Étiquette : Santé

  • L’hôpital de Castellucio ciblé par un ransomware

    L’hôpital de Castellucio ciblé par un ransomware

    Le ransomware Vice society a été détecté sur le réseau informatique de l’hôpital dans la journée du lundi 28 mars 2022. L’hôpital de Castelluccio à Ajaccio subit une cyberattaque qui paralyse l’ensemble des systèmes d’information. Ce qui a entraîné une interruption, dès le lendemain mardi, des activités de radiothérapie et d’oncologie, avertit l’établissement. Arrêt pour garantir la qualité et la sécurité des prises en charge, car les « ordinateurs » ont un rôle primordial (dosages, ciblages…).

    Lundi 28 mars, peu après 10 h, le centre hospitalier de Castellucio alertait les usagers, familles et professionnels d’un tweet mentionnant d’un dysfonctionnement informatique. Contacté à propos de cet incident, l’établissement n’a pas encore répondu. L’ensemble des acteurs mobilisés finalise la mise en place d’une organisation permettant d’assurer la continuité des soins urgents des patients. « Les patients ont été individuellement prévenus », souligne l’ARS Corse.

    Après avoir divulgué les informations du Sénat argentin, le Ransomware-as-a-Service, Vice Society s’en prend à une institution de santé en Corse, mettant en possible danger les personnes des services d’oncologie.

  • Suncrypt s’attaque à la clinique amérindienne d’Oklahoma City

    Suncrypt s’attaque à la clinique amérindienne d’Oklahoma City

    La société américaine à but non lucratif, OKCIC est victime du ransomware Suncrypt. Elle se consacre à la fourniture de soins de santé pour les personnes qui ont souvent du mal à les obtenir, tant culturellement qu’en raison de l’absence d’assurance, du manque de prestataires dans certaines régions et de l’engorgement des salles d’urgence. De plus que ce soit le renouvellement des médicaments ou les services de vente par correspondance sont indisponible pour une durée inconnue.

    La Clinique amérindienne d’Oklahoma City qui évoquait des « problèmes technologiques » a subi une infection de type ransomware. Suncrypt affirme avoir acquis plus de 350 Go de fichiers, notamment des bases de données de dossiers médicaux électroniques et des documents financiers. Les opérateurs proposent sur leur site de fuite 27 Mo compressés de preuves, soit 232,5 Mo au total.

    L’Oklahoma City Indian Clinic (OKCIC) prend en charge 20 000 patients issus de plus de 200 tribus amérindiennes. Une indication sur leur site Web et leur compte Twitter s’excuse actuellement des problèmes technologiques rencontrés par les utilisateurs. (Crédits : capture d’écran)

    La cyberattaque des opérateurs derrière le ransomware Suncrypt contre OKCIC « contredit directement une déclaration qu’ils ont faite à ce site en septembre 2020 et que ce site a rapporté à l’époque ». Après avoir initialement attaqué un organisme médical, « ils avaient retiré l’entité de leur site de fuite et déclaré à DataBreaches.net qu’ils avaient soigneusement évité de verrouiller les systèmes de survie ou d’interférer avec les opérations hospitalières. »

  • Le vinaigre dans tous ses états

    Le vinaigre dans tous ses états

    Le vinaigre est pratiquement dans chaque cuisine, et se décline de plusieurs manières. Qu’il soit blanc, de cidre, balsamique, de Xérès… son utilisation est aussi variée que son nombre d’exemplaires. Depuis quand remonte son invention ? Qu’est-ce que c’est réellement ? À l’heure du fait maison, est-il possible de fabriquer son propre vinaigre ? Aurait-il des caractéristiques autre que celui de créer une sauce ou encore associée à une huile de constituer une vinaigrette ?

    Bien sûr, le vinaigre est du vin aigre, mais pas que. Retournons dans le programme de physique-chimie et histoire-géographie au lycée. Il est le résultat d’une double réaction chimique. La première consiste à transformer du sucre en alcool (fermentation), puis de l’amener à de l’acide acétique (acescence). « Beurk, le vin a tourné, il est devenu âcre. » Les premières traces remonteraient son invention, ou plutôt sa trouvaille, à plus de cinquante siècles en arrière, vers 3 000 ans avant J.-C. au Canada, comme dans l’Égypte des Pharaons. Il servait de désinfectant sur les blessures vers -2 000, puis Grecs et Romains le prenait dans un verre d’eau pour des vertus digestives. Les propriétés antiseptiques font sa renommée. Lors de l’épidémie de peste au XVIIe, quatre personnes malintentionnées laissaient macérer plantes aromatiques et médicinales dans du vinaigre pour détrousser les morts atteints de cette maladie mortelle, sans l’attraper. La légende du vinaigre des quatre voleurs était née.

    Le fameux récipient, au centre de la photo, dans lequel, il suffit de verser les fonds de bouteille de vin rouge pour que la nature opère. (Crédits : Marianne Casamance)

    Pour que l’être humain comprenne le pourquoi du comment, il faudra attendre 1822 et le botaniste Christiaan Hendrik Persoon. Il attribue l’acescence à un biofilm cellulosique. Plus simplement, il démontre que cette pellicule se forme sur le vin laissé à l’air libre qu’il dénomme Mycoderma aceti : la « mère de vinaigre ». Sa composition est de 90 % d’eau, entre 5 et 8 % d’acide acétique, puis des traces d’alcool et divers éléments.

    Fabriquer son vinaigre

    Rien de plus simple. Le vinaigre affiche régulièrement la même recette. En premier il faut avoir une grande cruche en grès, en terre cuite ou en chêne muni d’un robinet, votre vinaigrier. Ensuite, verser vos restes de vins dans un bocal foncé que vous couvrez par un torchon. Vous le laissez dans un coin de votre cuisine (température entre 20 et 30 °C), à l’abri de la lumière. La première semaine vous secouez quotidiennement votre récipient. Au bout d’un mois apparaît une pellicule à la surface, la fameuse mère de vinaigre. La partie la plus délicate arrive maintenant. Vous devez transférer la mère dans votre vinaigrier, attention c’est de la matière vivante.

    Le vinaigre existe sous toutes ses formes, hormis le Xérès, balsamique, de riz (komesu, sushizu, kuruzu), de banyuls, d’umeboshi, de coco et des différentes saveurs fruitées que vous souhaitez pour accompagner vos plats des quatre saisons, celui de cidre est incontournable. (Crédits : Mike Goad/Pixabay)

    Vous finalisez avec le vin, puis d’un peu de patience, munissez-vous (3 à 6 semaines). Comme à la télé de temps en temps vous ouvrez le robinet pour goûter votre produit. S’il vous plaît, versez en un demi-litre dans la bouteille de votre choix. Ensuite, il suffit de compléter le vinaigrier et de prélever entre un demi et un litre par semaine.

    Un produit magique

    Il est antibactérien, antiseptique. Selon des études, il serait bénéfique, car ralentirait l’arrivée du sucre dans le sang. L’acide acétique du vinaigre permettrait d’amoindrir la pression sanguine et l’activité de la rénine, soit diminuer l’hypertension. Le vinaigre est efficace contre le calcaire que l’on trouve dans les éviers, douches et baignoires sans oublier la cuvette de nos toilettes. Il est un allié de notre linge, assouplissant naturel de vos vêtements, neutralise les odeurs en détruisant les bactéries responsables. Pour augmenter la durée de vie et la propreté de vos éponges, laissez la tremper dans une moitié de vinaigre blanc et d’eau bouillante (hors de la portée des enfants, bien sûr) durant deux heures, elle vous le rendra. Les fourmis ont décidé de faire une rave party dans votre salon, pas de panique. Pour éviter l’utilisation de produit chimique, dans un pulvérisateur, versez la même quantité de vinaigre blanc et eau. Aspergez le passage des fourmis avec cette solution, l’odeur les incommode. Elles ne devraient pas attendre l’arrivée des gendarmes pour déguerpir.

  • Quand santé rime avec…

    Quand santé rime avec…

    C’est en grande pompe que le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran annonçait le jeudi 3 février 2022 « Mon Espace Santé ». Il s’envisage comme son prédécesseur Bernard Kouchner l’instigateur d’une évolution des moyens numérique de la santé. Il y a 25 ans (avril 1998) naissait la carte vitale. Elle se voulait inviolable avec la seconde génération, en mars 2007… mais la méthode pour la « pirater » prenait de vitesse la sortie de cette fameuse carte verte française. Que penser de « Mon Espace Santé » ?

    Me direz-vous, il faut vivre avec son temps ! Après tout, tout un chacun possède un terminal de téléphonie, communément appelé « smartphone », mais que savez-vous de l’usage de vos données partagées, avec votre consentement éclairé ? Quelques secondes de réflexion… rien pour la plupart d’entre vous ? Cela est logique, car, pour user de l’application, ou du jeu à la mode, vous devez accepter les conditions générales d’utilisation (nous sommes nombreux à ne pas les lire). Pour vos données de santé, c’est quasiment du même acabit. « Mon espace santé est un service numérique individuel et personnalisable, pour tout usager du système de santé. Il permet à chacun de stocker et partager ses documents et ses données de santé en toute sécurité. Les données sont hébergées en France, sous la protection de l’État et de l’Assurance maladie », explique le site en question.

    Cash Investigation

    Il y a près d’une année, Élise Lucet et son équipe enquêtaient sur un (nouveau) scandale. Le 20 mai 2021, Cash révélait « comment vos téléphones vous espionnent et collectent des données très personnelles sur votre religion, votre moral ou votre grossesse sans votre consentement. […] lorsque vous vous connectez sur des sites de santé, vous transmettez des informations qui vont être envoyées à votre insu à des entreprises appelées des data brokers. […] Un marché colossal, estimé à 400 milliards d’euros en Europe. » Juste avant la future émission sur le scandale retentissant des Ehpad privés, gérées par Korian et Orpea, faisant écho au livre « Les Fossoyeurs » de Victor Castanet, Élise Lucet promet de nouvelles révélations.

    Selon l’étude, trois quarts des Français seraient intéressés. Or, d’après Médiamétrie, la France comptait 53,8 millions d’internautes en avril 2021, soit 85,2 % des Français de deux ans et plus. Au final seuls 64 % le sont véritablement. La cohorte est de 1510 Français de plus de 18 ans, dont 497 patients ayant répondu au questionnaire… en ligne. (Crédits : DR)

    De plus, cet espace numérique personnel, expliquent-ils, a pour vocation de devenir le futur carnet de santé des patients, accordant à demi-mots le fiasco du dossier médical partagé (DMP). Il contiendrait un coffre-fort « sécurisé » où seront classés tous les documents de santé, et serait alimenté de manière automatique par les médecins, laboratoires, cliniques, hôpitaux

    Est-il nécessaire de rappeler les différents attaques subies par les hôpitaux français, ou encore les données de 500 000 dossiers médicaux exfiltrées ? (Crédits : capture d’écran)

    L’aspect pratique, pour chacun, est l’utilisation et l’accès aux données par les professionnels de santé afin de mieux vous soigner. Ce qui vous évite d’avoir avec vous lesdits documents, alors très bien, soyons modernes et allons-y. Cela dit, est-ce que les systèmes d’information qu’utilisent les différents professionnels de santé sont véritablement sécurisés, et transmettent dans un tunnel chiffré vos données de santé ? Usent-ils des clés de chiffrement ?

    À l’insu de mon plein gré

    L’ouverture de chaque espace de santé sera automatique pour chacun des 68 millions d’assurés que compte l’hexagone, dont les enfants dans le courant de l’été. Les assurés recevront un code d’activation pour ouvrir leur espace par courrier ou courriel. « Vous pouvez vous opposer si vous ne souhaitez pas avoir d’espace santé. Sans action de votre part, votre espace santé sera automatiquement créé. Vous pourrez à tout moment changer d’avis », déclarait lors de la conférence de presse, le jeudi 3 février 2022, Thomas Fatôme, le directeur général de l’Assurance maladie. Pour vous y opposer, il faudra donc utiliser le code provisoire reçu, se connecter sur « Monespacesante.fr », ou appeler le 34 22. Six semaines après l’inscription, il sera toujours possible de clôturer son « espace santé », mais les données présentes resteront archivées dix ans par l’Assurance maladie. À vos claviers, prêts ?

  • La presse portugaise attaquée

    La presse portugaise attaquée

    C’est le groupe d’opérateurs derrière le ransomware « Lapsus $ » qui revendique l’attaque de site de presse au Portugal. Ils ont à leur actif l’offensive contre le ministère de la Santé en décembre, ils affirmaient détenir 50 téraoctets d’infos. Celui-là même qui prétend avoir mené une agression contre le dernier, et qui aurait accédé à environ 10 pétaoctets (PB) (l’équivalent de 10 000 téraoctets) d’informations. Comme précédemment, une demande de rançon devrait apparaître auprès des services concernés.

    Parmi les informations consultées figurent des informations croustillantes à revendre sur le DarkWeb. Ainsi, le groupe derrière « Lapsus $ » aurait en sa possession les données personnelles des clients, les infrastructures de communication, les documents juridiques, les demandes d’écoute, le code source et les courriels. Le groupe réclame un échange avec un responsable de la firme Claro, afin d’obtenir une substantielle récompense afin d’effacer lesdites données suite à l’infection du 1er janvier 2022.

    Dans le cas contraire, « Lapsus $ » divulguera les informations. Ils expriment détenir une infime partie des données concernant « les écoutes, les codes src, svn ». Dans son message, publié sur Telegram, l’organisation souligne que la fuite d’ordres juridiques et d’écoutes confidentielles « entraînerait de graves problèmes pour l’application de la loi ».

    Le groupe affirme être l’auteur de celle menée contre des sites de presse au Portugal. Impresa, considéré comme le plus grand groupe de médias portugais et propriétaire du journal Expresso, de la chaîne Sociedade Independente de Comunicação (SIC). Le magazine Blitz, a confirmé ce qui s’est passé sur ses réseaux sociaux.

    Le plus grand groupe de médias portugais indisponible suite à une attaque par ransomware. (Crédits : capture d’écran)

    Dès potron-minet dimanche 2 janvier 2022, les différents sites web et profils de médias sociaux du groupe Impresa présentaient des problèmes. En accédant au site web d’Expresso, par exemple, une page reprenant exactement la même ligne que celle qui est apparue sur le site web du ministère brésilien de la Santé lors de l’événement de décembre s’est affichée, informant d’une attaque par ransomware. La seule l’information qui apparaît est la suivante : « Site temporairement indisponible. Nous reprendrons dès que possible. Suivez-nous sur les réseaux sociaux ». Le groupe de presse indique qu’il travaille avec les autorités compétentes, la police judiciaire et le centre national de cybersécurité du Portugal pour obtenir des réponses supplémentaires à cette attaque.

  • Attaque des services de santé au Maryland

    Attaque des services de santé au Maryland

    Le site de la santé du Maryland, aux États-Unis, subissait une attaque par codes malveillants dimanche 5 décembre 2021. En conséquence, le site Web du ministère de la Santé a été compromis après une cyberattaque. Les indicateurs concernant le Covid-19O n’ont pas été mis à jour en raison d’une « panne de serveur » affichait l’accueil lundi 6 décembre 2021. Le dysfonctionnement altérait les missions informatives sur les médicaments, mais aussi sur les maisons de retraite.

    Le site Web du département de la santé avait été redirigé vers la page de l’État, tandis que les responsables passaient en revue les systèmes individuels pour déterminer si des données avaient été volées. « L’enquête est en cours, les employés et partenaires potentiellement concernés ont été informés, et nous fournirons des informations supplémentaires si les circonstances le justifient », assurait Andy Owen du département de la santé du Maryland. Il faut noter que la cyberattaque a également supprimé les ressources normalement disponibles sur le site. Notamment celles invitant les habitants à demander l’aide de Medicaid, à obtenir des données sur la sécurité des maisons de retraite et à commander des tests gratuits à domicile pour les infections sexuellement transmissibles. « Les données seront mises à jour dès que possible », déclarait le ministère.

    Comme après chaque attaque, la réhabilitation peut être longue, en fonction du type et la dangerosité de l’infection. Les autorités assurent que le site sera opérationnel dès 20 h (heure locale), tout en remerciant de leur patience les administrés « pendant que nous travaillions à sa restauration ». (Crédits : capture d’écran/Twitter)

    Lundi, l’agence n’avait pas mis à jour les mesures COVID-19 de l’État et évoquait une « panne de serveur ». Le ministère a déclaré que rien ne prouve que des données ont été compromises et qu’il n’a pas encore confirmé si un pirate informatique a détourné ses ordinateurs en demandant de l’argent, ce qui est arrivé à la ville de Baltimore il y a deux ans. Le ministère de la Santé déclarait qu’il travaillait en étroite collaboration avec les instances fédérales et étatiques chargées de l’application de la loi pour faire face à l’incident et recueillir des informations complémentaires.

  • Réelle saturation des lits de réanimation ?

    Réelle saturation des lits de réanimation ?

    L’occupation des lits de réanimation est de 114,8 % selon les données que recueille le site CovidTracker auprès de Santé publique France et de l’INSEE pour la France. Ce qui inquiète, au vu de la situation, est le nombre de lits d’hospitalisation dans nos lieux de santé en France. La situation semble « critique » et « partout très préoccupante », selon les interventions du Premier ministre, Jean Castex, et du ministre de la Santé, Olivier Véran. Qu’est-ce qu’un lit de réanimation ? De combien de lits dispose la France ? Depuis quand ?

    Avant de parler de réanimation, quel est le nombre de lits au sein des établissements de santé en France ? Il est nécessaire de les différencier, nommer et dénombrer, afin d’effectuer un constat, un daguerréotype du soin en France. Car chaque parole, chaque chiffre, chaque démonstration est étroitement lié au point de référence adopté.

    Déserts médicaux et « Communication »

    Ainsi, entre 2003 et 2018, le nombre de lits d’hospitalisation à temps complet installés, tous établissements, toutes disciplines et tous secteurs confondus, est passé de 468 000 à 396 000 (service de santé des armées et établissements de Mayotte compris). « Ce mouvement général résulte de la volonté de supprimer des lits excédentaires et de réorganiser l’offre », explique la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). Ce mouvement supprime volontairement et réorganise l’offre de soin.

    En quinze années, c’est 33 000 lits de médecine, chirurgie obstétrique et odontologie (MCO) supprimés. Le plus préoccupant, si vous avez été hospitalisé dernièrement, c’est la durée du séjour qui es drastiquement réduite. La capacité d’accueil en long séjour a perdu 49 000 lits sur 15 ans, pour atteindre 31 000 en 2018.

    Donc au total, ce sont 69 000 lits en moins sur l’ensemble des établissements, et plus de 100 000 par rapport à 1997 (507 996). La raison : la transformation en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes de certaines unités.

    (Crédits : DREES)

    Cette décision est relative à la circulaire DHOS/02/F2/DGAS/2C/CNSA n° 2008/340 relative à la mise en œuvre de l’article 46 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2006, modifiée concernant les unités de soins longue durée (USLD). Circulaire décidée sous Jacques Chirac, appliquée sous Nicolas Sarkozy. En début de mandat, les personnes élues appliquent, semble-t-il, les décisions de leurs prédécesseurs.

    La santé est devenue lucrative

    Il ne faut pas être dupe : si la baisse est constatée en psychiatrie de 7 000 lits entre 2003 et 2018 dans les établissements publics, elle augmente de 3 800 dans ceux (privés) à but lucratif, où « elle représente 26 % de la capacité d’accueil ». Cette croissance se rencontre dans les accueils de moyen séjour, où la progression est positive, passant de 92 000 à 106 000 places. Dans les établissements à but lucratif, la capacité croit de 12 000 lits et représente un tiers de la capacité totale d’accueil en 2018. C’est de notoriété publique que des fonds de pension américains rachètent des cliniques françaises, depuis plus d’une décennie, comme l’expliquait déjà Le Télégramme en 2007.

    Le groupe Vitalia, branche immobilière de Blackstone créé en avril 2006, avait en un an et demi racheté 45 cliniques ou maisons de convalescence en France. « Le groupe est associé au fonds de pension américain Blackstone qui a investi près de 32 milliards de dollars au cours des vingt dernières années aux États-Unis, en Europe, en Chine ou en Inde », ce que confirmait Le Monde. Les fondateurs du fonds d’investissement, Pete George Peterson et Stephen Allen Schwarzman, sont issus de l’ancienne banque d’affaires new-yorkaise Lehman Brothers à l’origine de la crise financière mondiale de 2008.

    (Crédits : DR)

    Clinique, santé, Poitiers

    Dans l’hexagone, une mise en examen sème le trouble dans le groupe Elsan, numéro 2 de l’hospitalisation privée en France. « Il aurait soigneusement organisé sa banqueroute » titrait Marianne, de plus L’Indépendant ajoute : « Or Elsan avait repris le projet de construire une nouvelle clinique à Montredon-Corbières, conçu par Marcel Hermann, PDG de Médipôle Sud Santé, lui-même contraint de céder son poste en avril 2016 après le scandale international des Panama Papers. » Néanmoins le conseil, Me Christophe Dejean insiste sur le fait qu’Elsan conteste toute irrégularité dans cette procédure mise en œuvre sous l’égide du tribunal de commerce. « Elsan a payé l’intégralité des dettes de l’établissement et accompagné le reclassement des salariés. Jérôme Nouzarède entend coopérer pour que justice lui soit faite », ajoute l’avocat, Me Dejean.

    Saturation des lits de réanimation en France

    Parmi les mesures annoncées, mercredi 31 mars, veille du premier avril, par le gouvernement pour enrayer la progression du virus figure l’augmentation des lits de soins intensifs à 10 000. La direction générale de la Santé (DGS), au 19 mars, recensait 7503 lits de réanimation, dont 6456 occupés, soit 86 %. Existe-t-il une différence entre lit de réanimation, de soins intensifs et de surveillance continue ?

    Doigt, saturation, hôpital

    Vous vous doutez qu’à la lecture de la question, la réponse est positive. Une unité de surveillance continue (USC) est destinée à accueillir et prendre en charge des malades nécessitant une surveillance rapprochée, puis la dégradation de l’état de santé place le patient en surveillance continue, puis en réanimation.

    Au sens strict, selon l’Académie de Médecine, la réanimation désigne au sein de l’hôpital « un ensemble de moyens diagnostics et de traitements permettant de maintenir les fonctions vitales lorsque le patient ne maîtrise plus “un équilibre aussi proche que possible de la normale dans le milieu intérieur” (J. Hamburger, 1950) pour protéger le métabolisme des organes essentiels, en particulier celui du cerveau. »

    (Crédits : Engin Akyurt/Pixabay)

    Celui-ci prend en charge les patients présentant ou susceptibles de présenter des défaillances viscérales aiguës mettant en jeu le pronostic vital. Cela nécessite à la fois l’utilisation de techniques spécifiques, de matériels coûteux et la permanence de nuit comme de jour d’un personnel médical et d’auxiliaires spécifiques, compétents et entraînés. Elle nécessite aussi des structures appropriées pour mettre en œuvre les diagnostics et les traitements.

    6733 lits de réanimation

    Début janvier 2021, la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) propose à qui veut bien les lire les données du nombre de lits de réanimation, de soins intensifs et de soins continus en France, fin 2013 et 2019. « Le nombre total de lits de soins critiques est désormais estimé à 19 604 lits, contre 19 580 en septembre dernier », ajuste la DREES. Ces données établissent le nombre de lits (adultes et enfants) au sein de la France entière, ainsi que par département, soit 5433 lits de réanimation, 5954 de soins intensifs et 8217 de surveillance continue pour commencer l’année 2020.

    La Montagne a joint les agences régionales de santé (ARS) qui auraient communiqué le chiffre de 6733 lits « armés » pour les réanimations en janvier 2021, très bien, mais le personnel soignant existe-t-il en nombre suffisant ? La réglementation des articles D. 712-108 et D. 712-109 impose au minimum deux infirmiers pour cinq patients et un aide-soignant pour quatre patients, sous la responsabilité d’un cadre infirmier, avec, selon le texte, un ou plusieurs médecins compétents en réanimation.

    RégionsNombre de lits au 31/12/2019Nombre de lits au 15/01/2021Évolution
    Auvergne – Rhône-Alpes614790+ 28, 66 %
    Bourgogne – Franche-Comté203262+ 29, 06 %
    Bretagne171226+ 32, 16 %
    Centre – Val-de-Loire198229+ 20, 53 %
    Corse1838+ 111, 11 %
    Grand-Est505620+ 22, 77 %
    Guadeloupe3335+ 6, 06 %
    Guyane1329+ 123, 08 %
    Hauts-de-France474595+ 25, 53 %
    Île-de-France12251425+ 16, 33 %
    La Réunion7580+ 6, 67 %
    Martinique2930+ 3, 45 %
    Mayotte1216+ 33, 33 %
    Normandie258294+ 13, 95 %
    Nouvelle-Aquitaine443509+ 14, 90 %
    Occitanie482628+ 30, 29 %
    Pays de la Loire198249+ 25, 76 %
    Provence-Alpes-Côte d’Azur490678+ 38, 37 %
    France54336733+ 23, 93 %
    Le nombre de lits de réanimation au 31 décembre 2019 provient d’une enquête de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) publiée le 12 janvier dernier. Le nombre de lits de réanimation au 15 janvier 2021 a été communiqué par la Direction générale de l’offre de soins à la Montagne.

    Prenons l’exemple de la Marne qui affiche, selon l’article paru en janvier et mis à jour le 3 février 2021 sur le site de la DREES, 60 lits de réanimation adultes et enfants. Ils sont 42 en centre hospitalier régional et 18 dans d’autres établissements. Imaginons que l’occupation des lits est totale. La journée est découpée en trois tranches de huit heures, ce qui nécessite 24 personnels infirmiers, 15 aides-soignants, 12 cadres de santé et autant de médecins. Cela représente soixante-trois pour un service, et donc 189 sur une journée de 24 heures. Comptant seuls les lits de réanimation, soit 6733, il faut à minima 21 209 médecins, cadres de santé, infirmiers et aides-soignants… Quand il n’y a pas de décompensation (insuffisance cardiaque, pulmonaire, hépatique et rénale), car dans ce cas les équipes peuvent alors doubler, atteignant 42 418 personnes.

    La France 10e au classement de l’OCDE

    En France, nous avons au 1er janvier 2019, avec les données accessibles de l’INSEE, 11 524 médecins anesthésistes-réanimateurs, dont plus d’un tiers sont des femmes. 722 572 infirmières, car les femmes représentent près de 90 % du contingent, et 245 200 aides-soignants.

    Tableau, lit, stat

    Il existe, selon le document du syndicat national (SNIA), que 10 843 infirmiers-anesthésistes diplômés d’État (IADE) en France. Encore une fois, selon les données du SNIA, près de 72 % des IADE sont des femmes, comme les cadres de santé. La raison première de la « saturation » des lits de réanimation ne date pas d’hier.

    En 2017, un article dans l’Obs titrait « Grippe : les hôpitaux en souffrance à cause des lits supprimés par Touraine ? »

    (Crédits : OCDE)

    Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France et maire (Agir) de Fontainebleau, expliquait déjà que « l’hôpital se paie les dysfonctionnements de notre système. […] La crise actuelle montre surtout la désorganisation du système de santé où une grande partie des malades vont aux urgences alors qu’ils pourraient être traités par la médecine de proximité. Le véritable problème se situe dans le développement des déserts médicaux ! »

    La politique de la Communication

    Marisol Touraine, ministre de la Santé et des Affaires sociales, mettait en place un plan d’économie de 10 milliards d’euros, en 2017, sous François Hollande. La santé est comme une piscine municipale, la balance est rarement positive, pour autant, est-il possible de quantifier le prix d’une vie ? La raréfaction des docteurs en médecine, associée à une population dont l’espérance de vie à la naissance est de 85,6 ans pour les femmes et de 79,7 ans pour les hommes, ajoutée à une diminution drastique, car économique, du nombre de lits, pose de nombreux problèmes.

    La parole du président de l’association des médecins urgentistes de France, Patrick Pelloux, est claire : « Notre activité est constante avec une petite augmentation, mais, en gros, on y arrive », assure-t-il. Selon un récent décompte de la DGOS auprès de l’AFP, il y avait ainsi 7655 lits « armés » affirme LCI. Car selon ses estimations, sur les quelque 5090 patients malades du Covid-19 comptabilisés dans ces services de soins critiques, 3827 sont en services de réanimation selon Santé publique France au 1er avril. L’urgentiste avait indiqué au préalable 25 % avant de se raviser et de corriger en indiquant que seuls 50 % « sont en réanimation, avec intubation et respirateur ».

    Donc, la moitié d’entre eux ne serait donc pas sous oxygénation, mais « dans des unités de soins continus qui dépendent des réanimateurs. » (Crédits : Fauxels/Pexels)

    La saturation des lits de réanimation en France, souvent brandie comme un tocsin médiatique, mérite d’être nuancée, contextualisée et surtout replacée dans l’histoire longue des politiques de santé publique. Si les chiffres bruts peuvent impressionner, ils sont le reflet d’un système hospitalier profondément transformé depuis plusieurs décennies. Sans personnel formé, un lit n’est qu’un meuble. La crise sanitaire, en réalité, a joué le rôle d’un révélateur : révélateur d’un hôpital public contraint, d’un système de soins sous tension chronique, d’une politique de gestion comptable. Entre le fantasme de la saturation totale et la réalité, une chose est sûre : derrière chaque pourcentage, il y a des soignants, des patients, des choix politiques. Et peut-être, au bout du compte, une question simple : quelle place voulons-nous encore accorder au soin dans notre société ?