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  • L’avortement devient légal en Colombie

    L’avortement devient légal en Colombie

    Dans ce pays d’Amérique du Sud, l’avortement était passible d’une peine maximale de quatre ans et demi de prison. Dans sa toute bonté la loi colombienne autorisait l’interruption volontaire de grossesse pour trois motifs, seulement depuis 2006 : viol, malformation du fœtus ou risque pour la santé de la mère, sans limite de temps. La Cour constitutionnelle colombienne rend un arrêt emblématique par cinq voix contre quatre, l’avortement libre et légal jusqu’à 24 semaines de gestation est garanti, à effets immédiats.

    Il a fallu 518 jours à la Cour constitutionnelle colombienne (CC) pour accoucher d’un arrêt historique, quasiment deux grossesses portées à terme. Le 21 février 2022, la plus haute instance juridique comprend neuf membres, cinq hommes et quatre femmes. Les juges Antonio José Lizarazo, Alberto Rojas Ríos, José Fernando Reyes, Diana Fajardo Rivera et Julio Andrés Ossa ayant voté pour. La population est composée de fervents pratiquant de la religion. Après un débat acharné, conclu par cinq voix contre quatre, l’avortement libre et légal jusqu’à 24 semaines de gestation a été garanti. Au-delà il est illégal et susceptible de vous envoyer en prison.

    L’avortement ne sera punissable que lorsqu’il sera pratiqué après la vingt-quatrième semaine de gestation et, en tout état de cause, ce délai ne sera pas applicable aux trois cas dans lesquels l’arrêt C-355 de 2006 prévoyait que le délit d’avortement n’est pas encouru.

    Antonio José Lizarazo. Cour constitutionnelle colombienne

    Les motifs que reconnaissait la législation colombienne étaient la malformation du fœtus, la connaissance charnelle violente ou fécondation non consensuelle, et le risque pour la santé physique et mentale de la femme. Ils restent établis jusqu’au dernier moment de la grossesse.

    L’origine du mouvement

    Le chemin vers la dépénalisation de l’avortement a connu des hauts et des bas depuis le début du XIXe siècle. En 2005, l’avocate Monica Roa a déposé un recours constitutionnel contre quatre articles du Code pénal pour violation de trois droits, dont celui au libre développement de la personnalité. Un an plus tard, la Cour constitutionnelle lui donnait raison et a procédé à la reconnaissance de l’autonomie des femmes sur leur corps. À partir de ce moment, elle a établi les conditions dans lesquelles l’avortement n’était plus sanctionné lorsqu’une femme était maltraitée, que sa vie fût en danger ou en raison de la malformation du fœtus. Maintenant, la Cour constitutionnelle a conditionné, mais pas éliminé, l’avortement du Code pénal colombien.

    La joie des manifestantes n’est pas dissimulée suite à la victoire obtenue au forceps, par cinq vois contre quatre. Le combat continue tant que restera un endroit sur terre où ne sera pas respectée l’équité des droits et devoirs entre femmes et hommes. (Crédits : Luisa Fernanda González/Reuters)

    Cette décision est le résultat d’une demande de groupes féministes déposée en 2020, dont le juge Antonio José Lizarazo est partie prenante. Il est l’un des responsables de l’étude de l’action en justice, présentée par le mouvement Causa Justa, mais pas que. Il est surtout le défenseur de l’idée que « l’avortement en tant que crime ne respecte pas la Constitution, la vie de la femme enceinte ou la liberté des femmes ». Chaque année, elles sont 400 à être incarcérées, ce jusqu’à 54 mois de prison pour avoir interrompu volontairement une grossesse, impensable en France. Quoiqu’avant 1975 et la loi Veil, nous n’étions pas mieux loties.

    Année18701890189519001905
    Femmes emprisonnées1518262816
    Année19101920192519301935
    Femmes emprisonnées34123361332277
    Année19431945196019651970
    Femmes emprisonnées38853820289588350
    Année19711972197319741975
    Femmes emprisonnées527354671013
    Le nombre de femmes reconnues coupables et déférées, jusqu’en 1975 d’avortement a connu un pic monstrueux sous le gouvernement de Vichy.
    (Crédits : La France en chiffres, de 1870 à nos jours. De Olivier Wieviorka, Julie Le Gac, Anne-Laure Ollivier et Raphaël Spina)

    Depuis deux décennies, la loi fixe à douze semaines de grossesse, et quatorze en cas d’aménorrhée, la période pendant laquelle une femme peut demander une interruption de grossesse. Comme en Colombie l’avortement, lorsque la grossesse met en danger la vie de la femme, quand le fœtus est atteint d’une maladie grave et incurable au moment du diagnostic, peut être pratiqué au-delà de ce délai, et sans limite de temps.

    Sur fond d’élections

    À trois semaines des législatives, les éloges de n’importe quel candidat sont hauts en couleur. « Un triomphe pour les femmes de notre pays. La lutte contre le patriarcat continue », a déclaré Francia Márquez, pré-candidate à la présidence du Pacte historique. « Une étape fondamentale a été franchie pour garantir la pleine citoyenneté des femmes », a soutenu Juanita Goebertus, membre du Congrès pour Alianza Verde. « Pour vous, pour eux, pour tous ! La voie a toujours été la décriminalisation », a célébré Profamilia.

    L’élimination de tout obstacle à l’exercice des droits sexuels et reproductifs reconnus dans cet arrêt, l’existence d’instruments de prévention de la grossesse et de planification, le développement de programmes éducatifs sur l’éducation sexuelle et reproductive pour toutes les personnes, […] des mesures qui garantissent les droits des personnes […] qui souhaitent avorter.

    Cour constitutionnelle de Colombie

    « La dépénalisation de l’avortement est un pas contre la discrimination dont souffrent les femmes », a déclaré Alejandro Gaviria, l’ancien ministre de la Santé et le candidat à la présidence lors des élections du 29 mai 2022. Tous ne sont pas du même avis que la cour. « La Constitution colombienne dit que la vie est le droit fondamental de tous les Colombiens et que c’est le point de départ de tous les autres droits », regrette le président de la Conférence épiscopale, Monseigneur Luis José Rueda.

    Humberto de la Calle, ancien négociateur dans le processus de paix avec les FARC et le candidat au Sénat pour la Coalición Centro Esperanza, a estimé que cet arrêt place la Colombie à « l’avant-garde des droits ». (Crédits : Getty Images)

    Chaque groupe politique y va de son épigraphe envers ses partisans à trois semaines des élections. C’est ainsi que le Centro Democrático, ancien parti du président Álvaro Uribe, et l’un des adhérents au Forum de Madrid avec lequel Vox promeut l’unité de l’ultra-droite hispano-américaine s’est exprimé : « Où sont protégés les principes et les valeurs de notre société, de notre famille et surtout de nos enfants ? » A contrario le sénateur du Polo Democrático, Iván Cepeda Castro estime qu’il y a eu « des progrès substantiels dans le respect des droits des femmes, de leur liberté et de leur autonomie ».

    La Colombie rejoint la vague de changements déjà en cours dans d’autres pays de la région comme l’Argentine, le Chili, l’Uruguay et le Mexique. (Crédits : Luisa Fernanda González/Reuters)

    Cet arrêt constitue une nouvelle étape pour la CC, qui protège depuis longtemps les droits sociaux et démocratiques dans un pays qui tente d’oublier l’épisode des FARC. Très loin de la France et de l’Europe, même s’il reste beaucoup à faire, nous Françaises avant des droits que les Colombiennes connaissent depuis peu. En effet, la Cour constitutionnelle colombienne a empêché la réélection indéfinie, approuvé l’égalité du mariage et défini des orientations concrètes pour garantir les droits des femmes à la santé, à l’éducation et à la politique dans un pays où il n’existait pas de loi sur les quotas il y a encore quelques années.

  • L’Ukraine prends un coup de « Katana »

    L’Ukraine prends un coup de « Katana »

    L’invasion de l’Ukraine par la Russie est prévue pour « 3 heures du matin aujourd’hui » avec une attaque de missiles et de chars titrait le journal britannique Mirror, le 15 février 2022. Elle ne fut pas sur terre, mais sur la toile. Dans la soirée du 15 février, des hackeurs ont lancé une offensive DDoS contre les sites de deux banques ukrainiennes et plusieurs sites gouvernementaux. Le portail web officiel du ministère ukrainien de la Défense a probablement souffert d’attaques DDoS, indiquait-il sur sa page Facebook.

    Ce mardi 15 février 2022, le site Web du ministère ukrainien de la Défense et des forces aéroportées ukrainiennes a été perturbé. Privatbank et Oshchadbank ne fonctionnent pas. Le 20 février, Cado Security identifiait « la source probable de ces attaques comme étant un botnet appelé Katana, dont la préparation a commencé au moins dès le dimanche 13 février. » Mardi et mercredi dernier, plusieurs sites Web ukrainiens ont été mis hors ligne en raison d’attaques par déni de service (DDoS). Les sites touchés comprenaient des banques, Privatbank et Oschadbank, les deux banques visées, dont les distributeurs ont été brièvement affectés, le site de l’état-major des armées et celui du ministère de la Défense sont, quant à eux, restés inaccessibles pendant plusieurs heures.

    « Ces dernières heures, l’Ukraine a été la cible de multiples attaques DDoS. Selon @kentikinc, les cibles comprennent Mirohost (AS28907), qui héberge les sites Web de l’armée ukrainienne, ainsi que Privatbank (AS15742), l’une des plus grandes banques de l’UA », expliquait @DougMadory (Crédits : Kentikick)

    La confirmation du ministère ukrainien ne se faisait pas attendre : « Le site Web du ministère de la Défense a probablement été attaqué par un DDoS. Un nombre excessif de requêtes par seconde a été enregistré. Des travaux techniques de rétablissement du fonctionnement régulier sont en cours ». Les attaques, selon les experts en cybersécurité, non pas particulièrement réussies, la combinaison d’un certain nombre de méthodes différentes implique un niveau de sophistication supérieur à la plupart des attaques DDoS. L’intention derrière ces attaques peut être considérée dans le contexte d’activités malveillantes antérieures.

    Les noms de fichiers (KKveTTgaAAsecNNaaaa et a2b1d5g2e5t8vc) correspondent à un botnet nommé Katana, qui est en fait une variante de Mirai dotée de capacités DDoS améliorées, comme le montre le code source de Katana, explique Cado Security dans son analyse technique. (Crédits : Cado Security)

    Le déploiement de pièces sur l’échiquier peut déstabiliser l’adversaire, et le pousser à commettre une faute. En janvier 2022, la défiguration de sites Web ukrainiens était destinée à provoquer un sentiment de panique. Des signes avant-coureurs dans le passé. Les cyberattaques usant le logiciel malveillant BlackEnergy, juste avant le conflit géorgien en 2008, et plus récemment les attaques destructrices contre le réseau électrique ukrainien en 2015, plongeant le pays dans le black-out total. « Cette attaque est sans précédent, elle a été préparée et son objectif principal était de déstabiliser, de semer la panique et de créer le chaos dans notre pays », déclarait Mykhailo Fedorov, ministre ukrainien de la transformation numérique, mercredi 16 février 2022.

    Un jeu d’échecs

    Il existe de nombreuses ouvertures pour des joueurs d’échecs, de l’Espagnole Ruy Lopez au Gambit de la Dame, qui plus est pour des maîtres. « Les unités du district fédéral du Sud ayant achevé leur participation à des manœuvres tactiques sur les bases de la presqu’île de Crimée sont en train de retourner vers leurs bases d’attache par voie ferrée », indiquait le ministère russe de la Défense aux agences russes. Lundi 21 février 2022, Vladimir Poutine reconnaissait l’indépendance des régions séparatistes de l’Ukraine, suscitant des craintes d’attaques militaires. De plus sa déclaration nomme les deux régions « République populaire de Louhansk » et « République populaire de Donetsk ».

    Le protocole de Minsk est un accord signé le 5 septembre 2014 par les représentants de l’Ukraine, de la Russie, de la République populaire de Donetsk (DNR) et de la République populaire de Lougansk (LNR) pour mettre fin à la guerre en Ukraine orientale. (Crédits : DR)

    Elles sont des territoires non reconnus, créés par des séparatistes soutenus par la Russie dans la région de Donbas, dans l’est de l’Ukraine. Le président russe demande aux législateurs de reconnaître l’indépendance de deux régions ukrainiennes. Une telle décision constituerait une violation unilatérale des accords de Minsk, déclarait le chancelier allemand Olaf Scholz. De son côté, l’administration Biden annoncait que les États-Unis allaient répondre par des sanctions économiques limitées, et d’autres à venir. Les présidents américain, Joe Biden et ukrainien, Volodymyr Zelenskyy ont échangé durant 35 minutes, selon un responsable de la Maison-Blanche. La Maison-Blanche a indiqué que son pensionnaire avait également convoqué ses homologues français et allemand, Emmanuel Macron et Olaf Scholz.

  • Et s’ils avaient raison ?

    Et s’ils avaient raison ?

    Une question que tout un chacun peut poser sur de nombreux sujets. Le « Convoi de la Liberté » est un mouvement à l’origine contre l’obligation vaccinale anti-Covid-19 pour entrer par voie terrestre au Canada, introduite le 15 janvier 2022 par le gouvernement canadien, à travers Justin Trudeau. Puis repris en France contre l’obligation du passe vaccinal, sous-entendu l’obligation vaccinale déguisée afin d’accéder aux restaurants, salles de spectacle, bars, ou tout autre loisir. Avaient-ils raison de manifester ?

    En premier lieu, quelle est la définition du droit à manifester ? C’est le droit d’organiser une réunion dans un lieu public ou sur la voie publique pour exprimer une conviction collective. Elle peut être fixe ou emprunter un itinéraire sous la forme d’un cortège. Les organisateurs peuvent-être des syndicats défendant la cause des travailleurs, une minorité pour la reconnaissance et la défense de ses droits, ou encore en soutien à une cause générale. Là où le bat blesse, est qu’il faut effectuer le distinguo entre un attroupement et la manifestation.

    Sont soumis à l’obligation d’une déclaration préalable tous cortèges, défilés et rassemblements de personnes, et, d’une façon générale, toutes manifestations sur la voie publique.

    Article L211-1. Création Ordonnance n°2012-351 du 12 mars 2012

    Depuis le décret-loi du 23 octobre 1935, publié le lendemain au journal officiel, sous la troisième république et le président Albert Lebrun, le droit de manifester est subordonné à une déclaration préalable. « Les réunions sur la voie publique sont et demeurent interdites dans les conditions prévues par la loi du 30 juin 1881, article 6 », stipulait le décret-loi. Il a été abrogé par l’ordonnance n° 2012-351 du 12 mars 2012, mais car il y a un « mais », ses dispositions ont été reprises dans le Code de la sécurité intérieure.

    « Au Quartier latin, ce fut la journée la plus longue… » commence le journaliste, relatant la grève de mai 1968. Après Rome, Berlin-Ouest ou encore Varsovie, l’agitation étudiante s’est manifesté à Paris poursuivait-il, avant de toucher tout le pays, car « il est interdit d’interdire » revendiquait le slogan. (Crédits : capture d’écran/INA)

    Cette loi est adoptée sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Le trouble à l’ordre public se définit (article 431-3 du Code pénal) par ce qui « constitue un attroupement tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l’ordre public. » Autrement dit, toute manifestation non autorisée ou déclarée semble être considérée en tant qu’attroupement, donc un trouble à l’ordre public. Parallèlement, l’article 431-1 du Code pénal punit le fait d’entraver le droit de manifester de 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. La peine peut même s’élever à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende en cas de violence, voie de fait, coups…

    Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

    La fontaine. Les animaux malades de la peste

    Donc tout est une question d’interprétation, soit vous autorisez la manifestation, soit vous la prohibez. Pour la première, il n’y a pas de répression du mouvement possible. Tandis que si vous êtes contre le fait d’avoir des bonbons de plusieurs couleurs, car votre préférence va à l’orange, vous l’interdisez, elle devient attroupement. Les trois dates qui font écho en France, sont la Révolution française de 1789, les grèves de mai-juin 1936 et celle de mai 1968. Les deux dernières n’ont fait l’objet d’aucune déclaration d’intention de grève, qui est désormais obligatoire. Mais pourquoi des personnes en France, comme dans d’autres pays, manifestent contre le « passe vaccinal » ?

    Le passe vaccinal

    Nombreux en France, se sont fait injecter plusieurs doses de « vaccin », pour recouvrer une certaine souveraineté de mouvements de faits et de lieux. « Si j’ai fait tout mon parcours vaccinal, ce n’est pas parce que j’avais peur du virus, c’est tout simplement que je voulais retrouver toutes mes libertés », déclarait Laurent Ruquier dans l’émission On est en direct, sur France 2. Puis, nous apprenions que le passe sanitaire mutait en passe vaccinal, car le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran sur Brut, expliquait que : « Le passe vaccinal est une façon d’arriver à l’obligation vaccinale, mais moi, je pense que c’est plus efficace que de mettre une amende ». Il indique que ledit passe vaccinal a eu l’effet escompté de protéger les personnes contre le virus. Or, selon les statistiques de la DREES, 0 % des moins de soixante ans sont décédés du variant Omicron. Sur la tranche 60-80 ans, 0,5 % de vaccinés et 0,8 % de non vaccinés sont décédés.

    Sur la levée du masque, comme du passe vaccinal, le ministre répond à la question d’Amélie Carrouër : « […] je dis vers la mi-mars ça veut dire que ça peut-être peut-être une semaine plus tôt ça peut être quelques jours plus tard cela dépendra uniquement de notre capacité à faire fonctionner normalement les hôpitaux […] ». (Crédits : capture d’écran/RTL)

    Les défunts de plus de quatre-vingts ans étaient pour 5 % non vaccinés contre 2,4 % pour les autres. « Le passe vaccinal est quelque chose qui discrimine les gens, qui jette l’opprobre sur une catégorie de la population qui n’a pas du tout engorgé les hôpitaux […] c’est la crise de l’hôpital public qui a créé, malheureusement, ce système depuis des années », précisait le Dr Gérald Kierzek.

    Pour ou contre

    L’OMS est contre. « Les États parties sont vivement encouragés à reconnaître que l’exigence d’une preuve de vaccination peut aggraver les inégalités et favoriser une liberté de circulation différenciée », affirmaient les membres du comité. Le hasard fait que le jour où le comité d’urgence de l’OMS indiquait ne pas être favorable à un passeport vaccinal, cela coïncide avec le jour où le gouvernement français présentait TousAntiCovid-Carnet. Lors de l’émission du Grand Jury sur RTL, Olivier Véran martèle que « si la situation dans six mois, dans un an, dans cinq ans, dans dix ans que sais-je devait justifier qu’à nouveau nous vérifions que les Français ne prennent pas de risque élevé de se contaminer dans un bar ou dans un restaurant […] »

    Le nombre de participants est l’instrument de discorde lors des manifestations. Comme celui du taux de vaccination en France, mais tout est accessible. (Crédits : capture d’écran)

    Si un tel procédé est mis en vigueur et pérenne, serait-il le parent pauvre du crédit social chinois, créant ainsi un peuple docile et enclin aux délations, dans un climat et un État policier ? Ou tout simplement, le moyen de trouver un bouc émissaire aux échecs de toute situation, assurant auxdits gouvernants, quelque pays que ce soit, une immunité, car en toute bonne foi, ce n’est pas de leur faute. Alors, « avaient-ils raison de manifester ? » C’est une excellente question, sur laquelle vous êtes seul juge, en votre âme et conscience sur la réponse que vous y apporterez. Cela dit tout est entendable, discutable et différent selon tout un chacun, vos priorités de vie, et surtout votre définition du mot « Liberté ».

  • Fuite de données chez Volvo

    Fuite de données chez Volvo

    Tandis qu’un pirate informatique diffuse sur le Darknet plusieurs bases de données comportant des milliers de propriétaires de BMW, Citroën, Peugeot, Ford, Honda, Kia, Mercedes… Les opérateurs derrière le ransomware Snatch divulguent des renseignements du constructeur Volvo. Au total 26 440 fichiers pour 4, 1 GB d’informations décompressées. Le groupe à l’origine de l’attaque a produit le 14 février 2022, les données relevant de l’infection subie par la société automobile suédoise le 25 novembre 2021.

    Zataz révèle une étonnante fuite de données. Elle concerne des dizaines de milliers de propriétaires de voitures de marques BMW, Citroën, Ford, Honda, Kia, Land Rover, Mercedes, Peugeot, Seat, Smart, Vauxhall et Volvo. Les bases contiennent pour Citroën, pas moins de 16 000 clients et des données de l’année 2016 (adresses postales, civilités, téléphones fixes et mobiles, numéros d’identification, mise en service…), pour la marque au lion, les indications sont de l’année 2018, avec le même type de renseignements.

    De nombreux scripts en Bash, Python, documentation interne, mais aussi des informations confidentielles sont en accès libre diffusés sur le site de fuite. (Crédits ; capture d’écran)

    En novembre 2021, le constructeur automobile suédois Volvo Cars annonçait avoir subi un vol d’informations de recherche et développement (R&D) sur ses serveurs. « Volvo Cars a appris qu’un tiers avait accédé illégalement à l’un de ses dossiers », a répondu l’intéressé. La firme mettait en exergue que seule une quantité limitée de ses propriétés en matière de R&D a été subtilisée pendant l’attaque. En outre, Volvo déclarait que l’incident faisait l’objet d’une enquête.

    Le groupe indique ne jamais perturber les chaînes d’approvisionnement, le travail d’un pays, d’un gouvernement, d’un état, d’une ville et d’entreprises privées en les verrouillant, en les cryptant ou par tout autre moyen. Snatch ne divulgue pas la vulnérabilité à l’exception de l’entreprise elle-même. (Crédits : capture d’écran)

    L’organisation Snatch a décidé de diffuser également plus de 26 GB de données compressées suite à l’infection du groupe Cadence Aerospace, effectuée en novembre 2021. Basé en particulier au Mexique comme aux États-Unis, la firme se définie comme un « fournisseur de l’industrie aérospatiale et de la défense qui s’engage à réussir avec ses partenaires commerciaux, grâce à un engagement actif, des stratégies de fabrication et d’approvisionnement alignées et des capacités de pointe. » Les données peuvent servir à de multiples choses. Des produits contrefaits, du phishing, de la diffusion de ransomwares via des courriels… La limite est celle que vous fixez à votre imagination.

  • Air Mauritius et Transavia cyberattaqués

    Air Mauritius et Transavia cyberattaqués

    Les employés et clients d’Air Mauritius (MK) ont éprouvé de grandes difficultés à utiliser les différents outils informatiques de la compagnie, ce depuis lundi 14 février 2022. La cause est une infection par codes malveillants. Chez Transavia, c’est une fuite de données massive qui affole la tour de contrôle en France. En novembre 2021, sa filiale hollandaise devait régler une amende de 400 000 € par les instances néerlandaises pour des manquements graves quant à la sécurité d’informations liées aux passagers.

    Les serveurs de la compagnie aérienne mauricienne étaient indisponibles durant quasiment une journée, du lundi au mardi 15 février 2022. Les techniciens en compétents d’Air Mauritius auraient identifié des « Cyber-Threats » sur les serveurs. Ils sont des actes malveillants visant à endommager ou à voler des données, et à perturber la vie numérique en général. Ces cybermenaces sont par exemple des « virus » informatiques, des violations de données, les attaques par déni de service (DDoS) et bien d’autres encore. Des mesures ont aussitôt été prises pour basculer certaines activités sur de distincts réseaux, et résoudre en parallèle les problèmes des serveurs principaux de MK.

    Des individus, derrière la divulgation, trouvaient le moyen d’extraire des données privées et personnelles d’un espace numérique de la compagnie aérienne Transavia, une filiale d’Air France/KLM. Elles sont les CV, passeports, visites médicales, certificats de membre d’équipage émis par la Direction générale de l’Aviation civile…(Crédits: ZATAZ)

    Transavia France confirme avoir été victime d’une intrusion malveillante. Les premières investigations menées déterminent que des informations privées de collaborateurs ont été copiées. « Tous les documents qui nous ont été demandés lors de notre embauche étaient stockés sur un serveur de fichiers et que celui-ci était facilement accessible. Ce sont donc les données personnelles de centaines de personnes qui ont fuité », soulignait un employé. Un courriel envoyé le 15 février 2022 aux employés, par les opérateurs leur indiquait que « Vous trouverez en photo sur ce mail, une liste non exhaustive des utilisateurs concernés par cette fuite. » Les personnes à l’origine de cet envoi s’apparenteraient à des lanceurs d’alertes. « Vos documents privés ont été divulgués, mais n’oublions pas que nous ne sommes pas des ordures. Vos données privées resteront privées, et nous ne les divulguerons ni ne les vendrons. »

    Transavia Hollande a été condamné, en 2020, à 400 000 euros d’amende pour la fuite de données concernant 80 000 clients ayant empruntés les services de la compagnie entre le 21 et 31 janvier 2015. « Nous avons récemment constaté qu’il y avait eu un cas d’accès indésirable à une boîte aux lettres de Transavia », alertait-elle. (Crédits : Lars Nissen/Pixabay)

    Enfin, Transavia France a immédiatement renforcé la protection de son système informatique interne. L’entreprise travaille en étroite collaboration avec les personnels spécialisés en cybercriminalité. Une enquête de police judiciaire est en cours. Les auteurs malgré leur « bienveillance » risquent jusqu’à 3 ans de prison et plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amende.

  • Ransomware: la faïence de Gien ralentie

    Ransomware: la faïence de Gien ralentie

    Tandis que la liste d’établissements de santé ciblés par des cybercriminels n’a cessé de s’allonger en 2021, passant de 730 signalements au CERT contre 369 en 2020, c’est au tour de la ville de Gien et sa manufacture d’être au centre de l’attention. L’institution qui vient de fêter don deuxième siècle d’existence en 2021, commence l’année sous l’emprise d’un ransomware avec une demande de rançon. Sur son site web, la faïencerie évoque une panne informatique depuis le 10 février 2022, une enquête est en cours.

    Depuis le jeudi 10 février, l’entreprise est sous le joug d’un opérateur malveillant. « Nous avons découvert l’attaque le matin, car nos postes se sont retrouvés bloqués », racontait Yves de Talhouët, président-directeur général (PDG) de la Faïencerie. Depuis une plainte a été déposée à la gendarmerie de Gien, l’investigation est en cours.

    Yves de Talhouët, répondait que des négociations, des discussions et d’analyses techniques sont en cours. Des experts en cybersécurité sont à pied d’œuvre. Ils tentent de limiter les dégâts en comprenant les failles utilisées pour corriger et reconstruire le système d’information avec un minimum de perte. (Crédits : capture d’écran)

    Le ransomware a infecté le système d’information, de ce fait une partie de l’entreprise se trouve à l’arrêt depuis une semaine. La direction admet ne plus avoir accès aux fichiers clients ni aux commandes, et se veut rassurante déclarant qu’il n’y aura pas d’impact sur la production à court terme. « Nous avons bon espoir que le système puisse repartir dans le courant de la semaine prochaine », confiait Yves de Talhouët.

  • Le professeur Luc Montagnier multiplie (2de partie)

    Le professeur Luc Montagnier multiplie (2de partie)

    Le nombre des publications, des citations ou des ouvrages de l’homme impressionne. La bibliothèque nationale de médecine et le centre national d’information sur les biotechnologies en recensent par moins de 319. De la transduction de l’information de l’ADN par l’eau et les ondes électromagnétiques aux Mycoplasmes associés au SIDA en passant par le stress oxydatif dans la médecine des soins intensifs, le professeur Montagnier à couvert une partie non négligeable de domaines qui piquait sa curiosité scientifique.

    Tous se remémorent l’année 2008, lorsqu’il recevait le prestigieux prix Nobel de Médecine. Son parcours, hors mis l’Institut Pasteur à Paris, débutait à la faculté de Poitiers sous la houlette de son mentor Pierre Gavaudan. Ce, avant de s’envoler pour l’Angleterre puis à Glasgow en Écosse entouré de Michael Stoker et Renato Dulbecco dans les années soixante. Au sein du laboratoire de Kingsley Sanders à Carshalton, près de Londres, il identifiait pour la première fois un ARN infectieux à double brin provenant de cellules infectées par le virus de l’encéphalomyocardite murine (EMCV), un petit virus à ARN monocaténaire. Des anticorps contre l’EMCV ont été détectés chez l’homme, sans qu’aucun lien ne soit établi entre le virus et une maladie cardiaque pour l’être humain.

    Spécialiste des rétrovirus et oncovirus

    Le scientifique revient en France à l’Institut Curie, après de différents voyages dans la seconde partie des années soixante. Il ouït la découverte à un certain nombre de cellules cancéreuses, modifiées ou non, par des virus oncogènes à ARN ou à ADN. Dans ses travaux, il essayait de trouver un ARN double brin spécifique du virus du sarcome de Rous (RSV), capable d’infecter et de transformer des cellules d’embryon de poulet. Il réussit à isoler des séquences d’ARN double brin, mais « elles étaient d’origine cellulaire et existaient au même niveau dans les cellules non infectées ». En relation étroite avec Louise Harel, la démonstration que cet ARN provenait en partie de séquences répétitives d’ADN est faite.

    En 1969, l’isolement d’une ARN-polymérase, associée aux particules virales du virus de la stomatite vésiculaire a conduit à l’idée qu’une enzyme clé était pouvait être associée aux virus à ARN oncogènes. Temin avec Mizutani, et Baltimore découvrent en 1970 une enzyme spécifique associée au RSV, la transcriptase inverse, capable de transcrire de manière inverse l’ARN viral en ADN. (Crédits : DR)

    De nombreux travaux se sont soldés par des échecs, pour autant il persiste. Sur une décennie, à partir de l’année 1972 il s’entoure des meilleurs dans leurs domaines, Edward et Jacqueline De Maeyer, Jean-Claude Chermann et Françoise Barré-Sinoussi. Ainsi, il multiplie les recherches, comme les chances de percer les mystères de l’expression des rétrovirus. En 1980, une séquence d’ADN proche de celle du virus de la tumeur mammaire de la souris (mouse mammary tumor virus, MMTV) est détectée chez l’être humain, à travers deux patientes. Non seulement dans les cellules d’un cancer du sein inflammatoire, mais aussi dans ses lymphocytes T en culture.

    La découverte du VIH

    Son implication dans la course contre le virus du SIDA commençait en 1982. Un agent transmissible pourrait être à l’origine de cette nouvelle maladie mystérieuse. Il n’existait que quelques cas en France, mais suscitaient l’intérêt d’un groupe de jeunes cliniciens et immunologistes. Françoise Brun-Vézinet, contacta le professeur pour organiser la recherche du rétrovirus putatif à partir d’un patient présentant un signe précoce de la maladie, une lymphodénopathie. Avec Françoise Barré-Sinoussi et Jean-Claude Chermann, il met au jour un autre rétrovirus, qu’il baptise provisoirement LAV (Lymphadenopathy Associated Virus), depuis un prélèvement effectué par le Dr Willy Rozenbaum sur un jeune malade, ayant séjourné à New York.

    Ci-dessus, le VIH en microscopie électronique à transmission, en 1985. Alors que le 3 février 2022, une équipe composée de 25 auteurs publie dans la revue Science qu’une variante hautement virulente du VIH-1 circule aux Pays-Bas. (Crédit : DR)

    La biopsie ganglionnaire est arrivée le 3 janvier 1983, il dissociait les lymphocytes, puis débutait leur stimulation en culture. Ce n’est quand septembre, qu’une présentation synthétique des données affichait un lien de causalité entre le virus et la maladie. Une deuxième famille de rétrovirus, les lentirétrovirus, venait de naître aux yeux des participants. Chez l’homme, il provoque une déficience immunitaire, n’ayant pas son équivalent parmi les animaux.

    Histoire de royalties

    Le 23 avril 1984, Margaret Heckler, secrétaire d’État américaine à la Santé, annonçait que Robert Gallo avait découvert la cause « probable » du sida, un rétrovirus baptisé HTLV-III. Il s’avérait être rigoureusement identique au LAV trouvé plus tôt par l’équipe de Montagnier. La polémique enfle à savoir qui est celui l’ayant identifié véritablement en premier. La réponse est primordiale, car elle règle la question des royalties liées aux tests de dépistage. Trois années de différend aboutissent à un consensus diplomatique en 1987. États-Unis et France officialisent la qualité de « codécouvreurs » pour Gallo et Montagnier.

    Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi posant dans leur laboratoire à l’institut Pasteur à Paris, le 25 avril 1984. Ils partagent le prix Nobel de médecine le 6 octobre 2008 pour leur découverte du virus VIH, avec un scientifique allemand pour ses recherches révolutionnaires sur le cancer du col de l’utérus. (Crédits : Michel Clément/AFP)

    Sans épilogue, une œuvre ne se termine pas. Ainsi, 20 ans après, avec l’attribution du Nobel pour la découverte du VIH, non pas à Gallo, mais à Luc Montagnier et à son associée Françoise Barré-Sinoussi. « On n’a pas réussi à éradiquer l’épidémie ou même l’infection puisqu’on ne sait pas guérir quelqu’un qui est infecté », expliquait à l’Agence France-Presse lors du 30e anniversaire de la découverte. Depuis, les médicaments antirétroviraux permettent en effet de museler efficacement le VIH, mais pas de l’éliminer totalement du corps des personnes infectées. Plus de 36, 3 millions de femmes, enfants et hommes sont morts des conséquences du SIDA…

  • Le professeur Luc Montagnier additionne (1re partie)

    Le professeur Luc Montagnier additionne (1re partie)

    Le prix Nobel de médecine 2008 est décédé, mardi 8 février 2022, à l’hôpital américain de Neuilly. Le fait d’armes que chaque personne retient de lui est la codécouverte du VIH. De 1972 à l’an 2000, il est une figure incontournable de l’institut Pasteur, fleuron de la recherche en France. Depuis l’arrivée du SARS-CoV-2, des scientifiques décriaient les théories du professeur, pour terminer discrédité, par ceux qui le portaient au panthéon de ses pairs. Qui était-il ? Quelles furent ses publications ? Avait-il tort ou raison ?

    Luc Montagnier né le 18 août 1932 à Chabris, dans le Berry, d’où était originaire sa mère. Son nom, l’homme qui vit dans les montagnes, fait référence à la région paternelle, l’Auvergne, qui est faite de riches plaines et de vieux volcans. Son père attrape, dans sa jeunesse, une arthrite streptococcique, qui procure des lésions irréversibles des valves aortiques. Ce qui l’exempte de service militaire et l’oblige à un travail sédentaire. Ainsi, il exerça et excella dans la profession de comptable. Il a commencé à travailler dans la région de Poitiers, puis s’est installé à Châtellerault. Âgé de cinq ans, il est victime d’un accident renversé par une voiture, après avoir traversé une nationale. Le résultat donne deux jours de coma, avec de multiples blessures dont quelques cicatrices restent visible.

    La seconde Guerre mondiale

    Deux années passent lorsque survient l’invasion nazi en 1940. « Mes parents et moi quittant leur maison (proche d’une gare risquée), fuyant sur les routes dans une petite voiture, et finalement plus exposés aux bombardements allemands pendant cet “exode” que si nous étions restés à la maison. » La première année d’occupation allemande a été terrible, raconte-t-il, les « ersatz » ne stimulaient pas mon appétit, alors que je rêvais de chocolat et d’oranges. Son père souffrait d’entérocolite chronique, tandis que son grand-père atteint d’un cancer du rectum, est mort en 1947 après de terribles souffrances.

    Luc Montagnier, avant d’être le professeur et prix Nobel de médecine en 2008 pour la codécouverte du virus VIH, fut un enfant, un adolescent puis un adulte additionnant de multiples et terribles expériences de vie. Toutes celles-ci ont orienter puis déterminer son avenir que nous connaissons. (Crédits : DR)

    « Cela m’a tellement affecté que c’est probablement l’une des raisons pour lesquelles j’ai décidé plus tard d’étudier la médecine et d’entreprendre des recherches sur le cancer. » Soulagé comme la plupart des personnes sur Terre de la fin de la seconde Guerre mondiale, il restera cependant marqué à vie. « Je ne pouvais pas oublier non plus la vision de tant de morts, civils et soldats, et les images de déportés maigres libérés des camps de concentration. Je détesterai les guerres et leurs atrocités pour le reste de ma vie. »

    Faculté de Poitiers

    Bon en physique, en chimie, et moindre en mathématiques, le jeune Luc s’inscrit à la fois à l’école de médecine et à la faculté des sciences de Poitiers. Le but révélé, commencer une carrière de chercheur en biologie humaine, la spécialité n’existait pas, que ce soit en médecine ou en sciences à Poitiers. Au commencement, les écoles et facultés étaient situés dans le centre ville, comme souligne la « Rue des grandes écoles ». Cette dernière relie la place du Maréchal Leclerc (place d’armes pour les poitevins), à la rue Gambetta, non loin du palais des Ducs d’Aquitaine. Accessibles à pied, il passait la matinée à l’hôpital et l’après-midi à suivre des cours de botanique, de zoologie et de géologie.

    Son mentor et professeur de botanique, Pierre Gavaudan en Janvier 1931 au sein du laboratoire de Botanique de la Sorbonne. (Crédits : DR)

    Son professeur de botanique, Pierre Gavaudan, était atypique, il lui doit, explique-t-il d’avoir ouvert son œil à ce qui était le début d’une nouvelle Biologie, la double hélice de l’ADN, la synthèse in vitro des protéines par les ribosomes et la structure des virus. Un présent de la part de son père déclenche ses premières recherches. Il positionnait chez lui, un appareil combinant une caméra de cinéma en accéléré et un microscope. Le futur prix Nobel de médecine étudiais un phénomène connu depuis 1908 sous le nom de phototaxie des chloroplastes. Elle est la propriété de certaines algues vivant à la surface des étangs d’orienter leur grand chloroplaste unique en fonction de l’intensité de la lumière.

    Poitiers pour Paris

    Soutenant ses travaux en petite thèse, au sein de la faculté de Poitiers, à tout juste 21 ans, Pierre Gavaudan, lui demandait d”effectuer des recherches sur les formes L des bactéries. Ce fut la première incursion dans le monde des bactéries filtrantes, soulignait-il. Dans ces années, les références sur ce sujet controversé n’existaient qu’à la bibliothèque de l’Institut Pasteur à Paris. Il quitte sa province et complète ses études de médecine en se rapprochant inexorablement de la neurophysiologie, la virologie et l’oncologie. Engagé à 23 ans comme assistant à la Sorbonne, il se passe deux années avant la première description de l’ARN viral infectieux du virus de la mosaïque du tabac par Fraenkel-Conrat et Gierer, et Schramm détermine sa vocation : devenir virologue en utilisant l’approche moderne de la biologie moléculaire… (suite)

  • Ransomware: Prudence et rigueur

    Ransomware: Prudence et rigueur

    Un début d’année de moindre envergure, semble-t-il, sur les attaques par ransomware à travers le monde, sauf en France. La tendance dans l’hexagone est sensiblement équivalente. Le Groupement d’Intérêt Public Action contre la Cybermalveillance (GIP ACYMA) dénombre 167 demande d’assistance en janvier 2022, contre 169 le mois précédent. Cela dit, ce n’est pas parce que les actions des malfaiteurs ne sont pas publiques, que leurs offensives n’existent pas. La prudence comme la rigueur sont les maîtres mots.

    Le site « Cybermalveillance » du gouvernement a vu sa notoriété croître depuis sa création. En 2021, la fréquentation compte plus de 2 000 000 visiteurs uniques, contre 1 235 545 visiteurs en 2020. Ce qui va de pair est que plus de 135 000 victimes sont venues chercher de l’assistance depuis le 1er janvier, contre 105 000 l’année précédente, soit une augmentation de 28.57 %. Les victimes en ce début d’années sont nombreuses :

    • Hardisk, Qlocker, 5 janvier 2022
    • Paul Beuscher, Grief, 6 janvier 2022
    • Pôle Santé Léonard de Vinci, 7 janvier 2022
    • Stimm, Grief, 10 janvier 2022
    • Torann France, LockBit, 10 janvier 2022
    • KastorMedia, 15 janvier 2022
    • 3CMA, BlackCat, 16 janvier 2022
    • Saint-Cloud, LockBit, 21 janvier 2022
    • Cabinet d’avocats CDMF, 22 janvier 2022
    • Egis, 23 janvier 2022
    • Cabinet d’avocats de Caen DL2M, LockBit, 27 janvier 2022
    • ESTPM, LockBit, 27 janvier 2022
    • Corsica Linea, 28 janvier 2022
    • CIG de la Grande Couronne, Haron, 28 janvier 2022
    • L’Hotellerie Restauration, LV, 29 janvier 2022

    Le GIP ACYMA est mal connu du grand public, pourtant il est nécessaire d’en prendre connaissance avant d’avoir besoin de leurs services. Il en est de même lorsque vous êtes victime d’un accident, qu’il soit domestique, professionnel, ou sur la voie publique… des gestes, des réflexes, des conduites à tenir, souvent issues de retour d’expérience (RETEX) regroupe des acteurs étatiques impliqués tels que l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

    La commune de Saint-Cloud a été victime d’une attaque par ransomware des opérateurs derrière LockBit. Ils ont divulguées toute ou partie des données exfiltrées des différents systèmes d’information de la ville, exposant des civilités, des coordonnées… (Crédits : capture d’écran)

    Le mois de février dénombre les offensives malveillantes contre SVA Jean Rozé (Alphv, 01/02/2022), Air Calédonie, Ametis (LockBit, 04/02/2022), l’Hôtel des Cèdres (LockBit, 04/02/2022), Progereal (LockBit, 04/02/2022). Les attaques lorsqu’elles sont détectées font l’objet de procédure, mais les personnes derrières tout ceci sont à même de conserver les données sans demander de rançon, ni divulgation. Les informations glanées pourraient être le point de départ d’un conflit économique, politique, voire armé.

  • Un escargot pour traiter le diabète

    Un escargot pour traiter le diabète

    Pas la peine de vous promener dans un jardin à la recherche d’un escargot pour qu’il bave sur votre bras, c’est un peu plus complexe. Biswajit Gorai, Harish Vashisth ont découvert que le venin d’escargot marin pourrait être la base d’un traitement contre le diabète. Selon l’étude des chercheurs américains, publiée le 18 octobre 2021 sur le site du journal Proteins, le Conus Geographus pourrait bouleverser la vie de près de quatre millions de personnes en France. Il pourrait en effet être à l’origine de nouveaux médicaments à action rapide plus efficaces que l’insuline.

    Saviez-vous qu’avec ses jolis motifs inscrits sur son enveloppe, le Conus est le chouchou inconditionnel des glaneurs de coquillages sur la plage des vacances. Il serait tentant de les ramasser en pleine mer, s’il n’était pas si dangereux, voire mortel, pour l’homme. Effectivement, l’escargot de mer dit « escargot conique », baptisé Conus geographus, est doté d’un venin provoquant un choc hypoglycémique paralysant ses proies, dont il n’y aurait aucun remède. De quoi vous glacer le sang. Mais cette particularité pourrait « en faire une option favorable pour stabiliser la glycémie et un potentiel pour de nouvelles thérapies », précisent les scientifiques dans leur étude.

    PaysMilliers d’adultes atteints de diabète% de la populationPaysMilliers d’adultes atteints de diabète% de la population
    Israël536,59,9Allemagne6 199,910
    Hongrie661,49,1Pologne2 6779,4
    Suède496,26,8Roumanie1 1998,4
    Pays-Bas8576,8Russie7 392,17
    Kazakhstan807,76,8Italie4 470,39,9
    Ouzbékistan1 351,86,3Royaume-Uni3 996,38,2
    Serbie796,812,2Espagne5 141,314,8
    Portugal994,113Turquie9 020,915,9
    France3 942,98,6Ukraine2 3257,1
    La Turquie affiche le plus haut pourcentage de la population diagnostiquée diabétique, et la république d’Irlande le plus petit avec 4 % avec 139, 1 millier d’individus. (Crédits : IDF)

    Le diabète touchait en 2021, 537 millions de personnes, dont 61 en Europe. En France, selon le rapport de la fédération internationale du diabète 3,942 millions sont concernés. Un remède d’origine naturelle pourrait être à l’origine d’un traitement plus efficace que l’insuline. Si les plongeurs doivent s’en méfier à cause de sa toxine qui peut provoquer la mort, le venin d’un escargot marin, à la coquille colorée, pourrait bien être un allié précieux pour soigner le diabète. Selon l’étude publiée sur le site du journal Proteins, ce choc hypoglycémique aurait pour conséquence de baisser le taux de sucre dans le sang dans un laps de temps beaucoup plus court que l’insuline.

    La plupart des escargots coniques mangent des vers, quand d’autres mangent des escargots et certains s’attaquent même à des poissons. Pour cela, ils utilisent une fléchette hypodermique pour injecter leur venin. Il contient environ 100 peptides différents qui agissent comme des neurotoxines. (Crédits : DR)

    Une découverte qui pourrait être à l’origine de l’élaboration d’un meilleur traitement du diabète. « Bien que d’autres études soient nécessaires, nos recherches montrent que, malgré les séquences peptidiques plus courtes, le venin d’escargot conique pourrait être un substitut viable à l’insuline et nous espérons qu’il motivera la conception de nouveaux médicaments à action rapide », précise Biswajit Gorai, auteur principal de cette étude.