraction, enfin en partie. « Le voyage aura été long et bien moins agréable que la dernière fois… »

    Le soleil se couche, quand Flavien patiente toujours. « Il est 21 h 21. Cela fait 6 h que l’on attend que le détroit de Magellan rouvre. » Il faut dire que le vent souffle fort, voire très fort. D’ailleurs sur le trajet, le bus vacille jusqu’ici observe l’aventurier. Vu les conditions, le ferry ne peut faire l’aller-retour entre la Terre de Feu et le continent.

    Toujours avec l’appareil photo en bandoulière, il prend des clichés des plantes qui traînent au bord du détroit de Magellan. « J’ai anticipé les potentiels dauphins et je n’ai que mon téléobjectif, pas l’idéal pour photographier des plantes » note-t-il très justement.

    « Je suis le seul zinzin à me promener en plein vent, qui dépasse allègrement 100 km/h. Enfin pas vraiment, il y un autre français qui déambule près du bus. » (Crédits : Luis Alberto Bustos Quezada/Pixabay)

    Les deux se posent à l’abri d’un mur face au canal de Magellan. Ils entament une conversation sur la photo. Puis, petit à petit, ils abordent les TAAF. « Il me dit connaître quelqu’un qui a été botaniste sur Amsterdam. Les TAAF étant une petite famille je vois le truc venir. » Pas manqué, il parle de Damien, le Normand, avec qui Flavien a passé quatre mois sur Amsterdam et qu’il a revu juste avant son départ en voyage.

    Une histoire de famille

    Ils sont cousins éloignés… Depuis qu’il traîne ses guêtres avec cette veste des TAAF, il n’existe pas un lieu où il ne croise pas quelqu’un avec qui il a une connaissance en commun. La famille des TAAF est connue sur les cinq continents. « Mais là, c’est quand même particulier. À l’autre bout du monde, sur un canal avec une météo que la plupart des explorateurs ont décrit, improbable ! »

    Le temps semble être sur pause. Rien d’attendu ne se passe correctement. « Je n’ai pas prévu de nourriture pour ce soir ni réservé d’auberge pour cette nuit. » Généralement, si on arrive avant minuit, tout est possible, à condition de traverser le canal.

    Si on le traverse un jour, pense-t-il, il reste encore 2 ou 3 h de route. Autant dire que d’arriver avant minuit paraît utopiste. Où va-t-il dormir. « J’espère que ça va prendre plus de temps, et que la nuit se passe dedans le bus », après déjà 15 heures de voyage.

    « Et dire que 32 h de bateau m’attendent dès demain soir… » La tempête se calme. Enfin assez pour que le bateau puisse faire la navette, il est 22 h 20. Une fois à bord, Flavien descend du bus et monte sur le pont. « J’espère voir les dauphins, mais il fait presque nuit. La force du vent et le tangage du bateau m’accaparent. » Il se met à rêver, d’une période bien lointaine. « J’imagine l’expédition de Magellan sous ces vents de plus de 60 nœuds, mais dans leur barcasse en bois… ». (Crédits : Flavien Saboureau)

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    Il profite du retour sur la route, pour se plonger dans un récit du voyage de Magellan. Il est 1 h tout juste quand le bus débarque à Punta Arenas. « Je suis le cousin de Morel car on l’attend dans une auberge ». Ils auront peut-être un lit pour Flavien. Une Française qui a réservé dans cette auberge nous rejoint. Vingt minutes de marche, sous un froid revigorant, le trio arrive. Le gérant est extrêmement sympa, « je partagerai une chambre de 4 lits avec les 2 autres français. Ouf, j’aurai un toit pour ce soir. Il est 2 h et il est temps de se coucher, après cette journée commencée à 5 h 30… »

    Une courte nuit de plus

    Le réveil sonne à 9 h. Une nuit pas autant réparatrice que souhaité. « mais c’est mieux que rien », claque Flavien. Après le petit déjeuner, le trio se dirige à la ScotyaBank pour retirer de l’argent local. Il récupère 300 000 pesos chilien (environ 312 euros) pour les prochaines semaines. Après s’être ouvert l’appétit, ils se posent dans un restaurant conseillé par l’aubergiste.

    La richesse se ressent, du moins dans cette ville par rapport aux contrées traversées précédemment. Le trio s’éternise. Il est 14 h 30 lorsqu’ils sortent du restaurant.

    « Je laisse le groupe pour aller faire quelques courses car il paraît que c’est bien plus cher à Puerto Williams, où je vais. »

    Il est 15 h 30 quand l’aventurier revient à l’auberge, où son sac l’attend. L’embarquement au port est prévu entre 16 et 17 h, il ne faut pas que je traîne pense-t-il.

    Le temps s’accélère cette fois-ci. « Je n’ai pas le temps de marcher ou de chercher un taxi (car je n’ai pas de SIM) alors je réserve un Uber ». Pas le temps de réfléchir ou de se laisser à vagabonder, le transport est là en en moins de 2 min. « Impressionnant ! »

    (Crédits : Pedro Herrera/Pixabay)


    Au sens propre comme au figuré, c’est sur les chapeaux de roues qu’il dit au revoir aux acolytes. Il arrive au port 10 à 15 min plus tard. « J’embarque pratiquement aussitôt dans ce ferry qui paraît frêle par rapport aux mers que l’on va traverser… », se rassure-t-il. Les véhicules sont rangés sur la gauche, la partie passager des est sur la droite. « C’est un simple couloir sur 2 étages avec des sièges inclinables, pas de lits pendant les 32 h qui m’attendent. »

    Une traversée de 32 h… sans lit

    Les repas se prennent au 1er étage. Finalement, c’est deux heures plus tard que « nous prenons la mer ». Le temps se joue encore de Flavien. « Nous mettons beaucoup de temps à naviguer face à Punta Arenas, le bateau ne va vraiment pas vite. » Ce n’est pas plus mal car ce bateau est à fond plat. Il n’est pas conçu pour la haute mer. « Il prend très facilement les vagues de face qui s’éclatent sur la coque et recouvrent d’embruns les personnes qui comme moi sont sur le pont. »

    Blotti sous ses quatre couches de vêtements, il guette les oiseaux et mammifères marins. Le vent glacial en décourage plus d’un. Mais quelques Chiliens et Français bravent tout de même les éléments.

    C’est l’occasion de faire une rencontre de plus. Une Française spécialiste des glaciers Himalayens, accompagnée de son mari. « Encore une fois elle connaît très bien les TAAF car son laboratoire, à Grenoble, envoie régulièrement de jeunes scientifiques. »

    En discutant, des connaissances en commun s’affichent. Alice l’ancienne médecin du Marion Dufresne ou encore Joël, un glaciologue avec qui j’ai partagé mon dernier mois et le retour d’Amsterdam, raconte Flavien. Plus rien ne l’étonne dans ces rencontres… Une bonne partie de la soirée se passe sur le pont tribord à parler et à chercher quelques dauphins de Peals qui se montreront à deux reprises. (Crédits : Flavien Saboureau)


    Muni de son téléobjectif, quelques oiseaux, tels les pétrels plongeurs se laissent observer. « Je n’avais plus revu depuis le mouillage près de l’île de la Possession en août 2021. » Même bien emmailloté, il redescend se réchauffer en cabine. « Malgré mes vêtements les plus chauds, ça pèle », grelotte-t-il d’une vois tremblante. Il remonte une fois, lorsque, à la nuit tombée, nous passons devant le fameux Mont Tarn, dont Darwin raconte l’ascension dans son récit. À suivre…

  • Une loi interdit les mauvais mots de passe

    Une loi interdit les mauvais mots de passe

    Il faut le lire pour le croire. Le flegme britannique est légendaire. Ainsi les sujets de Sa Majesté Charles III possèdent une nouvelle loi. Elle interdit d’utiliser certains mots de passe. Son but prévenir les fuites de données, les cyberattaques. Du moins, ne pas faciliter la tâche des « hackers » sur le WEB. Si la bienséance n’est pas de mise, la logique l’est. La multiplicité des objets connectés, les utilisateurs qui par facilité usent du même mot de passe… sont des vecteurs par lesquels les personnes mal intentionnées passent.

    Il est des raisonnements qui pourraient traverser la Manche. Sans effet de manche, le mot de passe est un sujet majeur, pas un simple tour de passe-passe. Les moyens mnémotechniques pour se remémorer le précieux sésame existent. Pour autant, plus ou moins facile selon l’âge de l’utilisateur.

    Une loi pour interdire les mots de passe par défaut

    Une nouvelle loi outre-Manche interdit les mots de passe par défaut sur les appareils dits « intelligents ». C’est le Centre national de cybersécurité (NCSC) qui en est l’origine. Il appelle les fabricants à se conformer dès le 29 avril 2024 à une nouvelle loi. Elle proscrit l’utilisation des mots de passe par défaut.

    phishing-password-scam

    « La loi, connue sous le nom de Product Security and Telecommunications Infrastructure act (ou PSTI act), aidera les consommateurs à choisir des appareils intelligents qui ont été conçus pour fournir une protection continue contre les cyberattaques », déclare le NCSC.

    Les mots de passe « 123456 » ou « password » sont utilisés en France par plus de 6 millions d’individus. D’ailleurs, les mêmes mots de passe tels que « admin » ou « 12345 » sont désormais interdits au Royaume-Uni.

    Les cyberattaques, quelles qu’elles soient, font l’objet d’une lutte internationale. Puisqu’ils courants et faciles à deviner, la loi prohibe l’usage de ces mots de passe. C’est une première mondiale.

    (Crédits : Mohamed Hassan/Pixabay)


    « Une maison remplie d’appareils intelligents pourrait être exposée à plus de 12 000 attaques de piratage provenant du monde entier en une seule semaine, avec 2 684 tentatives de deviner des mots de passe faibles sur cinq appareils », relate News Sky.

    Une recrudescence d’appareils connectés

    Au Royaume-Uni, 99 % des adultes ont à minima un appareil « intelligent ». De plus les foyers britanniques détiennent neuf équipements connectés en moyenne. Les chiffres sont éloquents outre-Manche : 57 % des ménages possèdent une télévision, 53 % un assistant vocal et un sur deux arbore une montre ou un bracelet de fitness, l’ensemble dit « smart ».

    Cette loi semble être à l’heure anglaise. Les dix mots de passe les plus utilisés en 2023 sont : 123456, password, qwerty, liverpool, 123456789, arsenal, 12345678, 12345, abc123, chelsea.

    Cette loi tend à mettre en œuvre un ensemble de normes de sécurité minimales. L’exemple cité par les journaux anglais est le réseau de zombies DDoS tel que Mirai.

    Mirai, explique Cloudflare « c’est un logiciel malveillant qui infecte les appareils intelligents qui fonctionnent grâce à des processeurs ARC ». Ce qui les transforme en un réseau de « zombies » contrôlés à distance. L’ensemble compose un réseau de botnet, utilisé pour lancer des attaques DDoS.

    (Crédits : freestocks-photos/Pixabay)


    La mutation, tel un virus, de Mirai inquiète. The Hacker News relate la déclaration d’Omer Yoachimik et Jorge Pacheco : « Quatre attaques DDoS HTTP sur 100, et deux attaques DDoS L3/4 sur 100 sont lancées par un botnet variante de Mirai« ». Le code source a été rendu public, tel un open source, au fil des ans, de nombreuses mutations ont eu lieu.

    Des amendes records

    Dorénavant les fabricants sont tenus de fournir des appareils n’utilisant pas des mots de passe par défaut devinables, ou simples. Le Royaume-Uni devient ainsi le premier pays au monde à interdire les noms d’utilisateur et les mots de passe par défaut sur les appareils IoT. Le rapport de Cloudflare sur les menaces DDoS pour le premier trimestre 2024, indique que les attaques basées sur Mirai continuent.

    Ces attaques perdurent huit années après que le botnet original ait été démantelé. Paras Jha, Josiah White et Dalton Norman, âgés de 20 à 21 ans plaident coupable lors de leurs procès.

    Les objets connectés concernés sont les sonnettes de porte intelligentes, les baby-phones et caméras de sécurité, tablettes cellulaires, smartphones, consoles de jeux.

    Mais aussi les appareils électroménagers intelligents. C’est à dire les ampoules, les prises, bouilloires, thermostats, fours, réfrigérateurs, nettoyeurs jusqu’aux machines à laver.

    Cette loi vise à instruire ou éduquer. Cet ensemble de normes de sécurité minimales vise à empêcher les appareils vulnérables d’être intégrés dans un réseau de zombies DDoS tel que Mirai.

    (Crédits : urish/Pixabay)


    Au Royaume-Uni on ne plaisante pas avec les amendes. Les entreprises qui ne respectent pas les dispositions de la loi PSTI s’exposent à des rappels et à des sanctions pécuniaires, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 10 millions de livres sterling (11,64 millions euros) ou 4 % de leur chiffre d’affaires annuel global, selon le montant le plus élevé.

  • Cyberattaque de l’hôpital de Cannes

    Cyberattaque de l’hôpital de Cannes

    Le 16 avril 2024, le centre hospitalier Cannes Simone-Veil subit une cyberattaque. Elle est de type ransomware. Le groupe d’opérateur à la base est le célèbre LockBit. Sur leur site de fuite, depuis hier le 1er mai peu après 22 h, 61,7 GB de donnée sont donc accessibles. Des données de bilans de santé, des évaluations psychologiques, des informations provenant du personnel soignant, des photos et pleins de documents internes. « La direction du centre hospitalier condamne cette publication et regrette les dommages éventuellement occasionnés […] »

    Deux semaines après la cyberattaque, le centre hospitalier (CH) confirme par communiqué de presse que les données publiées dans la soirée du 1er mai lui appartiennent. Le CH Simone-Veil s’ajoute à la longue liste d’établissements de santé touchés.

    Une énième cyberattaque d’un hôpital en France

    La cyberattaque touchant l’hôpital cannois avait contraint à annuler toutes les opérations chirurgicales non urgentes. Mais aussi à reporter toutes les consultations jusqu’au retour à la normale. Depuis, l’activité de l’hôpital a repris son cours.



    Comme à chaque fois le rétablissement du fonctionnement des systèmes d’information se fait au plus vite. Les informations sont directement accessibles après le décompte macabre de la mise en ligne, suite au non-paiement de la rançon.

    L’établissement précise que « la qualification des données exfiltrées se poursuit et un retour dans les prochains jours, circonstancié et personnalisé sera réalisé auprès des personnes et institutions concernées. »

    Le directeur du centre hospitalier, Yves Servant, assurait durant les premières minutes ne pas avoir « eu de demande de rançon ni de vol de données identifiés à ce stade. »

    (Crédits : Capture d’écran/LockBit)


    Des informations de patients, mais aussi de salariés, des cartes d’identité, bilans médicaux, des bulletins de salaire, des relevés d’identité bancaires, des relevées de comptes bancaires, des tableaux d’amortissement de prêts… sont désormais en ligne. Les très nombreux documents sont d’autant plus de possibilités d’usurpation d’identité, de phishing, spearphishing

    L’opération Cronos de février

    L’opération conjointe des différents services de Police sur les cinq continents affaiblissait les affidés. Trente-quatre serveurs tombaient ainsi que le compte principal. Le CEO reconnaissait avoir laissé la sécurité de côté sans effectuer une mise à jour PHP. Depuis les victimes de LockBit sont à nouveau nombreuses.

    Depuis de très nombreuses sociétés sont affichées. Les personnes mal intentionnées peuvent alors se saisir de documents. Le but est de lancer de campagnes de phishing ciblé.

    Entre les pièces d’identité, des numéros de sécurité sociale, des relevées d’imposition aux relevées d’examens médicaux…

    « J’ai regardé la quantité de données et il n’y a pas les 60 gigaoctets. Le reste sera revendu sur le darkweb à d’autres arnaqueurs pour essayer d’extorquer de l’argent aux gens », indique SaxX sur France Bleu.

    (Crédits : Capture d’écran/LockBit)

    Le centre hospitalier a porté plainte, et avoir alerté la CNIL et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Elle précise qu’un « retour circonstancié » sera réalisé dans les prochains jours, avec des « conseils en cybersécurité à tenir ».

    Une première au CH de Cannes

    Le centre hospitalier n’avait jamais été victime de cyberattaque de type ransomware. « Nous sommes préparés depuis les dernières crises, notamment Covid à ces situations. Nous faisons régulièrement des exercices », précise le Docteur Gard.

    « La direction du centre hospitalier condamne cette publication et regrette les dommages éventuellement occasionnés auprès de certains de ces patients, professionnels et partenaires. »

    Ce qui est certain est que suite aux fuites de France Travail, des organismes de tiers payants Almedis et Viamedis, il faut redoubler d’attention.

    (Crédits : Capture d’écran/LockBit)

  • Noël pluvieux pour Flavien (épis. 16/46)

    Noël pluvieux pour Flavien (épis. 16/46)

    Pas de grasse matinée en ce jour de Noël. La montre affiche huit heures quand la tente est pliée. Peu de temps après, Flavien est déjà sur la route. Le chemin sur la carte semble encore long, surtout s’il n’est pas balisé. S’il se trouve avec des troncs entremêlés, ça risque d’être long. Le temps annoncé par les services de météorologie est à la pluie : rien d’idyllique. Les premières heures se déroulent sans accrocs. Flavien arrive donc à marcher à une vitesse de 2 à 3 km/h dans ces magnifiques tourbières qu’il traverse.

    « Le cortège floristique est pauvre dans ces milieux alors je ne m’arrête pas pour prendre des photos. » Quelques minutes plus tard, il faudra traverser quelques bosquets, alors que la pluie s’invite à la randonnée. Je ne traîne pas et me rapproche de sentiers plus utilisés. Ça se voit grâce au balisage qui commence à devenir omniprésent. Il est 11 h et j’ai déjà fait la plupart de l’étape du jour, je devrais réussir à être rentré en ville dans l’après-midi.

    Les pieds engourdis par le froid

    Quand le pont est inutilisable, il ne reste qu’une solution : se déchausser, pour passer la rivière. « C’est la plus large que j’aie eu à traverser pour le moment. J’ai les pieds engourdis par le froid », grelotte Flavien. Après avoir englouti son fromage et son saucisson, il rejoint la route.

    Il reste que quelques kilomètres pour rejoindre Ushuaïa. Tout juste 10. Habitué à se diriger via le GPS, il sort son smartphone. « Je n’ai pas de réseau ! C’est le moment de faire du stop ».

    C’est une première pour l’aventurier. Pendant 10 longues minutes, personne ne s’arrête. La pluie est sa seule compagne. Il reste immobile, patientant le temps de voir des véhicules. « J’enfile mes affaires de pluie, car à rester statique sur le bord de la route je vais finir trempé. »

    La pluie s’intensifie. La galère semble le poursuivre. Sauf qu’un Argentin s’arrête. « Ouf », s’esclaffe-t-il. La difficulté de l’échange linguistique pose alors une solide barrière. « Malheureusement il ne parle pas un mot d’une autre langue. », semble soupirer le bavard. (Crédits : Caltha dionaeifolia – Ranunculaceae/Flavien Saboureau)


    Plusieurs minutes s’égrènent. Le chanceux se trouve à quelques encablures de son but. Son précieux sauveur vient de le déposer à l’entrée de la ville. « Il me reste 4 km pour rejoindre l’auberge. » Mouillé pour mouillé, il s’arme de courage en avalant le bitume.

    Un Uber en direction de Vinceguerra

    Après un quart d’heure à déambuler sur l’asphalte, une voiture stoppe à sa hauteur. Sa surprise est totale, pour son plus grand bonheur. « Sans même faire de stop, une jeune Argentine s’arrête ». Elle lui explique être adepte de la randonnée. Elle a donc expérimenté la marche et sait ce que c’est que de crapahuter sous la pluie et le vent.

    Le chanceux du jour s’engouffre dans son véhicule. « Elle m’embarque dans le Kangoo de son boulot, elle est vétérinaire si j’ai bien compris. » Cette bienveillance ravit le jeune homme. Elle dépose Flavien non loin de l’auberge. « Il y a quand même des gens bien ! », claque l’heureux. Après cette folle fin de journée, il profite d’un confort bien agréable : une bonne douche.

    Un peu de repos au programme. « Je passe la fin de l’après-midi à me reposer à l’auberge. J’explique les subtilités de la randonnée passée à Pierre ». Lui aussi souhaite accomplir ce trek.

    Le lendemain de Noël, le réveil est tardif. À 10 h 30 il commande un Uber pour se rendre au début du sentier du glacier de Vinceguerra. (Crédits : Gaultheria pumila – Ericaceae/Flavien Saboureau)


    Le choix de se faire conduire, tiens du fait qu’il a déjà emprunté cette route lors de son retour de la laguna del Caminante. « La flemme de me retaper ces 8 km d’asphalte que je connais. » Sauf que les 15 minutes paraissent longues. Le conducteur ne parle pas un mot d’anglais. Ce luxe ne lui coûte que 3000 pesos.

    Au pas de course

    Avant de quitter le chauffeur, il se débrouille pour que celui-ci vienne le chercher à 17 h. « J’espère que l’on s’est compris », tente de se rassurer l’aventurier. Il sera vite fixé, à son retour de la randonnée. Pour se faire, il doit être de retour dans six heures. « Me voilà parti à marcher. Je dois être de retour dans 6 h et la randonnée est indiquée pour 8 heures aller et retour ».

    C’est le « gros coup de flippe ». L’homme pressé trace en direction du glacier situé à 700 m plus haut. Tant et si bien, qu’en moins de temps pour le dire, il se retrouve au sommet. « Moins d’une heure et demie pour la montée. Je suis rassuré, et je peux prendre mon temps ». La contemplation ravit Flavien. « La lagune qui précède le glacier est magnifique et encore partiellement gelée. »

    Il n’est pas seul à profiter ce lieu. Sur la glace, un couple de Brassemer de Patagonie se dore la pilule. Il profite du soleil étincelant qui accompagne Flavien depuis ce matin. Arrivé au glacier, une crevasse permet d’y rentrer. « Je n’ai pas mes crampons, mais j’y vais quand même. » La glace est translucide. Il entre pour la première fois dans un glacier. « Il n’y fait pas si froid finalement » s’étonne-t-il. (Crédits : Flavien Saboureau)


    Après la contemplation du paysage gelé depuis la lagune, il descend tranquillement. L’infatigable naturaliste recherche en vain l’introuvable Donatia fascicularis (en photo). « Je retourne près de la route et mon Uber arrive au même moment, parfait. » Une visite à l’office de tourisme pour faire tamponner son passeport avec les tampons de la ville, avant quelques courses. Comme l’émission des douanes australiennes, les instances chiliennes n’aiment pas les fruits et autres produits frais. « Je fais donc attention à ce que j’achète ». À suivre…

  • La Révolution des Œillets

    La Révolution des Œillets

    Il y a tout juste 50 ans que le Portugal s’est révolté. Le pays s’embrase le 25 avril 1974 à 5 h : « les chars ont pris position à Lisbonne ». Le coup d’État militaire renverse la dictature salazariste. Il est l’œuvre de jeunes capitaines comme Otelo Saraiva de Carvalho ou Ramalho Eanes. La télévision française annonce au journal de 13 h le renversement du pouvoir autoritaire. António de Oliveira Salazar abandonne le pouvoir en 1968. Marcelo Caetano désigné successeur ne sortira pas de ce bourbier.

    Dans un contexte européen tendu des années 1970, le Portugal se distingue par le régime de l’Estado Novo. La répression de la liberté d’expression, l’engagement militaire dans des guerres coloniales impopulaires sont un terreau fertile. L’ensemble nourrit un mécontentement croissant au sein de la population et des forces armées. Menée par le général Spínola, la junte militaire prend le pouvoir. La dictature est renversée par la Révolution des Œillets. Après près d’un demi-siècle d’un régime autoritaire, le pays aspire à l’ouverture.

    Un tournant démocratique

    Avant la révolution, le Portugal, sous l’Estado Novo de Salazar, subit une dictature rigide. Les libertés sont restreintes, le pays est dans un isolement économique. Les politiques de Salazar, marquées par une forte censure et un contrôle autoritaire, sont de plus en plus contestées face aux défis économiques et aux guerres coloniales coûteuses. À la fin des années 1950, le Portugal se voit contester sa souveraineté sur les derniers vestiges de son empire colonial, en Afrique et en Asie. « L’analyse du cas de Goa, première colonie réclamée au Portugal en février 1950 par l’Inde, demeure ainsi révélatrice des tensions du nouveau système international et du soutien dont a pu bénéficier jusqu’à la fin des années 1950 un petit pays colonialiste aux dépens d’une nation décolonisée. » 1

    bouquet-oeillet-rouge

    La perte de Goa entraîne celle des autres colonies portugaises d’Afrique (Mozambique, Angola, Cap Vert, Guinée-Bissau, Saint Tomé et Prince) et d’Asie (Macao et Timor) en encourageant leurs mouvements nationalistes.2

    En 1961, les indigènes en Angola entament leur combat pour l’indépendance. D’autres soulèvements apparaissent en Guinée et au Mozambique. De plus en plus de soldats sont envoyés pour réprimer la révolte.

    Pour le Portugal, peuplé de neuf millions d’habitants, le « maintien de l’ordre » en Afrique est une charge de plus en plus pesante. Elle représente plus d’un tiers du budget national, jusqu’à 35 %.

    (Crédits : Monika/Pixabay)


    Le service militaire dure quatre années. Beaucoup de jeunes hommes émigrent clandestinement en vue d’échapper au service militaire et d’obtenir à l’étranger, en France surtout, de meilleures conditions de vie. « L’opinion portugaise réclame une solution politique à la guerre. 280 000 pères, maris ou fils sont engagés dans le conflit. Les étudiants contestataires sont envoyés en Guinée, là où les combats sont les plus durs. »

    Une prise de pouvoir dans le calme

    Le 25 avril 1974, le Mouvement des Forces Armées (MFA) orchestre un coup d’État militaire. Il renverse le gouvernement de Marcelo Caetano. Préparé dans le plus grand secret, il bénéficie du soutien quasi immédiat de la population. Son nom la « Révolution des Œillets » est issu des fleurs arborées aux fusils de militaires. Elle met fin à la plus longue dictature en Europe,

    « Grândola, vila morena, Terra da Fraternidade, O povo é quem mais ordena Dentro de ti, ó cidade… »

    C’est un extrait de la chanson de José « Zeca » Afonso diffusée à minuit par la station catholique Rádio Renascença. Cette dernière est le signal choisi par les militaires du MFA pour lancer le putsch contre l’Estado Novo de Caetano.

    Il est environ 4 h 30 quand le poste de commandement du MFA demande à la population de rester chez elle. Le général Spínola reçoit la reddition de Marcelo Caetano. Il ne faut que quelques heures pour que la dictature soit enfin renversée. Après s’être réfugié à la caserne du Carmo, Caetano est escorté par des militaires du MFA vers l’aéroport, d’où il s’envole pour Madère. (Crédits : Philipp Weber/Pixabay)


    À Lisbonne, la foule est en liesse. Le putsch militaire devient révolution populaire. Les prisonniers politiques sont libérés. Le Portugal se couvre de rouge. Œillets à la main, les Lisboètes fêtent la liberté recouvrée.

    Une transition vers une démocratie

    Comme après toute bataille et libération, l’euphorie laisse la place à la reconstruction. Le général Spínola, « l’homme au monocle » est choisi pour exercer la charge de président de la République. Le 30 septembre 1974, le général Spínola démissionne. Il laisse la place à Francisco da Costa Gomes. Après une léthargie de 48 ans vient le temps de la reconstruction. Une année se passe quand se déroulent les premières élections libres de l’histoire portugaise, celle des députés. Ils sont chargés de rédiger la constitution. La participation flirte avec les 92 %. Le parti socialiste sort grand vainqueur avec près de 38 % des voix.

    Sauf que le MFA se considère comme le garant de la révolution. Il prend le pouvoir. Leur tour prend fin le 25 novembre 1975.

    Des unités parachutistes passent à l’action. Ce coup de force improvisé se brise aussitôt. Sous la direction du colonel Ramalho Eanes, l’état d’urgence, puis l’état de siège sont décrétés.

    Ce pétard mouillé clôt une révolution de dix-huit mois. Le MFA disparaît. Les politiques prennent les choses en main. Le 25 avril 1976, le PS est confirmé lors des élections législatives. Ils sont la première force politique.

    C’est au terme de deux élections législatives et une élection présidentielle que le pays s’apaise.

    (Crédits : Guilherme Ferreira/Pixabay)


    La dernière et première élection se déroule le 27 juin 1976. Elle est la première marche d’une toute jeune démocratie. Ramalho Eanes, le général modéré est élu président de la République dès le premier tour avec environ 62 % des voix. Depuis le 25 avril est jour férié, il est célébré comme « O dia da libertade ». L’avenue des Champs-Élysées qu’est l’avenue de la Liberté à Lisbonne se remplit de Portugais arborant un œillet rouge à la boutonnière.

    1. (Bègue, Sandrine. « “Orgueilleusement seuls” ? : la résistance coloniale portugaise à Goa (1955-1961) ») ↩︎
    2. (Bègue, Sandrine. « “Orgueilleusement seuls” ? : la résistance coloniale portugaise à Goa (1955-1961) ») ↩︎
  • Attention aux arnaques par e-mail

    Attention aux arnaques par e-mail

    Suite aux cyberattaques, des fuites de données sont régulièrement possibles. C’est le cas après celle concernant France Travail (ex-Pôle Emploi). Ce sont 43 millions de personnes qui sont touchées. Et tout autant de cibles potentielles. Des liens arrivent dans votre boite. Ils sont bienveillants. Vous êtes invité à payer une somme dérisoire avant le retour de votre colis. Vous avez un nouveau document des impôts. Tous les moyens sont bons pour vous soutirer de l’argent et vous escroquer.

    Rien de les arrêtent. Ils utilisent toutes les fuites pour s’enrichir. Que vous receviez par SMS, par courriel, la méthode est la même : jouer sur vos sentiments. Vous êtes surpris. Machinalement vous appuyez là où ça fait mal. De la fausse commande sur Amazon, la contravention pour stationnement, de nouveaux documents de la part des impôts, solutions écologiques venant d’Engie… autant il existe de vecteurs, autant vous risquez, en toute bonne foi de tomber dans le piège. Le nombre de quarante semble élever, c’est l’ensemble des cas que révèle CaniPhish.

    Les techniques les plus fréquentes

    Il existe sept techniques régulières utilisées. L’escroquerie à la fausse commande, aux impôts, à la livraison de colis, la vignette Crit’Air, bancaire, à la loterie et à la contravention. L’arnaqueur emprunte alors l’identité de l’agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI). Puis exige le règlement d’une contravention mentionnant un retard de paiement.

    Pour vous convaincre d’effectuer le versement, l’e-mail frauduleux rappelle, les risques et pénalités encourus. Dans la capture d’écran, la majoration est de 130 €. En France il existe le stationnement abusif, gênant, très gênant et dangereux. Les majorations sont de 75 et de 575 € en cas de dépassement. La seule amende s’approchant est celle de 135 € pour stationnement très gênant.

    En survolant le bouton, « Régler » l’URL « httxx://moulinauloin [.] com » s’affiche. En cliquant, une redirection s’opère en un peu plus de 500 ms. Un beau site à l’image de l’ANTAI apparaît. Avec « antai.gouv.fr » dans la barre d’adresse, mais ce n’est pas le site du gouvernement.

    « Les victimes qui donnent suite se voient redirigées vers un site frauduleux d’apparence officielle où leur sera demandé leurs informations personnelles et de carte bancaire », explique la plateforme du Gouvernement.

    En cas de doute, choisissez votre moteur de recherche et renseignez ANTAI. Il suffit de vous rendre sur infraction au paiement pour comprendre que le numéro de dossier est un faux.

    (Crédits : capture d’écran)


    Encore un doute ? Après de légères recherches, le nom de domaine est enregistré au Canada, à Toronto. Pour être sûr, il suffit de se rentre dans votre commissariat le plus proche, ou la caserne de gendarmerie pour demander conseil.

    L’escroquerie bancaire, aux impôts

    Cette technique cible principalement les particuliers. Elle consiste à usurper l’identité de l’administration fiscale pour que la victime divulgue ses données personnelles. En règle générale, le courriel frauduleux l’informe qu’elle peut bénéficier d’un remboursement. Pour crédibiliser l’objet de l’e-mail, les escrocs « exploitent parfois des thèmes d’actualité », rappelle Cybermalveillance.

    De la même manière, juste en survolant le bouton « Accéder à mon espace » l’URL « capusrdv [.] com » apparaît. En cas de doute, prudence. Il suffit avec son moteur de recherche d’accéder auxdits services, par le lien fourni.

    Côté bancaire, même combat. En dépit des nombreuses campagnes de prévention, le phishing bancaire fonctionne encore.

    Un message frauduleux vous incite à effectuer une mise à jour de vos informations personnelles. Le but « activer une sécurité supplémentaire ».

    Sur une réplique du site de votre banque, vous êtes invité à communiquer vos données bancaires, vos civilités, comme vos identifiants.

    « Une fois l’hameçonnage terminé, la victime est généralement redirigée vers le véritable site Internet de sa banque, ce qui peut la laisser croire qu’il y a eu un dysfonctionnement ou une déconnexion imprévue » détaille le site du gouvernement. Depuis ledit site n’existe plus. (Crédits : capture d’écran)


    Cette escroquerie constitue 16,9 % du total de fraudes chaque année. Lors du premier semestre 2023, le coût est de 628 millions d’euros. Ce qui représente une goutte d’eau parmi les 16,1 milliards de transactions effectuées. La carte symbolise 93 % des fraudes. Elle est le moyen préféré des Français (61,9 %), vu que dans de nombreux endroits le paiement par chèque est refusé. Ils sont à l’origine de 29 % des montants fraudés, quand les virements représentent eux 24 %.

    La fausse commande, la livraison, l’offre exceptionnelle

    Dans la suite logique les escroqueries aux fausses commandes et la livraison des faux colis. À des moments choisis, ils piquent. La première est somme toute bienveillante. Elle consiste à persuader une victime qu’une commande a été effectuée en son nom. Mais par grand bonheur il est encore envisageable de l’annuler. L’escroc vient de jouer sur vos sentiments.

    Une autre possibilité, l’idée immanquable, qui défie toute concurrence. 25 ampoules au prix modique de 1,95 €. Sauf que si vous exercez votre œil, l’offre spécifie « nous vous proposons de recevez 25 ampoule ECO+… »

    Étrangement des fautes grossières, même pour quelqu’un qui éprouve des difficultés en orthographe.

    Mais aussi les courriels qui vous alertent que votre compte va être bloqué. C’est en sorte ce que le courriel à l’entête d’Amazon Prime m’indique. « Si cette action n’est pas effectuée immédiatement des frais d’un montant de 46.99EU vous seront facturés », assurent-ils. Pris de panique je clique.

    (Crédits : capture d’écran)


    Aussitôt une page WEB s’affiche. Elle est entièrement rouge. Elle indique que cette page est trompeuse : « elle pourrait vous amener à réaliser des actions dangereuses comme installer un logiciel ou révéler des informations personnelles telles que vos mots de passe ou votre numéro de carte bancaire. » En résumé, prenez le temps, relisez le courriel, ne répondez pas. En cas de doute, ouvrez une page WEB, rendez-vous sur le véritable site et vérifiez. La même prudence est à respecter sur votre smartphone, quand vous recevez un SMS.