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  • Lara, Brenda et Morena sauvagement assassinées en Argentine

    Lara, Brenda et Morena sauvagement assassinées en Argentine

    Le monde en Argentine s’est arrêté ce samedi 27 septembre 2025. Lara Morena Gutierrez, 15 ans, et deux cousines âgées de 20 ans, Brenda del Castillo et Morena Verri, sont décédées dans d’atroces souffrances. Elles étaient censées se rendre à une fête qui se révélera être un piège mortel… Sur fond de trafic de drogue. Aucune limite n’appartient à cette société criminelle. Leur calvaire aurait été filmé et diffusé en direct dans un groupe privé de plus de 40 personnes. Depuis, douze individus sont interpellées, un mandat d’arrêt international à l’encontre du chef présumé « Pequeño J ».

    Amérique du Sud, Buenos Aires, le 19 septembre 2025. La nuit tombe sur la capitale argentine, mais pour Brenda Del Castillo (20 ans), Morena Verdi (20 ans) et Lara Gutiérrez (15 ans), la soirée s’annonçait festive. Elles quittent leurs foyers et montent dans un pick-up blanc au rond-point du quartier de « La Tabalada », vers 21 h 30. Elles viennent tout simplement de disparaître à jamais. Leurs téléphones cessent d’émettre. L’ultime bornage permettra à la police de localiser leur dernière position.

    L’Argentine s’indigne face au triple féminicide

    Leurs corps sont retrouvés cinq jours plus tard dans une maison à Florencio Varela, à moins de trente kilomètres au sud de Buenos Aires. Lara, Brenda et Morena ont été torturées, mutilées, tuées et enterrées dans le jardin. « Il y a eu préméditation […] », a déclaré mercredi le ministre de la Sécurité de la province de Buenos Aires, Javier Alonso. C’est à 21 h 29 que les trois jeunes femmes sont montées volontairement dans un pick-up Chevrolet Tracker de couleur blanche. Elles attendaient à l’intersection des avenues Monseñor Bufano et Crovara près de la station-service, dans la localité de La Tablada, située au nord-est du district de La Matanza, dans la province de Buenos Aires.

    La Direction départementale des enquêtes (DDI) de La Matanza a suivi le trajet du véhicule volé grâce à la vidéosurveillance. Le chauffeur se stoppe devant une maison, placée dans les rues Chañar et Jachal, à Varela. Plusieurs perquisitions ont été menées peu avant 8 heures ce mercredi 24 septembre, conduisant à de nombreuses arrestations.

    Deux corps ont été retrouvés enterrés, le troisième une heure après. Après avoir été transportés à la morgue, les proches ont reconnu les victimes. Les autopsies révèlent l’horreur : coups, brûlures, mutilations, démembrements. (Crédits : Google Maps)

    À Lara, on a coupé les cinq doigts d’une main et une partie de l’oreille avant de la décapiter. Morena et Brenda ont subi des tortures similaires. Le crime aurait été commandité par Tony Janzen Valverde Victoriano, alias « Pequeño J », trafiquant péruvien de 20 ans, et son bras droit, Matías Agustín Ozorio, également péruvien. Le procureur Gastón Duplaá de l’UFI décentralisée nᵒ 2 de La Matanza est chargé de l’enquête. « Les trois jeunes femmes assassinées, selon la plainte de leurs familles, étaient exploitées sexuellement dans cette région », relate Pagina 12.

    Des peines de prison jusqu’à perpétuité

    Au stade de l’enquête, douze individus sont en détention préventive pour ce triple assassinat. Quatre personnes en lien avec le lieu du crime. Il s’agit de Miguel Villanueva Silva, Péruvien, et d’Andrés Maximiliano Parra, Celeste González Guerrero et Daniela Iara Ibarra, tous trois Argentins. Ils sont inculpés d’« homicide qualifié pour avoir été commis avec la participation préméditée de deux ou plusieurs personnes, pour avoir été commis par traîtrise et acharnement et pour avoir été commis par un homme contre une femme par violence de genre ». L’un d’eux a évoqué le vol de 5 kg de cocaïne comme origine des crimes.

    Les huit autres détenus ont été arrêtés dans un bidonville de Buenos Aires, accusés d’appartenir à l’organisation criminelle qui perpétra ces assassinats. Magalí Celeste González Guerrero (28 ans), Andrés Maximiliano Parra (18 ans), Iara Daniela Ibarra (19 ans) et Miguel Angel Villanueva Silva (27 ans) sont d’ores et déjà transférés à la prison de Melchor Romero. Magalí Celeste González Guerrero a décidé de coopérer avec la justice. Ces informations cruciales ont permis de faire la lumière sur le déroulement du crime et les identités des agresseurs.

    Lázaro Víctor Sotacuro, cinquième suspect pour le triple féminicide, a été capturé dans un foyer à Villazin (Bolivie), à 600 mètres de la frontière avec l’Argentine. La police recherche le présumé commanditaire, un narcotrafiquant péruvien Tony Janzen Valverde Victoriano, alias « Pequeño J », contre lequel pèse un mandat d’arrêt international, ainsi que deux tueurs à gages. (Crédits : Ron Lach/Pexels)

    Ce triple assassinat est officiellement qualifié de féminicide. Villanueva Silva et Ibarra, s’ils sont reconnus coupables par un tribunal, encourent la réclusion à perpétuité, soit 50 ans de prison au maximum selon le code pénal modifié en 1994. Les deux autres personnes arrêtées, Andrés Maximiliano Parra, 18 ans, et Magalí Celeste González Guerrero, 28 ans, qui nettoyaient la scène de crime, ont été accusées de recel aggravé. Tous ont été déférés à la demande du procureur Dupláa, avalisée par le juge d’instruction de l’affaire.

    Manifestations spontanées dans l’ensemble du pays

    Des manifestations spontanées ont éclaté à Plaza de Mayo et devant le Congrès. Des centaines de citoyens dénoncent ainsi l’inaction des autorités face au problème colossal du trafic de drogue en Argentine. Les slogans scandés à l’unisson « Justice », des bougies allumées sur les trottoirs et des pleurs étouffés à la hauteur de la douleur collective. « L’Argentine n’est pas habituée à des crimes perpétrés avec autant d’acharnement », affirme El País América.

    « Il n’y a pas de précédent pour la sauvagerie, et encore moins pour la brutalité avec laquelle ces trois jeunes femmes ont été assassinées », qualifie l’avocat de la famille de Brenda, Fernando Burlando. Le gouverneur Axel Kicillof a pris la parole, appelant à une réponse coordonnée face au narcotrafic et exhortant le président Milei à prendre ses responsabilités.

    « Je demande au président qu’il convoque urgemment les gouverneurs pour une table de travail nationale, parce que la question du narcotrafic est internationale, mais elle affecte tout le territoire de l’Argentine », a exigé Axel Kiciloff. Le message est clair : le pays ne peut plus ignorer l’ampleur du fléau. Cependant, la Casa Rosada est restée silencieuse, alimentant le sentiment d’impuissance face à une menace qui dépasse les capacités des autorités locales. (Crédits : Anita Pouchard Serra/El País)

    Les enquêtes préliminaires orientent les soupçons vers des réseaux de narcotrafic actifs dans plusieurs provinces. Les experts et autorités judiciaires indiquent que ce triple meurtre pourrait être lié à des luttes internes entre cartels. Mais également à une stratégie d’intimidation des populations et des témoins. Le modus operandi correspond aux méthodes observées dans d’autres affaires de criminalité organisée transnationale. « Les quartiers les plus humbles d’aujourd’hui sont gérés par le trafic de drogue avec la complicité de la police, c’est comme ça », témoigne Vanina, au quotidien El País.

    Une onde de choc

    L’Argentine se réveille groggy de ce déchaînement de violence. Ces féminicides, loin d’être de simples drames isolés, révèlent le mécanisme pervers d’une société où les réseaux de drogue exploitent la vulnérabilité des quartiers populaires. Lieux où les femmes deviennent les premières victimes collatérales, car le corps des femmes devient une monnaie d’échange. Les tueurs liés à des bandes criminelles, transforment la mort en message, la peur en stratégie de contrôle.

    Ces narcotrafiquants utilisent la violence « pour envoyer un message à la communauté de voisins où ils s’installent ou aux autres groupes avec lesquels ils peuvent avoir une rivalité ; ou pour inspirer la peur ou s’amuser un moment », explique Esteban Rodríguez Alzueta, chercheur à l’université nationale de Quilmes, « Aujourd’hui, ce sont mes deux petites-filles qu’ils ont tuées. Cette fois-ci, ils ont pris trois vies, mais demain, ils vont en prendre quatre, puis cinq. Ça ne peut pas continuer comme ça », a déclaré au quotidien Perfil le grand-père de Morena et Brenda.

    Ce féminicide n’est malheureusement pas un fait divers isolé. Cette violence s’inscrit dans une dynamique régionale où le narcotrafic mexicain, paraguayen et brésilien étend son influence. L’Argentine devient un point stratégique pour le trafic de drogue. (Crédits : Anita Pouchard Serra/El País)

    Les cartels utilisent des zones comme Florencio Varela pour écouler leur marchandise, blanchir de l’argent et exercer leur pouvoir. Ils profitent et exploitent la vulnérabilité des quartiers populaires pour asseoir leur domination. La dimension géopolitique de ce triple féminicide apparaît dès lors que l’on considère le rôle des réseaux de narcotrafic dans la région. L’Argentine, comme toute l’Amérique du Sud, telle la Colombie se retrouve exposée à une criminalité capable d’influencer les décisions politiques et économiques. Les cartels utilisent la terreur ciblée pour intimider les populations et fragiliser les administrations locales, compliquant la gouvernance et la mise en œuvre des politiques publiques.

    Arrestations de Matías Ozorio et « Pequeño J »

    Le présumé commanditaire et son bras droit sont désormais sous les verrous. Les deux criminels avaient pris la fuite au Pérou. La police de Buenos Aires a confirmé mardi 30 septembre — en collaboration avec la direction antidrogue de la police nationale péruvienne — avoir arrêté au sud de Lima « Pequeño J », le présumé commanditaire du triple féminicide narco à Florencio Varela. La fuite de Tony Janzen Valverde Victoriano s’est interrompue sur l’autoroute Panamericana à 70 kilomètres de Lima, caché dans un camion.

    Avec Matías Agustín Ozorio, il devait se rejoindre à 22 heures, sur la place Parque Lima dans le district de Los Olivos. Aucun des deux n’est arrivé au point de rencontre. Le dernier post des cousines était une image à l’intérieur du véhicule. Deux porte-clés, l’un de « Baby Yoda » et l’autre de « Luigi ». Ces porte-clés contenaient des bâtonnets avec lesquels les filles consommeraient de la drogue nommé Tusi.

    « Ils veulent stigmatiser les victimes en disant qu’elles voulaient de l’argent facile ou qu’elles étaient des prostituées, comme si c’était pour cela qu’il était juste de les tuer, sans même savoir comment est la vie dans nos quartiers, les rares options qui sont offertes aux filles pour vivre, pour survivre », ajoute Vanina. (Crédits : Infobae)

    Brenda, Morena et Lara ne sont pas seulement des victimes individuelles. Leur mort résonne comme un signal d’alarme pour tout un pays, voire un continent. Cela souligne la nécessité de renforcer les dispositifs de sécurité, d’éclairer la société sur les enjeux du narcotrafic et de coordonner les efforts internationaux. Entre émotion, indignation et réflexion stratégique, l’Argentine est confrontée à l’urgence. L’urgence de protéger ses citoyens et ses institutions contre des menaces de plus en plus complexes et globales.

  • Le site du ransomware 8Base saisi

    Le site du ransomware 8Base saisi

    Une opération judiciaire internationale conduit à la saisie du site vitrine du ransomware 8Base. Quatre personnes sont arrêtées à Phuket, en Thaïlande dans le cadre de l’opération « Phobos Aetor » le 10 février 2025. Cette opération policière vise les cybercriminels derrière le ransomware Phobos. Le quatuor est accusé d’avoir mené des cyberattaques envers plus d’un millier d’entités. Ils auraient ainsi extorqué plus de 16 millions de dollars en bitcoin. La même intervention se saisit du site vitrine du ransomware 8base sur le darkweb.

    La première capture de l’opération est le créateur et administrateur de Phobos. Il est extradé le 4 novembre 2024 de Corée du Sud vers les États-Unis. Le 18 novembre, le ministère de la Justice américain révèle son identité : Evgenii Ptitsyn, 42 ans de nationalité russe.

    Quatre arrestations à Phuket

    Le ransomware Phobos, par l’intermédiaire de ses filiales, a fait plus de 1 000 victimes. Elles sont des institutions publiques et privées aux États-Unis, comme partout dans le monde. L’extorsion à travers les rançons payées en cryptomonnaie est de plus de 16 millions de dollars.

    Arrestation, police, Thaïlande

    Le ransomware 8base connu depuis le printemps 2022 revendique 455 victimes. Les dernières connues sont l’établissement St Nicholas au Brésil, la commune belge Héron, mais aussi le cabinet Jean Louvel Saoudi et l’entreprise FIO, ces deux derniers sur l’hexagone.

    L’opération judiciaire internationale se saisit du site vitrine du rançongiciel 8Base. La brigade de lutte contre la cybercriminalité de la préfecture de Paris est l’une des forces à y avoir participé.

    L’arrestation et l’extradition du fondateur en novembre 2024 ont sans doute permis de découvrir des liens. Ces liens sont avec toute vraisemblance, à l’origine du démantèlement du ransomware et de l’arrestation des quatre personnes présumées. Leurs identités sont logiquement encore inconnues, car l’enquête se poursuit.

    (Crédits : DR)

    La police thaïlandaise a saisi plusieurs téléphones mobiles, ordinateurs portables et portefeuilles numériques, soit un total de quarante pièces à conviction. Les suspects sont accusés de complot en vue de commettre une infraction contre les États-Unis et de complot en vue de commettre une fraude électronique. Ces arrestations font suite à une demande de la part des autorités suisses et des États-Unis, impliquant des mandats d’Interpol pour les suspects européens qui étaient entrés en Thaïlande dans le cadre d’une organisation criminelle transnationale.

    Site vitrine du ransomware 8Base saisi

    L’opération internationale visant le gang du ransomware Phobos, conduit à l’arrestation de quatre personnes à Phuket, en Thaïlande : deux femmes, deux hommes. Un coup supplémentaire est porté avec la saisie des sites de 8Base sur le dark web. Les suspects sont accusés d’avoir mené des cyberattaques contre plus de 1 000 victimes dans le monde.

    Les personnes arrêtées sont Européennes. Ils auraient extorqué à leurs victimes 16 millions de dollars en bitcoins. L’opération de police, dont le nom de code est « Phobos Aetor », a donné lieu à des descentes coordonnées sur quatre sites (Mono Soi Palai, Supalai Palm Spring, Supalai Vista Phuket, and Phyll Phuket x Phuketique Phyll), où des pièces ont été saisies pour être analysées.

    Les paiements de rançon ont été blanchis sur des plateformes de mélange de cryptomonnaies, ce qui a rendu plus difficile pour les forces de l’ordre de retrouver leur portefeuille final, relate Bleeping Computer.

    En 2023, le ministère américain de la Santé et des Services sociaux a averti que les opérateurs de 8Base ciblaient des organisations du monde entier, sans limites.

    « Selon les attaques du groupe, 8Base cible principalement les PME basées aux États-Unis, au Brésil et au Royaume-Uni. Les autres pays touchés sont l’Australie, l’Allemagne, le Canada et la Chine, entre autres. Il est à noter qu’aucun pays de l’ex-Union soviétique ou de la CEI n’a été ciblé », explique le bulletin du HHS, en page 4. (Crédits : DR)

    Police, ransomware, 8Base

    Dans un message publié sur son site de fuite du dark web avant le démantèlement de cette semaine, 8base se décrivait comme des « pentesters honnêtes et simples », indique Techrunch. Mais avant de crier victoire, il faut raison garder. Car le retour d’expérience de l’opération sur le ransomware LockBit rappelle que de couper une tête sur une hydre, n’est pas concluant.

  • 8 295 infractions sexuelles sur mineurs signalées en Colombie en 8 mois

    8 295 infractions sexuelles sur mineurs signalées en Colombie en 8 mois

    Le bureau du procureur général de Colombie a tiré la sonnette d’alarme face aux crimes sexuels commis dans son pays contre les enfants et les adolescents. Selon l’organisme de contrôle, avec les rapports des statistiques criminelles de la police, entre janvier et août 2023, 8 295 crimes sexuels contre des mineurs ont été commis dans le pays : 4 605 contre des enfants et 3 690 contre des adolescents. 11 135 dossiers sont instruits sur la même période par le système de protection des enfants et des adolescents.

    Le 19 novembre 2023, dans le cadre de la « Journée mondiale pour la prévention des abus sexuels envers les enfants et les adolescents », l’autorité colombienne a réitéré ses avertissements. La création du système national d’alerte précoce doit permettre de disposer d’informations pour une réponse immédiate et efficace afin de prévenir les violences sexuelles et de protéger la population vulnérable.

    Sur les 11 135 dossiers sur les 8 premiers mois de 2023, 9 705 victimes sont féminines et 1 425 masculines. Les villes de Bogota, Valle del Cauca, Atlántico, Cundinamarca et Antioquia ont enregistré le plus grand nombre d’admissions.

    « La violence sexuelle à l’encontre des enfants et des adolescents est une violation de tous leurs droits fondamentaux », note le rapport. Les droits fondamentaux sont la vie, l’intégrité personnelle, la santé, la dignité, le développement, la protection intégrale et la liberté.

    (Crédits : marvelmozhko/Pixabay)

    « En ce sens, la violence sexuelle est l’une des principales causes de la maltraitance des enfants qui a un impact sur leur bien-être physique, émotionnel et social. Leur bien-être physique, émotionnel et social. » Par conséquent, les violences sexuelles impactent leur développement et leur dignité.

    Les conséquences désastreuses des violences sexuelles

    Le rapport est sans appel. En 2021, 10 669 enfants et adolescents ont été victimes d’abus sexuels. Plus de la moitié des abus sont effectués sur des mineurs de moins de 14 ans (50,7 %). La violence sexuelle à l’encontre des enfants et des adolescents implique non seulement la violation des droits fondamentaux, mais porte également atteinte à leur dignité.

    Mais les conséquences sont désastreuses. Le rapport indique qu’au niveau émotionnel et social, il existe un isolement, introspection, difficultés dans les interactions sociales et anxiété sociale. Mais aussi une faible participation aux activités communautaires.

    Sur le plan psychologique des troubles de l’humeur, de la personnalité, des comportements autodestructeurs (négligence des devoirs, comportements à risque, manque d’autoprotection), d’automutilation, pensées et comportements suicidaires, faible estime de soi…

    Quant au cognitif, hyperactivité, problèmes d’attention et de concentration, mauvais résultats scolaires.

    (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    Seize hommes et une femme recherchés en Colombie

    Ils sont dix-sept à être recherchés pour des accusations de pédophilies, avec des notices bleues d’Interpol. Seulement six d’entre eux ont été arrêtés par les forces de l’ordre. La menace est telle que le bureau du Procureur général a demandé à plusieurs reprises de prendre des mesures énergétiques face à cette violence dirigée vers les enfants et adolescents. Dans ledit rapport, 12 899 examens médicaux pour des infractions sexuelles présumées dans la petite enfance, l’enfance et l’adolescence sont mentionnés. Le meurtre de Michelle Danaya 15 ans aurait pu tomber dans l’oubli, sans la volonté du père. Car, en Colombie, « chaque jour, douze homicides sont perpétrés contre des enfants et des adolescents », martèle El País.

    Michelle avait quinze ans et durant « la noche de las velitas » du 7 décembre 2023 elle aurait été violée, tuée et démembrée par Harold Andréi Echeverry Orozco, un gardien de l’atelier du Car Center tout proche. Le suspect est en détention provisoire pour sa propre sécurité.

    Chaque année un total de 634 enfants sont victimes de meurtre. La directrice de Pandi, Ximena Norato, expliquait que la mort de Michelle Dayana est un féminicide. « Cette semaine, nous enterrons Michelle, mais cette même semaine, douze autres familles, en moyenne, enterrent leurs enfants », déclare-t-elle.

    Pandi est un organisme de communication qui travaille exclusivement sur les questions relatives aux droits de l’homme.

    (Crédits : Pezibear/Pixabay)

    Pour les faits criminels qui lui sont reprochés, le suspect risque 50 ans de prison selon l’avocate Sarah Campos. Un demi-siècle pour le crime de féminicide aggravé en concurrence d’une autre infraction. La décision devrait prendre en compte le fait que ce crime a été commis à l’encontre d’une mineure. Et dernier point, le fait que le casier judiciaire de l’ancien militaire fait mention d’une condamnation pour viol sur mineur pourrait être pris en compte dans toute décision finale.

    Les violences sexuelles à l’école

    L’école se doit d’être un sanctuaire où l’enfant ne doit subir aucune violence qu’elle soit verbale, psychologique ou sexuelle, en Colombie ou ailleurs sur Terre. Sauf que selon le rapport, il en est tout autre. Les chiffres sont éloquents sur une si courte période.

    Les chiffres du système d’alerte des violences sexuelles en milieu éducatif : 1 934 violences sexuelles dans les établissements d’enseignement, 105 sur les réseaux sociaux, 11 en sortie pédagogique soit 2 050 victimes. Les agresseurs présumés sont : aide (2), partenaire (1 688), coordinateur (2), enseignant (296), parent (1), conseiller (11), personnel d’encadrement (5), recteur (2), secrétaire (1), technicien (1), autre (16), non identifié (25).

    Sur l’ensemble des agresseurs 235 sont des femmes, 1 728 sont des hommes, 57 n’ont pas été identifiés par les victimes. L’équité des victimes est proche, mais les femmes (1 177) sont plus agressées que les hommes (873). 57 % des femmes contre 43 % des hommes sont victimes en milieu scolaire colombien.

    (Crédits : 2344799/Pixabay)

    Les victimes existent en école publique (1 585) comme privée (465). Sur les 2 050 personnes traumatisées par une telle agression, peu importe le crime, 101 sont dans la petite enfance de 3 à 5 ans, 791 ont entre 6 et 11 ans, pour les adolescents, plus grande partie des victimes (1 130) sont âgés de 12 à 17 ans. Des victimes adultes sont au nombre de 28.

  • Qakbot  : l’infrastructure du réseau anéantie à la suite d’une opération internationale

    Qakbot : l’infrastructure du réseau anéantie à la suite d’une opération internationale

    Le 26 août 2023, l’opération « Duck Hunt » était lancée. Son but anéantir l’infrastructure de Qakbot. Le programme malveillant Quakbot a infecté plus de 700 000 ordinateurs, facilité le déploiement de ransomwares. Il a causé plusieurs millions de dollars de dommages, près de 58 millions sous forme de rançons, qui ont été versés depuis 2007, explique Europol. Une coopération internationale de la France, l’Allemagne, la Lettonie, les Pays-Bas, la Roumanie, le Royaume-Uni et les États-Unis a mis fin à l’infrastructure du réseau.

    Actif depuis 2007, Qakbot, connu également sous QBot ou Pinkslipbot, a évolué s’adaptant aux contre-mesures, et ainsi utilisant différentes techniques pour infecter les utilisateurs et compromettre les systèmes. Par des conférences de presse ce mercredi 30 août 2023 en France comme aux États-Unis, les différentes autorités ont confirmé leur participation comme la chute de l’infrastructure. L’opération s’étant déroulée quatre jours plus tôt. C’est 8,6 millions de dollars en cryptomonnaie qui sont récupérés par cette opération.

    La victime reçoit un courriel avec une pièce jointe ou un lien hypertexte. Elle clique dessus. Elle est incitée à télécharger des fichiers malveillants en imitant un processus légitime. Enfin, exécution de logiciels malveillants tels que des ransomwares, vol de données, d’informations, de frappes au clavier et/ou des informations d’identification. (Crédits : Europol)

    Qakbot s’infiltre dans les ordinateurs des victimes par le biais de courriels de spam contenant des pièces jointes ou des liens hypertextes malveillants. Une fois installé, le logiciel malveillant permet des infections avec des charges utiles telles que des rançongiciels. Il peut aussi servir et devenir un élément d’un réseau d’ordinateurs compromis contrôlé simultanément par les cybercriminels, souvent à l’insu des victimes. Mais Qakbot se concentre principalement sur le vol de données financières et d’identifiants de connexion à partir de navigateurs web.

    Qakbot a été utilisé comme premier moyen d’infection par de nombreux groupes de ransomware prolifiques ces dernières années, notamment Conti, ProLock, Egregor, REvil, MegaCortex et Black Basta. D’autant qu’Anonfiles un des sites de stockages les plus utilisés par les pirates informatiques à mis fin à ses activités relate Zataz. (Crédits : FBI/YouTube)

    L’enquête suggère qu’entre octobre 2021 et avril 2023, les administrateurs ont reçu des honoraires correspondant à près de 54 millions d’euros de rançons payées par les victimes. L’examen légal de l’infrastructure saisie a révélé que le logiciel malveillant avait infecté plus de 700 000 ordinateurs dans le monde. Les services répressifs ont détecté des serveurs infectés par Qakbot dans près de 30 pays d’Europe, d’Amérique du Sud et du Nord, d’Asie et d’Afrique, ce qui a permis au logiciel malveillant d’agir à l’échelle mondiale. Selon le procureur fédéral Martin Estrada, 200 000 systèmes auraient été infectés aux États-Unis sur les 700 000 à travers le monde, dont 26 000 en France.

  • L’hôpital Clínic de Barcelona victime du ransomware Ransom House

    L’hôpital Clínic de Barcelona victime du ransomware Ransom House

    Depuis le dimanche 5 mars 2023, l’hôpital Clínic de Barcelone est confronté à une attaque cybernétique. Ce qui a obligé établissement a annuler entre 2 000 et 3 000 consultations de spécialistes lundi 6 mars. Ils ont été contraints de reporter 150 opếrations non urgentes. Selon ZDNet, les opérateurs réclament la somme de 4, 25 millions d’euros. Le rétablissement des systèmes d’information se fait au goutte à goutte. Selon la direction de l’hôpital, 15 % seraient à nouveau en ligne.

    Le principal centre médical catalan avec le Valle de Hebron, a maintenu son activité au service des urgences, selon son directeur médical, Antoni Castells. Les 800 patients hospitalisés ont reçu des soins normaux. En ce qui concerne les accidents vasculaires cérébraux et les crises cardiaques survenus dans la journée, ils étaient dirigés vers d’autres hôpitaux. Dès le premier jour, les services d’urgence ont été maintenus aux trois niveaux, y compris la prise en charge des victimes d’agressions sexuelles.

    Grâce au travail coordonné du département des systèmes de l’hôpital, des Mossos d’Esquadra et de l’Agence catalane de cybersécurité, « […] nous avons réussi à remettre en ligne 15 % des systèmes de l’hôpital. Les systèmes de contingence ont permis de récupérer 90 % de l’activité chirurgicale complexe, 40 % de la chirurgie ambulatoire, 70 % des consultations externes et les codes d’accidents vasculaires cérébraux et d’infarctus », expliquait l’établissement de soins. L’enquête est en cours pour déterminer si des documents confidentiels sur les traitements en oncologie et les maladies auto-immunes ont été volés. Les Mossos D’esquadra ont fait appel à Interpol.

    Le premier constat indique que plus de 4 000 examens ambulatoires, 300 interventions chirurgicales et à minima 11 000 visites ambulatoires n’ont pas été effectués. Les patients en radiothérapie oncologique ont été dirigés vers les hôpitaux Santo Pablo et Vall de Hebron. « Cette cyberattaque a coupé l’hôpital du monde extérieur et de nos patients. Il n’y a aucun doute sur l’engagement des professionnels de l’hôpital, qui ont fait un grand effort pour récupérer l’activité en travaillant avec des difficultés et de manière très manuelle », a déclaré le Dr Antoni Castells.

  • Il y a cent ans… un trafic d’êtres humains démantelé

    Il y a cent ans… un trafic d’êtres humains démantelé

    Le 11 juin 1922, un père retrouvait sa fille de 15 ans disparue quelque temps auparavant. C’est en novembre 1921 que l’affaire démarrait. Dans cette partie du XIXe siècle, le travail commençait bien plus tôt qu’aujourd’hui. Si tôt le certificat d’études en poche, la plupart des diplômés cherchaient un travail pour subvenir aux besoins de la famille, avant de pouvoir voler de leurs propres ailes. La naïveté et crédulité qui caractérise les adolescents, quel que soit le siècle fait partie de la vie, l’expérience ne s’acquiert qu’en multipliant ces dernières.

    Parfois, elles sont douloureuses, mais dans le cas de Lucie Rosy, 15 ans, elle se termine bien fort heureusement. Mécontente de sa situation chez un commerçant lyonnais, elle fit connaissance d’un certain Gilbert Cepede, de onze ans son aîné. Il lui présenta une femme du nom de Parisse, qui lui proposa de manière alléchante une place de femme de chambre, à Barcelone. L’imprudente — qualifiât le journaliste — acceptait et se retrouvait bon gré, mal gré dans une pension « Borde » au 16 de la rue Barbona, au sein de la capitale catalane.

    « Elles ont sans doute été vendues à des proxénètes, eux-mêmes originaires de l’ex-URSS, pour une somme de plusieurs milliers de dollars chacune. Elles étaient destinées, comme les autres esclaves sexuelles, à renouveler le stock de filles d’un bordel ou d’un réseau de call-girls ». (Crédits : Anemone123/Pixabay)

    Sauf que cet endroit était une plaque tournante de la traite des blanches. Elle y fut vendue pour 1 600 pesetas, avec une compagne d’infortune, à un trafiquant sur le point de s’envoler vers les Amériques. La police ibérique veillait au grain : trafiquants et intermédiaires furent tous arrêtés. Tous à l’exception de la femme Parisse, qui agrippa et emmena avec elle l’adolescente. Elle voulut continuer son négoce, mais la proie se détacha de l’étroite surveillance, et se réfugiait dans un couvent de religieuse. C’est à cet endroit que le père put récupérer son enfant. Arrivée à Lyon, le juge d’instruction Regimbeau eut à entendre la jeune fille qui lui racontait toute l’histoire. Cepede fut arrêté, pendant que la police espagnole appréhendait Parisse et un de ses complices, Arthur Bréda, qui n’était pas étranger au meurtre d’un policier à Paris, quelques années auparavant.

  • Pédophilie: 146 enfants protégés

    Pédophilie: 146 enfants protégés

    Europol a conclu, le 2 mars 2022 une vaste opération internationale contre la possession et la distribution de matériel pédophile en ligne, qui a été menée en parallèle dans 13 pays. Le processus lancé en octobre 2019 après qu’un fournisseur a appris qu’une plate-forme était utilisée pour partager en ligne des images d’abus sexuels sur des enfants a permis de détecter plus de 90 000 comptes en ligne et d’identifier plus de 100 suspects dans différents États de l’Union européenne. L’opération « Heketara » assure en outre, la protection de 146 enfants dans le monde.

    Europol a soutenu une enquête internationale portant sur des dizaines de milliers de comptes possédant, et partageant du matériel pédopornographique en ligne. L’opération, dirigée le département des affaires intérieures (Te Tari Taiwhenua en Maori), situé à Wellington en Nouvelle-Zélande a jusqu’à présent « impliqué les autorités répressives d’Australie, d’Autriche, du Canada, de Croatie, d’Espagne, de Grèce, de Hongrie, de Slovénie, de la République tchèque, du Royaume-Uni et des États-Unis ».

    Tout commençait après qu’un fournisseur de services en ligne tombait sur des visions insoutenables. Un grand nombre de délinquants utilisaient ladite plateforme en Cloud pour échanger des images d’abus d’enfants particulièrement dérangeantes. Notamment des images abominables montrant des actes sadiques d’abus sexuels sur des nourrissons et des enfants. « L’examen des informations a conduit à la découverte de 32 Go de fichiers, ce qui équivaut approximativement à 90 minutes de données de flux vidéo », appuie l’agence européenne. À ce jour, l’enquête internationale a conduit à l’ouverture de 836 dossiers au niveau international, à l’arrestation de 46 personnes en Nouvelle-Zélande, à l’identification de plus de 100 suspects dans l’Union Européenne et à la protection de 136 enfants dans le monde.

    Lorsque les agents néo-zélandais ont eu connaissance des faits, ils ont commencé leurs investigations et ont recoupé les renseignements. Ils ont immédiatement détecté que l’un des prévenus avait téléchargé une vidéo particulièrement dure dans laquelle ils torturaient un bébé de quelques mois seulement. (Crédits : capture d’écran/Policía Nacional/Europol)

    Dans deux des cas, en Autriche et en Hongrie, les suspects étaient des délinquants qui abusaient de leurs propres enfants, de six et huit ans. En Autriche, la distribution de pédopornographie est passible d’une peine de prison jusques et y compris dix ans, et l’acquisition comme la possession d’une condamnation de deux ans maximum. « Chaque production de pédopornographie est précédée par l’abus sexuel d’un enfant. Celui-ci est menacé d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 15 ans », expliquait l’Office fédéral de la police criminelle autrichien.

    Trois arrestations en Espagne

    La police nationale espagnole a arrêté trois personnes, deux à Madrid et une à Tenerife. L’une des personnes arrêtées à Madrid, hors mis la possession de matériel pédopornographique conséquent, possédait des enregistrements vidéos de femmes dans des poses sexuelles, sans leur consentement. Il les aurait transmises à des tiers. Un autre des personnes interpellé a remis un téléphone portable cassé, comptant sur la crédulité des forces de l’ordre. Le second individu arrêté à Madrid avait déjà un casier pour des actes similaires en 2015 et 2016. Il avait été signalé pour avoir utilisé une application de messagerie instantanée pour diffuser de la pédopornographie.

    Les services de Police de différents pays et continents ont participé à la réussite de cette opération d’envergure internationale. (Crédits : capture d’écran/Policía Nacional/Europol)

    Le troisième essayait de détruite le terminal téléphonique, alors que les policiers entraient chez lui. De plus, l’individu dont le domicile a fait l’objet d’une perquisition a été mis en détention préventive. Les agents ont découvert des enregistrements d’inconnus dans la rue, ainsi que de voisins dans l’immeuble d’en face, sans leur consentement. Ils ont également trouvé des images dénudées d’une femme qui s’est avérée être son ex-partenaire, laquelle a déclaré par la suite qu’elle n’avait jamais su qu’elle avait été enregistrée. Un grand nombre d’enquêtes sont toujours en cours dans l’Union Européenne.

  • Ransomware : deux arrestations en Ukraine

    Ransomware : deux arrestations en Ukraine

    C’est le 28 septembre 2021 que les deux arrestations ont eu lieu après une enquête minutieuse. Une frappe coordonnée entre la Gendarmerie nationale française, la Police nationale ukrainienne (Національна поліція України) et le Bureau fédéral d’investigation (FBI) des États-Unis, avec la coordination d’Europol et d’Interpol, a permis l’interpellation en Ukraine de deux opérateurs prolifiques de ransomware connus pour leurs demandes de rançon extorquées, entre 5 et 70 millions d’euros.

    Le groupe criminel organisé est soupçonné d’avoir commis une série d’attaques ciblées contre de très grandes compagnies industrielles en Europe, ainsi qu’en Amérique du Nord à partir d’avril 2020. Les criminels présumés déployaient des logiciels malveillants et dérobaient les données sensibles de ces entreprises, avant de crypter leurs fichiers. Ils procédaient ensuite à l’offre d’une clé de déchiffrement en échange d’une rançon de plusieurs millions d’euros, imminant de faire fuir les informations volées sur le dark web si leurs exigences n’étaient pas satisfaites.

    La perquisition a permis l’arrestation de deux personnes, et la confiscation de divers biens. Cette opération a été menée dans le cadre de la Plate-forme multidisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT). (Crédits : Police ukrainienne)

    Lors de cette journée :

    • deux arrestations et sept perquisitions
    • une saisie de 375 000 dollars américains en espèces
    • deux véhicules de luxe d’une valeur de 217 000 euros
    • le gel des avoirs de 1,3 million de dollars en crypto-monnaies

    Au total, une centaine d’entreprises auraient subi les attaques par code malveillant de type ransomware. C’est dans le cadre de l’opération spéciale internationale, « le département de la cyberpolice, en collaboration avec les enquêteurs du siège de Kiev, les représentants du parquet de la ville de Kiev, avec la participation de collègues d’Interpol et d’Europe, les agents des forces de l’ordre de la République française et des États-Unis, ont identifié un pirate informatique de 25 ans dans la propagation du virus de cryptage », indiquent les services de Police ukrainienne.

    Les autorités jointes à cette opération sont le département de la cyberpolice de la police nationale d’Ukraine, le Centre National de la Cybercriminalité de la Gendarmerie Nationale (C3N), le bureau d’Atlanta du FBI, pour Europol, le Centre européen de la cybercriminalité (EC3), puis Interpol et son Centre de fusion cybernétique. (Crédits : Police ukrainienne)

    Parmi les victimes figurent des entreprises mondiales du secteur de l’énergie, du tourisme ainsi que des développeurs de technologies. Le coût des sommes que les sociétés auraient payé s’élève à 150 millions de dollars. Lors des perquisitions du matériel informatique, des téléphones portables, des véhicules et plus de 360 000 dollars en espèces ont été saisis. En outre, 1,3 million de dollars sont bloqués sur les cryptomonnaies de l’escroc présumé.

    La somme trouvée dans une boîte à chaussure, sous des documents, cachée par un tissu est impressionnante, 375 000 dollars, soit 322 500 euros. (Crédits : Police ukrainienne)

    Une procédure pénale a été ouverte en vertu de l’article 361, paragraphe 2, pour non-dénonciation de crime, l’article 361, partie 2 pour intrusion non autorisée dans les opérations des ordinateurs, des systèmes automatisés, des réseaux informatiques et des communications électroniques, et l’article 209, partie 3, qui concerne le retrait des biens obtenus par des moyens criminels du Code pénal de l’Ukraine. Les prévenus risquent jusqu’à vingt ans d’emprisonnement et la confiscation des biens.

  • Connaissez-vous Masha Babko ?

    Connaissez-vous Masha Babko ?

    Cette jeune femme évoque-t-elle quelque chose pour vous ? Rien ! Tant mieux, alors gardez en mémoire l’image de sérénité, de douceur et de paix que dégage son visage ! Elle possède une visibilité sur l’internet qui dépasse l’entendement. Quant à l’origine de sa notoriété, elle s’en passerait volontiers. Elle a été victime d’un pédophile, Sergei Kropochkin, à l’âge de dix ans… quelques années plus tard, des photos et des vidéos d’elle ont été diffusées sur la toile. Qu’est-ce que la pédophilie ? Quelle est la conduite à tenir ? Que faire ?

    Pour comprendre ce fléau, qui connaît ni limite, ni frontière, qui va du diplomate au manutentionnaire, il faut s’attarder sur ce qu’à vécue cette jeune femme, son histoire, qui peut-être celle de n’importe quel gamine ou gamin, et de la sournoiserie que les prédateurs usent pour abuser sexuellement des enfants.

    Le cauchemar commence pour ses dix ans

    Pour cela, situons les lieux, et circonstances. Masha est née en l’an 2000, à Novossibirsk. Cette ville de Russie en Sibérie occidentale est localisée à 1 435 km à l’ouest-nord-ouest d’Irkoutsk et à 2 812 km (3 356 km par la route) à l’est-nord-est de Moscou. Avec une population de 2 093 266 habitants en 2019, Novossibirsk est la sixième commune de Russie et la principale métropole russe à l’est de l’Oural ainsi que la capitale du district fédéral sibérien.

    Le salaire moyen est de 345,71 € (29 826 RUB), une robe d’été à 39,06 € représente 3399 RUB, soit environ un neuvième de l’émolument médian. La paye d’un médecin dépasse tout juste les 1900 euros, quand, en France il est de 10 684 € (près de six fois plus). Le « minimum vital », seuil au-dessous duquel une personne est considérée comme vivant en situation de pauvreté, est passé de 10 038 roubles (142 euros) par mois à 10 753 roubles (152 euros) sans augmentation équivalente de l’inflation, écrit Le Monde en août 2019.

    Ainsi, plus d’un dixième de la population russe survivait en 2017 sous le seuil de pauvreté indiqué par le pays. En 2010, « le taux de pauvreté national était de 12,5 %.»Le cauchemar commence pour ses dix ans.

    (Crédits : A.Savin/Wikipedia)

    « J’étais amie avec une fille qui avait 12 ans, Violette. Un jour, elle m’a demandé de prendre une photo pour un magazine. Elle a stipulé que je devais cacher tout ça à mes parents. […] Nous sommes allés rencontrer le photographe Sergey Kropochkin, la première séance photo s’est déroulée avec des vêtements. Mais même à l’époque, je pensais que c’était mal et que ça finirait probablement mal », précise Masha Babko. Tout se déroulait dans l’appartement loué par le photographe professionnel. « Il était poli, gentil, comment puis-je expliquer ? Juste un homme ordinaire et sympathique. Il m’a donné 500 ou 1 000 roubles pour ce tournage. » Le piège venait de se refermer. Selon le site Pikabu, en 2011, « le pédophile de Novossibirsk a été attrapé et jugé, il pourrait rivaliser avec Chikatilo dans la masse de ses atrocités. Seule sa ligne de travail est différente ».

    Selon les enquêteurs, Sergei Kropochkin, 53 ans, habitant de Novossibirsk, a été reconnu coupable d’attentat à la pudeur sur une personne de moins de 14 ans (à 40 reprises), d’attentat à la pudeur sur deux personnes ou plus (à 35 reprises), d’agression sexuelle sur un mineur (trois fois)…

    Celui qui était surnommé « Oncle Seryozha » attirait des filles « défavorisées » dans son studio, leur promettant de faire d’elles des modèles, ce, après la période faste des top models, telles Claudia, Naomi, Carla, Linda, elle… mais, en réalité, il les photographiait et tournait des vidéos à caractères pédopornographiques, auxquelles il participait régulièrement et activement.

    (Crédits : Vadim Alekseyev)

    La dénomination du site, comme de son atelier photographique, était connue sous les « Souris de Sibérie, ou Siberian Mouse ». Le pédophile a, en quinze années, fait de multiples victimes. À la suite à deux années d’enquête criminelle, les victimes ont été quantifiées à 211, mais les survivantes suggèrent, elles-mêmes, qu’il y en a eu beaucoup plus, avançant un nombre bien plus grand : un demi-millier. « Lorsqu’il s’agit d’enfants, ce n’est pas du porno. Ce sont des abus pédosexuels », martèle Interpol.

    Le 19 février 2014, Sergei Kropochkin, 58 ans, par un tribunal de Novossibirsk, a été reconnu coupable de 145 chefs d’accusation sur 211. Tous des crimes violents à caractère sexuel contre de jeunes filles mineures, de moins de quinze ans. Il se mettait en scène avec des enfants, son modèle préféré était Masha Babko.

    « J’ai obtenu 10 000 roubles pour un tournage », expliquait-elle innocemment. La période la plus difficile pour Masha a été, de ces 12 à 16 ans. À l’époque, elle a été victime de brimades de la part de ses pairs, car l’histoire du pédophile était sur toutes les lèvres. La jeune fille a dû changer cinq fois d’école, elle a effectué plusieurs tentatives de suicide.

    (Crédits : Katrin Bolovtsova/Pexels)

    « La trace de cette histoire persiste jusqu’à ce jour, et je ne sais pas quoi faire à ce sujet. Il doit disparaître d’une manière ou d’une autre. Bien que, je réalise que cela me hantera toute ma vie. J’ai fait la paix avec ça. […] Je n’ai rien vécu d’aussi surnaturel, beaucoup de gens se font violer et subissent des choses pires. Et ce qui m’est arrivé m’est arrivé parce que j’étais une enfant naïve », a déclaré la jeune femme. Le tribunal a reconnu coupable Sergei Kropochkin, l’expertise psychologique avait déclaré une maladie mentale de pédophilie hétérosexuelle. Il a été condamné à 14 ans de colonie pénitentiaire à régime strict, à 21 mois de liberté restreinte et au recours à des mesures médicales obligatoires.

    Qu’est-ce que la pédophilie ?

    La pédophilie, du grec pais, enfant, et phileo, aimer est une paraphilie caractérisée par l’attirance sexuelle, ou des sentiments amoureux persistants d’un adulte ou d’un adolescent envers les enfants. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM5) la définit « par la présence de fantasmes et/ou de pulsions et/ou de comportements envers un enfant ou plusieurs enfants prépubères». Une personne ayant cette attirance est décrite comme étant « pédophile ». L’hébéphilie, quant à elle, renvoie aux mêmes attirances ressenties pour des enfants âgés de 12 à 14 ans. Dans la revue « Études », Cécile Sales écrit un chapitre intitulé « Pédophilie, sexualité et société » : « La pédophilie est considérée par l’Organisation mondiale de la santé comme un trouble de la préférence sexuelle ».

    Plainte auprès de la PolicePlainte auprès de la GendarmerieParis en 2012Paris en 2020Vienne en 2012Vienne en 2020Tendance 2012 VS 2020Total en 2020
    Atteintes sexuelles [mineur(e)s et majeur(e)s]8 7996 9342 26854667120– 75, 92 %
    + 179, 10 %
    15 733
    Harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles contre des mineur(e)s8 2849 3914133579188+ 817, 07 %
    +237, 97 %
    17 675
    Viols sur des mineur(e)s5 9547 11815924046147+ 150, 94 %
    + 319, 56 %
    13 070
    1 fille sur 5 et 1 garçon sur 13 subit ou aurait subi des violences sexuelles, ces actes sont alors très fréquents mais souvent tus. (Sources : data.gouv.fr)

    Les pédophiles sont difficiles à démasquer. Car leur comportement est souvent dissimulé sous une normalité banale et trompeuse. Lorsque le scandale éclate, il n’est pas rare que leurs connaissances, parfois même leur très proche famille, soient abasourdies. « Si, la majorité des pédophiles sont des hommes […] et que les statistiques mentionnent peu de femmes, les incestes mère-fils ou les conduites incestueuses sont loin d’être rares », évoque Cécile Sales. Cette pédophilie féminine, moins violente, donc moins voyante, reste tabou au sein de la société.

    Le 13 janvier 2017, Alexandria Vera, 24 ans, comme l’affaire américaine du même nom, est condamnée à dix années, pour avoir entretenu une relation avec un élève de 13 ans, dont elle était tombée enceinte. Les chiffres avancés par Le Figaro donnent une femme pour soixante hommes pédophiles.

    Alexandria Vera, enseignante d’anglais dans un collège de la région de Houston a d’abord été accusée d’abus sexuel continu sur un enfant, ce qui entraîne une peine maximale de prison à vie. Au final, elle a plaidé coupable à l’accusation de voies de fait, moins grave. Elle pourra bénéficier d’une libération conditionnelle en 2022.

    (Crédits : Bob Levey/AP/SIPA)

    Que dit la Loi ?

    La loi française a ordonné en 2021 des garde-fous sur cette question. Car quand certains revendiquaient même leurs conduites sexuelles et les justifiaient sous couvert du droit au plaisir des enfants, d’éducation et d’épanouissement sexuels, ce n’est désormais plus possible. L’affaire dite « Jacques Dugué », où le photographe âgé de 65 ans est arrêté pour pédophilie en 2000, ne peut plus être. Il écrivait dans une tribune de Libération : « Tous les garçons que j’ai connus m’ont aimé. Ils ont toujours aimé et voulu tout ce que nous avons fait ensemble… Ça ne leur fait aucun mal. »

    La libération de la Parole est venue en partie du livre de Camille Kouchner « La grande familia ».

    Dans son livre, sorti le 7 janvier 2021, l’auteure accuse son beau-père Olivier Duhamel d’avoir violé son frère jumeau quand ils étaient adolescents à la fin des années 1980. Après la déferlante de libération de paroles, trois ans plus tôt, avec le « #MeToo » naissait le « #MeTooInceste ».

    C’est dans cette délivrance de souffrance que le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire le 5 janvier 2021 pour « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans ».

    Suite à la Loi dite « Schiappa », la loi n° 2021-478 du 21 avril 2021 introduit un principe de « prescription glissante ». Le délai de prescription du viol sur un enfant peut désormais être prolongé si la même personne viole ou agresse sexuellement par la suite un autre enfant jusqu’à la date de prescription de cette nouvelle infraction.

    Tribunal, nimes, jugement

    Cinq mois après l’ouverture de l’enquête, « le parquet de Paris a procédé ce jour au classement sans suite de la procédure, en raison de la prescription de l’action publique », écrivait le procureur dans un communiqué.

    Augmenté d’une décennie, il passe de vingt à trente ans : « Le délai de prescription de 30 ans ne s’applique pas aux infractions prescrites avant le 6 août 2018 ».

    De plus, les juges n’ont plus à établir une violence, une contrainte, une menace ou une surprise pour constater et punir le viol ou l’agression sexuelle.

    (Crédits : Fokuza/Pixabay)

    La question du consentement de l’enfant ne se pose donc plus en dessous de l’âge de 15 ans et de 18 ans dans les affaires d’inceste. Les amours adolescentes ne sont pas visées. Une clause dite « Roméo et Juliette » a été introduite afin de préserver les relations sexuelles lorsque l’auteur et le mineur ont moins de cinq ans d’écart d’âge (par exemple relation entre un mineur de 13 ans et un jeune majeur de 18 ans).

    Quelle est la conduite à tenir ?

    L’abomination va de pair avec la cruauté des actes perpétrés par les pédophiles. En effet, pour assouvir leurs pulsions, ils se servent du corps de leur victime. La pratique du tourisme sexuel, ou l’« Exploitation sexuelle des enfants dans le cadre des voyages et du tourisme », selon la recommandation d’Interpol, est monnaie courante. Les délinquants sexuels utilisent les enfants dans des scénarios filmés, photographiés, vont jusqu’à pratiquer la torture, voire le meurtre, et certains participent même à des réseaux.

    Pour Claude Balier (1994), le viol incestueux est un « meurtre d’identité », c’est que l’appropriation du corps de l’enfant, le viol de l’intimité, l’intolérable intrusion, sont l’équivalent d’une tentative de meurtre, dans la mesure où ils impliquent l’annihilation de l’être, la négation de l’autre.

    Les affaires Dutroux, celle des disparues de l’Yonne (Émile Louis), celle du cd-rom de Zandvoort, celle de Michel Fourniret, le réseau de plus de 400 000 membres « Boys-Town », le magistrat déchu en France, quatre hommes condamnés lourdement en Allemagne, un Bambecquois de 21 ans condamné à douze mis de prison, des prêtres impliqués dans près d’un tiers des cas de pédocriminalité en Pologne. (Crédits : INTERPOL)

    Le chanteur R. Kelly lauréat d’un Grammy Award, est notamment accusé d’exploitation sexuelle d’enfants, de racket et de corruption. Il a été condamné à 30 ans de prison, car reconnu coupable de neuf chefs d’inculpation, le 29 juin 2022. Ou encore, l’enquête collaborative mondiale a permis de mettre la main sur un présumé abuseur sexuel d’enfant au Guatemala, révèle INTERPOL, le 6 août 2021… sont autant de preuves que cela existe et qu’il faut éduquer nos enfants à réagir face à ce danger. Apple met en place une technologie pour repérer les images à caractère sexuel impliquant des enfants.

    « Nous voulons aider à protéger les enfants contre les prédateurs qui utilisent des outils de communication pour les recruter et les exploiter, et limiter la diffusion de contenu pédopornographique », a expliqué le groupe sur son site.

    « Les enfants doivent apprendre qu’ils n’ont pas à subir de telles violences et que, si cela arrive, il est important d’en parler aussitôt à un adulte de confiance », explique la docteure Catherine Salinier. Il est alors essentiel de leur expliquer le terme de pédophilie et que sexualité et organes sexuels doivent rester cachés et intimes. Pour cela, il convient de dire qu’il ne faut ni les montrer ni les laisser toucher par quelqu’un qui n’y est pas autorisé ou dans une circonstance autre que les soins. Le « quelqu’un » sous-entend, le papa, la maman, le tonton, le grand-père, le frère, le voisin, les amis de la famille…

    (Crédits : Pixabay/Pexels)

    De telles recommandations peuvent être énoncées à l’occasion de la toilette du corps ou encore de la visite chez le docteur. Lorsqu’une personne est victime de viol, d’une atteinte, de harcèlement, ou de toute autre agression sexuelles, il faut le dénoncer, car la victime n’est, et ne sera jamais pas responsable de l’agression subie.

    Que faire dans une telle situation ?

    En cas d’urgence, et uniquement dans cette situation, il est possible d’alerter la police ou la gendarmerie par appel téléphonique (17 ou 112), ou par SMS (114), si vous êtes dans l’incapacité de parler, ou encore le 119. Si vous êtes victime ou témoin d’une agression dans les transports en commun (SNCF), vous pouvez contacter un agent 24 h/24, par téléphone au 3117 ou envoyez un SMS au 31177. Vous pouvez également télécharger l’application 3117. Il est important de vous rendre au poste de police ou à la gendarmerie le plus rapidement possible après l’agression pour permettre aux enquêteurs d’effectuer toutes constatations utiles. Il est important de préserver tous les indices (empreinte, traces ADN…) qui pourraient servir à identifier l’auteur des faits et à le faire condamner en justice. Conservez les vêtements portés au moment de l’agression et évitez de vous laver. Désormais, pour signaler une violence conjugale, sexuelle ou sexiste, un chat est mis en place. Chose plus qu’importante, il faut porter plainte !

    D’ailleurs, le mineur peut le faire lui-même. Ses parents ou ses représentants (tuteur, curateur…) peuvent également agir en son nom, lorsqu’ils ne sont pas mis en cause, bien sûr. Quant aux délais de prescription, la loi prévoit pour les infractions sexuelles sur mineur des délais de prescription allongés. « Je devais avoir 5 ans. Il s’est arrêté vers mes 12 ans, quand j’ai eu mes règles. Il m’a dit qu’il fallait qu’on arrête et que je ne devais pas lui en vouloir. Lui en vouloir de quoi ? De ne plus faire l’amour avec mon père ? Ou de m’avoir tué en me faisant l’amour ? » (Sources : Cahiers de psychologie clinique/Le silence et la révélation, Pascal Roman, Hie Baron)

    Cela afin que la victime mineure dispose d’un délai plus long que le délai ordinaire pour déposer plainte. Ainsi, une victime peut porter plainte jusqu’à 30 ans (depuis le 6 août 2018, sinon 20 ans) après sa majorité dans les cas les plus graves : Viol, proxénétisme sur mineur (c’est-à-dire le fait de profiter financièrement de la prostitution d’un mineur). Le dépôt peut se faire jusqu’à 20 ans après la majorité de la victime dans les cas d’agression sexuelle, d’atteinte sexuelle avec circonstance aggravante (agression par plusieurs auteurs, menace avec arme…). Enfin, le dépôt de plainte peut se faire jusqu’à dix ans après la majorité de la victime dans les autres cas d’infraction sexuelle, à savoir proposition sexuelle, corruption de mineur, comme le recours à la prostitution de mineur.

    Des outils existent :

  • Caméras de surveillance piratées par un pédophile présumé

    Caméras de surveillance piratées par un pédophile présumé

    C’est un pavé dans la mare qui va effrayer de nombreux parents tout autour du globe. Un homme, de citoyenneté britannique, a été appréhendé dans la ville de Benidorm, en Espagne, le 20 juin 2021. La police nationale a arrêté un pédophile présumé qui est accusé d’avoir eu accès illégalement aux caméras de surveillance domestique de plus de 70 familles dans différents pays, et d’avoir ainsi obtenu plus de 1 000 enregistrements d’enfants nus. Le détenu s’est proposé en baby-sitter à domicile et a travaillé comme professeur d’anglais privé.

    Imaginez que les dispositifs que vous venez d’aménager pour sécuriser votre résidence soient utilisés à mauvais escient, et à votre insu. Dans le film « Une souris verte» de Mathias Ledoux, un informaticien installait des webcams et les piratait. Cette œuvre cinématographique dans lequel joue Edward Furlong, est une fiction, l’information dans cet article est une réalité crue et nue.

    Plus de 1000 enregistrements vidéos

    Un professeur d’anglais arrêté pour avoir filmé des enfants en tenue d’Adam. Il aurait harcelé sexuellement au moins onze mineurs ayant accédé à des chats vidéo. Il les enregistrait dénudés et les menaçait parfois. L’homme était très actif sur les réseaux profonds du Net. Ainsi, il avait organisé un système de vente de matériel pédopornographique en échange de bitcoins, ou d’images d’abus capturés par leurs clients, rapporte la police espagnole dans un communiqué.

    Police, homme, logo

    Tout commence lorsque des agents de la « Task Force Argos », le département de la police de l’État du Queensland, en Australie, ont trouvé des images sexuelles, de ce qu’ils soupçonnaient être un enfant de la région du Pacifique. Ces spécialistes, dans la poursuite de ce type de crime, après analyse, déclaraient que les images avaient été modifiées et téléchargées depuis l’Espagne. Les forces de l’ordre ibérique ont été informées et ont coopéré avec les officiers australiens pour identifier et arrêter l’auteur.

    La « Task Force Argos » est une branche du service de police du Queensland, chargée d’enquêter sur l’exploitation et l’abus d’enfants en ligne. (Crédits : DR)

    Grâce à un travail d’analyse visant à retracer les déplacements de l’auteur et à l’étude de ses commentaires sur le dark web, les agents ont pu identifier l’homme qui a été mis en garde à vue. Il s’agissait d’un individu qui avait déjà été arrêté en tant que mineur pour des actes de même nature. À cette occasion, plus d’un millier de vidéos appartenant à 70 familles différentes d’État des deux côtés de l’atlantique ont été retrouvées. Dans des pays tels que le Brésil, les États-Unis, l’Espagne, le Royaume-Uni et le Canada. Dans presque tous les documents clandestins apparaissent des gamins, souvent nus. « Il existe également des indications selon lesquelles l’homme arrêté a enregistré au moins une fois les enfants à qui il donnait des cours particuliers, sans qu’ils en soient conscients, et a tenté d’obtenir des images de leurs sous-vêtements», a spécifié la police.

    Prostitution, cryptomonnaie et pédophilie

    Lors de la perquisition, des images d’abus sexuels, des preuves d’utilisation de cryptomonnaies et de transferts d’argent vers la Roumanie ont été trouvées, par l’intermédiaire de personnes impliquées dans la prostitution de mineurs.

    La police a également saisi une grande quantité de matériel informatique pour une analyse plus approfondie (huit disques durs, deux clés USB, deux téléphones mobiles et un ordinateur portable). Il a été ensuite découvert que l’homme aurait mis en place un réseau de trafic d’images pédopornographiques sur le dark web.

    Les personnes concernées se voyaient proposer du contenu en échange d’un paiement en bitcoins ou de représentations d’abus perpétrés sur des enfants par eux-mêmes. Il est encore accusé de recel en tant qu’intermédiaire entre producteurs et consommateurs, contre commission.

    Des échanges commerciaux ont été trouvés par les services de police, car, même virtuel, l’argent laisse des traces. (Crédits : MichaelWuensch/Pixabay)

    Monnaie, virtuel, bitcoin

    Il est également désigné comme harceleur présumé d’une des victimes dont il avait rendu publiques les nouvelles scènes en photographie. Les agents allèguent aussi qu’il a été engagé par un adulte, pour obtenir des images sexuelles d’une cible pour 80 dollars par cliché.

    Les caméras sont-elles vraiment sécurisées ?

    Les caméras de surveillance IP (Internet Protocol) sont un dispositif de vidéosurveillance relié à Internet, par Wifi (sans fil) ou par câble Ethernet (filaire). Les vidéos sont lues depuis un moniteur, comme un ordinateur de bureau ou portable, une tablette ou un mobile. Elle permet de voir en direct les données enregistrées. Ces dispositifs sont très courants pour guetter les activités des enfants lorsque les parents ne sont pas à la maison et peuvent être consultés via des applications mobiles. Le nombre de caméras de vidéosurveillance est en constante augmentation, tout comme la caractéristique du rendu visualisable. Par exemple, les entrées d’immeubles résidentiels à Moscou sont équipées de caméras IP qui fournissent une bonne qualité d’image, même dans le noir.

    Écran, enfant, internet

    Il n’est pas possible de duper durablement les systèmes de surveillance en utilisant des masques, des lunettes ou du maquillage spécial. Car les systèmes modernes analysent également votre façon de marcher, votre comportement et en outre votre humeur. « Si elles ne sont pas correctement configurées, ils sont très vulnérables », prévient la police espagnole.

    « La confiance n’exclut pas le contrôle. » Les utilisateurs, comme les fabricants, privilégient la facilité d’utilisation à la sécurité de l’appareil. C’est le motif pour laquelle les caméras de surveillance peuvent être aisément piratées en forçant leur accès. Pour palier, mettre à jour régulièrement son firmware et utiliser des mots de passe sécurisés — les changer souvent —. Les enfants, adolescents sont les plus grands utilisateurs des moyens d’information, comme la visio, les webcams, et les moins bien informés sur les dangers. (Crédits : Marc Thele/Pixabay)

    Éteindre les fonctionnalités inutilisées, activer l’accès « HTTPS », ajuster vos matériels pour isoler votre réseau interne de l’extérieur. Vous pouvez également vérifier vos différentes caméras IP, sur votre smartphone, votre tablette, votre ordinateur de bureau ou portable. Si vous croisez quelqu’un dans la rue avec un bout de sparadrap sur son smartphone, ou du papier collé avec du scotch sur le haut de son écran, ne vous moquez pas. Car sans sombrer dans la paranoïa, il sécurise sa vie privée, tout simplement, à condition de ne pas l’étaler sur les réseaux dits sociaux.