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  • Histoire d’infections par ransomware

    Histoire d’infections par ransomware

    Le canton de Vaud en Suisse a essuyé de nombreuses offensives par codes malveillants. Il est le plus à l’ouest de la Confédération helvétique, et compte 805 098 habitants au dernier recensement. La fondation Les Oliviers subissait le 17 janvier 2020 une « cyberattaque ». Quasiment au même endroit, c’est GRF, une importante société fiduciaire vaudoise d’être une cible, mais de choix.. La commune de Rolle en faisait l’expérience en mai 2021. Outre-Atlantique, c’est la chaîne californienne « Pizza Chicken » qui révèle une fuite considérable le 18 novembre 2021.

    Le quotidien suisse 24 heures propose le récit vu de l’intérieur d’une attaque, car personne n’est véritablement préparé. Le chef-lieu qu’est Lausanne offre un havre de paix et un décor de rêve, elle se situe entre le massif du haut Jura et le lac Léman. C’est par un beau matin d’hiver que la foudre s’abat sur les épaules de la directrice Sanda Feal. La fondation dans laquelle elle œuvre, Les Oliviers, est destinée à toute personne qui se sent en difficulté avec sa consommation d’alcool et/ou d’autres produits, ce depuis 1976.

    Le message reçu par l’organisation de la part des opérateurs derrière le ransomware PYSA ne laisse guère de doute. (Crédits : DR)

    « Il est 6 h 40 quand un SMS arrive sur le portable de Sandra Feal, chargée du service technique. Un de ses informaticiens lui apprend qu’aucun serveur ne répond. Il a essayé à plusieurs reprises de relancer les ordinateurs, sans succès. Le dossier système est vide. La directrice adjointe quitte son domicile précipitamment et arrive à la Fondation à 7 h », raconte 24 heures.

    Le ransomware PYSA est à l’origine de cette infection, comme celle de l’UAB. Le coût estimé est de 350 000 francs suisses (334 000 euros) en réponse à l’engagement de spécialistes, le rachat de matériel et le manque à gagner. (Crédits : capture d’écran)

    « J’ai ressenti de la colère, raconte Sandra Feal. Ils n’en ont rien à fiche de qui on est. Ils s’attaquent à des personnes précaires. C’est comme s’ils volaient l’argent d’un musicien de rue. » La directrice jouait la carte de la transparence à travers un communiqué de presse relayé dans divers médias. Les premières mesures mises en place, une plainte est déposée l’après-midi. C’est lors du contact avec la cellule spécialisée de la police cantonale qu’elle découvre son existence.

    Bis repetita

    Grâce à la Doloréane, remontons dans le futur, en octobre 2021. Des opérateurs tentèrent, encore en Suisse, d’entrer dans le système de GRF Société fiduciaire SA, une importante fiduciaire vaudoise qui gère les données de pouvoirs publics (des informations budgétaires publiques et facturations de consommation d’eau). Une douzaine de communes et de collectivités du district de Morges sont ainsi concernées. Le 22 octobre 2021, la dernière sommation faisait été de 48 petites heures pour payer le total de 200 000 francs en bitcoins, menaçant de laisser fuiter les renseignements sur le darknet. « […] nous n’avons rien trouvé sur le darkweb », commente Marc Caron de la société O plc, le 18 novembre 2021. GRF, de son côté, envisage de déposer une plainte pénale contre cette cyberattaque que la police cantonale vaudoise qualifie de sérieuse. « La question n’est plus de savoir si une collectivité sera un jour cyberattaquée, mais quand », explique Marc Genton.

    La porte d’entrée dévoilée

    Le 15 novembre 2021, la mairie de Turin se trouvait ciblée par un ransomware. C’est toute la structure de la cité des quatre rivières qui était hors service, lundi dernier. « Nous vous informons que l’activité de certains services, dont les services d’enregistrement, a été suspendue ce matin ». Dans une note, la municipalité explicite que « les techniciens de la Ville et de CSI Piedmont — le consortium public qui gère les services informatiques — travaillent pour rétablir le bon fonctionnement du système […] ».

    L’ordinateur utilisé comme accès par le groupe Conti, explique La Stampa pour diffuser le malware était un PC appartenant à la police de la commune. Il était connecté au système informatique municipal et servait de canal d’entrée. (Crédits : Pexels/Pixabay)

    Les équipes craignaient de subir la même chose que l’Azienda Territoriale per la Casa, le 11 avril dernier. Elle avait été victime d’une lourde attaque, 43 téraoctets de données, qui a sérieusement compromis la prestation de services, les pratiques et les procédures informatiques, avec une rançon de 700 000 dollars (plus d’un demi-million d’euros). La porte d’entrée de l’offensive contre le conseil municipal de Turin aurait été un ordinateur appartenant à la police de la circulation, révèlent les enquêteurs.

    Attaque d’une chaîne de Pizzeria

    Chez l’oncle Sam, la California Pizza Kitchen (CPK) a révélé une violation de données exposant les numéros de sécurité sociale de plus de 100 000 employés actuels et anciens. La chaîne qui compte plus de 250 établissements dans 32 États a confirmé l’incident. « La société a déclaré avoir été informée d’une “perturbation” de ses systèmes le 15 septembre et avoir pris des mesures pour “sécuriser immédiatement” son environnement », raconte Techcrunch. L’infection se serait déroulée le 4 octobre 2021.

    Une notification du bureau du procureur général du Maine a indiqué qu’un total de 103 767 employés actuels et anciens – dont huit résidents du Maine – sont concernés. La découverte de cette intrusion ne date que du 13 octobre 2021, selon la note de l’institution du Maine. (Crédits : capture d’écran)

    « La sécurité des informations fait partie de nos plus hautes priorités, et nous avons mis en place des mesures de sécurité strictes pour protéger les informations dont nous avons la charge, ajoutait CPK. […] Nous révisons les politiques de sécurité existantes et avons mis en place des mesures supplémentaires pour nous protéger davantage contre des incidents similaires à l’avenir. »

    Le ministère de la santé québécois attaqué

    Entre le 5 et 10 octobre dernier, il était impossible d’accéder à certains services web des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) de Montérégie. Plus particulièrement au « Virtuo », dans lequel se trouvent des données personnelles et sensibles sur les employés, annonce Le Montarvillois. La porte-parole, Joëlle Jeté confirmait qu’il y avait eu effectivement une tentative d’intrusion visant les serveurs « Virtuo », du fournisseur Médisolution, hébergés sur les infrastructures informatiques du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). « Des modifications ont été apportées pour empêcher que cela ne se reproduise et que les services ont été rétablis lors de mise en place des correctifs », concluait-elle.

    Attention aux mises à jour

    Diverses méthodes sont utilisées par les agents malveillants pour souiller comme pour voler de la liquidité à leurs victimes. Parmi elles, deux sont particulièrement nuisibles cite le site de cyberveille français :

    • les alarmiciels
    • les mises à jour frauduleuses

    Les premières ont pour finalité l’extorsion d’argent, les suivantes la contamination du poste de travail avec aussi un fort risque de racket de monnaie sonnante et trébuchante. Souvent, l’une ne vient pas sans l’autre. Les Scarewares existent sous pléthores de formes (pop-up, programme…), et tentent de vous faire croire que votre système est victime de plusieurs infections très dangereuses. Le message et son contenu incitent à vous diriger vers une solution payante garantissant une hygiène informatique, en toute bonne foi. Tout n’est que fadaise, leur but vous faire peur pour vous extorquer de l’argent.

    La prudence est mère de sûreté. Dans le cadre de son Patch Tuesday, en date du 14 septembre 2021, Microsoft a initié un correctif pour cette vulnérabilité. Le CERT-FR recommande fortement d’appliquer ce correctif et, le cas échéant, d’enlever les contournements préalablement appliqués pour se protéger de cette vulnérabilité. (Crédits : Tomasi/Pixabay)

    Les mises à jour frauduleuses, ou FakeUpdate s’apparentent à une légitime. Pour autant, elle dispose d’une charge malveillante destinée à déployer un ou plusieurs maliciels dans le système de l’usager. Elle peut commencer comme un alarmiciel, mais aussi se présenter pour perturber la navigation sur Internet via une fenêtre Pop-Up répétitive et intempestive. Le contenu vous incite fortement à effectuer la mise à jour pour reprendre sereinement votre navigation. Lorsque vous accepte le processus d’installation, une véritable charge malveillante est activée. Elles peuvent contenir des ransomwares ou rançongiciels. Le site de cyberveille donne deux exemples :

    Le premier se présente comme une mise à jour (MAJ) importante de Microsoft Windows. Lorsque l’usager accepte l’implantation de cette dernière, son système est rapidement sous l’emprise du rasomware qui chiffre les données. Une rançon est demandée pour retrouver le contrôle des informations. Puis, le Cyborg arrive presque toujours chez l’utilisateur en tant que pourriel, ou dans les indésirables. Également sous le même procédé que le Fantom, il vous invite urgemment à autoriser l’installation de la MAJ. Si vous acceptez, la charge malveillante se déclenche et commence un chiffrement rapide des données. Une rançon est là aussi demandée. Vous n’avez plus qu’à vous mettre en rapport les services de gendarmerie ou de police, comme l’ANSSI. « Il est recommandé que l’antivirus et l’EDR soient à jour sur l’ensemble des systèmes. Dans le cas où certains terminaux ou appareils ne peuvent pas recevoir de protections antivirales, il est conseillé de prendre contact avec le prestataire du produit pour connaître les moyens de protections alternatifs. Installer des filtres anti-pourriel et toujours être vigilant contre les courriels externes. Ne jamais accepter les offres présentées dans des pop-up ou courriels sans d’abord demander l’avis de l’expertise SSI. Effectuer des sauvegardes régulières des données sensibles, et les stocker hors réseau. Appliquer le règlement sur la politique des mots de passe », conseille Cyberveille.

  • En panne, suite à des mises à jour

    En panne, suite à des mises à jour

    Cette phrase résonne de plus en plus, en France, comme ailleurs. La première et retentissante dans l’hexagone fut la panne des services d’Orange touchant les appels aux différents numéros d’urgence, en juin 2021. Provoquant un désordre, et montrant notre dépendance. Au même degré que le corps humain, lorsque la santé est excellente, rien n’est ressenti… à défaut, quand un grain de sable arrive au sein d’un rouage, ça coince. En plein mois de juillet, la Suisse connaissait l’équivalente interruption que ses voisins.

    La pagaille est sans commune mesure que celle qu’on connu les services d’urgences en France. Petit résumé mercredi 2 juin 2021, il est 16 h 30 lorsque débutent les problèmes. Orange observe des dysfonctionnements sur son réseau. « Une perturbation du trafic qui s’est traduite par des échecs aléatoires des appels, notamment des services d’urgence », glisse Fabienne Dulac, la directrice adjointe de l’opérateur téléphonique historique. Le SAMU, la police, la gendarmerie et les Sapeurs-pompiers deviennent difficilement joignables. Une demi-heure plus tard, une cellule de crise est mise en place. L’objectif est de trouver l’origine de la panne et de rétablir l’accès aux différentes lignes téléphoniques.

    Nuit noire pour Orange

    Pour saisir le niveau de la crise, il faut connaître l’architecture des appels envers les numéros d’urgence. Tout un chacun compose un des numéros selon sa nécessité (15, 17, 18, 112, 114). Grâce aux bornages des antennes relais, vous être géolocalisé. De ce fait, votre requête est relayé vers les urgences concernées, les plus proches. L’objet de toutes les attentions est, pour vulgariser, un hub géant. C’est le travail qu’effectuaient, les opératrices et opérateurs au commencement du téléphone. C’est cette mise en relation qui a beugué. Moins de six heures après le commencement, « Au plus fort de la crise, huit appels sur dix, passés depuis un mobile à destination des services d’urgence, étaient acheminés et neuf appels sur dix depuis un fixe étaient acheminés. » C’est donc une demande sur cinq qui ne trouvait pas son correspondant. « Chaque année, près de 4 300 000 interventions sont réalisées par les sapeurs-pompiers, soit 11 700 interventions par jour. Quant au SAMU, il reçoit près de 2 500 appels par jour. »

    Sachant que tout est mis en œuvre suite à la demande de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) pour que les prises RTC disparaissent en 2023, obligeant chaque personne à migrer vers la technologie VoIP. (Crédits : DR)

    L’enquête diligentée aboutissait le vendredi 11 juin 2021. L’incident est survenu lors d’une opération programmée. Elle devait permettre l’augmentation des capacités pour répondre à la recrudescence des appels vocaux depuis le début de l’apparition du SARS-CoV-2. Là où le bat blesse, est que 90 % des centres d’appels utilisent encore le cuivre, tandis que plus de la moitié des foyers français sont passés à la fibre. « Ces basculements se feront par plaques, c’est-à-dire par groupe de communes ou par arrondissement, et s’étaleront jusqu’en 2030 », Que Choisir. Si la direction d’Orange propose de réduire de 2 heures à 30 minutes le délai de déclenchement d’une cellule de crise, un bug dans le code source des logiciels des serveurs incriminés serait à l’origine de la réaction en chaîne.

    France à la Suisse, match nul

    Moins d’un mois après, la Suisse subissait les mêmes défaillances. La Confédération helvétique était touchée par une panne survenue jeudi 8 juillet 2021 vers 23 h 45 affectait toujours les numéros d’urgence ce vendredi matin. Elle concerne le 112, 117, 118 et 144 et est liée à un problème sur le réseau téléphonique de Swisscom. « Tous les numéros d’urgence fonctionnent à nouveau depuis 7 h 53 ce vendredi matin, assure Christian Neuhaus, porte-parole de la compagnie téléphonique helvète. La situation est stabilisée, même si on n’est pas encore tout à fait dans le vert. »

    L’anomalie affectait les grandes métropoles suisses telles Zurich, Bâle et Genève. (Crédits : Mumu’s Pictures)

    Le réseau concerné avait fait l’objet « de plusieurs pannes ces derniers mois » révélait 24 heures, que ce soit pour les numéros d’urgence ou pour les autres prestations téléphoniques. Selon le porte-parole, les dérangements sont presque toujours de nature logicielle. « C’est un peu comme dans toutes les entreprises, sauf que les répercussions sont beaucoup plus larges, schématise Christian Neuhaus. On fait une mise à jour et un problème apparaît, qu’il faut résoudre par un correctif. » Auparavant, le 12 février 2020, le 117, le 112, le 144 et le 118 étaient restés indisponibles pendant plus d’une heure et demie dans 11 cantons, en raison d’un « dysfonctionnement inattendu » chez Swisscom, soulignait Le Temps.

    Pas mieux, en Belgique ni en Allemagne

    C’est peu ou prou une semaine après le réveillon de la Saint-Sylvestre que les numéros d’urgence (100, 101, 112) étaient inaccessibles en Belgique. Du jeudi 7 au vendredi 8 janvier 2021, des incidents s’étaient manifestés, aux alentours du milieu de la nuit, à la suite d’une panne technique chez Proximus. Une maintenance planifiée sur le réseau VoIP « a engendré un problème pour les appels vers les services d’urgences », explicite Haroun Fenaux, porte-parole de la compagnie. C’est la gouverneure de la province d’Anvers, Cathy Berx, qui avait attiré l’attention sur ce problème sur les ondes de Radio 2. Elle remémorait aux auditeurs qu’une précédente était survenue en 2019 : « Une panne est survenue il y a quelques années et l’opérateur nous a assuré que cela ne se reproduirait plus », expliquait-elle.

    Des messages d’alerte ont été émis par le BBK, notamment dans les Länder de Brandebourg, Bade-Wurtemberg, Schleswig-Holstein, Basse-Saxe, Mecklembourg-Poméranie occidentale, Saxe-Anhalt, Rhénanie-Palatinat et Sarre ainsi que dans les grandes villes de Berlin, Hambourg, Cologne et Francfort-sur-le-Main. (Crédits : DR)

    Outre-Rhin, ceux qui contactaient les numéros d’urgence ont eu de mauvaises surprises. Le 110 et le 112 sont restés injoignables pendant près d’une heure dans toute l’Allemagne. La raison de cette suspension n’est, à ce jour, pas connue. « Des analyses sur les causes sont encore en cours », indique brièvement le BBK. L’exceptionnel n’est plus, lorsqu’il y a répétition, car « les pannes se sont multipliées ces derniers temps ». Fin septembre, les numéros d’urgence ont également été momentanément interrompus.

    Du téléphone au DAB

    Lundi 15 novembre 2021, les habitants et chalands de Tergnier, qui utilisaient les distributeurs automatiques de billets (DAB) sur le boulevard Gambetta et l’avenue Charles-de-Gaulle étaient dans la panade. Un seul DAB fonctionnait sur les six. Dans la partie « la plus commerciale de la ville » se retrouvait sans possibilité de retirer de l’argent, explique l’Aisne Nouvelle. Concernant la Poste, « le distributeur de billets est actuellement hors service pour des raisons de mises à jour informatiques », précisaient la direction du réseau et Banque postale de Picardie. En Suisse, des désagréments similaires étaient vécus début novembre. « Vingt et une succursales de La Poste ont été empêchées, durant quatre jours, d’acheminer aux destinataires l’argent versé par les clients. À Genève, les filiales de Rive, des Charmilles, de Vessy et du Petit-Lancy ont été touchées. Dans le canton de Vaud ont été concernées celles de Crissier Closalet, Lutry, Vevey et Lausanne Gare. Treize offices suisses alémaniques ont connu la même panne. » Ainsi des clients et usagers vivaient des mésaventures. Des factures et paiements d’assurance ne pouvaient créditer le compte racontait Ceu au 20 minutes suisse. La Poste confirmait avoir rencontré un « problème de réseau informatique suite à une mise à jour échouée », expliquait l’un des porte-parole Stefan Dauner. La géante jaune affirmait que « les paiements ont été comptabilisés dès que la panne a été résolue dans les différents bureaux. »

  • Emotet is back

    Emotet is back

    Celui qui était démantelé en janvier 2021 par Europol semble refaire surface. Emotet fait son come-back, au même degré qu’une star déchue de son piédestal, d’après les travaux menés par plusieurs experts en cybersécurité pour Cryptolaemus. Pourtant, au début de l’année, Europol se félicitait d’avoir réussi à détricoter ce malware qui a déjà fait de nombreuses victimes. Pour autant le retour de l’un des plus significatifs des botnets pourrait potentiellement gâcher les fêtes des fin d’année, comme Noël, qui est devenu une célébration populaire déconnectée de son fondement religieux.

    Le botnet Emotet a de nouveau été détecté, révèle Cryptolaemus, un groupe d’experts en cybersécurité, ce mardi 16 novembre 2021. Pourtant, en janvier de cette année, une opération planétaire, chapeautée par Europol et Eurojust, avait annoncé avoir réussi à obtenir le contrôle de l’infrastructure Emotet. « Les autorités policières et judiciaires du monde entier ont démantelé cette semaine l’un des plus importants réseaux de zombies de la dernière décennie : EMOTET. Les enquêteurs ont désormais pris le contrôle de son infrastructure dans le cadre d’une action internationale coordonnée. »

    « La quantité de spams semble également augmenter, et les fils de discussion volés qui sont eux-mêmes insérés sont assez récents sur ces chaînes de réponses depuis le mois dernier » gazouilla #Cryptolaemus le 15 novembre 2021. (Crédits : Cryptolaemus/Twitter)

    C’est la société G-Data qui a eu la primeur de détecter cette nouvelle version. Le dimanche 14 novembre, vers 21 h 26 UTC, les experts observaient sur plusieurs de leurs trackers Trickbot que le bot avait essayé de télécharger une DLL sur le système. Selon un traitement interne, explique la firme, ces DLL ont été identifiées comme étant Emotet. « Le démantèlement d’Emotet, coordonné au niveau international, a été efficace pendant de nombreux mois et a permis de sauver de nombreuses victimes. Nous en félicitons toutes les autorités concernées. Néanmoins, nos analyses actuelles montrent qu’Emotet est maintenant de retour comme le montre l’analyse manuelle des échantillons de logiciels malveillants actuels », commente le Dr Tilman Frosch, Directeur général G DATA Advanced Analytics.

    L’URL contient un chemin de ressource aléatoire et le bot transfère la charge utile de la requête dans un cookie. « Le cryptage utilisé pour cacher les données semble différent de ce qui a été observé dans le passé. De plus, l’échantillon utilise maintenant HTTPS avec un certificat de serveur auto-signé pour sécuriser le trafic réseau. » (Crédits : Cyber.WTF)

    La France dans le viseur d’Emotet

    Alors que les médias du monde se focalisaient sur un virus, un autre microbe s’attaquait aux instances françaises. Le samedi 5 septembre, Pascal Ceaux, écrivait dans les colonnes du Journal du Dimanche que : le tribunal de Paris est sous le coup d’un cheval de Troie, distribué par la messagerie électronique. « Des faux mails ont été expédiés notamment à destination d’avocats comme Pierre Cornut-Gentille et Jean-Marc Delas, tous deux spécialisés dans le droit pénal des affaires », expliquait-il.

    Des attaques par codes malveillants sont effectuées à chaque instant. L’ANSSI met à disposition de nombreux rapports concernant les alertes de sécurité, menaces et incidents, avis de sécurité, indicateurs de compromission, durcissement et recommandations, et bulletins d’actualité consultables sur leur site. (Crédits : capture d’écran/Twitter)

    L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) alertait le 7 septembre 2020 à ce propos « Depuis quelques jours, l’ANSSI constate un ciblage d’entreprises et administrations françaises par le code malveillant Emotet. Il convient d’y apporter une attention particulière, car Emotet est désormais utilisé pour déposer d’autres codes malveillants susceptibles d’impacter fortement l’activité des victimes. »

    À deux semaines du Black Friday

    L’inquiétude semble être prégnante chez les commerçants, peu de temps avant une période plus que vitale pour leurs chiffres d’affaires. « À l’approche du Black Friday qui lance la saison d’achats la plus importante de l’année, les hackers se préparent à lancer une nouvelle vague d’attaques. […] 44 % des retailers ont ainsi été touchés par un ransomware en 2020, et beaucoup ont même payé une rançon très élevée. Le coût moyen de récupération des données et de reprise de l’activité à la suite d’une telle attaque dans le secteur du retail s’élèverait donc à 1,6 million d’euros », explique le Journal du Net. Un adage stipule qu’il vaut mieux prévenir que guérir. En effet, les montants financiers pour réparer les dommages peuvent être dramatiques pour quelqu’une entreprise. Si comme les symptômes d’un rhume chez l’être humain sont seuls visibles :

    • Le nez qui coule et qui se bouche
    • Les éternuements
    • Un chatouillement ou même une sensation de brûlure dans le nez
    • Une perte de l’odorat et du goût plus ou moins prononcée, voire de la fièvre

    Si, le simple rhume évolue en général vers la guérison sans complication, lorsque la muqueuse est fortement enflammée ou les défenses naturelles amoindries, d’autres infections s’invitent, voire de la fatigue. Des maladies respiratoires peuvent se produire dans les voies supérieures (trachéite, bronchite), les sinus ou encore l’oreille moyenne. Des infections peuvent alors s’installer et provoquer diverses maladies, comme une sinusite ou une otite. Des précautions sont alors à prendre, conseille le JDN :

    • Disposer d’une bonne solution de stockage de données
    • Repérer et renforcer votre maillon faible
    • Hiérarchiser vos données
    • Protéger vos données dans le cloud
    • Adopter l’authentification multi facteurs

    Mieux vaut prévenir que guérir

    Comme l’évoque la fable « La Cigale et la Fourmi », les pénuries peuvent engendrer bien des dommages. C’est le cas au sein de la « cybersécurité ». La demande de compétences en sécurité est devenue bien supérieure à l’offre. Les évaluations tablent sur 70 % des entreprises dans le monde qui manquent de spécialistes en sécurité informatique, et il faudrait en former 4 millions pour répondre aux besoins du marché. Le numérique s’impose ainsi comme un domaine de recrutement en expansion et dont le taux d’embauche est 2,4 fois plus élevé que dans les autres secteurs. Dans les prochaines années, Pôle Emploi estime que ce sont 191 000 postes qui seront à pourvoir d’ici 2022. L’observatoire de la Grande école du numérique (GEN) a analysé, en février 2021, les besoins en compétences numériques dans les treize régions de l’hexagone. L’étude souligne que « les régions peinent à recruter : entre 60 % et 80 % des recrutements sont jugés difficiles dans ces métiers dans l’ensemble des régions ».

    La Cigale, ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau.

    La Cigale et la Fourmi. Jean de La Fontaine

    Rappelez-vous, en septembre 2021, la Société de transport de l’Outaouais (STO) était la victime d’une attaque par codes malveillants de type ransomware. Cela a obligé la compagnie à forcer l’octroi de sept contrats de gré à gré pour gérer la crise. La moitié est pour assurer la surveillance de crédit et la protection contre le vol d’identité des employés et clients concernés.

    Sur environ 160 000 comptes clients, près de la moitié d’entre eux contiennent des données personnelles sensibles compromises telles que des adresses, noms et dates de naissance.

    Le montant total de la facture pour la Société de transport de l’Outaouais (STO) atteint 1 million de dollars. (Crédits : capture d’écran/Facebook)

    « Moins de deux mois après que la Société de transport de l’Outaouais ait été victime d’une cyberattaque, les 2700 employés, actuels ou anciens, et 80 000 usagers, dont les données personnelles ont été compromises ont été contactés », assurait la direction de la compagnie canadienne jeudi 28 octobre 2021. La présidente de la STO, Myriam Nadeau, expliquait que les dossiers des employés, actuels et anciens, ont été traités en premier, étant donné que ce sont majoritairement ceux dont les données les plus « sensibles » ont été compromises.

  • « Alea jacta est »

    « Alea jacta est »

    Cette locution que j’ai ouïe, peu ou prou, dans les palabres de comptoirs est latine. Elle signifie « le sort en est jeté », ou « les dés sont jetés », que Jules César aurait prononcé le 10 janvier 49 av. J.-C. ce juste avant le passage du fleuve Rubicon. Vous souvenez-vous d’une expression exaltée d’une bouche en 2013, par une certaine Nabilla « Allô ! T’es une fille, t’as pas de shampoing ? ». D’où est issu ce fameux mot que tout un chacun indique en « décrochant » son téléphone ?

    Il existe ainsi pléthores de locution de la langue française, en 2021, que nous usons sans qu’elles ne disparaissent. Par acquit de conscience, je viens vous les conter. Je viens de glisser la première, innocemment. Le terme « acquit » est dérivé du verbe « acquitter ». Depuis le début du XIXe siècle, cela désigne le fait de reconnaître un individu non coupable des charges qui pesaient contre elle. Elle est usitée depuis le XIe en d’autres circonstances. La première est lorsque nous acquittons, ou libérons, une personne d’une dette ou obligation. Dans « qui paye ses dettes s’enrichit », elle acquitte quelque chose. Ainsi, acquitter une dette, c’est la régler. Comme pour sa parole, une promesse, c’est la respecter ou la remplir. C’est pourquoi acquitter sa conscience est l’action de ce que nous croyons devoir faire, selon ce que nous dicte notre conscience. Ce faisant, on la libère du poids qui aurait pu peser dessus si on n’avait pas fait le nécessaire. Si l’expression « par acquit de conscience » est apparue au milieu du XVIe siècle, elle a été peu utilisée durant ceux des sciences (17e) et des lumières (18e), puisqu’on lui préférait la variante « à/pour l’acquit de sa conscience », aujourd’hui disparue. « J’ai résisté longtemps. J’avais déjà donné deux fois ma signature, mais pour l’acquit de ma conscience, le cœur n’y était pas comme on dit. » L’usage de cette expression sous-entend, le plus souvent, un manque de conviction totale : « Je l’ai fait par acquit de conscience, pour m’éviter d’éventuels scrupules, mais sans être vraiment convaincu que c’était indispensable. »

    L’affaire de l’exécution des Rosenberg

    Le 19 juin 1953, l’exécution de Julius et Ethel Rosenberg aux États-Unis, condamnés pour trahison fait couler beaucoup d’encre. Imaginez l’avocat chargé de leurs défenses, est-il « l’avocat du diable » ? Cette expression identifie celui qui défend une cause choquante ou perdue d’avance, mais aussi le moyen de faire du bruit, du buzz. Le bourdonnement provoqué est une technique marketing consistant à susciter du bouche-à-oreille autour d’un événement, d’un produit ou d’une offre commerciale et, ce faisant, des retombées dans les médias. Cela procure le plaisir de scandaliser ceux qui n’admettent pas qu’on puisse aller dans ce sens, par exemple lors d’une campagne pour l’élection présidentielle en France. Ce qui n’a rien à voir avec Buzz l’Éclair, bien entendu. Mais revenons à nos moutons.

    « Le droit à la légitime défense est un droit reconnu à tout sujet de droit international en tant que droit protecteur. Ce droit se trouve très souvent manipulé par les États puissants dans le cadre de la protection de leurs intérêts individuels au détriment de la souveraineté de certains États dits faibles. » (Crédits : Ezequiel Octaviano/Pixabay)

    Il y a parfois de supposés coupables (Klaus Barbie, défendu par Me Vergès) ou des causes difficilement défendables au vu de l’atrocité des crimes choquante ou l’immoralité reprochée. Et pourtant, tout le monde doit pouvoir être défendu, même ce satané diable, considéré par certains comme responsable de tant d’infâmes vilenies. Ou encore l’Affaire judiciaire française Deulin, qui s’est déroulée en 1987. Les circonstances étranges du suicide de Janine Deulin, âgée de 33 ans, valent à son époux Jean-Pierre d’être suspecté de meurtre et emprisonné. Le procès a lieu en 1990. Jean-Pierre Deulin est acquitté grâce à son avocat, Me Dupond-Moretti. L’enquête a conclu à une mort volontaire sans en connaître la raison. Cette locution du XVIIIe siècle vient de l’Église, l’advocatus diaboli était un religieux qui, au cours de l’étude préalable à la canonisation d’une personne, devait rechercher tout ce qui pouvait trahir l’influence du diable, dans son comportement. Ce rôle a été supprimé par le pape Jean-Paul II en 1983.

    « Alea jacata est »

    Âgée de deux millénaires, la locution émise par Jules César est toujours d’actualité. Il l’aurait prononcé 49 ans avant notre ère. Car à la tête de son armée venant de Gaule, il a franchi le Rubicon, prêt à affronter le consul Pompée qui dirigeait Rome. Ce jour — là, César prenait un double risque, celui de transgresser une loi (il est interdit à tout général de franchir ce fleuve avec ses troupes) et de perdre sa guerre contre Pompée. De la même manière qu’un postulant à un concours remet sa copie, il a dû ressentir le frisson du joueur qui lançant les dés, qui peut en seul instant, tout perdre ou tout gagner. Alea, en latin, signifiait « jeu de dés » ou « » et, par extension, il a désigné le sort ou le hasard. Par conséquent, une fois que les dés sont jetés, la décision prise ou l’action lancée, il n’y a plus qu’à patienter pour constater ce que le sort aura bien voulu décider. Cela stipule aussi un choix embrassé irrévocablement, quelles qu’en soient les conséquences.

    Ah, que de petits mots peuvent changer votre vie ! Nabilla Benattia en prononçant cette phrase lançait sa « carrière ». Considérée comme peu intelligente voire complètement imbécile, cette personne est-elle depuis plus de dix ans en train de prendre les gens pour des idiots en laissant croire qu’elle l’est ? (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    « Allô ! T’es une fille, t’as pas de shampoing ? Allô ! Non, mais allô quoi ! », s’offusquait Nabilla dans une émission de « télé-réalité ». Cette formule d’accueil placée au début d’une conversation téléphonique est bien plus qu’une interjection. Officiellement, c’est en mars 1876 qu’Alexander Graham Bell fait fonctionner son téléphone. Pour marquer ce moment historique, il prononce une phrase d’une profondeur haletante : « Monsieur Watson, veuillez venir dans mon bureau, je vous prie. » Dès 1880, la mise en relation entre personnes se fait par des « hallo » venus de halloo, salutation prononcée au début des conversations dans la contrée d’origine. Cependant, il remonterait au temps des bergers normands installés en Angleterre après l’invasion de Guillaume le Conquérant au XIe siècle, bergers qui s’appelaient ou rassemblaient leurs troupeaux par des halloo (l’anglo-normand hallœr signifiait « poursuivre en criant »). Ce dernier perdit son h pour devenir « allô ». Depuis, chaque pays connaît son interjection pour commencer une conversation téléphonique.

    Moi, tatillon ! Non !

    Il n’est pas si difficile de le prouver. Certains aimeraient à dire que c’est « chercher une aiguille dans une botte ou meule de foin ». Autrement dire vouloir réaliser une chose extrêmement délicate. Si l’expression n’est que peu ou prou usée par les étudiants ou jeunes actifs, Madame de Sévigné l’employait déjà en 1652 (la date d’apparition de cette expression est quant à elle inconnue). Le sens semble être suffisamment limpide. Quiconque a déjà tenté de retrouver une personne dans une foule, chercher une bague sur une plage en saisit l’essence et l’origine de la locution « chercher une aiguille dans une meule de foin ». Est-ce plus facile de trouver un brin de paille dans une botte d’aiguilles ? À défaut de me piquer un nombre incalculable de fois, je m’en lave les mains de vouloir le prouver. Les transitions sont parfois capillotractées, j’en conviens, comme celle-ci.

    Dans les pays « développés », il suffit de tourner un robinet pour voir couler l’or bleu sans discontinuer. 90% de la population mondiale (6,8 milliards de personnes) avait accès au moins à un service de base, consistant en un point d’eau amélioré nécessitant un trajet de 30 minutes aller-retour au maximum pour aller chercher de l’eau. (Crédits : Abdul Momin/Pixabay)

    Saviez-vous que les ablutions, qui signifient « faire sa toilette », est une expression dérivée de pratiques religieuses ? En effet le terme vient du latin ablutio issu du verbe abluere qui voulait dire « laver ». Dans de nombreuses religions, elles sont un acte rituel de purification par l’eau. Chez les musulmans, l’ablution avant la prière est obligatoire. Elle doit être faite avec de l’eau (ou de la terre propre si l’on est en voyage). Dans chaque mosquée, il doit y avoir une salle des ablutions qui isole la salle de prière du monde profane. Chez les catholiques, les ablutions se pratiquent au cours d’une messe, avant la communion, lorsque le prêtre fait verser un peu d’eau sur ses doigts pour les laver. À l’époque où les messes étaient en latin, le prêtre récitait un psaume commençant par « Lavabo inter innocentes manus meas » (je laverai mes mains parmi les innocents). Si Vincent Lagaf‘ en avait effectué un tube au temps du « Top 50 », vous avez reconnu là un mot qui vous est familier. Le terme Lavabo a ensuite été transposé aux ablutions profanes et a d’abord servi à désigner le meuble de toilette portant la cuvette et le pot à eau (broc). Il n’y a pas si longtemps que l’eau courante est arrivée dans toutes les chaumières, comme les douches. Nombreux Poitevins comme Français ont connu les douches publiques, comme l’était par exemple auparavant le bar « Au WC » à Poitiers, ou encore les établissements de bain boulevard Chasseigne. Puis, avec la modernisation, la cuvette en faïence que vous connaissez bien et dans laquelle vous faites vos ablutions.

  • Vous êtes vous déjà fait arnaquer ?

    Vous êtes vous déjà fait arnaquer ?

    C’est une sensation désagréable, voire vexante. « Non, pas moi ?!? » Pourtant, s’il est une chose, hors mis devant la mort et au sein des cabinets d’aisances, où nous sommes tous égaux, c’est bien devant devant la malveillance, la malhonnêteté de tout un chacun. Elles sont multiples, car les canaux le sont avec. Courriel, SMS, impôts, signalement de contenu pédophile sur votre ordinateur, loterie…Comment déjouer les tentatives d’escroqueries ? Quelle conduite à tenir ? Que faire ?

    Je viens vous conter une histoire qui m’est arrivée, il n’y a pas plus d’une huitaine. Créant une annonce pour la vente d’un véhicule d’occasion sur un site bien connu en France, Le Bon Coin pour ne pas le citer, des coordonnées sont visibles et consultables par n’importe quel quidam. Ce qui est plus que logique pour que les potentiels acquéreurs contactent le vendeur. Rien de choquant de prime abord, et pourtant. Une personne s’adresse au propriétaire dudit véhicule par message, une discussion s’engage, où l’individu demandant la confirmation du prix fixe de la voiture, il se décide de l’acheter sans même l’avoir vu. Dès cet instant, il faut mettre l’alerte en vigilance (première méfiance). Puis sous prétexte d’« être en déplacement durant deux semaines » l’homme se propose de régler la moitié de la somme par transfert (deuxième méfiance). Alors que le site le Bon Coin suggère un paiement sécurisé, afin d’éviter les arnaques.

    La Poste n’autorise pas l’envoi d’argent en liquide par le biais de ses services. Les billets de banque et les pièces métalliques de monnaie font même partie des objets interdits par l’entreprise au même titre que les produits stupéfiants ou encore les articles de contrefaçon. (Crédits : capture d’écran)

    Comme convenu, il transmet des documents par voie électronique avec un message. Puis en ces termes, tente de prouver sa, soi-disant, bonne foi :

    Les malfaiteurs présumés fonctionnent à l’identique, jouant sur la corde sensible. Mais pour autant, il faut garder la tête froide, jamais la Banque Postale ne vous demandera de confirmer sur un numéro de téléphone mobile une transaction qui plus est pour renvoyer de l’argent. (Crédits : capture d’écran)

    Soyons diligents, et naïfs. Je vérifie sur l’application d’une société de transferts de fonds de Western Union, via suivi de transfert. Tout me parait correct, car validé par la couleur verte de l’espoir. De ce fait, par un beau samedi matin, je me rends, tout guilleret, aux bureaux de la poste de Chauvigny, profitant par la même du marché qui s’y tient. Après avoir rempli en bonne et due forme les documents nécessaires au retrait d’argent, je les propose à la préposée.

    Après avoir appâté le poisson, le pêcheur resserre petit à petit l’étau autour du coup de sa potentielle victime. (Crédits : capture d’écran)

    Celle-ci après avoir vérifié les données, elle me tient ces propos : « Comment dire, il n’y a rien sur ce transfert, par un seul centime ». Une discussion s’instaure, expliquant le pourquoi du comment. Quelques dizaines de secondes plus tard, nous nous retrouvâmes tels des chalands à déambuler entre les fumets, criés et autres plaisirs, au milieu du marché. À cet instant, je me fais plus naïf que je ne suis, bien que l’humilité est un sentiment et un état d’esprit à user chaque jour. Je me permets d’envoyer une réponse pour connaître la réaction du soi-disant acquéreur.

    Le message qui mit le feu aux poudres. (Crédits : capture d’écran)

    C’est après l’avoir reçu que l’individu m’appelle avec un autre numéro de portable, sûrement un téléphone prépayé comme dans les films d’espionnage. Les échanges qui suivirent furent hauts en couleur. En premier lieu, il m’ordonna à mots couverts de le mettre en relation avec la personne propriétaire de ladite voiture. Je refusais catégoriquement, il commence à s’énerver, devenir désobligeant. Lorsque je lui explique que la préposée confirme l’absence de l’argent, il répond « vous n’avez pas suivi les instructions, et vous me traitez de voyou ? » Durant onze minutes, le monologue non du vagin, mais de la vente s’éternisa. « Puisque c’est comme ça, je vais retirer l’argent, tant pis pour vous », me dit-il pour me faire paniquer. N’étant pas dupe, je fis mime d’abonder dans son sens, et de respecter à la lettre lesdites instructions… que je ne fis pas, bien entendu. Désappointés, mais heureux d’avoir débusqué tels des furets, les malhonnêtes gens, ils ne nous restent qu’à regagner nos pénates, forts de cette expérience.

    Tout semble normal. Le service client de Western Union, agréable au demeurant, me confirme que ce transfert n’est pas destiné à la France. Me laissant à demi-mot comprendre que cette méthode d’hameçonnage est fréquente et que la société en souffre, tous comme les consommateurs. (Capture d’écran)

    L’après-midi, je me rends à Poitiers au tabac-presse Le Diplomate, situé à l’angle de la rue Carnot et celle du Petit Bonneveau, sachant que ces derniers proposent des transferts tels que celui cité. Sur l’application du commerçant, tout parait valide également. Il me conseille très justement de contacter le service client, et m’invite à l’informer des suites lorsque j’aurais plus de renseignements. Le dimanche, trépasse, après avoir dégusté pendant le dîner, un petit salé et ses légumes, suivis par une tarte aux pommes maison. Ce qui me conduisit à un lundi plein d’enthousiasme. Je décide donc de me rendre à la grande poste, tout près du commissariat de Police de la cité pictave, rue de la Marne. Je suis au fait que le transfert ne contient pas un kopeck, ou du moins pas un qui me soit destiné. Patientant au sein du hall, un préposé me reçoit. Comme tout un chacun, l’employé de la Banque Postale m’indique qu’il ne saisit pas comment cela est possible de voir la supposée transaction validée, et invalidée au même instant. Je quitte la personne et l’ouvrage architectural. J’apprendrais que la transaction existe réellement, mais pas vers un pays situé à côté de la France.

    L’attestation d’envoi qui n’est qu’un faux grossier. Une personne de confiance m’invite à observer l’impression entre le Oui et le Non, le fameux numéro de téléphone pour valider le transfert, les frais comme la loi inexistante, qui se veut être une pâle imitation de la Loi n° 2012-354 du 14 mars 2012, bref… (Crédits : capture d’écran)

    Comment déjouer les arnaques ?

    Attention, tout ce qui est trop beau, est vraisemblablement une imposture, une escroquerie ou une tentative. Un I-Phone 13 Pro Max à 500 euros est un exemple, tout comme le Galaxy Z Fold3 5G à 800 €, ou encore l’OPPO Find X3 Pro 5G à 600 €, fuyez si cela est une annonce d’un vendeur en ligne ! Soyez sur vos gardes ! Demandez à quelqu’un de confiance, ou sur l’Internet dans un moteur de recherche mentionnez les coordonnées fournies, tel le numéro de téléphone. S’il vous apparaît de nombreuses occurrences pour une imposture, c’est sûrement le cas. Des sites référencent les arnaques par le biais des personnes à travers la France, comme par exemple Signal Arnaques. Pareil, lorsque vous recevez un courriel des impôts pour un remboursement, taxe d’habitation, règlement d’impayé… contactez-les… vous serez fixé et rassuré. « Si effectivement une action est requise de votre part vis-à-vis de l’administration fiscale, vous retrouverez cette information dans votre espace privé sur le site www.impots.gouv.fr. De plus, si vous aviez à bénéficier d’un remboursement, celui-ci se ferait automatiquement. Il ne transiterait jamais par votre carte bancaire, mais serait directement versé sur le compte que vous avez enregistré auprès des services fiscaux », assure la DGFIP. Il existe aussi l’arnaque à la loterie, au colis, à l’amour, au signalement de contenu pédophile sur votre ordinateur, au logement, à l’emploi, du scamming.

    ATTENTION , grosse arnaque , j’ai reçu mon pli par la poste comme indiqué. J’ai payé la modique somme de 755 € oui vous avez bien compris !!!!! Je me suis connecter avec le code de la carte, voila et maintenant j’attends, j’ai tous simplement perdu 755 € alors faite gaffe

    Une victime

    Comprenant sans coup férir que cette démarche est de l’arnaque, ou plus véritablement de la tentative d’escroquerie, j’ai contacté Western Union. La personne du service client m’a confirmé que sans transfert d’argent, il ne portait pas les faits à la connaissance de la justice. Que « pour les transferts sans problème, mais qu’il ne faut jamais régler ou se faire payer une somme par ce moyen ». Là où le bat blesse est la somme supplémentaire au montant attendu. Après avoir joint son complice présumé (le directeur fictif d’une Banque Postale) par téléphone, il demande pour assurer la transaction, et la sécuriser de reverser les 180 €. Gaussons-nous, car notre bonhomie entre en jeu. Une fois que vous avez réalisé, en toute bonne foi, le « remboursement » du trop-perçu, vous êtes victime d’une escroquerie. Il est déjà trop tard. Demandez un chèque de banque en horaires d’ouverture, cela vous permettra de vérifier la véracité et solvabilité auprès de la banque concernée.

    Quelle conduite à tenir ?

    J’ai effectué un signalement sur le portail dédié, et cela va de soi, sur le site marchand. Vous souhaitez déposer plainte ? Plusieurs possibilités, rendez-vous au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie dont vous dépendez, ou adressez votre plainte par écrit au procureur de la République du tribunal judiciaire de votre domicile.Vous pouvez également déposer une pré-plainte sur le site du ministère de l’Intérieur. Dans les faits que l’on peut signaler, il existe les catégories suivantes :

    • Pédophilie ou corruption de mineur sur Internet
    • Incitation à la haine raciale ou provocation à la discrimination de personnes en raison de leurs origines, de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap
    • Menaces ou incitation à la violence
    • Trafic illicite (stupéfiants, armes, etc.)
    • Mise en danger des personnes
    • Incitation à commettre des infractions
    • Spam
    • Injure ou diffamation
    • Escroquerie
    • Terrorisme : menace ou apologie
    « Si vous êtes témoin ou victime de faits nécessitant une intervention immédiate de services de police ou de secours, par exemple : ne agression, un accident, un incendie, vous ne devez pas utiliser ce site, mais composer le 17 sur votre téléphone », rappellent-ils. (Crédits : Gouv.fr)

    Pour rappel l’escroquerie est le fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, soit par l’emploi de manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge. L’escroquerie, comme la tentative est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. Les peines sont portées à dix ans d’emprisonnement et à 1 000 000 euros d’amende lorsque l’escroquerie est commise en bande organisée. « Prenez soin de vous, et faites très attention, les malfaiteurs n’ont aucun scrupule. »

  • Ransomware : GoldDust remporte la mise, face à REvil

    Ransomware : GoldDust remporte la mise, face à REvil

    Quelque 150 personnes qui achetaient, ou vendaient de la drogue, ou des armes sur le DarkWeb ont été appréhendées dans le monde entier, lors de l’un des plus amples coups de filet à ce jour concernant la version profonde d’Internet, a annoncé Europol, mardi 26 octobre. La dernière opération d’Europol, GoldDust a permis d’arrêter pas moins de sept individus, mais pas des moindres dans l’Univers du ransomware, Sodinokibi/REvil.

    Comme une pieuvre étend ses bras, l’opération « DarkHunTOR » « consistait en une série d’actions séparées, mais complémentaires en Australie, Bulgarie, France, Allemagne, Italie, aux Pays-Bas, en Suisse, au Royaume-Uni et aux États-Unis », précisait l’agence. Aux États-Unis, quelques 65 personnes ont été capturés légitimant, entre autres, 47 en Allemagne, 24 au Royaume-Uni, quatre en Italie et autant aux Pays-Bas. Plusieurs « constituaient des cibles d’importance » pour Europol. Les forces de l’ordre ont également saisi 26,7 millions d’euros en numéraire et monnaies électroniques ainsi que de la drogue, notamment 25 000 comprimés d’ecstasy, et 45 armes à feu.

    150 suspects ont été arrêtés dans le cadre de l’opération #DarkHunTOR visant les vendeurs et les acheteurs de biens illicites sur le #darkweb. (Crédits : Europol)

    Le 4 novembre 2021, les autorités roumaines ont capturé deux individus soupçonnés d’infections par codes malveillants en déployant le ransomware Sodinokibi/REvil. Ils seraient, selon Europol, responsables de 5 000 infections, et auraient empoché pas moins d’un demi-million d’euros de rançons. Depuis février 2021, les forces de l’ordre ont appréhendé trois autres affiliés de Sodinokibi/REvil, et deux suspects liés à « GandCrab ». Ce sont là quelques-uns des résultats de l’opération GoldDust, qui a impliqué 17 pays (Australie, Belgique, Canada, France, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Norvège, Philippines, Pologne, Roumanie, Corée du Sud, Suède, Suisse, Koweït, Royaume-Uni, États-Unis), Europol, Eurojust et INTERPOL. « Toutes ces arrestations font suite aux efforts conjoints des services répressifs internationaux pour identifier, mettre sur écoute et saisir une partie de l’infrastructure utilisée par la famille de ransomware Sodinokibi/REvil, qui est considérée comme le successeur de GandCrab. »

    C’est l’infection de plus d’un million de victimes, et jusqu’à 1500 entreprises, par le ransomware « REvil/Sodinokibi » qui faisait la une des différentes presses, qu’elles soient en version papier, web, radiophonique ou télévisuelle, le 5 juillet 2021. (Crédits : DR)

    Depuis 2019, plusieurs firmes planétaires ont été confrontées à de graves cyberattaques, à travers le ransomware Sodinokibi/REvil. Début octobre, un affilié de Sodinokibi/REvil a été arrêté à la frontière polonaise après l’émission d’un mandat d’arrêt international par les États-Unis. Ce ressortissant ukrainien est soupçonné d’avoir perpétré l’offensive Kaseya, pour laquelle Sodinokibi/REvil a demandé une rançon d’environ 70 millions d’euros. En février, avril et octobre 2021, les autorités sud-coréennes ont capturé trois affiliés impliqués dans les clans de ransomware GandCrab et Sodinokibi/REvil, qui ont fait plus de 1 500 victimes. Le 4 novembre 2021, c’est au tour des autorités koweïtiennes d’arrêter un autre affilié de GandGrab, « ce qui signifie qu’au total, sept suspects liés aux deux familles de ransomware ont été arrêtés depuis février 2021. Ils sont soupçonnés d’avoir attaqué environ 7 000 victimes au total ».

    De GrandCrab à Sodinokibi/REvil

    Un pic d’activité d’infections par ransomware avait été détecté lors des deux premiers trimestres 2020. « Il est lié à un groupe appelé GrandCrab, dont l’activité a été réduite depuis l’arrestation de son distributeur en Biélorussie en août 2020. Un deuxième pic a été constaté en juillet 2021, lié au groupe de ransomware Babuk, à l’origine d’une cyberattaque contre la police du District de Columbia aux États-Unis », explique Sud Ouest. En effet, les autorités biélorusses venaient de capturer une personne de 31 ans accusée d’avoir commercialisé le rançongiciel GandCrab. L’homme avait été arrêté à Gomel, une petite ville du sud-est de la Biélorussie, aux frontières de la Russie et de l’Ukraine.

    Ce ressortissant ukrainien est soupçonné d’avoir perpétré l’attaque Kaseya. « On peut raisonnablement supposer que des milliers de petites entreprises pourraient potentiellement être impactées », affirmait en juillet 2021 à NBC News l’expert en sécurité John Hammond. (Crédits : Europol/Twitter)

    Mais, l’agence européenne soutient une enquête menée par la Roumanie ciblant la famille de ransomwares GandCrab. Avec plus d’un million de victimes dans le monde, GandCrab était l’une des familles de ransomware les plus prolifiques sur Terre. Ces efforts conjoints ont abouti à la publication de trois outils de décryptage par le biais du projet No More Ransom. Cela a permis de sauver plus de 49 000 systèmes d’information et plus de 60 millions d’euros de rançons non payées à ce jour. L’enquête a parallèlement porté sur les affiliés de GandCrab, dont certains auraient évolué vers Sodinokibi/REvil. L’opération GoldDust s’est également appuyée sur les pistes de cette précédente enquête visant GandCrab, assure Europol.

    Les outils mis à disposition pour les deux familles de ransomware ont permis plus de 50 000 décryptages, qui représentaient une rançon de 520 millions d’euros demandée par les cybercriminels. (Crédits : capture d’écran)

    Actuellement, No More Ransom bénéficie d’outils de décryptage pour GandCrab (versions V1, V4 et V5 jusqu’à V5.2) et pour Sodinokibi/REvil. Les méthodes de décryptage de Sodinokibi/REvil ont aidé plus de 1400 entreprises à déchiffrer leurs réseaux, épargnant près d’un demi-milliard (0, 475) d’euros de pertes potentielles.

  • Une récompense de 10 millions de dollars

    Une récompense de 10 millions de dollars

    Pour les remporter, il ne faut pas acheter un jeu de grattage, ni même un billet de tombola, ou encore participer à la Lotería de Navidad en Espagne. Comme dans les westerns spaghettis, répondre à un avis de recherche contre des malfaiteurs, par des renseignements. En effet, le Département d’État américain annonce une gratification numéraire pouvant croître jusqu’à 10 000 000 $, pour toute information menant à l’identification, ou à la localisation de toute personne occupant un poste clé au sein du groupe criminel, usant du RaaS connu sous le nom de « DarkSide ».

    Une récompense pouvant aller jusques et y compris à 10 000 000 $, en outre, le ministère en octroie une autre jusqu’à 5 000 000 $, cette fois pour toute indication conduisant à l’arrestation, comme à la condamnation, ce dans n’importe quel pays, de tout individu ayant ou tenté participer à un incident lié au RaaS (Ransomware as a Service) DarkSide. L’affaire dite de Colonial Pipeline en mai 2021 a mis le feu aux poudres. L’infection par codes malveillants a abouti à la décision de la société de fermer de manière proactive et temporaire le pipeline de 5 500 miles qui transporte 45 % du carburant utilisé sur la côte est des États-Unis.

    Le Département qui gère le programme de récompenses pour la criminalité transnationale organisée (TOCRP) est en étroite coordination avec ses partenaires fédéraux chargés de l’application de la loi. Dans le communiqué de presse, l’institution clame haut et fort que plus de 75 hors-la-loi transnationaux et grands trafiquants de stupéfiants ont été traduits en justice depuis 1986 grâce aux efforts conjoints avec le NRP (Programme de récompense des narcotiques). Le ministère se targue d’avoir versé plus de 135 millions de dollars à ce jour.

    L’affiche délivrée par le bureau fédéral d’investigation, et le département de la justice américaine est sans ambiguïté. (Crédits : DR)

    Une autre somme du même acabit est offerte envers un ressortissant colombien pour un système de corruption présumé. D’après l’acte d’accusation de dix-neuf pages, les cinq hommes auraient reçu 1,6 milliard de dollars du Venezuela et auraient transféré 180 millions de dollars par ou vers des comptes bancaires aux États-Unis. Les trois Colombiens et les deux Vénézuéliens font face à un chef d’accusation de conspiration en vue de commettre un blanchiment d’argent et à quatre de blanchiment d’argent. « À partir de 2015, Pulido et d’autres individus ont commencé à travailler pour obtenir ou conserver des contrats pour fournir de la nourriture au peuple vénézuélien. Pulido et ses co-conspirateurs auraient majoré le coût de production des boîtes de nourriture afin de réaliser un profit personnel sur leur production », peut-on lire dans le communiqué.

    De DarkSide à REvil

    REvil, connu également sous le nom de Sodinokibi, a été détecté pour la première fois en avril 2019. Il exploitait la vulnérabilité O-Day Oracle WebLogic. Les opérateurs développant et commercialisant ce ransomware ont déclaré « être d’anciens affiliés de GrandCrab ayant acheté le code source ». REvil est vendu en tant que RaaS sur les forums cybercriminels russophones par l’identité numérique « UNKN » depuis mai 2019, explique L’Usine Digitale. L’association avait disparu la veille de la fête nationale française avant de réapparaître début septembre. Il semble que cette fois, REvil n’est plus. Un acteur lié à REvil connu sous « 0_neday » annonçait la fin des activités. La motivation est extrêmement simple et compréhensible. Un un tiers non identifié dispose d’une copie de l’infrastructure du groupe, jusqu’aux clés privées des sites accessibles via Tor.

    Gazouillé par Dmitry Smilyanets, de Recorded Future, et selon le cybermalfaiteur : « Le serveur était compromis et ils me cherchaient. Pour être précis, ils ont supprimé le chemin vers mon service caché dans le fichier torcc, et ont augmenté le leur pour que j’y aille. J’ai vérifié sur d’autres – ce n’était pas le cas. Bonne chance à tous, je m’en vais. » (Crédits : DR)

    Selon le département américain du Trésor, les opérateurs derrière les ransomware ont capté à minima la cagnotte de cinq milliards de dollars en quelques années. Le conglomérat REvil était connu pour exiger des sommes très élevées afin de déchiffrer les données cryptées. Le record est de 70 millions de dollars américains. En juin 2021, le président américain Joe Biden menaçait son homologue russe Vladimir Poutine de conséquences s’il ne prenait pas de mesures contre les groupes de cybercriminels usant de codes malveillants depuis la Russie. Le gouvernement allemand d’Angela Merkel abordait aussi régulièrement cette même menace avec l’administration russe, selon le ministère des Affaires étrangères. Mais l’identification concrète de suspects est considérée comme extrêmement difficile.

    Des sommes très importantes ont été saisies, avec du matériel informatique. Les auteurs « siphonnaient » de l’argent pour des pirates informatiques internationaux et, au cours de leur activité, ils ont « légalisé » ainsi des dizaines de millions de dollars. (Crédits : Police ukrainienne)

    Pourtant et depuis plusieurs mois, l’Office fédéral de la police criminelle (BKA) et le Baden-Württemberg LKA (police de proximité) enquêtent sur le groupe REvil. Les forces de l’ordre allemandes auraient identifié l’un des opérateurs principaux, révèlent Die Zeit et BR24 dans deux articles publiés le 28 octobre 2021. Sur les réseaux sociaux, Nikolay K. (nom modifié) se présente comme un trader de cryptomonnaies, dont sa devise est « In Crypto we trust ». L’investigation permet de se faire une idée précise du comportement de l’homme en question : maison avec piscine près d’une grande ville du sud de la Russie, vacances de luxe à Dubaï et aux Maldives, un yacht à 1 300 euros par jour. Les enquêteurs pensent que cet homme serait l’un des cerveaux du célèbre logiciel malveillant REvil et de son prédécesseur présumé Gandcrab. Car « son train de vie luxueux est vraisemblablement financé par l’argent des extorsions – versé par les entreprises et les autorités victimes d’attaques de pirates informatiques ».

    11 personnes arrêtées en Ukraine

    La police ukrainienne a révélé l’arrestation d’un groupe usant de ransomware. Ces derniers auraient attaqué une cinquantaine d’entreprises en Europe comme en Amérique. La réclusion encourue est au maximum de douze années. « Les infractions pénales ont été découvertes par des officiers du département de cyberpolice, en collaboration avec la direction des enquêtes de la police nationale, des représentants du bureau du procureur général, avec la participation de collègues de l’Union européenne, de l’Union européenne, des forces de l’ordre de France, des États-Unis, des Pays-Bas et de Norvège », explique le communiqué en date du 29 octobre 2021.

    Les individus ont produit et vendu des clés USB avec des virus, qui ont cassé les portefeuilles numériques des victimes et leur ont volé des cryptomonnaies. (Crédits : Police Ukrainienne)

    Le groupe était composé de 11 membres. Deux d’entre eux distribuaient directement le logiciel malveillant, tandis que les autres assuraient le support des serveurs et aidaient à retirer l’argent obtenu par des moyens illégaux. Le cumul des sommes avoisinerait les 120 millions de dollars. Les pertes subies par les proies s’élèvent à 120 millions de dollars. Parmi les victimes figurent des entreprises de France, de Norvège, d’Allemagne, de Suisse, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et des États-Unis. Ce sont vingt-huit perquisitions qui ont été effectuées dans la ville de Kiev, les régions de Volyn, Ternopil, Kharkiv, Zaporizhia et de Donetsk.

    Le FSB à l’origine d’attaque contre des agences gouvernementales ukrainienne

    L’information va faire grand bruit. Les experts en cybersécurité du SBU « ont identifié les pirates informatiques du célèbre groupe ARMAGEDON, responsables de plus de 5 000 cyberattaques contre des organismes gouvernementaux ukrainiens et des infrastructures critiques », indique le site Ukrinform. Il a été établi que ledit groupe fait partie du FSB, et que ce dernier « opérant depuis la Crimée occupée, ainsi que des traîtres qui ont pris le parti de l’ennemi lors de l’occupation de la péninsule en 2014 », rapportait le communiqué de presse de la SBU.

    L’agence de sécurité ukrainienne a révélé l’identité des présumés coupables, ayant obtenu des preuves irréfutables de leur activité illégale, notamment des appels téléphoniques interceptés, « malgré le fait que le réseau utilisait des logiciels malveillants produits par le FSB, ainsi que des moyens d’anonymisation en ligne ». (Crédits : SBU)

    Depuis l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014, l’éclatement du conflit armé dans l’est de l’Ukraine, entre forces ukrainiennes et séparatistes pro-russes, a fait depuis plus de 13 000 morts. Depuis sept années, les auteurs supposés, ci-dessus (demeurant innocent avant d’être reconnus responsables) auraient mené plus de 5 000 cyberattaques et poursuivi les tentatives d’infection de plus de 1 500 systèmes informatiques gouvernementaux. Les principaux objectifs du groupe dirigé par le FSB étaient les suivants :

    • Prendre le contrôle d’infrastructures critiques (centrales électriques, systèmes de chauffage et d’approvisionnement en eau)
    • Collecte de renseignements sur la sécurité, la défense et les opérations des agences gouvernementales
    • Mener des opérations psychologiques
    • Bloquer les systèmes d’information

    Actuellement, cinq membres de l’organisation criminelle ont été accusés de haute trahison en vertu de l’art. 111 du Code pénal ukrainien. Selon les renseignements dont dispose le SBU, le groupe de hackers ARMAGEDON est un projet spécial du FSB, dont la cible principale était l’Ukraine. « Son travail était coordonné par le 18e centre (centre de sécurité de l’information) du FSB, basé à Moscou ». Une enquête plus approfondie, comprenant des examens médico-légaux, est en cours. Elle a pour finalité de traduire en justice les agents du FSB accusés d’espionnage, d’interférence non autorisée avec les systèmes informatiques et de création de logiciels ou de matériels malveillants.

  • Faites vos jeux, rien ne va plus

    Faites vos jeux, rien ne va plus

    Tandis que tous ne pensaient qu’à célébrer la fête d’Halloween, les attaques par ransomware firent figure d’épouvante sur plusieurs continents. Les 37 000 étudiants et 4 000 professeurs de l’université autonome de Barcelone (UAB) ne pouvaient imaginer être contaminés par un autre virus que le SARS-CoV-2… ce fut le cas avec le PYSA (Protect your system amigo), mais également des écoles américaines, des cliniques et hôpitaux à travers le monde, les transports de la communauté de Toronto, Solware qui partage son expérience pour prévenir, ainsi que la toute puissante NRA.

    Depuis le 11 octobre 2021, rien ne va plus dans la capitale catalane, de nombreux élèves de l’UAB sont privés de leurs courriers électroniques universitaires, de WiFi, de base de données… Les professionnels reconnaissaient déjà qu’il faudrait « des heures, des jours ou des semaines » pour que la normalité soit rétablie. Ce qui n’est toujours pas le cas, qui plus est, les discours n’évoquent plus de « jours ou peut-être de semaines », mais des mois, peut-être décembre ou janvier 2022. Dès le 15 octobre 2021, les équipes examinent, et vérifient, un par un, l’état de plus de 10 000 systèmes informatiques des différents bâtiments et facultés pour voir s’ils étaient endommagés, sur la base d’un test effectué avec une clé USB qui contient un kit de diagnostic, relate le 20 minutes espagnol.

    Tous les utilisateurs sont invités à changer de mot de passe pour accéder aux applications de l’environnement Microsoft. « Nous rappelons que pour créer un nouveau mot de passe, ils doivent d’abord donner une adresse e-mail alternative, différente de celle qu’ils utilisent à l’UAB. » (Crédits : capture d’écran)

    Les responsables de l’établissement nient avoir été en relation avec les cybercriminels concernant une rançon. Si des professionnels invités dans l’émission « Els Matins » de TV3 parlaient de trois millions d’euros, le recteur de l’UAB, Javier Lafuente, dément être prêt à payer cette somme ou toute autre, affirme The News Trace.

    Près de 1000 écoles américaines attaquées en 2021

    Outre-Atlantique, le district scolaire de Janesville (Wisconsin) a subi une attaque par code malveillant de type ransomware durant le week-end du 23-24 octobre. Ce qui a eu pour conséquence de bloquer l’accès des élèves, du personnel et des parents à plusieurs systèmes et programmes en ligne (Infinite Campus, Classlink, manuels et ressources). L’équipe informatique a contacté la Division of Enterprise Technology Cyber Response Team de l’État, le FBI et le ministère américain de la Sécurité intérieure. Cette mésaventure n’est que la dernière en date d’un nombre croissant d’attaques par ransomware contre des administrations municipales et des écoles. En août 2021, 58 avaient touché autant de districts scolaires et organisations éducatives dans tout le pays, dont 830 écoles individuelles. « Il y a eu 84 incidents en 2020 », indique WPR. Brett Callow, chercheur chez Emsisoft, a partagé la liste avec Motherboard, elle comprend 73 districts scolaires, soit 985 établissements d’enseignement.

    Le porte-parole du district scolaire, Patrick Gasper, a confirmé dans un courriel que Janesville avait souscrit une cyberassurance, et que le groupe était en contact avec son agent d’assurance au sujet de l’évènement. (Crédits : capture d’écran Facebook)

    « 2021 : l’année des ransomwares » pourrait être le titre d’une œuvre cinématographique. La réalité dépasse souvent la fiction. Certaines attaques ont fait couler beaucoup d’encre aux États-Unis : Colonial Pipeline ou le fournisseur de viande JBS. Ainsi que le « Colegio medico de Chile » en septembre 2021, révélé un mois plus tard. Un peu plus au nord, le Canada n’est pas mieux loti. La ville de Clarence-Rockland subissait lundi 25 octobre une infection des systèmes d’information. Une semaine plus tôt, c’est l’hôpital du district de Kemptville qui signalait un « incident de cybersécurité », comme la Société de transport de l’Outaouais (STO) début septembre. « La situation à laquelle nous nous habituons de plus en plus, c’est que les cybercriminels balayent Internet complètement, de part en part, et cherchent des systèmes vulnérables », explique Steve Waterhouse, chargé de cours en sécurité de l’information à l’Université de Sherbrooke et ancien agent de sécurité des systèmes d’information au ministère de la Défense nationale canadien.

    Des données de santé dans la nature

    Pléthores d’hôpitaux, de cliniques sur les cinq continents ont été ciblés par les attaques, mais dans quel but ? La raison semble toute trouvée, au vu des nouvelles disséminées ici et là, l’argent. Pendant que la planète se suspend à quelque chose d’invisible à l’œil nu, de l’ordre d’un diamètre de 50 à 140 nanomètres (le cheveu mesure entre 50 et 100 micromètres, mille fois plus grand). Donc, les forces de défense sont dirigées vers le SARS-CoV-2, tandis que celle des systèmes d’information et outils informatiques de plus en plus prégnants dans nos sociétés est délaissée, depuis bien longtemps. Le tout, en espérant naïvement que les criminels adoptent une éthique quant aux cibles si sensibles. Souvent les attaques se soldent par une demande de rançon, les communiquées de presse ne spécifient, que peu ou prou, cette information. Il y a deux jours, le 2 novembre 2021, le plus grand centre de cancérologie de Las Vegas indiquait avoir subi une infection par ransomware, lors du « Labor Day » au mois de septembre. Le centre affirme que les données des patients ont pu être compromises. Les pirates ont pu obtenir les noms, adresses, dates de naissance et numéros de sécurité sociale des patients dans les dossiers médicaux. Le centre informe actuellement les patients actuels et anciens concernés.

    Les grands groupes criminels ont fait un communiqué de presse, au début de la crise, pour dire que, temporairement, ils suspendaient les attaques contre les hôpitaux

    Guillaume poupard. Public Sénat. 4 Novembre 2020

    La fuite de 500 000 dossiers de patients en Bretagne, l’hôpital d’Arles, en France pour ne citer qu’eux, en Belgique la clinique située à Bouge, le groupe de cliniques privées Pallas infectées en août 2021. Outre-Atlantique, des experts sont préoccupés par l’étendue des dommages causés aux banques de données du système de santé de Terre-Neuve-et-Labrador, à la suite d’une cyberattaque détectée en fin de semaine dernière. « Lorsqu’une attaque par ransomware se produit, tous les services sont arrêtés dans un hôpital. Les médecins, les infirmières, ils n’ont pas accès aux dossiers et ne peuvent donc pas fournir des soins efficaces aux patients », a déclaré Ed Gaudet, PDG de Ciensient à CBS News. Comme en France, les infections par ransomware procurent des effets négatifs à long terme sur les hôpitaux, selon une nouvelle analyse menée par la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA) « Les effets en aval comprennent l’annulation ou le report d’opérations chirurgicales et de traitements contre le cancer, la fermeture de plusieurs sites de collecte de tests COVID-19, l’incapacité de soumettre des images radiologiques et la perte de communication entre les hôpitaux du réseau ». Cela ajoute des complications supplémentaires lorsque des lits sont à 80 % occupés, et que les établissements, de l’hexagone, sont obligés de déprogrammer des opérations de toutes sortes.

    Le ministre de la Santé, John Haggie a déclaré mardi 2 novembre 2021 qu’on ne pouvait pas encore déterminer précisément l’ampleur de l’arriéré qui serait créé par la cyberattaque présumée, ni sur le temps qu’il faudrait pour reconstruire et restaurer les services. (Crédits : DR)

    Au début du mois d’octobre, UMass Memorial Health, un système de soins de santé situé à Worchester, dans le Massachusetts, prévenait 209 048 patients que leurs informations privées avaient pu être compromises. « Le 25 août 2021, nous avons terminé le processus d’identification des personnes dont les informations étaient contenues dans les comptes. Pour les patients, les informations concernées comprenaient les noms, les dates de naissance, les numéros de dossier médical, les informations sur l’assurance maladie et les informations cliniques ou de traitement, telles que les dates de service, les noms des prestataires, les diagnostics, les informations sur les procédures et/ou les informations sur les prescriptions. Pour les participants à un régime de santé, les informations concernées comprenaient les noms, les numéros d’identification des souscripteurs et les informations relatives au choix des prestations. Pour certaines personnes, un numéro de sécurité sociale et/ou un numéro de permis de conduire étaient également concernés », stipule le communiqué en date du 25 août 2021.

    Purement financier

    La cyberattaque contre l’hôpital Hillel Yaffe de Hadera est purement financière, évoque le responsable de la cybersécurité au sein du ministère de la Santé, Reuven Eliyahu. « C’est probablement un groupe de hackers chinois qui s’est séparé d’un autre et qui a commencé à travailler au mois d’août », explique-t-il dans un entretien accordé à la radio militaire.

    « Le personnel et les experts externes en cybersécurité continuent de résoudre l’attaque par ransomware, gazouille TTC. Les systèmes touchés par l’attaque sont toujours hors service, mais nous nous efforçons de les rétablir en toute sécurité. » (Crédits : capture d’écran YouTube)

    Les opérateurs derrière les offensives par ransomware stoppent les systèmes — empêchant l’accès aux dossiers des patients, la transmission des images radiologiques et d’autres fonctions qui augmentent le risque pour eux — jusqu’à ce qu’une somme soit payée. Les pirates russophones à l’origine de cette vaste campagne de piratage (FIN12) vérifieraient les comptes bancaires avant de sélectionner leurs victimes, exigeant des rançons qui peuvent se chiffrer à plusieurs millions de dollars.

    70 % des entreprises payent la rançon

    La dernière entreprise attaquée est l’agence de transport en commun connue sous le nom de TTC (Toronto Transit Commission). Elle exploite les services d’autobus, métro, tramway et de transport adapté dans la capitale de l’Ontario. « L’étendue complète de l’attaque est en cours d’examen et la TTC travaille avec des experts des forces de l’ordre et de la cybersécurité sur la question », a déclaré Stuart Green, un porte-parole de la compagnie. L’entreprise fournit un service de transport en commun jusqu’à 1,7 million de personnes par jour. « Selon une nouvelle étude près de 70 %, des organisations canadiennes qui ont été victimes d’une attaque par ransomware l’an dernier ont payé les rançons demandées pour éviter les temps d’arrêt, les atteintes à la réputation et d’autres coûts », selon la chaîne CTV News.

    Les opérateurs derrière Grief affichent 623, 2 mégaoctets de données de la NRA. Des lettres datant de 2016 à l’attention de quatre sénateurs, des membres de l’association, mais aussi le budget des différences assurances pour l’année 2022. (Crédits : capture d’écran)

    Du 29 avril au 12 mai 2021, Colonial Pipeline était à l’arrêt total. La panne a entraîné de longues files d’attente dans les stations-service, dont beaucoup étaient à sec, et une hausse des prix du carburant. Car la société transporte environ 2,5 millions de barils de carburant de la côte du Golfe du Mexique à la côte Est. Colonial a payé aux pirates, qui étaient affiliés à un groupe de cybercriminels lié à la Russie et connu sous le nom de DarkSide, une rançon de 4,4 millions de dollars peu après le piratage. Les pirates avaient également volé près de 100 gigaoctets de données de Colonial Pipeline et avaient menacé de les divulguer si la rançon n’était pas payée.

    Le groupe Avril opère dans 19 pays et emploie 7600 salariés. En 2020, son chiffre d’affaires s’élève à 5,8 milliards d’euros. Il possède comme filiale Lesieur, l’huile Puget, Diester, œufs Matines (France), Bunica (Roumanie), Taous, El Kef (Maroc)… (Crédits : capture d’écran)

    Le groupe français Avril a été victime d’une cyberattaque mercredi 3 novembre 2021. C’est un groupe agro-industriel international d’origine française spécialisé dans l’alimentation humaine, l’alimentation animale, l’énergie et la chimie renouvelable. Toutes les mesures nécessaires à la protection des systèmes d’information ont immédiatement été mises en place dans l’ensemble du Groupe, comme la coupure de son réseau IT. Avril confirme que « certains sièges et site du groupe fonctionnent en mode dégradé » et indique « mettre tout en œuvre pour continuer ses activités et servir ses clients ».

    Attaque ton ennemi quand il n’est pas préparé, apparais quand tu n’es pas attendu

    Sun Tzu

    Qu’en sera-t-il pour le lobbying extrêmement puissant et source de conflit, qu’est la NRA (National Rifle Association) ? « La NRA ne discute pas des questions relatives à sa sécurité physique ou électronique. Cependant, la NRA prend des mesures extraordinaires pour protéger les informations concernant ses membres, ses donateurs et ses opérations – et elle est vigilante à cet égard », a écrit Andrew Arulanandam, directeur général des affaires publiques de la NRA. Les experts en cybersécurité sont convaincus que « Grief est une initiative d’un groupe de cybercriminels russes qui utilisait auparavant le pseudonyme Evil Corp », actuellement sous le coup de sanctions de la part du département du Trésor américain, explique NBC News. Le constat semble amer, quel que soit l’endroit sur le globe. « Dans le cyberespace, la bataille est un marathon ; c’est une guerre continue. C’est la Troisième guerre mondiale. C’est un champ de bataille où se trouvent des milliards de combattants », évoque dramatiquement Reuven Eliyahu.

    Échanger pour mieux se protéger

    Solware Auto est depuis près de 35 ans au cœur du monde de l’automobile et de ses évolutions, car il est un logiciel de gestion et facturation qui est au cœur de nombreux garages. Le 12 août 2021, les équipes de Solware découvrent que leurs serveurs ont été chiffrés par le ransomware Conti. L’attaque a supprimé des données de sauvegarde et le chiffrement de données de production. « Cet incident a eu notamment pour conséquence de perturber l’accès à plusieurs applications hébergées, affectant ainsi de nombreux clients usagers du DMS winmotor2 », relate Le Journal de l’Automobile. « Face au fléau de la cybercriminalité et les attaques par ransomware, nous avons absolument besoin d’une immunité collective ! C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de partager ma malheureuse expérience et de rompre la loi du silence qui prévaut en ces circonstances, y compris et surtout avec nos confrères et concurrents du marché du DMS automobile, dont certains avec lesquels j’ai déjà échangé », annonce Gérald Ferraro.

  • Quel jour sommes-nous ?

    Quel jour sommes-nous ?

    Voilà une question qui parait simple de prime abord, savez-vous ce qu’est un calendrier ? Bien sûr, vous avez les souvenirs des Sapeurs-pompiers ou du facteur qui venait sonner à la porte, il y a encore quelques années. Le démarchage à domicile étant interdit par la loi, pour les 2010 et inférieurs cela reste une légende. L’être humain nécessite des repères comme ledit calendrier. Quel est le plus vieux trouvé actuellement ? En existe-t-il plusieurs sortes ?

    Aujourd’hui, 30 octobre 2021, le soleil se lève timidement, sous la couverture de nuage sur Berd’huis et partout en France, avec le paradoxe dut à la distance entre l’Est et l’Ouest. Hors mis le décalage du aux fuseaux horaires, les départements et territoires d’outre-mer, comme les terres australes, la date est commune à tout un chacun.

    « Chéri », entonna M Phot de bon matin.

    « Oui », répondit Mme Kharéson, le nez dans les effluves du petit déjeuner.

    « Si nous sommes le jeudi 4 octobre 1582, quel jour serons-nous demain », questionne-t-il sa dulcinée d’un œil malicieux.

    Après un silence marquant l’incrédulité d’une telle interrogation, surtout de si bon matin… Séki prenait le temps de terminer son breuvage nécessaire pour un réveil en douceur… Voyant l’air amusé du gamin qu’il était, elle ne fit plus languir.

    « Quelle date as-tu mentionnée ? », souffla-t-elle.

    « Le 4 octobre 1582 », souffle-t-il impatient.

    « Après toutes ses années ensemble je sais que la réponse ne sera pas logique, surtout vu ta mine enjouée… le 5 octobre », affirma-t-elle dubitativement.

    « Tu me connais que trop bien. En fait le lendemain du 4 octobre 1582 fut le 15 octobre de la même année. J’ai lu ce … »

    Elle comprit qu’elle avait eu la réponse et que l’explication allait chantonner à ses oreilles… bien qu’elle aurait préféré le silence jusqu’à ce que son mug de café au lait, sucré du miel de sa ruche, et ses tartines grillées ne soit engloutis.

    « … matin que c’est le pape Grégoire XV qui a tout organisé. Il avait choisi cette date pour migrer du calendrier Julien au Grégorien, avec un décalage de dix jours, donc les Romains se réveillèrent le 15 octobre 1582. Complètement dingue, non ? »

    Elle n’eut pas le loisir de s’exprimer que …

    « Donc le 5 octobre 1582 n’a jamais existé, et en une nuit ils sont passés du 4 au 15 octobre 1582. D’après qu’ils prenaient du retard par rapport aux saisons, le journaliste parle d’année astronomique, sans l’expliquer. Ces journalistes… », conclut-il.

    Alors satisfait de son effet, il marqua un silence. Séki en profita pour lui poser une devinette, qui se transforma en colle.

    « Toi qui semble tout maîtriser, de quand date le plus vieux calendrier », se réjouit-elle.

    « Je n’en sais fichtre rien », s’exclama-t-il en adoptant sa moue caractéristique.

    « Vous avez quatre heures », explosa-t-elle de rire. Elle allait avoir la paix jusqu’au repas de treize heures, et le sacro-saint journal télévisé.

    Mouché, il débarrassa la table, après s’être resservi un thé à l’orange… avant de se pencher sur le sujet. La notion de temps, au même degré que le calendrier, fut inventée par l’homme pour diviser et orchestrer l’instant sur de longues durées. Les bases furent, le retour des saisons, le cycle lunaire, ou encore le déplacement de l’ombre du à l’astre de feu, pour organiser la vie agricole, sociale et religieuse des différents peuples. Le mot calendrier provient du latin calendarium signifiant livre de comptes qui lui-même dérive de calendae considéré comme le premier jour du mois chez les Romains.

    Ci-dessus, une illustration du fonctionnement des fosses. « L’alignement de la fosse correspond également au lever du soleil du milieu de l’hiver, ce qui permettait aux chasseurs-cueilleurs de bénéficier d’une “correction astronomique” annuelle afin de mieux suivre le passage du temps et le changement des saisons. » (Crédits : BBC)

    Le plus vieux calendrier date de 10 000 ans, bien avant l’écriture cunéiforme. Il fut identifié en 2013, non sur le continent africain comme pourrions-nous croire, car berceau de la vie, mais en Écosse. Des archéologues pensent avoir découvert le plus ancien « calendrier » sélène du monde dans un champ de l’Aberdeenshire. Appartenant au Mésolithique, il consiste en un ensemble de fosses organisées de manière à correspondre aux phases lunaires. Déjà à cette époque, un cycle calendaire entier était divisé en douze parties.

    Une grande inscription cunéiforme a été trouvée sur le côté sud de la colline du château de Van, à quatre kilomètres à l’ouest de l’actuelle ville de Van, dans l’est de la Turquie. Elle mesure plusieurs mètres de haut et de large, a 25 siècles et le message vient du roi perse Xerxès. (Crédits : DR)

    Cette découverte surprit la communauté scientifique. Les Hommes vivant à cette époque étaient plus intelligents qu’elle ne le croyait. En effet, c’est au Néolithique, vers 7 000 av. J.-C., que débutent l’agriculture et l’élevage en Europe. « Les preuves suggèrent que les sociétés de chasseurs-cueilleurs en Écosse avaient à la fois le besoin et la sophistication de suivre le temps au fil des années, de corriger la dérive saisonnière de l’année lunaire et que cela s’est produit près de 5 000 ans avant les premiers calendriers officiels connus au Proche-Orient », affirme Vince Gaffney, professeur d’archéologie du paysage à Birmingham.

    Différents types

    Les principales sources desdits calendriers sont la Lune et le Soleil. Les lunaires, basés sur les phases de notre satellite, les solaires établis sur le cycle annuel de notre astre, les luni-solaires, fondés sur les deux. Ils existent cependant de nouveaux types motivés sur d’autres étapes. Avec l’invention de l’écriture cunéiforme vint le calendrier sumérien. Celui-ci vit le jour environ 3 000 ans av. J.-C. en Mésopotamie, l’actuel Moyen-Orient. En ces temps immémoriaux, l’année solaire a été scindée en deux périodes, l’« été » incluant la moisson des céréales, entre mai et juin, et l’« hiver » qui correspondait au nôtre. « Trois saisons en Assyrie et quatre en Anatolie ont été comptées, mais en Mésopotamie la bipartition de l’année a semblé normale. »

    La course autour du chrono est la principale source de discorde. Il suffit d’imaginer que vous arriverez à l’endroit choisi en temps et en heure, pour ne plus être en retard. Ce n’est pas la peine de se prendre pour un pilote de rallye sur route ouverte, puisque le temps de vie perdu ne se rattrape pas. (Crédits : Karolina Grabowska/Pixabay)

    Au fil des siècles, de nombreux calendriers virent le jour aux quatre coins du monde, chacun possédant ses propres spécificités. Le calendrier nilotique de l’Égypte antique se basait sur le Nil. Le chinois quant à lui utilise la lune et le soleil et ses cycles ne se renouvellent pas en même temps que le calendrier Grégorien. Si bien, que si ce dernier est usité en Chine, le Nouvel An chinois est encore actuellement célébré selon le calendrier chinois pour des raisons traditionnelles. L’hégirien ou islamique est un calendrier lunaire synodique non solaire, fondé sur une année de 12 mois de 29 à 30 jours chacun. Une année hégirienne compte entre 354 et 355 jours. Elle est donc plus courte que l’année solaire d’environ 11 jours. C’est pour cela que la période du Ramadan n’est jamais la même d’année en année. Le calendrier hébraïque est luni-solaire composé d’années solaires, de mois lunaires, et de semaines de sept jours commençant le dimanche et se terminant le samedi, jour du Shabbat… Chaque mois débute avec la nouvelle lune.

    N’oubliez pas que durant cette nuit, avant celle d’Halloween, à trois heures du matin, il sera deux heures. (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    Celui menstruel qui affecte la moitié de la population planétaire est habituellement compris entre 21 à 35 jours, avec une moyenne de 28 jours. Le calendrier solaire utilisé sur Terre est qualifié de « Grégorien » car institué par le pape Grégoire XIII au XVIe siècle. Appliqué uniquement dans les pays catholiques en raison de son origine, il s’est depuis étendu à la quasi-totalité des États du monde, tous sauf l’Afghanistan, l’Éthiopie, l’Iran, le Népal et le Vietnam. Ainsi, alors qu’il parait aujourd’hui parfaitement normal d’en accrocher un rigolo dans sa cuisine, ou d’en imprimer un annuel, ou celui de votre smartphone. À l’avenir, vous connaîtrez l’histoire et les péripéties de ce simple élément du quotidien considéré comme acquis par beaucoup.

  • Problèmes sur l’authenticité du « passe sanitaire »

    Problèmes sur l’authenticité du « passe sanitaire »

    Tandis que le gouvernement français veut proroger le « passe sanitaire » jusqu’au 31 juillet 2022. Des problèmes récurrents arrivent ici et là quant à l’édition, ou la sécurisation des données dudit sésame. Des informations confidentielles se retrouvent ainsi dans la nature, quand d’autres lieux subissent leurs troisièmes pannes en un petit mois. Sans oublier l’enquête de Cyberguerre sur la gigantesque faille européenne, et le bug révélé par le journal suisse Waston.

    Le mardi 26 octobre 2021 le ministre de la Santé, Olivier Véran était auditionné au Sénat dans le cadre du projet de loi « vigilance sanitaire ». En préambule, ce dernier rappelle qu’ « il ne s’agit plus d’état d’urgence sanitaire, mais bien de vigilance sanitaire ». Pendant près de 2 h 30 les explications et échanges fusent entre les participants. Le dessein de la loi prévoit de prolonger jusqu’au 31 juillet 2022 le régime de sortie de l’état d’urgence sanitaire et donc la possibilité de recourir au passe sanitaire. Il reporte à la même date la fin desdites dispositions.

    Prorogation du « passe sanitaire »

    « J’ai observé dans les deux avis du conseil scientifique du 5 et du 6 octobre qu’autant le conseil scientifique estime qu’il est absolument certain que le passe sanitaire a joué un rôle déterminant pour l’accélération des vaccinations, autant dit-il, le rôle du passe sanitaire en tant que mesures favorisant la protection des individus est plus difficile, à mettre en évidence. Le passe sanitaire a été mis en place début août alors que la décroissance de l’épidémie du variant delta est plutôt survenue vers le 20 juillet donc il a pu contribuer, dit le conseil scientifique, à cette décroissance, mais il est difficile de mesurer exactement dans quelle mesure », martèle le sénateur Philippe Bas (LR), rapporteur de la loi « Vigilance sanitaire ».

    Nous estimons que le passe sanitaire, et les mesures de jauges et de gestion qui sont encore en vigueur nous permettent de réduire de 30 % la circulation du virus. Sans ça nous serons bien au-delà de 5 000 cas par jour.

    Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

    Puis c’est au tour de la rapporteure, Pascale Gruny (LR) : « Comptez-vous dans les mois à venir adapter le schéma de vaccination obligatoire et rendre nécessaire la troisième dose ? » Ce à quoi, le ministre des Solidarités et de la Santé répond : « Ça fait l’objet de réflexions et d’une saisine et aux autorités sanitaires compétentes, le comité de stratégie vaccinale, la haute autorité de santé et le Conseil scientifique. Est-ce qu’il y a lieu ou non, pour conserver le bénéfice de son passe, d’une troisième dose, lorsqu’on est particulièrement fragile ? Je n’ai pas la réponse, mais j’ai posé la question ». Une réponse loin d’être suffisante pour la sénatrice PS, Marie-Pierre de la Gontrie. « Est-ce que j’ai bien entendu qu’en fait, vous n’en saviez rien ? À l’heure où nous parlons, vous ne savez pas dire si le passe sanitaire restera valide. »

    En ce jour, il est établi que le passe a favorisé la vaccination à la suite du discours du président de la République, Emmanuel Macron. Quant au bien fondé du « passe sanitaire », Olivier Véran répond lui-même : « Est-ce qu’on peut quantifier l’impact du passe sanitaire sur la circulation du virus ? Moi je vous pose une autre question est ce qu’on peut quantifier l’impact du masque dans l’épidémie, est-ce qu’on peut quantifier l’impact du gel hydroalcoolique ? »

    Est-il sécurisé ?

    C’est un excellent problème qui s’impose à tout un chacun. La plupart des personnes qui ont dû présenter leur certificat Covid dans un restaurant, en boîte de nuit ou toute manifestation le savent. Il y a ceux qui contrôlent consciencieusement ledit sésame en le scannant, puis les autres qui se limitent à appuyer sur le bouton de vérification. Il existe une grave faille de sécurité dans le cas de la validation rapide. En effet, ceux qui détenaient un certificat grâce à un test négatif ou une guérison pouvaient faire apparaître la couleur verte bien plus longtemps après qu’il soit périmé. « Pour cela, il leur suffisait de changer bêtement la date et l’heure du téléphone portable », rapporte le site Waston.

    Si de tels certificats Covid sont considérés comme en bonne et due forme en Suisse, c’est parce que le logiciel CovidCert ne vérifie que s’il est présent sur la liste de la Confédération.
    Mais d’aucune manière s’il est en cours de validité ou expiré, c’est là que le bât blesse. (Crédits : DR)

    « Il n’est pas permis aux examinateurs d’appuyer sur la touche de rafraîchissement du téléphone portable d’autrui. La seule méthode d’essai autorisée est l’utilisation de l’application d’essai par le testeur », atteste l’Office fédéral de santé publique aux associations et aux cantons suisses. Toujours chez les Helvètes, une panne, la troisième au mois d’octobre, empêchait d’émettre quelconque certificat durant quatre heures. « Il y a actuellement un problème technique dans l’émission des certificats Covid », a indiqué, jeudi 28 octobre 2021 midi, l’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication (OFIT). « Ce n’est pas la première fois que des pannes affectent les certificats. Lundi après-midi, des problèmes concernant la vérification et l’émission des passes ont eu lieu pendant une bonne dizaine de minutes », révèle la Tribune de Genève.

    Fraudes internationales

    Le jeudi 28 octobre 2021, le site Cyberguerre de Numerama publiait une enquête sur « Des dizaines de pass sanitaires frauduleux générés : enquête sur une gigantesque faille européenne ». Le problème rencontré en Suisse serait-il l’arbre qui cache la forêt ? Il pourrait s’agir d’une des affaires les plus sensibles concernant la création et l’usage de passes sanitaires dans toute l’Europe, assure-t-il. Ainsi différents sites Internet permettaient de concevoir des QR Code dont au moins l’un d’entre eux engendrait des certificats de vaccination authentifiés dans l’Union européenne. En France, il serait possible pour un soignant d’établir un profil pour un individu n’étant pas couvert par l’assurance maladie. Comme l’explique le guide de l’institution, un personnel habilité doit en principe vérifier les informations à partir d’une pièce d’identité quand il crée un « passe sanitaire ».

    Pléthores de sites (ici sur le Darknet) fournissent des sésames contre monnaie sonnante et trébuchante, ce sans à se faire inoculer les solutions nécessaires à son obtention. Le texte proposé durcit les sanctions en cas de fraude au « passe sanitaire », jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. (Crédits : capture d’écran)

    Le formulaire qui permet de créer un QR Code exige plusieurs champs obligatoires : nom, prénom, date de naissance, date d’injection, quel vaccin et par quel pays émetteur. Les malversations seraient liées à l’usurpation des clés de chiffrages telles les PGP pour « Pretty Good Privacy ». Ainsi des clés polonaise et macédonienne auraient circulé pour l’impétration du sésame. Depuis plusieurs jours, des individus « revendiquent sur des plateformes de ventes de données volées avoir obtenu une ou plusieurs clés privées européennes », qui leur fourniraient la possibilité de constituer des passes comme bon leur semble. Ce qui présagerait une compromission de la légitimité des différentes clés publiques liées à ces clés privées.

    Quid des nos infos ?

    Au Québec, au moment où les habitants sont vaccinés contre le SARS-CoV-2 leurs informations personnelles sont demandées. Elles sont ensuite utilisées pour créer la preuve, ou QR Code. Lors de ce processus, elles sont vérifiées auprès de chaque personne, afin d’en assurer la véracité. Or, lorsqu’Élodie* a été vaccinée la semaine dernière, rien ne s’est passé comme l’indique le protocole. Une mauvaise coordonnée téléphonique a été employée pour l’envoi de sa preuve vaccinale, avec ses informations privées… « Comme je ne recevais pas la preuve vaccinale, j’ai suivi les directives du ministère pour la télécharger moi-même. C’est là que j’ai vu qu’il n’avait pas utilisé le bon numéro de téléphone », raconte-t-elle à Métro. L’affaire pourrait prêter à sourire, si ce n’est la réponse téléphonique d’un salarié du ministère concerné : « On ne peut rien faire pour vous malheureusement ».

    500 000 patients se retrouvaient avec leurs données les plus confidentielles livrées en pâture. (Crédits : DR)

    Élodie craint donc que ses informations personnelles circulent sur le web, et d’être victime d’une malversation. Devant cette circonstance, elle réfléchit à ester en justice. « Je regrette hautement d’avoir fait confiance au gouvernement avec mes données, avoue-t-elle. C’est quelque chose qui me dérangeait, mais avec la situation actuelle de la pandémie, je me disais que je pouvais accepter cette étape-là. » Quand les attaques par codes malveillants ciblent les entreprises comme les hôpitaux, n’importe quel individu est en droit de se questionner.

    La prise d’Helena aurait été débranchée mardi 26 octobre 2021, avant la publication de l’enquête du Soir. Le site est inaccessible désormais. (Crédits : capture d’écran)

    Chez nos voisins et amis belges, Helena ne les fait plus rire. Cette dernière est un environnement sécurisé pour tous les documents médicaux, comme en France, « Mon espace Santé » qui devrait être déployé en 2022. Cette plateforme permet aux patients et aux professionnels de la santé de communiquer. En 2019, Helena avait réussi à obtenir la possibilité de diminuer le niveau de sécurité exigé pour qu’un patient puisse accéder à son dossier médical. Si bien qu’il est possible d’accéder à un dossier médical sans prouver son identité et sans lien thérapeutique avec un médecin. Face au risque conséquent de fuite de données, une plainte a été déposée auprès de l’Autorité de protection des données (APD) par Medispring, une coopérative regroupant plus de 2 200 médecins, au sujet d’Helena, une des plus importantes applications d’échange de données entre médecins et patients en Belgique, rapporte Le Soir. Quand à la France

    *prénom d’emprunt