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  • La cybersécurité de la santé est en hypotension

    La cybersécurité de la santé est en hypotension

    Les attaques cybernétiques mettent le monde de la santé en urgence absolue. Cet univers est confronté à une menace numérique sans précédent. Depuis quelques années, les cyberattaques se multiplient, ciblent les données médicales sensibles, paralysent des services entiers. Ce qui pose des questions sur la résilience du système de santé. L’attaque récente contre le logiciel Weda, utilisé par des milliers de médecins, cristallise ces risques. Est-elle révélatrice d‘un mal encore plus profond ?

    Mais cet incident intervient dans un contexte plus vaste. Le secteur de la santé fait face à une hausse des menaces cyber et à des défis structurels dans l‘exercice de la médecine, autant en milieu rural qu’en milieu urbain. Du CHSF à Cannes en passant par Argenteuil, les hôpitaux souffrent en silence. Bientôt, les professionnels de santé passeront plus de temps sur les écrans que sur les patients. Pour la question cyber, la réponse institutionnelle tient en quatre lettres : CaRE. Acronyme pour Cybersécurité accélération et Résilience des Établissements.

    Crise de tachycardie pour Weda

    Dans la nuit du 10 novembre 2025, Weda, éditeur de logiciels métiers du groupe Vidal, utilisé par des médecins généralistes, spécialistes, sages-femmes ou centres de soins, a été victime d’un cyberincident. Face au risque, l’éditeur a suspendu la plateforme en mode SaaS (Softaware as a Service), invoquant la protection des données des professionnels et des patients.

    Seringue, liquide, santé

    Le bilan, à ce stade, est lourd : 23 000 professionnels de santé auraient été impactés. Tandis que la société revendique 85 000 praticiens. Pendant cette période, de nombreux praticiens ont dû revenir au crayon et au papier. Weda évoque une remise en marche partielle de certains services, mais la situation reste dégradée : les dossiers, les prescriptions ou les ordonnances numériques ne sont pas pleinement accessibles.

    L’éditeur relate avoir « détecté une activité inhabituelle sur certains comptes utilisateurs, laissant penser à des tentatives d’accès non autorisés ». L’éditeur travaille activement avec des équipes techniques et de cybersécurité pour sécuriser l’infrastructure. Avec, en parallèle, l‘alerte auprès des autorités compétentes : le CERT Santé, l’ANSSI et la CNIL. (Crédits : nts01/Pixabay)

    « Les premières analyses indiquent que les accès malveillants auraient pu permettre une extraction partielle de données, mais ni l’ampleur ni la confirmation formelle d‘une fuite de données ne sont encore établies », explique Weda.

    Un contexte de menace en forte croissance

    L’attaque contre Weda ne survient pas dans un vide. Elle s’inscrit dans un contexte où les incidents de cybersécurité dans le secteur de la santé se multiplient, mais où la réponse institutionnelle tente de rattraper le retard.

    Selon le CERT Santé, l’année 2024 a enregistré 749 incidents déclarés dans les établissements de santé et médico-sociaux, soit une augmentation de près de 29 % par rapport à 2023.

    Pour autant, une hausse de signalements n’implique pas nécessairement une aggravation. Selon l’Agence du Numérique en Santé (ANS), elle traduit davantage une meilleure appropriation des dispositifs de remontée d’incidents.

    En même temps, la gravité des incidents (déclarés) majeurs semble diminuer. Les établissements seraient mieux préparés à faire face, grâce à des audits, des exercices de crise, et un accompagnement renforcé par le CERT Santé au sein de CaRE. (Crédits : Engin Akyurt/Pixabay)

    Doigt, saturation, hôpital

    Pour l’année 2023, sur 581 incidents déclarés, la moitié étaient d’origine malveillante, selon les rapports du CERT. Parmi eux, 35 % auraient eu un impact sur la prise en charge de la patientèle.

    Face au fléau des ransomwares : take CaRE

    Les rançongiciels restent l’une des menaces les plus présentes. Sans oublier, les attaques cybernétiques : DDoS, phishing, spearphishing, vishing… En 2024, le CERT Santé signale que la menace due au ransomware est la plus prégnante. Ainsi, plusieurs établissements ont dû recourir à des modes de fonctionnement dégradés durant plusieurs semaines. L’augmentation des incidents liés aux ransomwares (+28,9 %) montre à quel point ces attaques restent un défi majeur.

    Main, radio, hopital

    Face à cette menace croissante, les autorités françaises ont mis en place une stratégie structurée et ambitieuse : le programme CaRE. Qu’est-ce que CaRE ? Lancé par l’ANS, le programme CaRE vise à renforcer la gouvernance et la résilience des établissements de santé face aux cyberattaques. Articulé autour d‘axes, tels que l’amélioration de la sécurité des systèmes d’information, structurer les référentiels de sécurité (via la PGSSI-S), l’accompagnement dans la gestion de crise, et mutualiser des compétences.

    Au chevet du malade

    Le programme prévoit aussi un accompagnement financier et technique : le CERT Santé joue un rôle capital en accompagnant opérationnellement les structures et en réalisant des audits ciblés. Toutefois, la Cour des comptes a tiré la sonnette d’alarme. Le rapport sur « la sécurité informatique des établissements de santé » est factuel. Elle rappelle que « cet engagement financier (750 millions d’euros) n’est assuré que jusqu’à la fin de l’année 2024. Il est indispensable qu’il soit poursuivi jusqu’au terme du programme. »

    Dans sa première partie, le rapport présente « l’état de la menace à laquelle les 2 400 hôpitaux publics et privés sont confrontés expose les raisons de la vulnérabilité des systèmes d’information hospitaliers et évalue les conséquences des cyberattaques sur les hôpitaux en termes de fonctionnement et de coût. »

    (Crédits : Pixabay/Pexels)

    Constat effectué, en page 11, entre janvier 2021 et mars 2023, sur 215 incidents identifiés. La France est première avec 43 incidents, l‘Espagne deuxième avec 25, puis l’Allemagne avec 23, avant les Pays-Bas et l’Italie avec respectivement 20 et 19. La Cour des comptes ajoute que, dès 2027, c’est aux établissements eux-mêmes de s’en charger : « Le financement par les établissements de santé de l’élévation de leur cyberprotection devra être poursuivi. »

    Entre menaces, régulation et résilience

    Comment le secteur santé va-t-il se transformer pour devenir cyber-résilient ? Trois axes principaux se dessinent. Les rançongiciels ne sont pas le seul danger. À l’avenir, les cybercriminels pourraient exploiter l’IA pour automatiser et cibler leurs attaques. La multiplicité des dispositifs médicaux connectés IoMT (Internet of Medical Things) élargit la surface d’attaque. Chaque appareil connecté est un point d’entrée vulnérable en devenir.

    À la mi-septembre 2025, Anthropic détecte une activité suspecte. L‘enquête a ensuite permis de déterminer une campagne d’espionnage très sophistiquée. Les attaquants ont utilisé l’IA à un degré sans précédent, en utilisant l’IA pour exécuter les cyberattaques elles-mêmes.

    « L’acteur de menace — que nous évaluons avec une grande confiance comme étant un groupe parrainé par l’État chinois — a manipulé notre outil Claude Code pour tenter d’infiltrer environ trente cibles mondiales et a réussi dans un petit nombre de cas », argumente Anthropic.

    Vers une culture cyber

    Pour que le secteur de la santé devienne véritablement résilient, comme d’autres, plusieurs leviers sont essentiels. En premier lieu, ils doivent posséder une culture du cyber et une gouvernance structurée, en plus de leur profession. Trois scénarii pour 2030

    L’optimiste : la majorité des établissements ont atteint une maturité, avec des PCA/PRA, une gouvernance, des audits réguliers et des investissements. L’IA est utilisée, comme le garde des Sceaux le préconise dès 2026, pour la justice avec des question de Droit.

    Le réaliste : des progrès sont perceptibles, mais inégaux. Le programme CaRE fonctionne, mais certains établissements sont limités par les ressources. Quant au pessimiste, les financements ralentissent, les cyberattaques, au sens large, deviennent de plus en plus fréquentes.

    (Crédits : Tara Winstead/Pexels)

    Pilulier, santé, sucre

    L’attaque contre Weda, comme celle du Centre hospitalier de la Haute-Comté à Pontarlier, est un signal d’alarme : elle rappelle brutalement que, dans un monde de plus en plus numérisé, la cybersécurité en santé n’est plus une option, mais vitale. Les chiffres 2023‑2024 montrent une situation paradoxale : plus d’incidents, mais aussi une maturité grandissante. Pour autant, les défis restent nombreux en 2025. Car la menace ne cesse d’évoluer.

  • Mon délicieux malaise vagal

    Mon délicieux malaise vagal

    La perte de connaissance est définie par la rupture des relations conscientes d’une personne avec les membres de son entourage. Comme toute chose la durée indique le degré et la prise en charge suite au malaise survenu. Le plus connu, et de loin, est le malaise vagal. Si ce dernier admet une perte de connaissance, d’autres durent plus longtemps et peuvent être bien plus graves. Quand de l’autre côté la lipothymie est un malaise sans perte de connaissance. Quels sont-ils ?

    Dans la cuisine berd’huisienne, il règne un effluve de plaisirs gustatifs à venir, un grand bonhomme est allongé au sol. Sépa Phot est aux affaires. Son gendre, Jean Éthaissure vient de se couper superficiellement le doigt.

    « Que lui arrive-t-il ? », demande la gent féminine.

    « Bah, juste un malaise vagal pour ce grand gaillard », claque M Sépa Phot. D’ailleurs vous savez que… »

    « Oui papa, coupe Ozalee. Il faut désormais parler de syncope vagale. »

    Je suis tombé dans les pommes

    La discussion se poursuit comme à l’accoutumée. Ozalee ne peut s’empêcher de se moquer tendrement de son conjoint. Elle raconte une histoire qu’elle tient de sa belle-mère. Un jour, Jean a rendez-vous chez le dentiste. Il faut préciser qu’il est sujet à une phobie quelque peu étrange, l’hématophobie. Il affiche une quinzaine de printemps, il est courageux, mais pas téméraire.

    Alors que les soins se finissent, la docteure montre à Jean comment utiliser du fil dentaire. Le pauvre prend couleur locale, quand une goutte de sang vient perler. En quelques secondes, il se retrouve au sol, inconscient victime d’une syncope vasovagale.

    Le terme public est malaise vagal. Cette perte temporaire de conscience est causée par la réaction excessive du système nerveux. Elle peut être déclenchée par une émotion forte, la vue du sang, la douleur, ou simplement l’anxiété.

    Cela survient souvent lorsque le corps réagit en abaissant la pression artérielle et en ralentissant le rythme cardiaque, ce qui réduit l’irrigation sanguine du cerveau, entraînant ainsi un évanouissement temporaire. (Crédits : Vince/Pixabay)

    Les diverses situations pouvant mener à une syncope vasovagale sont : douleur, émotion, déshydratation, station debout prolongée, postprandiale, repas copieux, post-effort, traitement vasodilatateur ou/et diurétique, chaleur extrême. Elle s’annonce avec des signaux reconnaissables. Ils sont : la nausée, vomissement, bâillement, sensation vertigineuse, sudation, sensation de chaleur, bouche sèche, vision floue.

    De la lipothymie à la syncope cardiaque

    Il existe plusieurs types. La syncope est « une perte brutale de la conscience, avec perte du tonus postural et retour spontané et rapide à une conscience normale suite à une hypoperfusion cérébrale ».

    Désormais le malaise vagal est connu sous la syncope vasovagale (SVV). Elle peut être typique : syncope réflexe avec prodromes (symptômes avant-coureurs) avec des caractéristiques et facteurs déclenchants déjà nommés. L’atypique est une syncope réflexe survenant sans prodrome, sans facteur déclenchant évident.

    Il existe d’autres syncopes. Elles possèdent des éléments déclencheurs divers et variés. La neuro-médiée, la vasoplégique ou vasodépressive, la neurogène et enfin la lipothymie. La dernière est une sensation de malaise avec étourdissement, faiblesse, sueurs, vision trouble, mais sans perte totale de conscience. (Crédits : Alexey Fedenkov/Pixabay)

    La SVV est souvent minime, il faut tout de même consulter un professionnel de santé en cas de doute. Surtout si la syncope intervient après un sport intense, en cas de maladies cardiaques. Mais la syncope peut intervenir lors d’une mise debout trop rapide, des neuropathies, une déshydratation… elle peut aussi être la syncope cardiaque. Comme disait Lénine, la confiance n’évite pas le contrôle.

  • L’ASSE, en Uruguay, subit une cyberattaque

    L’ASSE, en Uruguay, subit une cyberattaque

    L’administration des services de santé de l’État d’Uruguay (ASSE) est victime d’une cyberattaque. Un groupe de cybercriminels indique avoir eu accès au réseau interne. Ils déclarent, dans le but de prouver la véracité de leurs dires, avoir changé les mots de passe du directeur et du vice-président. Un fichier compressé de près de 100 Mo est disponible sur un célèbre forum, Breach Forums pour ne pas le citer. La ou les personnes derrière cette attaque expliquent que « les citoyens uruguayens ne méritent pas d’être escroqués ni que l’État joue avec leur santé ».

    L’administration indique enquêter sur la situation afin d’avoir plus d’informations à ce sujet. De son côté, une entité cybercriminelle déclare, dimanche 9 mars 2025 avoir eu accès au réseau interne de l’ASSE. « Depuis quelque temps, notre groupe a accès au réseau interne de l’ASSE, ce qui nous permet d’accéder à de nombreuses bases de données. » La fuite de données exposent professionnels et patients.

    Le fichier mis à disposition est de 95,6 Mo compressé pour un total de 282 documents pour un poids de 150 Mo. La base SQL affiche près de 6200 lignes de données des personnels soignants. De nombreux documents sous formats de tableurs indiquent les identités de personnes ayant effectué des tests PCR en rapport au Covid-19. Ainsi les prénoms, noms et résultats des tests sont affichés, comme le détail des facturations des personnes vaccinées ou non. (Crédits : Capture d’écran)

    Concernant les tests d’autres données sont affichées : institution, professionnel, ID, lieu, numéro d’identité, date, date de réception, médecin prescripteur, type de patient, date de naissance, prénom, nom, âge, secteur, test composite, test simple, statut, résultat, unité, plage normale, libération, date de validation… L’ASSE, quant à elle, enquête sur des allégations de piratage impliquant la possibilité de retirer ou d’ajouter des prescriptions médicales au système.

  • Que sait-on de la fuite des données de 33 millions d’assurés Français ?

    Que sait-on de la fuite des données de 33 millions d’assurés Français ?

    Une personne malintentionnée a réussi à s’approprier les données plus que sensibles concernant le tiers payant. Le pourcentage de Français potentiellement touché par cette fuite est conséquent. Un assuré sur trois selon les estimations serait impacté. Les entreprises victimes d’une intrusion non autorisée sont les sociétés Viamedis et Almerys. Elles sont 84 au total. Quatre-vingt-quatre organismes de complémentaire santé sont impactés.

    Les données ainsi exposées sont l’état civil, prénom et nom, la date de naissance, le numéro de sécurité sociale, l’identité de l’assureur complémentaire ainsi que les détails de garantie de santé. Les deux entités ont subi une attaque cybernétique à cinq jours d’intervalle.

    Assurés et professionnels de santé touchés par les cyberattaques

    Cette fuite connaît une ampleur sans précédent, car elle touche des données de santé. Mais l’ampleur remémore celle qui concernait le réseau social Facebook en 2021. Une fuite de 500 millions d’utilisateurs dont 20 millions en France, avec une amende de 265 millions de dollars à la clé par la DPC (équivalent de la CNIL en Irlande). Les attaques ont été révélées le 29 janvier et le 3 février 2024.

    Le modus operandi est comparable pour les deux sociétés françaises spécialisées dans la gestion du tiers payant. Selon les informations de RTL, « les escrocs auraient usurpé l’identité de soignants pour entrer dans la plateforme de gestion du tiers payant de l’opérateur et accéder à de nombreuses informations personnelles avant la déconnexion du portail une fois l’intrusion découverte. »

    Viamedis a déposé une plainte auprès du Procureur de la République. Et comme le prévoit le règlement général sur la protection des données (RGPD), l’incident a été notifié à la CNIL et aux autorités compétentes.

    L’enquête est en cours pour déterminer les causes et conséquences, ainsi que le modus operandi du ou des cybercriminels.

    (Crédits : capture d’écran/Viamedis)

    Si les assurés voient leurs données s’épandre dans la nature et sur la toile, il n’est rien face aux fuites des professionnels. À savoir « la raison sociale, le prénom, le nom, l’adresse de courriel électronique, le login Viamedis.net, le numéro de téléphone, l’adresse postale, le RIB, le numéro Finess, le numéro Siret et l’appartenance éventuelle à un réseau de soins, pour les professionnels de santé », confie Valérian Ponsinet, le président de la commission convention et système d’information de la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France). Pour vérifier si votre mutuelle est concernée, le plus simple et plus rapide étant de la contacter.

    Usurpation d’identité, fraudes, phishing…

    Les craintes sont fondées pour des tentatives d’usurpations d’identités, du phishing… et toute autre possibilité de fraude grâce aux données exfiltrées. Comme le démantèlement, fin janvier 2024 d’un trafic de faux documents au niveau national. Trois hommes interpellés il y a deux semaines à Marseille, Grenoble et Rosny-sous-Bois en Seine–Saint-Denis. Ils sont poursuivis pour aide au séjour en bande organisée, fourniture et obtention indue de faux documents.

    Le marché connaît une hiérarchie comme tout commerce. Les numéros de sécurité sociale sont une véritable niche financière pour les escrocs. Ils peuvent être revendus sur le dark web.

    Ainsi utilisés pour usurper l’identité de leur propriétaire, sachant qu’avec les autres fuites régulières, connues ou non, les données sont croisées et complétées.

    Le seul inconvénient est de taille, il est impossible de changer de numéro de sécurité sociale. D’autant que la procédure dans le cas d’une usurpation d’identité est complexe et longue.

    (Crédits : Giesesamvitale/CNAMTS/GIE SESAM-Vitale)

    Il pourrait, hypothèse vraisemblable que des personnes mal intentionnées pourraient les utiliser pour du phishing. Par le biais de faux courriels se faisant passer pour leur mutuelle, les escrocs à travers des liens malveillants tenteraient de voler des informations bancaires.

    Les infostealers ont fait des ravages en 2023

    L’enquête toujours en cours ne livrera ses secrets que bien plus tard. Il existe une menace bien réelle : les infostealers. Ces petites bêtes ont collecté plus de 40 millions d’identifiants en 2023, explique LeMagIt. « L’année s’est achevée dans un déluge de divulgations, mais assez peu de détections », martèle le rédacteur en chef.

    Le total affiche 43, 638 millions d’identifiants compromis, seulement en France. De nombreux collaborateurs d’entreprises, dont des identifiants professionnels sont compromis explique HudsonRock.

    Le premier infostealer est apparu en 2006. Il est connu sou le nom de zeuS ou zbot. Son but collecter les informations puis disparaître. Le « Malware As A Service » (MAAS) est un logiciel qui peut être loué, les développeurs moyennent leur logiciel malveillant contre monnaie sonnante et trébuchante.

    Leur dangerosité tient en ce qu’il dérobe. Connu pour voler des justificatifs d’identité, il peut voler des tokens permettant de détourner l’authentification multifactorielle (MFA).

    (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    « Ce risque vaut particulièrement si des collaborateurs d’une organisation enregistrent, dans leur navigateur Web – sur une machine personnelle ou même de l’entreprise – des identifiants permettant l’accès à distance à des ressources du système d’information. » D’autant que l’attaque dont a été victime AnyDesk vient corrobore les craintes. Le CERT a publié un bulletin d’alerte sur la « prise de contrôle à distance par un acteur malveillant » le 5 février 2024.

  • Plus de trente établissements de la Fondation Saint-Vincent de Paul à Strasbourg touchés par une cyberattaque

    Plus de trente établissements de la Fondation Saint-Vincent de Paul à Strasbourg touchés par une cyberattaque

    Mercredi 6 septembre 2023 à 22 h, le système informatique du Groupe hospitalier Saint-Vincent subissait une cyberattaque. C’est à travers une note interne communiquée à l’ensemble de son personnel que la fondation Saint-Vincent-de-Paul précise sa décision « de déconnecter toutes les applications et de basculer dans un mode dégradé ». La prise en charge des patients est toujours d’actualité, les activités également. Les salariés ont recours aux dossiers papier pour le suivi des patients.

    L’attaque cybernétique a été découverte le mercredi 6 septembre 2023 à 22 h. Cécile Lelieur, chargée de communication de la Fondation précise que « c’est l’ensemble du groupe qui a été touché, et non seulement les cliniques strasbourgeoises ». Les cliniques Sainte-Barbe, de la Toussaint et Sainte-Anne à Strasbourg, la clinique Saint-Luc à Schirmeck, comme une quinzaine d’établissements du secteur enfant et de quinze Ehpad en Alsace et Lorraine sont au cœur de la cyberattaque.

    Cécile Lelieur explique que les équipes « ont dû arrêter l’ensemble des systèmes informatiques pour empêcher le pirate de s’introduire dans nos réseaux ». La charge de travail pour les équipes de soignants augmente sans l’aide des outils informatiques, mais les soins des patients sont assurés. (Crédits : Cor Gaasbeek/Pixabay)

    Suite à l’absence d’outils informatique, l’ensemble des personnels fait face. « Il faut partir de la dernière sauvegarde de données et tout imprimer. Les blocs opératoires continuent de fonctionner normalement », ponctue Cécile Lelieur. Selon la note consultée par Rue89 Strasbourg, il n’y aurait « aucune exfiltration de donnée ». Une cellule d’investigation est mise en place pour enquêter. La Fondation estime que les données de santé des patients ont été « a priori préservées de l’attaque », et qu’à ce stade aucune exfiltration n’a été affirmée.

  • Cyberattaque du site israélien du ministère de la Santé

    Cyberattaque du site israélien du ministère de la Santé

    Le site du ministère israélien de la Santé a fait l’objet d’une attaque informatique ce dimanche 17 juillet 2022, revendiquée par le groupe pro-Iraniens, Altahrea Team. Elle est la dernière d’une série d’attaques contre des infrastructures cruciales dans le pays. Un mois après celles perpétrées contre Israel Electric Corporation, plus grand fournisseur d’électricité dans les territoires occupés, Dorad Energy Ltd, qui distribue l’énergie, et le fournisseur de solutions techniques Reali Technologies ltd. Ces trois derniers par les opérateurs derrière Moses.

    Après plusieurs heures de perturbation, « le site web a retrouvé sa pleine activité », indiquait le ministère lundi 18 juillet. L’attaque revendiquée par Altahrea Team découlerait des frappes de Tsahal dans la bande de Gaza ce week-end et du soutien israélien aux sanctions contre l’Iran, explique Times of Israël. La cyberattaque serait du type DDoS selon les informations de J-Wire.

    La semaine dernière, Altahrea Team affirmait avoir attaqué jeudi 14 juillet 2022, le site Web de la municipalité de Jérusalem ainsi que celui de l’entreprise de défense Rafael Advanced Defense Systems Ltd. Altahrea Team a revendiqué une attaque lundi contre le site Web de la commune de Tel-Aviv. (Crédits : capture d’écran)

    Les suppositions de l’origine de l’attaque restent des supputations. Les griefs du groupe pro-iraniens seraient d’une part les sanctions contre l’Iran qui selon les opérateurs « tuent des milliers de personnes en bloquant l’arrivée de médicaments et de vaccins COVID-19 », et d’autre part le soutien à l’Ukraine dans le conflit armé russo-ukrainien. « Vous êtes désormais dans notre ligne de mire », écrivait l’organisation. Le ransomware Moses lors de l’attaque informatique contre Israeli Power Companies laissait le même genre de message : « Nous vous surveillons depuis de nombreuses années, à chaque instant et à chaque étape. Ceci n’est qu’une partie de notre surveillance de vos activités grâce à l’accès aux caméras de vidéosurveillance du pays. Nous l’avions dit, nous allons vous frapper alors que vous n’auriez jamais imaginé… »

  • Augmentation de 94 % des attaques par ransomwares dans le domaine de la santé

    Augmentation de 94 % des attaques par ransomwares dans le domaine de la santé

    La firme britannique de cybersécurité Sophos a publié son rapport 2022 concernant l’état de la menace « rançongiciel » dans le monde de la santé. Les résultats promulgués indiquent une augmentation de 94 % des attaques par rançongiciel ciblant les organismes de santé interrogés. En 2021, 66 % des établissements de santé avaient été touchés par ces attaques, contre 34 % en 2020. Ils ne sont pas visés au hasard, car ils se classent au premier rang, avec 61 % des organisations payant une rançon afin de récupérer les données chiffrées.

    Cette année, 5 600 professionnels de l’informatique, dont 381 dans le secteur de la santé, issus de 31 pays ont participé à l’étude de Sophos. Le secteur de la santé s’améliore grandement dans la restauration des données après une attaque informatique. Les ransomwares étant de plus en plus fréquentes et répandues, les organisations sont devenues plus aptes à gérer les conséquences. C’est pourquoi la quasi-totalité des organismes de santé (99 %) touchés par un ransomware en 2021 réapproprie une partie des informations chiffrées, soit une augmentation de 93 % par rapport à l’année dernière. Si certains usent des données de sauvegarde, près de deux tiers (61 %) ont déclaré avoir payé une rançon pour les restaurer et 33 % avoir utilisé d’autres moyens. Parallèlement, 44 % des entités de santé ayant subi une attaque au cours de 2021 ont mis une semaine pour se remettre de celle-ci, tandis que 25 % d’entre elles ont mis jusqu’à un mois pour récupérer leurs données, et plus encore pour le reste.

    Le coût approximatif suite aux impacts de la dernière attaque par ransomware (en prenant en compte les temps d’arrêt, le temps des personnes, coût des appareils, coût du réseau, perte d’opportunité, des ransomwares payés, etc.). 3 702 organisations de santé ont été touchées par un ransomware. (Crédits : Sophos)

    Le secteur de la santé est celui qui a acquitté au total la plus petite valeur de rançons, alors qu’il est en tête de liste pour le volume des paiements, il est en fait en bas pour le montant déboursé. Si l’on examine plus en détail les rançons versées par le secteur de la santé, explique Sophos « on constate que 60 % d’entre elles sont inférieures à 50 000 USD. Seuls trois répondants ont déclaré que leurs organisations ont déclaré que leur organisation avait payé 1 million de dollars US ou plus. » Dans l’ensemble, le montant réglé est le plus faible — environ 197 000 dollars — de tous les secteurs cités contre une moyenne mondiale de 812 000 dollars américains. Mais les dommages ne s’arrêtent pas au seul montant de la rançon. La moyenne mondiale du coût de remédiation d’un organisme de santé victime d’un rançongiciel s’élève à 1,85 million de dollars US.

  • La protection sociale en France

    La protection sociale en France

    Ah, notre très chère protection sociale que certains nous envient, mais savez-vous ce que c’est réellement ? Directement vous allez répondre la sécurité sociale, bonne réponse, quoiqu’incomplète. Elle est l’ensemble des mécanismes de prévoyance collective qui permettent aux individus, aux ménages de faire face financièrement aux conséquences des risques sociaux que nous rencontrons chaque jour.

    Sous l’Empire romain, les compagnons d’esclavage se cotisaient pour aider la famille du défunt à supporter le risque du décès. L’Église en France prend en charge l’assistance aux plus démunis (vivre, habits…). À la fin du XIIe, Aliénor d’Aquitaine au crépuscule de sa vie fait rédiger des mesures pour la prévoyance des accidents et des morts de marins en service. Au XIIIe siècle, les Hôtels-Dieu sont les premiers établissements dédiés à l’accueil des indigents. Le 14 mai 1604, un fonds est créé pour la prise en charge des soins aux ouvriers mineurs blessés durant leur travail. Plus proche de nous, selon les écrits, à la date du 22 septembre 1673, par l’Édit de Nancy à l’initiative de Jean-Baptiste Colbert, secrétaire d’État à la Marine du roi Louis XIV en 1668. Il instaure ainsi une récompense et fidélise les meilleurs dans la Marine royale, et le lendemain une taxation de six deniers (monnaie française d’argent, créée à l’époque carolingienne et valant 1/12e de sous ou 1/240e de livre), l’équivalent de 2,5 % de la solde pour financer.

    En 1793, l’article 21 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen reconnaît le droit pour chaque citoyen à l’assistance et à la protection sociale.

    Au XIXe siècle, chez nos voisins allemands, Otto von Bismarck, chancelier de son état mets en place le premier système complet d’assurances sociales. Puis sous la présidence de Félix Faure, la loi promulguée le 9 avril 1898, sur les responsabilités des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail, tisse un peu plus le lien social. Pourtant, il fallut attendre encore près de cinquante ans, avec la fin de la seconde Guerre mondiale pour l’ordonnance du 4 octobre 1945. Il s’inspire des modèles allemand et anglais.

    Un dessin vaut plus que mille explications. (Crédits : Dessine-moi l’éco)

    L’article premier définit les dispositions générales : « Il est institué une organisation, de la sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptible de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent […] Des ordonnances ultérieures procéderont à l’harmonisation desdites législations et pourront étendre le champ d’application de l’organisation de la sécurité sociale à des catégories nouvelles de bénéficiaires et à des risques ou prestations non prévues par les textes en vigueur. »

    Un plafond journalier a été mis en place pour les actes paramédicaux et les transports sanitaires. On ne peut pas déduire, plus de 2 € par jour pour les actes paramédicaux et plus de 4 € par jour pour les transports sanitaires. Avec un plafond annuel, de 50 € pour l’ensemble des actes ou prestations concernés.


    L’article 11 du préambule de la constitution du 27 octobre 1946 pose les fondements de la sécurité sociale telle que nous al connaissons : « Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. »

    Depuis, elle ne cesse d’évoluer comme change la société :

    • Le 21 août 1967, quatre ordonnances réorganisent le régime général de la Sécurité sociale. Elle garantit la séparation financière des risques dans trois « branches » distinctes (santé, vieillesse, famille). Cette séparation est consacrée par la réalisation de trois entités, la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), la Caisse nationale d’assurance vieillesse des travailleurs salariés (CNAVTS), la caisse nationale des allocations familiales (CNAF). La gestion de la trésorerie des différentes branches est confiée à l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS).
    • Le 25 octobre 1972, loi instituant la protection obligatoire des salariés agricoles contre les accidents du travail.
    • Le 1er décembre 1988, loi créant le Revenu minimum d’insertion (RMI), prestation financée par le budget de l’État mais versée par les caisses d’allocations familiales.
    • En 1997, mise en place la carte vitale, puis 2007 l’arrivée de la seconde génération de la carte vitale
    • Le 27 juillet 1999, promulgation de la loi créant la Couverture Maladie Universelle (CMU)
    • En 2016, la Protection Universelle Maladie (PUMA) est un dispositif garantissant à toute personne qui travaille ou réside en France de façon stable et régulière la prise en charge de ses frais de santé
    • En 2017, la loi de modernisation de notre système de santé tend à rendre notre système de santé plus juste et efficace
    Les médicaments remboursés à 15% correspondent à la prestation PH2, à 30% PH4 et 65% PH7. Le montant de la franchise est de 0,50 € par boîte de médicaments, 0,50 € par acte paramédical, 2 € par transport sanitaire.


    Depuis que je me souviens, j’ai toujours entendu parler du « trou de la sécu ». Puis de la mise en place de la CRDS, CSG, sans oublier la fameuse participation forfaitaire (FRT) d’un euro, elle est plafonnée à 50 € par an et par personne comme la franchise médicale. Si je suis sûr que vous avez déjà eu cette ligne sur les documents de remboursement. Regardez bien, les 0,5 € pris par boîte de médicaments, et 1 euros par visite chez votre médecin traitant.

    Évolution du solde du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) de 1999 à 2021. La période traversée due au SARS-CoV-2 et l’instauration de Mon Espace Santé sont une évolution de la société. (Crédits : DR)

    Revenons en arrière, en 1991, c’est l’année d’abolition de l’apartheid en Afrique du Sud, mais aussi la création de la contribution sociale généralisée ou CSG est un impôt destiné à participer au financement de la protection sociale. En 2017, elle rapporte quatre-vingt-dix-neuf milliards, les impôts quant à eux soixante- dix-sept milliards. Sa petite sœur, la CRDS naquit en 1996. Pour ses sept ans, un point de CSG rapportait, en 2013, 12,3 milliards d’euros, tandis qu’un point de CRDS en rapportait 13,3.Pour autant, il semblerait que le régime drastique porte ses fruits. En effet, la Tribune écrivait en juin 2018 : « Presque sortie du rouge, la Sécu reprend des couleurs. […] Du jamais-vu depuis 2001. » Pourquoi l’État français se priverait d’une telle manne financière, autant proroger et diversifier la CSG. Le rendement de la CSG brute s’est élevé à 121,7 Md€ en 2020 pour l’ensemble de ses attributaires (branches famille, autonomie et maladie du régime général, FSV, Cades et Unédic), indique le rapport en 2022.

  • Ne pas confondre vitesse et précipitation

    Ne pas confondre vitesse et précipitation

    En Suisse, le Conseil d’État neuchâtelois expliquait qu’il avait progressé en matière de sécurité informatique, suite à l’infection de l’université le 18 février 2022. Mi-mars deux cabinets médicaux neuchâtelois sont la cible de hackers, qui ont publié sur le darknet les données de 43 651 fichiers médicaux, révèle une enquête du Temps. Ils avaient fixé un ultimatum pour le mardi 29 mars. Faute de percevoir une rançon, ils diffuseraient les renseignements. Ils sont passés à l’acte.

    Cette nouvelle attaque informatique, et le partage des données font l’effet d’une claque. Les opérateurs qui usent, compilent des lignes de codes dans un but malveillant qui produisent des attaques ont la plupart du temps, plusieurs longueurs d’avance sur les personnes qui œuvrent à la protection, et s’adaptent aux mesures de sécurité. Après la cyberattaque à l’Université le 18 février 2022, le canton a réduit l’indisponibilité de l’infrastructure informatique et amélioré la capacité de résister à une offensive au niveau des systèmes centraux. « Selon le dernier audit, la défense informatique est bonne », a ajouté Crystel Graf conseillère d’État. Le canton avait lancé le 7 mars 2022, pour une durée de dix mois une campagne de prévention.

    Prévue pour le 8 avril 2022, la publication d’informations du site de prise de rendez-vous suisse a été reportée par les opérateurs derrière le ransomware Lockit 2.0. En Suisse OneDoc peut être assimilé à Doctolib en France. (Crédits : capture d’écran)

    Les données exfiltrées suite à l’attaque de l’université s’avéraient plus sensibles que nous pouvions penser jusqu’à présent expliquait le journal Le Temps. Selon l’enquête, certains fichiers divulgués rapportent un conflit entre professeurs ou le licenciement d’un collaborateur, des courriels de la Police judiciaire neuchâteloise, des documents de justice… Sur la diffusion du 30 mars 2022, les pièces contenaient des listes de patients, leurs prénoms et noms, adresse, numéro de téléphone, fixe et portable, profession, date de naissance… Mais ce n’est pas tout, de nombreuses informations concernant pathologies, examens médicaux s’affichent sur le Darknet, comme savoir si un patient est séropositif, consomme de la drogue, etc. Ils ont été retirés le jour même suite au second ultimatum aux cabinets médicaux de payer la rançon.

    Le chat et les souris

    Remises en ligne, puis enlevées, puis… des échanges entre les opérateurs et les cabinets médicaux, auraient eu lieu, pour qu’un nouveau délai soit fixé au 8 avril, relate le journal Le Temps. Vendredi soir, un expert du darknet affirmait qu’« il est possible que les cabinets, voire les autorités politiques, négocient désormais avec les pirates pour payer une rançon. » Plusieurs faisceaux pourraient indiquer que l’un des cabinets aurait réglé une somme pour récupérer ses données dès le 22 mars, suppose Arcinfo. « Il faut un vrai électrochoc en Suisse, appuie David Billard, professeur associé à la Haute École de gestion de Genève (HÉS GE) et spécialisé en cybersécurité. Les organisations professionnelles (médecins et autres) devraient se prendre en main et commencer par faire un état des lieux de la capacité numérique de leurs adhérents (ou membres de leur organisation professionnelle). Lorsque l’on va voir un médecin ou un avocat, on s’attend à recevoir un avis médical ou un conseil juridique de qualité. De la même façon, on devrait avoir l’assurance que les informations que l’on échange soient traitées avec le même professionnalisme. »

    Les Médecins communiquent

    Le communiqué des médecins de Chaux-de-Fonds affirment qu’ils ont été la cible d’un ransomware, sans pour autant avoir fait preuve d’imprudence. Et non, ils ne s’acquitteront pas de la demande d’extorsion, se conformant ainsi aux recommandations des autorités et des spécialistes de cybersécurité. « Suivant le conseil des autorités, nous avons choisi de ne pas payer de rançon. Premièrement, il n’y a aucune garantie que cela aurait influencé le comportement des pirates informatiques et que les données ne seraient pas publiées, à un moment ou à un autre. Deuxièmement, le cabinet ne souhaitait pas financer le crime organisé et encourager ces actes de chantage », écrivent-ils.

    Le cabinet touché par l’attaque regroupe les Drs Marjorie Cosandey Tissot, Monika Nobel, Julie Meyrat et Marco Salvi, Francine Glassey Perrenoud (avant 2021), André-Philippe Méan (avant 2013), Marc Pierrehumbert (avant 2013), Ivana Babic (avant 2013) et Robert Muenger (avant 2014) sont également concernés. (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    Si, les données volées ne sont pas accessibles à tout un chacun, elles figurent sur le darknet. Le risque de voir des tiers s’en emparer, pour des tentatives d’usurpation d’identité, d’escroquerie… est réel. Il est donc nécessaire de changer ses mots de passe, et se méfier de toute demande urgente ou pressante, qu’elle soit effectuée par téléphone, courrier ou mail. En cas de doute, ne pas hésiter à contacter la police pour être conseillé, conclu le quotidien suisse Le Matin.

  • Ransomware: 200 000 dossiers de patients et employés copiés

    Ransomware: 200 000 dossiers de patients et employés copiés

    Le nombre de patients et d’employés touchés par l’attaque informatique des systèmes de santé de Terre-Neuve-et-Labrador l’année dernière continue d’augmenter. Elle avait eu lieu le 30 octobre 2021, à la suite de laquelle les systèmes de santé régionaux de la campagne canadienne Terre-Neuve-et-Labrador et Labrador ont fermé leurs réseaux et annulé des milliers de rendez-vous médicaux. Les conséquences d’une infection par codes malveillants de type ransomware peuvent durer plusieurs mois, voire plus…

    Le ministre de la Santé, John Haggie déclarait le mardi 2 novembre 2021 qu’on ne pouvait pas encore déterminer précisément l’ampleur de l’arriéré qui serait créé par la cyberattaque présumée ni sur le temps qu’il faudrait pour reconstruire et restaurer les services. Elle avait conduit à la fermeture des réseaux des systèmes de santé régionaux, annulant ainsi des milliers de rendez-vous médicaux. Les conséquences visibles concernaient immédiatement les systèmes de santé en Central Health, Santé de l’Est, Western Health et les régies régionales de la santé Labrador-Grenfell, mais aussi les contribuables tant au niveau de leurs santés que des données de celle-ci.

    « Nous comprenons maintenant plus que jamais l’importance d’une vigilance continue et la nécessité de renforcer nos systèmes pour prévenir de futures attaques », a également soutenu Haggie. Espérons qu’en France un maximum de protection entoure Mon espace santé. (Crédits : urformat/Pixabay)

    Plus de cinq mois après, il existe désormais un aperçu, puisque le nombre de patients et d’employés touchés par cet événement ne cesse d’augmenter. Lors d’un appel aux journalistes mercredi 30 mars 2022, David Diamond, le directeur général du district sanitaire de l’Est de la province a affirmé que des dossiers avaient été copiés. « Plus de 200 000 fichiers ont été pris sur un lecteur réseau dans l’environnement informatique d’Eastern Health », a-t-il déclaré. Une partie de ces dossiers peut renfermer des renseignements sur les patients et les employés. Les différentes agences procèdent à un examen manuel pour déterminer le nombre exact de fichiers qui contenaient des informations personnelles ou de santé. « Ces informations peuvent inclure le diagnostic médical, le type de procédure, le numéro du MCP (Medical Care Plan) et les informations sur le fournisseur de soins de santé pour certains services de soins de santé qui sont fournis par la médecine de laboratoire, dans les programmes de chirurgie, de soins du cancer et de cardiologie, entre autres. Il peut également inclure des informations relatives aux ressources humaines et à l’administration. »