Il y a plus de cent ans, que le célèbre écrivain lançait en moins de dix caractères le plus flamboyant plaidoyer. L’affaire Dreyfus divisait la France. Elle est une affaire d’État devenue conflit social et politique majeur de la Troisième République. Tout est issu de l’accusation de trahison portée au capitaine Alfred Dreyfus. Fin de l’année 1894, la condamnation et dégradation du capitaine Dreyfus est une erreur judiciaire documentée sur fond d’espionnage. Le climat de la France est profondément propice à l’antisémitisme.
L’affaire Dreyfus est un camouflé de justice, au vu de son Histoire. Accusé à tort, il ne récupérera jamais le retard de grade et de solde qui lui ont été enlevés, mais gardera son Honneur contre vents et marées. Il fut tout d’abord condamné à la déportation à perpétuité, ainsi qu’à la dégradation publique en 1894. Cinq ans plus tard, sa peine est commuée à dix ans de réclusion. Il sera enfin acquitté le 12 juillet 1906.
Révolution française, Religions et Laïcité
Ces trois choses forment un triptyque qui érige la société. Elles sont imbriquées et indissociables. Mais pour comprendre, plusieurs périodes sont à prendre en compte. La IIIe République avec l’affaire dite Dreyfus, les fondements de l’article 10 de la Révolution française et la mise en application d’une loi la liberté de conscience.
La IIIe République, ou la mise en application
En 1894, la IIIe République est toute jeune. Elle atteint ses vingt-quatre ans. Mais déjà, les crises s’enchaînent : le boulangisme (1889), le scandale de Panama en 1892, et la menace anarchiste. Mais le point essentiel apparaît en décembre 1898, lorsque l’affrontement entre dreyfusards et antidreyfusards devient prégnant. Mais ce qui fera bouger les choses est que ce mouvement menace la stabilité de la République.
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Leur texte fondateur est « L’Appel à l’union », paru le 23 janvier 1899 dans le journal Le Temps, appel au calme. Les dreyfusiens soutiennent la politique de Waldeck-Rousseau et prônent une laïcisation de la société.
La Laïcité, késako ?
Oui, mais qu’est-ce que la laïcité ? C’est un terme employé à tort et à travers. Chaque politique y va de sa définition. Elle est issue de la Loi du 9 décembre 1905, qui instaure la séparation de l’État et des Religions. Pour tenter de comprendre ce qu’est la Laïcité, il remonter à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Sous la Révolution française de 1789, la Convention projette de rendre l’école obligatoire et gratuite. Condorcet recommande un système d’enseignement laïc, ainsi que l’égalité entre filles et garçons en 1792.
L’article 10 dispose que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » Le 18 juin 1833, François Guizot, alors ministre de l’instruction publique fait voter une première loi relative à l’enseignement primaire.
C’est en 1882 que la Loi passe via Jules Ferry. Il instaure de la même façon, je jeudi de repos pour tous les écoliers. D’où l’expression de la semaine des quatre jeudis et des trois dimanches.
Puis le 9 décembre 1905, la loi de séparation de l’État et de l’Église. Dans son article 1er « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. »
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La liberté de conscience est donc de mise. Quelle est la définition de ce mot, car elle instaure les fondements de la laïcité ?
La liberté de conscience
Tout vient de ce terme. Mais comme la langue française est vivante, les sens et définition évoluent. Quelle est votre définition ? Que ressentez-vous lorsque vous entendez ce mot, que vous soyez une femme comme moi ou un homme, jeune ou moins jeune ? Pas facile à définir, n’est-ce-pas.
La première édition de l’Académie française date de 1694. La conscience est la « lumière intérieure, sentiment intérieur par lequel l’homme se rend témoignage à lui-même du bien et du mal qu’il fait. »
En 1878, elle est associée au Conseil de conscience. Ce Conseil qui était établi pour régler les affaires ecclésiastiques. Depuis la séparation de l’État et de l’Église donc des cultes en général, et surtout de la définition de 1935, la conscience est devenue, du moins sa liberté « pour chacun de croire ce qu’il veut et de conformer ses actes à ses croyances. »
La loi comme tout texte juridique est issue des us et coutumes, qui deviennent Lois. Elles sont soumises à interprétation.
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La laïcité est donc la liberté de conscience. Pour autant elle diffère, la conscience des expériences de vies, de votre culture, de vos origines… chacun possède son avis propre depuis la loi de 2004. Le partager peut engendrer des conflits, il est préférable quelques fois de se taire pour ne pas souffler de mauvaises idées. Car, comme disait l’inspecteur Harry en 1971 : « Les avis, c’est comme les trous de cul : tout le monde en a un ! »
Après le congé menstruel, le continent ibérique a le vent en poupe. C’est une assiette jetée dans l’évier ou plutôt le non-vidage du lave-vaisselle qui fait polémique. La période du Covid-19 a passé au révélateur les pratiques des ménages à travers le monde. Tant et si bien que les hommes japonais découvraient les tâches domestiques durant la pandémie. Une application mobile devrait voir le jour en Espagne courant de l’été. Elle devrait permettre une meilleure répartition des corvées.
Dorénavant tout semble se résoudre grâce aux smartphones, ces outils sont tellement intelligents qu’ils supplantent l’être humain. Comment résoudre un problème d’éducation, faites une application ! Comment résoudre un problème de discussion, faites une application ! Donc le gouvernement espagnol se penche pour une réalisation avant l’été d’une « application » pour mesurer le partage des tâches ménagères.
Le confinement a eu du bon au Japon. Les hommes japonais en temps normal, « ne voient généralement leur famille que brièvement le matin et le soir », ont passé les jours de semaine à la maison en raison de l’état d’urgence déclaré par le gouvernement. « Ce qui leur permet de constater le nombre de tâches à accomplir ». (Crédits : Simon Kadula/Pixabay)
L’OCDE estime, dans son rapport 2022 que les femmes effectuent deux fois plus de corvées que la gent masculine. Selon l’OCDE « Les femmes continuent de consacrer une part disproportionnée de leur temps aux tâches familiales et domestiques non rémunérées, ce qui compromet leur présence sur le marché du travail, surtout lorsqu’elles ont des enfants. » Le 16 mai 2023, la secrétaire d’État à l’Égalité et contre la Violence de genre, Ángela Rodríguez Martínez, a annoncé l’élaboration de cet outil devant le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, à Genève, en Suisse.
Statistiques et répartition des tâches
La secrétaire d’État a rappelé que « la coresponsabilité en matière de soins et la répartition effective au sein du foyer » ne sont pas encore égales. « Les femmes consacrent plus de temps aux tâches domestiques que les hommes », a-t-elle ajouté. De son côté Abestit explique que les femmes travaillent huit semaines de plus que les hommes. « Elles consacrent 31 heures, contre 18 pour les hommes, soit 13 heures de plus », évoque Eurofound. Ainsi selon le rapport Eurofound 2022, nous sommes 41 % à nous occuper des enfants contre 30 % de nos conjoints. Concernant les tâches ménagères, elles sont 74 % à effectuer des tâches ménagères quotidiennes, contre 42 % des hommes. Des pourcentages qui n’ont que très peu évolué depuis 2003.
Chaque semaine, elles y consacrent 31 heures, contre 18 pour les hommes, soit 13 heures de plus, rappelle Eurofound. Elles sont ainsi 41 % à s’occuper des enfants tous les jours, contre 30 % des hommes, et 74 % à réaliser des corvées quotidiennes, contre 42 % des hommes. Des pourcentages qui n’ont que très peu évolué depuis 2003. Certes, les hommes effectuent davantage de travail à l’extérieur que les femmes : 42 heures par semaine en moyenne en Europe, contre 37 heures pour les femmes. Ce qui explique d’ailleurs qu’ils soient plus nombreux (46 %) que les femmes (43 %) à souhaiter réduire leur temps de travail, note Eurofound.
Inégalité dans l’exécution des tâches
Faire les courses, la vaisselle, le petit déjeuner, le ménage, enlever le rouleau de papier toilette vide… régulièrement, pour ne pas dire tout le temps, c’est l’apanage des femmes. « Dans un avenir proche, nous présenterons une application permettant de comptabiliser les tâches ménagères effectuées par les différents membres de la famille, afin de connaître les heures de travail que nous nous devons les uns aux autres à la maison et de pouvoir ainsi réorganiser notre temps de travail à la maison », annonçait Irene Montero à Genève.
Tous les journaux s’en donnent à cœur joie. Les dernières données de l’INE, l’INSEE espagnol, « 76,5 % des femmes effectuent la majeure partie des tâches ménagères, contre 23,5 % des hommes ». Le côté amusant est qu’Ana Iris Simón explique, pour El País, que dans les villes de plus de 50 000 habitants (El Ejido, Ceuta, Marbella et Melilla) les hommes ne cuisent même pas les œufs. « Il serait curieux de croiser ces données avec celles relatives à la consommation de jambon. »
Il est incorrect semble-t-il de dire « j’aide ma compagne, mes colocs, ma femme… » dans les tâches ménagères, elles doivent être réalisées tout simplement. Alors peu importe la personne qui s’en occupe. Le but est de remettre en question les usages, mais pas besoin d’application pour ça, juste du bon sens, enfin j’espère.
La Journée internationale du Droit des femmes est célébrée dans de nombreux pays à travers le monde. C’est un jour où les femmes sont reconnues pour leurs réalisations, sans égard aux divisions, qu’elles soient nationales, ethniques, linguistiques, culturelles, économiques ou politiques, explique l’ONU. Elle est établie au 8 mars de chaque année. Purement symbolique est-elle, elle a le mérite, comme toutes les journées internationales, de mettre en lumière ledit sujet. Pourquoi créer une telle journée ? Pour qui ? Depuis quand ?
Chaque 8 mars, une clameur mondiale s’élève. Celle qui remémore que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas encore la norme. Elle est officiellement reconnue par l’ONU en 1977, la Journée internationale des droits des femmes est bien plus qu’un simple rituel. Elle dresse le bilan : inégalités salariales persistantes, violences sexistes et sexuelles, accès inégal à l’éducation ou aux soins, invisibilisation dans certains métiers… Même de mettre en lumière des femmes privées de tout qui résistent tout de même.
La Journée du 8 mars
« Elle sera sans doute l’occasion, comme souvent, d’un accroissement des propos misogynes, notamment sur les réseaux sociaux. Le 8 mars n’est pas, comme on l’entend encore parfois, la journée de “la” femme, qui mettrait à l’honneur un soi-disant idéal féminin (accompagné de ses attributs : cadeaux, roses ou parfums). Elle est une journée de mobilisation des pouvoirs publics pour rappeler que l’égalité femmes–hommes est une priorité. C’est dans ce sens que nous souhaitons l’organiser », écrivait le 7 février 2013 la ministre française des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem.
Que veut dire « égalité » ? C’est un nom féminin, issu du latin « aequalitas ». Le Larousse le définit selon « qualité de ce qui est égal », et le Littré comme la « qualité de ce qui est égal. Égalité de deux lignes, de deux angles. Égalité d’âge, de mérite. »
Cette journée est antérieure à la publicité qui lui est faite. Elle daterait du XIXe siècle, 1848 pour être précis, sur le continent américain. Lors d’une convention contre l’esclavage, qui sévissait encore, deux femmes s’indignaient de l’interdiction faite aux femmes de prendre la parole. Ainsi les Américaines Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott réunissent plusieurs centaines de personnes à leur Convention pour les droits des femmes à Seneca Falls, la première du genre. Elles revendiquaient des droits civils, sociaux, politiques et religieux pour les femmes.
Cela amènera la première journée américaine des femmes le dimanche 28 février 1909. Elle sera célébrée jusqu’en 1913. Il est nécessaire d’indiquer que le premier pays à avoir autorisé les femmes à voter est la Nouvelle-Zélande en 1893 — 2015 pour l’Arabie saoudite —, non sans mal. Imaginez une pétition de 270 mètres signée par 30 000 femmes, soit le quart des Néo-Zélandaises, une année plutôt pour revendiquer ce droit fondamental. Elles ne seront éligibles qu’après la Première Guerre mondiale, en 1919.
(Crédits : La déclaration de sentiments et de résolutions du 19-20 juillet 1848 /DR)
Puis c’est au tour de l’Europe de se mettre en marche. Du 28 août au 3 septembre 1910 se déroule le huitième congrès socialiste international à Copenhague, au Danemark. Plus de 100 femmes de 17 pays se retrouvent pour entériner une journée honorant la Femme, et favorisant l’obtention du droit de vote. À la suite de la décision prise à Copenhague, la Journée internationale des femmes est célébrée pour la première fois, le 19 mars 1911, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, où plus d’un million de femmes et d’hommes assistent à des rassemblements.
Une lente avancée
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’assemblée des Nations unies adopte un document emblématique et pierre angulaire du futur. La Déclaration des droits de l’Homme est la première reconnaissance mondiale de l’existence de droits fondamentaux inaliénables et de libertés essentielles qui s’appliquent à chaque être humain — les femmes comme les hommes —.
Il a fallu attendre 1977 pour qu’elle soit officialisée par l’assemblée des Nations unies. En appelant « tous les États à proclamer, comme il conviendra en fonction de leurs traditions et coutumes historiques et nationales, un jour de l’année Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale ».
En 1979, la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). Souvent appelée la « Charte des droits des femmes », la CEDEF est le document international le plus complet visant à protéger les droits humains des femmes.
(Crédits : une copie de cette pétition est conservée aux Archives nationales de la Nouvelle-Zélande/DR)
Le droit à l’égalité de rémunération, y compris de prestation, à l’égalité de traitement pour un travail d’égale valeur aussi bien qu’à l’égalité de traitement en ce qui concerne l’évaluation de la qualité du travail », écrit la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.
L’article 11, alinéa 1.c, donne droit à l’égalité de rémunération entre femmes et hommes. Mais ce qui peut paraître choquant à la lecture est le fait « d’interdire, sous peine de sanctions, le licenciement pour cause de grossesse ou de congé de maternité et la discrimination des licenciements fondée sur le statut matrimonial » (Article 11, alinéa 2.a).
Sous-entendu que certains pays l’autorisaient. L’article 13 donne une vision étendue sur la liberté des femmes avant les années 80. Il octroie le droit aux prestations familiales, aux prêts bancaires, prêts hypothécaires et autres formes de crédit financier, à la participation aux activités récréatives, aux sports et à tous les aspects de la vie culturelle…
(Crédits : ONU)
Les jeunes filles nées en 2010 possèdent le même âge qu’« ONU Femmes », 11 ans. Le 9 mars 2020, il y a tout juste un an, la commission de la condition de la femme soulignait un constat d’échec. Le rapport de la 64e session, disponible en anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe, est affligeant de vérité.
« Nous, les ministres, représentantes et représentants de gouvernements […] reconnaissons que, 25 ans après la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, aucun pays n’est vraiment parvenu à assurer l’égalité des genres et l’avancement des femmes et des filles, qu’il existe toujours des inégalités marquées à l’échelle mondiale […] »
Les rapporteurs exhortent les hommes et les garçons à se mobiliser pleinement en faveur de l’égalité des genres et de l’avancement de toutes les femmes et les filles.
Les collages s’affichent partout dans les rues des villages ou villes, ici à Poitiers, dans la Vienne (86). (Crédits : DR)
Puis la violence ne connaissant pas de frontière, le 17 juin 2011, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies adopte « par 23 voix contre 18 et avec six abstentions, le Conseil a adopté une résolution sur la protection contre la violence et la discrimination en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre […] La discrimination à l’encontre de ce groupe est étroitement liée à son identité de genre et se manifeste à travers sa vulnérabilité face à l’exclusion sociale ou la violence, comme des actes de ” viol correctif “, des agressions et le refus d’accès à des services de base », ajuste ledit Conseil.
Quels sont les chiffres ?
Le constat de l’ONU est factuel. La population en 2020 en millions d’individus est de 7 795, dont 49,6 % sont des femmes. La différence est de 92 millions d’hommes sur l’ensemble du globe. Certains pays comptent plus de femmes que d’hommes et inversement. Pays où la population féminine est supérieure (Nombre d’hommes pour 100 femmes) : Népal (84,5), Hong Kong (84,8), Russie (86,8), Lettonie (85,5), Ukraine (86,3) et inversement, pays où la population féminine est inférieure (Nombre d’hommes pour 100 femmes) : Qatar (302), Émirats arabes unis (223,8), sultanat d’Oman : (194,1), Inde (108), Chine (105)
Les chiffres indiquent que les femmes représentent peu ou prou la moitié de la population mondiale. Or, comme le stipule le rapport de la 64e session de l’ONU Femmes « aucun pays n’est vraiment parvenu à assurer l’égalité des genres et l’avancement des femmes et des filles ».
Cela signifie que malgré tout les femmes ne bénéficient pas des mêmes droits. L’inégalité salariale est considérable, l’écart est de 16 %. Cela correspond à peu de chose à la différence, entre le salaire brut et le chômage partiel, instaurée actuellement en France. Les femmes gagneraient 84 % du salaire moyen des hommes.
Les femmes et les hommes ne sont physiquement pas égaux. Chaque État prône l’égalité à défaut de l’équité. Cette dernière donne la disposition à faire à chacun parts égales, à reconnaître impartialement le droit de chacun. (Crédits : DR)
Une loi islandaise prône depuis le 1er janvier 2018 l’égalité de salaire, elle oblige les employeurs à prouver qu’homme et femme gagnent autant au même poste. « Le nouveau texte de loi inverse la charge de la preuve : il ne revient plus aux salariées de prouver la discrimination en raison de leur genre, mais aux entreprises de démontrer que, si écart de salaire il y a, le genre n’y a aucune part », raconte le Point. Autre pays, autre avancée, en Nouvelle-Zélande, le parlement compte 57 élues pour 120 sièges, soit 48,33 % tandis que la moyenne mondiale est de 25 %. Le grand gagnant est le Rwanda avec 61,25 % de femmes au parlement.
Mariées avant leurs 18 ans
Le monde compte 1,1 milliard de filles. L’UNICEF atteste que « si toutes les femmes bénéficiaient d’une éducation secondaire, le taux de mortalité des enfants diminuerait de 49 % ». L’exemple de l’Afghanistan est criant de vérité. « On estime que seuls 32 % des garçons et 8 % des filles ont participé à une forme quelconque d’enseignement primaire, et que les taux de fréquentation, d’abandon et d’achèvement des études ont été aggravés par les restrictions imposées par les talibans à l’éducation des filles », souligne le rapport rédigé en 2002 par l’ONU.
Dans le monde, 700 millions de femmes ont été mariées avant 18 ans, écrivait en 2016, Eugénie Bastié (le Figaro). En 2019, une femme sur cinq ayant entre 20 et 24 ans était mariée avant l’âge de 18 ans. (Crédits : Roberto Nickson/Pexels)
Au cours de la dernière décennie, le taux mondial de mariage d’enfants a chuté, la diminution la plus importante sur cette période étant observée en Asie du Sud. De nos jours, c’est en Afrique subsaharienne que le risque de mariage d’enfants est le plus élevé : plus d’une femme sur trois de la tranche d’âge 20-24 ans y a été mariée avant ses 18 ans. « Si toutes les femmes avaient accès à l’enseignement secondaire en Afrique subsaharienne ainsi qu’en Asie du Sud et de l’Ouest, le nombre des mariages d’enfants chuterait de 64 % », appuie l’UNICEF.
« Le mariage tue l’enfance», affirme Henrietta Fore, directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Ces nouvelles estimations portent le nombre total d’enfants mariés dans le monde à 765 millions, en 2019. Les filles continuent toutefois d’être disproportionnellement touchées, avec une jeune femme âgée de 20 à 24 ans sur cinq mariée avant son 18e anniversaire, contre un jeune homme sur 30. Il y a une année, le 11 mars 2020, l’ONU affirmait que plus de 14 millions d’adolescentes dans 12 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud vont pouvoir bénéficier des services du programme mondial de l’UNFPA et de l’UNICEF pour mettre fin au mariage des enfants d’ici 2023. (Crédits : DR)
Le droit à disposer de son corps semble échapper encore aux femmes. À peine plus d’une femme sur deux dans le monde connaît cette liberté sur les choix inhérents à la santé, la sexualité comme la procréation. Pire, chaque jour, 137 femmes sont tuées par un membre de leur famille. On estime que sur les 87 000 femmes qui ont été intentionnellement tuées en 2017 dans le monde, plus de la moitié (50 000) l’ont été par un partenaire intime ou un membre de leur famille. Plus d’un tiers (30 000) des femmes intentionnellement tuées en 2017 l’avaient été par leur partenaire intime actuel ou par un ex-partenaire.
Le droit à l’avortement en France existe depuis 17 janvier 1975 grâce à la loi relative à l’interruption volontaire de grossesse, dite loi Veil. Promulguée le 17 janvier 1975, pour 5 ans à titre expérimental, elle est reconduite sans limites de temps par une loi depuis le 31 décembre 1979. En Irlande, cela ne fait que deux ans. Depuis décembre 2020, l’Argentine accède à la liste des 68 pays autorisant légalement l’avortement. Avec ce texte, l’Argentine rejoint des pays comme Cuba, l’Uruguay et le Guyana, qui autorisent l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sans condition en Amérique du Sud. Tandis qu’en octobre 2020, la Pologne régresse sur cette question à travers la décision de la cour constitutionnelle de bannir ce droit.
(Crédits : extrait du Journal officiel du 18 janvier 1975/Légifrance)