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  • Quand santé rime avec…

    Quand santé rime avec…

    C’est en grande pompe que le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran annonçait le jeudi 3 février 2022 « Mon Espace Santé ». Il s’envisage comme son prédécesseur Bernard Kouchner l’instigateur d’une évolution des moyens numérique de la santé. Il y a 25 ans (avril 1998) naissait la carte vitale. Elle se voulait inviolable avec la seconde génération, en mars 2007… mais la méthode pour la « pirater » prenait de vitesse la sortie de cette fameuse carte verte française. Que penser de « Mon Espace Santé » ?

    Me direz-vous, il faut vivre avec son temps ! Après tout, tout un chacun possède un terminal de téléphonie, communément appelé « smartphone », mais que savez-vous de l’usage de vos données partagées, avec votre consentement éclairé ? Quelques secondes de réflexion… rien pour la plupart d’entre vous ? Cela est logique, car, pour user de l’application, ou du jeu à la mode, vous devez accepter les conditions générales d’utilisation (nous sommes nombreux à ne pas les lire). Pour vos données de santé, c’est quasiment du même acabit. « Mon espace santé est un service numérique individuel et personnalisable, pour tout usager du système de santé. Il permet à chacun de stocker et partager ses documents et ses données de santé en toute sécurité. Les données sont hébergées en France, sous la protection de l’État et de l’Assurance maladie », explique le site en question.

    Cash Investigation

    Il y a près d’une année, Élise Lucet et son équipe enquêtaient sur un (nouveau) scandale. Le 20 mai 2021, Cash révélait « comment vos téléphones vous espionnent et collectent des données très personnelles sur votre religion, votre moral ou votre grossesse sans votre consentement. […] lorsque vous vous connectez sur des sites de santé, vous transmettez des informations qui vont être envoyées à votre insu à des entreprises appelées des data brokers. […] Un marché colossal, estimé à 400 milliards d’euros en Europe. » Juste avant la future émission sur le scandale retentissant des Ehpad privés, gérées par Korian et Orpea, faisant écho au livre « Les Fossoyeurs » de Victor Castanet, Élise Lucet promet de nouvelles révélations.

    Selon l’étude, trois quarts des Français seraient intéressés. Or, d’après Médiamétrie, la France comptait 53,8 millions d’internautes en avril 2021, soit 85,2 % des Français de deux ans et plus. Au final seuls 64 % le sont véritablement. La cohorte est de 1510 Français de plus de 18 ans, dont 497 patients ayant répondu au questionnaire… en ligne. (Crédits : DR)

    De plus, cet espace numérique personnel, expliquent-ils, a pour vocation de devenir le futur carnet de santé des patients, accordant à demi-mots le fiasco du dossier médical partagé (DMP). Il contiendrait un coffre-fort « sécurisé » où seront classés tous les documents de santé, et serait alimenté de manière automatique par les médecins, laboratoires, cliniques, hôpitaux

    Est-il nécessaire de rappeler les différents attaques subies par les hôpitaux français, ou encore les données de 500 000 dossiers médicaux exfiltrées ? (Crédits : capture d’écran)

    L’aspect pratique, pour chacun, est l’utilisation et l’accès aux données par les professionnels de santé afin de mieux vous soigner. Ce qui vous évite d’avoir avec vous lesdits documents, alors très bien, soyons modernes et allons-y. Cela dit, est-ce que les systèmes d’information qu’utilisent les différents professionnels de santé sont véritablement sécurisés, et transmettent dans un tunnel chiffré vos données de santé ? Usent-ils des clés de chiffrement ?

    À l’insu de mon plein gré

    L’ouverture de chaque espace de santé sera automatique pour chacun des 68 millions d’assurés que compte l’hexagone, dont les enfants dans le courant de l’été. Les assurés recevront un code d’activation pour ouvrir leur espace par courrier ou courriel. « Vous pouvez vous opposer si vous ne souhaitez pas avoir d’espace santé. Sans action de votre part, votre espace santé sera automatiquement créé. Vous pourrez à tout moment changer d’avis », déclarait lors de la conférence de presse, le jeudi 3 février 2022, Thomas Fatôme, le directeur général de l’Assurance maladie. Pour vous y opposer, il faudra donc utiliser le code provisoire reçu, se connecter sur « Monespacesante.fr », ou appeler le 34 22. Six semaines après l’inscription, il sera toujours possible de clôturer son « espace santé », mais les données présentes resteront archivées dix ans par l’Assurance maladie. À vos claviers, prêts ?

  • LockBit2.0 et le ministère de la Justice

    LockBit2.0 et le ministère de la Justice

    Un coup de pression si l’on en croit les journaux ici et là. Il semblerait au vu des données publiées sur le site de fuite que les opérateurs derrière le ransomware LockBit 2.0 ne jouent pas au poker menteur. Depuis ce matin 2 février 2022 des informations identifiant plus particulièrement le monde de la Justice dans le Calvados sont accessibles. Hormis le ministère de la Justice, la ville de Saint-Cloud est mentionnée comme cible d’une infection par codes malveillants, et susceptibles de voir ces documents sur le DarkWeb.

    L’information était prise très au sérieux dès la parution de l’annonce, le ministère indiquait s’être « immédiatement organisé pour procéder aux vérifications nécessaires, en lien avec les services compétents dans ce domaine ». Lockbit 2.0 est connu pour avoir ciblé d’autres organisations françaises, comme la société de sécurité Thales ou encore le site de Schneider Electric en décembre dernier. Mais pour l’expert, plusieurs zones d’ombre sont à éclaircir : « Pour l’instant, nous ne savons pas s’ils préparent une fuite massive de données ou s’il s’agit uniquement d’un coup de pression en lien avec le contexte politique », indiquait Guillaume Maguet, expert en cybersécurité chez Deep Instinct au Figaro. Ce n’est pas à proprement dit le ministère de la Justice française qui était la cible, mais un cabinet d’avocats, maillon essentiel de l’appareil judiciaire.

    Les contrats de travail des personnes, la liste des avocats présents en 2016, des factures de téléphone, des coordonnées internes du cabinet, de différentes chambres sont désormais diffusés sur le site de fuite des cyber-malfaiteurs. (Crédits : capture d’écran)

    Ce sont des données très sensibles qui sont disponibles sur le DarkWeb. Ne déplaise à personne, les personnes œuvrant dans l’ombre et la profondeur de l’internet ne bluffent, que dans les fictions et encore… Leur but est, purement et simplement de vous soutirer de la menue monnaie. D’autres parties prenantes de la Justice à travers le monde ont déjà fait les frais de ce genre d’attaque « informatique ». Le cabinet Jones Day, celui de Brandon Sua et Associés, Greenberg & Stein Avocats, tous trois basés aux États-Unis, et en France celui de Me Rémy Le Bonnois. Ces différents cabinets, pour ne citer qu’eux furent ciblés, infectés et les informations diffusées par l’équipe usant le ransomware Everest.

    Des dossiers de jugement mentionnant les patronymes des différentes parties amenées devant les tribunaux sont lisibles. (Crédits : capture d’écran)

    La société civile professionnelle DL2M, qui est le cabinet d’avocats Dorel Lecomte Marguerie est particulièrement mentionnée dans les dossiers mis en ligne par LockBit 2.0. Ainsi de très nombreuses pièces juridiques sont libres d’accès, à savoir des coordonnées de TGI, RIB, des noms, des employés, des actions et affaires judiciaires, mais pas seulement. Des dictées ou bobines dans le jargon sont disponibles. Ce sont des fichiers audio sur lesquels les avocats transmettent au personnel du secrétariat des courriers à rédiger. Quand il est indubitable que l’internet des objets (IoT) remplit de jour en jour les foyers français, et que les commandes vocales ont le vent en poupe, cela peut porter à préjudice. De plus, les coordonnées des intervenants du cabinet DL2M de messagerie fournies par l’opérateur Orange sont un des nombreux documents au format PDF. Datant de 2017, des griffonnages semblent afficher les identifiants et mots de passe, espérons qu’ils furent depuis changés, mais surtout que les professionnels du droit soient déjà en relation avec l’ANSSI.

  • Crise de l’Orange

    Crise de l’Orange

    Alors qu’en France, les débats se focalisent sur le prix d’une baguette de pain à 29 cents d’Euros dans un supermarché, ou encore le tarif au kilo de la viande de Porc, de l’autre côté des Pyrénées ce n’est pas plus réjouissant. Actuellement, un agriculteur valencien demande 1,17 euro pour 13 kilos de Naveline, soit le prix d’un café sur place. Dans les grandes surfaces françaises, le kilogramme se vend aux alentours des soixante-dix cents. Ce qui pousse les producteurs ibériques à ne plus récolter les fruits de leurs labeurs.

    C’est un fruit de saison, qui ravissait les enfants à la période de Noël. Elle était le trésor accompagnant le chocolat chaud, mets délicats, rares et onéreux, il y a un plus d’un demi-siècle. Dorénavant, les consommateurs ne se soucient guère de leur provenance, du moment qu’elle ne soit pas chère. Des milliers de personnes ont partagé la vidéo de Sara Soler, une enseignante qui possède également une petite parcelle d’oranges biologiques. Pas moins de 26 860 vues (au 26 janvier 2022) de la vidéo désormais virale, dans laquelle elle explique que le client, qui avait promis en septembre d’acheter toute sa récolte, a déclaré qu’il n’était plus intéressé.

    Nous préférons les donner que les jeter

    Sara Soler, Benifaió, Valence, espagne

    Confrontées à l’impossibilité de payer la récolte d’une orange qu’elles ne vendront pas, Sara Soler et sa mère décidèrent de la donner à tout individu qui viendrait les cueillir elles-mêmes sur l’arbre. « La réponse a été impressionnante, nous avons du mal à gérer l’avalanche de personnes qui nous ont demandé de venir ou qui veulent que nous leur envoyions des boîtes. Nous avons dû organiser des quarts de travail pendant le week-end pour éviter les foules en raison du problème de Covid. Tout le monde a proposé de collaborer d’une manière ou d’une autre », explique-t-elle à Público. Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé.

    Le grenier européen

    Dans certains cas extrêmes, le producteur se voit offrir « un centime par kilo, alors qu’il est vendu à un euro et demi dans les supermarchés », relate Público. Les professionnels en liquidation reçoivent les miettes restantes, environ 10 cents par kilo. En France, les prix sont disparates en fonction des superficies et surfaces de ventes, lieux et quantités. Dans ces conditions Carrefour, le prix est de 0.70 euros au kilo, 0.75 € chez Intermarché, 1.25 chez Leclerc et 1 euros le kilo en promotion chez Casino (selon les prospectus et promotions). L’Espagne est depuis une centaine d’années le fournisseur majeur de l’Europe sur de très nombreux produits de consommation, au même degré que la Communauté valencienne est la plus grande source européenne d’oranges. Ce qui a généré d’immenses fortunes, comme une marque prestigieuse au niveau international, La Valencia. Ainsi surfant sur le nom, l’Afrique du Sud appelle son territoire de culture de l’orange Valencia. Cela ressemble à s’y méprendre à l’histoire du Champagne.

    Dans le domaine de la pêche en Europe, le classement des États membres capturant le plus de poissons (milliers de tonnes du poids vif, par zone principale de pêche, données 2019) donne en première position le Danemark (904, 5), puis l’Espagne (837, 2) et la France troisième avec 525, 1 milliers de tonnes. (Crédits : Eurostat)

    Au cours de l’été 2021, le pouvoir russe décidait de retirer au Champagne son appellation en cyrillique, au profit de producteurs locaux. Le sursis obtenu par le gouvernement français prenait fin à minuit lors de la nuit de la Saint-Sylvestre. Depuis le 1er janvier 2022, le Champagne a perdu ses lettres de noblesse en Russie, dans le pays de Vladimir Poutine. La situation préoccupante du secteur dans la Communauté de Valence est si délicate que l’abandon des champs de culture se poursuit année après année.

    Le travail essentiel à la société n’est pas rémunéré à une juste valeur. Les prix ne cessent de croître, les aliments, le carburant, l’électricité, le gaz… Est-ce les signes avant-coureurs d’une crise économique ? Est-ce la fin des grandes surfaces commerciales telle que nous les connaissons, au profit d’un monde à taille plus humaine ? Seul l’avenir le dira… (Crédits : DR)

    En 2021, 2 000 hectares supplémentaires ont été perdus, ce qui porte le total des terres abandonnées à 165 000 hectares dans toute la région. « Nous sommes la seule communauté dans laquelle la surface cultivée diminue », a averti Cristóbal Aguado, président de l’Association des agriculteurs de Valence. La circulation et le commerce international affichent-ils ses limites ? Les oranges sud-africaines « beaucoup moins chères et pratiquement dépourvues de contrôles phytosanitaires », inondent les marchés européens en tirant les prix vers le bas, dénonce Público. Outre l’Afrique du Sud, les oranges bon marché venues du Maroc, d’Égypte ou de Turquie s’ajoutent à la concurrence. Le prix à payer pour le consommateur est la seule variable qui ne change guère.

  • Les violences faites aux Femmes (fin)

    Les violences faites aux Femmes (fin)

    Qu’elles soient conjugales, intrafamiliales, sexuelles, une violence reste une violence. Longtemps elles se sont tues, car non crues ou discréditées. Depuis l’affaire Weinstein qui a secoué le cinéma mondial, le scandale Epstein semble faire trembler les puissants. La dernière (en date) nouvelle est le procès pour agression sexuelle du prince Andrew, qui éclabousse la couronne britannique. La journée symbolique du 8 mars pour le Droit des femmes rappelle l’interminable chemin pour que l’équité juridique voie le jour. Comme les bracelets électroniques ou les téléphones grave danger qui doivent nous protéger, d’un ex-conjoint, d’un ex-mari… avant d’être le énième meurtre ou assassinat qualifié de « féminicide ».

    « Flashback » est la comédie de, et par Caroline Vigneaux, montre à qui veut bien découvrir la condition féminine à travers les siècles. Certaines personnes pourraient trouver à redire, sachant que cette œuvre est réalisée par une femme, mais peu importe. C’est le récit d’une avocate surdouée, cynique et narcissique, qui, après avoir gagné un nouveau procès, fait la connaissance d’Hubert. Chauffeur anticonformiste, interprété par Issa Doumbia, il l’embarque dans une course rocambolesque dans les couloirs du temps. De la préhistoire à la Révolution française, elle croise celles qui se sont battues pour les droits des femmes, tout en étant la témoin privilégiée d’événements marquants qu’elle n’aurait jamais dû oublier. Pour sortir de cette boucle, elle doit admettre son rôle en tant que femme dans la société, et apprendre à aider celles dont la voix n’est ni entendue ni écoutée.

    Cette comédie fait écho à une société bien réelle où des lois existent contre le harcèlement de rue. Un mot cristallise tous les maux, le féminicide. La définition est simple, du latin femina, femme, et cædere, tuer. C’est l’homicide d’une femme, d’une jeune fille ou d’une enfant en raison de son sexe. (Crédits : Diana Cibotari/Pixabay)

    Le 31 janvier 2016, François Hollande, président de la République accordait une remise de peine gracieuse, à Jacqueline Sauvage. La prévenue était condamnée par la cour d’assises de Blois en décembre 2015, à dix ans de réclusion criminelle, pour le meurtre de son mari, violent et incestueux. Lorsqu’elle commence, la violence devient insidieuse. Celui, celle qui tue un être humain, commet un homicide. « Cela a été une erreur de la gracier. Je pense que ce n’était pas la bonne personne. Il y a des femmes battues qui ont tué leur mari, qui auraient plus mérité de l’être », déclarait le mercredi 29 juillet 2020 sur franceinfo Hélène Mathieu. Moins d’une semaine plus tard, le 5 février 2016, la cour d’assises de Grenoble condamnait Bernadette Dimet à cinq ans de prison avec sursis pour avoir tué son mari violent, qui l’avait battue et humiliée pendant 40 ans. Le nombre de femmes tuées par les coups de leurs ex-compagnons est de 213, en 2021.

    « Papa a tapé Maman »

    Ce sont les mots d’enfants décrivant une scène inimaginable que le président de la cour d’assises de Bordeaux a lus ce lundi, la salle en résonne encore. Le procès d’un père de famille, pour tentative de meurtre et viol sur son ex-conjointe, a débuté ce 17 janvier 2022. Les faits reprochés au prévenu auraient été commis à Lormont, tout près de Bordeaux, un quelconque soir d’octobre 2018. Lors du premier jour de l’audience, la cour d’assises rappelait que l’accusé avait déjà été condamné pour violences et harcèlement téléphonique (1 088 appels en 4 mois) à la suite de leur séparation en janvier 2018. Le témoignage des enfants continue. « Que disait ton papa à ce moment-là ? », questionne l’agent de Police. « Je ne veux pas dire, ça me fait peur, répond le garçon de 6 ans. Il allait lui faire beaucoup de mal ». L’aîné de 10 ans se souvient : « Il disait qu’il voulait la tuer. »

    AnnéeVictime féminine d’homicide volontaire (France/Europe)Victime masculine d’homicide volontaireVictime féminine de violVictime masculine de violVictime féminine d’agression sexuelleVictime masculine d’agression sexuelle
    2015361/2 267659/5 14110 729/66 1381 671/7 29395/94 432147/17 698
    2016311/2 280559/5 51313 050/76 6941 910/8 77919 041/120 8212 764/23 881
    2017279/2 317511/5 51314 899/91 4792 171/10 52621 179/132 0953 899/24 729
    2018244/2 219520/4 87117 558/48 3882 388/5 09025 614/95 4594 547/16 049
    2019285/1 908550/4 14620 694/20 1102 886/5 43528 165/95 0414 860/15 914
    Eurostat propose les données concernant les homicides volontaires, viols et agressions sexuelles selon le statut juridique et le sexe de la personne impliquée. Le féminicide n’est pas juste un meurtre, il a pour but de tuer la femme, la compagne, la mère en tant qu’être, en tant que personne, entité, symbole, car son seul reproche est d’être… une femme.

    Lors du deuxième jour, les témoignages de voisins se suivent. Jules Brelaz journaliste à France Bleu rapporte qu’Amandine 33 ans, encore traumatisée par les événements dits avoir entendu « comme des coups de masse dans le sol. En fait, en m’approchant, j’ai vu que c’était les coups de poing dans la victime allongée sur le sol, elle était en chemise de nuit, avec des écorchures aux pieds et le visage tuméfié, il lui lançait ” ferme bien ta gueule, sale pute ” ».

    Une trentaine de lésions

    L’audition du médecin légiste glace le sang. L’énumération ne semble pas avoir de fin : « Abrasions, décollement de la peau, lésions hémorragiques, hématomes, traces de coups de pied et de poing sur le visage ». Il relate une à une la trentaine de lésions relevées sur l’ensemble du corps. Les descriptions se suivent, mais les photos projetées dans la salle choquent. « Des traces d’ongles dans le cou de la victime » témoignent d’une tentative d’étranglement. Des genoux ensanglantés et les cheveux arrachés rappellent que la jeune femme a été traînée sur le sol. Mais, l’horreur ne s’arrête pas là. Le professeur détaillait longuement les lésions génitale et anale constatées lors de l’examen clinique. Il atteste « incontestablement » d’un viol, affirmait l’expert. Tandis que les avocats de la défense relevaient qu’« il n’y a ni fracture ni suture », le professionnel de santé acquiesçait en ce sens, expliquant que certains des coups portés au crâne auraient « pu tuer » la victime.

    De manière fréquente, lors des séparations, les enfants sont pris à partie, d’un côté comme de l’autre. Ils souffrent, sauf qu’eux n’ont pas choisi ni pris la décision, mais la subissent.
    « Il faisait du chantage à ses enfants pour qu’ils ne fassent pas de câlin à leur mère », indiquait pour enfoncer le clou Caroline Bris, l’une des avocates de la partie civile. (Crédits : DR)

    Fréquemment dans les affaires de violences conjugales, et de violences sexuelles, c’est la victime qui a honte. Il promet qu’il changera, que c’était un accident, qu’il nous aime et que ça ne se reproduira plus, mais les scènes se répètent, comme dans un mauvais film. La différence est que lorsque la salle de cinéma s’allume, la fiction, elle s’arrête… Les mots de l’une des avocates de la partie civile, Caroline Bris, martèle et enfonce les derniers rivets, s’il y avait besoin. « Jalousie maladive », « manipulation », « instrumentalisation des enfants », « sentiment de honte de la victime », un « schéma d’emprise classique des violences conjugales » pour l’avocate. « J’avais l’impression d’être Jacqueline Sauvage », témoignera la mère de famille.

    15 années de réclusion criminelle

    L’homme de 43 ans a été reconnu coupable et condamné mercredi 19 janvier 2022 par la cour d’assises de la Gironde à quinze années de réclusion criminelle pour tentative de meurtre et viol sur la mère de ses enfants. La peine d’emprisonnement est assortie d’un suivi socio-judiciaire de quatre ans avec une injonction de soins à l’issue de son incarcération. Il aura interdiction d’entrer en contact avec la victime, de fréquenter un débit de boisson, et devra soigner son alcoolisme. En cas de non-respect de ces obligations, la cour d’assises a prononcé une peine de trois années de détention. La déchéance de l’autorité parentale à l’encontre de l’accusé, n’a pas été prononcée. Il devra néanmoins indemniser les parties civiles à hauteur de 96 000 euros de dommages et intérêts, dont 60 000 euros à la mère de ses enfants et ex-compagne au titre du préjudice subi lors de la tentative de meurtre et le viol.

    Mes Caroline Bris, Pierre Cuisinier et Marion Lavaud défendent les parties civiles : l’ex-compagne d’Yvan Poungui et sa famille. (Crédits : Laurent Theillet/SUD OUEST)

    Que faire en cas de violence ?

    La première chose, mais pas la plus facile, fuir. Oui, mais où ? Comment ? Vers qui ? Les démarches sont de plus en plus présentes. Il existe 175 bureaux d’aide aux victimes du tribunal judiciaire de Poitiers à Quimper, comme partout sur le territoire. Des conduites à tenir sont référencées sur le site du gouvernement « Violence Conjugale » :

    • Appeler le 17, 112, 15, 18 et 114 (pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques, dysphasiques), Si vous avez des difficultés à entendre ou parler, vous pouvez aussi envoyer un SMS au 114.
    • Le 3919 Écoute, informe et oriente les femmes victimes de violences, ainsi que les témoins de violences faites à des femmes
    • Le 116006 écoute, informe et conseille les victimes d’infractions ainsi que leurs proches. Leur site références toutes les associations d’aide aux victimes
    • Quitter le domicile conjugal, appeler le 115 pour un relogement d’urgence
    • Faire constater les blessures. Si vous êtes victime de violence conjugale, vous pouvez vous rendre à l’hôpital, chez un médecin ou une sage-femme (si vous êtes une femme). Les constatations médicales seront utiles lorsqu’il s’agira de juger l’auteur des violences. Contacter un avocat
    • Il faut déposer une plainte soit à la Gendarmerie, ou au poste de Police. Si le dépôt de plainte vous est refusé, demander le numéro de téléphone du procureur de permanence, la réception de la plainte ne peut pas vous être refusée
    • Si vous êtes victime de violences au sein de votre couple, vous pouvez déposer auprès du juge aux affaires familiales une requête en vue de la délivrance d’une ordonnance de protection. Vous pouvez faire cette démarche même si vous ne vivez pas en cohabitation avec l’auteur des violences
    • Le bracelet anti-rapprochement sert à vous protéger en tant que victime de violence conjugale, en empêchant votre conjoint ou ex-conjoint violent d’entrer en contact physique avec vous
    • Le téléphone grand danger permet à une victime de violences conjugales de contacter directement une plate-forme spécialisée en cas de danger. C’est cette plate-forme qui alertera la police ou la gendarmerie si nécessaire. La victime pourra être géolocalisée si elle le souhaite.
  • Saint-Jean-de-Maurienne attaquée

    Saint-Jean-de-Maurienne attaquée

    L’année 2022 débute que les attaques par ransomware s’enchaînent. Après Hardisk (Qlocker), Paul Beuscher (Grief) et le pôle Léonard de Vinci à Chambray-lès-Tours, c’est la commune de Saint-Jean-de-Maurienne d’être la cible d’une infection par rançongiciel. Tous les serveurs et le réseau informatique sont paralysés depuis dimanche 16 janvier 2022. La communauté de communes (EPCI) Cœur de Maurienne Arvan fait parti des victimes. Le retour à la normale n’est pas avant fin janvier explique la commune dans son communiqué.

    Alors que les vacances scolaires d’hiver pointent le bout leur nez le 4 février au soir, la commune savoyarde est proie d’un ransomware. Lundi 17 janvier 2022, les 300 agents de l’EPCI Cœur de Maurienne Arvan (3CMA) et de la ville trouvaient une note leur interdisant de reconnecter de quelque manière leur système d’informations, communément appelés pc. L’offensive serait de la même envergure que celle subie par la ville d’Annecy le 25 novembre 2021, ou encore que les centres hospitaliers d’Albertville et Annecy. La « Com Com » avait commencé à déployer un système de protection, rapporte France Bleu, qui a permis de parer une partie de l’attaque et de sauver une partie des données.

    Pas de retour à la normale prévue avant la fin du mois de janvier martèle la présidence de la 3CMA. Impossible de joindre la communauté de communes, le centre communal d’action sociale, l’office de Tourisme Montagnicimes, le syndicat de Pays de Maurienne. Seule la mairie de Saint-Jean-de-Maurienne est disponible au 04 79 64 11 44. (Crédits : DR)

    Immédiatement, Jean-Paul Margueron, Président de la 3CMA, déposait plainte, une enquête est en cours. Un certain nombre de services en ligne seront donc inopérants durant cette période. De la même manière, la 3CMA, le CIAS et plusieurs services sont injoignables téléphoniquement, rappelle le communiqué de la 3CMA.

  • 9 000 euros pour une chasse d’eau

    9 000 euros pour une chasse d’eau

    C’est une histoire italienne qui vaut son pesant de cacahuètes. Une affaire qui a commencé il y a près de vingt ans, en 2003. Imaginez que les murs de votre appartement ou maison soient mitoyens avec votre cher voisin. Il décide de retaper sa salle de bain, et encastre le réservoir d’eau de ses toilettes dans la cloison. Et cerise sur le gâteau, juste de l’autre côté se trouve votre chambre. Cela a suffi à un couple d’Italiens pour porter plainte invoquant l’article 8 de la Cour européenne des droits de l’homme.

    L’affaire a commencé lorsque le couple, qui vivait sur le même palier dans l’appartement voisin, a saisi le tribunal de La Spezia. Cela concernait une nouvelle salle de bains construite par les quatre frères et sœurs propriétaires, qui provoquait « un bruit intolérable au niveau des canalisations ». L’objet du crime se situe dans une station touristique du Golfo dei Poeti (Golfe des poètes). La sixième section civile de la Cour suprême, présidée par le juge Antonello Cosentino a rejeté l’appel appuyant sa décision sur « l’atteinte au droit au repos ». La chasse d’eau des toilettes qui avait été encastrée dans une fine cloison (22 cm), rendant l’utilisation trop bruyante, rapporte Il Giornale. Ils ont été condamnés le 16 janvier 2022 à verser une indemnisation de 500 euros par an depuis 2003, soit 9 000 euros.

    Atteinte au droit au repos

    Concrètement, le bruit constitue, selon les juges, une atteinte au « droit au respect de la vie privée et familiale », qui « est l’un des droits protégés par la Convention européenne des droits de l’homme ». Les quatre frères ont fait appel devant la Cour de cassation, celle-ci a estimé que le son était « nettement supérieur à trois décibels par rapport aux normes fixées par la législation spécifique ». À cette époque, il a également été constaté que le bruit de la chasse d’eau perturbait la quiétude du soir et du matin, « portant atteinte à la qualité de vie normale dans un lieu destiné au repos », ce qui était « aggravé par une utilisation nocturne fréquente ». Il s’agit donc « d’une atteinte au droit à l’expression libre et entière de ses habitudes de vie quotidienne, droit garanti par la Constitution et protégé par l’article 8 de la CEDH, la Convention européenne des droits de l’homme ».

    Un traité international signé en 1950, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, a été invoqué pour faire taire la fameuse chasse d’eau, stupéfiant. (Crédits : DR)

    La Cour suprême, se référant à la Convention européenne des droits de l’homme et, parmi ceux-ci, au respect de la vie privée et familiale, a remémoré que « la Cour de Strasbourg a appliqué ce principe à plusieurs reprises » et a confirmé la sentence de la Cour d’appel reconnaissant « l’atteinte au droit au repos ». Dans vos futurs travaux, faites attention aux normes acoustiques et aux voisins.

  • Masque ou pas masque ?

    Masque ou pas masque ?

    Les débats font rage lorsque des personnes répondent à la question de l’utilité des masques depuis l’apparition à Wuhan du SARS-CoV-2, et le capharnaüm qui s’en suit sur les décisions qui semblent juste politiques depuis le mois de mars 2020. Les ministres de la Santé, comme Olivier Véran, commencèrent par dire qu’il n’y avait aucune pertinence à le porter. Puis le Premier ministre, Jean Castex, ordonne le port du masque dans les centres villes de France, soit dès qu’il existe un trottoir. Mais suspendu depuis le 14 janvier 2022 à Paris…

    Personne n’ose, ne s’aventure ou pis encore, ne sait quoi répliquer à la fameuse question dont la réponse, pourrait-être 42, quoique… Le masque est-il utile dehors, en intérieur ? Des « TikTokeurs » s’amusent par des vidéos courtes à nous interroger : « Pourquoi je dois porter un masque à l’extérieur, et l’enlever chez moi, mais je dois ouvrir mes fenêtres dix minutes toutes les heures, pour faire rentrer de l’air extérieur ? ». De la même manière, si selon les estimations de la sécurité routière on évalue à 20 % les accidents mortels dont la cause principale serait l’alcool. Alors 80 % des autres n’auraient consommé que de l’eau. Oui, c’est choquant comme exemple. C’est pourquoi il faut toujours faire attention à l’utilisation des chiffres, par les politiques, les intervenants lors d’émissions radiophoniques ou télévisuelles, sans oublier les journalistes. La seule consigne avoir les sources du protagoniste, et croiser par trois fois pour certifier ses dires.

    Voici les tailles et types des particules atmosphériques rencontrées par chaque personne sur Terre. (Crédits : Christophe Magdelaine/Notre Planète Info)

    Il faut partir d’un constat simple et primordial, nous sommes entourés de particules naturelles et d’origine anthropique. Puis, avoir à l’esprit deux faits numériques. Les Gouttelettes sont des particules de plus de 10 microns, quand aux Aérosols elles sont comprises entre moins de 5 à 10 microns. La taille des particules peut aller de 0,001 à 100μm. Les aérosols infectieux contiennent des micro-organismes. Selon l’institut national de recherche et de sécurité (INRS), un masque chirurgical est un dispositif médical (norme EN 14683). Il est destiné à éviter la projection vers l’entourage des gouttelettes (>10 microns) émises par celui qui porte le masque. II protège également celui qui le revêt contre les projections de gouttelettes émises par une personne en vis-à-vis. « En revanche, il ne protège pas contre l’inhalation de très petites particules en suspension dans l’air », explique l’INRS. On distingue trois genres de masques chirurgicaux :

    • Type | : efficacité de filtration bactérienne > 95 % d’un aérosol de taille moyenne 3 µm
    • Type Il : efficacité de filtration bactérienne > 98 % d’un aérosol de taille moyenne 3 µm
    • Type IIR : efficacité de filtration bactérienne > 98 % d’un aérosol de taille moyenne 3 µm et résistant aux éclaboussures

    Les masques chirurgicaux doivent filtrer plus de 98 % d’un aérosol de taille moyenne 3 microns pour être qualifiés de type II. Donc il protège des gouttelettes de façon certaine, et une grande partie des aérosols supérieurs à 3 microns, mais pas complètement (il reste 2 %).

    Depuis la mi-décembre 2021, le bond de la part du variant Omicron parmi les cas testés positifs ne se traduit que dans des proportions très faibles en soins critiques.

    DREES

    Un masque dit FFP (filtering facepiece, littéralement « pièce faciale filtrante ») est un appareil de protection respiratoire (norme NF EN 149). Il est destiné à protéger celui qui le porte contre l’inhalation à la fois de gouttelettes et de particules en suspension dans l’air. Le port de ce type de masque est plus contraignant (inconfort thermique, résistance respiratoire) que le fameux chirurgical. Il existe trois catégories selon leur efficacité, qui est estimée en fonction de l’efficacité du filtre et de la fuite au visage.

    Ainsi, on distingue :

    • Les masques FFP1 filtrant au moins 80 % des aérosols de taille moyenne 0,6 µm (fuite totale vers l’intérieur < 22 %)
    • Les masques FFP2 filtrant au moins 94 % des aérosols de taille moyenne 0,6 µm (fuite totale vers l’intérieur < 8 %)
    • Les masques FFP3 filtrant au moins 99 % des aérosols de taille moyenne 0,6 µm (fuite totale vers l’intérieur < 2 %)

    La vraie question est la taille du SARS-CoV-2, ou Covid-19. Avec un diamètre compris entre 0,06 et 0,14 micron, sa dimension le rend quasiment insaisissable par lesdits masques, mais rappelons-nous qu’il est transporté par aérosols et gouttelettes. Pour autant, il n’existe à ce jour, aucune étude scientifique démontrant l’efficacité ni le contraire du bien fondé à les porter. Seuls les avis divergent comme retranscrit FranceInfo. « On explique aujourd’hui que lorsqu’on est à l’intérieur il faut aérer les pièces pour disperser les particules, donc on imagine bien que lorsqu’on est dehors, c’est l’aération maximale possible », explique le docteur Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital de Garches (AP-HP). Tandis que les passants interrogés sont plus enclins, par peur, par habitude, par confort, par certitude à le conserver. Seul bémol, nous prenons régulièrement exemple sur ceux qui nous gouvernent. Quoi penser du ministre de la Santé, Mr Olivier Véran qui pendant des conférences avec le Premier ministre, Jean Castex, retire son masque, le mets en boule, pour le glisser dans sa poche de pantalon, avant de le remettre. Le masque selon les directives du ministère de la Santé et des solidarités, doit être positionné, puis ne plus être touché, sinon, il devient contaminé et ne sers plus à rien. « Quelqu’un lui a dit ? », moquerait Jean-Marc.

  • REvil démantelé par la Russie

    REvil démantelé par la Russie

    Les États-Unis emploient les grands moyens face aux organisations derrière les ransomwares. L’affaire dite de Colonial Pipeline en mai 2021 avait mis le feu aux poudres. REvil était vendu en tant que Ransomware-as-a-Service (RaaS) sur les forums cybercriminels russophones par l’identité numérique « UNKN » depuis mai 2019. Début octobre 2021, un malfaiteur de REvil se savait recherché, car « le serveur est compromis » répondait-il. Il indiquait qu’il quittait la scène, avant qu’il soit trop tard.

    Le Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie a annoncé ce vendredi 14 janvier 2022 avoir démantelé l’organisation de hackeurs REvil, sur demande des États-Unis. Il est considéré comme le groupe de cybercriminels le plus redoutable en manière de ransomware. « Il a été mis fin à l’existence de ce groupe criminel organisé », déclare le FSB dans son communiqué.

    426 millions de roubles, y compris en cryptomonnaie, 600 000 dollars américains et 500 000 euros, ainsi que du matériel informatique, des porte-monnaie en cryptomonnaie utilisés dans les méfaits et vingt voitures achetées avec l’argent obtenu de manière illicite. (Crédits : capture d’écran/YouTube/FSB)

    Le démantèlement fait suite à l’opération des services de sécurité (FSB) et de la police russe. Des perquisitions menées dans les villes de Moscou, Saint-Pétersbourg, les régions de Moscou, Leningrad et Lipetsk, répriment les activités illégales des membres d’un groupe criminel organisé. Au total, quatorze personnes et 25 adresses permettent la saisie de l’équivalent de 426 millions de roubles, soit environ 4,8 millions d’euros et 20 voitures de luxe, clôturant l’épilogue.

  • Ransomware: prison américaine paralysée

    Ransomware: prison américaine paralysée

    Lorsque la réalité dépasse la fiction, ce qui pourrait être tiré des séries Prison Break et Mr Robot, s’est véritablement déroulée. Le mercredi 5 janvier 2022, l’accès des visiteurs au Metropolitan Detention Center a été complètement suspendu, le pénitencier s’étant mis en sécurité. La cause est une infection par codes malveillants de type ransomware. Une situation précaire qui a obligé le centre carcéral américain à confiner tous ses détenus, sans libérations ni visites.

    Une prison du Nouveau-Mexique aux États-Unis a été visée par une attaque rançongiciel. Sans internet, avec des caméras et des portes automatiques hors service, le fonctionnement du centre de détention est dégradé, et les détenus ont été confinés par mesure de sécurité. « Le comté de Bernalillo poursuit son évaluation du ransomware suspecté d’avoir été découvert sur les systèmes du comté de Bernalillo. Le comté a mis hors ligne les systèmes concernés et a coupé les connexions réseau. La perturbation s’est probablement produite entre minuit et 5 h 30 », ont déclaré les responsables du comté dans un communiqué de presse mercredi 5 janvier 2022. Ils informaient les administrés que :

    • Les services d’urgence et de sécurité publique sont pleinement opérationnels
    • L’admission et la libération des détenus du Metropolitan Detention Center (MDC) sont opérationnelles. Il n’y a pas de visites jusqu’à nouvel ordre
    • Le service de santé est pleinement opérationnel
    • Tous les centres communautaires resteront ouverts comme prévu
    • Les services de planification et de développement continuent d’accepter les demandes de permis
    • Le bureau du trésorier accepte les paiements via son portail en ligne, dans les boîtes de dépôt et dans toutes les succursales de la Rio Grande Credit Union

    Une personne qui devait être libérée ce mercredi n’a pas pu l’être à cause de la panne, écrivaient les avocats. Le comté soupçonne que plusieurs bases d’informations du MDC soient corrompues, qui plus est celui contenant les rapports sur des incidents (bagarres, l’usage de la force et les viols…) ainsi que le système utilisé pour stocker les données relatives aux comptes d’économat des détenus, révèle Source NM. Ainsi, ils ont déposé un avis d’urgence en ce sens

    L’arbre qui cache la forêt

    C’est parce qu’elle est située dans le même comté que la prison fut touchée. Les bâtiments gouvernementaux, ainsi que les bureaux publics ont été clos mercredi dans les villes d’Albuquerque, Los Ranchos et Tijeras après qu’une attaque par ransomware ait paralysé le réseau informatique étatique de Bernalillo. Bien que tous les sites Web du comté soient hors services, les dirigeants indiquaient que « les citoyens pouvaient effectuer le paiement de leurs impôts via le site Web du secrétariat du trésorier, qui utilise un portail en ligne distinct »… Les systèmes informatiques et les bureaux publics « devraient rester fermés jeudi et pendant le reste de la semaine », le temps nécessaire pour que les responsables puissent faire face aux conséquences de la cyberattaque. Ils ne sont pas encore rétablis.

    Le nom de la souche de ransomware qui a infecté les systèmes du comté de Bernalillo, comme ci-dessus la ville d’Albuquerque est actuellement inconnue, ainsi que d’autres détails techniques tels que la façon dont les malfaiteurs ont pu accéder aux systèmes du comté. (Crédits : El Sun/Pixabay)

    Elle rejoint désormais une liste restreinte de villes américaines qui ont été touchées par des attaques de ransomware, une liste qui comprend Atlanta, Baltimore, Denver, Knoxville, La Nouvelle-Orléans et Tulsa. Une situation similaire se déroule en France, les collectivités territoriales et certaines administrations sont purement et simplement ciblées par ces offensives dévastatrices, notamment les hôpitaux. « Si les hôpitaux français sont attaqués, c’est parce que c’est facile : leur sécurité est nulle », affirmait Guillaume Poupard, le directeur de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), en septembre 2021 lors du forum international de cybersécurité, ajoutant que « la situation semble toutefois s’améliorer ».

  • Ransomware: Démantèlement d’un serveur « VPN » en Ukraine

    Ransomware: Démantèlement d’un serveur « VPN » en Ukraine

    Le Service de sécurité de l’Ukraine (SSU) a établi que des compatriotes ont créé un serveur pour « pirates » informatiques, et qui ont pu ainsi dérobé, selon les estimations plusieurs millions de dollars, ce à une cinquantaine d’entreprises étrangères. Une collaboration entre l’entité ukrainienne, la cyberpolice et leurs partenaires américains comme britanniques a mené une opération spéciale de grande envergure pour éliminer un serveur pirate sophistiqué. Des enquêtes visant à déterminer et à poursuivre toutes les personnes impliquées sont en cours.

    À l’aide d’un logiciel malveillant de type ransomware, les individus identifiés cryptaient les données d’entreprises. Pour en recouvrer l’accès, ils exigeaient des victimes, une rançon. Au final, plus d’une cinquantaine de compagnies situées en Europe et aux États-Unis furent touchées. Selon le communiqué, « les coûts s’élèveraient à plus d’un million de dollars américains. » Le pot aux roses, que représente les activités de l’organisation criminelle a été découvert par des espions de la cyberpolice, en collaboration étroite avec le quartier général de la police nationale, des agents de la SBU et d’autres des forces de l’ordre du Royaume-Uni et des États-Unis.

    Un VPN d’un autre genre

    Contrairement aux utilisations du VPN de tout un chacun, ceux du groupe offraient des prestations bien plus larges. Ils permettaient notamment le téléchargement immédiat de « virus » informatiques, de logiciels espions et de pléthores d’autres lignes de codes malveillants, via leur plateforme d’échange. Une sorte de Peer-to-peer un peu spécial, mis en place par et pour des opérateurs malveillants.

    Pour légitimer les fonds générés par cette activité illégale, les auteurs présumés ont effectué des transactions financières complexes en employant de faibles services en ligne, y compris ceux interdits en Ukraine, révèle le SSU. De nombreux téléphones, cartes bancaires, argents ont été saisi. (Crédits : Service de sécurité d’Ukraine)

    Le service jouissait d’une popularité conséquente parmi les membres de groupes internationaux de hackeurs. Par exemple, l’infection d’institutions étatiques et commerciales pour collecter des renseignements confidentiels, propager un ver qui crypte les données stockées sur un système d’information et exige de l’utilisateur une rançon pour obtenir la clé de déchiffrement. Mais aussi des attaques par déni de service, ou DDoS pour paralyser le fonctionnement des systèmes, etc.

    Blanchir l’argent sale

    La tête présumée de l’organisation dudit groupe, un Chinois de 36 ans, a mené, avec sa petite amie et trois de ses connaissances, des cyberattaques contre des entreprises étrangères. Lors de neuf perquisitions dans les résidences des auteurs supposés, comme dans leurs automobiles, du matériel informatique, des téléphones portables, des cartes bancaires, des clés USB et trois voitures ont été saisis.

    Le service était exploité à partir d’ordinateurs domestiques et, pour éviter d’être tenus responsables de leurs activités illégales, ils se déguisaient sous différents noms sur le Darknet, explique les autorités. Ci-dessus un des véhicules saisit par les forces de l’ordre. (Crédits : Service de sécurité d’Ukraine)

    Les autorités ont établi « que l’un des suspects avait été renseigné par les services répressifs d’autres pays. Ainsi, l’auteur a recouru un virus pour obtenir les données des cartes bancaires des clients de la banque britannique. Le criminel utilisait l’argent des victimes pour acheter des biens dans des boutiques en ligne et les revendre ensuite. » Les enquêtes se poursuivent pour identifier, appréhender et traduire devant la justice les auteurs présumés en vertu de l’article 3 du Code pénal ukrainien (art. 361, art. 361-2 et art. 209).