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  • De la Réunion à l’île de la Possession (1re partie)

    De la Réunion à l’île de la Possession (1re partie)

    Flavien Saboureau est parti pour un voyage qui va l’amener sur des lieux reculés et inconnus. Ce périple l’entraînera à se découvrir dans un milieu non pas hostile, mais peu commun… l’île d’Amsterdam. D’ailleurs, cela fait presque deux semaines qu’il passe ses journées en quarantaine dans sa chambre d’hôtel… à La Réunion. Imaginez un botaniste au sein d’un paradis terrestre durant 336 heures, 20 160 minutes ou 1 209 600 secondes, n’ayant qu’une fenêtre pour s’évader par la pensée… le temps est long.

    La délivrance est enfin là : « Nous sommes le mercredi 11 août 2021, il est à peine 17 h que le Marion Dufresne a déjà quitté le port de la Réunion, cap sur l’archipel de Crozet », se réjouit l’aventurier. Mais quelques minutes après avoir embarqué, c’est une autre actualité qui s’empare de la « Une » dirait un journaliste : « Un marin de la compagnie armatrice et la médecin procèdent à exercice. Nous faisons une première simulation d’évacuation sur le tribord, près des chaloupes ». Avant de prendre le large, l’hélicoptère rejoint le navire. L’aéronef est primordial pour descendre les matériaux, matériels et personnes sur les différentes terres (TAAF), dépourvues de port. Sur le quai, Laurie et Lucie, rencontrées durant la formation, ainsi que quelques promeneurs font de grands signes d’au revoir, tandis que le Marion Dufresne largue les amarres. Le Pacha annonce et met le cap plus au sud, vers l’archipel subantarctique des îles de Crozet, le jour tant à décliner alors que l’île est disparaît petit à petit. « La lumière commence déjà à faire défaut sur le pont avant, au-dessus de la passerelle de commandement ».

    Première nuit en mer

    « Le magnifique coucher de soleil est salué par des hordes de pétrels et une baleine, raconte-t-il. Sa nageoire caudale frappe la houle qui est quasi inexistante près des côtes ». Comme sur tout navire, les protocoles sont légion. Ainsi le repas se déroule en deux temps. Un premier service à 18 h pour les militaires et artisans, puis un second soixante-quinze minutes plus tard pour les officiers, les responsables, et étonnement nous (Pauline et moi, les volontaires services civiques de ce bateau).

    La magie du coucher de soleil fonctionne toujours. D’autant que seul l’horizon semble poser les bords du cadre de la photo. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Après une courte soirée, Flavien se dirige vers la chambre 7002, qu’il partagera avec le futur cuisinier d’Amsterdam. Elle est située sur le pont G, ultime partie habitée de la poupe, juste à côté de l’hélisurface. « J’espère que je n’aurai pas le mal de mer, car c’est ici qu’on ressent le plus ses assauts », s’interroge-t-il. Les lits, appelés bannettes, sont très rudimentaires, mission scientifique oblige. Accrochés au mur, ils possèdent la capacité de se replier pour laisser place au plan de travail. Ces « lits », si l’on peut les dénommer ainsi, ne sont pas équipés de garde-corps. Seule une sangle est à leur disposition pour s’attacher au cours des nuits agitées, et ne pas en tomber. « La première fut bonne, la houle est agréable lorsqu’elle n’est pas trop forte »

    Une douche acrobatique

    Lors du petit-déjeuner, servi entre 7 h et 8 h 15 certaines personnes brillent par leur absences, ils ont succombé au mal de mer, ou naupathie. Ce mal des transports disparaît au bout de 48 à 72 heures, selon les marins. De son côté il s’avoue tranquillisé, n’ayant aucun signe de nausées. Une nouvelle exploration de la vie sur un bâtiment est celle de la toilette. Il a pu « découvrir la joie de la douche dans un navire où il faut savoir se caler pour éviter de glisser au grès du tangage. » Ensuite, durant la majeure partie de la matinée, il se trouve dans la « très calme » passerelle de commandement, « sûrement le meilleur endroit du bateau pour apprécier l’inhospitalité qui nous entoure », assure-t-il. L’occasion de remarquer d’étranges habitants qui s’extirpent de l’océan en volant 4 à 5 secondes, avant de retourner à l’eau. « Ce sont les fameux poissons volants que j’avais découverts dans les documentaires, mais que je n’aurais jamais pensé voir en vrai », se réjouit Flavien, alors qu’il n’est qu’au crépuscule de son aventure.

    Un air de vacances

    Le repas est assuré de la même manière que le dîner, en deux services. Le premier à 11 h, puis à 12 h 15. Comme la veille au soir, l’estomac de certains ne s’est toujours pas acclimaté à la houle, rendant leur présence impossible. L’après-midi, Flavien change de casquette pour devenir photographe. Téléobjectif en main, il reste stoïque à traquer le moindre signe de vie, en short/tee-shirt face aux embruns, surpris par la douceur ambiante. L’occasion lui est donnée d’apercevoir des calamars volants (plus rapide qu’Usain Bolt), et « cet oiseau qui m’était encore inconnu, le pétrel à tête blanche ». Seule rencontre « humaine » aux dernières lueurs du jour, un pétrolier sous pavillon sri-lankais qui se rend à sa capitale, Colombo.

    Dans l’incommensurable océan, la simple présence d’un pétrolier rompt la monochromie du bleu. (Crédits : Flavien Saboureau)

    La soirée qui fut un peu plus festive se finissait sur le dernier pont du navire à observer l’immensité au-dessus d’eux. « Une pluie d’étoiles filantes sur un fond de constellations comme je ne l’avais jamais vu. On y discerne même extrêmement bien la Voie lactée dans un ciel vierge de toutes luminosités. » Le lendemain matin, 13 août 2021, l’océan indien a forci, ses vagues viennent s’échouer sur la coque du Marion. Après avoir avalé son petit-déjeuner, il attaque une formation sur la biosécurité, avant de prendre ses quartiers, quasiment quotidien à la passerelle de commandement. Il dévore des écrits sur les explorations botaniques, avec encore et toujours, cet interminable océan indien en ligne de mire.

    Le cap représenté (à l’aide d’outil de navigation tel le compas ou la règle Cras) par la ligne confirme la route du navire. Le compas permet d’obtenir le relevé (exprimé en degré par rapport au nord magnétique) d’un point fixe. Quand la règle Cras est utilisée pour tirer des droites à partir des relevés mesurés. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Au poste de commandement, où la discrétion est de rigueur, les officiers de quart tracent à la main le dernier point connu toutes les deux heures, « à ce moment-là nous étions alors sur les latitudes Sud du Lesotho », écrit Flavien sur son carnet de bord. La passerelle est un lieu qui le rassure et l’apaise, parce qu’ « en plus du silence qu’il règne ici on y observe le seul point fixe que l’on peut trouver sur un bateau, l’horizon… » Après s’être restauré, un enseignement sur la gestion des déchets sur les districts austraux commence à 13 h 30. S’en suit une sieste, car « nous sommes tous un peu fatigués ». Cela semble être dû au travail fastidieux de l’oreille interne, cherchant sans cesse l’équilibre. Reposés, ils sont mis au fait de la nutrition au sein des bases.

    Le calme avant la tempête

    Il y a quelques jours, la tempête tant attendue pour certains, et tant redoutée pour d’autres, est prévue pour demain, samedi 14 août. Après avoir fait un point avec la cheffe de quart, il s’avère fort probable que l’expédition passe à côté de la dépression, et que « nous ne devrions pas connaître ces fameux creux de 12 m dont tout le monde nous parle. Croisons les doigts pour les connaître plus tard, entre Crozet et Kerguelen ». Le Marion se trouve, à l’instant où Flavien couche ses lignes sur le papier, sous le 33e parallèle Sud. Les vents se lèvent, la houle forcit considérablement, c’est à cet instant que le capitaine prend la parole. Le pont E et la proue sont désormais interdits.

    « Pour la première fois à bord du bateau je ne me sens pas très bien. À 21 h je suis au lit, enfin à la bannette… Les creux sont si fort qu’il est compliqué de rester allongé sur le matelas. J’ai dû m’endormir sur les coups de 3 h du matin après que tout le mobilier non fixé de la chambre comme les chaises, ait glissé et grincé de longues et interminables minutes. »

    Les appartements d’un navire scientifique paraissent spartiates, mais demeurent fonctionnels. De part et d’autre, les fameuses bannettes et leur sangle. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Le lendemain, tout allait mieux, même si le petit-déjeuner avait été mouvementé. Une grosse vague venant de bâbord a renversé toutes nos tasses, bols, tartines… et bien entendu nous sur nôtre chaise. « Je me suis alors empressé de monter à la passerelle pour voir le spectacle, j’y suis resté la matinée entière. » Les vents atteignent de 40 à 45 nœuds, avec une rafale cette nuit à 64 nœuds, soit près de 119 km/h. Les mesures de vents s’effectuent en nœuds (ou knot en anglais), Il correspond à une vitesse de 1, 852 km/h (soit 1 mille marin à l’heure). Juste avant le repas, une surprise de taille apparaît, le premier albatros hurleur.

    Capté en plein vol, le Grand albatros autrement nommé albatros hurleur (Diomedea exulans) semble être comme un poisson dans l’eau. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « Je passe l’après-midi dehors avec mon téléobjectif, sur le petit pont F situé à l’arrière du PC science, le seul autorisé en extérieur. » Installé en début de soirée devant son ordinateur pour identifier les oiseaux observés et photographiés, il obtient de l’aide. « Antoine, le responsable biosécurité m’a rejoint et nous avons identifiés l’albatros hurleur, l’albatros timide, le pétrel noir et le pétrel géant », explique Flavien. Après avoir dîné, les jeux de cartes occupent les convives jusqu’à minuit, passé d’une demi-heure.

    Les 40e rugissants et la fin du masque

    Ce dimanche 15 août, le réveil est plus léger, car la nuit fut un peu plus calme. Flavien s’attelle à terminer la détermination des oiseaux de la veille. « Je reconnais le pétrel soyeux et un prion, qui m’est difficile d’identifier avec certitude ». Au début de l’après-midi se déroule la formation (en salle) à la procédure d’embarquement et débarquement depuis l’hélicoptère sur les « Drop Zone ». À l’origine elle désignait la zone d’atterrissage des parachutistes, comme dans le film du même nom avec Wesley Snipes. Ce n’est qu’à la fin des années 1990 qu’il prend le sens qu’on lui attribue le plus régulièrement aujourd’hui. Après quelques photos, « je découvre l’albatros à tête grise, le pétrel gris, l’albatros fuligineux à dos clair et viens enfin le temps de la philatélie ». Le préfet, le commandant, les chefs, la médecin apposent leurs tampons, leurs signatures sur des centaines de lettres envoyées par des philatélistes (que l’on nommait trimbomanie jusqu’en 1849 explique Le Larousse) de pléthores parties du globe.

    Le navire est soumis, sans cesse aux forces de la nature, à travers les divers océans et mers. Il conserve son cap en s’accommodant de la météo. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « En fin d’après-midi je me rends à la passerelle pour scruter le franchissement du mythique 40e parallèle, connu sous le fameux nom de 40e rugissant ». Mais un autre cap, plus symbolique celui-ci est surmonté ce 15 août 2021 : « Après être passé chez la docteure, qui nous a pris notre température nous enlevons le masque pour un an et demi. C’est la bonne nouvelle du jour ! » La soirée s’annonçait festive, juste avant une déclaration couperet. En raison du retard accumulé, il n’y aura pas de descente de bateau après-demain… « Pour nous faire oublier la mauvaise nouvelle, j’assiste avec les autres à la conférence de Christophe Guinet, spécialiste international des orques de Crozet. Durant une heure et demie, il nous les présente, leur mode de vie, leur relation familiale… »

    Dernières heures avant l’île de la Possession

    Le premier lundi à bord du bateau, démarre par une nouvelle procédure de biosécurité, « on ne sait jamais, si on venait à descendre au dernier moment… le sac de rando, les chaussures, les semelles… toutes les affaires sont impeccables », espère-t-il en vain. Le début d’après-midi est consacré à la photo, mais peu d’oiseaux se montrent. Hors mis le pétrel bleu et une autre espèce difficile d’identification. Peu après, commence une réunion sur les cabanes, leur nombre, leur accessibilité, leurs rénovations, leur démolition, leur ravitaillement… Puis en seconde partie, le référent Météo France présentera longuement sur son domaine de prédilection. À savoir, la formation des nuages, les vents, les courants… mais également comment les prévisions sont calculées sur l’île de Kerguelen. La vie sur un navire crée des liens certains avec des « collègues » que l’on connaît depuis un mois, et débarque, demain mardi 17 août 2021. C’est comme cela que la journée bien chargée s’achèvera par une grosse soirée qui se finira tard, très tard… dans la nuit, à 3 h 30. « Le réveil qui sonne dans moins de quatre heures pour voir l’arrivée sur l’île de la Possession risque d’être compliqué », ajuste Flavien en se glissant dans sa bannette…

  • Jour de rentrée… aussi pour les ransomwares

    Jour de rentrée… aussi pour les ransomwares

    Les vacances, même si l’été fut plus froid et humide qu’en 2014 a annoncé Météo France, sont belles et bien terminées. Les codes malveillants, ransomwares, phishing… eux ne sont pas véritablement restés en estivation. Les opérations d’attaque ont passablement épargné la France, à brûle-pourpoint. Le centre hospitalier d’Arles n’a quant à lui pas été ménagé par le groupe « Vice Society ». Dans le monde de « l’informatique », des petits nouveaux se montrent, certains affinent leur choix de cible, et d’autres sont prolifiques. Des fuites de données sont également légion.

    Le 27 août 2021, des informations concernant 700 000 personnes étaient disponibles sur Francetest. Ainsi noms, prénoms, dates de naissance, adresses, numéros de téléphone, de sécurité sociale et courriel, ainsi que leurs résultats aux tests étaient accessibles jusqu’à vendredi grâce à « un mot de passe trouvable, en clair, dans un dossier accessible à tous » sur le site de Francetest, relatait Mediapart. Les membres du site « Jassume », eux frémissent outre-Atlantique depuis la mi-août.

    Le site permet de faire des rencontres, mais d’échanger sur de nombreux sujets (sexualité, spiritualité, livres…). Le panel de coordonnées est alors plus qu’intéressant pour toutes personnes malintentionnées. (Crédits : capture d’écran)

    Au total 272, 9 Mo de données affichant près de 800 000 utilisatrices et utilisateurs sont jetés en pâture au premier venu. « Le pirate informatique “M”, nous l’appellerons ainsi, est une référence dans son milieu. Ce professionnel du piratage et de la vente de données exfiltrées vient d’annoncer avoir suffisamment vendu la base de données du site pour adultes “Jassume” pour maintenant la diffuser publiquement », écrit Damien Bancal sur Zataz. Ces personnes devront, si ce n’est pas déjà le cas changer tous leurs mots de passe, de tous les sites qu’ils fréquentent. Car leurs identité, mot de passe, emploi, webcam, date de naissance et courriel sont compromis à différents niveaux. « J’ai découvert que des pirates russes avaient analysé le fichier et en avaient déduit que plus de 85 % des paires email/mot de passe était uniques, c’est-à-dire qu’elles n’avaient pas jamais été trouvées précédemment dans aucune autre fuite », martèle-t-il. D’autant qu’avec ces multiples données, les hameçonnages devraient se multiplier, et pas seulement. Les usurpations d’identité, fraudes bancaires…

    Près de 800 000 identités ont été vendues de nombreuses fois avant d’être mises en libre accès. Elles sont les noms, prénoms, pseudos, adresses mail, professions, lieux de résidence, préférences spirituelles et sexuelles… (Crédits : capture d’écran)

    L’opérateur T-Mobile attaqué

    Le 17 août 2021, la société T-Mobile, filiale de Deutsche Telekom, avait confirmé être victime d’une cyberattaque qui a compromis les données de millions de clients. Selon la firme, les informations financières ne sont pas concernées. Seuls les noms, adresses, dates de naissance, permis de conduire, et cartes d’identité ont été ébranlés. « L’intention de cet individu était de s’introduire et de voler des données, et il a réussi, affirme Mike Sievert, PDG de T-Mobile. À ce jour, nous avons notifié à peu près tous les clients actuels de T-Mobile ou les titulaires de comptes principaux dont les données ont été compromises. »

    T-Mobile a indiqué que les informations de 7,8 millions de clients (qui dénombre plus de 100 millions de clients) ont été dérobées. (Crédits : capture d’écran)

    Bangkok Airways victime d’un vol

    Le 23 août 2021, la compagnie aérienne avait découvert une intrusion dans ses systèmes d’information. L’enquête confirme que de nombreuses données personnelles ont pu être consultées, voir télécharger à des fins délictuelles. Trois jours plus tard, Bangkok Airways liste dans un communiqué les renseignements ultra-sensibles.

    À savoir le prénom et nom du passager, sa nationalité, son sexe, son numéro de téléphone, son courriel, son adresse de domicile, les indications de son passeport, l’historique de ses voyages, sa carte de crédit et plus cocasse des informations sur ses repas spéciaux. La compagnie confirme toutefois que l’incident n’a pas affecté les systèmes de sécurité opérationnels ou aéronautiques de la multinationale. « La compagnie recommande vivement aux passagers de contacter leur banque ou leur fournisseur de carte de crédit, de suivre leurs conseils et de changer tout mot de passe compromis dès que possible. »

    En France, les entreprises Solware et Vivea basées respectivement à Dardilly et Paris ont été infectées par les opérateurs derrière le ransomware « CONTI/Ryuk ». Vivea spécialisé dans l’accompagnement de chefs d’entreprise agricole et leurs conjoints collaborateurs dans le développement de leurs compétences voit près de 97 GB de données ainsi exposées. Sans oublier la société Alispharm attaquée par le ransomware Everest.

    Les opérateurs derrière les ransomwares développent des outils pour s’adapter aux différentes contre-mesures mises en place par les établissements de sécurité. Il est plus que nécessaire de repenser nos habitudes envers nos procédés du quotidien. (Crédits : capture d’écran)

    L’entreprise Solware vit un enfer comme ses clients, car près de 900 GB de données sensibles sont en libre accès suite au non paiement de la rançon exigée par les attaquants. Elles sont pléthores et sensibles :

    • documentation financière (états financiers, documents comptables, fiches de paie contenant des données confidentielles, paiements)
    • les contrats avec les partenaires (contrats, accords, bases de clients)
    • données sur vos développements (code source, modifications, description)
    • les archives de la correspondance par courrier
    • la documentation de travail de l’entreprise (stratégie, plans)

    BlackMatter, AvosLocker, LOCKBIT2.0…

    De nouveaux groupes criminels affichent de nombreuses attaques de par le monde. « LockBit 2.0 » est l’un des plus prolifiques avec 75 entreprises au tableau de chasse telles que Brunsrealty (USA), Pro-Beam (ALL), Seiei-Ashd (JAP), Pridepak (AFS), Softvision (BRE), Bangkokair (THA), Hellmich-Partner (ALL), Ethiopianairlines (ETH), Lemonastere (CAN)… « BlackMatter » revendique des attaques contre Georgia Healthcare Alliance, The Brokerage Lanc Company, One Source, Tasteful Selections, Diamond Schmitt, Enreach UK Ltd… « AvosLocker » se lance tous azimuts. Il se revendique d’avoir attaqué On Logistics Services Algeciras en Espagne, Homme in Brussels en Belgique, Coghlin Electrical Contractors et Master Fluid Solutions aux USA, et Artaş Grubu en Turquie.

    « Marketo » infecte le second fabricant européen d’aérogénérateurs, Siemens Gamesa Renewable Ernergy en Espagne et l’entreprise française Giga Tribe. Cette dernière propose des solutions de stockages et d’échanges sécurisés de fichiers à plus de 1, 7 millions d’utilisateurs, et permet par exemple d’effectuer des échanges confidentiels, en particulier d’échanger de gros fichiers. Ne soyons pas dupes, les opérateurs ne tombent pas par hasard sur telle ou telle entreprise. Elles sont choisies par les ressources proposées et les données contenues, c’est un jeu de poupée russe où l’espionnage industriel se vit à une autre échelle, une autre dimension. L’ère des « Technobandit » est ouverte. Ils sont des personnes, comme des groupes qui volent des secrets technologiques (par exemple au gouvernement ou sur un lieu de travail) pour les vendre à des agents de gouvernements étrangers ou à des entreprises concurrentes. Des affaires comme Pegasus ou le passé d’individus tel Xavier Niel

  • Faille corrigée dans « le paiement sans contact »

    Faille corrigée dans « le paiement sans contact »

    En septembre 2020, des chercheurs suisses de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ) avaient montré qu’il était possible de tromper les terminaux de paiement et de dépenser des sommes bien supérieures à 50 € (plafond de sans contact) avec une carte bancaire, sans utiliser de code. Ils viennent de remettre ça, le 27 août 2021. Une équipe de scientifiques d’une université suisse a découvert un moyen de contourner les codes PIN (sans qu’il ne soit jamais demandé) des cartes employant la technologie NFC de Mastercard et Maestro.

    Dans son article du 1er septembre 2020, Ouest France indiquait, en parlant des experts, qu’ils expliquaient que : « les cartes Mastercard apportent plus de garanties en termes de sécurité pour des montants élevés ». La vulnérabilité (désormais corrigée) aurait permis aux criminels, cyber ou non, d’utiliser des cartes Mastercard et Maestro volées pour payer des produits coûteux sans avoir à fournir le code à quatre chiffres. En effet, dans un document présenté à la conférence de sécurité USENIX le 21 août, l’équipe dit avoir identifié un problème similaire avec les paiements sans contact des cartes Mastercard et Maestro. Ce document de recherche fut publié en février 2021.

    L’ancêtre du règlement sans contact fut, en quelque sorte « Moneo ». Il est immédiatement passé aux oubliettes, en laissant le champ libre aux recouvrements sans contact. Les cartes de crédit qui le permettent sont extrêmement populaires. Des petits montants peuvent être débités rapidement (plafond augmenté à 50 €) et facilement à la caisse. Avec la mise en place de l’authentification forte le 15 mai, les cartes sont considérées comme sûres, car un code de sécurité est nécessaire pour soustraire des sommes importantes. Les scientifiques jettent un pavé dans la mare : « Le code PIN de votre carte Visa est inutile puisqu’il ne protège pas votre carte contre son utilisation pour des achats frauduleux de grande valeur », martèlent-ils.

    Le porte-monnaie électronique moneo, lancé en 1999 prend fin seize années plus tard. Il arbore la même couleur que la carte verte de la banque EGG. Elle permettait un cash-back à la suite d’un paiement comptant, comme un crédit revolving. La majeure partie du service client fut basée sur le quartier des Deux Lions à Tours. (Crédits : Éric Piermont/AFP)

    La sûreté des transactions est fondée sur la norme EMV (Europay, Mastercard et Visa), elle s’applique à près de 10 milliard de cartes sur Terre, en décembre 2020. Cette norme a été élaborée deux années avant le premier succès de la France à la coupe du monde de football. Bien qu’elle ait été révisée plusieurs fois depuis, cet ensemble complexe de règles présente plusieurs vulnérabilités, qui peuvent être exploitées. Ainsi Le Professeur David Basin, les docteurs Ralf Sasse, et Jorge Toro-Pozo ont découvert un moyen de contourner les codes PIN des cartes sans contact de Mastercard et Maestro.

    Comment se déroule l’attaque

    Ils ont eu besoin d’une carte bancaire volée, de deux smartphones Android et d’une application, développée par leurs soins, installée sur les deux téléphones. L’un des terminaux sera placé près de la carte subtilisée et agira comme un émulateur de terminal de paiement (PoS), incitant la carte à initier une transaction et à partager ses détails, tandis que le second se comportera « comme un émulateur de carte et sera utilisé par un escroc pour transmettre les détails modifiés de la transaction à un véritable terminal de PoS dans un magasin.»

    L’attaque de l’homme du milieu (HDM) est une attaque qui a pour but d’intercepter les transmissions entre deux parties, sans que ni l’une ni l’autre ne puisse se douter que le canal de communication entre elles a été compromis. Deux différentes offensives sont utilisés, l’attaque par relais, et celle par rejeu. (Crédits : DR)

    Du point de vue du commerçant, tout est transparent. Cette attaque donne l’impression qu’un client règle avec son application mobile, mais, en réalité, l’escroc adresse les détails modifiés de la transaction obtenus à partir d’une carte volée. Les pensionnaires de l’ETHZ ont utilisé le même schéma d’attaque de 2020, lorsqu’ils découvraient un moyen de contourner les codes PIN sur les paiements sans contact Visa. À l’instant où que la théorie semblât trop belle pour être vraie, les chercheurs ont déclaré qu’ils l’avaient testée avec succès dans le monde réel.

    Ainsi ils effectuaient des transactions de 200 francs suisses (environ 185 euros), soit un montant supérieur à la limite d’exigence du code PIN pour les banques suisses (avec les cartes Visa Credit, Visa Debit, Visa Électron et V Pay). « Notre méthode fait croire au terminal qu’une carte Mastercard est une carte VISA, explique Jorge Toro-Pozo. La réalité est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, ajoute-t-il, deux sessions devant se dérouler simultanément pour que cela fonctionne : le terminal de la carte effectue une transaction VISA, tandis que la carte elle-même effectue une transaction Mastercard ». Ils ont utilisé ces méthodes sur deux cartes de crédit Mastercard et deux cartes de débit Maestro émises par quatre banques différentes.

    Déjouer le code PIN

    Leur méthode s’est concentrée sur le contournement des PIN sur d’autres types de cartes, qui n’utilisaient pas le protocole de paiement sans contact Visa. Au lieu de dire au terminal de paiement que le code pin est vérifié et conforme, il lui indique que la transaction bancaire provient d’une carte Visa au lieu de Mastercard/Maestro. Cela revient à modifier l’identifiant d’application (AID) légitime de la carte avec l’AID de Visa : A0000000031010. « Mastercard a mis en place des correctifs sur son réseau au début de l’année, mais Visa ne semble pas avoir abordé ce problème », écrit Catalin Cimpanu dans The Record.

    L’EMV détermine le type d’application présente dans la carte. Tous les émetteurs de cartes doivent posséder un identifiant d’application qui leur est propre. La méthode de sélection de l’application telle que définie dans les spécifications EMV peut toutefois poser des difficultés d’interopérabilités entre la carte et le terminal. (Crédits : Wikipédia)

    Mais l’équipe a poursuivi ses investigations. Car, les failles de sécurité constatées sont principalement dues à la norme de protocole international (EMV). Les erreurs de logique dans cet ensemble de règles sont difficiles à détecter, parce qu’elle compte plus de 2 000 pages. Les membres de l’ETHZ soulignaient, lors du 42e symposium IEEE sur la sécurité et la confidentialité, du 23 au 27 mai 2021, que ces systèmes doivent de plus en plus être révisés automatiquement, le processus étant « trop complexe pour les êtres humains ».

  • Deux vols… de cryptomonnaie

    Deux vols… de cryptomonnaie

    deuxième attaque majeure ce mois-ci, après 610 millions d’euros sur la plate-forme d’échanges de cryptomonnaie Poly Networks, c’est un nouveau vol qui fait les gros titres de la presse : « Nouveau piratage d’une plate-forme de cryptomonnaies ». En effet, la plate-forme japonaise Liquid avait annoncé le vol de plus de 97 millions de dollars, et indiqué aux utilisateurs de ne plus déposer de cryptomonnaies sur leurs portefeuilles jusqu’à nouvel ordre. Dans le même domaine, les forces de l’ordre espagnoles démantelaient une ferme à cryptomonnaie à Yeles, proche de Tolède..

    La cryptomonnaie n’a peut-être jamais autant fait parler d’elle que ces derniers jours. La plate-forme japonaise Liquid signalait jeudi 19 août 2021, avoir été visée par une attaque informatique au cours de laquelle une somme estimée à 94 millions de dollars soit 80,4 millions d’euros aurait été dérobée. Dans un communiqué, la société indique que ses équipes avaient « détecté un accès non autorisé à certains des portefeuilles de cryptomonnaies gérés par Liquid » et par la suite, découvert qu’un volume « d’environ 91,35 millions de dollars d’actifs a été déplacés hors des portefeuilles Liquid par une partie non autorisée ».

    Les dirigeants de Liquid invitent tout un chacun à générer de nouvelles adresses de dépôt, que ce soit pour effectuer des retraits ou capitaliser pour les devises à nouveau accessibles. Ils se veulent rassurants, car « il n’y aura aucun impact sur les soldes des utilisateurs de Liquid ». (Crédits : capture d’écran)

    Fort heureusement sur la somme totale « 16,13 millions de dollars d’actifs ERC-20 ont été gelés (désactivés pour les mouvements on-chain) grâce à l’aide de la communauté », précise le communiqué. « Soixante-neuf actifs de cryptomonnaies différents ont été détournés et envoyés vers d’autres plates-formes d’échange. Les actifs placés sur Liquid Earn ne sont pas impactés. »

    En rétablissement progressif

    Elliptic, une société d’analyse de la blockchain, a rédigé un rapport sur l’attaque. Il en ressort que 32, 5 millions de dollars en Ether avaient été volés, ainsi que 12, 9 millions de dollars en XRP, 4, 8 millions de dollars en bitcoins, 200 000 dollars en Tron, 9, 2 millions de dollars en pièces stables et 37, 4 millions de dollars dans d’autres monnaies. La société nipponne a cependant joué la transparence, en publiant chaque jour des informations. « Nous sommes en bonne voie avec la reprise progressive des services de dépôt et de retrait de cryptomonnaies. Nous tenons à rappeler que les utilisateurs doivent générer de nouvelles adresses de portefeuille de dépôt avant d’effectuer des transactions. Les adresses de dépôt pour toutes les monnaies sont modifiées par mesure de sécurité », tweete Liquid.

    Black Hat vs White Hat

    Le retentissement du vol des 610 millions de dollars amenait Changpeng Zhao, PDG de la bourse de cryptomonnaies Binance à gazouillé : « Nous sommes conscients de l’exploit qui s’est produit aujourd’hui. Bien que personne ne contrôle BSC (ou ETH), nous coordonnons avec tous nos partenaires de sécurité pour aider de manière proactive. Il n’y a aucune garantie. Nous ferons tout ce que nous pourrons. » La somme a de quoi faire tourner la tête de plus d’un quidam. Les actifs volés étaient de 273 millions de dollars en jetons Ethereum, 253 millions de dollars en jetons sur la Smart Chain de Binance et 85 millions de dollars en USDC sur le réseau Polygon.

    L’attaque du 26 juillet 1944 s’est déroulée au sein de la paisible gare de Neuvic. Aucun coup de feu n’avait été échangé selon l’enquête. (Crédits : DR)

    L’incident concernant Poly Networks a pris une tournure inhabituelle, ou raisonnée selon votre point de vue. La personne ayant dérobé les deniers a déjà rendu la quasi-totalité du butin du cambriolage. La firme aurait laissé entendre que ce dernier serait intéressé pour entériner l’offre d’un demi-million de dollars en échange de la restitution absolue de l’argent : « j’envisage d’accepter la prime comme un bonus », répondait celui derrière « Mr White Hat » dans un message.

    Le plus grand casse de l’histoire

    Le plus gros casse était d’un montant de 534,8 millions de dollars, volés à l’échange de monnaie numérique japonais Coincheck lors d’une attaque en 2018. Quatre ans auparavant la somme de 450 millions de dollars en bitcoins avait disparu de Mt Gox, basé à Tokyo. Cependant, le plus gros casse de l’histoire, fut réalisé le 26 juillet 1944 en France, en monnaie fiduciaire. Les maquisards de l’Armée secrète (AS) et de l’Organisation de résistance de l’armée (ORA) investissent les abords de la gare et sécurisent le terrain. Aux alentours de 19 h 30, l’omnibus de voyageurs 1709 en provenance de Périgueux et à destination de Bordeaux s’arrête. Le groupe de résistants armés dérobe à la Banque de France un butin qui s’élève à 2, 28 milliards de francs répartis dans 150 sacs (plus de 430 millions d’euros actuels). Tout se déroulait sans violence, en gare de Neuvic, entre Mussidan et Périgueux en Dordogne. Il reste à ce jour en tête le plus gros casse de l’histoire mondiale en monnaie « réelle ».

    610 millions rendus

    La société de sécurité blockchain SlowMist indiquait avoir déjà retrouvé l’identité de l’attaquant. Elle affirmait connaître son adresse électronique, ses informations IP et l’empreinte digitale de son « système informatique ». Est-ce par peur des représailles ou pour toute autre raison que plus de la moitié du fonds était revenu ? Ainsi, le jeudi 12 août à 10 heures, la somme de « 342 millions de dollars de crypto-actifs avaient été rendus, dont 4, 6 millions en Ethereum, 252 millions en BinanceCoin et 85 millions en OxPolygon », déclarait Poly Networks sur Twitter.

    Les cryptomonnaies sont multiples et fluctuent, mais attirent de nombreuses convoitises de tous bords. (Crédits : DR)

    Lundi 23 août 2021, au matin, Poly Networks avait été contacté par « Mr White Hat », qui fournissait une clé privée pour le reste des fonds en suspens. « Pour être honnête, j’avais des ambitions un peu égoïstes, de faire quelque chose de marrant, mais pas nuisible… puis j’ai réalisé que d’être un leader moral serait le piratage le plus cool que je pourrai jamais faire », avait-il déclaré via un message relayé sur Twitter. Certains sont moins regardants, car depuis fin avril, les vols de cryptomonnaies, piratages et fraudes avaient atteint 432 millions de dollars, indique CipherTrace.

    Ferme de cryptomonnaie démantelée

    Si l’Espagne est connue pour être un grenier de l’Europe, pour cultiver de nombreux fruits et légumes, elle l’est désormais pour un autre style de culture. La police a fait une descente, vendredi 20 août 2021 dans une villa de Yeles, dans la province de Tolède pour démanteler une ferme illégale de cryptomonnaies. « À l’intérieur, une femme a été reconnue comme responsable présumé d’un délit d’escroquerie à la fourniture d’électricité puisque, pour entretenir l’installation, elle aurait réalisé un raccordement électrique avec une forte consommation illégale », indique la police dans un communiqué.

    Un système de ventilation ingénieux, mais point discret avait été mis en place pour éviter la surchauffe. (Crédits : Ministère de l’intérieur espagnol)

    Elle a été identifiée, et accusée par les agents d’un délit de fraude à l’électricité. Le délit de fraude à l’électricité est réglementée par l’article 255 du code pénal, et puni d’une amende de trois à douze mois. Si une personne a été reconnue coupable et condamnée, pour un délit mineur de fraude à l’électricité d’un montant inférieur à 400 euros, à une amende d’un mois, elle devra s’acquitter de la somme de 150 euros (30 jours x 5 euros par jour = 150 euros). Enfin, il convient de noter que les condamnations pour le délit mineur d’escroquerie aux fluides électriques, une fois définitives, sont inscrites au « casier judiciaire ».

    Un bruit assourdissant

    « Parfois, selon la police ces pièces sont utilisées comme moyen de paiement régulier dans le cadre d’activités illicites liées à la criminalité technologique et au blanchiment d’argent ». Dans ce type d’installation de minage de cryptomonnaies, la rentabilité dépend souvent de l’utilisation de faibles prix de l’électricité. La mine disposait de 111 processeurs et de systèmes d’air conditionné sophistiqués pour empêcher la température de monter, produisant un bourdonnement assourdissant.

    Lors de la perquisition, les agents ont trouvé un enchevêtrement de matériel informatique. (Crédits : Ministère de l’intérieur espagnol)

    La consommation ahurissante du logement est l’une des raisons de l’enquête. La personne ciblée a employé un raccordement illégal au réseau de distribution basse tension, ce via une alimentation électrique triphasée. Elle a été trahie par des émissions thermiques anormales. Ces signes révèlent souvent des cultures de marijuana (nécessitant des lampes à sodium, hygrométrie…) comme celles présentes dans les logements insalubres et les villas de la Cañada Real, mais aussi à des fermes de cryptomonnaies.

  • L’Amérique subit de multiples attaques

    L’Amérique subit de multiples attaques

    Les hôpitaux de l’oncle Sam ont été la cible de ransomware ces derniers jours, mais pas seulement. Des dizaines d’hôpitaux et de cliniques de Virginie-Occidentale, de l’Ohio et de l’Indiana sont dans l’obligation d’annuler des opérations chirurgicales, à la suite d’infections par ransomware. La journaliste de Fox News, Jacqui Heinrich révèle que le département d’État américain a récemment été touché par une cyberattaque et le Cyber Command du département de la Défense a été informé d’une possible violation grave.

    Dans le Midwest, c’est la pagaille depuis quelques jours, car une infection par code malveillant a ciblé plusieurs groupes hospitaliers, dont certains très tôt dans la matinée du 15 août 2021. Selon son site Web, l’attaque a entraîné des perturbations dans les opérations cliniques et financières, a déclaré Memorial Health System (MHS) dans un communiqué du 18 août. « Nous sommes constitués d’un réseau de sites et de spécialités fournis par plus de 3 000 employés qui comprennent trois hôpitaux (Marietta Memorial Hospital, Selby General Hospital et Sistersville General Hospital), des sites de services ambulatoires et des cliniques de prestataires », explique Scott Cantley, président-directeur général de MHS. En effet l’ensemble hospitalier regroupe 325 prestataires représentant 64 cliniques, réparties dans le sud-est de l’Ohio et dans certaines parties de la Virginie occidentale, est retourné au papier et crayon. « Le maintien de la sécurité de nos patients et de leurs soins est notre priorité absolue et nous faisons tout notre possible pour minimiser les perturbations, déclare le 15 août 2021 le PDG. Le personnel de nos hôpitaux – Marietta Memorial, Selby et Sistersville General Hospital – travaille avec des dossiers papier pendant que les systèmes sont restaurés et les données récupérées. »

    Les personnels de santé n’ont plus accès aux données des patients, de chaque service ni hôpitaux. Ils travaillent en mode dégradé, à savoir papier et crayon, ce qui rend leurs tâches quotidiennes plus que compliquées. (Crédits : iStock)

    La conséquence correspond à ce que des dizaines d’hôpitaux et de cliniques de Virginie-Occidentale et de l’Ohio annulent des opérations chirurgicales et détournent des ambulances. En effet, l’attaque par ransomware a privé le personnel de l’accès aux systèmes informatiques dans la quasi-totalité de leurs activités. « Nous continuerons à accepter : STEMI, STROKE et TRAUMA à l’hôpital Marietta Memorial, ont déclaré les responsables dans un communiqué. Il est dans l’intérêt de tous les autres patients d’être transportés vers l’établissement le plus proche. Si tous les hôpitaux de la région sont déviés, les patients seront transportés au service d’urgence le plus proche du lieu de l’urgence. Cette déviation se poursuivra jusqu’à ce que les systèmes informatiques soient rétablis. »

    C’est à partir de minuit dimanche 15 août 2021 que les trois hôpitaux ont commencé à transférer les patients en urgence au Camden Clark Medical Center. Cet établissement qui se trouve à une heure de route du Sistersville General compte 25 lits. Camden Clark se situe à environ 25 minutes de route des deux autres hôpitaux du MHS touchés. Une dernière institution touchée, qui dispense des soins intensifs, est une salle d’urgence autonome du Belpre Medical Campus à Belpre, dans l’Ohio. La plupart des établissements du consortium ont également annulé toutes les opérations chirurgicales et les examens radiologiques non urgents pour lundi et conseillent aux patients qui ont un rendez-vous avec un chirurgien ou un spécialiste lundi d’appeler à l’avance.

    Les opérateurs derrière « Vice Society » arborent comme des trophées les sites infectés et leurs données. (Crédits : capture d’écran)

    « Les soins aux patients ont continué à être notre priorité absolue, ajoute M. Cantley. Bien que plusieurs de nos systèmes aient été en panne, nous avons mis en place des processus solides pour maintenir des soins aux patients sûrs et efficaces. Nous réagissons collectivement conformément à notre processus et à nos politiques bien planifiés pour ce type d’événement. » Pour l’instant, aucune information personnelle ou financière d’un patient ou d’un employé n’a été compromise. MHS a parlementé avec les attaquants avec l’aide du FBI, de Homeland Security et des compagnies d’assurance, a déclaré Jennifer Offenberger, vice-présidente du groupement, lors d’une interview à FOX Business, ajoutant que « c’était un ransomware. Nous avons une solution négociée ».

    L’hôpital Eskenazi asservi par ransomware

    Eskenazi Health est un prestataire de services de santé qui exploite un hôpital de 315 lits, des établissements d’hospitalisation et des centres de santé communautaires à Indianapolis, aux États-Unis. Ils ont été victimes d’une attaque par ransomware le 11 août 2021, vers 3 h 30 du matin. La gravité de l’attaque l’a conduit à refuser des ambulances, et ainsi à détourner des patients vers d’autres hôpitaux, dès 7 h 51. Toutefois, l’autorité sanitaire a déclaré qu’aucune donnée concernant les employés ou les patients n’avait été compromise, écrivait le docteur Tim Sandle, le 11 août 2021. Or, depuis, les opérateurs de « Vice Society » affichent les données médicales complètes (voir ci-dessous). Bien que l’hôpital accepte, les patients qui se présentent d’eux-mêmes au service des urgences et les accouchements, les ambulances sont toujours invitées à se rendre ailleurs, a déclaré le porte-parole de l’hôpital Todd Harper.

    Les données affichées sont en libre accès. Elles exposent l’hôpital, les patients, mais tout autant que les personnels. (Crédits : capture d’écran)

    Gary Ogasawara, directeur technique de Cloudian, indique que ce genre d’attaque met à rude épreuve un secteur déjà mis à mal par la situation actuelle : « Les organisations chargées de protéger la vie des patients n’ont pas le temps de s’inquiéter de cybermenaces qui pourraient mettre à mal l’ensemble de leur système. » L’offensive démontre que de nouvelles approches sont nécessaires pour empêcher (ou réduire les impacts) que ce type d’incident ne se produise à l’avenir. Selon Ogasawara : « Malgré les efforts considérables déployés par le secteur de la santé pour se défendre contre ces menaces, cet événement illustre la réalité : les défenses traditionnelles, telles que les solutions de sécurité périmétrique, sont inévitablement insuffisantes face à des attaques de ransomware de plus en plus sophistiquées. » Les attaques de type ransomware contre les hôpitaux sont devenues de plus en plus fréquentes ces dernières années et les systèmes de soins de santé et hospitaliers sont parmi les plus durement touchés des industries. En France, c’est le centre hospitalier d’Arles qui était touché par une infection virulente d’après Le Parisien. Qui plus est par les mêmes opérateurs derrière le ransomware « Vice Society », un accord aurait peut-être été conclu, car l’hôpital français n’apparaît plus sur le site de fuites ce dimanche 22 août 2021. « C’est la première fois qu’Eskenazi subit une cyberattaque de ce type. Si un patient a un rendez-vous ou une procédure prévue, et qu’il doit être reprogrammé, l’hôpital le contactera », a déclaré Todd Harper.

    Au chevet d’un patient très important

    Samedi 21 août 2021, la journaliste, Jacqui Heinrich, de Fox news révèle que le département d’État américain a récemment été touché par une « cyberattaque » et le Cyber Command du département de la Défense a été informé d’une possible violation grave. La date de la découverte de la faille n’est pas précisée, pour autant il semble qu’elle est eu lieu il y a quelques semaines, selon le fil Twitter de la journaliste.

    Il existe chaque jour des millions d’attaques dites « informatiques » à travers le monde. Elles peuvent être par de différentes manières comme par dénis de service (DDoS). (Crédits : DR)

    Sans confirmer un quelconque incident, une source bien renseignée a déclaré à Reuters que le département d’État n’avait pas connu de perturbations importantes et que ses opérations n’avaient pas été entravées de quelque manière que ce soit. À savoir que la mission en cours du département d’État visant à évacuer les Américains et les réfugiés alliés en Afghanistan « n’a pas été affectée ». On ne sait pas exactement quand la violation a été découverte, mais on pense qu’elle s’est produite il y a quelques semaines. L’étendue de la brèche, l’enquête sur l’entité suspectée d’être à l’origine de cette brèche, les efforts déployés pour l’atténuer et tout risque permanent pour les opérations restent flous. « Le Département prend au sérieux sa responsabilité de protéger ses informations et prend continuellement des mesures pour s’assurer que les informations sont protégées. Pour des raisons de sécurité, nous ne sommes pas en mesure de discuter de la nature ou de la portée de tout incident présumé de cybersécurité à l’heure actuelle », a déclaré un porte-parole du département d’État dans un communiqué. Le département d’État a été touché par une cyberattaque, et le Cyber Command du département de la défense a été informé d’une possible violation grave.

  • Quand Orange voit rouge, en Espagne

    Quand Orange voit rouge, en Espagne

    L’opérateur historique français, Orange s’est vu infliger une amende de 30 000 euros pour manquement et négligence. La multinationale a cependant vu la douloureuse baissée de 50 000 à 30 000 euros, après avoir reconnu expressément sa responsabilité dans l’affaire. C’est le résultat de l’enquête réalisée par l’agence espagnole de protections des données (AEPD) après qu’un fraudeur ait usurpé l’identité d’un client. Il avait réclamé une copie de la carte SIM et effectué des transferts via Bizum.

    Tout commença le 26 février 2020 lorsque ledit plaignant avait voulu la portabilité de son numéro de téléphone mobile, de Yoigo vers MásMóvil. Dès le lendemain, ce dernier annulait sa demande par téléphone. Mais l’une d’elles avait été conservée, malgré les assurances selon lesquelles la portabilité avait été neutralisée. Le 5 mars 2020, n’ayant plus de ligne active sur son cellulaire, il contactait Yoigo. Six jours plus tard, l’opérateur lui envoyait une nouvelle carte SIM en indiquant que la société allait réactiver la ligne sous 48 heures.

    Les moyens de se procurer de l’argent ne connaissent pas de limite, comme l’est le « SIM swapping ». (Crédits : PublicDomainPictures/Pixabay)

    Quarante-huit heures s’écoulent, lorsque le 13 mars 2020, l’homme s’aperçoit que des transferts bancaires non autorisés et de grande valeur sont effectués. Ce à partir de son compte au sein de la Banco Bilbao Vizcaya Argentaria (BBVA), dont deux par Bizum, réalisé par un ou des tiers. Il contacte aussitôt MásMóvil, car il soupçonne que ce qui s’est déroulé est dû à la disparition de sa carte SIM. Après enquête, il a découvert que son numéro appartenait à Orange depuis le jour où les mouvements d’argent ont eu lieu, mais que la nouvelle ligne n’était pas à son nom. La multinationale française, a affirmé que les contrôles relatifs à la vérification de l’identité des contractants étaient correctement appliqués, cependant qu’elle se renseigner à se sujet pour clarifier ce qui s’était passé. Durant ce laps de temps, l’opérateur historique avait concentré ses efforts sur la mise en œuvre de systèmes et de mesures visant à garantir la protection de ses clients. En outre, elle a rappelé que la société fournissant les données, Yoigo, a validé les informations et n’a pas mis en garde contre d’éventuelles failles de sécurité.

    De 50 000 à 30 000 euros d’amende

    Cependant, l’agence espagnole rejette catégoriquement (dans son rapport de douze pages n° PS/00308/2021) les arguments et estime que l’entreprise française a agi par négligence. Dans la conclusion, l’AEPD reproche également à Yoigo d’avoir traité les données personnelles du plaignant sans en avoir le droit. Car elle a effectué la portabilité sans vérifier si l’individu qui la demandait était ou non le plaignant. Ce faisant, elle a violé l’article 6 du règlement général sur la protection des données (RGPD), ce qui est considéré comme une infraction très grave.

    L’article 6 du règlement général de protection des données et au cœur de bien des amendes réglés par les sociétés incriminées. (Crédits : Wilfried Pohnke/Pixabay)

    Au total, l’amende avait été fixée à 50 000 euros, mais la société a fini par s’acquitter des 30 000 euros en payant volontairement et en reconnaissant expressément sa responsabilité. Ces deux éléments prévus par l’AEPD pour réduire le montant des pénalités. L’AEPD fait valoir que l’affaire n’aurait pas eu lieu si la compagnie de téléphone avait été plus rigoureuse pour vérifier que le consommateur était bien celui qu’il prétendait être.

    Ce n’est pas la première fois que l’agence espagnole de protections des données sanctionne Orange. En avril 2021, une amende de 150 000 euros pour avoir forcé ses clients à accepter ses politiques de confidentialité lui était infligée. De même, en juillet de l’année dernière, elle a dû régler 80 000 euros pour ne pas avoir pris de mesures visant à empêcher la contraction frauduleuse de contrats de lignes téléphoniques. En effet, six lignes avaient été acquises au nom de la plaignante tandis qu’elle n’avait pas donné son consentement. L’agence a fortement critiqué Orange pour avoir permis à l’escroc de se faire passer pour la victime après avoir obtenu ses documents. L’affaire est cocasse puisque la voix du malfrat était masculine alors que le client qu’il prétendait être une femme.

    162 plaintes et 50 sanctions en deux ans

    Le secteur des télécommunications est l’un des plus réprimés pour les atteintes à la vie privée en Espagne. En mars dernier, le gendarme ibérique a infligé une amende record de plus de huit millions d’euros à Vodafone pour avoir violé deux articles du RGPD. Au total, c’est 8 150 000 euros répartis en quatre sanctions. La première de quatre millions d’euros pour une violation du règlement général sur la protection des données. La deuxième de deux millions d’euros pour un nouveau non-respect du RGPD. La troisième de 150 000 euros pour un délit grave à la loi sur les services de la société de l’information et le commerce électronique (LSSICE), et enfin deux autres millions d’euros pour une infraction à la loi générale sur les télécommunications.

    Le secteur des télécommunications est sous le feu des projecteurs, comme les banques pour le non-respect des règles. (Crédits : Pexels/Pixabay)

    Vodafone estime que « le montant de la sanction est disproportionné » et « souligne que Vodafone traite les données de ses clients avec les garanties maximales de confidentialité et de respect de la vie privée ». Dans un délai de six mois, Vodafone Spain doit prouver à l’AEPD qu’elle s’est conformée aux lois sur la protection des données. En 2020, et selon le rapport annuel de l’AEPD pour cette année-là, ces entreprises ont eu des sanctions parmi les plus élevées, payant un million d’euros pour avoir violé les droits de leurs clients. Ils n’ont été dépassés que par les institutions financières, comme la Caixabank et ses 6 millions d’euros.

  • Assureurs et cyberassureurs attaqués par ransomware

    Assureurs et cyberassureurs attaqués par ransomware

    La firme japonaise, Tokio Marine Holdings, a dévoilé lundi 16 août 2021 avoir subi une attaque par code malveillant de type ransomware auprès de sa branche de Singapour. La branche visée est celle du plus important assureur japonais de biens et de risques divers. C’est à minima le troisième grand assureur à annoncer une infection par ransomware au cours des derniers mois, après CNA et AXA. De cette fin d’août, c’est le second cette semaine, avec Ryan Specialty Group — qui vient de lancer une introduction en bourse — à révéler un cyberincident.

    La multinationale qui possède une division aux États-Unis et propose un produit de cyberassurance a déclaré ne pas avoir d’indication immédiate que des informations sur ses clients aient été violées. De telles données pourraient être une mine d’or pour les opérateurs malveillants, pour eux-mêmes ou des employeurs possibles, qui pourraient les utiliser à des visées d’extorsion, d’espionnage, de pression… ce en fonction du montant des couvertures des potentielles victimes. Tokio Marine Holdings a annoncé que sa branche de Singapour, Tokio Marine Insurance Singapore (TMiS), a été touchée par une attaque de ransomware. « Nous nous excusons sincèrement pour tout désagrément et toute préoccupation causés à nos clients ou aux parties liées, a déclaré Tokio Marine. Le groupe a pris des mesures de sécurité de l’information jusqu’à présent et s’efforcera de faire des efforts supplémentaires pour garder les informations de nos clients ainsi que nos informations confidentielles protégées. » L’entreprise japonaise a affirmé qu’elle tentait toujours de déterminer l’étendue des dommages et avait engagé un fournisseur externe pour l’aider. La société a déclaré qu’elle avait isolé le réseau affecté et qu’elle avait prévenu les forces de l’ordre locales.

    Le président de l’assureur japonais Tokio Marine Holdings, Tsuyoshi Nagano, s’adressant aux médias en 2015. (Crédits : JIJI PRESS/AFP via Getty Images)

    C’est au moins le troisième grand assureur à révéler une attaque par ransomware au cours des derniers mois, après CNA et AXA. Et c’est le deuxième cette semaine, avec Ryan Specialty Group (RSG), après son introduction en bourse, à dévoiler un cyberincident.

    Le 21 mars 2021, CNA Financial Corporation (septième compagnie d’assurance commerciale aux États-Unis) souffrait une infection par codes malveillants. Elle avait été ciblée par le ransomware « Phoenix CryptoLocker », qui hors mis d’avoir crypté 15 000 appareils sur le réseau, avait également volé des fichiers contenant des informations sur les clients. L’assureur américain révélait dans une déclaration que « l’ANC a déterminé qu’elle avait subi une offensive de cybersécurité sophistiquée. L’attaque a provoqué une perturbation du réseau et a eu un impact sur certains systèmes de l’ANC, y compris le courrier électronique de l’entreprise ». Une source avait divulgué à BleepingComputer que Phoenix Locker serait une nouvelle famille de ransomware publiée par Evil Corp, en raison de similitudes dans le code, rédigeait Lawrence Abrams, dans son article.

    Le ransomware « Avaddon » a depuis disparu des radars, laissant la place à de différents opérateurs derrière les noms de Grief, AvosLocker, ou encore LockBit. (Crédits : Capture d’écran)

    Quasiment un mois, jour pour jour, le 16 mai 2021, les succursales du géant AXA basées en Thaïlande, en Malaisie, à Hong Kong et aux Philippines ont été frappées. « Vous pouvez nous féliciter pour l’attaque réussie de l’entreprise, nous avons crypté AXA Asia dans les pays suivants : Thaïlande (Krungthai-AXA), Philippine AXA investment, Hong Kong et Malaisie », se congratulaient les opérateurs. Ils revendiquaient posséder 3 To de données d’ordre médical (Antécédents, y compris des comptes rendus sur le VIH, l’hépatite, les MST et d’autres maladies), les réclamations des clients, les paiements aux clients, toutes les pièces d’identité des clients, comptes bancaires et tous les documents scannés des clients…

    Vos opérateurs ciblent-ils les organisations qui ont une cyber-assurance ? Oui, c’est l’un des morceaux les plus savoureux.

    REvil

    L’attrait pour les compagnies d’assurance a été expliqué par un représentant des opérateurs du ransomware « REvil » dans une interview accordée à Dmitry Smilyanets, analyste du renseignement chez Recorded Future : « Oui, c’est l’un des morceaux les plus savoureux. Il faut surtout commencer par pirater les assureurs pour obtenir leur base de clients et travailler de manière ciblée à partir de là. Et après avoir parcouru la liste, il faut attaquer l’assureur lui-même ». Ces derniers temps, les cyberassureurs ont entamé une série de questions plus détaillées sur les mesures de protection en matière de cybersécurité des assurés avant de leur octroyer une couverture. Mais la succession d’attaques réussies récentes suggère que les compagnies pourraient elles aussi devoir renforcer leurs défenses.

    La société de courtage nouvellement cotée en bourse RSG a fait état, lundi 16 août 2021, d’un incident de sécurité des données survenu aux alentours du 17 avril 2021. Elle a pris connaissance d’une « activité inhabituelle » liée à certains comptes de messagerie de salariés et diligentait une enquête qui s’est achevée le 30 juin 2021. L’entreprise déterminait que certaines boites mail d’employés avaient été lues sans permission entre le 4 et le 20 avril 2021. Il a été montré que certaines informations propres concernant un nombre limité de personnes étaient accessibles, mais pas nécessairement consultées par des individus non autorisés.

    Ryan Specialty Group est une organisation internationale d’assurance spécialisée qui fournit des solutions innovantes aux courtiers, agents et compagnies d’assurance. (Crédits : DR)

    Les informations accessibles comprenaient les :

    • noms
    • numéros de permis de conduire
    • numéros de sécurité sociale
    • informations sur les comptes financiers
    • numéros de passeport
    • informations médicales
    • informations sur l’assurance maladie
    • numéros d’identification délivrés par le gouvernement
    • numéros d’identification fiscale
    • noms d’utilisateur, email et mots de passe
    • dates de naissance de certaines personnes

    L’annonce intervient quelques semaines seulement après que RSG ait fait ses débuts en tant que société publique. Les actions de Ryan Specialty Group Holdings Inc. ont augmenté de 9 % à la Bourse de New York le 23 juillet dernier, ce qui a donné une capitalisation boursière de 6,5 milliards de dollars à l’entreprise de courtage d’assurance fondée et dirigée par le vétéran de l’industrie Patrick Ryan. Il n’est pas le seul courtier d’assurance à signaler des incidents de données. L’automne dernier, le courtier Arthur J. Gallagher a fait état d’une attaque par ransomware survenue entre le 3 juin 2020 et le 26 septembre 2020. Depuis, il fait face à une poursuite judiciaire (suite à l’infection par ransomware survenue entre le 3 juin 2020 et le 26 septembre 2020), principalement par deux anciens employés (Jason Myers, de Californie, et John Parsons, de Louisiane). Les plaignants allèguent que Gallagher n’a pas respecté les normes gouvernementales fédérales et étatiques ainsi que les normes de l’industrie pour protéger leurs informations personnelles. Ils affirment qu’eux-mêmes, des clients et d’autres salariés de Gallagher ont subi des préjudices, ont engagé des frais et sont confrontés à la perspective d’un « risque actuel et imminent de vol d’identité à vie ».

    Comme souvent outre-Atlantique, les litiges se terminent devant la cour, en bataille pour des dommages et intérêts. Le procès s’intitule Myers v. Arthur J. Gallagher. La plainte a été déposée auprès du tribunal de district des États-Unis pour le district nord de l’Illinois. (Crédits : DR)

    La société incriminée a déclaré qu’elle avisait les individus potentiellement concernés et offrait gratuitement des services de surveillance du crédit et de protection de l’identité pendant 24 mois par l’intermédiaire d’Experian à ceux dont les informations intimes étaient accessibles dans les comptes de messagerie au moment de l’incident. Ce qui, selon les requérants, est « totalement inadéquat ». Ils réclament des dommages-intérêts compensatoires, statutaires, nominaux et punitifs, des frais de justice et des services de surveillance du crédit, mais pas seulement. Les plaignants demandent au tribunal d’ordonner à Gallagher de faire tester régulièrement la sécurité de son réseau par des tiers, d’améliorer la formation de son personnel de sécurité et d’acheter ou de financer des services de surveillance du crédit pour ses clients.

  • Connaissez-vous Masha Babko ?

    Connaissez-vous Masha Babko ?

    Cette jeune femme évoque-t-elle quelque chose pour vous ? Rien ! Tant mieux, alors gardez en mémoire l’image de sérénité, de douceur et de paix que dégage son visage ! Elle possède une visibilité sur l’internet qui dépasse l’entendement. Quant à l’origine de sa notoriété, elle s’en passerait volontiers. Elle a été victime d’un pédophile, Sergei Kropochkin, à l’âge de dix ans… quelques années plus tard, des photos et des vidéos d’elle ont été diffusées sur la toile. Qu’est-ce que la pédophilie ? Quelle est la conduite à tenir ? Que faire ?

    Pour comprendre ce fléau, qui connaît ni limite, ni frontière, qui va du diplomate au manutentionnaire, il faut s’attarder sur ce qu’à vécue cette jeune femme, son histoire, qui peut-être celle de n’importe quel gamine ou gamin, et de la sournoiserie que les prédateurs usent pour abuser sexuellement des enfants.

    Le cauchemar commence pour ses dix ans

    Pour cela, situons les lieux, et circonstances. Masha est née en l’an 2000, à Novossibirsk. Cette ville de Russie en Sibérie occidentale est localisée à 1 435 km à l’ouest-nord-ouest d’Irkoutsk et à 2 812 km (3 356 km par la route) à l’est-nord-est de Moscou. Avec une population de 2 093 266 habitants en 2019, Novossibirsk est la sixième commune de Russie et la principale métropole russe à l’est de l’Oural ainsi que la capitale du district fédéral sibérien.

    Le salaire moyen est de 345,71 € (29 826 RUB), une robe d’été à 39,06 € représente 3399 RUB, soit environ un neuvième de l’émolument médian. La paye d’un médecin dépasse tout juste les 1900 euros, quand, en France il est de 10 684 € (près de six fois plus). Le « minimum vital », seuil au-dessous duquel une personne est considérée comme vivant en situation de pauvreté, est passé de 10 038 roubles (142 euros) par mois à 10 753 roubles (152 euros) sans augmentation équivalente de l’inflation, écrit Le Monde en août 2019.

    Ainsi, plus d’un dixième de la population russe survivait en 2017 sous le seuil de pauvreté indiqué par le pays. En 2010, « le taux de pauvreté national était de 12,5 %.»Le cauchemar commence pour ses dix ans.

    (Crédits : A.Savin/Wikipedia)

    « J’étais amie avec une fille qui avait 12 ans, Violette. Un jour, elle m’a demandé de prendre une photo pour un magazine. Elle a stipulé que je devais cacher tout ça à mes parents. […] Nous sommes allés rencontrer le photographe Sergey Kropochkin, la première séance photo s’est déroulée avec des vêtements. Mais même à l’époque, je pensais que c’était mal et que ça finirait probablement mal », précise Masha Babko. Tout se déroulait dans l’appartement loué par le photographe professionnel. « Il était poli, gentil, comment puis-je expliquer ? Juste un homme ordinaire et sympathique. Il m’a donné 500 ou 1 000 roubles pour ce tournage. » Le piège venait de se refermer. Selon le site Pikabu, en 2011, « le pédophile de Novossibirsk a été attrapé et jugé, il pourrait rivaliser avec Chikatilo dans la masse de ses atrocités. Seule sa ligne de travail est différente ».

    Selon les enquêteurs, Sergei Kropochkin, 53 ans, habitant de Novossibirsk, a été reconnu coupable d’attentat à la pudeur sur une personne de moins de 14 ans (à 40 reprises), d’attentat à la pudeur sur deux personnes ou plus (à 35 reprises), d’agression sexuelle sur un mineur (trois fois)…

    Celui qui était surnommé « Oncle Seryozha » attirait des filles « défavorisées » dans son studio, leur promettant de faire d’elles des modèles, ce, après la période faste des top models, telles Claudia, Naomi, Carla, Linda, elle… mais, en réalité, il les photographiait et tournait des vidéos à caractères pédopornographiques, auxquelles il participait régulièrement et activement.

    (Crédits : Vadim Alekseyev)

    La dénomination du site, comme de son atelier photographique, était connue sous les « Souris de Sibérie, ou Siberian Mouse ». Le pédophile a, en quinze années, fait de multiples victimes. À la suite à deux années d’enquête criminelle, les victimes ont été quantifiées à 211, mais les survivantes suggèrent, elles-mêmes, qu’il y en a eu beaucoup plus, avançant un nombre bien plus grand : un demi-millier. « Lorsqu’il s’agit d’enfants, ce n’est pas du porno. Ce sont des abus pédosexuels », martèle Interpol.

    Le 19 février 2014, Sergei Kropochkin, 58 ans, par un tribunal de Novossibirsk, a été reconnu coupable de 145 chefs d’accusation sur 211. Tous des crimes violents à caractère sexuel contre de jeunes filles mineures, de moins de quinze ans. Il se mettait en scène avec des enfants, son modèle préféré était Masha Babko.

    « J’ai obtenu 10 000 roubles pour un tournage », expliquait-elle innocemment. La période la plus difficile pour Masha a été, de ces 12 à 16 ans. À l’époque, elle a été victime de brimades de la part de ses pairs, car l’histoire du pédophile était sur toutes les lèvres. La jeune fille a dû changer cinq fois d’école, elle a effectué plusieurs tentatives de suicide.

    (Crédits : Katrin Bolovtsova/Pexels)

    « La trace de cette histoire persiste jusqu’à ce jour, et je ne sais pas quoi faire à ce sujet. Il doit disparaître d’une manière ou d’une autre. Bien que, je réalise que cela me hantera toute ma vie. J’ai fait la paix avec ça. […] Je n’ai rien vécu d’aussi surnaturel, beaucoup de gens se font violer et subissent des choses pires. Et ce qui m’est arrivé m’est arrivé parce que j’étais une enfant naïve », a déclaré la jeune femme. Le tribunal a reconnu coupable Sergei Kropochkin, l’expertise psychologique avait déclaré une maladie mentale de pédophilie hétérosexuelle. Il a été condamné à 14 ans de colonie pénitentiaire à régime strict, à 21 mois de liberté restreinte et au recours à des mesures médicales obligatoires.

    Qu’est-ce que la pédophilie ?

    La pédophilie, du grec pais, enfant, et phileo, aimer est une paraphilie caractérisée par l’attirance sexuelle, ou des sentiments amoureux persistants d’un adulte ou d’un adolescent envers les enfants. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM5) la définit « par la présence de fantasmes et/ou de pulsions et/ou de comportements envers un enfant ou plusieurs enfants prépubères». Une personne ayant cette attirance est décrite comme étant « pédophile ». L’hébéphilie, quant à elle, renvoie aux mêmes attirances ressenties pour des enfants âgés de 12 à 14 ans. Dans la revue « Études », Cécile Sales écrit un chapitre intitulé « Pédophilie, sexualité et société » : « La pédophilie est considérée par l’Organisation mondiale de la santé comme un trouble de la préférence sexuelle ».

    Plainte auprès de la PolicePlainte auprès de la GendarmerieParis en 2012Paris en 2020Vienne en 2012Vienne en 2020Tendance 2012 VS 2020Total en 2020
    Atteintes sexuelles [mineur(e)s et majeur(e)s]8 7996 9342 26854667120– 75, 92 %
    + 179, 10 %
    15 733
    Harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles contre des mineur(e)s8 2849 3914133579188+ 817, 07 %
    +237, 97 %
    17 675
    Viols sur des mineur(e)s5 9547 11815924046147+ 150, 94 %
    + 319, 56 %
    13 070
    1 fille sur 5 et 1 garçon sur 13 subit ou aurait subi des violences sexuelles, ces actes sont alors très fréquents mais souvent tus. (Sources : data.gouv.fr)

    Les pédophiles sont difficiles à démasquer. Car leur comportement est souvent dissimulé sous une normalité banale et trompeuse. Lorsque le scandale éclate, il n’est pas rare que leurs connaissances, parfois même leur très proche famille, soient abasourdies. « Si, la majorité des pédophiles sont des hommes […] et que les statistiques mentionnent peu de femmes, les incestes mère-fils ou les conduites incestueuses sont loin d’être rares », évoque Cécile Sales. Cette pédophilie féminine, moins violente, donc moins voyante, reste tabou au sein de la société.

    Le 13 janvier 2017, Alexandria Vera, 24 ans, comme l’affaire américaine du même nom, est condamnée à dix années, pour avoir entretenu une relation avec un élève de 13 ans, dont elle était tombée enceinte. Les chiffres avancés par Le Figaro donnent une femme pour soixante hommes pédophiles.

    Alexandria Vera, enseignante d’anglais dans un collège de la région de Houston a d’abord été accusée d’abus sexuel continu sur un enfant, ce qui entraîne une peine maximale de prison à vie. Au final, elle a plaidé coupable à l’accusation de voies de fait, moins grave. Elle pourra bénéficier d’une libération conditionnelle en 2022.

    (Crédits : Bob Levey/AP/SIPA)

    Que dit la Loi ?

    La loi française a ordonné en 2021 des garde-fous sur cette question. Car quand certains revendiquaient même leurs conduites sexuelles et les justifiaient sous couvert du droit au plaisir des enfants, d’éducation et d’épanouissement sexuels, ce n’est désormais plus possible. L’affaire dite « Jacques Dugué », où le photographe âgé de 65 ans est arrêté pour pédophilie en 2000, ne peut plus être. Il écrivait dans une tribune de Libération : « Tous les garçons que j’ai connus m’ont aimé. Ils ont toujours aimé et voulu tout ce que nous avons fait ensemble… Ça ne leur fait aucun mal. »

    La libération de la Parole est venue en partie du livre de Camille Kouchner « La grande familia ».

    Dans son livre, sorti le 7 janvier 2021, l’auteure accuse son beau-père Olivier Duhamel d’avoir violé son frère jumeau quand ils étaient adolescents à la fin des années 1980. Après la déferlante de libération de paroles, trois ans plus tôt, avec le « #MeToo » naissait le « #MeTooInceste ».

    C’est dans cette délivrance de souffrance que le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire le 5 janvier 2021 pour « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans ».

    Suite à la Loi dite « Schiappa », la loi n° 2021-478 du 21 avril 2021 introduit un principe de « prescription glissante ». Le délai de prescription du viol sur un enfant peut désormais être prolongé si la même personne viole ou agresse sexuellement par la suite un autre enfant jusqu’à la date de prescription de cette nouvelle infraction.

    Tribunal, nimes, jugement

    Cinq mois après l’ouverture de l’enquête, « le parquet de Paris a procédé ce jour au classement sans suite de la procédure, en raison de la prescription de l’action publique », écrivait le procureur dans un communiqué.

    Augmenté d’une décennie, il passe de vingt à trente ans : « Le délai de prescription de 30 ans ne s’applique pas aux infractions prescrites avant le 6 août 2018 ».

    De plus, les juges n’ont plus à établir une violence, une contrainte, une menace ou une surprise pour constater et punir le viol ou l’agression sexuelle.

    (Crédits : Fokuza/Pixabay)

    La question du consentement de l’enfant ne se pose donc plus en dessous de l’âge de 15 ans et de 18 ans dans les affaires d’inceste. Les amours adolescentes ne sont pas visées. Une clause dite « Roméo et Juliette » a été introduite afin de préserver les relations sexuelles lorsque l’auteur et le mineur ont moins de cinq ans d’écart d’âge (par exemple relation entre un mineur de 13 ans et un jeune majeur de 18 ans).

    Quelle est la conduite à tenir ?

    L’abomination va de pair avec la cruauté des actes perpétrés par les pédophiles. En effet, pour assouvir leurs pulsions, ils se servent du corps de leur victime. La pratique du tourisme sexuel, ou l’« Exploitation sexuelle des enfants dans le cadre des voyages et du tourisme », selon la recommandation d’Interpol, est monnaie courante. Les délinquants sexuels utilisent les enfants dans des scénarios filmés, photographiés, vont jusqu’à pratiquer la torture, voire le meurtre, et certains participent même à des réseaux.

    Pour Claude Balier (1994), le viol incestueux est un « meurtre d’identité », c’est que l’appropriation du corps de l’enfant, le viol de l’intimité, l’intolérable intrusion, sont l’équivalent d’une tentative de meurtre, dans la mesure où ils impliquent l’annihilation de l’être, la négation de l’autre.

    Les affaires Dutroux, celle des disparues de l’Yonne (Émile Louis), celle du cd-rom de Zandvoort, celle de Michel Fourniret, le réseau de plus de 400 000 membres « Boys-Town », le magistrat déchu en France, quatre hommes condamnés lourdement en Allemagne, un Bambecquois de 21 ans condamné à douze mis de prison, des prêtres impliqués dans près d’un tiers des cas de pédocriminalité en Pologne. (Crédits : INTERPOL)

    Le chanteur R. Kelly lauréat d’un Grammy Award, est notamment accusé d’exploitation sexuelle d’enfants, de racket et de corruption. Il a été condamné à 30 ans de prison, car reconnu coupable de neuf chefs d’inculpation, le 29 juin 2022. Ou encore, l’enquête collaborative mondiale a permis de mettre la main sur un présumé abuseur sexuel d’enfant au Guatemala, révèle INTERPOL, le 6 août 2021… sont autant de preuves que cela existe et qu’il faut éduquer nos enfants à réagir face à ce danger. Apple met en place une technologie pour repérer les images à caractère sexuel impliquant des enfants.

    « Nous voulons aider à protéger les enfants contre les prédateurs qui utilisent des outils de communication pour les recruter et les exploiter, et limiter la diffusion de contenu pédopornographique », a expliqué le groupe sur son site.

    « Les enfants doivent apprendre qu’ils n’ont pas à subir de telles violences et que, si cela arrive, il est important d’en parler aussitôt à un adulte de confiance », explique la docteure Catherine Salinier. Il est alors essentiel de leur expliquer le terme de pédophilie et que sexualité et organes sexuels doivent rester cachés et intimes. Pour cela, il convient de dire qu’il ne faut ni les montrer ni les laisser toucher par quelqu’un qui n’y est pas autorisé ou dans une circonstance autre que les soins. Le « quelqu’un » sous-entend, le papa, la maman, le tonton, le grand-père, le frère, le voisin, les amis de la famille…

    (Crédits : Pixabay/Pexels)

    De telles recommandations peuvent être énoncées à l’occasion de la toilette du corps ou encore de la visite chez le docteur. Lorsqu’une personne est victime de viol, d’une atteinte, de harcèlement, ou de toute autre agression sexuelles, il faut le dénoncer, car la victime n’est, et ne sera jamais pas responsable de l’agression subie.

    Que faire dans une telle situation ?

    En cas d’urgence, et uniquement dans cette situation, il est possible d’alerter la police ou la gendarmerie par appel téléphonique (17 ou 112), ou par SMS (114), si vous êtes dans l’incapacité de parler, ou encore le 119. Si vous êtes victime ou témoin d’une agression dans les transports en commun (SNCF), vous pouvez contacter un agent 24 h/24, par téléphone au 3117 ou envoyez un SMS au 31177. Vous pouvez également télécharger l’application 3117. Il est important de vous rendre au poste de police ou à la gendarmerie le plus rapidement possible après l’agression pour permettre aux enquêteurs d’effectuer toutes constatations utiles. Il est important de préserver tous les indices (empreinte, traces ADN…) qui pourraient servir à identifier l’auteur des faits et à le faire condamner en justice. Conservez les vêtements portés au moment de l’agression et évitez de vous laver. Désormais, pour signaler une violence conjugale, sexuelle ou sexiste, un chat est mis en place. Chose plus qu’importante, il faut porter plainte !

    D’ailleurs, le mineur peut le faire lui-même. Ses parents ou ses représentants (tuteur, curateur…) peuvent également agir en son nom, lorsqu’ils ne sont pas mis en cause, bien sûr. Quant aux délais de prescription, la loi prévoit pour les infractions sexuelles sur mineur des délais de prescription allongés. « Je devais avoir 5 ans. Il s’est arrêté vers mes 12 ans, quand j’ai eu mes règles. Il m’a dit qu’il fallait qu’on arrête et que je ne devais pas lui en vouloir. Lui en vouloir de quoi ? De ne plus faire l’amour avec mon père ? Ou de m’avoir tué en me faisant l’amour ? » (Sources : Cahiers de psychologie clinique/Le silence et la révélation, Pascal Roman, Hie Baron)

    Cela afin que la victime mineure dispose d’un délai plus long que le délai ordinaire pour déposer plainte. Ainsi, une victime peut porter plainte jusqu’à 30 ans (depuis le 6 août 2018, sinon 20 ans) après sa majorité dans les cas les plus graves : Viol, proxénétisme sur mineur (c’est-à-dire le fait de profiter financièrement de la prostitution d’un mineur). Le dépôt peut se faire jusqu’à 20 ans après la majorité de la victime dans les cas d’agression sexuelle, d’atteinte sexuelle avec circonstance aggravante (agression par plusieurs auteurs, menace avec arme…). Enfin, le dépôt de plainte peut se faire jusqu’à dix ans après la majorité de la victime dans les autres cas d’infraction sexuelle, à savoir proposition sexuelle, corruption de mineur, comme le recours à la prostitution de mineur.

    Des outils existent :

  • Les vaccins et l’obligation vaccinale (dernière partie)

    Les vaccins et l’obligation vaccinale (dernière partie)

    Alors que la réponse du Conseil constitutionnel est attendue, demain jeudi 5 août 2021, des manifestations partout en France ont eu lieu. Leur point commun le « passe sanitaire » et l’obligation vaccinale. Or mis, l’avis des médecins qui leur est propre, la question est juridique. Puisque la saisine du Conseil constitutionnel fut faite le 26 juillet 2021 par le Premier ministre, ainsi que des députés et sénateurs, afin de savoir si elle « a été adoptée dans le respect des règles à valeur constitutionnelle relatives à la procédure législative. »

    Tout tient en la différence d’obligatoire et d’obligation. Le premier « Qui a la force d’obliger. Une clause obligatoire. », comme dans Polysynodie de Rousseau « Loin d’envisager leur pouvoir par ce qu’il a de pénible et d’obligatoire, ils [les princes] n’y voient que le plaisir de commander ». Quant à « obligation », qui est imposée, nécessaire : « Les femmes [à la cour de Turin] avaient chacune un amant d’obligation », Hamilton, Gramm. 4. Oui, la différence est subtile, mais importante. D’ailleurs, l’obligation vaccinale résulte de la Loi du 15 février 1902, le saviez-vous ?

    Onze vaccins obligatoires

    Depuis la promulgation de la loi du 30 décembre 2017, l’extension à onze vaccins est rendue obligatoire. Ce suite à la proposition d’Agnès Buzin, ministre des Solidarités et de la Santé. « L’obligation de ces onze vaccins est sans doute la manière la plus rapide et la plus efficace de rattraper le retard de la couverture vaccinale, en attendant qu’une information de nos concitoyens, qu’une formation renforcée de nos personnels de santé, amène à une prise de conscience qui permette, à terme, d’envisager la levée de cette obligation », déclarait Professeur Philippe Sansonetti (institut Pasteur, collège de France) en décembre 2017. Auparavant, seuls les vaccins antidiphtérique, antitétanique et antipoliomyélite étaient obligatoires.

    Les vaccins, comme ici l’injection contre la grippe saisonnière, ont pour but de limiter et prévenir les maladies. (Crédits : LuAnn Hunt/Pixabay)

    Dorénavant, pour les enfants nés à partir du premier janvier 2018, il faut ajouter celui contre la coqueluche, les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, contre le virus de l’hépatite B, les infections invasives à pneumocoque, le méningocoque de sérogroupe C, la rougeole, les oreillons et la rubéole (les trois derniers composent le ROR).

    La discrimination

    La faculté de discerner, de distinguer établit Le Littré, ou le fait de distinguer et de traiter différemment (le plus souvent plus mal) quelqu’un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne, ajuste Le Larousse. Ces deux définitions représentent le nom féminin, « discrimination » (du latin discriminatio, — onis, séparation, avec l’influence de l’anglais discrimination). Lors d’une manifestation, certaines personnes arboraient une « étoile jaune » qui, sous le joug de l’Allemagne nazie, différenciait les personnes de confession juive des divers individus. Il n’est point possible d’accepter l’analogie de ces deux situations. « La comparaison entre le passe sanitaire et l’étoile jaune est une honteuse instrumentalisation de l’Histoire et un outrage aux victimes de la barbarie nazie et à leurs descendants », note le CRIF lors d’un communiqué. Cependant, le ressenti peut-être semblable, sachant qu’il est personnel. L’Histoire raconte, la différence que certains êtres humains ont imposée aux autres. Comme une femme ou un homme d’origine africaine qui ne pouvait pas aller dans les mêmes toilettes que le type caucasien de l’américain moyen, ou encore les places de bus aux États-Unis. L’histoire de Rosa Parks est le parfait exemple. L’apartheid en Afrique du Sud, qu’a vécu Nelson Mandela, etc.

    L’obligation vaccinale

    À l’origine, cette obligation vaccinale résulte de la loi du 15 février 1902 (variole). S’y sont ensuite ajoutés les vaccins contre la diphtérie (1938), le tétanos (1940), la poliomyélite (1964)… jusqu’à l’extension à onze vaccins par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. « La clé de la liberté, ce n’est absolument pas la vaccination, c’est une problématique sanitaire, une problématique médicale, ça n’a rien à voir avec une problématique démocratique. Et on est en permanence en train de mélanger les genres, comme en 39-45, on a mélangé les genres en disant la purification ethnique c’est la survie de notre société », expliquait le docteur Louis Fouché lors d’une interview.

    Le discours du président de la République française avait eu le but escompté par ce dernier, augmenter le nombre de rendez-vous pour la vaccination contre le SARS-CoV-2. (Crédits : DR)

    Le président de la République annonçait le 12 juillet, « passe sanitaire » ainsi que la réforme des retraites. « A partir du début du mois d’août donc, le passe sanitaire s’appliquera dans les cafés, les restaurants, les centres commerciaux, ainsi que dans les hôpitaux, les maisons de retraites, les établissements médico-sociaux mais aussi dans les avions, trains et cars pour les longs trajets. Là encore, seuls les vaccinés et les personnes testées négatives pourront accéder à ces lieux, qu’ils soient d’ailleurs clients, usagers ou salariés. » Puis embrayait sur « Vous l’avez compris, la vaccination n’est pas tout de suite obligatoire pour tout le monde, mais nous allons étendre au maximum le passe sanitaire pour pousser le maximum d’entre vous à aller vous faire vacciner. »

    Au point de vue politique, il n’y a qu’un seul principe, la souveraineté de l’homme sur lui-même. Cette souveraineté de moi sur moi s’appelle Liberté »

    Victor Hugo

    Faire valoir ses droits est légitime

    Refuser le vaccin est possible si vous avez des contre-indications sur le vaccin contre le virus du SARS-CoV-2. Ils sont régis par l’article L.1111-4 du Code de la santé publique, à savoir PIMS, allergies, syndrome de fuite capillaire. L’arrêt de travail est une possibilité, à la condition sine qua non d’être vraiment malade, car la vaccination en principe doit s’effectuer sur le lieu de travail (en attente de la loi et de la décision du conseil des sages). La dernière serait l’expatriation vers un pays où les vaccinations ne sont pas obligatoires (Allemagne, Suisse, Luxembourg). Le même article est au cœur de la polémique de la vaccination obligatoire des personnels soignants.

    Samedi 24 juillet 2021, les mariés sortent de la mairie de Poitiers quand les manifestants l’investissent. S’en suit le déchirement du portrait du président. 48 heures de garde à vue pour un Montmorillonais de 52 ans, poursuivi pour vol aggravé (commis en réunion et suivi de dégradations), est condamné à 15 jours de prison avec sursis. (Crédits : Romuald Pena)

    Maître Sophia Albert-Salmeron rapporte en regard du « passe sanitaire » et de l’obligation sous-jacente à la déclaration du Président de la République française, une décision du conseil constitutionnel 2020-805 DC. Elle est suite à la Loi instaurant des mesures de sûreté à l’encontre des auteurs d’infractions terroristes à l’issue de leur peine : « Cohérent, le Conseil constitutionnel a censuré la loi en raison des atteintes inadaptées et disproportionnées aux libertés individuelles ; une façon de rappeler que le droit pénal — même non punitif — ne doit pas l’emporter sur le droit constitutionnel. »

    Conseils d’État et constitutionnel

    Le Collectif « AVOCATS SANTÉ ET LIBERTÉ » souhaite attirer l’attention du Conseil constitutionnel sur les atteintes portées au respect de la dignité humaine au travers de l’atteinte portée aux principes constitutionnels de liberté, d’égalité et de fraternité. En effet, un arrêt du conseil d’État, décision n°419242 , qui aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

    La loi doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ».

    Article 6 de la Déclaration de 1789

    Le Conseil d’État poursuit « Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit, qui peut être admise si elle remplit les conditions du paragraphe 2 de l’article 8 et, notamment, si elle est justifiée par des considérations de santé publique et proportionnée à l’objectif poursuivi. »

    De très nombreux Français sont pendus aux lèvres des sages du Conseil constitutionnel quand à leur rendu sur la loi. Notamment sur les restrictions de libertés pour lesquels certains Français préfèrent se faire vacciner pour continuer à jouir des plaisirs, sans évoquer la raison de se protéger du virus. (Crédits : Thomas Samsom AFP)

    Le droit à l’intégrité physique

    Le droit à l’intégrité physique fait partie du droit au respect de la vie privée au sens de ces stipulations, telles que la Cour européenne des droits de l’homme les interprète. « Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit […]. Il doit ainsi exister un rapport suffisamment favorable entre, d’une part, la contrainte et le risque présentés par la vaccination pour chaque personne vaccinée et, d’autre part, le bénéfice qui en est attendu tant pour cet individu que pour la collectivité dans son entier, y compris ceux de ses membres qui ne peuvent être vaccinés en raison d’une contre-indication médicale, compte tenu à la fois de la gravité de la maladie, de son caractère plus ou moins contagieux, de l’efficacité du vaccin et des risques ou effets indésirables qu’il peut présenter. »

    Rendu du conseil constitutionnel

    Gabriel Attal indiquait, ce 28 juillet 2021, à l’issue du Conseil des ministres que l’extension du « passe sanitaire » aux cafés, bars et restaurants, terrasse y comprises, sera également exigé à l’hôpital, hors urgence. Ce dernier entrerait en vigueur seulement le 9 août, sous réserve de sa validation par le Conseil constitutionnel dont la décision est attendue demain 5 août 2021. Deux possibilités s’offrent au Conseil constitutionnel, il déclare soit que la totalité ou qu’une partie de la loi est contraire à la constitution. Dans le premier cas, la procédure législative devra reprendre depuis le début. Dans l’autre cas, la loi sera promulguée, mais sans les articles contraires à la constitution…

    « Par sa décision n° 2021-824 DC du 5 août 2021, |…] il était notamment reproché à ces dispositions de subordonner l’accès aux grands magasins et centres commerciaux et aux transports publics à la présentation d’un ” passe sanitaire “, ce qui n’aurait pas d’intérêt dans la lutte contre l’épidémie dispositions. Il était soutenu qu’en outre, ces dispositions emporteraient des effets disproportionnés au regard de l’objectif poursuivi, ce dont il résulterait une méconnaissance de liberté d’aller et de venir, du droit au respect de la vie privée et du droit d’expression collective des idées et des opinions. »

    « En deuxième lieu, ces mesures ne peuvent être prononcées que pour la période, allant de l’entrée en vigueur de la loi déférée au 15 novembre 2021, période durant laquelle le législateur a estimé qu’un risque important de propagation de l’épidémie existait en raison de l’apparition de nouveaux variants du virus plus contagieux. »

    « Ainsi, s’agissant de leur application aux services et établissements de santé, sociaux et médico-sociaux, le législateur a réservé l’exigence de présentation d’un ” passe sanitaire ” aux seules personnes accompagnant ou rendant visite aux personnes accueillies dans ces services et établissements, ainsi qu’à celles qui y sont accueillies pour des soins programmés. Ainsi, cette mesure, qui s’applique sous réserve des cas d’urgence, n’a pas pour effet de limiter l’accès aux soins. »

    Il reste maintenant à promulguée la Loi, au journal officiel pour qu’elle puisse s’appliquer à tout un chacun. (Crédits : capture d’écran)

    « En quatrième lieu, les dispositions contestées prévoient que les obligations imposées au public peuvent être satisfaites par la présentation aussi bien d’un justificatif de statut vaccinal, du résultat d’un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination ou d’un certificat de rétablissement à la suite d’une contamination. Ainsi, ces dispositions n’instaurent, en tout état de cause, ni obligation de soin ni obligation de vaccination. En outre, le législateur a prévu la détermination par un décret, pris après avis de la Haute autorité de santé, des cas de contre-indication médicale faisant obstacle à la vaccination et la délivrance aux personnes concernés d’un document pouvant être présenté dans les lieux, services ou établissements où sera exigée la présentation d’un ” passe sanitaire “. »

    « En cinquième lieu, le contrôle de la détention d’un des documents nécessaires pour accéder à un lieu, établissement, service ou événement ne peut être réalisé que par les forces de l’ordre ou par les exploitants de ces lieux, établissements, services ou événements. En outre, la présentation de ces documents est réalisée sous une forme ne permettant pas de connaître ” la nature du document détenu ” et ne s’accompagne d’une présentation de documents d’identité que lorsque ceux- ci sont exigés par des agents des forces de l’ordre. »

  • Les vaccins et l’obligation vaccinale (2de partie)

    Les vaccins et l’obligation vaccinale (2de partie)

    Après avoir rappelé l’histoire des vaccins à travers le monde, ainsi que les différents types, intéressons-nous-y de plus près. Qu’entend-on par « autorisation de mise sur le marché ». Que représente ce terme, à quoi correspond-il ? Sur les vaccins les avis divergent dans les différents médias, les uns pour, les autres contre, et sans aborder l’obligation vaccinale. Quelle est leur composition ? Comment m’informer ? Quels sont les effets indésirables ? Quelles sont leurs efficacités ?

    Comme tout médicament, le vaccin suit un processus afin de devenir une solution administrable. Le Graal est l’autorisation, et aboutissement, de mise sur le marché, cela représente un long chemin semé d’embûches. La première étape est la production de la substance active :

    • banque de germes
    • mise en culture et amplification
    • récolte
    • purification et concentration
    • inactivation et fabrication des valences

    Elle est soumise à divers paramètres (la température, le potentiel hydrogène, le taux d’oxygène, la stérilité et l’homogénéité). Cette étape primordiale peut durer quarante-huit heures à trois mois en fonction des vaccins recherchés. Les antigènes produits à partir de micro-organisme sont alors récoltés. Vient la purification, qui est l’extraction des virus ou bactéries de leur environnement. Puis la pathogénicité est supprimée (neutralisation du virus ou de la bactérie pour l’empêcher de se propager), en conservant bien entendu les propriétés immunologiques, c’est la phase d’inactivation. Enfin la production des valences antigéniques, qui dans le cas des vaccins correspond à la protection apportée pour un germe et un seul. Un vaccin peut être monovalent (agis contre un seul germe) ou plurivalent (agis contre plusieurs germes différents). La seconde étape est la Mise en forme pharmaceutique. Elle se définit par :

    • Assemblage des valences pour les vaccins combinés
    • Formulation
    • Répartition
    • Lyophilisation
    • Conditionnement
    • Contrôle des lots
    • Livraison

    Le vaccin peut donc être monovalent comme plurivalent. Alors les combinaisons de valence ne doivent en aucun cas interférer entre elles pour garder l’efficacité du vaccin. C’est pourquoi cela requiert des années de recherche et de développement scientifiques. Des adjuvants, stabilisateurs, et conservateurs sont ajoutés en très petites quantités pour améliorer l’efficacité et la stabilité du vaccin. Le remplissage est le chapitre subséquent, la lyophilisation si nécessaire permet une meilleure conservation. La température des produits pendant les transports est strictement contrôlée et suivie. Les laboratoires constituent des tests, effectuent des prélèvements d’échantillons sur chaque lot envoyés aux instances de santé pour contrôle de qualité. C’est alors que la livraison débute.

    En fonction de la dangerosité du virus ou de la bactérie, les laboratoires sont hautement sécurisés comme le P4, ci-dessus, au centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF) au Gabon. (Crédits : DR)

    Puis, viennent les essais cliniques chez l’être humain qui se déroulent en quatre phases. Les essais de la Phase I ont lieu généralement sur quelques dizaines de volontaires. Ils observent les éventuels effets secondaires très fréquents (en comparant avec un placebo ou un vaccin connu). Ils permettent également de déterminer la meilleure dose de vaccin expérimental, en mesurant les anticorps produits par lesdits volontaires. Les essais de Phase II élargissent les connaissances, en incluant plusieurs centaines, voire milliers de volontaires, ce dans plusieurs centres cliniques différents. Les individus sont suivis pendant plusieurs mois, notamment pour observer l’évolution dans le sang de leurs taux d’anticorps ou de lymphocytes B et T. Cette étape permet d’étudier les détails de la réponse immunitaire, de préciser les schémas d’administration (nombre de doses, etc.), et d’identifier les effets secondaires fréquents. Les essais de Phase III incluent plusieurs dizaines voire centaines de milliers de volontaires pour répondre à la question : « Le vaccin protège-t-il contre la maladie ? ».

    Les phases I, II, III et IV sont nécessaires à chaque médicaments. Afin d’améliorer la réponse immunitaire au final. (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    Il s’agit donc d’observer dans quelle mesure les personnes vaccinées, exposées au microbe, résistent à la maladie dans les semaines et mois après la vaccination. Ces essais à large échelle sont les seuls capables de détecter les effets secondaires rares, ainsi que de définir dans quelles classes d’âge ou groupes de population le candidat-vaccin est efficace, ou non. Enfin, les essais de Phase IV sont réalisés après la commercialisation d’un vaccin pour préciser son utilisation auprès de populations qui n’avaient pas été incluses dans les essais de phase II et III. Il s’agit aussi de vérifier si des effets indésirables très rares, mais grave, surviennent chez les millions de personnes vaccinées.

    Le 27 mai 2021, Sanofi et GSK annonçaient le recrutement des participants dans leur étude clinique de phase III. Cette dernière visant à évaluer la sécurité, l’efficacité et l’immunogénicité de leur candidat-vaccin recombinant avec adjuvant contre la COVID-19 a débuté. Dans le cadre de cette étude internationale de phase III, randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo, plus de 35 000 volontaires âgés de 18 ans et plus seront mobilisés dans différentes nations, dont les États-Unis et plusieurs pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.

    De plus, le manque d’explication peut engendrer des colères. « En devenant volontaire à des essais cliniques vaccinaux contre la COVID-19, chacun peut devenir acteur de la lutte contre la pandémie, faire avancer la recherche et ainsi contribuer sur le moyen terme à se protéger et à protéger chaque Français et notamment les populations les plus fragiles. Devenir volontaire, c’est aussi laisser la possibilité à des enfants et adolescents de prendre part à ces essais vaccinaux », rédige sur son site Covireivac. Le projet destiné à la recherche clinique vaccinale COVID-19 est coordonné par l’INSERM. Les études cliniques sont effectuées pour tous médicaments. Le programme du français Sanofi avec l’anglais GSK semble être intimement lié avec ce qu’écrit Covireivac. Pour cela que l’EMA entame l’examen continu du vaccin Vidprevtyn Share de Sanofi Pasteur depuis le 20 juillet 2021.

    Autorisation de mise sur le marché

    Le collège de Médecine générale donne accès aux fiches des quatre vaccins contre le virus du SARS-CoV-2 en autorisation de mise sur le marché conditionnelle. Sur le site de l’agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). « Les Autorisations de mises sur le marché (AMM) seront délivrées par la Commission européenne à l’issue de cette évaluation et seront valables dans tous les États membres de l’UE. Dans le contexte de la pandémie et de l’urgence de santé publique, les AMM seront dites conditionnelles, écrit l’agence nationale sur son site avant de poursuivre. L’AMM conditionnelle rassemble tous les verrous de contrôles d’une autorisation de mise sur le marché standard pour garantir un niveau élevé de sécurité pour les patients. Une fois qu’une AMM conditionnelle a été accordée, les laboratoires doivent fournir les données supplémentaires provenant d’études nouvelles ou en cours dans des délais fixés par l’EMA pour confirmer le rapport-bénéfice/risque positif. » L’autorisation de mise sur le marché conditionnelle est octroyée pour un an et peut être renouvelée. Lorsque les autorités européennes ont reçu et évalué tous les renseignements complémentaires exigés, l’AMM conditionnelle peut être convertie en une AMM standard.

    Ci-dessous la composition des différents vaccins ayant l’AMM en France, se référant à l’Agence européenne du Médicament, EMA (NDLR pour traduire différents textes en langues étrangères non maîtrisées, la rédaction utilise le site deepl).

    VaccinCormitary de Pfizer-BioNtech (à ARNm à nucléoside modifié)Moderna (à ARNm à nucléoside modifié)Janssen de Johnson & Johnson (à vecteur viral vivant non réplicatif, adénovirus de type 26)AstraZeneca (à vecteur viral non réplicatif , adénovirus de chimpanzé)
    AntigèneARNm COVID-19, incorporé dans des nanoparticules lipidiques 30 μg100 μg d’ARN messager encapsulé dans les nanoparticules lipidiques SM-102au moins de 8,92 log10 unités infectieuses (U.I.)Au moins 2,5 × 108 particules virales (U.I.) de l’Adénovirus codant la glycoprotéine Spike du SARS-CoV-2 (ChAdOx1-S)
    ExcipientsALC-0315 = bis(2-hexyldécanoate) de ((4-hydroxybutyl)azanediyl)bis(hexane-6,1-diyle)Lipide SM-102Éthanol (environ 2 mg par dose)Éthanol (environ 2 mg dans une dose)
    ALC-0159 = 2-[(polyéthylèneglycol)-2000]-N,NditétradécylacétamideCholestérolHBCD (2-hydroxypropyl-β-cyclodextrine)Chlorhydrate de L-histidine monohydraté
    1,2- distéaroyl-sn-glycéro-3-phosphocholine (DSPC)DSPCAcide citrique monohydratéChlorure de magnésium hexahydraté
    cholestérol1,2- dimyristoylrac-glycéro-3-méthoxypolyéthylène glycol-2000 (PEG-2000 DMG)Citrate trisodique dihydratéÉdétate de disodium (dihydraté)
    Chlorure de potassiumTrométhaminePolysorbate-80L-Histidine
    Phosphate monopotassiqueChlorhydrate de trométhamineChlorure de sodiumChlorure de sodium
    Chlorure de sodiumAcide acétiqueHydroxyde de sodiumPolysorbate 80 (E 433)
    Phosphate disodique dihydratéAcétate de sodium trihydratéAcide chlorhydriqueSaccharose
    SaccharoseSaccharoseEau pour préparation injectableEau pour préparation injectable
    Eau pour préparation injectableEau pour préparation injectable
    La liste de tous les vaccins, dont ceux contre le SARS-CoV-2, est sur le site « mes vaccins ». Un comité de rédaction composé d’experts (dont la liste est consultable) veille au grain. Juxtaposé à la liste, une biographie des membres est ajouté par souci de transparence, en cas de doute il suffit de vérifier ici.

    Pharmacovigilance et effets indésirables présumés

    La pharmacovigilance consiste à recueillir des données issues de la surveillance, y compris des informations sur les effets indésirables présumés, d’un médicament, comme d’un vaccin. Que son utilisation soit conforme aux termes de son autorisation de mise sur le marché, ou non (en cas de surdosage, de mésusage, d’abus, ou d’erreurs médicamenteuses). « Les effets indésirables sont généralement notifiés par les professionnels de santé, c’est pourquoi il est conseillé de faire part de vos effets indésirables à votre médecin ou à votre pharmacien. » Le but est de remonter les effets rencontrés durant la Phase IV. L’EudraVigilance (European Union Drug Regulating Authorities Pharmacovigilance) est faite pour. C’est un réseau de traitement des données et le système de gestion, pour la déclaration et l’évaluation des effets indésirables présumés des médicaments. De ceux qui ont été autorisés, ou, qui sont étudiés dans le cadre d’essais cliniques dans l’Espace économique européen (EEE). En date du 19 juillet 2021, sous l’autorité de l’ANSM, une information transmise aux professionnels de la santé sur les risques de myocardite et de péricardite suite à l’injection des vaccins issue de BioNTech-Pfizer et Moderna indique : « Jusqu’au 31 mai 2021, environ 177 millions de doses de Comirnaty et 20 millions de doses de Spikevax ont été administrées dans l’Espace Economique Européen (EEE). Un total de 145 cas de myocardite est survenu chez des personnes ayant reçu le vaccin Comirnaty et 19 cas chez des personnes ayant reçu le vaccin Spikevax. De plus, 138 cas de péricardite sont survenus après l’utilisation de Comirnaty et 19 cas après l’utilisation de Spikevax. »

    L’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé publie des informations de sécurité chaque jour (risques médicamenteux, rappels de produits, d’informations aux utilisateurs et défauts de qualité). (Crédits : ANSM)

    La base européenne de données des rapports d’effets indésirables susceptible d’être liée à l’utilisation de médicaments affiche en préambule une clause de non-responsabilité. Cela est dû au fait que les chiffres doivent être replacés dans un contexte avec d’autres facteurs, comme le nombre de personnes qui prennent le médicament et la durée pendant laquelle le médicament a déjà été commercialisé. À savoir :

    • Les informations présentées sur ce site web ne reflètent aucune confirmation d’un lien potentiel entre le médicament et le(s) effet(s) observé(s).
    • Les informations présentées sur ce site web concernent des suspicions d’associations qui reflètent les observations et avis du déclarant.
    • Les informations peuvent inclure des effets indésirables connus déjà énumérés dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) et la notice.
    • Le nombre d’effets indésirables suspectés d’être liés aux médicaments dans la base de données EudraVigilance (EV) ne doit pas servir de base pour la détermination de la probabilité de la survenue d’un effet indésirable.
    • Chaque circonstance individuelle enregistrée dans le système EV concerne en général un seul patient ; cependant, plus d’un effet indésirable a pu être signalé dans un cas. Par conséquent, le nombre d’effets indésirables ne sera pas toujours identique au nombre de cas.
    • Les déclarations sur les effets indésirables contenus dans la structure EV ne représentent pas l’ensemble des informations disponibles concernant les bénéfices et les risques d’un médicament […] d’autres sources d’informations (informations sur le produit et en matière de prescription, doivent d’abord être consultées.
    • Les patients et les consommateurs ne doivent pas arrêter de prendre leurs médicaments ou en changer sans consultation préalable d’un professionnel de santé.

    Mais d’autres données sont lisibles par tout un chacun. Le nombre de cas individuels d’effets indésirables identifiés dans EudraVigilance pour le vaccin Moderna contre le virus du SARS-CoV-2 (CX-024414) est de 84 547 (jusqu’au 31/07/2021). Les statistiques concernant Pfizer-BioNTech, AstraZeneca et Janssen des laboratoires Johnson & Johnson révèlent respectivement 327 665, 346 881 et 19 915 cas individuels d’effets indésirables.

    Les données complètes tant au niveau de l’âge, du sexe, du pays… permettent de déterminer le rapport-bénéfice/risque et l’autorisation de mise sur le marché. (Sources : EMA)

    Les chiffres en France

    Le Premier ministre, Jean Castex, annonçait sur TF1 le 21 juillet dernier que 96 % des 18 000 cas positifs dus au variant Delta, n’étaient pas vaccinés. Or, ce dernier avait commis une erreur ou imprécision, en tout bonne foi. Les services de Matignon confirmaient HuffPost et au Parisien que le chef du gouvernement tirait ce chiffre de 96 % non des dernières données de Santé publique France, mais d’une étude mentionnée par le ministre de la Santé Olivier Véran et menée par la DRESS (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) portant sur la période du 28 juin au 4 juillet. Concernant un homme politique, devons-nous parler d’erreur ou de « Fake News » ?

    La Drees au paragraphe 2.1 indique : « Sur la semaine du 28 juin au 4 juillet 2120 tests PCR prélevés positifs par joue en moyenne ». Cela représente donc sur sept jours 14 840 personnes testées. Le nombre de personnes non vaccinées atteint est de 80, 57 %. Le tableau pris en compte dans le dossier communiqué par la Drees est celui, ci-dessous. Il détaille l’effectif de cas L452R (variant Delta) de femmes et d’hommes, vaccinées ou non, avec ou sans symptômes venant effectuer un test RT-PCR.

    En reportant les données par sexe et en les compilant, cela donne les donnes suivantes.

    TR-PCR Positifs
    Statut vaccinalNombre moyen par jourGlobalL452R
    Non-vaccinés1694 / 37480, 4 %74, 8 %
    Primo dose récente57 / 192, 7 %3, 8 %
    Primo dose efficace229 / 7910, 87 %15, 8 %
    Vaccination complète127 / 286, 03 %5, 6 %
    Ensemble2107 / 500100100
    Nombre de positifs et taux de positivité par statut vaccinal pour RT-PCR entre le 28 juin et le 4 juillet 2021. (Source : tableau 2a. appariement Sidep-Vacsi, calcul Drees. Champ : France, tous âges. Note : moyenne par jour entre le 28 juin et le 4 juillet.)

    La communication est le sujet prépondérant de tout, ainsi d’innombrables experts s’écharpent depuis le début de la pandémie, non sur le taux de contamination, mais sur celui de la létalité. La définition prodiguée par le centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) est le « Rapport entre le nombre de décès dus à une maladie et le nombre de personnes atteintes de cette maladie ». Les données en France par le site« Ourworldindata » à la date du 27 juillet 2021 fournissent le nombre d’êtres humains disparus à 111 883, sur un total d’individus contaminés de 6, 09 millions. Le taux de létalité est de 1, 8371 %. Or, le ratio de mortalité ne tient pas compte des infectés non répertoriés, c’est-à-dire les malades qui n’ont pas eu de test PCR. Ainsi, le taux serait en Italie de 2, 96 %, au Brésil de 2, 79 %, Allemagne 2, 43 %, Iran 2, 38 %, en France de 1, 84 % pour une moyenne mondiale de 2, 14 %.

    Le nombre réel de cas est possiblement plus élevé que celui des cas confirmés. Pour autant, les statistiques n’indiquent pas si les personnes sont symptomatiques, asymptomatique, schéma vaccinal complet ou non. (Source : Ourworldindata)

    Les effets indésirables et les bénéfices des vaccins

    Les essais de Phase IV profitent de ce que chaque effet indésirable est notifié. En fonction des vaccins ayant reçu l’AMM, l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, met à disposition une fiche récapitulative mentionnant lesdits effets indésirables des vaccins et médicaments. Chaque fait doit être signalé auprès du médecin, de la pharmacie, et en cas de doute il est recommandé de contacter votre praticien traitant, ou le 15.

    Effets indésirablesAstraZenecaJanssenModernaPfizer-BioNTech
    Très Fréquents (≥1/10)Céphalées, nausées, myalgies, arthralgies, fatigue, malaise, état fébrile, frissonsCéphalées, nausées, myalgies, fatigue, douleur au site d’injectionFatigue, céphalées, lymphadénopathie, nausées / vomissements, myalgies, frissons, arthralgies, fièvre, douleur au site d’injectionFatigue, céphalées, myalgies, frissons, arthralgies, fièvre, diarrhée. Réaction au site d’injection (douleur, gonflement au site d’injection)
    Fréquents (≥ 1/100 à < 1/10)Vomissements, diarrhées, fièvre, thrombocytopénie, maladie pseudo grippale, asthénie, douleurs dans
    les extrémités, réaction au site d’injection (gonflement, érythème)
    Toux, arthralgie, fièvre, frissons, gonflement et érythème (au site d’injection)Réaction au site d’injection (érythème, urticaire, rash), éruption cutanéeRéaction systémique : nausées, vomissements. Réaction au site d’injection (rougeur)
    Peu fréquents (≥ 1/1 000 à < 1/100)Douleurs abdominales, lymphadénopathie, urticaire, diminution de l’appétit, léthargie, étourdissements, somnolence, hyperhidrose, prurit, éruption cutanéeTremblement, éternuement, douleur oropharyngée, rash, hyperhidrose, faiblesse musculaire, extrémités douloureuses, dorsalgie, asthénie, malaisePrurit au site d’injectionDouleur aux extrémités, lymphadénopathie, insomnies, malaise, prurit au site d’injection, réactions d’hypersensibilité (rash, prurit)
    Rares (≥ 1/10 000 à < 1/1 000)Hypersensibilité, urticaireParalysie faciale périphérique aiguë (paralysie de Bell) (3 cas sur 15 185 personnes vaccinées dans les essais cliniques), gonflement du visage.Urticaire, angio-œdème, paralysie de Bell (4 cas sur 22 000 personnes vaccinées dans les essais cliniques).
    Très rare (≤ 1/10 000)Réaction systémique : syndrome thrombotique thrombocytopéniqueThrombose en association avec une thrombocytopénie
    IndéterminéAnaphylaxie, hypersensibilité, fuites capillaires, angio-œdèmeAnaphylaxieDes réactions d’hypersensibilité, anaphylactiques et des myocardites/ à péricardites ont été rapportéesDes réactions anaphylactiques et des myocardites/péricardites ont été rapportées
    La liste des effets indésirables est constituée par les remontées des patients, comme des spécialistes de la santé. Les conduites à tenir en cas de doutes suite à l’injection des vaccins AstraZeneca, Janssen, Moderna et Pfizer sont simples, s’adresser à un professionnel de santé. (Sources : ANSM)

    Pour qu’un vaccin soit De l’autre côté, Le CRESS (centre of research in epidemiology and statitics) recense et décrit des estimations en fonction des suites de l’infection au SARS-CoV-2 vacciné ou non. D’ailleurs ce site hors mis qu’il « a pour objectif de visualiser des données scientifiques publiées et n’a pas vocation à se substituer aux recommandations des autorités de santé ou à une consultation et discussion avec un médecin ».

    Il propose des graphiques montrant les bénéfices estimés en fonction de l’âge, du sexe de l’individu et du vaccin inoculé. Cet outil a été développé et évalué avec l’aide de 3152 patients de la Communauté de Patients pour la Recherche (ComPaRe). (Crédits : DR)

    Le texte adopté n°654 dit « Petite loi » sera présenté devant le Conseil constitutionnel le 5 août 2021, avec le « passe sanitaire », « l’obligation vaccinale », la « suspension du contrat de travail »… à suivre