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  • Fuite au pays de l’Internet des objets (IoT)

    Fuite au pays de l’Internet des objets (IoT)

    La population mondiale est de plus en plus connectée, tout du moins, par les objets. Lors des trois premiers mois de 2020, tandis que les sociétés étaient figées, les ventes de montres « intelligentes » progressaient de 20 % au niveau de la planète, sans discontinuer. Au deuxième trimestre 2021, les livraisons s’envolent de 47 % selon les chiffres de Strategy Analytics passant de 12, 3 à 18,1 millions d’unités écoulées. Un rythme que les industriels n’avaient pas connu depuis 2018. Dans ce même temps, plus de 61 millions d’enregistrements de données fuitaient.

    En premier lieu, « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». Cet apophtegme (du grec ancien ἀπόφθεγμα / apóphthegma : ” précepte, sentence “) est une parole mémorable ayant valeur de maxime, soit une formule exprimant une idée générale. C’est pourquoi elle est une sorte d’adage auquel on confère une autorité particulière en l’attribuant, de façon exacte ou apocryphe, à une personne. Le sujet de cet article fait suite à un échange avec Fernanda V., une lectrice de « Libr’Expression », concernant un papier sur les objets connectés : « Je voulais le partager avec vous, car l’article nous apprend l’importance de se méfier de nos données et je pense qu’il serait très utile pour vos lecteurs aussi, si vous décidez de le partager avec eux. »

    Pour apprécier l’ampleur de la fuite, et des possibles autres, il est nécessaire de mesurer le marché mondial des objets connectés que sont les montres. Selon les dernières recherches de Strategy Analytics, les expéditions internationales bondissaient de 47 % par an pour atteindre les 18 millions d’unités au deuxième trimestre 2021. L’Apple Watch a conservé la première place avec 52 % des parts de marché mondial des tocantes « intelligentes », Samsung la deuxième (11 %) et Garmin la troisième (8 %). « Les ventes en ligne d’appareils axés sur le fitness qui contribuent à soutenir les soins de santé personnels restent populaires et constituent le principal moteur du boom des smartwatchs », explique Steven Waltzer, analyste principal au sein de Strategy Analytics. La période due au SARS-CoV-2 a modifié la perception des personnes quant à leurs corps. Ainsi, l’Apple Watch Series 6 (avant l’arrivée de sa grande sœur) est le modèle le plus populaire pour de multiples raisons et « d’un portefeuille croissant d’applications de santé et de fitness », justifie Neil Mawston, directeur exécutif chez Strategy Analytics.

    « Nous nous attendons à voir 20 milliards d’objets connectés à Internet d’ici la fin de l’année 2020. […] comme les distributeurs automatiques, les moteurs d’avion, les voitures connectées… », prophétisait en 2019 Mark Hung, vice-président en charge des études au cabinet d’analyse Gartner (Crédits : roxanawilliams1920/Pixabay)

    L’Internet des objets est conséquent : enceintes, ampoules, thermostats, téléviseurs, réfrigérateurs, jouets pour adulte ou enfant, caméras, alarmes… Comme les montres dites intelligentes qui connaissent un plébiscite fulgurant. Ce succès profite avant tout à Apple dont les expéditions annuelles sont en hausse de 46 % avec 9,5 millions d’unités. La marque à la pomme revendique ainsi une part écrasante de 52,8 %. Le marché planétaire des chronographes connectés a crû à un rythme effréné de 53,5 % par an, en volume, entre 2014 et 2020. Si l’Amérique du Nord représente le premier marché régional pour ce produit avec plus d’un tiers (35 %) de la consommation mondiale, « c’est en Asie-Pacifique que la croissance devrait être la plus forte dans les années à venir ». La demande asiatique est alimentée par l’accès généralisé aux smartphones et l’utilisation massive de services digitaux. Le marché français est lui aussi en profonde hausse, mais dans une bien moindre mesure que ses voisins britannique, allemand ou italien. En effet, le taux de pénétration des montres connectées en France est le plus bas des quatre pays cités précédemment.

    Il existe un débat sur la façon dont les trackers de fitness ou les wearables IOT peuvent être considérés comme des dispositifs médicaux. Question primordiale, car le marché mondial de la gestion de la santé devrait atteindre 46,7 milliards de dollars américains d’ici 2026. (Crédits : fancycrave1/Pixabay)

    61 053 956 enregistrements exposés

    Une base de renseignements non protégée exhibait 61 053 956 enregistrements (17, 6 Gb) contenant des données provenant de trackers de fitness et de « wearables » (technologie portable comme un vêtement, une montre…), selon un rapport établi par le chercheur en sécurité Jeremiah Fowler, sur WebsitePlanet. Dans un échantillon limité d’environ 20 000 enregistrements, Fowler indique que parmi les principaux trackers de santé et de fitness apparaît celui de Fitbit (racheté par Google pour 2,1 milliards en 2021) comme source 2 766 fois, et les instances de ce qui semble être l’Healthkit d’Apple, 17 764 fois. Ce dernier et son équipe de recherche constataient que de nombreux enregistrements exposés contenaient des informations telles que :

    • Le prénom
    • Le nom
    • Le pseudonyme
    • La taille
    • La date de naissance
    • Le sexe
    • La géolocalisation
    • L’identifiant de géolocalisation
    • Le relevé cardiaque
    • Le saturation en oxygène
    • Le type de sport
    • Le profil-utilisateur
    • Les données relatives au sommeil
    • Les statistiques liées à la vitesse de déplacement
    • Le traceur lui-même
    • Le poids de l’utilisateur

    Après une fouille minutieuse, de nombreuses références se rattachaient à « GetHealthApp », une société basée à New York qui offre une solution unifiée pour accéder aux informations de santé et de bien-être provenant de centaines de wearables, d’appareils médicaux et d’applications. « J’ai immédiatement envoyé une notification de divulgation responsable de mes découvertes et j’ai reçu une réponse le lendemain me remerciant pour la notification et confirmant que les données exposées avaient été sécurisées », notifie le chercheur. Les différents dispositifs de suivi de la forme physique sont devenus monnaie courante. Approximativement 21 % des adultes américains disent enfiler fréquemment une montre « intelligente » ou un tracker de fitness, selon une étude de Pew Research réalisée en 2019 aux États-Unis.

    Alors que 2020 commençait, avec les traditionnelles résolutions du Nouvel An, environ un adulte américain sur cinq (21 %) stipule régulièrement porter une montre « intelligente » ou un tracker de fitness portable, selon l’enquête du Pew Research Center menée du 3 au 17 juin 2019. (Crédits : DR)

    Innocent aux mains pleines

    Dans son rapport, Fowler note que de multiples trackers de fitness sont liés à des profils où les utilisateurs sont encouragés à saisir des informations personnelles. Cela facilite grandement les méfaits futurs des différentes personnes derrière des codes malveillants. Chaque détail est une mine de donnée, pour identifier l’usager. « La plupart des utilisateurs de wearables pensent qu’aucun cybercriminel ne s’intéresse au nombre de pas qu’ils font ou à la durée de leur sommeil, mais c’est une erreur d’ignorer comment vos données sont utilisées ou partagées. Toutes les données ont de la valeur et, à mesure que la technologie des wearables se développe, les types et la précision des données collectées sur les utilisateurs se développent également », écrit-il.

    Environ quatre Américains sur dix entérinent l’usage des indications desdits trackers de fitness pour la recherche sur les maladies cardiaques. Auxquels convient-il d’ajouter les 22 % qui ne se prononcent pas, car « qui ne dit mot consent ». Donc, près de deux tiers des Américains acceptent que leurs données soient utilisées. (Crédits : DR)

    La Food and Drug Administration (FDA) a désigné FitBit comme un logiciel en vente libre et un dispositif médical de classe II. Le 14 septembre 2020, Fitbit a d’ailleurs reçu l’autorisation de la FDA, ainsi que l’approbation CE pour sa fonction d’électrocardiogramme permettant de suivre les irrégularités du rythme cardiaque. « Les dispositifs de Fitbit collectent désormais des données sur environ 29 millions d’utilisateurs dans le monde et Google affirme que les données sur la santé et le bien-être des utilisateurs de Fitbit ne seront pas utilisées pour les publicités Google. Dans de nombreux autres secteurs, la technologie dépasse les lois et les règlements au détriment de la vie privée des utilisateurs. » Selon le site Web et la FAQ de Gethealth.io, le processus est conforme à la loi HIPAA et indique que « les données des utilisateurs sont sécurisées grâce au transport SSL, au cryptage AES256, à la journalisation et au suivi, et toutes les données sont stockées et gérées de manière conforme à la loi HIPAA. »

    Comment sécuriser ces objets ?

    En mai 2016, un audit d’objets connectés avait été réalisé dans le cadre du « Sweep day ». La Commission nationale informatique et libertés (CNIL) affichait un constat pour le moins préoccupant :

    • 59 % ne fournissaient pas une information claire et complète sur la collecte et les conditions d’exploitation des données à caractère personnel des utilisateurs
    • 68 % ne donnaient aucune information relative aux conditions de stockage des données
    • 72 % n’informaient pas les utilisateurs des modalités de suppression de leurs données du dispositif connecté
    • 38 % ne fournissaient pas de coordonnées permettant aux utilisateurs de se renseigner sur les modalités de traitement de leurs données à caractère personnel

    Pour certains, ce sont autant de portes laissées ouvertes aux personnes malveillantes. Tous sont concernés, le système d’information des entreprises et administrations, infrastructures publiques (eau, électricité, gaz, télécoms, transports, hôpitaux, administrations…)… tout système électronique en réseau est désormais susceptible d’être infecté.

    « L’Internet des objets (IoT) n’ont été prévus pour être sécurisés. Du pain béni pour les cyberpirates, qui bénéficient d’outils industrialisés pour mener leurs attaques. » (Crédits : DR)

    Voici dix pratiques à adopter données par le site d’assistance et prévention en sécurité numérique :

    • Avant l’achat, renseignez-vous sur l’objet connecté
    • Modifiez les mots de passes par défaut de vos objets connectés
    • Mettez à jour sans tarder vos objets connectés et les applications associées
    • Protégez vos informations personnelles
    • Vérifiez les paramètres de sécurité de vos objets connectés et de leurs applications
    • Éteignez systématiquement vos objets connectés lorsque vous ne les utilisez pas
    • Mettez à jour les appareils raccordés à vos objets connectés
    • Sécurisez votre connexion Wi-fi
    • Limitez l’accès de vos objets connectés aux autres appareils électroniques ou informatiques
    • Supprimez vos données et réinitialisez votre objet lorsque vous ne vous en servez plus

    L’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a mis en ligne un document à télécharger. Si vous doutez encore, voici deux exemples : en 2018, un casino s’est fait pirater la base de données de ses plus gros clients. Les pirates ont réussi à y accéder en passant par le thermomètre connecté insuffisamment sécurisé d’un aquarium de l’établissement. En 2019, une petite fille de 3 ans confie à ses parents qu’une voix lui parle dans le baby-phone vidéo qu’ils ont installé dans sa chambre. Les parents s’aperçoivent que la caméra change toute seule d’orientation. Un pirate, qui avait pris le contrôle à distance de l’objet connecté, les observait et parlait à l’enfant pour l’effrayer quand elle était seule.

  • Squid game fait des émules

    Squid game fait des émules

    C’est, au-delà de la série, le phénomène du moment qui fait grimper tous les statistiques, en France comme ailleurs. Pour confirmation, le fabricant des Vans en toile blanche que portent les joueurs se frotte les mains. Elles ont vu leurs ventes augmenter de 7 800 % depuis la diffusion sur Netflix. Les bénéfices engendrés par « The Squid Game » intéressent de nombreuses personnes, toutes ne sont pas forcément bien intentionnées. Les criminels ne reculent donc devant rien pour faire du profit.

    Le code « QR » fleurit ici, et là. Sa traduction en mode verbeux signifie « quick response code ou code à réponse rapide », est un type de code-barres à deux dimensions. Celui-ci est lisible par un terminal qu’il soit vu par écran interposé ou sur sa version imprimée sur papier. Ce dernier, que vous trouvez sur votre passe sanitaire est constituée de modules-carrés noirs disposés dans un carré à fond blanc. Attention à ne pas confondre le Flashcode (ou encore 2D-Doc) avec le code QR (à la Française). Au sein de la péninsule ibérique, il est désormais légion. Comme partout ailleurs, cet outil affiche des informations auxquelles on accède lorsqu’on les scanne avec un appareil photo, d’un téléphone portable. Ces habitudes se sont généralisées notamment pour afficher un menu de restaurant, montrer patte blanche au cinéma… Pour autant, tel le couteau peut être un instrument magnifique pour délivrer une tortue des Galapagos emprise dans un filet de pêche. Il est également à l’honneur dans 4 615 vols avec armes blanches, 626 contre les particuliers et 595 contre les institutions, commerces en 2019, en France.

    Méfiez-vous s’ils apparaissent seuls et suspendus dans des lieux publics

    Police nationale (@policia) 15 octobre 2021

    Comme une pièce de monnaie, il possède deux côtés. Le 15 octobre 2021, la police nationale espagnole alertait par un gazouillis d’un nouveau type d’escroquerie à Malaga. Les cybercriminels ont réussi à obtenir les données personnelles et bancaires des victimes, en exploitant les « codes QR ». Par conséquent, ils invitent chaque utilisateur à faire très attention lorsqu’ils en lisent un inconnu, soit à chaque instant. Précisément, les forces de l’ordre soulignent les risques liés au balayage des codes QR qui accompagnent les cartes, qui comportent un triangle, un cercle et un carré, lesquels reproduisent ceux qui apparaissent dans la série populaire et peuvent être trouvés seuls ou accrochés dans des lieux publics.

    Des milliers d’Américains vivant à New York et Miami ont vu émerger une étrange carte de visite sous leur porte. L’agence canadienne Wunder use de ces trois formes géométriques pour promouvoir les services de la société Relief. Cette dernière propose une application pour aider les Américains à solutionner leurs problèmes d’endettement. (Crédits : Relief)

    Dans « The Squid Game », ces cartes sont attribuées aux individus susceptibles de participer à la compétition de vie ou de mort qui est au centre de l’histoire de cette fiction. Au réel, toute personne qui scannérise la figure géométrique accompagnant les cartes frauduleuses avec son smartphone court le risque d’être contaminé, voire « piraté ». « Si nous scannons un code et que nous ne savons pas s’il est digne de confiance, il peut nous conduire vers des sites infectieux et mettre nos appareils en danger », martèle la police.

    QRishing et QRljacking

    Mais comment cela fonctionne-t-il ? C’est assez simple en soi ! Lorsqu’un quidam lambda scanne un « QR », au lieu d’accéder à une page web, de télécharger une application ou découvrir un menu… il se retrouve dans un espace où des lignes de codes dérobent vos données personnelles, comme bancaires. Par ailleurs, l’Institut national de cybersécurité ibérique (Incibe) souligne qu’il existe trois modèles d’attaques différentes profitant de ces codes. Deux attaques possibles, la première le Qrishing, puis le Qrljacking.

    La police espagnole met en garde contre une escroquerie utilisant des cartes du « jeu de la pieuvre » pour vous voler, ou pire encore. (Crédits : Policía Nacional)

    La première est de type phishing. Combinée à l’ingénierie sociale, la victime fournit ses données et indications d’identification en scannant un code « QR » dans une page web, un e-mail ou un message. Somme toute classiquement, l’individu est redirigé vers un site qui usurpe l’identité d’une l’entreprise officielle et qui demande des informations confidentielles ou bancaires. La seconde Qrljacking, ou détournement de session se caractérise par l’utilisation de l’ingénierie sociale pour dévier le compte d’un service qui accepte la fonction « Login with QR code » (comme celle du service WhatsApp). Ils essaient d’inciter la victime à scanner un code QR modifié qui se fait passer pour l’original qui a été précédemment capturé par les cybercriminels. Lors du scannage de ce dernier, provenant bien sûr d’un site web non fiable, le terminal téléphonique est donc infecté par un code conçu pour en exploiter les vulnérabilités.

    Cascade de mauvaises nouvelles

    Par la suite viennent les téléchargements de logiciels (Drive by download) ou de l’injection de codes malveillants (via un exploit présent sur la page web vers laquelle le code QR redirige). Le site malveillant est conçu pour exploiter les vulnérabilités présentes dans votre smartphone au niveau du logiciel et peut réaliser de multiples actions malveillantes :

    • rejoindre un botnet (par exemple pour réaliser une attaque DDoS contre un site web légitime)
    • divulguer des informations sensibles
    • s’abonner à des services premium
    • afficher des publicités de manière silencieuse à l’insu de l’utilisateur
    • accéder à différents éléments de l’appareil (microphone, caméra…)
    • accéder aux données du navigateur
    • envoyer des e-mails
    • récupérer la liste de vos contacts afin de leur envoyer des messages (malveillants, bien entendu)
    • déclencher des appels téléphoniques vers des numéros surtaxés
    • envoyer des SMS malveillants
    • effectuer des paiements mobiles

    Toutes ces actions se déroulent, évidemment, en arrière-plan, de sorte que les usagers ne sont pas conscients de ces comportements. « France Num » affichait le 23 août 2021, le résultat d’une enquête de MobileIron éloquente quant à nos smartphones et de leurs utilisations vis-à-vis des codes QR :

    • 74 % des personnes interrogées estiment qu’ils leur facilitent la vie (mais 51 % déclarent ne pas avoir de logiciel de sécurité sur leur smartphone)
    • 47 % de ce même panel ont noté une augmentation de leur utilisation
    • Durant les 6 derniers mois, 38 % en ont scanné un dans un restaurant, un bar ou un café, et 37 % pour un commerce de détail
    • 53 % des individus souhaitent qu’ils soient davantage utilisés dans l’avenir
    • 66 % des interrogés avouent avoir des problèmes, dont plus de la moitié en sont conscients, mais les utilisent quand même
    • 51 % des personnes interrogées sont inquiètes quant à la confidentialité et à la sécurité des données concernant l’utilisation des QR codes
    L’image, ci-dessus est un exemple de code QR. Il représente l’URL (Uniform Resource Locator) du site Wikipedia.

    Vous y êtes ? Très bien, car un homme averti en vaut deux, l’adage fonctionne également avec une femme. Ces conseils de prudence valent également pour toutes réceptions de courriels, clefs USB trouvées au sol, SMS… quelques règles distillées par « France Num » :

    • Avant de scanner un QR code, s’assurer qu’il ne couvre pas un autre code
    • En cas de doute, ne pas le scanner
    • Vérifier l’URL proposée sur la notification avant de cliquer sur la redirection. Si elle est étrange ou très courte, quitter la notification
    • Il doit vous amener à une information souhaitée, si ce n’est pas le cas, fermez la page et effacer l’historique de son navigateur
    • S’il arrive vers une application de l’AppStore ou de Google Play, s’assurer que l’entreprise mentionnée sur cette page a bien développé l’application demandée
    • Ne pas installer d’applications de sécurité à partir d’un lien scanné. On cherche à installer sur votre smartphone ou tablette, un logiciel malveillant (malware)
    • Être méfiant sur les QR codes distribués sur des cartes, mentionnés sur des affiches lors d’évènements ou placés dans des lieux publics
  • Ne jugez pas, ne soyez pas superficiel !

    Ne jugez pas, ne soyez pas superficiel !

    Ne jamais considérer un livre sur sa couverture, comme une personne selon son allure, bien que cela soit légion et monnaie courante. Qui est devenu docteur en astrophysique après une carrière pleine et entière en tant que musicien ? Qui a écrit des œuvres érotiques avant d’enseigner la morale religieuse et chasteté ? Le cas échéant, veiller au grain, que représentent ces expressions ? Est-ce respectueux de montre du doigt, ou du pied ? Les acronymes ne sont pas toujours heureux, dans certains cas dérangeants, provoquant un comique de situation occasionnellement.

    Le jugement est un sentiment humain. Il est grand, il est gros, elle est maigre, elle est petite… parfois, l’envolée lyrique de nos pensées, de nos paroles ou de notre gestuelle est blessante, alors qu’elle ne traduit que nos ignorances. Sans connaître ladite personne, nous préjugeons, nous jugeons, nous mettons au banc de la société, parce qu’elle ne mérite pas de… sérieusement ? La différence est une force, la remise en question doit être permanente, car nécessaire. En quoi le fait qu’il soit enveloppé vous incommode, en quoi le fait qu’il aime une personne du même sexe vous trouble, en quoi le fait qu’un individu soit plus riche que vous, en quoi le fait qu’une femme soit plus intelligente qu’un homme (et vice-versa) vous dérange. « Il y a plusieurs siècles, l’idée que les femmes étaient intellectuellement inférieures aux hommes était considérée comme une réalité. La science a longtemps cherché à trouver les différences qui sous-tendaient cette hypothèse. Peu à peu, de nombreuses études ont démenti bon nombre de ces différences, mais notre monde reste obstinément sexué », écrit Melissa Hogenboom.

    Queen est l’un des plus grands groupes de rock britannique de l’histoire. Il a vendu plus de 300 millions d’albums à l’échelle internationale en 2009, dont 32,5 millions aux États-Unis. (Crédits : Queenonline)

    Remontons dans la « DeLorean DMC-12 » de « Retour vers le futur », en 1970 aux alentours de Picadilly Circus. Au sein de The Old Smoke (surnom de Londres après la catastrophe de 1952), un astrophysicien, un biologiste et un électronicien se rencontrent. Ils forment un groupe qui restera et demeurera célèbre. John Deacon, bassiste, débarque à Londres en 1969 pour suivre des cours d’électronique. Il obtiendra un diplôme dit « First-class honours » récompensant les apprenants ayant la meilleure moyenne, ou major de promotion. Roger Taylor, le futur batteur après avoir commencé des études de médecine pour devenir dentiste, s’orientera vers la biologie. Il décroche le « Bachelor of Sciences », équivalent de la licence en France, avec trois années supérieures. Puis Brian May est le plus capé. Il est diplômé de sciences physiques à l’« Imperial College » de Londres, ou il débute une thèse de doctorat en astrophysique. Alors que le quatuor a déjà enregistré deux albums, il la met en sommeil (dans son grenier) pour se consacrer au groupe. Il s’y penche de nouveau en 2006 après trois décennies. Il soutient celle-ci le 23 août 2007, et devient docteur en astrophysique. Ces trois personnes, qui ont fait de brillantes études, sont connues de tous. Avec le Chanteur Freddie Mercury, ils formaient le légendaire, l’un des plus grands groupes de rock, Queen.

    Épicurien et lecture érotique

    Un autre hère dont l’habit ne fait pas le moine, est Enea Silvio Piccolomini. Si ce nom ne vous évoque pas le moindre soubresaut de mémoire, rassurez-vous, vous le connaîtrez sûrement sous sous l’appellation de Pie II. De la même manière que tout un chacun, avant sa fonction pontificale, il eut une vie remplie. Chargé de nombreuses missions, comme auprès de l’empereur Frédéric III, il voyage à travers l’Europe et joue un rôle en vue dans l’assemblée des évêques, agissant à la limitation des pouvoirs du Saint-Père, un camouflet en soi. Son Libellus dialogorum de Concilii auctoritate (1440) fait de lui un des tenants des théories conciliaires.

    Ne jugez pas le coureur à son allure, il vient peut-être de parcourir un marathon. Le pape Pie II était épicurien avant d’être le chef de l’église catholique. (Crédits : détail de la fresque Le couronnement de Pie II peinte par Pinturicchio, 1504. Scènes de la vie de Pie II de la Libreria Piccolomini. Cathédrale de Sienne.)

    Cette première partie de son existence le montre sous les traits d’un mondain épicurien, auteur de poésies érotiques, de comédies très libres et d’un roman d’amour profane, « L’Histoire de deux amants » en 1444. Il est écrivain prolifique de 245 œuvres textuelles, de cinq manuscrits et archives et de 45 livres. Enea Silvio Piccolomini (1405 – 1464) fut atteint d’une grave affection (Goutte) qui l’amena à corriger sa vie licencieuse, en 1445. Il prit les ordres l’année suivante, et débuta une grande carrière de diplomate. En 1458, il fut élu pape sous le nom de Pie II. Après cinq années, onze mois et vingt-six jours, il meurt d’épuisement, dû à sa maladie, le 15 août 1464.

    Veiller au grain

    Les expressions françaises sont quelquefois des faux-amis. Ainsi « Veiller au grain » est une métaphore marine datant du début du XIXe siècle. Cela n’a rien à voir avec le jardinier qui surveille si ses graines semées poussent. Issue du monde maritime où le grain est une rafale aussi brutale que soudaine. Le plus souvent accompagné de grêle ou de neige. À cet instant, le matelot se devait de réduire la surface de la voile pour s’adapter à la force du vent. « Tu peux te brosser Magalie » est un syntagme indiquant à la personne citée, ici Magalie qu’elle n’aura pas ce qu’elle désire. Charles-Louis d’Hautel dans son livre « Dictionnaire du bas-langage ou des Manières de parler usitées parmi le peuple » mentionne à la page 136 de son livre : « Ça fait brosse : Locution baroque et très usitée parmi le peuple pour faire entendre à quelqu’un qu’on ne veut pas lui accorder ce qu’il demande ; qu’il est venu trop tard pour avoir part à quelque chose dont on faisoit la distribution. »

    Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages !

    Michel audiard

    Les dialogues léchés, les ritournelles des films où Michel Audiard est à l’affiche, sont cultes (Comment réussir quand on est con et pleurnichardElle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause !Les Tontons flingueurs…). Il appose sa marque de fabrique, sa patte dans son tout premier long métrage en 1968 : « Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages ». Au sein de cette formule, les enfants du bon Dieu, sont les femmes et les hommes dignes de ce nom. Opposés à ces pauvres canards, des volatiles censés être des espèces d’imbéciles. Si la genèse est inconnue, cette expression fut usitée de célèbres inconnus : Antoine Blondin, Michel Audiard ou encore le général de Gaulle. « Pendant les périodes électorales, cette expression est brutalement oubliée par nos hommes politiques de tous bords qui n’arrêtent pas de nous prendre pour des imbéciles », souligne Georges Planelles dans « Les 1001 expressions préférées des Français » (Édition définitive, 2019).

    L’impolitesse, ou l’imbroglio

    Les us et coutumes d’un pays à l’autre sont parfois sujets à discordes. En France, depuis notre tendre enfance, ce n’est pas poli de montrer quelqu’un du doigt. Cette recommandation surprenante s’applique dans de nombreux pays, ou presque. En Thaïlande, il est interdit de pointer son pied vers un individu ou vers un temple, car nos petits petons sont considérés comme impurs, de la même manière, vous ne pouvez pas sortir sans porter de sous-vêtements. En Iran, ne pas s’aviser de lever le pouce pour faire de l’auto-stop. Car si en France, c’est autorisé et bénéficie d’une connotation positive, en Iran il s’agit d’une grave insulte (à l’image du majeur tendu). Le geste des plongeurs pour signifier que tout va bien est commun dans l’hexagone, au Brésil c’est comme insulter quelqu’un de trou du c**. Au Royaume-Uni, attention à votre signe de victoire lors d’un match de football. Le signe « V » accompli avec l’index et le majeur équivaut au doigt d’honneur. Si on vous demande combien de personnes mangeront au restaurant, fait un « deux » avec la paume dirigée vers la personne vous questionnant, non l’inverse. En Grèce, ne mimez pas le chiffre cinq, main ouverte. Ce geste a pour but de lui porter malheur, vous venez (selon les us) de lui jeter une malédiction.

    La politesse est un équilibre des usages sociaux régissant les comportements des gens, les uns envers les autres. (Crédits : Myriams-Fotos/Pixabay)

    Lorsque vous vous restaurez au Japon, ne plantez jamais vos baguettes à la verticale dans votre nourriture pour faire une pause. C’est une coutume effectuée uniquement en cas de deuil. Comme en France, quand vous portez un toast pour une personne disparue, vous servez un verre comme s’il était présent. Ne le buvez pas, c’est irrespectueux pour certains. La gestuelle occidentale diffère de l’orient. Ainsi, avec l’expression « Je croise les doigts », ne joignez pas l’image au Vietnam, c’est un comportement obscène mimant un vagin. « Il faut aussi savoir que si à votre arrivée un vietnamien vous offre un cadeau, il est interdit de l’ouvrir en sa présence. C’est considéré comme un comportement très impoli. »

    Des acronymes maladroits

    Tout dépend de votre degré d’humour, d’attention et d’ironie. Le premier fut le nom précédent du RER A. Le métro express régional Défense-Étoile, situé en Île-de-France n’était pas adapté à l’acronyme (M.E.R.D.E). L’Association pour l’emploi dans l’industrie et le commerce crée en 1958 et dissoute un demi-siècle plus tard, faisait les anglophones (ASSÉDIC) sur la phonétique de l’acronyme. La fédération internationale de Taekwondo a décidé de changé le sien en le raccourcissant « WT », car en anglais World Taekwondo Federation donnait « WTF » usité comme « What the fuck ». D’autres sont capillotractés, OMG correspond à « organismes modifiés génétiquement », tout comme « Oh My God, oh mon Dieu », IRL pour « indice de référence des loyers » équivaut à « In real life, dans la vie réelle ». Lorsque vous faites la bise à une personne, c’est également le « Bulletin d’Information en Santé Environnementale ».

  • Attaques multiples par ransomware

    Attaques multiples par ransomware

    Ces derniers jours, les attaques par code malveillant de type ransomware se font de plus en plus prégnantes. Des opérateurs ne cessent d’octroyer des dégâts aux entreprises, écoles, hôpitaux, commune… par les pertes occasionnées, mais également par les rançons exigées, mais pas seulement. Lorsque les données sensibles se retrouvent à la vue de tout un chacun, ce sont bien plus que la monnaie sonnante et trébuchante. La Suisse, la France, le Chili, le Brésil, les États-Unis, l’Argentine… sont attaqués.

    Si l’attaque de l’université autonome de Barcelone est peu relayée, celle d’Harvard-Westlake risque de faire couler plus d’encre. La fuite concerne 150 élèves ayant obtenu leurs diplômes lors de la décennie passée. Ces personnes sont des filles et fils de lauréats d’Oscars, de chefs de médias, de célébrités, de milliardaires et de donateurs politiques influents au sein des Démocrates et des Républicains. Les dossiers contenant les résultats archivés de SAT, moyennes et relevés de notes, lettres de recommandation, ont envoyé à un groupe de parents et au journal de l’école, ainsi qu’à la presse.

    Le campus de la prestigieuse université basée à Los Angeles, n’a pas été attaqué par un ransomware selon les autorités. (Crédits : DR)

    « L’école est scandalisée par cette violation de la vie privée des étudiants », s’insurgeait le président Rick Commons. Ce dernier informait les parents et anciens élèves par e-mail le 3 septembre 2021 qu’une violation de données s’était produite sur les serveurs de Naviance. Cette plateforme que l’institution avait utilisée de 2012 à 2020. « Il ne s’agissait pas d’une attaque par ransomware », a déclaré Ari Engelberg, responsable de la communication et des initiatives stratégiques de l’école. Parmi les anciens élèves figurent J. Getty, Jamie Lee Curtis, Sally Ride, Shirley Temple

    Montreux ne rigole pas

    Dimanche 10 octobre 2021, dans le courant de la matinée, l’administration de Montreux constatait une attaque informatique. Une cellule de crise a immédiatement été mise en place, avec l’association sécurité riviera (ASR) et la police cantonale vaudoise. Les faits ont été portés à la connaissance des autorités pénales. Les experts rapportaient les premières conclusions, la première intrusion a eu lieu le vendredi 8 octobre 2021 à 16 h et l’attaque n’a été déclenchée que le dimanche à 1 h. À cette étape, les investigations techniques réalisées permettent d’exclure un vol de données en masse. D’autres communes en Suisse sont impactées, ainsi Villeneuve, Veytaux, et leurs associations, comme l’ASR, afin d’éviter des dommages supplémentaires. Les analyses techniques et judiciaires se poursuivent, pour savoir si des données sensibles pourraient être exploitées à des fins malveillantes. « À ce stade, nous ignorons lesquelles ont été piratées. Et nous n’avons pas eu de contact avec les cybercriminels », déclarait Dounya Schürmann-Kabouya, porte-parole de l’ASR.

    LockBit fait des siennes en France

    Les opérateurs derrière le ransomware « LockBit » menacent de publier des informations relatives au site de l’association en charge de la gestion des fonds récoltés au bénéfice du personnel Airbus Central Entity. Il s’agit du site du comité d’entreprise du groupe aéronautique, explique le monde informatique. Un porte-parole d’Airbus indiquait que le CE a la maison mère, le 5 octobre 2021 de l’évènement de sécurité, et qu’une enquête avait été lancée. « Les serveurs AISC ont été fermés dès la découverte de l’incident. Toutes les interconnexions existantes avec Airbus ont été identifiées et stoppées. Il n’y a pas d’impact sur Airbus. AISC est une entité indépendante d’Airbus et dispose à ce titre de son réseau dédié, séparé d’Airbus IM et géré par les fournisseurs AISC. […] ».

    Sur son site de fuite, les opérateurs affichent 165 entreprises dont Riversides Township, Cobabe Brothers Plumbing, HY et Nof Europe. (Crédits : capture d’écran)

    Consultations annulées à Bouge, en Belgique

    La clinique Saint-Luc située à Bouge, dans la province de Namur a subi une infection par code malveillant aux alentours de 7 h, samedi 9 octobre 2021. « En collaboration avec les experts fédéraux et notre département informatique, toutes les actions nécessaires ont été prises afin de stopper la propagation du ransomware, explique Thibaut Bertrand, responsable de la communication. Ce n’est pas la première tentative de piratage, mais c’est la première fois qu’elle réussit. » La continuité des soins apportés aux personnes hospitalisées fut assurée, tandis que tous les acteurs liés à la défense contre la cybercriminalité (police fédérale, locale…) travaillent d’arrache-pied depuis le samedi 14 h.

    « Spook » est un nouveau groupe d’opérateur utilisant un ransomware, qui produit des victimes en France. (Crédits : capture d’écran)

    La clinique a pris la décision de décommander l’ensemble des consultations, des examens d’imagerie médicale et des rendez-vous en hôpital de jour médical prévus ce lundi. « Tous les accès qui gèrent les rendez-vous ont été bloqués pour éviter d’offrir la moindre porte d’accès aux pirates ». Les données personnelles des patients n’ont pas été touchées assurent l’institut. Hier, plus de 1 000 consultations, examens et rendez-vous médicaux en hôpital de jour furent annulés. Chaque patient est recontacté afin de fixer un nouveau rendez-vous, car l’opération d’annulation se poursuit jusqu’à demain mercredi, à minima. « Une rançon de trois bitcoins, soit environ 150 000 euros a été demandé », souligne Adrien Dufour directeur informatique de la clinique Saint-Luc.

    L’Amérique latine peu épargnée

    Le 23 septembre 2021, la communauté mondiale de partage de renseignements cybernétiques (uniquement axée sur les services financiers) annonçait que le partage entre ses sociétés financières membres avait augmenté de 60 % au cours de la période allant d’août 2020 à août 2021, sous l’effet des risques liés à la chaîne d’approvisionnement et aux ransomwares. Les menaces à grande échelle ont entraîné des pics record de partage d’informations dans toutes les régions : Amérique du Nord, Amérique latine, Europe, Royaume-Uni, Moyen-Orient et Afrique, et Asie-Pacifique. « En Amérique latine, nous bénéficions de renseignements partagés par des entreprises mondiales basées aux États-Unis et en Europe, ainsi que par nos pays voisins », déclarait Juan Carrasco, responsable de la cybersécurité à Banco Falabella Chile. « En surveillant les attaques en Argentine et au Brésil, nous avons pu prévoir et contrecarrer une cyberattaque au Chili. Cela atteste de la puissance du partage transfrontalier de renseignements pour atténuer les cyberrisques. »

    Fuite massive de données en Argentine

    Les états civils, numéros de téléphone, courriels et adresses postales, entre autres de nombreux personnels ont été divulgués en Argentine. « AnibalLeaks », en référence au nouveau ministre de la sécurité argentin, Anibal Fernandez, est le nom de cette gigantesque fuite de données. Les informations personnelles de 1 193 316 de militaires et de personnels de sécurité argentins se sont retrouvées fin septembre sur l’internet. Ce n’est pas la première fois que cela arrive. Déjà, en 2017 et 2019 déjà, des données des ministères de la Sécurité et de la Défense s’étaient trouvées sur Internet. Hormis le risque concernant l’intégrité physique des personnes identifiées, ces données sont une véritable mine d’or. Des arnaques, tel l’hameçonnage ou phishing, peuvent en découler. Ainsi soutiré des informations sensibles (passphrase, identifiants…) permettant à un tiers de se faire passer pour la personne véritable auprès d’une banque, par exemple.

    Une mère de famille sous les verrous

    L’apparente normalité de la mère de famille basée à Gênes à jouer, un temps, en sa faveur. Russe d’origine, la femme de 40 ans, ingénieure informatique au centre d’une organisation internationale dédiée à la fraude informatique, au recel et au blanchiment d’argent, a été arrêtée par la police. Experte dans la création de nouvelles identités, cette dernière achetait en ligne en utilisant des cartes de crédit de malheureux, après les avoir clonées. Pour échapper à tout contrôle, l’ingénieure se présentait aux points de collecte avec de faux documents ou recrutait des tiers qui, contre monnaie sonnante et trébuchante, récupéraient les colis en son nom.

    Après avoir copié les cartes bancaires, es téléphones portables de dernière génération et du matériel électronique de la plus haute qualité étaient achetés, puis expédiés en Russie. Ils étaient ensuite revendus puis le produit de la vente transformée en monnaie virtuelle. (Crédits : Twitter)

    Le produit du recel était ensuite blanchi par des achats de cryptomonnaies sur de nombreuses bourses internationales. Le trafic illicite de la femme n’a pas échappé aux experts de la police des postes et communications de Gênes qui, au terme d’une enquête minutieuse et complexe, l’ont arrêtée. Au cours de la perquisition du domicile, les enquêteurs ont saisi de nombreux terminaux de point de vente (TPV) et des centaines de cartes de crédit spécialement activées pour blanchir le produit d’escroqueries et de fraudes informatiques.

  • Un ransomware, qu’est-ce que c’est ?

    Un ransomware, qu’est-ce que c’est ?

    Les attaques par code malveillant ne faiblissent pas, que ce soit à l’étranger comme en France. Sept entreprises de l’hexagone, pour le mois de septembre 2021 sont les jouets de malversation : Annoncez-vous, Télécom Sud Paris par CoomingProject, La Martiniquaise par Blackmatter, Cromology et Champagnes Thiénot par Grief, puis Steel Projets par Everest. Si les rançongiciels sont de plus en plus présents, et redoutables quant à leurs méthodes, qu’est-ce qu’un ransomware ? Quels buts ? Quel fut le premier ?

    L’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) définit « un rançongiciel est un code malveillant empêchant la victime d’accéder au contenu de ses fichiers afin de lui extorquer de l’argent. La très grande majorité des rançongiciels a actuellement la capacité de chiffrer des fichiers stockés sur le réseau de la victime. » Ne pas confondre programme (malware) et code malveillant le premier est réservé aux logiciels, le second est un script qui profite des vulnérabilités des sites, dans l’intention de charger un programme malveillant.

    Ces lignes de code ont pour but d’afficher la date et l’heure en plusieurs formats sous Python. Il se loge et se cache dans divers endroits. Ainsi l’attaque trouve son vecteur dans un courriel, une connexion avec un équipement infecté (clé USB, câble…), navigation, fausse mise à jour, l’exploitation d’une vulnérabilité…(Crédits : mes exemples)

    L’agence du numérique en santé donne des conseils. En cas de bugs inattendus, de lenteur du système, d’un disque dur anormalement actif, des messages étranges , la désactivation des logiciels de sécurisation… elle préconise de déconnecter le poste, sans l’éteindre, et surtout d’avertir les techniciens et le responsable des SSI (sécurité des systèmes d’information).

    Le 1er mars 2021, l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) publiait un document qui faisait état de la menace. « La tendance à la hausse des attaques par rançongiciel à l’encontre d’organisations publiques et privées, identifiée depuis 2018, s’est à nouveau confirmée en 2020, tant à l’échelle internationale que nationale », alerte-t-elle. En effet de 2019 à 2020, c’est une augmentation de 255 % des offensives stipule l’ouvrage. Aucune discipline d’activité ni zone géographique n’est épargnée, bien au contraire. L’observation démontre un accroissement des assauts contre des collectivités locales, du domaine de l’éducation, du secteur de la santé et d’entreprises de services numériques.

    Comme le jour de marché, les marchands disposent leurs étalages. Dessus s’affichent les produits, leurs noms avec l’étiquette des prix. (Crédits : capture d’écran)

    Qui plus est lorsque « la rentabilité des attaques par rançongiciel, est bien supérieure à leur coût de mise en œuvre, explique la prolifération des groupes d’attaquants et laisse présager une constance, si ce n’est une hausse, de la menace liée aux rançongiciels dans les années à venir. » Pour les cibles, les coûts et dégâts causés sont multiples et variés. Ils peuvent être des pertes financières, d’exploitation, une atteinte à l’image, perte de clients, de données… il arrive parfois que la somme soit payée pour diverses raisons.

    Big Game Hunting, RaaS et double extorsion

    Les moyens choisis sont pléthores quand il s’agit d’infecter un terminal, mais trois se détachent. Le triptyque offensif affiche le Big Game Hunting, le ransomware-as-a-service (RaaS) et la double extorsion.

    Le premier est littéralement la chasse au gros gibier. Elles portent références aux associations de malfaiteurs derrière les ransomwares qui ne recherchent que des cibles majeures. Telles que les réseaux d’entreprises, multinationales, plutôt que de s’en prendre aux petits. C’est une façon de gagner plus d’argent des compagnies victimes, ayant beaucoup plus à perdre que des simples données de particuliers. Ce type d’attaque s’est intensifié en 2019, la plupart visant des fournisseurs de services gérés, des écoles américaines, des gouvernements locaux américains et, plus récemment, des entreprises plus grandes en Europe.

    Les opérateurs derrière le ransomware GoldenEye demandaient 300 dollars américains pour chaque terminal infectés. En France Saint-Gobain avait reconnu l’être. Un mois après l’affaire WannaCry, et les nombreux dégâts occasionnés à l’internationale comme dans l’hexagone, par exemple chez Renault à Douai. (Crédits : DR)

    Le ransomware-as-a-service (RaaS) a évolué depuis sa première apparition. Classiquement, il est un code malveillant qui crypte presque instantanément les données à l’aide d’un chiffrement RSA (initiales des inventeurs : Ronald Rivest, Adi Shamir et Leonard Adleman). Moyennant le paiement d’une somme d’environ 300 dollars, la clé de déchiffrement vous était envoyé. Ces deux campagnes d’attaques font évoluer la sécurité des systèmes d’information des diverses sociétés. La première NotPetya, puis celle qui est considérée comme la plus grande attaque par ransomware de l’histoire de l’Internet, WannaCry.

    Histoire de WannaCry

    Le 12 mai 2017, une attaque par d’une ampleur encore inconnue affectait plus de 200 000 victimes à travers le monde. Il est un « crypto-ver ransomware », qui a ciblé les terminaux exécutant le système d’exploitation (OS) Microsoft Windows en chiffrant les données et en exigeant des paiements de rançon en Bitcoin. « Il est considéré comme un ver de réseau car il inclut également un mécanisme de transport pour se propager automatiquement. » À travers le code de distribution, il recherche les dispositifs vulnérables, puis utilise l’exploit EternalBlue pour y accéder et enfin l’outil DoublePulsar (Backdoor ou porte dérobée de la NSA) pour s’installer et exécuter une copie de lui-même. À l’origine, il s’agirait, sans aucune confirmation de la performance du groupe nord-coréen Lazarus. Quid des correctifs ? Microsoft avait publié, deux mois auparavant, un correctif de sécurité contre cette vulnérabilité. Nombreux individus et organisations ont payé pour apprendre. En ne mettant pas régulièrement à jour leurs systèmes, ils ont été exposés à l’attaque. Comme l’écrit la journaliste Samantha Schwartz sur « Cybersecurity Dive ».

    La diffusion d’informations suite à une attaque par ransomware est de plus en plus fréquente, surtout quand les cibles n’acquittent pas la rançon. (Crédits : Capture d’écran)

    « La facilité avec laquelle une organisation criminelle peut franchir votre périmètre, quel qu’il soit, à notre époque, et accéder aux biens est bien plus simple que ce que même moi j’aurais pensé lorsque je travaillais dans la communauté des renseignements », déclarait Justin Fier directeur de la cyberintelligence et des analyses chez Darktrace. « Cela m’inquiète que nous soyons en 2021 et que ces mots sortent même de ma bouche pour vous », assurait-il face à Samantha Schwartz. Ils ne se contentent plus de chiffrés les informations, ils visent avant tout à les exfiltrer, les crypter (en laissant des preuves convaincantes de la présence de l’attaquant dans le réseau), puis vient l’extorsion. Enfin, lorsque les rançons demandées ne sont pas payées ou que la cible refuse, il y a publication des données volées sur l’Internet (Web, DeepWeb, DarkWeb…). Car le but premier des opérateurs est de gagner de l’argent, ce par n’importe quel moyen. Puis, les attaques dissimulent peut-être des opérations à finalités commerciales, d’espionnages, ou encore comme le NotPetya à finalité destructrice.

    À quand remonte le premier ransomware ?

    À peine un mois après la chute du Mur de Berlin, entre le 8 et le 12 décembre 1989, 20 000 disquettes 51/4 d’information sur le sida ont été envoyées depuis Londres en Europe, en Afrique, en Scandinavie, en Australie… Les destinataires sont des délégués d’un congrès mondial sur le virus du sida, qui s’est tenu à Stockholm en octobre 1988. La disquette contenait un questionnaire interactif sur ledit virus. À l’intérieur un programme pernicieux de type cheval de Troie, connu sous le nom de PC Cyborg. Il est conçu pour crypter des sections du répertoire racine du disque dur d’un terminal. Eddy Willems travaillait pour une compagnie d’assurance en Belgique, don patron lui demanda d’en vérifier la teneur. Il s’en saisit, l’insère dans le lecteur prévu à cet effet. Ce n’est que bien plus tard, qu’il remarque qu’« il y avait un message à l’écran me demandant de payer. Il me demandait d’envoyer 189 dollars à une boîte postale au Panama, sinon je ne pourrais plus utiliser mon ordinateur », raconte-t-il.

    L’information a été conté, le logiciel décortiqué, disséqué de fonds en comble par la revue Virus Bulletin de janvier 1990.
    Sur un document de vingt pages, les auteurs usent de l’ingénierie inverse ou rétro-ingénierie. (Crédits : Developpez.com)

    Il éteint l’ordinateur et emploie une disquette de démarrage pour le relancer. Il a constaté que ses répertoires étaient toujours là, mais qu’ils étaient cachés et que les dénominations des fichiers avaient été remplacés par des chaînes de caractères aléatoires. Heureusement, le contenu de ses fichiers n’était pas altéré, seules leurs appellations semblaient bizarres. « J’ai pensé : c’était du chiffrement. Mais c’était complètement ridicule. Le programme n’avait pas été créé par un vrai informaticien », dit-il. Le disque d’information contenait deux fichiers de programme, install.exe et aids.exe, écrits en QuickBASIC 3.0 et compilés de manière standard avec le compilateur fourni (v5.60) explique le rapport de 20 pages. Les forces de l’ordre remontaient vers le biologiste évolutionniste de Harvard, Docteur Joseph Popp. Arrêté pour avoir diffusé le virus informatique, et plusieurs chefs d’accusation de chantage, il avait été déclaré mentalement inapte à être jugé. Il meurt dans un accident de la voie publique le 27 juin 2006.

  • Passer une nuit blanche

    Passer une nuit blanche

    Cette expression est utilisée par ceux qui rentrent de soirée au petit matin, allant en cours ou au boulot, comme ceux qui ont un bébé ne faisant pas encore ses nuits. Mais quelle est son origine ? Peu usité, la formule « Il me snobe » dorénavant « il me ghoste » lorsque qu’une personne nous ignore, ne nous considérant pas assez bien pour lui, d’où vient-elle ? Ne pas déclarer tout ou partie de son activité est du travail dissimulé ou « travail au noir ». Puni par la loi, en connaissez-vous l’origine ?

    Replongeons-nous au moyen-âge. Afin de comprendre la société d’époque, il faut savoir qu’elle est divisée, comme aujourd’hui. « En s’ouvrant sur l’étude des profils des moines, des guerriers et des paysans, elle reprend la théorie médiévale des trois composantes de la société chrétienne : oratores, bellatores, laboratores », écrit Houari Touati (Approche des élites. Quelques réflexions de méthode. Hypothèses, vol. 4, no. 1, 2001, pp. 119-121).

    Elle comprend trois catégories. La première est celle des bellatores. Ils sont ceux qui combattent, soit les « nobles » (princes, seigneurs, chevaliers). Puis les oratores, ou ceux qui prient (les hommes d’Église). Puis, celle qui représente 80 à 90 % de la population, les laboratores, ou ceux qui travaillent.

    À l’origine, l’adoubement est un geste martial. Une passation d’un pouvoir. L’arme remise des mains du seigneur, ou accessoirement du père, l’éperon est fixé à la botte, la ceinture du glaive nouée comme une alliance, tout un cérémonial

    L’adoubement est une cérémonie octroyant le rang et les devoirs de chevalier, aux jeunes écuyers, après quatre années d’apprentissage. Une métamorphose sociale, un passage rituel où l’enfant noble devenait chevalier mais également un serviteur d’une cause, d’un idéal.

    Donc se croisent paysans, cerfs, gueux, seigneurs, chevaliers, abbés, moines, évêques, ménestrels, reines, souverains et autres personnages de l’histoire, comme les écuyers. Ces derniers sont à l’origine, des gentilshommes accompagnant un chevalier et porte son écu.

    De là, écuyer (du bas latin scutarius : soldat de la garde impériale qui portait un bouclier) a été employé comme titre pour un jeune homme qui se prépare à devenir chevalier par adoubement. La cérémonie est codifiée.

    Mais à partir du XIIᵉ siècle, le rite prend un tour sacré.

    (Crédits : WikiImages/Pixabay)

    Ils devaient se soumettre à un rituel : vêtus de blanc, les prétendants devaient prier toute la nuit. Au petit matin, une messe est organisée et l’épée de l’écuyer était bénie. Après avoir prêté serment sur l’évangile, avoir obtenu des armes, il reçoit l’accolade ou collée. Frappé aux épaules, à l’endroit de la nuque par la lame de son seigneur, il devient chevalier. À travers ce rituel, ils faisaient ainsi « nuit blanche », et prolongeaient, la fête battait son plein en l’honneur du nouveau chevalier.

    Du noble au snob

    Snob est la contraction latine de « sine nobilitate ». Elle s’écrivait sous l’égide romaine à l’origine « S.nob ». Car cette locution se libellait en face du nom des élèves plébéiens inscrits aux écoles, jusqu’alors réservé aux patriciens. Puis, au XIXe siècle, de grandes universités, telle Cambridge en Angleterre, usaient de ceci pour indiquer les individus dits « sans noblesse ». Selon Le Larousse, être noble se définit par une personne « qui appartient à une catégorie sociale par naissance ou décision des souverains et jouit de certains privilèges ». L’anoblissement par les rois de France est connu depuis le XIIe siècle. pour autant, elle est régie par des règles :

    • Par la possession
    • Par des Lettres d’anoblissement
    • Par l’exercice des emplois et charges militaires
    • Par l’investiture des fiefs de dignité

    Avec les premiers anoblissements spécifiés par un acte écrit, les rois de France se sont réservé le droit de créer la noblesse et d’ériger des fiefs en titre. Les derniers anoblissements en France datent du règne de Napoléon III. Ils sont consultables sur le Dictionnaire des anoblissements d’après les auteurs Henri Gourdon de Genouillac et Léonce Hallez-Claparède. Souvent, la personne qui vous snobe, et fait preuve de snobisme tend à imiter le comportement d’une classe sociale ou intellectuelle, sans y appartenir.

    Travailler au noir

    C’est un travail rémunéré exécuté en violation des dispositions législatives et réglementaires, sociales ou fiscales, régissant l’exercice d’une activité professionnelle, explique Le Larousse. La loi punit les personnes usant de femmes et d’hommes œuvrant au noir, d’ailleurs les délations sont encouragées, car rétribuées en France comme en Espagne.

    « À de maintes reprises dans l’histoire, les autorités ont poussé les citoyens à dénoncer leurs compatriotes pour, prétendument, défendre l’intérêt général. Une attitude largement alimentée par les crises, les guerres ou les attentats ». Quand on imagine que les puissants emploient des travailleurs « au noir », cela pourrait-être révoltant. Comme celui d’engager quelqu’un pour payer moins cher, et que cet artisan engrange de la menue monnaie, là n’est pas le sujet, ni le jugement. Tel un palindrome, nous remontons à nouveau au moyen-âge. Car l’origine de cette expression relève du douzième siècle. La tâche devait être réalisée seulement de jour, pour éviter de trop longues journées aux laboratores.

    La nuit tous les chats sont gris, car toutes les choses se ressemblent, il est alors difficile de les distinguer. (Crédits : Mumu’s Pictures)

    Mais au temps d’Aliénor d’Aquitaine, Reine des Francs (couronnée duchesse d’Aquitaine en la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, le 8 août 1137) ou de Blanche de Castille, Reine de France, certains seigneurs outrepassaient leurs droits. Pour fournir une œuvre bonne et loyale, le travail de nuit état interdit, les artisans devaient confectionner à la vue du public, afin de ne pas les tromper, et ainsi d’augmenter leur bourse de monnaie sonnante et trébuchante. Pour autant, quelques souverains exigeaient, à la nuit tombée, notamment en hiver que l’activité continue. Les pauvres bougres devaient alors se cacher et travailler dans le noir pour ne pas se faire repérer.

  • Arrivé à bon port (dernière partie)

    Arrivé à bon port (dernière partie)

    Le 234e jour de l’année, dimanche 22 août 2021 « je soulève le rideau, le soleil levant dévoile la base de Port-aux-Français, la petite capitale des TAAF ». C’est aussi le nycthémère où Flavien, frustré de n’avoir pu se rendre sur Crozet quelque temps auparavant, a la chance de pouvoir descendre sur terre. Donc, après le petit déjeuner, « je m’habille chaudement, puis je me rends à l’entrée de la DZ où j’attends mon nom, avant de monter dans l’hélicoptère vers 9 h 15. »

    La France située au sein de l’hémisphère nord s’accroche aux soubresauts d’un été moribond, aux dernières chaleurs, aux ultimes barbecues, avec en point de mire, la rentrée des classes. Les journées raccourcissent de pis en pis, l’automne pointe petit à petit son nez. Le 22 septembre 2021 (à 21 h 21), il s’affiche au calendrier, fier comme Artaban, annonçant prématurément l’hiver. Dans l’archipel des îles Kerguelen, la saison défavorable court de juin à octobre. Ainsi, la base de Port-aux-Français s’est couverte d’un joli manteau blanc, « actuellement il fait 1 °C dans l’air, quant à l’eau seulement 3 °C, avec un vent qui souffle autour de 20 à 30 nœuds ».

    Le chaland l’ « Aventure II » est indispensable au bon déroulement du déchargement. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Privilège de photographe, ses quatre collègues lui ont cédé la place à l’avant afin d’immortaliser l’instant fugace du transport. Il faut dire que la distance entre le départ du Marion Dufresne et l’arrivée sur camp s’effectue en trente petites secondes. « Le trajet reste bref, mais à peine le temps de redonner notre gilet de sauvetage que le DisKer et les agents de la Resnat nous accueillent. » Puis le chef de district de Kerguelen (DisKer) entame son discours de bienvenue au foyer de la base, à Totoch. Le verre et les cookies attendent patiemment la fin de l’allocution, tandis que les murs affichent, à qui veut bien les voir, les mémoires des précédentes missions. Une toute petite demi-heure suffit pour que les agents de la Réserve naturelle (ResNat) « nous prennent en charge et nous emmènent dans leur bâtiment » accompagné de Franck, le directeur, Clément le gérant et Antoine responsable de la biosécurité (procédure de décontamination visant à limiter l’introduction d’espèces allochtones invasives). « Jusqu’à midi, ils nous exposeront les différentes problématiques qu’ils ont et comment ils ont pu y répondre au cours de leur hivernage. »

    La portière tiré par un navire est pour ainsi dire un radeau. Pour autant, il est plus élaboré que celui que tout un chacun pourrait imaginer. (Crédits : Flavien Saboureau)

    La pause repas finit « nous aidons au débarquement des vivres ». Le ballet des chalands enclenche la musique. Ces bateaux à fond plat emportent les conteneurs à portée de grue. Elle porte la précieuse cargaison avec délicatesse aux pieds du « manitou » pour les derniers mètres. L’aéronef, tel un métronome, marque la cadence, effectuant des rotations, encore et toujours, avec d’autres provisions. « Il y en a des tonnes », s’esclaffe Flavien. Ainsi, la trentaine de paires de mains n’est pas de trop pour convoyer patates, pommes, fromages, litres de lait, surgelés, carottes, kiwis, oranges… aux lieux de conservations que composent réfrigérateur et congélateurs. La base de Port-aux-Français bouillonne de vie.

    Comme dans un rêve

    En très peu de temps, toutes les victuailles sont rangées. Deux agents de la réserve, dont l’ornithologue, organisent une excursion, en direction de la villégiature des manchots papous et éléphants de mer. « Nathalie, botaniste me montre quelques plantes, Ranunculus biternatus, Ranunculus pseudotruliifolius, et Crassula moschata. En avançant, nous passons devant la statue de notre dame du vent, qui symbolise l’endroit de la base où il souffle le plus, et il faut dire que l’emplacement est bien choisit », claque-t-il.

    Le canard d’Eaton (Anas eatoni) fréquente les zones humides qui bordent lacs et cours d’eau des archipels de Crozet et de Kerguelen. Ce Canard est strictement terrestre et ne va pas en mer, contrairement aux autres oiseaux des terres australes françaises. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Les souhaits se réalisent au fur et à mesure. Près d’une plage où des amas d’algues se sont échoués, des milieux humides, bien en retraits, sont peuplés du fameux canard d’Eaton. « Cet oiseau que je voulais absolument voir est endémique de Crozet et de Kerguelen. Sur des récifs à quelques dizaines de mètres, un manchot papou, seul, se laisse photographier quelques secondes avant de plonger. Juste à côté, une otarie de Kerguelen, qui se confond dans les rochers, prend la pause », s’émerveille Flavien. La troupe continu son chemin longeant le littoral, quand viennent à se contempler Juncus scheuchzerioides, Deschampsia antartica et la fameuse Leptinella plumosa.

    Éléphant de mer du sud (Mirounga leonina) peut plonger jusqu’à 1 000 mètres de profondeur, et rester en apnée, pendant 20 minutes (il ne possède pas de branchies). Le record du monde recensé parle même d’une plongée de 1998 mètres et d’une durée d’immersion de deux heures. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Puis une rencontre plus que surprenante pour tout un chacun : « un renne se montre, malheureusement j’ai envie de dire. Cette espèce, introduite il y a des décennies, cause de nombreux dégâts sur les milieux humides et les fell-field (désert pierreux), explique l’aventurier. Juste avant de faire demi-tour, un pacha de plus d’une tonne, se repose sur un lit d’algue, à ses côtés deux femelles. » Tels des paparazzis, les visiteurs d’un jour campent de longues minutes à immortaliser l’instant. A travers son caillou, il observe, fige Callitriche antarctica et de tout petits pieds de Pringlea antiscorbutica, le botaniste est heureux. Cette dernière, emblématique de l’archipel, coincé entre deux grillages, a pu échappée aux lapins introduits également par l’homme. Tradition de la marine, sur les navires, personne ne parle de « lapin », mais de bête à longues oreilles (BLO). « À peine rentré à la base, l’hélicoptère nous accueille pour nous ramener sur le Marion. Une journée comme on en voit que dans les documentaires télévisés, un rêve. »

    Après l’euphorie, la mélancolie

    Du 23 au 26 août 2021, les quantièmes lui semblent monotones. Au mouillage dans le golfe du Morbihan, juste en face de la base de Port-aux-Français. La semaine débute par une rencontre fugace entre Flavien et un dauphin de Commerson, dont « seuls 97 individus sont connus ». En vain, il cherchera à le revoir…

    En fin d’après-midi, le mauvais temps s’annonçant pour la nuit, le chaland, l’« Aventure II » (après avoir œuvré aux différents déchargements) navigue deux heures et demie pour se réfugier dans une zone plus calme du golfe du Morbihan, le bras Jules Laboureur. Opération effectuée lorsque des vents de directions sud-ouest soufflent à plus de 35 nœuds (env 65 km/h), mais aussi quand ils proviennent de tous secteurs supérieurs à 50 nœuds (92 km/h).

    Comme précédemment à Crozet, le Marion Dufresne approvisionne en carburant Port-aux-Français. Avec la « manche » 280 m³ sont livrés le premier jour et 320 m 3 le second. Capitale des terres australes, elle sert aussi de station de ravitaillement aux bateaux de pêche qui travaillent dans le coin, un des revenus financiers des TAAF. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Les prévisions météorologiques se réalisent, le mardi 24 août 2021 la tempête présente toute la journée, avec des bourrasques constantes de l’ordre de 50 nœuds. Durant la nuit, le baromètre « enregistre la plus basse pression mesurée depuis mon départ », 965 hectopascals. Durant toute la journée, ou presque, le bateau navigue en décrivant un hippodrome dans le golfe du Morbihan. « Nous sommes si proches de certaines îles situées à l’ouest du golfe… j’apprécie la chance d’être ici, pourtant il n’y a rien à faire, ce besoin incontrôlable de descendre à terre renforce de sentiment de frustration qui m’est impossible de gérer… » Le départ est annoncé. La neige est réapparue en milieu de matinée lorsque Flavien dévorait les dernières pages du livre sur les explorations botaniques.

    Le livre de chevet de Flavien durant le périple sur les mers. « Ils ont prospecté la nature, l’ont étudiée pendant soixante ans. Ces deux chercheurs ont observé des plantes exotiques, des oiseaux, des animaux survivants, dont beaucoup sont aujourd’hui menacés de disparition ; parfois des espèces dangereuses. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Ce jeudi 26 août, les températures chutent, avec un 0 °C dans l’air et une eau à seulement 2,9 °C. Le début d’après-midi coïncide avec l’intervention de Marie-Julie, psychologue des TAAF. elle a présenté de manière préventive les différents risques de vie sur base. Comme dans tous films, les occupants du bateau en partance, agitent les bras en guise d’au revoir, ici aux hivernants laissés sur Port-aux-Français, dont Pauline, l’autre VSC. « Le vent souffle fort, il fait bien froid ce soir. En traversant le golfe du Morbihan, je regarde les paysages dans le coucher de soleil. Puis notre sortie s’effectue par la passe royale, où des nuées de prions, composés de millions d’individus nous attendent, conte Flavien impressionné. Je comprends mieux pourquoi Kerguelen et Crozet sont les territoires où l’on retrouve le plus de biomasses au km2 dans le monde… »

    À quelques encablures d’Amsterdam

    Ce vendredi 27 août 2021 débute par une formation théorique sur la sécurité et la médecine distillée par la docteure. Ensuite, Flavien enchaîne par la routinière « biosécurité » primordiale pour la descente sur Amsterdam qui s’annonce (enfin) dimanche matin. La mise en application donne différents exercices similaires à la prévention et secours civique de niveau 1 (PSC1), avec l’apprentissage des gestes de premiers secours. Ils permettent d’augmenter sensiblement les chances de sauver des vies et de rendre plus efficace l’intervention des secours. Pour plus de renseignements, il suffit de contacter l’union départementale ou régionale de sapeurs-pompiers, le SDIS. Les associations agréées de sécurité civile (AASC) proche de chez-vous, comme la Protection civile, la Croix-Rouge et bien d’autres encore. Juste avant de se restaurer, il écrit quatre nouvelles cartes postales du bout du monde.

    Les calamars volants (Todarodes Pacificus) projettent un puissant jet d’eau qui les propulse hors de l’eau. Ils peuvent rester 3 secondes hors de l’eau, pour retomber 30 mètres plus loin à une vitesse de 11, 2 mètres par seconde, hors de portée de leurs prédateurs marins. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « L’après-midi, je profite du redoux qui arrive avec notre remontée vers le nord, pour photographier quelques albatros à tête grise ». Un repas sous signe d’une célébration se déroule dans une pièce à part « où, l’on partagera des bouteilles de rouge payées par Alain, dont c’est l’anniversaire. » Alors que les dernières bouchées parviennent tout juste dans l’estomac de chacun, le capitaine du Marion Dufresne, M Eyssautier, offrira à tous un verre de punch, entrecoupé deux parties de baby-foot. Flavien clôture la soirée studieusement. Il amorce un diaporama sur la faune et la flore rencontrée depuis le commencement de cette traversée, qu’il finira le lendemain matin, et enverra aux membres de l’aventure.

    Le poisson volant (Exocoetus volitans ou exocet commun) est une espèce de poissons des mers chaudes de la famille des Exocoetidae. Les 70 espèces sont regroupées dans sept à neuf genres. Exocoetidae vient du grec exo pour « dehors » et koite pour « creux ». Le missile Exocet est un missile guidé nommé en référence à ce poisson. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Tous les préparatifs pour le débarquement doivent être terminés dimanche. Une journée faste qui débute par « une ultime machine » à laver le linge avant d’arriver sur Amsterdam, car « il faut au maximum économiser l’eau sur l’île ». Puis, Flavien range sa chambre, apprête ses valises. Une formation est dispensée sur le plan de gestion de la réserve naturelle. « Après avoir photographié mes derniers oiseaux à bord du Marion je vais payer mes dettes à la poste du bateau et au bar. » Une fois le linge sec et rangé, il descend ses grosses valises dans les cales, afin d’être acheminées lundi 30 août 2021 par héliportage. L’ultime intervention est diligentée par la responsable de la direction des pêches et des questions maritimes (DPQM), sur les quotas et techniques autorisées sur Amsterdam et sa fameuse langouste.

    Premiers pas sur Amsterdam

    Des phrases d’aventurier sont restées célèbres à travers les siècles, l’une d’elles était prononcée le 21 juillet 1969, à 2 h 56 : « C’est un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité ». Neil Armstrong avait posé son pied gauche sur notre satellite, la Lune. Un autre plus proche des Français, reconnaissable à son bonnet rouge, Jacques-Yves Cousteau. « J’ai trouvé ma lune dans les profondeurs de la mer. »

    Tout au long des mois que Flavien passera sur Amsterdam, il effectuera des missions hors de la base. Comme il procéda avec ses deux collègues, Colombe et Clément, qui s’occupent de la régulation des mammifères introduits et de l’ornithologie pour la réserve. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Quel sentiment ressent une telle personne qui part effectuer une exploration d’un lieu peu ordinaire ? C’est la question posée à Flavien Saboureau : « J’avais l’impression d’être à l’intérieur d’un documentaire, tout était nouveau. J’en apprenais tous les jours, aussi bien sur l’extérieur qui m’entoure, que sur moi. Un rêve éveillé pendant lequel j’avais le temps de profiter et de prendre du recul. L’arrivée sur l’île aura été l’occasion de relâcher toute la pression accumulée depuis janvier et des multiples formalités pour parvenir jusqu’ici. Il m’aura fallu de nombreux jours pour réussir à prendre mes marques, et ne pas être trop perdu dans cet univers où peu de choses sont ordinaires. »

  • Un blockbuster vénézuélien

    Un blockbuster vénézuélien

    Cela pourrait être un nouveau film à gros budget, mais ce n’est, in fine, qu’une réalité parmi tant d’autres. Dans l’hémisphère sud, c’est le Venezuela qui voit son système électrique puis bancaire attaqué. Tandis qu’en Suisse, des codes malveillants ont ciblé le canton de Vaud. Après la commune de Rolle, c’est la compagnie de navigation sur le Léman qui en fait les frais, ce une semaine avant la cinémathèque suisse qui a subi une agression de type ransomware, en date du 17 septembre 2021.

    Tout a commencé le 30 mai 2021, lorsque l’administration de Rolle en Suisse essuyait une infection en bonne et due forme. Les opérateurs du groupe Vice Society sont à l’origine de celle-ci. « Il ne s’agit, en réalité, que d’une faible attaque. Nous avons sollicité l’aide de la Confédération et du Canton, qui nous ont demandé de rester discrets à ce sujet », affirme syndique Monique Choulat Pugnale. Elle est cheffe de l’exécutif et responsable de l’informatique de Rolle. De nombreux documents sont mis en ligne sur le Darknet. Des courriels, la planification financière… « On nous a piraté uniquement des mails, et ils ne contenaient aucune donnée sensible sur la Commune », assure-t-elle.

    Les données de la commune de Rolle affichées par les opérateurs de Vice Society sont en libre accès. (Crédits : capture d’écran)

    Les opérateurs derrière Vice Society ont ciblé pléthores de sociétés :

    Au mois d’août, le gymnase de Payerne subit une attaque, avant la compagnie de navigation sur le lac Léman (CGN). « L’attaque n’a duré que quelques jours avant que nous sécurisions le plus rapidement possible notre site internet, indiquait la directrice vente et marketing, Florentine Baron Pailhès. Par souci de précaution, nous avons informé […] par courrier tous les clients qui avaient commandé des billets sur notre site depuis fin avril ». Enfin, c’est la Cinémathèque suisse qui a subi, vendredi 17 septembre 2021 une tentative d’extorsion par ransomware. Ce malgré la sécurité informatique en place et les mises à jour régulières de ses systèmes de pare-feu, spécifie l’institution. Ce qui engendre le blocage de serveurs et la messagerie indisponible.

    La ville paisible de Rolle dans le canton de Vaud, a subi une attaque par ransomware du groupe Vice Society. Les dommages sont moindres selon les autorités. Cependant, la Suisse a été sujette à de multiples agressions durant l’année 2021. (Crédits : Philippe Maeder)

    Fondée en 1948, elle est reconnue par la Fédération internationale des archives du film (FIAF) comme l’une des dix plus importantes au monde. Cela par l’étendue, la diversité et la qualité de ses collections en sa possession. Son siège administratif, ses salles de projection se situent à Lausanne, dans le canton de Vaud. La dernière a immédiatement alerté la Confédération (Centre National pour la Cybersécurité, NCSC) ainsi que la Police cantonale. Une analyse complète de cette intrusion est menée par la société Kudelski pour identifier la faille qui a permis cette attaque. L’étude et le contrôle de l’ensemble du réseau et des serveurs affectés sont toujours en cours.

    Attaque terroriste

    Le Venezuela détient la première réserve mondiale prouvée de pétrole brut (302,25 Mds de barils, soit 1/5 ème des réserves mondiales) et les 4e de gaz naturel. Le pays dispose également de vastes ressources minières (or, bauxite, fer, nickel, charbon…) et hydrauliques, ainsi que d’un potentiel agricole important. « Nous voulons signaler une nouvelle attaque contre le système électrique national dans le cadre de ce plan de sabotage permanent, qui fait partie de la guerre multiforme que nous recevons constamment », a affirmé Néstor Reverol, ministre vénézuélien de l’Énergie électrique, dimanche soir 12 septembre 2021 à travers des déclarations téléphoniques à la chaîne publique Venezolana de Televisión. Il a indiqué que l’« attaque terroriste » a frappé la sous-station d’Aragua à Santa Cruz, dans la municipalité de José Ángel Lamas, et a provoqué une « perte de charge dans plusieurs États du pays, car il s’agit d’un système interconnecté ». « Nous avons déjà récupéré la charge dans toute la région de la capitale, nous sommes en train de la récupérer complètement dans les États de Zulia, Mérida, Táchira, Nueva Esparta et Falcón, qui ont été partiellement touchés », a-t-il ajouté. Or des pannes d’électricité sont enregistrées depuis 2010, date à laquelle le rationnement a commencé. Elles se sont aggravées en 2019, après une surcharge de la centrale hydroélectrique Simón Bolívar, laissant le pays sans électricité pendant plusieurs jours.

    Il est tout juste une heure passée d’une minute lorsque ce gazouillis est publié, le 18 septembre 2021. « Nous avons réalisé la restauration complète […] de sorte que dès 14 h 00, aujourd’hui 20 Septembre 2021 nos services et les canaux électroniques seront disponibles. » (Crédits : capture d’écran)

    Puis, c’est le système monétaire qui est convoité affirme le gouvernement vénézuélien. Dans un communiqué publié vendredi, la vice-présidence sectorielle de l’économie a indiqué que l’attaque visait spécifiquement la plateforme de Banco de Venezuela S.A., la principale institution du pays, avec l’intention de violer les actifs des clients. « Cette attaque informatique a affecté les activités des usagers de la banque, qui n’ont pu recourir aux services bancaires, effectuer des opérations et disposer de leurs ressources sur leurs comptes […] nous condamnons fermement ces projets terroristes », peut-on lire. Selon la déclaration, le piratage massif « avait pour but de faire disparaître et d’altérer les données bancaires du système financier vénézuélien », mais, ajoute-t-il, le point central de la cyberattaque a été détecté et neutralisé. « Nous avons demandé au ministère public d’ouvrir une enquête pénale approfondie pour trouver les responsables de cette action criminelle contre le système fiduciaire national. Nous veillerons à ce que justice soit faite. »

    Attaque mondiale

    De plus en plus de médias font publicité des attaques par codes malveillants de type ransomware. Celles dirigées contre des infrastructures étatiques sont quotidiennes. Mais celle qui touchait l’Ukraine, puis le monde entier le 27 juin 2017 est sans commune mesure. Il est 8 h 16, lorsqu’une bombe explose sous le véhicule du colonel Maksim Chapoval, le tuant instantanément. L’officier du renseignement militaire avait été chargé de rassembler des preuves de l’implication russe dans la guerre du Donbass, qui a fait plus de 10 000 morts depuis avril 2014, raconte Numerama. En quelques heures, des lignes de codes malveillantes se répandent de la même manière qu’une traînée de poudre dans les réseaux informatiques du pays, puis à l’étranger comme en France dès 15 h.

    Sur les systèmes d’information affectés, un message en lettres rouges annonce que les données importantes des utilisateurs sont cryptées, chiffrées. « Ooops , your important files are encrypted ». Et que moyennant la somme de 300 dollars, elles seraient de nouveau accessibles. (Crédits : DR)

    La similitude avec le rançongiciel Petya, apparu en 2016 est flagrante, mais Kaspersky Lab dément très rapidement tout lien entre ce nouveau virus employant l’exploit EternalBlue et les versions Petya. Il devient NotPetya. Il est en fait un wiper, dont le but n’est pas l’extorsion, mais la destruction pure et simple des données informatiques, par effacement. L’état ukrainien avait précédemment enduré deux black-out, l’un en décembre 2015, le second une année plus tard. Existe-t-il une similitude entre l’attaque subie par l’Ukraine et le Venezuela ? L’enquête est en cours…

    Déjà en 2019 Pierre Alonso écrivait dans Libération « Pour Caracas, l’auteur est tout trouvé. Il s’agit, sans surprise, des États-Unis, ont répété les responsables vénézuéliens, sans présenter la moindre preuve. Leur soupçon est néanmoins légitime. Washington a un motif. L’administration Trump a reconnu et publiquement soutenu l’opposant, Juan Guaidó. Exacerber le chaos dans le pays, dirigé par Maduro, en le privant d’électricité tend évidemment à affaiblir le président en exercice. L’arme informatique présente l’avantage d’être invisible et difficilement attribuable : l’idéal pour intervenir sans avoir l’air d’y toucher. »

  • De la base Alfred Faure, cap sur Port-aux-Français (2de partie)

    De la base Alfred Faure, cap sur Port-aux-Français (2de partie)

    Aujourd’hui, est le grand moment, comme prévu le bateau arriva de bonne heure et mit l’ancre dans la baie du marin, face à l’île de la Possession. Les yeux s’ouvrent difficilement, puisque la nuit fut courte. La tocante laissa passer une demi-heure après sept heures quand Flavien Saboureau monta sur le pont pour immortaliser l’instant. « Dans notre malheur nous avons de la chance, car il fait beau, ce qui est très rare à Crozet, là où il pleut 300 jours par an », souffla-t-il. La mer est plus calme, le vent est tombé, ce qui est de bon augure pour le pilote d’hélicoptère.

    À huit heures pétantes, ce 17 août 2021 les premiers hivernants que sont les militaires, cuisiniers… pour l’île de Crozet quittent le bateau. Ils vont y passer de huit à douze mois. Tandis que les photographes immortalisent sur pellicule (numérique) la base scientifique Alfred Faure et les premiers manchots royaux, l’aéronef commence les premiers « slings ». Ce mot inconnu pour la plupart est le transport sous élingue qui permet de déplacer des charges lourdes et de les déposer sans avoir à poser la machine. L’OPEA est sur le pont. Ce dernier est responsable des opérations extérieures australes, il est le chef d’expédition et le coordinateur durant la rotation du Marion Dufresne.

    Le brassage de charges lourdes lorsque les conditions de débarquement sont impossibles, ou largement facilités par les hélicoptères, se nomment dans le jargon des Slings. L’exemple est issu du 1er régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg. (Crédits : Caporal Sébastien)

    Ainsi à l’aide du filin il récupère les frets, sous forme de caisses ou de filets, déposés sur la plateforme par les membres d’équipage. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, l’aéronef est déjà de retour, dès lors il fera plus de vingt trajets. « J’ai mangé avec le responsable de la logistique, à qui j’ai demandé si Pauline et moi pouvions descendre… ». Malheureusement, les deux services civiques resteront à bord. Après le déjeuner, les rotations perdurent, mais cette fois de l’île au bateau. Les malles des partants et cinq mois de déchets, se déposent au fur et à mesure sur le pont.

    L’aventurier bloqué sur le Marion Dufresne, continu de fixer sur pellicule la faune. « Je devine au loin les énormes albatros hurleurs sur leur nid, les manchots papou, les chionis et la fameuse manchotière, pour laquelle nous voulions tant descendre », soupire-t-il. Sur la terre se subodorèrent des milliers de jeunes manchots non sevrés et quelques parents, la colonie est estimée à plus de 10 000 couples. « Le Cormoran de Crozet ne se laisse pas facilement photographier », assure Flavien tandis que, soumis aux aléas de la météorologie, l’OPEA décide de faire partir le concasseur en fin d’après-midi. L’équipage s’attelle donc à l’extirper des cales à l’aide de la grue et le pose sur la portière, « une sorte de radeau pneumatique sur lequel sont installés des bastaings, à l’allure très rustique ». Une chaloupe à bâbord descend pour tirer la portière jusqu’à la cale… Un hors-bord pneumatique (workboat) est là pour coordonner et assurer la sécurité en mer. Ils achèveront l’intervention en récupérant un conteneur rempli de déchets métalliques de nuit… Les opérations de déchargement, de remise en cale et de remise en place des chaloupes se finiront à 20 h sous les projecteurs.

    Tributaire de la météorologie

    « Aujourd’hui, nous savons, compte tenu de la météo, que les opérations ne devraient pas recommencer avant 8 h 30 alors pas de précipitations… », s’amuse Flavien de ce jeu de mots. En montant sur la passerelle, il constate que le bateau a fait l’hippodrome en mer durant la nuit, dû aux rafales de vents mesurés à 61 nœuds. Cette manœuvre consiste à naviguer en ovale au large des côtes. Afin de ne pas avoir la houle claquant régulièrement la coque. « Malgré ça, quand il tournait et que l’on prenait les vagues de côté le mobilier de la chambre ne pouvait s’empêcher de nous réveiller… » Ce matin du mercredi 18 août 2021, le botaniste trie quelques photos, prend contact avec la civilisation après une semaine coupée du monde. L’après-midi, une dépression mesurée à 990 hPa secoue le Marion Dufresne, exhibant ainsi le record du voyage avec 71 nœuds soit près de 140 km/h en rafale. « Nous avons dû nous éloigner des côtes, sans apercevoir l’archipel de Crozet de la journée. » Le retard s’accumule et affiche désormais deux jours.

    Le manchot papou (Pygoscelis papua) a pour prédateurs l’orque et le phoque léopard. Les œufs et les poussins sont quant à eux un mets de choix pour le skua ou grand labbe. Cet oiseau établit souvent son nid parmi les colonies de manchots papous qui sont pour lui une source de nourriture toute trouvée. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Les opérations débutent tôt ce jeudi matin. Les rotations s’enchaînent, tandis que la vedette et le workboat travaillent à la mise en place de l’impressionnante manche à gazole. La canalisation semi-rigide est tirée par la vedette. Des bouées sont disposées sur sa longueur, espacées d’une dizaine de mètres, pour assurer sa flottabilité. Déployée sur huit cents mètres environ, ce jusqu’à la côte, elle parcourt un nouvel hectomètre pour parvenir à destination, des cuves de plus de 50 m3. Elles permettent à la base d’être autonome pendant vingt-quatre mois. Le ravitaillement arrive à pont nommé, ils ne leur restaient que cinq mois de réserve. Après avoir injecté de l’air par une pression de dix bars, le gazole est en cours d’acheminement. Le débit habituel est de 50 m3/h, mais la longueur de la manche est telle cette année (dû aux conditions) que seuls 35 m3 sont envoyés la première heure. Au total, plus de 160 m3 auront était déposé à Crozet, de quoi tenir une année. Durant ce laps de temps, l’hélicoptère rapporte les cargaisons vidées de leurs contenus.

    Un trou dans la manche

    Peu après 14 h 30, tandis que la vedette achève sa dernière rotation, un problème survient. La manche à gazole dérive et passe en dessous du Marion Dufresne, « c’est la panique à bord, le pompage est instantanément arrêté ». Durant près de trois heures, les marins œuvrent à dégager la manche du gouvernail ou de l’hélice… avant de réussir. En la remontant, ils s’aperçoivent que de toutes petites nappes de gazole se sont formées à la surface. Elle est littéralement coupée, seule l’armature en acier du tuyau l’empêche de se scinder en deux. Jusqu’à l’angélus tout l’équipage, commandant y compris est à pied d’œuvre. Après avoir étalé des copeaux sur le pont pour éponger le combustible, un manchon est positionné pour réparer la canalisation, il faut encore ravitailler Kerguelen et Amsterdam. Cette dernière ne possède plus qu’un trimestre d’autonomie. Par « chance », le carburant envoyé est du gasoil et non du mazout, l’impact sur l’environnement est alors bien moindre. En effet, il forme une fine couche à la surface avant de s’évaporer.

    Dans ce lieu de stockage du fret, le Marion Dufresne permet aux différents membres du personnel des bases des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) de vivre. Lorsqu’il est vide, jour au badminton serait possible (Crédits : Flavien Saboureau)

    Avant que cet événement ne rebatte les cartes de cette journée, « Antoine, Pauline et moi sommes descendus dans les cales faire le protocole de biosécurité ». Vingt-cinq pièges à rongeurs ont été déposés dans les cales, dans l’hypothèse que rats comme souris seraient parvenues à rentrer à bord par le fret, pour éviter d’en amener de nouveaux sur les îles. « Affublés de nos casques et gilets jaune nous avons inspectés si le biocide à l’intérieur des boites avait été grignoté. Fort heureusement, aucun ne l’a été ». Le produit, sous forme de cube, est un anticoagulant qui avec un saignement provoque leur mort. Ce protocole a permis aux VSC (volontaire de service civique) de visiter des endroits où ils ne se rendent que rarement. « Dans les énormes cales à la proue les hauteurs sous plafond sont énormes, pratiquement comparables au volume d’un gymnase. Un terrain de badminton a même été dessiné au sol. Il est praticable lorsque le fret est descendu », observe Flavien.

    Cap sur les îles Kerguelen

    Les températures moyennes sont de 2 °C dans l’air et 4 °C dans l’eau, attisées par des vents de près de 40 km/h (20 nœuds), amenant la sensation d’être en dessous de 0 °C. Il est aux environs de 21 h lorsqu’« après le repas, avec Pauline, nous monterons à la passerelle, dans le noir le plus total, pour assister au passage devant l’île de l’Est. » L’équipage règle la luminosité des différents écrans au minimum, ce pour permettre à l’œil de voir, même de nuit, le danger. « À ce moment, l’île, plongée dans une nuit claire, a un côté mystique. Très escarpée, cette terre qui n’a pas été foulée par l’homme depuis plus de 35 ans, invite à la contemplation, poétise-t-il. Nous passerons, une demi-heure seuls à la passerelle à la regarder sans dire un mot ou presque. » Cette île fait partie de quatre ou cinq de l’archipel à être classées en réserve naturelle intégrale, c’est-à-dire que l’homme n’a pas le droit d’y poser le pied. Depuis plus de trois décennies, elles sont restées vierges de visites. Uniquement l’île aux Cochons a vu en 2019 une poignée de scientifiques sur son sol, après plus de 38 ans d’isolement. La raison est le déclin fulgurant de la plus grande colonie de manchots royaux du monde observés par clichés satellites. « Finalement, la cause est liée au réchauffement climatique et au déplacement du front des eaux polaires, faisant passer leur aire de nourrissage de 400 à 600 km », explique-t-il.

    « Les premières terres de Kerguelen, la péninsule Rallier du Baty, de nuit, (pour les photographes, l’ISO est à fond…) Là aussi en réserve intégrale, personne n’y a mis les pieds depuis des décennies, peut-être même des siècles… Certains endroits des Kerguelen n’ont sûrement jamais vu l’Homme. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    La journée du vendredi est sujette à farniente, ou presque. « Après m’être reposé jusqu’en milieu de matinée, ma lecture sur les explorations est interrompue par le repas, avant de reprendre. Je passais le plus clair de mon temps à photographier les rares oiseaux, après avoir discuté sur la biodiversité avec Antoine. » Cette dixième journée à bord se termine par une conférence sur les éléphants de mer, de Kerguelen bien sûr. Christophe Guinet, chercheur au CNRS de Chizé, nous expliquait mettre des balises bourrées de capteurs sur la tête de ces phoques (dont la population est estimée à 300 000 individus) pour suivre leurs déplacements dans l’océan, mieux comprendre le réchauffement climatique…

    Changement d’heure et de vue

    Après une petite soirée, tous s’endorment paisiblement en se remémorant qu’il faut avancer la montre d’une heure, dus au changement fuseau horaire. Les tocantes sont désormais réglées à l’heure d’Islamabad capitale du Pakistan, à l’est de l’Afghanistan. La mer était formée comme aime à conter les marins, si bien qu’à six heures, vient s’écraser, sur le flanc du Marion « une grosse vague qui renverse la chambre. L’échelle qui permet d’accéder à la bannette du voisin aura réveillé quelques appartements en tombant… » Peu de temps après cet éveil en fanfare, Michaël, mécanicien de l’hélicoptère, explique à ceux qui veulent bien en apprendre le fonctionnement, dans le hangar. N’écoutant que son courage, et juste avant de manger Flavien ira faire un tour sur le pont extérieur pour sonder la météo. « Je ne suis pas déçu. Il fait 1 °C à l’abri, l’océan est à 3 °C, quant au pont, il commence tout juste à dégeler, certains ce sont prit de belles gamelles ce matin parait-il, grelotte-t-il. Attisé par le vent, la température ressentie nous met dans le bain des journées enneigées qui nous attendent à Kerguelen. » La base leur a envoyé une photo pour les habituer, à minima les prévenir de la météo sur place.

    Les températures peuvent se rafraîchir au sein de l’archipel Kerguelen. Il y règne un climat froid, mais non glacial, car les moyennes estivales n’excèdent pas 10 °C, quant aux hivernales elles dépassent 0 °C. Pour autant, le vent omniprésent conduit le ressenti à chuter. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Après s’être restauré, le paparazzi se positionne pour photographier des oiseaux aperçus en début de journée. Trois nouvelles espèces au menu, le fulmar antarctique, le pétrel antarctique et le fameux albatros à sourcils noirs tourneront autour du bateau toute l’après-midi. « Terre en vue », aurait pu crier le timonier. Durant une heure, tous profitent de la vue, tout en tentant de prendre des clichés de la péninsule Rallier du Baty. Ce bout de terre de l’archipel fait partie, à la manière de l’île de l’Est, de ces zones où il est interdit de poser une semelle. Territoire le plus éloigné de la base, très peu d’êtres humains ont déjà pu fouler cette terre. On admirera l’île jusqu’à la baie d’Audierne où des langues glaciaires trahissent la présence de la calotte glaciaire Cook, le plus grand glacier de France. Avant de se glisser dans la bannette, et espérant ouvrir le rideau de la cabine sur la base de Port-aux-Français… (à suivre)

  • L’animal le plus dangereux pour l’Homo sapiens est…

    L’animal le plus dangereux pour l’Homo sapiens est…

    Excellente question me direz-vous ! Mais à votre avis, quel est-il ? Je suis certain que vous avez une idée, une impression peut-être… Les serpents, les araignées comme la tarentule… En premier, il tient de définir le terme dangereux afin de cerner et de classer chaque individu. En 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique les dix principaux motifs de mortalité ont été responsables de 55 % des 55,4 millions de décès survenus dans le monde. Quelles sont celles causées par les animaux ?

    Être dangereux, selon Le Larousse se dit : « d’un animal qui s’attaque à l’homme et qui constitue pour lui un danger. Qui constitue un danger, qui expose à un risque, à un mal ». Rappelons que l’homme est un animal doté d’une certaine intelligence. « Il n’y a de “monde” animal que pour l’homme, à qui la science et la philosophie inculquent le sens de l’animal. Sans cette sortie de soi et de chez soi, l’individu ne perçoit que ce qui est perceptible, les différences visibles, sensibles entre les “races” d’homme, et les ressemblances entre membres d’une même race. L’homme, comme horizon de l’universalité, n’est visible qu’aux yeux de l’âme, d’une pensée qui reconnaît le fait du langage dans la variété des langues » (Pierre Guenancia, Chap. 5, L’homme et l’animal, la question des frontières).

    Les dix plus grandes causes de mortalité chez l’Homme sont les suivantes :

    • Cardiopathie ischémique
    • AVC
    • Bronchopneumopathie chronique obstructive
    • Infections des voies respiratoires basses
    • Affection néonatale
    • Cancer de la trachée, cancer bronchique et du poumon
    • Alzheimer et autres démences
    • Maladies diarrhéiques
    • Diabète sucré
    • Maladies rénales

    Les 18 animaux les plus dangereux

    Pourtant, elles ne sont pas les seules à causer la mort, les animaux le peuvent également. Le dernier de ce classement est le requin. Sur les 350 espèces que compte l’ordre, trois sont responsables des dépouilles chez l’homme : le blanc, le tigre et le bouledogue. Au cours du siècle passé, six attaques se seraient produites, avec moins de dix décès par année. La peur envers ce gros poisson vient du succès du film « JAWS ». Aujourd’hui 80 % la population de cet animal vieux de plusieurs centaines de millions d’années, a péri. Ainsi, plus de 50 millions de requins sont pêchés chaque année et bon nombre d’espèces sont en voie de disparition. De très près, autant que des légendes qui leur sont associées, le loup n’est à l’origine que de dix morts par an dans le monde, en France, depuis plus d’un demi-siècle aucune victime humaine n’est à déplorer.

    La cuboméduse d’Australie (Chironex fleckeri), aussi appelée guêpe de mer ou main de la mort vit dans les moyennes profondeurs, dans les eaux du littoral australien et du Sud-est asiatique. Elle est la plus venimeuse connue à ce jour. (Crédits : Guido Gautsch/Flickr)

    Puis, vient la méduse. La responsable principale des accidents mortels létaux est la méduse-boîte (découverte au cinéma dans Seven Pounds), un animal marin à 24 yeux pouvant peser jusqu’à deux kilos. Se déplaçant très rapidement (21, 6 km/h maximum), il se défend et attaque avec ses tentacules de six mètres de long et contenant un venin pouvant être mortel pour l’homme, selon les espèces. Au sein du film « L’Année des méduses » Chris (Valérie Kaprisky) pousse de son bateau Romain (Bernard Giraudeau) dans un banc alors qu’il y est allergique, et décède. Elle causerait entre 50 et 100 morts par an.

    Ils défendent leurs territoires

    Le roi des animaux (ici le Lion mais différents en fonction des cultures) est à l’origine, quant à lui, du double de morts (100 à 200 décès). Comme pour le loup, ses attaques sont dues à une intrusion de l’individu sur son territoire. Katherine Chappell, en a fait la mortelle expérience. L’ancienne directrice des effets spéciaux de Game of Thrones est décédée en 2015 d’une morsure à la gorge pendant un safari photo, après avoir baissé la vitre de sa portière. L’éléphant, qu’il soit d’Afrique ou d’Asie, avec ses six tonnes est extrêmement dangereux lorsqu’il s’en prend à l’être humain. Végétarien, il n’en est pas moins l’un des mammifères les plus imposants du monde, ainsi rien de bien étonnant à ce que des hommes succombent à la charge du pachyderme ou d’un troupeau entier. Imaginez qu’une personne entre dans votre domicile sans y avoir été invitée, les animaux sont des êtres à part entière. De ce fait, ils réagissent de la même manière que tout un chacun, ils défendent leurs territoires. Pensez-y lorsque sur un panneau est indiqué « Attention abeilles ». En effet, si les morts pour cause de piqûre d’abeilles ou de frelons sont nombreuses, elles sont en grande majorité dues à des allergies au venin injecté par ces insectes (environ 400 morts par an).

    Si l’être humain bâille et que cela est contagieux, le mastodonte en ouvrant grand sa gueule vous demande de réévaluer votre position avant qu’il ne soit trop tard. (Crédits : Sylwia Głowska/Pixabay)

    L’hippopotame est un adepte du bâillement, afin de montrer sa supériorité, et qui plus, est enclin à se battre pour le prouver. Bien qu’herbivore, il est dommageable pour l’homme (pesant jusqu’à 3,2 t.) les hippopotames, très agressifs et imprévisibles, sont considérés comme un des plus dangereux animaux d’Afrique (500 morts/an). Protégeant son territoire, il peut mortellement blesser les humains en chargeant et utilisant ses grandes dents, qui sont à la fois sa force et son talon d’Achille. Menacé par la perte de son habitat, concomitant le braconnage pour sa viande et l’ivoire de ses canines. Ce dernier est placé sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), comme vulnérable.

    Un ver de dix mètres de long

    Si la fiction Crocodile Dundee, sortie en 1986, raconte les aventures d’un chasseur de crocodiles, le véritable se nommait Steve Irwin. Ils les côtoyaient dans son parc zoologique en Australie, à Beerwah (État du Queensland). Lorsque la mâchoire de l’animal se referme, c’est une force de 2 300 kilos (plus de 22 kN) qui s’abat sur la victime. Entre 1000 et 2000 personnes y succombent à travers le monde chaque année. Steve Irwin est décédé des suite d’une blessure venimeuse d’une raie pastenague lors d’un tournage, et non pas d’un coup de mâchoire d’un des animaux qu’il aimait tant capturer.

    Ce ténia semble avoir aujourd’hui presque disparu des pays industrialisés en raison de la facilité pour les services vétérinaires à le détecter. (Crédits : Roberto J. Galindo)

    Beaucoup plus petit que le crocodile, mais non moins redoutable car invisible, arrive en dixième position, le ténia ou ver solitaire. Le Taenia saginata (hôte intermédiaire du bœuf) comme le Taenia solium (hôte intermédiaire du porc) touchent les êtres humains, lorsque ceci ne cuisent pas suffisamment la viande. Une fois installé dans le corps, ce parasite se loge dans les intestins et absorbe directement les aliments qui y passent. Sans traitement, il continue de grandir jusqu’à dix mètres. Il arrive aussi qu’aucun symptôme ne se déclare avant plusieurs années. À son palmarès annuel, 2 000 personnes meurent.

    Connu sous l’Égypte antique, en -3150

    Tout aussi minuscule par sa taille, le scorpion tue 3 500 personnes. Installé dans le midi de la France et en Corse, le pédipalpe n’est alors pas dangereux pour l’homme. En revanche, les piqûres de quelques espèces d’Afrique ou d’Amérique du Sud peuvent être fatales. Se cachant dans les endroits frais des pays chauds (sous les pierres, à l’ombre, sous les lits…), ils sont responsables de plus d’un million de piqûres par an, dont 4 500 deviennent fatales selon GEO. Le buthus occitanus est très répandu au Maghreb. Son venin neurotoxique peut occasionner une douleur intense au point d’injection, de la fièvre, des vomissements et des troubles du rythme cardiaque pouvant conduire à la mort.

    L’affection qu’apportent les réduves est aussi appelée trypanosomiase américaine car elle sévit en Amérique latine : Chili, Brésil, Mexique, Argentine… (Crédits : DR)

    La mouche Tsé-Tsé et le réduve sont vecteurs de la « maladie du sommeil ». La première frappe majoritairement dans les pays d’Afrique subsaharienne. Elle touche près de 70 000 individus par an et en tue 15 %, mais peut être soignée, si elle est diagnostiquée rapidement. Quant aux punaises mangeuses de sang, les réduves, porteurs de trypanosomes, provoquent la maladie de Chagas. Les stigmates de ce dernier remontent à l’Égypte ancienne où des traces de cette maladie ont été retrouvées sur une momie de plus de 4 000 ans. Transmise à l’homme, et d’après les estimations, six à sept millions de personnes sont infectées par T. cruzi, dont 13 000 en meurent selon l’OMS.

    Toujours se méfier de l’invisible

    Un ver sévit massivement dans les zones tropicales ou subtropicales, il s’agit d’ascaris lumbricoides, ou ver ascaris. À l’origine de l’ascaridiase, une maladie liée à l’eau et à l’hygiène. Contractées majoritairement par les enfants, les infections qu’elle provoque touchent « jusqu’à 10 % de la population en développement […] et occasionnent environ 60 000 décès par an », suivant les chiffres de l’OMS. D’ailleurs, un rapport en parle déjà en 1967. Plus proche de nous, le plus fidèle ami de l’homme. L’Organisation mondiale de la santé stipulait qu’en 2007, la rage était le dixième facteur de mort par contamination chez les homo sapiens. Si elle peut être véhiculée par de nombreux animaux, les plus concernés restent les chiens. En Europe, la maladie a été éradiquée grâce à la vaccination préventive, elle continue de faire entre 40 000 et 70 000 décès par an.

    La rage est une encéphalite virale grave. Après apparition des symptômes, elle est létale dans la quasi-totalité des cas. Cette infection est hautement contagieuse par morsure et transmissible de l’animal à l’homme. Selon l’OMS, elle cause environ 59 000 décès chaque année dans le monde. (Crédits : Guido Gautsch/Flickr)

    Le ver hématophage qu’est le schistosome parasite certains mollusques d’eau douce. Transmis à l’homme, il provoque différents types de bilharziose ou schistosomiase. Cela peut engendrer des varices œsophagiennes, qui en éclatant entraînent des hémorragies internes mortelles. Très répandu en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et Amérique du Sud, il est à l’origine de la plus forte pandémie parasitaire dans le monde, après le paludisme, infectant 261 millions de personnes en 2013. Il est à l’origine de 20 000 à 200 000 décès par an selon l’OMS.

    3 578 espèces de moustiques

    En troisième position, les serpents. « Bien qu’on ignore le nombre exact de morsures, on estime qu’elles concernent 5,4 millions de personnes chaque année et qu’il y a jusqu’à 2,7 millions de cas d’envenimement », assure assure l’organisation. Elle sont la cause de 81 000 à 138 000 décès au moins et d’environ trois fois plus d’amputations et d’autres incapacités définitives, ce par manque d’accès aux soins ou aux dispositifs anti-venin. L’être humain est second car il tue presque un demi-million de ses semblables chaque année, environ 475 000.

    Originaire des forêts tropicales d’Asie du Sud-Est, le moustique tigre (Aedes albopictus) s’est adapté au milieu urbain en profitant d’une multitude de récipients (vases, pots, bidons, gouttières…) dans lesquels il pond ses œufs. (Crédits : WikiImages/Pixabay)

    Le dernier, mais non le moindre, n’est autre que le moustique avec près de 800 000 décès. La principale maladie est le paludisme, mais il en existe de multiples (Dengue, Chikungunya, Zika…). Elle est potentiellement meurtrière car des piqûres de moustiques femelles de l’espèce Anopheles infectées, transmettent des parasites. La malaria est évitable et l’on peut possiblement en guérir. En 2019, l’estimation est de 229 millions de cas sur Terre. Le nombre évalué de morts s’est élevé à 409 000 en 2019. « Les enfants âgés de moins de cinq ans constituent le groupe le plus vulnérable touché par le paludisme ; en 2019, ils ont représenté 67 % des décès, soit 274 000 », affirme l’OMS.