Les faits-divers s’enchaînent à Paris comme ailleurs. Mais c’est le drame d’un jeune homme éconduit qui transforme la passion en haine. Charles, compagnon déchu et déçu s’ôte la vie d’un coup de revolver, croyant avoir atteint mortellement, celle qui hantait ses rêves, avant le retour de l’amoureux prodigue, Robert. Une tragédie où trois personnages prennent place : Juliette Eblé, Robert Charbonneau et Charles Saint-Saëns. La scène se déroulait au 19 rue Gide à Levallois où Louis Rouqier était maire le 18 avril 1922.
Juliette Eblé, née Delmont 28 ans, demeurait dans un hôtel meublé au 19 de la rue Gide, depuis deux ans. À un autre étage vivait un ouvrier cordonnier de 24 ans, Charles Saint-Saëns. Les deux voisins finirent forcément par se croiser, se saluer, se prendre d’amitié avant de devenir amants. Mais un grain de sable venait enrayer le rouage du couple en devenir. Le retour de son précédent amour, le mois précédent, du Mexique où il fut cuisinier durant cinq années. Robert Charbonneau aussitôt rentré, revint trouver sa chère Juliette pour lui conter fleurette. Ce qui devrait arriver se produisit, les deux hommes se rencontrèrent et devinrent jaloux l’un de l’autre. Juliette retomba sous le charme du cuisinier, ce qui poussa la jeune femme à rompre de Charles Saint-Saëns.
Le célèbre livre de John Gray, « Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus » aurait pu, peut-être, de lui éviter de tels actes. (Crédits : Manu Carrillo/Pixabay)
L’éconduit passa une dernière journée, un dimanche avec son ancienne amie, croyant certainement pouvoir recouvrer son amour. Sauf que lorsqu’une femme prend une décision, elle est très souvent ferme et définitive, faisant suite aux différents avertissements préalables. Vers 10 h 30, Charbonneau se présenta dans le même débit de boissons. Une discussion violente éclate. Puis l’ouvrier cordonnier laissa le jeune couple. Après avoir passé la soirée en compagnie de nouvel amant, et sortants du cinéma, elle rentra seule dans sa chambre.
La jeune femme semble déchaîner les gestes désespérés des anciens amoureux, souligne le journaliste. Déjà en 1920, elle vivait une semblable expérience, lorsque son ami corse, Henri Perretti, 28 ans s’ôtait la vie, car elle voulait le quitter. (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)
Elle enleva son chapeau, son manteau, avant de pousser un cri d’épouvante, l’éconduit se tenait caché au pied du lit, un revolver pointé vers elle. « Ah ! enfin, je te tiens ! vociférait le cordonnier. Tu vas me payer de la vie le chagrin que tu m’as fait par ton abandon, à moins que tu ne veuilles reprendre la vie commune », racontait le journaliste. Tétanisée, elle ne put répondre si bien qu’il tira par trois fois, la touchant à deux reprises à la cuisse gauche. Elle se traîna sur la plier, où fort heureusement, Robert Charbonneau discutait encore avec l’hôtelier. L’ego le fit grimper jusqu’à la chambre de sa dulcinée, semble-t-il, pour se venger, il tomba sur porte close, avant de redescendre s’occuper de sa douce. Deux agents de police furent prévenus tandis que le cuisinier amenait la blessée à l’hôpital Lariboisière. Croyant son crime commis, l’éconduit s’ôta la vie d’une balle de revolver dans la tête. Les inspecteurs le retrouvèrent, avec une respirante, mais dans une mare de sang, il mourut lors de son transport vers Beaujon. L’état des blessures de Juliette Eblé fut déclaré non grave par les services d’urgence.
Rideau Hall est la résidence officielle du monarque et du gouverneur général du Canada, située au 1, promenade Sussex à Ottawa. Dans un communiqué de presse publié le 2 décembre 2021, le bureau du secrétaire général dévoilait qu’il y avait eu un accès non autorisé à son réseau interne. En vertu de la Loi sur l’accès à l’information, des courriels internes du gouvernement obtenus par la presse canadienne indiquent que les fonctionnaires étaient « incapables de confirmer l’étendue complète de l’information qui a été consultée ».
Des documents récemment divulgués révèlent que l’attaque informatique d’un réseau informatique interne à RideauHall a été décrite par des fonctionnaires comme un « cyberincident sophistiqué » dans les jours qui ont précédé l’annonce de la faille de sécurité au public, relate la CBC. Tous les gestionnaires ont été incités « à réfléchir sur les renseignements gérés par leur unité respective » et à soulever leurs inquiétudes, selon l’ébauche du texte rédigé le 17 novembre 2021 qui devait être transmis aux employés.
« C’est si complexe, nous ne pouvons pas individuellement rendre les organisations imputables, dit Mme Bernier. L’amplitude de ces failles informatiques et leurs conséquences sont telles que nous avons besoin d’un contrôle assez puissant pour rendre imputables toutes les organisations détenant des données personnelles. » (Crédits : DR)
Le 2 décembre 2021, « le Bureau du secrétaire du gouverneur général (BSGG) a été informé d’un accès non autorisé à son réseau interne. Le BSGG a immédiatement pris des mesures pour renforcer son réseau et collabore actuellement avec le Centre canadien pour la cybersécurité dans le cadre de l’enquête en cours », communiquait Rideau Hall.
En France, Sadeco, Collège Ostéopathique de Bordeaux, Département de l’Ardèche… voient leurs données volées publiées sur les sites de fuites. Le ministère des Finances du CostaRica vient de subir une attaque informatique de la part de Conti, qui diffusera 1 TB de données dès le 23 avril 2022 annonce les opérateurs. (Crédits : capture d’écran)
CiaraTrudeau, porte-parole du Bureau du secrétaire, affirmait qu’un échange avait eu lieu avec les employés de Rideau Hall et « les partenaires externes qui ont pu être touchés par l’incident ». Elle a refusé de fournir plus de détails, tout comme EvanKoronewski, porte-parole du Centre de la sécurité des télécommunications (CST), qui souligne que l’agence ne peut pas donner des précisions sur la cyberattaque. « Bien que l’enquête visant à déterminer la nature et la portée de l’intrusion soit toujours en cours, le BSGG poursuit son travail avec les experts et prendra d’autres mesures pour renforcer son réseau au besoin. Il a également communiqué avec le Commissariat à la protection de la vie privée à la suite de l’incident. » Le piratage des banques de données est devenu de plus en plus attrayant pour les cybercriminels, a répondu ChantalBernier, ancienne commissaire à la protection de la vie privée du Canada par intérim. « C’est sans risque, très bon marché et très rentable, a-t-elle déclaré dans une interview. Malheureusement, il y a aussi beaucoup de piratage soutenu par l’État ».
La première apparition sur le vieux continent date du XIVe siècle, avec le « pain d’espessez » en 1372 selon le « dictionnaire historique de la langue française » d’AlainRey. Mais c’est pour les empereurs de Chine, comme le papier hygiénique, que fut inventé le pain d’épice. Il s’agissait du « mi-king » un pain de froment et au miel, mis au point au Xe siècle sous la dynastie Tang. Il aurait été apporté en Europe par les combattants mongols, appréciant sa haute valeur énergétique.
Le 16 avril 1922, l’inauguration de la fameuse foire était solennellement effectuée par la troupe, précédée par une retraite aux flambeaux au départ de la caserne de Reuilly, passant ainsi d’airs guerriers à des divertissements pacifiques. Un des pontes affirmait la locution latine « Si vis pacem, para bellum » (Si tu veux la paix, prépare la guerre). Une fois ouverte, vous trouviez baraques de tir, loteries, manèges, boutiques où se vendent des bonbons, sans oublier le cochon de pain d’épices, qui à la guise des visiteurs s’appelait Constantin ou Agénor. « Vous avez d’ailleurs tout le temps, car la foire ne sera terminée que le 15 mai », expliquait le journaliste GilbertCharles du Figaro.
Parmi toutes les jeunes filles alertes, les gens s’essayaient à deviner la reine de la foire aux pains d’épices 1923, alors que celle de 1922 sera élue le 27 avril. (Crédits : jbundgaa/Pixabay)
Le temps incertain, même il y a cent ans, « si le soleil consent à n’être pas trop timide et si la pluie se mêle d’apprendre la discrétion », les terrasses aménagées par les bistrots aux alentours de la foire, devraient se remplir comme celle de la place de la Comédie à Montpellier par un beau temps de printemps. Pour ceux que les liquides pourraient égayer voire enivrer comme l’export-cassis, quand d’autres sonorités les accompagneront près des chevaux de bois, tel le Beau Danube Bleu, la Hongroise.
Le terme a été utilisé le 12 avril 2022 par le président américain Joe Biden, puis par le Premier ministre canadien, Justin Trudeau pour qualifier les actions perpétrées en Ukraine. Biden a accusé son homologue russe Vladimir Poutine de mener un « génocide » en Ukraine. Ce mot était jusque-là employé par Volodymyr Zelensky, mais jamais par l’administration de l’oncle Sam. En France, Emmanuel Macron tempérait son usage, au grand dam du pouvoir ukrainien, jugeant sa position de « décevante », mais qu’est-ce qu’un génocide ?
L’Organisation des Nations unies, anciennement la Société des Nations, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale définissait le « génocide ». Il est issu du grec genos (race) et du latin cide (tuer). Il désigne l’extermination physique, intentionnelle, systématique et préméditée d’un groupe humain ou d’une partie d’un groupe en raison de ses origines. L’expression est employée pour la première fois par son créateur, RaphaëlLemkin (1900-1959), réfugié polonais de confession juive, professeur de droit international aux États-Unis. Marqué par les violences de masse en Arménie (1915), il souhaitait un nouveau terme pour définir et rendre compte de l’ampleur, de la nature des crimes nazis. S’il n’est pas encore usité lors du procès de Nuremberg (1945-1946).
« Oui, j’ai parlé de génocide parce qu’il est devenu de plus en plus clair que Poutine essaie simplement d’effacer l’idée de pouvoir être ukrainien et les preuves s’accumulent », martelait Biden. Le 23 décembre 2021, il signait la loi sur la prévention du travail forcé chez les Ouïghours, dans le contexte du génocidaire au Xinjiang. (Crédits : Al Drago/REUTERS)
Il est aujourd’hui présent dans l’article 6 du statut de la Cour pénale internationale. La résolution 96 du 11 décembre 1946, de l’ONU définit le génocide de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
Meurtre de membres du groupe
Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe
Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle
Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe
Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe
L’adoption de la convention sur le génocide date du 9 décembre 1948, et entre en vigueur le 12 janvier 1951. Si 149 États l’ont signé, peu d’entre eux ont ratifié les 18 traités internationaux relatifs aux droits de l’homme. D’ailleurs, la convention ajoute dans l’article III que seront punis les actes suivants, à savoir, le génocide, l’entente en vue d’en commettre un, l’incitation directe et publique à le commettre, sa tentative et la complicité dans le génocide. À ce jour, trois génocides sont reconnus par l’ONU. Elle admet le génocide des Arméniens perpétré par l’Empire ottoman, en 1915-1916, celui des Juifs par les nazis, de 1941 à 1945, et le génocide des Tutsis commis par le pouvoir hutu, au Rwanda, en 1994.
Violences et Génocides
La différence entre violence menée contre une ethnie et un génocide est l’apanage des historiens, et juristes. Ainsi, l’Allemagne reconnaît, en 2015 les cruautés contre les Héréros et les Namas en Namibie entre 1904 et 1905. Le massacre des Cambodgiens de 1975 à 1979 est discuté, l’objectif des Khmers rouges ayant été dans un but d’uniformisation idéologique, ethnique et religieuse. Leur peuple et non de destruction (près de 2 millions de morts). Les brutalités perpétrées durant la guerre de libération du Bangladesh en 1971, une campagne de viol des femmes et l’épuration ethnique font partie de la répression à outrance de la rébellion bengalie par l’armée pakistanaise et des milices islamistes.
Justin Trudeau tenait des propos similaires à la déclaration d’Emmanuel Macron : « Je dirais que la Russie a déclenché d’une manière unilatérale une guerre brutale, qu’il est maintenant établi que des crimes de guerre ont été faits par l’armée russe et qu’il faut maintenant en trouver les responsables ». (Crédits : Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)
Sans oublier celles que subirent les Amérindiens par le peuple qu’allaient devenir les citoyens des États-Unis d’Amérique, mais il est juridiquement nécessaire de définir, voire d’élargir le terme de Génocide. Des historiens défendent le principe de la prise en compte de certains massacres, ou mortalités de masse, qui permettrait d’éviter une forme de banalisation. Des cas évoluent, tels la suite donnée à la Guerre du Darfour, et emprisonnement de Omar el Bechir. Le 14 décembre 2019, il est incarcéré pour deux ans. Il est mis en accusation par la Cour pénale internationale pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre dans le cadre de la guerre du Darfour, sans être à ce jour, jugé… car non rendu par la République du Soudan à la CPI.
Envolées lyriques de dirigeants
Outre-Atlantique, les prises de parole sont devenues joutes verbales s’amusant de la communication, pour permettre ou non de diriger les sentiments des différents peuples, sans que ces derniers ne puissent vérifier les dires des journalistes et médias. « Il est de plus en plus clair que Poutine essaie simplement d’effacer l’idée même de pouvoir être un Ukrainien », développait le président américain lors d’un déplacement dans l’Iowa. Pour l’homme d’État, il est avare de doute, « Nous laisserons les juristes décider au niveau international s’il s’agit ou non d’un crime, mais il me semble que c’est le cas ». JakeSullivan, conseiller à la sécurité nationale enchérissait, car « sur la base de ce que nous avons vu jusqu’à présent, nous avons vu des atrocités. Nous avons vu des crimes de guerre. Nous n’avons pas vu un niveau de privation systématique de la vie du peuple ukrainien qui s’élève au niveau du génocide. »
President Biden: "Your family budget, your ability to fill up your tank, none of it should hinge on whether a dictator declares war and commits genocide a half a world away." pic.twitter.com/bRiE5u2sRz
Joe Biden affirmait que les « preuves s’accumulaient » sur les « choses horribles qu’ont faites les Russes en Ukraine », il prédisait que le monde « en découvrirait encore davantage sur la dévastation ». Un autre président américain, Georges W. Bush persuadait quasiment l’entièreté de la planète Terre que des armes de destructions massives se trouvaient en Irak… l’Histoire amène toujours la vérité, tôt ou tard… Plus au nord, Justin Trudeau estime « qu’on peut de plus en plus parler de génocide » en Ukraine. Il évoquait d’ailleurs que les atrocités perpétrées par « […] l’armée russe, que Poutine est en train de commettre en Ukraine », sont « tout à fait inacceptables » mentionnant notamment les attaques délibérées contre des civils et l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre, mais pas au point d’envoyer des troupes de l’OTAN sur le terrain.
Le président russe Vladimir Poutine dénonçait le 15 février 2022, lors d’une conférence de presse organisée à la suite des entretiens russo-allemands que « selon nos estimations, ce qui se passe aujourd’hui dans le Donbass est un génocide. » (Crédits : Oleksandr Klymenko/REUTERS)
Sur la tempérance du président français, le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, OlegNikolenko, réagissait promptement, jugeant « décevante » la position de la présidence française. « S’ils sont vrais, de tels propos sont très blessants pour nous », déclarait VolodymyrZelensky lors d’une conférence de presse commune avec les chefs d’État polonais, lituanien, estonien et letton, en visite à Kiev. « Je ferai de mon mieux pour discuter de cette question avec M. Macron aujourd’hui. Si ce n’est pas le cas, alors demain, quand il trouvera le temps », a-t-il ajouté. La Russie, de son côté, se défend en dénonçant une « mise en scène » et des « falsifications » orchestrées par les Ukrainiens et destinées à lui nuire. Il y a donc un enjeu intellectuel et pédagogique dans l’emploie du terme « génocide » à bon escient, comme « stratégie ». Une typologie des violences de masse existe, ce qui donne des nuances d’approches. L’ethnocide est l’éradication culturelle d’un groupe sans qu’il n’y ait nécessairement massacre de masse, l’épuration ethnique est son éradication d’un territoire, et le politicide qui est le massacre d’un groupe pour raisons politiques.
Le syndicat des acconiers ouvre le registre des organisations du port de Londres, en 1866. En août 1911, le syndicalisme connut une résurgence, comparable à celle de 1889, qui se manifesta par une grève générale des ouvriers de la manutention portuaire. Alors qu’à la veille du conflit, le Syndicat des dockers décupla ses effectifs (de 2 000 à 20 000 membres), tandis que celui des arrimeurs doublait (de 4 000 à 8 000). C’est peu dire que les organismes de défense des salariés présentent une véritable opposition en Angleterre.
Si bien que le 15 avril 1922, eut lieu un lock-out monstre outre-Manche. L’Homme Libre expliquait que les négociations commencèrent le 13 avril pour se clôturer à 5 h ce jour. Pas d’entente après un marathon entre les représentants des patrons et les délégués des 47 institutions syndicales (trade-unions). Sauf que pour une fois, la question concernait le droit des dirigeants. La demande était que ceux-ci émettent un préavis avant toute modification, et surtout après s’être tenu une discussion entre employeurs et employés.
La marée de protestation était considérable, car pas moins de 600 000 ouvriers prévoyaient de bloquer toute activité si les négociations n’aboutissaient pas. La fédération des mécaniciens indiquait que le lock-out durerait encore à minima trois mois. (Crédits : Hessel Visser/Pixabay)
Pour la majeure partie des personnes naviguant sur l’Internet, ce forum n’évoquera rien du tout. Il était un marché très fréquenté par les cybercriminels pour l’achat et la vente de données exfiltrées lors d’attaques informatiques. Les États-Unis ont lancé des poursuites pénales contre le présumé fondateur et administrateur en chef de « RaidForums », Diogo Santos Coelho, âgé de 21 ans. Ce dernier a été arrêté au Royaume-Uni le 31 janvier, à la demande des États-Unis. Il est depuis en détention en attendant la résolution de sa procédure d’extradition.
Révélé par Europol le 12 avril 2022, le marché en ligne « RaidForums » a été fermé, son infrastructure saisie dans le cadre de l’opération « TOURNIQUET ». Elle était coordonnée par Europol pour soutenir des enquêtes indépendantes aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Suède, au Portugal et en Roumanie. L’administrateur du forum et deux de ses complices ont été arrêtés. « Un acte d’accusation n’est qu’une simple allégation, et tous les accusés sont présumés innocents jusqu’à ce que leur culpabilité soit prouvée au-delà d’un doute raisonnable dans un tribunal », dans l’acte d’accusation, Jessica Diane Aberprocureur du District Est de la Virginie, aux États-Unis. « Nos efforts interagences pour démanteler cette plateforme en ligne sophistiquée — qui facilitait un large éventail d’activités criminelles — devraient soulager les millions de personnes qui en ont été victimes et servir d’avertissement aux cybercriminels qui ont participé à ce type d’activités néfastes, a déclaré Jessica D. Aber. L’anonymat en ligne n’a pas pu protéger le défendeur dans cette affaire de poursuites, et il ne protégera pas non plus les autres criminels en ligne. »
La saisie de RaidForums va perturber les nombreux membres, qui utilisaient cet espace pour proposer à la vente des bases de données piratées contenant des informations privées et financières, ainsi que pour organiser différentes actions, et des attaques de type « swatting » contre n’importe qui pour lui nuire.
Lancé en 2015, RaidForums était considéré comme l’un des plus grands forums de piratage au monde avec une communauté de plus de 750 000 usagers. Cette place de marché s’était fait connaître en vendant l’accès à des fuites de bases de données très médiatisées appartenant à un certain nombre de sociétés américaines de différents secteurs. Ces bases de données contenaient des informations sur des millions de cartes de crédit, des numéros de comptes bancaires et des informations d’acheminement, ainsi que les noms d’utilisateur et les mots de passe associés nécessaires pour accéder aux comptes en ligne.
L’expression « dormir sur ses deux oreilles » ne doit plus rien évoquer, auprès de ceux qui ont eu recours RaidForums à des fins criminelles… En février 2021, les données médicales de 500 000 français étaient notamment à vendre sur RaidForums, après le piratage de plusieurs laboratoires d’analyses médicales. (Crédits : DR)
Coelho a été inculpé de six chefs d’accusation pour conspiration, fraude de dispositif d’accès et vol d’identité aggravé. Il aurait aussi proposé un service payant d’« intermédiaire » consistant à assister personnellement aux transactions entre l’individu souhaitant commercialiser une base de données piratée et celle désirant l’acheter. Si l’administrateur présumé Diogo Santos Coelho a été arrêté fin janvier, maintenu en détention préventive au Royaume-Uni et que les autorités ne rendent publique la fermeture de RaidForums que maintenant, il est fort probable qu’ils ont à leur tour fait un tour de marché pour voir, aussi bien les marchandises pour les chalands et les vendeurs, recueillant de nombreuses et précieuses informations.
Un fait-divers à l’image des westerns, ou lors d’une partie de cartes, un des protagonistes se lève sors son revolver et accusant son partenaire de jeu de tricheur, l’abattait de plusieurs balles. Il n’est pas rare d’entendre, ici et là, évoquer par les médias des règlements de compte, sous fond de trafic de drogue. Il serait, selon le ministère de l’Intérieur, responsable de 60 morts et 250 blessés en 2020. Le nombre d’homicides étant de 1026 en 2021 soit une augmentation de 4,3 % sur une année malgré les deux périodes de confinements.
Replongeons, dans le Paris du début du XXe siècle, le 14 avril 1922. Ce fait-divers tient place dans le XVIIIe arrondissement de la capitale française, au numéro 9 de la rue Germain Pilon. La tocante s’approchant de vingt-deux heures, deux clients d’un débit de vins étaient accaparés par une partie de cartes, quand la porte s’ouvrit. Un bras muni d’un revolver parut, et avant que quiconque ait pu prendre conscience de la dangerosité de la personne, sept détonations retentissaient. L’un des joueurs, touché mortellement, glissait de la banquette sous la table.
Le suspect, dit l’homme au revolver était aussi bon tireur que l’individu « Dudule » remis à la police pour un meurtre identique. (Crédits : Tom und Nicki Löschner/Pixabay)
Les témoins qu’étaient les clients présents disparurent tels des moineaux affolés par un péril. Les dirigeants de l’établissement accoururent et ne purent que constater qu’un cadavre gisait dans leur bar. Il s’agissait de François Jodice, dit le tatoué, âgé de 26 ans, et selon les fores de l’ordre un dangereux repris de justice. L’homme jouant avec le défunt, connu que par son prénom, René âgé de 30 à 35 ans avait également pris la poudre d’escampette. Transporté à la morgue, le défunt portait sur la peau des œuvres représentants des étoiles, revolvers, signes cabalistiques et même des chaussettes. Le médecin légiste affirmait dans son rapport que seules deux balles avaient joint l’épaule droite, les autres atteignaient le visage.
Il était à craindre que le chantage des cybercriminels usant du ransomware LockBit 2.0 soit mis à exécution. Le Département de l’Ardèche avait jusqu’à ce mardi pour verser une rançon à l’association d’opérateurs derrière le ransomware ayant revendiqué l’attaque informatique du Département de l’Ardèche. Le groupe menaçait de diffuser 40 000 fichiers subtilisés, le 12 avril 2022 à 23 h 59 ce fut chose faite. Ils sont ainsi exposés depuis le 13 avril sur leur site de fuite sur le Darknet.
La finalité de telles offensives est l’argent. Damien Bancal l’expliquait sur France Bleu Drôme Ardèche. « […] je vous vole des infos, et si vous ne souhaitez pas que je les diffuse, payez-moi ! ». L’équation est simple à comprendre. Alors, d’innombrables données sont retransmises, une arborescence décomposée en un ou plusieurs dossiers. Ils contiennent de multiples informations telles des identités, des billets de train, des plaques d’immatriculation, mais également des courriels avec les prénoms et noms des agents…
« Soyons honnêtes : le Département ne payera pas. Même si on est une entreprise ou un particulier, on ne paye pas. Parce qu’on a en face des criminels » déclarait Damien Bancal sur France Bleu Drôme Ardèche dans la journée du 12 avril 2022. (Crédits : capture d’écran)
Les coordonnées dérobées vont servir à d’autres opérateurs malveillants pour atteindre de nouvelles cibles. Les numéros de téléphone peuvent recevoir des SMS piégés, le phishing s’effectue par le biais de courriel, comme de nombreuses fraudes. Les mails peuvent contenir des lignes de codes dissimulées dans des images, logos… L’inconscient collectif imagine que du fait que seule la menue monnaie les intéresse, ils ne prennent que les coordonnées ou les cartes bancaires. La triple authentification fut mise en place, au départ, dans cette optique. Les renseignements ne sont que des outils pour parvenir à la finalité, l’argent.
La somme de deux centimes fait sourire, d’autant qu’elle est en francs datant du 13 avril 1922. À l’époque où les personnes imposables reçoivent pour certains par courrier, quand d’autre affiche un courriel de notre cher Trésor public, avec leur déclaration. Qui plus est lorsqu’un ancien trader condamné à une dette de 5 milliards moque une candidate non présente au second tour de la présidentielle, faisant étalage d’un désarroi pour le montant de 5 millions d’euros.
Déjà il y a cent ans, l’intégrité, honnêteté, droiture de l’administration fiscale n’était plus à démontrer. On peut dire tout le mal que l’on veut cela ne ne saurait attaquer sa scrupuleuse probité. « À preuve, les multiples paiements qu’elle fait, un peu partout, de sommes variant de 1 à 4 centimes », soulignait L’Ouest-Éclair. Alors que les parapluies de Cherbourg sonnaient le glas de la pluie, M. Lebureau, trésorier d’une Société de secours mutuels (ancêtre de nos mutuelles) reçut avis de la mairie qu’un mandat de de la Préfecture était à sa disposition. Une subvention départementale c’est ordinairement quelque chose relatait le journaliste. Ainsi, chemin faisant, il rêvait aux mille emplois divers que pareille aubaine allait procurer à ses sociétaires.
Je suis endetté à hauteur de 5 milliards ça va bien se passer tu vas voir! https://t.co/Qrsnu2hc42
Après les quelques formalités habituelles, quel désenchantement prit le trésorier ! Le montant dudit mandat s’élevait exactement à la somme de deux centimes. Évidemment ce montant lui eût paru infiniment plus important si elle eût été payée en monnaie soviétique, du fait des emprunts russes, ou en billon français. Si bien qu’il se demanda si vraiment il n’eût pas été plus utile au bien général de ne pas obliger tant de fonctionnaires à effectuer ses recherches pour de si petites sommes, à de si minimes opérations, ni de ne le déranger lui-même de ses occupations.
Un drame se déroulait à la conférence de Gênes, tout juste ouverte. Les accords dits de Gênes de mai 1922 sont issus du sommet qui s’est tenu en Italie du 10 avril au 19 mai 1922. Elle regroupait des représentants de 34 pays avec le but de rétablir l’ordre monétaire mondial, désorganisé par la Première Guerre mondiale. Cette conférence a eu lieu à l’initiative du Royaume-Uni et a réuni tous les États ayant participé au conflit sauf les États-Unis.
La grandissime Conférence, comme d’aucuns l’intitulent, vient d’avoir un effroyable prélude, soulignait le journaliste de L’Écho d’Alger, le 11 avril 1922. Une déflagration tuait 23 officiers et soldats français, et en blessait dix grièvement. « La préméditation est surabondamment prouvée évidente : l’examen des lieux de l’explosion a permis de rétablir les conditions précises du guet-apens […] », écrivait Guyde Saint-Clair. Les militaires montaient la garde pour le compte de la Société des Nations, afin d’assurer la paix en Europe au sortir de la Grande Guerre.
La livre sterling, au centre de la stabilité monétaire internationale, était directement affectée par les tractations. Pour pallier ces difficultés, le retour de l’étalon-or se proposait. Mais le Royaume-Uni s’y opposa, la conférence mit en place un système d’étalon de change-or. (Crédits : Agence Rol/BnF Gallica)
Les rancœurs étaient tenaces, mais une lettre retenait toute l’attention, celle du pape Pie XI. Adressé à l’archevêque de la ville italienne, le geste était salué par la presse comme d’une fine habileté. Car dans une Europe, où la France venait de distinguer l’État de l’Église, la religion catholique était prégnante. La promulgation, le 9 décembre 1905, de la loi concernant la séparation des Églises et de l’État est « l’aboutissement d’un long processus de laïcisation et de sécularisation engagé depuis la Révolution française. »
Concours d’Ego
Le souverain pontife rappelait ainsi qu’en qualité de défenseur à la fois de la paix et du droit des peuples, il avait sa place autour de la table. Par ce coup politique, malgré son absence physique, il serait dans toutes les mémoires. Dans tout processus incorporant de nombreux représentants, chacun veut apporter son propos telle une pierre à l’édifice. Hormis les questions de procédure, la réunion préparatoire ne fut qu’une chaise musicale des discours. La délégation française souhaita que le président italien, Luigi Facta prenne seul la parole.
Les délégués russes en terrasse lors de la conférence de Gênes, non loin du palais San-Giorgio où se déroulaient les débats. VladimirLénine, après la Révolution d’Octobre, refusait de se considérer obligé par lesdits « empruntsrusses », car il ne les avait pas contractés, soit quelque 12 milliards de francs à 1,6 million de Français. (Crédits : Agence Rol/BnF Gallica)
Mais c’était sans compter le britannique David Lloyd Georges qui en qualité de promoteur de la conférence, eu le dernier mot. Puis Louis Barthou, Walther Rathenau, Gueorgui Tchitchérine, des représentants de la Petite Entente se firent entendre. Des dissonances d’exclure les États de l’Europe Centrale comme les pays baltes, furent rapidement tues. Il y eut donc quatre commissions de 40 délégués chacune, puis quatre commissions divisées en quatre sous-commissions de dix. « […] attendons la suite, c’est-à-dire l’inauguration de cette solennelle Conférence qui s’annonce sous de biens singuliers auspices », concluait Guy de Saint-Clair.