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  • Du poisson d’avril à la fricassée en chocolat

    Du poisson d’avril à la fricassée en chocolat

    Habituellement, les enfants dessinent un poisson sur un morceau de papier et le découpent. Puis, ils les accrochent avec du ruban adhésif dans le dos de leurs camarades, celui de leur professeur ou encore le votre. Quelle que soit l’âge de la personne auprès de laquelle vous évoquez ce souvenir, tous vous répondront avec un grand sourire, le sourire de l’enfant qui sommeille en chacun. Que savez-vous de cette coutume ? Connaissez-vous son origine ? Existe-t-elle seulement en France ?

    Le 1er avril arrive toujours avec son cortège de rires, farces et surprises. Le poisson d’avril, farce innocente, nous rappelle que l’humour à toujours sa place, même dans les affaires les plus sérieuses. Ainsi le plaisir des enfants, que cela soit à l’école, chez les grands-parents comme au domicile familial, d’accrocher un poisson dans le dos est intact.

    Quand le poisson d’avril nage dans nos agendas…

    Le poisson d’avril, ce rituel de farces et de sourires, puise ses racines en Europe, au XVIᵉ siècle. Du 7e siècle jusqu’en 1564, l’année commence autour du 25 mars. Une semaine où la tradition était de se faire des cadeaux pour célébrer le passage de l’année, le 1er avril. C’est ce qu’on appelle les étrennes, une tradition héritée des Romains. En l’an de grâce 1564, sous le règne du Roi Charles IX, l’envie de réforme du calendrier est prégnante. Ainsi, ils organisent, Charles IX et le pape Grégoire XV, un saut dans le temps, car le lendemain du 4 octobre 1582, c’est le 15. Mais, c’est le pape Grégoire XV qui a tout organisé. Il avait choisi cette date pour migrer du calendrier Julien au Grégorien, avec un décalage de dix jours.

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    Une date judicieusement choisie. En effet, le 25 mars est célébrée l’Annonciation. « L’Annonciation à la Vierge Marie est d’abord la fête de l’Incarnation puisque Dieu commence en Marie sa vie humaine qui conduira Jésus jusqu’à la Croix et la Résurrection, jusqu’à la Gloire de Dieu. Elle est célébrée par les catholiques le 25 mars. Lorsque le 25 mars tombe au moment de la Semaine sainte, elle est célébrée le lundi suivant l’Octave de Pâques », explique le site de l’Église catholique en France. Le fameux lundi de Pâques, qui tombe huit jours ensuite est le 1er avril.

    Or, sous Charles IX, en 1564 l’édit de Roussillon fixe uniformément le début de l’année sur le royaume du souverain, au premier jour du quatrième mois calendaire. Ledit édit de Roussillon fixa le premier jour de l’année au 1er janvier. Il fallu attendre 1622 pour que l’ensemble des chrétiens commence l’année le même jour, à travers le Pape Grégoire XV.

    Le poisson d’avril découlerait, semble-t-il, d’une volonté de moquer un individu. Comme lorsque, par exemple, l’on demande à un apprenti en brasserie, souvent âgé de quatorze ou quinze ans, d’aller chercher de l’huile de coude chez des commerçants avoisinants.

    La locution « poisson d’avril » est attestée au XVe siècle : sa plus ancienne occurrence connue se trouve dans le Doctrinal du temps présent et Danse aux aveugles de Pierre Michault, daté de 1466 ; elle y désigne un « entremetteur, intermédiaire, jeune garçon chargé de porter les lettres d’amour de son maître ». Puis, les décennies s’égrainent, la locution se transforme en tromperie. Ainsi, la signification serait d’« obliger quelqu’un à faire quelque démarche inutile pour avoir lieu de se moquer de lui ». (Crédits : Bibliothèque nationale de France)

    Ceux qui, par habitude ou par esprit de résistance, continuaient de célébrer la nouvelle année en avril étaient pris en dérision et moqués comme de naïfs « poissons d’avril ». Le choix du poisson n’est pas anodin : il évoque le Carême, cette période de jeûne où l’on consommait surtout du poisson. Très vite, les farces se multiplient et se popularisent : coller un poisson en papier dans le dos d’un ami ou inventer des histoires absurdes devient un jeu commun, des cours royales aux villages. À travers les siècles, cette tradition a traversé les frontières et les époques, se réinventant à l’ère numérique avec des blagues virales et des canulars médiatiques. Le poisson d’avril reste ainsi un symbole de légèreté et de malice, rappelant que même dans un monde sérieux, l’humour a toujours sa place et sait survivre aux changements de calendrier et aux modes.

    La création du Robilait

    Le 1er avril 1985, le journal de FR3 Poitiers, présenté par Marie-Agnès Cordier, lance un reportage sur un procédé révolutionnaire : le Robilait. Ouvrir son robinet, d’eau froide, entre 6 h 30 et 9 h pour voir couler… du lait. L’expérience conjointe entre le chef-lieu du département de la Vienne et la coopérative « Bonilait » distribuait le lait dans les quartiers de la ZUP.

    Les camions livrent le lait au château d’eau près de l’antenne régionale de France Télévisions, rue Fief des Hausses, avant le déménagement prévu cette année. Le directeur de la laiterie, Pierre-Jean Ribardiere et même le chef du rayon d’un supermarché, Philippe Bovani, jouaient le jeu. Vingt-quatre ans plus tard, ils remettent ça. Cette fois, les éoliennes ralentiraient la rotation de la Terre, preuves à l’appui, obligeant à passer de 35 h à 40 travaillées, et des journées de 25 h. Deux poissons d’avril passés à la postérité.

    Mais populairement, le poisson d’avril consiste à faire courir quelqu’un sous de faux prétextes le premier jour d’avril, affiche Le Littré, dans le 7e alinéa,« Poisson d’avril, maquereau ». (Crédits : Capture d’écran INA)

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    De fil en aiguille, nous arrivons au poisson le Maquereau, qui possède deux sens dans le langage courant. Le premier est celle d’un poisson de mer (scomber vulgaris, scomber scombrus) nommé auriol ou aurion sur les bords de la méditerranée. Le second est un terme qui ne se dit pas en bonne compagnie, mais également le fait de débaucher et de prostituer des femmes ou des filles. Ainsi découle le terme maquereau ou maquerelle, marquant la personne se livrant au proxénétisme, tenant une maison de prostitution. En France, Fernande Joséphine Grudet, dite Madame Claude (1923-2015) qui régna sur un réseau dans les années 1960-1970, était une maquerelle célèbre.

    L’origine des œufs de Pâques

    Ils prennent naissance au sein de la religion, une fois de plus, mêlées aux traditions païennes. Dans la religion juive, « Pessa’h », commémore l’exode des israélites retenus esclaves, hors d’Égypte, emmenés par Moïse. Lors de leur premier repas d’hommes libres, ils ont sacrifié un agneau, animal sacré en Égypte. Cette viande est depuis consommée par les Juifs à l’occasion de Pessa’h.

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    Lors de la dixième plaie d’Égypte, la mort passait au-dessus de ou par-dessus les maisons des Hébreux, étymologiquement. Pour les chrétiens, Pâques est la symbolique de la vie après la mort. Ce jour-là, ils célèbrent la résurrection du Christ, après sa crucifixion, le Vendredi saint. Pâques met aussi fin à la période de carême, qui dure quarante jours. On retrouve des similitudes avec Pessa’h, notamment l’agneau.

    On retrouve également Pâques dans les traditions païennes : c’est une période de renouveau, avec l’arrivée du printemps. Le renouveau est comme la sempiternelle question : « Qui est arrivé en premier l’œuf ou la poule ? » En soit peu importe, car qu’il soit en chocolat, en sucre, peint ou encore cuit : l’œuf est le symbole de la fête de Pâques. (Crédits : Pezibear/Pixabay)

    « Chez les Égyptiens, les Perses et les Romains notamment, l’œuf est un symbole de vie, que l’on s’offrait au printemps », souligne ça m’intéresse. Ainsi, s’inspirant du Nouveau Testament, la friture en chocolat, ces bonbons en forme de poisson, de crustacé et de coquillage, fait référence à deux épisodes précis de la Bible, des pêches miraculeuses. Les célébrations laissent libre cours à l’imagination. Souvent considéré comme la journée du fou, des innocents, les farces, les blagues… elle célèbre l’innocence. En Espagne, cette journée est le 28 décembre, « Dia de los santos inocentes », car les cadeaux de Noël sont distribués aux passages des Rois Mages, puis le premier avril pour l’Allemagne comme les Pays-Bas, c’est « Aprilscherz », le Brésil, la Suisse et la Suède fêtent « le jour des fous », au Québec elle se nomme « Courir le poisson d’avril », en Angleterre et aux États-Unis, le « April Fool’s Day », en Écosse « Cuckoo d’Avril »…

  • 533 millions de Facebookiens, et moi, et moi, et moi…

    533 millions de Facebookiens, et moi, et moi, et moi…

    Non, ce n’est pas un poisson d’avril qui s’extirpe d’un chapeau de magicien tardivement, la fuite est réelle. Les données de plus d’un demi-milliard d’utilisateurs du réseau social Facebook voient leurs données diffusées. Exfiltrées en 2019 par le biais d’une fonctionnalité non sécurisée, résolue depuis, elle circule depuis dans les méandres de l’Internet, pour apparaître samedi aux yeux de tous. 533 millions de profils du réseau social de Mark Zuckerberg ainsi exposés à la vue de tous.

    Lorsqu’un réseau social, a plus de deux milliards d’utilisateurs, est attaqué, des quantités énormes de données fuitent. Les cyberattaques ne donnent pas toutes des publications. Certaines passent sous le radar, pour n’apparaître que bien plus tard.

    Fuite massive de données

    Les cloches ont sonné en plein week-end pascal, c’est samedi 3 avril 2021, qu’Alon Gal tire la sonnette d’alarme, sur twitter. Les données de plus de 500 millions de personnes s’affichent sur un site, elles sont classées par pays en ordre alphabétique. De l’Afghanistan, l’Allemagne, du Bahrain, le Bostwana, la Bulgarie, le Burundi, le Canada, Chypre, la Croatie, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Espagne, les États-Unis, l’Éthiopie, la France, la Grèce, L’Islande, l’Inde, l’Irak, la Libye, le Luxembourg, le Mexique, la Namibie, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni, la Syrie… Ils sont cent six pays sur la liste.

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    Les données ayant fait l’objet d’une fuite ne sont pas valables que pour les années 2018 et 2019. Elles ne sont apparues qu’en 2021. Comment est-ce possible ?

    En réalité, des cybercriminels exploitent la vulnérabilité en 2019, et Facebook l’a corrige immédiatement. Mais, la firme a oublié d’informer ses utilisateurs, de l’incident. En conséquence, Meta a été confrontée à des critiques sévères, ainsi qu’à une lourde amende de 265 millions d’euros (environ 276 millions de dollars américains).

    Le tableau recense, selon son concepteur, les pays dont les utilisateurs ont été le plus touchés. (Crédits : Twitter/zlatanvano)

    Ces données comportent en premier le numéro de téléphone, puis l’identifiant Facebook, votre civilité, la ville de résidence, l’ancien lieu de villégiature, la date de naissance, votre statut de relation (en couple, célibataire, compliqué, etc.), la date de création du compte, la biographie, et rarement l’adresse mail. Sur les 40 millions d’utilisateurs en France (en mars 2021), la moitié est concernée.

    Qui est concerné ?

    Maintenant, une question se pose : « Comment puis-je savoir si mes données ont fuité ? » Premièrement, ne pas surfer n’importe où. Le site Have I Been Pwned affiche depuis plusieurs années une sécurité des informations, et dans cette optique, son fondateur Troy Hunt, a décidé de débloquer la recherche par numéro de téléphone. Pour effectuer cette recherche, il faut se rendre sur le site « Have I Been Pwned » puis indiquer ledit numéro avec l’indicatif, +33 pour la France, en omettant le premier chiffre, le « 0 ».

    Le site vous indique si le numéro recherché fait partie des 533 millions de données. Prenez garde aux différents messages que vous pourriez recevoir, des cybercriminels s’en servent via du phishing, ou hameçonnage pour collecter d’autres données encore plus sensibles. Ainsi des sites sont apparus, permettant, selon eux, de vérifier que votre numéro de téléphone apparaissait parmi la liste. Les données que vous indiquez sur le site « Have I Been Pwned » subissent un hachage, garantissant votre sécurité.

    Rappelez-vous de cette maxime, littéralement, d’un certain Vladimir Lénine : « La confiance n’exclut pas le contrôle ».

    (Crédits : Capture d’écran)

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    Quiconque entre en possession de données provenant de la violation, pour une éventuelle utilisation, même à des fins positives, est interdit par la législation sur la vie privée, ces informations étant le résultat d’un traitement illicite, et pénalement répréhensible. Le site « https://haveibeenfacebooked.com » permettant, selon les indications, de vérifier si votre numéro de téléphone est l’un des 533 millions, est suspendu pour une durée indéterminée. La fuite comprend également les numéros de téléphone du PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, et des cofondateurs Chris Hughes et Dustin Moskovitz.

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    De plus, il apparaît que le même numéro de téléphone est également enregistré à son nom sur l’application de messagerie Signal, axée sur la protection de la vie privée, relate « The Hacker News ». « Mark Zuckerberg respecte également sa propre vie privée en utilisant une application de chat qui dispose d’un cryptage de bout en bout et qui n’est pas détenue par Facebook », a tweeté Dave Walker, chercheur à SynackRedTeam.

    L’arroseur arrosé, car les données du fondateur de Facebook se trouvent parmi celles exfiltrées (Crédits : Dave Walker)

    La fuite questionne sur la sécurité, la directrice des communications de réponse stratégique, se veut rassurante dans un tweet : « Il s’agit d’anciennes données qui ont déjà été signalées en 2019. Nous avons trouvé et corrigé ce problème en août 2019 », déclare-t-elle. Alors que les dirigeants sont avares en communication avec la presse et les journalistes, Dave Walker ironise : « si les journalistes ont du mal à obtenir une déclaration de Facebook, peut-être peuvent-ils lui donner un coup de fil ? »

  • L’écoparticipation est abracadabrantesque !

    L’écoparticipation est abracadabrantesque !

    La fameuse écoparticipation qui nous rend plus écoresponsables, plus verts, plus… crédules, car notre imagination laisse à penser que le magasin vers lequel nous nous tournons pour nos achats, reprendra notre ancien lave-vaisselle, réfrigérateur, ou encore notre vieille commode, meuble à chaussures ou encore le matelas qui a bercé les nuits de votre dernier, ou pour commencer une nouvelle vie de couple… Mais savez-vous réellement ce qu’est l’éco-participation ? En quoi cela consiste ?

    C’est en ce lundi de Pâques que M. Sépa Phot déambule dans la maisonnée en chantonnant « Y a d’la joie » de Charles Trenet. Chipant au passage une navette qu’il affectionne tant. Souvenir provençal de son enfance, ce biscuit ovale à la fleur d’oranger le remplit de joie à chaque bouchée. C’était le gâteau que lui offrait son papet, son grand-père. Comme un pinson, il arrive enchanté devant la penderie, un léger rayon de soleil lèche le mur.

    Histoire d’écologie participative

    Après l’avoir entrouvert, il saisit d’un œil espiègle sa redingote parsemée de pétas. Ces pièces de tissu rapiècent avec merveille la Provence et le Pays basque de ses jeunes années. « Tu ne l’as pas encore jetée cette vieille guenille », sourit malicieusement Mme Séki Kharéson. Il se mit à rire voyant le sourire couvrant le doux visage de son amour de jeunesse. « Elle était livrée avec le mannequin », répondit-il.

    Vélo, panier, écologie

    Alors qu’il allait prendre les clés de son automobile pour acheter du pain, pâté de Pâques, chocolats et pâtisseries à la boulangerie du village, Séki l’interrompt : « Tu fais quoi ? Avec ta lubie sur l’écologie, tu n’as qu’à prendre le vélo plutôt que la voiture, comme ça pas de pollution », s’amusa-t-elle. Piqué, et pour ne pas perdre la face, il se dirigea vers la bicyclette. « Ah ! Tu es bien ostiné », appuya-t-elle.

    C’est vrai qu’il est un peu têtu, mais pas rancunier. Il enfourcha son clou, en chantant : « Y a d’la joie. Bonjour bonjour les hirondelles. Y a d’la joie, dans le ciel par-dessus le toit. Y a d’la joie, et du soleil dans les ruelles, y a d’la joie, partout y a d’la joie… » et disparu derrière les bosquets.

    (Crédits : Free-Photos/Pixabay)

    Comme tout un chacun, la famille se réunit pour déguster un bon repas, profitant de la « largesse » de la maréchaussée décrétée par son ministre de tutelle. Quoi qu’il en soit, les sujets s’égrenaient à table quand tout d’un coup, le mot « écoparticipation » vint casser l’ambiance festive.

    « Tu te rends compte, j’ai acheté matelas et sommier auprès d’une grande chaîne d’ameublement française. J’ai demandé à ce que soit pris mon ancien lit, lors de la livraison…» Le vendeur m’a répondu « Cela fera 15 euros de plus », s’offusque le beau-fils, Jean.

    « Mais, c’est l’écoparticipation », rétorque M. Sépa Phot, sûr de son fait.

    « Non, elle est déjà comprise dans la facture totale, il fallait que je paye en plus… J’hallucine », dramatise Jean Éthaissure, levant les yeux au ciel, devant son beau-père.

    À quoi ça sert l’écoparticipation ?

    L’écoparticipation est une somme ajoutée sur votre achat, représentant le coût de la collecte et du traitement des déchets électriques et électroniques, pour leur recyclage. Elle est fixée par le décret du 20 juillet 2005 (Articles R.543-172 à R. 543-206 du code de l’environnement).

    L’article R543-188 stipule qu’« en application de leur obligation de responsabilité élargie, les producteurs d’équipements électriques et électroniques ménagers sont tenus d’enlever ou de faire enlever, puis de traiter ou de faire traiter les déchets d’équipements électriques et électroniques ménagers collectés séparément, quelle que soit la date à laquelle ces équipements ont été mis sur le marché ».

    Si elle est devenue naturelle pour l’électroménager, l’union fédérale des consommateurs-Que Choisir (UFC-Que Choisir) rappelle « quant au recyclage, la réglementation impose aux distributeurs d’électroménager la reprise de l’ancien appareil lors de l’achat d’un nouveau. Ce service est financé par l’écoparticipation, incluse dans le prix de vente. Pour un lave-vaisselle, celle-ci tourne autour de 8 ou 10 € en moyenne. » (Crédits : Ryan McGuire/Pixabay)

    Laverie, linge, propreté

    L’écomobilier

    Puis en 2013, sa petite-sœur est née, l’écomobilier, issue de la loi n°2016-344 du 24 avril 2013. L’article du code de l’environnement R. 543-240 détermine et précise les conditions de mise en œuvre de l’obligation de responsabilité élargie du producteur aux éléments d’ameublement, ainsi que les modalités de gestion des déchets qui en sont issus. L’article approfondi et affirme que « l’on entend par éléments d’ameublement, les biens meubles et leurs composants dont la fonction principale est de contribuer à l’aménagement d’un lieu d’habitation, de commerce ou d’accueil du public en offrant une assise, un couchage, du rangement, un plan de pose ou de travail. »

    C’est-à-dire la liste suivante :

    1. Meubles de salon, de séjour, salle à manger
    2. Meubles d’appoint
    3. Meubles de chambre à coucher
    4. Literie
    5. Meubles de bureau
    6. Meubles de cuisine
    7. Meubles de salle de bains
    8. Meubles de jardin
    9. Sièges
    10. Mobiliers techniques, commerciaux et de collectivité
    11. Produits rembourrés d’assise ou de couchages

    Là où le bât blesse, c’est concernant l’obligation de reprendre, par exemple, un ancien matelas. L’association UFC-Que choisir est formelle : « Non. Le vendeur de matelas n’est pas tenu de reprendre votre ancien matelas. La filière a tellement bien négocié qu’elle est parvenue à échapper à l’obligation de reprise gratuite lors de l’achat d’un matelas neuf, contrairement à tous les autres secteurs qui appliquent le principe du 1 pour 1. »

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    Sur son site, l’association martèle que « certaines enseignes reprennent votre ancien matelas. Renseignez-vous sur les conditions et le coût de ce service, qui peut être gratuit ou payant. »

    Ce qui est cocasse au vu de la liste des 24 actionnaires fondateurs d’Écomobilier : Alinea, Alsapan, But International, Cauval Industries, Compagnie Continentale Simmons, Conforama France, Meubles Demeyere, Fournier SA, Gautier France, Gram, Grand Litier First Service, Cofel, J. P. Gruhier, Meubles Ikea France SNC, Hygena Cuisines, Maison de la Literie, Mobilier de France, Mobilier Europeen, Groupe Parisot, Roset SA, Salm Sas, Sesame, Ucem, WM88.

    (Crédits : d Bossarte/Pixabay)

    Le site ELLE rédigeait un article à ce sujet, intitulé « Écomobilier : la nouvelle filière recyclage des meubles ». Chez Alinea, « les clients ayant opté pour la location d’un véhicule pour transporter leur nouveau meuble pourront laisser dans ce même véhicule leurs meubles hors d’usage, et leur assurer ainsi une seconde vie ». Dans les conditions générales de vente, l’enseigne affirme qu’ « à l’achat d’un appareil neuf, le client paie une “écoparticipation” correspondant au coût de collecte, de réemploi, de dépollution et de recyclage d’un appareil usagé équivalent. Son montant varie selon le produit et le type de traitement qu’il nécessite. Son montant est indiqué sur chaque fiche produit, séparément du prix du produit. Ce montant est reversé à l’éco-organisme agréé écomobilier. »

    Cela sans ajouter les 15 euros demandés pour reprendre la fameuse literie qu’une autre enseigne réclamait, un comble ! Jean Éthaissure s’est rendu, a priori, dans un magasin qui à dû effectuer une mauvaise interprétation de la loi, sinon, faire payer deux fois un client pour une même chose pourrait être considéré pénalement comme du vol.

    La majeure partie montre patte blanche, ainsi du côté d’Alpasan-Darty, un astérisque stipule que le prix comprend la participation au recyclage dit « l’écomobilier ». Chez Conforama, « le recyclage du mobilier usagé est intégralement financé par l’écoparticipation que paie chaque client lors de l’achat d’un produit ». Les meubles Demeyere distribués par exemple par Balitrand, l’enseigne y affiche la couleur. Il faut ajouter l’écoparticipation au prix du meuble acheté, une fois et une seule, tout comme la Maison de la Literie. (Crédits : DR)

    Loi, mention, légale

    La filière écomobilière est financée par l’adhésion des fabricants et distributeurs à travers une contribution financière payée par le consommateur pour chaque meuble (concerné par la réglementation) acheté. De la même manière que pour l’électroménager, une écoparticipation sera ajoutée au prix de vente du mobilier pour compenser le coût de la collecte et du traitement des déchets. Elle sera ensuite reversée à Écomobilier, par l’entreprise qui met le produit sur le marché, rappelle le site Elle. « Un dernier conseil pour ton prochain achat, pose toutes les questions nécessaires, sur la livraison, le recyclage du produit… avant de signer et de payer », conclut Sépa Phot.

  • La vie face aux mensonges des puissants

    La vie face aux mensonges des puissants

    Le scandale du Mediator connaît son épilogue ce lundi 29 mars 2021, après 10 ans de procédures judiciaires. Une décennie pour que le tribunal correctionnel de Paris inflige une amende de 2,7 millions d’euros au laboratoire Servier. Ce dernier est reconnu coupable de « tromperie aggravée » et d’« homicides et blessures involontaires ». Les tribunaux ont-ils rencontré ce genre d’affaires auparavant ? Comment accorder à nouveau sa confiance lorsque le mensonge est avéré ?

    « Malgré la connaissance qu’ils avaient des risques encourus depuis de très nombreuses années […] ils n’ont jamais pris les mesures qui s’imposaient et ainsi trompé les consommateurs du Mediator », a déclaré la présidente de la 31e chambre correctionnelle, Sylvie Daunis, au début de la lecture du délibéré.

    Mensonges, condamnations et amendes

    Condamné à payer 2,7 millions d’euros d’amende, le groupe pharmaceutique a été relaxé du délit d’« escroquerie ». Jean-Philippe Seta, l’ex-numéro 2 du groupe pharmaceutique et ancien bras droit du tout-puissant Jacques Servier, décédé en 2014, a quant à lui été condamné à quatre ans d’emprisonnement avec sursis et 90 000 euros d’amende. Cet ancien salarié du cabinet incriminé est pneumologue, tout comme la lanceuse d’alerte, Irène Frachon. Le groupe pharmaceutique, relaxé des faits d’escroquerie, a « fragilisé la confiance dans le système de santé », appuie la présidente du tribunal.

    Mediator, justice, jugement

    Dans ses réquisitions, la procureure Aude Le Guilcher a appelé à « restaurer la confiance trahie » en sanctionnant le « choix cynique » et le « sinistre pari » d’une firme ayant privilégié « ses intérêts financiers » à la santé des consommateurs du médicament, malgré « les risques qu’elle ne pouvait ignorer ».

    Le parquet avait requis à son encontre cinq ans, dont trois ferme et 200 000 euros d’amende. Plus dramatique et grave, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM, ex-Afssaps), qui a « gravement failli dans sa mission de police sanitaire », a été condamnée à 300 000 euros d’amende. Le parquet avait requis une amende de 200 000 euros.

    (Crédits : Thomas Coex/AFP)

    Comme suite aux réquisitoires de la procureure Aude le Guilcher, nous sommes amenés à nous questionner sur comment « restaurer la confiance trahie ». Car, quel que soit l’être, lorsque ce dernier reçoit un coup de bâton d’une personne en qui elle avait toute confiance, ayant entendu au préalable « Jamais je ne donnerai de coup de bâton ! » Comment réagiriez-vous ?

    Le scandale du tabac aux États-Unis

    De plus en plus de citoyens accusent l’Industrie de cacher la vérité, et l’Industrie s’en défend, alors comment la connaître ? Simplement, par le biais scientifique. « La science devenue arbitre, voici ce qui fait d’elle une cible, une activité à influencer, à corrompre ou à miner », pose le documentaire « La fabrique de l’ignorance » réalisé en 2020 par Franck Cuveillier et Pascal Vasselin, et, disponible sur ARTE. Le scandale du tabac n’explose outre-Atlantique qu’en 1994. L’un des personnages à l’initiative de la plainte collective est Howard Engle (1919-2009).

    Ce pédiatre spécialisé en neurologie se sert de ses expériences pour alerter sa patientèle. Il commence à fumer, plusieurs paquets par jour, à l’université. Malgré la survenue d’un emphysème pulmonaire, il ne peut s’arrêter de fumer, et meurt, sans connaître le jugement final. L’ordonnance initiale découlait d’un jugement civil de 1600 pages sur le racket rendu par la juge Gladys Kessler, qui reprochait à l’industrie du tabac d’avoir menti sur ses produits et de les avoir présentés sous un faux jour dès les années 1950.

    Dans le New York Times, Spana Maheswari explique « pourquoi les fabricants de tabac paient pour vous dire que fumer tue ». Le dimanche 26 novembre 2017, les grandes sociétés de tabac des États-Unis avaient commencé à diffuser des messages publicitaires aux heures de grande écoute et des pleines pages dans les journaux nationaux. (Crédits : Basil MK/Pexels)

    Cigarette, tabac, produits chimiques

    « Plus de gens meurent chaque année à cause du tabac que de meurtres, de sida, de suicides, de drogues, d’accidents de voiture et d’alcool, réunis », explique une publicité. En effet, selon l’OMS, le tabac fait plus de 8 millions de morts chaque année, équivalent à la population de la ville de Busan, en Corée du Sud. Plus de 7 millions d’entre eux sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs ; environ 1,2 million des non-fumeurs involontairement exposés à la fumée, relate l’Organisation mondiale de la Santé. Ainsi, le jury a également déclaré les défendeurs responsables à l’égard du groupe pour des dommages-intérêts punitifs forfaitaires d’un montant de 145 milliards de dollars, en plus du libre accès à l’ensemble des documents secrets des fabricants de tabac.

    Le scandale du glyphosate de Monsanto

    Paul François, agriculteur du pays charentais, inhale accidentellement des vapeurs d’un herbicide de la firme Monsanto commercialisé sous le nom de Lasso, le 27 avril 2004. L’accident est survenu en vérifiant une cuve restée au soleil, alors qu’il pratique un épandage classique avec son tracteur sur ses cultures. L’herbicide n’est interdit en France que depuis novembre 2007, alors qu’il avait été banni du Canada dès 1985, puis en Belgique et au Royaume-Uni en 1992.

    Monsanto, agriculteur, Charente

    Il faudra attendre le 21 octobre 2020, pour que la firme Monsanto, rachetée par l’Allemand Bayer en juin 2018 pour 63 milliards d’euros, soit définitivement reconnue coupable.

    Un autre homme, outre-Atlantique, fait vaciller le colosse de l’industrie agrochimique Bayer-Monsanto, Edwin Hardeman. L’homme avait utilisé à des fins personnelles le « Roundup » dans son jardin pendant près de trois décennies. Le 27 mars 2019, un tribunal fédéral américain de San Francisco condamnait la firme à verserr 80,8 millions de dollars, soit 71,8 millions d’euros à Edwin Hardeman atteint par un lymphome non hodgkidien. Comme le scandale du tabac, après celui du Watergate dans les années 1970, c’est le « Monsanto Papers » qui rend compte de la manipulation de l’Industrie. (Crédits : Philippe Juste/MaxPPP)

    Cela montre comment la puissante firme faisait paraître des articles montés et écrits par ses employés et signés par des scientifiques de renom, contre rémunération.

    « Considérée comme une forme grave de fraude scientifique, cette pratique consiste, pour une entreprise, à agir en “auteur fantôme” : alors que ses propres employés rédigent textes et études, ce sont des scientifiques sans lien de subordination avec elle qui les endossent en les signant, apportant ainsi le prestige de leur réputation à la publication. Ces derniers sont bien entendu rémunérés pour ce précieux service de ‘blanchiment’ des messages de l’industrie. Dans le plus grand secret, Monsanto a eu recours à ces stratégies », souligne Le Monde.

    Edwin Hardeman est l’un des hommes reconnu victime des agissements et mensonges de la firme Monsanto. (Crédits : capture d’image CGA)

    Edwin Hardeman, monsanto, condamnation

    L’agnotologie

    L’instrumentalisation de la science à des fins pécuniaires et sans remords aucun de la part des grandes firmes donne naissance à une nouvelle discipline, l’agnotologie. Littéralement, science de la production d’ignorance, du doute ou de la désinformation. Elle met au jour les pratiques et les mécanismes cachés qui contribuent à retarder, parfois de plusieurs décennies (les poursuites judiciaires s’arrêtent au décès du plaignant en France) des décisions vitales, mais aussi le trucage des protocoles, voire la fabrication ad hoc de rats transgéniques pour garantir les résultats souhaités.

    Science, complot, poursuite

    Elle explique enfin, au plus près de la recherche, pourquoi nos sociétés dites « de l’information » s’accommodent si bien de l’inertie collective qui, dans le doute, favorise le business « as usual » et la consommation sans frein. Quelques-uns de ses représentants sont reconnus, dont l’historienne américaine des sciences Naomi Oreskes.

    Cette science donne la parole à des acteurs de premier plan pour un combat déterminant entre « bonne » et « mauvaise » science. Un exemple, avec les « découvreurs » des méfaits du bisphénol A, menant à son interdiction, sur l’hexagone depuis le 24 décembre 2012, mais discutée en Europe. Le produit ayant des effets observés sur la fertilité est toxique pour la reproduction humaine.

    (Crédits : Princeton University Press)

    Quand on voit également que le président brésilien, Jair Bolsonaro, ancien capitaine de l’armée, catholique converti à l’évangélisme, a des prises de positions radicales, racistes, homophobes, misogynes et emplies d’une nostalgie de la dictature. D’ailleurs pour Bolsonaro, il n’y a pas eu de coup d’État en 1964, c’était une « révolution démocratique ».

    Il s’est servi du « guide du zizi sexuel », pour discréditer le ministère de l’Éducation, Fernando Haddad, à des fins présidentielles. D’autant que ce dernier affirmait, dans une interview d’août 2018, qu’il s’agissait d’un « kit gay » distribué dans les écoles au Brésil.

    En réalité, il est un ensemble de documents devant être distribué en 2011 dans le cadre du projet « École sans homophobie », pour lutter contre l’intolérance envers la communauté LGBT. Alors que le best-seller de 2001 de ZEP et d’Hélène Bruller, ne l’a jamais été.

    Sans être complotiste, le cumul des scandales de toutes sortes, « Tabac », « l’ARC », « Sang contaminé », « Diamants de sang »… comme les mensonges de l’ancien ministre Cahuzac devant ses pairs, ou celui du président américain Bill Clinton en 1998, le président Georges W Bush affirmait selon un rapport le 7 octobre 2002 que l’Irak de Saddam Hussein « possède et produit des armes biologiques » tout en « poursuivant un programme d’armes nucléaires ».… entache la confiance envers les femmes et les hommes politiques.

    (Crédits : ZEP)

    Zep, Titof, bd

    Ajoutez à la défiance des politiques, une proposition de loi renforçant le pouvoir des forces de l’ordre et de la répression, un soupçon de complotiste, des caméras intelligentes, la reconnaissance faciale, un transfert de compétences régaliennes vers le domaine privé et saupoudrez le tout d’une pandémie d’un virus tel le Covid-19, et vous obtenez des idées de scénario pour des séries à succès.

  • J’ai un « bug » informatique

    J’ai un « bug » informatique

    Ne vous est-il pas déjà arrivé que ce soit en cours, au travail, chez vous… que le matériel informatique ne fonctionne plus, ou que l’écran reste figé, ou encore, à la fin d’une journée, votre ado, interloqué, vous dise « JPP, askip ma gow a poucave »… Oui, c’est effectivement à cet instant que vos neurones s’entrechoquent, se nouent et qu’à la fin votre cerveau « bug ». Rassurez-vous, ce n’est que passager. Car chaque problème possède sa solution, autrement, il n’y a pas de problème. Mais, connaissez-vous l’origine de ce terme ?

    Selon le Cambridge Dictionnary, le mot bug signifie un tout petit insecte. S’exprimer par « J’ai un bug informatique » signifierait que vous possédiez un insecte informatique ? Non, c’est plus simple que cela. Mais, que vient faire un insecte dans le monde informatique ? La légende prend date au mardi 9 septembre 1947, à 15 h 45 précise. C’est-à dire que dans 163 jours, à partir du 30 mars 2021, soit le 9 septembre 2021, cela fera 74 ans, soit 648 684 heures, donc 2 335 262 400 secondes… Vous avez buggé, pardon, boggué !

    Vous avez-dit « bug »

    C’est à cette date que l’informaticienne Grace Hopper, travaillant à l’université d’Harvard aux États-Unis, trouve un papillon de nuit dans le calculateur Mark II. Composé de relais électromagnétiques, le papillon s’était bloqué dans l’un d’eux. Il provoquait un court-circuit mettant en défaut l’ordinateur. Le premier « bug » de l’histoire informatique était né, il n’en faut pas plus pour construire une légende.

    Bug, papillon, informatique

    Plus surprenant, si l’attribution de la maternité du mot « bug » est fréquente envers l’informaticienne et officier Grace Hopper (1906-1992), or cette mention apparaît déjà dans les notes de l’inventeur Thomas Edison (1847-1931) explique Isabelle Collet. Dans « Les oubliées du numérique », la professeure en sciences de l’éducation rappelle que « ce terme était déjà en usage pour désigner une panne au temps de Thomas Edison ».

    Voici l’image, conservée à la Smitsonian Institution, du premier cas réel de bug. (Crédits : Smithsonian Institution)

  • Le cybercasse de deux Français pour 9,5 millions de dollars

    Le cybercasse de deux Français pour 9,5 millions de dollars

    C’est le cybercasse le plus important à ce jour. Si la société GateHub a déclaré croire que le pirate informatique avait abusé de son API pour mener ses attaques, sans vraiment savoir comment. Cela semble similaire à une attaque DDoS par réflexion, d’où l’usurpation d’identité. Cette attaque (DDoS) fleurit chez les opérateurs de Ransomware, parce qu’elle est relativement facile à mettre en œuvre. Pour autant, il est possible d’anticiper cette menace, car les conséquences peuvent être dramatiques pour les cibles impactées.

    Le préjudice peut être financier, atteindre l’image même de l’entreprise, causant des dommages irrémédiables. En premier lieu, qu’est-ce qu’une attaque par DDoS ? Quelles sont les cibles privilégiées ? Comment s’en prémunir ? Que faire en cas d’infection ?

    DDoS, rien ne va plus…

    « Les attaques par déni de service distribué (Distributed Denial of Service ou DDoS) sont aujourd’hui fréquentes, notamment du fait de la relative simplicité de leur mise en œuvre, et de leur efficacité contre une cible non préparée. Ces attaques peuvent engendrer des pertes financières non négligeables par l’interruption de service ou encore indirectement, par l’atteinte portée à l’image de la cible », explique le rapport, « Comprendre et anticiper les attaques DDoS » de l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) en préambule.

    zombies, ddos, ransomware

    Une attaque par « déni de service distribué » (de l’anglais Distributed Denial of Service, DDoS) vise à rendre indisponibles un ou plusieurs services dans un but purement malveillant. L’origine peut être une vengeance, jusqu’aux revendications idéologiques, et bien sûr les extorsions de fonds, à l’aide des fameux Ransomares. Cette attaque se sert d’une faiblesse, d’une vulnérabilité logicielle ou encore ,. Imaginons que votre site possède la capacité de 100 000 connexions simultanées, il suffit de saturer la bande passante, ou attaques volumétriques, pour rendre inopérant votre site. Comme lorsqu’en plein cours, ou, lors d’une réunion, vous recevez trop de demandes et d’informations. Elles vous provoquent un « Bug » au cerveau.

    L’attaque use de machines infectées, dites zombies, pour multiplier les connexions et ainsi faire tomber le site de la cible. (Crédits : numerama)

    Il peut s’agir aussi d’une grande ouverture de nouvelles sessions TCP dans un intervalle de temps très court, ou encore d’un nombre trop important de traitements concurrents effectués par une base de données. Le TCP (NDLR : Transmission Control Protocol), littéralement, « protocole de contrôle de transmissions », est un protocole de transport fiable, en mode connecté, documenté dans la RFC 7931 de l’IETF. Oubliant le bien-fondé et la protection de notre vie privée, une phrase est entendue maintes et maintes fois : « Je n’ai rien à cacher »… indiquant la non-conscience et supputant la faible protection des systèmes d’informations usités par le grand public.

    Néanmoins, nous parlons d’attaque DDoS lorsqu’elle fait intervenir un réseau de machines (souvent compromises, par exemple le vôtre) afin d’interrompre la majeure partie, du ou, des services d’une entreprise, d’une collectivité, d’un centre de soins, d’un hôpital, d’un SDIS… a contrario, d’un ordinateur du quidam lambda.

    Les opérateurs derrière le ransomware Avaddon revendiquent, preuve à l’appui, l’attaque par DDoS, l’une des dernières victimes affichées ci-dessus, comme Mikro Trading, en Tchéquie, Basque Centre for applied mathematics (BCAM) en Espagne, mais aussi l’entreprise Targetcom basée en France.

    La réponse est plus simple qu’il n’y paraît. Toute entité dont l’activité dépend d’une infrastructure connectée à l’Internet, autrement dit, toutes ! Évidemment, des cibles sont plus lucratives pour les entités malveillantes : ainsi le e-commerce, les gouvernements, les institutions financières, ou bien encore les structures d’hébergement informatique sont des mets privilégiés. En 2014, l’ANSSI admet que les opérateurs français constataient plus d’un millier d’attaques journalières, soit une toutes les 86 secondes. (Crédits : capture d’écran)

    DDoS, ransomware, avaddon

    Plusieurs moyens d’attaques : ils peuvent user de botnets, de réflexion, d’amplification (DNS, NTP). L’attaque par réflexion consiste à envoyer des paquets (comme vous envoyez des courriers à un tiers) en utilisant l’adresse IP de la machine ciblée comme IP source, pour tromper le terminal par usurpation d’identité. L’amplification est volumétrique, a pour objectif d’épuiser la bande passante réseau disponible afin de rendre un ou plusieurs services inaccessibles. Elle se distingue avec des protocoles DNS, NTP et bien d’autres encore.

    Comment s’en prémunir

    En premier lieu, considérer qu’un système d’information peut avoir des faiblesses, et donc renforcer l’équipe pour améliorer la sécurité desdits systèmes. Les équipements de type pare-feu et les répartiteurs de charges contribuent à absorber certaines attaques. La limite est lorsque les sites possèdent une forte audience. « Ils ne constituent pas une protection suffisante contre ce type d’attaque d’une manière générale », assure le rapport de l’ANSSI.

    Sous-marin, attaque, cyber

    Pour cela il est nécessaire, comme dans un bâtiment de guerre (par exemple un sous-marin), de posséder des contres-mesures. Avant de lancer ces protections, il faut identifier la procédure des attaquants. Les moyens mis en œuvre sont pléthores. Car une attaque peut intervenir sur n’importe quelle partie de la chaîne, en interne comme en externe.

    Donc, une fois les terminaux protégés, il est primordial que les services ayant accès auxdits terminaux le soient également. Les hébergeurs sont susceptibles d’être force de proposition (entreprise extérieure pour l’hébergement des serveurs), des filtrages comme lorsque vous tamisez votre farine pour la rendre plus fine. Ces derniers sont effectués par un opérateur de transit ou encore en amont par des filtreurs. (Crédits : David Mark/Pixabay)

    De plus, il existe un réseau de diffusion de contenu (Content delivery network, CDN) formant un maillage de terminaux reliés via l’Internet et protègeant vos installations, car toutes les données ne sont pas au même endroit. Cela est comme les pièces d’un puzzle disséminées à droite et à gauche, vous pouvez assembler toutes les pièces et obtenir l’objectif final, le beau château ou les petits chatons jouant avec la pelote de laine, sans posséder aucun morceau dudit puzzle chez vous… Le plus simple est d’avoir et d’être en bonne relation avec le responsable de la sécurité informatique, vulgarisé par « RSSI » et de lui demander conseil.

    Que faire en cas d’attaque ?

    Lorsqu’une attaque est détectée, cela signifie que vous disposez de moyens de supervision et d’alerte, si ce n’est le cas, munissez-vous-en. Vous pouvez évaluer votre niveau d’exposition à la menace « Cyber » sur cette page-ci. Cmme les premiers gestes en portant secours à une personne, il est indispensable de protéger, alerter, écarter et secourir rappellent les sapeurs-pompiers de France. Avant de lancer les contre-mesures, identifier l’élément défaillant, le ou les protocoles utilisés ainsi que les sources de l’attaque… L’attaque DDoS peut-être un cheval de Troie, masquant la véritable volonté des opérateurs malveillants, à savoir une exfiltration de données (Ramsomware) ou une tentative d’intrusion.

    « Selon la nature de l’organisme attaqué, la loi peut imposer une déclaration d’incident. Cette déclaration ne constitue en aucun cas un dépôt de plainte, et ne s’assortit d’aucune garantie d’assistance technique », martèle l’ANSSI. De plus, les opérateurs d’importance vitale sont tenus d’informer sans délai l’agence nationale. En 2014, un incident considéré comme significatif atteint au minimum 100 000 abonnés. En cas de survenance d’incident, l’ANSSI possède une page, plus que complète, pour le déclarer « En cas d’incident ». Elle apporte des réponses aux questions que vous pourriez vous poser et les liens s’y rapportant. Car l’attaque DDoS peut avoir de graves conséquences pour l’entreprise ou la collectivité et judiciaires pour ces auteurs. Le Code pénal, à travers son article L 323-2, prévoit jusqu’à 5 ans de prison et 150 000 euros d’amende le fait d’entraver ou de fausser le fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données. Lorsque cette infraction a été commise à l’encontre d’un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État, la peine est portée à sept ans d’emprisonnement et à 300 000 € d’amende.

    (Crédits : Mary Pahlke/Pixabay)

    mots, nuage, cyber

    Ces sanctions n’incluent évidemment pas les dommages et intérêts que les victimes de l’attaque pourraient réclamer au civil, au titre du préjudice, notamment matériel. En outre, l’article L 323-1 insiste sur « le fait d’accéder ou de se maintenir, frauduleusement, dans tout ou partie d’un système de traitement automatisé de données est puni de deux ans d’emprisonnement et de 60 000 € d’amende. Lorsqu’il en est résulté soit la suppression ou la modification de données contenues dans le système, soit une altération du fonctionnement de ce système, la peine est de trois ans d’emprisonnement et de 100 000 € d’amende. Lorsque les infractions prévues aux deux premiers alinéas ont été commises à l’encontre d’un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État, la peine est portée à cinq ans d’emprisonnement et à 150 000 € d’amende. »

    Jusqu’à 7 ans de prison

    Les exemples de condamnations sont nombreux. Blanchiment d’argent avec le ransomware Locky, « The dark overlord » condamné à 1, 5 million de dollars d’amende, et 5 ans de prison, même nombre d’années de prison pour un hacker Canadien, Karim Baratov tandis que Roman Seleznev en prenait 27. Grant West citoyen britannique condamné à dix ans et huit mois en 2018. Le 13 janvier 2020, en France, un jeune hacker écopait d’une peine de quatre mois de prison avec sursis.

    Prison, noir, détenu

    Un jeune Grenoblois de 20 ans, connu sous le pseudo « Prosox » avait pris six mois avec sursis dans une précédente affaire et 140 heures de travail d’intérêt général pour le piratage de la chanson, dont le clip est le deuxième le plus visionné avec 7,264 milliards de vues au 24 mars 2021, « Despacito » sur le site Vevo.

    Mais ce dernier se retrouvait dans une bien plus grosse affaire judiciaire. En effet, deux jeunes Français de 20 et 21 ans, Nassim B et Gabriel K.A.-.B. connu respectivement sous les pseudonymes « Prosox » et « Kuroi’SH », ont dérobé plus de 9 millions de dollars en cryptomonnaie. « Sur Internet, nul n’est à l’abri d’une action malveillante ou de messages non sollicités. »

    (Crédits : Ichigo121212/Pixabay)

    Le 18 février 2021, le gouvernement français affichait la stratégie française pour accroître la cybersécurité et faire face à la menace. « La cybersécurité constitue un moteur de croissance important pour les années à venir. Saisissons-nous de cette technologie pour nous positionner dans les secteurs économiques de demain : le véhicule autonome, l’Internet des objets ou l’informatique en nuage (Cloud) par exemple. C’est maintenant que cela se joue […] », explique Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance. Le but : renforcer la protection des citoyens, des administrations et des entreprises. Et le 8 mars 2021, l’ANSSI proposait un guide des mécanismes cryptographiques, avec des règles et des recommandations. Comme les services de la météorologie, l’agence nationale possède une page relatant les principales menaces. Enfin, elle propose des liens pour signaler toute malveillance ou encore des spams reçus, car l’ANSSI exhorte : « Sur Internet, nul n’est à l’abri d’une action malveillante ou de messages non sollicités. »

  • Habillé aux parfums de Bretagne

    Habillé aux parfums de Bretagne

    Le chandail de ma grand-mère m’évoque des souvenirs. « Il fait frisquet, mets un chandail », me disait-elle. Cela doit évoquer des images pour certains, quand d’autres iront voir dans un dictionnaire, ou directement, via un moteur de recherche, sur l’Internet. Mais savez-vous d’où vient ce fameux chandail ? Pourquoi le portait-on ? Et surtout quelle est son histoire ? Tout comme la marinière célébrée par Jean-Paul Gaultier. Retour sur cet élément de la garde-robe d’un temps ancien.

    Le chandail vestige d’un temps incertain se trouve dans les armoires des grands-parents. L’un évoque les pêcheurs, l’autre conte les mousses de la Marine nationale. Mais derrière ces deux pièces, ces vêtements nous racontent l’histoire de la mode. Entre fragments d’une culture populaire et l’histoire de la Bretagne, jusqu’aux podiums des défilés parisiens.

    Du chandail à la marinière

    Remontons un siècle, voire deux en arrière, pour nous replonger dans « un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître », chantait Charles Aznavour. En effet, filons au XIXe siècle, dans un pays cher à Gwen, un ami journaliste, la Bretagne. Les maraîchers bretons qui vendaient l’ail aux Halles de Paris portaient de gros pulls tricotés en hiver. C’est donc de ces « marchands d’ail » que nous vient l’origine du terme de chandail.

    Halle, Paris, marché

    Il est un vêtement de dessus en tricot de laine généralement épais, à col roulé et manches longues, qui s’enfile par la tête et s’arrête à la taille ou aux hanches, définit le centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL). Pour saisir l’origine du mot chandail, il faut se plonger dans la langue française et ses subtilités. Ainsi une aphérèse consiste à enlever une lettre ou une syllabe au commencement d’un mot. Emprunté du latin aphaeresis, du grec aphairesis, proprement « action d’enlever » explique l’Académie française à travers son dictionnaire.

    Ainsi, l’artiste peintre, sculpteur et architecte Giotto a subi l’aphérèse de son prénom Ambrogiotto, tout comme Lino Ventura (1919-1987) dont le prénom était Angiolino. Acteur incontournable et père d’une enfant pas comme les autres, il est à l’origine de la fondation Perce-neige. Donc l’aphérèse appliquée au marchand d’ail, donnera « chand-ail », d’où le nom porté par le pull tricoté, qui gratte un peu, après l’avoir revêtu, pour la première fois. « J’ai l’impression qu’on vit comme quand grand-mère tricotait, une maille après l’autre, et ce n’est qu’après un long temps qu’on se rend compte que c’est un chandail », ajustait André Brink dans son œuvre « Le Mur de la peste »

    Les Halles de Paris en 1931 concentraient et représentaient la vie populaire (Crédits : DR)

    Du chandail à la marinière

    La marinière est indissociable de la vie des mousses et de la Marine nationale. C’est aujourd’hui, il y a 163 ans, le 27 mars 1858, que le bulletin officiel détaillait la liste des uniformes des matelots. « Les marins français sont fiers d’être reconnus du premier coup d’œil par leurs frères d’armes et leurs concitoyens, voire par les marins étrangers. […] Aussi, bien que pouvant être jugés d’un autre temps, le sabre, le veston croisé, la vareuse et son col bleu, le tricot rayé et le bonnet à houppette rouge ont encore un bel avenir devant eux », détaille Éric Schérer dans « Le marin et son uniforme. Une identité à affirmer ».

    Incontournable, cette pièce qui officiait en tant que sous-vêtement devait compter un nombre de lignes bien précises est devenue un classique de la mode. Soumise à des codes et dimensions strictes : « 21 raies blanches larges de 20 mm et 20 ou 21 raies bleues larges de 10mm. Pour les manches, le tricot doit comporter 15 raies blanches et 14 ou 15 raies bleues ».

    Elle était à manches trois quarts pour ne pas dépasser de la vareuse. « À bord d’un bateau, il faut éviter tout ce qui est coutures, boutons, pour éviter de se prendre dans les cordages. Comme le tricot descend jusqu’aux débuts des cuisses, c’est long, donc il y a plus de rayures, c’est tout », souligne Delphine Allanic.

    Deux femmes changeront, à tout jamais, le statut de la marinière. Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1951), écrivaine et présidente de l’Académie Goncourt de 1949 à 1954, et, Gabrielle Chanel, dite Coco Chanel (1883-1971), créatrice de mode, modiste et grande couturière française. La première porte régulièrement la tunique dans les bals masqués à Paris vers la fin du XIXe siècle, relate Le Point.

    Cependant, il faut attendre XXe siècle pour que le tricot rayé passe à la forme que nous connaissons. Dans les années 1916-1917, Coco Chanel, va le vulgariser et le rendre plus fluide, à base de soie. Un grand pari pour l’époque, car elle propose aux femmes bourgeoises de porter un vêtement de travail… masculin ! (Crédits : DR)

    Le tricot rayé connaît une reconnaissance internationale à travers 7e art et la Nouvelle Vague française, le tout au travers d’un film culte : « Le Mépris » de Jean-Luc Godard. « Quand j’y réfléchis bien, outre l’histoire psychologique d’une femme qui méprise son mari, Le Mépris m’apparaît comme l’histoire de naufragés du monde occidental, des rescapés du naufrage de la modernité, qui abordent un jour, à l’image des héros de Verne et de Stevenson, sur une île déserte et mystérieuse, dont le mystère est inexorablement l’absence de mystère, c’est-à-dire la vérité », décrit le cinéaste. Mais c’est une autre icône de la mode, grand couturier au demeurant et idole d’une amie, Élodie, qui fera de la marinière une création mythique, un certain Jean-Paul Gaultier. « J’aime voir les choses sous un angle inhabituel, et remettre en question l’attendu ». Le toucher de l’artiste se découvre jusqu’aux flacons des parfums de sa marque en marinière, la boucle est bouclée…

  • Nous mentent-ils ?

    Nous mentent-ils ?

    Le mensonge, qu’il soit pieux, dans le but d’être utile ou agréable, d’éviter un chagrin, afin de ne pas blesser, ou encore par obligation, par conservation de secret professionnel ou d’État, reste un mensonge. Ce qui dérange est la multiplication et la fréquence des mensonges, car croire devient difficile, voire impossible. L’expression « à force de crier au loup » prend tout son sens dans un monde contemporain dit de « communication ». D’autant que les grands de ce monde aiment les belles phrases alambiquées, pour ne rien dire.

    Mais d’où vient ce mot mentir, et sa conséquence verbeuse qu’est le mensonge ? Le verbe mentir est apparu au Xe siècle. Du latin « mentiri », il donne pour vrai, affirme ce qu’on sait être faux. Le nom issu du verbe est un mensonge, c’est la vérité, bref… Ce nom est issu du bas latin « mentio », de même sens, explique l’Académie française. C’est un propos contraire à la vérité, tenu avec dessein de tromper, voici le mensonge.

    Les affaires « Alfred Dreyfus » et « François Mitterrand »

    La première affaire est l’arrestation, la condamnation et la dégradation du Lieutenant-Colonel Alfred Dreyfus (1859-1835). En 1892, Édouard Drumont fondateur du journal La Libre Parole (avec en sous-titre « La France aux Français »), antidreyfusard, nationaliste et antisémite, il est le créateur, avec le marquis de Morès, de la Ligue nationale antisémitique de France. Député d’Alger de 1898 à 1902, il est l’une des principales figures historiques de l’antisémitisme en France. Il est d’ailleurs le premier à annoncer à mots couverts l’arrestation d’Alfred Dreyfus.

    Presse, antisémite, calomnie

    Le journal affichera cette une (voir ci-contre) après les deuxièmes procès et la condamnation de Dreyfus le 10 septembre 1899. Ce dernier est accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne et passe devant le conseil de guerre le 19 décembre 1894.

    Le 5 janvier 1895, il est dégradé dans la cour d’honneur de l’École militaire de Paris devant une foule haineuse criant « À mort Judas ! Mort au juif ! » Il sera réhabilité le 12 juillet 1906.

    L’affaire « François Mitterrand »

    L’autre se passe quelques années ultérieurement. Le 16 octobre 1959, un commando tire à la mitraillette sur la voiture du sénateur de la Nièvre, François Mitterrand. Près du jardin du Luxembourg, à Paris, il échappe à l’attentat en se réfugiant dans le jardin de l’Observatoire. Son sang-froid est célébré dans les jours qui suivent. Pourtant les soupçons changent de direction. « Le Sénat va lever son immunité parlementaire et Mitterrand sera inculpé. Mitterrand, la fausse victime, le menteur, accuse le coup. Des amis le voient pleurer, le pensent proche du suicide », raconte Claude Askolovitch sur France Inter.

    Ce qui est sûr, c’est que le mystère reste entier. L’ancien gaulliste devenu poujadiste Robert Pesquet — ayant avoué l’organisation de l’attentat et rencontré François Mitterrand auparavant — est-ce qu’il l’a fait avec la complicité de François Mitterrand pour remettre ce dernier au cœur du jeu politique ? Ou pour discréditer le futur président de la République. À vous de vous faire une idée.

    (Crédits : DR)

    Tchernobyl, mensonge d’État français

    Le 26 avril 1986, le réacteur numéro quatre de la centrale de Tchernobyl explose. 650 000 militaires, pompiers, mettront dix jours à maîtriser l’incendie. Sous la présidence de François Mitterrand, et Jacques Chirac Premier ministre, en place depuis cinq semaines, une politique du silence est mise en place pour ne pas ébranler la confiance des Français quant au nucléaire. « Il y a ce que l’on appelle un lobby du nucléaire, c’est-à-dire qu’il y a des gens qui ont des énormes intérêts financiers à ce que le nucléaire, soit bien perçu par la population », explique Jean-Claude Bourret, présentateur du journal télévisé (1975-1987).

    À l’époque, l’éminent professeur Pierre Pellerin du SCPRI (Service central de protection contre les rayonnements ionisants), sous la tutelle de la ministre Michèle Barzach, ministre de la Santé et de la Famille. « Je voudrais bien dire, ici, clairement, que même pour les Scandinaves la santé n’est absolument pas menacée […] ça ne menace personne, sauf peut-être dans le voisinage immédiat de l’usine et encore […] », martelait le professeur. Même la journaliste et présentatrice du bulletin météo Brigitte Simonetta se veut rassurante : « En France, l’anticyclone des Açores s’est développé, la météo affirme qu’il restera jusqu’à vendredi prochain suffisamment puissant pour offrir une barrière de protection. Il bloque en effet toutes les perturbations venant de l’est. » (Crédits : DR)

    nuage, nucléaire, Tcheernobyl

    Interrogée pour le magazine en 2002, elle explique avoir fait de son mieux avec les informations reçues. « Je me demande si à l’époque je n’ai pas fait preuve d’incompétence, j’éprouve des remords avec ce que l’on sait maintenant […] », raconte-t-elle dans l’émission Secrets d’actualité présentée par Laurent Delahousse. Pour autant, comme l’explique les paroles de la chanson « Né en 17 À Leidenstadt » de Jean-Jacques Goldman : « Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens… ».

    Le nuage est passé sur la France

    Aujourd’hui, la vérité est crue, le nuage est bien passé sur la France contrairement à ce que disait l’État. Jean-Claude Zerbig, ingénieur au commissariat à l’énergie atomique (1965-1998) à Saclay, en région parisienne. « Toutes les alarmes étaient en déclenchement, ça sonnait de partout et les gens ne voyaient pas du tout d’où ça pouvait venir », soulignait l’ingénieur en se rappelant du 1er mai 1986. Dans la caserne d’Ajaccio, le déclenchement du détecteur de radioactivité sonne à 10 h 20 selon la main courante de la caserne le 2 mai 1986.

    Panneaux, personnages, image

    Nice-Matin écrivait dans son édition du dimanche 4 mai 1986 : « Ajaccio : un étrange nuage a enveloppé, avant-hier soir le centre-ville d’Ajaccio, lui donnant pendant quelques minutes un aspect fantomatique […] L’appareil en provenance de Paris, à 21 h 35 et celui venant de Nice, à 22 h, n’ont pas pu se poser sur la piste de Campo-dell’Oro, la visibilité étant inférieure à 200 m ».

    Le 6 mai 1986, une missive arrive de l’hôtel de Villeroy : « Le territoire français a été totalement épargné, affirme le communiqué du ministre de l’Agriculture », François Guillaume. Corine Lalo, journaliste grand reporter intriguée se rend à la frontière franco-allemande, tous les chiffres lui sont donnés sur l’ampleur de la catastrophe. La vérité arrivera le 10 mai 1986, sur le plateau de Jean-Claude Bourret.

    (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    « L’omission est-elle un mensonge ? » Elle est l’action d’omettre, manquer à faire, à dire une chose. Du côté du droit, c’est un terme de jurisprudence qualifiant le manquement à une chose exigée par la loi, et qui, dans certains cas, entraîne la nullité. En droit, cela va bien plus loin. La non-dénonciation de crime est un délit. (À ne pas confondre avec la délation, qui est une dénonciation inspirée par l’intérêt, la haine, le désir de nuire ou le sectarisme). Le fait, pour quiconque ayant connaissance d’un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêchés, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni, de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 € d’amende (Code pénal, art. 434-1). Lorsque le crime visé au premier alinéa de l’art. 434-1 constitue une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation […] la peine est portée à cinq ans d’emprisonnement et à 75.000 € d’amende (Code pénal Art. 434-2).

  • De quel genre êtes-vous ?

    De quel genre êtes-vous ?

    Le « genre », deux voyelles et trois consonnes composent un simple mot, qui à lui seul peut déclencher envolées lyriques et vastes polémiques à chaque coin de rue. Mais, au-delà de ses cinq lettres, qu’est-il réellement ? Depuis son apparition outre-Atlantique dans les années 70, il débarque avec les années eighties en France. Il provoque un tsunami dont les vagues perdurent encore aujourd’hui. Si de nombreuses questions subsistent, le questionnement permet éclaircissement.

    Rappelons-nous, en préambule que dans le domaine de l’être vivant, il y a deux espèces, l’animal et le végétal. Au sein de l’espèce animale, le genre humain est l’ensemble des êtres humains sans distinction. Un ensemble composé de personnes avec des sexes différents, un féminin, l’autre masculin. Le terme « Gender » est apparu dans les années soixante-dix, après un des plus grands moments, de l’histoire de la musique populaire, classé par le magazine Rolling Stone parmi les 50 qui ont changé l’histoire du rock’n’roll, apothéose du mouvement hippie, le festival de Woodstock. Il fut et reste un des plus grands moments à divers points, il a contribué à la libération sexuelle.

    Le guide de la bonne épouse décrivait en 1955 les bonnes attitudes selon les auteurs. Suivi par Fascinating Womanhood, d’Helen Andelin, en 1963, est un best-seller, en réaction à la seconde vague féministe. Un manuel de protection pour surfer sereinement sur le net existe. (Crédits : DR)

    Le guide de la bonne épouse

    En 1955, aux États-Unis d’Amérique, un article intitulé « le guide de la bonne épouse » est paru dans le mensuel « The housekeeping Monthly » (ci-dessus) provoquant un scandale retentissant. Le mouvement féministe américain venait de naître. Il prend de l’ampleur, avec la libération sexuelle et cherche à faire entendre sa voix. Robert Stoller popularise en 1968 une idée dans laquelle il n’y a pas de réelle correspondance entre le genre, féminin ou masculin, et le sexe, femme ou homme.

    « De l’enfance à l’adolescence, tout semble disposé pour creuser davantage le fossé naturel qui la sépare de l’homme […] », résumait Simone de Beauvoir sur le tome II de « Le deuxième sexe ». (Crédits : Alexandra Galakof)

    Le deuxième sexe

    Dans le tome 1 intitulé « Les faits et les mythes » de l’ouvrage « le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir, l’auteure débute par deux citations antinomiques, écrites par leurs auteurs avec un écart de plus de deux millénaires. La première de Pythagore (-580 -495) : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme ». Puis la seconde, aux antipodes du réformateur religieux et philosophe présocratique grec : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect, car ils sont à la fois juge et partie », écrit François Poulain de la Barre (1647-1725), écrivain, philosophe cartésien et féministe français.

    L’hyperandrogénie

    Il est nécessaire de différencier le genre de la « sexualité ». L’appareil génital confère notre identité, femme ou homme, mais pas seulement. Il permet de déterminer biologiquement et physiologiquement les différences entre le genre humain. Malgré que cela pose dans le sport des romans-fleuves, tel le cas de l’athlète sud-africaine Caster Semenya.

    Caster Semenya, lors des championnats d’Afrique d’athlétisme à Durban, le 26 juin 2016. (Crédits : AFP)

    La chose qui lui est reprochée est que son corps produise un taux de testostérone supérieure de 5 nmol/l que la norme définit, à 10 nmol/l par la fédération internationale d’athlétisme, la World Athletics (IAAF jusqu’en octobre 2019). Fédération qui impose un traitement médical aux sportives hyperandrogènes pour abaisser leur taux d’hormones masculines racontent Isabelle Mougere et Liliane Charrier. Le 19 février 2021, l’athlète décide de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

    Naître dans le mauvais corps

    Être né garçon avec une personnalité de fille et inversement n’est pas une maladie. L’association ORTrans estimait en 2018 que la France comptait 15 000 personnes transgenres, selon la question que posait le député (LFI) Bastien Lachaud au ministre de l’Intérieur en avril 2018. Isaac, 14 ans est née Taila. Très tôt, l’adolescent se posait des questions. « Je ne comprenais pas pourquoi je n’avais pas un corps comme les autres garçons », évoquait-il dans une partie du programme qui lui était consacrée dans Zone Interdite, en 2017.

    Il est temps que le monde reconnaisse et célèbre la riche diversité de la nature humaine»

    Victor Madrigal-Borloz et Dainius Pras (OMS)

    L’homosexualité dépénalisée en 1982

    Gisèle Halimi (1927-2020) défendait le 27 juillet 1982, dans l’hémicycle l’abrogation de l’alinéa 2 de l’article 331 du Code pénal. « Comment des députés français, c’est-à-dire par définition même, des femmes et des hommes, ont pu légiférer contre l’homosexualité. » C’est sur une proposition du ministre de la Justice, Robert Badinter, l’Assemblée nationale vote la dépénalisation de l’homosexualité. Avec l’abrogation de l’article 331-2 du Code pénal, l’homosexualité n’est plus considérée comme un délit, depuis bientôt quatre décennies.

    Connaître sa préférence sexuelle

    Selon l’étude effectuée par Statista, plus de quatre personnes sur cinq indiquent une sexualité « conventionnelle », l’hétérosexualité, puis cela se complique. Les personnes attirées par le même sexe sans forcément franchir le pas, les bisexuelles, les homosexuelles… Il n’y a pas de bonnes réponses quant à votre orientation ou préférence sexuelle, seule celle qui vous satisfait est la bonne. D’autant qu’elle fait partie de votre vie intime, personne ne vous oblige à la renseigner. Vous n’êtes pas caractérisé par votre sexualité, mais par votre personnalité. Elle se présente par des caractéristiques émotionnelles, morales ou intellectuelles.

    La répartition de la population française en 2019 selon l’orientation sexuelle. Enquête réalisée auprès de 3013 personnes. (Crédits : Statista 2021)

    L’OMS a supprimé le « trouble de l’identité de genre » de sa liste des maladies le 25 mai 2019 à la suite d’une résolution. « Nous nous attendons à ce que cette reclassification ait un impact très positif sur la perception erronée selon laquelle certaines formes de diversité de genre sont des pathologies, ou une maladie […] », ont déclaré Victor Madrigal-Borloz, Expert indépendant sur la protection contre la violence et discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, et Dainius Pras, Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à la santé. « Il est temps que le monde reconnaisse et célèbre la riche diversité de la nature humaine », concluaient les deux experts de l’OMS.

    Le tableau comporte des colonnes, où les « identités de genres » apparaissent (Crédits : drapeau-lgbt)

    La communauté LGBTQ+

    Elle peut s’identifier par deux acronymes. Le premier LGBT, puis le second LGBTQIA+, cependant un autre apparaît également somme toute plus complet, LGBTQQI2SAA. Il semblerait que le mouvement LGBT soit apparu au début des années 70 en France. En mars 1971, explique le site « c’est comme ça » : « La création du front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) par Françoise Marie-Thérèse Piston d’Eaubonne, dite Françoise d’Eaubonne (1920-2005). L’association radicale, issue des mouvements étudiants de mai 68, elle rompt avec l’ancien militantisme LGBT+ qui était assimilationniste (le droit à l’indifférence était revendiqué). »

    Puis viennent les différentes identités de genre :

    • Androgyne
    • Asexuel(le)
    • Bisexuel(le)
    • Cisgenre
    • Fluid
    • Gay
    • Hétérosexuel(le)
    • Intersexué(e)
    • Lesbienne
    • Pansexuel(le)

    Les orientations sexuelles méconnues

    Comme l’indique le site, passeport santé, hétérosexualité, homosexualité ou bisexualité ne sont que les trois orientations sexuelles les plus connues. Il en existerait bien d’autres, continu l’article, marqué par des tendances sentimentales diverses ou inexistantes. Le sentiment se définit par le fait de porter de l’intérêt pour quelqu’un ou quelque chose, quant à l’adjectif sentimental, il concerne l’amour. La sexualité est l’ensemble des phénomènes sexuels ou liés au sexe, que l’on peut observer dans le monde des vivants. Ainsi, passeport santé à travers sa journaliste, Marie-Eve Wilson-Jamin ajoute ces dernières :

    • Aromantique
    • Demisexuel
    • Demiromantique
    • Graysexuel
    • Lithromantique
    • Polysexuel
    • Sapiosexuel
    • Skoliosexuel

    Christianisme, Islam, Judaïsme

    Il faut effectuer une différence entre le physique d’une personne et sa volonté de s’habiller avec les vêtements qui lui sied. Ainsi, les Écossais portent des kilts, les pratiquants de l’Aïkido portent un pantalon ample pouvant être apparenté à « une jupe-culotte », le Hakama. Les marins avaient des boucles d’oreilles pour aiguiser leur vue, et les différentes sommités religieuses des trois religions monothéistes portent des « robes ». Si elles ne sont pas au sens général des robes de femmes, elles sont un costume traditionnel. En quoi être un homme vêtu de vêtement typiquement dit féminin est un problème, comme son contraire ? Pascale Gorguet, conservatrice au musée de la mode de la ville de Paris stipule que cette robe des religieux « remonte aux origines ».

    Brian Molko, au centre, chanteur du groupe Placebo à l’aise avec son apparence, aime à jouer sur son image androgyne et la confusion qu’elle crée dans l’esprit des gens. (Crédits : DR)

    Jusqu’au XIVe siècle, les hommes étaient en robe

    « Dans l’Ancien Testament, le pantalon n’existait pas, et jusqu’au XIVe siècle, les hommes étaient en robe. Le religieux est comme l’homme en général. » La soutane intérieure, appelée ordinairement soutane est une robe portée par tous les clercs, moines, et souvent par des séminaristes, pour la confession catholique. Les personnes de confession musulmane portent une Djellaba, robe longue avec un capuchon, enfin ceux de confession juive portent un Kittel. Dans les trois religions monothéistes qu’est le Christianisme, Islam, Judaïsme, les personnes portent des tenues assimilées à une robe. Il ne faut pas assimiler la tenue que porte un être humain avec son identité de genre ni sa sexualité.

    Androgyne, ou l’art de troubler

    L’androgynie est involontaire, cependant « C’est comme ça » justifie et définit qu’elle peut aussi être affirmée, comme revendiquée par l’apparence vestimentaire et l’attitude. Hermaphrodite est un synonyme, une personne qui tient des deux sexes. David Bowie, Tilda Swinton, Cillian Murphy ou encore Brian Molko (Placebo) qui indiquait « Je suis très à l’aise avec mon apparence et avec la confusion que cela crée dans l’esprit des gens. » Ce qui est cocasse est le fait de vouloir se différencier de la norme sociétale dite « hétéronormée », pour ne pas être « genré » tout en déterminant et catégorisant les populations non hétérosexuelles, l’arroseur arrosé.

    Le 11 octobre 1972 à Bobigny, Gisèle Halimi et Delphine Seyrig pendant le procès de Marie-Claire Chevalier, âgée de 16 ans, poursuivie à cause d’un avortement consécutif à un viol. (Crédits : Michel Clément)

    Qui suis-je ?

    Le coming-out serait nécessaire pour le bien-être de la personne selon les témoignages. L’amour, c’est aimer quelqu’un tout en connaissant ses défauts. Que ce soit un homme qui aime un autre homme, une femme avec une femme… Plutôt que de vouloir entrer dans la norme, se fondre dans la masse insipide, être dans l’ordinaire… Soyez extraordinaire ! La mode n’est pas définie par ce que vous portez, mais par la manière de le vêtir. En quoi, la société comme les individus, comme mes voisins, mes collègues de travail, etc. ont besoin de connaître ma préférence sexuelle, en quoi doit on connaître mes préférences culinaires, comme mes préférences politiques. « Car s’il est un choix individuel par essence et devant échapper à toute codification, c’est bien celui de la sexualité », exhortait en 1982 l’avocate, la militante féministe et femme politique franco-tunisienne, Gisèle Halimi.

  • La nature est magique

    La nature est magique

    Souvent le règne animal est empli de surprises, sur lesquelles l’être humain s’émerveille. Certaines font froid dans le dos, quand d’autres sont peu ragoûtantes. Elles permettent de contempler avec stupéfaction l’accommodation des différentes espèces et leurs évolutions. Un florilège de nos voisins, issus des mers et étendues d’eau de nos contrées. D’autant que toutes ont une utilité, dans un monde sauvage où la survie est la règle, ne laissant peu de place au relâchement.

    Le Fugu prend la grosse tête face à ses détracteurs. Il absorbe une quantité d’eau suffisante, à l’approche de prédateurs, pour se gonfler et afficher ostensiblement des piquants à faire pâlir de jalousie les escrimeurs du monde entier. Celui que l’on surnomme affectueusement poisson-globe, poisson-lune, ou encore le poisson-poison est un met connu et couru des Japonais, à plus d’un titre. Le premier se juge à la fin du repas, une fois que les lèvres sont légèrement anesthésiées par l’infime dose de poison qu’il contenait encore.

    Aucun antidote !

    Puis la rareté provoque une flambée des prix exorbitants, transformant un simple plat en véritable luxe. La dégustation d’un plat de Fugu dans de grandes tables comme le restaurant deux étoiles Usukifugu Yamadaya situé à Hiroo commence à 6000 yens (46 €) jusqu’à 30 000 (230 €). De bonnes adresses proposent également le Fugu, ainsi le Kikuchi à Ueno, propose une entrée de gamme à 4000 yens (30 €).

    Fugu, Japon, sashimi

    Le poisson-lune possède une toxine plus puissante que le cyanure, la tétrodotoxine. Cette dernière est contenue dans ses organes que sont le foie, les ovaires et les yeux.

    C’est pourquoi seuls des spécialistes sont autorisés à le cuisiner et après une formation de trois à cinq années sanctionnée par un certificat d’État.

    Ses effets sont fulgurants : la langue s’engourdit d’abord, puis les lèvres et la bouche entière. Le système nerveux est atteint, la victime peut être prise de convulsions, perdre la parole, être paralysée puis perdre conscience et en mourir.

    Quatre à huit heures, c’est le délai moyen de survie après l’absorption du poison. De plus qu’il n’existe aucun antidote.

    (Crédits : DR)

    Chaque année, on déplore au Japon plusieurs empoisonnements liés à une mauvaise préparation de ce poisson. Comme Bandô Mitsugorô VIII (1906-1975), célèbre acteur de théâtre kabuki, qui par défi se risquait à goûter au fruit défendu. En voulant impressionner ses invités, il goûtait le foie de l’animal… et qui a succombé à sa bravade, seul dans sa chambre.

    Avaler grâce à ses yeux

    Inconcevable pour nous êtres humains, mais la grenouille se sert de ses yeux pour avaler plus facilement. Elle fait descendre un œil, voire les deux, dans sa cavité buccale pour faire passer sa nourriture de l’extérieur vers l’intérieur. L’impression donne à voir qu’elle dort, pas du tout, maintenant vous observerez d’un autre œil les amphibiens. Elles sont très utiles aux jardiniers.

    En effet, devenue adulte, la grenouille comme la rainette verte, se délecte d’insectes de toutes sortes (papillons, mouches, moustiques…). Si vous croisez une grenouille dans votre jardin, vous pouvez tenter de l’embrasser, elle se transformera peut-être en princesse, avec votre âme d’enfant vous pourriez donner vie au conte et légende, qui sait.

    Saviez-vous que la plus grosse grenouille de la planète, Conraua goliath, pèse plus de 3 kg, et mesure plus de 30 centimètres, sans compter ses pattes arrières. Une fois déployée, elle triple sa longueur.

    Un papillon vit dangereusement posé sur la tête du batracien, la grenouille n’a d’yeux que pour lui (Crédits : Frank Winkler/Pixabay)

    Grenouille, mare, papillon

    Elle vit au Cameroun, en Afrique de l’Ouest. Quant à la plus petite, qui est Cubaine, elle ne mesure pas plus d’un centimètre. Néanmoins, elles sont championnes de saut avec des bonds à plus de 20 fois leur propre taille, faites le calcul pour la vôtre c’est impressionnant.

    Respiration aérienne

    Pléthores d’insectes vivent et évoluent dans une mare. Ainsi les acilies, coléoptères nageurs, possèdent une particularité déconcertante. Les mâles sont munis de ventouses sur leurs pattes pour retenir les femelles durant l’accouplement. Mais ces dames, préférant la multiplicité de partenaires, ont quant à elles développé sur le thorax une structure empêchant ces derniers de s’éterniser.

    Dyptique, amre, aquatique

    L’acilie adulte mesure pas plus de 20 mm. Les dytiques ont hacké, ou détourné de l’utilisation première, leurs ailes afin de chasser sous l’eau. Car ils forment une famille de coléoptères, comme leurs cousins les scarabées et les coccinelles, dont ils possèdent une respiration terrienne.

    Mais comment font-ils ? Le plus simplement du monde, ils se servent de leurs ailes, ou élytres, pour emprisonner une bulle d’air, comme le commandant Cousteau et ses bouteilles de plongée. Les dytiques mettent leur ingéniosité à leur propre service, avec ses pattes arrières frangées de poils natatoires qui lui servent de véritables rames pour se déplacer aisément sous l’eau, magique !

    (Crédits : DR)