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  • L’Iran est-il le siège de tous les maux au Moyen-Orient ?

    L’Iran est-il le siège de tous les maux au Moyen-Orient ?

    Tous les regards sont braqués sur le conflit armé et sanglant entre Israël et le Hamas depuis samedi 7 octobre 2023. Rien ne peux justifier les crimes et violences envers les civils ni d’un côté ni de l’autre. Le conflit entre la Palestine et Israël date de 1948 au moment de la création de cet État. Souvent l’Iran est accusé de bien des maux, entre l’affaire Stuxnet pour lutter contre l’enrichissement d’uranium et le coup d’État de 1953 fomenter par les services secrets britanniques et américains.

    Il y a un peu plus d’un an, Jina Mahsa Amini, jeune femme de 22 ans mourrait pour ne pas avoir porté « correctement » le voile en Iran. Armita Garavand est le nom de la jeune fille de 16 ans qui aurait été passée à tabac par la « police des mœurs », parce qu’elle ne portait pas non. Cette dernière est dans le coma depuis le 1er octobre 2023 dans un hôpital à Téhéran, sous haute surveillance. De l’autre côté la journaliste et militante iranienne Narges Mohammadi, 51 ans a remporté le vendredi 6 octobre 2023 le prix Nobel de la paix « pour sa lutte contre l’oppression des femmes en Iran et pour son combat pour la promotion des droits humains et de la liberté pour tous ».

    L’histoire est celle du pot de terre contre le pot de fer. Le pouvoir à travers la presse officielle réfute toute violence. Dans le journal Hamshahri, en citant le directeur du métro le quotidien dément les « affirmations des médias étrangers » selon lesquelles « une altercation » entre la jeune femme et le « personnel du métro avait causé l’incident ».

    La répression des femmes est montée d’un cran avec une loi adoptée par les autorités. Les contrevenantes au port du couvre-chef pourraient être fouettées, se voir infliger une amende allant à 360 millions de rials iraniens (8061 euros), des restrictions de voyage, privation de l’accès à l’Internet et des peines de prison jusqu’à 10 ans maximum.

    La vidéo montre un groupe de jeunes femmes montant dans le premier wagon du métro, puis ressortir pour allonger celle qui est Armita Garavand. Dans les images diffusées aucune n’est issue de l’intérieur du métro, malgré que caméras de surveillance sont partout. Peu de temps après la télévision d’État diffuse une interview des parents évoquant l’évènement comme un « accident ». De son côté, l’État retransmet une vidéo de six minutes où la personne mise en lumière serait présentée comme Armita Garavand. Sauf qu’en septembre 2022, les autorités avaient déjà diffusé des images de caméras de surveillance et démenti toute implication dans le décès de Masha Amini. Des hommes et des femmes sont morts pour avoir manifesté contre l’obligation du hijab.

    Tandis qu’on voit en France des jeunes femmes et femmes se targuant de vouloir porter le hijab, il est normal de se poser des questions pour comprendre, quand d’autres risquent leurs vies pour être libres. Comme pour le port de l’abaya. Cette dernière est une longue robe, portée par quelques femmes du Moyen-Orient et des pays du Maghreb. Le 2 novembre 2022, le vice-président du Conseil français du culte musulman confirme qu’elle n’est pas une tenue religieuse, mais plutôt une forme de mode vestimentaire. Pour autant, elle semble avoir une consonance religieuse. Comme l’affaire retentissante de 1989 quand trois élèves du collège Gabriel-Havez de Creil refusaient d’enlever leurs voiles en cours.

    Une corruption enracinée

    La corruption est de longue date en Iran. Tant est si bien, qu’elle pourrait hypothétiquement se déverser, bon gré mal gré, sur les pays voisins comme l’Irak. Dès le XIXe siècle, les velléités russes et britanniques s’affrontaient pour obtenir les faveurs de la cour royale dans la période Qajar en Iran. Ensuite jusqu’à la révolution islamique de 1979 les coupables désignés sont les États-Unis et le capitalisme.

    L’ensemble du dossier a été déclassifié en 2000, sur le coup d’État contre le pouvoir en Iran en 1953 mis en place par différents servies secrets.. (Crédits : NSArchives)

    La cour royale a été décrite comme un « centre de licence et de dépravation, de corruption et de trafic d’influence » dans un rapport de la CIA datant du milieu des années 1970. Sauf qu’un article du monde diplomatique d’octobre 2000 révélait que la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright reconnaissait l’implication des États-Unis dans le coup d’État qui renversait le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh, en 1953. Le rapport de la CIA divulgué en avril 2000 par le New York Times montrait le rôle des services secrets britanniques et américains dans un évènement qui renversa le rapport de forces au Moyen-Orient, l’opération Ajax.

    Malgré que l’Iran est signé et ratifié, la convention des Nations Unies contre la corruption, elle est présente dans des affaires retentissantes : le complexe sidérurgique Mobarakeh, la banque Sarmayeh, la banque Melli ou le cas de l’homme Akbar Tabari, libéré en juin 2023 des prisons iraniennes malgré une peine de 31 ans de prison. (Crédits : Transparency)

    La corruption est visée par un indice de 0 à 100. Avec un score de 25, la République islamique d’Iran se classe à la 147e place sur 180. La corruption est enracinée, mais à qui la faute. Que ce soit en Iran comme en Irak, le bakchich est monnaie courante. Pour refaire ses papiers en Irak, la moindre excuse est valable pour que les autorités vous envoient dans un autre bureau : mauvaise orthographe, une virgule manquante… De ce fait chaque intermédiaire touche une certaine somme d’argent. Mais les yeux se tournent vers l’Iran depuis plusieurs années. Accusé de corruption, le géant iranien de l’acier Mobarakeh Steel Company est dans la tourmente. Le mastodonte est accusé de corruption pour un montant faramineux de 3 milliards de dollars après la publication d’un rapport parlementaire.

    Opération du Hamas

    Le journal Javan proche des « Gardiens de la révolution » se réjouit de l’ampleur de l’offensive lancée le samedi 7 octobre 2023 rapporte Courrier international. Le Wall Street Journal n’y va pas par quatre chemins en titrant : « Iran Helped Plot Attack on Israel Over Several Weeks ». Le quotidien américain annonce que l’Iran a participé à la préparation d’un attentat contre Israël pendant plusieurs semaines. « L’Iran a joué un rôle dans cette attaque. L’Iran finance le Hamas et le Jihad islamique, fait entrer clandestinement des armes à Gaza et fournit une aide technique pour la construction de roquettes et de drones », martèle Gregg Carlstrom.

    Le journaliste indique que le saccage du Hamas « portait des marques de soutien iranien » (armes, formation, aide financière), mais « aucune preuve ferme à ce jour que l’Iran a autorisé ou directement coordonné l’attaque. » Il faut garder raison face aux conclusions hâtives, et surtout sans preuves. La communication est une arme massive qui intéresse n’importe quel camp du moment que la parole va dans le sens de leurs idées ou actions. Elle devient alors propagande. L’histoire de l’invasion de l’Irak en rapport aux armes de destructions massives est un mensonge d’État, surtout venant de la part d’un ancien président des États-Unis, Georges W. Bush.

    Cela dit, il faut comprendre que l’opération du Hamas change la réalité au Moyen-Orient. Ce qui pourrait obliger l’Iran à se découvrir. La question du nucléaire tient sa place également. « Le Hamas a-t-il utilisé l’aide iranienne ? Certainement oui. L’Iran avait-il un intérêt dans cette action ? Oui. Le Hamas a-t-il besoin de l’autorisation de l’Iran pour opérer ? Non. Y a-t-il eu une coordination précoce entre le Hamas, l’Iran et le Hezbollah ? C’est possible », relate sur X (ex-Twitter) Raz Zimmt, spécialiste de l’Iran à l’Institut pour les études sur la sécurité nationale (INSS) de l’université de Tel-Aviv.

    Le président Bush mettra en place une commission pour enquêter sur les erreurs commises concernant les armes de destruction massive. L’administration américaine finira par reconnaître l’année suivante qu’elles n’existaient pas. (Crédits : Marc Pascual/Pixabay)

    Plus de dix ans après la guerre, une enquête du New York Times révélait que des armes chimiques avaient pourtant été découvertes. Mais elles n’avaient pas été fabriquées par Saddam Hussein. « Les munitions avaient été conçues aux États-Unis, fabriquées en Europe et remplies de produits chimiques sur les lignes de productions irakiennes, par des sociétés occidentales », précise le New York Times. Le but était tout simplement économique : la quête de l’Or noir irakien. À savoir si l’Iran est l’origine des maux du Moyen-Orient, il faut des preuves pour affirmer de telles choses, les présomptions ne suffisent pas. Ce qui est sûr est que son pouvoir est grand, son influence au Moyen-Orient et sa corruption également.

  • Électricité, sobriété et véhicules électriques : le paradoxe

    Électricité, sobriété et véhicules électriques : le paradoxe

    Tout les médias indiquent, relatent, s’offusquent d’une hausse du prix de l’énergie électrique. Sujet sensible, car tout un chacun, chaque foyer est impacté, sauf ceux qui n’ont pas accès à la fée électricité chez eux. Que ce soit par choix, par manque de moyen financier, ou suite à une coupure de la fourniture d’énergie par le fournisseur. La Première ministre, Élisabeth Borne évoquait, en conférence de presse le 14 septembre 2022, que le coût de l’électricité allait croître de 15 % en février 2023, pour les ménages français.

    « Je ne comprends pas », s’étonne M Phot

    « Ah, quelle chose ne comprends-tu pas ? », interroge Mme Kharéson.

    « Tous les ministres jusqu’au président te disent qu’il va falloir te serrer la ceinture au niveau électrique. Que depuis 30 ans, il n’y a plus de construction de centrale nucléaire, qu’au contraire un programme les amène à en fermer la moitié. Qu’il faut passer à la transition énergétique, mais que les énergies renouvelables ne couvriront jamais les besoins en énergie. Mais ils persistent et signent sur le tout électrique, alors que nous allons manquer de production d’électricité, et que pour diverses raisons, le coût de production explose de façon exponentielle ».

    L’oubli est humain. Le jugement ne sert à rien si vous ne vous l’appliquez pas à vous même, dans le but d’être une meilleure version de vous même. (Crédits : DR)

    À Paris comme à Poitiers, les maires, ici deux femmes, Anne Hidlago et Léonore Moncond’Huy ont décidé de couper l’éclairage de certains lieux, monuments, rues et quartiers. Sur l’extinction des monuments parisiens à 22 h et la tour Eiffel à 23 h 45, Agnès Pannier-Runacher a commenté ce vendredi sur RMC-BFMTV : « La sobriété ce n’est pas arrêter de vivre, ce n’est pas arrêter de travailler, ce n’est pas arrêter de recevoir des touristes. La sobriété c’est de faire les économies qui ont le plus de sens en matière d’économie d’énergie. »

    « Quelqu’un leur a dit, sérieusement. Même notre voisin, qui n’est pas le pingouin qui glisse le plus loin, a compris. Alors eux… »

    Il est vrai que cela a de quoi interroger. Actuellement, tous semblent fonctionner grâce à l’électricité. Les vélos à assistance électrique, les trottinettes pour la majeure partie d’entre elles, les voitures électriques ou hybrides, les trains, votre cafetière, votre poêle à granulés (dont le combustible est introuvable ou hors de prix), les livres se déclament sur tablette, et cetera, et cetera. Même nos jouets privés, mesdames fonctionnent grâce à l’électricité, sur batterie portable nommée pile. Bref vous l’aurez compris, dans votre domicile, tous les appareils, mis à part votre moulin à café qui appartenait à votre arrière-grand-mère, fonctionnant à l’huile de coude.

    Faites la liste des appareils qui sont encore en fonctionnement dans votre foyer lorsque vous venez d’abaisser le bouton principal du disjoncteur. (Crédits : Artturi Mäntysaari/Pixabay)

    De plus, rapport du GIEC martèle qu’il faut baisser notre consommation qui produit les gaz à effets de serre comme le CO2 ou le Méthane. Elle évoquait la pertinence à devenir indépendant des énergies fossiles. « C’est ça le combat que l’on doit mener, sur les énergies renouvelables, la géothermie, la biomasse, l’éolien… ». Sauf que suite au conflit armé entre la Russie et l’Ukraine, les approvisionnements de gaz sont moindres ou interrompus. Alors la France, bon gré mal gré fait venir du gaz américain issu du gaz de schiste. Dans la même interview sur RMC-BFMTV, elle répondait que « nous savons pertinemment que l’exploitation du gaz de schiste contribue à renforcer le réchauffement climatique ».

    « Voilà, je ne comprends pas que le gouvernement et le président de la République française nous poussent à nous équiper du tout électrique, et à continuer d’acheter des voitures électriques ». Le 11 septembre 2022, la ministre de la transition énergétique Agnès Pannier-Runacher s’exprimait au micro du Grand Jury chez RTL.

    Les voitures électriques dont certaines sont équipées d’un son pour indiquer leur présence. Un autre paradoxe pour une voiture qui lutte contre la pollution et qui se veut écologique. Tout n’est que paradoxe sur Terre. (Crédits : Stefan Schweihofer/Pixabay)

    « Est-ce qu’encore aujourd’hui, vous dites aux Français d’acheter des voitures électriques, alors que le prix de l’électricité explose ? », questionnait le journaliste.

    « Tout à fait. Le problème de production d’électricité se pose essentiellement au moment des pics de consommation, expliquait-elle. Ce que les gens ne savent peut-être pas c’est que précisément, d’avoir sa voiture électrique branchée sur le réseau, c’est une réserve d’électricité disponible pour ce réseau. Et vous avez un certain nombre de fournisseurs de batteries qui sont en capacité de renvoyer l’électricité vers le réseau dans les moments de tension ».

    La ministre évoque technologie et les véhicules V2G, très bien. Actuellement, la borne de recharge V2G by DREEV est compatible avec les voitures électriques de type Nissan Leaf, Nissan e-NV200, Mitsubishi iMiev, Mitsubishi Outlander PHEV, Peugeot iON et Citroën C0. Pour cela il faut faire installer les bornes dédiées. Selon la simulation, si votre entreprise est alimentée en monophasé, oubliez tout de suite. Quant au reste, Paris n’est pas la France.

  • Il y a cent ans… la fièvre de l’huile

    Il y a cent ans… la fièvre de l’huile

    Certaines frénésies apparaissent lorsque l’être humain découvre une source de bénéfice, comme nous entendons parler de la fièvre de l’or. Le pétrole trouvé en Pennsylvanie le 19 juin 1922, rend selon les journaux, les populations atteintes par une fièvre étrange. L’or noir était déjà au centre des préoccupations, il y a un siècle. Une question sur ce sujet posée aux délégués durant de la conférence de Gènes, perturbaient tant ces derniers qu’ils en oublièrent l’interrogation principale : la « reconstruction de l’Europe ».

    Nous sommes dans une conjoncture ubuesque, les carburants les plus usités dépassent allégrement à la pompe le prix de deux euros le litre, sans que les Français disent mot. Ils semblent s’accommoder de pareille situation, comme s’ils ne pouvaient rien y faire. Les conversations entendues de couples aux caisses des supermarchés sont effrayantes, hésitant à se nourrir en délaissant des produits, ou calculer à dix euros près la marge pour pouvoir faire le plein « d’essence ». Heureusement qu’à compter du 1er avril 2022 « vous bénéficiez d’une remise de 15 ct d’Euro par litre » prise en charge par l’État, sauvé…

    Le 2 juin 2008, le prix du baril dépassait les 140 dollars, sauf que le taux de change métamorphosait la donne : le 11 juillet 2008, un euro s’échangeait ainsi contre 1,57 dollar. Soit le prix de l’unité à 93,63 €. Ce dimanche 19 juin 2022, un euro s’échange à 1,0495 dollars, le baril à 113,61 $, soit 108,25 € (à 9 h 14), quatorze euros de plus qu’en 2008. (Crédits : prixdubaril)

    Les comparaisons s’effectuent sur les réseaux sociaux, sur le coût de 2008 et celui de 2022. Les prix, à la pompe des stations-service, des produits pétroliers reflètent les évolutions de leurs différentes composantes (cours du pétrole brut, marge de raffinage, marge de transport-distribution, fiscalité). Le premier est issu de trois cours :

    • le Brent (brut de la mer du Nord), traité à l’ICE (InterContinental Exchange) de la bourse de Londres
    • le pétrole brut de type WTI (West Texas Intermediate), traité au Nymex de la bourse de New-York
    • le Dubaï au Moyen-Orient, traité à la bourse de Dubaï.
    Année20082010201220142016201820202022
    Pris le plus bas40,2573,6495,1662,5130,6957,3618,3886,51
    Prix le plus haut133,1991,47125,45111,8063,3181,0363,65117,25
    Moyenne annuelle96,9979,44111,6699,0243,5471,0541,75103,71
    Valeur d’échange d’un Euro0,63320,75530,77810,75390,90390,84770,87690,9130
    Pris du baril de Brent en dollar américain, et taux moyen de l’euro face au dollar américain (Crédits : Reuters/DGEC)

    La valeur fluctue d’année en année, tant par la demande que par la production. Mais également par la marge brute de raffinage, qui selon les chiffres du ministère de l’Écologie sont passés de 30 euros la tonne, en janvier 2022 à 140 au mois de mai. Tandis qu’elle ne dépassait jamais les 50 € depuis 2017 comment expliquer le prix ?

    Comment expliquer le prix ?

    Tout et son contraire sont entendus. Un commerçant, comme tout un chacun, a besoin de papier-monnaie pour vivre en ce bas monde, l’État en est un. L’écart entre le prix du produit au départ et celui que vous payez en caisse s’appelle en définitive taxe. Mais il faut différencier le produit revendu sans transformation de l’autre. Le premier connaît un prix fournisseur, qui est le prix d’achat hors taxe (HT). Le deuxième est le coût d’achat, qui est le prix d’achat plus les frais (exemple le transport). Puis le prix de vente HT, représente le coût d’achat auquel s’ajoute la marge. Enfin le prix toutes taxes comprises (TTC) qui reprend le prix de vente plus la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

    Le prix du carburant, qui est actuellement de 2,07 euros pour un litre de Gazole, ne dépend pas uniquement du prix du baril de Brent, mais de trois autres composantes : les marges de raffinage, de transport-distribution et la fiscalité. (Crédits : Ufip Énergies et mobilités)

    La différence entre celui qui est transformé, voire entièrement fabriqué est le prix de revient : somme des coûts d’achat HT des matières et produits entrant dans la composition du produit à vendre + main-d’œuvre + cotisation sociale + amortissements de l’outil industriel + frais de commercialisation. L’État français propose à tous de consulter des données sur les prix des carburants HT et TTC. Elles sont disponibles, sur le site commun du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, et du ministère de la transition énergétique.

    CarburantGazoleSuper SP85Super SP95-E10Super 98Superéthanol E85GPLc
    Prix HT1,11541,08451,07501,14110,59240,5821
    Prix TTC2,06942,13092,09602,19890,85280,8370
    Différence0,9541,04641,0211,05780,26040,2549
    Moyenne des prix pétroliers vendue à la pompe en France, pour les données du 10 juin 2022. (Crédits : Gouv)

    Deux taxes s’ajoutent au prix des carburants : la TICPE (qui inclut la « taxe carbone ») et la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée). Elles représentent entre 50 et 60 % du prix des carburants, selon l’Union française des Industries pétrolières (Ufip). La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), anciennement TIPP est la plus importante. Elle représente à elle seule environ 40 % du coût du carburant à la pompe. De manière générale, la TICPE est redevable par les professionnels gérant la production, l’importation, le stockage ou les deux. La valeur de la taxe concernant le carburant est ensuite répercutée sur le prix du carburant. Depuis 2014, elle intègre la « composante carbone », qui doit financer la transition énergétique et aurait dû augmenter progressivement chaque année jusqu’en 2022.

    Face au mouvement dit des « gilets jaunes », le gouvernement l’a momentanément stoppé en la gelant en décembre 2018, comme ci-dessus. (Crédits : Capture d’écran du guide 2021 sur la fiscalité des énergies du ministère de la Transition écologique)

    Sur un litre de Super SP95-E10 à 2.13 €, la taxe de TICPE et la TVA totale représentent 1, 046 €. Sans la ristourne de 15 c €, le prix serait de 2.145 €. Dans cet exemple, la TICPE et sa TVA sont de 38,92 %. Le 10 juin 2022, Le Parlement européen a voté en faveur de l’interdiction, à partir de 2035, de la vente de véhicules neufs à moteur thermique, soit à essence ou au diesel. Les eurodéputés ont statué par 339 voix pour, 249 contre et 24 abstentions.

    « Sur le plan écologique, on peut difficilement dire que cela est une mauvaise chose. Cela va permettre d’éliminer la pollution en ville et réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, 30 % des gaz à effet de serre proviennent de l’automobile. En revanche, cela est moins évident sur le plan économique et social. Basculer d’une technologie à une autre en si peu de temps ne sera pas évident », explique Luis Le Moyne, expert automobile et professeur à l’Institut Supérieur de L’Automobile et des Transports à Capital.

    Comment les déplacements s’effectueront-ils, au vu de la capacité des véhicules électriques ? La fabrication ? La pollution engendrée en amont ? Des sujets sur la transition dite écologique qui ne sont discutés, semble-t-il, nulle part. Seul (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    Imaginons que toute la planète passe à la voiture électrique, y aura-t-il assez d’énergie produite pour tous, alors que nous sommes incapables de la stocker ? Quel sera le prix du kilowattheure, quand nous roulerons tous à l’électrique ? Quand on voit le vote suisse du 16 juin 2022 indiquant que « le Conseil des États a balayé par 24 voix contre 8 la motion de Hansjörg Knecht (UDC/AG) qui aurait voulu modifier la loi sur l’énergie nucléaire afin de rendre à nouveau possible un jour la création de nouvelles centrales ». Qui la produira ? D’autant que les batteries au Lithium dont l’extraction pose des problèmes graves écologiquement. Des questions, auxquelles des réponses sont me semble-t-il, intéressantes et nécessaires.

  • Il y a cent ans… quand les réserves d’énergies fossiles questionnaient

    Il y a cent ans… quand les réserves d’énergies fossiles questionnaient

    Les Français seraient-ils, comme les autres pris pour des imbéciles ? C’est une excellente et primordiale interrogation. Le 9 juin 1922, C.-M. Savarit, journaliste à L’Écho de Paris écrivait un article sur « le gaspillage de nos réserves d’énergie ». Dans celui-ci, il indiquait s’être épanché sur la question le 20 mai. Selon les experts de l’époque, il n’y aurait plus de pétrole d’ici quinze à vingt ans. Que penser des gouvernements, des grandes compagnies, experts… au vu des prix des carburants sous couvert du conflit armé russo-ukrainien ?

    Le constat de consommation de l’or noir affolait, sachant que le combustible était devenu l’un des éléments essentiels de l’industrie moderne, en 1922. Ce qui directement ou indirectement n’a guère changé. « L’utilisation mondiale du pétrole, était en 1860 d’environ 355 000 barils — de 189 litres — est devenue, en soixante ans, presque 2 000 fois plus importante, avec 694 850 000 barils en 1920 », affirmait l’écrivain et journaliste. Les États-Unis et le Mexique fournissaient à eux deux 87,5 % de la production internationale. Il ne restait que 12,5 % pour les autres pays, à savoir la Russie (4 %), les Indes britanniques et néerlandaises (2,8 %), la Perse (1,8 %), la Roumanie (1,1 %), la Pologne (1 %) et le reste du monde (1,4 %). Le service géologique, avec les outils qu’il avait à leur disposition en 1920, estimait que « les richesses en pétrole des États-Unis sont épuisées dans la proportion de 40 % et en supposant que la consommation actuelle se maintienne, ce qu’il reste sera épuisé dans seize ans ».

    PaysVenezuelaArabie S.IranCanadaIrakKoweïtÉAURussieLibyeUSA
    Réserves en milliards de barils303,806258,6208,6170,3145,019101,597,88048,36347,107
    Production en millier par jour5959 3133 1104 4394 0852 5273 09110 1121 23811 188
    « Sommes-nous donc menacés de mourir de froid et de misère sur notre globe, par l’effet du gaspillage de nos réserves d’énergies, par la faute de l’imprévoyance de l’être humain, dans un avenir relativement rapproché ? ». (Crédits : Country Economy)

    L’homme constatait déjà qu’ils existaient des énergies bien plus puissantes : « Quel est l’unique fournisseur d’énergie sur notre globe, c’est celui qui nous fournit le pain et le vin chaque année, le Soleil, qui enlève l’eau des mers pour nous la rendre en chutes et rivières, qui continue à faire pousser les forets, comme au temps géologique […] ». Il tirait une conclusion qui quelles que soient les erreurs des experts sur les chiffres livrés, il ne résulte que depuis la seconde partie du XIXe siècle le monde a été un formidable prodigue de ses réserves d’énergies, et qu’il est grand temps qu’il mette de l’ordre dans ses affaires.

    L’écologie semble être au cœur des préoccupations politiques des législatives des 12 et 19 juin 2022 en France. Si bien que le parti récemment créé qu’est la nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES) à grand coup de communication nous amène à regarder l’évolution du climat. Ainsi à Poitiers où les élus de la commune et candidats ont marché au milieu de la rivière Le Clain, au niveau du pont Joubert pour démontrer le manque d’eau, et par ricochet l’influence de l’Homme sur la planète.

    « Nous avons un quart des départements en alerte sécheresse et puis bientôt plus pour cet été. Notre intérêt à nous, qui pensons gagner les élections législatives et donc de gouverner le pays, est de lancer l’alerte avant », explique Jean-Luc Mélenchon à la Nouvelle-République.

    En 2021, la production mondiale de lithium s’élevait à environ 100 millions de tonnes, hors USA. L’or blanc a vu sa production mondiale presque quadruplée en une décennie. La Chine en contrôlait déjà en 2018 près de la moitié à l’échelle planétaire. (Crédits : Ivan Alvarado/Reuters)

    Les gaz à effets de serre, la pollution des énergies fossiles, la sécheresse, l’évolution du climat… tout met en exergue les naturelles, dites renouvelables, comme les automobiles électriques, qui sont propres. L’État français veut développer l’automobile propre et les voitures électriques, car « réduire les émissions de gaz à effet de serre, la dépendance énergétique et améliorer la qualité de l’air en milieu urbain : c’est tout l’enjeu du développement des véhicules propres. Cette filière constitue aussi un enjeu industriel majeur pour le secteur automobile. » Or toutes batteries usent du composant qu’est le Lithium (Li sur le tableau périodique de Mendeleïev).

    Pays comptant les plus grandes réserves de lithium dans le monde en 2020. Deux des pays dans le trio de tête sont situés en Amérique latine. (Crédits : Statista)

    Les réserves mondiales, selon l’USGS (Institut d’études géologiques des États-Unis) — exploitables — étaient estimées en 2021 à 21 millions de tonnes, dont près de la moitié au Chili (9,2 Mt). Les ressources (sans tenir compte des conditions d’exploitation) sont évaluées à 86 millions de tonnes au total. Les principaux gisements identifiés sont dans le « triangle ABC » de « l’or blanc » en Amérique latine, généralement sur des lacs d’altitude « salars » : Bolivie (21 Mt estimés), Argentine (19,3 Mt) et Chili (9,6 Mt).

    Quelles sont les méthodes de production et risques pour environnement ? Elles sont de trois types :

    • Pompage de saumures chargées de lithium et évaporation pour isoler les cristaux. La méthode, largement utilisée en Amérique latine, est critiquée par les ONG pour l’assèchement des ressources hydriques qu’elle provoque dans le milieu
    • L’utilisation du procédé à base de spodumène en Europe pour isoler et purifier l’Or blanc permet d’économiser l’eau
    • Recyclage des batteries pour récupérer les métaux. Selon la Commission européenne, cela devrait permettre « de réduire les besoins en matières premières de 10 % d’ici 2040 »
    Au beau milieu du désert d’Atacama au Chili, des piscines de saumures d’une mine de lithium, le métal devenu incontournable pour fabriquer toutes les batteries des voitures électriques, des smartphones et autres appareils high-tech contemporains. L’endroit est le plus aride du monde, avec un taux d’humidité ne dépassant jamais 3 %. (Crédits : Ivan Alvarado/Reuters)

    Chaque candidat se saisit du sujet du manque d’eau et de la sécheresse à des fins politiques, vantant les mérites des véhicules à carburant électrique. Si les réserves de lithium nécessaire aux batteries, les méthodes d’extraction sont, semble-t-il, gourmandes en eau. Le pompage de saumures réclame de grandes quantités d’eau, et provoquent, selon les ONG l’assèchement des ressources hydriques comme au Chili.

    La production mondial du Lithium croît sans cesse depuis dix ans. (Crédits : Statista)

    « Environ 2 millions de litres d’eau sont évaporés pour produire une tonne de lithium. » La seconde est la fabrication de carbonate de lithium à partir de spodumène, elle est énergivore. Les concentrés de spodumène doivent être chauffés à environ 1100 °C pour le rendre plus réactif. Puis, ils sont broyés finement, mélangés à de l’acide sulfurique, chauffés à 250 °C pour produire le sulfate de lithium et, ensuite, lavés à l’eau pour dissoudre le sulfate de lithium.

  • Il y a cent ans… le pétrole russe

    Il y a cent ans… le pétrole russe

    Le pétrole russe est toujours d’actualité, même cent ans après. En effet le 5 mai 1922, lors de la conférence de Gènes, Le Petit Parisien relatait qu’elle était une belle monnaie d’échange. Car, il y a un siècle la Russie avait du pétrole en abondance et fort bien placé pour une exploitation facile. Les gisements de la précieuse huile minérale se trouvent en quantité aux abords de la mer Caspienne. Selon les statistiques de 2020, la Russie occupe le 6e rang mondial des réserves d’or noir.

    En 1922, les bolcheviks commençaient par confisquer, ou socialiser avec l’URSS, toutes les exploitations de Bakou. « Il semble que n’ayant plus d’or, et personne ne voulant de leur papier-monnaie, ils aient songé à les offrir pour avoir un peu d’argent frais, à une grande firme britannique pétrolière. » Ce serait si simple, sans une ou deux petites choses insignifiantes. « Quelques-unes de ces concessions qu’on offrirait à des financiers britanniques appartiennent à des sociétés belges ou françaises », écrivait le journaliste.

    PaysVenezuelaArabie SaouditeCanadaIranIrakRussieKoweït
    Réserves prouvées en 2019 (milliards de barils)303,8297,6169,7155,6145107,2101,5
    Part mondiale (en pourcentage)17,5217,169,798,978,366,185,85
    Les réserves mondiales de pétrole selon les chiffres publiés en 2020, sur les stocks de 2019.

    Mais la préoccupation venait d’outre-Atlantique, car les États-Unis sont aussi un des grands producteurs. Les démentis s’enchaînaient lors de la conférence. Le directeur de Shell, à l’époque Sir Robert Waley Cohen, contredisait la rumeur selon laquelle il aurait conclu un accord avec le gouvernement russe. « Il est parfaitement exact que depuis la révolution russe, nous avons essayé de recouvrer les terrains pétrolifères qui nous appartiennent en Russie, mais nous avons refusé de participer à un règlement qui n’offrirait pas les mêmes avantages aux autres intéressés. » En 2022, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a présenté ce mercredi 4 mai un sixième paquet de sanctions contre la Russie, afin de « tarir » le financement du conflit mené par Vladimir Poutine, soumis à la validation des États membres.

  • Il y a cent ans… un asile d’aliénés anglais devient fou

    Il y a cent ans… un asile d’aliénés anglais devient fou

    Une scène tragique se déroulait à Nottinghman relate L’Homme Libre le 17 avril 1922. Les infirmières et infirmiers de l’asile demandèrent aux autorités administratives d’améliorer le régime alimentaire. Suite au rejet de la requête, les personnels soignants prirent la décision ferme de priver de soins et de nourriture les pensionnaires de l’asile, jusqu’à ce que satisfaction leurs soient donnée. Comme il fallait s’y attendre, les résidents perdirent complètement la boule.

    Ils devinrent furieux et commencèrent à détruire le matériel de l’établissement. La direction, désemparée appela la police en renfort. La stupeur et surprise des agents des forces de l’Ordre furent absolues. Toutes issues barricadées, les policiers reçurent différentes sortes de projectiles lancés depuis les fenêtres du premier étage, par les soignants. Sauf qu’un détail important leurs échappa, les pensionnaires se trouvèrent au rez-de-chaussée, et au complet. Les policiers arrivèrent à entrer, et furent assaillis par les aliénés libérés de toute entrave.

    Les tensions existaient déjà entre les États-Unis et le Mexique en 1922. En cause des levées de séquestres sur des terres pétrolifères. Elle devrait augmenter la production d’or noir et baisser le coût des carburants, comme quoi la vie est un éternel recommencement. (Crédits : L’Homme Libre/BnF/Gallica)

    Ne pouvant faire usage de leurs armes à feu, un combat corps à corps s’engagea. Un fou mordu l’un d’entre eux à la gorge et décéda par étranglement, un autre eu les yeux crevés. Il fallut attendre les pompiers avec les pompes pour extirper les malheureux. Arrêter le personnel soignant fut transporté de l’asile à la prison municipale. Les policiers durent cette fois-ci affronter le courroux de la population, car ces derniers voulurent lapider les infirmiers et infirmières sur le trajet, montrant l’indignation populaire.

  • Attaque de la Russie contre l’Ukraine

    Attaque de la Russie contre l’Ukraine

    Le président Vladimir Poutine ignore la condamnation unanime, ainsi que les sanctions prononcées par les dirigeants. L’homme d’État russe s’est targué de manière déconcertante de l’arsenal nucléaire de son pays. Il a menacé tout pays tentant d’interférer de « conséquences que vous n’avez jamais vues ». Stupéfaction et sidération semblent être les maîtres mots de tout un chacun, alors que tout remonte à l’année 1991. Les diverses opérations militaires de la Russie en Ukraine comme ailleurs n’étonnent, semble-t-il, « que les ignorants ou ceux qui feignent de l’être ».

    À l’ère de l’internet 2.0, les cyberattaques ne seraient-elles pas des signes avant-coureurs d’une offensive classique ? La réponse semble sauter aux yeux, depuis le début de l’année. Le 15 janvier 2022, l’Ukraine affirmait avoir des « indices préliminaires » indiquant une possible implication de services secrets russes dans celle perpétrée la veille contre plusieurs de ses ministères. « Le service de sécurité ukrainien a obtenu des indices préliminaires suggérant que des groupes de pirates informatiques associés aux services secrets russes pourraient être à l’origine de la cyberattaque massive d’aujourd’hui », gazouillait Oleg Nikolenko, porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères.

    Selon un communiqué du service de sécurité (SBU), les cyberattaques menées dans la nuit de jeudi 13 à vendredi 14 janvier 2022 visaient 70 sites web gouvernementaux. Dix d’entre eux ont fait l’objet de l’« ingérence non-autorisée », a ajouté le SBU, sans que ceux-ci ne soient victime de fuite de données personnelles n’a eu lieu. (Crédits : DR)

    L’attaque informatique concernant les infrastructures stratégiques ukrainiennes a pour finalité de désorganiser les autorités. Il est un des scénarios évoqués comme un signe avant-coureur probable d’une offensive militaire classique. L’Ukraine a plusieurs fois été la cible de cyberattaques prêtées ces dernières années à la Russie, notamment en 2017 contre plusieurs infrastructures critiques et en 2015 contre son réseau d’électricité, plongeant le pays dans un black-out.

    Un message explicite et menaçant avait été publié par les opérateurs en plusieurs langues. « Ukrainiens, prenez peur et préparez-vous au pire. Toutes vos données personnelles ont été téléchargées sur le Web », pouvait-on lire, selon un correspondant de l’AFP. Ce message était accompagné de plusieurs logos, dont un drapeau ukrainien barré. Cela, à un degré moindre, évoque l’affaire l’affaire dite « Olympics Games » avec le virus Stuxnet. Étrangement, mardi 15 février 2022, le site Web du ministère ukrainien de la Défense et des forces aéroportées ukrainiennes a été perturbé.

    Un point d’Histoire

    Le 8 décembre 1991, l’URSS, suite aux accords de Minsk, n’est plus. « Nous, la République de Biélorussie, la Fédération de Russie et la République d’Ukraine, en tant qu’États fondateurs de l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS), qui a signé le Traité de l’Union de 1922 […] a cessé d’exister en tant que sujet de droit international et réalité géopolitique. » S’en suivent plusieurs accords, le traité de Minsk en 1994 dans la bataille Haut-Karabagh (région du sud-ouest de l’Azerbaïdjan), qui est foulé avec la Guerre des 44 jours, ou le pays perd un tiers de son territoire.

    Une habitation brûle près de Kalbajar, cinq jours après le cessez-le-feu. Certains villageois préfèrent détruire leurs maisons et tous leurs biens, pour ne rien laisser aux belligérants de la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, avant de fuir. (Crédits : Alexander Nemenov/AFP)

    Le traité de sécurité collective de 1995, signé à Minsk le 26 mai, entre la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Arménie et la Géorgie, sera prorogé de 5 ans en 1999 pour devenir l’Organisation du traité de sécurité collective, le 7 octobre 2002. Elle a la volonté de devenir analogue à l’OTAN et de s’assurer que ses alliés sont prêts à combattre contre un ennemi commun au nom des intérêts communs. Puis, le premier protocole de Minsk est un accord de paix le 5 septembre 2014 pour stopper la guerre en Ukraine orientale entre pro-Ukrainiens et pro-Russes.

    Enfin, « Minsk 2 », est conclu le 12 février 2015 en treize points entre le gouvernement de Kiev et deux chefs séparatistes pro-russes, pour mettre, en vain, fin à la guerre du Donbass. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’attaque horrifiante perpétrée par la Russie contre l’Ukraine, sans aucune justification et en l’absence totale de provocation. Nos pensées vont à toutes celles et à tous ceux qui ont perdu la vie ou ont été blessés, ainsi qu’au peuple ukrainien. Nous condamnons également le Bélarus pour avoir facilité cette attaque », s’insurge l’OTAN. La Russie en 2014 envahissait, puis annexait la péninsule ukrainienne de Crimée après une révolution pro-occidentale. Est-ce la reconquête de l’empire perdu, trente ans plus tôt ?

    Actions, réactions et sanctions

    Les marchés boursiers internationaux ont dégringolé et le baril dépassait les 100 $, en fond, les craintes d’augmentation des prix du chauffage et des denrées alimentaires. La Russie et l’Ukraine sont de grands producteurs non seulement de marchandises énergétiques, mais aussi de céréales et de diverses autres matières premières. Une guerre pourrait bouleverser les approvisionnements mondiaux, tout comme les sanctions imposées par les États-Unis et d’autres alliés.

    Les deux pays concernés fournissent quasiment autant de céréales que les États-Unis. Côté pétrole la Russie en 2020 représentait 12,6 % de la production derrière les USA (17,1 %) et devant l’Arabie Saoudite (12,5 %), la France est à 1,5 %. En gaz la Russie (16,6 %) est juste seconde suivant le pays de l’Oncle Sam (23,7 %), la France livre 1,1 %. (Crédits : Passion Céréales)

    Le ministère russe de la Défense a confirmé que ses forces terrestres avaient pénétré en Ukraine à partir de la Crimée et qu’elles avaient avancé vers la ville de Kherson, au nord-ouest. Avant d’ajouter que 83 installations militaires ukrainiennes avaient été détruites. Vladimir Poutine avait affirmé au préalable que « la Russie n’avait pas l’intention d’occuper l’Ukraine, mais prévoyait de la démilitariser. »

    L’action d’envahir un pays avec des forces armées définit le terme « Invasion » selon Le Larousse. Y-a-t-il une différence linguistique de mots entre l’Ukraine, la Russie ?

    L’attaque de Morphy ?

    Les dirigeants ukrainiens ont déclaré que l’Ukraine avait perdu le contrôle du site nucléaire de Tchernobyl, où les forces ukrainiennes ont livré une bataille acharnée aux troupes russes. De l’autre, le président russe avait-il prémédité les actions ? L’agence des douanes chinoise a approuvé jeudi 24 février 2022, les importations de blé en provenance de toutes les régions de Russie, une mesure qui pourrait contribuer à réduire l’impact d’éventuelles sanctions occidentales, APNews. « Toute guerre est fondée sur la tromperie », selon Sun Tzu. Dans une allocution télévisée au début de l’attaque, Vladimir Poutine affirmait qu’elle était nécessaire pour protéger les civils dans l’est de l’Ukraine, où les forces ukrainiennes et les séparatistes soutenus par la Russie se battent depuis près de huit ans. Biden et son administration avaient prédit que l’homme d’État russe envahirait lesdites régions convoitées par une fausse déclaration. Toute comme en 2003, le président américain, Georges W. Bush distillait son « Grand Mensonge » sur les armes de destruction massive, situées en Irak.

  • Marée noire en Amazonie

    Marée noire en Amazonie

    Les autorités équatoriennes tentaient dimanche 30 janvier 2022 de contenir une fuite de pétrole survenue sur un oléoduc dans une région de jungle amazonienne, où une importante rivière menace d’être souillée. Une pollution qui remonte les souvenirs des différents endroits où des drames identiques eurent lieu. La dernière en date est celle arrivée au Pérou, avec plus de 6 000 barils de brut qui se sont déversés dans la mer et contaminent désormais au moins 18 km2.

    Dans l’hémisphère nord règne l’hiver, au sud l’été austral, mais plus personne ne se baigne plus sur la plage d’Ancon, toute proche de Lima. Les vacanciers sont remplacés, depuis la marée noire qui a souillé les côtes centrales du Pérou, par des brigades de nettoyage. En cause, une nouvelle fuite au large des littoraux péruviens s’est produite mardi 25 janvier 2022. Elle serait la conséquence de travaux effectués sur un oléoduc sous-marin de la raffinerie de la compagnie pétrolière espagnole Repsol (survenu le 15 janvier), annonçaient les autorités.

    Selon le gouvernement, plus de 180 hectares de bord de mer ont été souillés, ainsi que 713 hectares d’espaces maritimes. La Marine péruvienne à pied d’œuvre en tentant de contenir des nappes de pétrole sur la côte de Callao, le 25 janvier 2022 (Crédits : Peruvian Navy/AFP).

    Les pluies enregistrées ce lundi 31 ont provoqué une forte alluvion qui est descendue du secteur de La Comuna, au nord de Quito, par la pente de l’avenue La Gasca. Le Secrétariat national de gestion des risques porte le nombre de décès à onze et quinze blessés, à 21 h 41 hier, selon les rapports préliminaires.

    J’ai vu comment le courant a emporté un homme et un enfant. C’était horrible, témoignait une habitante de La Gasca.

    Belén Bermeo- El Universo

    Ces mêmes fortes pluies provoquaient glissements de terrain et chutes de pierres, entraînant la rupture d’un oléoduc de transport de pétrole brut dans la zone de Piedra Fina. L’épicentre de l’incident se situe à la frontière des provinces de Napo et Sucumbios. Le pipeline long de 485 kilomètres traverse quatre provinces. Selon l’État, le glissement de terrain a touché « quatre tuyaux de l’infrastructure ». Elle charrie 160 000 barils de brut par jour depuis des puits pétroliers en pleine jungle. Cependant, ni le gouvernement ni l’OCP (Oleoducto de Crudos Pesados) gérant ledit oléoduc n’ont indiqué la quantité de pétrole déversée dans la nature. L’unité Baril de pétrole équivaut à 42 gallons américains, soit 159 litres ou 0.159 m3. Le nombre de litres de brut qui transite par jour équivaut à 25 440 m3, soit plus de dix piscines olympiques en volume…

    La comparaison de la taille des personnes prises sur le cliché montre une partie des dégâts occasionnés par la chute de pierre et rochers sur l’oléoduc, selon la photo fournie par le ministère équatorien de l’Environnement, le 29 janvier 2022. (Crédits : ministère équatorien de l’Environnement/AFP — Handout)

    El Universo, journal équatorien relate l’ampleur des ravages : « Une zone de 21 007 mètres carrés dans la zone tampon et la zone de protection du parc national Cayambe Coca contaminée par une couche sombre et huileuse […] 110 communautés indigènes, en particulier les Kichwas le long des rivières Coca et Napo qui signalent des traces de pétrole brut, sont les principaux problèmes que la dernière marée noire dans la région de Piedra Fina, en Amazonie équatorienne, a générés. » Sur ces lieux vivent des espèces telles que le cusumbo des Andes, le cerf chonta, le gallito de la peña et plusieurs familles d’amphibiens.

    La goutte de trop

    Ce n’est, malheureusement, pas la seule. La veille de Noël, un déversement était signalé sur le territoire de Kofán Dureno, dans le canton de Lago Agrio. L’incident provoquait l’altération d’un ravin et d’un marécage. Le 2 janvier 2022, cette fois-ci dans le canton de Shushufindi, en raison de la rupture d’une petite conduite. Une zone de la réserve biologique de Limoncocha contaminée. Un troisième écoulement se produisait dans la pré-coopération 11 de Julio. À cette occasion, un ruisseau et un estuaire souillés.

    C’est une catastrophe de très grande ampleur, s’offusque Hugo Clément, dans une vidéo postée sur le réseau social Tiktok.

    Hugo clément. tiktok

    Le 8 janvier 2022, la pollution d’un marécage situé dans le champ Cobra Shushufindi (communauté Rio Doch). La cause serait l’explosion du bouchon du manomètre. En moins d’un mois, un second incident se produit à Limoncocha. La rupture de canalisation a empoisonné une source, un estuaire sans nom et la rivière Jivino, le 26 janvier 2022, il y a tout juste une semaine.